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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 18:08

Le ministre de l'Intérieur s'est livré à une habituelle surenchère au sujet des Roms. Pour Manuel Valls, les Roms ne veulent pas s'intégrer et ils « ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie ». Ces déclarations xénophobes doivent cesser au plus vite. Ces familles, dans le plus cruel dénuement, doivent être aidées avant d'être montré du doigt et désigné à la vindicte populaire. La gauche doit cesser de se placer sur le terrain de la droite ou la bêtise le dispute souvent à l'ignorance. Elle y perdra son âme. Cette politique de bouc émissaire, la gauche l'a combattue ensemble en son temps, quand Nicolas Sarkozy se livrait à une détestable course à échalote avec le Front national. Ce qui était vrai hier, doit l'être aujourd'hui.

 

Fabienne Haloui, Responsable de la commission « Droits et libertés » au PCF

 

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 05:38

Une chronique qui, une fois n'est pas coutume, réveille la conscience citoyenne et l'intelligence critique à la radio:

 

http://www.franceculture.fr/personne-hubert-huertas.html

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 05:27

 

 

Selon le Bulletin quotidien et sous prétexte d’économie budgétaire, les ministres de l’intérieur et du budget projettent de supprimer l’envoi par courrier papier des circulaires et des bulletins de vote des candidats aux élections européennes.

Décidément pour ce gouvernement tout est un coût : le travail, la retraite, la santé et maintenant l’expression de la démocratie.

Les élections européennes souffrent des plus bas taux de participation de l’histoire électorale de notre pays. Il est donc singulier de voir un gouvernement qui ne jure que par l’Union européenne, prendre des dispositions au nom d’un « choc de simplification » qui banaliserait l’enjeu européen et qui réduirait encore la participation à ce scrutin.

Il est vrai que les élections européennes s’annoncent difficiles pour la majorité présidentielle alors que plus de 70% des français, toutes tendances politiques confondues pensent que le traité européen de stabilité budgétaire signé par François Hollande enlève toute marge de manœuvre à notre pays.

Après l’austérité économique, voici l’austérité démocratique !

C’est pourquoi le PCF demande solennellement au Président de la République de récuser ce projet attentatoire à la démocratie prêté à ses ministres de l’intérieur et du Budget.

 

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 07:04

Encouragement à la baisse du coût du travail, déremboursement de médicaments, augmentation de la TVA, du gaz, de l'électricité, racket sur le tabac, baisse des allocations, des bourses, des exonérations de part fiscales pour les familles avec enfants scolarisés, ce gouvernement, tout à sa soumission aux diktats ultra-libéraux qui mettent les peuples de l'Union Européenne sous la botte des forces capitalistes, fait reculer le pouvoir d'achat des citoyens appartenant aux couches moyennes et populaires. Un comble pour un gouvernement qui se dit de gauche!

Nouvel exemple, sur lequel le Télégramme attirait notre attention hier: ces Français aux revenus modestes qui vont se retrouver à devoir payer pour la première fois l'impôt sur le revenu.

Là où l'on voit que la préoccupation gouvernementale pour "le ras le bol fiscal" -nouvelle thématique reaganienne de Pierre Moscovici- profite surtout aux riches et aux grandes entreprises.   

 

Y aura-t-il 10 % de foyers français nouvellement assujettis à l'impôt sur le revenu en 2013, comme l'a affirmé, hier, le quotidien L'Opinion ? Après le couac provoqué au sommet de l'État sur la « pause fiscale » (NDLR : promise pour 2014 par le Président Hollande, effective l'année suivante seulement, dixit le Premier ministre Jean-Marc Ayrault), les déclarations contradictoires à propos du nombre de nouveaux foyers imposables ont agité la sphère politique et fait quelque peu désordre, hier, à une semaine de la présentation du budget 2014 du pays.

