Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 18:10
Glenn Le Saout et Patrick Le Hyaric (député européen, directeur de l'Humanité) candidats du Parti Communiste pour les élections européennes, seront à Roscoff pour une rencontre-débat sur les enjeux et conséquences du Brexit pour les ports bretons le samedi 2 mars, à 15h, au port de plaisance, bar-restaurant "C'est ici" (photo prise à Carhaix pour le Café Citoyen des Luttes sociales et de la défense des services publics avec Patrick Le Hyaric le 28 avril 2018)

Glenn Le Saout et Patrick Le Hyaric (député européen, directeur de l'Humanité) candidats du Parti Communiste pour les élections européennes, seront à Roscoff pour une rencontre-débat sur les enjeux et conséquences du Brexit pour les ports bretons le samedi 2 mars, à 15h, au port de plaisance, bar-restaurant "C'est ici" (photo prise à Carhaix pour le Café Citoyen des Luttes sociales et de la défense des services publics avec Patrick Le Hyaric le 28 avril 2018)

Débat Europe

Samedi 2 mars, à 15h, Roscoff

 

Patrick Le Hyaric, député européen PCF, directeur de l'Humanité, n°3 sur la liste européenne communiste conduite par Ian Brossat et Marie-Hélène Bourlard

animera avec

Glenn Le Saoût, candidat finistérien du PCF aux élections européennes du 26 mai prochain 

et Cindérella Bernard, candidate costarmiricaine du PCF aux élections européennes

Une

RENCONTRE-DEBAT sur:

Les Enjeux et Conséquences du Brexit pour les Ports Bretons, l'économie maritime et la pêche dans notre département

Dans le cadre de ses activités de terrain de parlementaire européen (élu du Grand Ouest) 

Et de la campagne des Européennes

A Roscoff, Port de Plaisance du Bloscon

à 15h, au Bar-Restaurant "C'est ici"

Les 4 candidats bretons sur la liste "Pour l'Europe des Gens, contre l'Europe de l'argent" conduite par Ian Brossat et Marie-Hélène Bourlard.  Christelle Dumont aide-soignante de l'hôpital Yves Lanco à Belle-Ile-en Mer, syndicaliste, qui a fait une grève de la faim pour protester contre les conditions de travail dans l'hôpital public  Glenn Le Saout, 20 ans, étudiant, ancien président de la FIDL Bretagne (Taulé, Morlaix).  Cinderella Bernard, éducatrice spécialisée, première adjointe de sa commune, militante associative, présidente du groupe communiste au Département des Côtes d'Armor  Katja Krüger, comédienne franco-allemande, ancienne syndicaliste et socialiste ouvrière allemande, élue à la Petite Enfance à Rennes

Les 4 candidats bretons sur la liste "Pour l'Europe des Gens, contre l'Europe de l'argent" conduite par Ian Brossat et Marie-Hélène Bourlard. Christelle Dumont aide-soignante de l'hôpital Yves Lanco à Belle-Ile-en Mer, syndicaliste, qui a fait une grève de la faim pour protester contre les conditions de travail dans l'hôpital public Glenn Le Saout, 20 ans, étudiant, ancien président de la FIDL Bretagne (Taulé, Morlaix). Cinderella Bernard, éducatrice spécialisée, première adjointe de sa commune, militante associative, présidente du groupe communiste au Département des Côtes d'Armor Katja Krüger, comédienne franco-allemande, ancienne syndicaliste et socialiste ouvrière allemande, élue à la Petite Enfance à Rennes

Partager cet article
Repost0
1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 17:36

Ford Blanquefort : l’impuissance du gouvernement et la nécessaire reconquête industrielle
Finies les déclarations tonitruantes de Bruno Le Maire : Celui qui accusait en décembre le constructeur américain de « mensonge » et de « trahison » vient de valider la fermeture du site.

Emmanuel Macron peut bien parler du « cynisme » de l’entreprise, non content d’entériner les destructions d’emplois, son gouvernement indique également qu’il est impossible de réclamer à Ford le remboursement des aides publiques perçues.
Entre 2009 et 2017, Ford a perçu 50 millions d’aides publiques cumulées. Autant d’agent public utilisé aujourd’hui pour licencier.
Ce que dit le dossier Ford, c’est l’abandon de la vocation industrielle du pays, c’est le renoncement de l’État à agir contre les destructions d’emplois et les fermetures de sites.

Un repreneur était disponible, le site est viable, rien n’impose la fermeture.
Le Parti Communiste français et ses parlementaires exigent la réquisition du site afin de permettre la poursuite de l’activité avec le repreneur Punch et le remboursement de l’intégralité des aides publics perçus.

Nous continuerons d’agir pour :
- Le contrôle et la conditionnalité des aides publiques afin qu’elles soient utiles à l’emploi, aux investissements, à la transition écologique.
- Une Sécurité d’Emploi et de Formation protégeant les salariés et leur ouvrant un pouvoir d’intervention dans les entreprises.
- L’interdiction des licenciements boursiers.
- Un pole public bancaire permettant l’accès au crédit pour favoriser les investissements et les relocalisations industrielles.


Parti communiste français
Paris le 1er mars

Ford Blanquefort : l’impuissance du gouvernement et la nécessaire reconquête industrielle (PCF, 1er mars)
Partager cet article
Repost0
1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 06:59
Algérie: la jeunesse face au pouvoir militaire: le dossier dans L'Humanité (Rosa Moussaoui, Hassan Zerrouky)
« Il y a dans ces manifestations comme un sursaut de dignité du peuple algérien »
Vendredi, 1 Mars, 2019

L’historienne Karima Dirèche, observatrice attentive des secousses qui refaçonnent l’Afrique du Nord, décrypte les ressorts de la mobilisation politique inédite en cours dans toute l’Algérie.

Quel est le profil des manifestants qui descendent dans la rue en Algérie ?

Karima Dirèche Même les observateurs les plus avertis n’avaient pas vu venir cette mobilisation massive, intergénérationnelle. On voit dans les défilés des jeunes, des vieux, des femmes. Du point de vue de sa composition sociologique, ce mouvement est très hétérogène, avec des étudiants, des chômeurs, des travailleurs. Cela s’explique par le caractère horizontal de la mobilisation, initiée par des appels sur les réseaux sociaux, et non par des mots d’ordre venus de partis, de syndicats ou d’organisations de la société civile. Les répliques des manifestations du 22 février ont encouragé, par la suite, des rassemblements plus corporatistes, plus organisés : avocats, journalistes, étudiants avec l’occupation, le 26 février, de la majorité des campus algériens. Les universitaires, les intellectuels ont pris le relais avec un appel parti de la faculté des sciences politiques d’Alger.

En quoi cet élan populaire diffère-t-il du soulèvement d’octobre 1988, qui avait débouché sur une transition démocratique avortée ?

