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6 mars 2019 3 06 /03 /mars /2019 12:19
5 propositions de loi du groupe communiste examinés demain 7 mars à l'Assemblée Nationale: augmentation du SMIC, allocation adultes handicapés, rétablissement de l'ISF...
5 propositions de loi du groupe GDR examinées demain à l’Assemblée

mercredi 6 mars 2019 - Lettre du Cidefe, elunet

Cinq Propositions de loi seront "débattues" demain, dans le cadre de la niche parlementaire annuelle du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale.

- Economie : transparence dans l’utilisation de l’épargne populaire en matière énergétique, - Rapporteure : Elsa Faucillon

- Economie : rétablissement de l’ISF et renforcement de la progressivité de l’impôt sur le revenu - Rapporteur : Jean-Paul Dufrègne

Pouvoirs publics : intégrité des mandats électifs et de la représentation nationale - Rapporteur : Moetai Brotherson

- Questions sociales et santé : suppression de la prise en compte des revenus du conjoint dans la base de calcul de l’allocation aux adultes handicapés - Rapporteure : Marie-George Buffet

Travail : augmentation du SMIC et des salaires en accompagnant les TPE et PME - Rapporteur Stéphane Peu

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6 mars 2019 3 06 /03 /mars /2019 07:09

Alain Mila, auteur du livre "Une enfance retrouvée", raconte l'exil de son père, petit enfant d'une famille de républicains espagnols, de Catalogne au Guilvinec en passant par Quimper.

1939-2019 : 80 ème anniversaire de la Retirada

Après la chute de Barcelone, marquant la défaite de la République espagnole, vaincue par Franco avec le soutien d'Hitler et de Mussolini, des centaines de milliers d'Espagnols fuient vers la France.
Pour les combattants républicains, ce fut l'internement par les autorités françaises dans des camps.
Les familles furent dispersées dans divers départements.
En février 1939 un convoi de près de 700 réfugiés arrivait en gare de Quimper, ils seront hébergés à Poulgoazec en Plouhinec, au Dourdy malgré le refus du maire de Loctudy (au motif que cela ferait fuir les vacanciers !) , à Treffiagat et au Guilvinec dont les maires communistes Jean-Désiré Larnicol et Marc Scouarnec s'étaient portés volontaires pour recevoir des réfugiés dans leurs communes.
Parmi eux un enfant de 8 ans, Albert Mila, le père d'Alain Mila.
C'est au Guilvinec qu'il fut accueilli avec sa mère, sa sœur, son frère.
La solidarité ne fut pas institutionnelle, elle fut populaire.
La CGT, le Secours Rouge, le parti communiste, d'autres encore s'impliquèrent dans cette solidarité aux réfugiés.
A Quimper, l'un de ses artisans fut Julien Gracq, Louis Poirier à l'état-civil, qui était en 38-39 professeur au lycée La Tour D'Auvergne et membre de la direction de la section communiste.
Du fascisme triomphant en Italie, en Allemagne, en Espagne, à la résurgence actuelle des idées racistes, xénophobes, de la haine de l'autre ; de l'accueil des réfugiés espagnols à celui des migrants aujourd'hui, bien des questions soulevées par cette période de notre histoire européenne renvoient à l'actualité de 2019.

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6 mars 2019 3 06 /03 /mars /2019 05:51
Algérie. « Une conscience surgit, elle se nourrit d’une espérance »
Mercredi, 6 Mars, 2019

Figure de la jeune littérature arabophone, Salah Badis, 25 ans, se réjouit de voir sa génération ouvrir, à nouveau, « le champ des possibles », avec les manifestations contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Entretien.

Comment expliquez-vous la stratégie du passage en force choisie par le pouvoir algérien avec le dépôt de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika ?

Salah Badis L’ancien régime veut imposer ses choix à des millions d’Algériens qui protestent dans la rue. La jeunesse refuse massivement le scénario du cinquième mandat. Apparemment, ils veulent imposer leur volonté au peuple. Ils promettent une « conférence », jurent de changer des choses. Depuis dimanche, je repense à ce qui s’est déjà passé en 2014. Nous étions convaincus que cette candidature n’irait pas jusqu’au bout. À l’époque, Bouteflika était malade, mais présent physiquement. Nous nous disions : ils ne peuvent pas faire ça. Ils l’ont fait. Ils franchissent toujours le seuil de l’impossible. Ils trafiquent les règles, les lois, s’arrangent avec le Conseil constitutionnel. Ils ont tous les moyens institutionnels d’imposer leurs choix. Dimanche, à la nuit tombée, des foules immenses ont envahi les rues, partout dans le pays. Tout le monde craignait des violences, des destructions, et finalement non. Les Algériens clament toujours « Silmya » : ils persévèrent, c’est très beau, dans la voie pacifique.

Où les manifestants puisent-ils ce calme, ce sang-froid, cette retenue ?

Salah Badis Le peuple algérien a tiré des leçons de son histoire. C’est particulièrement sensible dans ma génération. Ceux qui ont 18 ans aujourd’hui sont nés en 2000, après l’arrivée de Bouteflika. Ils ont compris qu’il fallait s’y prendre autrement. C’est le sale jeu des pouvoirs, partout dans le monde : t’acculer à la violence. Une conscience a surgi en Algérie, elle se nourrit d’une grande espérance. Les choses sont en train de changer. Il faut juste garder son calme, préserver ce caractère pacifique du mouvement. Les Algériens n’ont pas « cassé le mur de la peur », comme le répètent certains médias français. Ils ont ouvert le champ des possibles. Ils sont entrés dans l’espoir.

