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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 08:49

Urvoas, l'homme du «Patriot Act» à la française

Député du Finistère, proche de Manuel Valls, il a porté contre toutes les oppositions le projet de loi renseignement. C’est lui qui en a été l’initiateur, le rapporteur, et celui qui l’a le plus amendé, quitte à mettre le gouvernement en minorité et à apparaître comme le relais des services. Portrait.

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 09:43

2005-2015 : LES ACQUIS ET LES DÉFIS DE LA GAUCHE

4 juin 2015 Francis Wurtz

C’est une sorte d’hommage du vice à la vertu : le dixième anniversaire de la victoire du NON au projet de traité constitutionnel européen a donné lieu à une multitude d’articles de presse, de sondages d’opinion, voire de savantes études. Manifestement, tous ces organes, hier engagés dans une virulente défense et illustration du OUI et jusqu’alors habitués à prendre de haut les minorités -fatalement incultes- qui osaient mettre en doute leurs certitudes , ne semblent toujours pas totalement remis du choc psychologique que représenta pour eux , le 29 mai 2005, cette sorte d’insurrection démocratique majoritaire faisant fi des conseils généreusement prodigués par les gourous de la pensée dominante.

Alors, cela donne par exemple ceci : « Parmi les électeurs du NON, 52% ont fait leur choix sur la base d’enjeux nationaux , notamment la position prise à l’époque par le président de la République, Jacques Chirac, et seulement 42% en fonction d’enjeux européens. A l’inverse, les électeurs du OUI ont été (…) 81% (à se déterminer) d’après les questions européennes » (1) Comprenez : » les « nonistes » sont primaires, l’Europe, ça les dépasse. Quand il y a un référendum, le peuple vote contre le pouvoir en place , sans s’occuper de la question posée ». Or, si l’on se reporte à l’étude qui a inspiré cette affirmation, on découvre que « la position à l’égard de Jacques Chirac » a motivé…10% des électeurs du NON contre 6% de ceux du OUI ! Ce que recouvre avant tout la catégorie « problèmes nationaux », c’est « la situation sociale en France » (55%), autrement dit un sujet étroitement corrélé à l’ « Europe libérale » que le NON entendait précisément mettre en cause au profit d’une « Europe sociale ». (2) Est-ce donc si dur, dix ans après, de reconnaître que la campagne de gauche en faveur d’une autre Europe fut une expérience de démocratie citoyenne sans pareille ? Et qu’en l’occurrence, les faits ont donné raison à ces citoyens , dûment informés des enjeux cachés dans les discours officiels ? Le problème serait-il que cette longue et riche campagne de débats ait démontré qu’on pouvait être résolument « pour l’Europe » et radicalement opposé à celle que nous subissons ? C’est là , désormais, un acquis majeur que la gauche européenne a intérêt à faire vivre de façon très offensive.

La même question se pose aujourd’hui à l’échelle de toute une nation, gouvernement compris : la Grèce . Voilà un peuple et ses dirigeants qui, ensemble, font face à la ligue des puissants pour, tout à la fois, exiger la fin d’une politique insoutenable que « l’Europe » officielle leur impose et défendre leur droit de rester membres à part entière de l’Union européenne et de la zone euro, avec l’objectif d’agir pour les transformer . « C’est incompatible » leur répliquent en substance ceux qui se voient comme les « patrons » . C’est « la capitulation ou la sortie! » menacent, à mots à peine couverts, les Schaüble et consorts. Faire échec à cet intolérable chantage est, aujourd’hui, un défi de premier ordre à relever par la gauche en Europe. Le week-end dernier, place de la République, à Paris, clôturant le magnifique « Forum européen pour les alternatives », Pierre Laurent l’a souligné en reprenant la formule chère à Alexis Tsipras, le Premier Ministre grec : « Dans l’Europe, il n’y a pas des propriétaires et des locataires . Nous sommes tous des copropriétaires « .

———
(1) Le Monde (29/5/2015)
(2) Il s’agit de l’étude de M. Yves Bertoncini -« Dix ans après le NON »- pour la Fondation Jean Jaurès, proche du Parti socialiste: une étude qui, par ailleurs , n’échappe pas à cette difficulté à reconnaître l’évidence concernant la signification et la portée du vote de 2005.

2005-2015: les défis et les acquis de la gauche, par Francis Wurtz, ancien parlementaire européen du Front de Gauche
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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 05:05

A l'initiative du Parti de la Gauche Européenne dont Pierre Laurent est le président et du Parti Communiste a eu lieu ce week-end le premier Forum européen des alternatives contre l'austérité à Paris, place de la République.

Étaient réunis là et dans les ateliers thématiques un peu partout à Paris des ministres de Syrisa, la présidente du parlement grec, des responsables de Izquierda Unida, de Die Linke, du Sinn Fein, de Rifondazione comunista (Italie), de la gauche anti-austérité portugaise, danoise, finlandaise, italienne, chypriote, anglaise. Il y avait aussi des militants pour la terre et les paysans du Sahara Occidental, du Maroc, du Pérou, des militants politiques de gauche tunisiens.

Des dirigeants du Parti de Gauche (Mélenchon, Eric Coquerel) ont participé sur certains ateliers, et aussi d'Ensemble (Clémentine Autain), de la Gauche Unitaire, d'EELV (Emmanuelle Cosse), et la gauche du PS (Liem Hoang Ngoc), Nouvelle Donne (Pierre Larrouturou).

