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2 juillet 2022 6 02 /07 /juillet /2022 06:44
Ankara accusé de crime de guerre par le peuple kurde - L'Humanité, Antoine Poncet, 30 juin 2022
Ankara accusé de crime de guerre par le peuple kurde

JUSTICE La Turquie mène des attaques meurtrières contre le Kurdistan irakien et syrien. Avec ces véritables crimes de guerre se conjugue une ambition coloniale et antidémocratique. La communauté internationale reste silencieuse.

Publié le Jeudi 30 Juin 2022

Les Kurdes, peuple sans patrie qui vit entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie, sont plus que jamais persécutés. Depuis le 17 avril, et sous prétexte d’assurer la sécurité à leurs frontières, les autorités turques tentent d’annexer le Kurdistan irakien. La région, contrôlée par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), est le théâtre de crimes de guerre. « Nous avons reçu des images terrifiantes, filmées par des soldats turcs. On les voit décapiter les guerriers kurdes à coups de hache, avec fierté », relate Agit Polat, porte-parole du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), la voix teintée d’émotion.

Ces images effroyables ont été publiées sur les réseaux sociaux, mais restent méconnues du grand public. Il faut dire que les autorités turques mettent tout en œuvre pour désinformer et que la diplomatie occidentale ferme les yeux face à la barbarie. Dans la région kurde du Rojava, au nord et à l’est de la Syrie, la crainte d’une occupation turque plane également. À nouveau, le gouvernement d’Erdogan revendique une opération de sécurité après de multiples incursions. « Au Rojava, les Kurdes sont à l’origine d’un mouvement révolutionnaire qui est féministe, progressiste et, je le crois, anticapitaliste », souligne Jean-Paul Lecoq, député communiste et membre de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale.

Ce projet de démocratie provoque l’ire du président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui répond par une guerre réactionnaire. Le Rojava est, de fait, le siège d’une démocratie active, où l’ensemble des questions sont débattues par la population . « Erdogan dit que la place de la femme est à la maison. Il a peur des mouvements démocratiques progressistes », dénonce Khaled Issa, représentant des territoires kurdes du nord et de l’est de la Syrie. En outre, il relève la complaisance dont a fait preuve le président turc à l’égard des terroristes de Daech, qui partageaient également une frontière avec la Turquie. À l’époque, le mot « insécurité » ne faisait pas partie du vocabulaire de Recep Tayyip Erdogan. « Notre peuple continuera de se battre pour son territoire et pour ses valeurs, malgré le sentiment d’avoir été lâché par la communauté internationale, affirme Khaled Issa. La Finlande et la Suède partagent-elles vraiment les valeurs de la Turquie ? Je ne le crois pas. »

« une puissante arme juridique» pour erdogan

Le représentant des Kurdes de Syrie fait référence à la signature d’un accord entre les deux pays nordiques et la Turquie, au début du sommet de l’Otan à Madrid, mardi (voir ci-contre). « Cet accord immonde bafoue les valeurs de l’humanité  !» tance, quant à lui, le porte-parole du CDK-F. À l’aune de la guerre en Ukraine, Ankara réaffirme sa force diplomatique en négociant l’adhésion de la Finlande et de la Suède en échange d’une coopération contre les combattants kurdes du PKK. « Recep Tayyip Erdogan a prouvé que le chantage fonctionne. En menaçant d’activer ses réseaux terroristes et en utilisant les réfugiés comme monnaie d’échange. Il s’est doté, avec cet accord, d’une puissante arme juridique », déplore Khaled Issa.

Face aux exactions dont sont victimes les Kurdes, la communauté internationale fait preuve d’un silence assourdissant. Pour l’écrivain goncourisé Patrice Franceschi, à l’origine de nombreuses missions humanitaires, notamment au Kurdistan, un « blocage intellectuel » perdure au sein des démocraties occidentales. « On confond l’agresseur avec l’agressé. Il ne faut pas oublier que l’actuel gouvernement turc est un ennemi pour nos démocraties », soutient l’écrivain. Il va jusqu’à qualifier le président turc de « Hitler du Bosphore », rappelant que « les résistants français étaient les ennemis, du point de vue de l’Allemagne nazie », pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pour le député communiste Jean-Paul Lecoq, la France est dans une impasse, à l’heure où sa démocratie apparaît comme « une démocratie du business ». L’État turc est effectivement un grand acheteur d’armes, en particulier auprès d’entreprises françaises. La sécurité des Français, que les marchands d’armes disent garantir, est intimement liée à la question kurde. Ce peuple était érigé en héros de la lutte antiterroriste, dans un contexte d’attaques récurrentes en Europe de l’Ouest. « Si les Kurdes tombent, l’Europe tombe aussi. Les attentats repartiront de plus belle », alerte Agit Polat. Mais, dans un futur proche, les premières victimes collatérales de la politique d’Ankara seront sans doute les membres de la diaspora. Après la signature de l’accord controversé, les Kurdes de Suède et de Finlande pourraient subir la répression.

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2 juillet 2022 6 02 /07 /juillet /2022 06:41
Un rapport pointe le rôle des États-Unis dans les exactions en Colombie - L'Humanité, Lina Sankhari, 30 juin 2022
Un rapport pointe le rôle des États-Unis dans les exactions en Colombie

Conflit Lors d’une cérémonie en présence du président élu, Gustavo Petro, la Commission pour la clarification de la vérité a dévoilé un document sur la guerre civile qui fit 450 000 morts de 1958 à 2016. À partir de la recension des crimes et de leurs auteurs, il formule des recommandations.

