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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 06:06

Interviewé par la chaîne latino-américaine Telesur, Joan Garcés, ancien conseiller du président Salvador Allende, souligne le parallèle existant entre la situation que traverse le Venezuela sous la révolution bolivarienne et le contexte de guerre de déstabilisation qui précéda le coup d’état du général Pinochet qui eu lieu le 11 septembre 1973 au Chili, avec le soutien de la CIA.

Joan Garcés est avocat, Prix Nobel alternatif (Suède, 1999) et officier de l’Ordre du Mérite de France (2000) pour ses contributions au droit international dans la lutte contre l’impunité des dictatures.

 

Il a été invité par Salvador Allende après la victoire de l’Unité Populaire au Chili en 1970 en tant que collaborateur personnel; il fut survivant parmi les assesseurs du président chilien.

En 1974-1977, il a été chercheur titulaire à la Fondation Nationale des Sciences Politiques de Paris et assesseur du Directeur général de l’Unesco, et Visiting-Fellow del Institute for Policy Studies de Washington D.C. (1988-1990). Source: Wikipédia

 

Source : TeleSur, Interview du 02 mai 2017.

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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 08:05

 

ÇA CHAUFFE POUR LES 2 °C SELON DES CHERCHEURS ÉTATS-UNIENS, IL Y A SEULEMENT 5 % DE CHANCES D'ATTEINDRE L'OBJECTIF DE LIMITER LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE À 2 °C, COMME FIXÉ PAR L'ACCORD DE PARIS SCELLÉ EN 2015.

11,2 C'EST, EN MILLIARDS, LE NOMBRE D'HABITANTS DE LA TERRE À L'HORIZON 2100, SELON LES NATIONS UNIES.

LE JOUR DU DÉPASSEMENT TOMBE CETTE ANNÉE LE 2 AOÛT. EN 2009, CETTE LIMITE ÉTAIT ATTEINTE LE 25 SEPTEMBRE. QU’IMPLIQUE CE GLISSEMENT DE DATE ?

 

 

En sept mois, l'humanité a produit et consommé ce qui lui était imparti pour un an. Une « débauche » que dénonce Arnaud Gauffier, responsable agriculture chez WWF France.

ARNAUD GAUFFIER

L’Overshoot Day, ou «jour du dépassement», est établi chaque année par l'organisation Global Footprint Network. Il correspond au moment où l'humanité a consommé l'ensemble des ressources naturelles renouvelables que la planète peut générer en une année. Autrement dit, passé cette date, nous vivons à crédit, sur les réserves de la Terre. C'est un peu comme si l'on avait pompé tous les intérêts de notre compte en banque et que l'on commençait à puiser dans le capital... il arrive un moment où les ressources s'épuisent et où l'on finit par ne plus rien avoir. Continuons sur cette lancée, et il nous faudra l'équivalent de 1,7 planète pour assumer les besoins de toute l'humanité cette année. Nos émissions de gaz à effet de serre comptent pour 60 % de cette empreinte écologique. Voilà pourquoi nous appelons, entre autres, à la neutralité carbone d'ici à 2050. Cela implique de cesser d'émettre plus de CO2 que ce que la planète est capable d'absorber.

 

L'AUGMENTATION DE NOTRE EMPREINTE ÉCOLOGIQUE RÉDUIT LA CAPACITÉ DES RESSOURCES À SE RÉGÉNÉRER : QUELLES SONT LES SOLUTIONS POUR SORTIR DE CE CERCLE VICIEUX ?

ARNAUD GAUFFIER

Le problème est en effet que nous consommons de plus en plus vite et diminuons de cette manière la résilience des écosystèmes, qui ne peuvent pas suivre le rythme. Il faut sortir très rapidement d'une économie fondée sur des énergies fossiles polluantes pour nous orienter vers les énergies renouvelables. C'est possible: des signaux montrent que cette transition est à l'oeuvre. Prenons l'exemple de Trump. Il a décidé de rouvrir les centrales à charbon, ce qui est une décision politique électoraliste. Or, le business lui-même lui donne tort. Les centrales ne rouvriront pas dans la mesure où elles ne sont plus compétitives. De fait, l'éolien et le solaire, entre autres, sont en pleine expansion: à l'échelle mondiale, il y a plus d'électricité générée via les renouvelables que via le charbon. Quoi qu'il en soit, cela ne suffira pas. Nous ne pouvons accéder à l'énergie 100 % renouvelable qu'à la condition de réduire notre consommation énergétique.

 

LA PRIORITÉ EN TERMES DE TRANSITION ÉCOLOGIQUE EST DONC D'EN FINIR AVEC LA SURCONSOMMATION ?

ARNAUD GAUFFIER

Oui. Encore une fois, les renouvelables ne pourront supporter à elles seules notre débauche énergétique. Néanmoins, les actions à mettre en oeuvre ne sont pas les mêmes pour tous. Au vu de leur mode de vie et de consommation, il n'est pas question de demander des efforts aux Somaliens, par exemple. C'est aux pays développés de faire l'essentiel, et de le faire vite. Nous pouvons par exemple agir sur notre alimentation. Poisson, viande, produits laitiers... il faut consommer moins de produits animaux et de meilleure qualité: valoriser les produits de la petite pêche et choisir du poisson certifié, issu d'une pêche durable qui ne détruit pas les océans et qui respecte les stocks. Il ne s'agit pas de devenir tous végétariens, mais de consommer moins et mieux, de modifier durablement nos habitudes. Au-delà, nous devons transformer l'économie et la façon dont on en mesure le progrès. Tout un chacun, au quotidien, peut consommer différemment. On constate une prise de conscience réelle, bien que relative, du côté du secteur privé, Mais la grande distribution est prise à son propre piège: une politique de développement durable ambitieuse va complètement à l'encontre de son modèle économique, qui vise à éliminer les concurrents en pratiquant le prix le plus bas. Le changement de modèle, enfin, passe par l'éducation. Si l'on veut que les citoyens, enfants et adultes, développent une conscience écologique, il faut les éduquer dès maintenant.

 

5,2 C'EST LE NOMBRE DE PLANÈTES QUI SERAIENT NÉCESSAIRES À L'HUMANITÉ SI ELLE CONSOMMAIT AUTANT QUE LE CANADA ET L'AUSTRALIE.

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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 07:44

Mettons-nous dans la peau d’un habitant de la planète qui n’aurait que les médias pour s’informer sur le Venezuela et à qui jour après jour, on parlerait de « manifestants » et de « répression ». Comment ne pas comprendre que cette personne croie que la population est dans la rue et que le gouvernement la réprime ?