Mais aussi des porte-paroles d'Attac, de la fondation Copernic, des responsables syndicaux, associatifs (Amnesty International, Ligue des Droits de l'Homme, Cimade, Comité Syrisa-Paris, Mouvement de la Jeunesse Chrétienne), des économistes indépendants des milieux financiers qui analysent le mouvement capitaliste mondial, des intellectuels et philosophes...

Et bien sûr les dirigeants du PCF (Marie-George Buffet, Pierre Laurent) et les députés européens du PCF (Francis Wurtz, Le Hyaric) et du Front de Gauche (Marie-Christine Vergiat).

Ce week-end de débats qui permis de dire dans toutes les langues et avec tous les accents le droit à la dignité, à la souveraineté démocratique et la primauté du politique et du social sur le marché et les logiques capitalistes, mais aussi l'inspiration internationaliste à une autre Europe, une Europe des peuples, de la solidarité et de la justice sociale, fut un très grand moment de vie politique, à l'image des Congrès Internationaux de la Seconde Internationale dans les années 1880-1900.

La refondation de l'Europe et le retour des peuples et de la démocratie sur le devant de la scène sont plus que jamais d'actualité!

Evidemment, en dehors de l'Huma et de peut-être quelques journaux, aucun journaliste, aucune télé, aucune radio n'a couvert cet événement international!

Les scènes de ménage de la famille Le Pen, les techniques de communication de Hollande, le virage républicain imaginaire de Sarkozy et de l'UMP, sont tellement plus intéressants... Il ne faut surtout pas que le peuple puisse croire que l'on peut desserrer l'étau de la domination du capital, de l'Europe du Fric, de l'austérité et des "élites" libérales.

Malgré cette omerta et ce parti-pris médiatique, les peuples ont redressé la tête en Grèce et en Espagne: c'est maintenant à nous de jouer!

Débat "Avec les Grecs, contre l'austérité, pour la démocratie"

Débat "Avec les Grecs, contre l'austérité, pour la démocratie"

Giogos Katrougalos, ministre de la fonction publique grec

Giogos Katrougalos, ministre de la fonction publique grec

Pierre Khalfa (Fondation Copernic) et Eric Coquerel(Parti de Gauche)

Pierre Khalfa (Fondation Copernic) et Eric Coquerel(Parti de Gauche)

la très gracieuse et charismatique porte-parole de la gauche anti-austérité portugaise

la très gracieuse et charismatique porte-parole de la gauche anti-austérité portugaise

Forum européen des alternatives place de la République le 30 et 31 mai dernier: un événement qui donne l'envie de se battre et d'innover!
Forum européen des alternatives place de la République le 30 et 31 mai dernier: un événement qui donne l'envie de se battre et d'innover!
Forum européen des alternatives place de la République le 30 et 31 mai dernier: un événement qui donne l'envie de se battre et d'innover!
Le porte-parole du parti Syrisa

Le porte-parole du parti Syrisa

Pierre Laurent, Maite Mola (Izquierda Unida, vice-présidence du parti de la Gauche Européenne), Pierre Larroutourou, Clémentine Autain, Christian Piquet, Gus Massiah

Pierre Laurent, Maite Mola (Izquierda Unida, vice-présidence du parti de la Gauche Européenne), Pierre Larroutourou, Clémentine Autain, Christian Piquet, Gus Massiah

Appel pour la Grèce de Tasos Koronakis (présidente du Parlement grec) et de Pierre Laurent

Appel pour la Grèce de Tasos Koronakis (présidente du Parlement grec) et de Pierre Laurent

Forum européen des alternatives place de la République le 30 et 31 mai dernier: un événement qui donne l'envie de se battre et d'innover!
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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 19:09

A PROPOS DE LA CREATION DE LA SECURITE SOCIALE, D’URGENCE RETABLIR L’HISTOIRE

Prenons les devants….

Lors de l’hommage national du 70ème anniversaire de la sécu ( si jamais il est rendu!!!!!…), attendez vous encore et ceci malgré l’énorme travail fait pour rétablir l’histoire, à ce que les medias disent que la sécurité sociale a été fondée par Pierre Laroque. Ainsi qu’il est répété et enseigné constamment….

Ce qui est curieux c’est que lorsque l’on évoque une loi, on lui donne toujours généralement le nom du ministre qui l’a promulguée et non du fonctionnaire qui a participé à sa mise en place: Ainsi dit-on : Loi Macron, Loi Juppé ou Loi Veil par exemple.

Et bien non, là on vous dira loi Laroque qui n’était que le fonctionnaire de Croizat (directeur de la sécurité sociale ). On ne va évidemment pas donner à une institution enviée dans le monde entier et que socialistes, patrons et droite s’évertuent à casser, le nom d’un ministre communiste.

Et pourtant c’est lui, lui le bâtisseur de ce beau conquis social de Novembre 1945 à juillet 1946 alors qu’il est ministre du travail et de la Sécurité Sociale (jusqu’au 4 mai 1947). D’autres y verront encore une création de De Gaulle… oui mais, voilà, De Gaulle avait déjà démissionné ( 15 janvier 1946) lorsque Croizat, après avoir conçu les lois ( de création de la sécu), mit en place les 138 caisses avec la CGT et le peuple de France (malgré l’opposition violente de la droite, des assurances privées, des médecins, des patrons, des notables mutualistes, de la CFTC).

De plus De Gaulle sera le premier à la casser en octobre 1967 par le biais des ordonnances Jeanneney qui suppriment les élections démocratiques des caisses, divisent la sécu en trois branches et établissent le paritarisme qui donne la gestion aux patrons. Juste une petite vérité à rétablir: Pierre Laroque n’est que le commis d’écriture, je le répète: le fonctionnaire, qui mit en forme l’ordonnance portant création de la sécurité sociale du 4 octobre 1945.