Publié le Jeudi 30 Juin 2022 - Lina Sankari

Même en noir et blanc, les mares de sang crèvent l’écran. Tous les soirs, la même marche funèbre. Des morts qui se bousculent aux heures de grande écoute. « Pourquoi regardions-nous, jour après jour, comme si c’était un feuilleton bon marché ? » interroge, toujours abasourdi, le prêtre ­colombien Francisco de Roux en sa qualité de président de la Commission pour la clarification de la vérité. À la fin des années 1990, les directeurs de l’information des chaînes de télévision décident de marquer leur refus de la violence en supprimant la couleur des informations liées au conflit armé qui fit 450 000 morts de 1958 à 2016.

Une guerre qui semble aujourd’hui prendre une nouvelle coloration à la lumière des documents déclassifiés et révélés dans le cadre d’un rapport de la Commission pour la clarification de la vérité. Dévoilées lors d’une cérémonie, le 28 juin, à laquelle ont assisté le futur président de gauche, Gustavo Petro, et sa vice-présidente, Francia Marquez, le dossier revient sur les violations des droits de l’homme mais aussi sur les implications des différents acteurs, dont les États-Unis. Fruit de quatre années de travail ­ouvert grâce à l’accord de paix de 2016 entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), le document collecte 14 000 entretiens individuels et collectifs.

La liste des morts « est sans fin et la douleur est insupportable », a insisté le jésuite. Massacres, disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires, enlèvements, extorsion, torture, agressions sexuelles et recrutement d’enfants… des crimes commis tout aussi bien par les groupes paramilitaires que les forces légales et les Farc. À ce titre, la commission à caractère extrajudiciaire donne également à voir le rôle joué par le modèle économique néolibéral, l’exclusion et les inégalités, dans cette spirale de violence. Elle recommande que la police nationale ne soit plus placée sous l’autorité du ministère de la Défense, la traduction en justice des accusés et la fin des accords entre l’armée et les entreprises privées, comme ces sociétés pétrolières qui rémunèrent des paramilitaires pour leur protection et collectent des informations pour le compte de la Défense.

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2 juillet 2022 6 02 /07 /juillet /2022 06:38
Zéro pointé pour Macron à la sortie de sa présidence de l’UE - Bruno Odent, L'Humanité, 1er juillet 2022
Zéro pointé pour Macron à la sortie de sa présidence de l’UE

Europe Le chef de l’État français se faisait fort de porter en étendard des avancées pour le Vieux Continent durant les six mois de pilotage tournant où la France présida aux destinées de l’UE. Il est en échec sur tous les dossiers, y compris celui de « l’Europe de la défense », sur lequel il avait pourtant beaucoup misé.

Publié le
Vendredi 1 Juillet 2022

L a présidence française de l’Union européenne (UE), qui a pris fin ce jeudi 30 juin, s’est achevée sur un bilan exécrable. Aucune des priorités qu’Emmanuel Macron avait avancées pour signaler qu’il saurait marquer de son empreinte la construction européenne ne s’est finalement concrétisée durant cette période de six mois. Un gros imprévu, la guerre en Ukraine, est venu certes bousculer la donne pour l’hôte de l’Élysée, même si cet événement aurait pu constituer une sorte d’aubaine. N’avait-il pas annoncé, en décembre 2021, urbi et orbi, que «  l’Europe de la défense » serait son dossier numéro un ? Il s’agissait, précisait-il alors, d’assurer « une autonomie de l’UE », qu’il prenait bien la précaution de placer « en complémentarité avec l’Otan », comme pour se prémunir de toute objection de Washington.

Emmanuel Macron reprenait en fait à son compte une ambition militaire continentale affirmée par les autorités françaises successives. La classe dirigeante française, affaiblie par une désindustrialisation du pays qu’elle orchestra elle-même, tente en effet depuis des lustres de se replacer aux avant-postes européens en jouant de sa force de frappe nucléaire et de ses industries de pointe dans l’armement.

Seulement, dans la configuration nouvelle de la guerre en Europe, c’est Joe Biden et le lobby états-unien de l’armement qui apparaissent comme les principaux bénéficiaires du tournant annoncé par plusieurs capitales en matière de sécurité. Le « changement d’époque » (Zeitenwende) proclamé par le chancelier allemand Olaf Scholz a douché les espoirs macroniens. Berlin a annoncé une dotation exceptionnelle de 100 milliards d’euros à l’armée fédérale allemande. Mais l’identité des bénéficiaires des premières mégacommandes n’a vite plus laissé aucun doute sur les grands bénéficiaires de l’opération. Les géants états-uniens du secteur sont quasiment les seuls servis.

Lockheed Martin va fournir 35 chasseurs bombardiers furtifs F35, chargés de permettre à l’Allemagne de remplir sa mission dite de participation nucléaire – entendez : transporter sur zone les bombes atomiques états-uniennes sur ordre de Washington et de l’Otan «  en cas de nécessité ». Boeing va livrer quelque 60 hélicoptères de transport géants Chinook à la Bundeswehr. Quant aux Européens, ils ne se voient gratifier, pour l’heure, que des miettes de ce superdeal militaire germano-états-unien. Airbus a récupéré un contrat de… maintenance des F35.

L’Europe de la défense ne se conçoit plus que comme une annexe du Pentagone

Pourtant, le président français s’est beaucoup dépensé pour donner des gages à l’atlantisme. En janvier, avant même le début de la guerre, il avait convoqué à Brest, à deux pas des sous-marins d’attaque tricolores, un sommet informel des ministres de la Défense puis des affaires étrangères de l’UE, avec la participation de Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan. Rien n’y a fait. L’Europe de la défense portée par Berlin et d’autres capitales européennes, si elle est encore très fédéraliste, ne se conçoit plus que comme une annexe du Pentagone.