Mais il n’y a pas de révolte populaire au Venezuela. Malgré la guerre économique la grande majorité de la population vaque a ses occupations, travaille, étudie, survit. C’est pourquoi la droite organise ses marches au départ des quartiers riches. C’est pourquoi elle recourt à la violence et au terrorisme, dont les foyers sont localisés dans les municipalités de droite. ll y a 90 pour cent de quartiers populaires au Venezuela. On comprend l’énorme hiatus : les médias transforment les îles sociologiques des couches aisées (quelques % du territoire) en « Venezuela ». Et 2% de la population en « population ». (1)

 

Caracas en mai

 

Le 12 mai l’ex-présidente argentine Cristina Fernández, après Evo Morales, a dénoncé « la violence utilisée au Venezuela comme méthodologie pour arriver au pouvoir, pour renverser un gouvernement » (2). Depuis l’Équateur, l’ex-président Rafael Correa a rappelé que « le Venezuela est une démocratie. C’est par le dialogue, avec les élections, que doivent se régler les divergences. De nombreux cas de violences viennent clairement des partis d’opposition » (3). C’est aussi la position du Caricom, qui regroupe les pays des Caraïbes (4). Le Pape François a dû pousser les évêques du Venezuela qui comme dans le Chili de 1973 traînaient les pieds face au dialogue national proposé par le président Maduro (5). Ce dernier a par ailleurs confirmé la tenue du scrutin présidentiel légalement prévu en 2018.

 

Assemblée populaire pour faire des propositions dans le cadre de l’Assemblée Nationale Constituante, dans l’état d’Apure le 20 mai 2017. Ce processus doit être ouvert et participatif. Une image qu’on ne risque pas de voir dans les médias…

 

 

Depuis la disparition d’Hugo Chavez en 2013, le Venezuela est victime d’une guerre économique qui vise à priver la population des biens essentiels, principalement les aliments et les médicaments. La droite locale renoue avec certains éléments de la stratégie mise en place jadis au Chili par le tandem Nixon-Pinochet, en clair provoquer l’exaspération des secteurs populaires jusqu’au débordement de rage et légitimer la violence. Selon le rapport budgétaire 2017 mis en ligne sur le site du Département d’Etat (6), 5,5 millions de dollars ont été versés aux “sociétés civiles” du Venezuela. Le journaliste vénézuélien Eleazar Diaz Rangel, directeur du quotidien Ultimas Noticias (centre-droit) a révélé des extraits du rapport que l’amiral Kurt Tidd, chef du Southern Command, a envoyé au Sénat US : « avec les facteurs politiques de la MUD (coalition vénézuélienne de l’opposition) nous avons mis au point un agenda commun qui comprend un scénario abrupt combinant des actions de rue et l’emploi dosifié de la violence armée sous l’angle de l’encerclement et de l’asphyxie« . (7)

La phase insurrectionnelle implique d’attaquer des services publics, des écoles, des maternités (El Valle, El Carrizal) et des établissements de santé, barrer les rues et les principales artères routières pour bloquer la distribution des aliments et paralyser l’économie. A travers les médias privés, majoritaires au Venezuela, la droite appelle ouvertement les militaires a mener un coup d’État contre le président élu (8). Plus récemment les bandes paramilitaires colombiennes passent du rôle de formatrices a un rôle plus actif : le corps sans vie de Pedro Josué Carrillo, militant chaviste, vient d’être retrouvé dans l’État de Lara, portant les marques de torture typiques au pays d’Uribe (9).

 

Malgré les mortiers, armes à feu, grenades ou cocktails Molotov utilisés par les manifestants « pacifiques » (sans oublier les mannequins de chavistes pendus aux ponts, signature du paramilitarisme colombien), la loi interdit à la Police ou la Garde Nationale d’user de leurs armes à feu. Les manifestants de droite en profitent pour pousser leur avantage, déverser leur racisme sur les gardes ou policiers, les provoquer à coups de jets d’urine, d’excréments et de tirs à balles réelles, guettant la réaction pour les caméras de CNN. Les fonctionnaires des forces de l’ordre qui ont désobéi et qui se sont rendus coupables de blessures ou de morts de manifestants ont été arrêtés et poursuivis en justice (10). Le fait est que la grande majorité des victimes sont des travailleurs qui allaient au boulot ou en revenaient, des militants chavistes ou des membres des forces de l’ordre (11). C’est pourquoi le « Monde » parle de morts en général – pour que l’on croie qu’il s’agit de « morts du régime ». Allonger la liste des « morts » sert à augmenter l’appui planétaire a la déstabilisation : il y a dans ces meurtres, il est terrible de le constater, un effet de commande médiatique.

 

Après avoir vendu cette image à son réseau international, l’agence Reuters s’est « excusée » d’avoir fait passer pour une arrestation arbitraire visant à étouffer la liberté d’expression ce qui était en réalité l’aide apportée par un garde national à un caméraman blessé…

 

Tout manifestant qui tue, détruit, agresse, torture, sabote sait qu’il sera sanctifié par les médias internationaux. Ceux-ci sont devenus un encouragement à poursuivre le terrorisme. Toute mort, tout sabotage économique seront attribués au « régime » y compris à l’intérieur du Venezuela où les médias, comme l’économie elle-même, sont majoritairement privés. Que la démocratie participative qu’est le Venezuela tente de se défendre comme doit le faire tout État de Droit, et elle sera aussitôt dénoncée comme « répressive ». Qu’elle ose punir un terroriste, et celui-ci deviendra ipso facto un « prisonnier politique ». Pour le journaliste et sociologue argentin Marco Teruggi « pour une intervention au Venezuela, le Gouvernement des États-Unis a des conditions plus favorables que celle qu’il avait pour bombarder la Libye si on tient compte du fait que l’Union Africaine avait condamné cette intervention presque à l’unanimité. (..) Tout dépend de la capacité de la droite à soutenir longtemps un bras de fer dans la rue en tant qu’espace politique. D’où l’importance de maintenir la caisse de résonance médiatique internationale» (12).

 

Exemple sordide de cette alliance : le 5 mai 2017, à l’aide d’une photo digne d’un ralenti hollywoodien (mais qui n’est pas celle de la victime) « Le Monde » dénonce « la mort d’un leader étudiant tué lors des protestations contre le projet du président Maduro de convoquer une assemblée constituante ». Or la victime, Juan (et non José comme l’écrit « le Monde ») Bautista Lopez Manjarres est un jeune dirigeant étudiant révolutionnaire. Il a été assassiné par un commando de droite alors qu’il participait a une réunion de soutien au processus d’assemblée constituante lancé par le président Nicolas Maduro :

 

Juan Bautista Lopez Manjarres

 

Le dernier tweet de Juan Bautista Lopez Manjarres : la conférence de presse où il annonçait le soutien du secteur étudiant au processus de l’assemblée constituante

« Le Monde » mentionne aussi la réaction du chef d’orchestre Gustavo Dudamel, en tournée à l’étranger, qui demande que « cesse la répression » à la suite de la mort d’un jeune violoniste, Armando Cañizales. Or ce musicien n’a pas été victime de la répression mais, lui aussi, d’un projectile tiré des rangs de la droite.

Le journal espagnol La Vanguardia, bien que virulent opposant a la révolution bolivarienne, l’admet exceptionnellement sous la plume de son envoyé spécial Andy Robinson : « De même qu’à d’autres moments de cette crise le storytelling d’une jeunesse héroïque massacrée par la dictature bolivarienne ne colle pas dans le cas d’Armando Cañizales. (..) Il est pratiquement sûr que le projectile n’a pas été tiré par la police mais par les manifestants eux-mêmes. Il est notoire que certains d’entre eux ont fabriqué des armes artisanales pour les affrontements quotidiens avec la police» (13).

