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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 19:36
Forum européen de Marseille: le rendez-vous des gauches européennes organisé par le PCF
Forum européen de Marseille: le rendez-vous des gauches européennes organisé par le PCF

Deuxième dépêche AFP sur le Forum européen de #Marseille 
"Après le forum de Marseille, les gauches européennes se donnent rendez-vous en 2018" Marseille,

FRANCE | AFP | 12/11/2017

Plusieurs partis européens de gauche réunis à Marseille vendredi et
samedi ont conclu à la nécessité de se rassembler de manière
permanente, sur le modèle du Forum de Sao Paulo, et ont décidé de se
retrouver en 2018.
"L'idée est de développer un espace pour le débat, la coopération et
la coordination parmi les diverses forces qui croient en un besoin
urgent de travailler des objectifs communs et de conduire des campagnes
publiques sur des problématiques-clés pour les Européens", selon la
déclaration finale adoptée par le Forum.
"Dans ce sens, nous nous inspirons du Forum de Sao Paulo. Nous nous
engageons dès lors à organiser un deuxième Forum européen des partis
de gauche, écologistes et progressistes, qui se tiendra en 2018".
Les gauches européennes veulent "approfondir le travail réalisé cette
année et atteindre une participation plus large".
Le Forum de Marseille a rassemblé quelque 400 participants - membres de
partis politiques, d'associations ou de syndicats à l'appel du parti de
gauche européen.
Côté français, si des membres du PCF, du Parti de Gauche, d'EELV, du
PS ou du mouvement de Benoît Hamon étaient attendus, le chef de file
de la France Insoumise et député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc
Mélenchon n'était pas présent.
Né en 1990, le Forum de Sao Paulo réunit des centaines d'organisations
de gauche, principalement latino-américaines.

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:55
A Marseille, la Gauche Unie Européenne se réunit pour un forum des alternatives ces vendredi 10 et samedi 11 septembre: cette manifestation européenne de rencontre des gauches anti-libérales se terminera par un grand concert de soutien aux migrants aujourd'hui

400 participants et 100 partis représentés au forum européen de Marseille, organisé par le PCF, pour tracer des perspectives de convergence en Europe.

A Marseille, un Forum des gauches européennes pour mesurer "l'urgence de se rassembler" 

Marseille accueille vendredi et samedi un Forum européen à l'initiative du Parti de la gauche européenne, l'occasion pour les 400 participants de 30 pays attendus de travailler à "rassembler les forces de gauche dans leur très grande diversité", espère le secrétaire national du PCF Pierre Laurent.

Côté français, si des membres du PCF, du Parti de Gauche, d'EELV, du PS ou du mouvement de Benoît Hamon sont attendus, aucun membre de La France Insoumise ne devrait prendre part au rassemblement --même si le chef de file du mouvement et député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc Mélenchon est lui-même présent à Marseille ce week-end.

Évoquant la volonté de "faire face à la fuite en avant libérale" à l’œuvre selon lui en Europe et de "résister à la montée des extrêmes droites", Pierre Laurent a assuré que "tous ceux qui dans la gauche française [partageaient] cet objectif [étaient] les bienvenus, Jean-Luc Mélenchon évidemment le premier".

"Le défi de rassembler les forces de gauche est en réalité un défi qui existe dans l'ensemble de l'Europe. Il y a beaucoup de forces de gauche en Europe mais elles sont aujourd'hui à nos yeux trop dispersées. Face à l'urgence de la menace des droites et des extrêmes droites en Europe, nous avons le devoir de nous rassembler", a poursuivi M. Laurent lors d'un point presse.

"Si le Forum de Marseille peut aider les gauches françaises à reprendre au plus vite le travail de leur convergence et de leur unité, j'en serais le premier heureux", a-t-il ajouté.

"Il faut retrouver le sens du progrès social. L'Europe a été construite soi-disant pour faire une zone de prospérité, de développement social. On sait aujourd'hui que c'est l'inverse: L'Europe connaît de très graves inégalités, des précarités et des chômages massifs, et des politiques de déréglementation sociale, comme les ordonnances Macron en France qui détruisent les droits sociaux", a encore ajouté Pierre Laurent.

"Nous voulons un autre mode de développement pour l'Europe, qui soit un mode de développement social et écologique", a-t-il aussi poursuivi, annonçant également des manifestations organisées en soutien avec les migrants, sur le Vieux-Port de Marseille et dans l'enceinte même du Forum, avec un concert.

Le Forum, qui devrait être le premier d'une série de rassemblements organisés annuellement, sur le modèle du Forum de Sao Paulo en Amérique latine et dans les Caraïbes, rassemblera quelque 400 participants --membres de partis politiques, d'associations ou de syndicats.

#MEF17

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 06:55
Heureux comme Thierry Mariani à Damas...

Thierry Mariani, ancien proche de Chirac et de Sarkozy, auteur des dispositions de loi anti-migrants du temps de Sarkozy (tests ADN pour le regroupement familial, autorisation de statistiques raciales et ethniques qui furent annulées par le Conseil Constitutionnel, interdiction de l'hébergement d'urgence des migrants en situation irrégulière) a rencontré Bachar-el-Assad à 5 reprises entre 2015 et 2017. 

Ce week-end, ce député de cette partie des Républicains qui parle et agit comme l'extrême-droite  franchit un nouveau palier dans l'abjection en vantant sur Twitter la sécurité et la propreté dans Damas, la capitale syrienne, dont les rues sont "finalement bien plus propres que nos rues de Paris en fin de journée", ce salaud intégral continuant sa petite balade contée en vantant le "charme des souks", "le sourire des commerçants", de Damas.

Cela ressemble fort à la propagande du régime de Bachar-el Assad qui présente des touristes ou des bourgeois proches du régime en train de faire du ski nautique face aux côtes de Tartous et de Lattaquié, comme si ce pays n'était pas plongé dans l'enfer d'une guerre qui dure depuis 6 ans et a fait 400 000 morts au moins. 