Karima Dirèche Les événements de 1988 signalaient la fin d’un régime post-indépendance épuisé par lui-même, encore marqué par le monopartisme instauré dès 1962 et par l’orientation socialiste des années 1970. Un nouveau cycle s’est ouvert en octobre 1988. Le régime s’est alors engagé sur la voie du néolibéralisme, encourageant l’émergence de milieux d’affaires, optant pour un déguisement « démocratique ». La mobilisation, à l’époque, était circonscrite à Alger et à quelques grandes agglomérations, avec des manifestants très jeunes. Là, c’est différent. Les motifs sociaux n’occupent pas le premier plan, même si les Algériens dénoncent les injustices sociales, les inégalités. En fait, c’est surtout une grande lassitude qui s’exprime. Il y a dans ces manifestations comme un sursaut de dignité. Les dirigeants politiques ont usé la patience du peuple algérien. Depuis 1999, ils répètent que tout mouvement populaire précipiterait immanquablement le pays dans le chaos. Sûrs de l’impunité dont ils jouissent depuis longtemps, ils étaient convaincus que cette mascarade du 5e mandat passerait sans accroc. Une gouvernance manipulatrice, culpabilisatrice et perverse prévaut en Algérie. Les capacités de rebond et de reproduction de ce régime restent très fortes. La mobilisation du 22 février est peut-être un événement porteur d’avenir. Mais personne ne peut en prédire les implications à ce stade.

En 2001, pendant le Printemps noir, la mobilisation, partie de Kabylie, avait donné lieu à des violences, à une répression meurtrière (126 morts et plus de 5 000 blessés). Ici, on est frappé par son caractère pacifique. Comment l’expliquez-vous ?

Karima Dirèche Ce mouvement fait preuve d’une maturité politique exceptionnelle. Les manifestants savent à quel adversaire ils font face. Ces vingt dernières années, on croyait à une forme d’atonie, de paralysie, de dépolitisation du peuple algérien. Il s’est passé autre chose. Cette société n’a jamais cessé, même dans le désenchantement, même dans un périmètre d’action restreint, de s’intéresser à la chose politique. Et puis, les Algériens ont tiré les leçons des expériences passées. La violence des années 1990 s’est imprimée dans leur mémoire cellulaire. Ils en conjurent le spectre dans l’organisation spontanée des rassemblements, dans les slogans, dans la façon même dont les corps se meuvent dans les manifestations. Si un jeune participant veut en découdre, il est immédiatement rappelé à l’ordre, de façon bienveillante, sur le mode de la protection collective. Cela prouve que le peuple algérien s’est auto-affranchi de la peur.

Cette crise politique traduit-elle un contrecoup de la crise économique liée à la chute des cours des hydrocarbures en 2014 ?

Karima Dirèche Je crois que oui. Les Algériens sont très conscients d’avoir bénéficié, ces deux dernières décennies, de politiques redistributives exceptionnelles. Mais ils ne sont pas dupes du caractère clientéliste de cette redistribution. « Nous ne sommes pas que des ventres », disent-ils aujourd’hui. Le pouvoir d’achat a sérieusement chuté dans la dernière période ; les importations ont connu des restrictions drastiques. Les Algériens savent que le plus dur est à venir. À leurs yeux, l’État, tel qu’il est, n’est peut-être pas suffisamment solide pour relever les défis qui se profilent.

La présence massive de la jeunesse dans les défilés est-elle le symptôme d’une fracture générationnelle ?

Karima Dirèche Clairement. Ce pays, où 45 % de la population ont moins de 25 ans, reste dirigé par des élites politiques qui, même en partie renouvelées et rajeunies, fonctionnent avec des référentiels et une rhétorique nationaliste obsolètes. En dépit des moyens énormes investis par l’État algérien ces dernières années dans le développement, dans les grands chantiers d’infrastructures, le problème du chômage des jeunes reste entier. Or c’est l’enjeu central pour l’Algérie de demain.

Quelles lignes de force se dégagent des secousses politiques qui refaçonnent le Maghreb depuis 2011 ?

Karima Dirèche Les peuples algérien, marocain, tunisien partagent le sentiment très fort de n’être pas être représentés par des élites politiques en échec, méprisantes et distantes. Une chose est sûre : la maturité politique affichée par les Algériens s’est nourrie de l’expérience de leurs voisins. Des traits communs se dégagent : d’abord une jeunesse désenchantée, éduquée, diplômée, mais au chômage. Cette génération exprime un grand désir de départ, de fuite ; son énergie, sa vitalité pourraient constituer un puissant carburant pour le futur : elles sont gâchées. Ces sociétés sont aussi traversées par un irrépressible besoin de respect des libertés individuelles. Cette demande s’affirme dans la revendication de séparation du religieux et du politique, dans l’aspiration à un espace privé où les orientations sexuelles, les options religieuses, la liberté de pensée pourraient s’exprimer sans entrave, sans intrusion d’acteurs religieux, de la police ou de l’État. La problématique LGBT commence par exemple à s’affirmer comme une question politique dans toute la région. Autre ligne de force : l’exigence démocratique, avec la demande d’un État de droit propre à protéger les citoyens de l’arbitraire.

Karima Dirèche Historienne, directrice de recherches au CNRS

Retrouvez l’intégralité de cet entretien sur humanite.fr
Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
L’armée algérienne, une institution au cœur du pouvoir
Vendredi, 1 Mars, 2019

Gardienne du dogme nationaliste, l’institution militaire est sollicitée par les acteurs politiques pour garantir une transition propre à sortir l’Algérie de l’impasse actuelle.

Un fait inédit a eu lieu mardi dernier ! Le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, le général Ahmed Gaïd Salah, a dans un premier temps incriminé les manifestants anti-5e mandat, puis, surprise, ce passage, qui avait fait le tour des réseaux sociaux, a été retiré du discours publié sur le site du ministère de la Défense pour être remplacé par des propos apaisants. Entre-temps, il a été demandé aux rédactions de ne pas publier le passage en question.

Aucun président n’a été élu sans l’aval des militaires

La sortie du vice-ministre de la Défense, contraint d’atténuer son propos, a sans doute provoqué des grincements de dents au sein d’une institution qui, la main sur le cœur, affirme sa neutralité dans le jeu politique. Or, en dépit des déclarations d’usage destinées à rassurer, l’armée est au cœur du pouvoir depuis l’indépendance du pays. Hormis Houari Boumediene qui en était le chef, aucun président n’a été élu sans l’aval des militaires. La force et la cohésion de l’armée reposent sur un consensus politico-militaire hérité de la guerre d’indépendance algérienne, où le militaire a de tout temps primé sur le politique. C’est pour cette raison d’ailleurs que l’ex-premier ministre réformateur Mouloud Hamrouche, lui-même ancien militaire, rétorquait à ses détracteurs : « Je m’adresse à ceux qui gouvernent et à ceux qui les légitiment », à savoir les militaires.

