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17 mars 2026 2 17 /03 /mars /2026 07:25

 

Le chiffrage des aides publiques aux grandes entreprises par la commission d’enquête sénatoriale présidée par Fabien Gay, l’été dernier, dérange. C’est que le montant de 211 milliards établi par cette enquête est tout simplement colossal. Comment le gouvernement, le patronat et leurs dévoués médias ont-ils réagi ? Par le silence la plupart du temps. L’enquête ? Quelle enquête ? Les rares commentaires des milieux « autorisés » étaient plutôt méprisants, parlant de chiffre fantaisiste et traitant en somme le Sénat d’incompétence et d’amateurisme.

Rappelons que l’enquête a duré cinq mois, que la commission a entendu 33 dirigeants de grandes entreprises, comme TotalEnergies, LVMH, Sanofi, Michelin, Lactalis ou STMicroelectronics. Il y a eu 87 heures d’auditions avec des responsables politiques, des responsables de l’administration, des économistes, des partenaires sociaux. La commission n’a toutefois pas réussi à auditionner l’ancien Président de la République François Hollande sur les raisons qui ont conduit son gouvernement à mettre en place le CICE, crédit impôt compétitivité emploi. Le rapport, qui formule 26 propositions, a été adopté à l’unanimité.

« Quelques années après la gabegie qu’a constitué le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), l’actualité sociale fait ressurgir dans le débat public la problématique de la conditionnalité des aides publiques ainsi que celle d’un contrôle plus strict et d’une évaluation plus poussée de ces aides », observe Fabien Gay dans le préambule.

Les sénateurs mélangent tout, répètent volontiers les critiques macronistes ; on peut leur renvoyer l’ascenseur : c’est l’État qui a multiplié de manière déraisonnable les canaux d’aides aux entreprises et l’Administration qui n’a jamais à ce jour établi de tableau public de ces aides. On parle de 2 200 dispositifs en tout genre. Au point que le rapporteur doit bien constater : « Le paysage des aides publiques aux entreprises semble aujourd’hui éclaté et échapper à toute réflexion d’ensemble. »

Les 211 milliards englobent les subventions d’État, les aides versées par BPIFrance, les dépenses fiscales ou encore les allégements de cotisations sociales. Le rapport précise que ce montant ne comprend pas les aides des communes ou régions (environ 2 milliards) ni celles de l’Union européenne (près de 10 milliards)…

« Les contreparties en termes d’emplois sont peu contraignantes en France », constate encore la commission, qui préconise d’interdire les aides et d’imposer leur remboursement dans certaines circonstances (non publication des comptes) ou le remboursement des aides si l’entreprise procède à une délocalisation de l’activité concernée : on en a eu un exemple dernièrement avec Michelin.

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11 mars 2026 3 11 /03 /mars /2026 09:38

 

Au matin du samedi 28 février, les États-Unis et Israël lancent une offensive armée en Iran, interrompant les négociations en cours à Genève, alors même que de premières annonces avaient fait état d’avancées sur le programme nucléaire et que les parties devaient se retrouver le lundi 2 mars pour la suite des négociations. Cette intervention fait suite à un premier conflit éclair, en juin dernier, lors de ce qui a depuis été appelé la « guerre des douze jours ».

Mais ses implications et ses enjeux sont bien plus graves et importants. Au-delà de la question de l’Iran, cette guerre est une étape majeure dans la recomposition des rapports de force régionaux, voire mondiaux, et de l’impérialisme, comme de ses contradictions. L’imbrication étroite des enjeux régionaux, des enjeux internationaux et des intérêts particuliers des puissances internationales et régionales dessine un paysage complexe avec un point nodal commun : l’importance du contrôle des réseaux.

Dans la phase actuelle de refondation des modalités de l’accumulation capitaliste et de l’impérialisme, le contrôle des réseaux (énergétiques, commerciaux, numériques, spatiaux…) acquiert une dimension nouvelle. On parle, à raison, beaucoup du rôle majeur du détroit d’Ormuz. Il voit passer 24 % du commerce pétrolier et 20 % du GNL mondial. Plus de 85 % du commerce pétrolier est à destination de l’Asie. Pour le GNL, 26 % sont à destination de la Chine et 19 % de l’Inde. Plus largement, la région est le carrefour de corridors majeurs en cours de construction : corridor IMEC (Inde-Émirats-Israël-Europe), corridor Russie-Iran, corridor Irak-Turquie, etc.

