Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 06:26
Le PCF s'insurge contre la reconnaissance de l'annexion du Saraha Occidental par le Maroc par Trump en échange d'un accord entre l'Israël de Netanyahou et le Maroc de Mohamed VI
Communiqué de presse de Jean-Paul Lecoq, député communiste de Seine Maritime, commission Défense-Affaires Internationales du Parlement
 
Donald Trump plante un dernier coup de couteau dans le dos du multilatéralisme, et il a choisi les Sahraouis comme victime.
Dans un élan toujours aussi insupportable, Donald Trump a choisi hier de reconnaitre la marocanité du Sahara occidental en échange de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël.
Si cette décision est absolument dramatique pour le multilatéralisme, elle permet au moins de faire tomber les masques et de démontrer au grand jour l’alliance des oppresseurs des peuples.
Israël et le Maroc, ces deux pays qui bafouent quotidiennement le droit international sont enfin unis par Trump, ce Président américain qui aura tout fait pour détruire la solidarité internationale durant son mandat.
Il aura laminé les espoirs de voir un jour un État palestinien en acceptant tous les désirs, même les plus fous du gouvernement d’extrême droite de Benjamin Netanyahou, il a coupé les vivres de l’UNESCO parce que cette institution a reconnu la Palestine comme État membre, il a coupé les vivres de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, il a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, sans compter ce « deal du siècle » qui consistait uniquement à vendre la Palestine à Netanyahou et aux colons ultra-orthodoxes, à découper le territoire de la Palestine pour le rendre muet, et à faire valider cela par des États arabes à sa botte, au premier rang duquel trône le petit prince d’Arabie Saoudite, Mohamed Ben Salman, tortionnaire du peuple yéménite.
Aujourd’hui, il poursuit cette politique en invitant le roi Mohamed VI à faire de même. Le chef de l’État marocain se couvre donc de ridicule en rétablissant ses liens avec Israël. Il réussit le tour de force de cracher à la fois au visage du peuple palestinien et au visage du peuple sahraoui.
Le dernier espoir de voir cette situation changer réside dans l’équipe de Joe Biden, qui ne doit pas entériner cette ultime violation du droit international par Donald Trump.
Le Président élu doit réagir fermement à cette proposition et revenir en arrière. Il n’est pas possible qu’un membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies valide une théorie marocaine en violation avec le droit international.
J’appelle donc la France et tous les États membres du Conseil de Sécurité des Nations-Unies de se réunir en urgence pour demander des explications à l’Ambassadeur des États-Unis à l’ONU et à mettre fin à cette injustice en exigeant du Maroc qu’il respecte le droit international et mette en place en urgence un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui, dernier peuple colonisé d’Afrique.
Jean-Paul LECOQ

Partager cet article

Repost0
11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 07:24

Émission spéciale avec Nguyen Thiep SEM l'Ambassadeur du Vietnam en France Alain Ruscio, historien Dominique Bari, journaliste

Partager cet article

Repost0
10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 07:19

Agit POLAT : porte parole du centre démocratique des Kurdes en France Mohamed

OULD CHERIF : représentant en France de la République Arabe Sahraouie Démocratique

Maher CHARIF : Responsable Palestinien, historien

Modérateur : Pascal TORRE responsable adjoint du secteur international du PCF

Partager cet article

Repost0
6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 06:31

A l'occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, le Parti communiste français avec l'AFPS, l’AJPF la CGT, EELV, GDS, l'intergroupe parlementaire de la FI, le MJCF, la LDH, le Mouvement de la paix, le MRAP, le PCF, la plateforme des ONG françaises pour la Palestine, R&S, le Réseau Euromed France, UAVJ, l'UNEF et l'UEC ont organisé le lundi 30 septembre un webmeeting suivi par près de 250 personnes sur zoom et déjà visionné par près de 450 autres personnes sur youtube.

Mathilde Caroly, responsable du collectif Palestine du PCF, a lu la déclaration ci-dessous rédigée par l’ensemble des organisations.