Le « peut-être »de Moscovici

Le journal L'Opinion a avancé qu'entre 1,2 million et 1,6 million de foyers supplémentaires vont payer l'impôt sur le revenu en 2013, soit 10 % de nouveaux contribuables. Un chiffre qui « n'est pas exact », a aussitôt rétorqué le ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve, promettant des précisions « dans quelques jours ». Mais, dans le même temps, il était contredit par le ministre de l'Économie et des Finances, Pierre Moscovici. Interrogé sur Europe 1, ce dernier a laissé entendre par un « peut-être » qu'il était possible, du fait de la prolongation du gel du barême, qu'un million de foyers supplémentaires (sur un total de 18 millions de foyers imposables sur leurs revenus) soient, de fait, concernés en 2013. Mais qu'il n'y en aurait pas de nouveaux en 2014, le gouvernement ayant décidé dans son prochain budget, de ré-indexer les différentes tranches de revenus sur l'inflation et d'instaurer une décote qui pourrait bénéficier à « six à sept millions de foyers fiscaux » modestes. Récusant la moindre « contradiction au sein de l'exécutif », Pierre Moscovici a alors sa voix à celle du Premier ministre pour dire que les prélèvements obligatoires seraient « quasi stabilisés » en 2014 et « totalement stabilisés » en 2015...
http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/france/impot-sur-le-revenu-des-chiffres-qui-embarrassent-le-gouvernement-20-09-2013-2239886.php

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 10:40
Municipales et Front de gauche : la voie de l’entente
 