Sur les suites de la guerre, les déclarations, frappées pourtant d’un élémentaire bon sens stratégique, au sujet de «  la nécessité de ne pas humilier la Russie » ont été impitoyablement recadrées. Devenu d’un seul coup plus discret sur ce thème, Emmanuel Macron a décidé de se rendre à Kiev en compagnie de ses homologues allemand et italien pour y donner le feu vert à l’entrée de l’Ukraine et de la Moldavie dans le processus d’adhésion à l’UE. En dépit de la taille des obstacles objectifs qui s’y opposent encore. Comme le degré élevé de corruption repéré au sein des « élites » de ces pays. Une conception de l’élargissement de l’UE plutôt anglo-saxonne et défendue par des états membres souvent en délicatesse avec le droit européen, comme la Pologne, s’est ainsi imposée. Ce qui, au passage, ne peut que donner toujours davantage de poids aux forces centrifuges qui minent déjà l’UE.

Seule bonne note à ce bilan calamiteux des six mois de présidence française, le dossier d’un Smic européen a pu au moins être posé sur la table. L’Élysée l’a endossé, même si l’initiative en revient au Parlement de Strasbourg, où les eurodéputés macroniens se targuent d’avoir pu entraîner «  les autres forces proeuropéennes ». À y regarder de plus près toutefois, la directive adoptée sur le sujet n’avance rien de concret et surtout de contraignant, se contentant d’affirmer le besoin d’un cadre commun afin de garantir «  un niveau de vie décent » aux citoyens de l’UE. Pas de quoi enlever un zéro pointé au bilan global d’une présidence française de l’Union européenne qu’Emmanuel Macron voulait tant pouvoir brandir en étendard.

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28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 05:30
Etats-Unis: La Cour suprême déclare la guerre aux femmes (L'Humanité, 26 juin 2022)
La Cour suprême déclare la guerre aux femmes

États-Unis En ne plaçant plus le droit à l’avortement sous la protection de la Constitution, la plus haute instance judiciaire du pays va à l’encontre de la majorité et ouvre une période lourde de dangers pour d’autres droits fondamentaux.

Publié le
Lundi 27 Juin 2022

Les « guerres culturelles » – et la première d’entre elles, la guerre aux femmes – déclenchées par le mouvement conservateur il y a plusieurs décennies sont entrées dans une nouvelle phase vendredi 24 juin avec la décision de la Cour suprême d’abroger l’arrêt Roe vs Wade qui protégeait constitutionnellement le droit à l’avortement. Elles ne s’incarnent plus seulement dans des propos d’estrade et quelques tentatives législatives. Elles sont devenues une réalité matérielle pour des millions de femmes. Elles feront des victimes : aucune loi ne pourra empêcher des avortements ; les magistrats les rendent simplement plus dangereux, voire mortels. Et, évidemment, ces guerres ne s’arrêteront pas là.

La victoire du bloc évangélique va s’avérer funeste pour des milliers d’américaines

Avec l’arrêt Dobbs vs Jackson Women’s Health Organization et l’avis majoritaire de six des neuf juges de la Cour suprême, le « bloc évangélique » (la formule est de John Mason, professeur de sciences politiques à l’université William-Paterson) a remporté une victoire que l’on ne saurait décrire comme éclatante tant elle va s’avérer funeste pour des centaines de milliers de femmes. Cette décision constitue le point d’orgue de quarante années de stratégie qui ont vu la droite chrétienne devenir centrale au sein du Parti républicain, alors qu’elle n’occupait qu’une place marginale jusque dans les années 1980. Se sachant minoritaire dans le pays (les sondages ne varient pas : une majorité d’Américains se disent favorables à la protection du droit à l’interruption volontaire de grossesse IVG), elle a tout misé sur sa dernière carte en main : la Cour suprême, l’instance judiciaire qui, dans le monde, dispose des pouvoirs les plus étendus. Pour ce faire, elle devait y faire nommer des juges ultraconservateurs et connus pour leurs positions « pro-life » (la victoire des conservateurs est aussi sémantique, qui ont su imposer la thématique de la « vie » face au « pro-choice »). Ce fut la mission de Donald Trump, improbable berger de ce troupeau théocratique, adoubé par 77 % des électeurs évangéliques blancs en 2016 et 84 % en 2020. Le président nationaliste a pu nommer trois nouveaux juges (Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett), opérant une bascule définitive au sein de la Cour suprême.

Deuxième volet de cette stratégie : faire voter dans les États fédérés des lois anti-avortement, anticonstitutionnelles du fait de Roe vs Wade. Les républicains savaient pertinemment qu’elles seraient contestées par les organisations type Planning familial devant les tribunaux, qui donneraient forcément raison à celles-ci. Il fallait se montrer suffisamment patient pour qu’elles remontent jusqu’au plus haut de la hiérarchie judiciaire : la Cour ­suprême. Lorsque les juges ont décidé de se saisir – ils ont le choix des cas sur lesquels ils donnent une opinion – à l’automne dernier d’une loi votée par le Mississippi en 2018 interdisant les avortements après quinze se maines de grossesse, l’histoire était (quasiment) écrite. Elle est tranchée dans un avis de 200 pages dont il ne faut retenir que quelques phrases. «  La Constitution ne fait aucune référence à l’avortement et aucun de ses articles ne protège implicitement ce droit » , écrit le juge Samuel Alito, qui estime que Roe vs Wade « était totalement infondé dès le début » et « doit être annulé ».

Aussitôt publié, aussitôt mis en œuvre : huit États ont fait entrer en vigueur une de ces lois anti-avortement dites « gâchettes » ou « zombies », anticonstitutionnelles dimanche grâce au bouclier de Roe vs Wade et devenues parfaitement légales en une fraction de seconde. Souvent sans aucune exception pour viol ou inceste. D’autres États vont suivre, coupant littéralement le pays en deux. Face aux manifestations ( « Mon corps, mon choix ») qui se sont déroulées dans le pays samedi, les responsables locaux démocrates ont promis, de New York à la Californie, que leurs États seraient des « sanctuaires » pour le droit à l’avortement. Ils anticipent également un afflux de patientes des États du Sud et du Midwest, privées du droit fondamental à disposer de leurs corps.