Cette ordonnance est une émanation directe du Conseil National de la Résistance et de la réflexion et conception collective menées sous la maîtrise d’œuvre de Croizat dès sa nomination comme président de la Commission du Travail à l’assemblée consultative (juin 1943) du Gouvernement provisoire à Alger.

Et ceci en lien très étroit avec les services du ministère de la Santé dirigé par François Billoux, autre ministre communiste ( de septembre 1944 à novembre 1945) jamais cité lorsque l’on parle de la sécurité sociale (là encore si l’on devait attribuer la paternité de l’ordonnance, c’est à François Billoux qu’il faudrait la donner).

Pierre Laroque ne prendra d’ailleurs ses fonctions qu’en septembre 1944, comme fonctionnaire de… François Billoux…Rappelons encore utilement qu'il n'y aurait jamais eu de sécurité sociale ( ou autres grandes reformes sociales de la libération) s'il n'y a avait pas eu un rapport de force pour l'imposer:: 29 % des voix au PCF, 5 millions d’Adhérents à la CGT, une classe ouvrière grandie par sa résistance héroïque, un patronat sali par sa collaboration. . Il est difficile d’admettre la réalité de l’Histoire et surtout l’actualité brûlante et la modernité d’un homme comme Ambroise Croizat à l’heure où droite, patronat et socialistes veulent privatiser ce bien national qu’est notre belle sécurité sociale.

Le meilleur hommage que nous pouvons rendre à celui que l’on baptisa justement « le ministre des travailleurs » pour ce 70eme anniversaire est de nous battre sans cesse partout pour que la sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais qu’elle reste ce que Croizat et le peuple de France qui l’ont bâtie ont voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarités, un rempart au rejet, à la souffrance et à l’exclusion MICHEL ETIEVENT

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 14:48

La semaine dernière, ceux qui croyaient que le salut pour la gauche et le mandat présidentiel de Hollande viendrait de l'intérieur du PS et d'une exigence de réorientation de la politique gouvernementale venue des militants socialistes, en colère contre les orientations droitières de Hollande et Valls, ont dû déchanter avec le résultat de la consultation des adhérents sur les motions, puisque la motion Cambadélis, défendant la politique sociale-libérale du gouvernement et le cap présidentiel, avec le soutien remarqué de Martine Aubry, a obtenu 60% des suffrages des militants, contre 30% à la motion de Christian Paul, celle soutenue par les "frondeurs" réclamant une réorientation à gauche, pour la relance de l'activité, la lutte contre le chômage et les inégalités, de la politique du gouvernement.

Le PS n'est pas pour autant rassemblé et serein derrière la politique du gouvernement: il a perdu 40 000 adhérents depuis 2012, et 30% des adhérents qui veulent d'un parti plus fidèle à ses valeurs historiques et moins orienté sur l'agenda politique du Medef, ce n'est pas rien non plus.

Ceux qui ont voté Cambadélis ont pour certains manifesté leur accord avec la politique de l'offre, "réaliste et de rigueur" , diront-ils, du gouvernement et de Hollande, complètement arrimée aux orientations de la finance et du libéralisme en Europe. D'autres ont sans doute privilégié avant tout comme d'habitude l'unité derrière les chefs et "la gagne" (ne pas fragiliser encore plus l'exécutif), la cohérence de l'action. Car il faut donner du temps au temps et attendre de voir les résultats... Il y a au PS comme à l'UMP et dans d'autres partis une culture "suiviste" d'un certain nombre de militants qui placent le culte du résultat et la confiance vis à vis de la personne des dirigeants avant la préoccupation pour le contenu politique.

Ce résultat qui est tout de même préoccupant pour l'avenir du PS quand on connaît l'ampleur du rejet pour sa politique aux conséquences dramatiques pour le pays et pour les gens (plus d'un million de chômeurs et de pauvres en plus depuis 2012, des inégalités qui s'accroissent, des collectivités en difficulté...). Il traduit aussi le fait que désormais, les thèses de centre-droit, de la "réconciliation" avec le monde patronal et le marché, au nom de l'efficacité économique et de la croissance, sont en grande partie rentrées dans les têtes des adhérents, dont la culture politique et le profil sociologique en partie aussi a changé depuis les années 70 et le début des années 80. Il n'y a d'ailleurs plus beaucoup d'ouvriers, d'employés, de syndicalistes au PS, mais beaucoup de cadres, de professions intellectuelles du secteur public ou libéral, beaucoup d'élus et de personnes qui travaillent pour les élus aussi, qui sont donc souvent assez éloignés des problèmes que rencontrent les classes populaires et de leurs préoccupations, qui conçoivent parfois la politique comme un gagne-pain et un match plus que comme un moyen d'améliorer la vie des gens et de construire un rapport de force pour plus de justice, d'égalité.

Il ne faut pas sous-estimer le rôle de l'opportunisme de beaucoup de cadres intermédiaires et d' élus ambitieux qui veulent garder places et influence et qui se rangent du côté du vainqueur annoncé, et souvent officiellement toujours pour faire avancer les choses en interne...

