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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 09:01
Soutien à la grève de la faim des militant-e-s kurdes: l'Europe et la France doivent s'engager pour stopper la politique fasciste d'Erdogan!
Soutien à la grève de la faim des militant-e-s kurdes: l'Europe et la France doivent s'engager pour stopper la politique fasciste d'Erdogan!
En France, des centaines de militantes et militants kurdes ont entamé depuis 55 jours déjà une grève de la faim dans le cadre d’un mouvement international pour la libération d’Abdullah Öcalan, le leader kurde emprisonné depuis 1999 et à l’isolement total depuis deux ans et demi, et de sensibilisation à l'oppression des Kurdes de Turquie comme aux menaces d'agression par Erdogan du Rojava syrien.  
Le site Kedistan le rappelle: "Depuis l’annonce tonitruante du retrait des troupes américaines (autour de 2000 hommes) qui étaient présentes en Syrie et alentours, l’ensemble des médias de par le monde parle des Kurdes. Quasi aucun ne rappelle qu’il ne s’agit pas seulement d’une trahison “morale” à l’encontre des vrais vainqueurs de Daech, aujourd’hui très affaibli mais toujours en capacité de nuire, mais bien davantage d’une pression impérialiste à l’encontre du projet politique démocratique en processus en Syrie Nord, refusé en vue d’hypothétiques partages d’influences et de pouvoir sur cette partie du Moyen Orient".
Ce mouvement de grève de la faim a commencé le 8 novembre en Turquie avec la députée du HDP Leyla Güven depuis la prison de Diyarbakir. Cela fait 40 jours.

« Abdullah Öcalan a un rôle important à jouer pour assurer la paix sociale en Turquie et le régime d’isolement qui lui est imposé est en réalité imposé à l’ensemble du peuple » a déclaré Leyla Güven, députée HDP de Hakkari, coprésidente du Congrès de la Société démocratique (DTK), ex co-maire de Viranşehir et membre du Congrès des Pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe (CPLRE).

En grève de la faim depuis le 8 novembre à la prison de Diyarbakir, elle a suscité un mouvement de solidarité au Kurdistan et en Turquie, mais aussi en Europe et dans le reste du monde. Des grèves de la faim sont actuellement menées dans les prisons de Turquie et dans des villes comme Urfa, Van, Mardin, Mersin, Adana, La solidarité se répand également au Rojava, en Europe et en France.
Amara, la Maison du Peuple kurde de Rennes, accueille les grévistes de la faim

Le 27 novembre, 10.000 prisonniers politiques de Turquie ont suivi ce mouvement qui s’étend aujourd’hui à l’ensemble de l’Europe et aux grandes villes françaises.

Les revendications des Kurdes que nous soutenons sont claires : le régime carcéral imposé au leader kurde, Abdullah Öcalan (le « Nelson Mandela kurde »), emprisonné depuis bientôt 20 ans est intolérable et il est urgent d’exiger du Comité de prévention de la torture du Conseil de l’Europe qu’il se saisisse de cette question malgré les obstacles que ne manque pas de dresser la Turquie, en tant que membre de ce même Conseil de l’Europe.

« Détruire le fascisme » écrivent aussi les Kurdes : ils dénoncent un pays, la Turquie, qui n’est plus un État de droit. Le président dictateur enferme tout opposant.

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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 11:04
Photo de Mumia Abu-Jamal - L'Humanité

Photo de Mumia Abu-Jamal - L'Humanité

L’ancien condamné à mort Mumia Abu-Jamal à deux doigts de pouvoir faire appel
Vendredi, 28 Décembre, 2018

Un jugement intervenu jeudi permet à la défense de Mumia Abu-Jamal de faire appel de sa condamnation pour le meurtre d’un policier sous trente jours. Toutefois, le procureur de Philadelphie, Larry Krasner, peut encore faire appel de cette décision. Les soutiens du prisonnier politique noir-américain saluent l’avancée survenue cette semaine.

Pour Mumia Abu-Jamal, l’appel est à portée de main. Le magistrat de Philadelphie Leon Tucker a jugé, jeudi qu’il y avait eu un biais dans la procédure. Journaliste radio, militant dans la communauté noire-américaine de Philadelphie, Mumia Abu Jamal avait été condamné à mort pour le meurtre d’un policier en 1982 au terme d’un procès inique : certaines personnes de couleurs noire avaient été écartées du jury par le sinistre juge Sobo qui avait promis à l’accusation « je les aiderai à frire ce nègre ». En 2011, la peine de Mumia Abu-Jamal avait été commuée en prison à vie, sans jugement.
 
Cette année, la défense de Mumia Abu-Jamal, 64 ans, avait relevé le rôle du juge Ronald Castille à plusieurs étapes de la procédure visant le journaliste, une fois comme procureur adjoint, puis comme juge à la Cour suprême d’État. Leon Tucker a estimé, hier, qu’il aurait dû se récuser. Ne pas l’avoir fait suggère un « biais », juge-t-il, relativisant sa décision : Ronald Castille n’aurait pas joué un rôle primordial d’abord comme procureur puis juge.
 
L’avenir judiciaire de Mumia-Abu Jamal est désormais dans les mains du procureur de district Larry Krasner, élu en 2017 et connu pour ses positions progressistes. Ce dernier a encore la faculté de faire appel de la décision du juge Leon Tucker, qui permet à la défense de Mumia d’interjeter appel sous trente jours.
 
« C’est une victoire légale inédite. C’est la meilleure chance que nous avons de libérer Mumia depuis des décennies », s’est réjoui Rachel Wolkenstein, avocate et militante de la cause de Mumia Abu-Jamal. Aux États-Unis, cette avancée dans le dossier Mumia est saluée par ses proches.
 
« C’est un formidable succès, mais la suite n’est pas écrite », salue Jacky Hortaut, coanimateur du comité du collectif français Libérons Mumia. L’heure est à la mobilisation.
 
Un rassemblement est programmé, mercredi 2 janvier à 18 heures, place de la Concorde, près de l’ambassade des États-Unis
 
Gaël De Santis
L’ancien condamné à mort Mumia Abu-Jamal à deux doigts de pouvoir faire appel (L'Humanité, 28 décembre 2018)
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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 10:32
Amos Oz, disparition d'un écrivain apôtre de la paix (L'Humanité, 28 décembre 2018)
Amos Oz, disparition d'un écrivain apôtre de la paix
Vendredi, 28 Décembre, 2018
Amos Oz, l'écrivain israélien le plus connu à l'étranger pour son oeuvre et son action en faveur de la paix avec les Palestiniens, s'est éteint vendredi à l'âge de 79 ans. Son denier roman "Judas" est sorti en français en 2016. Nous vous proposons de relire l'entretien qu'il avait accordé alors à Muriel Steinmetz.
 
