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21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 06:46

 

 

 

 

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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 16:36
Fabien Roussel invité du JT de TF1 à 13h samedi 22 janvier - ses passages médias du 22 au 26 janvier
Samedi 22 janvier à 13h

Fabien Roussel sera l'invité du JT de 13h sur TF1

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Dimanche 23 janvier à 12h

Fabien Roussel sera l'invité du Grand Jury sur RTL-LCI-Le Figaro. Il débattra à partir de 12h30 avec Marlène Schiappa.

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Lundi 24 janvier à 11h

Fabien Roussel tiendra une conférence de presse de présentation du programme pour l’élection présidentielle 2022 - A suivre en direct sur nos réseaux sociaux : Facebook, TwitterYouTube ... et sur le site de campagne

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Lundi 24 janvier à 19h15

Fabien Roussel sera l'invité de Laurence Ferrari sur Europe 1

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Mercredi 26 janvier de 7h à 9h

Fabien Roussel sera l'invité des "Matins Présidentiels" sur France Info

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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 06:46

 

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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 06:40
Présidentielle 2022. Fabien Roussel appelle à bâtir une « gauche nouvelle et populaire » - Julia Hamlaoui, L'Humanité, 18 janvier 2022
Présidentielle 2022. Fabien Roussel appelle à bâtir une « gauche nouvelle et populaire »
Mardi 18 Janvier 2022 - L'Humanité

Avant l’envoi d’une « lettre aux Français » à 5 millions d’exemplaires et un grand meeting à Marseille, début février, le candidat du PCF à la présidentielle devait inviter, lors de ses vœux lundi soir, à ne rien lâcher « face au mur de l’argent ».

 

À moins de trois mois du premier tour, le marathon présidentiel commence, doucement mais sûrement, à prendre l’allure d’un sprint. Si, à gauche, tous les candidats ne sont pas encore définitivement sur la ligne de départ, le communiste Fabien Roussel devait, lui, annoncer, lundi soir, une « nouvelle phase » de sa campagne pour amorcer ce tournant. Devant un parterre d’invités réunis – en nombre limité, Covid oblige – place du Colonel-Fabien, le prétendant du PCF à l’Élysée devait lancer un « appel » aux Français, au « monde du travail et de la création », et à la jeunesse, pour « construire la France des jours heureux » et « refonder la gauche ». « Quels qu’aient été vos votes dans le passé, quelles qu’aient été vos préférences à gauche, même si vous n’avez jamais voté communiste, vous avez la possibilité d’ouvrir à la France le chemin d’un autre destin ! » devait-il lancer, invitant chacun à « envahir cette élection, mettre dehors les libéraux, les corrompus et la République des privilèges pour construire une République sociale, démocratique et laïque au service du peuple et de la nation ».

Affirmer la méthode

Après avoir, une nouvelle fois face à la pandémie, exigé des actes pour la levée des brevets sur les vaccins ou les salaires des premières lignes, le candidat du PCF embraye sur « le cœur de (sa) campagne » : « Reprendre le pouvoir à la finance » en vue de « réformes heureuses, populaires, garantissant à nos enfants un avenir, dans une France du travail, créatrice, pacifiste, fraternelle, belle, respectueuse du vivant et mettant toutes ses richesses au service du climat et de chaque être humain ». « Déterminé » à « augmenter les salaires », à « investir dans nos services publics en recrutant 500 000 agents », « à sortir des énergies fossiles et à baisser les factures de gaz et d’électricité des ménages comme des entreprises », Fabien Roussel a saisi l’occasion d’affirmer sa méthode : « Faire tomber le mur de l’argent. » « Le gouvernement a distribué 250 milliards d’euros aux entreprises sans aucune contrepartie. Et 57 milliards d’euros de dividendes ont été versés aux actionnaires du CAC 40 », devait ainsi rappeler le parlementaire, plaidant pour « nous réapproprier nos moyens de production afin de décider de ce que nous produisons et comment ». Un message qu’il doit également adresser aux Français dans une « lettre » diffusée dans les prochains jours à 5 millions d’exemplaires.

