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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 17:14
Adresse de Ian Brossat aux élu.e.s de l'ANECR - soutenir la candidature de Fabien Roussel et le projet La France des Jours Heureux

Cher·e ami·e,


Nous sommes maintenant à 65 jours de l’élection présidentielle. Celle-ci revêt un enjeu majeur et son résultat déterminera la politique qui sera conduite dans le pays lors du prochain quinquennat.


Je connais ton implication au service de ta collectivité, de la solidarité, de l’ancrage d’un service public de qualité sur tout le territoire et pour l’émergence de politiques de progrès dans le domaine social et environnemental.


L’Association Nationale des Élu·e·s Communistes et Républicains porte la volonté que cette élection nationale réponde aux exigences d’une société où l’humain prend le pas sur la finance.


L’engagement de tou·te·s nos élu·e·s, en prise avec les réalités, sera un élément déterminant de la lutte contre l’abstention et pour que l’aspiration de millions d’électeurs et d'électrices à une politique de justice, d’égalité, de liberté soient le message délivré par les urnes.


Les candidats et candidates de la droite et de l’extrême droite rivalisent de propositions toutes synonymes d’une austérité renforcée, de nouvelles suppressions de milliers de postes d’agents publics. Leur philosophie c’est l’emploi précaire à vie, aussi bien pour la jeunesse que pour la nouvelle génération de salarié·e·s. Celles et ceux qui vivent de leur travail dont le pouvoir d’achat s’est considérablement dégradé sont inquiet·e·s pour leur avenir et conscient·e·s du danger de la spirale enclenchée.


Les collectivités, notamment les communes qui sont des espaces d’innovations, de proximité et d’écoute des besoins qui s’expriment, doivent faire face au désengagement de l’Etat, aux baisses de dotations, aux transferts de charges non compensés, aux inégalités sans cesse croissantes.


Dans la campagne présidentielle deux visions s’affrontent singulièrement.
L’une est dans une course de vitesse pour amplifier la politique actuelle, dévastatrice pour le travail, l’école, le logement, la santé, la transition écologique. E.Macron, le président sortant adhère à ce programme et table sur sa réélection pour le mettre en œuvre et déconstruire une à une les conquêtes sociales issues de la résistance et de la libération.

A l’opposé, une autre vision défend le principe d’une société qui combat les inégalités, fait du social et de la défense de l’environnement le cœur de ses priorités.


Fabien Roussel, membre de notre association, porte cette autre vision. Il est le candidat qui à gauche aborde spécifiquement le rôle irremplaçable des collectivités en lien avec la République. Il fait des propositions concrètes afin de redonner du pouvoir d’action et de décisions aux maires et aux élu·e·s dans leur ensemble. L’ensemble de celles-ci sont développés dans le programme la France des Jours heureux.


Depuis vendredi 28 février et jusqu’au 4 mars 18H des milliers d’élu·e·s sont sollicité·e·s pour apporter leur parrainage à un·e candidat·e.

À l'ANECR, nombre d’entre-eux partageant les propositions de Fabien Roussel ont apporté leur promesse de parrainage, ou ont déjà renvoyé le formulaire officiel au conseil constitutionnel.


Des règles strictes s’appliquent pour remplir le formulaire de parrainage et pour le renvoyer au conseil constitutionnel, j’attire ta vigilance sur le respect de celles-ci.

 

La campagne de la présidentielle avec les élections législatives qui suivront vont donner lieu à d’intenses débats avec nos concitoyens. Elles doivent être l’occasion de convaincre que l’argent existe pour mettre en œuvre un programme de changement audacieux au service de la jeunesse et de toutes les générations.


Ce projet c’est celui que défendent l’ANECR et ses élu·e·s au quotidien, avec pour préoccupation de redonner à tous nos concitoyennes et concitoyens confiance et espoir dans l’avenir.

 

Aussi, je t’invite, ainsi que tous les élu·e·s communistes et apparenté·e·s à s’engager dans la bataille afin de construire un pacte pour la France, un pacte qui mobilisera toutes les forces de la nation sur un projet transformateur et émancipateur.

 

Ian Brossat

Président de l’ANECR

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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 06:47
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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 06:31
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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 06:28

 

Comme tous les ans, le ministère de l’Intérieur publie les chiffres concernant l’immigration. À une époque où la droite, l’extrême droite et le gouvernement ne veulent que manipuler les esprits et surfer sur la haine, les interprétations des chiffres sont trop souvent malveillantes et oublient quelques réalités.

 

 

La première réalité à remettre en place si l’on cherche les motifs de leur augmentation, elle s’appelle Covid. En effet, les comparaisons sont faites par rapport à l’année 2020, année de pandémie mondiale qui a stoppé toute mobilité et en particulier les migrations lointaines. Les chiffres sont donc juste un retour aux réalités de 2019.