On disait la jeunesse algérienne apathique, plus intéressée par la consommation que par la politique, animée par le seul désir de fuite…

Salah Badis Nous n’avons jamais cessé d’occuper la rue : en 2001, au moment du Printemps noir ; en 2009, avec la révolte des chômeurs ; en 2011, avec des protestations sociales dans tout le pays ; en 2014, contre le quatrième mandat. Il me semble que l’espace virtuel a pris une grande importance. Ceux de 17, 18, 20 ans qui manifestent aujourd’hui n’avaient jamais entendu de discours politique : il n’en existait plus depuis des années. Mais ils ont très bien compris que ce cinquième mandat, cet affront à la dignité, ce manque de respect pour le peuple était une affaire publique, donc leur affaire. On a longtemps vu cette jeunesse comme nihiliste. Mais qui lui a donné le goût de la politique, en dehors de quelques festivals, de quelques associations attachées au travail de terrain ? Cette génération prouve ces jours-ci qu’elle sait parfaitement occuper l’espace public, le préserver, s’y exprimer. Grâce à Internet. Merci, Internet. Un espace public virtuel s’était constitué : les appels anonymes à des marches populaires et des marches étudiantes sont partis des réseaux sociaux. C’est ce qui a rendu possible un espace public réel. Le génie populaire a su jouer de ces allers-retours entre le virtuel et le réel.

Quelle place tiennent, dans cette prise de conscience, les événements de cette dernière décennie au Maghreb, de la révolution tunisienne jusqu’aux mouvements sociaux qui secouent le Maroc ?

Salah Badis Ma réponse est très personnelle. Dans ma propre vie, cela a beaucoup compté. Après 2011, dans le monde arabe, il s’est produit une ouverture. J’ai beaucoup voyagé, comme poète et traducteur, j’ai rencontré des jeunes créateurs, des artistes, des écrivains. J’ai écrit pour des médias du monde arabe, sur des sujets culturels. Beaucoup de choses ont changé. Dans la musique, dans la littérature, dans l’écriture même de la langue arabe, entre langue classique et dialectes. Je reste toutefois convaincu que l’Algérie a son propre rythme, son propre chemin, sa propre histoire. Dans ce pays, l’expérience de la colonisation fut très singulière, très différente de celles du Maroc, de la Tunisie, de l’Égypte, même s’il existe des traits communs. Ce peuple a été confronté à la dépossession, à une violence inouïe, jusqu’à la menace d’extermination. De ce fait, les histoires du mouvement national, de la révolution, de la construction de l’État-nation y sont très différentes aussi.

Pour semer la peur, le premier ministre, Ahmed Ouyahia, nous explique que, en Syrie aussi, tout a commencé avec des fleurs. Mais l’Algérie, ce n’est pas la Syrie. Il faut dire aussi que l’Algérie d’aujourd’hui n’est pas non plus l’Égypte ou la Tunisie de 2011. Je ne dis pas que l’Algérie, c’est le paradis, mais elle ne connaît pas les niveaux de pauvreté ou la torture policière généralisée qui régnaient sous Ben Ali ou Moubarak.

Comment voyez-vous la suite ?

Salah Badis Des centaines de milliers de jeunes Algériens sont dans la rue. Ils sont issus d’horizons sociaux différents alors que, jusqu’ici, les jeunes des classes les plus fragiles étaient le seul carburant des manifestations. Là, il y a une participation des classes moyennes éduquées. Il faut souligner le rôle des chômeurs, des supporters de football. Ils ont toujours été présents, occupant la rue, affrontant la police, investissant par effraction un espace public verrouillé. Tout le monde était heureux de reprendre dans la rue les chants politiques des ultras de l’USM Alger ou du Mouloudia d’Alger. Ils étaient comme un bouclier. Ceux-là se connectent aujourd’hui à d’autres classes sociales. Cette liaison est très importante. Il faudra construire là-dessus à l’avenir. Même si cette mascarade électorale a lieu, ça ne tiendra plus. Personne n’oubliera cette bouffée de politique, cette période d’engagement. Cette génération donnera du fil à retordre au pouvoir, quel qu’il soit. Elle invente un nouveau patriotisme. Vous savez, en Algérie, le patriotisme est très ancré, au point de se confondre avec sa propre caricature, dont on se moque en le baptisant le « wantoutrisme » (en référence au slogan « One, two, three, viva l’Algérie ! » né dans les stades – NDLR). C’est un peu le chauvinisme algérien. Mais, là, il y a comme un renouvellement, une mise à jour. Les jeunes s’en sont emparés, ils inventent un patriotisme de notre temps. C’est très intéressant. Le but n’est pas seulement de refuser le cinquième mandat. Nous voulons construire une société civile, une scène politique, une démocratie. Cela prendra des années, des décennies. Nous avons maintenant un bon socle social et politique sur lequel bâtir. Avec une génération qui a pris goût, dans ces manifestations, à la liberté.

Salah Badis

poète, écrivain et traducteur algérien

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
Algérie, une conscience surgit, elle se nourrit d'une espérance (entretien du poète Salah Badis avec Rosa Moussaoui, L'Humanité, mercredi 6 mars 2019)
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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 06:31
Algérie « Un seul héros, le peuple »
Lundi, 4 Mars, 2019

Les jeunes Algériens retournent contre le régime ses propres armes en s’appropriant joyeusement les symboles d’une histoire trop longtemps livrée à la falsification, aux instrumentalisations.