Dans ce contexte, les enjeux sont les suivants :

  • Les deux alliés, les États-Unis et Israël, poursuivent aujourd’hui des objectifs militaires différents et des intérêts économiques convergents. L’action états-unienne s’attache ainsi en priorité à réduire à néant les infrastructures stratégiques et les capacités de production dont dispose l’Iran. Elle est aussi le fruit de la pression croisée des dirigeants israéliens et saoudiens qui ont pour intérêt commun de neutraliser l’Iran.
  • Le gouvernement de Benyamin Netanyahou semble pour sa part aspirer à éliminer l’un des obstacles à sa politique de chaos et d’hégémonie régionale, en donnant un coup d’accélérateur à sa politique d’épuration ethnique et d’annexion de la Cisjordanie et en reprenant les opérations militaires au Liban, à six mois d’élections législatives en Israël.
  • Une troisième puissance régionale, l’Arabie-saoudite, rivale de longue date de l’Iran, semble accorder sa partition sur la force d’intervention israélo-états-unienne. L’application du plan Trump pour le Proche-Orient et la nouvelle définition que Trump a apportée au projet américain de « Grand Moyen-Orient » lors de son discours de Riyad en mai dernier ouvrent pour la monarchie wahhabite l’opportunité de gagner de nouvelles positions dans la région, ce qui passe par la remise en cause de l’accord irano-saoudien de 2023 conclu sous le parrainage de la Chine. Ce sont les conditions d’accord d’Abraham de nouvelle génération qui sont ici en train de mûrir.
  • La crise historique de la dictature théocratique en Iran est une sorte d’opportunité pour ces intérêts de se concrétiser. L’ampleur du soulèvement populaire du mois de janvier dernier a montré la faiblesse des forces sociales qui soutiennent encore le régime. La violence sanguinaire de la répression a montré, à nouveau, que ce régime était prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. Ses provocations successives dans le domaine nucléaire (enrichissement de l’uranium bien au-delà des cadres fixés par l’AIEA) ont fait le reste. Ses attaques de ces derniers jours contre les États membres de l’organisation de coopération du Golfe, contre les raffineries saoudiennes, contre les usines de GNL au Qatar, achèvent de l’isoler.

Malgré les politiques néolibérales de la dictature et les sanctions internationales l’Iran dispose encore à ce jour des chaînes de production et des infrastructures nécessaires pour produire les drones Shahed, ainsi que des ressources balistiques nécessaires à la force de riposte, pour le moment. Les 2 500 établissements d’enseignement supérieur du pays produisent chaque année des cohortes de cadres, d’ingénieurs, de techniciens qualifiés, dont beaucoup occupent des postes clés au sein des infrastructures stratégiques et des chaînes de valeur associées. L’Iran forme chaque année 3 500 000 étudiants.

La mise au pas des filières industrielles de la défense, du nucléaire, de l’acier, du gaz et du pétrole, actuellement très dynamiques et imbriquées dans des réseaux de coopération, risque à l’avenir d’éteindre l’un des principaux secteurs d’emplois qualifiés du pays, provoquant la ruine de l’économie iranienne et encourageant toujours davantage la fuite des cerveaux.

Les forces progressistes iraniennes redoutent à présent de subir un sort comparable à celui de l’Irak, où l’analphabétisme, quasiment inexistant avant le début des guerres du Golfe, a fait des bonds spectaculaires. L’exemple de l’Irak témoigne de l’impact destructeur des conflits armés sur l’éducation et les perspectives d’avenir des populations.

Dans un contexte d’intensification de la guerre économique des États-Unis avec la Chine et ses alliés régionaux, le développement et les transferts de potentiel intellectuel constituent l’un des leviers de la montée en puissance économique. Ainsi, dans la nouvelle configuration du rapport de forces international, la compétition technologique, les circuits commerciaux et la course à l’innovation constituent bien plus que la trame de fond des conflits armés. Pour les rivaux régionaux de l’Iran, Arabie saoudite et Israël en tête, le développement économique de l’Iran et de ses forces productives représente un réel obstacle.

