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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 07:46
Le PCF appelle à participer au rassemblement le lundi 26 février à Brest pour la libération de Salah Hamouri, place de la Liberté à 18h
Le PCF appelle à participer au rassemblement le lundi 26 février à Brest pour la libération de Salah Hamouri, place de la Liberté à 18h
 
Communiqué de la section PCF du pays de Brest: 
Le 28 février  une prendra fin l'ordre de détention administrative contre l'avocat franco-palestinien, Salah Hamouri, signé par le ministre israélien de la Défense , Avigdor Liberman, figure de l'extrême droite israélienne.
Depuis six moi s Salah Hamouri est détenu arbitrairement sans autre raison que d'être un militant de la paix, des droits et des libertés. Six moi s d'emprisonnement de trop.  La France ne peut se contenter d'être « préoccupée » par le sort de Salah Hamouri et d'« espérer sa libération », comme l'avait déclaré le Quai d'Orsay. Le président Macron, puisqu'il dit vouloir sa libération, doit passer aux actes et intervenir auprès du gouvernement israélien. Le 28 février, le risque est grand que l'ordre de détention soit renouvelé.
 
Le PCF réclame que le président de la République française, pays des droits de l'homme, et le ministre des Affaires étrangères agissent pour la libération de notre concitoyen, et que cesse l'acharnement du gouvernement Netanyahou contre Salah Hamouri et sa famille.
La section du Pays de Brest du PCF soutient l’appel  à se rassembler lundi 26 février à 18 h place de la Liberté à Brest pour que  Salah Hamouri soit enfin libéré et à l'élargir pour obtenir la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens, dont Marwan Barghouti, enfermé depuis 2002 dans les geôles israéliennes, et Khalida Jarrar, députée, en prison depuis juillet 2017, qui font face à l'arbitraire le plus total. Il demande à MM Macron et Le Drian d'exiger que soient d'urgence libérés Ahed Tamimi et les 300 autres enfants palestiniens actuellement emprisonnés.
PCF Section du Pays de Brest 
5 rue Henri Moreau 29200 Brest
Tramway : station St Martin
Tel 02 98 43 47 78 / Fax 02 98 43 44 62 
@ : pcf_brest@yahoo.fr
Le PCF appelle à participer au rassemblement le lundi 26 février à Brest pour la libération de Salah Hamouri, place de la Liberté à 18h

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 07:43
« MOI, OMER GOLDMAN, À 19 ANS, J'AI REFUSÉ DE SERVIR DANS L'ARMÉE D'OCCUPATION ISRAÉLIENNE »

« Moi, Omer Goldman, à 19 ans, j'ai refusé de servir dans l'armée d'occupation israélienne » – juive et anti-sioniste, oui c'est possible !

 

Article pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

C'était il y a cinq ans, déjà. Omer Goldman avait été une des premières non seulement à dire non au service de l'armée coloniale israélienne mais aussi à le faire savoir publiquement, à mener le combat pour la désobéissance des jeunes israéliens, juifs ou non.

 

On les appelle les « shminitism », les objecteurs de conscience. Ils étaient quarante lycéens en 2008 à signer une lettre de protestation contre l'enrôlement dans l'armée d'occupation israélienne. Aujourd'hui, ils se comptent par dizaines à refuser le service, âgés entre 18 et 22 ans.

 

Omer Goldman fut le visage de ce courage collectif. Elle avait 19 ans en septembre 2008, ses idées fortes contrastant avec ses traits fins.Immédiatement arrêtée, elle a passé plus d'un mois dans les geôles israéliennes comme cadeau d'entrée dans la vie adulte.

 

Le temps est passé, mais nous estimons nécessaire de rappeler son combat, son témoignage, aussi pour couper l'herbe aux faux amis de la cause palestinienne, ceux qui voudraient penser qu'on ne peut être « juif » sans être sioniste, qu'on ne peut être anti-sioniste sans être anti-sémite.

 

« Papa, je ne servirai pas pour ton Israel ! »

 

La lettre qu'avait communiqué Omer pour justifier son refus révèle son courage. Oui, Omer est fille d'un ancien (très) haut responsable du Mossad, les sinistres services secrets israéliens. Mais Omer, à 19 ans lui a dit : « Pardonne-moi Papa, mais je ne battrai pas pour ton Israël ! »

 

Que de conflits avec son père qui a publiquement désapprouvé sa décision (« On est tous les deux opposés idéologiquement ») tout en respectant la décision de sa fille : « Nous, tous les deux, avec des caractères très similaires nous nous battrons pour ce en quoi nous croyons ».

 

Pas de doute qu'elle n'a pas les mêmes idées que son père, sa lettre n'est pas celle d'une enfant crédule :

 

« Je refuse de servir dans l'armée israélienne. Je ne ferai pas partie d'une armée qui met en place une politique violente, et viole les droits de l'Homme tous les jours.

 

Comme nombre de mes pairs, moi-même n'avais pas posé soulevé la question éthique de l'armée israélienne. Mais quand j'ai visité les territoires occupés, j'ai vu une réalité complètement différente : une réalité violente, oppressive, extrême qui doit cesser.

 

Je crois au service en la société dans laquelle je vis, et c'est précisément pourquoi je refuse de participer aux crimes de guerre commis par mon pays. La violence n'apportera aucune solution, et je ne commettrai pas d'actes violents, advienne qui pourra ».

 

Pas facile d'avoir 19 ans dans un Etat colonialiste … la prise de conscience de l'injustice

 

Son acte de courage est venu d'une prise de conscience, d'une indignation face à l'injustice. A la fin du lycée, Omer est parti, sans la permission de son père, dans un village palestinien de Cisjordanie.

 

Au check-point, accompagné de connaissances palestiniennes qu'elle aurait du haïr, les soldats israéliens lui ont tiré dessus :

 

« On parlait sur le bord de la route, les soldats se sont approchés et après quelques secondes, ils ont reçu un ordre, tiré des grenades lacrymo et des balles de caoutchouc contre nous. Cela m'a frappé que des soldats suivent un ordre sans réfléchir.

 

Pour la première fois dans ma vie, un soldat israélien m'avait mis dans le viseur et avait tiré sur moi ! »

 

Ce que Omer a connu ce jour-ci, c'est ce que connaissent des millions de Palestiniens depuis des décennies. A partir de ce moment-là, plus question pour elle de joindre ses mains à celle d'une machine d'oppression.

 

Pour Natan, Noam, Alon, oui, on peut être juif et refuser le sionisme. A bas le sionisme et … l'anti-sémitisme !

 

Nous nous sommes fait le relais ces derniers mois, dernières années de ces « refuzniks », jeunes israéliens, juifs (ou étiquetés comme tels par les sionistes .. et les anti-sémites!) qui se sont indignés, ont refusé de servir.

 

On pense à Noam Gur et Alon Gurman, deux jeunes lycéens de 18 et 19 ans condamnés à la prison en avril 201. On pense à Natan Blanc, 19 ans, qui a passé six mois de sa vie en prison. Tous ont vaincu l'injustice au cœur, tous ont osé défier un gouvernement criminel au nom de leurs idéaux.

 

Leur acte d'indignation était individuel, leur ambition collective : réveiller un peuple endormi par le venin de la haine sioniste. Le Parti communiste d’Israël, la Jeunesse communiste d’Israël, ont soutenu ces shminitism, mené campagne pour leur libération.

