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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 06:44
la famille Perper arrêtée à Plounéour-Menez: Ihil, Roza, Odette, Sonia, un destin tragique parmi les 76 000 déportés Juifs déportés de France reconstitué par Marie-Noëlle Postic.

la famille Perper arrêtée à Plounéour-Menez: Ihil, Roza, Odette, Sonia, un destin tragique parmi les 76 000 déportés Juifs déportés de France reconstitué par Marie-Noëlle Postic.

Lire aussi: 

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

 

Persécutions et déportations des juifs du Finistère

« Sur les traces perdues d'une famille juive en Bretagne » (Coop Breizh, 2007)

Marie-Noëlle Postic, dans un livre rare et attendu, une enquête passionnée et méticuleuse, reconstitue dans cet essai paru chez Coop Breizh en 2012 le destin terrible d'Ihil Perper, médecin juif d'origine roumaine, 34 ans, exerçant à Plounéour-Ménez, avec sa femme Sonia, originaire de Bessarabie aussi, leurs filles Roza et Odette, et leur nourrisson Paul, arrêtés par la gendarmerie de Morlaix sur ordre des autorités allemandes dans la nuit du 9 au 10 octobre 1942. M. Diebolt sur initiative de la Gestapo de Paris donna l'ordre d'arrêter 11 juifs, dont Ihil Perper. Ce sont huit familles qui sont arrêtées les 9 et 10 octobre dans le Finistère : Adolphe et Rosa Menner, ainsi commerçants brestois, réfugiés à La Roche-Maurice, la famille Perper, Benjamin et Ella Segaler de Plouénan, David Selinger, ancien propriétaire du magasin de fourrure « L'Ours Blanc » à Morlaix, Ella Fried, artiste peintre résidant à Beuzec-Conq, Eugénie Krouto, la famille Sternlicht, domiciliée à Huelgoat.

Ces arrestations font suite à la rafle du Vel'd'Hiv des 16 et 17 juillet 1942 planifiée par le secrétaire général de la police au ministère de l'Intérieur, Bousquet : 8 160 arrestations à Paris (13 152 pendant tout le mois de juillet 1942). Le 22 août 1942, Bousquet adressait un télégramme aux préfets de région : « Le chef du gouvernement tient à ce que vous preniez personnellement en main le contrôle des mesures décidées à l'égard des israélites étrangers (…) D'autre part dans les jours qui suivront l'opération projetée, je vous demande de faire procéder à des vérifications d'identité extrêmement sévères afin de libérer totalement votre région de tous les Juifs étrangers ».

Le 8 juillet 1942, le sous-préfet de Brest avait adressé un télégramme « confidentiel » au préfet du Finistère : « J'ai l'honneur de vous informer qu'au cours de la conférence tenue ce matin à mon cabinet, M. Guillet, commissaire de police, chef de la sûreté à Brest, m'a fait connaître qu'il avait été avisé par la police des Autorités d'Occupation que tous les Juifs de 16 à 45 ans, des deux sexes, seraient arrêtés dès demain ».

L'horreur dissimulée dans la langue policée de l'administration. Marie-Noëlle Postic nous fait redécouvrir à partir des archives la complicité de l'administration, de la police et de la gendarmerie, de l'ordre des médecins, des maires désignés par Vichy, des journalistes de la presse collaborationniste (Dépêche de Brest en tête), dans les persécutions antisémites.

Les persécutions contre les Juifs en France ont procédé par étapes, selon une logique inexorable de progression dans l’infamie, elles procèdent autant d'un plan de l'extrême-droite française qui parvient au pouvoir avec le Maréchal Pétain, et qui était déjà violemment xénophobe et antisémite dans les années 20-30, que d'une commande nazie.

Le 16 août 1940, l'exercice de la médecine est interdit aux étrangers. Cette mesure vise aussi et peut-être d'abord les juifs d'origine étrangère, comme Ihil et Sonia Perper, juifs roumains qui ont fuit les persécutions antisémites du régime fasciste en place en Roumanie en 1927 et ont étudié la médecine à la faculté de Nancy avant qu'Ihil s'installe à Brasparts comme médecin en 1935. Dans le Finistère, le docteur Max Garfinkel, d'origine russe mais français par mariage, qui dirige le Sanatorium de Guervenan à Plougonven, ne sera interdit d'exercice qu'en août 41, où les Juifs de nationalité françaises sont aussi interdits de profession médicale. Le docteur Garkinkel est défendu par le Sénateur qui préside le conseil de surveillance de l'hôpital qui proteste de ses bons états de service pour mater le personnel syndiqué à la CGT échauffé par les élus du Front Populaire et remettre de l'ordre dans l'établissement !

Le 27 septembre 1940 commence le recensement des juifs, c'est à dire, selon ce statut raciste, tous ceux qui ont deux grands-parents juifs au moins.

Le 28 février 1941, on recense les juifs étrangers et on établit un fichier qui sera très utile plus tard pour arrêter et déporter les juifs étrangers.

Le 26 avril 1941, les juifs sont interdits d'exercer toute profession commerciale et des administrateurs provisoires sont chargés d'aryaniser les affaires et commerces des Juifs. David Selinger qui a un magasin de vêtements dans la rue Gambetta à Morlaix (« L'ours blanc ») verra ainsi son magasin vendu de manière contrainte à vil prix, récupéré par un profiteur, un commerçant brestois, tandis que ses avoirs et son argent en banque sera bloqué quelques semaines plus tard (loi du 22 juillet 1941 sur le gel des avoirs des juifs). Tout est fait pour affamer les Juifs de France, les réduire à la misère avant de les déporter.