 
Amos Oz, dont le roman autobiographique "Une Histoire d'amour et de ténèbres" avait connu un succès mondial, est décédé des suites d'un cancer, a annoncé Fania Oz-Salzberger, historienne de profession. "Mon père chéri vient de mourir, après une détérioration rapide (de son état de santé), dans son sommeil et tranquillement, entouré de ceux qui l'aiment", a-t-elle écrit sur Twitter, remerciant "ceux qui l'ont aimé".
Amos Oz a vu le jour à Jérusalem le 4 mai 1939 dans une famille d'origine russe et polonaise. Salué à ses débuts comme le "Camus israélien", l'écrivain, un fervent militant de la paix avec les Palestiniens, avait dénoncé ces dernières années la politique du Premier ministre Benjamin Netanyahu et boycotté les événements officiels organisés par Israël à l'étranger pour protester contre l'"extrémisme croissant" du gouvernement. Il a parallèlement réagi fermement face à ceux qui prônent la destruction d'Israël.
Lauréat du prestigieux prix Goethe 2005 en Allemagne, Amos Oz avait aussi reçu le prix d'Israël de littérature en 1998, le prix Méditerranée (étranger) en 2010 et le prix Franz Kafka en 2013. Parmi ses livres figurent "la Boîte noire", qui a obtenu en 1988 le Fémina étranger en France, ou encore "Seule la mer" (2002).
En 1992, il avait également reçu le "Prix de la paix des libraires allemands", un prix considéré en Allemagne comme encore plus prestigieux que le prix Goethe.
"Dans ses oeuvres politiquement engagées, Amos Oz donne une image vivante de la société israélienne et son peuple aux différentes facettes; il décrit la diversité des voix dans l'État d'Israël", avait estimé le jury à l'époque.
La France lui avait attribué le titre d'officier des Arts et des Lettres et il était régulièrement pressenti pour le Prix Nobel de Littérature qu'il n'a cependant jamais obtenu.
Le regard intense et le verbe clair, Amos Oz, également très apprécié par les Israéliens surtout pour son humour, est diplômé de littérature et de philosophie. Il est intervenu régulièrement dans les médias israéliens et internationaux.
Dans les années 1990, il quitte le parti travailliste pour rejoindre le Meretz, plus à gauche, dont la priorité est la paix avec les Palestiniens.
"La paix n'est pas seulement possible, elle est inévitable, parce que nous n'avons nulle part ailleurs où aller et les Palestiniens non plus", proclamait-il en septembre 2016 lors de l'éloge funèbre de son ami Shimon Peres, prix Nobel de la paix.
Son dernier ouvrage paru en français en 2016, "Judas", explore la figure du traître, qualificatif dont Amos Oz a été affublé pour ses positions politiques.
 

Du maître écrivain israélien Amos Oz, Gallimard publie Judas, un livre qui bouscule des idées reçues et fait grincer des dents ici et là-bas. Entretien.

Ce livre semble autant un roman qu’une parabole. Peut-on utiliser ce mot ?

Amos Oz Je préfère parler de récit. Il s’agit d’un huis clos mettant en scène trois personnages : Shmuel, Atalia et Wald. Entourés de quelques spectres, ils passent l’hiver dans une même maison, boivent du thé, discutent. Durant un bref laps de temps, ils évoluent, se transforment. Je n’aime pas les paraboles. Il n’est pas un de mes romans qui prétende à une portée universelle.

En situant votre histoire à Jérusalem, au cœur des contradictions entre les trois religions monothéistes et à partir de la figure de Judas, vous mettez le doigt sur le nœud d’un conflit qu’on dirait éternel.

Amos Oz Bon nombre des personnages de ce livre sont – à l’instar de Judas – considérés par leur entourage comme des traîtres. Aucun ne l’est véritablement, sauf Shmuel justement, l’étudiant qui se cherche des parents de substitution et couche avec sa mère symbolique. À en croire Freud, il n’y a là rien que de très banal. Les autres ont certes de profondes convictions, mais ils sont trop en avance ou trop en retard sur leur temps. L’histoire ne pouvait avoir lieu qu’à Jérusalem. La ville constitue le miroir du personnage féminin, Atalia.

Le récit commence en 1959, dix ans après la création de l’État d’Israël, aussitôt suivie par une guerre, un siège et une interminable pénurie. J’y étais. Je m’en souviens très bien. Jérusalem et la jeune femme sont blessées, déchirées, en colère. Jérusalem a été le théâtre de deux événements symboliques majeurs : le sacrifice d’Isaac (à quoi fait écho dans le livre la mort au combat de Micha, fils de Wald) et la crucifixion de Jésus. Atalia et Jérusalem m’évoquent la note unique d’un violoncelle par une nuit de tempête.

Vos personnages représentent des types bien définis. Shmuel est un jeune socialiste idéaliste, Wald un écrivain-philosophe cynique revenu de tout et Atalia, au caractère bien trempé, est l’héritière de son père, Abravanel, qui ne croyait pas à l’existence d’un État juif ni même à celle d’un État binational.

Amos Oz Mes personnages ne sont ni des symboles ni des porte-drapeaux. Ils sont de chair et de sang. Shmuel est certes un idéaliste convaincu de pouvoir changer le monde, du moins au début du roman. Il a dans sa chambre des posters du Che et de Fidel Castro. En revanche, pour Wald, le monde est une scène pleine « de bruit et de fureur », comme l’a dit Shakespeare. Selon lui, ceux qui croient à la rédemption – soit aux religions et aux idéologies – ne sont que des corrupteurs. Atalia, pour sa part, considère la gent masculine comme une catastrophe ambulante. Elle couche avec tous les hommes, avant de les jeter. Elle ne voit en eux que des adolescents attardés.

Le lecteur va assister au petit miracle du rapprochement entre ces trois-là, qui finiront par s’aimer. Le sujet de ce roman n’est pas à chercher du côté des idéologies. Je ne prône ni le christianisme ni l’athéisme. Il ne s’agit pas non plus d’être pour ou contre l’État d’Israël, même si ces idées sont présentes en arrière-plan. J’espère que les lecteurs percevront l’ensemble comme une musique de chambre : trio ou quintette, si l’on inclut les spectres. J’aime autant Judas que Jésus. J’aime Wald et Abravanel, Shmuel et Atalia. Aucun d’eux, hormis Jésus, n’est dans la douceur de la compassion. L’essence de la création littéraire impose à l’auteur de s’identifier à chacun de ses personnages, quand bien même ils sont aux antipodes les uns des autres.

Shmuel, qui étudie la figure de Judas, le juge indispensable dans la création de la religion chrétienne…

Amos Oz Sans Judas, pas de crucifixion, partant, pas de résurrection et pas de christianisme. Jésus aurait pu continuer d’exercer son ministère en Galilée, faire quelques miracles et mourir d’un infarctus à 83 ans. La Galilée alors grouillait de faux mages. Comme aujourd’hui !

Pourquoi Judas, un homme riche, trahit-il Jésus pour 30 deniers, à peine 600 de nos euros ? Pourquoi lui donne-t-il un baiser ? Et pourquoi va-t-il se pendre ?

Amos Oz C’est là l’une des histoires les plus terribles de l’humanité. Durant deux mille ans, elle a causé la mort d’une multitude de juifs. Pogroms, persécutions en tout genre, l’Inquisition, la Shoah. Judas, en hébreu, c’est le nom d’un des patriarches des douze tribus d’Israël. Judas, c’est aussi la Judée. Par glissement, ce prénom donnera le mot juif. Il semble que nous, juifs, soyons tous des traîtres et que nous ayons tous vendu Dieu. Nous avons tous de l’argent et, par conséquent, nous avons corrompu le monde.