La manière dont l'extrême-droite et la droite-extrême font du pouvoir fasciste et auteur de nombreux crimes contre l'humanité de Bachar el-Assad une icone de la lutte anti-islamiste et d'un pouvoir fort, "stabilisateur", sans scrupules face aux "terroristes", en dit long sur le danger que représenterait leur accession au pouvoir...  

Que ces gens-là puissent être élus, avec la violence de leur cynisme et leur immoralité, dépasse l'entendement...  

   Lire aussi: 

Syrie: l'enfer, jusqu'à quand?

Macron: "Bachar-al-Assad n'est plus notre ennemi, sa destitution n'est pas un préalable à tout": Macron reprend les principaux arguments des soutiens au régime sanguinaire et cynique d'Assad (Médiapart, Léna Bredoux - 26 juin 2017)

Comment Bachar al-Assad a gazé son peuple: les plans secrets et les preuves (Médiapart- 1er juin, René Backmann)

"La question syrienne" de Yassin Al-Haj Saleh - La révolution des gens ordinaires face au pouvoir fasciste et mafieux du clan Assad

Majd al-Dik: A l'est de Damas au bout du monde. Le témoignage bouleversant d'un révolutionnaire syrien sur les massacres et les exactions commis par le régime de Bachar-al-Assad dans la Ghouta

Samar Yazbek entr'ouvre les "Portes de la terre du néant" en Syrie

 

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 06:51

Humanitaire. Édouard, marin-pêcheur au secours des migrants

Septembre 2016. Édouard Courcelle effectue sa première mission humanitaire. À bord de l’Aquarius, le marin-pêcheur de Pleubian sauve des migrants en détresse en Méditerranée. Cette expérience bouleversante va changer sa vie. Il a décidé d’y retourner.

« En tant que marin, tu espères que si tu tombes à l’eau, quelqu’un te tendra la main ». Édouard Courcelle, 35 ans, est marin-pêcheur à Pleubian, dans les Côtes-d'Armor. Il pêche des coquilles Saint-Jacques et des homards. Mais, le 4 septembre 2016, il embarque, pour six semaines, sur l’Aquarius, bateau affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières. Pour tendre la main aux migrants. Pour leur sauver la vie.

« Comment en est-on arrivé là ? »

« En 2015, j’avais été choqué par les images de ces bateaux de migrants qui s’étaient retournés. Je me demandais ce qu’on pouvait faire ». Alors, avec ses compétences marines, acquises après une formation au lycée maritime de Paimpol (22), le Costarmoricain, originaire de Dijon (Côte-d’Or), veut aider. Au large des côtes libyennes, c’est le choc. « Une expérience bouleversante, qui marque ». Des migrants entassés sur des bateaux de fortune. Des enfants, des femmes enceintes et des bébés à l’agonie. Des corps flottants à la surface de l’eau. Depuis ses débuts au large de la Libye, en mars 2016, l’Aquarius a sauvé pas moins de 23.800 personnes, dont 15.500 depuis le début de cette année, parmi lesquelles 35 % de mineurs. « Comment en est-on arrivé là ? », s’interroge Édouard. « C’est l’enfer sur Terre. C’est fou ! ».

 

« Quand ils nous voient arriver, ils ne savent pas si nous sommes leurs amis ou ennemis », raconte le marin. « Ils sont en stress. Ils n’ont pas mangé, pas bu depuis longtemps. Leurs embarcations prennent souvent l’eau. Une grosse partie de notre challenge, c’est d’éviter la panique. Quand ils cèdent à la panique, leur bateau se retourne et c’est le carnage. Alors, on établit le contact avec un petit bateau pour leur expliquer qu’on est des sauveteurs mais que cela va prendre du temps. On leur donne des gilets de sauvetage. Puis, on commence par évacuer les personnes les plus vulnérables ». Les secouristes et humanitaires prennent en charge les personnes en grande détresse. « Ils viennent d’un peu partout en Afrique et arrivent en Libye avec des réseaux de trafiquants. Ils passent par des camps de rétention, où ils sont exploités, maltraités et violés. Puis, ils sont souvent poussés et contraints de monter à bord de ces embarcations. Ils n’ont pas le choix ».

J’ai l’impression d’être à ma place là-bas, d’être dans le vrai

Un an après cette expérience, les souvenirs sont intacts. « J’ai fait beaucoup de témoignages pour SOS Méditerranée. Cela m’a permis de structurer ma pensée. Mais quand j’arrive au point crucial de mon discours, à chaque fois, j’ai une émotion forte. Je suis au bord des larmes. J’ai la voix qui se ferme. L’émotion est toujours là ». À Pleubian, Édouard a repris son activité de pêcheur mais s’interroge. « J’aurais pu y retourner tout de suite. Mais cette expérience m’a changé d’une manière que je ne maîtrisais pas ». Il préfère prendre le temps de la réflexion. « J’étais révolté. Je voulais bousculer le système. On a tendance à politiser l’approche humanitaire. Mais, ce n’est pas bon, on doit juste être proche des gens. Les sauver, c’est notre devoir. Il faut faire les choses du mieux que l’on peut avec nos moyens ».

Une nouvelle mission de neuf semaines

Pour Édouard, « la réalité n’est pas toute rose mais le repli sur soi est le problème plus que la solution. Ce qu’il faut c’est tisser des liens ». Véritablement transformé, le marin a décidé d’arrêter la pêche à la fin de l’année pour se consacrer à l’humanitaire. « C’est un peu un aller sans retour de mettre les pieds dans ce monde. Tu ouvres les yeux sur une réalité que tu ne voyais qu’à la télé. Et, une fois que cela t’a touché, tu ne peux plus profiter du confort que tu as sans y penser. Tu n’oublies pas ». Le 11 janvier, il embarquera pour une nouvelle mission de neuf semaines de sauvetage en mer à bord de l’Aquarius. « J’ai l’impression d’être à ma place là-bas, d’être dans le vrai. C’est une réflexion profonde. Des vies humaines sont en jeu ».

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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 06:11
Communiqué du Parti Communiste de Catalogne suite à l'arrestation ou à la convocation devant la justice des responsables politiques catalans: "Ne jugez pas la démocratie"!