Les prochaines élections municipales vont se dérouler dans un climat qui risque d’être particulièrement délétère. L’inflexion sociale-libérale du socialisme de gouvernement ouvre un boulevard à une droite radicalisée et à un Front national conquérant. L’issue positive ne pourra venir que d’une gauche bien redynamisée à gauche. Mais comment y parvenir ? Parti communiste et Parti de Gauche se distinguent à ce propos. Pour une part, ces désaccords n’ont rien de surprenant : les deux protagonistes ne sont pas confrontés tout-à-fait aux mêmes enjeux et leurs visions des contraintes stratégiques ne sont pas entièrement superposables.
Le Parti de Gauche a une implantation territoriale faible, il a tout à gagner et presque rien à perdre au printemps prochain. Par ailleurs, il énonce volontiers la conviction que, pour attirer les déçus (nombreux) du socialisme, il faut marquer la distance la plus vive avec un Parti socialiste qui, à ses yeux, a définitivement rompu avec la tradition historique du Parti d’Épinay (1971).
Le Parti communiste, lui, a conservé un patrimoine d’élus territoriaux non négligeable : il dirige entre 700 et 750 municipalités, compte un peu moins de 7 000 élus locaux et, en Ile-de-France, administre près de 13 % de la population régionale. Son problème est donc triple : arrêter l’érosion constante qui l’affecte depuis 1983, conserver des municipalités dont la plupart ont été acquises sur la base de configurations classiques d’union de la gauche et, si possible, récupérer quelques-unes des positions perdues lors des derniers scrutins municipaux (par exemple Aubervilliers). Par ailleurs, les communistes ont fait à plusieurs reprises, depuis 1977, l’expérience de stratégies de tension avec l’ancien allié et concurrent socialiste. Ils ont voulu marquer la distance : à chaque fois, ils ont échoué ; à chaque fois, ils ont enregistré un nouveau recul. En réalité, aucune force qui vise à l’hégémonie à gauche ne peut, en France, contourner l’exigence d’une gauche rassemblée.
En soi, les positions des deux principales formations du Front de gauche ne sont pas formellement irréductibles. Aucun des deux partenaires n’ignore, ni l’exigence de l’indépendance politique du courant transformateur, ni la nécessité d’une exigence rassembleuse à gauche. Il faut de la clarté politique, mais éviter toute attitude d’exclusion ; il faut rassembler le plus largement possible, mais sur des contenus transformateurs clairs. Simplement, les uns mettent avant tout l’accent sur la nécessaire autonomie à l’égard du PS, alors que les autres ne veulent surtout pas lui laisser le drapeau de l’union.
Les différences entre les deux démarches peuvent-elles être surmontées ? Dans l’état actuel du débat, la réponse devrait être positive. À condition de suivre une cohérence maîtrisée.
1. Les élections municipales ont de plus en plus un double caractère. Elles sont des élections politiques au sens fort du terme : les politiques locales deviennent des enjeux stratégiques territoriaux majeurs et pas seulement des questions de quotidienneté. En 2014, leur importance nationale sera d’autant plus forte, que l’Acte III de la décentralisation porte explicitement sur la redéfinition du cadre administratif territorial de la France. L’élection du printemps prochain fonctionnera ainsi, en partie, comme une sorte de référendum pour ou contre cette refonte territoriale. Mais, en même temps, ce sont des élections spécifiques, tant du point de vue des problèmes concrets rencontrés que des configurations politiques particulières à chaque commune.
2. En fait, la dialectique du national et du local se module notamment selon l’importance de la commune. Dans l’évolution urbaine actuelle, le fait métropolitain devient une dimension structurante du devenir économique, social et politique du territoire français. Les grandes agglomérations françaises sont ainsi le cadre par excellence où s’expérimentent les choix politiques nationaux. C’est dire que s’y jouera l’an prochain l’évolution générale du rapport des forces national. Manquer cette échéance, ou la jouer de façon biaisée, risque de peser lourdement sur la mobilisation d’ensemble de la gauche française.
3. Dans les grandes villes, il est impératif que la position politique choisie soit parfaitement cohérente avec celle que l’on adopte sur le plan national. À l’échelle de la nation, les choix opérées par le Parti socialiste rend impossible (et au demeurant inefficace) une union électorale de toute la gauche. À cette échelle, le plus important est de permettre aux électeurs de dire, au premier tour, quelle est la logique politique la plus efficace pour battre la droite et relancer la donne. Dans les villes importantes, cela suppose de rassembler des forces convaincues, dès aujourd’hui, qu’un changement de cap à gauche est la seule manière de conjurer les évolutions négatives de notre société.
Les responsables communistes avancent parfois l’idée que l’alliance avec le PS dans certaines grandes villes est une condition pour justifier le rassemblement le plus large dans les communes où le Front de gauche est en position sortante. Ce raisonnement ne me paraît pas recevable pour trois raisons :
- L’enjeu, on l’a dit, est avant tout national dans ce type de territoire, qui est par définition un laboratoire du pire et du meilleur.
- Échanger des villes de périphéries contre des villes-centres, c’est échanger quantitativement une alouette contre un cheval. Échange numériquement inégal, et donc marché de dupes…
- En tout état de cause, si les socialistes ne sont pas partout en état de continuer la stratégie de grignotage du « gâteau » communiste, qu’ils ont entreprise après 1983, ils la poursuivront en grand par la réforme territoriale. La stratégie de la droite repose sur un développement métropolitain centré sur des pôles de compétitivité reliés entre eux (le Grand Paris et son anneau de communications) ; celle du PS cherche à ordonner ce développement autour d’un centre renforcé par l’intégration de la petite couronne. Le PS cherchera donc, après mars 2014, à prolonger la démarche d’absorption de la périphérie immédiate, et donc à diluer ce qui constitua la « banlieue rouge ». Le fera-t-il, à ce moment-là, en se prévalant du soutien électoral direct qu’il aura obtenu, en mars prochain, de telle ou telle composante de la gauche ?
4. Dans les grandes villes et les villes moyennes, difficile d’éviter au départ des listes construites dans l’esprit du Front de gauche actuel : pour un vrai rassemblement contre la droite, la gauche ne peut se rassembler efficacement que si elle est bien à gauche. Mais, pour ne pas laisser aux socialistes le drapeau du rassemblement, il convient de tout faire, en usant des configurations politiques locales, pour attirer dans cette construction des forces et des individus qui n’appartiennent pas au Front de gauche. L’ouverture vers ces forces, notamment socialistes et écologistes, ne doit pas toutefois apparaître comme un ralliement au Front de gauche, mais comme une construction à gauche commune, à égalité de responsabilité, quelle que soit l’attitude des uns et des autres dans la période précédente. Inutile alors d’énoncer au départ des exigences (par exemple la condamnation explicite des choix gouvernementaux) qui freinerait les convergences possibles. Ce qui compte est que la base locale du rassemblement soit construite dans une logique affirmée de d’égalité et de droits, et pas dans une logique calquée sur les modèles européens d’austérité et de pseudo-compétitivité.
5. Enfin, dans les villes où le Front de gauche est de fait en position d’hégémonie, si la totalité de la gauche accepte de se rassembler autour d’un projet local de développement humain, soutenable et démocratique, pourquoi bouder ce rassemblement ? Au fond, il serait tout simplement la vitrine de ce que pourrait être une gauche rassemblée sur un autre projet que celui qui domine aujourd’hui l’espace national et continental.
Sur ces bases, le Front de gauche peut aller rassemblé à la bataille des municipales. Rien n’est plus décisif que d’y parvenir au plus vite.
 
Roger Martelli (historien, membre du courant des Communistes unitaires et du Front de Gauche).

 

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 18:15
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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 06:27

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Albert Jacquard est mort aujourd'hui à l'âge de 87 ans.

