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Israël innove dans la violation du droit international. Ses forces armées auraient détenu durant 40 heures les militants sur un bateau prison où ils auraient été violemment battus. Les ressortissants français sont arrivés ce matin après de multiples interventions auprès du ministère français des Affaires étrangères, dont celles du secrétaire national du PCF, Fabien Roussel et du sénateur de Paris, Ian Brossat.
Lina Sankari, L'Humanité, 2 mai 2026
La détention de Raphaëlle Primet et de ses 170 camarades de la flottille pour Gaza (Global Sumud Flotilla) a pris fin hier. Leurs 21 bateaux sur les 58 de la Flottille partis ces dernières semaines de Marseille (France), Barcelone (Espagne) et Syracuse (Italie), qui tentaient de briser le blocus imposé à l’enclave palestinienne depuis 2007, avaient été arraisonnés par l’armée israélienne, le 29 avril au soir. Cette opération illégale, menée dans les eaux internationales, est celle qui a été menée le plus loin de la bande de Gaza. Preuve de l’escalade sans fin dans laquelle est engagé le gouvernement d’extrême droite israélien.
Après avoir été transférée en Crète, la conseillère communiste de Paris et coprésidente du groupe communiste au Conseil de Paris, Raphaêlle Primet, qui se trouvait à bord du bateau Le Mystère Iqrit, a atterri ce matin à l’aéroport d’Orly. Si elle se trouve en bonne santé, d’autres ont, eux, fait état dans la presse italienne de « violence sévère et de torture » de l’armée israélienne. Des photos montrent des visages couverts d’ecchymoses.
Selon le journal Il Manifesto, les militants auraient eu à subir 40 heures d’une violence sans retenue à bord du navire israélien sur lequel ils ont été forcés d’embarquer avant d’être remis à la Grèce, un pays avec lequel Israël entretient une étroite coopération. Les coups se seraient intensifiés après que les militants ont entamé une grève de la faim et de la soif pour s’élever contre le transfert forcé du militant brésilien Thiago Avila et du syndicaliste hispano-palestinien Saif Abukeshek vers Israël pour interrogatoire. Leur sort soulève les plus grandes inquiétudes.
La France n’a pas condamné cet acte de piraterie israélien ni le kidnapping de ses 15 ressortissants. « Se rendre à Gaza, soit par la mer, soit par la terre, est dangereux », s’est contenté de déclarer le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, lors d’un point presse. Comment imaginer dès lors qu’Israël entende l’appel au « respect du droit international et du droit à la mer » dont se prévaut le Quai d’Orsay ? D’importantes mobilisations pour leur libération ont eu lieu partout en France, jeudi.
En Italie, une équipe juridique a déposé plainte auprès du parquet de Rome afin qu’une enquête soit ouverte sur les responsabilités et que des poursuites pénales soient engagées. Comme une manière de réaffirmer que le droit doit prévaloir contre l’impunité. « Ce que nous cherchons à obtenir en Italie, comme au niveau européen, c’est la mobilisation de tous les moyens possibles pour que les gouvernements, et notamment le gouvernement italien, assument leurs responsabilités quant à ce qui s’est passé sur ces navires », précise l’avocate Tatiana Montella.
Washington n’a pas non plus manqué de réagir en condamnent « une initiative pro-Hamas qui constitue une tentative infondée et contre-productive visant à saper le plan de paix du président », selon un communiqué du porte-parole du département d’État, Tommy Pigott. Et d’inviter les alliés des États-Unis à « prendre des mesures décisives contre cette manœuvre politique insignifiante en refusant l’accès aux ports, l’accostage, le départ et le ravitaillement en carburant aux navires participant à la flottille ». Une manœuvre insignifiante qui vaut quand même réaction et déploiement d’un dispositif important de l’armée israélienne…
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La décision de Monsieur Bolloré d’écarter Olivier Nora de la direction des éditions Grasset a pour but de réorienter radicalement la politique éditoriale de cette institution emblématique dans le paysage éditorial français. Monsieur Bolloré ne supporte aucune résistance dans les entreprises qu’il s’approprie, au mépris des savoir-faire, de l’histoire, des collectifs humains qui les font vivre.
Cet acte d’autorité est un nouveau coup de semonce adressé à l’ensemble de son empire : il est prêt à détruire la réputation d’une maison, sa place, sa raison d'être. Ce que Vincent Bolloré a fait dans le monde des médias, il le poursuit avec la même brutalité dans le monde de l’édition. Il met sa puissance financière au service d’une vision politique profondément réactionnaire et de ses amis d’extrême droite. Il reconfigure l’espace de l’information et de la création pour reconfigurer les imaginaires.
En nombre, les auteurs et autrices de la maison Grasset ont manifesté plus que leur inquiétude, leur refus radical devant cette décision qui porte atteinte à leurs œuvres et à leurs projets : ils ne veulent pas être associés à l’entreprise de Monsieur Bolloré, ils ne veulent pas être sa propriété.