La réaction rapide de Mr. Dudamel est représentative des personnalités artistiques – nombreuses, on peut mentionner Ruben Blades ou René du groupe Calle 13 – subissant la forte pression du dispositif médiatique de leurs pays, contraintes de faire des déclarations pour satisfaire l’opinion publique convaincue à 99 % par les médias qu’il faut dénoncer la « répression au Venezuela ».

 

Le 16 mai, « Le Monde » dénonce « la mort d’un jeune de 17 ans, blessé par balle lors d’un rassemblement contre le président Maduro » (article ci-dessus). C’est faux. L’enquête montre que Yeison Natanael Mora Castillo a été tué par un projectile identique à celui utilisé pour assassiner le violoniste Cañizales. Il ne participait pas davantage à un rassemblement anti-Maduro. Ses parents sont membres d’une coopérative en lutte pour récupérer un latifundio de sept mille hectares, subissant depuis longtemps les attaques du grand propriétaire. Ils ont porté plainte contre les organisateurs de la marche de l’opposition et dans une interview au journal local Ciudad Barinas ont dénoncé la manipulation internationale de l’assassinat de leur fils, imputé faussement au gouvernement Maduro. (14)

 

Yeison Natanael Mora Castillo

 

Imputer systématiquement au gouvernement bolivarien les assassinats commis par la droite, c’est tout le « journalisme » de Paulo Paranagua. Le 21 avril déjà, il impute aux collectifs chavistes la mort d’un étudiant de 17 ans, Carlos Moreno, tué d’une balle dans la tête, tout comme celle de Paola Ramirez Gomez, 23 ans. Double mensonge. Selon la famille de Carlos Moreno, l’adolescent ne participait à aucune manifestation et se rendait a un tournoi sportif. Son assassin vient d’être arrêté : il s’agit d’un membre de la police d’Oscar Oscariz, maire de droite de la municipalité de Sucre. Le journal d’opposition Tal Cual en a rendu compte (15). Quant à la deuxième victime mentionnée par Paranagua, Paola Rodríguez, son assassin a été arrêté également par les autorités : il s’agit d’Iván Aleisis Pernía, un militant de droite.

Certes le « quotidien vespéral des marchés » n’est pas seul à mentir de manière aussi sordide dans ce « combat pour la liberté ». La Libre Belgique, le New York Times, France-Culture, El Pais, Le Figaro ou même Mediapart sont autant de robots de la vulgate mondiale. Cette invention de « la répression » est d’autant plus facile que l’image archétypale du manifestant matraqué par un garde national est gagnante d’avance lorsqu’on est privé d’accès au hors-champ de l’image. Loin du Venezuela, seuls les happy fewflaireront la mise en scène où des jeunes sont entraînés, armés, payés pour provoquer les forces de l’ordre et produire « l’image » nécessaire. La concentration planétaire des médias et la convergence croissante des réseaux sociaux avec les médias dominants fait le reste, fixant l’imaginaire de la gauche comme de la droite.

On verra ainsi des « insoumis » politiquement se soumettre médiatiquement et ajouter sans le savoir leur petite pierre à la campagne mondiale :

 

 

Et ci-dessous le retweeteur de cette belle affiche n’imagine sans doute pas la supercherie qui se cache derrière l’Anonymous vénézuélien. Cette capacité de l’extrême droite d’emprunter au mouvement alternatif mondial certains de ses symboles pour capitaliser un appui est décryptée ici : « Quand tombe le masque de Guy Fawkes de l’opposition vénézuélienne » (16)

 

 

Bref, comme si l’histoire de la propagande et des guerres ne nous avait rien appris, nous retombons sans cesse dans la nasse. Malcolm X avait prévenu : « si vous n’y prenez garde, les médias vous feront prendre les victimes pour les bourreaux et les bourreaux pour les victimes ». En transformant les violences de l’extrême droite en « révolte populaire », en rhabillant en « combattants de la liberté » des assassins nostalgiques de l’apartheid des années 90, c’est d’abord contre les citoyens européens que l’uniformisation médiatique sévit : la majorité des auditeurs, lecteurs et téléspectateurs appuient sans le savoir une agression visant à renverser un gouvernement démocratiquement élu. Sans démocratisation en profondeur de la propriété des médias, la prophétie orwellienne se fait timide. Le Venezuela est assez fort pour empêcher un coup d’État comme celui qui mit fin à l’Unité Populaire de Salvador Allende mais la coupure croissante de la population occidentale avec le monde se retournera contre elle-même.

Micro-manuel d’auto-défense face à la déferlante médiatique.

« Le Venezuela est un « régime dictatorial». Faux. Depuis 1999, le Venezuela bolivarien a organisé un nombre record de scrutins (25), reconnus comme transparents par les observateurs internationaux. Selon l’ex-président du Brésil Lula da Silva, il s’agit d’un “excès de démocratie”. Pour Jimmy Carter qui a observé 98 élections dans le monde, le Venezuela possède le meilleur système électoral du monde. En mai 2011 le rapport de la canadienne Fondation pour l’Avancée de la Démocratie (FDA) a placé le système électoral du Venezuela à la première place mondiale pour le respect des normes fondamentales de démocratie. L’ONG chilienne LatinoBarometro a établi dans son rapport 2013 que le Venezuela bat les records de confiance citoyenne dans la démocratie en Amérique Latine (87 %) suivi de l’Équateur (62 %) et du Mexique (21 %). Le président Nicolás Maduro vient de lancer un processus constituant participatif auquel participent tous les secteurs sociaux et a réaffirmé que des élections présidentielles auront lieu en 2008 comme le stipule la loi.

« Il n’y pas de liberté d’expression au Venezuela ». Faux. Sur les plus de 1000 stations de radio et chaînes de télévision auxquelles l’État a accordé l’autorisation d’émettre, 67% sont privées (la grande majorité opposées à la révolution bolivarienne), 28% sont aux mains des communautés mais ne transmettant que sur une échelle strictement locale et 5% sont propriété de l’État. Sur les 108 journaux qui existent, 97 sont privés et 11 publics. 67% de la population vénézuélienne a accès à internet. Cette plate-forme dominante des médias privés renforcée par le réseau des transnationales joue un rôle crucial dans la désinformation au service de la déstabilisation. Pour un dossier détaillé et chiffré de ce paysage médiatique, voir « François Cluzel ou l’interdiction d’informer sur France-Culture » (17)

« Il y a des prisonniers politiques au Venezuela ». Faux. A moins de considérer comme « prisonniers politiques » les assassins du parti d’extrême droite Aube Dorée emprisonnés en Grèce. Dans un État de Droit, qu’il s’appelle France ou Venezuela, être de droite ne signifie pas être au-dessus des lois ni pouvoir commettre impunément des délits tels qu’assassinats, attentats à la bombe ou corruption. Ce n’est pas pour leurs opinions politiques mais pour ce type de délits que des personnes ont été jugées et emprisonnées. Dans la pratique on observe d’ailleurs un certain laxisme de la justice. Selon la firme privée de sondages Hinterlaces, 61 % des vénézuéliens considèrent que les promoteurs des violences et des actes de terrorisme devraient répondre de leurs actes devant un tribunal (18).