Le 15 juillet 1957, à l’annonce du verdict la condamnant à la peine capitale, le rire retentissant de celle qui avait enduré les supplices des parachutistes de Bigeard et Massu ébranlait jusqu’aux magistrats du tribunal militaire d’Alger. Sa parole publique est rare, ses apparitions, exceptionnelles, mais Djamila Bouhired, 84 ans, a conservé intact son sens de la révolte, du défi, de l’insubordination. Dans les rues d’Alger, le 1er mars, l’icône de la guerre de libération nationale était là, parmi les manifestants, acclamée par la foule, le visage éclairé par un sourire radieux, heureuse de prendre part à cet élan de vie. D’une révolution à l’autre, l’image est saisissante, elle condense un désir qui déborde aujourd’hui en Algérie : celui de reconquérir une indépendance confisquée. On disait la jeunesse algérienne dépolitisée, apathique, oublieuse et sans mémoire : elle fait aujourd’hui preuve d’une conscience et d’une maturité politiques redoutables. Au point de retourner contre le régime ses propres armes en s’appropriant joyeusement les symboles d’une histoire trop longtemps livrée à la falsification, aux instrumentalisations.

Le 13 février, alors que des manifestations sporadiques prenaient déjà corps dans l’est du pays, le ministre de la Défense et chef d’état-major des armées, le général Ahmed Gaïd Salah, fidèle allié du clan Bouteflika, affûtait à Constantine, devant un parterre d’officiers, ses armes contre les opposants au cinquième mandat. Au cœur de son argumentaire : la rhétorique de la « main de l’étranger », la déchirure de la décennie noire et le spectre du chaos syrien. Dans son viseur : les « ennemis de l’intérieur » prêtant le flanc aux « manœuvres et manigances » des « ennemis de l’extérieur » ; les « ingrats » aux « ambitions sordides », prêts à « vendre la sécurité de leur pays et la stabilité de leur patrie ». Il concluait en invoquant « l’esprit de novembre », en référence au déclenchement de l’insurrection algérienne, le 1er novembre 1954, puis en saluant la « conscience » et le « discernement » d’un peuple « digne de perpétuer le message de ses aïeux et de prendre la responsabilité de préserver leur legs ».

Quelle que soit l’issue de cette crise, une page se tourne en Algérie

Conscience et discernement… le vieux militaire ne croyait pas si bien dire. À ceux qui les accusent de vouloir précipiter le pays dans l’abîme, les Algériens répondent en déployant des trésors de calme, de quiétude et de civisme. Leur mot d’ordre : « Silmya » (pacifisme). Les soupçons d’ingérence étrangère ? La bannière vert, rouge et blanc tient lieu de riposte : elle flotte sur les défilés, enveloppant les corps, déclinée sous toutes les formes. Les apparatchiks du régime sont conspués pour leurs biens mal acquis à l’étranger, leurs comptes en Suisse, leurs séjours médicaux dans les cliniques européennes, l’exil doré de leurs enfants qui étudient à Paris, New York ou Montréal. La fidélité à l’esprit de novembre ? Le FLN, promis au « musée », est renvoyé à ses propres trahisons, aux promesses piétinées de l’indépendance, aux libertés bafouées, à la démocratie étranglée, à la justice sociale troquée contre la redistribution clientéliste d’une rente pétrolière fluctuante et dilapidée par les clans au pouvoir. Ces griefs ne sont pas nouveaux. Mais ils sont exprimés, désormais, collectivement et sur la place publique. Au fond, la candidature d’un président impotent à un cinquième mandat n’explique pas seule le profond écœurement des Algériens. Depuis 1999, le système Bouteflika a ménagé une place démesurée aux forces de l’argent, encourageant l’émergence d’une classe d’oligarques corrompus, engraissés par les marchés publics et les programmes de privatisation. Il fallait, pour laisser libre courts à cette gabegie, endiguer le puissant courant des aspirations à l’égalité, à la justice sociale et à la liberté qui irrigue toute l’histoire algérienne. Mais celui-ci ne s’est jamais tari. Il rejaillit aujourd’hui.

Quelle que soit l’issue de cette crise, une page se tourne en Algérie. On disait le pays toujours traumatisé par la décennie de guerre intérieure sur laquelle devait s’ouvrir la transition démocratique avortée du début des années 1990. Cette obscure parenthèse est peut-être en train de se refermer maintenant seulement, dans le sentiment retrouvé de faire peuple, bien plus que dans la digestion des islamistes par le système et dans la politique de « concorde nationale », d’amnistie et d’amnésie conduite par Abdelaziz Bouteflika.

Les idées circulent, les solidarités se déploient

Échaudés par leur traumatisante expérience, les Algériens avaient observé avec distance et défiance le processus initié par leurs voisins tunisiens, en 2011. Sans échapper pour autant aux répliques des séismes politiques qui refaçonnent depuis dix ans le Maghreb, du soulèvement du bassin minier de Gafsa en 2008, en Tunisie, jusqu’au « Hirak » qui a secoué le Rif, dans le nord du Maroc, il y a deux ans. Les gouvernements ont beau tirer sur la corde chauvine, rien n’y fait plus. Les idées circulent, les solidarités se déploient. À Tunis, vendredi, un rassemblement frappé d’interdiction saluait le soulèvement algérien. Depuis sa prison de Casablanca, le Rifain Nasser Zefzafi applaudissait au même moment la révolte de ses « frères » : « Nous sommes un seul et même peuple », dit-il ainsi.

