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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 06:55
Urgence solidarité Mayotte - Le PCF Finistère relaie l'appel du Secours Populaire
Ci contre le lien pour la solidarité envers les mahorais https://don.secourspopulaire.fr/mayotte/~mon-don
 
Parce que la solidarité n'a pas de prix! Urgence Mayotte après le passage du cyclone Chido !
 
Alors que la section de Brest du PCF a déjà décidé d'un don de 500 euros à la campagne du Secours populaire pour la solidarité avec les habitants de Mayotte, la fédération du PCF Finistère a décidé lors de son conseil départemental hier soir à Pont-de-Buis Les Quimerc'h de promouvoir à son tour l'appel au don du Secours populaire face à la catastrophe humaine qui frappe Mayotte auprès de ses adhérents et sections avec l'objectif de réunir plusieurs milliers d'euros pour Mayotte qui vit une des plus grandes catastrophes de l'histoire de l'île dans un contexte d'extrême pauvreté et injustice déjà. 100 000 sans-abris, des infrastructures et des bâtiments ravagés, avec déjà 77 pour cent de la population en dessous du seuil de pauvreté dans le 101e département français.
 
A signaler que nous avons également réuni grâce aux dons des sections et adhérents finistériens déjà 2500 euros pour la petite ville libanaise de Doha el Hoss près de Beyrouth qui a vu son nombre d'habitants multiplié par dix avec des réfugiés victimes de l'agression israélienne et des bombardements de l'armée israélienne ayant tout perdu. La fédération a également lancé une souscription de solidarité avec Cuba tout dernièrement et participé à l'appel à la solidarité avec le peuple palestinien. 
 
Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération du Finistère du Parti communiste français
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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 06:46
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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 06:44
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18 décembre 2024 3 18 /12 /décembre /2024 06:31
Georges Ibrahim Abdallah doit être libéré - Blogs Médiapart, Tribune collective du 17 décembre
Tribune 17 décembre 2024
 
En 2025, Georges Abdallah doit être libéré !
Georges Abdallah est un militant communiste libanais emprisonné en France depuis plus de 40 ans. Sa demande de libération conditionnelle a été acceptée par le tribunal d'application des peines. Le parquet a immédiatement fait appel de cette décision. Alors qu’une nouvelle audience doit se tenir, un large ensemble de personnalités réaffirment « leur engagement en faveur de la libération de celui qui est devenu le plus ancien prisonnier politique d’Europe ».
Georges Abdallah est un militant communiste libanais emprisonné en France depuis plus de 40 ans. Engagé aux côtés des peuples palestinien et libanais contre les invasions du Liban par l’armée israélienne en 1978 et 1982 et co-fondateur des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL), il est finalement arrêté à Lyon le 24 octobre 1984.
Lors d’un procès politique qui est le théâtre de nombreuses irrégularités, il est condamné à la perpétuité. Le procureur avait requis 10 ans de détention.
Libérable d’après le droit français depuis 1999, Georges Abdallah a fait neuf demandes de libération. En 2013, elle est acceptée par le tribunal d’application des peines et conditionnée à la signature d’un arrêté d’expulsion vers le Liban. Le Ministère de l’Intérieur refuse de le signer pour l’expulser en arguant le refus de repentir de Georges Abdallah. Lors d’une audience du tribunal administratif pour statuer sur son expulsion en janvier 2022, la rapporteure publique avait déclaré « qu’il est bien évident que le maintien en détention [de Georges Abdallah] obéit à des considérations de nature extra-juridiques ».
En juin 2023, l’avocat de Georges Abdallah, Maître Jean-Louis Chalanset, a déposé une nouvelle demande de libération conditionnelle devant le juge d’Application des Peines de Paris. Le Tribunal d’Application des Peines a tenu une audience à Lannemezan le 7 octobre dernier afin de statuer sur cette demande.
Vendredi 15 novembre 2024, sa demande de libération conditionnelle a été acceptée par le tribunal d'application des peines. Celle-ci est subordonnée à la condition de quitter le territoire national et de ne plus y paraître et non plus à un arrêté d’expulsion dépendant du Ministère de l’Intérieur, ce qui constitue une première victoire importante. Le parquet a immédiatement fait appel de cette décision.
Alors qu’une nouvelle audience doit se tenir le 19 décembre 2024, nous réaffirmons notre engagement en faveur de la libération de celui qui est devenu le plus ancien prisonnier politique d’Europe. L’acharnement des autorités françaises contre Georges Abdallah n’a que trop duré. En 2025, il doit retourner vivre libre dans son pays, le Liban !
 