 

Rappelons que, comme dans l'Afrique du sud de l'apartheid, seules les organisations communistes accueillent les travailleurs, étudiants sans distinction de couleur de peau, de religion ou d'ethnie supposée : d'origine chrétienne, arabe musulman, juifs séfarades ou ashkénazes !

 

L'exemple de ces jeunes courageux, l'exemple des communistes d’Israël doit nous éclairer au moment où des semeurs de haine essaient en France d'assimiler les juifs au sionisme, et l'anti-sionisme à l'anti-sémitisme.

 

Oui, on peut être juif ou d'origine juive et refuser le sionisme, c'est même avoir pris conscience du jeu pervers et parallèle que jouent sionistes et anti-sémites s'alimentant dans leur haine : créer de faux clivages communautaires, préparer l'épuration ethnique, gommer les clivages de classe.

 

Omer disait en 2008 :

 

« L'occupation empoisonne Israël de l’intérieur. Elle crée un peuple agressif, un nationalisme extrémiste, et efface des valeurs importantes telle que la solidarité et l'égalité. C'est pourquoi prendre position contre cela, en tant qu'israélienne, est vital pour les Palestiniens comme pour les Israéliens »

 

Honneur à Omer Goldman, qui avait montré la voie ! Honneur à Alan, Noam, Natan, David, Tamar, Maya, Udi, Sahar, tous ces jeunes israéliens qui depuis 2008 ont refusé de servir dans l'armée de la honte !

 

Unité entre jeunes Palestiniens et Israéliens, arabes et juifs, pour la paix, la justice sociale, contre toute forme de colonialisme, de racisme. A bas le sionisme, à bas l'anti-sémitisme !

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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 06:48
Syrie : La Ghouta sous les bombes de Bachar-al-Assad: le carnage continue, discussions à l'Onu (Jean-Pierre Perron 23 février - Médiapart)

Ghouta sous les bombes: le carnage continue, discussions à l'Onu

 PAR 

Depuis le dimanche 18 février, au moins 450 civils ont été tués et quelque 2 000 autres blessés par les bombardements intensifs des forces gouvernementales syriennes dans la Ghouta orientale, en Syrie. Désuni, le Conseil de sécurité de l’Onu discute pour mettre fin au massacre.

Même le très prudent Staffan de Mistura, l’émissaire de l'Onu pour la Syrie, qui habituellement tourne cent fois sa langue dans sa bouche avant de lâcher quelques banalités, a fini par qualifier d’« atroces » les bombardements sur la Ghouta orientale.

Vendredi 23 février, alors que l’Onu discutait d’un projet de trêve humanitaire de 30 jours dans l’ensemble du pays, ils se sont encore intensifiés. De l’avis des ONG présentes dans l’enclave rebelle, ce sont les pires depuis le début de la nouvelle offensive du régime qui a commencé il y a six jours.

Depuis le dimanche 18 février, au moins 450 civils ont été tués et quelque 2 000 autres blessés, selon le décompte de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé à Londres. Au moins 95 enfants sont morts depuis cette date, ce qui a aussi conduit l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance, à exprimer son indignation dans un communiqué vide. Même sentiment à Bruxelles chez les Vingt-Huit, qui ont appelé vendredi à un cessez-le-feu immédiat : « L'Union européenne est à court de mots pour décrire l'horreur vécue par les habitants dans la Ghouta orientale. »

« Que ce soit sous Hafez al-Assad ou son fils Bachar, le régime syrien use toujours de la même tactique, résume le politologue franco-syrien Salam Kawakibi, directeur adjoint du think tank ARI (Initiative arabe de réforme). Il tue d’abord tout le monde et, ensuite, il fait avancer ses forces. C’était déjà le cas en 1982, lors du siège de Hama [une partie de la ville s’était soulevée à l’instigation des Frères musulmans – ndlr]. Puis ce fut le cas à Hama, en 2012, et, dernièrement à Alep. »

Les bombardements sont le fait à la fois de l’aviation syrienne et russe, des hélicoptères du régime qui larguent des barils de poudre et tirent des roquettes et de l’artillerie lourde. « Il est tombé en trois jours autant de bombes qu’en quatre ans de guerre », indiquait dernièrement, sur Skype, un habitant de la petite enclave rebelle encerclée.

La localité de Hammouriyeh a été particulièrement frappée par les assauts aériens. La Défense civile de la Ghouta orientale a fait savoir que ses équipes de secours avaient dégagé des centaines de personnes, dans cette ville et dans d’autres, coincées sous les gravats.

Depuis plusieurs jours, ce sont les hôpitaux qui sont ciblés en priorité. Dans la seule journée du 22 février, 13 hôpitaux et établissements humanitaires ont été attaqués et, depuis le début de l’offensive aérienne, ce sont 22 hôpitaux qui ont été mis hors service, selon un décompte de l’Union des organisations de secours et soins médicaux(UOSSM), une ONG française et internationale qui est en contact permanent avec les médecins syriens sur place.

« L’état de dévastation dans lequel se trouve la Ghouta est indescriptible. En plus du nombre inimaginable de civils tués et blessés, il n’y a pratiquement plus d'installations médicales en fonctionnement. La crise humanitaire atteint des sommets », indique son président, le docteur Ziad Alissa.

« Dans les conflits militaires, morts et blessés méritent normalement respect, protection et soins, les droits de l’Onu les garantissent. Or les habitants de la Ghouta meurent dans l’indignité. Leurs écoles, leurs marchés sont détruits, ils meurent dans la souffrance et l’indifférence. Les femmes, les enfants et les hommes de la Ghouta meurent au milieu des décombres. Il faut que l’aide humanitaire ait un accès immédiat ! C’est une catastrophe ! », ajoute-t-il.  

Il n’y a pas que les bombardements qui accablent la population. La famine s’y est aussi déclarée dans la petite enclave de 30 km2 et plusieurs nourrissons en sont morts. De nombreux et graves cas de malnutrition sont aussi signalés. Pas d’électricité et plus d’eau, alors que l’hiver y est terrible. Des photos montrent des habitants qui, faute de bois de chauffage, ont installé des tentes dans des caves. Selon un rapport de l’Onu, dans certaines communes, 80 % de la population vit sous terre.

Après les bombardements, les habitants de la Ghouta s’attendent à une offensive terrestre de l’armée syrienne et de ses alliés. L’armée a commencé d’accumuler du matériel à proximité de l’enclave. Celle-ci est l’une des dernières zones contrôlées par les insurgés. Mais, différence essentielle avec la dernière autre grande enclave rebelle, la province d’Idlib, c’est une région encore plus stratégique.

Plaine bocagère, qui commence à la lisière de Damas, elle fut longtemps son verger avant de faire partie de sa banlieue. Densément peuplée – elle compte quelque 360 000 habitants –, elle a donc servi de bastion idéal pour les rebelles quand ils attaquaient la capitale syrienne. Depuis, ils ont perdu beaucoup de leur capacité offensive mais sont encore à même de frapper le centre de la ville, ce qu’ils font encore de temps à autre avec des mortiers.

D’où la priorité du régime et de ses alliés russes et iraniens de les chasser de cette région qu’ils contrôlent depuis 2012.