Dans la région, tous les yeux sont désormais rivés sur cette Algérie qui invente à son tour son propre printemps, déblaie son propre chemin, dans une frappante fidélité à son histoire révolutionnaire. « Un seul héros, le peuple », clament dans les rues d’Alger, d’Oran ou d’Annaba de jeunes manifestants de 20 ans. Ils arborent un portrait, celui de Larbi Ben M’hidi. Ce militant incorruptible, cerveau de la révolution algérienne, assassiné en 1957 par les parachutistes d’Aussaresses, fut, avec Abane Ramdane, l’un des principaux artisans du congrès de la Soummam, qui définissait le futur État algérien comme une « République sociale et démocratique ». Son sourire semble encourager cette marche vers une seconde indépendance. « Mettez la révolution dans la rue, prédisait-il, et vous la verrez reprise et portée par des millions d’hommes. »

Rosa Moussaoui
Algérie: Un seul héros, le peuple (Rosa Moussaoui, L'Humanité, 4 mars 2019)
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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 18:39
La section du Pays de Brest du PCF invite à participer à la commémoration de l’assassinat de Pierre Sémard livré par Vichy aux nazis, qui l’ont fusillé le 7 mars 1942 .
Cette cérémonie aura lieu jeudi 7 mars à 10h30 devant la stèle du monument aux morts de la gare.
Pierre Sémard était  secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots et dirigeant du Parti communiste français, dont il fut le premier secrétaire général.
La série d’actes antisémites qui ont eu lieu ces derniers jours en France, l’installation au premier plan de la vie politique de partis ouvertement racistes et xénophobes, les coalitions nouvelles entre forces de droite et d’extrême-droite accédant ou aspirant au gouvernement dans plusieurs pays européens, montrent que « la bête immonde » n’est pas morte .
Aussi il est important de manifester notre attachement à la Résistance et à se mobiliser pour une démocratie fraternelle et républicaine.
PCF Section du Pays de Brest
5 rue Henri Moreau 29200 Brest
Tramway : station St Martin
Tel 02 98 43 47 78
@ : pcf_brest@yahoo.fr
La section du Pays de Brest du PCF invite à participer à la commémoration de l'assassinat de Pierre Sémard livré par Vichy aux Nazis le 7 mas 1942: le jeudi 7 mars devant la stèle du monument au mort de la gare
La section du Pays de Brest du PCF invite à participer à la commémoration de l'assassinat de Pierre Sémard livré par Vichy aux Nazis le 7 mas 1942: le jeudi 7 mars devant la stèle du monument au mort de la gare

Pierre SEMARD, fusillé le 7 mars 1942, il y a 76 ans !
Pierre Sémard est né le 15 février 1887 à Bragny-sur- Saône dans une famille de cheminots. Devenu cheminot lui-même, Pierre Sémard s’engage activement dans le syndicalisme. Il devient le secrétaire général de la Fédération des cheminots CGT en juin 1921, de la Fédération des cheminots CGTU après la scission, puis de nouveau avec la CGT réunifiée en 1936.
La famille Pierre Sémard habitait au 65 avenue Secrétan dans le 19èarrondissement où se trouve aujourd’hui un nouvel immeuble des HLM.
En 1939, à la déclaration de guerre, Pierre Sémard est réquisitionné comme cheminot et doit s’installer avec sa famille à Loches en Indre et Loire. C’est dans cette ville qu’il est arrêté, en octobre 1939, par le gouvernement de l’époque en vertu d’un décret qui interdit le Parti Communiste Français.
Alors que l’armée allemande envahit le pays, Pierre Sémard est maintenu en détention au camp de Gaillon dans l’Eure d’où les autorités de Vichy le livreront plus tard comme otage à l’occupant.
Durant sa captivité, Pierre Sémard, malgré son internement, réussit à garder le contact avec les syndicats clandestins, il sera un personnage-phare dans la mobilisation des Cheminots contre les nazis.
Il apporte ses conseils, rédige des appels au combat et dans sa dernier lettre avant d’être fusillé, il lance un ultime appel à ses amis cheminots : " Je meurs avec la certitude de la libération de la France. Dites à mes amis cheminots qu’ils ne fassent rien qui puisse aider les nazis. Les cheminots me comprendront, ils m’entendront, ils agiront. Adieu chers amis, l’heure de mourir est proche. Mais je sais que les nazis qui vont me fusiller sont déjà des vaincus et que la France saura poursuivre le bon combat".
Les cheminots joueront un rôle considérable dans ce qu’on a appelé "la bataille du rail".
Le 6 mars 1942, Pierre Sémard est transféré à la prison d’Évreux et remis le lendemain aux autorités allemandes pour être fusillé comme otage, le lendemain.
Juliette, l’épouse de Pierre Sémard, fut elle aussi arrêtée le 7 août 1941, elle avait assuré durant l’internement de son mari la liaison avec la direction clandestine des cheminots. Jugée le 5 janvier 1942, elle fut condamnée à 8 ans de travaux forcés. Déportée à Ravensbrück, elle fut rapatriée le 24 juin 1945.
Avec la complicité de son épouse, Pierre Sémard avait, jusqu’à son exécution, tenu une place considérable dans la direction de la Résistance cheminote. Cette place lui a été reconnue officiellement au titre de la Résistance Intérieure Française. Pierre Sémard est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

La section du Pays de Brest du PCF invite à participer à la commémoration de l'assassinat de Pierre Sémard livré par Vichy aux Nazis le 7 mas 1942: le jeudi 7 mars devant la stèle du monument au mort de la gare

En ce moment, on parle beaucoup des cheminots, de leur statut de privilégiés, du démantelement du reseau SNCF, alors aujourd'hui petite leçon d'histoire par devoir de mémoire.
Le 07 mars 1942, Pierre Semard tombait sous les balles des nazis à l’âge de 55 ans. La vie trop brève de ce militant d’exception fut d’une intensité remarquable, traversant des moments très forts de l’histoire sociale et politique de la première partie du 20ème siècle. Il reste le symbole de la résistance des cheminots à l’Occupation

Sa dernière lettre avant d'être exécuté :

"Chers amis,

Une occasion inespérée me permet de vous transmettre mon dernier mot, puisque dans quelques instants je serai fusillé.

J'attends la mort avec calme. Je démontrerai à mes bourreaux que les communistes savent mourir en patriotes et en révolutionnaires.