Le 7 février 1942, interdiction est faite aux Juifs de sortir de leur domicile entre 20 h et 6 heures du matin.

Et le 29 mai 1942, la 8e ordonnance allemande rend le port de l'étoile jaune obligatoire. A cette occasion, le vicaire de l'église Saint-Mathieu à Morlaix intervient en faveur d'Emeric Korn, juif d'origine hongroise, peintre en bâtiment, très bon ailier au Stade Morlaisien, en le défendant en ces termes : « M. Korn, jeune marié et père de deux enfants, appartient à une catégorie d'artisans (…) dont l'existence humble et droite se passe en dehors de toutes les ambitions et combinaisons plus ou moins douteuses. Mobilisé au 71e régiment d'infanterie, il a accompli son devoir avec modestie et courage et ne mérite aucunement d'être assimilé à des coreligionnaires avec lesquels il a perdu tout contact et dont il n'a jamais pratiqué la religion ». Le commissaire général aux questions juives refusera d'exempter Emeric Korn du port de l'étoile jaune et finalement, le 10 septembre 1943, Emeric Korn quittera Morlaix pour une destination inconnue.

Il ne fera donc pas parti des Juifs finistériens déportés à la suite d'une arrestation dans le département où après l'avoir quitté. 46 Juifs finistériens au moins selon Marie-Noëlle Postic ont été déportés : 14 hommes, 19 femmes, 3 jeunes de moins de 19 ans, et 10 enfants de moins de 15 ans, parmi eux 1/3 de déportés juifs de nationalité française, 2/3 de déportés juifs de nationalité étrangère. Sur ces 46 déportés, deux survivront seulement : Judith Segoura et Hedwig Arnstein.

Pour l'année 1942, 14 Juifs finistériens sont déportés à Auschwitz à partir de Drancy : Ella et Benjamin Segaler, David Selinger, le fourreur de Morlaix, Jacob et Eugénie Krouto, Rosa et Adolphe Menner, Ella Fried, Jeanne et Marylise Khan arrêtés à Angers, Herta Zand, coiffeuse à Brest, Feigel et Liliane Bernstein, Joseph Levy, jeune brestois de 17 ans.

Toutes les personnes arrêtés en même temps que les Perper seront déportés par le convoi 40, du 4 novembre.

En 1943, ce sont 14 Juifs finistériens qui sont déportées, 8 à Auschwitz, et 6 à Sobidor, dont la famille Perper.

Dans les premiers mois de 1944, 18 personnes, Juifs finistériens, seront déportées à Auschwiz , d'abord le 20 janvier, dont la jeune Esther Levy, née à Constantinople, couturière à Morlaix, les marchands ambulants Jacques et Judith Signura (nés à Smyrne en Turquie grecque) d'Ergue Armel, Carmona Gerson de Landerneau, la commerçante brestoise Marie Rosenbaum, la famille Hervé de Treboul et la famille Gabaï de Quimper.

« Ces adultes déportés, commente Marie-Noëlle Postic, sont commerçants, marchands, ambulants, coiffeuses, horloger, architecte, fourreur, tricoteur, artiste peintre, comptable, couturières, antiquaire, ouvrière en fourrure, médecin, ils n'occupent pas « des postes assez importants dans le commerce, la banque pou l'industrie » comme l'écrit le rédacteur de l'Heure bretonne, (le journal des autonomistes collaborateurs bretons), ils sont simplement représentatifs de la société urbaine française de l'époque ».

« Il est frappant de noter, ajoute plus loin Marie-Noëlle Postic, que l'on retrouve pour le Finistère, département comptant fort peu de Juifs, environ les mêmes pourcentages d'arrestations et de déportations (un peu plus d'un quart de la communauté) et de survivants des camps (environ 4 % des déportés) qu'à l'échelle nationale ».

La famille Perper sera gazée au camp d'extermination de Sobibor après avoir été gardée 5 mois à partir du 15 octobre 1942 à Drancy, qui servit de camp de transit et de concentration pour 67 000 juifs de France avant leur déportation.

Quelque temps avant son arrestation, le fils de gendarme et résistant Jean Kerdoncuff avait tenté d'alerter le docteur Perper sur les risques d'arrestation qu'il encourait, lui indiquant des caches à Commana et Saint-Sauveur. Mais le docteur Perper se sentait relativement à l'abri et en sécurité dans le bourg excentré de Plounéour-Ménez.

« Ces mêmes 9 et 10 octobre 1942, plusieurs personnes sont arrêtées à Brest, Plouénan, Morlaix, Beuzec, Douarnenez ; seize selon le chef d'escadron Sauts, commandant de la gendarmerie du finistère, rompant compte au préfet du département de l'exécution de sa mission ».

En 1939, selon les recherches de Marie-Noëlle Postic, les français ou étrangers d'origine juive étaient au nombre de 142 dans le Finistère : 6 dans l'arrondissement de Châteaulin, 16 dans celui de Morlaix, 80 dans l'arrondissement de Brest. Le journal collaborationniste de Yann Fouéré La Bretagne de juillet 1942 avance le chiffre de 151 pour le Finistère, celui des cinq départements bretons (Finistère, Côtes-du-Nord, Ille-et-Vilaine, Morbihan et Loire-Inférieure) s'élevant à 1437.