Reste que la nature bocagère du territoire rend difficile une offensive terrestre, d’autant que l’armée syrienne a, selon divers experts, perdu environ les deux tiers de ses effectifs pendant les six années de guerre et qu’elle doit rester mobilisée sur un front encore plus résilient, celui d’Idlib. Dès lors, la cible prioritaire des forces loyalistes devient la population de l’enclave, à laquelle le régime entend faire payer son soutien à la rébellion.

D’où des bombardements massifs contre les centres urbains, les villages, les hôpitaux et les dépôts de nourriture. Le 21 août 2013, les forces loyalistes avaient même employé le gaz sarin, une attaque qui avait fait plus d’un millier de victimes, en majorité des femmes et des enfants.

En principe, la Ghouta est censée bénéficier depuis dix mois d’un accord de désescalade, validé par la Russie, l’Iran et la Turquie, pour favoriser des trêves localisées en Syrie. En réalité, les combats n'y ont jamais cessé, Moscou et Damas faisant valoir que l’enclave est contrôlée par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, organisation avec laquelle ils affirment refuser de discuter, et qu’ils accusent de bombarder la capitale syrienne.    

C’est le même argument que le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a repris vendredi pour retarder le vote sur le projet de trêve de 30 jours en Syrie afin de permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et l'évacuation des blessés et des malades de la Ghouta orientale. « Il n'y a aucune garantie que [les rebelles] ne vont pas continuer à bombarder les zones résidentielles de Damas », a insisté le ministre russe.

Cette désunion entre les membres du Conseil de sécurité témoigne bien de l'internationalisation de la guerre civile syrienne. Les États-Unis, via le porte-parole du département d'État, ont dénoncé la « responsabilité particulière » de Moscou dans les bombardements sur la zone rebelle : « Sans le soutien apporté par la Russie à la Syrie, cette dévastation et ces morts n'auraient pas eu lieu. » « Le massacre doit cesser », a enfin lancé Federica Mogherini, la haute-représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères.

L'ambassadeur français François Delattre a renchéri en dénonçant « les attaques contre les hôpitaux » et une « situation insoutenable » pour les civils. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont, de leur côté, écrit à Vladimir Poutine pour lui demander de contribuer à l'adoption de cette résolution.

 

Finalement, Moscou a accepté de rediscuter la résolution, qu’il avait d’abord qualifié d’« irréaliste ». Mais il y a mis un certain nombre de conditions, ce qu’il appelle des « garanties », qui ont été longuement débattues. Ainsi, les groupes Al-Nosra et l’État islamique devront s’abstenir de bombarder Damas.

 

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23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 07:10
photo de Chahla Chafiq - PCF Bouches-du-Rhône

photo de Chahla Chafiq - PCF Bouches-du-Rhône

Les mouvements du foulard blanc, rythmés par une jeune femme sans voile, debout sur une armoire électrique d'un trottoir de Téhéran, pourraient bien être une performance symbolique.

L'action se passe dans une rue qui porte le nom de « Révolution ». Sans qu'il s'agisse de cela, l'harmonie des gestes de sa main leur donne l'aspect d'une danse.

Le foulard n'est plus un foulard ; il se mue en un drapeau blanc et en une aile d'oiseau. Un chant de liberté et de paix. Bien que l'action se passe fin décembre, avant l'éclosion des contestations populaires qui vont ébranler plusieurs villes iraniennes en janvier, la diffusion de la photo fait de Vida Movahed une des icônes de ces contestations. La révélation de la date et du nom de la femme, désormais surnommée la « fille de la rue de la Révolution », ne parviendra pas à effacer cette dimension iconique. Pourquoi ? La réponse se trouve dans la réalité éprouvée durant des décennies de pouvoir islamiste en Iran : le voile des femmes constitue pour l'idéologie islamiste un étendard politique. En 1979, un des premiers actes de Khomeyni, après sa prise de pouvoir, est d'appeler les femmes à porter le voile sur les lieux de travail. Les Iraniennes protestent massivement. Mais les troupes islamistes écrasent ces contestations auxquelles les acteurs politiques opposés au régime de Khomeyni n'apportent pas un soutien actif, considérant la question du voile des femmes comme socialement et politiquement secondaire.

Erreur de jugement fatale, comme le prouve ce qui se passe ensuite. L'imposition du port du voile, qui va s'étendre à tous les lieux publics, installe la religion comme une idéologie et un programme politique. Le double caractère régressif et répressif de ce plan ne tarde pas à se mettre en scène : le respect de l'islam va justifier le piétinement des droits humains, la censure de toute expression libre et la sacralisation des violences et des discriminations. La ségrégation entre les musulmans et les autres est légitimée.

L'athéisme est banni, la laïcité n'a pas droit de cité et les minorités religieuses, des zoroastriens aux juifs, en passant par les chrétiens, sont surveillées et réprimées, pendant que les bahaïs sont privés de tout droit. Quant au sexisme et à l'homophobie, l'instauration de la charia les justifie et les soutient. Le pouvoir islamiste range par ailleurs les musulman-e-s qui n'adhèrent pas à son idéologie parmi les égarés du droit chemin. En se proclamant le représentant du « véritable islam », le régime assimile toute opposition à l'oeuvre des « ennemis de Dieu », méritant de ce fait une répression implacable.

Dans ce contexte, la République islamique d'Iran étouffe continuellement les actions et revendications des ouvriers, des ensei\gnants, des étudiants et des lycéens... tout comme elle réprime divers peuples qui font pourtant partie intégrante de la mosaïque du peuple iranien (Kurdes, Arabes, Baloutches...). Les femmes, présentes dans ces catégories, subissent les mêmes méfaits sociopolitiques et culturels que les hommes, mais elles sont aussi discriminées « parce que femmes » et donc doublement réprimées.

À ce sujet, il est essentiel de saisir le rôle central de la hiérarchisation sexuée dans le projet islamiste d'une « société musulmane véritable » qui s'appuie sur le fantasme d'une oumma unifiée sous la loi divine. La cellule de base de cette oumma est la « famille islamique », dont la supériorité de l'homme-chef-mari-père sur la femme-fille-épouse-mère fait écho à la suprématie de Dieu sur les humains, les islamistes s'octroyant une place intermédiaire de délégués de Dieu sur terre. Une sorte de ruissellement du pouvoir du haut vers le bas... Le contrôle de la sexualité des femmes va de pair avec une division sexuée de l'espace et la non-mixité avec la soumission du peuple aux dirigeants. Et le voile symbolise tout le dispositif, d'où l'insistance des islamistes sur le voilement des femmes. La République islamique mobilise maintes mesures de propagande, de contrôle et de répression pour faire « respecter » le voile. Sans parvenir à faire reculer la résistance des Iraniennes au voile obligatoire.

L'ampleur du phénomène du « mauvais voile » (porté de manière non conforme) en est un exemple. Les châtiments prévus et exercés n'y font rien. Les chiffres officiels de la police, en 2007, rapportent l'arrestation de 14 000 Iraniennes dans le pays et l'arrestation journalière de 150 femmes à Téhéran. Ces chiffres renseignent en même temps sur un autre fait : l'imposition du jeune journaliste iranienne exilée), la campagne des « Mercredis blancs » débute en 2016 : chaque mercredi, des femmes descendent dans la rue avec un foulard, un sac ou un vêtement de couleur blanche (emblème de la non-violence) pour dire non au voile obligatoire. Avec l'arrestation et la détention provisoire de Vida Movahed, d'autres femmes ont repris son geste partout en Iran, faisant naître la campagne « Filles de la rue de la Révolution ».