Dans le livre "La Gauche bouge", écrit en 1985 sous le pseudonyme de Jean-François Trans par les trans-courants François Hollande, Jean-Pierre Jouyet (alors conseiller technique de Mitterrand à l'Elysée avant de travailler pour Sarkozy, et de décéder en 2005), Jean-Yves Le Drian, Jean-Pierre Mignard. On y lit: "Finis les rêves, enterrés les illusions, évanouies les chimères. Le réel envahit tout. Les comptes doivent forcément être équilibrés, les prélèvements obligatoires abaissés, les entreprises modernisées, l'initiative libérée". Ou encore: "Ce n'est pas par calcul ou par malignité que la gauche a accepté de laisser fermer les entreprises ou d'entamer le pouvoir d'achat des Français. C'est par lucidité. Refuser les évolutions et c'en aurait été fait de la perspective d'une gestion régulière du pays par la gauche".

La droite du PS qui conjugue la modernité avec la renonciation avec toutes les vieilles lunes marxistes de la lutte des classes, de la régulation économique et de la redistribution sociale, a gagné en interne, là où le rapport de force entre la gauche et la droite du PS était beaucoup plus équilibré encore en 1993, en 2005.

La direction du PS se réclame d'un nouveau compromis social-démocrate, alors que la social-démocratie n'existe déjà plus en Europe dans les faits, à part peut-être dans les pays nordiques, et imite en réalité la conversion au libéralisme économique et à l'Etat fort pour les faibles du New Labour, du SPD, des socialistes espagnols ou grecs, appareils d'Etat complètement infiltrés par "les élites" et la haute bourgeoisie, qui travaillent pour les intérêts des classes possédantes.

Seulement, pour gagner des élections autres que locales, cette "gauche officielle" qui n'a plus rien de socialiste et plus grand chose de gauche ne peut plus compter désormais, dans une situation d'opposition, que sur la brutalité et l'impopularité de son adversaire de droite au pouvoir ou sur les numéros d'illusionnistes, incapable d'obtenir une majorité à gauche sur la politique qu'elle promeut en réalité.

Hollande a été élu sur une mystification et un malentendu en 2012: ce n'est pas sûr qu'on y reprennent les Français de sitôt.

Nous sommes convaincus pour notre part qu'il faut que cette désillusion s'opère pour que des forces vraiment de gauche soient perçues comme une alternative possible par les électeurs qui ont des convictions de gauche solide, mais cette condition nécessaire est loin d'être suffisante. Et la dérive du PS menace dans les franges majoritairement peu politisées de la gauche l'idée et le crédit même de la gauche, de ses valeurs et de sa politique.

L'électorat traditionnel du PS reste un électorat de gauche, certains de ses militants ont aussi des valeurs qui nous sont communes. Nous ne pourrons pas construire une force de gauche volontariste et majoritaire en excluant l'électorat et même les sympathisants et militants du PS. Mais cette perspective ne sera attractive pour eux que si la gauche authentique a une prise sur le réel et est dans une dynamique unitaire et ascendante, ce qui ne sera possible qu'en refusant les compromis électoraux, en clarifiant nos différences en théorie et en les exemplifiant en pratique.

On le sait, l'électorat du PS est plus à gauche que ses cadres dirigeants.

Car contrairement à ce qu'il se dit traditionnellement, la droitisation des esprits n'est pas si évidente que cela.

C'est que montre le volume 3 des Cahiers du LEM , la revue intellectuelle d'étude politique du PCF: " D'une domination sans partage des valeurs de droite (hostilité à l'action collective, faveur marquée pour le libéralisme) voire d'extrême-droite (puissance de la xénophobie en particulier) dans les années 1990, on est passé à une prédominance des principes de gauche. Ainsi, "bourse" connoté négativement à hauteur de 29% en 1988, l'est à 74% en 2012! Pour "privatisation", on est passé de 36% d'opinions négatives en 1988 à 62%! Pour "capitalisme" même, l'évolution reste notable: de 50% de rejet en 1988 à 64%!". A l'inverse, les marqueurs de gauche progressent: volonté d'un contrôle public de l'activité économique (29% en 1988; 55% en 2012), influence des syndicats de salariés dans la politique du gouvernement (20% la jugeaient insuffisante dans les années 1980; 52% maintenant...).... Mêmes évolutions du côté des questions de mœurs ou de migrations -homophobie et xénophobie demeurent mais ont perdu grosso modo la moitié de leurs bataillons en 20 ans".

C'est que les ravages du capitalisme financier et mondialisé et des politiques libérales sont passés par là.

Le problème est que la déception vis à vis du PS et de Hollande ne se traduit pas encore en France, à l'inverse de l'Espagne ou de la Grèce par exemple, par une montée en puissance de la gauche authentique. L'histoire l'explique, une gravité moindre de la régression sociale et de la perte de souveraineté politico-économique aussi, une classe politique peut-être moins corrompue dans son ensemble, et surtout un mouvement social et un climat de luttes moins vivace. La gauche de la gauche en France à l'heure actuelle, surtout, peine à entraîner les jeunes et les catégories populaires, qui "préfèrent" l'abstention parce qu'elle ne nous trouve sans doute pas assez capable d'inverser le cours des choses, ou pas assez crédible.

Si une partie significative, diplômée, active de la population, bien que plus à gauche souvent dans ses valeurs que le PS de Valls, considère toujours néanmoins le PS comme le référent de la gauche et continue à voter pour lui comme premier acteur crédible et à vocation majoritaire de la gauche, l'électorat ouvrier et populaire est le plus souvent désenchanté et dégoûté, à raison d'ailleurs. Beaucoup d'électeurs ne croient plus en la politique, mettent les partis de gauche et de droite dans le même sac, et s'abstiennent ou vote sur un registre contestataire ou d'adhésion pour le parti qui actuellement menace le plus sérieusement le bipartisme installé depuis 40 ans au moins: le FN. C'est une menace inédite, d'autant que le FN, on le voit, reprend depuis quelques années, quelque soit par ailleurs le socle de son identité idéologique, des thèmes sociaux et anti-libéraux qui séduisent le monde ouvrier et les victimes de la crise. Ce n'est pas la division à gauche qui renforce le FN, c'est les démissions de la gauche, ou de la prétendue gauche au pouvoir.