Coop Breizh, 2007, 12,50€

Coop Breizh, 2007, 12,50€

Une enquête remarquable et plus exhaustive de Marie-Noëlle Postic, publiée en 2013 (13,90€ chez Coop Breizh)

Une enquête remarquable et plus exhaustive de Marie-Noëlle Postic, publiée en 2013 (13,90€ chez Coop Breizh)

Emeric Korn, juif hongrois du Stade Morlaisien persécuté pendant l'occupation mais qui parviendra à s'enfuir (Marie-Noëlle Postic, Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014)

Emeric Korn, juif hongrois du Stade Morlaisien persécuté pendant l'occupation mais qui parviendra à s'enfuir (Marie-Noëlle Postic, Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014)

Interview de Marie-Noëlle Postic, Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014

Interview de Marie-Noëlle Postic, Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014

Alfred Le Guellec et Augustine Le Guellec, justes de Douarnenez (Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014)

Alfred Le Guellec et Augustine Le Guellec, justes de Douarnenez (Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014)

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 06:42
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944

Dans les exemplaires des Télégramme de Brest et de l'Ouest du mardi 26 décembre 1944 et du mardi 27 décembre (archives Pierre Le Rose), un journal départemental de deux pages recto verso (40 cm sur 30 cm) avec des articles et annonces bien tassées, toutes les nouvelles du département réunies en même temps, avec le sport au verso, voici un article en feuilleton que nous faisons redécouvrir au lecteur du Chiffon Rouge sur l'épisode tragique de la détention des otages morlaisiens un an plus tôt, le 26 décembre 1943, otages qui étaient toujours déportés à Buchenwald et dans les camps de concentration des régions contrôlées par le Reich alors que notre région était libérée de l'occupant.

Cet article est d'autant plus poignant que les familles, amis des Otages et les Morlaisiens ne savent pas où ils se trouvent ni s'ils sont encore vivants. Bien sûr, nous laissons à l'auteur de l'article son appréciation sur l'inutilité de l'attentat, c'était aussi l'avis de la presse collaboratrice et conservatrice avant la Libération, et d'une grande partie des Morlaisiens, évidemment, surtout compte tenu du prix exorbitant payé avec la violence de la répression, mais la lutte armée et le harcèlement contre l'occupant avaient aussi une utilité dans la Résistance, évidemment, même si le prix à payer fut très lourd, pour les résistants, les otages. 

 

Le 26 décembre 1944, Télégramme de Brest et de l'Ouest:

Anniversaire d'un Noël Tragique:

Il y a un an, les Allemands prenaient 60 otages à Morlaix et les déportaient

Heureux ceux qui vont pouvoir passer chez eux, en famille, ce premier Noël à la Libération. Que ces privilégiés pensent aux absents: aux soldats qui sont tombés pour leur pays, aux prisonniers, aux combattants de tous les fronts, aux déportés civils qui, souvent, sans raison, ont été arrachés à leurs foyers; aux infortunés sinistrés de nos villes martyres.

Nous ne saurions laisser passer ce Noël 1944 sans évoquer le sort malheureux des otages morlaisiens que les boches arrêtèrent le 26 décembre 1943, après avoir semé la terreur dans toute notre ville.

UNE GRENADE EXPLOSE

On se souvient que le 24 décembre 1943, vers 20h30, un inconnu lança de la rue Gambetta une grenade qui fut jetée dans les salons Quiviger, rue de Brest, siège du "Soldatenheim". Six militaires allemands furent blessés.

C'était un attentat absolument inutile, qui fut et qui est encore sévèrement critiqué.  

Il amena de la part des boches, des représailles tout à fait disproportionnées avec la gravité des faits. Ne pouvant découvrir le coupable de l'attentat, qui se réduisait, somme toute, à peu de chose, les nazis, selon leur méthode habituelle, s'en prirent à toute la population; ils frappèrent des innocents. 

Le 26 décembre, au matin, de nombreux S.S et parachutistes allemands, armés jusqu'aux dents, se répandirent dans les rues de Morlaix. Ils opéraient sous les ordres du capitaine Kruger, chef de la Gestapo de Rennes.

Dès 7 heures, les soldats teutons se firent ouvrir à coups de crosses de fusils et à coups de bottes les portes des maisons de la rue de Brest. Les soudards perquisitionnèrent ainsi dans toutes les maisons, emmenant les hommes et les jeunes gens de 16 à 40 ans, avec leur poste de TSF, lorsqu'ils en possédaient un.

Vers 8h30, les soldats allemands s'introduisirent chez Me Le Hire, avocat, rue Gambetta. Ils prétendirent, dit-on, y avoir trouvé quelques cartouches de chasse. En spécialistes, ils mirent le feu à l'immeuble, sans permettre à ses occupants d'emporter le moindre objet. Ils interdirent aux pompiers de combattre le sinistre et arrêtèrent Me Le Hire, Mlle Le Hire et son fiancé. 

Le fiancé de Mlle Le Hire fut relâché, mais Me Le Hire, bien que malade, et sa fille, furent emprisonnés: l'un pendant, près de deux mois, l'autre, durant quelques semaines.

Pendant ce temps, la rafle se poursuivait dans le centre de la ville: rue Gambetta, rue Carnot, rue du Mur, rue d'Aiguillon, Grand'Rue, rue de Paris, rue Basse, rue Haute, Place Emile Souvestre, Thiers, Cornic, de Viarmes, etc.

LA RAFLE

Dans toute la ville, c'était un défilé continuel d'otages, se rendant avec leurs appareils de TSF au lieu de rassemblement, place Thiers, sous la garde de soldats armés de mitraillettes ou de fusils, baïonnette au canon. 

Prévenus à temps, des jeunes gens, des hommes susceptibles d'être arrêtés, réussirent à s'enfuir ou se cacher.

Vers midi, près de 600 hommes se trouvaient entassés dans les abris de la place Thiers. Il était interdit de s'approcher d'eux.  (à suivre)

Le 27 décembre 1944, Télégramme de Brest et de l'Ouest:

Tous les hommes arrêtés passèrent alors individuellement devant le capitaine Kruger qui, après les avoir interrogés et après avoir examiné leur identité, les répartit en trois groupes: à droite, ceux qui allaient être libérés; à gauche, les otages, et au centre, ceux qui étaient tenus en réserve comme otages supplémentaires, en cas de besoin. 