Le Parti communiste français salue la mémoire de cet homme qui, venu des sciences, avait embrassé les combats pour l'égalité et la justice.

Brillant généticien, Albert Jacquard était aussi un homme de conviction profondément humaniste. Toute sa vie il aura œuvré pour faire avancer l'Humanité, à son échelle et sans jamais se départir de sa profonde modestie. Mettant son incroyable savoir scientifique au service de causes universelles, Albert Jacquard aura marqué son époque de son empreinte si atypique.

Aujourd'hui la France perd un grand scientifique et un homme de cœur.

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 06:11

Réforme des rythmes scolaires : une rentrée inégalitaire

 

Vincent Peillon gâche une réforme que tout le monde attendait : les inégalités sont accentuées, les personnels du périscolaire précarisés, les collectivités doivent organiser un marché du périscolaire et lancer des appels d’offre aux associations… La rentrée scolaire ne fait pas l’affaire.

Effectifs : on est très loin des créations de postes attendus pour que la rentrée se passe dans de bonnes conditions

Primaire public : + 3 000 postes
Secondaire public : + 3 800 postes

  • 6800 postes c’est peu comparé aux 80 000 postes supprimés entre 2007 et 2012 : il faudrait créer 16 000 postes par an pour revenir au niveau de 2007.
     
  • Les effectifs d’élèves sont en hausse de 30 328 enfants dans le primaire. Le ministère a calculé lui-même que 1 000 postes dédiés au primaire était nécessaire uniquement pour maintenir le taux d’encadrement actuel.

Réforme des rythmes scolaires : une rentrée inégalitaire. Vincent Peillon a réussi à gâcher une réforme que tout le monde attendait

  • La réforme renforce les inégalités selon les communes: elle remplace un temps scolaire, gratuit, obligatoire et égal sur tout le territoire à un temps péri-scolaire facultatif, parfois payant et très variable d'une ville à l'autre (de l’éducation artistique ou d’activités sportives à la simple garderie)
     
  • L’Education nationale conduit les collectivités à organiser un marché du périscolaire en lançant des appels d’offre aux associations pour proposer des activités. Pire ce sont parfois des entreprises privées qui proposent des ateliers (cours de langue).
     
  •  La réforme renforce la précarité des personnels dans le périscolaire : elle nécessite de faire venir travailler des animateurs pour assurer des créneaux de 45 minutes par jour 4 jours par semaine !

Rien n’est fait pour enrayer la crise des vocations !

  • Alors que les besoins en enseignants sont croissants, de nombreux postes aux concours sont laissés vacants : 25% de postes non pourvus au Capes d’anglais, 27% en allemand, 69% en lettres classiques et 50% à l’agrégation de musique. La raison principale est le faible nombre de candidats qui se présentent au concours. Pour la première année, cette crise du recrutement touche aussi le primaire.
     
  • La profession est délaissée parce qu’elle n’est pas attractive : les débuts de carrière se font à 1.1 fois le SMIC.Et le point d'indice des fonctionnaires est gelé depuis 3 ans.
     
  • Le dispositif des « emplois d’avenir – professeur » Peillon est inadéquat et scandaleux : 6000 étudiants boursiers en 2ème, 3ème année de licence ou 1ère année de master se voit confier à la rentrée un temps partiel de 12h/semaine pour 900 euros en moyenne contre un engagement de se présenter au concours. On est loin du pré-recrutement : leur charge de travail est trop lourde représentant une vraie mise en danger de leurs études…
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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 07:23

Salariés et retraités en ligne de mire

 

par Martine Bulard, lundi 9 septembre 2013 (un excellent article de décryptage à lire dans Le Monde Diplomatique)

 

La der des ders… Chaque fois qu’une réforme des retraites est lancée — sept depuis 1993 —, on assure que c’est la bonne et qu’enfin salariés comme retraités pourront vivre tranquille. Chaque fois, les promesses s’envolent et les gouvernants aggravent les ponctions, sans jamais s’interroger sur la nocivité de la potion qu’ils font ingurgiter à intervalles réguliers, depuis deux décennies.

Plus habiles que leurs prédécesseurs, le président François Hollande et son premier ministre ont laissé leurs experts multiplier les propos alarmistes, avant de présenter ensuite leur mixture comme un moindre mal.

Mais si la posologie est (un peu) allégée par rapport aux annonces intempestives, elle n’en est pas moins dangereuse.