L’intervention en Iran doit permettre aux États-Unis de consolider un rapport de force face à la Chine, mais aussi de contenir la Russie, en supprimant un possible contrepoids dans le Caucase du Sud, où la puissance américaine souhaite s’imposer à travers le corridor de Zanguezour. La finalité d’une telle démarche est la refondation de l’impérialisme US dans le contexte où les recompositions internationales lui échappent en grande partie. Sa méthode est l’unilatéralisme absolu, face aux aspirations au multilatéralisme et à la réalité d’un monde devenu multipolaire. Cependant, il est confronté à des contradictions. La hausse des prix du pétrole et du gaz va à l’encontre des efforts de Trump pour les diminuer afin de conforter ses promesses d’amélioration du pouvoir d’achat interne aux États-Unis. Il faut également compter sur le peuple iranien, qui, malgré des décennies de répression politique, ne semble nullement disposé à abandonner ses revendications pour l’égalité, la justice sociale et le développement du pays.

Depuis des décennies, la société iranienne proteste contre les politiques néolibérales et destructrices du régime de la République islamique, qui engendrent la misère et assèchent l’économie du pays, sous le regard approbateur du FMI et de la Banque mondiale. Au fil des nombreuses grèves et manifestations, les Iraniens s’opposent autant aux sanctions internationales qu’aux politiques néolibérales qui contribuent, elles aussi de manière significative, à tarir les forces vives de l’économie du pays et dénoncent la corruption, devenue endémique.

En 2024, l’élection de Massoud Pezechkian avait ainsi été portée par une promesse d’union nationale, réitérée après la guerre de Douze Jours, mais restée lettre morte. L’absence de réalisations concrètes n’ont fait qu’exacerber la colère légitime du peuple. Pas plus hier qu’aujourd’hui, la société iranienne ne semble donner de signaux de renoncement. Elle paraît au contraire fermement arrimée à son indépendance nationale et à sa souveraineté dans ses choix d’avenir.

La nécessaire fin du régime actuel, le maintien de l’intégrité territoriale de l’Iran, le respect de la souveraineté du peuple iranien et sa lutte contre toute ingérence étrangère appellent à la large coopération et à la constitution du front des forces progressistes iraniennes, comme l’exige le parti Toudeh d’Iran.

La poursuite de l’escalade militaire pourrait avoir de sérieuses conséquences sur l’équilibre régional, comme le rappellent unanimement les forces progressistes du Proche et Moyen-Orient, au parti Toudeh comme au sein de la plateforme militante et associative, The Peace Partnership (Le Partenariat pour la paix), constitué à l’initiative du Parti communiste d’Israël.

En confortant la position israélo-étatsunienne, le Président de la République Emmanuel Macron expose la France à des risques de grande ampleur, pouvant aller bien au-delà des attaques sur les bases militaires françaises au Proche et au Moyen-Orient.

Le Secrétariat du secteur international

Article publié dans CommunisteS, numéro 1076 du 4 mars 2026.

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28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 19:14
La section du Pays de Brest du Parti communiste français appelle à se joindre à l’initiative du Mouvement de la Paix et du comité régional CGT à participer à Brest le lundi 2 mars 2026 à 11h à une assemblée-rassemblement-conférence de presse publique à la Maison du peuple de Brest
La section du Pays de Brest du Parti communiste français et la fédération PCF du Finistère appellent à se joindre à l’initiative du Mouvement de la Paix et du comité régional CGT à participer à Brest le lundi 2 mars 2026 à 11h à une assemblée-rassemblement-conférence de presse publique à la Maison du peuple de Brest 2 Place Édouard Mazé
 