Ébranlée et très marquée par les événements d’octobre 1988 où elle a été utilisée à des fins répressives, faisant plusieurs centaines de morts, avant de faire son mea culpa, l’armée algérienne, formée majoritairement de conscrits, n’est pas prête à refaire la même expérience. Et les politiques le savent. Elle tient – ses chefs ne cessent de le répéter – à l’un de ses principes fondateurs qui est de ne pas se couper du peuple : la majorité, pour ne pas dire la quasi-totalité de son commandement, est, à l’instar du candidat à la présidentielle, le général Ghediri, lui-même fils de mineur de l’Ouenza (près de la frontière tunisienne, à l’est du pays), issue de milieux populaires. Ébranlée, elle le fut une seconde fois durant l’été dernier, quand le puissant chef de la police algérienne, le général Abdelghani Hamel, candidat supposé à la succession d’Abdelaziz Bouteflika, a été limogé le 26 juin 2018, sort partagé quelque temps après par cinq autres généraux et plusieurs officiers de haut rang. On se demandait alors s’il ne s’agissait pas d’une sorte de ménage opéré dans les rangs de l’armée en prévision de l’élection présidentielle d’avril 2019. Outre qu’elle est l’un des principaux canaux d’ascension sociale et en raison de son rôle dans la lutte antiterroriste, l’armée reste paradoxalement, malgré des accusations récurrentes de corruption, la seule institution encore respectée en Algérie. Aussi, l’entraîner sur le terrain d’un affrontement avec des jeunes scandant à tue-tête « Armée-peuple contre le 5e mandat ! » est sans doute une ligne rouge que les militaires ne franchiront pas. C’est peut-être ce qui explique la marche arrière du général Gaïd Salah.

En cas de brusque aggravation de la crise, l’armée, sollicitée par tous les acteurs politiques pour garantir une transition, reste une institution incontournable. Les fins de non-recevoir affichées par le général Gaïd Salah, face à l’opposition politique qui l’interpellait pour assurer une transition et empêcher ainsi la poursuite de l’État-Bouteflika, ne sont plus d’actualité, alors que des millions d’Algériens sont dans la rue. L’armée reste néanmoins face à ses responsabilités.

Partager cet article
Repost0
1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 06:50
Avraham B. Yehoshua : « En Israël, l’apartheid est devenu comme un cancer »
Vendredi, 1 Mars, 2019

Né en 1936 à Jérusalem, il est l’un des chefs de file de la littérature israélienne contemporaine. Très engagé en faveur du processus de paix israélo-palestinien, il a participé à l’initiative de Genève. Son dernier roman, le Tunnel (Grasset), aborde par la fiction des questions politiques mais aussi le vieillissement et la maladie.

Le personnage principal du Tunnel est un ingénieur à la retraite qui perd la mémoire, souhaitiez-vous parler du poids écrasant de la mémoire en Israël et des dégâts que cela peut produire ?

Avraham B. Yehoshua Les juifs et les Palestiniens sont écrasés par la tyrannie de la mémoire, qui devient un obstacle qui empêche de voir la réalité. À Gaza, les Palestiniens se jettent contre les barrières et sont tués par les balles de l’armée israélienne. Ils veulent retourner à la maison, celle de leur arrière-arrière-grand-père. Mais où se trouve cette maison ? Pour y revenir, il faut détruire des bâtiments israéliens. Chez les juifs aussi, l’Holocauste est devenu un culte mémoriel qui empêche les gens de voir la réalité et l’avenir. Les juifs qui sont retournés en Cisjordanie en disant qu’il y avait, deux mille ans auparavant, une colline juive, une synagogue, ne voient pas que c’est le passé et qu’aujourd’hui, ils pénètrent dans un village arabe. Tout le mouvement de la colonisation qu’Israël a entreprise à partir de 1967 était basé sur la conception de la mémoire. C’est pourquoi David Ben Gourion, premier ministre d’Israël à deux reprises, est allé dans le désert, là où il n’y a pas de mémoire, en disant : c’est notre place, c’est une terre vide, nous ne nous mêlons à personne. C’était pour lui une manière de dire qu’il ne fallait pas être esclave de la mémoire. Il faut être conscient que la moitié de l’État d’Israël est un désert très peu peuplé avec des choses magnifiques et un potentiel énorme. Mais, au lieu de mettre de l’énergie dans ce désert, on investit énormément d’argent dans les colonies des territoires occupés. Et aujourd’hui, on ne peut plus faire partir les colons installés là-bas. C’est pourquoi nous allons, de fait, vers un État binational.

Vous avez beaucoup évolué sur cette question. Pendant de longues années, comme d’autres personnes de gauche, vous défendiez une solution à deux États. Pourquoi avez-vous changé d’avis ?

Avraham B. Yehoshua C’est une formule vide. Nous avions l’illusion qu’on pouvait couper la terre en deux États et Jérusalem en deux capitales. En 1967, les Palestiniens ont eu seulement 22 % du territoire et nous avons eu 78 %. Mais, dans les 22 %, on a mis des colonies et des villes qu’on ne peut pas retirer. Il y a là-bas 400 000 Israéliens, dont la plupart sont des zélotes, des fanatiques, qui ne partiront pas. On ne peut pas donner aux Palestiniens des petits morceaux épars, ce n’est pas faisable. Nous sommes déjà un peu un État binational, il y a 6 millions et demi de juifs et 2 millions de Palestiniens qui ont la carte d’identité israélienne. L’État binational est devenu la seule possibilité d’abolir l’apartheid, qui est devenu comme un cancer. L’idée qu’il existe deux lois, qu’on n’a pas les mêmes droits, que la justice ne s’applique pas de la même manière selon qu’on est israélien ou palestinien, empoisonne Israël, et pas seulement les territoires.

Dans le roman, le thème de la maladie est justement très important, comme si le corps malade représentait l’État d’Israël…

Avraham B. Yehoshua La maladie est un phénomène qui unit les Palestiniens et les Israéliens. Dans le roman, je montre le côté humaniste, la façon dont ils se rencontrent au sein de l’hôpital : les Israéliens soignent les Palestiniens et vice versa, les chefs de clinique sont juifs, palestiniens, tout est mêlé. La maladie est à la fois une métaphore de notre relation avec les Palestiniens, mais c’est aussi une métaphore de l’espoir, des relations d’intimité qu’on peut réussir à créer.

Votre personnage reprend du service pour aider un jeune collègue à construire une route dans le désert du Néguev. Quand le tracé de la route bute sur une colline, il songe à creuser un tunnel pour ne pas la raser. Que signifie ce tunnel ?

Avraham B. Yehoshua Ce tunnel n’est pas seulement physique, il est aussi métaphorique. C’est un tunnel entre les identités, qui va permettre de passer de l’une à l’autre. Sur cette colline vit une famille palestinienne sans identité. Son histoire commence parce que la femme est malade du cœur. Son mari, instituteur, a vendu un morceau de terre qui ne lui appartenait pas pour payer un traitement très cher. En vendant ce terrain, il s’est attiré les foudres des Palestiniens. Pour se dédouaner, l’officiel qui a imaginé toute cette affaire décide d’installer la famille sur cette colline. Et quand il est question de faire passer une route à cet endroit, il y a deux solutions : soit raser la colline, soit construire un tunnel pour éviter de la détruire et de faire partir la famille.

Cette question de l’identité est très importante dans le roman. L’identité, les particularités ont-elles pris une place démesurée en Israël ?