Communiqué du Parti Communiste de Catalogne suite à la convocation des membres du Bureau du Parlement de Catalogne par la Cour Suprême pour des crimes présumés de rébellion, de sédition et de détournement de fonds.

Le Secrétaire général des Communistes de Catalogne, Joan Josep Nuet fait parti des inculpés. 

Un petit extrait pour mes camarades si prompte à condamner un peuple a la soumission : "Les Communistes de Catalogne appellent tous les partis communistes du monde à dénoncer la répression réactionnaire du gouvernement du Parti populaire contre le peuple de Catalogne et la persécution politique des élus. Nous appelons le gouvernement espagnol à libérer les prisonniers politiques, a annuler le processus de suspension de l'autonomie et à engager un dialogue pour trouver une solution démocratique au conflit en Catalogne, dans le respect du droit à l'autodétermination, que depuis des années, veulent la grande majorité des gens."

 

Communiqué complet - traduit par Nicolas Maury: 

Les Communistes de Catalogne dénoncent l'instrumentalisation politique des tribunaux par le gouvernement réactionnaire du Parti Populaire contre les membres du Bureau du Parlement de Catalogne. 

Nous croyons que les infractions qui leur sont imputées ne sont pas fondées et que les accusations sont absolument disproportionnées. 

Nous croyons que ces accusations cachent un conflit politique, ce dernier doit être résolu par le dialogue politique et l'approbation démocratique populaire. 

Nous sommes tous le Bureau 

Les Communistes de Catalogne appellent à la solidarité et à la mobilisation de tous les secteurs démocratiques de la société catalane et espagnole contre cette instrumentalisation politique de la justice. 

Nous appelons à la défense de Carme Forcadell, Lluís Coromines, Anna Simó, Louis fox Ramona Barrufet et Joan Josep Nuet, qui sont les officiers du Parlement de Catalogne injustement accusé d'avoir permis le débat démocratique au sein d'un Parlement souverain. Nous appelons à la solidarité avec les responsables et leurs familles pour faire face à ces temps difficiles pleins d'injustice. Nous appelons à la libération de toutes les personnes emprisonnées pour des raisons politiques en Espagne. 

Nous appelons à l'unité de la classe ouvrière et des classes populaires pour défendre les principes démocratiques, les institutions catalanes, les droits humains, sociaux et nationaux, contre la répression politique et la violence fasciste. Il est temps de construire un front démocratique majoritaire démocratique et républicain avec le peuple de Catalogne et tous les peuples d'Espagne. 

Avec le camarade Nuet 

Les Communistes de la Catalogne expriment leur soutien inconditionnel au camarade Joan Josep Nuet, Secrétaire général de notre parti, qui porte tous nos combats pour la solidarité, le respect, la défense de la dignité, l'intégrité, l'humilité, l'honnêteté, la démocratie et la justice sociale. L'accusation portée contre le camarade Nuet est une accusation contre tous les communistes qui se battent pour une démocratie égalitaire. 

Les Communistes de Catalogne appellent tous les partis communistes du monde à dénoncer la répression réactionnaire du gouvernement du Parti populaire contre le peuple de Catalogne et la persécution politique des élus. Nous appelons le gouvernement espagnol à libérer les prisonniers politiques, a annuler le processus de suspension de l'autonomie et à engager un dialogue pour trouver une solution démocratique au conflit en Catalogne, dans le respect du droit à l' autodétermination, que depuis des années, veulent la grande majorité des gens. 

Pour les libertés, ne jugez pas la démocratie: nous sommes tous le Bureau !

 

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 06:47

 

Le gouvernement israélien veut agglomérer les colonies à Jérusalem. Le projet de loi est prêt mais le premier ministre préfère attendre le feu vert du président des États-Unis.

PUNITION COLLECTIVE : 35 MAISONS PALESTINIENNES DÉTRUITES ENTRE 2014 ET LA FIN 2016.

 

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a décidé de reporter un vote sur un projet de loi qui équivaudrait à une annexion de facto des colonies israéliennes autour de Jérusalem. Un répit qui n'est que de courte durée et qui ne remet, en réalité, pas en cause la volonté politique du gouvernement israélien puisque, selon un responsable israélien, ce projet a besoin d'une « préparation diplomatique » (sic).

De quoi s'agit-il ? Le projet, intitulé « loi sur le Grand Jérusalem », devait être voté dimanche par un comité ministériel dans le but d'accélérer son examen à la Knesset (parlement). La partie orientale de Jérusalem est occupée depuis 1967. Le 30 juillet 1980, cette même Knesset votait une loi fondamentale (Israël est un État qui ne possède pas de constitution) faisant de Jérusalem, la capitale « une et indivisible » d'Israël. Une annexion condamnée par les résolutions 476 et 478 du Conseil de sécurité, qui « affirme que l'adoption de la loi fondamentale par la Knesset constitue une violation du droit international et n'affecte pas le maintien en application de la convention de Genève dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis juin 1967, y compris Jérusalem ».

 

UNE LOI QUI ENTERRERAIT LA SOLUTION À DEUX ÉTATS

Netanyahou veut maintenant annexer des colonies se trouvant au sud et à l'est de la ville, en Cisjordanie, ces colonies autour de Jérusalem dont certaines, comme Maale Adumim ou Goush Etzion, coupent Jérusalem-Est de la Cisjordanie. « Cet endroit fera un jour partie de l'État d'Israël », avait d'ailleurs assuré Netanyahou, en octobre, à Maale Adumim. Il s'agit bien pour le gouvernement israélien de parachever la colonisation et de tirer, une fois pour toutes, un trait sur de quelconques négociations avec les Palestiniens. Comme ils l'ont dit et répété depuis des années, les dirigeants israéliens n'entendent pas se désengager de Jérusalem-Est, et donc refusent que la partie orientale puisse être la capitale de l'État de Palestine. Le projet vise à perpétuer l'occupation israélienne, « légaliser la présence des colons extrémistes juifs sur le sol palestinien et parachever la coupure totale » entre Jérusalem-Est et la Cisjordanie, a dénoncé Hanane Achraoui, dirigeante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Pour elle, si une telle loi était approuvée, ce serait « la fin de la solution à deux États ».