Rappelons que les leaders actuels de la droite n’ont jamais respecté les institutions démocratiques : ce sont les mêmes qui en avril 2002 avaient mené un coup d’État sanglant contre le président Chavez, avec l’aide du MEDEF local et de militaires formés à la School of Americas. Ce sont les mêmes qui ont organisé les violences de 2013 à 2016. Notons l’identité d’un de leur principaux mentors : Alvaro Uribe, un des plus grands criminels contre l’humanité de l’Amérique Latine, ex-président d’un pays gouverné par le paramilitarisme et les cartels de la drogue, qui possède les plus grandes fosses communes du monde, qui compte 9500 prisonniers politiques, 60.630 personnes disparues au cours des 45 dernières années et qui depuis la signature des accords de paix a repris une politique sélective d’assassinat de leaders sociaux et de défenseurs des droits de l’homme. Pour une information complète et en photos sur ces liens des héros du « Monde » avec le paramilitarisme colombien, lire « Venezuela : la presse française lâchée par sa source ? » (Venezuela.info)

 

Thierry Deronne, Venezuela, 20 mai 2017.  

 

Notes

  1. Lire https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/22/brevissime-cours-de-journalisme-pour-ceux-qui-croient-encore-a-linformation/
  2. Entretien intégral de Cristina Kirschner avec Jorge Gestoso https://www.youtube.com/watch?v=-WM6nD6hPu0
  3. http://ambito.com/883274-tras-reunirse-con-michetti-correa-defendio-a-venezuela . Voir aussi http://www.telesurtv.net/news/Long-rechaza-injerencia-de-EE.UU.-en-asuntos-internos-de-Venezuela-20170518-0039.html
  4. http://correodelorinoco.gob.ve/cancilleres-de-caricom-resaltan-solucion-pacifica-para-situacion-de-violencia-en-venezuela
  5. http://www.ultimasnoticias.com.ve/noticias/politica/papa-francisco-dialogo-venezuela-afectado-la-division-la-oposicion/
  6. https://www.state.gov/documents/organization/252179.pdf (voir page 96)
  7. http://www.southcom.mil/Portals/7/Documents/Posture%20Statements/SOUTHCOM_2017_posture_statement_FINAL.pdf?ver=2017-04-06-105819-923
  8. Comme le reconnaît Julio Borges, leader du parti d’extrême droite Primero Justicia et actuel président de l’Assemblée Nationale, dans l’interview non complaisante que lui fait le journaliste de la BBC Stephen Sackur, le 19 mai 2017 : http://bbc.co.uk/programmes/p052nsxd
  9. http://tatuytv.org/index.php/noticias/duelo/3680-terrorismo-hallan-sin-vida-y-con-signos-de-tortura-a-militante-del-psuv-secuestrado-en-zona-opositora
  10. Détails de plusieurs cas sur le site du Parquet : http://bit.ly/2ro4iXE ; http://bit.ly/2qE9MNb ; http://bit.ly/2q5RsbU ; http://bit.ly/2rnNT5s
  11. http://albaciudad.org/2017/05/lista-fallecidos-protestas-venezuela-abril-2017/
  12. http://hastaelnocau.wordpress.com/2017/05/09/radiografia-de-la-violencia
  13. http://www.lavanguardia.com/internacional/20170507/422343873153/violinista-muerto-venezuela-manifestaciones.html
  14. http://www.desdelaplaza.com/poder/yeison-lo-mataron-manifestantes-la-mud-destacado/
  15. http://www.talcualdigital.com/Nota/142708/detenido-polisucre-por-asesinato-de-estudiante-de-la-ucv-carlos-jose-moreno
  16. https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/15/fauxccupy-sous-les-masques-de-guy-fawkes-de-lopposition-venezuelienne
  17. https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/03/12/thomas-cluzel-ou-linterdiction-dinformer-sur-france-culture
  18. https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/08/04/venezuela-la-presse-francaise-lachee-par-sa-source/
  19. http://hinterlaces.com/61-afirma-que-responsables-de-manifestaciones-violentas-deberian-ir-presos/

 

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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 05:29

En cinq jours d’audience, les 17 journalistes et cadres du quotidien d’opposition turc Cumhuriyet ont démontré avec maestria l’ineptie de l'acte d’accusation élevant la critique contre le gouvernement au rang de crime. La cour a libéré sept des onze accusés détenus. Prochaine audience au 11 septembre.

 

Istanbul (Turquie), de notre correspondant -. « Quand j’ai lu l’acte d’accusation pour la première fois, j’ai d’abord pensé à l’histoire de la chèvre de Monsieur Seguin, ce joli conte où un loup est décidé à manger la chèvre coûte que coûte et, pour parvenir à ses fins, raconte toutes sortes de mensonges. » Dans la version contemporaine de ce conte, le loup porte la robe noire d’un procureur. La chèvre a différents visages, ou peut-être devrait-on parler d’un troupeau tout entier. Il y a d’abord Mustafa Kemal Güngör, l’auteur de cette analogie, détenu depuis 271 jours, et ses 16 compagnons du journal social-démocrate turc Cumhuriyet, jugés depuis lundi pour avoir soutenu par leurs écrits divers animaux sauvages : les disciples du prédicateur islamiste Fethullah Gülen, impliqués dans le coup d’État sanglant du 15 juillet 2016, les rebelles kurdes du PKK, les militants du groupuscule d’extrême gauche DHKP/C. On peut aussi voir en elle la presse d’opposition, la liberté d’expression, la Turquie tout entière.

Pour Güngör, même le parquet et ses experts ne sont pas dupes de leurs accusations. Mais, a-t-il résumé devant les juges, « depuis le début, ils ont décidé de nous poursuivre, de nous emprisonner, de nous écraser ». Comment imaginer en effet Hikmet Cetinkaya, l’un des premiers journalistes à avoir dénoncé, dès les années 1970, la menace constituée par les réseaux gülenistes, dans le rôle d’un apôtre du prédicateur ? « Gülen portait plainte contre moi à tout bout de champ, il ouvrait des procès en dommages-intérêts. Mais avec Cumhuriyet, nous avons continué d’écrire, sans céder », a rappelé devant la cour l’auteur septuagénaire. Et Ahmet Sik, détenu pendant 375 jours parce qu’il avait enquêté sur l’infiltration du système judiciaire par ces mêmes réseaux ? L’éditorialiste Kadri Gürsel ne fait pas un meilleur sympathisant du PKK, lui qui fut enlevé et séquestré par les rebelles kurdes pendant 26 jours en 1995.

De fait, le parquet a été bien en peine de trouver un seul texte dans lequel l’un des auteurs inculpés fait l’apologie d’une organisation clandestine armée. Ne subsiste dès lors de l’accusation que les critiques répétées du journal contre le pouvoir islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan, assimilées dans l’acte d’accusation à une « guerre asymétrique », et de bien fébriles tentatives de dévoiler des connexions entre les accusés et les groupes clandestins.