Avraham B. Yehoshua Cela devient terrible et la solidarité nationale diminue. En Israël, il y a des laïques, des religieux, des religieux nationalistes, des Arabes, des Druzes, des homosexuels, des féministes, la gauche, la droite, des tribus… Et chacun fait de son identité un bastion. Par exemple, je suis membre de la gauche, j’ai toujours voté pour la gauche, mais quand j’ai dit que l’existence de deux États n’était plus possible, on m’a immédiatement accusé de quitter les rangs de la gauche. J’ai répondu que ce n’était pas le cas, mais que nous devions penser des solutions, que nous ne pouvons pas être fermés sur notre identité.

Vous avez protesté contre la loi adoptée par la Knesset le 9 juillet 2018 définissant l’État israélien comme « nation du peuple juif » et déclarant l’hébreu comme la seule langue officielle…

Avraham B. Yehoshua C’est une loi abominable, qui n’était pas nécessaire. Beaucoup de gens étaient contre, des juges, des professeurs de science politique. Cette loi a été faite par la droite pour répondre aux inquiétudes de la gauche et du camp de la paix qui l’accusaient de briser l’identité juive de l’État d’Israël en poursuivant l’entreprise de colonisation. Avec cette loi, la droite dit qu’elle maintiendra les territoires occupés mais que l’identité juive est assurée. Mais cela ne dit rien d’un point de vue pratique. Il y a 4 millions de Palestiniens, l’arabe n’est pas une langue secondaire, elle est parlée. Cela n’a pas de sens de dire que les Palestiniens ne parleront plus l’arabe.

Il y a quelque chose d’assez labyrinthique dans ce livre et une impression de léger décalage avec la réalité, peut-être parce que Louria, votre personnage, perd un peu la tête…

Avraham B. Yehoshua Oui, il y a aussi une dimension de jeu. En hébreu, il existe deux mots pour désigner la démence. L’un désigne le côté obscur, passif, tandis que l’autre désigne des patients qui font des bêtises. Quand on perd la mémoire, il y a aussi une dimension de joie, de mouvement. C’est ce mot que j’ai choisi pour donner à Louria l’apparence non pas d’une personne déprimée mais vivante. Cela lui donne un aspect humoristique, un côté mi-obscur, mi-joyeux, par exemple quand il se fait tatouer le code de sa voiture sur le bras pour ne pas l’oublier. Tout ce mélange produit dans sa tête une sorte de chakchouka, un plat qu’il adore cuisiner justement parce qu’il représente ce qui lui arrive.

Le roman parle aussi de cette très belle relation entre Louria et sa femme, renforcée par la maladie et le vieillissement au sein du couple…

Avraham B. Yehoshua J’ai projeté des choses de ma vie personnelle. Dans plusieurs de mes livres, les mariages sont des amitiés, j’ai vécu avec ma femme pendant cinquante-six ans, nous étions vraiment des amis, nous étions toujours ensemble, sans s’écraser l’un l’autre. Elle a eu sa clinique, elle a développé sa carrière, et moi aussi. Nos deux vies professionnelles ont pu coexister sans nuire à l’égalité entre nous. L’égalité est la clef d’un bon mariage.

Vos ancêtres sont originaires de Salonique. Comment votre famille est-elle arrivée en Palestine ?

Avraham B. Yehoshua Ils sont arrivés dans la deuxième moitié du XIXe siècle, pour des raisons surtout religieuses. Ils se sont ensuite installés à Jérusalem. Ils ont quitté une très grande communauté à Salonique, une ville dont la majorité des habitants étaient juifs, Ashkénazes ou Séfarades. Après l’Holocauste, cette communauté a été brutalement détruite. Ces juifs qui étaient venus de tous les coins prenaient au sérieux la fameuse phrase : « L’année prochaine, à Jérusalem. » Ils l’ont fait. S’il y avait eu 500 000 personnes, le destin du peuple juif aurait été différent. Nous aurions pu avoir un État avant la Shoah. Et toute l’histoire juive en aurait été différente.

Votre père était professeur d’arabe…

Avraham B. Yehoshua Il était orientaliste, professeur d’arabe, mais il était employé du gouvernement comme interprète et il était responsable au ministère de la Religion des affaires des musulmans et des Druzes. Il a fait sa thèse sur la presse palestinienne au début du XXe siècle. Dans les vingt dernières années de sa vie, il a surtout écrit sur la communauté séfarade, sur les relations entre Séfarades et Ashkénazes, sur les relations avec la communauté arabe. Il a évoqué magnifiquement le folklore et la vie de la communauté séfarade à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Tout ce matériau m’a aidé pour l’écriture de Monsieur Mani, que je considère comme mon livre le plus important.

Vous avez commencé par écrire des nouvelles avant de passer au roman, à l’âge de 40 ans. Pourquoi avoir attendu ?

Avraham B. Yehoshua J’en suis assez fier. Je crois qu’un des problèmes de la littérature aujourd’hui est qu’on écrit trop vite des romans. Il faut d’abord travailler sur la prose, la langue de la nouvelle. Elle est plus incisive, suggestive, intense, que celle du roman, qui est plus fonctionnelle à cause de l’intrigue. Un écrivain qui veut bien se préparer au roman doit le faire en écrivant des nouvelles. C’est le conseil que je donne aux jeunes écrivains, même s’ils font ce qu’ils veulent !

La voix des intellectuels et des écrivains est-elle encore entendue en Israël ?

Avraham B. Yehoshua Non, c’est fini. Le sionisme a été créé par des écrivains, comme Hertzl. Cette tradition a été très importante. Il faut aussi parler du renouvellement de la langue, à l’origine du sionisme. La génération de la guerre d’indépendance a beaucoup parlé, mais après la guerre des Six-Jours, pas mal d’écrivains ont pris position et ont été très écoutés. Amos Oz a été le premier à le faire, d’une façon très courageuse. Je suis alors venu de Paris, où j’ai été pendant quatre ans secrétaire général de l’Union mondiale des étudiants juifs, et j’ai commencé à prendre part à la discussion. Mais, aujourd’hui, peu d’écrivains parlent, ils sont fatigués. Sur les réseaux sociaux, les gens peuvent dire des choses abominables, les attaques sont sauvages. Les artistes ont peur, ils s’autocensurent. La haine et le racisme contre les Arabes n’ont jamais été aussi forts.

Avraham B. Yehoshua

Entretien réalisé par Sophie Joubert
Avraham B. Yehoshua, romancier israélien : en Israël, l'apartheid est devenu comme un cancer (L'Humanité, 1er mars 2019)
Partager cet article
Repost0
1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 06:44
Au Proche-Orient, Paris vend des armes et de la surveillance (le chercheur Tony Fortin interviewé par Stéphane Aubouard, L'Humanité, 27 février 2019)

Il faut prendre la mesure de l'énormité de ce que nous rappelle Tony Fortin, spécialiste de l'industrie d'armement: la France alimente l'appareil répressif et impérialiste des régimes les plus réactionnaires et répressifs, en donnant ensuite des leçons de démocratie et de droit de l'homme à un des seuls gouvernements de gauche d'Amérique Latine, au Venezuela, assailli par les Américains et les gouvernements de droite du continent: 