Signataires :
Jean Abaul, président CNCP - Martinique
Robert Abdallah, frère et porte-parole de la campagne libanaise pour la libération de Georges abdallah
Sarah Abdel-Motaleb, National Lawyers Guild (USA)
Fidaa AbdFatah, avocate
Nahla Abdo, Chancellor's Professor
Rabab Abdulhadi, chercheuse (USA
Pierre Abi Saab, journaliste
Malek Abisaab, professeur (McGill University)
Gilbert Achcar, auteur et professeur (Université de Londres)
Suzanne Adely, présidente de la National Lawyers Guild
Nassim Aissou, analyste Moyen-Orient
Norman Ajari, Maître de conférence University of Edinburgh
Bassam Al Kantar, chercheur
Osamah Alabdulrahim, Kuwaiti Progressive Movement
José Alcala, réalisateur
Zahra Ali, Universitaire, Rutgers University (USA)
Omar Alsoumi, porte-parole d'Urgence Palestine
Jean-Claude Amara, porte-parole de Droits Devant!
Lydia Amarouche, éditrice
Salah Amokrane, militant pour l'égalité Toulouse
Klaod An Duigou, syndicaliste
Joseph Andras, écrivain
Ariane Anemoyannis, porte-parole du Poing Levé
Raphaël Arnault, député
Nathalie Arthaud, Porte-Parole de Lutte Ouvrière
Sihame Assbague, journaliste et militante
Jean Asselmeyer, réalisateur
Simon Assoun, éducateur spécialisé et porte-parole de Tsedek!
Manon Aubry, députée Européene FI
Ron Augustin, éditeur
Olivier Azam, réalisateur
Paola Bacchetta, sociologue et professeur Université de Berkeley
Etienne Balibar, philosophe
Salwa Banna, romancière palestinienne
Ludivine Bantigny, historienne
Khaled Barakat, ecrivain et militant
Frank Barat, auteur et producteur
Docteur Ramzy Baroud, journaliste, auteur et rédacteur en chef de Palestine Chronicle
Pernando Barrena, député Européen Euskal Herria Bildu (Pays basque espagnol)
Jean-Pierre Bastid, cinéaste et écrivain
Al Baylac, écrivain
Yessa Belkhodja, co-fondatrice du Collectif Défense des Jeunes du Mantois
Judith Bello, United National Antiwar Coalition
Hajer Ben Boubaker, historienne et chercheuse indépendante
Manel Ben Boubaker, enseignante, autrice et syndicaliste
Laila Benderra, pédiatre
Stéphane Berard, artiste
Antonin Bernanos, militant antifasciste
Judith Bernard, metteuse en scène
Olivier Besancenot, ancien candidat à la présidentielle
Manuel Bompard, coordinateur nation FI et député FI
Véronique Bontemps, anthropologue - CNRS
Catherine Boskowitz, metteuse en scène
Saïd Bouamama, sociologue, auteur et militant
Laura Bouillic, éditrice
Alima Boumediene Thiéry, avocate et militante associative
Jacques-Marie Bourget, journalitse
Youssef Boussoumah, militant décolonial
Gabriel Boutan, étudiant et co-fondateur de Tsedek!
Houria Bouteldja, militante décoloniale
José Bové, paysan retraité et ancien député Européen
Erig Bainvel, Militant de la Gauche Indépendantiste Bretonnert conseiller Municipal (St Herblain)
Rony Brauman, médecin et essayiste
Gaël Briand, conseiller regionale et municipal (Lorient)
Sebastian Bugden, Directeur éditorial-Verso Books
Anton Burel, militant de la Gauche Indépendantiste Bretonne et conseiller Municipal (Cintré/Kentreg)
François Burgat, politologue
Mark Burton, National Lawyers Guild (USA)
Fabrice Cadou, Fsu Morlaix-Montroulez
Matteo Capasso, University of Venice, Marie Curie Reseasercher
Pierre Carles, réalisateur
Rita Carlos, sociologue
Benjamin Carrot, photographe Encrage
Carmen Castillo, cinéaste
Laurence Chable, comédienne
Leïla Chaibi, députée Européenne FI
Luc Chauvin, éditeur
Ismahane Chouder, enseignante et formatrice
Irene Clausen, Boykot Israel (Danemark)
Jean Clément, Porte-parole de la Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Abdallah
Jason Cohen, Friends of Swazi Freedom (USA
Kathleen Copps, BDS Vancouver/Coast Salish Territories
Éric Coquerel, député
Philippe Corcuff, professeur des universités (Science Politiques Lyon)
Enzo Cormann, écrivain
Annick Coupé, militante altermondialiste
Fatima Daas, autrice
Laurence De Cock, autrice et historienne
Laurent De Wangen, enseignant
Gérard Delteil, écrivain
Chris Den Hond, journaliste
Elsa Diaz Torres, conseillère municipale (Melle)
Douce Dibondo, écrivaine
Alexandra Dols, artiste et réalisatrice
Elsa Dorlin, philosophe et professeur Université Toulouse Jean-Jaurés
Nicolas Dot-Pouillard, checheur en sciences politiques (Beyrouth - Liban)
Peio Dufau, député Euskal Herria Bai-NFP
David Dufresnes, écrivain et réalisateur
Charlotte Dugrand, éditrice et correctrice
Ismaël Dupont, conseiller départemental communiste (Finistère), conseiller municipal (Morlaix)
Assia El Kasmi, éditrice
Christo El Morr, professeur-York University
Paul Elek, doctorant
Annie Ernaux, prix Nobel de littérature
Christian Etelin, avocat
Marie-Christine Etelin, avocate honoraire
André Fadda, syndicaliste
Mireille Fanon Mendès France, fondation Frantz Fanon
Navid Farnia, Wayne State University
Nina Faure, autrice et réalisatrice
Sara Flounders, International Action Center
Sebastien Fontenelle, auteur et journaliste
Emma Fourreau, députée Européenne France Insoumise
Estrella Galán, députée Européenne Sumar (Espagne)
Patrick Gambache, adjoint à Morlaix
Isabelle Garo, philosophe
Sabah Ghandour, Professeur retraité
Denis Gheerbrant, cinéaste
Terri Ginsberg, professeure
Alain Giraudie, cinéaste
Liliane Giraudon, écrivain
Jean-Marie Goater, conseiller municipalet communautaire (Rennes)
Jeanne Gobin, photographe Encrage
Dominique Grange, chanteuse engagée
Jeannette Graulau, professeure CUNY (USA)
Alain Gresh, journaliste
Céline Grillon, documentariste et réalisatrice
Thomas Grimonprez, enseignant
Robert Guediguian, rélaisateur et producteur
Thierry Guitard, auteur et illustrateur
Habibitch, danseuse et chorégraphe
Sarah Haidar, écrivaine
Salah Hamouri, avocat franco-palestinien
Kaoutar Harchi, écrivaine et sociologue
Mathilde Hary, porte-parole Euskal Herria Bai
Rima Hassan, députée Européenne FI
Sarah Hassenforder, dramaturge
Jacqueline Héré, conseillère départementale du Finistère et maire de quartier à Brest (PCF)
Charles Hoareau, syndicaliste
Amanda Jacquel, autrice et journaliste
Joseph Jamison, US Peace Council
Chantal Jaquet, philosophe et professeure émérite Unviversité Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Iqbal Jassat, Media Review Network (Afrique du Sud)
Salam Jawad, productrice - Orok Films
Pascale Jeay, assistante sociale
Mathieu Jeuland, Collectif Vacarme(s) Films