 

Les quatre années du mandat de Trump ont placé la Palestine face à une offensive générale, menée par Israël dans une impunité totale, visant à étrangler le peuple palestinien et à rendre impossible la création d’un État palestinien dans les frontières d’avant juin 1967. Le développement de la colonisation sur le terrain, la poursuite du blocus de Gaza, le déplacement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem se sont ainsi conjugués avec le « plan Trump » de janvier 2020, qui prévoit notamment l’annexion par Israël d’une grande partie de la Cisjordanie et notamment de la Vallée du Jourdain.

Dans ce contexte, la signature d’un traité de « paix » entre Israël et les Émirats arabes unis, suivi de deux autres accords prévus avec Bahreïn et le Soudan, cache mal une logique guerrière contre l’Iran. L’initiative de la Ligue arabe, prévoyant la paix et la normalisation des relations en échange de la création d’un État palestinien conformément au droit international, et une solution pour les réfugiés palestiniens avec un exercice effectif du droit au retour risquent de devenir caduque. Cela conforte Israël dans sa politique visant à isoler et affaiblir la cause palestinienne.

La défaite de Trump à l’élection présidentielle est un coup dur pour la politique de Netanyahou mais n’a pour le moment rien changé sur le terrain : les autorisations de nouvelles colonies, les arrestations et expulsions de Palestiniens, les démolitions de maisons se poursuivent et s’accélèrent. Il faudra que Joe Biden prenne des mesures concrètes pour contraindre l’État d’Israël à se conformer au droit international.

Devant cette situation, la France persiste dans la même rhétorique : elle déplore, elle regrette, elle rappelle la solution à deux États… Mais elle évite soigneusement toute initiative effective. La position de la France est en recul, s’alignant la plupart du temps sur l’axe États-Unis-Israël-pays du Golfe. C’est un jeu dangereux. Les ventes d’armes auraient-elles plus de poids que la justice et le droit ?

Pourtant, 139 pays reconnaissent l’État de Palestine. La Suède a franchi le pas en 2014, premier pays de l’Union européenne à agir en ce sens.

La même année, le parlement français s’est prononcé en faveur de cette reconnaissance. Les présidents F. Hollande et E. Macron ont déclaré qu’elle serait mise en œuvre « quand le moment sera venu ».

Qu’attend-on ? Encore plus de violations, de détentions arbitraires et d’humiliations, tandis que les conditions de vie et de travail des populations en Cisjordanie et à Gaza sous blocus deviennent catastrophiques, aggravées par la deuxième vague montante de la pandémie ? N’est-il pas temps d’empêcher Israël de poursuivre la colonisation, l’annexion et sa politique d’apartheid ?

Il faut remédier à l’instabilité de cette région où la paix reste improbable tant que la question palestinienne ne trouve pas une réponse conforme au droit international fondé sur la Charte de l'ONU et ses résolutions et la IVe convention de Genève.

Partout, le peuple palestinien résiste pour exister : à Gaza, face à un blocus inhumain et des bombardements incessants ; en Cisjordanie, face au vol des terres, aux attaques de l’armée, à la violence des colons ; à Jérusalem, contre les destructions et les expulsions ; dans les camps de réfugiés du Liban, face à une situation rendue encore plus catastrophique par la crise économique.

En Israël même, la lutte contre les discriminations trouve sa traduction politique dans la Liste Unie, qui agrège des voix israéliennes arabes et juives pour un avenir commun dans un combat commun pour l’égalité et pour le droit.

Dans toutes ces situations, ils peuvent compter sur notre soutien.

Le gouvernement français doit enfin mener une politique indépendante conforme au multilatéralisme.

Les voies de la paix passent, sans ambiguïté, par la reconnaissance de l’État de Palestine dans le cadre des frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, aux côtés de l’État d’Israël.

Face à la violation par le gouvernement israélien du droit international et des droits fondamentaux du peuple palestinien, la France se doit d’agir pour la suspension immédiate de l’accord d’association UE-Israël et des accords bilatéraux de coopération sécuritaire et militaire.

Enfin, nous demandons que la France contribue dorénavant à faire du Proche-Orient une zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive.

À Paris, le 30 novembre 2020

AFPS, AJPF, CGT, EELV, GDS, Intergroupe parlementaire de la FI, MJCF, LDH,
Mouvement de la Paix, MRAP, PCF, Plateforme des ONG pour la Palestine, R&S,
REF, Réseau Euromed France, UAVJ, UNEF, UEC.