" Le fait est que Paris est déjà dans une position de dépendance vis-à-vis de ces pays (du Golfe), qui, en 2018, représentaient quelque 60 % de son marché de l’armement. Cela entraîne de facto une complicité d’ordre politique qui débouche sur une perte réelle de souveraineté. Ces arrangements industrialo-financiers ont abouti à l’apparition de réseaux d’initiés. Par exemple, Luc Vigneron, ancien dirigeant de Thales, se trouve aujourd’hui à la tête du principal groupe émirati de défense, Emirates Defense Industries Company (Edic), qui s’est manifesté par le rachat de Manurhin, fleuron alsacien de l’armement français spécialisé dans la fabrication de machines pour la production de munitions. L’an dernier, les banques françaises et européennes ne se sont pas positionnées quand l’entreprise a été mise en redressement judiciaire, laissant la voix ouverte à Edic. En échange de tout cela, la France pense pouvoir gagner sa place dans le golfe d’Aden, qui est une zone stratégique majeure de transit de marchandises. « Je t’arme et tu me donnes accès à la mer Rouge… » Il s’agit donc d’un deal très construit. On comprend mieux aussi l’enchaînement de la guerre au Yémen, avec non seulement des ventes d’armes à l’Arabie saoudite qui se sont poursuivies malgré les appels d’ONG ou des Nations unies sur leur utilisation contre la population civile, mais aussi avec des contrats ad hoc dont on peut penser qu’ils ont été montés en vue de cette guerre au Yémen. On sait qu’on a demandé à des entreprises françaises d’adapter, en 2014-2015, les composants d’armes commandés vers 2011 aux EAU et à l’Arabie saoudite en fonction des conditions climatologiques du Yémen… Il y a donc un marché de la guerre pensé et réfléchi en amont et à peine caché, dans lequel l’Élysée a su s’engouffrer. On parle aujourd’hui de 16 références d’armes françaises utilisées par la coalition militaire arabe au Yémen" .

"Avec l’Égypte, il y a eu une augmentation exponentielle des ventes d’armes. On est passé de 40 millions d’euros de commandes en 2010 à 1,4 milliard d’euros en 2017 ! Il est aussi notable de remarquer – comme pour l’exemple des armes utilisées au Yémen – la très grande capacité des industriels français à s’adapter aux besoins de leurs clients. Par exemple, aujourd’hui, on ne fabrique plus de chars Leclerc parce qu’ils ne peuvent pas circuler dans les rues arabes. On a donc privilégié la fabrication de blindés Sherpa, qui ont été testés dans les rues du Caire lors des manifestations réprimées par le régime d’Al Sissi depuis sa prise de pouvoir après le coup d’État de juillet 2013. C’est aussi pour avoir su s’adapter à cela que les Français ont supplanté les Américains sur ce marché. La France a littéralement co-construit l’architecture du régime répressif d’Al Sissi et ce au moment même où le président égyptien subissait des critiques de la part des États-Unis. La France y a vu une opportunité. La même chose s’est produite avec Riyad. C’est au moment où Obama refusait de donner les images satellitaires du Yémen à l’Arabie saoudite que la France a profité de cette faille pour donner des photos au royaume wahhabite et s’ouvrir un espace qui dépasse le seul marché de l’armement."

Avec MACRON, comme avec HOLLANDE et SARKOZY, LE DRIAN étant peut-être le trait d'union entre tous ces hommes de la finance, le droit des peuples à la liberté, à la dignité, les droits de l'homme ne sont rien face à l'intérêt des multinationales de l'armement et de leurs amis de la finance. Aujourd'hui Sarkozy est devenu propriétaire du plus grand casino et du plus grand complexe hôtelier au Maroc de Mohammed VI: retour à l'envoyeur. La politique internationale de la France se fait à la corbeille, des intérêts de l'industrie d'armement. 

Diplomatie. « Au Proche-Orient, Paris vend des armes et de la surveillance »
Mercredi, 27 Février, 2019

Pour Tony Fortin, spécialiste de l’industrie de l’armement, les profits immédiats générés par les entreprises françaises du secteur en Égypte et dans le Golfe participent aux morts d’aujourd’hui, comme ils préparent les guerres de demain.

La France est aujourd’hui l’un des principaux fournisseurs d’armes de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, deux États qui, depuis 2015, mènent une guerre meurtrière au Yémen. Depuis quand remonte cette relation entre l’industrie de l’armement française et les pays du Golfe ?

Tony Fortin Le rapprochement entre la France et les pays du Golfe a été graduel. Il y a eu quelques contacts après la Seconde Guerre mondiale, puis une première accélération s’est produite sous les présidences de Giscard et de Mitterrand. Le déploiement du GIGN à La Mecque en 1979, lors de la prise d’otages dans la grande mosquée, ouvre une brèche. Dans la foulée de cet événement, les ventes d’armes françaises augmentent de manière substantielle, avant que cela ne se tasse au milieu des années 1990 et ce, jusqu’à la fin des années 2000. En 2008, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, un nouveau coup d’accélérateur est donné. Ce dernier met en pratique la réflexion menée en amont lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, puis de l’Économie de Jacques Chirac. L’idée consiste à s’aligner sur les pays du Moyen-Orient en deux temps : tout d’abord, en installant une base militaire à Abu Dhabi en 2009 – base qui deviendra la vitrine de l’armement français au Moyen-Orient –, puis en faisant venir des entreprises directement sur place.

Quel intérêt ces entreprises françaises ont-elles à venir s’installer dans les pays du Golfe ?

Tony Fortin L’intérêt est d’abord d’ordre commercial. Être présent dans un pays qui s’affirme comme la puissance militaire la plus avancée de tout le Proche-Orient rapporte gros. Il y a un effet domino immédiat. Par exemple, quand Abu Dhabi achète à la France des Mark 3 Crotale – système antiaérien nouvelle génération –, Riyad s’est aussitôt positionné pour en acquérir. Thales, Airbus, Construction mécanique de Normandie ou encore Safran ont de suite compris l’intérêt d’avoir pignon sur rue. Cela se fait aussi sous forme de joint-venture. Thales vient récemment d’en créer un en Arabie saoudite avec CMI Defence, une entreprise belge spécialisée dans la construction de tourelles de tir pour de nouveaux blindés. On trouve aussi des sous-traitants, des petites boîtes peu connues mais essentielles au processus de construction, principalement des fabricants de composants, qui viennent aussi s’agréger aux grands groupes. L’autre avantage de cette délocalisation, c’est de produire le plus possible, de manière à échapper aux législations des pays européens dont les obligations de transparence sont théoriquement contraignantes. C’est le cas de l’entreprise Amesis, qui s’est installée à Abu Dhabi pour vendre ses technologies de surveillance à l’Égypte du maréchal Sissi. Lorsque vous possédez une filiale aux EAU, cela permet de vendre discrètement sans avoir besoin de demander l’autorisation de l’État français pour produire un élément ou une arme dans sa totalité. Vous dépendez des législations du pays dans lequel vous êtes implanté et, concernant l’Arabie saoudite et ou les Émirats, ce genre de législation est quasi nulle, voire absente. Du point de vue fiscal, enfin, l’opération est très intéressante, car vous n’avez pas non plus à vous soumettre au régime français.

Cette politique basée sur le profit immédiat ne peut-elle avoir à terme des conséquences sur l’indépendance de la France vis-à-vis de ces pays ?