L’objectif des conservateurs est d’interdire les IVG dans tous les États

Raison supplémentaire pour laquelle le mouvement conservateur ne considère pas la guerre comme « gagnée ». Dans un entretien accordé à l’Humanité maga zine (publié dans l’édition du 7 juillet), Mary Ziegler, professeure de droit à l’université de Californie, l’une des ­meilleurs spécialistes aux États-Unis des droits reproductifs, le rappelle : «  Il convient toutefois de souligner que l’annulation de Roe n’est pas la finalité du mouvement anti-avortement. L’objectif est d’interdire tous les avortements, dans tout le pays, sauf peut-être lorsque la vie de la personne enceinte est en danger. Nous devons nous attendre à ce que les conservateurs continuent à se battre pour cet objectif à l’avenir. »

La boîte de Pandore est ouverte : contraception, mariage gay…

Mitch McConnell, leader républicain au Sénat, a déjà annoncé qu’en cas de victoire du GOP (le surnom du parti) lors des élections de mi-mandat, en novembre, il proposerait une loi fédérale d’interdiction totale. Elle ne devrait pourtant pas avoir plus de probabilités d’être votée qu’une loi fédérale autorisant l’avortement dans tout le pays, proposée par les démocrates. Les deux disposent d’une arme de blocage : le « filibuster », pratique d’obstruction parlementaire qui nécessite une super-majorité de 60 voix au Sénat pour adopter des textes autres que budgétaires. Aucun des deux grands partis n’en disposera, et certainement pas sur cette question centrale dans les identités politiques américaines.

Dans ce contexte de polarisation politique et de blocage institutionnel, c’est le judiciaire qui va encore une fois faire bouger les lignes dans ce pays de « common law », où la jurisprudence fait et défait le droit, donc la norme politique. Certaines législatures républicaines commencent à élaborer des lois visant à interdire aux habitantes d’un État de se rendre dans d’autres États dans le but d’y procéder à une IVG. Au minimum, elles seront traquées. Ces textes seront certainement retoqués par des tribunaux avant de remonter, qui sait, encore une fois jusqu’à la plus haute instance judiciaire du pays. Que dira-t-elle alors ? En attendant, c’est en son sein que réchauffe une nouvelle vipère : dans un avis complémentaire, le juge Clarence Thomas estime que la boîte de Pandore est ouverte et qu’il faut invalider les jurisprudences permettant la contraception, les relations entre personnes de même sexe et le mariage gay.

« C’est une voie extrême et dangereuse dans laquelle la Cour nous entraîne », a commenté Joe Biden, s’en prenant ouvertement au juge ultraconservateur dont le rôle de sa femme dans l’assaut contre le Capitole, le 6 janvier 2021, défraie la chronique. La tension n’a sans doute jamais été aussi forte entre une administration et une institution dont les visées clairement politiques (lors de son audition de confirmation, Brett Kavanaugh affirmait qu’il n’avait aucune raison de revenir sur une jurisprudence, en l’occurrence Roe vs Wade) lui donnent peu de crédit aux yeux de l’opinion : selon un sondage Gallup publié vendredi, 25 % des Américains déclarent avoir confiance dans la Cour suprême, 73 % sont d’un avis inverse. La Cour suprême, conçue comme un « filtre » censé tempérer les velléités tyranniques de la majorité de la population, et à cet effet composée de juges nommés à vie, compte désormais dans ces rangs quatre magistrats – tous conservateurs – nommés par des présidents élus, sans avoir remporté de suffrage populaire (trois par Donald Trump, un par W. Bush).

Le président en exercice, au plus bas dans les sondages faute de bilan flatteur, a sans doute trouvé un « carburant » pour la campagne des démocrates au Congrès. Les sortants qui disposent des trois leviers (présidence, Chambre des représentants, Sénat) ne seront peut-être pas si violemment sortis. Paradoxe ultime dans un pays improprement décrit comme la « plus ancienne démocratie du monde » : l’issue du scrutin ne changera rien à la terrible machine à remonter le temps lancée par la Cour suprême, qui prend des allures du roman de Margaret Atwood la Servante écarlate, où la guerre aux femmes et à leurs corps est menée jusqu’à leur asservissement.

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28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 05:00
À Melilla, la frontière vire au bain de sang - Thomas Lemahieu, L'Humanité, 27 juin 2022
À Melilla, la frontière vire au bain de sang

Union européenne Devant l’enclave espagnole en territoire marocain, des dizaines d’exilés ont péri en tentant de franchir les grillages. Le premier ministre espagnol défend son externalisation de la gestion des flux migratoires, mais de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer une politique inhumaine.

Publié le Lundi 27 Juin 2022 - L'Humanité

Un gigantesque amas de corps. Cadavres, blessés et prisonniers entremêlés. L’horreur à Nador, une petite ville du nord-est du Maroc. Un désastre d’une ampleur jamais atteinte jusque-là. Diffusées dans la nuit de vendredi à samedi par l’antenne locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), les images sont insoutenables et littéralement apocalyptiques. Les circonstances de la catastrophe font encore l’objet de controverses ; le bilan définitif n’est pas connu – outre deux policiers décédés, les autorités marocaines évoquent 23 morts parmi les migrants, alors que les ONG en dénombrent au moins 37 –, mais une chose est d’ores et déjà sûre : les frontières de l’Europe ont de nouveau tué et, cette fois, sur la terre ferme, et pas en Méditerranée.