Nadav Joffe, militant Tsedek!
Jean Kader, photographe Encrage
Charlotte Kates, coordinatrice internationale de Samidoun
Bruce Katz, Palestinian and Jewish Unity (PAJU)
Sarah Katz, socio-démographe et coordinatrice des actions de l'UJFP avec Gaza
Anasse Kazib, porte-parole de Révolution Permanente
Léo Kekemenis, photographe Encrage
Razmig Keucheyan, sociologue
John King, New York University, Associate Adjunct Professor
David Klein, professeur émérite California State University Northridge
Stathis Kouvelakis, philosophe
Hubert Krivine, physicien
Souad Labbiz, autrice
Selma Labib, Porte-Parole du NPA-Révolutionnaires
Thomas Lacoste, cinéaste - La bande passante
James Lafferty, National Lawyers Guild (Los Angeles)
Arlette Laguiller, ancienne candidate aux élections présidentielles, porte-parole Lutte Ouvrière
Leopold Lambert, architecte et éditeur
Alfred Lang, journalitse (Danemark)
Mathilde Larrère, historienne
Stéphanie Latte Abdallah, historienne
Arnaud Legall, député FI
Nina Lendal, coordinatrice de Colombia Solidarity (Danemark)
Didier Lestrade, journaliste et écrivain
Frédéric Lordon, philosophe
Lena Louarn, vice-présidente du conseil regional de bretagne Roazhoan-rennes
Christian Mahieux, éditeur Syllepse
Noël Mamère, journaliste et homme politique
Toufan Manoutcheri, comédienne et autrice
Elsa Marcel, avocate au barreau de Saint-Denis
Fabio Marcelli, CRED
Maguy Marin, chorégraphe
Tom Martin, porte-parole du collectif Palestine Vaincra
Catarina Martins, députée Européenne Bloco de Esquerda (Portugal)
Corinne Masiero, actrice
Isabelle Mazelin, adjointe au maire PCF (Relecq-Kerhuon)
Jean-Luc Mélenchon, homme politique et ancien candidat à la présidentiel
Avigail Melka, membre de Tsedek!
Victor Mendez, Porte-Parole du NPA Jeunes Révolutionnaires
Jean-Pierre Mercier, Porte-Parole de Lutte Ouvrière
Morgane Merteuil, Militante féministe
Gustave Massiah, économiste
Marina Mesure, Députée européen France Insoumise
Bill Meyer, Président du Peace Council (Michigan)
Adam Mitelberg, AED et membre de Tsedek!
Raphaëlle Mizony, Porte-Parole du NPA Jeunes Révolutionnaires
Marie-José Mondzain, philosophe
Irene Montero, députée Européenne Podemos (Espagne)
Monira Moon, militante antiraciste et décoloniale
Rémi Moons, photographe Encrage
Monica Moorehead, Workers World Party
Corinna Mullin, CUNY for Palestine (USA)
Sara Mychkine, écrivaine
Mystique, dj (Marseille)
Rehab Nazzal, artiste (Canada)
Hannah Nelson, photographe Encrage
Immanuel Ness, public university in NYC
Sol Netra, éditeur
Olivier Neveux, universitaire
NnoMan, photographe
Nicolas Norrito, éditeur
Orsso, musicien (Marseille)
Karima Ouaghenim, éditrice
Miel Pagès, écrivaine
Ugo Palheta, sociologue et professeur Université de Lille
Thierry Perennes, comité Nathalie Le Mel
Mireille Perrier, actrice
Primael Petit, militant de la Gauche Indépendantiste Bretonne et Conseiller municpal St Herblain
Julien Pitinome, photographe Encrage
Thomas Portes, député FI
Christine Poupin, porte-parole du NPA
Philippe Poutou, ancien candidat à la présidentielle
François Pradal, responsable de recherche et membre d eTsedek!
Serge Quadruppani, romancier et essayiste
Nathalie Quintane, autrice et enseignante
Gaël Quirante, Porte-Parole du NPA- Révolutionnaires
Lissell Quiroz, historienne et professeur Université de Cergy
Tancrène Ramonet, réalisateur
Jacques Rancière, Philosophe et professeur honoraire (Unviversité Paris VIII)
Jacques Rannou, maire délégué (Kernevel)
Marie Reynal, comédienne et metteuse en scène
Houyem Rebai, enseignante, militante et autrice
Mouhad Reghif, porte-parole de Bruxelles Panthères
Milady Renoir, poétesse au service de la lutte des sans papiers
Fabrice Riceputi, historien
Anita Richard, conseillere municipale (Rosporden Kernevel)
Mathieu Rigouste, chercheur indépendant
Bernard Ripert, avocat
Joyce Rivière, écrivaine et poètesse juive antisioniste
Gaël Roblin, Conseiller Municipal de la ville de Guingamp/Gwengamp
Michel Rodinson, Responsable du journal Lutte Ouvrière
Liliane Rovere, Comédienne
Jonathan Ruff, cofondateur du collectif Tsedek!
Robert Sae, responsable aux affaires extérieures CNCP - Martinique
Elodie Safaris, journaliste.
Nordine Saïdi, membre de Bruxelles Panthères et Mouvement Citoyen Palestine
Pauline Salingue, porte-parole du NPA
Aziz Salmone Fall, politologue
Catherine Samary, économiste
Mariana Sanchez, éditeur Syllepse
Sasha Yaropolskaya, militante à Révolution Permanente et Du Pain et de Roses
Martha Schmidt, National Lawyers Guild (USA)
Heike Schotten, Professor of Political Science, University of Massachusetts Boston
Jean-christophe Sellin, Co-coordinateur national du Parti de Gauche
Isabel Serra Sanchez, députée Européenne Podemos (Espagne)
Bachir Sfeir, journaliste
Ramy Shaath, militant palestinien et ancien prisonnier politique en Egypte
Yoav Shemer-Kunz, politologue (Université de Strasbourg)
Michèle Sibony, porte-parole UJFP
Sylvain Silverstein, éditeur Syllepse
Jean-François Sivadier, metteur en scène
Skalpel, rappeur
Omar Slaouti, militant antiraciste et élu de la ville d'Argenteuil.
Anthony Smith, Député européen FI
Ersilia Soudais, députée FI
Maboula Soumahoro, cofondatrice du Black History Month
Pierre Stambul, porte-parole de l'UJFP
Mark stern, National Lawyers Guild (USA)
Taoufiq Tahani, maître de Conférences (Université de Lille)
Tardi, dessinateur
Pierre Tevanian, philosophe et co-animateur de LMSI.NET
Enzo Traverso, historien
Cheryl Trine, avocate (USA)
Anne Tuaillon, présidente de l'Association France Palestine Solidarité
Tulyppe, photographe Encrage
Francoise Vergès, autrice
Thomas Vescovi, doctorant en etudes politiques
Dominique Vidal, journaliste et essayiste
Marie-Pierre Vieu, éditrice
Irvin Violette, syndicaliste
Luz Volckmann, écrivaine
Léo Walter, ancien député
Roger Waters, musicien et militant
Eileen Weitzman, avocat
Wissam Xelka, streameur et militant décolonial
Cem Yoldas, porte-parole de la Jeune Garde
Louisa Yousfi, journaliste et autrice
Sophie Zafari, syndicaliste
Olivia Zemor, présidente de CAPJPO-Europalestine
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16 décembre 2024 1 16 /12 /décembre /2024 09:07
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12 décembre 2024 4 12 /12 /décembre /2024 06:19