Mobiliser les troupes

Alors que le dernier sondage OpinionWay lui prête désormais 3 % des intentions de vote, à égalité avec la candidate socialiste, Anne Hidalgo (derrière Christiane Taubira 4 %, Yannick Jadot 5 %, et Jean-Luc Mélenchon 10 %), Fabien Roussel s’est félicité du chemin déjà parcouru : « Depuis six mois, bien des choses ont changé, bien des regards se sont modifiés à notre égard. Tout le monde reconnaît aujourd’hui notre originalité, notre sincérité, notre singularité et la cohérence de notre projet. »

Au passage, le secrétaire national du PCF ne se prive pas de revenir sur la polémique autour de ses déclarations sur la « gastronomie » pour envoyer un tacle à quelques-uns de ces concurrents : « Pour certains, la priorité est d’interdire la viande, les voitures ou les centrales nucléaires, sans proposer aucune alternative crédible pour répondre aux besoins des Français et sauver le climat. Ceux-là sont coupés du peuple. » Dans la matinée, invité de France 2, le candidat avait déjà assuré que « pour défendre le bifteck des Français, il faut avoir un bon salaire, une bonne retraite ». Tout en engageant à construire « une gauche nouvelle, populaire, sociale, républicaine », il a aussi appelé à serrer les rangs. Tandis que, la veille, le député PCF Sébastien Jumel a officiellement annoncé son soutien à Jean-Luc Mélenchon, les élus communistes ont été invités « à ne pas céder aux tentatives de division, à ne pas jouer personnel mais collectif ».

Pour marquer le plus de points possible, Fabien Roussel entend mobiliser toutes ses troupes. L’agenda est d’ailleurs chargé. Outre la distribution de la « lettre aux Français » par les militants des « comités locaux des jours heureux », le PCF ambitionne la tenue de 500 réunions publiques dans la foulée de la présentation des 180 mesures de son programme, le 24 janvier. Le tout avant le « premier grand meeting national » de l’année, le 6 février, à Marseille.

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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 06:36

 

Les prix de plusieurs métaux, dont le cuivre, flambent, portés notamment par  la demande pour produire des voitures électriques. Cette conversion accélérée demandée par la Commission européenne débouchera vite sur un prix d’achat inabordable pour beaucoup de ménages, un  bilan carbone élevé via l’extraction et la transformation des matières premières, un recours accru aux énergies fossiles pour produire de l’électricité en Europe.

Pendant les candidats déclarés à l’élection présidentielle du mois d’avril en France battent la campagne pour informer les électeurs sur leurs projets, les effets dévastateurs  de la mondialisation capitaliste se multiplient. Tandis que la Commission de Bruxelles  demande aux pays membres de l’Union Européenne  de cesser de vendre des voitures neuves à moteur thermique dès  2035, nous assistons déjà à de nouveaux pics  d’augmentation  du prix du pétrole brut avec un baril de brent autour de 85 dollars. La fin de la demande en  pétrole n’est donc pas pour bientôt.  Du coup, le litre de gazole à la pompe est monté  ces derniers jours à 1,59€ , ce qui permet aussi à l’Etat de prélever 87 centimes de taxe  par litre consommé; y compris et surtout  dans la poche des smicards et des smicardes  qui n’ont pas d’autres choix que de prendre leur voiture pour aller  travailler.

Certains décideurs politiques et autres économistes « hors-sol » verront là une bonne raison d’accélérer la conversion à la voiture électrique en France et en Europe. Surtout qu’il y a des parts de marché à gagner, à condition de ne plus perdre de temps dans cette course à la conversion. C’est même pour cela que Renault  et PSA Peugeot-Citroën ont scellé des alliances avec d’autres multinationales. En page 18, dans « Les Echos » du 13 janvier, Lionel Steinmann  écrivait à propos des performances de l’année 2021 chez  Stellantis, le nouveau nom du groupe né de la fusion de PSA avec Fiat et Chrysler : « Au premier semestre, le groupe a dégagé une marge opérationnelle record de  11,4%  et s’est fixé un objectif annuel aux alentours de 10%. Une cible qui sera sans doute atteinte  malgré une perte de production  estimée à 1,4 million  de véhicule du fait de la pénurie de semi-conducteurs ».