 

Rediffusion du webmeeting sur la page Youtube du PCF

Pour suivre le collectif Palestine sur Facebook: @PCFpaixPalestine

Pour recevoir les informations du collectif Palestine: collectif-palestine@pcf.fr

 

Partager cet article

Repost0
2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 06:17

En France, l’épidémie de Covid19 a mis en évidence la catastrophe de 30 ans de politiques néolibérales avec la fermeture de 100 000 lits, de 95 services d’urgences et la disparition de la moitié des maternités sur le territoitre en 20 ans.

Aujourd’hui, le droit aux soins et à la santé est sacrifié sur l’autel de la rentabilité et du profit.

Pour gagner contre cette pandémie, il est vital qu’un vaccin soit librement accessible à tous. Face à une pandémie, nous ne pouvons nous permettre de laisser les citoyens sans protection en raison d’obstacles financiers.

Le PCF, avec des citoyens, syndicalistes, associatifs et 12 autres partis politiques au niveau européen est à l’origine de la campagne #Right2Cure #PasdeProfitsurlaPandemie.

Vous pourrez trouver toutes les informations, pétition et présentation de la campagne sur https://www.right2cure.eu/fra

 

Aujourd’hui, lundi 30 novembre 2020, est le lancement de la campagne européenne visant à rendre le futur vaccin ou traitement accessible à tous !

 

CONFERENCE DE PRESSE DE LANCEMENT : CAMPAGNE VACCIN ACCESSIBLE A TOUS (en visio) Avec FABIEN ROUSSEL, secrétaire national du PCF - France VERA POLYCARPOU, Présidente AKEL (Parti progressiste des travailleurs) - Chypre THIERRY BODIN (CGT Sanofi) NATHALIE COUTINET, membre des "économistes attérés", COLM GILDERNEW, Député de l'Assemblée législative d'Irlande du Nord, responsable des questions de santé pour le Sinn Féin - Irlande PATRICK PELLOUX, médecin urgentiste à l'Hôpital Necker, MATHILDE EL BAKRI, députée bruxelles PTB et Responsable de Médecine pour le Peuple - Belgique

Partager cet article

Repost0
1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 19:41
Signez pour l'initiative citoyenne européenne pour l'accessibilité du vaccin conte la Covid !
 
C'est une campagne soutenue par le PCF et ses partenaires aux niveaux de la gauche européenne. 
 
L'heure n'est plus aux profits et aux contrôles privés. Tout le monde a droit à un remède. La seule façon de surmonter cette pandémie est de trouver une solution collective, c'est-à-dire de faire des vaccins et des traitements anti-pandémie un bien public mondial, librement accessible à tous.
 
Rassemblons un million de signatures en Europe !
 
Le PCF, auxquels se sont joints «des associatifs, syndicalistes et douze autres partis politiques» européens, lance une campagne de signatures sur une année pour un vaccin ou traitement anti-Covid «accessible à tous» en Europe.
 
Le FIGARO, 30 novembre 2020 - LE PCF LANCE UNE CAMPAGNE EUROPÉENNE POUR UN VACCIN ACCESSIBLE A TOUS.

«Nous voulons recueillir un million de signatures dans sept pays», a indiqué Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, lundi lors d'une visio-conférence de presse, en précisant que c'était le seuil pour que la commission de Bruxelles soit «en devoir» de répondre à la pétition.

En France, le PCF table sur la signature de «150.000 personnes». La pétition #Right2cure et #PasDeProfitsurlaPandémie« sera accessible sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Intagram). «Aujourd'hui, le droit aux soins et à la santé est sacrifié sur l'autel de la rentabilité et du profit. Pour gagner contre cette pandémie, il est vital qu'un vaccin soit librement accessible à tous», fait valoir le PCF.

Selon Roussel, «il faut de la transparence sur le vaccin«, or «nous ne connaissons rien des négociations secrètes entre la Commission européenne et les six 'Big Pharma'», les multinationales« qui mettront les vaccins sur le marché. «On voit bien ce qui se trame, il faut se mobiliser pour un vaccin gratuit pour tous», a ajouté le Dr Patrick Pelloux, président de l'Association des urgentistes de France.