En 2017, l’Assemblée générale de l’ONU votait, avec l’appui de 122 États, le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Après le bannissement des armes biologiques et chimiques, l’entrée en vigueur du TIAN, le 22 janvier 2021, constitue un fantastique espoir pour prohiber les armes de destruction massive.
Cependant la mise en œuvre du TIAN fait l’objet d’une obstruction des pays possédant l’arme nucléaire (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Israël, Pakistan, Inde et Israël).
Alors que la préservation de la planète est au cœur de tous les débats, que l’insécurité humaine plonge des pans entiers de l’humanité dans la misère et que les violences guerrières s’accroissent, le rôle des opinions publiques sera déterminant pour mobiliser les ressources en faveur du développement humain et de la paix.
L’entrée en vigueur du TIAN doit désormais conduire la France à faire le choix de le signer et de le ratifier. Paris devrait être à l’initiative sur le plan international afin d’établir un processus de sortie. Un premier signe serait de geler la modernisation du parc des armes nucléaires.
A l’occasion de la visite du Président de la République le lundi 2 mars à la base de sous-marins nucléaires de l’ile longue
La section du Pays de Brest du Parti communiste français appelle à se joindre à l’initiative du Mouvement de la Paix et du comité régional CGT à participer à Brest le lundi 2 mars 2026 à 11h à une assemblée-rassemblement-conférence de presse publique à la Maison du peuple de Brest 2 Place Édouard Mazé
La section du Pays de Brest du Parti communiste français appelle à se joindre à l’initiative du Mouvement de la Paix et du comité régional CGT à participer à Brest le lundi 2 mars 2026 à 11h à une assemblée-rassemblement-conférence de presse publique à la Maison du peuple de Brest
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28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 07:27
Dynamique fasciste - éditorial de l'Humanité, 27 février, par Rosa Moussaoui
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27 février 2026 5 27 /02 /février /2026 07:26
Cuba - non assistance à peuple en danger - par Francis Wurtz, L'Humanité Magazine, 25 février 2026
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26 février 2026 4 26 /02 /février /2026 07:24
Le mépris du peuple: jusqu'à quand? - Maryse Dumas, L'Humanité magazine, 25 février 2026
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25 février 2026 3 25 /02 /février /2026 16:17

 

18 févr. 2026
 
À quelques jours de l’examen au Sénat de la proposition de loi sur la nationalisation d’ArcelorMittal, parlementaires, syndicalistes et salariés se sont réunis pour une conférence de presse décisive. Au cœur des échanges :
  • l’avenir de la sidérurgie française,
  • la souveraineté industrielle du pays,
  • la responsabilité de l’État face à la financiarisation de l’industrie,
  • les milliers d’emplois menacés chez ArcelorMittal et dans toute la filière acier.
Salariés d’ArcelorMittal, responsables syndicaux de la CGT et parlementaires communistes alertent : sans maîtrise de l’acier, il n’y a pas d’industrie, pas d’indépendance, pas d’avenir industriel pour la France. Ils dénoncent les aides publiques versées sans contreparties, les suppressions d’emplois massives et la stratégie de désengagement du groupe Mittal en Europe. 👉 Cette conférence de presse appelle les sénateurs et sénatrices à prendre leurs responsabilités le 25 février, pour faire primer l’intérêt général, l’emploi et l’avenir industriel du pays. ✊ Nationaliser ArcelorMittal, c’est choisir l’industrie, les travailleurs et la souveraineté.
00:00 Cécile Cukierman
02:45 Gaëtan Lecocq
06:50 Stéphane Flégeau
11:35 Sophie Binet
17:45 Stéphane Peu

 