De fait, l'adoption prolongerait une série de décisions en faveur de la colonisation. Israël a approuvé la semaine passée la construction de 2 646 logements pour colons en Cisjordanie, et, mercredi, celle de 176 autres au cœur d'un quartier palestinien de Jérusalem-Est.

 

Et si l'on doutait des intentions israéliennes, l'ancien directeur du conseil de Yesha (organisation représentant les colons), Pinchas Wallerstein, vient d'être nommé pour régler le problème juridique des avant postes (des colonies non autorisées par le gouvernement), c'est-à-dire de les légaliser.

Dror Etkes, de l'organisation Kerem Navot (opposée à la colonisation), dénonce ainsi cette nomination : « Dans une société normale et en bonne santé, M. Wallerstein, qui est impliqué dans un nombre incalculable d'actions criminelles d'accaparement de terres et de dépossession, écrirait probablement ses Mémoires de prison en ce moment, mais en 2017... il est traité comme un héros de la culture. »

La « préparation diplomatique » ne vise qu'à obtenir le consentement des États-Unis dans cette nouvelle phase. On voit mal Washington s'y opposer. Les conseillers de la Maison-Blanche vont sans doute chercher (et trouver) la meilleure façon de faire passer la pilule auprès des chancelleries occidentales. À moins que celles-ci, pour une fois...

Reste que ce projet souligne la prégnance des représentants des colons au sein du gouvernement israélien et la marque qui est désormais imprimée à Tel-Aviv. « Si elle est adoptée, cette loi constituera une annexion de fait et un pas résolu vers une annexion de droit », estime l'organisation israélienne anticolonisation la Paix maintenant. L'idée est d'accélérer la construction dans les colonies et de « créer sur le terrain des faits accomplis ruinant les chances d'une solution à deux États », a-t-elle estimé.

 

L'APPEL DE SALAH HAMOURI REJETÉ

« Les tribunaux compétents de la puissance occupante ne pourront prononcer aucune condamnation qui n'ait été précédée d'un procès régulier. » C'est l'article 71 de la 4e convention de Genève, qui a dû échapper aux juges israéliens qui traitent en appel le recours déposé par Salah Hamouri. L'avocat franco-palestinien, emprisonné depuis le 23 août, est en détention administrative pour six mois. Sans avoir accès au dossier. Ni lui ni ses avocats. Et pourtant, sans aucun motif, la cour d'appel israélienne a décidé de le maintenir en détention. Les droits d'un ressortissant français sont ainsi bafoués. Jusqu'à quand ?

 

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 16:55
Indonésie: 1965-1966: crime de masse à l'ombre de la CIA (L'Humanité, 19 octobre 2017 - Rosa Moussaoui)

C'était à lire jeudi dans l'Huma, un retour en forme d'aide-mémoire sur les grands massacres anticommunistes de 1965/66 en Indonésie.

Bilan toujours flou, entre 600 000 et 2 millions de morts. De l'aveu même de la CIA, qui a prêté main forte aux assassins, ce "carnage" est "l'un des pire meurtres de masse du XXe siècle".

Sur l'archipel, toute tentative, écrite ou orale, de "diffuser la pensée communiste" reste passible de 7 à 10 ans de prison.

Les crimes commis par certains régimes communistes dictatoriaux sont reconnus et souvent évoqués. Les crimes de l'impérialisme américain et des régimes pro-capitalistes de droite en Amérique Latine, en Afrique, ou en Asie sont souvent passées sous silence quant à eux.    

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 10:33
Trump choisit la voie de la confrontation avec l'Iran (Médiapart, 13 octobre 2017)

Trump choisit la voie de la confrontation avec l’Iran

 PAR 

En refusant de « certifier » l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, le président des États-Unis prend le risque de faire exploser un accord qui empêche l’Iran de se doter de l’arme atomique. Mais il laisse à son Congrès le soin de régler les détails, ce qui permet encore de sauver l’accord, comme le souhaitent les Européens.

 

La vengeance est bel et bien un plat qui se mange froid. Après avoir tempêté pendant des mois contre « le pire accord jamais conclu », après avoir entretenu l’incertitude pendant des semaines, après avoir laissé les membres de son cabinet s’exposer sans connaître la position de leur patron, Donald Trump a fini par dénoncer verbalement l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 par les grandes puissances et Téhéran. Mais comme Trump ne serait pas Trump s’il ne laissait son égo prendre le dessus, il a fait en sorte de ne prendre qu’une demi-mesure et de laisser à d’autres le soin de se coltiner la décision difficile de l’abandon ou non de l’accord et du rétablissement de sanctions contre l’Iran.

Surtout, il a ressorti des cartons la vieille rhétorique des ultraconservateurs américains, selon laquelle Téhéran est une « dictature » et « un régime fanatique », « le premier soutien des terroristes du monde entier ». Des mots et une vision du monde paranoïaque que l’administration de Barack Obama s’était efforcée de remiser aux oubliettes du passé. En tentant de montrer que l’Iran ne respectait ni « l’esprit ni la lettre » de l’accord, il n’a pu brandir que des violations mineures et insignifiantes au regard des bénéfices dudit accord, et s’est échiné à mélanger la question nucléaire à celle de la politique globale du régime iranien.

Pendant les longues années de négociations qui ont amené à sa signature en 2015, comme durant les deux années qui se sont écoulées depuis, les critiques – conservateurs américains et néoconservateurs internationaux – de l’accord sur le nucléaire iranien (dont l’intitulé officiel est « Plan global d'action conjoint ») l'ont toujours sciemment mal interprété afin de mieux le torpiller.