«Les travailleurs ne doivent pas payer pour cette pandémie», a affirmé Veda Polycarpou (parti progressiste des travailleurs de Chypre), «la vulnérabilité et la souffrance ne doivent pas devenir une source de profit», a ajouté Colm Gildernew (député Sinn Féin, d'Irlande du Nord).

En France, les autorités sanitaires ont recommandé lundi de vacciner en priorité les résidents des Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) contre le Covid-19. Selon le président Emmanuel Macron, la première étape de vaccination commencera «vraisemblablement dès la fin décembre, début janvier, sous réserve"

Partager cet article

Repost0
29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 11:03
Manuela d'Avila (photo wikipédia)

Manuela d'Avila (photo wikipédia)

Manuela d’Avila : tapis rouge pour la candidate communiste à Porto Alegre (Lina Sankari, L'Humanité, 17 novembre)
Force à Manuela D'Avila pour ce 2ème tour aujourd'hui des municipales au Brésil. Elle est donnée à 51% dans les derniers sondages face à son rival de droite.
Une communiste, féministe élue maire de Porto Alegre et plus généralement la victoire des progressistes face à l'extrême droite de Bolsonaro partout dans le pays serait la bonne nouvelle du jour d'autant que des bonnes nouvelles par les temps qui courent y en a pas tant.✌

Manuela d’Avila : tapis rouge pour la candidate communiste à Porto Alegre

Mardi 17 Novembre 2020

Malgré le harcèlement quotidien des militants du président brésilien Bolsanoro, la députée communiste Manuela d’Avila se positionne pour le second tour des élections municipales dans la capitale de l’extrême sud du Brésil.

Et un revers de plus pour Jair Bolsonaro. Malgré son appel à « éradiquer le communisme » à l’occasion des municipales, le président d’extrême droite n’a pu que constater que la gauche avait marqué des points, dimanche, dans les villes majeures de Sao Paulo, Belém do Para ou Recife. Et ce, malgré le harcèlement quotidien de ses militants.

À Porto Alegre, capitale de l’extrême sud du Brésil, la députée communiste Manuela d’Avila, qui fut colistière de Fernando Haddad (Parti des travailleurs) pour le poste de vice-présidente en 2018, se positionne ainsi pour le second tour en obtenant 28,99 % des voix face au conservateur Sebastiao Melo (31,02 %).

Vaccin contre le Covid

À l’arrière des pick-up, micro à la main et poing levé, la candidate de 39 ans, toujours aussi solaire, a fait de l’achat du futur vaccin contre le Covid-19 l’une de ses priorités pour la ville. Sans doute ce que Bolsonaro considérait comme « la fin des haricots » dans une vidéo où il appelait Porto Alegre à se ressaisir et à ne pas voter pour d’Avila. Manqué.

Lire aussi:

Municipales au Brésil: la communiste Manuela d'Avila, espoir de la gauche à Porto Alegre (Le Monde, 13 novembre 2020, Bruno Meyerfeld)

Partager cet article

Repost0
29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 09:57
En Inde, grève générale et répression brutale - Lina Sankari, L'Humanité, 27 novembre 2020

En Inde, grève générale et répression brutale

Vendredi 27 Novembre 2020 - L'Humanité

250 millions de travailleurs participent depuis jeudi à la plus grande grève de l’histoire mondiale contre la révision des lois sur le travail et la libéralisation de l’agriculture. Les tensions se sont accrues depuis le confinement.

 

Une fois n’est pas coutume, la police a dressé des barricades. À la frontière entre les États indiens de l’Haryana et de Delhi, les agriculteurs qui tentaient, jeudi, de pénétrer le territoire de la capitale ont été repoussés par les forces de police à grand renfort de canons à eau, gaz lacrymogène, drones de surveillance et d’arrestations massives. Le même scénario s’est répété dans l’Uttar Pradesh et l’Uttarakhand, deux autres États dirigés par le Parti du peuple indien (BJP) du premier ministre nationaliste Narendra Modi. La crise du Covid-19 a fait apparaître au grand jour la réalité de sa politique ultralibérale et autoritaire contre laquelle se lèvent les travailleurs indiens dans une grève générale de deux jours, la seconde journée d’action la plus importante après celle du 8 janvier, qui vit déjà converger 200 millions de personnes. Ils auraient été 250 millions, jeudi, soit la plus grande grève de l’histoire mondiale. Seul le syndicat Bharatiya Mazdoor Sangh (BMS), proche du pouvoir, reste en retrait du mouvement. L’intersyndicale, réunissant les fédérations de l’acier, du charbon, des ports, des télécommunications, du BTP, des banques, des assurances, du transport et de l’électricité demande notamment le retrait des réformes du travail, la fin des privatisations, des pensions de retraite et l’augmentation du salaire minimum.