L'officier de la Gestapo fixait son choix avec une brutalité et une morgue révoltantes. Il désigna M.Petit, parce qu'il n'était pas rasé et qu'il exerçait la proffesssion de coiffeur! Il relâcha tous les hommes qui étaient employés dans des entreprises travaillant pour l'armée allemande. 

60 OTAGES INNOCENTS

Finalement 60 jeunes hommes furent retenus comme otages. Il y avait parmi eux 30 ouvriers ou employés appartenant à des entreprises privées et 30 étudiants, commerçants, fils de commerçants, etc. Deux de ces otages, les jeunes Caën et du Rusquec, étaient des enfants de 16 ans. 

Le capitaine Kruger pris encore cinq autres otages qui classa à part et à qui il fit mettre les menottes.

Les appareils de TSF des otages furent confisqués. Tous les autres hommes arrêtés furent relâchés et remportaient leurs postes.

Parmi les otages, se trouvait M. le docteur Mostini, ancien prisonnier de guerre libéré. C'est à lui que nous avons demandé de nous relater les évènements qui vont suivre: 

A 13h30, nous dit le docteur Mostini, on nous a fait mettre en rangs pour monter au terrain d'aviation de Ploujean. Rendus au camp, on nous a mis dans une baraque, sur deux rangs, gardés par des Allemands armés de mitraillettes. Nous sommes restés debout trois heures durant. On nous avait prévenus que nous étions prisonniers et que toute tentative d'évasion serait sévèrement punie. J'ai alors été désigné comme responsable du groupe. En ma qualité de médecin, j'ai demandé que soit libérés 4 ou 5 otages qui étaient malades et dont l'un d'eux avait eu une crise d'asthme, en venant à l'aérodrome, mais ma proposition a été rejetée. (...)"   

 

 

 

 

Louis Le Gros  Morlaix a payé un très lourd tribut au nazisme et à la politique de collaboration de Vichy, avec la déportation dans les camps de concentration et d'extermination d'un peu plus de 100 morlaisiens, dont 57 qui y trouvèrent la mort, souvent à un très jeune âge, qu'ils aient été résistants ou otages raflés au hasard.

Louis Le Gros Morlaix a payé un très lourd tribut au nazisme et à la politique de collaboration de Vichy, avec la déportation dans les camps de concentration et d'extermination d'un peu plus de 100 morlaisiens, dont 57 qui y trouvèrent la mort, souvent à un très jeune âge, qu'ils aient été résistants ou otages raflés au hasard.

La mémoire de Morlaix retient le souvenir des cinquante-neuf otages raflés le 26 décembre 1943 et déportés par les Allemands après l'attentat contre le foyer du soldat allemand dans les salons Quiviger rue de Brest dans la nuit du 24 décembre 1943.

Voici à propos de ce sinistre événement le récit d'Yves Tanné, un des déportés morlaisiens survivants, recueilli par Danielle Ropars:

« Le soir de Noël 1943, j’ai voulu me rendre chez des amis à Morlaix et partager avec eux, pour célébrer cette fête comme il se doit, la charcuterie confectionnée avec le cochon que nous venions de tuer au Kermeur. J’étais donc à Morlaix le 24 décembre, lorsqu’un attentat eut lieu contre le Foyer du Soldat, situé dans les anciens salons Quiviger, rue de Brest. Une grenade, jetée de la rue Gambetta, traversa la verrière et explosa au milieu de la piste de danse. En représailles, le 26 décembre au matin, les Allemands organisent une rafle et arrêtent tous les hommes valides, âgés de 15 à 40 ans. Parmi les 500 personnes arrêtées, ils choisissent, au hasard, 60 otages. Comme je n’avais pas de papiers, j’ai tout de suite été retenu. Nous avons été parqués entre la Mairie et le port de Morlaix, conduits à pied vers le terrain d’aviation, où nous avons été enfermés dans un grand hangar. Le docteur Mostini est nommé par les Allemands responsable du groupe, ce qui nous retient de nous échapper, car il serait immédiatement fusillé. Le 2 janvier 1944 au matin, des camions nous conduisent à la gare, par la rue Gambetta, où toute la population s’est rassemblée pour nous dire au revoir. Nous sommes jetés dans des wagons à bestiaux, une vingtaine par wagon, les portes sont poussées et fermées, le train siffle et c’est le départ pour une destination inconnue »

(Morlaix Tu-pe-tu, http://www.danielleropars.com/la_rafle.html).

On est début 1944, un an et quelques mois plus tard (trois ou quatre) seront libérés les prisonniers suppliciés des camps de concentration nazis. Mais chaque semaine est une épreuve dans les conditions de vie infernales où ils ont été plongés par les nazis et trente-quatre déportés de cette rafle sur cinquante-neuf ne reviendront pas des camps de concentration.

Cinq otages morlaisiens déportés étaient parvenus à s'enfuir le 22 janvier 1944 lors du transport vers l'Allemagne dans un convoi qui amenait 2005 prisonniers de Compiègne vers Buchenwald. Au cours de ce transport, quatorze prisonniers en tout parvinrent à s'enfuir à Vitry-le-François (51), Blesme (51) et Revigny (55).

Les évadés finistériens du transport parti le 22 janvier 1944 de Compiègne étaient le docteur Georges Mostini, 33 ans, Marcel Bricaud, 21 ans, Jean Cozanet, 27 ans, François Le Bail, 22 ans, Jacques Le Flamand, 20 ans.