À ce stade du récit, je ne mets pas l’accent sur l’antisémitisme. Je fais simplement allusion à la figuration du juif dans la peinture de la Renaissance, notamment dans les représentations de la Cène. Le juif y est déjà caricatural.

Shmuel voit en Judas le plus fidèle et le plus croyant des disciples. Celui-ci croit en Jésus plus que Jésus lui-même. Pour lui, la crucifixion est le prélude au royaume de Dieu sur terre. C’est à reculons que Jésus se rend à Jérusalem, car il n’a pas envie de mourir. Judas, homme influent, tente de le convaincre d’y aller. Ni les Romains ni les grands prêtres n’étaient très chauds pour la crucifixion. Judas s’en charge, grâce à ses nombreux contacts. Il n’a qu’à passer deux ou trois coups de fil. Pour mettre un peu de piment dans la sauce, il imagine de placer deux brigands de part et d’autre du Christ. Jésus agonise et, à sa mort, Judas prend conscience qu’il l’a vraiment tué, exactement comme le veut la tradition antisémite, mais pour une raison totalement inverse. La conclusion de Shmuel est donc qu’avec la mort de Judas disparaît le seul, le premier et l’unique chrétien. Sa version est sans doute plus cohérente que celle de l’Évangile.

Vous identifiez-vous à Judas en tant que traître ?

Amos Oz J’ai été souvent traité de traître dans ma vie. C’est un honneur.

Comment votre livre a-t-il été reçu en Israël ?

Amos Oz Il y a été fortement controversé. En France aussi. Mon livre est une provocation difficile à avaler pour les sionistes conventionnels et les chrétiens du même tabac. En Israël, on a dit que c’était un mauvais coup porté contre le sionisme et l’État d’Israël.

Comment voyez-vous la société israélienne actuelle ?

Amos Oz La politique est très mauvaise. Les Palestiniens devraient avoir un État. J’ai été contre la colonisation dès la guerre de 1967. Le pays est très petit. Les Palestiniens n’ont nulle part où aller. La situation est la même pour les Israéliens. Ils sont semblables. Pourquoi ne dormiraient-ils pas ensemble ? Après un siècle de haine, on ne peut coucher ensemble d’un seul coup. Il vaudrait mieux d’abord partager la maison en deux appartements séparés. Quand aura-t-on la même horloge ? Difficile d’être prophète en un pays qui en a déjà tant.

Entretien réalisé par Muriel Steinmetz, Traduction assurée par Sylvie Cohen
Amos Oz, disparition d'un écrivain apôtre de la paix (L'Humanité, 28 décembre 2018)
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22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 14:37
Stephane Peu et Laurence Cohen (parlementaires PCF) au côté des Kurdes et de France Kurdistan: stop Erdogan!

Stephane Peu et Laurence Cohen (parlementaires PCF) au côté des Kurdes et de France Kurdistan: stop Erdogan!

 

Collectif Paix et Démocratie - Solidarité avec les peuples de Turquie(18 décembre 2018)

 

Le nouveau contexte des élections de juin 2018

Erdogan est devenu en 2014, le premier président de la République élu au suffrage universel. Les amendements constitutionnels, entrés en vigueur en 2018, qui établissent un régime hyperprésidentiel, lui permettent de gouverner en autocrate sans contre-pouvoirs.
Il entend être le dirigeant d'une nouvelle Turquie. Pour cela, il promeut un islam politique turc, il redéfinit le nationalisme dans la perspective de retrouver une grandeur perdue sur la base d'une refondation civilisationnelle. Ce projet a commencé à se concrétiser dans plusieurs sphères de la vie publique et privée par des postures moralistes, intrusives et paternalistes (enseignement religieux, restrictions des droits des femmes, vente d'alcool...).

L'autoritarisme, profondément ancré dans la vie politique et sociale, a permis à Erdogan de poursuivre une politique de refondation conservatrice. Le nationalisme à connotation ethnoreligieuse est le plus grand dénominateur commun idéologique de la société turque. L'image de la Turquie comme puissance assiégée reste vive dans l'imaginaire populaire. Il permet de justifier la politique de répression face aux prétendus périls extérieurs et intérieurs. Cet autoritarisme qui se traduit par une paramilitarisation de l'appareil d'État fait bon ménage avec les politiques néolibérales.

Depuis la disparition de la carte européenne pour établir son pouvoir, Erdogan a misé sur la polarisation sociale pour s'assurer du soutien des sunnites conservateurs. Il attise les fractures de la société turque : ethniques (kurdes), confessionnelles (alévis) et culturelles (modernistes). Il est le défenseur de l'unicité de la nation face aux Kurdes. Au nom de l'oumma il refuse aux alévis de séparer leurs lieux de culte des mosquées.

Le majoritarisme constitue la limite de sa conception démocratique. Mais comme la plupart des régimes autoritaires il a besoin de la souveraineté incarnée dans le suffrage universel. D'où la nécessité de remporter les élections. Erdogan s'appuie sur une large base sociale constituée de la bourgeoisie anatolienne, des différents milieux islamistes et des populations les plus pauvres convaincues que la résolution des problèmes sociaux se relève de la charité. Il dispose enfin d’un quasi-monopole des médias. Le scrutin de juin a montré que les 2/3 des électeurs turcs votent pour des formations conservatrices ou ultranationalistes.

Purges, violations des droits de l'Homme et crise économique

Depuis plusieurs années maintenant, la répression ne faiblit pas et s'est amplifiée depuis la tentative avortée du putsch de juillet 2016. Des coups de filets sont annoncés chaque semaine.

220 000 personnes ont été interpellées depuis le coup d’État et plus de 50 000 condamnés. Médias, secteurs éducatifs, judiciaires, militaires, économiques sont affectés. La répression a des ramifications à l'étranger : pression sur des États mais aussi disparitions et enlèvements (dont 200 revendiqués), intimidations et pressions diplomatiques, tortures dans des centres de détention arbitraires.

Cette répression frappe tous les opposants et notamment les démocrates : syndicalistes, défenseurs des droits de l'Homme et plus particulièrement le HDP : 5 000 militants, la quasi-totalité des parlementaires et des maires ont été ou sont incarcérés.

Mais ne nous y trompons pas, ce régime de guerre et de terreur place la Turquie au bord du gouffre.

- Sur le plan économique : Le PIB de la Turquie a augmenté de 30% en 16 ans et ses taux de croissance demeurent impressionnants (7,2% en 2017). Cependant cette économie n'en connaît pas moins des difficultés structurelles. En 2018 et 2019, la croissance devrait être divisée par 2 alors que la livre a perdu 40% de sa valeur, l'inflation flirte avec les 20% et que le chômage s'accroît. Les investissements reculent alors que l'endettement explose. Cette crise monétaire s'explique fondamentalement par la politique du dollar fort. L'économie turque est trop dépendante du dollar pour combler le déficit de ses comptes courants et rembourser la dette de son secteur privé.