Si les médias nous ignorent ou nous caricaturent, la gauche de gauche a aussi ses responsabilités dans ce manque de perspectives pour une relève à vocation majoritaire à la gauche du PS. Discours et communication ne sont pas toujours très lisibles, nous souffrons d'un manque d'unité et de cohérence électorale, nous avons du mal à trouver une plateforme de revendications et de reconnaissance commune à tous les dominés, les exploités, les laissés pour compte, les opposants du système. Divisions et personnalités qui ne rassemblent pas suffisamment, partis vieillissants et affaiblis, syndicats souffrant des mêmes maux, manque de dynamique de lutte sociale et politique offensive, sont d'autres handicaps.

La violence des politiques libérales et de la crise vécue par les gens à cause du renforcement de la domination capitaliste fait que la situation politique est très mouvante et qu'un réveil de la gauche de gauche n'est pas exclu, même si l'extrême-droite a pris plusieurs longueurs d'avance pour se poser en recours possible au bipartisme qui gère les intérêts de la bourgeoisie et du grand capital.

Toutefois, cela ne se fera pas du jour au lendemain sans travail militant de fourmi pour recréer des réseaux et du commun à l'intérieur du monde social, sans travail idéologique pour crédibiliser les solutions de transformation sociale et de dépassement des logiques capitalistes ni sans redynamisation des luttes contre l'ordre inégalitaire et l'exploitation partout dans le pays, à l'instar de ce qui se passe dans d'autres pays européens.

La lutte, la proposition, l'esprit de rassemblement et de conquête, l'exigence politique et idéologique mais le refus du sectarisme, la participation et l'implication citoyennes, l'explication du possible pour lutter contre toutes les résignations doivent être nos ambitions pour les années à venir.

Ismaël Dupont

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 07:54

Le PS a une nouvelle majorité. Elle est nette, j'en prends acte, mais elle est aussi hétéroclite et affaiblie. Il y a dans le résultat des votes une mauvaise et une bonne nouvelle. La mauvaise, c'est l'encouragement donné à la politique social-libérale gouvernementale. Le couple exécutif Hollande-Valls va utiliser ce vote comme un feu vert pour amplifier des choix néfastes pour la gauche et pour notre peuple. La bonne, c'est que des dizaines de milliers de socialistes contestent ces choix.

Le PS reconnaît la perte de 40 000 adhérents depuis 2012, et environ 15 000 votants en moins. Le résultat de la motion majoritaire est de plus de 15 points inférieur à celui de 2012. Les motions d'opposition progressent. Je continuerai à appeler tous les socialistes qui veulent d'autres choix à joindre leurs forces aux nôtres pour reconstruire un nouveau projet de gauche alternatif aux choix Valls-Hollande.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Vote des militants du PS sur les motions: 60% des militants d'un parti affaibli et divisé pour la motion pro-gouvernementale et social-libérale. Déclaration de Pierre Laurent
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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 18:19

Regards | Entretien par Jérôme Latta | 21 mai 2015

Samy Johsua : « À gauche, on ne peut qu’affirmer le principe d’une école commune »

Mise à jour des programmes, interdisciplinarité, autonomie des établissements, enseignement des langues… La réforme du collège suscite les controverses, mais elle ne pourra qu’accentuer les inégalités scolaires, nous explique Samy Johsua.

Samy Johsua est ancien professeur en sciences de l’éducation, conseiller municipal Front de gauche à Marseille.

Regards. Comment peut-on résumer la situation critique de l’enseignement en France ?

Samy Johsua. Au départ de la réflexion, il y a une constatation irréfutable et une préoccupation largement partagée : les inégalités scolaires sont de plus en plus graves. On ne doit pas seulement retenir des enquêtes internationales la baisse du niveau moyen en France, car les écarts et les variations sont en réalité très minimes. Le fait que les catégories en difficulté le sont de plus en plus, et ce pour la première fois dans l’histoire multiséculaire du pays, est beaucoup plus significatif. Jusqu’au milieu des années 90, c’est-à-dire jusqu’aux réformes libérales, l’augmentation du niveau moyen était obtenue par une progression de tous. Cette évolution est catastrophique car elle annonce une cassure du pays dans les années à venir.

On a le sentiment que les annonces du gouvernement ont déclenché une énième guerre de tranchées sur ces sujets, sans réel débat. Les polémiques recouvrent-elles de vraies questions ?

Il y a une vraie opposition, menée par la droite, sur des faux problèmes. Dès que l’on s’intéresse au problème central des inégalités scolaires, la droite monte au créneau – et pas seulement la droite, mais aussi une partie de la gauche qui est sur les mêmes positions. Un système de pensée s’est imposé, depuis vingt-cinq ans, qui cherche au problème des inégalités un type de solutions qui ne font que les renforcer. La voix de ceux qui souhaitent à la fois tenir compte des problèmes posés et trouver une issue réellement démocratique est de plus en plus affaiblie.

« Pour combattre réellement les inégalités, il faut d’abord résoudre le problème de l’organisation de la carte scolaire »

Le collège est-il vraiment le principal lieu de l’échec des politiques scolaires ?

