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Le séparatisme n’est pas toujours là où on l’attend ou plus exactement là où le pouvoir nous l’indique. Depuis des années, on stigmatise des quartiers populaires, on soupçonne des familles, on traque des signes religieux, on fantasme des replis communautaires. Mais le véritable séparatisme, celui qui mine la République de l’intérieur, est ailleurs. Il est en haut. Il est dans les beaux quartiers. Il est dans les conseils d’administration. Il est dans les cabinets d’optimisation fiscale.
D’après un document de Bercy rendu public le 18 février 2026, mais aussi la Commission des finances du Sénat, plus de 13 000 millionnaires dans notre pays n’ont payé aucun impôt sur le revenu, en 2024. Zéro. Pas un euro. Dans la sixième puissance économique mondiale, des contribuables disposant d’un patrimoine et de revenus considérables échappent totalement à l’impôt progressif censé être l’un des piliers de notre pacte républicain. L’ancien ministre de l’économie Eric Lombard l’avait déjà avoué dans la presse. La ministre démissionnaire Amélie de Montchalain. restait quant à elle dans un déni incompréhensible.
Ce constat devrait provoquer un séisme politique. Il ne suscite qu’un haussement d’épaules gêné. Pire : il est parfois justifié au nom de la « compétitivité », de « l’attractivité » ou de la sacro-sainte « réussite ». Comme si contribuer à l’impôt était une punition. Comme si la solidarité nationale était une option.
Quand 13 000 millionnaires ne paient pas d’impôt sur le revenu, ce n’est pas seulement une anomalie comptable. C’est un signal politique. C’est le signe d’un système fiscal troué comme une passoire. C’est la démonstration qu’au sommet de la pyramide, certains ont les moyens de s’extraire des règles communes pendant que la majorité des salariés, des retraités et des classes moyennes voient chaque euro prélevé à la source. La fraude sociale est constamment brandie, avec chiffres assénés, fantasmes entretenus et véritable volonté politique pour la traquer.
Un deux poids deux mesures quand on laisse prospérer l’évasion et l’optimisation fiscales, quand on laisse des montages juridiques permettant à des grandes fortunes de faire disparaître leur revenu imposable derrière des niches, des holdings, des reports et des dispositifs taillés sur mesure.
C’est aussi un mensonge qui s’effondre. Quand l’économiste Gabriel Zucman proposait sa taxe de 2% pour les ultra-riches, il était vilipendé et voué aux gémonies. Les faits sont désormais là et cette taxe est plus que nécessaire.
Le séparatisme des riches, c’est cela : vivre dans la République mais refuser d’en assumer les charges communes. La promesse républicaine repose pourtant sur un principe simple : chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. L’impôt progressif sur le revenu, conquis de haute lutte, n’est pas un outil technique. C’est un choix de société. Quand l’impôt devient facultatif pour les plus riches, c’est le consentement à l’impôt qui s’effondre pour tous.
La République ne peut pas être ferme avec les faibles et souple avec les puissants. Elle ne peut pas traquer la moindre erreur d’un allocataire et fermer les yeux sur les stratégies d’évitement sophistiquées de grandes fortunes. Elle ne peut pas demander des efforts à l’hôpital public, à l’école, aux collectivités locales, tout en renonçant à faire contribuer ceux qui ont le plus bénéficié de la mondialisation financiarisée.
Le séparatisme que la République doit combattre en priorité, c’est celui de l’argent. Cela suppose de supprimer les niches inefficaces, de renforcer les moyens du contrôle fiscal, de lutter réellement contre l’évasion internationale, de rétablir une véritable progressivité de l’impôt et d’engager un débat sur la taxation du patrimoine et des très hauts revenus. Au nom de la justice fiscale et sociale exigée partout dans le pays.. sauf par une poignée.
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Nous avons appris avec une grande tristesse le décès de Leïla Shahid, la voix de l'OLP et de la Palestine en France pendant des années (et qu'elle voix!!!), en particulier pendant les accords d'Oslo, vis-à-vis desquels elle était critique rétrospectivement, les Israéliens ayant complètement escroqué les Palestiniens. J'avais une immense admiration pour Leïla Shahid que j'ai eu le bonheur de rencontrer plusieurs fois, et pour la première fois à Carhaix lors d'un débat organisé avec Sylvain Cypel et Claude Léostic, Taoufiq Tahani, au Glenmor. Pour moi, elle était le symbole du cœur et l'intelligence vibrante de la Palestine, de sa culture fruit d'un métissage multi millénaire, de sa soif de justice et de vie inextinguible, de son espoir indestructible, de sa beauté, de son esprit de résistance et de résilience! Notre ami Jean-Marc Nayet nous avait photographiés avec Leïla Shahid, mes amis et camarades Lucienne Nayet, qui la connaissait bien, depuis qu'elle avait organisé avec elle comme adjointe à la culture de Champigny plusieurs Printemps pour la Palestine, et Alain David en 2015, il y a 11 ans, après cette conférence publique. Ce soir, notre cœur pleure pour cette très grande dame de la lutte palestinienne, militante et résistante avec une grande noblesse d'âme et hauteur de vue. Sa foi en l'avenir n'a pas résisté au génocide, à l'abandon, et à l'écrasement actuel du peuple palestinien par Netanyahou et son gouvernement d'extrême-droite, avec l'appui et la complicité, des Etats-Unis, dans l'indifférence d'une grande partie des états du monde, européens notamment.