Le seul chiffre qui continue à être très faible est celui du nombre de visas donnés, 733 000 en 2021 contre 3,5 millions en 2019. Mais cette très forte diminution ne fait pas l’actualité car elle gène le monde financier, y compris de droite ou pire. C’est en effet le signe de la non-reprise du tourisme international et en particulier du tourisme venant de Chine et des États-Unis.

Au sujet des demandes d’asile, le chiffre est toujours inférieur à celui de 2019 et cela malgré l’effondrement de l’Afghanistan, malgré la multiplication de pays instables, malgré les catastrophes naturelles dues au réchauffement climatique. Le nombre de statuts de réfugiés délivrés par la France est toujours aux alentours de 35 000. Ce chiffre et celui des expulsions montrent clairement la politique forteresse, la politique de repli sur soi de la France.

Notre pays abandonne l’hospitalité, la fraternité, l’accueil, et refuse le débat sur la liberté de circulation et d’installation.

D’ailleurs certaines voix du monde économique commencent à dire que le nombre de titres de séjour délivrés pour raison économique, en particulier dans les métiers en tension, serait insuffisant.

Autre information qui n’a pas fait la Une des journaux. L’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) appelle la présidence française du conseil de l’Union européenne et la République tchèque qui assurera cette présidence en juillet, à donner la priorité à une meilleure protection des réfugiés en Europe et dans le monde.

Cet organisme international signale que la généralisation des propos xénophobes dans les discours politiques et la multiplication des obstacles physiques et législatifs à l’accès au territoire pour y demander l’asile dans l’Union européenne ont continué à mettre en danger des personnes fuyant la guerre, les conflits et les persécutions.

« Le droit de demander l’asile est un droit humain fondamental. Il doit être préservé, en particulier dans les situations extraordinaires ou en cas d’urgence », a déclaré Gonzalo Vargas Llosa, représentant du HCR pour les Affaires européennes. Elle fustige dans ces propos les pratiques politisées et clivantes qui cherchent à instrumentaliser les mouvements de population et vont à l’encontre du droit international.
Le HCR exhorte les présidences à réaliser des progrès sur des questions clés, telles que la solidarité intra Union européenne, les conditions d’accueil et les procédures d’asile équitables et rapides.

Gonzalo Vargas Llosa explique dans cet appel que le nombre d’arrivées dans l’Union européenne reste largement « gérable » (les chiffres le montrent distinctement). Elle rappelle aussi que près de 90 % des réfugiés vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, et encourage donc les présidences à renforcer la solidarité mondiale envers les personnes déplacées de force.

Voilà une belle leçon à débattre et à faire connaître dans les campagnes électorales actuelles.

Cécile Dumas
responsable adjointe du secteur international du PCF
chargée des questions migratoires

 

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3 février 2022 4 03 /02 /février /2022 07:51
Un nouveau scandale d’État ? Rachat de la société Donges-Metz à Bolloré Energy (Pierre Laurent)

Pierre Laurent:

🔴 Un nouveau scandale d’État ? Rachat de la société Donges-Metz à Bolloré Energy 🔴
Mediapart a révélé des informations choquantes au sujet du rachat par l’État à 31 millions d’euros de la société Donges-Metz, détenue à 95,3% par Bolloré Energy. J’ai demandé au Ministre de l’Économie et des Finances que tout soit fait pour annuler ce rachat d’une société qui devait revenir gratuitement à l’État en mars 2022, date de la fin de la concession !
-
J’ai attiré l’attention de M. le Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance sur le rachat à Bolloré Energy de la société française Donges-Metz (SFDM).
L’État va en effet racheter pour un peu moins de 33 millions d’euros la société française Donges-Metz (SFDM), qui exploite l’oléoduc Donges-Melun-Metz selon deux arrêtés ministériels du 5 janvier 2022, parus mercredi 19 janvier 2022 au Journal Officiel. Pour 31 millions d’euros, l’État se porte acquéreur des 95,5 % de la SFDM détenus par Bolloré Energy et rachète les actions restantes, représentant 4,5 % du capital, auprès du grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire. Et ce, pour un montant de 1,6 million d’euros.
La SFDM, dont le siège est implanté à Avon (Seine-et-Marne) est spécialisée dans le transport et le stockage des hydrocarbures (essence, gazole, fioul domestique, carburéacteur…). Depuis 1995, elle exploite l’oléoduc long de 640 km reliant Donges (Loire-Atlantique) à Metz (Moselle) en passant par Melun (Seine-et-Marne), ainsi que quatre dépôts à Donges, La Ferté-Alais (Essonne), Vatry (Marne) et Saint-Baussant (Meurthe-et-Moselle) représentant une capacité de stockage de 900 000 mètres cubes. Chaque année, cet oléoduc transporte 3,1 millions de mètres cubes de produits pétroliers.
Or, l’État devait récupérer ces installations gratuitement en mars 2022, au terme de la concession octroyée au groupe Bolloré pendant 27 ans. Il est à noter que durant cette période Bolloré se serait servi plus de 167 millions d’euros de dividendes. Les dispositions du décret initial du 24 février 1995, et notamment l’article 41 alinéa 2 du cahier des charges, stipulent qu’ : « à l’échéance de l’exploitation ou à la date de dénonciation ou de rupture de celle-ci pour quelque cause que ce soit, le titulaire sera tenu de remettre à l’État immédiatement et gratuitement en bon état d’entretien et de fonctionnement, la totalité des ouvrages, installations, aménagements, équipements, meubles, appareils, outillages et dépendances non bâties qui ont été mis à sa disposition pour l’exécution de sa mission. ».
Le rachat précité apparaît par conséquent une opération très préjudiciable pour l’intérêt général et même scandaleuse, dont les responsabilités devront être mises à jour. J’ai demandé au Ministre quelles sont les raisons qui ont amené l’État à effectuer cette opération. Je lui ai demandé également de prendre des mesures en faveur de l’annulation du décret, en vue de réintégrer gratuitement la SFDM comme le prévoient les dispositions précitées.
➡ A retrouver également sur mon blog : http://www.pierrelaurent.org/un-nouveau-scandale-detat.../
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3 février 2022 4 03 /02 /février /2022 07:49
Fabien Roussel - Il faut sortir le grand âge des griffes de la finance, interview dans le Midi Libre du 2 février 2022
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3 février 2022 4 03 /02 /février /2022 06:31