Ma dernière pensée est avec vous, camarades de lutte, avec tous les membres de notre Grand Parti, avec tous les Français patriotes, avec les héroïques combattants de l'Armée Rouge et son chef, le grand Staline. Je meurs avec la certitude de la libération de la France.

Dites à mes amis, les cheminots, que ma dernière volonté est qu'ils ne fassent rien qui puisse aider les nazistes.

Les cheminots me comprendront ; ils m'entendront ; ils agiront; j'en suis convaincu.

Adieu, chers amis, l'heure de mourir approche. Mais je sais que les nazistes, qui vont me fusiller, sont déjà vaincus et que la France saura poursuivre le grand combat.

Vivent l'Union Soviétique et ses Alliés ! Vive la France.

Pierre SÉMARD."

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 06:20
photo JM Nayet Conférence débat avec Patrick Le Hyaric, Glenn Le Saoût, Cindérella Bernard 2 mars 2019 Roscoff Café restaurant c'est ici

photo JM Nayet Conférence débat avec Patrick Le Hyaric, Glenn Le Saoût, Cindérella Bernard 2 mars 2019 Roscoff Café restaurant c'est ici

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photo JM Nayet Conférence débat avec Patrick Le Hyaric, Glenn Le Saoût, Cindérella Bernard 2 mars 2019 Roscoff Café restaurant c'est ici

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photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo Cindérella Bernard Roscoff 2 mars

photo Cindérella Bernard Roscoff 2 mars

photo Cindérella Bernard Roscoff 2 mars

photo Cindérella Bernard Roscoff 2 mars

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo I Dupont Roscoff 2 Mars conférence-débat sur le Brexit et les enjeux de l'Europe avec Patrick Le Hyaric

photo JM NAYET Roscoff 2 mars Cindérella Bernard Glenn Le Saout Patrick Le Hyaric avec le patron du restaurant C'est ici!

photo JM NAYET Roscoff 2 mars Cindérella Bernard Glenn Le Saout Patrick Le Hyaric avec le patron du restaurant C'est ici!

Très beau café-citoyen sur l'Europe et les enjeux et conséquences du Brexit hier à Roscoff, au bar-restaurant, C'est ici! , qui nous a reçu très chaleureusement avec son propriétaire Vincent et ses employés, avec 80 personnes présentes pour échanger avec Patrick Le Hyaric, Glenn le Saout , Cindérella Bernard candidats du PCF aux élections Européennes du 26 mai prochain. L'échange a été extrêmement riche. Patrick Le Hyaric passionnant et très percutant sur les fondements de cette Europe du capital et de la mise en concurrence de tous contre tous et la nécessité d'en révolutionner les bases!

Auparavant, Patrick Le Hyaric, Glenn Le Saout et Ismaël Dupont avaient rencontré Eddy Pierres, co-fondateur de Wart et de Panoramas, pour évoquer la problématique des Festivals face aux nouvelles normes réglementaires sécurité et son, et aux surcoûts que ça engendre.  

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 06:19
Algérie. Les manifestations populaires ont rebattu les cartes
Lundi, 4 Mars, 2019

La protestation en Algérie contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika a changé la donne. Rien ne sera plus comme avant. Analyse.

Qu’Abdelaziz Bouteflika dépose sa candidature – à moins qu’il y renonce ! – en cachette dans un quartier barricadé par la police par crainte de manifestations hostiles, voilà qui est inhabituel pour un président dont on disait il y a peu que c’est à l’appel du peuple qu’il a décidé de briguer un cinquième mandat. Alors question : le pouvoir politique dispose-t-il d’autres options pour se sortir de cette crise qu’il n’a pas vu venir et qu’il a manifestement sous-estimée ?

Pour l’heure, même si ce n’est pas encore gagné, même si le pouvoir politique n’a pas vacillé, les imposantes manifestations populaires de vendredi ont rebattu les cartes, brouillé le scénario préétabli d’un 5e mandat devant passer comme une lettre à la poste au point de programmer une conférence nationale après le scrutin du 18 avril, conférence à laquelle étaient conviés sans exclusive tous les partis politiques. Et ce, sans compter les remous apparus au sein de la coalition au pouvoir et son lot de victimes collatérales.

Ainsi en va-t-il du directeur de campagne du président-candidat, l’ex-premier ministre Abdelmalek Sellal, limogé brutalement samedi pour cause de diffusion à son insu sur les réseaux sociaux de sa conversation téléphonique avec le chef du patronat algérien Ali Haddad. On a vu aussi, la veille de ces manifestations, le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense obligé de retirer de son intervention devant des cadres de l’armée un passage incriminant les manifestants. Une partie de la direction du FLN s’est démarquée des propos du coordinateur du parti, Mouad Bouchareb, et a réclamé son départ pour avoir déclaré, entre autres, que « Dieu a envoyé le président Bouteflika en 1999 pour réformer la nation ». Le FCE (Forum des chefs d’entreprise), le Medef algérien, n’est pas en reste. En désaccord avec le soutien apporté par son chef Ali Haddad à la candidature de Bouteflika, son vice-président Amor Benomar a démissionné, ainsi que les patrons du groupe Alliance Assurance, de l’entreprise Sogemetal… Et ce, sans compter les propos du premier ministre Ahmed Ouyahia, dont le départ du gouvernement est acté, qui ont enflammé la rue et les réseaux sociaux… Ça fait quand même désordre.

Dès lors, qu’Abdelaziz Bouteflika maintienne ou non sa candidature ne change rien à la donne. Il devait rendre sa décision hier à l’heure où nous écrivions ces lignes. Maintenir coûte que coûte l’élection présidentielle avec un président-candidat gravement affaibli par son AVC, c’est prendre le risque d’aggraver davantage la crise. Réprimer les manifestations à la manière d’un Sissi en Égypte après que l’Algérie a connu dix ans de terrorisme et plus de cent mille morts, c’est prendre un risque encore plus considérable : la troupe ne suivra pas. C’est une ligne rouge que les militaires instruits par les événements d’octobre 1988 ne sont sans doute pas prêts à franchir.

