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11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 06:39

Comme tous les ans, le ministère de l’Intérieur publie les chiffres concernant l’immigration. À une époque où la droite, l’extrême droite et le gouvernement ne veulent que manipuler les esprits et surfer sur la haine, les interprétations des chiffres sont trop souvent malveillantes et oublient quelques réalités.

 

La première réalité à remettre en place si l’on cherche les motifs de leur augmentation, elle s’appelle Covid. En effet, les comparaisons sont faites par rapport à l’année 2020, année de pandémie mondiale qui a stoppé toute mobilité et en particulier les migrations lointaines. Les chiffres sont donc juste un retour aux réalités de 2019.

Le seul chiffre qui continue à être très faible est celui du nombre de visas donnés, 733 000 en 2021 contre 3,5 millions en 2019. Mais cette très forte diminution ne fait pas l’actualité car elle gène le monde financier, y compris de droite ou pire. C’est en effet le signe de la non-reprise du tourisme international et en particulier du tourisme venant de Chine et des États-Unis.

Au sujet des demandes d’asile, le chiffre est toujours inférieur à celui de 2019 et cela malgré l’effondrement de l’Afghanistan, malgré la multiplication de pays instables, malgré les catastrophes naturelles dues au réchauffement climatique. Le nombre de statuts de réfugiés délivrés par la France est toujours aux alentours de 35 000. Ce chiffre et celui des expulsions montrent clairement la politique forteresse, la politique de repli sur soi de la France.

Notre pays abandonne l’hospitalité, la fraternité, l’accueil, et refuse le débat sur la liberté de circulation et d’installation.

D’ailleurs certaines voix du monde économique commencent à dire que le nombre de titres de séjour délivrés pour raison économique, en particulier dans les métiers en tension, serait insuffisant.

Autre information qui n’a pas fait la Une des journaux. L’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) appelle la présidence française du conseil de l’Union européenne et la République tchèque qui assurera cette présidence en juillet, à donner la priorité à une meilleure protection des réfugiés en Europe et dans le monde.

Cet organisme international signale que la généralisation des propos xénophobes dans les discours politiques et la multiplication des obstacles physiques et législatifs à l’accès au territoire pour y demander l’asile dans l’Union européenne ont continué à mettre en danger des personnes fuyant la guerre, les conflits et les persécutions.

« Le droit de demander l’asile est un droit humain fondamental. Il doit être préservé, en particulier dans les situations extraordinaires ou en cas d’urgence », a déclaré Gonzalo Vargas Llosa, représentant du HCR pour les Affaires européennes. Elle fustige dans ces propos les pratiques politisées et clivantes qui cherchent à instrumentaliser les mouvements de population et vont à l’encontre du droit international.

Le HCR exhorte les présidences à réaliser des progrès sur des questions clés, telles que la solidarité intra Union européenne, les conditions d’accueil et les procédures d’asile équitables et rapides.

Gonzalo Vargas Llosa explique dans cet appel que le nombre d’arrivées dans l’Union européenne reste largement « gérable » (les chiffres le montrent distinctement). Elle rappelle aussi que près de 90 % des réfugiés vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, et encourage donc les présidences à renforcer la solidarité mondiale envers les personnes déplacées de force.

Voilà une belle leçon à débattre et à faire connaître dans les campagnes électorales actuelles.

Cécile Dumas

Responsable adjointe du secteur international du PCF chargée des questions migratoires

 

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11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 06:35

Alors que les sirènes de l’ouverture à la concurrence se font entendre, l’avenir des transports en commun constitue un choix primordial pour les pouvoirs publics et les usagers, en lien avec l’exigence de gratuité.

 

 

Il faut développer les transports collectifs et leur gratuité. Cela nécessite des investissements financés par les grandes entreprises.

 

 

JACQUES BAUDRIER

Maire adjoint PCF de Paris, administrateur d’Île-de-France Mobilités

Alors qu’il y a urgence pour sauver le climat et que les transports représentent 31 % des émissions de gaz à effet de serre du pays, un développement très important des transports collectifs et du vélo, modes de transport peu carbonés, est évidemment indispensable.

Atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 implique une augmentation très forte du nombre de déplacements en transports collectifs. Cela doit évidemment être le cas dans les villes. Un outil privilégié est le passage aux transports urbains gratuits, comme le propose Fabien Roussel. Les élus communistes ont très souvent été à l’origine de la mise en place de gratuité totale ou partielle, comme à Aubagne, Clermont-Ferrand, Nancy ou Paris. Il est temps maintenant de passer à la gratuité totale dans toutes les agglomérations. Le coût de cette mesure est de 7 milliards d’euros par an. Il peut tout à fait être financé par une augmentation du versement mobilité, en particulier pour les grandes entreprises.

« Il nous faut augmenter aussi la part du train dans les transports interurbains. »

Mais il faut aussi investir dans de nouvelles infrastructures. Nous avons su lancer le Grand Paris Express, un projet de 200 kilomètres de métro en Île-de-France. Il faut maintenant s’engager aussi dans l’extension ou la création de lignes de métro dans nombre d’autres grandes villes, comme Bordeaux, Toulouse ou Marseille. Et créer ou étendre les réseaux de tramway et de bus en site propre dans plusieurs dizaines d’autres villes. Les investissements à engager sont au moins de 3 milliards par an supplémentaires à financer, comme le Grand Paris Express, par une mise à contribution des grandes entreprises tertiaires.

Avec la gratuité et la relance des investissements, nous augmenterons de façon importante la part des transports urbains dans les déplacements. Conjugué à une forte augmentation des déplacements à vélo grâce à la création d’un réseau de 100 000 kilomètres de voies cyclables à l’échelle du pays, cela doit permettre de réduire très fortement la part de l’automobile en ville. Avec des conséquences très bénéfiques pour le climat et pour la santé publique grâce à une meilleure qualité de l’air.

Et, bien sûr, il faut arrêter le dumping social massif engendré par la mise en concurrence des transports collectifs et le processus de privatisation de la RATP et de la SNCF portés par le duo Macron-Pécresse.

Pour lutter pour le climat, il nous faut augmenter aussi la part du train dans les transports interurbains et réduire celles de l’avion et de la voiture. Cela suppose des tarifs en baisse. Et également un programme d’investissement pour remettre en service et améliorer des milliers de kilomètres de « petites lignes » de train et une accélération des investissements dans le réseau TGV (Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, Paris-Orléans-Clermont-Lyon, ligne nouvelle Paris-Normandie…). Avec une croissance forte des investissements à hauteur de 5 milliards par an.

 

Le temps est venu d’instaurer la gratuité prise en charge collectivement. C’est une mesure qui concilie les urgences sociale et environnementale.

 

 

MONIQUE LADESOU

Coordination nationale pour des transports collectifs gratuits

Le temps n’est plus aux demi-mesures. Les crises sociale, climatique, sanitaire imposent un véritable changement de cap pour réduire l’usage de la voiture individuelle, qui reste aujourd’hui le principal mode de déplacement, renforcé par l’étalement urbain et la concentration de l’emploi dans les métropoles. Pour vivre mieux tout en préservant la planète, en répondant aux besoins essentiels, en retirant du marché ce service public d’intérêt général. La gratuité, c’est un choix de société par lequel la collectivité décide de garantir un droit, le libre accès aux transports en commun.

La Coordination nationale pour des transports collectifs gratuits regroupe des collectifs et des militant.e.s agissant pour la gratuité dans une dizaine de villes (Aubagne, Bordeaux, Chambéry, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Metz, Nancy, Rouen, Roubaix, Strasbourg, Toulouse, vallée de la Thur). Pour désengorger les villes et les métropoles, et lutter contre l’enclavement des territoires ruraux, la coordination propose le développement massif et rapide des transports collectifs de voyageurs (tramway, bus, train), associé à la gratuité, comme un signal fort envoyé à la population pour l’inciter à laisser sa voiture et prendre les transports en commun.

« L’entretien des routes et des parkings grève largement le budget des collectivités. »

La gratuité est une mesure de justice sociale, car les dépenses de transport impactent fortement les foyers les plus modestes, voire les privent de possibilités de déplacements. Or les tarifications « sociales » ou « solidaires » ne remplissent pas leur rôle : un nombre important de personnes renoncent à faire les démarches et les différents tarifs suscitent des discriminations et des tensions.

C’est aussi une mesure pour diminuer les coûts et les nuisances considérables du trafic routier, la pollution de l’air, qui provoque 50 000 décès prématurés chaque année en France, les accidents de la route qui causent 3 500 morts par an, sans parler de l’entretien des routes et des parkings, qui grève largement le budget des collectivités. En réduisant la circulation automobile, elle est aussi un moyen de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Prendre le train, le tramway ou le bus plutôt que la voiture, cela réduit la pollution, les embouteillages, c’est bon pour la santé et la tranquillité de la vie quotidienne. Tout le monde en profite. Il est juste que ce soit pris en charge collectivement, comme la santé et l’école.