 

Communiqué de presse d’André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale, Emeline K/Bidi, députée de la Réunion et vice-présidente du groupe GDR, Cécile Cukierman, présidente du groupe CRCE-K au Sénat et Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français.

Cet après-midi, André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale, Emeline K/Bidi, députée de la Réunion et vice-présidente du groupe, Cécile Cukierman, présidente du groupe CRCE-K au Sénat et Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français ont participé à la rencontre organisée par le président de la République entre les différentes forces politiques ayant accepté le principe du dialogue pour trouver une issue à la crise politique dans laquelle, le président lui-même a plongé le pays.

Cette nouvelle réunion a été l’occasion pour la délégation de rappeler, une fois de plus, l’exigence d’un changement profond de cap politique, en conformité avec la volonté très claire, exprimée par les Françaises et les Français à l’occasion des dernières élections législatives.

Bien que les échanges aient en grande partie porté sur des questions de méthode, nous avons rappelé les mesures urgentes que nous jugions indispensables pour répondre aux attentes de nos concitoyens (indexation des salaires et des pensions sur l’inflation, abrogation de la réforme des retraites, interdiction des licenciements boursiers, défense des services publics, plan pour une nouvelle industrialisation, baisse du coût de l'électricité, diplomatie active en faveur de la paix...) et mettre un coup d’arrêt à la crise sociale qui, dans l’hexagone et plus encore dans les Outre-mer, est en train d’exploser, plongeant des dizaines de milliers de familles dans la précarité.

Ensemble, les représentants des forces de gauche et écologistes présentes ont porté l’exigence commune que soit nommé par le président de la République, un Premier ministre issu du NFP, dans le respect du choix démocratique exprimé par nos concitoyens en juillet dernier.

Dans ce cadre et dans un esprit de responsabilité, si un gouvernement de gauche s'engageait à ne pas faire usage de l'article 49-3, l'opposition pourrait s'engager à ne pas voter de motion de censure.

C’est là, dans l’obligation faite au futur gouvernement de trouver, pour chaque texte de loi, une majorité, une garantie possible permettant de redonner au travail parlementaire toute sa place.

A cette heure, face à l’absence de toute réponse et d’engagement de la part du camp présidentiel, nous appelons solennellement le président de la République à ne pas prolonger davantage cette crise démocratique qui n’a que trop duré, en nommant, un Premier ministre issu de l’alliance électorale qui a recueilli le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée et, aujourd’hui, prête à gouverner le pays.

C’est là, la seule voie pour répondre aux attentes et aux besoins de nos compatriotes et endiguer la montée de l'extrême droite.