Le prix du nickel propulsé au plus haut

Le même article nous apprenait que Carlos Tavares, président de Stellantis,  «ne compte pas  relâcher l’effort, car le surcoût  du passage à la  voiture  électrique ne pourra pas être répercuté au client, argumente-t-il». Puis venait cette citation attribuée par notre confrère à Carlos Tavarès lui-même: « Au cours des cinq prochaines années, nous devrons digérer 10% de productivité par an  dans une industrie  habituée à délivrer 2 à 3% de productivité. L’avenir nous dira qui sera en mesure de digérer cela, et qui n’y parviendra pas».  Lionel Steinmann ajoutait  que Carlos Tavares a lancé cet avertissement en décembre  2021. Voilà sans doute pourquoi Stellantis et Renault  ont décidé de réduire les commandes  à de nombreuses entreprises sous-traitantes, à commencer  par les fonderies menacées de fermetures dans plusieurs régions de France.

« Les Echos »  du 6 janvier indiquaient déjà qu’en «trois décennies nous allons consommer  60% des ressources de cuivre connues»,  alors que son prix avait augmenté de 48% sur un an dès juillet 2021.  Dans l’édition du13 janvier, le titre barrant toute la page 28 était ainsi rédigé: «La course à l’approvisionnement en nickel propulse les prix au plus haut». Un graphique montrait que la tonne de nickel qui valait  10.000 dollars en 2017 se vend 21.794 dollars en janvier  2022. La flambée du prix de lithium est encore plus spectaculaire. Son prix est passé de  17.000 dollars la tonne en 2017 à 48.149 dollars en janvier  2022.

Après avoir relevé qu’en moyenne, « une batterie de voiture électrique contient 50 kilos de nickel, 45 kilos de lithium et 7 kilos de cobalt», Etienne Goetz, écrivait  à propos de la firme Telsa: «Le nickel est une obsession de longue date  pour le patron de Telsa. Déjà à l’été 2020, Elon Musk voulait offrir un « gros » contrat à toute entreprise pouvant lui fournir du métal en grande quantité et produit dans le respect de l‘environnement. Il y a six mois, le constructeur a passé un accord avec le géant minier BHP pour sécuriser son approvisionnement en nickel. Telsa s’est également engagé  en Nouvelle-Calédonie  dans la reprise houleuse  de l’usine de Vale, à Goro au sud de l’île. Il joue le rôle de conseiller en échange  d’un contrat d’approvisionnement de long terme. L’usine de Vale, vendue à un consortium   international comprenant entre autres Trafigura, a été repositionnée pour produire du nickel de qualité batterie ».

Comment la France alimentera 38 millions de voitures en électricité ?

Le 12 janvier cette fois, le quotidien  « Les Echos » informait ses lecteurs qu’il s’est vendu « 1,2 million de voitures électriques  et 1 millions d’hybrides rechargeables   en Europe de l’Ouest en 2021, soit quelques 64% de plus qu’en 2020 ». En France ce fut 162.000 véhicules, soit  9,8% du marché des voitures neuves contre  13,6% en Allemagne  et 4,6% en Italie. L’article d’Anne Feitz  précisait que «stimulées par l’offre croissante de modèles, les ventes ont aussi été  dopées par des subventions étatiques généreuses  sur plusieurs marchés – ce qui a permis  de compenser le surcoût élevé des voitures électriques par rapport à leur équivalent thermique».

Au 1er janvier  2021, la France comptait  38,3 millions de voitures  particulières,  5,8 millions de véhicules utilitaires légers, 600.000 camions poids lourds et  94.000 autocars et autres bus. Interdire la vente de véhicules thermiques à partir  de  2035, comme le recommande  la  Commission européenne dans les 27 pays membres de l’Union impliquera  de changer toutes  les automobiles  d’ici 2050, ou peu après. Une telle conversion sera très consommatrice  de matières plastiques tirées du pétrole, d’autres matières comme le fer, l’acier, le cuivre, le nickel, le lithium, le cobalt  dont les prix s’emballent déjà, tandis que  leur extraction  sera de plus en plus émettrice  ce CO2.