L’instauration de la gratuité des transports en commun est une mesure qui concilie les urgences sociale et environnementale. En cette période d’offensive greenwashing, la gratuité des transports publics est une mesure concrète, efficace. Elle doit devenir un enjeu pour la présidentielle.

Contact : gratuite_tc_contact@framalistes.org

À lire : Un programme unitaire pour le climat. Comment on peut sauver le climat si on s’y met aujourd’hui ! de Jacques Baudrier et Alain Pagano, éditions du Croquant, 2020.

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10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 06:26

Plus de 400 personnes selon les organisateurs, dont Fabien Roussel et Philippe Martinez étaient réunis devant la station de métro où a eu lieu la tuerie du 8 février 1962, pour le soixantième anniversaire du drame. Tous ont rappelé la nécessité d’une reconnaissante du crime par l’État. Le matin, l’Élysée avait publié un bref communiqué en « hommage » aux victimes.

Mention plus qu’insuffisant pour Emmanuel Macron. Voilà le message que veulent faire passer les différents acteurs du monde politique et syndical, réunis à la tribune, dans la soirée du mardi 8 février 2022, devant la station Charonne (11e arrondissement de Paris). Un peu plus de 400 personnes selon les organisateurs, ont répondu présentes. Les drapeaux de la CGT et du Parti communiste claquent au vent. Ici, soixante ans en arrière, la police du préfet Maurice Papon avait chargé la foule d’une manifestation contre l’OAS et pour l’Algérie indépendante, assassinant neuf personnes, toutes syndiquées CGT et toutes, à l’exception d’une, encartée au Parti communiste. Trois travaillaient dans les équipes de l’Humanité.

Une « blessure » historique pour la CGT

Un crime d’État, donc, que l’État n’a jamais reconnu. Jusqu’ici, les présidents avaient même ostensiblement ignoré les commémorations du drame. Emmanuel Macron a fait (un peu) mieux, puisqu’il a rendu « hommage aux victimes »… dans un laconique communiqué de presse de trois phrases. « C’est un pas. Un modeste pas, un pas lent, un petit pas, juge Fabien Roussel, secrétaire national du PCF. Nous voulons pousser l’action jusqu’au bout pour que soit reconnu ce crime. Nous le devons au peuple au nom du sang versé à cette époque, à la foule incroyable qui s’est mobilisée lors des obsèques des victimes. Il paraît que ce jour-là on ne trouvait plus un seul bouquet chez les fleuristes. » « Nous ne saurons nous contenter d’un communiqué de quelques lignes ! », martèle quant à lui Philippe Martinez, numéro un de la CGT, évoquant une « blessure » historique pour le syndicat. « Nous devons reconnaître ce crime pour ne jamais oublier que la police peut tuer. Et que l’État est responsable quand il y a défaillance », ajoute à son tour François Vauglin, maire PS du 11e arrondissement de Paris.

Le communiqué de Macron

Dans la foule, nombreuses sont les personnes qui n’ont même pas eu vent de la déclaration de Macron, simple communiqué qui a fini par atterrir dans les boîtes mails des rédactions. Quand on lui demande ce qu’elle pense de « l’hommage » du président, Marie-France balaie d’un revers de la main : « c’est Macron, avec lui c’est pas la peine ! » Appuyée sur une béquille, elle préfère partager ses souvenirs, elle qui y était, ce 8 février 1962, âgée alors de la vingtaine. Elle se souvient avoir cherché à rentrer en banlieue, car « mes parents en avaient marre que j’arrive en retard à l’heure d’être à table ». Et avoir croisé sur le chemin des policiers armés de leurs « bidules », ces longs bâtons à bout dur, conçu pour meurtrir, dont la préfecture équipait ses troupes. « Je me suis dit : ils sont fous, ils veulent en découdre. Pourquoi ? La foule se dispersait… » Henriette avait quatorze ans au moment des faits - « les jeunes étaient très mobilisés à l’époque ». Elle raconte : «  On a couru parce qu’il y avait une charge de police. Des copines ont perdu leurs chaussures, on a failli rentrer dans la station de métro mais il y avait une porte cochère par laquelle on a réussi à sortir. Le lendemain, on a appris la mort des camarades… »