Afin de pouvoir conclure un accord qui préserve les règles de non-prolifération nucléaire en prenant Téhéran à ses propres mots (les Iraniens ont toujours clamé qu’ils ne souhaitaient pas obtenir l’arme atomique, mais juste une application du nucléaire à des besoins civils), les diplomates se sont concentrés sur la question unique et étroite de l’enrichissement de l’uranium. En limitant l’enrichissement de l’uranium à 3,67 % (il faut l’enrichir à plus de 80 % pour une bombe nucléaire), en restreignant les stocks d’uranium déjà enrichi et en assurant un processus de contrôle des laboratoires nucléaires iraniens par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’accord de 2015 a fait en sorte que la République islamique ne dispose pas de l’arme atomique et ne puisse pas en fabriquer une avant une quinzaine de mois si jamais l’accord était rompu.

« Cela a été un accord extrêmement difficile à conclure, expliquait à l’époque de sa signature un diplomate français ayant participé aux négociations. Pour y parvenir, nous nous sommes concentrés sur l’essentiel. Alors, il est bien entendu que cet accord ne concerne pas les missiles iraniens, les capacités militaires de Téhéran, et encore moins le financement du Hezbollah et du Hamas ou encore l’appui apporté à Bachar al-Assad en Syrie… Il permet juste de s’assurer que l’Iran ne développe pas une bombe atomique dans notre dos sans que nous nous en rendions compte. » L’administration de Barack Obama avait eu beaucoup de mal à découpler la question du nucléaire de tous ses autres griefs à l’encontre de Téhéran, mais elle s’y était finalement résolue. Et aujourd’hui, de l’avis de toutes les parties chargées de surveiller le respect de l’accord, AIEA en tête mais également le Pentagone américain, celui-ci fonctionne.

Hélas, pour tous ceux qui considèrent la République islamique comme un « État voyou », un facteur de déstabilisation au Moyen-Orient ou une puissance régionale à contrer, l’accord sur le nucléaire n’a rien changé ou presque. Certains l’admettent de bonne foi, mais la plupart des autres font porter à l’accord sur le nucléaire une part de responsabilité qui n’en a jamais fait partie. Ils voient dans cet accord un aveu de faiblesse des Occidentaux, incapables de s’engager dans une confrontation résolue avec le régime iranien afin de le faire fléchir.

Donald Trump fait évidemment partie de ce dernier camp, à l’instar de la quasi-totalité des républicains américains. En décrivant vendredi 13 octobre sa volonté de « neutraliser l’influence déstabilisante de l’Iran et de restreindre son soutien aux terroristes et aux militants », tout en refusant de certifier l’accord nucléaire, il mélange les deux questions et conditionne les deux politiques l’une à l’autre, ce qu’avaient évité de faire les diplomates en pariant qu’un accord sur le nucléaire ouvrirait la voie à un assouplissement de Téhéran sur les autres questions. Mais le président des États-Unis ajoute une dimension personnelle à ce rejet : sachant que le « Plan global d'action conjoint » est considéré comme un des grands succès du double mandat d’Obama, avec la réforme de l’assurance santé, il souhaite évidemment le démanteler, au risque de commettre « sa plus grande bévue de politique étrangère », selon de nombreux analystes, américains comme européens.

« Emmanuel Macron a plaidé auprès de Trump pour qu’il ne laisse pas tomber l’accord. Theresa May l’a fait également, au point que le ton est monté entre eux lorsqu’ils se sont vus à New York fin septembre », raconte un diplomate britannique. Malgré ce premier échange tendu, la première ministre britannique est revenue à la charge par téléphone le 10 octobre. « Mais Trump est pris entre ses déclarations passées dénonçant l’accord, sa méconnaissance des enjeux internationaux et sa volonté d’affirmation individuelle. Il ne veut pas bouger. »

Il faut dire qu’Obama n’a pas facilité la tâche de son successeur. Sachant qu’il n’avait pas la majorité nécessaire face à un Congrès républicain, il n’a pas fait ratifier l’accord. À la place, il s’est engagé à « certifier » tous les trois mois que l’Iran respecte bien l’accord afin que le Congrès ne rétablisse pas le régime de sanctions contre Téhéran. Aujourd’hui, c’est cette certification que Donald Trump a choisi de ne pas renouveler. Il a également « autorisé » son administration à imposer des sanctions supplémentaires sur le régime iranien, en particulier les Gardiens de la révolution, la milice des fidèles du régime qui gère également des pans entiers de l’économie nationale, sans préciser la nature exacte de ces rétorsions.

« L’accord nucléaire avait effectivement écarté toute menace de guerre avec l’Iran »

Refusant d’aller jusqu’au bout en annulant directement la signature américaine de l’accord, le président a transmis la patate chaude aux élus du Congrès qui doivent désormais décider eux-mêmes s’ils rétablissent les sanctions et, par conséquent, provoquent l’ire de Téhéran et sa dénonciation de l’accord. Or cela ne les enchante guère. Outre l’animosité croissante entre les sénateurs républicains et l’occupant de la Maison Blanche, les premiers estiment que la gestion de ce genre de problème est du ressort de l’exécutif. Par ailleurs, ils viennent juste de s’engager dans une réforme des impôts longue et délicate, qui s’annonce comme leur seule opportunité de montrer à leurs électeurs qu’ils sont capables de traduire leurs beaux discours dans la réalité (ce qu’ils n’ont pas réussi à faire avec la réforme de l’assurance santé d’Obama, qu’ils ont échoué à remplacer). Ils n’ont donc pas envie de se détourner de cet objectif pour se lancer dans une bataille qui n’est pas gagnée d’avance.

Car aujourd’hui, les élus modérés qui s’étaient montrés critiques de l’accord ont tendance à penser qu’il fonctionne correctement. Le patron du Pentagone, pourtant connu comme un « faucon » à l’égard de l’Iran, a confirmé que l’accord était respecté. Même l’ancien premier ministre et ministre de la défense israélien Ehud Barak, qui avait envisagé de bombarder l’Iran en raison de son programme nucléaire, estime désormais que les États-Unis doivent maintenir l’accord, « sinon cela servira les intérêts de l’Iran ».Il en va en effet de la parole des États-Unis.