Tony Fortin Le fait est que Paris est déjà dans une position de dépendance vis-à-vis de ces pays, qui, en 2018, représentaient quelque 60 % de son marché de l’armement. Cela entraîne de facto une complicité d’ordre politique qui débouche sur une perte réelle de souveraineté. Ces arrangements industrialo-financiers ont abouti à l’apparition de réseaux d’initiés. Par exemple, Luc Vigneron, ancien dirigeant de Thales, se trouve aujourd’hui à la tête du principal groupe émirati de défense, Emirates Defense Industries Company (Edic), qui s’est manifesté par le rachat de Manurhin, fleuron alsacien de l’armement français spécialisé dans la fabrication de machines pour la production de munitions. L’an dernier, les banques françaises et européennes ne se sont pas positionnées quand l’entreprise a été mise en redressement judiciaire, laissant la voix ouverte à Edic. En échange de tout cela, la France pense pouvoir gagner sa place dans le golfe d’Aden, qui est une zone stratégique majeure de transit de marchandises. « Je t’arme et tu me donnes accès à la mer Rouge… » Il s’agit donc d’un deal très construit. On comprend mieux aussi l’enchaînement de la guerre au Yémen, avec non seulement des ventes d’armes à l’Arabie saoudite qui se sont poursuivies malgré les appels d’ONG ou des Nations unies sur leur utilisation contre la population civile, mais aussi avec des contrats ad hoc dont on peut penser qu’ils ont été montés en vue de cette guerre au Yémen. On sait qu’on a demandé à des entreprises françaises d’adapter, en 2014-2015, les composants d’armes commandés vers 2011 aux EAU et à l’Arabie saoudite en fonction des conditions climatologiques du Yémen… Il y a donc un marché de la guerre pensé et réfléchi en amont et à peine caché, dans lequel l’Élysée a su s’engouffrer. On parle aujourd’hui de 16 références d’armes françaises utilisées par la coalition militaire arabe au Yémen.

L’industrie française de l’armement semble aussi s’être remarquablement adaptée – au mépris des valeurs de la République et des droits de l’homme – à un autre « marché » basé sur le flou d’une frontière de plus en plus ténue entre besoins militaires et policiers…

Tony Fortin La relation Paris-Le Caire est en cela un exemple frappant de ce business hybride. En 2012, à Eurosatory (Salon international de l’armement, voir l’Humanité du 13 juin 2018), lors d’une conférence de presse, les organisateurs ont expliqué sans rougir qu’il y avait une demande forte des polices du Moyen-Orient pour s’équiper en matériel militaire. Avec l’Égypte, il y a eu une augmentation exponentielle des ventes d’armes. On est passé de 40 millions d’euros de commandes en 2010 à 1,4 milliard d’euros en 2017 ! Il est aussi notable de remarquer – comme pour l’exemple des armes utilisées au Yémen – la très grande capacité des industriels français à s’adapter aux besoins de leurs clients. Par exemple, aujourd’hui, on ne fabrique plus de chars Leclerc parce qu’ils ne peuvent pas circuler dans les rues arabes. On a donc privilégié la fabrication de blindés Sherpa, qui ont été testés dans les rues du Caire lors des manifestations réprimées par le régime d’Al Sissi depuis sa prise de pouvoir après le coup d’État de juillet 2013. C’est aussi pour avoir su s’adapter à cela que les Français ont supplanté les Américains sur ce marché. La France a littéralement co-construit l’architecture du régime répressif d’Al Sissi et ce au moment même où le président égyptien subissait des critiques de la part des États-Unis. La France y a vu une opportunité. La même chose s’est produite avec Riyad. C’est au moment où Obama refusait de donner les images satellitaires du Yémen à l’Arabie saoudite que la France a profité de cette faille pour donner des photos au royaume wahhabite et s’ouvrir un espace qui dépasse le seul marché de l’armement. Pourquoi ? Parce que, lorsque vous achetez des chars à la France, vous achetez aussi un système de contrôle. Ces chars ne sont pas que des véhicules de destruction. Ils sont aussi munis de caméras qui permettent de voir à 8 kilomètres. Ils peuvent être reliés via une liaison numérique à un poste de commandement, recevoir des données numériques, des vidéos, des images de la population. Il s’agit donc d’outils de renseignement, de surveillance et de répression. La France a sciemment vendu à l’Égypte du matériel fabriqué par Amesis qui a permis de capter les conversations téléphoniques d’opposants au régime. Morpho, une autre entreprise française, a elle aussi vendu un système de fichage, de collecte et d’analyse biométrique à l’État égyptien qui constitue une interface de surveillance des populations. Paris a par ailleurs traité pour des satellites qui déclenchent des alertes chez les opérateurs de renseignement. Des contrats liés à la vente de drones de surveillance, qui peuvent aussi être armés, existent également. Mais l’Égypte n’est pas le seul pays à profiter du « savoir-faire » à la française. Des échanges extrêmement approfondis sur le sujet sécuritaire ont cours entre les États du Golfe et la France. Notre pays ne fait d’ailleurs pas que renseigner, il enseigne aussi. Des CRS sont régulièrement dépêchés en Arabie saoudite pour former les forces de police saoudiennes, de même que des forces spéciales pour des entraînements conjoints.

Cette politique opportuniste peut-elle durer encore longtemps ?

Tony Fortin Il est bien sûr difficile de se prononcer sur la durée de ce genre de relations bilatérales. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que cette politique de vente d’armes contribue d’abord et avant tout à la déstabilisation de régions entières, à la mort de dizaines de milliers de civils et au déplacement de millions d’autres. Ce genre de politique peut aussi fabriquer les guerres de demain, notamment dans la Corne de l’Afrique que les pays du Golfe tentent d’occuper avec l’aval de la France. L’Arabie saoudite, qui investit très fortement dans les ports de la mer Rouge, ne vient-elle pas d’installer une petite base militaire à Djibouti ? Dans un futur proche, un territoire allant de la mer Rouge au golfe de Guinée peut devenir le terrain de jeu meurtrier de pays aux intérêts divergents. Cette course à l’armement nous mène donc dans une impasse, où la France s’expose à des accusations de complicité liées à des crimes de guerre. Ce qui ne semble pas affecter l’Élysée qui, malgré l’arrivée d’un nouveau président, persiste et signe sur sa politique à court terme dans le Golfe, avec néanmoins des nuances notables concernant les acteurs. Qui sait, par exemple, que depuis 2017 le Koweït est devenu le premier client de la France en matière d’armement ? Un contrat pour des blindés Sherpa est en cours, de même qu’une commande pour des hélicoptères Caracal. Ce nouveau marché koweïtien est une manière discrète de continuer à pourvoir du matériel de guerre à la coalition arabe via la plateforme des pays du Golfe. Cela met en lumière un système de mutualisation qui sert au même objectif. Ce matériel militaire pourra être prêté aux Émirats arabes unis ou à l’Arabie saoudite dans le cas de conflits à venir et ce au nom de leurs propres objectifs militaires. Pour la France, le marché koweïtien est donc une manière d’aménager des sas par lesquels elle peut vendre ses armes sans que cela éveille les soupçons des quelques rares institutions qui tentent de réguler ce marché. En outre, le Koweït est, en plus d’Abu Dhabi, une base arrière des Forces spéciales engagées au Yémen.