Il faudra aussi alimenter tous ces véhicules en électricité en Europe comme en France. Avec ce que cela suppose comme investissements  publics, à commencer par les bornes de recharge. Avec aussi l’augmentation sensible de la production électrique afin de recharger chaque jour ces dizaines de millions de batteries en France.

Voilà aussi  des sujets de débat pour la campagne de l’élection présidentielle. A gauche, Yannick Jadot et  Jean-Luc Mélenchon veulent fermer toutes les centrales nucléaires d’ici 2050. Hier au journal de 13 heures sur France 2, Jean-Luc  Mélenchon a répété qu’il voulait «sortir du nucléaire parce que c’est dangereux », sans plus d’explications. Ce matin encore, des chaînes d’information en continu repassaient des images à 360 degrés projetées sur écran diffusées lors de son meeting de la veille à Nantes. On y voyait des images de flots agités en  Méditerranée pendant que Jean-Luc Mélenchon déclarait que cette mer « contient six fois toute l’énergie dont nous avons besoin».

Il reste à voir quel sera le coût final du captage et du transport  de cette énergie, ainsi que  le prix final que paieront les ménages pour avoir de l’électricité.  A supposer qu’il y en ait pour tout le monde.  

 

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 06:48
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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 06:36
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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 06:29

 

Après l’effondrement qui a accompagné la crise sanitaire et qui ne s’explique pas uniquement par elle, on note un redressement de la croissance économique en France, en Europe et dans le monde.

Dans l’Hexagone, le niveau du PIB a même retrouvé celui qui était le sien avant la pandémie, mais pas plus. Il demeure en outre très hésitant, toujours menacé à la fois par un nouvel épisode pandémique et par les conditions mêmes de la reprise, boostée avant tout par le soutien public accordé à la rentabilité des capitaux. L’étonnant, en effet, dans la situation actuelle est le contraste entre cette fragilité de l’activité réelle et ce que les journaux économiques appellent « l’exubérance des marchés » financiers. Si l’une reprend vie laborieusement, les autres battent des records, le ventre bien rempli, les joues roses, alimentés par la masse énorme des prêts accordés par les États au capital. En 2021, le CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris, qui regroupe les valeurs des principaux groupes capitalistes français, a progressé de 29 % ; l’indice européen, le Stoxx 600, qui prend en compte les 600 valeurs les plus importantes du continent, de 22 % ; et le Standard & Poor’s 500 américain de 27 %. Certains spécialistes des marchés prédisent que notamment le Stoxx 600 pourrait progresser de l’ordre de 15 % par rapport à son niveau de fin 2021 et que les bénéfices par action seraient en 2022 en progression en Europe d’au moins 8 %. Alléluia, bénis soient les dividendes !

En vérité, les grands groupes financiers, leurs compères de l’industrie et des services essaient de grossir leurs profits, qu’ils jugent insuffisants dans leurs activités réelles, en spéculant en Bourse et sur les marchés. Ce contraste et cette frénésie sont particulièrement dangereux. La finance ne peut pas en effet indéfiniment prospérer dans une économie qui s’étiole ; au bout d’un moment, forcément, elle s’écroule ! C’est ce qui s’est passé à chacun des krachs qui ont émaillé l’histoire du capitalisme. Les travailleurs n’ont rien à attendre de bon d’un tel scénario. Lorsqu’il se produit, les pouvoirs en place appellent à l’union sacrée autour du capital, une solidarité qui coûte cher aux finances publiques et aux citoyens.

C’est l’un des enjeux essentiels du moment : le monde salarié, particulièrement, va-t-il dans les prochains mois tenter d’infléchir les gestions privée et publique, dans l’entreprise et dans la cité, afin de conjurer les périls, sachant que le vote pour Fabien Roussel est une carte importante à jouer dans ce contexte, parallèlement à l’action collective, au tous-­ensemble ?

 

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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 10:04
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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 06:50

 

Souveraineté ou sécurité de l’alimentation ? Production autocentrée ou commerce des denrées alimentaires ? Derrière les mots, des choix de société radicalement différents, c’est dire si la problématique concerne le monde tout entier.

*Julien Brugerolles est assistant parlementaire.