Après le retrait des accords de Paris sur le climat et des négociations sur le traité trans-Pacifique, cela serait un troisième accroc au respect de la signature américaine, en attendant un éventuel quatrième renoncement au sujet de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). « Une telle attitude démonétise complètement la parole de la première puissance mondiale », juge un ancien diplomate américain sous George W. Bush, reconverti dans le privé. « Au moment où nous avons déjà une crise nucléaire sur les bras avec la Corée du Nord, comment allons-nous convaincre Pyongyang de négocier plutôt que de balancer une bombe sur ses voisins ? Et comment allons-nous convaincre nos alliés que nous sommes sérieusement engagés dans n’importe quel processus diplomatique ? »

 

Quant aux dirigeants iraniens, déjà partagés entre ceux qui étaient favorables à la négociation afin de sortir de l’impasse des sanctions internationales, et les tenants d’une ligne dure allant vers la confrontation, ils risquent désormais de faire front commun.« L’accord nucléaire avait effectivement écarté toute menace de guerre avec l’Iran. Il avait également permis de renforcer le camp des modérés iraniens, ceux qui veulent se consacrer à des réformes économiques et à un rapprochement avec l’Occident », estime Vali Nasr, chercheur en relations internationales à la Brookings Institution. « Mais désormais, les Iraniens vont interpréter la décision de Trump comme la preuve qu’il est inutile de discuter avec les Américains car Washington ne respecte pas ses engagements et interprète toute initiative diplomatique comme un aveu de faiblesse. » 

La situation va s’avérer particulièrement délicate pour les Européens, notamment les trois puissances qui ont négocié, garanti l’accord, et tenté de ramener Trump dans le droit chemin (France, Grande-Bretagne, Allemagne). Le risque d’un rétablissement des sanctions américaines, qui aura forcément un impact sur les entreprises européennes ayant commencé à profiter de l’ouverture iranienne, n’est qu’un élément de l’équation. Quid de la diplomatie européenne à l’égard de l’Iran ? « Les Iraniens ont beau savoir que nous avons essayé de convaincre Trump, et que nous allons respecter notre part du marché passé avec eux, ils risquent tout de même de mettre tous les Occidentaux dans le même panier, et de juger que nous ne sommes pas des partenaires intéressants puisque nous ne sommes même pas capables de peser sur les Américains », redoute le diplomate britannique.

À Paris, au Quai d’Orsay, de même qu’à Londres, une stratégie de recours a commencé à être mise en place ces dernières semaines : essayer de convaincre les élus du Congrès américain de ne pas rétablir les sanctions. Les relations avec les représentants et les sénateurs américains sont toujours plus compliquées qu’avec l’exécutif, car ils sont nombreux et leurs idées et leur poids politique divergent grandement, même s’ils appartiennent au même parti.

 

Le conseiller diplomatique d’un ministre du gouvernement français ne veut pas s’étendre sur les initiatives qui ont été prises, mais il confirme que des échanges ont eu lieu entre les capitales européennes et quelques élus républicains influents. « Notre ambition est de préserver le statu quo actuel : que Trump ne certifie pas l’accord, mais que le Congrès ne rétablisse pas automatiquement les sanctions », explique-t-il. Pour cela, il existe une voie étroite : voter un amendement à la loi qui impose au président de certifier le respect du « Plan global d'action conjoint » tous les trois mois, en éliminant cette exigence. Ainsi, Trump échapperait à cette obligation, ce qui le satisferait, et les sanctions demeureraient dans les limbes. Autrement dit, laisser à Trump sa rhétorique belliqueuse, et noyer la perspective de nouvelles mesures de rétorsion, qui ne feraient qu’enflammer une situation déjà très combustible.

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 06:20
Alberto Garzon, porte-parole d'Izquierda Unida

Alberto Garzon, porte-parole d'Izquierda Unida

Dans l'Humanité du 12 octobre 2017, il y avait une interview intéressante de Nuria Lozano, représentante de Izquierda Unida, coalition dont est membre le Parti Communiste Espagnol. Izquierda Unida plaide pour le droit à l'auto-détermination mais ne souhaite pas l'indépendance de la Catalogne ou du Pays Basque mais la construction d'une République fédérale plurinationale et plurilinguistique. Morceaux choisis:

"Il faut d'abord trouver un cadre de médiation entre les différentes parties pour ouvrir une voie de dialogue mais sans condition au préalable. Les deux parties doivent se reconnaître comme des sujets légitimes. Nous sommes face à un conflit historique qui a besoin de tous les mécanismes démocratiques sans exception. Prenant en compte que 80% de la société catalane a manifesté un intérêt à exercer son droit de décider, il faudrait intégrer l'idée d'un référendum accordé entre les parties qui permette à la société catalane de décider, il faudrait intégrer l'idée d'un référendum avec des garanties politiques qui permettrait de dépasser les déficiences de la feuille de route du gouvernement de la Generalitat, son manque de contenus sociaux et une régénération politique. Un référendum qui mette fin également à l'action, répressive de l'Etat, à la grave vulnérabilité de l'autogouvernement de Catalogne et aux attaques aux droits fondamentaux et libertés qui affectent l'ensemble des citoyens de l'Etat. 

(...)

Il s'agit d'un conflit politique de caractère historique. En 2010, à la suite d'une sentence du tribunal constitutionnel contre la "Estatut" (statut de Catalogne) qui a entraîné une judiciarisation de la politique, ce conflit s'est accentué, provoquant une situation de blocage politique et institutionnel. C'est pourquoi une majorité de la population catalane considère que l'actuel cadre de l'autonomie, défini dans la Constitution de 1978, est épuisé et qu'il est nécessaire d'avancer vers d'autres scénarios de souveraineté grâce à des changements constituants dont le coeur est le droit à décider. Nous vivons une crise de régime intense. Pour IU, la solution à ce conflit passe par un processus constituant qui déboucherait sur une République fédérale. Notre pays est plurinational. La Constitution de 1978 et le régime sur laquelle il s'est édifié sont épuisés. C'est là une conséquence de l'offensive néolibérale de ces dernières années. Nous plaidons pour une République fédérale, plurinationale, plurilinguistique, multiculturelle, coopérative et solidaire. Cela implique nécessairement la reconnaissance du droit à l'autodétermination, et la conquête de droits sociaux pour les classes populaires. Ce modèle d'Etat doit reposer sur un pacte entre les différentes unités fédérées comme expression des différents peuples, garantissant la souveraineté politique, mais également la souveraineté énergétique, alimentaire, éducative, sanitaire..."