 

Hier soir, sur LCI, Valérie Précresse a bénéficié de près de trois heures d’antenne pour parler d’elle-même et de son projet pour la France. Un projet dont l’application aboutirait à réduire les ressources de la Sécurité sociale, de l’UNEDIC et surtout des caisses de retraite. En réalité la candidate LR propose une augmentation des salaires nets de 10 % durant le quinquennat sans qu’il en coûte un centime aux employeurs.

 

Deux semaines après la première émission d’un nouveau genre inaugurée à Uzerche en Corrèze avec Valérie Pécresse et à l’initiative de BFMTV, la chaîne d’info LCI a produit hier soir à Paris un copié collé avec, là aussi, la candidate LR à la présidence de la République comme première invitée. Comme sur BFM, l’émission a duré de 20H50 à 23H30. Comme sur la chaîne concurrente, il n’y eut pas d’interruption publicitaire. De même, six électeurs, quatre femmes et deux hommes ne croyant plus guère aux paroles politiques, furent invités à écouter la candidate dans le studio de LCI pour être interrogés sur leur ressenti en fin d’émission.

L’émission était animée par David Pujadas et Ruth Elkrief. Pour mieux connaître l’intimité de la candidate, les téléspectateurs eurent droit à une photo sur écran de Jean-Louis Pécresse, le mari de la dame ainsi qu’un éloge d’une adolescente à sa maman. Puis, pendant que la candidate répondait aux questions des deux journalistes, les visages des six invités défilaient à tour de rôle en petits flashs sur l’écran afin de guetter leur intérêt, seconde après seconde. On parla de la présence de la France au Mali après l’annonce du renvoi de l’ambassadeur ; puis ce fut le tour de la situation en Ukraine, des quotas annuels d’immigrés que la France accueillera si Valérie Précresse devient présidente de la République, du renvoi des clandestins, de la délinquance, du mariage homosexuel, de la procréation médicalement assistée.

 

Une politique de pillage des caisses de retraite

La soirée était déjà très avancée quand vint de moment de parler des sujets économiques et sociaux. Il fallait donc les traiter rapidement alors que l’émission avait été plutôt ennuyeuse jusque-là. On prit tout de même me temps de passer de brefs extraits des récents discours où l’on revoyait la candidate LR accuser à cinq ou six reprises le président Macron d’avoir « cramé la caisse » avec sa politique du « quoiqu’il en coûte » depuis deux ans.

Les propositions économiques et sociales de la candidate furent alors présentées en quelques minutes. Valérie Précresse a redit qu’elle fera augmenter les salaires de 10 % durant le prochain quinquennat si elle devient présidente de la République. Ce sera 3 % de plus dès l’été 2022. Mais cette première augmentation ne coûtera rien aux patrons puisque la candidate a redit que l’équivalant de ces 3 % sera soustrait des cotisations qui alimentent les caisses de retraites. La candidate veut mettre en place une « conférence » au cours de laquelle les entreprises décideront des augmentations de salaires à venir. Il faudrait que cette augmentation cumulée atteigne 5 % dès la fin de l’année 2023, les 5 % suivants étant obtenus durant les trois dernières années du mandat.

 

Des journalistes soudain muets car complaisants !