Des contre-feux en France peuvent-ils encore freiner cette machine infernale ?

Tony Fortin C’est peut-être cela le plus inquiétant. La classe dirigeante française refuse de faire naître tout débat sur le sujet. On a un système très centralisé qui tourne autour de la figure du président de la République, qui concentre tous les pouvoirs. C’est lui qui donne le « la » dans le domaine des ventes d’armes, comme dans celui des opérations françaises extérieures (opex). Créer les conditions du débat pour infléchir cette politique mortifère serait pourtant salutaire. En ce sens, le combat des gilets jaunes est révélateur du manque de démocratie qui étouffe notre pays. Nous sommes dans un contexte où tout le monde est conscient du déficit démocratique lié au fonctionnement d’une Ve République à bout de souffle. Dans le cas de la France, seule une démocratisation de la vie publique et de l’État pourra permettre de revenir à un peu plus de raison en matière de diplomatie de l’armement.

Tony Fortin

Chercheur à l’Observatoire des armements

Entretien réalisé par Stéphane Aubouard
Au Proche-Orient, Paris vend des armes et de la surveillance (le chercheur Tony Fortin interviewé par Stéphane Aubouard, L'Humanité, 27 février 2019)
Partager cet article
Repost0
1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 05:30

COMMUNIQUE DE PRESSE

Soutien aux mobilisations populaires et pacifiques algériennes

En Algérie, depuis plusieurs jours, des manifestations populaires pacifiques s'organisent, s'amplifient et s'étendent à travers le pays, suite à l'annonce le 10 février de la candidature du président sortant, Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat.

Étudiants, lycéens ont été les premiers à protester rejoints aujourd'hui par une grande partie de la population de tout âge, dont de nombreuses femmes.
Il faut remonter à la fin des années 80 pour trouver une contestation de cette ampleur et sa généralisation dans tout le pays.
La jeunesse algérienne et de nombreux algériens contestent le maintien du président actuel qui n'est plus en état d'exercer son mandat mais aussi le régime en place.
Ensemble, ils rejettent les politiques économiques menées, l'usage de la rente pétrolière, le chômage, la corruption et l'aggravation des inégalités.
Ils aspirent aussi à la démocratie et au respect de leur dignité de citoyen.

L'Algérie est un pays jeune où près d'un algérien sur deux a moins de 25 ans. Cette jeunesse veut avoir son mot à dire sur son avenir et celui de leur pays.
Le Parti communiste français exprime son soutien et sa solidarité avec ces manifestations populaires et pacifiques, avec les Algériens et Algériennes qui, en Algérie et en France, se mobilisent pour la justice et le progrès social, la démocratie et la dignité.

Parti communiste français


Paris, le 1er mars 2019

Soutien aux mobilisations populaires et pacifiques algériennes - PCF, 1er mars 2019
Partager cet article
Repost0
28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 19:15
Centre de rétention administrative de Rennes : visite de la sénatrice Christine Prunaud

Visite politique ce jeudi, au Centre de rétention administrative de Rennes. La sénatrice communiste des Côtes-d'Armor, Christine Prunaud a profité de son statut de parlementaire pour pousser les portes de ce centre, où sont "retenus" les étrangers en situation irrégulière.

Par Krystell Veillard


Le centre de rétention administrative de Rennes, ouvert en 2008, avec 56 places, est un des 24 centres du genre en France. C'est la première fois, que Christine Prunaud, la sénatrice des Côtes d'Armor pénètre dans ce type d'établissement. Elle y rencontre un homme, arrêté le matin à l'aéroport de Lorient. Pour avoir refusé de retourner en Guinée, il a été placé au centre de rétention adminstrative. 
 

De plus en plus d'étrangers à passer par le Cra de Rennes


La moyenne d'âge est de 28 ans dans le centre, où beaucoup des étrangers présents, sont originaires d'Afrique du nord. En 2018, 1179 personnes sont passés dans ce centre, c'est 10% de plus que l'année précédente ; et depuis fin 2017, les chiffres sont en augmentation. Selon la Cimade, l'Etat aurait donné des instructions pour renforcer les placements, après le double meutre à la gare Marseille -Saint-Charles en octobre 2017.
 

Durée plus longue des rétentions


Le nombre d'expulsions des personnes placées dans le Centre, tourne effectivement autour de 20 %. Ce pourcentage reste stable en revanche l'allongement de la durée de rétention est passée de 45 à 90 jours.
 

A quoi servent ces centres ?


A la fin de la visite la sénatrice s'interroge toujours, sur la raison d'être de ces centres.  Une visite qui la conforte dans son idée de leur suppression. "Il faut simplement qu'il y ait un accueil plus large, plus digne au niveau du gouvernement, organisé par les départements, les régions, mais bon sang, on est capable d'accueillir tous ces réfugiés !" conclut-elle. Elle va désormais pouvoir compléter son rapport sur les migrants.
 

Le reportage à Saint-Jacques de la Lande (35) de Catherine Carlier, Lionel Bonis et Jean-François Barré


A la fin de la visite la sénatrice s'interroge toujours, sur la raison d'être de ces centres.  Une visite qui la conforte dans son idée de leur suppression. "Il faut simplement qu'il y ait un accueil plus large, plus digne au niveau du gouvernement, organisé par les départements, les régions, mais bon sang, on est capable d'accueillir tous ces réfugiés !" conclut-elle. Elle va désormais pouvoir compléter son rapport sur les migrants.

Partager cet article
Repost0
28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 16:58
  Nous saluons la libération de la députée palestinienne FPLP Khalida Jarrar (Laurence Cohen, PCF)
  Nous saluons la libération de la députée palestinienne FPLP Khalida Jarrar (Laurence Cohen, PCF)

  Nous saluons la libération de la députée palestinienne FPLP Khalida Jarrar, militante féministe incarcérée sans motif depuis plus de 20 mois, une détention administrative sans charges et sans jugement!

Laurence Cohen - PCF

28 février 2019

PALESTINE / Khalida Jarrar a été libérée après 20 mois de détention administrative (PCF)

Le PCF se réjouit de cette nouvelle qui lui permettra d’aller enfin se recueillir sur la tombe de son père mort pendant sa détention illégale. Mais cette bonne nouvelle ne doit pas nous faire oublier ceux, hommes, femmes et enfants, qui chaque jour continuent de remplir les prisons israéliennes sans que bien souvent des charges ne soient retenues contre eux et qu’aucun procès n’ait lieu.
Les palestiniens ne peuvent pas continuer à vivre sous la menace permanente de l’arbitraire israélien qui colonise, emprisonne, humilie, tue.
Nos efforts ne doivent pas faiblir pour accompagner les revendications du peuple palestinien qui demande le droit de vivre dans un État viable sur les frontières de 1967 reconnues par l'ONU et toute sa souveraineté.
La France doit absolument reconnaître l’État de Palestine.