Si le président de la République, s’entêtait à ne pas tenir compte du résultat des urnes et du souhait des Français en nommant un Gouvernement dans la continuité des précédents, il porterait seul la responsabilité du chaos politique et social qui ne manquera pas d’advenir.

André Chassaigne
Député du Puy de Dôme Président du groupe GDR

Cécile Cukierman
Sénatrice de la Loire Présidente du groupe CRCE-K

Emeline K/Bidi
Députée de la Réunion Co-Présidente du groupe GDR

Fabien Roussel
Secrétaire national du PCF

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5 décembre 2024 4 05 /12 /décembre /2024 13:49
Après la censure du gouvernement Barnier : « Ne laissons pas la France sans un gouvernement qui réponde aux attentes exprimées dans les urnes » - Tribune de André Chassaigne, Cécile Cukierman, Fabien Roussel dans l'Humanité
Par André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale, Cécile Cukierman, présidente du groupe CRCE-Kanaky au Sénat, et Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.
 
La crise politique est profonde. L’emploi de l’article 49.3 par le premier ministre Michel Barnier pour faire adopter son budget a déclenché une motion de censure et entraîné la chute de son gouvernement. Une première depuis 1962. Depuis lors, jamais un gouvernement issu du camp battu aux législatives n’avait été nommé. La chute du gouvernement était écrite d’avance.
Pendant des mois, nous pourrions discuter des responsabilités de chacun, sans pour autant trouver une issue à cette crise. Cette situation inédite sous la Ve République est le choix d’un seul homme, celui du président de la République, de dissoudre l’Assemblée nationale à l’issue du scrutin des européennes, puis de nommer cinquante jours plus tard un premier ministre issu des rangs de LR pour maintenir son cap politique, au mépris du message des urnes.
Nous désirons, avec d’autres, sortir de l’impasse et répondre aux préoccupations de nos concitoyens, de nos entreprises, de nos collectivités, ainsi que des acteurs de la vie associative.
Nous sommes parfaitement conscients qu’aucune coalition ne détient la majorité absolue à l’Assemblée nationale, ce qui contraint chaque groupe et chaque force politique à travailler ensemble sur des compromis pour avancer. La seule question posée aujourd’hui est le sens dans lequel nous devons avancer.
Ce gouvernement, sans légitimité authentique, a choisi de se tourner vers l’extrême droite. Pourtant, plusieurs de ses ministres ont été élus au second tour des dernières élections grâce au front républicain et au désistement de la gauche.
C’est une des raisons de notre censure, mais c’est aussi et surtout à cause des mauvais choix inscrits dans ses budgets.
Perte de revenus pour les retraités, les citoyens, les communes, les départements, les régions, perte de subventions pour les associations, perte de fonds pour nos hôpitaux, l’éducation, manque de moyens pour la justice, la sécurité, la transition écologique…
Comment laisser passer un tel budget qui provoquera de la colère chez tous ceux qui voient leur pouvoir d’achat une fois de plus affecté ? Comment accepter un budget qui conduira notre pays à une récession dramatique alors que des deux côtés de l’Europe, aux États-Unis comme en Chine, l’heure est à des investissements massifs des États pour protéger et doper l’économie, la consommation, la croissance ? Personne ne parle de la dette aux États-Unis, alors qu’elle est bien plus importante qu’en France.
C’est pourquoi le Parti communiste français, ses parlementaires, appellent à sortir de ces logiques et à construire rapidement un pacte républicain, social, respectant les choix exprimés par les citoyens et apportant des réponses immédiates à leurs demandes.
Lors des élections législatives, de nombreux députés ont été élus grâce à l’appui du front républicain. Les députés issus de la coalition du NFP sont arrivés en tête. Dans leur diversité, nos concitoyens ont exprimé des exigences élevées pour protéger leur pouvoir d’achat, garantir le service public, et surtout pour un changement de politique !
Travaillons à ce changement et ne laissons pas la France sans un gouvernement qui réponde aux attentes exprimées dans les urnes.
Nous ne demandons pas la mise en œuvre de tout notre programme. Nous appelons à la construction d’un pacte social et formulons 6 propositions qui nous paraissent essentielles : abrogation de la réforme des retraites, indexation des salaires et des pensions sur l’inflation, baisse du coût de l’énergie, soutien aux services publics, aux collectivités, à l’industrie et une diplomatie active en faveur de la paix. Créons les conditions d’un gouvernement capable de construire des majorités autour de la justice sociale et des valeurs républicaines.
Il est temps que le président de la République regarde à gauche de l’Hémicycle et respecte le Parlement, les Français.
Nous serons toujours là pour engager ces discussions et trouver un chemin pour répondre aux urgences de notre pays, en mettant d’abord l’accent sur la défense des intérêts du peuple.
Après la censure du gouvernement Barnier : « Ne laissons pas la France sans un gouvernement qui réponde aux attentes exprimées dans les urnes » - Tribune de André Chassaigne, Cécile Cukierman, Fabien Roussel dans l'Humanité
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5 décembre 2024 4 05 /12 /décembre /2024 06:37
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5 décembre 2024 4 05 /12 /décembre /2024 06:30

 

Le gouvernement de Michel Barnier vient d’être censuré.

C’est la conséquence logique du choix irresponsable du président de la République et du Premier ministre de porter un budget contre le monde du travail et les catégories populaires, budget qui poursuit une politique massivement rejetée par le pays pour continuer à servir les hauts revenus et les revenus du capital.

Les forces du Nouveau front populaire et l’ensemble des forces de gauche ont la responsabilité de contribuer à une alternative politique qui s'appuie sur les exigences qui grandissent dans le pays en travaillant à la construction des convergences nécessaires avec les salariés et leurs organisations syndicales, le monde associatif et l'ensemble des forces vives du pays.