Valérie Pécresse a aussi promis « des baisses d’impôts, des baisses de normes (sic) et je continuerai la baisse des cotisations retraite », a-t-elle affirmé. Elle a aussi promis de mettre fin aux 35 heures de travail hebdomadaire avant d’ajouter ceci : « je veux la liberté pour les entreprises. Elles décident et à partir de 35 heures toutes les heures supplémentaires sont défiscalisées et ne supportent pas de charges ».

Alors que David Pujadas s’était montré pointilleux sur certains sujets, cette partie du projet de la candidate LR n’a suscité aucune question de sa part, pas plus que de celle de Ruth Elkrief. Pourtant, le recours sans limite aux heures supplémentaires défiscalisées et délestées de toute cotisation ne manquerait pas de provoquer des effets pervers. Pour rependre le langage de la candidate LR, on peut dire que Valérie Pécresse veut « cramer » les caisses de retraite en augmentant considérablement le nombre d’heures travaillées qui pourront échapper à toute cotisation sociale.

Outre la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) et les caisses de retraites complémentaires, la Sécurité sociale et l’UNEDIC subiront, suite à ce choix politique, une baisse sensible de leurs ressources alors qu’elles sont décisives pour la préservation de notre santé et pour ne pas laisser une partie de la population sombrer dans la grande pauvreté quand elle perd son emploi. Car dès lors qu’ils dépenseront moins pour chaque heure de travail payée en heure supplémentaire, les patrons flexibiliseront les horaires journaliers, hebdomadaires et mensuels plutôt que d’embaucher. Comme Valérie Précresse veut aussi faire passer l’âge de départ à retraite de 62 à 65 ans, elle calcule peut-être que la durée de vie moyenne des hommes et des femmes de ce pays reculera bientôt au lieu de progresser.

 

Valérie Pécresse, candidate de la régression sociale

La France compte aujourd’hui 14,6 millions de retraités dont 6,5 millions d’hommes et 8,1 millions de femmes. La pension moyenne mensuelle nette était de 1 390 € en 2020. Mais celle des femmes est très en deçà de ce chiffre. Ces hommes et ces femmes ont cotisé durant leur vie de travail pour acquérir ce droit et tout actif de ce pays sera un jour retraité à condition de ne pas mourir avant. Le droit çà la retraite acquis à la Libération est mis en cause dans le projet de Valérie Pécresse qui se réclame pourtant du gaullisme.

Il est donc dommage et difficilement compréhensible que David Pujadas et Ruth Elkrief se soient abstenus de poser la moindre question sur le devenir de la vie en société quand une candidate à la plus fonction de l’État avance l’idée d’une telle régression sociale.

 

 

 

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3 février 2022 4 03 /02 /février /2022 06:27

 

La course à l’Élysée se jouera aussi sur la question climatique. Mais le président sortant ne pourra capitaliser sur son bilan en la matière. Celui qui se rêvait en leader mondial du climat est allé de renoncement en renoncement. Et, à la fin, les plus pauvres paient la facture.

 

Dans un rapport publié ce mercredi, le Réseau Action Climat rappelle : « À l’issue de ce quinquennat, la plupart des indicateurs sont dans le rouge. »

Souvenons-nous de 2017. À peine un pied posé à l’Élysée, Emmanuel Macron répondait « Make Our Planet Great Again » à Donald Trump, qui entendait sortir son pays de l’accord de Paris. Un quinquennat plus tard, passé à faire gober des couleuvres à ses ministres de l’Écologie, la douche est forcément glaciale. Pour le climat, pour la biodiversité, pour les plus précaires. Voilà donc l’heure du bilan, à l’approche d’une présidentielle où l’environnement est devenu l’une des priorités des Français. Sans surprise, il n’est pas glorieux. Dans un rapport publié ce mercredi, le Réseau Action Climat (RAC) pointe des « résultats insuffisants et une méthode à revoir ». Avant lui, Attac dressait le même constat dans un livre publié la semaine dernière. Bref, rien ne va ou presque. « À l’issue de ce quinquennat, la plupart des indicateurs sont dans le rouge », rappelle le RAC. Retour sur la mandature du renoncement climatique.

 

Justice climatique : un quinquennat de perdu

On le sait : les plus riches sont aussi ceux qui polluent le plus. Une politique équitable demanderait donc aux principaux responsables du réchauffement climatique de contribuer davantage à l’effort. « Mais c’est en dehors du logiciel macroniste de taxer les plus riches », assure Quentin Parrinello, responsable plaidoyer chez Oxfam, organisation membre du RAC. Conséquence : l’exécutif augmente, fin 2018, la taxe carbone et fait grimper le prix des carburants, obligeant les plus pauvres à payer la facture de la transition énergétique. Naît alors le mouvement des gilets jaunes sur les ronds-points et dans les rues et la taxe finit par être abandonnée. « La fiscalité écologique est une façon de faire changer les comportements des consommateurs, explique Quentin Parrinello. Mais puisqu’ils n’avaient aucune alternative, les précaires ne pouvaient changer leur comportement. Ils ont donc subi. »