  Nous saluons la libération de la députée palestinienne FPLP Khalida Jarrar (Laurence Cohen, PCF)
Partager cet article
Repost0
28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 16:31
Avec Ian Brossat, taxons les grosses fortunes!

Les 8 personnes les plus riches de France possèdent autant que les 30% des français les plus pauvres.

Trop c’est trop.

Ian Brossat a décidé de proposer une taxe ‘Robin des Bois’ pour taxer à 80% les revenus qui excèdent 10.000€ par mois.

Le montant cumulé des 500 plus grosses fortunes de France atteint cette année le record de 650 milliards d'euros! 

Mais ce sont les aides sociales des pauvres qui leur coûtent un pognon dingue. 

"C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches"

(Victor Hugo, L'homme qui rit)

Le Figaro, Guillaume Poingt, 27 février:

" Adjoint d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris et tête de liste communiste aux élections européennes, Ian Brossat propose une nouvelle tranche d'imposition, à 80%, pour les Français gagnant plus de 10.000 euros par mois.

Revenue sur le devant de la scène avec la crise des «gilets jaunes», la question de la fiscalité donne lieu à des propositions tous azimuts. Dernière en date: une taxe «Robin des bois», proposée par l'élu communiste Ian Brossat. Dans une tribune publiée mardi par Libération , l'adjoint à la maire de Paris - et tête de liste communiste aux élections européennes -, propose une tranche d'imposition à 80% pour les Français gagnant plus de 10.000 euros par mois, c'est-à-dire les 1% des Français les plus riches. Invoquant la justice fiscale, il explique: «Lorsqu'on gagne gros, on paye gros; lorsqu'on gagne petit, on paye petit».

Plus spécifiquement, l'élu communiste propose de créer quatre nouvelles tranches d'imposition supplémentaires. Objectif: «alléger le poids fiscal aujourd'hui supporté par les classes moyennes» et «faire davantage contribuer les Français les plus fortunés à la République». Parmi ces quatre nouvelles tranches de l'impôt sur le revenu, il y aurait donc une tranche «Robin des bois», avec un taux à 80% qui s'appliquerait sur la partie des revenus qui excède 10.000 euros (et non pas sur la totalité des revenus). Concrètement, si cette proposition était appliquée, une personne gagnant par exemple 15.000 euros par mois serait taxée à 80% sur la somme de 5.000 euros: elle devrait ainsi payer 4.000 euros d'impôts sur cette somme.

La proposition de Ian Brossat reprend les arguments d'une tribune de l'économiste Thomas Piketty parue en 2009. Dans cette tribune, l'économiste expliquait que «la taxation confiscatoire des revenus exorbitants est non seulement possible économiquement, mais souhaitable». Thomas Piketty citait notamment l'exemple des États-Unis où le taux de l'impôt fédéral sur le revenu applicable aux plus riches avait atteint 91% en 1941, sous la présidence de Roosevelt, ou encore l'exemple de la France où le taux supérieur a atteint 90% pendant l'entre-deux-guerres, avant de se stabiliser à 70% durant les Trente Glorieuses."

Avec Ian Brossat, taxons les grosses fortunes!
Partager cet article
Repost0
28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 16:18
Conférence d'Alain Mila à Quimper sur la Retirada le 27 02 2019 : 1939-2019: quelle attitude adoptons-nous face aux Réfugiés? - Compte rendu Yvonne Rainero
Conférence d'Alain Mila à Quimper sur la Retirada le 27 02 2019 : 1939-2019: quelle attitude adoptons-nous face aux Réfugiés? - Compte rendu Yvonne Rainero
Conférence d'Alain Mila à Quimper sur la Retirada le 27 02 2019 : 1939-2019: quelle attitude adoptons-nous face aux Réfugiés? - Compte rendu Yvonne Rainero
Conférence d'Alain Mila à Quimper sur la Retirada le 27 02 2019 : 1939-2019: quelle attitude adoptons-nous face aux Réfugiés? - Compte rendu Yvonne Rainero

Public nombreux, diversifié, intéressé pour la conférence d'Alain Mila à Quimper sur les réfugiés espagnols dans le Finistère en 1939.
Des passeurs de mémoire, certains membres d'associations comme l'ANACR, des descendants de familles de réfugiés, d'autres dont les parents ou grands-parents s'étaient engagés pour leur venir en aide, des militants de la solidarité d'aujourd'hui qui participent à des associations d'aide aux migrants.
Il fut question d'histoire, le débat fut parfois vif mais toujours courtois, de valeurs partagées, du refus de l'Europe-forteresse, de la politique migratoire de la France.
On évoqua la non-intervention du gouvernement Blum, qui a pesé lourdement sur le destin de l'Espagne; le rôle de la compagnie France-Navigation dans la solidarité à la République espagnole, les marins bretons y ont été nombreux, comme Jean Le Brun qui fut après la guerre maire communiste du Guilvinec, ou Christophe Guillou qui y avait aussi navigué à 19 ans et dont le fils était présent; les brigades internationales (au moins 240 Bretons y ont été recensés) avec la grande figure d'Henri Rol-Tanguy, né à Morlaix; la chute de la République, l'accueil des réfugiés de la Retirada, entre 450000 et 500000 arrivés en France en 1939, l'organisation de la solidarité, le rôle du parti communiste, de ses maires comme le marin-pêcheur Marc Scouarnec au Guilvinec et de ses militants, avec la CGT, le Secours Rouge, d'autres encore, socialistes, chrétiens; il fut aussi question de l'internement des combattants de l'armée républicaine, tel le père d'Alain Mila, dans des camps : Argelès, Gurs..., de la continuité pour beaucoup du combat contre le fascisme, de l'Espagne à la Résistance française, notamment dans les rangs des FTP-MOI, Alain Mila signalant que les compétences des républicains espagnols dans le maniement des explosifs avaient servi aux cheminots français résistants ; des pages sombres de l'histoire de la région furent évoquées, comme l'internement à Poulgoazec en juin 1940 sous surveillance d'un officier français , dans le même lieu qui avait servi à héberger les réfugiés espagnols, d'intellectuels juifs ayant fui le nazisme ( le scénariste de cinéma Léo Lania, le philosophe Paul-Louis Landsberg...) au prétexte qu'ils étaient Allemands ou Autrichiens, ils purent heureusement s'en évader à la faveur du désordre provoqué par l'approche des troupes allemandes; ou encore le camp d'internement de Lanniron à Quimper où se succédèrent 15000 soldats "coloniaux" de l'armée française, les nazis ne voulant pas sur leur sol de prisonniers "de couleur"...
A l'issue de cette conférence-débat, Alain Mila fut applaudi et plusieurs dizaines de livres furent dédicacés.
Les communistes quimpérois sont fiers d'avoir organisé cet échange, dans la continuité des engagements de ceux qui les ont précédés, notamment en 1939 où l'aide aux réfugiés espagnols fut organisée dans notre ville par un comité animé par Julien Gracq, alias Louis Poirier, jeune prof du lycée La Tour d'Auvergne et l'un des responsables de la section PCF de Quimper en 38-39.
Et merci encore à Alain Mila !
Merci aussi à Caro et Jean-Claude pour les photos.

Yvonne Rainero - secrétaire de section du PCF Quimper

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011