Voici le récit, publié par Danielle Ropars, que Yves Tanné fait de ce voyage atroce entre le camp de transit de Compiegne et Buchenwald dans un wagon à bestiaux :

« Le train nous conduit à Compiègne, où convergent les trains venant de toute la France et d’où partent ceux qui emmènent les déportés vers les camps de concentration. Là, j’ai demandé le motif de mon arrestation. Réponse : élément anti-allemand, nuisible à l’Allemagne. On nous fait monter dans des wagons à bestiaux. Nous sommes 110 par wagon, à moitié debout, à moitié assis, appuyés les uns aux autres, constamment bousculés. De la paille comme litière. Un bidon de 200 litres pour les besoins naturels. Très vite le bidon se remplit et dégorge sur la paille. Une secousse le renverse et nous voilà sur du fumier pour le reste du voyage, qui va durer deux jours et deux nuits. Nous prenons peu à peu conscience de ce qui nous attend.

Nous avons une boule de pain et un saucisson pour toute nourriture. Rien à boire. Or, la soif est plus difficile à endurer que la faim. Nous en sommes à lécher la buée des parois. Nous changeons de place à tour de rôle pour pouvoir soulager la souffrance provoquée par la soif. A Trèves, on nous donne une espèce de bouillie, faite avec de l’eau et de la farine, mais de toute façon, il nous est impossible d’avaler quoi que ce soit.

Nous sommes comptés. Dans un wagon, il y a des absents. Ils se sont évadés. Parmi ceux-ci, Marcel Bricaud, Jean Cozanet, Jacques Le Flamand, François Le Bail, Georges Mostini, qui nous avait auparavant déliés de notre engagement envers lui, et nous avait encouragés à nous sauver. Furieux, les SS maltraitent ceux qui sont restés, leur enlèvent leurs vêtements et les répartissent avec brutalité, tout nus, dans les autres wagons. Nous sommes donc encore plus à l’étroit. La promiscuité rend les hommes angoissés, nerveux et prêts à se battre entre eux. Quand le train s’arrête enfin, nous sommes fatigués à l’extrême, hébétés, assoiffés. Nos vêtements sont maculés d’excréments. On relève cinq morts étalés sur le fumier de notre wagon. Deux hommes ont perdu la raison. Si, en plus, nous avions eu la chaleur de l’été, c’eut été une hécatombe. La dégradation psychologique et physique a été très rapide ».

Cinquante-quatre otages morlaisiens arrivent donc à Buchenwald le 26 janvier 1944 et sur ces cinquante-quatre raflés, souvent jeunes (la plupart ont entre 18 et 24 ans) seuls vingt reviendront des camps de concentration.

Morts à Buchenwald : neuf otages

Bizien Guéguen

Georges Le Coz, né le 28 août 1925, décédé le 9 février 1945 (à Buchenwald?)

Michel Martin, né le 28 avril 1924 à Morlaix, décédé le 9 février 1945 (à Weimar)

Roger Marzin (Weimar)

Henri Le Rumeur, né le 30 octobre 1920, 24 ans, y meurt le 29 août 1944.

Jean Nédelec, né le 6 décembre 1922 à Morlaix, décédé le 19 mars 1944 à l'âge de 21 ans.

Paul Rumen, né à Morlaix le 8 janvier 1988, y décède à 56 ans le 8 mars 1944.

Guy Pape, né le 22 juillet 1925 à Morlaix, 18 ans, « un magnifique athlète », meurt un mois après son arrivée à Buchenwald le 9 février 1944.

Joseph Plassart, né le 13 avril 1919 à Plourin les Morlaix, passé par Ravensbrück

Morts à Flossenbürg : 10 otages morlaisiens meurent dans ce camp de concentration.

Théophile Chauvel, né le 5 mai 1924 à Plourac'h, y décède le 27 novembre 1944 à 20 ans.

François Créach, né le 16 juillet 1925 à Morlaix

Joseph Huet, né le 21 août 1923, y décède le 14 août 1944

Jacques Kerné, 18 ans, y meurt le 6 mars 1945 après être passé par Hradischko.

Roger Larher, 21 ans, le 9 mars 1944

Marcel Lemaire, otage morlaisien de 19 ans né le 14 septembre 1924 à Paris, décède le 8 mai 1944 à Flossenbürg, probablement assassiné froidement après avoir été blessé par un wagon dans une carrière, selon le témoignage glaçant d'Yves Tanné:

« Flossenburg Le 15 février 1944, nous partons pour Flossenburg, entassés à trente prisonniers dans un wagon, par un froid glacial. Sur les conseils des anciens prisonniers, nous avons dansé toute la nuit, sans nous arrêter, dos à dos, pour nous réchauffer et aussi pour rester éveillés, car celui qui s’écroulait pour dormir, ne se relevait pas.
A Flossenburg, nous avions à travailler dans une carrière dans laquelle les Allemands faisaient sauter les mines, sans nous prévenir de nous mettre à l’abri. Il y a donc eu des morts, à la suite des explosions. Nous devions charger un wagon, placé sur un plateau, au bord d’un ravin. Travail inutile et éreintant, qui aurait pu être évité, car il suffisait de jeter directement nos pelletées de sable dans le ravin. Trop simple. L’ordre était de remplir le wagon, puis de le vider dans le ravin. Il arrivait souvent que le wagon descende dans le ravin. Il fallait alors le remonter à la force des poignets sous les coups des kapos. L’expérience nous avait appris qu’il ne fallait pas entourer les bras ou les mains de la corde qui tirait le wagon. Le risque était d’être emporté avec le wagon dans sa descente. Marcel Lemaire avait négligé ce conseil, il fut entraîné derrière le wagon qu’il voulait retenir et eut les os brisés. Il fut relevé, emmené au camp. Il hurlait de douleur. Le lendemain matin, deux Morlaisiens l’aidèrent à se lever pour aller au comptage avant d’aller au chantier. A l’appel, Marcel avait du mal à se tenir debout, malgré le soutien de ses deux camarades. Le kapo passe et bastonne le groupe. Marcel tombe. Nous ne l’avons plus revu. Pour survivre, il fallait essayer de ménager ses forces, et être sur ses gardes à tout instant.