Les manifestations communistes ou syndicales étaient interdites

Ces neuf victimes « avaient une vie, un travail, étaient éprises de justice, de liberté, et de paix, rappelle Philippe Martinez. Ils étaient là contre les crimes de l’OAS et pour affirmer que le fascisme ne passera pas. » L’époque est difficile pour les forces progressistes et anticoloniales, alors que le premier ministre Michel Debré préfère fermer les yeux sur le terrorisme d’extrême droite de l’OAS. « À l’époque, on raflait des Algériens, on les torturait, on les assassinait, pointe Fabien Roussel . Il ne faisait pas bon non plus être de gauche. Les manifestations communistes ou syndicales étaient interdites ou terriblement réprimées. »

Un fond d’air fascisant qui n’est pas sans rappeler… 2022, à entendre les différents intervenants. Fabien Roussel s’émeut ainsi du retour des « nostalgiques de Vichy », quand Philippe Martinez évoque « l’espace médiatique saturé de thématiques d’extrême droite, identitaires et racistes », propice à un nouveau « fascisme ». Charonne, c’est aussi ça, au-delà du devoir de vérité vis-à-vis des victimes et leurs familles. Une exigence de se souvenir, pour ne pas voir l’histoire verser dans le tragique de répétition. Pour ne pas avoir, à nouveau, à mettre en terre des manifestants pacifiques au Père-Lachaise. Et tant pis pour les fleuristes.

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10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 06:21

 

Peut-on se réjouir de l’impressionnante baisse du nombre d’inscrits à Pôle emploi en 2021 ? Le gouvernement s’enorgueillit de ce bilan. Mais ce recul masque d’autres réalités moins reluisantes. 

EXPLICATIONS

 

 

 

« Une année exceptionnelle pour l’emploi. » Face à une baisse peu ordinaire des chiffres du chômage au cours de l’année 2021, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, ne manque pas de s’autocongratuler. Les commentaires élogieux n’ont pas non plus tari pour qualifier les données : les chiffres seraient au plus bas, la baisse exceptionnelle.

En France, hors Mayotte, les personnes inscrites à Pôle emploi en catégorie A (regroupant celles n’ayant pas travaillé du tout) étaient 12,6 % moins nombreuses au quatrième trimestre de l’année 2021 qu’au quatrième trimestre 2020, selon la Dares, service des statistiques du ministère du Travail. Le presque candidat Emmanuel Macron a déjà commencé à surfer sur la bonne nouvelle pour en faire un élément de son bilan. À y regarder de près, pourtant, l’équation n’est pas vraiment époustouflante.

1. Derrière la baisse, la précarisation des travailleurs

La baisse du nombre de chômeurs n’ayant eu aucune activité a de quoi faire parler d’elle : elle est la plus importante depuis plus de dix ans. Pourtant, cette donnée est loin de signifier que la courbe du chômage s’est drastiquement inversée.

Toutes catégories confondues, la chute n’est que de 4,3 % en un an. « Il existe un phénomène de vases communicants entre la catégorie A et les catégories B et C. Cela n’est pas le signe d’une reprise d’un emploi de qualité, ça signifie que l’on remplace du chômage à temps complet par de l’emploi précaire », observe Pierre-Édouard Magnan, président du Mouvement national des chômeurs et des précaires.

En effet, en dépit de la forte baisse de la catégorie A, la seule mise en lumière par le gouvernement, les comptages des chômeurs ayant exercé au maximum 78 heures par mois (catégorie B) ou plus de 78 heures par mois (catégorie C) ont augmenté de respectivement 0,6 % et 8,6 % en 2021, en France métropolitaine. La forte progression du nombre de chômeurs en catégorie D, regroupant les privés d’emploi non tenus d’effectuer des recherches actives pour cause de formation ou de maladie, relativise aussi le bilan du gouvernement : leur nombre a gonflé de 6,3 % en un an…

Le constat est encore plus mitigé lorsqu’on se penche sur l’ancienneté des privés d’emploi. Au quatrième trimestre 2021, le nombre de personnes au chômage depuis une période de six mois à moins de deux ans a chuté de plus de 14 %. Au contraire, le nombre de sans-emploi depuis plus de trois ans, lui, n’a fait que stagner. Le chômage de longue durée reste une triste réalité.