Et les hommes défenseurs des droits et des libertés les ont rejointes. La couleur du foulard varie, mais le message reste le même : dire non au voile pour réclamer la liberté et l'égalité, indissociables de la fin de la tyrannie exercée au nom du divin.

 

TRIBUNE LIBRE LES « MERCREDIS BLANCS » EN IRAN - FILLES DE LA «REVOLUTION» [L’HUMANITE – MERCREDI 21 FEVRIER 2018 - CHAHLA CHAFIQ ÉCRIVAINE, SOCIOLOGUE)

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 21:59
UNE RADICALISATION DES DIRIGEANTS ACTUELS - ISRAËL: UN GOUVERNEMENT COMME LES AUTRES ?  [L’HUMANITE – MERCREDI 21 FEVRIER – DOMINIQUE VIDAL JOURNALISTE, HISTORIEN ET AUTEUR DE « ANTISIONISME = ANTISEMITISME ? REPONSE A EMMANUEL MACRON » (LIBERTALIA, 2018)]

RAPPEL DES FAITS Après la publication dans le Monde de la tribune de Zeev Sternhell, l'historien spécialiste du fascisme, membre de l'Académie israélienne des sciences et lettres, le débat fait rage.

 

Beaucoup de lecteurs auront été surpris de découvrir, sous la plume de l'historien Zeev Sternhell, spécialiste éminent du fascisme, une comparaison entre son pays, Israël, et l'Allemagne des débuts du nazisme (le Monde, 18 février 2018). C'est que la plupart des grands médias ont peu couvert la radicalisation des actuels dirigeants israéliens, y compris ceux qui aspirent à succéder à Benyamin Netanyahou.

Ainsi, le chef du Foyer juif, Naftali Bennett, ministre de l'Éducation et de la Diaspora, prône-t-il l'annexion de la Cisjordanie. Il a déjà fait voter une loi en ce sens par la Knesset, le 6 février 2017. Netanyahou prépare un nouveau texte étendant la souveraineté d'Israël aux cinq blocs de colonies situés à l'est de Jérusalem.

En attendant d'en débattre, Bennett a fait adopter un amendement à la loi sur Jérusalem de 1980, rendant plus difficile la cession de zones de la ville à un éventuel État palestinien et plus facile l'exclusion de quartiers palestiniens situés à l'extérieur du mur.

Autrement dit, ces gens ont décidé, violant ouvertement le droit international, d'enterrer la solution dite « des deux États » au profit d'un seul : un État d'apartheid, où les Palestiniens annexés ne voteraient pas. Il faut dire que le « Grand Israël » compte autant d'Arabes que de Juifs : 6,58 millions...

Ministre de la Justice, Ayelet Shaked a été plus loin : pendant la dernière guerre de Gaza, elle a posté sur sa page Facebook un texte qualifiant « l'ensemble du peuple palestinien (d')ennemi d'Israël » et justifiant ainsi « sa destruction, y compris ses vieillards, ses femmes, ses villes et ses villages », comme l'a rapporté le Parisien le 12 mai 2015.

Qui se ressemble s'assemble : Netanyahou recrute ses meilleurs amis parmi les pires populistes. Comme Viktor Orban, le premier ministre hongrois, grand défenseur du régent Horthy, qui a livré 600 000 juifs hongrois à Adolf Eichmann. Et Jaroslaw Kaczynski, inspirateur d'une récente loi interdisant d'évoquer les ­ nombreux ­ Polonais qui ont collaboré à l'extermination des juifs. Sans oublier les partis d'extrême droite, qui ont presque tous leurs entrées à Tel-Aviv, sous couvert de lutte contre l'islam.

Cette fuite en avant, Netanyahou et ses alliés-rivaux le savent, ne pourra qu'accentuer leur isolement. Déjà, l'État de Palestine est entré à l'Unesco (2011), aux Nations unies (2012) et à la Cour pénale internationale (2015). Et l'Assemblée générale a voté, fin 2017, en faveur du droit du peuple palestinien à l'autodétermination et à un État, par 176 voix contre 7 (dont les îles Marshall, la Micronésie, Nauru et Palaos). Dans les enquêtes d'opinion internationales, Israël arrive dans le peloton de queue, devant la Corée du Nord, l'Iran et le Pakistan.

Voilà pourquoi le gouvernement israélien s'efforce de faire taire les critiques de sa politique. D'où sa volonté de criminaliser la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), qualifiée par Netanyahou de « menace stratégique majeure ». À défaut de loi interdisant le boycott, les inconditionnels français d'Israël s'appuient sur une circulaire ministérielle, que très peu de parquets ont appliquée, et sur un avis de la Cour de cassation, que la Cour européenne des droits de l'homme pourrait retoquer.

Autre tentative : l'interdiction de l'antisionisme, absurdement assimilé à l'antisémitisme. S'appuyant sur une petite phrase d'Emmanuel Macron lors de la commémoration de la rafle du Vél d'Hiv, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) exige une loi en ce sens.

Comme si les autorités françaises pouvaient créer ­ et le Conseil constitutionnel valider ­ un délit d'opinion !

Paradoxalement, l'extrême droite israélienne s'inquiète aussi des réactions de sa propre opinion. Si l'absence d'alternative à gauche a poussé les Israéliens vers la droite, cette évolution a des limites : seul un tiers des électeurs accepte l'idée d'annexion. C'est pourquoi, à titre préventif, la Knesset a adopté une dizaine de lois liberticides : elles interdisent notamment le boycott et la commémoration de la Nakba (1), étranglent financièrement les ONG et permettent de refouler les partisans de BDS. La plus incroyable permet à 90 députés d'exclure du Parlement... les 30 autres !

Et voilà ce qu'on appelle « la seule démocratie du ProcheOrient ».

(1) Nom donné par les Palestiniens à l'expulsion des deux tiers d'entre eux, en 1947-1949.

 

« EN ISRAËL POUSSE UN RACISME PROCHE DU NAZISME À SES DÉBUTS. » ZEEV STERNHELL

UNE RADICALISATION DES DIRIGEANTS ACTUELS - ISRAËL: UN GOUVERNEMENT COMME LES AUTRES ?  [L’HUMANITE – MERCREDI 21 FEVRIER – DOMINIQUE VIDAL JOURNALISTE, HISTORIEN ET AUTEUR DE « ANTISIONISME = ANTISEMITISME ? REPONSE A EMMANUEL MACRON » (LIBERTALIA, 2018)]

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 21:56
Tokyo, fin juin 1950. Interdit en 1935 mais reparu en 1945, Akahata fut à nouveau censuré de 1950 à 1952 par le général MacArthur, pendant la guerre de Corée. AP Photo/Sipa

Tokyo, fin juin 1950. Interdit en 1935 mais reparu en 1945, Akahata fut à nouveau censuré de 1950 à 1952 par le général MacArthur, pendant la guerre de Corée. AP Photo/Sipa

Le journal communiste japonais célèbre son 90e anniversaire. Plusieurs fois interdit par les militaristes japonais et américains, Akahata a toujours revendiqué l'indépendance dans le cadre de la construction de son identité révolutionnaire.