Avec une population de plus de 41 millions d’habitants, l’Algérie de 2019 n’a plus rien à voir avec celle de 1999, époque où les réseaux sociaux n’existaient pas. Elle est mieux informée et ne peut plus être gouvernée de la même manière qu’il y a vingt ans, au sortir de dix années de violence islamiste. Et évoquer ce passé pour dissuader les jeunes de manifester ne leur parle pas : d’autant que vingt ans après, le souvenir de la « décennie noire » s’est éloigné d’eux. La plupart n’ont pas connu la décennie noire (les années de terrorisme) et le pouvoir a tout fait pour en occulter la mémoire. Pour Bouteflika et ses soutiens, il ne reste qu’une option : écouter le cri du peuple, d’une jeunesse qui a envie de voir la génération issue de la guerre d’indépendance nationale passer le flambeau comme l’avait promis le chef de l’État algérien en mai 2012… avant son AVC. Quoi qu’il en soit, il y aura un avant et un après 1er mars 2019.

Hassane Zerrouky
Algérie: les manifestations populaires ont rebattu les cartes (L'Humanité, 4 mars 2019)
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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 06:19
Cindérella Bernard, Patrick Le Hyaric, Glenn Le Saoût, candidats du PCF aux élections européennes, à Roscoff le 2 mars 2019 pour un débat sur le Brexit et ses conséquences, l'enjeu des élections Européennes au bar restaurant C'est Ici, devant 80 personnes (photo Gwendal Hameury, Le Télégramme)

Cindérella Bernard, Patrick Le Hyaric, Glenn Le Saoût, candidats du PCF aux élections européennes, à Roscoff le 2 mars 2019 pour un débat sur le Brexit et ses conséquences, l'enjeu des élections Européennes au bar restaurant C'est Ici, devant 80 personnes (photo Gwendal Hameury, Le Télégramme)

Patrick Le Hyaric, directeur de L’Humanité et n° 3 de la liste PCF aux prochaines élections européennes, était de passage ce samedi au port de Bloscon, à Roscoff. Devant près de 80 personnes, il a parlé Brexit, évidemment, mais pas seulement. Selon lui, il faut « révolutionner la construction européenne ».


Vous êtes venu ce samedi au port de Bloscon, à Roscoff, pour parler Brexit. Quelles seront, selon vous, ses conséquences sur les ports bretons ?

« Elles seront multiples. Dès lors que l’on va remettre des frontières, on va avoir des questions liées aux douanes, aux infrastructures, à la logistique. Notamment ici, à Roscoff. Il existe derrière ça d’assez lourds enjeux car une chose est le contrôle, une autre est la collecte de la TVA par les douaniers par exemple. À l’intérieur de tout ceci, il y a un débat intra-européen sur les priorités qui vont être données. Si les institutions européennes décident de privilégier les ports du nord de l’Europe, ce sera au détriment de ceux des côtes Manche et Atlantique. Mais à l’intérieur de ce débat, il y en a encore un autre puisque, vraisemblablement, à Matignon, aujourd’hui, on privilégie un axe Le Havre-Paris contre Roscoff, Brest ou Lorient. Tout cela risque de déstabiliser beaucoup de choses en Bretagne. À tout ceci s’ajoutent évidemment les enjeux de la pêche. Jusque-là, les zones de pêche communes profitaient davantage aux pêcheurs des autres pays européens qu’aux pêcheurs britanniques. Or, aujourd’hui, dans la négociation, l’affaire de la pêche devient une sorte de levier qu’utilisent les Britanniques. En retrouvant leurs zones de pêche, ils vont nous en enlever ; ça leur élargit l’espace. D’ailleurs, les pêcheurs britanniques étaient plutôt pour le Brexit… Il y a donc beaucoup d’enjeux qui sont posés pour la région. Car derrière les ports, il y a aussi les exploitations agricoles qui en dépendent ; certaines usines agroalimentaires qui transforment du poisson sont également concernées. Quant à la gare de Roscoff, l’argumentaire pour défendre la ligne Roscoff-Morlaix-Paris est plus solide si on est capable de défendre nos intérêts que s’il y a une sorte d’organisation pour affaiblir le port de Roscoff ».

Croyez-vous à un nouveau référendum sur le Brexit au Royaume-Uni ?

« Au point où nous en sommes… Pour ce qui concerne Roscoff et les alentours, qu’il y ait un accord ou pas, ce ne sera pas très positif. On peut craindre que même dans le cas d’un accord transitoire, ce soit négatif. Encore plus négatif qu’une sortie dure. S’il y a de nouveau une consultation, un référendum qui est décidé, je crois que c’est une voie qui peut devenir raisonnable. Je ne suis pas, par principe, pour revenir sur des choses qui ont été décidées par le peuple… Mais compte tenu des points de blocage, des divisions qu’il y a au Royaume-Uni, chez les Conservateurs et un peu aussi chez les Travaillistes désormais, je crois que la voie la plus sage serait de consulter à nouveau les populations du Royaume-Uni ».

Le Brexit, la montée des populismes… N’est-il pas temps de repenser le modèle européen ?

« Il y a une incapacité dans l’Union européenne à prendre des décisions en commun. On l’a vu dans le dossier Alstom Siemens : pas d’accord de coopération. Et on vient de le voir encore sur le dossier Air France KLM. La montée des populismes est la résultante du fait que l’Union européenne ne répond pas du tout aux besoins des peuples, crée des fractures. Je pense qu’il ne faut pas repenser mais révolutionner la construction européenne. C’est-à-dire repartir sur de nouvelles bases, dépasser ce qui existe aujourd’hui et reconstruire à partir des demandes des populations, des salariés ».