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23 février 2026 1 23 /02 /février /2026 08:08
Mort du militant nationaliste et identitaire Quentin Deranque - Ni violence, ni instrumentalisation ! - par Fabien Gay
Ni violence, ni instrumentalisation !
La mort du militant nationaliste et identitaire Quentin Deranque, âgé de 23 ans, suite à des coups reçus lors d’un affrontement violent à Lyon, est un drame inacceptable. La condamnation doit être claire et sans la moindre ambiguïté.
Aucune cause, aucune idéologie ne peut justifier qu’on en vienne aux mains, et encore moins qu’on conduise à la mort d’un être humain. La politique doit rester le champ des idées, des mobilisations collectives et du débat démocratique, et non celui des poings, des lynchages ou des expéditions punitives.
Quand la politique recule, que le débat d’idées s’appauvrit, que la désinformation et la course au buzz permanent remplacent les faits, l’échange d’arguments et la dispute organisée, cela conduit peu à peu à une société du repli sur soi, de la haine, et donne de la puissance à la violence pour résoudre les contradictions sociales. Si la politique apparaît dans l’impasse pour régler les problèmes du quotidien, la violence peut alors sembler un exutoire pour une partie, même infime, de la population. Et c’est précisément à ce stade que les idées d’extrême droite contaminent l’espace public, pullulent et se répandent jusqu’à saturation.
La violence entraîne le chaos, mais elle génère aussi, chez un grand nombre de nos concitoyens et concitoyennes, du dégoût, du rejet et, in fine, un détournement de la politique. Il suffit de voir ce qui se passe dans les manifestations où des violences sont annoncées : elles contribuent à éteindre les mouvements sociaux et à effacer les justes revendications des travailleurs et des travailleuses. C’est comme si nous marquions un but contre notre propre camp, faisant gagner l’adversaire.
La violence est une impasse politique pour la gauche : elle ne peut être ni une stratégie, ni une méthode, et encore moins un projet politique en soi. Pour l’extrême droite, elle est l’essence de son moteur et de son projet.
A gauche, nous ne sommes jamais aussi forts que lorsque la majorité du peuple se mêle de la politique, par des mouvements sociaux puissants ou dans les urnes quand l’abstention recule. Il faut donc interroger la stratégie de la conflictualisation permanente du débat politique, la violence des mots qui s’installe dans la vie parlementaire : si elle peut consolider un socle de militants, de sympathisants et même d’électeurs important, elle crée un plafond de verre et rend difficile, voire impossible, le fait d’être majoritaire et de gagner en rassemblant largement celles et ceux qui ont intérêt au changement.
Il y a d’ailleurs une contradiction à refuser les coups de force permanents, la logique de l’affrontement belliciste et guerrier face au retour des hyperpuissances, tout en laissant s’installer l’idée que la violence, quelle qu’en soit la forme, pourrait être un moyen légitime ici en France.
La semaine que nous venons de vivre est une semaine qu’il faut analyser avec beaucoup de recul. C’est un nouveau point de bascule qui va peser dans les esprits dans les prochains mois.
Nous vivons, comme de l’autre côté de l’Atlantique, notre moment « Charlie Kirk », qui a permis de marginaliser les anti-Trump, de les reléguer au rang d’ennemis de la liberté et d’affirmer l’autorité du locataire de la Maison Blanche en lui permettant de jouer sur le registre du retour à l’ordre et de défenseur de la liberté d’expression.
Il faut refuser que ce drame, aussi tragique soit-il, serve de prétexte à une inversion des valeurs et à une réécriture cynique de l’histoire de la violence politique en France. On ne peut pas mettre sur le même plan les antifascistes, qui luttent pour l’égalité, la solidarité et la fraternité, et les fascistes, qui portent en eux un projet de haine et de division du peuple. C’est une faute politique et morale gravissime. Il n’y a aucun trait d’égalité entre antifascistes et fascistes.
Depuis des années, les groupuscules d’extrême droite portent l’écrasante majorité des violences et des morts politiques : attentats racistes, assassinats ciblés, agressions xénophobes… Les chiffres sont implacables, et les faits parlent d’eux-mêmes. Nous n’oublions pas Ismaël Aali, Hichem Miraoui, Djamel Bendjaballah, Angela Rostas, Federico Martin Aramburu…