Pour la justice sociale et climatique, on repassera donc. Puisque, plutôt qu’une taxe sur le kérosène censée pénaliser les plus riches et les multinationales, l’actuelle majorité a préféré augmenter l’« éco-contribution » sur les billets d’avion d’un montant qui varie « entre 1,5 et 18 euros », note le RAC. Une goutte d’eau. Autre renoncement : le malus « au poids » dans l’automobile qui devait viser les véhicules lourds polluants en augmentant le prix d’achat de 10 euros par kilo au-dessus de 1,8 tonne. Une mesure qui concerne 2 % du marché alors que la Convention citoyenne sur le climat préconisait de fixer le seuil à 1,4 tonne pour cibler 26 % du marché. « Macron ne veut pas toucher à la croissance de certaines industries polluantes. Mais plus on le fait tard, plus ça sera difficile », conclut Quentin Parrinello.

 

Les alternatives remisées au placard

Pour permettre à un pays de se défaire de ses émissions de CO2, il ne suffit pas de le contraindre, il faut aussi lui offrir des alternatives. Dans tous les secteurs économiques, des politiques de décarbonation sont possibles sans que cela pèse sur les citoyens. Et plus, même : bien ficelées, elles peuvent contribuer à renforcer l’équité. « Tout le monde se déplace, se nourrit et se chauffe », résume Anne Bringault, coordinatrice des programmes du RAC. Un atout, quand l’enjeu est justement « d’embarquer tout le monde dans la transition ». Or, sur ce point, le quinquennat d’Emmanuel Macron n’a pas donné l’orientation attendue.

Premier secteur émetteur de gaz à effet de serre (31 % en 2019), celui des transports cumule les lacunes, pour ce qui est, par exemple, de renverser la dépendance à la voiture individuelle. Les politiques cyclables ont certes bénéficié d’un plan dédié, mais il reste minimal. « Le niveau d’investissement de l’État atteint à peine 0,75 euro par habitant et par an », avance le RAC dans son rapport. Le transport ferroviaire, pour sa part, a continué de vieillir. L’âge moyen des lignes est de vingt-neuf ans, « contre dix-sept ans en Allemagne et quinze ans en Suisse », et pire encore : de plus de trente-six ans (36,7) pour les plus petites lignes, qui, depuis 2017, ont perdu une centaine de gares et haltes ferroviaires. Dans le même temps, les politiques structurelles sont loin d’avoir contribué à réduire les distances à parcourir au quotidien. « En milieu urbain, souligne Attac, le foncier devient rare et cher, aggravant les problèmes de logement, mais aussi de transport pour celles et ceux qui travaillent en ville sans avoir les moyens d’y habiter. » Extension des déserts médicaux ou recul des services publics dans les communes rurales et les zones périurbaines sont allées dans le même contresens écologique.

Les politiques alimentaires (24 % de notre empreinte carbone) n’ont pas mieux soutenu la transition. La promesse électorale d’Emmanuel Macron d’intégrer 50 % de produits bio ou issus de circuits courts dans les cantines scolaires et les restaurants d’entreprises en 2022 est loin d’avoir été tenue : la part du bio dans la restauration collective n’était que de 5,6 % en 2020.

 

Les emplois de demain compromis

Foin de transition écologique juste sans transition sociale équivalente : depuis 2018, organisations environnementales et syndicats de travailleurs se sont tous mis d’accord sur ce point. « La question de la justice sociale ne se limite pas à la question écologique, mais cette dernière ne se résoudra pas sans justice sociale », résume Vincent Gay, d’Attac. Anticiper les transitions industrielles de façon à ne pas les faire subir aux travailleurs s’avère en ce sens indispensable. L’industrie lourde (75 % des émissions de l’industrie) est singulièrement concernée, sans se voir pour autant contrainte d’anticiper sa conversion. Le plan de relance de l’économie française au sortir de la crise aurait pu être l’opportunité de le faire : il s’en est abstenu. « En revanche, Emmanuel Macron a mis en œuvre sa réforme de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pour en faire une entreprise financière gérée selon les standards du marché », relève Attac. Un processus de privatisation rampant, poursuit l’organisation, qui pourrait peser lourd sur les emplois liés à la transition. « La CDC finance plus de 70 % de la construction et de la réhabilitation des logements sociaux, ainsi que la plupart des infrastructures et des équipements d’intérêt général. » Au total, note encore Attac, elle « est le principal investisseur dans le doma ine de la transition écologique et sociale ». Selon l’Ademe, la transition énergétique dans le seul secteur de la construction pourrait générer 196 000 nouveaux emplois d’ici à 2050.

 

 

 

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 06:20

 

Entrée en vigueur ce mardi, la hausse de 2 % en moyenne des péages relance le débat sur la nationalisation des autoroutes. Et de profondes interrogations sur une privatisation qui ressemble à un scandale d’État.