Être antimilitariste dans le Japon des années 1930 pouvait aboutir au choix à la prison, la torture ou la mort.

À cette époque, la guerre était «seisen», une croisade sacrée, prétendument destinée à conduire le reste de l'Asie vers le développement, sous la houlette de l'empereur. Dans ce contexte, il fallait une certaine audace pour imaginer sortir, à partir du 1er février 1928, un journal communiste alors même que le parti était interdit depuis sa création, en 1922. Akahata (le drapeau rouge), alors appelé Sekki, consacre ainsi l'une de ses éditions datées de février 1933 à la mort de l'écrivain communiste Takiji Kobayashi, lors de son interrogatoire par la Tokko, la police politique.

Selon Hiroshi Yonezawa, responsable du secteur international du Parti communiste japonais (PCJ), « ce drapeau rouge est celui de la souveraineté nationale et de la paix, un drapeau visant la libération de l'humanité ». Le journal paraît alors bien isolé.

Lorsque le reste de la presse célèbre l'invasion de la Mandchourie, Akahata prend fermement position contre la guerre. À la même époque, pour servir la propagande impériale, le Tokyo Nichi Nichi Shimbun, depuis renommé Mainichi Shimbun, dépeint des «soldats chinois diaboliques et brutaux».

Akahata demande, lui, l'arrêt d'envoi de soldats au front. Il va même plus loin en plaidant pour l'abolition de la monarchie, pour la liberté d'expression, de publication, de réunion et d'association mais aussi pour l'indépendance des nations colonisées par le Japon. En 1935, le journal est interdit. Sa publication ne reprendra qu'après la guerre mais il est désormais identifié comme à la pointe du combat démocratique dans le camp progressiste.

 

LES ÉDITIONS QUOTIDIENNES ET DOMINICALES SONT DIFFUSÉES À 1,13 MILLION D'EXEMPLAIRES

 

Aujourd'hui, les militants communistes estiment que cette ligne de conduite a été validée par l'histoire. Dans sa Constitution de 1947, le Japon stipule qu'il « renonce à jamais à la guerre ». Le fait est inédit. Dans l'éditorial du numéro célébrant le 90e anniversaire, le journal souligne que « de plus en plus de citoyens dirigent leur attention la diffusion année après année ». Akahata possède des correspondants à Pékin, Hanoi, Le Caire, Berlin et Washington.

vers Akahata » du fait des tentatives actuelles de révision de la constitution pacifiste. Les éditions quotidiennes et dominicales sont diffusées à 1,13 million d'exemplaires, un record alors que le journal n'est pas vendu en kiosques. « La vente et la diffusion d'Akahata aux abonnés sont une activité difficile. Les militants qui s'en occupent au quotidien sont respectés au même niveau que des héros. Ce n'est pas obligatoire mais le Parti attache beaucoup d'importance à cette activité et il s'efforce d'augmenter

Au Japon, où la remise en cause de la parole des dirigeants n'est pas naturelle, le journal assume une mission originale et presque jaurésienne : « Certains géants médiatiques diffusent les assertions du gouvernement Abe comme s'ils étaient l'organe du régime, ils ne remplissent plus leur rôle de surveillance. A contrario, Akahata s'engage dans une confrontation frontale avec le plan Abe et assume une mission décisive dans la divulgation de la vérité, sans crainte de couvrir des sujets tabous. » Après la catastrophe de Fukushima, en 2011, le journal est l'un des premiers à révéler les mensonges de Tepco, l'opérateur de la centrale accidentée concernant le respect des normes de sécurité. Un rôle apprécié audelà des rangs communistes.

L'ancien diplomate Magosaki Ukeru expliquait ainsi : « Alors que la plupart des médias traditionnels se compromettent, Akahata est le seul média qui essaie de révéler la vérité et, pour de nombreux citoyens, c'est le journal qui garantit leur droit d'avoir accès à cette vérité. »

Dans le contexte de la guerre froide, Akahata mène déjà bataille contre la présence américaine, alors que les bases de l'Oncle Sam disséminées sur l'archipel servent de porteavions pour les expéditions militaires de Washington. De 1950 à 1952, alors que la guerre de Corée bat son plein, le général MacArthur, en tant qu'administrateur du Japon, prend de nouveau l'initiative d'interdire Akahata. La démocratie a ses limites. À cette époque, l'armée américaine teste à une douzaine de reprises ses armes biologiques dans les rizières d'Okinawa et stocke également ses défoliants destinés à être déversés sur le maquis vietnamien. Les campus japonais sont alors en ébullition et les anciens étudiants se souviennent encore du rôle alors joué par le journal. Plus récemment, en 2003, Akahata mène une grande campagne contre l'expédition militaire en Irak et appelle à la prudence contre les prétendues armes de destruction massives de Saddam Hussein. Cet effort pour préserver la paix est consubstantiel de la lutte pour préserver une politique étrangère et nationale indépendante. Le journal ouvre également le débat sur l'identité du courant communiste japonais. «Akahata joue un rôle indispensable, alors que l'URSS et la Chine tentent toutes deux de créer des fractions au sein du Parti afin de l'influencer, analyse encore Hiroshi Yonezawa. Le journal affirme que les Japonais doivent décider seuls du cours qu'ils souhaitent donner au mouvement révolutionnaire. »

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 16:51
Pourquoi la France doit reconnaître l'Etat Palestinien? Tribune dans l'Humanité de Taoufiq Tahani, président d'honneur de l'AFPS, d'Elsa Faucillon, députée communiste, et de Gilles Manceron, historien

A l'assemblée nationale : Questions en séance publique sur l'évolution de la situation au Moyen-Orient et la reconnaissance de l'État palestinien 
http://videos.assemblee-nationale.fr/index.php

Et en pièce jointe 3 contributions parue dans l'Huma papier de lundi : Taoufiq, Elsa Faucillon et Gilles Manceron

 

Pourquoi la France doit-elle reconnaître l’État palestinien ?

La question de la paix et du droit international.
LUNDI, 19 FÉVRIER, 2018
L'HUM

Avec Taoufiq Tahani, président d’honneur de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), Elsa Faucillon, députée PCF des Hauts- de-Seine et Gilles Manceron, historien.

Rappel des faits. Jeudi 22 février, les évolutions du Moyen-Orient, avec au cœur la reconnaissance de l’État palestinien, seront débattues à l’Assemblée nationale.

  • Une grande responsabilité pour éviter que la région ne sombre dans le chaos par Taoufiq Tahani, président d’honneur de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS)

Taoufiq TahaniPrésident d’honneur de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS)En novembre 2014, Laurent Fabius était le premier responsable politique français à dissocier la reconnaissance de l’État de Palestine et les négociations entre Israéliens et Palestiniens. L’ancien ministre des Affaires étrangères considérait que « jusqu’à présent, l’idée qui a prévalu, c’est que la reconnaissance devait être liée à la négociation… Mais, à partir du moment où la négociation serait impossible ou n’aurait pas de conclusion, il faudrait évidemment que la France prenne ses responsabilités ». Et pour ceux qui n’avaient pas bien saisi ce message, Fabius a apporté une autre précision : « La reconnaissance de l’État de Palestine n’est pas une faveur ni un passe-droit, c’est un droit. » Déclarations de bon sens mais qui n’ont malheureusement jamais été suivies d’effet.