2. Un simple phénomène de rattrapage ?

À en croire ces derniers chiffres, il semblerait que les personnes ayant perdu leur emploi pendant les confinements aient retrouvé une activité. Ainsi, la baisse impressionnante du chômage n’est-elle que l’effet du rattrapage des suppressions de postes enregistrées en 2020, année noire pour l’emploi. Les études de la Dares témoignent d’une envolée spectaculaire du nombre de chômeurs au début de l’année 2020. En catégories A, B et C, le total des sans-emploi avait augmenté de 6,4 % entre le dernier trimestre 2019 et le deuxième trimestre 2020, en France hors Mayotte.

La destruction d’emploi est encore plus colossale si l’on s’arrête sur les catégories A uniquement : leur nombre avait augmenté de 24 % sur la même période. La baisse du chômage, si elle s’était déjà amorcée à la suite du premier confinement de 2020, ne serait donc qu’un retour à la normale.

Cette hypothèse ne peut cependant pas, à elle seule, expliquer l’actuelle baisse du nombre de demandeurs d’emploi, puisque le taux d’emploi (nombre d’actifs occupés par rapport à la population en âge de travailler) n’a pas seulement rattrapé son niveau d’avant la crise mais l’a dépassé, note Mathieu Plane, économiste à l’OFCE. « C’est une surprise, puisque la croissance de l’emploi a été bien supérieure à celle de l’activité. La création de valeur ajoutée a un peu augmenté, mais celle de l’emploi a été bien supérieure, y compris dans les secteurs fortement touchés par les restrictions imposées par la crise sanitaire, comme le BTP et la restauration », indique-t-il.

Selon l’économiste, ce phénomène inhabituel pourrait s’expliquer notamment par la réorganisation des entreprises qui, sous le coup des contraintes sanitaires ou des arrêts de leurs salariés, ont dû embaucher plus pour effectuer les mêmes tâches. « C’est inhabituel, on se demande s’il n’y aura pas un rattrapage avec un tassement du taux d’emploi en 2022 », poursuit l’analyste. L’éclaircie actuelle pourrait donc être passagère.

3. Les exclus de Pôle emploi faussent les statistiques

Le gouvernement a beau prendre appui sur l’embellie de la croissance, dont il s’attribue la paternité, pour expliquer le presque plein-emploi qu’il revendique, il oublie de communiquer sur les tripatouillages auxquels il s’est laissé aller pour diminuer artificiellement le nombre de chômeurs.

En focalisant l’attention sur le nombre d’inscrits actuellement à Pôle emploi, il tait celui de chômeurs qui n’y apparaissent plus. C’est le cas des personnes radiées de l’établissement public. « L’intensification des radiations peut tout à fait expliquer la diminution du nombre de chômeurs », affirme Pierre Garnodier, secrétaire général du Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires. Les chiffres de la Dares, de ce point de vue, lui donnent raison. En un an, le nombre de radiés des décomptes de Pôle emploi a augmenté de 44,9 %, représentant à lui seul près de 10 % de toutes les sorties recensées !

« À chaque nouveau plan gouvernemental – contre le chômage de longue durée ou la garantie jeunes, par exemple –, chaque privé d’emploi reçoit une convocation à Pôle emploi. Depuis 2018, ne pas s’y présenter est un motif de radiation », poursuit le syndicaliste. La politique de contrôles intensifs du gouvernement à l’encontre des privés d’emploi n’arrange pas la donne.

En un an, le nombre de radiés des décomptes de Pôle emploi a augmenté de 44,9 %, représentant à lui seul près de 10 % de toutes les sorties recensées !

Dans son allocution de novembre 2021, Emmanuel Macron confirmait vouloir intensifier les sanctions contre les chômeurs qui ne démontreraient pas une recherche d’emploi active. De quoi faire fondre les chiffres des inscrits à Pôle emploi, mais aussi de priver d’allocations les chômeurs. À ces radiés commencent déjà à s’ajouter les premières victimes de la réforme de l’assurance-chômage, définitivement validée par le Conseil d’État fin 2021 . « Avec cette réforme, bon nombre de chômeurs ont vu leurs indemnités baisser, voire disparaître. Or, quand on ne touche plus d’indemnités, on cesse de s’inscrire à Pôle emploi », ajoute Pierre-Édouard Magnan. Autant de personnes invisibles dans les chiffres et qui n’ont pourtant toujours pas retrouvé d’activité.