Avec l’arrêt momentané de certains échanges commerciaux, la crise de la covid-19 a remis pendant quelques semaines au centre des enjeux de sûreté pour notre pays la question de la production agricole et de l’approvisionnement alimentaire. Dans la foulée, de nombreux responsables politiques ou « experts » ont redécouvert et utilisé médiatiquement l’expression souveraineté alimentaire. Plus un jour ne passe sans que la recherche de cette souveraineté ne soit brandie, affichée… et surtout instrumentalisée. Car le terme, devenu « tendance », cache en réalité une intense bataille de détournement idéologique.

 

SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE CONTRE LA FAIM ET LA MALNUTRITION ?

En fait, on parle là d’un concept qui n’a pas surgi subitement tel un effet secondaire de la covid-19 pour esprits en mal d’éléments de langage. Il est en effet issu de la construction politique des mouvements agricoles progressistes et altermondialistes (et de Via Campesina en particulier), qui entendaient désigner par là le droit des peuples, des États ou groupes d’États régionaux de décider librement de leurs politiques agricoles et alimentaires comme des moyens publics d’assurer le développement de leur autonomie et de leurs modèles propres de production, de coopération et de distribution.

L’insécurité alimentaire, c’est-à-dire l’impossibilité d’avoir un accès régulier à une alimentation saine, équilibrée et nutritive, toucherait près de 2 milliards de personnes.

 Les pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, mais aussi d’Amérique latine, sont les premiers concernés par le champ que recouvre ce concept, puisqu’ils concentrent l’essentiel des populations sujettes à la sous-alimentation et à la malnutrition. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) annonce ainsi dans son rapport annuel publié le 13 juillet 2020 que 690 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, un chiffre en augmentation de 10 millions en une année, et de 60 millions en cinq ans.

 

Les Signes de la qualité et de l’origine (SIQO) sont déclinés en différents labels.

 L’insécurité alimentaire, c’est-à-dire l’impossibilité d’avoir un accès régulier à une alimentation saine, équilibrée et nutritive, toucherait près de 2 milliards de personnes, avec 21,3 % des enfants qui souffriraient de retards de croissance dans le monde en 2019. Avec la pandémie de covid-19, l’ONU alerte et table sur une hausse de 83 à 132 millions de personnes supplémentaires souffrant de sous-alimentation en 2020.

Mais nous aurions tort de penser que le risque de crise alimentaire ne menace que des centaines de millions de personnes dans les pays du Sud. Il concerne aussi des dizaines de millions de Français et d’Européens, dont un nombre croissant sont déjà dans l’incapacité, au regard de l’insuffisance de leurs revenus et/ou du niveau de leurs  dépenses contraintes, de subvenir à leurs besoins alimentaires élémentaires.

Alors que 17,3 % des Européens, soit 87 millions de personnes, vivaient déjà sous le seuil de pauvreté en 2015, selon Eurostat, le taux de pauvreté en Europe va progresser fortement avec la crise. Dans notre pays, les demandes d’aide alimentaire ont connu une progression de 20 % à 40 % ces derniers mois selon les différentes associations caritatives.

 

ALIMENTATION ET LIBRE-ÉCHANGE GÉNÉRALISÉ

Face à ces chiffres, l’ambition de nourrir correctement tous les Français, et les Européens, ne peut se résumer à une simple politique de sécurité des approvisionnements alimentaires et d’ajustement par la concurrence sur les marchés agricoles mondiaux. La crise alimentaire qui vient est révélatrice de l’impasse dans laquelle nous ont conduits les choix successifs de déréglementation et de libéralisation du secteur agricole depuis les années 1990.

L’inclusion « forcée » de l’agriculture dans les accords commerciaux inter-nationaux (GATT puis OMC), puis dans les accords d’association ou de libre-échange européens, tient un rôle particulier dans l’accroissement des déséquilibres et des dépendances. Les résultats de plus de trente années de politiques néolibérales mériteraient ainsi une véritable évaluation internationale, ce non seulement sur le strict plan de la problématique alimentaire, mais également sur les effets induits par les spécialisations agricoles et la compétition internationale vis-à-vis de la capacité d’agrosystèmes profondément transformés à répondre demain aux enjeux alimentaires, climatiques, sociaux et environnementaux dans chaque pays.