La pauvreté de masse fait craindre le retour des famines

En septembre, trois textes législatifs majeurs sur le travail ont été adoptés sans discussion au Parlement. En Inde, le monde d’après a des relents de dérégulation : la flexibilisation du marché du travail, la facilitation des licenciements viennent s’ajouter à une tentative de neutralisation des syndicats, à qui l’on demande désormais de représenter 75 % des effectifs d’une entreprise pour être reconnus. Une atteinte aux conventions de l’Organisation internationale du travail. Au printemps, plusieurs États gouvernés par le BJP suspendaient pour trois ans le Code du travail au nom de la relance économique et de l’attraction des capitaux étrangers.

66 % des travailleurs interrogés ont perdu leur emploi durant le confinement, 77 % des ménages consomment moins de nourriture qu’avant et 64 % ont vu leurs revenus diminuer.

Depuis mars, les tensions ne cessent de s’exacerber. Ainsi, le confinement décidé dans la précipitation a-t-il plongé l’Inde dans le chômage et la pauvreté, alors même que 80 % de la population active relevaient déjà du secteur informel et que le précariat demeure la seule issue pour des millions d’invisibles. La pauvreté de masse fait craindre le retour des famines, dont le pays s’était somme toute affranchi. Selon une enquête du Centre pour l’emploi durable de l’université Azim Premji (­Karnataka), 66 % des travailleurs interrogés ont perdu leur emploi durant le confinement, 77 % des ménages consomment moins de nourriture qu’avant et 64 % ont vu leurs revenus diminuer. « Nous sommes à peine capables de survivre entre la hausse des prix d’une part et les bas salaires d’autre part. La révision des lois du travail nous asphyxie un peu plus », témoigne Sukhdev Prasad, un ouvrier de Ghaziabad, cité par le site indien d’information Newsclick.

Crise politique

Depuis septembre, les paysans, qui représentent 50 % de la population, sont également vent debout contre le gouvernement et la loi de libéralisation de la commercialisation des produits agricoles. Jusqu’alors, les agriculteurs vendaient leurs récoltes sur les marchés régionaux, régulés par les autorités locales. La loi élargit désormais la vente – à prix libres – aux entreprises, qui pourront passer des contrats d’exclusivité avec les producteurs. Rien n’empêche ainsi les compagnies de stocker les denrées pour une durée illimitée et d’organiser la spéculation. Une crise sociale qui n’a pas tardé à se muer en crise politique depuis la démission de la ministre de la Transformation alimentaire, ­Harsimrat Kaur Badal, issue du Shiromani Akali Dal, formation de centre droit partie prenante de la coalition, au nom d’une législation « anti-agriculteurs » . ​​​​​​​Au ­Parlement, lors du vote du texte, certains députés ont déchiré des copies du projet de loi et cassé des micros dans un chaos innommable. Huit d’entre eux ont été suspendus jusqu’à la fin de la session parlementaire.

Partager cet article

Repost0
29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 09:51
Inde: le Dalit Lives Matter, ou la révolte des impurs - Lina Sankari, L'Humanité, 28 novembre 2020

Inde. Le « Dalit Lives Matter », ou la révolte des « impurs »

Samedi 28 Novembre 2020 - L'Humanité

Après le viol et le meurtre d’une jeune dalit, un mouvement inspiré du Black Lives Matter se lève contre l’oppression systémique dont est victime cette population, plus connue sous le terme, récusé, d’« intouchable ».