Ces tentatives, les accusés les ont magistralement balayées durant ces cinq jours d’audience. En démontrant l’inanité de certaines accusations : « La personne qu’on m’accuse d’avoir contactée est un pideci [le pizzaiolo turc] de Cankaya. Comment est-ce que je suis censé savoir qu’une enquête est en cours visant le type chez qui je commande des pide de temps en temps ? », a fait remarquer Güray Öz, le médiateur du journal, incarcéré depuis 9 mois. Ou en revendiquant le droit et l’obligation, pour un journaliste, de s’adresser à des gens peu fréquentables : « Oui, j’ai parlé avec plusieurs représentants du mouvement güleniste. Si je ne parle pas aux gens, je ne peux rien apprendre. On ne peut pas rester vierge quand on est journaliste », a assumé Aydin Engin, une pointure de la presse turque. Relatant ses enquêtes au long cours auprès du hezbollah turc et des talibans, en Afghanistan, il a poursuivi : « Parce que j’ai parlé avec ces gens, est-ce que ça fait de moi un terroriste du Hezbollah ou d’Al-Qaïda ? »

Avocat de Cumhuriyet pendant de nombreuses années, Bülent Utku, lui aussi écroué, a l’habitude de batailler avec les délits d’opinion. « Je pense que ma seule réponse concernant le chapitre de l’acte d’accusation consacré au “changement de la politique éditoriale”, c’est “mêle-toi de tes affaires” », a-t-il lancé avec aplomb au procureur. « Le changement de politique éditoriale d’un journal, ça regarde ses lecteurs, pas les procureurs. »

Les accusés et leurs avocats ont par ailleurs insisté sur les graves irrégularités survenues au cours de l’instruction, à commencer par l’incroyable présence, au sein de l’équipe menant l’enquête, d’un procureur lui-même poursuivi pour appartenance aux réseaux gülenistes. « Un procureur ne peut pas exercer s’il est poursuivi pour un crime passible d’une peine de plus de trois mois de prison, or Murat Inam est jugé pour 10 crimes passibles de la prison à vie. Vous verrez que tous les actes de l’instruction seront invalidés en raison de sa présence », a prévenu l’avocat Fikret Ilkiz, un des ténors du barreau d’Istanbul.

Inam, dont le nom a été effacé des documents récents de l’instruction, n’était pas présent dans la salle d’audience, mais son remplaçant n’est pas vierge de tout soupçon non plus. Le procureur Haci Hasan Bölukbasi, assis sur le fauteuil du ministère public, a ouvert un procès en 2014 contre une éditorialiste de Cumhuriyet, Mine Kirikkanat, pour insulte à… Fethullah Gülen, a indiqué Bülent Utku lors de sa déposition. Les critiques n’ont pas épargné le gouvernement, le journaliste d’investigation emprisonné Ahmet Sik délivrant un réquisitoire enflammé contre les hommes d’Erdogan et leur rôle dans la montée en puissance des gülenistes.

Vendredi soir, la cour a ordonné la remise en liberté provisoire, dans l’attente d’un verdict, de sept des onze accusés encore en détention, et a fixé au 11 septembre la prochaine audience. Restent en prison le président du conseil d’administration de la Fondation Cumhuriyet, Akin Atalay, le directeur de la rédaction du journal, Murat Sabuncu, l’éditorialiste Kadri Gürsel et Ahmet Sik, contre lequel le procureur a par ailleurs annoncé qu’il allait lancer des poursuites pour dénigrement de l’État turc.

À l’annonce de cette décision, Ahmet Sik a interpellé le public. « Tous les membres et institutions de cette organisation du mal, vile et indigne, doivent savoir que jusqu’à présent, je ne me suis mis à genoux que devant mes parents pour leur embrasser la main, et que je continuerai comme ça », a déclaré le journaliste, dont la sortie a été filmée par un témoin.

Ahmet Şık: Bu organize örgütün tüm adamları bilsinler, ben sadece anne babamın elini öpmek için eğildimhttps://t.co/dW7IC4BS7E pic.twitter.com/ypv6wM9Pv8

— Gerçek Gündem (@gercekgundem) 28 juillet 2017

La foule a applaudi l’accusé et scandé « Ahmet sortira, il écrira de nouveau ».

 

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 05:33

Devant le palais de justice d’Istanbul, dans la foule attendant la décision des juges, la romancière turque Asli Erdogan a lu une lettre adressée à l’un des 17 accusés, Turhan Günay, par sa fille.

 

Vendredi 28 juin au soir, la cour a ordonné la remise en liberté provisoire, dans l’attente d’un verdict, de sept des onze accusés encore en détention, lors du procès du quotidien d’opposition turc Cumhuriyet. Et a fixé au 11 septembre la prochaine audience. Présente dans la foule qui attendait la décision des juges, la romancière turque Asli Erdogan, auteure de Le silence même n’est plus à toi, arrêtée le 16 août 2016 puis remise en liberté provisoire 132 jours plus tard, revient sur l’importance du procès.

Sept employés du journal sont relâchés, cinq, dont plusieurs grands noms, restent derrière les barreaux. Quelle est votre réaction ?

Cette décision est la confirmation de l’arbitraire qui sévit dans ce pays. Les membres du journal sont tous accusés de la même chose, mais certains sont remis en liberté, d’autres non. L’injustice causée par ce procès est irréversible, car il n’aurait jamais dû avoir lieu. Et pourtant il y a tellement d’autres procès de ce genre en Turquie. Mais pour les familles de ceux qui sont libérés, il s’agit quasiment d’un miracle.

 

Vous sentez-vous proche des 17 inculpés dans ce procès ?

Je connais personnellement deux d’entre eux, Turhan Günay, le responsable du supplément livres de Cumhuriyet, et le caricaturiste Musa Kart. Je suis très heureuse qu’ils sortent de cet enfer, même s’ils ne sont pas au bout de leur peine. Pour quelqu’un qui est passé par là, je sais que la remise en liberté n’est pas la fin des souffrances. Le procès continue. Une fois que vous avez été incarcéré dans une cellule, vous n’en sortez jamais vraiment. Être accusé de terrorisme est lourd à porter. Et c’est révoltant. Je suis contre toute forme de violence. Déjà dans les années 1990, j’écrivais sur la non-violence. Comment puis-je être une terroriste du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) si je refuse de porter les armes ?

Des centaines de personnes sont venues soutenir Cumhuriyet ce vendredi, notamment à travers une lecture publique du quotidien devant le palais de justice d’Istanbul. Comment jugez-vous la réaction de la société civile turque face à ces procès en chaîne ?