Le PCF appelle les travailleurs et travailleuses, les étudiants, la jeunesse, les retraités, les élus locaux engagés pour le service public, à agir ensemble, à refuser la dictature des marchés financiers et à construire des rassemblements populaires et majoritaires pour gagner un changement de politique. Il appelle à participer massivement aux prochaines journées d’action syndicales : dès demain, le 5 décembre aux côtés des agents publics, les 9 et 10 décembre avec les dockers, le 11 décembre avec les cheminots, le 12 décembre avec les salariés mobilisés pour l’emploi.

Ensemble, mobilisons-nous pour battre la politique mise en œuvre au sommet de l’État par les forces de droite et d’extrême droite et gagner la mise en place d’un gouvernement capable de construire des majorités sur la base des propositions que le Nouveau front populaire a défendu pendant les élections et capables de conjurer la crise économique, de répondre aux exigences populaires et de relever les défis sociaux, écologiques, économiques, politiques et internationaux qui sont devant nous.

Dès maintenant, le PCF appelle à la prise de mesures d’urgence, fortes et indispensables, répondant aux attentes de nos concitoyens et concitoyennes :

  1. Abroger la réforme des retraites
  2. Augmenter les salaires et les pensions, garantir l’égalité professionnelle femmes-hommes
  3. Un plan de pré-recrutement dans les services publics (santé, éducation, transports, sécurité, justice…)
  4. Un plan d’urgence pour l’emploi et le développement de l’industrie française et de l’agriculture
  5. Baisser de 30% le coût de l’énergie, geler les loyers et relancer les politiques climatiques
  6. Renouer avec une action diplomatique de la France pour la paix.

Face aux dégâts des politiques capitalistes, une seule issue s’impose : émanciper nos économies de leur dépendance envers les marchés financiers en imposant une autre utilisation de l’argent des banques et des banques centrales, au service du développement des capacités de tous les êtres humains, et non plus de la rentabilité du capital.

C’est le chemin que propose le Parti communiste français pour faire refluer la résignation et la division du monde du travail, combattre l’escroquerie de la politique du Rassemblement national, aboutir à la reconquête d’une majorité politique de transformation sociale et écologique.

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4 décembre 2024 3 04 /12 /décembre /2024 11:28
Anicet Le Pors : « Le capitalisme n’a pas le pouvoir d’empêcher l’unité de destin du genre humain »

L’ancien ministre Anicet Le Pors, 93 ans, l’affirme : le temps joue pour le camp progressiste. Celui qui fut l’un des bâtisseurs de la fonction publique revient sur l’état de la bataille idéologique actuelle et ne doute pas que, malgré les difficultés, l’avenir sera aux conquêtes démocratiques et sociales.

Aurélien Soucheyre, 29 novembre 2024 - L'Humanité magazine

L’ancien ministre communiste de la Fonction publique (1981-1984) n’a eu de cesse d’œuvrer à une transformation sociale et radicale de la société, cherchant à ce que les citoyens s’emparent de leur destin en liant conquêtes économique, démocratique et sociale. Après avoir été météorologiste, économiste, juge de l’asile, conseiller d’État, ou encore responsable du programme constitutionnel du PCF, il a reçu « l’Humanité » chez lui, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), pour un dialogue sur la crise démocratique en cours, la situation de la gauche, et les modalités futures de la lutte des classes. Bien la mener passe à ses yeux par prendre à bras-le-corps la question des services publics.

Que pensez-vous de la période politique que nous traversons, alors que Macron a fait de la casse sociale son mantra et que l’extrême droite progresse partout dans le monde ?

Elle est brouillonne. Le vrai n’émerge pas d’évidence. Mais c’est une sacrée époque : je crois que dans vingt ans nous dirons qu’elle était particulièrement intéressante, parce qu’elle porte les contradictions très haut, et qu’il y a un gigantesque travail intellectuel à mener sur plusieurs décennies pour en sortir. Avec le macronisme, nous vivons la poursuite d’un fouillis, d’un désordre, et surtout d’un pourrissement qui n’est pas achevé. La dissolution de juin elle-même ne constitue pas un événement, mais une étape de plus dans la phase de décomposition dans laquelle nous sommes depuis la chute des grands paradigmes du XXe siècle.

L’effondrement communisme revendiqué a quelque part masqué ceux qui frappent le néolibéralisme et la social-démocratie, pour qui il y avait nécessité à se reconstruire, mais personne n’a rien fait. Je dis tout cela sans nihilisme, ni pessimisme. Je suis même plutôt optimiste. Mais nous sommes aujourd’hui en bas-empire, et les bas-empires sont toujours des périodes où il se passe des choses surprenantes et significatives.

Je crois que nous n’avons pas encore les clés pour tout décortiquer, ni prévoir quel événement, ou quelle catastrophe, pourra constituer un point de bascule et de renaissance. D’un côté, le capitalisme est de plus en plus tenté d’utiliser le populisme et de s’allier à l’extrême droite pour conserver le pouvoir, quitte à foncer dans le mur.

De l’autre, la gauche est désorientée et ne va pas assez loin. Elle s’investit beaucoup sur le féminisme et l’écologisme, sans parvenir à un paradigme unifié. Cela risque de durer : on ne fabrique pas un corpus idéologique comme le marxisme sur un coin de table. Nous devons trouver une nouvelle théorie globale, prenant bien sûr en compte les questions du féminisme, de l’écologie, de la démocratie et du pouvoir économique, mais avec une unicité théorique dans laquelle chaque composante s’incarnera sans s’écarter des autres, au risque d’éclater le tout pour se radicaliser en un seul et unique paradigme.