Entretien avec Nuria Lozano réalisé par Cathy Dos Santos pour l'Humanité, 12 octobre 2017    

carte de Catalogne

carte de Catalogne

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 06:12
photo de l'esplanade du temple et de la Mosquée Al-Aqsa à Jérusalem est (avril 2015)

photo de l'esplanade du temple et de la Mosquée Al-Aqsa à Jérusalem est (avril 2015)

Israël bataille contre une liste d'entreprises impliquées dans la colonisation

 PAR 

Malgré l’opposition des États-Unis et d’Israël, l'Onu s’apprête à publier une liste des entreprises internationales qui contribuent, directement ou non, à la colonisation des territoires palestiniens. Cinq groupes français sont concernés.

 

Le diplomate jordanien Zeid Ra’ad Zeid al-Hussein, haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, a adressé il y a une dizaine de jours une lettre à près de 150 entreprises internationales pour leur annoncer qu’elles allaient figurer dans la liste noire des groupes présents dans les territoires palestiniens occupés de Cisjordanie et Jérusalem-Est. La constitution de cette base de données a été décidée en mars 2016 par le Conseil des droits de l’homme de l’Onu. Il s'agit de recenser les sociétés impliquées dans la construction et le développement des colonies israéliennes.

Illégale au regard du droit international, condamnée par de multiples résolutions des Nations unies, cette entreprise de colonisation, en opposition ouverte au droit des Palestiniens à l’autodétermination, est considérée par l’Onu et de nombreux pays comme un obstacle majeur au règlement du conflit israélo-palestinien. En dressant cette liste, l’Onu indique qu’elle ne se contente plus de dénoncer des violations impunies et de dire le droit. Elle entend placer les États et les entreprises face à leurs responsabilités : être ou ne pas être complice de la colonisation illégale de la Palestine.

Cette « liste noire », qui a été communiquée fin septembre au ministère israélien des affaires étrangères, contiendrait pour le moment une trentaine de sociétés américaines (parmi lesquelles Coca-Cola, Caterpillar, TripAdvisor, Airbnb), un fort contingent de sociétés israéliennes (dont les bus Egged, les banques Hapoalim et Leumi, le fabricant de systèmes de sécurité Elbit, la compagnie nationale des eaux Mekorot, le géant des téléphones Bezeq, le laboratoire pharmaceutique Teva). Elle devrait contenir aussi des sociétés allemandes, sud-coréennes, norvégiennes.

Elle risque également de comporter un certain nombre d’entreprises françaises. À commencer par cinq grands groupes financiers (les banques BNP-Paribas, Société générale, Crédit agricole, BPCE et la compagnie d’assurances Axa). Ceux-ci figuraient déjà dans un rapport sur « Les liaisons dangereuses des banques françaises avec la colonisation israélienne » publié en mars dernier par huit organisations, dont la CGT, la Ligue des droits de l’homme et le Comité catholique contre la faim et pour le développement.

Fondé sur l’analyse du cabinet néerlandais Profundo, spécialiste du secteur financier, ce rapport que Mediapart avait analysé (lire ici l’article paru le 29 mars) et dont nous avions publié le texte intégral (à lire ici: (pdf, 2.6 MB)), établissait les liens multiples entre les groupes français et les nombreuses firmes israéliennes qui ont activement participé à l’intensification de la colonisation depuis les accords d’Oslo, en 1993. En un quart de siècle, cette stratégie a porté le nombre de colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est de 268 000 à près de 650 000, détruisant toute possibilité de créer un État palestinien viable.

Désignés par le rapport, les cinq groupes français ne peuvent nier ni leur présence active, abondamment documentée, ni le fait que cette participation à la colonisation était en contradiction évidente avec les engagements qu’ils indiquaient avoir pris en matière de droits humains. Ils ne pouvaient pas plus ignorer que cette collaboration avec les firmes israéliennes constitue une violation répétée du droit international. Selon la IVe Convention de Genève de 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, « le transfert de civils dans le territoire occupé par la puissance occupante est interdit ». Ce que rappelait aussi la résolution 2334 adoptée le 23 décembre 2016 par le Conseil de sécurité de l’Onu, avec – fait exceptionnel – l’aval des États-Unis qui n’avaient pas opposé leur veto.

« La colonisation des territoires palestiniens occupés depuis 1967, rappelait ce texte après nombre d’autres, n’a aucune validité légale, constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la mise en œuvre de la solution à deux États et d’une paix complète, juste et durable. » La même résolution demandait, en outre, « à tous les États de faire une distinction dans leurs échanges, en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 ».

Pourtant, depuis la publication de ce rapport il y a six mois, aucun des groupes français visés n’a amorcé le moindre mouvement de désengagement. Ce qui amené, le 9 août dernier, la ministre palestinienne de l’économie, Abeer Odeh, à écrire aux patrons des cinq groupes (Frédéric Oudéa pour la Société générale, François Pérol pour la BPCE, Philippe Brassac pour le Crédit agricole, Jean-Laurent Bonnafé pour BNP-Paribas et Thomas Buberl pour Axa) pour leur rappeler que les entreprises « ont le devoir de respecter les droits de l’homme » (lire les lettres ici et ici : (pdf, 826.5 kB) (pdf, 834.2 kB)).

Invitant chacun des groupes français à revoir leurs liens économiques et financiers, Abeer Odeh, qui est passée par la Banque mondiale avant de devenir ministre, rappelle qu’en vertu de leurs propres engagements publics en matière d’éthique des affaires, ces groupes sont tenus au respect des droits de l’homme. Elle estime que les liens actuels avec les banques israéliennes et les autres institutions opérant dans les territoires occupés palestiniens sont incompatibles avec leur vision du monde, mais aussi avec la loi. Elle demande à chacun des cinq patrons de « mettre un terme aux opérations et à la coopération » avec les entreprises partenaires israéliennes.