Le rassemblement était encerclé par des centaines de policiers et des camions blindés. Les personnes qui viennent ici apporter leur soutien risquent d’être arrêtées à tout moment. Cela a un double effet : d’une part, l’extrême pression qui pèse sur la société civile fait que son message a du mal à passer. D’un autre côté, des personnes qui ne partagent pas forcément les mêmes idées politiques réalisent qu’elles sont plus fortes ensemble et décident de s’unir. Soit vous croyez en la liberté d’expression et vous la défendez, soit pas. C’est l’essence de cette liberté. Même si vous êtes mon ennemi, je suis pour que vous ayez la liberté de vous exprimer. Il n’y a rien de nouveau, Voltaire le disait il y a 300 ans. Mais aujourd’hui, dans la Turquie du XXIe siècle, nous devons encore débattre de ces valeurs essentielles.

La répression en Turquie est-elle toujours aussi forte, un an après votre arrestation le 16 août 2016 ?

Quand j’ai été arrêtée, les purges étaient à leur pic. Trois cents personnes attendaient avec moi leur acte d’accusation ce jour-là. Le couloir du commissariat était rempli de personnes menottées. Il n’y avait pas assez de menottes pour tout le monde. Ce furent les jours les plus durs. Le phénomène n’a pas disparu mais il est devenu chronique. C’est peut-être pire car le public s’habitue. Le ministère de l’intérieur a publié les chiffres : chaque semaine, il procède à 1 200 arrestations politiques. Ce n’est pas seulement un nombre, ce sont des vies humaines qui souffrent, mais la population turque s’habitue à cette réalité.

 

Malgré la décision de la justice de lever votre interdiction de sortie de territoire le 22 juin, vous n’avez toujours pas récupéré votre passeport. Pourquoi ?

C’est un jeu. Le gouvernement turc a annoncé au monde entier que mon interdiction de sortie du territoire était levée. Mais puisque nous nous trouvons sous l’état d’urgence, un décret stipule que n’importe quel passeport peut être confisqué. La police et la justice se renvoient la balle. Ce qui m’attriste le plus, c’est que j’ai reçu deux prix littéraires très importants, le prix Marguerite-Yourcenar en France et le prix de la paix Erich-Maria-Remarque en Allemagne, qui sera remis en septembre. Je ne suis pas sûre de pouvoir y aller. Or c’est le genre de récompense qui n’arrive qu’une seule fois dans la vie d’un écrivain.

 

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 07:29

 

Un peu plus de 8 millions de Vénézuéliens ont voté dimanche en faveur d’une Assemblée constituante  malgré la violence déclenchée par une opposition puissante disposant de moyens considérables financiers et médiatiques soutenue par le gouvernement des Etats-Unis et la CIA. Un succès pour le mouvement populaire et progressiste vénézuélien.

En France et plus généralement en Europe, la tendance médiatique est à l’acharnement contre le pouvoir en place à Caracas en procédant à une manipulation de l’information. Les images des manifestations de la dite « opposition » qui se traduisent généralement par des scènes de guerre sont largement diffusées alors que les rassemblements chavistes sont passés sous silence. On évoque plus de cent morts depuis le début des affrontements en oubliant de préciser que des candidats à la constituante et des militants chavistes ont été assassinés tandis que les forces de l’ordre  ont enregistré nombre de morts et de blessés. Les médias des Bolloré, Drahi, Lagardère et ceux du «  service public » ont choisi leur camp : celui de l’extrême droite vénézuélienne. 

Ils rejoignent ainsi les pires forces réactionnaires du continent latino américain dans des pays qui osent remettre en cause le verdict des urnes vénézuéliennes alors que ces mêmes pays se distinguent par la corruption, le népotisme et les atteintes aux droits de l’homme. Je veux parler du Mexique, du Pérou, de Panama, de l’Argentine et de la Colombie.

Ce n’est pas au Venezuela  que 45 étudiants ont été assassinés sans aucune suite judiciaire, que les fosses communes débordent d’hommes et de femmes martyrisés, que la misère et l’analphabétisme sévit dans tout le pays, mais au Mexique.

Ce n’est pas au Venezuela que le rapport 2017 d’Amnesty  relève la multiplication de violences contre les femmes et les populations indigènes, que l’armée et la police s’illustrent par des opérations répressives dans le villages éloignés de la capitale, mais au Pérou.

Ce n’est pas au Venezuela que la finance internationale camoufle ses méfaits, mais au Panama.

Ce n’est pas au Venezuela que le pouvoir s’attaque aux grands mères des disparus durant la dictature, que la répression s’abat sur le mouvement ouvrier mais en Argentine.

Ce n’est pas au Venezuela que des centaines d’opposants politique restent toujours emprisonnés malgré des «  accords de paix », que des militants de gauche sont assassinés mais en Colombie.

Le Venezuela n’a pas de leçon à recevoir de ces régimes corrompus et fascisants. Son peuple doit dans la paix enfin retrouvée surmonter lui et lui seul l’épreuve en cours.

 

 

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 07:28

 

41,53% des Vénézuéliens ont pu se rendre aux urnes ce dimanche 30 juillet, malgré un climat de violence accru par l'opposition au président Nicolas Maduro qui refusait de présenter des candidats au scrutin et qui entendait l'empêcher en rendant la situation incontrôlable. 10 personnes ont ainsi perdu la vie au cours de cette journée de vote, montant le bilan macabre de ces quatre derniers mois d'affrontements politiques aigus à près de 130 morts.

Le peuple vénézuélien paie d'un lourd tribut son aspiration à la paix. La veille du vote, des militants masqués prétendant défendre la démocratie avaient saccagé du matériel électoral en le brûlant en place publique.

L'opposition appelle déjà à des actions lundi et mercredi, jour d'installation de l'Assemblée constituante ; elle est notamment appuyée par l'Administration américaine qui parle, avec l'élection de dimanche, d'un "pas vers la dictature" et qui brandit à nouveau la menace de sanctions, et par les autorités de Colombie, où 1 million de Vénézuéliens ont émigré pour fuir les violences et trouver du travail.

C'est continuer à jeter de l'huile sur le feu alors qu'il s'agirait pour la communauté internationale de créer les conditions d'une médiation internationale sous égide de l'ONU afin de rétablir la paix et la sécurité au Venezuela.

Le Parti communiste français, partisan de la paix et du dialogue national, appelle le gouvernement français à agir fermement en ce sens plutôt que d'emboîter le pas à un président Trump qui multiplie ces jours-ci les déclarations et décisions agressives.

Le PCF adresse aux forces de la paix, de la justice sociale et de la démocratie vénézuéliennes sa solidarité et affirme la nécessité d'un arrêt immédiat des violences qui endeuillent le peuple du Venezuela.

Parti communiste français,
Paris, le 31 juillet 2017

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 08:53

La combustion d'énergies fossiles favorise le réchauffement climatique et pourrait conduire à la fonte de la glace polaire ainsi que celle des sommets des montagnes, un scénario qui conduirait à une hausse du niveau de la mer de plus de 65 mètres. 

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

Ces cartes montrent le monde tel qu’il est aujourd’hui, à une différence près : toute la glace continentale a fondu et s’est déversée dans la mer, élevant son niveau de plus de 65 mètres et formant de nouveaux littoraux pour nos continents et les mers intérieures.