Presque personne ne dit que l’on peut réduire cette question globale seulement au collège. Pour combattre réellement les inégalités, il faut d’abord résoudre le problème de l’organisation de la carte scolaire. Les mesures du gouvernement de Nicolas Sarkozy pour assouplir la carte scolaire ont été conservées, voire renforcées, par le gouvernement actuel. Dès lors, il y a tromperie : tout débat sur la mixité sociale dans les classes est faussé dans la mesure où elle est impossible dans ce contexte, quoi que l’on fasse. Elle l’est d’autant plus avec la fuite vers les établissements privés. Tant que ceux-ci peuvent peuvent recruter sans limite, toutes les mesures un tant soit peu coercitives en faveur de la mixité vont accélérer cette fuite des classes moyennes et supérieures. Dans un tel contexte, les mesures prises ne peuvent être que plus ou moins mauvaises.

Le débat s’est cristallisé sur l’enseignement du latin et du grec, ainsi que sur la suppression des classes "bilangues"…

On peut tout à fait débattre de la question de l’enseignement des langues anciennes, mais ce n’est à mon sens pas le problème principal. Le gouvernement veut supprimer les classes bilangues pour limiter la séparation des enfants des classes favorisées au sein du collège supposé unique. Mais, faute d’application réelle de la carte scolaire et compte tenu de la concurrence de l’enseignement privé, on a très peu de chances d’y parvenir. On obtiendra un collège formellement plus égalitaire, mais en pratique, les enfants des classes moyennes vont simplement partir. En l’état, ce type de mesure ne peut qu’accentuer les difficultés.

Pourquoi la mise à jour des programmes suscite-t-elle toujours autant de controverses ?

La réflexion sur les programmes a été engagée depuis longtemps, mais le gouvernement y a mis un terme avant d’élaborer son projet. Cet autoritarisme est en soi incompréhensible. Une discussion tout à fait légitime portait sur l’évolution des programmes – un exercice délicat, notamment parce que les parents exigent de retrouver les enseignements de leur propre époque, et parce qu’il faut nécessairement "faire de la place" dans les programmes. L’équilibre est compliqué à trouver, et on a vu les réactions suscitées à droite par l’enseignement, tout à fait indispensable, de l’histoire de l’islam et de la colonisation. Je ne m’engage pas dans les controverses sur ces aspects-là, même si je suis surpris de la maladresse de certaines dispositions comme le placement des Lumières dans les matières facultatives.

« Ce n’est pas parce qu’on leur fera faire des choses rigolotes que les élèves vont mieux apprendre »

La question de l’autonomie des établissements semble plus cruciale. Le renforcement des inégalités territoriales, la mise en concurrence des établissements sont-ils fatals ?

En accordant à chaque collège 20% du choix des contenus, on prétend assurer l’autonomie des établissements, leur offrir une "respiration". Mais ces choix seront faits par une commission dont la direction choisira elle-même les membres, et surtout ils le seront en fonction d’une logique gestionnaire et des moyens disponibles. Cela ne pourra que générer des déséquilibres considérables entre les établissements. Dans les collèges des quartiers les plus favorisés, ce sont les contenus les plus traditionnels qui vont être renforcés. Ailleurs, l’idée – très répandue chez bon nombre de spécialistes mais que je ne partage pas – est qu’en s’éloignant des contenus traditionnels, on va résoudre les problèmes. Alors que vingt-cinq ans d’expériences dans ce sens montrent l’inverse.

On ne peut pas espérer que cette autonomie permette une meilleure adaptation aux situations spécifiques des élèves les moins favorisés ?

Ce qui est décisif, ce sont les points de vue qui déterminent les choix. La réforme entend notamment introduire des enseignements interdisciplinaires, avec l’idée qu’ils sont plus concrets et seraient à ce titre plus adaptés aux élèves des milieux populaires. D’abord, l’opposition que font certains entre disciplines et contenus interdisciplinaire est artificielle : les disciplines actuelles sont des constructions interdisciplinaires – l’histoire-géographie, les mathématiques, la physique-chimie, le français qui réunit littérature, grammaire, linguistique, etc. Ces construits historiques gardent toutefois un lien avec les savoirs universitaires, avec les contenus validés. Si l’on glisse vers une construction interdisciplinaire décidée à l’échelle des établissements, la solidité des savoirs en question n’est plus garantie.

L’interdisciplinarité est-elle en soi une impasse ?

Je n’exprime pas une opposition de principe : le bilan des travaux personnels encadrés (TPE), qui consistent en la réalisation de sortes de mémoires par des groupes d’élèves, est par exemple positif. Mais les TPE résultent d’une réflexion sérieuse, pour établir des savoirs solides. Or on voit s’établir, dans la façon actuelle de procéder, une opposition entre les enseignements sérieux – qui seraient ennuyeux – et des enseignements concrets, ludiques : c’est une très mauvaise façon de prendre le problème. S’il n’y a pas une "libido cognitive", c’est-à-dire si on ne comprend pas que l’acquisition de la connaissance doit en elle-même susciter de la jouissance, on ne pourra pas avancer. Ce n’est pas parce qu’on leur fera faire des choses rigolotes que les élèves vont mieux apprendre. En musique ou en sport, on sait bien qu’il faut répéter ses gammes, s’entraîner, pour parvenir à un résultat. Diminuer de 20% le temps consacré aux disciplines traditionnelles sans modifier les objectifs finaux à l’issue de la troisième ne fera que rendre encore plus difficile l’atteinte de ces objectifs. En résumé, l’effet de ces enseignements interdisciplinaires va être très positif dans les bons établissements et très négatif dans les établissements en difficulté.