Georges Le Roy, décède à 24 ans le 21 juillet 1944 dans le Kommando du camp de Flossenbürg, (usines Messerschmit).

Jean Simon, 32 ans, y décède le 13 juillet 1944 après être passé par Ravensbrück, Flossenbürg.

Paul Tanguy, né le 30 août 1919 à Morlaix, décède à 24 ans le 26 mars 1944

Jean Therene, né le 6 juillet 1917 à Brest, décède le 15 novembre 1944 à 27 ans

 

A propos du camp de concentration de Flossenburg en Bavière (sud de l'Allemagne) : camp construit par un Kommando de Dachau en 1938, 96 000 prisonniers y transitèrent, dont 30 000 y trouvèrent la mort. On estime à 5 344, dont 965 femmes, le nombre de Français passés par ce camp avant avril 1945. Parmi les 4475 hommes recensés, au moins 2400 sont décédés. Le travail imposé tourne toujours autour de deux grands axes : d’une part l’industrie de l’armement, et en particulier de l’aéronautique avec des usines Messerschmitt (le Kommando du camp de Flossenbürg qui fait travailler les esclaves des nazis pour l'usine d'aviation Messerschmit s'appelle Johanngeorgenstadt), et d’autre part les travaux dans les carrières de granit, le forage de tunnels et d’usines souterraines.

Mort à Dachau (premier camp de concentration nazi ouvert dès 1933 près de Munich en Bavière : 30 000 personnes y périrent): un otage morlaisien y meurt

André Féat, né le 20 octobre 1916 à Morlaix, pasteur assistant, membre du Parti Socialiste clandestin, décède à 29 ans le 3 avril 1945 à Dachau après être passé par Flossenbürg.

Morts à Hradischko/Moldau (Kommando de travail en Tchécoslovaquie): six otages y succombent

Jean Cabon né le 4 février 1919 à Brest, mort le 3 ou 5 mai 1945

Jean Guyader, né le 26 septembre 1918 à Morlaix, a été tué le 11 avril 1945 par les jeunes hitlériens à Hradishko après être passé par Flossenburg et Janowitz.

Marcel Hingant né le 25 avril 1924 à Rouen, meurt du typhus le 26 juin 1944, 6 mois après son début de déportation, à Hradischko, camp de concentration à 20 kilomètres de Prague, où il avait été envoyé en mars après Flossenbürg en même temps que Yves Tanné.

Louis Houel, né le 25 août 1909 à Morlaix, à 34 ans, le 21 avril 1945, « a été tué d’une balle dans la nuque, dès qu’il est tombé, sans pouvoir se relever, dans une tranchée anti-chars, sous le poids d’un bloc de pierre qu’il transportait sur le dos » (Yves Tanné).

Michel Penther, né le 16 novembre 1924 à Morlaix, y décède le 7 ou le 10 janvier 1945 à 24 ans.

René Petit, né le 23 septembre 1911 à Rochefort en terre, y décède le 3 ou le 30 mai 1944 à 33 ans.

Morts à Dora (sud de l'Allemagne) :

François Le Gall, otage morlaisien né à Plougonven le 9 janvier 1922, y décède le 23 mars 1944, à l'âge de 22 ans.

Mort à Nordhausen, annexe de Dora (sud de l'Allemagne) :

Pierre Huon, né le 19 juin 1925 à Paris, décédé le 8 avril 1944 (Nordhausen)

Bernard Ravazet

Auguste Traon, né le 15 octobre 1910, y meurt à 34 ans le 31 mars 1945

Mort à Theresienstadt (Terezin) en Tchécoslovaquie:

François Le Jeune

Otages décédés dans d'autres camps:

Louis Castel, né le 24 mai 1923 à Morlaix, décède à Janowitz ou Olbramovice 21 ans le 4 mai 1945 après être passé avant par le camp de Flossenbürg.

Georges Le Roy décède à Johanngeorgenstadt

Louis Maltret décède à Johannegeorgenstadt

Daniel Pinaquy: décède à Wittstock

 

 


Les déportés morlaisiens qui ont survécu aux camps nazis:

Parmi les otages (22) :

Jean Ambroise, né le 1er décembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation), libéré à Hradiskko le 8 mai 1945.

Claude Bervoas, né le 18 novembre 1926 à Morlaix (17 ans lors de son arrestation)

Yves Bescam, né le 8 août 1922 à St Thégonnec (matricule 43 173). Autres lieux de déportation : Jena et Leitmeritz où il est libéré en mai 1945.

Jean Bourbigot : né le 13 février 1923 à Beuzec-Conq (29). (matricule 42615). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück. Il est libéré le 30 avril 1945.

Emile Cadiou : né à Morlaix le 1er mai 1914 (29 ans lors de son arrestation). Domicilié à Morlaix. Déporté de Morlaix le 2 janvier puis transféré de Compiègne vers le KL Buchenwald le 22 janvier 1944.

Georges Caën, le plus jeune des otages morlaisiens, 16 ans, dont Louis Le Gros fera le portrait à partir d'une photo d'identiré donnée le 22 mai 1945 dans le train de Paris à Morlaix, de retour des camps.