Sur quelle base pourrait selon vous démarrer ce nouveau travail théorique ?

Je crois que la question des services publics peut constituer le socle d’un nouveau paradigme global. Les services publics peuvent fédérer la société tout entière. Il y a une véritable attente de tous les citoyens sur ce sujet. Or, cette attente est contrariée par le marché, qui veut des retours sur investissements, quand le service public ne recherche et ne produit que de l’efficacité sociale. Le développement des services publics pose également la question primordiale de la propriété, et de l’intérêt général. Il constitue, de plus, un défi immense aux yeux des dominants, car malgré leurs efforts pour fragiliser les services publics ils sont obligés de suivre un mouvement de fond.

Sur le long terme, les gouvernements, y compris les plus libéraux, ne parviennent pas à véritablement faire machine arrière. Les crédits augmentent parce que la société se socialise objectivement de plus en plus. Les dominants essaient d’en faire le moins possible, de casser et de marchandiser à chaque occasion, mais, de leur point de vue, ils patinent. Le mécontentement de la population qui n’a pas de services publics au niveau de la croissance de ses besoins met par exemple Emmanuel Macron dans une position intenable. Il fustige d’un côté le « pognon de dingue » donné aux services sociaux, et se fait de l’autre côté le chantre du « quoi qu’il en coûte » quand les besoins sont là. Je crois donc qu’il y a ici une très bonne piste pour reconstruire un paradigme…

Et pourtant, la gauche échoue pour le moment à faire la démonstration qu’elle est la plus crédible pour développer les services publics…

Parce qu’il n’y a pas assez de débats ! Parce que la gauche ne va pas assez loin et ne met pas la barre assez haut ! On a du mal à imaginer que, dans les années 1970, le problème numéro un qui faisait débat était celui des nationalisations et de la propriété publique. Aujourd’hui, plus personne n’en parle, ou presque. Mais qu’est-ce que l’on attend pour porter la nationalisation de tout ce qui relève de l’intérêt général et de la souveraineté citoyenne ?

Il n’y aura pas de services publics dignes de ce nom sans propriété collective et publique. Le travail n’est pas suffisamment fait aujourd’hui dans le camp du progrès. Ce n’est pas parce qu’au Nouveau Front populaire ils ont fait un programme en quatre jours que cela va faire l’affaire. C’est bien, il fallait le faire dans l’urgence.

Mais maintenant ? Quelle stratégie de conquête commune et sur quel programme ? Le programme commun de la gauche, dans les années 1970, c’était autre chose. Des années de travail… Plus de 600 personnes rien qu’à la commission économique du PCF ! J’ai vécu tout cela de manière euphorique et constructive. Même si, avec la distance, je vois quelles sont les limites de ce que nous avons fait. C’était un excellent programme, mais il ne convient plus du tout, car nous étions restés très gaulliens, enfermés dans une vision de l’économie hexagonale et monopoliste d’État. Or, nous avons aujourd’hui besoin de penser la question de la propriété publique et celle des services publics à l’international. C’est criant concernant l’énergie, par exemple.

Ce programme peut-il servir de base pour un réarmement idéologique de la gauche ? Que faire de l’héritage séculaire du mouvement ouvrier et révolutionnaire pour préparer l’avenir ?

Bien sûr, le programme commun peut aider, mais cela ne suffira pas. Il faut innover, inventer. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1789, la Constitution de 1793 et le préambule de celle de 1946 sont trois textes sublimes, mais nous sommes en 2024 ! Karl Marx est une source de réflexion quasi inépuisable, mais il n’est peut-être pas le mieux placé pour nous parler de quelles institutions nous avons besoin aujourd’hui en France. Le programme du Conseil national de la Résistance est lumineux. Les résistants avaient très bien compris la nécessité de conquérir le pouvoir économique. Mais il est trop pensé à l’échelle hexagonale pour répondre aux enjeux de notre époque.

On ne peut donc pas se contenter d’appliquer des bouts de notre héritage : il faut s’en servir de carburant pour aller plus loin, beaucoup plus loin. N’oublions pas que la fin du patriarcat, à obtenir le plus vite possible, ne mettra pas forcément fin au capitalisme. N’oublions pas non plus qu’il n’y a pas que le capital qui détruit la planète, même s’il le fait actuellement avec une rapidité phénoménale.

Nous devons donc phosphorer beaucoup plus que nous ne le faisons. Il nous faut de l’audace, et il nous faut rechercher l’efficacité. J’ai par exemple longtemps cru que le mot de « communisme » était à protéger. J’ai changé d’avis : ce mot aura toujours une charge positive pour moi, mais elle est devenue inutilisable et interdit tout espoir révolutionnaire dans le temps présent. Dans l’immédiat, il nous faut trouver un autre mot-clé pour porter la transformation sociale.

Vous dites que le néolibéralisme est en crise, et que les dominants n’ont pas les coudées franches. Pourtant, le capital absorbe toujours plus de richesses créées par le travail, au détriment des travailleurs, avant de faire payer la note aux citoyens. Dans son budget, Michel Barnier prévoit 40 milliards d’économies…

Il n’est pas dans le pouvoir du capitalisme d’empêcher l’unité de destin du genre humain, c’est-à-dire la nécessité de voir les choses en commun. Notre époque, contrairement à ce qui se dit, est celle des coopérations, des interdépendances, d’une information diffusée en temps réel sur toute la planète, des solidarités. C’est une terre qui se socialise, qu’on le veuille ou non. Je suis persuadé que tout ce qu’arrachent actuellement les dominants est à regarder sur une période assez courte : sur le temps long, la dynamique n’ira pas dans leur sens. Je dis d’ailleurs depuis des années que personne n’arrivera à vraiment baisser le taux des impôts et des prélèvements obligatoires.