Sans doute sa naissance était-elle déjà un crime. Le corps d’une jeune femme née dalit, hors du système de castes, donc impure, a été découvert, le 14 septembre dernier, la langue mutilée et la colonne vertébrale rompue, baignant dans une mare de sang, meurtri par un viol collectif perpétré par quatre membres de la caste des thakurs, celle des propriétaires terriens. Sans consentement de sa famille et en l’absence de celle-ci, la jeune victime, Manisha, est rapidement incinérée sur ordre de la police de l’Uttar Pradesh, un État du nord de l’Inde connu pour être le laboratoire de la haine confessionnelle. Les officiers mettent une semaine à enregistrer la plainte sans reconnaître le viol, afin d’étouffer l’enquête et la polémique. Cette jeune fille de 19 ans est pourtant le visage de l’Inde actuelle. Et réveille les pires haines.

Terreur safran

Pour le chef du gouvernement régional, le moine extrémiste Yogi Adityanath, l’histoire relève d’un « complot international » destiné à salir le Parti du peuple indien (BJP), la droite nationaliste hindoue au pouvoir. Dans son esprit, les journalistes auraient « offert 5 millions de roupies (57 000 euros) à la famille pour parler de viol ». Aux ordres, la police ouvre une plainte pour sédition, incitation à la haine entre castes et dix-sept autres charges. La terreur safran – couleur des nationalistes hindous – compte de nombreux séides dans les rangs des forces de police, qui refusent d’entendre les affaires impliquant des hautes castes.

« La plupart du temps, les policiers sont du côté des hautes castes et commettent eux-mêmes des violences et des crimes sur les dalits y compris dans les commissariats. Dans les prisons indiennes, les dalits ou groupes minoritaires sont surreprésentés parmi les détenus. Pire, ils sont souvent incarcérés sans jugement », observe Pardeep Attri, fondateur de la plateforme numérique anti-castes Velivada.

Privilèges de castes

Selon la Campagne nationale des droits humains des dalits, un crime est commis contre un dalit toutes les 18 minutes, 3 femmes dalits sont violées quotidiennement et 13 dalits assassinés chaque semaine. En augmentation de 6 % entre 2009 et 2018, ces données seraient toutefois en deçà de la réalité. Pourtant, aux yeux de Pardeep Attri, le problème ne date pas de l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi : « La situation perdure depuis des siècles. Ce que nous observons, en revanche, est un niveau de conscience plus élevé parmi les dalits, qui font montre de plus de détermination à parler des injustices qu’ils subissent avec la montée en puissance des médias digitaux. Cette alternative a permis de soulever certains problèmes à un niveau inédit jusqu’alors. »

Un mouvement salutaire a en effet pris corps. Sur le modèle de la lutte des Africains-Américains, « Dalit Lives Matter » (Les vies des Dalits comptent) s’installe dans le paysage et les houleux débats indiens. « L’expérience dalit est celle d’une oppression historique, systémique et structurelle. Les stigmates de l’intouchabilité résultent de l’idéologie de castes et de pureté qui en découle. Elle est un instrument de légitimation du pouvoir et des privilèges », relève Ruth Manorama, présidente de la Fédération nationale des femmes dalits. À l’échelle nationale, le groupe compte 201,4 millions de personnes, soit 16,6 % de la population indienne. La colère des dalits a ­explosé à de multiples reprises en émeutes, ces dernières années, après une série de lynchages publics perpétrés par les brigades de la vache sacrée, proches du BJP.

Icon QuoteNous devons porter une autocritique sur notre propre incapacité à produire une solidarité significative et transformatrice avec les dalits. Nous saluons ceux qui se lèvent pour résister au système de castes, au patriarcat et au capitalisme... 

Angela Davis

Les militants états-uniens ne tardent pas à leur exprimer leur solidarité. Ainsi en fut-il d’Angela Davis, figure du mouvement noir de libération des années 1970, qui pointe le caractère fasciste de l’actuel gouvernement indien : « Nous apprécions profondément la solidarité déployée en tant d’occasions par les militants dalits. Cependant, nous devons porter une autocritique sur notre propre incapacité à produire une solidarité significative et transformatrice avec les dalits. Nous saluons ceux qui se lèvent pour résister au système de castes, au patriarcat et au capitalisme (…) et, à l’heure où nous tentons de franchir un cap dans le combat contre le racisme structurel et la violence d’État, il est de notre responsabilité de nous joindre à vous dans votre combat contre les violences raciales, sexuelles et basées sur l’appartenance de castes. »