Quelles sont les propositions de la liste PCF aux Européennes pour y parvenir ?

« On ne peut pas faire une union européenne tant, par exemple, qu’on maintient des différentiels de salaires aussi importants. On ne peut pas avoir un SMIC à 1 800 € au Luxembourg, 1 200 € chez nous, à peine 700 € chez les Portugais et 150 € chez les Roumains. Le grand effort qu’il faudrait produire, c’est monter très rapidement ceux qui sont le plus bas pour qu’ils commencent à nous rejoindre. De telle sorte qu’il y ait une égalité de traitement. C’est pareil en matière de protection sociale, d’assurance chômage, de recettes. La question sociale, c’est-à-dire faire une Europe du travail, devient une question principale. Autre point : la négociation sur la politique agricole commune. C’est assez catastrophique ce qui est proposé. Non seulement on va laisser les prix tomber mais on ne va pas compenser. Tout ça est à revoir fondamentalement. On a aussi une banque européenne qui fait un peu ce qu’elle veut. Elle produit beaucoup de monnaie qu’elle prête ou donne aux banques. Mais on n’a aucune assurance que cet argent va à l’investissement, à la formation, à l’emploi, au développement des territoires. Or, il y aurait la possibilité de créer une banque spécifique pour l’environnement et le développement social, qui tiendrait nos services publics. Car une des questions qui est posée actuellement, notamment par les Gilets jaunes, c’est le maintien des services publics. C’est un facteur d’égalité. On voit bien ce qui se passe dans nos collectivités locales, nos hôpitaux, le transport… Tout cet argent-là devrait aller aux services publics, à leur rénovation, à leur démocratisation ; ça devrait aller au progrès social et à la transition environnementale. À ce tarif-là, on commencerait un petit peu à changer le paysage ».


Un petit mot sur la situation de L’Humanité et de ses 175 salariés, que vous dirigez.

« La situation est extrêmement difficile au sens où nous sommes en redressement judiciaire. Nous menons une campagne de collecte de dons et de souscriptions pour assurer notre trésorerie pendant toute la période d’observation, qui va durer jusqu’au 7 août. Nous sommes aussi en train de construire un plan de redressement sur la base d’une conquête plus large de lecteurs et d’abonnés parce qu’il y a la possibilité aujourd’hui de développer L’Humanité, mieux sans doute que nous l’avons fait les années précédentes. Mais au-delà de nous, il y a une question de pluralisme, de démocratie qui nous est posée à tous. Presse nationale, presse magazine, presse régionale… C’est notre diversité qui fait la démocratie. Cette richesse est absolument indispensable pour que les gens puissent avoir des informations fiables sur lesquelles discuter afin de se faire leur propre opinion ».

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 06:13
Ian Brossat

Ian Brossat

Lettre de Ian Brossat à Emmanuel Macron. Une gigantesque machine à fabriquer de la régression sociale
Lundi, 4 Mars, 2019

Ian Brossat est tête de liste PCF pour les élections européennes.

Monsieur le Président

de la République,

Vous vous apprêtez à publier une tribune en direction des Européens à un peu moins de cent jours des élections qui se tiendront le 26 mai prochain. Je me permets donc de prendre la plume pour vous faire quelques suggestions.

Commençons par ouvrir les yeux. L’Europe va mal. Plus exactement : les Européens vont mal. Parmi les jeunes de moins de 25 ans, 15 % sont au chômage.

Quant à la pauvreté, elle atteint des niveaux considérables. Dans toute l’Union européenne, 17 % de la population vit avec un revenu disponible inférieur au seuil de pauvreté (60 % du revenu médian national), soit 87 millions de personnes. En Allemagne, si souvent présentée comme exemple de bon élève au sein de l’Europe, près d’un habitant sur cinq vit (ou, plus exactement, survit) sous le seuil de pauvreté.

Cette pauvreté n’est pas l’apanage des seuls chômeurs. Désormais, notre continent compte 10 % de travailleurs pauvres. Ils étaient 7 % il y a dix ans. Dans le même temps, les richesses produites par les travailleurs européens sont passées de 15 000 milliards d’euros à 17 200 milliards d’euros. Autrement dit, ils ont produit davantage, et ils ont été appauvris. Vous êtes fort bien placé pour le savoir : les « réformes » du droit du travail que vous avez entreprises ont largement contribué à les précariser.

Les Européens vont mal, l’Europe aussi. C’est dans ce contexte en effet que l’extrême droite progresse. Elle menace à l’est de notre continent comme dans les pays fondateurs de l’Union européenne. Là même où beaucoup considéraient qu’elle avait été balayée par l’Histoire, elle refait surface : en Italie, en Allemagne, et plus récemment en Espagne.

Pour la première fois depuis la naissance de l’Union européenne, c’est la question de son existence même qui se trouve posée.

Ce qui s’effondre sous nos yeux, c’est une certaine conception de l’Union européenne.

Il suffit pour s’en convaincre de mesurer l’écart abyssal entre la réalité vécue par les Européens et les objectifs que les États de l’UE se sont assignés dans le traité de Lisbonne (en vigueur depuis 2009) : « la promotion du bien-être des peuples », « une croissance économique équilibrée », « une économie sociale de marché qui tend au plein-emploi et au progrès social », « la lutte contre l’exclusion sociale », « la promotion de la justice et de la protection sociales »… Plus qu’un échec : une faillite.

L’Europe meurt d’être devenue une gigantesque machine à fabriquer de la régression sociale. L’Europe et ses 510 millions d’habitants méritent mieux que les dogmes de l’austérité et de la « concurrence libre et non faussée » imposés à coups de lattes aux peuples réfractaires.