- Sur le plan politique : L'AKP a connu un net recul aux législatives de juin 2018 et ne doit sa majorité qu'à une alliance avec l'extrême droite. Mais Erdogan n'est pas parvenu à endiguer les contestations et les résistances. Il a échoué dans sa tentative d'éliminer le HDP, seule force progressiste et pacifiste turque qui parvient à dépasser 10% des voix et dispose d'un groupe parlementaire. Les mouvements sociaux contre la crise connaissent une vigueur nouvelle en dépit de l'interdiction de la grève dans de nombreux secteurs et des arrestations. Les mobilisations sont également fortes sur la défense des libertés : mouvements des femmes, grève de la faim dans les prisons à l'image de la députée Leyla Güven, le succès de librairie de l'ouvrage de S. Demirtas... L'action opiniâtre des parlementaires HDP auprès de la Cour Européenne des Droits de l'Homme a abouti à un arrêt exigeant la libération immédiate de S. Demirtas... qu'Erdogan a rejeté. Dans la même perspective, la commission des Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe vient de recommander la sortie du PKK de la liste des organisations terroristes. De telles décisions mettent en difficultés Ankara et répondent à la demande de paix des peuples de Turquie.
Les démocrates turcs n'ont pas dit leur dernier mot. L'heure est plus que jamais à la solidarité internationaliste.

Le retour de la Turquie sur la scène internationale

Les choix géostratégiques de la Turquie de 2011 à 2016 l'avaient placée dans une situation croissante d'isolement. Ankara n'était pas parvenue à renverser le régime de Bachar al-Assad et avait vu avec stupeur s'installer, à sa frontière nord, un espace kurde autonome.

Aujourd'hui la Turquie est sortie de cet isolement diplomatique depuis son rapprochement avec Moscou en 2016. Elle se replace dans le jeu régional.

- Elle a pu lancer en 2016 et 2018 (Afrin) des opérations contre les Kurdes lui permettant d'établir un protectorat dans le nord de la Syrie installant des rebelles djihadistes et empêchant l'unification des cantons kurdes. Elle s'apprête à engager une nouvelle offensive généralisée au Rojava contre des Kurdes, affaiblis dans leurs capacités militaires et diplomatiques avec des djihadistes recyclés , l'appui de l'artillerie et des drones. Cela constituerait un nouvel embrasement régional

- La décision de Poutine, mobilisé pour parvenir à une paix en Syrie, d'accorder sa confiance aux Turcs dans le règlement d'Idlib est un élément essentiel dans la mesure où Ankara a la capacité de négocier avec les organisations djihadistes.

- Un mini-sommet organisé à Istanbul avec la Russie, la France et l'Allemagne, pour discuter d'un schéma de sortie de crise et envisager la reconstruction de la Syrie conforte et confirme le rôle incontournable de la Turquie. Elle se permet le luxe de remettre en scène Paris et Berlin qui n'ont aucun poids.

- L'affaire Khassoghi amplifie cette capacité de la Turquie à peser sur les évolutions régionales et de devenir incontournable. Elle met en lumière les rivalités entre la Turquie et l'Arabie Saoudite pour devenir le porte-étendard de l'islam sunnite.

La région est traversée par deux axes antagoniques :

. La Turquie et le Qatar, favorables aux Frères Musulmans et hostiles au wahhabisme de Riyad

. L'Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et l'Égypte s'opposent à cet islam politique. Les Frères Musulmans sont perçus comme des terroristes.

Les États-Unis, marginalisés à l'échelle régionale, prennent la mesure de ces évolutions.
Ces derniers mois, plusieurs dossiers ont introduit des divergences entre les États-Unis et la Turquie. La plus importante réside dans le soutien apporté par Washington aux Kurdes du PYD. Il s'agit d'un dossier vital pour la Turquie. Mais dissensions et frictions ne veulent pas dire séparation d'autant qu'ils disposent d'intérêts communs au sein de l'OTAN.
Pour les États-Unis la marge est étroite. Trump a encore besoin de donner, pour quelque temps encore, des gages aux Kurdes dans la lutte contre les dernières poches de l'État Islamique, avant d'envisager le retrait. Mais il est clair que l'objectif est de parvenir à créer une zone sous contrôle de l'OTAN dans le nord de la Syrie, par l'intermédiaire de la Turquie et de ses alliés.
Washington a besoin de conserver de bonnes relations avec la Turquie afin de tenter de contrecarrer l'influence russe et iranienne. Les relations avec Ankara sont infiniment plus importantes qu'avec les Kurdes d'Irak ou de Syrie. Les États-Unis ont dernièrement mis à prix la tête de trois dirigeants du PKK. Le statut de pivot central de la Turquie au sein de l'OTAN doit être préservé d'autant que Trump envisage de créer une OTAN "arabe".

Nos tâches

Afin d'empêcher des engrenages mortifères et de faire prévaloir la paix, la solidarité avec les peuples de la région est indispensable.

1. Manifestation du 12 janvier 2019
En 2013, trois militantes kurdes étaient assassinées dans Paris. La justice française a reconnu ce crime d'État et a identifié le MIT (services secrets turcs) comme commanditaire. L'ambassadeur actuel de Turquie en France, Ismaël Hakki Musa, était alors directeur adjoint du MIT. Le procès n'a pas eu lieu en raison de la mort du meurtrier mais de nouvelles procédures judiciaires sont engagées. Comme chaque année, une manifestation européenne, se tiendra le 12 janvier à l'initiative des organisations kurdes. Chaque année, le PCF y participe à un haut niveau avec ses élu(e)s. Notre visibilité est donc indispensable (drapeaux, badges...).

2. Célébration de Newroz
À quelques jours des élections municipales en Turquie, les Kurdes célébreront leur nouvel an (week-end du 21 mars). Partout où Newroz sera célébré, le PCF s'y exprimera. Le collectif tient à la disposition des fédérations une trame d'intervention.

À ces deux initiatives nous reprendrons nos mots d'ordre STOP ERDOGAN ! et nous aurons probablement un matériel (autocollant) autour du thème : Paix et Démocratie avec les Peuples de Turquie

Pascal TORRE

 

Alerte Rojava / Soutien total au PYD, aux peuples et à sa jeunesse contre la barbarie (PCF, 20 décembre 2018)

 

 

Pascal Torre, avec Berivan Firat, et une militante de France-Kurdistan, au stand du PCF Finistère à la fête de l'Huma 2018: solidarité avec les démocrates et les peuples opprimés de Turquie, le combat des Kurdes pour l'égalité et la liberté!

Pascal Torre, avec Berivan Firat, et une militante de France-Kurdistan, au stand du PCF Finistère à la fête de l'Huma 2018: solidarité avec les démocrates et les peuples opprimés de Turquie, le combat des Kurdes pour l'égalité et la liberté!

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22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 08:34

 

Soudan : Le PCF apporte son soutien au mouvement populaire pour la justice sociale et la démocratie

 

Depuis quelques jours, des manifestations secouent le Soudan.

Par milliers, travailleuses et travailleurs, étudiant-e-s, jeunes et moins jeunes arpentent pacifiquement les rues des différentes villes du pays pour demander la fin des politiques néolibérales et antisociales imposées par le Fonds monétaire internationale (FMI).

Face à cette demande démocratique, le régime d'Omar Al Bachir, oppose son arme favorite : la répression ! A ce jour, on déplore des dizaines de blessés et un mort.

Des centaines de manifestants pacifiques parmi lesquels des enfants de moins de 13 ans ont été arrêtés.