Il y a plus de deux millions de mètres cubes de glace sur Terre, et certains scientifiques affirment qu’il faudrait plus de 5 000 ans pour qu’elle fonde dans son intégralité. Si nous continuons produire du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, il y a de fortes chances que nous créions une planète dépourvue de glace, avec une température moyenne avoisinant les 26°C au lieu des 14°C actuels.

 

EUROPE

Londres ? Plus qu’un souvenir. Venise ? Reconquise par la mer Adriatique. D’ici des milliers d’années, dans ce scénario catastrophique, les Pays-Bas auront depuis longtemps capitulé face à l’invasion de la mer, et la majeure partie du Danemark aura également disparu. Entre-temps, les eaux grandissantes de la Méditerranée décupleront le niveau de la mer Noire et de la mer Caspienne.

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

AMÉRIQUE DU NORD

Toute la façade atlantique disparaîtrait, de même que la Floride et la côte américaine du golfe. En Californie, les collines de San Francisco deviendraient un archipel et la Vallée Centrale une baie géante. Le golfe de Californie s’étendrait jusqu’au nord, au-delà de la latitude de l'actuelle San Diego – la ville n'existerait plus.  

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

AMÉRIQUE DU SUD

Le Bassin amazonien au nord ainsi que le bassin du Río Paraguay au sud deviendraient des criques de l’Atlantique, rayant Buenos Aires, le littoral uruguayen ainsi qu’une grande partie du Paraguay de la carte. Certaines zones montagneuses subsisteraient le long de la côte de Caraïbes et en Amérique centrale.

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

AFRIQUE

Comparée aux autres continents, l’Afrique ne perdrait pas autant de terres au profit des eaux montantes des océans, mais la hausse des températures pourrait rendre une grande partie de son territoire inhabitable. En Égypte, les villes d’Alexandrie et Le Caire seront submergées par une mer Méditerranée intrusive.

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

ASIE

La Chine, désormais peuplée de 600 millions d'habitants, sera inondée, tout comme le Bangladesh et ses 160 millions d’habitants, ainsi qu’une grande partie des régions côtières de l’Inde. L’inondation du delta du Mékong ferait de la Chaîne des Cardamomes du Cambodge une zone isolée, tel un pays insulaire.

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AUSTRALIE

Essentiellement désertique, le continent s’enrichirait d’une nouvelle mer intérieure, bien qu’il se verrait dépossédé d’une grande partie de sa bande côtière où vivent actuellement quatre Australiens sur cinq.

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

ANTARCTIQUE

Ouest Antarctique : la calotte glaciaire de l’Antarctique oriental est si vaste – elle compte quatre cinquièmes de la toute la glace terrestre – que sa fonte semble inconcevable. Elle a survécu intacte à des périodes de chaleurs antérieurs. Récemment, elle semble s’être quelque peu densifiée – en raison du réchauffement climatique. L’atmosphère plus chaude contient davantage de vapeur d’eau et celle-ci retombe sous forme de neige sur l’Antarctique oriental. Pourtant, il est peu probable que ce mastodonte survive au retour d’un climat d’Éocène.

Est Antarctique : Comme la calotte glaciaire du Groenland, l’Antarctique occidental était vraisemblablement beaucoup plus petit lors des périodes de chaleur antérieures.Il s’agit d’une région fragile du fait qu’une grande partie du continent repose sur un substrat rocheux situé sous le niveau de la mer. Le réchauffement de l’océan fait fondre la glace flottante par en-dessous, entraînant un affaissement de cette dernière.Depuis 1992, l’Antarctique occidental a enregistré, en moyenne, une perte nette de 65 millions de tonnes métriques de glace par an.

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

Cartes : Jason Treat, Matthew Twombly, Web Barr, Maggie Smith, équipe NGM. Artistique : Kees Veenenbos. Sources: Phillippe Huybrechts, Vrije Universiteit Brussel ; Richard S. Williams, Jr., Woods Hole Research Center; James C. Zachos, Université de Californie à Santa Cruz, USHS; NOAA, ETOPO1 BEDROCK, 1 Arc-Minute Global Relief Copyright © Septembre 2013 National Geographic Society

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 16:11

L’analyse de plus de 700 000 mesures marégraphiques réalisées dans le monde entier l’atteste : le changement climatique est depuis longtemps une réalité pour les littoraux de la planète. Avec des conséquences dramatiques pour des centaines de millions de personnes.

Il inonde des plaines. Emporte des plages de sable. Raye des îles de la carte. Le changement climatique chamboule inexorablement la physionomie des littoraux. La montée du niveau des mers en est le premier signe, et le plus dramatique quand on sait qu'un citoyen de la planète bleue sur deux vit à proximité des zones côtières.

Pendant six mois, de janvier à juillet, l'école de journalisme de l'université Columbia, à New York, et le site d'investigation allemand Correctiv, en partenariat avec Mediapart, ont analysé plus de 700 000 exemples d'amplitudes de marées. Cette « mine de données », dévoilée ici pour la première fois dans son intégralité, provient d'un organisme britannique basé à Liverpool, le Permanent Service for Mean Sea Level, qui enregistre tous les mois depuis 1933 l'amplitude des marées à l'aide de marégraphes installés dans plus de 2 000 ports du globe. C’est la méthode de mesure la plus révélatrice des effets du changement climatique mondial. Les mesures satellitaires, elles, n’ont débuté qu'en 1993.

La rédaction de Correctiv a sélectionné 500 lieux particulièrement bien documentés et les a cartographiés, en répertoriant la hausse du niveau des mers depuis trente ans, de 1985 à 2015. Les points correspondent aux stations marégraphiques : celles où la mer monte sont en rouge ; celles où elle recule sont en bleu. Les zones côtières teintées de vert sont les plus menacées, car situées à moins de dix mètres au-dessus du niveau de la mer. La visualisation, consultable ci-après, ne se borne néanmoins pas à donner un aperçu du passé : « Là où le niveau de la mer a fortement progressé, il continuera de fortement progresser », assure Anders Levermann, chercheur sur l’impact climatique à Potsdam en Allemagne et co-auteur du dernier rapport du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, un organisme onusien).

La carte recense aussi, pays par pays, les émissions de dioxyde de carbone, qui ont largement contribué au réchauffement de la terre de près d'un degré au cours du siècle dernier, et donc à l'élévation du niveau des mers : la majeure partie de cette chaleur supplémentaire étant absorbée par les océans, l'eau réchauffée se dilate et occupe plus d’espace – les scientifiques qualifient ce phénomène d'« expansion thermique ». De plus, conséquence d’un climat plus chaud, les glaciers fondent et la masse d’eau des océans du monde augmente d’autant.

Une chose est certaine : aucun continent n'échappe à la montée des eaux. Ainsi, le niveau de la mer à Marseille est de 10 centimètres supérieur à celui d’il y a trente ans, un record en France. En Amérique du Nord, l’enfoncement des terres provoqué par l'épuisement des eaux souterraines, combiné à l’incessante érosion liée à la mer montante, constitue un risque majeur pour des métropoles comme Miami ou New York – le passage de l'ouragan Sandy, en 2012, l'a tragiquement rappelé. En Amérique du Sud, continent qui abrite les plus vastes zones humides de la planète, le changement climatique va contraindre des millions d'habitants à quitter leurs foyers. 