« La suppression du collège unique relève d’une position purement réactionnaire »

Compte tenu de l’impuissance du collège unique à enrayer la reproduction ou l’aggravation des inégalités, comment continuer à en défendre le principe ?

Il faut s’entendre sur les termes. Il est faux de dire que l’école crée des inégalités : au pire, elle ne parvient pas à les combattre. Avec une telle façon de poser le problème, on pourrait aussi conclure qu’il faut supprimer l’école… On ne va pas enlever de la constitution le principe de l’égalité salariale entre les hommes et les femmes au motif qu’on ne parvient pas à l’assurer ! La suppression du collège unique relève en réalité d’une position purement réactionnaire qui conduit immanquablement à revenir à une école pour les riches et une école pour les pauvres – et pas seulement pour le collège. À gauche, on ne peut qu’affirmer le principe d’une école commune, indifférenciée. Quand on aura mis "chacun chez soi", cela n’ira mieux que pour ceux qui seront débarrassés des pauvres. Un élève en difficulté, mais pas encore décroché, aura beaucoup plus de chances de s’en sortir dans une classe avec des élèves plus forts. Alors que, comme le montrent les études internationales, pour les bons élèves, la présence d’élèves en difficulté ne change quasiment rien. Les élites n’ont pas de problèmes.

Plusieurs intellectuels spécialistes de l’éducation, dans une tribune publiée par Le Monde, appellent à « rompre avec le mythe d’un traitement uniforme des collégiens »

Ce constat de départ n’est pas faux. Si vous traitez également des personnes inégales, vous ne pourrez créer que de l’inégalité. Pour construire l’égalité, il faut traiter inégalement des gens inégaux. La réponse ne doit pas d’abord porter sur la pédagogie, mais sur la nature et la composition des programmes et des savoirs. On devrait ainsi transformer ce que l’on définit comme la culture commune, qui valorise très peu des aspects pourtant importants dans certaines catégories sociales – comme l’enseignement technique et technologique. Des demandes de savoir très fortes au sein de la société ne sont pas présentes à l’école, comme celles qui concernent la médecine, la psychologie, etc.

Adapter les enseignements à chaque élève est donc une fausse bonne idée ?

L’individualisation des pédagogies massivement prônée aujourd’hui, y compris par le gouvernement, se fait immanquablement au bénéfice des plus forts. Et elle va à rebours des pédagogies qui montrent que l’apprentissage est plus efficace quand il est collectif, à l’image des activités humaines elles-mêmes. Au lieu de concevoir l’enseignement comme une course de cent mètres, qui établit des premiers et des derniers à l’arrivée (tout en ignorant que certains partent avec un sac de ciment sur le dos), on devrait s’inspirer des sports collectifs : dans une équipe, il y a des joueurs forts et d’autres qui ratent leur match, mais c’est l’équipe qui gagne ou qui perd. Dans toutes les disciplines, on peut enseigner en favorisant un apprentissage collaboratif, pour atteindre les objectifs communs, au bénéfice de tous. Ce point de vue est non seulement de gauche, mais aussi anthropologique.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 08:05

Procès : Zyed et Bouna, morts pour rien

18 mai 2015. Dix ans. C'est le temps qu'il aura fallu pour que la justice rende, enfin, un jugement dans le procès des deux policiers poursuivis pour la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, à Clichy-sous-Bois. Le tribunal correctionnel de Rennes a décidé ce lundi de suivre Parquet et de prononcer la relaxe.

"Morts pour rien". Car la justice avait l'occasion de reconnaître une situation qui ne peut plus durer dans notre pays. Combien de face à face réguliers, de bavures, de contrôles d’identités quotidiens, d’affrontements parfois violents, venant noircir les lignes d’une trop longue liste illustrant le malaise entre les jeunes de France et la police nationale ? Malaise, le mot est faible.

Cette illustration du deux poids deux mesures dans le traitement des affaires qui confrontent jeunes et policiers pose de nombreuses questions quant aux pratiques de la police. L’urgence est de comprendre les causes qui rendent trop souvent l’action des forces de police attentatoires aux droits fondamentaux et l’action de la justice en contradiction avec l’égalité des citoyens devant la loi. Et ces raisons sont éminemment politiques.

Des citoyens français peuvent être humiliés, frappés, détenus sans raison, voire mis en danger de mort car depuis près de 10 ans le monde politique a décidé ou a laissé prospérer l’entreprise de stigmatisation de la figure des « jeunes de banlieue ». A seul titre d’exemple, il faut se rappeler les mots des ministres de l’intérieur tels que « sauvageons » ou « racailles ». Et pour l’évidence, rappelons l’odieuse manipulation de Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, qui ont fait manifester des policiers devant le tribunal de Bobigny au mépris du principe fondamental d’indépendance de la justice. Et ceux sont ces mêmes dirigeants qui ont passé les dix dernières années à démanteler méthodiquement le droit pénal des affaires. Voilà la réalité quotidienne des palais de Justice : des jeunes envoyés à l’abattoir et l’impunité pour les puissants.

Pour cette raison, le jugement rendu aujourd'hui est profondément choquant.

François Hollande, en 2012, s’était engagé à mettre fin aux contrôles au faciès mais ceux-ci persistent quotidiennement alors que la grande majorité des policiers aspire elle-même à des relations apaisée avec les citoyens.