Le Parti communiste français (PCF) condamne la répression en cours au Soudan et apporte son plein soutien à la lutte du peuple soudanais pour la démocratie, la justice et la paix, et demande aux autorités françaises de condamner publiquement le régime soudanais.

Le PCF exprime son entière solidarité au Parti communiste soudanais (SCP) engagé sans répit dans la lutte pour libérer le Soudan de l'oppression et de la tyrannie d'Al Bachir.

Parti communiste français
Paris, le 21 décembre 2018

Soudan : Le PCF apporte son soutien au mouvement populaire pour la justice sociale et la démocratie (communiqué du PCF, 21 décembre 2018)
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22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 07:04
Manifestation contre l'invasion turque à Afrin dans une région tenue par les forces démocratiques kurdes qui y ont combattu les Islamistes, notamment Daesch. Les Etats-Unis (et la France) avaient laissé les forces turques d'Erdogan avec leurs supplétifs de l'Armée Libre Syrienne envahir la région contrôlée par leurs anciens alliés kurdes contre l'Etat Islamique

Manifestation contre l'invasion turque à Afrin dans une région tenue par les forces démocratiques kurdes qui y ont combattu les Islamistes, notamment Daesch. Les Etats-Unis (et la France) avaient laissé les forces turques d'Erdogan avec leurs supplétifs de l'Armée Libre Syrienne envahir la région contrôlée par leurs anciens alliés kurdes contre l'Etat Islamique

Syrie : « L’Etat islamique se nourrira du chaos et du vide politique causé par un retrait » des Etats-Unis
Syrie : « L’Etat islamique se nourrira du chaos et du vide politique causé par un retrait » des Etats-Unis

Pour le spécialiste Patrick Haenni, les Occidentaux doivent laisser aux Kurdes le temps de préparer une sortie de crise négociée avec la Turquie et la Syrie.

Propos recueillis par Allan Kaval Publié le 20 décembre 2018

Si elle est rapidement suivie d’effets concrets, la décision, inattendue et brutale, de Donald Trump de retrait des forces américaine en Syrie est susceptible d’engendrer un bouleversement majeur des rapports de force régionaux. Entraînant celui des autres pays de la coalition internationale, dont la France, un tel départ laisserait sans protection les territoires du nord-est de la Syrie, tenus par les Forces démocratiques syriennes (FDS), à dominante kurde, qui ont joué un rôle majeur dans la lutte contre l’Etat islamique (EI). La région se trouverait alors à la merci de la Turquie, hostile aux Kurdes de Syrie, et du régime syrien.

Patrick Haenni est expert de terrain, spécialiste du nord-est de la Syrie et conseiller pour le Centre pour le dialogue humanitaire (HD). Cette organisation, basée à Genève, œuvre à prévenir, atténuer et résoudre les conflits armés par le biais du dialogue et de la médiation. Depuis près de vingt ans, le HD est engagé dans plus de quarante initiatives de dialogue et de médiation dans plus de vingt-cinq pays.

Le chercheur estime qu’il est nécessaire de laisser le temps aux autorités à dominante kurde de la région de trouver une sortie de crise négociée, seul moyen d’éviter une situation chaotique dont l’Etat islamique, qui a conservé sa capacité de nuisance, pourrait profiter pour se régénérer.

Donald Trump a justifié sa décision de retrait en déclarant que l’Etat islamique avait été vaincu en Syrie, est-ce réellement le cas ?

L’Etat islamique a perdu l’essentiel des territoires autrefois placés sous son contrôle en Syrie, mais cela ne veut en aucun cas dire que l’organisation djihadiste a été vaincue. Il est très important de comprendre que l’affaissement territorial de l’Etat islamique ne signifie pas la fin de sa capacité de mobilisation. D’abord, même si les forces djihadistes et leurs structures de gouvernance ont été chassées des vastes territoires, repris depuis 2014 par les Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante kurde dans le nord-est de la Syrie, l’Etat islamique n’y a pas perdu tous ses relais.

Les cellules dormantes, même dans les territoires contrôlés par les FDS, sont extrêmement nombreuses

L’organisation est toujours présente, clandestinement. Les cellules dormantes, même dans les territoires contrôlés par les FDS, sont extrêmement nombreuses. Sa capacité à recruter localement se maintient. C’est notamment le cas dans des zones récemment reprises par les FDS, comme la région de Deir ez-Zor, frontalière de l’Irak, véritable cœur historique de l’Etat islamique, où des combats avaient encore lieu mi-décembre autour de la localité de Hajine.

Le travail est loin d’être terminé dans cette région, car la poursuite tardive des combats au sol a retardé tout plan de contrôle sécuritaire efficace, contrairement à ce qui a pu se faire tant bien que mal dans l’ancienne capitale de l’Etat islamique, Rakka, reprise par les FDS avec le soutien des Etats-Unis et de la coalition fin 2017. Dans la région de Deir ez-Zor, l’EI peut aussi tirer parti des divisions profondes qui segmentent les groupes tribaux arabes dont certaines franges ont, par le passé, fait le pari du ralliement à l’Etat islamique pour se renforcer vis-à-vis des autres dans le cadre de conflits portant sur la terre, le contrôle des ressources, l’autorité dans les structures tribales.

La bataille de la région de Deir ez-Zor n’est pas à proprement parler terminée. Or cette bataille n’est pas celle des Kurdes, mais celle qu’ils mènent pour le compte de l’Occident. Si celui-ci se désengage avec le retrait américain et que les garanties que leur offrait la coalition s’évanouissent, les FDS, dominées par les Kurdes, n’auront aucun intérêt à poursuivre leur effort contre les djihadistes. Placées sous la menace de voisins hostiles (la Turquie et le régime syrien), qu’un retrait américain rendrait libre de les attaquer, elles devront revoir leurs priorités et repositionner leurs forces ailleurs, sans pouvoir déraciner l’EI de cette région, à partir de laquelle il pourra se régénérer.

Du point de vue de l’Etat islamique, un retrait américain se traduirait donc par une réduction de la pression au niveau local, qui lui permettrait d’exploiter pleinement ces atouts, ce vivier de sympathisants potentiels. Et, dans son histoire, l’EI a montré que, même très affaibli, il a su rebondir de manière surprenante à chaque fois que la pression militaire qui s’exerçait contre lui a diminué.

Lire aussi Avec leur départ de Syrie, les Etats-Unis prennent de court leurs alliés et comblent leurs adversaires
Un retrait américain représenterait en fait une aubaine pour l’EI ?

Dans des régions comme celle de Deir ez-Zor, l’Etat islamique, qui n’a pas perdu sa capacité de nuisance, bénéficie d’un vivier de recrutement dans lequel il pourra plus facilement puiser si la fin de la présence américaine conduit les FDS à abandonner leur effort de reprise en main. S’il est mené sans intervention directe des Etats-Unis et de la coalition, la mise en place d’un dispositif sécuritaire visant à faire pression sur les réseaux djihadistes ne peut se faire si le retrait américain rebat toutes les cartes et déstabilise les rapports de forces dans la région.

Aussi, si l’encadrement kurde de FDS se retrouve dans l’incapacité à organiser la gouvernance et la surveillance de ces zones, des sympathisants de l’Etat islamique, des membres des anciennes structures civiles de l’organisation, les personnes en quête de revanche suite aux abus commis localement par les FDS offrent un réservoir bien réel et disponible pour des recrutements de tous genres.