Gilles Cam, né le 25 septembre 1924 à Plourin-les-Morlaix (19 ans lors de son arrestation). Libéré le 8 mai 1945 à Kaplice.

Pierre Collober née le 11 avril 1919 à Plouyé. Déporté à Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (Matricule 43 043). Autres lieux de détention : Laura, Dachau et Allach où il est libéré le 30 avril 1944.

Albert Guichen : né le 12 mai 1925 à Morlaix. (Matricule 42 886). Autres lieux de déportatio : Dora, Ravensbrück. Il est libéré en mai 1945

François Herrou, né le 29 juillet 1925 à Morlaix. Déporté de Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (matricule 42 952). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück, Machow. Il est libéré début 1945 à Plau.

Henri Kerinon né le 21 novembre 1924 à Douarnenez (Matricule 43 042). Revenu des camps.

Louis Kervellec né le 17 juilet 1926 à Morlaix (Matricule 42 134). Revenu des camps

Raoul de l'estang du Ruquec (Duresquec), né le 30 septembre 1927 à Morlaix (16 ans lors de son arrestation). Déporté à Buchenwald, Mauthausen.

Victor Le Goff né le 23 octobre 1920 à Brest (Matricule 42 698). Autre lieu de déportation : Dora, Ravensbrück. Revenu des camps

Louis Le Gros né le 20 août 1916 à Plougasnou (27 ans lors de son arrestation). Auteur d’œuvres d'art représentant les camps nazis, réalisées en déportation et après.

Jacques Mazé : né le 26 avril 1923 à Sizun. Revenu des camps

Jean Moreau né le 4 novembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation. Buchenwald, Langenstein.

Jacques Quintin, né le 30 décembre 1925 (18 ans au moment de son arrestation). Buchenwald, transféré à Ravensbrück le 3 juin 1944.

Léon Picart, né le 12 avril 1903 à Plouvorn. (matricule 41 507). Autres lieux de déportation ; Ravensbrück, Dora, Bergen-Belsen où il est libéré le 15 avril 1945.

Léon Rivoalen

Albert Sénéchal, né le 9 décembre 1910 à Brest (matricule 42 081). Autre lieu de déportation : Dachau. Revenu des camps.

Paul Simon, né le 20 août 1912 à Brest (matricule 42 390). Revenu des camps

Yves Tanné, né le 4 octobre 1924 à Plougonven (matricule 43 011). Autres lieux de déportation : Flossenburg, Hradischko/moldau. Revenu des camps. Il décède le 26 octobre 2011.

Théophile Thomas : né le 2 février 1924 à Plourin. (matricule 42 462). Autre lieu de déportation : Flossebbürg. Revenu des camps

Jean Trolez : né le 2 juin 1922 à Beuzec-Conq (29). Autres lieux de déportation : Dora, Dachau. Il est libéré le 29 avril 1945 à Dachau.

 

Lire aussi:

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 05:46
Marie Salou

Marie Salou

Marie Miry

Marie Miry

Paulette Sarcey

Paulette Sarcey

Rose Blanc

Rose Blanc

Danielle Casanova

Danielle Casanova

Marie-Claude Vaillant-Couturier

Marie-Claude Vaillant-Couturier

En ce jour de commémoration de la déportation, et alors que le ventre de la bête immonde du racisme et du fascisme est encore fécond, nous voulons rendre un hommage tout particulier à la mémoire de la souffrance et des luttes pour la survie, la dignité et l'entraide de tous les déportés, femmes et hommes, et faire connaître aussi ce que fut la vie et les combats de nombre de résistantes communistes déportées à qui le Chiffon Rouge a pu consacrer des portraits.

Vous pouvez ici retrouver des liens avec quelques portraits de résistantes communistes déportées, de France et du Finistère, plus ou moins célèbres, dont certaines sont revenues, et d'autres non. Nous leur rendons hommage ainsi qu'à tous les déportés, victimes de la haine raciale et du nazisme, mais aussi de la bêtise, de la lâcheté et de la cruauté humaines, des déportés qui au cœur de l'enfer concentrationnaire, nous ont bien souvent donné des leçons de courage, d'obstination, de fraternité et d'humanité.

 

" Yvonne Picard est morte

qui avait de si jolies seins.

Yvonne Blech est morte

qui avait les yeux en amande

et des mains qui disaient si bien

Mounette est morte

qui avait un si joli teint

Une bouche toute gourmande

et un rire si argentin

Aurore est morte

qui avait des yeux couleurs de mauve.

Tant de beauté tant de jeunesse

Tant d'ardeur tant de promesses...

Toutes un courage des temps romains.

Et Yvette aussi est morte

qui n'était ni jolie ni rien

et courageuse comme aucune autre.

Et toi Viva

et moi Charlotte

dans pas longtemps nous serons mortes

nous qui n'avons plus rien de bien"

Charlotte Delbo, Une connaissance inutile

 

Dernière lettre de Danielle Casanova depuis le fort de Romainville avant le départ pour Auschwitz:
Demain, 5 heures lever, 6 heures fouille, puis départ en Allemagne.
Nous sommes 231 femmes, des jeunes, des vieilles, des malades et même des infirmes. La tenue de toutes est magnifique, et notre belle Marseillaise a retenti plus d’une fois.
Nous ne baisserons jamais la tête ; nous ne vivons que pour la lutte. Les temps que nous vivons sont grandioses.
Je vous dis au revoir ; j’embrasse tous ceux que j’aime. N’ayez jamais le cœur serré en pensant à moi.
Je suis heureuse de cette joie que donne la haute conscience de n’avoir jamais failli et de sentir dans mes veines un sang impétueux et jeune.
Notre belle France sera libre et notre idéal triomphera »