Vendredi matin, entre 1 500 et 2 000 migrants subsahariens – Soudanais en majorité, d’après les témoins sur place –, équipés de pierres et, pour certains, de bâtons ou de couteaux, ont attaqué un poste-frontière séparant le Maroc de l’enclave espagnole de Melilla. Les policiers et militaires marocains ont riposté violemment. Plusieurs dizaines d’exilés auraient alors été écrasés dans les mouvements de foule devant une petite brèche, cisaillée dans le haut grillage. De nombreux migrants auraient été laissés sur place, à l’agonie. Ce qui, d’après les militants de l’AMDH, « a augmenté le nombre de décès ». Cité par le quotidien El Pais, un habitant de Nador, occupé à des travaux de déblaiement non loin du grillage, raconte : « Tout était ensanglanté, que du sang partout. Du sang sur la tête, des peaux déchirées, des pieds cassés, des mains brisées. Ceux qui ne sont pas morts ne tarderont pas à mourir, car ils ont été tellement battus. » Reconnaissant que la tentative de passage des migrants avait été « violente », Eduardo de Castro, le président (maire) de Melilla et plus haute autorité politique de cette ville autonome, décrit tout de même une « réponse disproportionnée » du Maroc.

Dans un premier temps, la garde civile espagnole, chargée de surveiller son côté de la frontière, a avancé qu’elle n’avait aucune information sur les événements. Mais, évidemment, l’Espagne n’a pas pu faire le dos rond très longtemps. Pedro Sanchez, son premier ministre socialiste, est monté au créneau, plutôt durement, dénonçant des « mafias spécialisées dans la traite des êtres humains » et décrivant le drame comme une « attaque contre l’intégrité territoriale de notre pays », puis comme un « assaut violent, bien organisé, mûrement réfléchi ». « Dans ce cas, je pense que tout a été bien résolu par les forces de sécurité en Espagne comme au Maroc », ose-t-il même avancer, malgré le nombre de morts.

Un phénomène instrumentalisé par Rabat

En réalité, derrière cette inhumanité crânement affichée, Sanchez joue sans doute gros. C’est notamment pour enrayer les flux migratoires vers ses deux enclaves en territoire africain, à Ceuta et Melilla – un phénomène largement instrumentalisé par Rabat pour exercer un chantage permanent sur Madrid, à la manière de Recep Tayyip Erdogan avec l’Union européenne –, que son gouvernement a fait une volte-face spectaculaire au printemps dernier, tournant le dos au soutien traditionnel à l’indépendance du Sahara occidental et rétablissant des relations diplomatiques avec le Maroc. Mais aujourd’hui, il faudrait un cynisme consommé à Pedro Sanchez pour considérer, après le drame de Nador, que cette opération d’externalisation des frontières est une réussite…

Au Maroc, quelques associations et mouvements de solidarité avec les migrants, Attac et l’ADMH notamment, exigent ensemble « l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante, du côté marocain comme espagnol, ainsi qu’au niveau international », et surtout « la fin des politiques criminelles financées par l’Union européenne et ses nombreux complices, les États, certaines organisations internationales et plusieurs organisations de la société civile qui assurent la sous-traitance de ces politiques criminelles ». Pour Mohamed Amine Abidar, le président de la section de l’AMDH à Nador, « la cause principale de cette catastrophe est la politique migratoire menée par l’Union européenne en coopération avec le Maroc ». L’Organisation démocratique du travail, qui défend les travailleurs immigrés au Maroc, exhorte également le gouvernement à Rabat « à ouvrir une enquête sur ce drame tragique et à faire le nécessaire en faveur des victimes ».

En Espagne, au sein de la coalition au pouvoir avec Pedro Sanchez, les dents grincent sérieusement. Vice-présidente du gouvernement, la communiste Yolanda Diaz, « très choquée par les images à la frontière de Melilla », adresse ses condoléances aux proches des victimes . « Il faudra clarifier ce qui s’est passé, promet-elle. Je resterai toujours partisane d’une politique d’immigration respectueuse des droits de l’homme, ajoute-t-elle . Personne ne devrait jamais mourir dans de telles circonstances. » Podemos demande une enquête « immédiate et indépendante » afin d’ « examiner les responsabilités ». « Passer outre le droit international en bradant, entre autres, les droits du peuple sahraoui et en s’en remettant à des gouvernements qui violent systématiquement les droits humains, cela a des conséquences », déplorent encore les alliés de Sanchez au gouvernement. Porte-parole de la délégation Izquierda Unida (Gauche unie, communiste) au Parlement européen, Sira Rego réclame directement une clarification à la Commission européenne sur tous les aspects de la politique d’externalisation migratoire avec le Maroc. « Quelles mesures comptez-vous prendre, interroge-t-elle en particulier, pour empêcher les épisodes fréquents de violence et les morts qui se produisent sur les frontières extérieures de l’Union européenne ? »

À l’échelle mondiale, ce nouveau drame provoque également des réactions. L’Organisation internationale pour les migrations et le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés expriment conjointement « leurs plus vives inquiétudes » et rappellent la nécessité « en toutes circonstances de donner la priorité à la sécurité des migrants et des réfugiés » et « l’importance de trouver des solutions durables pour les personnes en situation de déplacement ».

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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 06:29
Victoire historique en Colombie ! Pour la première fois, le pays aura un président de gauche !

Victoire historique en Colombie ! Pour la première fois, le pays aura un président de gauche !

La gauche écrit l’histoire en Colombie

Présidentielle Gustavo Petro et sa colistière Francia Marquez obtiennent 50,44 % des voix face au millionnaire Rodolfo Hernandez. Un séisme politique qui dépasse largement les frontières du pays caporalisé par Washington.

Publié le Mardi 21 Juin 2022 - L'Humanité

Et soudain, l’explosion de joie. Sous la pluie, des milliers de Colombiens ont déferlé dans les rues de Bogota au son des tambours afin de célébrer la victoire historique de la gauche à la présidentielle. Une première depuis l’indépendance, un basculement pour ce pays de 50 millions d’habitants parmi les plus inégalitaires au monde. Sur la tour Colpatria, haute de 196 mètres, siège de la banque du même nom, le visage du vainqueur : Gustavo Petro. D’aucuns y verront un symbole.