A ces derniers s’ajoute la grande masse des personnes impliquées localement dans les structures de l’Etat islamique qui n’ont pas été inquiétées par les services de sécurité des FDS. Ces dernières n’avaient pas les moyens de mettre tout le monde en prison et ont mené une politique d’amnistie où les notables tribaux locaux ont joué un rôle de garant. Est-ce que l’Etat islamique pourra mobiliser à nouveau ses anciens affiliés dans le nouveau contexte qui s’annonce ? Pas en bloc, c’est certain. Mais les djihadistes vont tenter de déstabiliser la zone autant qu’ils le pourront en s’appuyant sur tous ceux qu’ils pourront influencer ou acheter.

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Dans le contexte qu’ouvre la perspective du retrait américain, comment les puissances occidentales peuvent-elles éviter une résurgence de l’Etat islamique ?

L’Etat islamique se nourrit du chaos et du vide politique, des conséquences qu’on peut attendre d’un retrait précipité des Etats-Unis. En effet, un tel recul risque de conduire à une course de vitesse entre le régime syrien, son allié iranien et la Turquie pour la reprise des territoires tenus par les FDS et alors privées de la protection américaine.

Cette escalade, qui conduirait à des déstabilisations majeures, est possible alors même qu’aucun des acteurs en place n’y a intérêt. Pour la Turquie, une invasion militaire massive, importante, est possible mais difficile et coûteuse et assortie d’un risque d’exportation de la crise vers ses propres régions kurdes. Pour le régime et l’Iran, le vide créé par un départ américain est problématique car ils savent très bien qu’un retrait précipité favorisera la Turquie, qui a plus de capacités immédiates de projection de puissance.

La clé, à présent, est donc de gagner du temps pour permettre un dénouement négocié qui éviterait le chaos et laissera une marge de manœuvre réduite à l’Etat islamique. Mais il n’y aura pas de sortie de crise pour les Kurdes sans des choix politiques douloureux. Il s’agira de concessions massives à la Turquie pour éviter la guerre, ou de concessions massives à Damas pour permettre au régime de se poser en alternative à une agression turque.

Un arrangement bilatéral avec Damas consisterait à accepter un accord qui signifiera la fin de l’autonomie militaire des FDS et la réintégration de leurs structures politiques dans le giron de l’Etat, et selon les termes imposés par le régime. Cela reviendrait à sacrifier son projet politique au nom du refus d’une guerre qu’il juge ne pas pouvoir gagner. Eviter la guerre avec la Turquie signifierait un pari historique pour le mouvement kurde, renoncer au combat contre la Turquie au nom d’une priorité mise sur la préservation de son projet en Syrie.

Il est donc vital de laisser aux leaders du mouvement kurde la possibilité de penser une sortie de crise négociée et politique, la seule capable d’éviter que le nord-est du pays, qu’il contrôle, vienne s’ajouter à la liste déjà longue des guerres qui ont éclaté dans le sillage du soulèvement syrien. Pour cela, il leur faut du temps, ce qui est le minimum que l’Occident peut donner à son allié d’hier, pour lui permettre, finalement, de faire ses choix, aussi douloureux

 

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 15:23

 

Alerte Rojava / Soutien total au PYD, aux peuples et à sa jeunesse contre la barbarie

 

Alors que les Forces démocratiques syriennes (FDS) poursuivent victorieusement et au prix de sacrifices inouïs le combat contre l'Etat islamique, encore présent dans l'Est du pays, la Turquie a annoncé l'imminence d'une offensive militaire contre le Rojava. S'appuyant sur des groupes djihadistes affiliés, prise dans l'ivresse de la puissance des deux agressions antérieures, dont celle d'Afrin, elle entend anéantir les forces pacifistes et démocratiques kurdes de Syrie.

Alors que la crise économique fait des ravages en Turquie, Ankara exacerbe la fibre nationaliste pour mobiliser son électorat dans la perspective des prochaines élections municipales en mars 2019. RecepTayyip Erdogan use aussi de la stratégie du grand écart diplomatique entre l'OTAN, les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et l'Iran pour consolider sa position et rejeter, avec Bachar al-Assad, toute perspective d'autonomie du Rojava. C'est dans ce contexte que Donald Trump vient d'annoncer le retrait des forces américaines stationnées illégalement en Syrie livrant le peuple kurde aux assauts de la barbarie.

Dans l'urgence, la France doit saisir le Conseil de sécurité de l'ONU pour placer les Kurdes de Syrie, à l'image de ceux d'Irak, sous protection internationale afin d'empêcher de nouveaux crimes de guerre et un nettoyage ethnique de la région.

Face à la tragédie qui s'annonce, à l'arrogance de D.Trump qui n'est égalée que par son incurie, face à l'aveuglement sur la brutalité, le cynisme des pouvoirs russe, iranien, turc et syrien, les capitulations successives constituent une indignité et une faute politique aux conséquences désastreuses.

Le Parti communiste français (PCF) appelle à la mobilisation et exprime sa solidarité totale avec le PYD, les peuples et la jeunesse du Rojava épris de liberté, de justice et de paix.

Parti communiste français
Paris, le 20 décembre 2018

Alerte Rojava / Soutien total au PYD, aux peuples et à sa jeunesse contre la barbarie (PCF, 20 décembre 2018)
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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 15:11
Salah Hamouri, photo Le Télégramme

Salah Hamouri, photo Le Télégramme

 

Salah Hamouri, avocat franco-palestinien de 33 ans, était l’invité d’honneur de l’Association France Palestine Solidarité, le 30 novembre, à Plourin-lès-Morlaix (29), dans le cadre du Festival des Solidarités. Il est revenu, à cette occasion, sur ses 13 mois de captivité dans une prison israélienne et sur le sort des Palestiniens dans l’État hébreu. Un témoignage qu’il renouvellera ces mercredi et jeudi, à Carhaix, Brest et Quimper (*).


Vous avez été libéré le 30 septembre, après plus d’un an de détention dans les geôles israéliennes. Comment allez-vous ?
 

« Ça fait vraiment du bien d’être libre. C’est un sentiment compliqué à décrire avec des mots… Cet emprisonnement a été d’autant plus difficile à vivre que ma femme, qui est française, et notre fils étaient interdits de séjour en Israël - ils le sont toujours -, et ne pouvaient donc pas me rendre visite. Une fois libéré, j’ai fait au plus vite pour venir les retrouver en France ».


Que vous reprochait Israël ?

« J’ai passé 13 mois en détention administrative et je ne sais toujours pas pourquoi. La détention administrative est une loi qui a été créée sous le mandat britannique avant l’occupation de 1948, et qui permet à l’armée israélienne d’arrêter n’importe quel Palestinien et de l’emprisonner pendant plusieurs mois, par périodes renouvelables, ad vitam, sur la base d’un dossier qui reste secret. Ni moi, ni mon avocat ne savons ce qu’il contient. Je sais juste que c’est le ministre de la Défense qui a signé l’ordre de m’arrêter pour une période initiale de six mois. Et qu’on me considère comme un danger pour la sécurité d’Israël. Mais je ne suis pas le seul. Nous sommes plusieurs centaines, comme ça ».

Comment s’est déroulée cette détention ?