Sa philosophie ? Travailler plus pour toucher moins, et sans attendre, payer plus. Tous les salariés sont touchés, mais les plus jeunes et les plus anciens, c’est-à-dire les retraités, sont les plus pénalisés. Le capital est totalement épargné.

La seule mesure franchement positive concerne la pénibilité. Toutefois, pour les travailleurs les plus exposés aux problèmes de santé, elle ne fait que réparer les dégâts liés au recul de l’âge de la retraite à 62 ans — décidé par la droite et M. Nicolas Sarkozy, condamné par le Parti socialiste quand il était dans l’opposition mais maintenu par les élus socialistes désormais majoritaires (sauf pour les très longues carrières).

 

Idées fausses pour mauvaises solutions

 

Avant même d’entrer dans le détail des mesures, on peut s’interroger sur la dramatisation des déficits et l’inquiétude permanente instillée dans les têtes.

Certes le trou existe, mais il n’est pas abyssal : 4,5 milliards d’euros sur 98 milliards de cotisations versées. Il est principalement dû à la récession (et non à un problème structurel). D’ici 2020, il tutoiera 1 % du produit intérieur, soit un peu plus de 20 milliards. C’est l’équivalent de ce que le gouvernement vient d’offrir sur un plateau au patronat au nom du plan compétitivité. Sans obligation aucune pour les dirigeants d’entreprise en matière d’emploi, de salaire ou même de formation.

Sans que la question du financement n’ait troublé qui que ce soit. Ce qui est possible pour les patrons ne l’est plus pour les salariés ou les retraités ?

Nul ne nie l’augmentation du nombre de personnes de plus de 65 ans. Mais la vague grise n’a rien d’une déferlante : nous ne sommes ni en Allemagne ni au Japon (1). D’une part, la France a une démographie dynamique et disposera donc à l’avenir d’une population active en augmentation. D’autre part, elle connaît une productivité du travail parmi les plus élevées du monde. Si, comme on nous le répète souvent, il y avait effectivement 2,5 actifs pour 1 retraité en 1970 contre 1,5 actif d’ici 2020, ce dernier produit aujourd’hui plus que les 2,5 d’antan (2). Du point de vue des richesses disponibles pour les retraites, il n’y a donc pas de pénurie.

Contrairement à ce que prétendent les apôtres de l’apocalypse, l’actif de demain ne sera pas pressuré par les vieux à venir. En fait, si le président Hollande s’est ainsi précipité, ce n’est pas pour « sauver le système de retraite », menacé d’aucune faillite, mais pour répondre aux injonctions de Bruxelles et des agences de notations qui réclament une réduction des dépenses publiques et notamment des retraites par répartition.

« Le projet de réforme comporte des points pouvant être vus comme en opposition avec ce que la commission avait suggéré (3) », a déjà fait savoir M. Olli Rehn, commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires, sur le ton de l’instituteur mécontent face à un élève récalcitrant. Avec la même condescendance, l’agence de notation Fitch indique : « Les récentes annonces du gouvernement français sur sa réforme des retraites constituent une étape positive pour la signature de crédit (...) mais n’apparaissent pas suffisantes (4). »

Pour les milieux financiers, ce n’est jamais assez. Et le mécontentement de Bruxelles ne vaut pas bienfait pour les travailleurs. Qu’on en juge, à l’examen des principales mesures.

 

Les cotisations pour tous... mais certains plus que d’autres

 

Après avoir alimenté la chronique tout l’été autour d’une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), le gouvernement a choisi d’accroître les cotisations, et donc d’affirmer le lien entre salaire différé (payé en cotisations dites patronales et salariales) et pension perçue à la retraite — lien qui constitue l’un des piliers du système français. Les salariés comme les employeurs paieront 0,15 point de plus en 2014 puis 0,05 point supplémentaire en 2015, 2016 et 2017.

Pour un Smicard, la ponction sera, au total, de 54 euros par an. Ce qui est loin d’être négligeable, quand cela vient après des hausses diverses (électricité, TVA, taxe sur le fuel...) et des revalorisations salariales au compte-goutte : depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement n’a donné aucun coup de pouce au salaire minimum, jugé trop élevé ! Quant au patronat, le pouvoir lui redonne d’une main ce qu’il lui a pris de l’autre.