Pourtant, Emmanuel Macron a supprimé l’ISF, instauré la flat tax, baissé les impôts, mis en place des centaines de milliards d’euros de crédits d’impôts sans aucune contrepartie… En Angleterre, Margaret Thatcher avait fait de même…

Ce n’est pas contradictoire avec ce que je dis… Emmanuel Macron comme Thatcher avant lui ont voulu revenir sur tout ce que leur classe avait perdu. Ils ont cherché à satisfaire ceux qui ont le pouvoir économique, mais cela n’empêche pas la demande beaucoup plus volumineuse des gens qui sont dans leur grande masse les utilisateurs des services publics. L’exigence du peuple sur ce sujet est bien supérieure à celle des dirigeants des grandes entreprises. C’est cela qui va l’emporter sur le long terme. Nos défaites sur un temps donné valent moins que nos victoires à venir. La grande question est de savoir quel en sera le prix, mais la lame de fond est pour nous. Il en va de même concernant la fonction publique.

Mais la Cour des comptes préconise de supprimer 100 000 fonctionnaires. Le nouveau ministre de la Fonction publique, Guillaume Kasbarian, dit vouloir « débureaucratiser » la France… La réforme de 2019 d’Olivier Dussopt organise le contournement de la fonction publique avec la possibilité de recourir largement à des contractuels. Nos adversaires ne sont-ils pas en train d’inverser le rapport de force ?

Le nombre de fonctionnaires au début du XXe siècle, c’était 200 000 agents publics, fonctionnaires et assimilés. Quand Maurice Thorez est devenu ministre de la Fonction publique à la Libération et qu’il a créé le statut, nous sommes passés à un 1,1 million de fonctionnaires, dont 50 % de contractuels. Quand je suis arrivé à mon tour au gouvernement en tant que ministre de la Fonction publique, en 1981, il y avait 2,1 millions fonctionnaires d’État. Quand je suis parti, c’était 4,6 millions de fonctionnaires. Aujourd’hui c’est 5,7 millions, avec 20 % de contractuels. Ils peuvent hurler autant qu’ils veulent contre les fonctionnaires et la fonction publique, s’attaquer en permanence au statut, comme ils le font, à l’échelle de l’histoire, nous progressons.

Il ne faut pas regarder que nos vies : Philippe le Bel sépare le pouvoir de Dieu du pouvoir du roi, et le monarque se dote d’un appareil d’État à ses ordres qui s’est sans cesse renforcé. À tel point que, des siècles plus tard, Louis XIV dit : « Je meurs mais reste l’État. » Effectivement : nous n’avons alors plus besoin de roi, et la Révolution française supprime le roi !

Il reste l’État et les citoyens qui s’organisent et se dotent d’agents nouveaux, car nous passons alors du « fonctionnaire sujet » au « fonctionnaire citoyen », au service de l’intérêt général. Il y a ensuite des reculs, mais la dynamique est là, renforcée plus tard par Maurice Thorez puis par moi-même. Bien sûr, Reagan et Thatcher ont fait beaucoup de mal.

J’ai vécu personnellement le tournant de la rigueur de François Mitterrand. Je vois bien ce que veut faire Macron et ce que voulait faire Nicolas Sarkozy avant lui : moins de fonctionnaires, des fonctionnaires dévalorisés et précarisés, et des fonctionnaires aux ordres. Mais je le redis : sur le temps long, la demande de services publics de qualité, et donc de « fonctionnaires citoyens » pour les faire vivre, sera la plus forte, quels que soient les reculs à venir.

Et je trouve à ce sujet très intéressant que le Nouveau Front populaire ait choisi Lucie Castets comme candidate pour Matignon alors que c’est une grande spécialiste et une grande défenseuse des services publics. Malheureusement, Emmanuel Macron s’est livré à un déni de démocratie de plus…

Comment voyez-vous la suite immédiate ?

Emmanuel Macron est un fondé de pouvoir fondamentalement et professionnellement incompétent. Il a un mépris souverain du monde du travail et du peuple. Il ne conçoit pas qu’il y ait un pouvoir local et méprise les maires. Le Parlement pour lui n’est qu’une chambre d’enregistrement.

Le gouvernement est à ses yeux un secrétariat. Et il se qualifie lui-même de Jupiter au-dessus de tout cela. Il est profondément rétrograde et réactionnaire. Il n’a ni l’histoire comme de Gaulle, ni la compétence politique comme Mitterrand. Il a donc beaucoup contre lui. Le malheur, c’est qu’il tombe dans une période où les crises peuvent utiliser des hommes nuls. Il ne laissera aucun souvenir.

Michel Barnier est un bon manœuvrier. Mais il ne durera que quelques mois. Au fond, l’épisode Macron est surtout une manifestation de crise des dominants, le grand danger étant, je le disais déjà en 2017, une jonction des néolibéraux et de l’extrême droite. À la gauche de se montrer à la hauteur. Je lui souhaite beaucoup de courage : la lutte des classes n’a jamais été quelque chose de simple…

 

Entretien paru dans l'Humanité magazine du 29-30 novembre 2024

Propos d'Anicet Le Pors recueillis par Aurélien Soucheyre, pour l'Humanité magazine

 

Anicet Le Pors : « Le capitalisme n’a pas le pouvoir d’empêcher l’unité de destin du genre humain »
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