« Les prisons israéliennes sont faites pour briser mentalement les prisonniers politiques palestiniens. On est à l’isolement total. Collectivement. Moi, j’étais détenu à Neguev, au Sud, dans le désert, près de la frontière égyptienne. On était 1 600. Coupés du monde. Le seul lien avec l’extérieur, mais ce n’est pas valable pour tout le monde, c’est la visite de la famille très proche (père, mère, frères, sœurs), une fois par mois. On a le droit à 45 minutes au téléphone, derrière une vitre. Et tout est enregistré. On fait donc attention à ce que l’on dit, de peur que ce soit utilisé ensuite ».


Déjà en 2005, vous aviez été inculpé pour avoir projeté l’assassinat du rabbin Ovadia Yossef et pour votre appartenance présumée au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP)…

« C’est une vieille histoire. J’ai été condamné à sept ans de prison pour cela. J’avais accepté un plaider coupable pour éviter une peine de 14 ans, mais il n’y avait rien de précis dans le dossier ».


Êtes-vous membre du FPLP ?

« Ce n’est pas une question à laquelle je peux répondre. Le FPLP est considéré comme une organisation terroriste. Ce n’est pas du tout comme en France où on peut dire que l’on est communiste, socialiste… Là-bas, toute appartenance à un parti politique est interdite. Je ne peux pas dire si je suis membre ou pas ».


Vous considérez donc qu’il s’agit d’un acharnement de l’État d’Israël vis-à-vis de votre personne et des Palestiniens en général.

« Bien sûr. Depuis 1967, environ 850 000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes ; il y a eu 215 morts. C’est 30 % de la société qui est touchée. Aujourd’hui, il y a plus de 5 000 prisonniers palestiniens, dont 250 enfants et 62 femmes… 80 d’entre eux sont incarcérés depuis plus de 25 ans. C’est un système destiné à faire pression. On veut clairement nous chasser de Palestine. Personnellement, j’ai déjà été détenu à quatre reprises. La première fois, j’avais 16 ans ».


Le simple fait d’être Palestinien ferait de vous un danger pour Israël ?

« Pour eux, oui. Car je refuse d’accepter la situation. Et puis je suis avocat. Je n’ai jamais caché que je voulais défendre les prisonniers politiques ».


Étiez-vous au courant qu’en France, vous étiez soutenu par le monde associatif et une partie de la classe politique ?

« Un peu seulement, grâce à ma famille. Car, contrairement à ma précédente détention, l’administration avait cette fois interdit de faire entrer des lettres. Même les livres en français m’étaient interdits ».


La diplomatie française a-t-elle fait ce qu’il fallait pour faciliter votre libération ?

« Clairement, non. Pour des Français détenus en Turquie ou au Mexique, elle est intervenue, quitte à créer un incident diplomatique. Mais pour moi, rien. Les démarches étaient trop timides, pour ne pas énerver Israël. Il ne faut jamais brusquer Israël ».


Pourquoi avez-vous accepté de venir à Plourin-lès-Morlaix, puis à Carhaix, Brest et Quimper ?

« Pour remercier tous les gens qui se sont mobilisés pour ma libération. Et je sais qu’en Bretagne, ils ont été très actifs (il a été fait citoyen d’honneur de la ville de Carhaix, NDLR). Leur combat ici est important et efficace pour la cause palestinienne. Je suis venu aussi, à la demande de l’Association France Palestine Solidarité, pour évoquer la vie des prisonniers politiques en Israël ».


Vous avez l’intention de retourner vivre en Palestine. N’avez-vous pas peur d’être de nouveau arrêté ?

« La Palestine est mon pays. J’y suis né. Bien sûr que je vais y retourner. Même si les Israéliens m’ont bien fait comprendre que j’avais tout intérêt à rester vivre en France. Mon combat va être de permettre à ma femme et à mon fils de me rejoindre. Il fait savoir qu’en tant que Palestinien de Jérusalem, je n’ai qu’une carte de résidence temporaire. Si je quitte le pays plus de six mois, je la perds. Et on ne me laissera jamais plus rentrer. Quant à une nouvelle arrestation… Ça peut arriver ».


Que pensez-vous du rôle des États-Unis dans le conflit israélo-palestinien ?

« Il faut dire clairement les choses ici. Les États-Unis se servent d’Israël, depuis sa création, comme d’une base armée avancée pour le Proche-Orient. Et ce que vient de faire Trump, en déménageant l’ambassade des USA de Tel-Aviv à Jérusalem, c’est donner le feu vert aux Israéliens pour poursuivre leur projet de colonisation et chasser les Palestiniens de Jérusalem. C’est une décision politique très dangereuse ».


Tous les Israéliens sont-ils, selon vous, en guerre contre les Palestiniens ?

« Il y a une force d’occupation et un peuple occupé. Ça, c’est la base. Ensuite, la volonté de la société israélienne se traduit lors des élections. On voit bien quel est leur choix. C’est l’extrême droite. Les Israéliens antisionistes en faveur des droits des Palestiniens sont extrêmement minoritaires. Du côté des Palestiniens, certains seulement résistent. Mais tous refusent cette colonisation ».


Remettez-vous en cause l’existence même d’Israël ?

« Non, je ne la remets pas en cause. Mais je considère que sa création a été une erreur et une injustice historiques. Le présent le démontre ».

C’est un conflit entre un peuple occupé et une force occupante

Le conflit israélo-palestinien est-il un conflit religieux ?

« C’est tout sauf un conflit religieux. Avant 1948, il y avait bien des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans qui vivaient en paix en Palestine. Je le répète : c’est un conflit entre un peuple occupé et une force occupante. La religion est un prétexte. Moi, je suis né musulman mais je n’ai rien contre les Juifs en tant que Juifs. Ce ne sont pas les Juifs qui occupent nos rues, ce sont les Israéliens. Ce que les Palestiniens contestent, c’est la colonisation ».


Pensez-vous que la paix à une chance de voir le jour dans cette région du monde ?

« Elle arrivera dès lors qu’il y aura un respect des droits des Palestiniens. Sans cela, aucune chance. La solution des deux États est morte et enterrée, à cause de la colonisation. La seule qui vaille, c’est la création d’un État démocratique, laïc, qui garantisse le retour des Palestiniens. Un État où tous les habitants auront les mêmes droits ».

* Salah Hamouri sera à Carhaix ce mercredi 19 décembre, à 14 h 30, à la salle Justice de paix, puis à Brest, à 20 h, à la Maison du Peuple. Il sera reçu en mairie de Brest jeudi à 11 h, avant de se rendre à Quimper, où il est attendu, à 15 h, pour une réception à l’hôtel de ville, puis à 20 h, à la MPT de Penhars, pour une réunion publique.

Interview de Salah Hamouri par Gwendal Hameury, chef de rédaction du Télégramme à Morlaix

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19 décembre 2018 3 19 /12 /décembre /2018 08:20

 

Choisir la ville charbonnière de Katowice  dans une Pologne qui utilise le charbon pour produire 80% de son énergie électrice ne revenait pas à créer les meilleures conditions  pour la Cop 24 transforme passer  les vœux exprimés trois ans plus tôt lors de la Cop 21 de Paris  en travaux pratiques  à l’échelle planétaire.  Alors que l’on joue les prolongations ce week-end, il apparaît que la présidence polonaise  a été inefficace tandis que les grands pollueurs de la planète ont refusé  de s’engager à réduire de manière  sérieuse  leurs émissions de gaz à effet de serre. 