Le séisme politique dépasse largement les frontières du pays, jusqu’alors caporalisé par les États-Unis et acteur des tentatives de déstabilisation des gauches du sous-continent, notamment de son plus proche voisin, le Venezuela. L’ex-guérillero et sénateur, qui représente la coalition du Pacte historique, devance de peu (50,44 %) le millionnaire outrancier, officiellement sans parti, mais main dans la main avec l’extrême droite, Rodolfo Hernandez (47,31 %), les 2,3 % restants étant des bulletins blancs. Le magnat de l’immobilier, qui a mené l’essentiel de sa campagne sur les thèmes du « dégagisme » à partir du réseau social favori des jeunes, TikTok, a immédiatement reconnu sa défaite sur Facebook. Le score – serré – laisse néanmoins entrevoir une société fortement bipolarisée, prétexte à une opposition parlementaire systématique.

une campagne électorale sous vives tensions

Le président sortant, Iván Duque (Centre démocratique), qui a plongé la droite dans une déroute sans précédent, la privant de second tour, a lui aussi joué la carte de la démocratie, en appelant Gustavo Petro pour le féliciter : « Nous sommes convenus de nous rencontrer dans les prochains jours pour entamer une transition harmonieuse, institutionnelle et transparente. » Sa déclaration, toutefois, ne lève pas totalement l’hypothèse de la violence armée et d’une agitation provoquée dans la rue par les pans les plus extrémistes. Pour mémoire, la campagne électorale s’est déroulée sous vives tensions : Gustavo Petro et sa colistière afro-colombienne, Francia Márquez (lire son portrait ci-contre), ont fait face à des menaces de mort des groupes paramilitaires, les empêchant de mener campagne dans certaines régions ou les obligeant à prendre la parole derrière des boucliers balistiques.

La participation qui s’établit à 58 % est, quant à elle, la plus haute enregistrée depuis le début du millénaire. « Le gouvernement qui entrera en fonction le 7 août sera celui de la vie, de la paix, de la justice sociale et de la justice environnementale ! » a lancé Gustavo Petro à la foule de ses partisans. Candidat pour la troisième fois, le sénateur est loin d’être un novice. Il a patiemment construit son image de premier opposant aux présidents de droite successifs, théorisant la « parapolitique », c’est-à-dire les relations entre les conservateurs et les milices chargées de liquider adversaires politiques et syndicaux.

Porté par le mouvement social de 2021, Gustavo Petro a pour lui la construction d’une dynamique sociale et l’agrégation d’un pan de la jeunesse qui, pour l’heure, tournait le dos aux urnes. Ils étaient nombreux à se joindre à la liesse, dimanche soir, dans les rues de la capitale. L’écologiste Francia Marquez n’y est pas étrangère. Dans un pays où le racisme est exacerbé, où la transition née des accords de paix de 2016 avec les Farc a été torpillée par le pouvoir, la candidate à la vice-présidence est parvenue à lier ces questions à celles de justice sociale, climatique et d’égalité de genre. « Nous avons franchi un pas important. Nous avons un gouvernement du peuple, un gouvernement des gens qui vont à pied, un gouvernement pour ceux qui ne sont rien. (…) Ensemble, nous allons réconcilier cette nation, dans la joie et la paix. Je suis la première femme afro-descendante vice-présidente de Colombie », a-t-elle insisté, dimanche soir. Ils pourront compter sur le deuxième groupe politique à la Chambre des représentants et une position dominante au Sénat, à égalité de sièges toutefois avec le parti conservateur.

Une victoire qui intéresse toute l’amérique latine

L’ensemble du spectre de la gauche latino-américaine a mesuré le bouleversement que constituait la victoire du Pacte historique pour le sous-continent. Ainsi en va-t-il du président vénézuélien Nicolas Maduro : « Des temps nouveaux se profilent à l’horizon pour ce pays frère », a-t-il apprécié. Si le président péruvien Pedro Castillo a assuré le « soutien » de son pays à son « frère Gustavo », le président chilien Gabriel Boric a, quant à lui, mis l’accent sur les possibilités offertes en termes d’intégration régionale : « Je suis heureux pour l’Amérique latine ! Nous travaillerons ensemble pour l’unité de notre continent face aux défis d’un monde qui change rapidement. En avant ! » Même tonalité du côté de l’Argentine, où le président Alberto Fernández, qui, dans le sillage de la guerre russo-ukrainienne, a effectué dans l’urgence une tournée européenne, a insisté sur les « temps qui exigent la solidarité maximale entre les peuples frères » alors que, d’avril 2021 à avril 2022, l’inflation a dépassé 58 % dans le pays. Tous ont désormais les yeux tournés vers le Brésil, qui pourrait, à la faveur de la présidentielle de cet automne, lui aussi consacrer le retour de la gauche. 

Francia Marquez, le visage du progrès social

Figure de la lutte antiraciste, l’écologiste et féministe a accédé à la vice-présidence. Francia Marquez est la première femme afro-colombienne à parvenir à ce poste.