Le premier ministre s’est engagé à « baisser le coût du travail » et donc à compenser la hausse des cotisations vieillesse par une baisse des cotisations familiales… qui seront alors payées par les contribuables (les salariés et les retraités). Non seulement le gouvernement exonère les chefs d’entreprise, mais il en profite pour amorcer une réforme structurelle réclamée par les chantres de l’austérité depuis des décennies : sortir les allocations familiales du périmètre de la Sécurité sociale pour les laisser à la solidarité nationale (et aux aléas du budget de l’Etat) et décharger l’entreprise de toute responsabilité sociale.

A en croire les porte-voix libéraux, ce sont les cotisations sociales qui ruineraient l’économie française et casseraient le génie industriel. Il n’en est rien.

Entre 1980 et 2011, la part payée par les employeurs dans la valeur ajoutée des sociétés non financières s’est réduite de 1,7 point. Et pour quel bénéfice ? Les investissements sont restés quasiment stables (+ 0,2 point). En revanche les actionnaires ont touché le gros lot : la part des profits distribués a en effet grimpé de 6 points (5).

 

Les retraités matraqués

 

Autre choix du gouvernement : les pensions sont partiellement désindexées. Elles ne seront plus revalorisées du montant de l’inflation officielle chaque année en avril mais en octobre : un report de six mois qui fait perdre 0,9 % de pouvoir d’achat en moyenne. Devant le tollé, la ministre des affaires sociales a promis d’épargner les plus petites pensions fixées à… moins de 800 euros ! Le moins que l’on puisse dire est que la barre n’est pas très haute. Déjà, la Confédération française démocratique du travail (CFDT), Force ouvrière (FO), la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) et le patronat ont concocté, en mars dernier, une totale désindexation des retraites complémentaires, qui pour nombre de salariés, constitue la grande part de leur pension. A cela s’ajoutent d’autres mesures fiscales. Jusqu’alors, la majoration de 10 % des pensions touchées par les parents de trois enfants et plus était exonérée. Cette somme sera désormais fiscalisée.

Les retraités paieront plus d’impôts. Et les femmes seules seront particulièrement pénalisées. Au total, l’Etat récupérera ainsi 2,7 milliards d’euros par an à partir de 2020. Pour les retraités, la chute sera comprise entre 2,6 et 3 %. Il faut rappeler que la moitié d’entre eux touchent moins de 1 530 euros par mois. Ce qui ne permet guère de faire des folies. Certes les deux tiers sont propriétaires de leur logement, mais ils doivent assumer totalement leurs mutuelles santé, souvent à prix d’or.

Actuellement,le nombre de retraités pauvres dépasse les 10 %. Autrement dit, la réforme va réduire le pouvoir des salariés et des retraités et freiner une croissance nationale qui souffre déjà d’une insuffisance de demande intérieure.

 

L’allongement de l’espérance de vie récupérée par l’employeur

 

Le gouvernement a refusé de reculer l’âge officiel de la retraite (62 ans) qui permet de partir avec une pension pleine, quand on a cotisé pendant tous les trimestres requis. Nul ne s’en plaindra. Et ceux qui ont commencé à travailler tôt peuvent en bénéficier.

Mais déjà aujourd’hui, plus d’un salarié sur trois ne peut partir à 62 ans avec une retraite pleine et entière : ils doivent choisir entre partir et subir pour le restant de leurs jours une décote qui peut aller jusqu’à 8 %, rester dans leur emploi s’ils le peuvent, ou s’inscrire au chômage. Beaucoup — près de 3 sur 10 — n’ont pas le choix et sont jetés dehors avant de pouvoir aspirer à une nouvelle vie.

Du reste, le nombre de chômeurs de plus de 55 ans augmente à mesure que recule l’âge de départ. Autrement dit, ce que l’on ne paie pas en pensions on le paie en indemnités chômage. Sauf que celles-ci sont souvent inférieures à la pension attendue.

C’est d’ailleurs tout le calcul du patronat et du gouvernement : avoir moins à débourser.

 

Le pouvoir de gauche a donc décidé de se mettre dans les pas de ses prédécesseurs de droite. Ces derniers avaient allongé de six trimestres le temps de cotisations entre 2003 et 2019 ; le gouvernement Ayrault les augmentera de six trimestres entre 2020 et 2035.

 

Résultat : les personnes nées en 1973 partiront aux environs de 68 ans en moyenne.