Sans protection face au Covid-19

Lui-même dalit, Bhimrao Ramji Ambed-kar, l’un des rédacteurs de l’actuelle Constitution, se convertit en son temps au bouddhisme pour dénoncer ce système de castes qui fut un thème de débat majeur avec Gandhi. Le Mahatma voyait dans la caste un modèle d’harmonie sociale. En théorie, l’article 17 de la Constitution indienne a aboli la pratique de l’intouchabilité. Les discriminations demeurent pourtant une réalité quotidienne : cantonnés dans des quartiers périphériques, les dalits continuent à subir une violence autant symbolique que physique. Dans les campagnes, ils ne peuvent ainsi accéder à la pompe à eau des castes supérieures pour ne pas la souiller et doivent descendre de vélo lorsqu’ils croisent une personne de rang supérieur. Les stéréotypes liés à la notion d’impureté ont la vie dure. Selon une étude menée en 2014 par l’université du Maryland (États-Unis), 27 % des Indiens interrogés refusent toujours de voir un dalit « entrer dans leur cuisine ou utiliser leur vaisselle ».

Cantonnés aux métiers considérés comme « impurs », dont personne ne veut assumer la charge, les dalits ont été particulièrement exposés avec la crise sanitaire. Dans des bidonvilles surpeuplés, l’eau et le savon restent des denrées rares. Moins de 10 % de ces foyers ont accès aux services de base d’eau potable, d’électricité et aux sanitaires. D’autre part, la distanciation sociale a été utilisée « comme un outil pour renforcer l’idéologie castéiste », note le Mouvement national dalit pour la justice. Éboueurs, fossoyeurs, nettoyeurs de latrines et agents de service hospitalier ont été exposés sans aucune protection au cœur du troisième pays le plus touché au monde par la pandémie de Covid-19.

Les niveaux de castes et de pauvreté restent liés

Il y a quelques années, le chef du gouvernement, Narendra Modi, qui a beau se réclamer d’Ambedkar, faisait remarquer que les vidangeurs manuels des toilettes à fosse avaient pour « devoir d’œuvrer au bonheur de la société tout entière et des dieux » et que « ce travail de nettoyage devait se poursuivre en tant qu’activité spirituelle intérieure pour les siècles à venir » !

Malgré la politique de discrimination positive née après l’indépendance et censée réservée aux dalits un quota de sièges dans la fonction publique et à l’université, les niveaux de castes et de pauvreté restent liés. « J’ai beau avoir obtenu un master dans une université de rang international, je reste un dalit. J’ai beau vivre au Royaume-Uni, les Indiens continuent de me demander mon nom de famille pour connaître ma caste. L’éducation m’a donné un travail qui me nourrit mais ne peut transformer un dalit en brahmane », se désole Pardeep Attri.

30 % d’alphabétisation

Le niveau moyen d’alphabétisation s’élève à 75 % au niveau national, mais est à peine supérieur à 30 % chez les dalits. Pour sortir de ce déterminisme, le jeune homme de 30 ans milite pour la publication de statistiques liées aux castes, notamment dans les entreprises, « afin que les gens puissent voir quels groupes occupent quels postes et profitent de tout en Inde ». Il propose également d’intégrer l’histoire des dalits aux programmes scolaires et d’attribuer des terres aux « hors castes » pour lutter contre la marginalisation et les violences faites aux ouvriers agricoles forcés de migrer d’une région à l’autre pour trouver du travail – au bon vouloir des hautes castes. Il suggère enfin la mise en place d’un mécanisme permettant de faire état des discriminations au sein des entreprises.

Pour Pardeep Attri, « même le manque d’innovation en Inde a été attribué au système de castes, le pays pourrait profiter globalement de la fin des discriminations et de politiques interventionnistes pour obliger le privé à instaurer des places réservées aux dalits ». Des quotas qui, de fait, achèvent de consacrer le système de castes au lieu de l’éliminer.