Publié le Mardi 21 Juin 2022 - L'Humanité

Devant la foule venue célébrer la victoire de la gauche, dimanche à Bogota, Francia Marquez arborait son habituel sourire. Son énergie débordante ne l’a jamais quittée au fil d’une campagne pourtant jonchée de menaces de mort. Il faut dire qu’elle y est habituée. Ses engagements pour les droits des femmes, des Afros-Colombiens et son activisme environnemental ont toujours été accompagnés de violentes oppositions.

militante dès ses 13 ans

Francia Marquez, 40 ans, est originaire de la région de Cauca, dans le sud-ouest du pays. Un territoire où vivent près de 250 000 descendants d’esclaves venus d’Afrique qui ont été forcés à travailler dans les mines et les haciendas. La population actuelle voit ses richesses pillées par des multinationales et subit de plein fouet le racisme systémique. Dès l’âge de 13 ans, Francia Marquez porte la voix de sa communauté pour s’opposer à un projet de barrage. Un militantisme qui s’accompagne rapidement de responsabilités familiales. À 16 ans, elle accouche de son premier enfant et l’élève seule. Pour subvenir à ses besoins, elle travaille tour à tour dans une mine d’or, puis en tant que femme de ménage. Ce qui ne l’empêche pas, en parallèle, de contribuer à repousser les incursions de multinationales minières dans sa région d’origine. En outre, Francia Marquez défend les femmes noires victimes de racisme et de violences sexuelles. « Il faut tout un processus pour s’accepter, c’est difficile avec tous ces clichés sur les femmes afros : qu’elles sont des prostituées, obsédées par le sexe… » confiait-elle à Jeune Afrique, en 2018.

« Je vis dans la peur »

Son combat pour l’écologie lui a valu d’obtenir, en 2018, le prix Goldman pour l’environnement. Cette distinction récompense la marche de plus de 560 kilomètres qu’elle a lancée en 2014 et qui a abouti au retrait des mineurs illégaux dans la région de Cauca. À l’époque, Francia Marquez était harcelée, méprisée et menacée. Pour des raisons de sécurité, elle a même été obligée de déménager. Mais son engagement n’a pas faibli. Et les violences non plus. Le 4 mai 2019, la militante réchappe à une attaque armée alors qu’elle préparait une réunion avec d’autres activistes. « Je vis dans la peur constamment, je me retourne toujours dans la rue pour voir si on me suit », déclarait-elle, déjà, en 2018.

Le 15 août 2020, l’afro-descendante se consacre entièrement à la vie politique. « Je veux être candidate de ce pays », écrivait-elle dans un tweet. Deux années suffiront pour qu’elle obtienne la troisième place à la primaire présidentielle du Pacte historique et qu’elle soit désignée comme colistière par Gustavo Petro. Pendant la campagne, Francia Marquez navigue entre les injures racistes, affronte de nouvelles menaces de mort, mais continue de défendre les plus précaires. Jusqu’à la victoire. Francia Marquez s’apprête à diriger un nouveau ministère de l’Égalité en charge des droits des femmes, des jeunes et des minorités ethniques ou sexuelles. La voix de ceux que l’on n’entendait pas résonne désormais dans tout le pays. 

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 07:45
Salah Hamouri : De qui se moque la porte parole du Quai d'Orsay ? (PCF)
Salah Hamouri : De qui se moque la porte parole du Quai d'Orsay ?

L'avocat franco-palestinien Salah Hamouri vient de voir, une nouvelle fois, sa détention administrative prolongée de trois mois. Interrogée par le journaliste de l'Humanité, Pierre Barbancey, la porte-parole du Quai d'Orsay, Anne-Claire Legendre, s'est contentée d'évoquer les « démarches » et les « demandes d'explication » de la France au gouvernement israélien afin de masquer l'inaction, le mutisme et le désintérêt sur le sort de ce défenseur des droits humains.

Cette situation doit cesser. Le gouvernement israélien prend impunément des décisions arbitraires dans le cadre d'une procédure qui viole les droits humains fondamentaux, les droits de la défense et le droit international, bafouant toutes les résolutions des Nations unies à propos de la situation du peuple palestinien. 

Alors qu'aucune charge n'est retenue contre lui, qu'il n'a pas accès à son dossier et qu'il n'a jamais été présenté devant un tribunal, Salah Hamouri, défenseur des droits des prisonniers politiques palestiniens, est maintenu en prison par décision d'une autorité militaire. Cette ordonnance illégale ne vise qu'à prolonger indéfiniment son incarcération, à révoquer sa résidence à Jérusalem et à l'expulser définitivement d'Israël. 

Le Parti communiste français (PCF) appelle à la libération immédiate de Salah Hamouri et de tous les prisonniers politiques qui croupissent injustement dans les geôles israéliennes. Le gouvernement français doit cesser de cautionner par son inaction et son silence la politique de Naftali Bennett.

La ministre des Affaires étrangères et le président de la République se doivent maintenant d'agir pour que notre compatriote retrouve la liberté sans délai.

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12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 06:03

 

Trois mois de détention administrative supplémentaires à l’encontre de Salah Hamouri : le scandale continue !

 

 

Alors que celle-ci devait s’achever normalement ce lundi 6 juin, Salah Hamouri vient de voir sa détention administrative prolongée de 3 mois sur ordre d’un juge militaire israélien. Le régime d’apartheid israélien poursuit son acharnement. Une fois encore la colère le dispute à l’amertume.

Colère face à l’injustice de voir ce militant, avocat des droits humains, maintenu en cellule sans qu’aucune charge, aucun motif ne soit retenu contre lui si ce n’est le contenu d’un supposé dossier tenu secret par les autorités israéliennes. Colère contre cet arbitraire insupportable d’un régime qui veut briser ceux qui osent le contester et se dresser contre lui.

Une colère qui le dispute à l’amertume, car nous constatons une fois de plus que les autorités françaises n’ont pas su, ou pas voulu, imposer à Israël leur volonté de voir libérer un compatriote des geôles de ce pays. Depuis des années, l’inaction de la France est patente et, en dehors de quelques déclarations de principe, elle n’a rien obtenu ni pour la libération de Salah Hamouri, ni pour le rétablissement de son droit de résider et de vivre en famille, chez lui à Jérusalem-Est.