A condition qu’ils ne connaissent pas de carrière en dents de scie. Nombre de jeunes en sont à se demander s’ils verront un jour la retraite ; ce qui accroît encore leur angoisse de l’avenir. Pour justifier son choix, le gouvernement fait valoir l’allongement de l’espérance de vie — une réalité incontestable. Mais jusqu’en 2003, cet allongement était laissé aux travailleurs pour en jouir. Désormais, les deux tiers doivent être consacrés au travail (ou au chômage).

Un changement historique qui n’est sans doute pas sans conséquence : pour la première fois depuis l’après-guerre, l’espérance de vie en bonne santé à la naissance a reculé, passant de 64,8 ans en moyenne en 2008 à 63,6 ans en 2011 (6).

Un (petit) effort a été consenti pour les apprentis qui pourront cotiser et pour les femmes dont la totalité des congés maternités sera comptabilisée — une des rares dispositions Sarkozy que l’actuel gouvernement abroge. Pour les personnes travaillant à temps partiel, chaque trimestre sera validé à partir de 11 heures hebdomadaires payées au SMIC (7), contre 15 heures jusqu’à présent — ce qui devrait toucher 4,4 % des femmes à temps partiel et 1,1 % des hommes (8).

On est loin de la promesse de lutter contre les inégalités : les pensions féminines sont inférieures de 42 % à celles des hommes !

 

Pénibilité, encore un effort

 

Un compte individuel sera créé pour les personnes travaillant dans des conditions pénibles, selon la définition retenue par le patronat et les syndicats : contraintes physiques (manutention, postures difficiles...), rythmes de travail fatigants (travail de nuit ou en équipes alternantes), environnement agressif (produits chimiques dangereux, bruit...). Des points seront accumulés : un point par trimestre d’exposition, deux quand il y a deux types de contraintes, jusqu’à un total de 100.

Les inégalités devant le travail sont si prégnantes que même M. Sarkozy avait fait semblant de les prendre en compte. Il avait créé une disposition qui devait permettre à 30 000 personnes de partir plus tôt : seules 6 359 personnes en ont bénéficié. M. Hollande promet que 20 % des salariés seront concernés. Cela paraît plus sérieux. Toutefois le dispositif reste modeste : à partir de 25 ans d’exposition, note la Confédération générale du travail (CGT), un salarié pourra accumuler l’équivalent de 8 trimestres ; ce qui lui permettrait de partir à 60 ans et d’en revenir à la situation... d’avant la décision Sarkozy de porter l’âge à 62 ans. Rappelons que la différence d’espérance de vie à 60 ans entre un cadre et un ouvrier est toujours de cinq ans. De plus, le dispositif prévoit que les premiers points accumulés devront être consacrés à la formation pour aller vers une reconversion. Mais rien n’est dit sur la façon d’opérer : qui décide ? Pour quel futur emploi ? A partir de quel âge un salarié pourra-t-il y prétendre ? On sait que les personnes les moins qualifiées et les plus âgées (plus de 50 ans !) sont celles qui ont le moins accès aux formations dans les entreprises. En ira t-il autrement demain ?

Enfin une partie des points devrait permettre au salarié de travailler à mi-temps. Mais on ignore encore le montant des compensations. Or la pension retraite est calculée sur les 25 meilleures années — toute réduction de la paie en fin de carrière se paie cher par la suite. Quant au financement, le gouvernement prévoit une mini-taxe interprofessionnelle financée par toutes les entreprises, et une autre acquittée par celles qui imposent des conditions de travail déplorables. De quoi inciter à une organisation moins coûteuse pour la santé des salariés. Alors que le patronat est vent debout, le pouvoir ira t-il jusqu’au bout ?

 

La République des experts

 

La réforme aboutira enfin à la création d’une Commission de pilotage des retraites, aux cotés du Conseil d’orientation des retraites (COR). Si ce dernier comprend tous les syndicats et le patronat, ceux de la Commission seront désignés, mais on ignore par qui et selon quels principes. Le précédent du Haut conseil des finances publiques ne prête guère à l’optimisme : sur les onze membres de cette docte assemblée, neuf ont ouvertement pris position pour une réduction des dépenses publiques. Les autres sont tenus au secret des délibérations.

Le COR n’était certainement pas un modèle de démocratie, mais au moins pouvait-on prendre connaissance des arguments des uns et des autres. Le risque est grand de voir corseter les pensions, sans le début d’un débat public. On a l’impression que pour l’élite (de gauche ou de droite), plus les réformes sont nocives, plus la démocratie fait peur.