 

L’hommage opportuniste de Modi

Le premier ministre, Narendra Modi, dont la base électorale repose essentiellement sur les hautes castes, a multiplié les hommages opportunistes à la figure d’Ambedkar, sous-entendant même que, fils d’un vendeur de thé, il n’aurait pu accéder à sa fonction sans les combats du juriste dalit. « Le fils d’une mère pauvre comme moi a pu devenir premier ministre grâce à Ambedkar », expliquait-il, lors de l’inauguration du mémorial dédié au père de la Constitution, à New Delhi, en 2018. Une nouveauté pour le Parti du peuple indien qui s’est dans le même temps employé à mettre à bas tous les programmes d’éradication de la pauvreté. « C’est toute la stratégie du premier ministre qui consiste à s’approprier un individu, à taire les opinions et l’idéologie de celui-ci, dans le but précis de tuer cette même idéologie », souligne Sukhadeo Thorat, ancien responsable de l’Institut des études dalits.

Partager cet article

Repost0
27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 18:38

Mardi 24 novembre, Joe Biden, le président élu des États-Unis, pas encore installé à la Maison Blanche, a présenté une partie de son équipe. Ils ont évoqué ensemble leur vision du monde. "Le multilatéralisme est de retour, la diplomatie est de retour", a affirmé la future ambassadrice américaine auprès de l'ONU, Linda Thomas-Greenfield. "Nous ne pouvons pas résoudre seuls les problèmes du monde", a déclaré Antony Blinken, futur chef de la diplomatie. La crise climatique, « menace existentielle » a été abordée, avec la promesse d’un retour dans l’Accord de Paris et la perspective prétendue d’une neutralité carbone en 2050. Voilà qui contraste avec l’ère de Donald Trump qui s’emploie à mener jusqu’en janvier prochain une politique de la terre brulée, à l’intérieur comme à l’extérieur comme en atteste la provocation de la présence du secrétaire d’État sortant Mike Pompéo dans une colonie israélienne, au Golan ou encore en Arabie Saoudite avec le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou pour cibler l’Iran…

Au-delà des déclarations de la nouvelle équipe destinées à marquer une rupture, Joe Biden a résumé l’essentiel en une phrase : "l'Amérique est de retour, prête à guider le monde". Il y aura donc du changement pour espérer que, selon la vision US, rien ne change. Les États-Unis sont hégémoniques, ils n’imaginent pas de modification de l’ordre du monde et ne comptent qu’adapter à la marge leur logiciel.

Mais ce dernier est-il en phase avec une planète en plein bouleversement ? Peut-il répondre aux crises écologiques, économiques, sanitaires, démocratiques ? Le monde se complexifie et est davantage multipolaire. Il ne s’agit plus de choisir un camp et de se ranger derrière un guide, d’autant plus si celui-ci est en perte de vitesse et de crédibilité. Le plus vaste accord de libre-échange au monde, signé par la Chine, qui engage 15 pays d’Asie et du Pacifique, ne vient-il pas de naître en dehors des États-Unis ?

Guider le monde, pour faire quoi ? Les promoteurs du capitalisme financier générateur de chaos, s’arcboutent pour élargir toujours plus leurs pouvoirs et leurs richesses. Ils sont par définition incapables de répondre aux défis et se trouvent devant des contradictions indépassables. Ce contexte favorise des replis nationalistes, identitaires, les obscurantismes religieux ou d’extrême droite, qui trouvent d'étonnantes promotions, alors qu'ils sont sans solution et mortifères pour les peuples, parce qu'ils servent à reléguer les confrontations de classe pourtant bien présentes et à empêcher les nécessaires alternatives.

A l’opposé de ce chaos et des violences induites, il faut proposer et construire une visée. Celle partagée majoritairement par des femmes et des hommes qui aspirent partout à vivre mieux, en paix, sécurisés avec des systèmes solidaires de protection sociale, avec de nouveaux droits et de nouveaux modes de production et de consommation. C’est ce monde qui résiste, par lutte ou par la nécessité de notre époque, qui peut ouvrir des perspectives de progrès et donc post-capitalistes. Perspectives qui correspondent à ce que nous appelons pour notre part la visée communiste.

Bien loin de ces conceptions de progrès, l’arrivée cette semaine à l’Assemblée nationale du projet trompeur de réforme du Franc CFA, qui vise à entretenir et élargir la domination monétaire et économique des pays concernés, sonne comme l’aveu d’une France officielle qui voudrait encore guider l’Afrique. Vraiment ?

Dominique JOSSE
membre de la commission international et du collectif Afrique du PCF

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011