Les dix villes les plus concernées se trouvent en Asie. Manille, capitale des Philippines, affiche des niveaux supérieurs de 40 centimètres à ceux d’il y a trente ans. Selon les prévisions, plusieurs des 7 107 îles de l’archipel philippin vont tout bonnement être englouties. Même tableau sombre au Bangladesh, l’une des contrées aux terres les plus basses de la planète. Les données soulignent également, malgré elles, l’isolement de l’Afrique : l’amplitude des marées n’a été enregistrée qu’en Afrique du Sud et à Zanzibar. Les ports des autres pays ne revêtaient à l'évidence pas assez d’importance économique et stratégique pour l'organisme de mesure britannique…

Du reste, les pays les moins prospères sont les moins bien préparés. « Si un État s’emploie principalement à bâtir des routes, des hôpitaux et des écoles, il ne reste ni temps ni argent pour se prémunir contre les éventuels dommages occasionnés par le réchauffement climatique », justifie Sally Brown, chercheuse en océanographie à l'université de Southampton (Royaume-Uni), en évoquant le cas des pays africains. À l'inverse, la série de tempêtes qui ont dévasté les côtes du nord-est de l’Europe en 1953 ont conduit les autorités locales à prendre des mesures de protection plus efficaces, qui portent encore leurs fruits aujourd’hui.

La carte révèle par ailleurs des retombées surprenantes : dans les pays scandinaves, la terre s’élève plus vite que la mer. Certains ports sont littéralement à sec. Raahe, à l’ouest de la Finlande, a vu son sol s’élever de près de 20 centimètres en trente ans et Ratan, à l'est de la Suède, de quasiment 25 centimètres. « Ce phénomène est dû à la dilatation de la croûte terrestre, autrefois compressée par des nappes glaciaires de plusieurs kilomètres d’épaisseur et qui ont aujourd’hui fondu », explique Hans-Martin Füssel, directeur des projets de protection du climat à l’Agence européenne pour l’environnement.

Plus globalement, les données indiquent que les répercussions du changement climatique ne sont pas les mêmes pour tous : en moyenne, les mers montent de 3,4 millimètres par an, mais les vents, les courants et les vagues exercent des influences variées d’une région à l’autre. Par endroits, le niveau de la mer progresse de 10 millimètres par an, un rythme trois fois plus soutenu que la moyenne mondiale.

À l’heure actuelle, les chercheurs du GIEC escomptent une élévation des mers du globe comprise entre 20 et 80 centimètres d’ici à 2100. En 2200 ou 2300, elle pourrait atteindre plusieurs mètres. Un écart énorme qui décidera du sort de centaines de millions de personnes.

 

 

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 16:08
TOUS BOLIVARIENS ! (CHRONIQUES LATINES – JEAN ORTIZ)

Jean Ortiz

Samedi, 29 Juillet, 2017 - 10:32

 

 

Tous bolivariens !

Dans quelques heures le Venezuela peut être plongé dans un bain de sang par ceux qui, nationalement et internationalement, ne supportent pas que les pauvres refusent de le rester, et qui voudraient faire main basse sur les énormes réserves en hydrocarbures du pays.

L’enjeu géopolitique dépasse Caracas.

Les secteurs majoritaires et d’extrême droite de l’opposition connue comme « Table d’union démocratique » (MUD en espagnol) tentent de bloquer le pays pour empêcher les élections à l’Assemblée constituante et en appeler à l’intervention de Washington. Le président TRUMP et la CIA ont prévenu : s’il y a vote, « l’empire » prendra des sanctions immédiates contre le droit à l’auto-détermination d’un peuple.

 

Ce qui se joue au Venezuela aujourd’hui, quelles que soient les erreurs qu’ait pu commettre le président Maduro, a et aura des répercussions continentales et internationales lourdes. Washington (soutenu en sous-main par l’Union européenne) s’apprête à violer la souveraineté du Venezuela. Ils tentent de provoquer une rupture dans l’armée. Pour les États-Unis, le Venezuela bolivarien constitue « une menace pour la (sa) sécurité ». La formule est de ce « bon » président Obama.

 

Le Venezuela redevient le cœur de la stratégie impérialiste. Il doit plus que jamais faire battre le cœur de tous les démocrates. Le Haut commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme vient d’appeler à « garantir la paix » afin que le vote de l’Assemblée constituante, le 30 juillet, se déroule en toute normalité. Les médias vénézuéliens, qui appartiennent très majoritairement à l’oligarchie, et leurs clones français, soufflent sur le feu au lieu de calmer le jeu, hurlent à « la dictature » parce que le gouvernement Maduro a interdit les manifestations pour que le vote ait lieu en toute tranquillité, et éviter que le sang coule davantage.

 L’opposition, nous serions tenté d’écrire la « subversion », refuse de participer à la consultation. Elle a préalablement et illégalement organisé, un vote parallèle et bidon où elle aurait obtenu plus de 7 millions de suffrages. Aucune vérification, aucun comptage sérieux n’ont pu avoir lieu. Listes électorales « maison » et bulletins de vote ont été monopolisés, puis brûlés.

Les principaux chefs de l’opposition veulent aujourd’hui, après trois mois et demi d’insurrections localisées, surtout dans les quartiers riches, en découdre, quel qu’en soit le prix. Les opposants sont devenus des émeutiers. Depuis l’élection, avec une courte majorité, du président Maduro, en 2013, l’opposition se refuse à reconnaître la légitimité du président. Cette attitude putschiste rappelle et dépasse le « golpe » contre Chavez de 2002. Et pourtant ...

 L’élection d’une Constituante, l’élargissement de la démocratie, la consultation de l’ensemble de la population, dans un processus de fond, constituent bien l’un des derniers atouts, sans doute, pour le vivre ensemble, dans un pays aujourd’hui déchiré, au bord du gouffre. La révolution veut modifier la Constitution de 1999, y ajouter les acquis sociaux reconnus par les institutions internationales. Malgré l’effondrement économique, la révolution est parvenue à maintenir les grandes « Missions » sociales. Peu en parlent. La pénurie sur des produits ciblés, sur des médicaments, certes cruelle, organisée essentiellement par le patronat, est sur-médiatisée. Et pourtant les chiffres, eux, parlent... L’indice de développement humain du Venezuela était en 2015 de 0.767, 71e rang sur un ensemble de 188 pays. De 1990 à 2015, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 4,6 années. La santé et l’éducation (gratuites) restent des priorités, malgré la profonde crise économique et politique.

Le Venezuela ne doit pas être le Chili. L’expérience a prouvé que tout blocus affecte surtout les populations civiles et se retourne finalement contre ses promoteurs. Cuba a plus que prouvé et éprouvé les voies de la résistance pratique, concrète, au quotidien.

Les niveaux atteints par la désinformation ne sauraient nous détourner de notre devoir d’internationalisme. L’internationalisme, disait le Che, c’est la solidarité de classe des exploités.

 

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