Nous leur apportons tout notre soutien. Nous appelons à prendre la mesure de la gravité de cette offensive et à voter des lois contre la concentration des moyens d’information, d’édition, de distribution ou de production culturelle, à prendre des dispositions pour protéger les institutions culturelles et médiatiques qui concourent à la santé démocratique de notre pays.
Nous appelons à déployer des politiques puissantes face à ces entreprises de dévoiement et de destruction. Monsieur Bolloré mène la bataille culturelle. Il veut promouvoir les auteurs qui lui conviennent, les commentateurs qui lui conviennent, pour façonner le peuple qui lui convient.
La République doit être au rendez-vous. Nous appelons à faire grandir le large front populaire pour la culture et la liberté qui a commencé à se constituer avec les Nouveaux Etats généraux de la culture.
Le 17 avril 2026,
Pierre Dharréville, responsable de la commission culture du PCF
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF
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La guerre déclenchée par Washington et Tel-Aviv contre l’Iran n’est pas « là-bas ». Elle est déjà dans le porte-monnaie des Français.es. Elle vient s’ajouter au conflit en cours en Ukraine avec ses conséquences sur les peuples, bien au-delà des champs de bataille.
Même si la perspective d’un cessez-le-feu se concrétise, c’est déjà un tsunami budgétaire pour les ménages, mais aussi pour nos entreprises, nos collectivités et nos services publics. Notre pays fait face à un choc économique mondial.
Il faut agir, vite et fort !
Je demande au Premier ministre de décréter l’état d’urgence énergétique. Plus que jamais, il doit abandonner ses préjugés idéologiques qui nous emmènent collectivement dans le mur.
Même si la situation relative aux prix à la pompe pourrait s’améliorer dans les semaines qui viennent, nous le savons d’expérience, les baisses de prix sont toujours plus longues à se concrétiser que les hausses.
Face à la crise, il faut faire preuve d’audace et prendre des mesures exceptionnelles en bloquant les prix du carburant et en mettant à contribution l’industrie pétrolière.
Nous demandons :
De bloquer les prix à 1,60 € le litre pour l’essence sans plomb, à 1,50 € pour le gazole ;
De taxer immédiatement les bénéfices de l’industrie pétrolière, qui ont explosé, notamment dans le raffinage. Total Énergies a engrangé 65 milliards d’euros de bénéfices en 4 ans !
D’annuler l’augmentation des certificats d’économies d’énergie, décidée par le gouvernement et effective depuis janvier 2026, qui représente jusqu’à 6 centimes par litre ;
D’utiliser une part des réserves stratégiques pour faire baisser les prix et éviter les pénuries.
Pour redonner du pouvoir d’achat aux Français.es, redonner des marges de manœuvre aux entreprises, la bataille de l’énergie doit être menée sur tous les fronts.
Pour un juste prix, baissons tout de suite de 25 à 30 % les factures d’électricité en baissant la TVA et en sortant du marché européen de l’énergie. L’Espagne et le Portugal l’ont fait ! Pourquoi la France continue-t-elle de satisfaire les oukases libéraux de Bruxelles ?
Soyons offensifs en renouant avec l’esprit d’une France qui bâtit, qui produit, qui innove, en assurant à nos concitoyens une qualité et un niveau de vie élevé tout en planifiant son économie et la transition écologique.
Aménagement du territoire, relocalisation de notre industrie, compétitivité en matière énergétique, formation, recherche… Pour relever tous ces défis, il faut arrêter de dire que nous n’avons pas d’argent, pas de richesses ou trop de dettes et de fermer ainsi la porte à toute possibilité de se projeter dans l’avenir !
Soyons ambitieux et prenons le problème de l’énergie à la racine car cette question sera au centre de toutes les politiques économiques mondiales des 20 prochaines années. Certains, comme Donald Trump, mènent déjà la guerre en son nom. La guerre est désormais d’abord une guerre énergétique.
Protégeons toutes les sources d’énergie pour les mettre au service des peuples, du progrès, du climat et de la paix.
L’énergie, aussi bien le pétrole que l’électricité ou le gaz, n’est pas une marchandise comme les autres et encore moins un objet de spéculation. C’est un bien commun indispensable, autant pour sauver le climat que pour chauffer sa maison ou produire des biens.
Nous proposons de créer un pôle public de l’énergie, en réintégrant nos entreprises productrices et distributrices d’électricité, de gaz et de pétrole. C’est dans cet esprit que nous proposons la nationalisation de Total Energies.
Alors que nous fêtons cette année les 80 ans de la nationalisation des secteurs de l’électricité et du gaz, renouons avec l’ambition d’une réelle maîtrise publique de l’énergie.
De même, l’État doit changer de braquet pour planifier l’électrification des usages, sortir de l’ère du pétrole et atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. C’est au cœur du plan Climat du PCF qui propose, entre autres :
Un mix énergétique décarboné reposant sur deux piliers : le nucléaire et les énergies renouvelables.