Le débat doit se centrer sur la question de savoir si les Français, et les Européens, seront en capacité de construire démocratiquement leurs choix agricoles et alimentaires permettant d’assurer durablement l’essentiel des productions sur le territoire national et européen, tout en respectant pleinement les choix des autres pays et régions du monde.

Une telle évaluation s’avérerait sans doute fort utile pour déconstruire toute une série de mythes économiques, et nourrir un peu plus la conviction d’une urgence : celle de reconquérir des garanties démocratiques quant à la capacité des peuples à décider librement de leurs choix et de leurs politiques publiques agricoles et alimentaires. Cette bataille-là est centrale. Elle conditionne, de mon point de vue, les possibilités de chacune des régions du monde, et de chaque peuple, à sortir durablement de la sous-alimentation et de la malnutrition, en développant leurs propres capacités productives et complémentarités locales ou régionales.

 

QU’EST-CE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ?

La souveraineté alimentaire seraient-ils donc désormais tous convaincus par cette nécessité ? On peut en douter. Car un rapide tour d’horizon des articles de presse titrant sur la souveraineté alimentaire donne plutôt à voir toute l’étendue des contradictions qui se cachent derrière l’utilisation de la notion. En particulier, les libéraux s’empressent systématiquement de relativiser : ce qu’il nous faut, c’est bien plus une « sécurité alimentaire » qu’une « souveraineté alimentaire ».

Une tribune de l’agro-économiste Jean-Marie Séronie intitulée « Souveraineté alimentaire : de quoi es-tu vraiment le nom? », publiée le 28 avril 2020 sur le site Terre-net, résume assez bien le fond des divergences idéologiques existantes et du travail « de réaction » à l’oeuvre : « Nous importons de plus en plus mais nous exportons, en valeur, largement plus que ce que nous importons, même si cet écart diminue. Deux secteurs sont emblématiques : la viande et les fruits et légumes. Alors que nous encourageons, depuis des années, la consommation de fruits et légumes pour des enjeux de santé publique, nous importons presque 50 % des légumes et 60 % des fruits. Certaines filières ont presque totalement déserté notre territoire principalement pour des raisons de compétitivité, de coûts salariaux en particulier. Corriger cette situation demandera beaucoup d’énergies et d’investissements. Il faudra agir à la fois sur le consentement à payer un peu plus des consommateurs, différencier davantage certains produits, baisser le coût du travail mais aussi que les agriculteurs gagnent en productivité dans leurs exploitations. […] Nous n’allons pas inventer les phosphates que nous n’avons pas dans notre sous-sol ! Nous ne serons donc jamais autonomes. À l’idée de souveraineté, d’autonomie, d’autosuffisance, préférons l’idée de sécurité alimentaire. Ce concept ne présente pas d’ambiguïté d’arrière- pensée de fermeture, de repli sur soi mais ouvre plutôt sur l’anticipation, l’organisation. »

La crise alimentaire qui vient est révélatrice de l’impasse dans laquelle nous ont conduits les choix successifs de déréglementation et de libéralisation du secteur agricole depuis les années 1990.

Avec Jean-Marie Séronie, nous touchons très directement au travail de détournement intellectuel de la dimension systémique et transformatrice du concept de souveraineté alimentaire, mais aussi des notions qui lui sont étroitement liées, comme la recherche de l’autosuffisance alimentaire et le principe d’un droit à l’alimentation.

En France, les demandes d’aide alimentaire ont connu une progression de 20 % à 40 % ces derniers mois selon les différentes associations caritatives.

Car le débat n’est précisément pas seulement de savoir si la France et l’Union européenne seront en capacité d’anticiper ou de s’organiser pour s’assurer des moyens de disposer de suffisamment de nourriture pour leurs populations. Le débat, pour nous, doit se centrer sur la question de savoir si les Français, et les Européens, seront en capacité de construire démocratiquement leurs choix agricoles et alimentaires permettant d’assurer durablement l’essentiel des productions sur le territoire national et européen, tout en respectant pleinement les choix des autres pays et régions du monde. Nous changeons là radicalement de perspective politique d’avec la version « allégée » de la seule sécurité alimentaire, soluble dans l’ouverture des marchés et qui ne s’intéresse jamais vraiment aux modèles de production ni à la coopération internationale.