 

(1) Voir le dossier « Une planète grisonnante », Le Monde diplomatique, juin 2013.

(2) Si l’on prend la base 100 en 1950, la productivité du travail atteint 275 en 1970 et 723 en 2010, selon l’Insee. Autrement dit, un travailleur qui produisait 100 en 1950, produisait l’équivalent de 275 unités en 1970 et 723 quarante ans plus tard.

(3) « Retraites : le scepticisme croissant de Bruxelles », lemonde.fr, 6 septembre 2013.

(4) « La réforme des retraites positive mais insuffisante, juge Fitch », lesechos.fr, 6 septembre 2013.

(5) Chiffre cité par Jean-François Couvrat (@dechiffrages sur Twitter) le 12 mars 2013, à partir des comptes nationaux de l’Institut national de la statistique et des études-économiques (Insee).

(6) Même source.

(7) Le nombre de trimestres validés n’est pas établi en fonction de la durée de travail réalisé mais en fonction du montant de la rémunération annuelle soumise à cotisation. Chaque paquet de 200 heures de travail rémunérées au SMIC permettait de valider un trimestre (jusqu’à concurrence de 4 trimestres par an). Le paquet est, à partir de 2014, de 150 heures.

(8) Calcul réalisé par Christiane Marty pour le Conseil scientifique d’Attac et la Fondation Copernic. Lire aussi « La double peine des femmes » dans Le Monde diplomatique de ce mois, en kiosques.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 06:36
Retraites des chômeurs : d’une précarité à l’autre
 
Arguant de l’allongement de la durée de vie et de la nécessité de sauver le financement des retraites par répartition, le Premier Ministre a présenté le 27 août un projet de réforme dont le poids reposera une fois de plus sur les salariés et, doublement, sur les chômeurs.  
 
La future réforme prévoit l’allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein : c’est la double peine pour les chômeurs et précaires. Leurs revenus, insuffisants et marqués par la précarité du travail seront encore dégradés à la retraite.
 
 Le nombre de retraités sexagénaires occupant un emploi a doublé depuis 2006. 50% d’entre eux déclarent travailler car leur retraite « ne suffit pas pour vivre.»  Qu’en sera-t-il des chômeurs qui ne cotisent pas leurs trimestres ? Voire, s’ils sont allocataires du RSA, qui les perdent purement et simplement ?
 
Allonger la durée de cotisation, c’est nier que l’espérance de vie en bonne santé se dégrade en France, notamment pour les femmes, les personnes les moins qualifiées et les précaires. Cette tendance n’est pas prête de s’inverser, alors que l’on poussera toujours plus de personnes dans la précarité, et que les plus âgés seront forcés de trouver une activité rémunérée – si activité il y a – pour améliorer le quotidien, et sous réserve d’avoir le droit de cumuler des revenus du travail avec une pension de retraite, ce dont sont exclus aujourd’hui les allocataires de l’ASPA. 
 
Allonger la durée de cotisation, c’est favoriser le chômage des seniors, qui, n’ayant pas cotisé assez, devront survivre grâce aux minima sociaux et aux petits boulots. C’est remplacer le déficit des retraites par le déficit de l’UNEDIC et des caisses de solidarité.
 
Nous dénonçons cette réforme qui créera toujours plus de précarité. Nous exigeons que nos propositions soient prises en compte, seules à même de garantir une retraite décente pour tous :
  • Le retour du calcul des pensions sur les 10 meilleures années et non plus sur les 25 comme actuellement. Ainsi serait mieux pris en compte le caractère discontinu des carrières, ce qui garantirait plus d’égalité des citoyens devant la retraite ;
  • Le financement des retraites assis sur la valeur ajoutée des entreprises mise alors à contribution, et non sur la seule masse salariale;
  • Le prolongement de l'indemnisation des chômeurs âgés de plus de 58 ans jusqu'à l'obtention d'une retraite à taux plein, avec le rétablissement de l’Allocation Equivalent Retraite (AER) et de la Dispense de Recherche d’Emploi (DRE) ;
  • L’augmentation de l’ASPA ;
  • L’individualisation et l’égalité des droits pour tous les retraités.
Nous manifesterons donc le 10 septembre avec tous ceux qui veulent une autre réforme des retraites, qui soit à la hauteur des défis qui se posent à notre société.  
 
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