Pourtant, la France, qui a organisé une initiative de paix en 2016 avec la participation de plus de 70 pays, sait parfaitement à qui incombe l’échec de ses efforts et pourquoi la négociation n’était plus possible. Alors que les Palestiniens avaient soutenu l’initiative de Paris sans aucune condition, les dirigeants israéliens l’ont qualifiée de « procès Dreyfus moderne » et boycottée avec l’arrogance et le mépris qui les a toujours caractérisés.

Pourquoi donc la France a-t-elle renoncé à son engagement vis-à-vis des Palestiniens ? Pourquoi laisse-t-elle les mains libres au pyromane Trump, dont le seul but est de liquider la question palestinienne en adoptant toutes les positions de l’extrême droite israélienne ? Que reste-t-il à négocier si Jérusalem et les réfugiés ne sont plus mis à l’ordre du jour et si la colonisation n’est plus considérée comme un obstacle majeur à la paix ?

Oui ou non la « solution à deux États » est-elle le passage obligé pour le règlement du conflit ? Oui ou non l’impressionnant corpus des diverses résolutions de l’ONU depuis le plan de partage de 1947 constitue-t-il la seule base possible pour ce règlement ?

Si la réponse est oui, et aucun responsable politique français n’osera prétendre le contraire, alors l’action politique et diplomatique à mettre en œuvre est claire. À commencer par la reconnaissance de l’État palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.

« Si la France reconnaissait la Palestine, d’autres États la suivraient, y compris le Luxembourg », vient de déclarer Jean Asselborn, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. Plusieurs autres pays européens suivraient l’exemple de la France, qui sait maintenant qu’elle a une grande responsabilité pour éviter que la région ne sombre dans le chaos. Les dirigeants israéliens et leurs parrains américains se trouveraient alors entre choisir le droit pour aboutir à la paix ou bien leur isolement sur la scène internationale. Les votes au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale des Nations unies contre la décision américaine de reconnaître en Jérusalem la capitale d’Israël constituent les premiers signes de cet isolement.

  • Un peu de courage, est-ce trop demander ? par Elsa Faucillon, députée PCF des Hauts- de-Seine

Elsa FaucillonDéputée PCF des Hauts-de-SeineIl y a urgence. D’abord parce que le sort imposé par Israël au peuple palestinien est humainement et politiquement intolérable. La violence permanente de l’occupant, l’écrasement des droits nationaux de tout un peuple que l’on dépossède de sa terre par la force brutale créent une situation d’exception et d’apartheid au-delà de tout ce qui peut être toléré sur les plans de l’éthique et des principes qui doivent régenter les rapports humains et les relations internationales. Il faut en finir.

Il y a urgence parce que le processus de colonisation comme la politique agressive des dirigeants de Tel-Aviv nourrissent de vives tensions dans une région où les conflits ne cessent de s’exacerber. Les dangers de guerre montent de façon préoccupante. Il y a aussi les Israéliens qui souffrent du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou, qui a brimé le camp progressiste de la paix. La société israélienne est aussi fatiguée de la chape de plomb sécuritaire imposée par le camp de la droite israélienne. Un nouveau chapitre peut s’écrire avec toutes les forces progressistes.

La France ne peut pas rester sans réagir dans une situation si dangereuse qui atteint aujourd’hui des sommets dans l’inacceptable… et dans les risques. Elle doit s’engager pour réunir les conditions permettant de stopper cette descente aux enfers. C’est l’exigence de la responsabilité collective, du droit et de l’application des résolutions de l’ONU qui doit s’imposer.

Reconnaître l’État palestinien, à côté de l’État d’Israël, serait dans ce grave contexte un acte majeur montrant que la France, comme tout État qui compte dans le monde d’aujourd’hui, peut créer une dynamique en Europe et, au-delà, jouer un rôle favorable à un règlement juste de la question de la Palestine, donc à la paix et à la sécurité de tous les peuples et pays de la région. Il n’y aura de sécurité pour personne tant que cette question de la Palestine ne trouvera pas de solution politique juste : un État souverain de plein droit, avec toutes les prérogatives qui s’y rattachent, avec Jérusalem-Est pour capitale, et vivant en coopération avec ses voisins.

On attend de la France qu’elle décide de jouer vraiment ce rôle qui la grandirait. Ce rôle devant lequel trop de gouvernements démissionnent par peur et par lâcheté. Il faut en finir avec l’hypocrisie des engagements non tenus et les belles déclarations qui masquent si mal la trahison des valeurs humaines et des grands principes. Il faut un peu de courage. C’est cela l’esprit qui devrait animer la France.

Cet esprit existe dans notre pays. De nombreux élus, des municipalités comme celles de Gennevilliers, Bezons ou Allonnes ont pris la décision de reconnaître symboliquement la Palestine pour impulser une dynamique de soutien et de solidarité. Voilà ce qu’il est possible de faire alors que tant de citoyens de notre pays sont choqués par la démission de ce qu’on appelle (à tort) la « communauté internationale », par la décision illégale et illégitime de Trump de faire de Jérusalem la capitale d’Israël, par la violence meurtrière qui s’abat quotidiennement sur les Palestiniens. Dans notre pays, les plus hautes autorités de l’État peuvent contribuer à renverser cette spirale de l’injustice et de l’impunité. Il ne faut plus attendre !

La Palestine existe. Il faut agir pour que nul ne puisse empêcher qu’elle devienne enfin, malgré les colons, malgré l’extrême droite, malgré Donald Trump… un État, un acteur indépendant et libre de notre monde. Le peuple palestinien est vivant. Il est résistant, digne… et patient ! Mais il faut maintenant, d’urgence, prendre les initiatives nécessaires pour la réalisation de ses droits nationaux. De tous ses droits. Un peu de courage… est-ce trop demander ?

  • La nécessaire reconnaissance par Gilles Manceron, historien

Gilles ManceronHistorienLes différents processus internationaux des trois dernières décennies qui ont fait miroiter la perspective d’un État palestinien sous l’égide d’un prétendu arbitrage des États-Unis ont été une supercherie. La situation en Palestine est plus dramatique que jamais. Mais la proclamation et la reconnaissance internationale d’un État de Palestine restent le seul objectif possible pour soutenir la lutte nationale des Palestiniens.

On se souvient des images de la poignée de main de 1993 entre le dirigeant palestinien Yasser Arafat et le premier ministre israélien Yitzhak Rabin avec, entre eux, le président américain Clinton posant d’un geste bienveillant ses mains sur leurs épaules. Tout cela n’était qu’illusion et a conduit à une impasse. Les espoirs suscités par ce qu’on a appelé le processus d’Oslo ont été réduits à néant. L’assassinat de Yitzhak Rabin, en 1995, préparé par une campagne déclenchée contre lui par Benyamin Netanyahou et l’extrême droite, la provocation d’Ariel Sharon en 2000 sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, puis l’intervention, en 2001, d’Israël à Ramallah et sa récupération de territoires qui devaient revenir aux Palestiniens, l’ont sapé progressivement. L’accession de Mahmoud Abbas à la tête de l’Autorité palestinienne, après la mort, en 2004, de Yasser Arafat, a été l’occasion de nouvelles manœuvres et tergiversations qui ont donné la possibilité aux gouvernants israéliens de gagner du temps en poursuivant la colonisation de toute la Palestine. Le coup de grâce a été donné à cette fausse perspective de paix par la victoire du parti de Benyamin Netanyahou aux élections de mars 2015, qui a désormais encouragé ouvertement les colons les plus extrémistes.