Leïla Shahid en 2015 était revenue à Carhaix et le lendemain de son intervention elle avait accordé à Radio Kreiz-Breizh un entretien en 2 parties que vous pouvez écouter ci-dessous : https://www.radiobreizh.bzh/fr/search?text=Leila%20shahid
Sofia Boutrih, présidente de la fête de l'Humanité
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Le Parti communiste français exprime de nouveau sa plus vive émotion après la mort de Quentin Deranque survenue à Lyon à la suite de violences inadmissibles et d’un lynchage odieux qui a coûté la vie à cet homme en marge d’une conférence à Sciences-Po. Toute justification ou relativisation de ce crime abject, au regard des idées ou actes de la victime, est inacceptable.
C’est à la justice d’identifier et de condamner sévèrement ses responsables, son travail devant être scrupuleusement respecté, loin de toute conclusion hâtive et de toute récupération partisane. Nous refusons avec la plus grande fermeté toute instrumentalisation de ce drame visant à banaliser l'extrême droite, discréditer la gauche en l'assimilant à l'action de groupes violents ou détourner l’attention des urgences sociales et démocratiques.
Le PCF dénonce la violence comme méthode politique. Elle tourne le dos à notre idéal humaniste et constitue un piège. Elle nourrit l’escalade, obscurcit les responsabilités réelles et détourne des combats sociaux et démocratiques qui doivent se mener sur le terrain des idées et de l’action collective organisée. Chaque vie perdue dans un contexte de violence politique est un échec pour la démocratie et pour la République. Cela a été le cas notamment ces dernières années de Clément Meric et de Federico Martín Aramburú, morts sous les coups de l'extrême droite.
Nous condamnons les dérives de certains groupes se réclamant de l’antifascisme lorsqu’ils emploient eux-mêmes les méthodes que l'extrême droite développe depuis des décennies : organisation de milices, violences de rue, perturbations de débats ou de manifestations de salariés. Les militants du PCF et leurs locaux sont, à ce titre, régulièrement pris pour cible par l'extrême droite ou par ces groupes.
Notre parti, fort de son engagement dans les luttes actuelles, héritier d’une longue histoire politique et du lourd tribut payé par ses militant·es dans le combat contre l’extrême droite ou le colonialisme appelle nos concitoyennes et concitoyens et toutes les forces à une mobilisation sociale et démocratique de grande ampleur.
L'action de groupes se complaisant dans le recours à la violence ne saurait être assimilée à l’engagement héroïque des résistantes et résistants dans une France occupée par les nazis dans laquelle toutes les voies légales et démocratiques de lutte avaient été supprimées par le régime de Vichy.
La lutte contre l'extrême droite ne se gagnera pas par des actions minorisantes dans des affrontements entre groupes organisés pour la violence. Ces actions conduisent en effet à une exacerbation des tensions utilisée par l'extrême droite pour encourager la multiplication des ratonnades ou l’organisation de milices contre les migrants conduisant là aussi à des victimes, à des meurtres. Il ne peut, de ce point de vue, y avoir d’indignation à géométrie variable.
La lutte contre l'extrême droite progressera par une action de masse des travailleurs et travailleuses et des forces démocratiques, par une lutte sociale et politique dans les entreprises, les quartiers, par le renforcement des syndicats et partis qui combattent son projet raciste, xénophobe et par les urnes.
Le PCF continuera, pour sa part, à combattre la loi du plus fort et à agir pour la défense de l'État de droit et l'extension de la démocratie, de la justice sociale, le respect des droits individuels et collectifs, pour une République sociale, laïque et fraternelle, seule capable d’offrir une issue démocratique à un système capitaliste en crise profonde.
Il appelle toutes les forces républicaines à organiser collectivement et en toute responsabilité le débat et l'action démocratiques, à condamner sévèrement tout appel à la haine, à la violence, à la stigmatisation d’une partie de nos concitoyens en fonction de leur origine ou de leur genre, permettre le débat contradictoire et protéger les droits et libertés.
Paris, le 19 février 2026