Et maintenant, les autoroutes ! Annoncée il y a quelques mois, l’information a été confirmée par les arrêtés publiés, ce dimanche, au Journal officiel : les péages des réseaux autoroutiers augmenteront bien d’environ 2 % en moyenne à compter de ce mardi. La note s’alourdit donc pour les automobilistes qui subissent déjà l’envolée des prix du carburant.

Alors que, à quelques mois de l’élection présidentielle, la question du pouvoir d’achat tend à s’imposer comme l’une des principales préoccupations des Français, l’annonce tombe mal pour le gouvernement. D’autant plus que la crise des Gilets jaunes a déjà prouvé que l’automobile est un sujet qui peut se révéler explosif.

Une hausse prévisible

Cette hausse n’est en réalité pas une surprise puisqu’elle rentre dans un cadre annuel, prévu par les contrats d’exploitation qui lient l’État à trois groupes privés gérant les plus de 9 100 kilomètres d’autoroutes concédées en France. En effet, depuis leur privatisation en 2006, les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) « historiques » sont détenues par trois géants de la gestion d’infrastructures – Vinci, Eiffage et Abertis – qui cumulent aujourd’hui plus de 90 % du réseau autoroutier français.

Pour se donner bonne image, Vinci Autoroutes a indiqué dans un communiqué qu’il allait geler les tarifs des péages « sur la majorité des trajets courts de son réseau ». « C’est habile de leur part, commente Vincent Delahaye ( Public Sénat), mais il faudrait que l’on puisse avoir des chiffres afin de savoir ce que leur coûte vraiment ce geste, et de quelles manières il va être amorti », poursuit le sénateur centriste.

Rapporteur en 2020 d’une commission d’enquête sur «  le contrôle, la régulation et l’évolution des concessions autoroutières », l’élu connaît bien le sujet. Selon lui, ces augmentations trahissent l’important déséquilibre des contrats passés avec ces sociétés. «  L’État n’a pas été suffisamment vigilant avec les contrats de gestion du réseau, estime-t-il. (…) Lorsqu’il y a eu privatisation, au début des années 2000, il aurait fallu en revoir les termes. Aujourd’hui, cette hausse vient nourrir des concessionnaires qui sont largement bénéficiaires, sans que l’on puisse estimer que le résultat soit très satisfaisant en termes de service public. »

En effet, les conclusions du rapport sénatorial auquel il a participé sont accablantes : l’État y apparaît clairement comme le grand perdant face à des opérateurs privés qui ont engendré des bénéfices hors normes.

Un cadeau pour les opérateurs privés

Il apparaît que, dès le départ, la cession des autoroutes au secteur privé a été mal engagée. Initié en 2002 et mise en place en plusieurs temps, le processus aurait fait perdre à l’État pas moins de 7 milliards d’euros de recettes potentielles. Mais ce n’est pas tout : si d’un côté l’État a perdu, de l’autre côté, les sociétés concessionnaires affichent des résultats insolents : elles ont ainsi versé 24 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires entre 2006 – année qui marque la fin du processus de privatisation – et 2019. À ce rythme, les estimations d’un bureau indépendant indiquent que deux des trois groupes, Vinci Autoroutes et Eiffage, pourraient atteindre la rentabilité attendue lors de la privatisation dès l’année prochaine, soit 10 ans avant la fin de leurs concessions.

En 2015, alors que l’avidité des sociétés d’autoroutes était déjà pointée du doigt – elles avaient déjà augmenté les prix des péages de 21,7 % en sept ans et vu leur chiffre d’affaires bondir de 26 % – le gouvernement avait accepté un allongement des concessions, repoussées pour certaines jusqu’à 2036. D’ici là, les dividendes devraient encore continuer d’augmenter pour atteindre les 40 milliards d’euros.

Scandale d’État ?

Les négociations, alors tenues secrètes selon le souhait des sociétés d’autoroute de préserver le secret des affaires, ont été menées par l’actuelle ministre du Travail, Élisabeth Borne, à l’époque directrice de cabinet de la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, et Alexis Kohler, actuel secrétaire général de l’Élysée et directeur de cabinet, à l’époque, du ministre de l’Économie : Emmanuel Macron.

Ainsi, l’État s’est lui-même, dès le début de l’opération, sciemment mis des bâtons dans les roues. « Les contrats de concession n’ont pas été revus lors de la privatisation », pointe le rapport sénatorial, ce qui a eu pour effet de placer l’État en position de faiblesse lors des négociations qui ont suivi. Une situation qui « l’a conduit à accepter des taux de rentabilité trop élevés par rapport aux conditions de marché et donc des allongements de la durée des concessions et des augmentations tarifaires excessives. »

Une solution : la renationalisation

Pour le député insoumis François Ruffin, l’affaire frise le scandale d’État. «  Thierry Breton, Bruno Le Maire, Dominique de Villepin, Élisabeth Borne, Alexis Kohler, Emmanuel Macron… Qu’ont en commun tous ces noms ? Ils ont organisé, ensemble, par leur incompétence, ou par leur malveillance, le pillage des autoroutes de France. Ils ont transformé les automobilistes en vaches à lait de la Sanef, de Eiffage, de Vinci », affirmait-il à l’Assemblée le 14 janvier dernier.