C’est dans ce contexte qu’un sentiment de doute se développe parmi les défenseurs des droits des Palestiniens quant à la possibilité même d’un État de Palestine. Certains seraient prêts à accepter l’idée d’un État unique, de la Méditerranée au Jourdain. Ils voudraient, bien entendu, que celui-ci ne soit pas un État confessionnel et qu’il accorde une égalité réelle à tous ses habitants. Si un tel objectif est, bien sûr, celui qui conviendrait le mieux à nos valeurs, il faut bien voir que, dans la situation actuelle, c’est un leurre absolu. Malgré l’existence dans la population juive d’Israël de forces laïques courageuses opposées à la colonisation, il n’y a pas la moindre possibilité que prenne le dessus dans ce pays un courant d’opinion en faveur du renoncement à l’idée d’un État juif et de son remplacement par un État laïque et binational. L’opinion israélienne, qui s’apprête très majoritairement à fêter, en mai 2018, le 70e anniversaire de l’État d’Israël, est très majoritairement indifférente et aveugle au sort des Palestiniens.

Dans ces conditions, écarter l’objectif d’un État palestinien, renoncer à l’élémentaire reconnaissance de l’existence de la nation palestinienne, de sa dignité et de son droit à traiter de l’avenir de la Palestine dans une pleine égalité juridique avec l’État d’Israël, revient à un renoncement. Même si cette idée se donne l’apparence d’une démarche intransigeante et radicale, elle convient finalement assez bien à Netanyahou, au parti colonial en Israël, qui ne veut plus entendre parler d’un État palestinien et verrait d’un bon œil qu’il puisse étendre leurs frontières et soumettre tous les Palestiniens à un apartheid encore accru.

La reconnaissance internationale d’un État palestinien est plus que jamais d’actualité.

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17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 06:44
Le retour de la menace nucléaire - éditorial de Patrick Le Hyaric dans L'Humanité Dimanche, 15-18 février 2018

Le redoublement des tensions et des guerres au Moyen-Orient, l’instabilité mondiale, la récurrence des violentes crises économiques et la main mise des marchés financiers sur la marche du monde s’accompagnent d’une aggravation des crises internationales et d’une folle course aux armements. La menace nucléaire que nous espérions conjurée depuis la fin de la guerre froide, se manifeste à nouveau.

Alors que les Etats-Unis réalisent à eux seuls plus de 40 % des dépenses militaires mondiales, M. Trump vient d’annoncer une hausse historique du budget de la défense de son pays, la faisant progresser de 7 % pour atteindre 716 milliards de dollars pour l’année 2019. Une somme astronomique quand 267 milliards de dollars suffiraient pour éradiquer la faim dans le monde… Au même moment, D. Trump annonce un tournant de la doctrine nucléaire et la fabrication d’armes létales miniaturisées, dont la vocation est d’éliminer des vies humaines.

Ce saut qualitatif, au cœur des mutations mondiales du capitalisme financier où la concurrence est érigée en doctrine, doit alerter les citoyens du monde entier. Jusqu’ici, la doctrine nucléaire globalement partagée par les grandes puissances reposait sur l’existence de bombes si puissantes qu’elles se révélaient inutilisables sous peine d’un cataclysme mondial. C’est ce que l’on appelle la dissuasion : un « équilibre de la terreur » qui s’est accompagné d’un accroissement du volume d’armement jusqu’à ce que les deux principales puissances nucléaires, Etats-Unis et Russie, s’engagent à baisser leur arsenal gigantesque constitué pendant la guerre froide.

Dans un récent document prospectif, les Etats-Unis annoncent s’engager dans une voie extrêmement dangereuse qui vise à développer des armes nucléaires adaptées à des théâtres d’opération spécifiques. Prétextant de nouvelles menaces venues d’Iran, de Corée du Nord, et anticipant des conflits avec la Russie et la Chine, les dirigeants Nord-Américains  développent des armes nucléaires de petites tailles qui auraient vocation non plus à dissuader mais à être utilisées au combat. Outre que la dissuasion reste une doctrine contestable puisque qu’elle débouche sur la prolifération, celle qui accompagne les déclarations incendiaires du nouveau président est proprement criminelle. On se souvient que, juste après l’accession de M. Trump au pouvoir, les Etats-Unis n’avaient pas hésité à utiliser la « mère de toutes les bombes », l’arme non nucléaire la plus puissante au monde, contre des djihadistes en Afghanistan. Il s’agissait d’une première mondiale qui laissait augurer une relance de la course à des armements particulièrement meurtriers. De fait, les budgets militaires risquent fort d’augmenter partout, alors qu’aujourd’hui, ceux de la Russie et de la Chine sont très inférieurs à celui des Etats Unis. Une fuite en avant militaire mondiale risque fort de s’engager, à laquelle, outre l’arme nucléaire, il convient d’en ajouter d’autres, de plus en plus sophistiquées et destructrices de vies humaines, comme celles à base de substances chimiques. Le caractère imprévisible de la présidence de Trump pousse de nombreux pays, notamment en Asie, à consolider leur défense. Et les responsables des institutions européennes ne trouvent rien de mieux que de proposer comme nouvel horizon la création de ce qu’ils appellent une « Défense européenne ». Ainsi l’ultralibéralisme s’accompagne partout d’une dangereuse militarisation. L’alerte est aussi sérieuse qu’inquiétante !

Des forces existent pour freiner cette course de l’humanité à l’abime. L’adoption par l’Organisation des Nations unies du traité d’interdiction des armes nucléaires en juillet dernier, avec la signature de 122 pays est un évènement considérable, conforté par l’attribution du prix Nobel de la paix aux Organisations non gouvernementales engagées dans la campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires. Evidemment, les puissances nucléaires, et en premier lieu la France, refusent de s’engager dans un processus de diminution croissante de leur arsenal, prétextant d’un contexte international instable… que ces mêmes puissances contribuent à entretenir par des offensives impérialistes, commerciales et militaires.  La loi de programmation militaire française dévoilée la semaine dernière pour les années 2019- 2025 prévoit de consacrer sur ces six ans 300 milliards à la défense nationale. Une hausse considérable qui vise, entre autre, à développer l’armement nucléaire. M. Macron refuse tout débat sur la défense nationale, préférant enfoncer le clou de la dissuasion en engageant le pays dans la modernisation de son armement nucléaire jusqu’en… 2080 !

La France devrait pourtant prendre appui sur le mouvement mondial pour le désarmement pour reconnaître le caractère barbare de l’arme nucléaire et engager un dialogue au sein des Nations Unies pour tendre vers une abolition mondiale. La dissuasion nucléaire n’est qu’un concept qui, en plus d’être très coûteux  promettait la non utilisation. Aujourd’hui il  peut vite glisser vers une réalité meurtrière. L’avenir de l’humanité passe par le désarmement nucléaire et la France s’honorerait à s’y engager. L’argent doit aller aux œuvres de vie. Pas à la préparation du cataclysme !