4. Les indépendants, des chômeurs qui ne disent pas leur nom

Autre scénario sur lequel les chiffres de la Dares ne lèvent pas le voile : et si les chômeurs s’étaient transformés en entrepreneurs ? L’hypothèse est plausible. À en croire les chiffres brandis par Emmanuel Macron, un million d’entreprises ont été créées en 2021, dont les deux tiers sont en fait des microentreprises. Toutefois, l’Insee note que cette hausse a été la plus dynamique dans le secteur du transport et de l’entreposage. Une importante partie de ces sociétés créées l’année passée et dont se vante le gouvernement sont en fait des livreurs à deux-roues ubérisés. La tendance s’était déjà amorcée au cours de l’année 2020, où les immatriculations de microentreprises dans ce secteur avaient progressé de plus de 38 %, note une étude de la Dares.

Là aussi, est-il souhaitable de remplacer le chômage par de l’emploi précaire et peu protégé ? D’autant plus qu’une fois sorti du giron du salariat, les travailleurs indépendants, quel que soit leur secteur, auront tout le mal du monde à réclamer des allocations-chômage. Théoriquement, ceux-ci y ont droit, mais les critères d’admission au dispositif sont extrêmement restrictifs. «

Une importante partie de ces sociétés créées l’année passée et dont se vante le gouvernement sont en fait des livreurs à deux-roues ubérisés.

Depuis la création de l’allocation pour les travailleurs indépendants (ATI), en novembre 2019, on ne compte que 922 bénéficiaires. Les indépendants ont deux manières de cesser leur activité : soit par une clôture, soit par une liquidation judiciaire. L’ATI n’est ouverte qu’aux gens qui choisissent la deuxième option, or personne n’y a recours, à moins d’y être forcé. C’est une expérience difficile », explique Hind Elidrissi, porte-parole du syndicat Indépendants.co. Et d’ajouter : « Le plan “indépendants”, en discussion à l’Assemblée nationale, élargira le dispositif aux clôtures volontaires, mais il n’est pas encore en vigueur. »

 

 

 

 

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10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 06:19

 

Plus les mois passent et plus les Français ont le sentiment que la station-service est le seul endroit où celui qui tient le pistolet est aussi celui qui se fait braquer.

Total, en dévoilant aujourd’hui ces profits colossaux nous rappelle cette réalité crue.
Le pétrolier français a, en effet, réalisé l’an dernier 15 milliards d’euros de bénéfices nets, un record jamais enregistré dans l’histoire du groupe. Il prévoit de distribuer des dividendes astronomiques en 2022, jusqu’à 10 milliards d'euros. L'augmentation des prix du carburant va permettre à la multinationale de s’enrichir comme jamais sur le dos des Français, tel un profiteur de guerre énergétique.

L’argent coule à flot pour les nababs du CAC 40.
Et comme si cela ne suffisait pas, Patrick Pouyanné, le PDG de Total, continue à prendre les Français pour des ânes en nous faisant un grand numéro de claquettes, sur RTL, annonçant 5 euros par-ci, 10 euros par-là, pour quelques jours, pour une poignée de Français.
Comme au Moyen-Âge, ces nouveaux seigneurs du quartier de la Défense balancent leurs miettes depuis leur gratte-ciel.  
Stop !
Total se goinfre. Les compagnies pétrolières doivent s’engager à baisser le prix du litre d'essence pour tous les Français.

Pour soulager le porte-monnaie des Français, je fais 3 propositions aujourd’hui :
- Zéro dividende pour Total, cette année, pour redonner l’argent aux Français
- Zéro marge pour la grande distribution sur l’essence
- Création d’une prime à la conversion pour aider les Français à changer leurs véhicules les plus polluants et consommateurs (Crit’Air 3, 4 et 5), pour des véhicules neufs ou d'occasion (Crit'Air 1 ou 2, y compris essence, soit des véhicules à des prix abordables) et pouvant aller jusqu’à 10 000 euros par foyer.

Fabien Roussel, candidat à l’élection présidentielle,
Paris, le 9 février 2022.