Et le débat sur la renationalisation des autoroutes de refaire surface. Après les communistes en 2019, les députés Insoumis ont déposé à leur tour, fin en novembre dernier, une proposition de loi visant à nationaliser les autoroutes. Ce lundi, Fabien Roussel a confirmé la position du PCF : « La privatisation des autoroutes est un scandale. (…) Je ne renouvellerai pas les concessions. (…) Nous nationaliserons les autoroutes en reprenant les concessions au fur et à mesure ». De leur côté, les sénatrices et sénateurs du Groupe communiste, républicain citoyen et écologiste ont indiqué dans un communiqué souhaiter « aller vers une renationalisation de ces concessions ». S’appuyant sur la stratégie présidentielle de « quoi qu’il en coûte », les sénateurs estiment « qu’au regard des taux d’emprunt aujourd’hui, cet investissement pourrait prendre sa place dans un plan de relance ambitieux » inséré dans le cadre d’une « maîtrise publique des infrastructures ». Un « retour à une gestion publique » qui, selon les élus communistes, permettrait à la fois de baisser les coûts des péages tout en apportant de nouvelles ressources à l’État. Tout le contraire donc, des choix mis en œuvre jusqu’à aujourd’hui.

 

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 06:14

 

Qu’on le veuille ou non, la présidentielle passe aussi par les plateaux de l’animateur star de C8. Claire Sécail étudie les contenus politiques de Touche pas à mon poste depuis la rentrée. Verdict : l’extrême droite y est comme à la maison.

De son propre aveu, il s’est « fait manœuvrer »Jean-Luc Mélenchon et ses équipes ont en travers de la gorge le passage du candidat FI chez Cyril Hanouna dans Face à Baba, le 27 janvier. Ils crient au traquenard, à cause entre autres d’un face-à-face avec Éric Zemmour taillé pour le polémiste, qui a duré une heure dix au lieu des vingt minutes prévues.

Surprenant, sur la chaîne de Vincent Bolloré ? Pas vraiment, répond Claire Sécail. La chercheuse au CNRS scrute et répertorie les contenus des émissions de Cyril Hanouna depuis le mois d’août, et notamment le temps d’antenne consacré aux questions politiques (17 % en moyenne).

Avec environ 1,5 million de téléspectateurs quotidiens, Touche pas à mon poste (TPMP) a bien grandi depuis sa création en 2010, où il occupait une obscure case horaire sur France 4. Douze ans plus tard, TPMP est devenu un espace fréquenté de la bataille culturelle, qui se décline avec les autres shows de Cyril Hanouna : l’hebdo Balance ton post et le plus événementiel Face à Baba.

Or, selon l’universitaire, ces émissions, sous couvert d’un esprit cool, pluraliste et détendu revendiqué par l’animateur, déroulent le tapis rouge aux idées nationalistes et identitaires.

 

CLAIRE SÉCAIL

Chercheuse au CNRS, spécialiste des médias

 

 

 

D’après vos résultats, est-ce qu’on peut conclure que l’extrême droite joue « à domicile » chez Hanouna, comme semble s’en rendre compte, un peu tard, la France insoumise ?

53 % du temps d’antenne politique de TPMP est consacré à l’extrême droite. Je dis ça, mais il faut noter que sur C8, comme sur CNews, on ne présente jamais les invités comme d’extrême droite, ce qui contribue à banaliser leurs idées. Éric Zemmour a la meilleure part. C’est autour de lui que se construisent les contenus, les débats, comme a pu l’apprendre à ses dépens Jean-Luc Mélenchon dans Face à Baba. Cela démontre d’ailleurs qu’il y a une stratégie idéologique au sein du groupe Bolloré dans son ensemble, et non pas seulement sur CNews. Non pas que Cyril Hanouna soit d’accord avec Éric Zemmour. Mais il est le loyal entrepreneur des idées de Vincent Bolloré, qui lui a signé un contrat à 250 millions d’euros sur cinq ans. Hanouna a par ailleurs de bonnes relations avec les insoumis, mais ils ne lui servent qu’à être des contradicteurs idéaux face à la parole d’extrême droite qui, elle, cadre le débat, dans la logique du clash. Cela permet ainsi de faire croire à un pseudo-pluralisme interne.