Le PCF refuse d’attendre les bras croisés de nouvelles explosions de colères suite à des dénis de justice. Nous exigeons la mise en œuvre immédiate des engagements de campagne et l’ouverture d’un grand débat pour refonder les missions de la police et reconstruire une justice des mineurs digne de son ambition d’éducation et d’insertion sociale.

C’est une œuvre historique, une ambition de changement sur laquelle aucun nouveau renoncement ne pourra être accepté.

Fabien Guillaud-Bataille, responsable « Sécurité - Police » au PCF,

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 08:02

Selon le site internet Mediapart, la commandante de police en charge de l'enquête sur les pertes de la Société Générale début 2008 a déclaré, lors d'une récente audition devant la justice, que ses investigations l'avaient conduite à "la certitude" que la "hiérarchie" de Jérôme Kerviel "ne pouvait ignorer" les agissements de son trader, Ainsi donc se confirme ce que nous disions depuis le début de l'affaire : Jérôme Kerviel ne pouvait pas être le seul responsable d'une spéculation effrénée qui a engagé plus de 20 milliards et la perte de 5 milliards d'euros !

"Les écuries d'Augias du capitalisme financier doivent être nettoyées" écrivions-nous en 2010 après le premier procès Kerviel. Plus que jamais le procès de la Finance, de la spéculation, reste à faire.

A l'heure ou les banques ont robinet ouvert, via un dispositif de rachat de dettes par la Banque centrale européenne (60 milliards d'euros de dette chaque mois pour un total prévu de 1 000 milliards d'euros), cette dernière révélation démontre s'il en était encore utile, la nécessité absolue de la création d'un pôle financier public incluant des banques nationalisées, seule capable de mettre fin à la spéculation et la financiarisation devenues folles de notre économie.

Révélation Kerviel: plus que jamais, le procès de la finance reste à faire (Olivier Dartigolles, PCF)
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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 07:56

Le Parisien 20 mai 2015

Réforme du collège : le décret est paru au Journal officiel

Le Premier ministre Manuel Valls avait déclaré mardi que l réforme du collège serait «mise en œuvre» et que le décret serait «publié le plus rapidement possible», en dépit de la mobilisation à son encontre.


Le gouvernement dément toute «précipitation» C'est fait. Au lendemain d'une journée de grève et de manifestations, le décret ainsi que l'arrêté portant sur la réforme contestée du collège sont parus ce mercredi au Journal officiel. Et prévoient comme prévu une entrée en vigueur de la réforme «à compter de la rentrée scolaire 2016».

La réforme prévoit de laisser chaque collège fixer 20% de son emploi du temps, avec de l'accompagnement personnalisé pour tous, de l'interdisciplinarité et une deuxième langue vivante (LV2) avancée en cinquième. L'arrêté paru au JO détaille aussi les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), prévus à partir de la cinquième pour favoriser notamment le travail en groupe. Les huit thèmes d'EPI vont de la santé à la culture en passant par la transition écologique ou les langues de l'Antiquité. Les élèves en suivront deux par an et au moins six des huit thématiques entre la cinquième et la troisième. L'un de ces EPI, portant sur les «langues et cultures de l'Antiquité» remplace les options latin et grec qui sont supprimées.

Une deuxième langue pour tous en cinquième

Au côté des enseignants de langues anciennes, les professeurs d'allemand ont aussi fait part de leur inquiétude: la discipline pâtira, selon eux, de la suppression des classes bilangues (deux langues étrangères dès la sixième, des classes suivies par 16% des élèves de sixième). La réforme propose à la place une deuxième langue pour tous en cinquième.

L'autonomie accrue accordée aux établissements et l'interdisciplinarité ont cristallisé la grogne des syndicats anti-réforme. Mardi, quelques milliers d'enseignants sont descendus dans la rue pour protester contre la réforme du collège. Un gros quart des professeurs des collèges publics (27,61%) ont répondu à l'appel d'une intersyndicale de sept organisations selon le ministère de l'Éducation, alors que le Snes, principal syndicat du secondaire, annonçait «plus de 50%» de participation. Mais la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, a répété que la réforme entrera en vigueur comme prévu à la rentrée 2016 car «elle est indispensable». Elle a cependant assuré «entendre» les enseignants, en grève ou pas, et promis «des garanties» pour une bonne mise en oeuvre de la réforme dans les textes d'application.


C'est peu dire que la publication du décret au JO suscite ce mercredi la colère des opposants de la réforme, dont le centriste françois Bayrou, qui a carrément appelé à une manifestation nationale. Pour calmer les esprits, la ministre est allée expliquer sa démarche sur France Info, affirmant notamment qu'il fallait «aller vite pour veiller à bien accompagner les professeurs». «Dès lors qu'il y a un manifestant, ça m'interpelle», a tenté d'apaiser Najat Vallaud-Belkacem. «Mais l'important, c'est la façon dont on répond. Publier le décret, c'est passer à l'étape suivante : la préparation», a-t-elle défendu. «Nous devons aller vite pour veiller à bien accompagner les professeurs. (...) Il faut une préparation en amont, ce sont des mois de travail, d'accompagnement et de formation. (...) Cette réforme elle marchera car nous mettons les moyens», a-t-elle encore assuré.
«Il ne faut pas opposer la publication du décret avec la nécessité du dialogue», a affirmé quelques instants plus tard sur RTL le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. Saluant cette «marque de détermination», ce dernier estime que la discussion «a eu lieu et elle doit continuer», en particulier «sur l'application de ce qu'on appelle l'interdisciplinarité».

manifestation contre la réforme du collège à Brest le 19 mai

manifestation contre la réforme du collège à Brest le 19 mai

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