 

LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE DES RICHES

Un autre exemple de cette bataille idéologique fondamentale tient à l’absence récurrente d’interrogation sur la mesure de la balance commerciale agricole française, et européenne, et sur les effets systémiques de son évolution ces trente dernières années. L’idée d’une « montée en gamme » de nos exportations pour compenser la croissance de nos importations semble être de plus en plus largement partagée.

Mais ce « recyclage qualitatif » de la théorie des avantages comparatifs ne s’accompagne pratiquement jamais d’une réflexion sociale sur la destination de ces productions, notamment celles sous signe d’identification de la qualité et d’origine (SIQO). Faut-il se féliciter d’exporter mieux en valeur que ce que nous importons, sans s’interroger sur les effets de ces importations sur les agrosystèmes et les populations locales? Peut-on s’extraire de tout examen sur l’intérêt et la pertinence alimentaire d’une politique commerciale visant à exporter plus de produits sous SIQO (IGP, AOP, AB, label Rouge) à destination des plus riches consommateurs américains, japonais ou chinois, plutôt que de soutenir les moyens concrets des ménages et des enfants français, et européens, les plus modestes d’accéder très régulièrement à ces produits ?

La « montée en gamme », uniquement pour les plus riches du monde, est-elle une politique alimentaire acceptable ? Je reprendrai enfin un dernier exemple, extrait de la même tribune de Jean-Marie Séronie (décidément !), et qui dénote toute l’hypocrisie qui accompagne le prêt-à-penser économique qui est servi avec les analyses libérales des politiques agricoles et alimentaires. M. Séronie avance que, pour que nous consommions plus de produits français, « il faut agir à la fois sur le consentement à payer un peu plus des consommateurs » tout en faisant « baisser le coût du travail ». Typique des contradictions permanentes de la réflexion des économistes libéraux, il déclare ainsi, dans la même phrase, que le salaire des de nos importations semble être de plus en plus largement partagée. Mais ce « recyclage qualitatif » de la théorie des avantages comparatifs ne s’accompagne pratiquement jamais d’une réflexion sociale sur la destination de ces productions, notamment celles sous signe d’identification de la qualité et d’origine (SIQO).

Faut-il se féliciter d’exporter mieux en valeur que ce que nous importons, sans s’interroger sur les effets de ces importations sur les agrosystèmes et les populations locales? Peut-on s’extraire de tout examen sur l’intérêt et la pertinence alimentaire d’une politique commerciale visant à exporter plus de produits sous SIQO (IGP, AOP, AB, label Rouge) à destination des plus riches consommateurs américains, japonais ou chinois, plutôt que de soutenir les moyens concrets des ménages et des enfants français, et européens, les plus modestes d’accéder très régulièrement à ces produits ? La « montée en gamme », uniquement pour les plus riches du monde, est-elle une politique alimentaire acceptable ?

La « montée en gamme », uniquement pour les plus riches du monde, est-elle une politique alimentaire acceptable ?

Je reprendrai enfin un dernier exemple, extrait de la même tribune de Jean-Marie Séronie (décidément !), et qui dénote toute l’hypocrisie qui accompagne le prêt-à-penser économique qui est servi avec les analyses libérales des politiques agricoles et alimentaires. M. Séronie avance que, pour que nous consommions plus de produits français, « il faut agir à la fois sur le consentement à payer un peu plus des consommateurs » tout en faisant « baisser le coût du travail ». Typique des contradictions permanentes de la réflexion des économistes libéraux, il déclare ainsi, dans la même phrase, que le salaire des travailleurs (notamment de l’agriculture et de l’agroalimentaire) devrait donc baisser tout en souhaitant que ces mêmes travailleurs (ils mangent eux aussi !) consentent à payer plus cher pour manger français. « Gagner moins pour manger mieux» : voilà qui pourrait servir de joli slogan de campagne électorale à certains !

Assurément, la souveraineté alimentaire est d’abord un combat politique.

 

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