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9 février 2022 3 09 /02 /février /2022 06:55
La percée Fabien Roussel ! Si Paris Match le dit...
Nouveau sondage qui confirme toutes les remontées de terrain. Fabien Roussel interpelle et ses propositions séduisent de plus en plus. La question du pouvoir d’achat, du travail et des augmentations de salaires, la dignité, la possibilité de réformes heureuses, un candidat sincère qui connaît la réalité de la vie, voilà quelques ingrédients qui font le succès de cette progression !! #Roussel2022

Nouveau sondage qui confirme toutes les remontées de terrain. Fabien Roussel interpelle et ses propositions séduisent de plus en plus. La question du pouvoir d’achat, du travail et des augmentations de salaires, la dignité, la possibilité de réformes heureuses, un candidat sincère qui connaît la réalité de la vie, voilà quelques ingrédients qui font le succès de cette progression !! #Roussel2022

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9 février 2022 3 09 /02 /février /2022 06:30
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8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 14:08
Pour la gratuité des transports en commun pour les Jeunes, par Enzo de Gregorio

Lors de son meeting de campagne à Marseille le dimanche 6 février 2022, Fabien Roussel a annoncé que s’il est élu Président, la jeunesse bénéficiera de la gratuité des transports urbains et Inter-urbains à travers des (Train express régionaux TER) dans toute la France. Une mesure qui peut paraître anecdotique pour nombre de Français mais qui est en réalité, une mesure en faveur du pouvoir d’achat et de l’autonomie pour les jeunes.

En effet, nous le savons, pour en avoir échangé avec de nombreux jeunes à travers le Finistère et plus largement dans mes déplacements pour le MJCF, le coût des transports dans le quotidien des jeunes est un frein énorme à leur autonomie. Ainsi, pour de nombreux jeunes, le coût d’un abonnement de transport (TER ou de transports urbain) est tel, qu’ils doivent choisir entre s’alimenter ou prendre le bus pour aller à l’université.

De même pour un jeune travailleur, qui nous avons tendance à l’oublier, il vit souvent dans la précarité avec un faible salaire. Prendre sa voiture est une option beaucoup trop chère.

Les lycéens des quartiers populaires sont souvent mal desservis en transports en commun, ils voient leurs parents se sacrifier pour leur alimentation et leurs loisirs afin que leurs enfants puissent aller sans difficulté au lycée.

Et (c’est) au fond, pour ces jeunes vivre au quotidien dans la précarité est la première source d’inégalité dans leur apprentissage. Quand un étudiant est obligé de partir une heure plus tôt pour aller en cours à pied plutôt qu’en bus, c’est une heure de travail scolaire en moins et une heure de sommeil en moins. Pour un lycéen dont les parents n’ont pas la chance de gagner dignement leur vie, ce sont des sacrifices sur la nourriture, les vacances, des cours particuliers (supplémentaires) qu’ils ne peuvent (se) payer faute de ressource.

La gratuité des transports en commun est une mesure écologique. De telle sorte que , si nous habituons les jeunes à prendre les transports en commun et non la voiture dès le plus jeune âge, nous savons que plus tard ils auront le réflexe: transport en commun, pour les trajets du quotidien. Résultat moins de voiture dans nos villes donc moins de pollution.

Cela n’est pas la seule mesure nécessaire sur les transports en commun, si les transports devenaient gratuits sans réelle redensification du transport, nous ne pourrons aider les jeunes à mieux se déplacer au quotidien que ce soit dans le cadre de leur travail, des études ou des loisirs. La perspective est d’inciter les jeunes à avoir une mobilité douce pour la culture et leurs emplois, en mettant en l’accent sur la capacité des gestionnaires à organiser ces flux et qui devront répondre à une génération toujours plus connectée et en attente de rapidité, ce qui laisse une pierre sur le chemin des transports publics au détriment de la voiture. Elle ne répondant à aucune obligation horaire ou de fluctuation.

Enzo de Gregorio, secrétaire départemental du MJCF 29

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8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 06:28

Ci-dessous, un lien sur la partie de cet interview où Fabien ROUSSEL dénonce tous ceux qui promettent la baisse des cotisations sociales : sans cotisation sociale, on fera comment pour financer la Sécurité Sociale ?

 

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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 16:16
Vidéo du Meeting de Fabien Roussel à Marseille, dimanche 6 février - revoir l'intégralité du meeting
Vidéo du Meeting de Fabien Roussel à Marseille, dimanche 6 février - revoir l'intégralité du meeting
Vidéo du Meeting de Fabien Roussel à Marseille, dimanche 6 février - revoir l'intégralité du meeting

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