L’acharnement israélien contre Salah dure depuis plus de 20 ans. Malgré cela, en revendiquant le droit de vivre en famille, de travailler et de militer à Jérusalem, et en s’opposant à la politique de nettoyage ethnique de l’occupation qui prétend le chasser de son pays, il se bat pour ses droits autant que pour les droits de tous les Palestiniens. Notre solidarité avec Salah Hamouri dans ce combat lui est totalement acquise.

L’AFPS, avec toutes celles et ceux qui se mobilisent pour obtenir sa libération s’engage évidemment à poursuivre et amplifier l’action contre l’injustice dont il est encore une fois victime. L’AFPS prendra notamment toute sa place auprès de son comité de soutien et de sa famille, pour relancer la mobilisation auprès du gouvernement français et du président de la République. Il est grand temps d’obtenir de la France qu’elle pose des actes forts face au gouvernement israélien en faveur de Salah Hamouri, comme cela a pu être fait ailleurs pour d’autres ressortissants français dans le passé.

Le Bureau national de l’AFPS, 6 juin 202

 

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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 08:24
Salah Hamouri : les autorités israéliennes prolongent sa détention administrative (Pierre Barbancey, L'Humanité, 5 juin 2022)
Salah Hamouri : les autorités israéliennes prolongent sa détention administrative

Arrêté le 7 mars et emprisonné pour trois mois, il devait sortir ce 6 juin. Les Israéliens refusent de rendre publique le dossier judiciaire ni même révéler les charges retenues contre l’avocat franco-palestinien. Ils entendent le maintenir en prison jusqu’au 5 septembre mais pourront très bien prolonger de nouveau cet enfermement.

Publié le Dimanche 5 Juin 2022 - L'Humanité

L’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, enfermé depuis le 7 mars 2022 et qui devait recouvrer sa liberté ce lundi 6 juin, a vu sa détention administrative renouvelée pour trois mois, soit jusqu’au 5 septembre prochain. Les autorités israéliennes détiennent ainsi des centaines de Palestiniens en vertu d’une procédure mis en place par les Britanniques du temps de leur mandat sur la Palestine historique. La détention administrative peut être prononcée pour 6 mois et renouvelable à l’infini. Son autre particularité est que le dossier judiciaire est classé secret. Ni l’accusé/prisonnier ni ses défenseurs ne connaissent l’acte d’accusation pas plus que les motifs de l’emprisonnement.
Outre le fait qu’il s’agit d’un véritable déni de justice, cette détention administrative est également utilisée comme une torture psychologique. En effet, le prisonnier ne sait pas si à l’issue de sa détention administrative il sera libéré ou restera en cellule.
Depuis des années, Salah Hamouri subit le harcèlement des autorités politiques et judiciaires israéliennes. Son épouse et ses enfants n’ont pas l’autorisation de le rejoindre pour vivre avec lui. Outre les emprisonnements, elles ont récemment décidé de lui retirer sa carte de résident de Jérusalem, ville où il est né. Elles lui ont également supprimé son assurance maladie. Mais surtout, il s’avère que le téléphone de Salah Hamouri, avocat qui défend notamment les prisonniers politiques palestiniens au sein de l’association Addameer, a été piraté à l’aide du logiciel Pegasus, mis au point et commercialisé par la société israélienne NSO. Jusqu’à présent on ne sait toujours pas qui est le donneur d’ordre d’espionnage de son téléphone et de plusieurs autres personnalités actifs dans des associations pour la défense des droits des Palestiniens.
Dès sa détention connue, au mois de mars, l’Humanité avait interpelé le ministère français des Affaires étrangères pour savoir notamment ce que la France mettait en oeuvre pour obtenir la libération immédiate et sans conditions de Salah Hamouri. Au-delà des paroles, il semble malheureusement que pas plus le Quai d’Orsay que l’Élysée n’agissent réellement. Ils ne font des déclarations que lorsqu’ils sont sollicités par la presse. C’est d’autant plus étonnant que récemment, lorsqu’a été rendue publique l’arrestation de deux ressortissants français en Iran le 11 mai, Paris n’a pas attendu pour s’exprimer. Dès le lendemain le ministère des Affaires étrangères a dénoncé des arrestations « sans fondement » et d'appeler à leur libération immédiate.
Or, si Israël se permet de traiter ainsi Salah Hamouri, c’est bien parce que la France n’émet pas de protestation publique par la voix de son président et n’envisage aucune action coercitive pour forcer Israël à respecter les droits humains. Une nouvelle bataille commence pour en finir avec la détention administrative de Salah Hamouri.
Pierre Barbancey 

Salah Hamouri : les autorités israéliennes prolongent sa détention administrative (Pierre Barbancey, L'Humanité, 5 juin 2022)
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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 06:26
Femmes d'Alep, de Maha Hassan avec le concours d'Ismaël Dupont, Skol Vreizh, 488 pages, 22 €

Femmes d'Alep, de Maha Hassan avec le concours d'Ismaël Dupont, Skol Vreizh, 488 pages, 22 €

#femmesdalep - Femmes d'Alep dans les recommandations culturelles de L'Humanité
Récit Voix de femmes syriennes et douleur de l’exil
L'Humanité, Publié le Jeudi 2 Juin 2022

« Oui, je bois de l’alcool, je mange du cochon, je suis kurde et mon père était communiste. » Ainsi parle Maha Hassan, kurde née à Alep, écrivaine et journaliste de langue arabe, exilée en France en 2004, réfugiée en Bretagne. Femmes d’Alep, adapté par Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF dans le Finistère et premier maire adjoint de Morlaix, nous plonge, via des voix de femmes, dans l’histoire moderne de la Syrie. C’est un ouvrage sur et par les femmes. Celles nées dans « cette société orientale tyrannique » qui témoignent de leurs expériences « dans ce monde définitivement perdu que fut la Syrie d’avant la révolution et de la guerre civile ». À ce propos, retenons par exemple le terrible récit de Shiraz Darwich et songeons à l’émancipation des femmes.

Valère Staraselski

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