 

Cette offensive de la ministre de l’économie avait été précédée par l’envoi, le 1er août, d’une lettre du secrétaire général de l’OLP et principal négociateur palestinien Saeb Erekat à Jean-Yves Le Drian (lire le document, en anglais, ici : (pdf, 766.5 kB)). Après l’avoir félicité pour sa nomination au Quai d’Orsay, Saeb Erekat rappelle au nouveau ministre des affaires étrangères les liens multiples qui existent aujourd’hui entre cinq groupes français et au moins 28 entreprises impliquées « dans la poursuite et l’expansion des colonies israéliennes illégales ou dans l’exploitation des ressources naturelles palestiniennes ».

L’offensive israélo-américaine

Rappelant au ministre que la France a voté la résolution 2334 du Conseil de sécurité, qu’elle est l’une des « hautes parties contractantes de la IVe Convention de Genève qui interdit le transfert d'une partie de la population civile d’une puissance occupante dans le territoire qu’elle occupe », qu’elle est engagée par les directives européennes de 2013 qui prohibent les relations financières avec les territoires occupés, le négociateur palestinien relève que « la France ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoires occupés depuis 1967 ». Il demande à Jean-Yves Le Drian de mettre en œuvre une politique destinée à « décourager » les entreprises françaises de nouer des liens avec le régime israélien de colonisation.

À ce jour, le Quai d’Orsay n’a toujours pas répondu à cette lettre.

C’est d’autant plus surprenant, sinon discourtois, que ce courrier était accompagné d’une « note verbale », un document diplomatique qui, selon les usages, implique normalement une réponse. Cette désinvolture du gouvernement français semble confirmer que sous Emmanuel Macron comme sous François Hollande, Paris n’entend pas s’associer à ce qui pourrait apparaître comme une offensive visant à sanctionner Israël. Les dirigeants français devront cependant clairement choisir leur camp lorsqu’il s’agira de décider, dans le cadre des Nations unies, si la liste doit être rendue publique ou non.

En principe, la « liste noire » des entreprises complices de la colonisation devrait être arrêtée et publiée en décembre. Mais depuis des mois, le gouvernement israélien et surtout l’administration Trump ont lancé une offensive diplomatique d’envergure pour torpiller cette initiative. En 2016, déjà lorsque le Conseil des droits de l’homme avait décidé l’établissement de cette liste, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait accusé cette instance d’être devenue « un cirque anti-israélien ».

Le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, avait même affirmé dans un tweet que le Conseil avait « un besoin urgent de se faire soigner mentalement ». Composé de 47 États, renouvelables par tiers chaque année, et actuellement présidé par le diplomate salvadorien Joaquin Alexander Maza Martelli, le Conseil des droits de l’homme est, avec l’Unesco, l’une des bêtes noires d’Israël au sein du système des Nations unies. La stratégie israélienne est simple : présenter cette liste comme un premier pas vers le boycott de toutes les entreprises israéliennes, qu’elles collaborent ou non à l’entreprise de colonisation. Boycott qui relève, selon Netanyahou et ses alliés, de l’antisémitisme.

En Israël, un comité interministériel spécial comprenant les ministres des affaires étrangères, des affaires stratégiques, de la justice et de l’économie a même été mis en place pour tenter d’empêcher la publication de la liste. Avec l’élection de Donald Trump, qui se présente en premier défenseur d’Israël, l’offensive a reçu un renfort de taille. La liste noire est « la dernière d’une longue série d’actions honteuses » du Conseil des droits de l’homme, déclarait en juin dernier Nikki Haley, ambassadrice des États-Unis à l’Onu.

Forte de ce soutien, la vice-ministre israélienne des affaires étrangères, Tzipi Hotovely, pour qui « toute la terre, de la Méditerranée au Jourdain appartient à Israël », accusait l’Onu, il y a un mois, de « jouer avec le feu », et menaçait : « Plus les Nations unies agiront contre Israël, plus leur budget y perdra. Ces activités les frapperont comme un boomerang. Israël et les États-Unis travaillent ensemble à un plan qui mettra un terme au préjugé anti-israélien de l’Onu. Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies est la plus hypocrite des arènes, c’est là que la révolution doit commencer. »

Mais de l’aveu même de ses promoteurs, cette offensive israélo-américaine rencontre de sérieux obstacles. En août, Heather Nauert, porte-parole du département d’État, admettait que l’initiative des deux pays pour priver de ressources financières les experts chargés de dresser la liste avait échoué. Selon des sources israéliennes officielles mais anonymes, citées fin septembre par le quotidien Haaretz, le bureau des affaires stratégiques du ministère israélien de l’économie a appris qu’un certain nombre d’entreprises étrangères ont déjà répondu au haut-commissaire aux droits de l’homme en annonçant qu’elles ne renouvelleront pas les contrats signés avec des firmes israéliennes et n’en concluront pas de nouveaux.

Le gouvernement israélien a déjà pris contact avec certaines d’entre elles en faisant valoir que la liste, même si elle est publiée, ne comporte aucune obligation. Il a aussi mis en garde plusieurs gouvernements étrangers contre toute utilisation de la « liste noire » : cela s’apparenterait à un boycott d’Israël. Les mois qui viennent diront si, en cumulant menaces et chantage à l’accusation d’antisémitisme, les États-Unis et Israël finiront par empêcher la publication officielle de la liste par l’Onu. Et quelle position publique la France adoptera dans cette affaire, alors qu'Emmanuel Macron a affirmé,en juillet, que l'antisionisme est « la forme réinventée de l’antisémitisme ».

Reste une question : comment s’explique le retrait des entreprises qui ont déjà informé l’Onu de leur décision ? Brutale prise de conscience des violations du droit ? Peu probable. Pragmatisme et prudence stratégique ? Plus vraisemblable. Aucun PDG n’a envie de voir son entreprise figurer dans une liste noire. Surtout si la présence sur cette liste peut mettre en péril des opérations ou des projets dans un pays riche et puissant du monde arabo-musulman, hostile à Israël.

 

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