Il était prévu au départ  que la Cop 24 qui se tient à Katowice en Pologne  termine ses travaux ce vendredi  14 décembre. Mais  on va jouer les prolongations demain et peut-être dimanche. En théorie, la véritable prise de conscience des décideurs  politiques concernant les enjeux climatiques  date de la conférence qui s’était tenu à Kyoto  en décembre 1997. Cette année là , en raison du décalage horaire ,  les dépêches rédigées  par les envoyés spéciaux de l’Agence France   Presse (AFP) qui  couvraient l’évènement   permettaient  aux rédactions  des quotidiens français  d’avoir  dès le milieu de chaque après-midi  l’évolution des travaux de la conférence.

Vingt et un an plus tard , les dépêches d’agence sont rares en provenance de Katowice  et rares sont les journaux  français couvrant,  directement  cette Cop 24 où les délégations de 200 pays  devaient mettre en place un ensemble de mesures visant à diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050  afin de tenter de limiter le réchauffement  à  plus  2°C par rapport à la période préindustrielle  du milieu du XIXème siècle.

Ce vendredi  matin, sur  seize éditoriaux de la presse hexagonale  cités dans la revue de presse de l’AFP, quinze parlent de l’action des gilets jaunes qui continue et des difficultés que cela génère pour Emmanuel Macron et son gouvernement tandis que le seizième porte sur le Brexit et les complications qu’il n’en finit pas de produire. Aucun ne parle de la Cop 24. A trois heures du matin, zéro minute et une seconde  ce vendredi,  une dépêche de l’AFP titre  sur une  « fin de cop  tendue à Katowice » et débute par ces lignes : «  Entre retards , désaccords et pressions de toutes parts , la 24ème conférence climat de l’ONU (Cop 24)  se prépare  à un finish intense, avec  peut-être  à la clé l’espoir  d’un accord pour l’application  du pacte  de Paris ».

Comme nous l’indiquions hier, le « pacte de Paris », cité ici par l’AFP,   était le texte final de la  Cop 21. Il ne s’agissait que le catalogue de bonnes intentions, acceptable et finalement  accepté par  196 pays. Dès lors  que le passage aux travaux pratiques  était remis à plus tard, même  les pays qui  polluaient le plus à l’époque  acceptait l’objectif du plus 2°C à ne pas dépasser en 2100 et acceptaient même de tout faire  pour tenter de s’en tenir à plus 1,5°C  pour emporter l’adhésion  des pays pauvres les plus impactés  par le climat  au texte final.

France : la prime à la casse augmente les émissions de CO2

Se faisant fort de rappeler cet engagement, le GIEC  a produit voilà quelques semaines  un rapport montrant qu’il est impératif  de s’y engager sans attendre. Ce  n’est pas le cas depuis trois ans puisque les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont en hausse dans  presque tous les pays  depuis décembre 2015 à commencer par   les Etats Unis et l’Europe. Ce matin, l’AFP note fort justement  que « les implications du « mode d’emploi » ne sont pas anecdotiques. En vertu de l’accord de Paris, les engagements des pays à réduire les gaz à effet de serre sont volontaires. Mais leur suivi doit être multilatéral, avec de règles de transparence, comme  autant de « poutres »  garantissant la solidité de l’édifice ».

La « poutre » mise en exergue ces dernières semaines  par Emmanuel Macron , plusieurs de ses ministres et  beaucoup de députés du groupe LaREM pour garantir « la  solidité de l’édifice » consistait   à expliquer la chose suivante : utiliser  moins de 20%  des taxes que le gouvernement prélève sur les carburants pour  donner une prime  aux automobilistes  qui remplaceront leur vieille voiture  par une autre qui sera neuve d’occasion  nous fait entrer   dans la transition écologique comme le prévoit  l’accord de Paris  sur le climat.

Cela n’est pas vrai du tout  et pour plusieurs raisons. Accélérer  le renouvellement  du parc automobile  accélère aussi la production de véhicules neufs dont il faut prendre en compte le bilan carbone depuis l’extraction des métaux  jusqu’à  la fabrication et la mise en marché  des véhicules neufs. Beaucoup de ces véhicules neufs   sont des « Sport Utility Vehicle » (SUV) plus gourmands en carburant que les vieilles voitures   retirées du marché en France. Ajoutons que ces dernières  sont  souvent  revendues, entières  où en pièces détachées,  pour vivre une seconde vie sur le continent africain  qui importe chaque année  3 à 4 millions de voitures retirées du marché en France et en Europe. Finalement, plus la prime à la casse peut sembler  efficace  en accélérant  le renouvellement  du parc automobile en France, plus les émissions de CO2 imputables  à la voiture individuelle sont susceptibles  d’augmenter. Car la France concentre  ses activités dans les grandes métropoles, tandis que  l’étalement rurbain de l’habitat induit par la spéculation  éloigne l’immense majorité des salariés de leur lieu de travail. Du coup, la voiture individuelle demeure souvent l’unique moyen  de se rendre au travail. Voilà comment est née la révolte des Gilets jaunes  en France contre le racket mis en place par l’Etat.

Les engagements flous de 2015 c’est plus 3°C en 2100

Pour revenir  aux dernières heures de la Cop 24 à Katowice, l’AFP nous dit que « les délégués doivent encore  régler un hic survenu autour  de   la mention du dernier rapport  du groupe des experts de l’ONU (GIEC)  dans la décisions finale. Arabie saoudite, Russie, Etats Unis refusent le terme  « accueille favorablement », accepté par d’autres pays concernant la nécessité de garder l’objectif de plus 1,5°C à ne pas dépasser d’ici.  On en était là ce vendredi matin  tandis que le secrétaire général de l’ONU devait revenir à Katowice pour tenter de convaincre les récalcitrants.

L’AFP rappelle aussi que « les promesses nationales présentées en 2015 » par un certain nombre de pays  « conduisent  à un monde à plus 3°C, annonciateur de conséquences dramatiques ».  Ajoutons que le quotidien « Les Echos » titre ce matin « Cop 24 : démission planétaire sur le climat». Mais  il suffit de lire ce quotidien des milieux  d’affaires  chaque matin pour se rendre compte que la vision  de l’économie donnée par sa rédaction pourrait s’intituler  « CO2 mon amour », pour rependre le titre d’une émission de France Inter  le samedi.      

 

Gérard Le Puill

 

 

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14 décembre 2018 5 14 /12 /décembre /2018 06:49

En privilégiant la concurrence féroce entre grands groupes industriels et financiers au détriment des préoccupations sociales et environnementales, l'accord de libre échange entre l'Union européenne et le Japon ( JEFTA ) s'inscrit dans la droite ligne du CETA (accord Europe-Canada).

Quelles sont les conséquences prévisibles de ce nouvel accord et comment tenter de s'y opposer ?

Débat avec les eurodéputé.e.s Christine Revault d'Allonnes Bonnefoy (S et D) et Patrick Le Hyaric (GUE-GVN), animé par Jean-Jacques Régibier, journaliste.

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