Dans un tel contexte, il serait irresponsable de demander à nos concitoyens d’Europe de choisir entre les libéraux et les fachos, car ni les uns ni les autres ne portent de solutions pour répondre aux intérêts des peuples européens.

Face au défi climatique, à l’enjeu de l’accueil des réfugiés, au poids considérable de multinationales plus puissantes que les États, nous avons à l’évidence besoin d’Europe. Mais d’une Europe repensée, transformée, porteuse d’une ambition de civilisation autrement plus utile aux peuples que le respect des sacro-saints 3 % de déficit public.

Je voudrais terminer par une proposition concrète. Depuis dix ans, la Banque centrale européenne a versé 3 000 milliards d’euros aux banques privées. Elle l’a fait sans la moindre condition, sans la moindre contrepartie. Cet argent a pour une bonne part servi à alimenter la spéculation. Pourquoi ne pas imaginer que cet argent serve à autre chose ? Je propose qu’il alimente un fonds pour le développement des services publics partout sur notre continent. Le mouvement des gilets jaunes a montré à quel point la disparition des services publics a fait mal à nos territoires, dans la ruralité comme dans nos quartiers populaires. Si l’Europe servait à cela, elle ferait la démonstration qu’elle peut être au service des gens, pas de l’argent.

Lettre de Ian Brossat à Emmanuel Macron. Une gigantesque machine à fabriquer de la régression sociale (L'Humanité, 4 mars 2019)
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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 06:00
Pour Jacques-Philippe Moulinoux, ancien chef de service à la Faculté de médecine et au CHU de Rennes, « l’urgence, c’est d’assurer la survie de nuit, et donc de recruter rapidement des urgentistes ».
Pour Jacques-Philippe Moulinoux, ancien chef de service à la Faculté de médecine et au CHU de Rennes, « l’urgence, c’est d’assurer la survie de nuit, et donc de recruter rapidement des urgentistes ».

Alors que le comité de défense de l’hôpital ne désarme pas depuis la fermeture des urgences de nuit, un ancien chef de service du CHU de Rennes, Jacques-Philippe Moulinoux, demeurant à Concarneau, a décidé de témoigner d’un drame survenu début février. Un drame qui, selon le professeur, aurait pu être évité, avec un service adéquat.

Jacques-Philippe Moulinoux n’envisageait pas de se manifester, après le drame dont il a été témoin et acteur le 4 février. Mais à la lecture, dans Le Télégramme de mardi, de l’article sur le comité de défense de l’hôpital de Concarneau, qui ne baisse pas les bras concernant la fermeture des urgences de nuit, cet ancien chef de service à la Faculté de médecine et au CHU de Rennes a estimé que c’était de son « devoir de médecin » d’exprimer ce qu’il avait sur le cœur.

À lire sur le sujet Hôpital. Le comité de défense monte au créneau

« J’habite Concarneau depuis deux ans, en plein centre-ville, face au port de pêche, et je vais vous raconter une histoire, pas très gaie », témoigne ainsi ce médecin à la retraite, dans un mail intitulé « coup de gueule ». « Cela s’est passé le 4 février à 4 h 30. Mon vieux voisin du 4e a sonné à ma porte… Totalement démuni, il a tenté de m’expliquer que son épouse (…) avait besoin d’aide. Elle avait du mal à respirer, et lui ne savait plus quoi faire… Je suis monté rapidement, en pyjama, et j’ai découvert le drame qui se jouait ».

« Nous n’avons rien pu faire »

Et Jacques-Philippe Moulinoux poursuit : «« Avez-vous appelé le 15 ? ». « Le quoi ? » m’a-t-il répondu… Pas de portable… Il faisait les allers-retours entre le téléphone fixe et son épouse… Je me suis chargé de téléphoner, et d’expliquer la situation au médecin régulateur. Une voisine de grande qualité humaine (…) m’a immédiatement proposé son aide (…).»

« Après 30 minutes de massage externe, après avoir évité une « chute de la langue » avec une cuillère (…), le Smur est arrivé. Un jeune médecin et deux autres collaborateurs (…). Des gens remarquables, mais nous n’avons rien pu faire ».

"Un cerveau non irrigué 30 minutes est mort…"

Jacques-Philippe Moulinoux explique avoir fait tout son possible : « Quand j’étais arrivé, le pouls était filant, la respiration quasiment absente, écrit-il. J’ai fait mon maximum, comme tout médecin a à le faire, mais sans succès. Trop tard… Un cerveau non irrigué 30 minutes est mort… »

« Jamais été confronté à une telle invraisemblance »

Une « triste fin » qu’il « ne souhaitait pas raconter », confie-t-il. Jusqu’à cet article paru mardi, et cette phrase, citée par un les membres du comité de défense de l’hôpital : « Si on fait un infarctus après 21 h, autant appeler directement les pompes funèbres ». Formule dure, mais qui a convaincu le médecin à témoigner. « Je pense que cette formule à l’emporte-pièce résume parfaitement la situation que nous vivons à Concarneau et dans ses environs. Notre maison familiale est située à Grignallou (1) : je pensais à ceux qui y vivaient. C’est bien d’acheter une IRM, mais l’urgence, et je pèse mes mots, c’est d’assurer la « survie » de nuit, donc de recruter rapidement des urgentistes ».

Et de conclure : « En tant qu’hospitalo-universitaire de Rennes, je n’ai jamais été confronté à une telle invraisemblance ».

1- Sur la rive gauche du Minaouët.

https://www.letelegramme.fr/finistere/concarneau/urgences-de-nuit-le-cri-de-colere-d-un-medecin-27-02-2019-12219122.php

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