Le retour de la menace nucléaire - éditorial de Patrick Le Hyaric dans L'Humanité Dimanche, 15-18 février 2018

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 18:37
Le HDP, parti laïc, démocratique, de gauche, à nouveau la cible d'Erdogan: sa présidente Serpil Kemalbay arrêtée après Demirtas et Figen Yüsekdag

"L’ancienne coprésidente du principal parti démocratique de gauche HDP, Serpil Kemalbay, a été arrêtée mardi pour avoir critiqué l’opération menée par Ankara dans le nord de la Syrie, selon une responsable de sa formation". Les deux anciens présidents du HDP Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, tous deux députées, cette dernière que Serpil Kemalbay, avait remplacé, sont déjà emprisonnés depuis des mois. Pierre Laurent et une délégation du PCF étaient présents au congrès du HDP devant 32 000 militants ce week-end à Ankara, et c'est sans doute les propos libres et vrais de Serpil Kemalbay à ce congrès qui ont conduit à son incarcération. Tout ce qui sonne vrai, tout ce qui reste libre, humain, démocratique en Turquie actuellement est réprimé, et l'Etat français ne trouve rien de mieux à faire que d'interdire une manifestation dénonçant les agressions du peuple kurde et la suppression des libertés par la dictature d'Erdogan!

Libération, avec l'AFP:

L’ancienne coprésidente du principal parti prokurde turc HDP, Serpil Kemalbay, a été arrêtée mardi pour avoir critiqué l’opération menée par Ankara dans le nord de la Syrie, selon une responsable de sa formation.

Mme Kemalbay, qui a été remplacée à la coprésidence du Parti démocratique des peuples (HDP) par Pervin Buldan lors d’un congrès dimanche, a été arrêtée mardi à Ankara, devant son domicile, a annoncé à l’AFP une responsable de sa formation politique.

Elle avait été nommée en mai à la coprésidence du HDP pour remplacer Figen Yüksekdag, elle-même incarcérée et déchue de son mandat de députée.

Elle partageait la direction du parti avec Selahattin Demirtas, incarcéré depuis novembre 2016, et remplacé dimanche par Sezai Temelli.

Un mandat d’arrêt avait été émis contre Mme Kemalbay vendredi dernier, en raison d’appels à manifester contre l’opération militaire en Syrie, selon l’agence étatique Anadolu.

Le HDP critique l’offensive militaire turque dans l’enclave syrienne d’Afrine, accusant Ankara de viser «les Kurdes en tant que peuple».

Mais le gouvernement turc affirme mener cette opération pour éliminer les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée comme une organisation «terroriste» par Ankara, mais alliée des Etats-Unis.

Les autorités turques considèrent les YPG comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée «terroriste» par la Turquie et ses alliées occidentaux, et qui mène une insurrection armée contre le pouvoir central turc depuis 1984.

Depuis le lancement de l’opération, baptisée «Rameau d’olivier», 666 personnes ont ainsi été arrêtées en Turquie pour s’y être opposées, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur publié lundi.

Le président Recep Tayyip Erdogan avait en effet appelé à l’unité nationale autour de cette offensive, mettant en garde ceux qui s’y opposeraient.

Le parquet d’Ankara a par ailleurs ouvert une enquête lundi contre la nouvelle co-présidente du HDP, Mme Buldan, en raison de déclarations à propos de l’offensive faites lors du congrès de dimanche.

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 17:49

On a rarement vu cela, voire jamais en dehors du contexte de la guerre d'Algérie ou des interdictions de manifs pro-palestiniennes à Paris.  

La préfecture du Finistère qui interdit pour le week-end mais sur des arguments qui n'auraient pas qu'une portée circonstancielle et limitée une manifestation de solidarité internationale avec les Kurdes d'Afrin et de Turquie ciblés par le pouvoir islamo-fasciste d'Erdogan.

Alors, il suffit que des nervis viennent tabasser des manifestants venus dénoncer les bombardements et agressions sur la population kurde du nord syrien, c'était samedi dernier à Brest, pour que, sous prétexte de ne pas vouloir encourager des tensions communautaires sur le sol français, toute manifestation avec le peuple kurde soit interdite? C'est aberrant. La France n'est-elle plus un pays de liberté où on peut dénoncer l'agression de l'armée d'une dictature contre un autre peuple dans un Etat voisin? Est-ce la loi d'Erdogan qui va s'appliquer chez nous?  

Le communiqué de la préfecture est aussi très menaçant vis-à-vis des organisateurs et participants éventuels de cette manifestation de solidarité, qui aurait été la deuxième à Morlaix en 15 jours. Non à la censure du droit de manifester, solidarité avec les habitants du canton d'Afrin et les Kurdes de Turquie à qui ont imposent une vraie loi d'occupation liberticide et criminelle, solidarité avec nos amis turcs qui sont très nombreux, intellectuels, journalistes, enseignants, fonctionnaires, de différentes opinions n'étant pas dans la ligne du pouvoir d'Erdogan qui fait la synthèse entre les islamistes et les nationalistes d'extrême-droite, à être victimes de cette dictature réveillant l'ultra-nationalisme: stop Erdogan!

Le Télégramme, 16 février 2018 

À travers un communiqué diffusé ce vendredi après-midi, le préfet du Finistère, Pascal Lelarge, indique qu'il a "décidé d'interdire une manifestation" pro-Kurdes prévue ce samedi à midi devant la mairie de Morlaix. 

Le rassemblement était prévu à l'appel de l’association La Minoterie - A pleine voix qui, selon la préfecture, "a déposé, jeudi, une déclaration de manifestation contre les opérations militaires menées par la Turquie et ses alliés sur le territoire syrien".

Le communiqué souligne que "cette déclaration ne respecte pas la réglementation applicable en la matière : non-respect des trois jours francs au moins avant la tenue de la manifestation, et non-respect de l’obligation de signature de la déclaration par au moins trois personnes domiciliées dans le département". 

Des échauffourés le week-end dernier à Brest

 

"Par ailleurs, au cours de la semaine passée, il a été constaté que des manifestations sur ce même thème avaient occasionné d'importants troubles à l'ordre public. Le samedi 10 février, à Brest, quatre manifestants avaient ainsi été agressés et blessés par des individus affichant ostensiblement leur sympathie pour l’actuel gouvernement turc, et les forces de police avaient été amenées à intervenir. 

Le lendemain, une nouvelle manifestation organisée dans le centre-ville de Brest avait à nouveau occasionné des tensions et l'intervention des forces de police avait à nouveau été nécessaire pour ramener le calme", signale le préfet. 

"Prison et amendes possibles si la manifestation a lieu"

"Considérant qu'il est inacceptable que des tensions et conflits internationaux puissent donner lieu à des affrontements et à des violences sur le territoire national entre des personnes se réclamant des deux camps, et afin de préserver l'ordre public et de permettre aux forces de l'ordre de se consacrer pleinement à la sécurité du quotidien des habitants du département, le préfet du Finistère a décidé d'interdire la manifestation prévue à Morlaix. Plus largement, toute manifestation sur la thématique des relations entre la Turquie et les Kurdes sera interdite sur l'ensemble du département le samedi 17 et le dimanche 18 février", termine le communiqué, qui précise que "l'organisateur d'une manifestation interdite s'expose à une peine de six mois d'emprisonnement et de 7.500 euros d'amende si la manifestation a lieu malgré l'interdiction, et que les participants à une manifestation interdite sont eux-mêmes passibles de poursuites".

 

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