 

Et les chroniqueurs, non plus, n’assurent pas la contradiction…

Le 27 octobre, Juliette Briens, influenceuse identitaire, pro-Zemmour, invitée régulière de TPMP, peut tranquillement dire que « grâce à la France libre de Pétain, grâce à Vichy, il y a des juifs qui ont pu s’échapper de France » sans que personne ne la reprenne sur cette énormité historique. Cela tient à la constitution du plateau : les chroniqueurs n’ont pas les savoirs historiques pour lui répondre, ils sont pour la plupart issus du divertissement ou de la téléréalité. Il ne faut pas perdre de vue auprès de qui ce discours est diffusé. L’Audimat de TPMP est constitué d’un public jeune, issu des milieux populaires, avec un niveau d’éducation moindre qu’ailleurs. C’est redoutable. TPMP, en ce sens, acculture son public, en plus de dévoyer tous les principes traditionnels de production de l’information. Je pense par exemple aux consultations Twitter présentées à l’antenne comme des sondages fiables, qui rythment l’émission. Je ne comprends pas comment des ex-journalistes comme Gilles Verdez ou Isabelle Morini-Bosc peuvent participer à ce dévoiement, tout en se permettant d’accuser en plateau des confrères, comme Élise Lucet, de faire du journalisme à charge…

Quand est-ce que Touche pas à mon poste a muté en émission « politique » ?

TPMP s’est politisée par étapes. En 2013, le premier homme politique d’envergure nationale à s’y rendre a été Jean-Luc Mélenchon, alors que l’émission ne s’intéressait pas du tout à la politique. Puis, en 2017, Nicolas Dupont-Aignan était venu se plaindre chez Hanouna qu’il n’était pas invité à un débat sur TF1. Le basculement, c’est la crise des gilets jaunes, qui conduit à la création de Balance ton post (BTP), plus orienté sur les sujets de société. Cyril Hanouna se targue alors d’être le seul à inviter des figures gilets jaunes, ce qui n’est pas vrai, puisque BFM propose des dispositifs similaires.

Comment résumer la ligne éditoriale de Cyril Hanouna ?

Le récit qu’entretient Hanouna sur ses émissions, c’est l’idée que lui donne la parole à tout le monde, sous-entendu à ceux qui ne l’ont pas ailleurs. Mais TPMP est surtout la pierre philosophale du populisme. Sous couvert de pluralisme, toutes les questions objectivables y sont présentées comme des opinions, sans vérification des faits. C’est un café du commerce permanent, à l’heure de l’apéro, où on construit une vérité alternative, avec un esprit de communauté – Hanouna et ses « fanzouzes », qui lui sont tout dévoués.

TPMP peut-elle être vue comme l’héritière de ce que Tout le monde en parle était dans les années 2000 ? Thierry Ardisson aussi a eu des invités peu recommandables, comme Alain Soral ou le conspirationniste Thierry Meyssan.

En partie, à ceci près que cette émission était hebdomadaire et que ce genre d’invités ne constituait pas une ligne éditoriale, mais des coups médiatiques et provocateurs que se permettait, de temps en temps, Thierry Ardisson. Chez Hanouna, cela fait système, au service d’un projet politique qui est clair quand on regarde l’ensemble des chaînes de Bolloré.

En dehors de la FI, la gauche a-t-elle voix au chapitre sur TPMP et consorts ?

La gauche représente environ 12 % du temps d’antenne, insoumis compris. La gauche hors FI est soit invisibilisée – c’est le cas du PCF, qui n’existe tout simplement pas, ou des Verts (1,8 % du temps d’antenne) –, soit évoquée de manière systématiquement négative. Anne Hidalgo est victime d’un bashing permanent, en tant que maire de Paris. Cela tranche avec la bienveillance d’Hanouna envers ses invités d’extrême droite, comme Stanislas Rigault, de Génération Z, qu’il contribue à rendre sympathique. Les propositions de gauche ne font par ailleurs jamais l’objet de débat en plateau, là où le moindre fait politique ou parapolitique autour de Zemmour est commenté. Le 6 décembre, l’émission s’est même mise au service de sa propagande électorale, alors qu’il se lamentait d’avoir du mal à réunir ses signatures. Sa vidéo d’appel aux élus, produite exprès pour l’émission, a été relayée telle quelle.

La majorité, aussi, est un bon client…

Oui, il y a une sorte de bénéfice mutuel entre les macronistes et Hanouna. À partir du « happening » de Macron sur TPMP, pendant l’entre-deux-tours de 2017, va s’enclencher une logique de renvoi d’ascenseur entre Hanouna et le gouvernement. Marlène Schiappa a largement contribué à transformer l’animateur des nouilles dans le slip en un incontournable du débat politique, en allant régulièrement sur son plateau, et en déclarant qu’il devrait animer le débat du second tour en 2022. Il devient une courroie de transmission de la communication gouvernementale. Prenez Jean-Michel Blanquer. Il ne voulait pas aller sur TPMP par peur de la grossièreté ou d’être trop bousculé. Résultat, son passage s’est tellement bien passé, les questions étaient si inoffensives, que ses équipes n’ont qu’une envie, c’est d’y retourner.

 

 

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