Aujourd’hui, l’extrême droite et une partie des droites coalisées instrumentalisent la mort de Quentin pour hurler à une « violence antifasciste » généralisée, désigner l’extrême gauche comme le grand danger de la République, et banaliser l’extrême droite ainsi que son projet autoritaire et raciste. Cette hypocrisie est insoutenable. Elle vise à effacer des années de haine raciste, d’attaques contre les migrants, les musulmans, les juifs, les homosexuels, les féministes, les syndicalistes…
Cette instrumentalisation du drame s’inscrit dans une stratégie plus large, relayée par une partie des médias et des droites libérales et autoritaires, qui consiste à expulser La France insoumise – et à travers elle, toute une partie de la gauche – du champ républicain. On accuse, on diabolise, on amalgame, pour mieux normaliser l’extrême droite et la faire entrer un peu plus dans le jeu institutionnel comme un parti comme les autres. Surtout, le pouvoir aux abois veut préparer leur arrivée. Après eux, le déluge – et mieux vaut l’arrivée de Le Pen et Bardella, pour espérer revenir aux affaires cinq ans plus tard en apparaissant comme les défenseurs de la démocratie plutôt qu’une issue porteuse d’espoir de changement et de rupture avec leur politique.
En stigmatisant et en pointant du doigt une partie de la gauche, ils veulent instiller le venin de la division et rendre impossible l’union large de la gauche, en profitant qu’une partie de la gauche affirme « plus jamais avec eux ». Nous savons très bien qu’aujourd’hui ce sont les insoumis, mais dans leur viseur ce sont aussi les communistes, les écologistes et une partie du camp socialiste.
Cette mécanique prépare le terrain pour 2027 et elle est à l’œuvre depuis une dizaine d’années, s’accélérant depuis le début du second mandat de Macron. En présentant la gauche comme « violente » ou « hors-sol », on blanchit ceux qui rêvent d’un État antisocial, anti-immigrés et antidémocratique. On inverse les responsabilités mais aussi les valeurs pour que les véritables fauteurs de haine passent pour des modérés, des gens responsables, et les antiracistes pour des racistes et des antisémites qu’il faut à tout prix marginaliser, voire demain, pourquoi pas, interdire.
Enfin, une grande partie du patronat français a choisi son camp pour la prochaine présidentielle. Ce sera l’extrême droite, pour continuer à verrouiller le système démocratique et institutionnel et poursuivre leur œuvre destructrice : épuiser le vivant et la nature, refuser tout changement du système qui consisterait à partager les pouvoirs, les savoirs et les richesses. Dans cette course à l’Élysée, ils sont appuyés par des algorithmes puissants et des relais médiatiques dopés par le milliardaire Bolloré, qui se font les chantres de la liberté d’expression – surtout quand elle relaie leurs poisons putrides d’extrême droite.
Ce moment que nous vivons vise donc à installer un duel, mais aussi à préparer les esprits à faire sauter la digue du front républicain au second tour des présidentielles, et même pire, à l’inverser au profit de l’extrême droite.
La République n’est pas menacée par ceux qui luttent pour la justice sociale, fiscale et écologique, l’égalité, l’antiracisme et la paix. Elle est menacée par l’extrême droite, qui l’a toujours combattue, et qui prospère sur la division, la peur et la violence qu’elle alimente depuis des décennies. Il faut refuser toute escalade, exiger que la justice fasse toute la lumière sur les faits, et barrer la route à ceux qui veulent transformer un drame en tremplin électoral.
Quand les blés ont été sous la grêle, notre camp social n’a pas répondu par la stratégie du chaos et de la violence à tout crin, mais par une stratégie de rassemblement large et de Front populaire.
À l’Humanité, nous avons décidé de nous rassembler avec quatre autres médias pour mener la bataille idéologique et médiatique – préalable de toute victoire électorale – en fournissant des argumentaires à nos lectrices et lecteurs. Avec ce hors-série de combat « Front commun contre l’extrême droite », ils disposent d’un manuel utile pour mener cette bataille idéologique.
À l’heure où, 82 ans après l’assassinat par l’armée nazie des 23 de l’Affiche rouge, des néo-nazis ont défilé dans les rues de Lyon librement, il est temps de réagir et fédérer. Surtout que ce n’est pas une première ces derniers mois.
Ensemble, refusons la violence et construisons la mobilisation antifasciste pacifique et déterminée. La fraternité et la solidarité ne se construisent pas dans la haine, mais dans le combat commun contre l’injustice et le fascisme qui resurgit.
 
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23 février 2026 1 23 /02 /février /2026 08:04
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22 février 2026 7 22 /02 /février /2026 13:18
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