Changer d’échelle avec un programme nucléaire, en planifiant la mise en service de 20 réacteurs EPR2 et de 12 petits réacteurs modulaires d’ici 2050, tout en prolongeant la durée de vie du parc existant. Mesurons l’atout pour la France que représentent nos centrales nucléaires, première énergie décarbonée française, aux côtés des énergies renouvelables.
Un plan de décarbonation et de relocalisation de l’industrie pour renouer avec 12 % d’industrie dans notre PIB d’ici 2035. Cela nécessitera l’électrification, le recours au biogaz et à l’hydrogène.
L’engagement d’un plan massif de rénovation thermique globale des bâtiments, visant jusqu’à 900 000 rénovations par an en 2032 avec un reste à charge nul pour les ménages les plus modestes.
Le développement prioritaire du rail et des transports publics, grâce à un investissement supplémentaire de 10 milliards d’euros par an dans le ferroviaire et la mise en place de la gratuité des transports publics urbains.
La France peut compter sur ses millions de travailleurs formés, sur ses ingénieurs, sur ses savoir-faire et ses services publics. Construisons l’avenir avec eux et arrêtons d’opposer les énergies !
La BCE, au sein de l’Union européenne, ou la Caisse des dépôts, la Banque postale, la Banque publique d’investissement en France sont les outils de financement pour de tels projets. Nous ne sommes pas seuls en Europe à réclamer de tels engagements.
Allons-y, la liberté et l’indépendance de la France, comme de l’Union européenne, en dépendent !
Le 8 avril 2026,
Fabien Roussel
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Le Conseil national du PCF a commencé, ce samedi 28 mars, à se pencher sur les résultats des élections des dimanches 15 et 22 mars derniers. Le parti revendique plus de 400 maires et plusieurs milliers de conseillers municipaux.
Gaël de Santis, L'Humanité, 29 mars 2026
Les communistes ont un motif de fierté : leur implantation locale, sur laquelle leur Conseil national a planché, samedi, une semaine après les élections municipales. « Je voulais saluer et remercier l’ensemble des militantes et militants du PCF, qui ont mené une formidable bataille sur le terrain », a déclaré en lançant les travaux leur secrétaire national, Fabien Roussel.
« Grâce à elles, grâce à eux, des listes de large rassemblement ont pu gagner partout en France », fait-il valoir, avant de mettre en avant les « belles victoires de nos camarades à Nîmes », première ville de plus de 150 000 habitants conquise en vingt-cinq ans par un communiste, Vincent Bouget, « mais aussi à Martigues, Échirolles et en Île-de-France, à Montreuil, à Vitry-sur-Seine, à Bagneux, à Villejuif, à Gennevilliers, à Noisy-le-Sec, à Mitry-Mory et dans plus de 400 communes de France métropolitaine ».
En outre, des « milliers d’élus communistes » siégeront les sept années à venir dans les conseils municipaux. Cela permet au PCF de demeurer la troisième force municipale, derrière « les Républicains » (LR) et le Parti socialiste.
Si la satisfaction était de mise, place du Colonel-Fabien, la lucidité également. Si neuf villes de plus de 3 500 habitants ont été gagnées – dont Nîmes face au Rassemblement national (RN), Aubagne (48 000 habitants) et Héricourt –, dans la même catégorie, quarante ont été perdues, dont Vénissieux (66 000 habitants) et La Courneuve au profit de la France Insoumise (FI), Corbeil-Essonnes et Champs-sur-Marne au profit de la droite, Vierzon, au profit de l’extrême droite.
Un autre motif inquiète la direction du PCF : dans une centaine de villages, des maires n’ont pas pu assurer la relève avec un successeur issu du PCF, symptôme de la difficulté à renouveler les effectifs.
Le constat est fait d’une gauche qui reste faible. Pour elle, désormais, « l’enjeu (…) n’est pas de se partager une part de marché électoral plafonnant à 30 %, estime Véronique Sanchez, responsable de la commission santé et protection sociale, mais de construire un projet politique capable de parler à une majorité sociale ». Le secrétaire du Rhône, Benoît Roux, alerte sur la situation de son département, où la gauche l’emporte à Lyon et Villeurbanne, « mais, dès qu’on passe le périphérique, c’est la raclée ».
Évelyne Ternant, du Doubs, explique les reculs de la gauche : « La fusion des trois droites se réalise. L’électorat précède souvent les décisions des états-majors » de LR, RN ou macroniste en « votant utile dès le premier tour pour le candidat qui va l’emporter ».
La question de l’union de la gauche a également interrogé les conseillers nationaux. Adrien Tiberti, du secteur élections, relève la capacité des communistes, aux municipales, à rassembler l’électorat de gauche : « Il y a des points d’appui. Dans les endroits où il y a absence de l’union de toute la gauche, la FI est éteinte quand la liste d’union est menée par les communistes. Au Havre, à Nîmes, la France insoumise fait 4 % au premier tour. » D’autres estiment que la dispersion au premier tour n’a pas permis de rassembler les électorats au second tour et que la nationalisation du débat a empêché de se concentrer sur les enjeux locaux.