Communist'Art: Charlotte Delbo

Charlotte Delbo, rescapée des camps de la mort, immense écrivain, militante communiste anti-colonialiste : l'écriture comme ultime moyen de résistance (L'Humanité, Violaine Gelly - décembre 2013)

Portrait. Danielle Casanova, la déterminée (Claude Pennetier, historien - L'Humanité, vendredi 8 février 2019)

Portrait de résistante communiste: 13. Rose Blanc, la catalane révolutionnaire (100 ans d'engagements communistes)

Portrait de résistante communiste : 4 - Marie-Claude Vaillant-Couturier (100 ans d'engagements communistes)

Portrait de résistante communiste - 3 - Maï Politzer 1915-1943 (100 ans d'engagements communistes)

Décès de la militante communiste Paulette Sarcey, résistante de la M.O.I, juive, survivante de la déportation et militante de l'humanité et de la mémoire

Martha Desrumeaux: syndicaliste et communiste résistante et déportée. Pour que la classe ouvrière rentre au Panthéon!

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28/ Raymonde Vadaine, née Riquin (1914-2001)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

Marie Salou, résistante communiste brestoise - De Brest à Mathausen, itinéraire d'une déportée (1942-1945) - Témoignage recueilli par Jean Nédélec

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes: 98/ Rosine Kersulec (1894-1985)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 96/ Germaine Le Lièvre, Geneviève dans la résistance brestoise (1911-1945)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 94/ Marie Miry née Calvarin (1905-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 95/Simone Bastien (1921-2006)
 

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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 07:57
Les occupants du théâtre de Morlaix ont simulé l’enterrement de la vie culturelle, des jeunes et des précaires, ce vendredi 23 avril 2021. | THÉÂTRE MORLAIX OCCUPÉ

Les occupants du théâtre de Morlaix ont simulé l’enterrement de la vie culturelle, des jeunes et des précaires, ce vendredi 23 avril 2021. | THÉÂTRE MORLAIX OCCUPÉ

Morlaix. Un enterrement de la culture et de la jeunesse simulé sur la place des Otages

Les intermittents qui occupent le théâtre de Morlaix (Finistère) ont de nouveau frappé, ce vendredi 23 avril 2021, place des Otages. Ils ont simulé un enterrement des professions culturelles et précaires, pour dénoncer la fermeture des lieux pendant la crise sanitaire du Covid-19.

« Caissière » ; « étudiant » ; « barman » ; « ouvrière » : telles étaient les professions symboliquement « enterrées » par les intermittents qui occupent le théâtre de Morlaix (Finistère), ce vendredi 23 avril 2021.

À l’image de leur précédente intervention qui a vu la place des Otages se remplir de chaises vides, ils ont déambulé, en habit de deuil, avec des flight case surmontés d’une croix.

Un cimetière de la culture, des précaires et de la jeunesse

Comme un cimetière « de la culture, des précaires, de la jeunesse », rappellent les auteurs de cette manifestation revendicative. Le matériel et l’aide logistique ont été fournis par Le Roudour, à Saint-Martin-des-Champs, le Sew et Langolvas, à Morlaix.

Chaque vendredi est marqué par une opération des occupants du théâtre. Elles suivent le mouvement national des « vendredis de la colère ». Il y a deux semaines, ils se sont rendus devant l’agence Pôle emploi de Morlaix pour y effectuer un cirque de l’Absurdistan.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-un-enterrement-de-la-culture-et-de-la-jeunesse-simule-sur-la-place-des-otages-044d8672-a442-11eb-881f-953d15c2ec2a

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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 07:52
Des pistes pour l'avenir de l'aéroport à Morlaix... Parole à Valérie Scattolin, élue au comité social et économique de Hop! et adjointe au commerce, au tourisme et au centre-ville à Morlaix (adhérente PCF). Ouest-France, 24 avril 2021

Des pistes pour l'avenir de l'aéroport à Morlaix... Parole à Valérie Scattolin, élue au comité social et économique de Hop! et adjointe au commerce, au tourisme et au centre-ville à Morlaix (adhérente PCF). Ouest-France, 24 avril 2021

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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 07:12
Roland Weyl (photo Mouvement de la Paix:

Roland Weyl (photo Mouvement de la Paix:

C'est avec une immense tristesse que le Mouvement de la Paix, ses responsables et ses militants ont appris le décès de notre ami et camarade Roland Weyl, dans sa 103ème année. Nous adressons à sa famille, ses proches et ses nombreux amis dans le monde entier, nos sincères condoléances.
 
Roland, doyen au barreau de Paris, a encore exercé son métier d’avocat après ses 100 ans, comme il a poursuivi jusqu’à récemment ses activités militantes en tant que membre du Conseil national du Mouvement de la Paix, Mouvement dont il était membre depuis sa création.
 
Ancien directeur de la revue de droit international contemporain, il a fait bénéficier le Mouvement de la Paix de ses compétences en droit international et de toutes ses expériences militantes accumulées au sein du Parti Communiste Français, du Secours Populaire et de l’Association Internationale des Juristes Démocrates (AIJD) dont il était l’un des membres fondateurs.
 
Pour Roland Weyl, la Charte des Nations Unies constitue un acte novateur, révolutionnaire et fondateur du droit international par lequel la grande majorité des peuples du monde - proclamant leur égale souveraineté et leur droit inaliénable à disposer d’eux-mêmes - se sont unis pour déclarer la guerre hors la loi. Mais, pour Roland Weyl, encore faut-il que les peuples se battent pour se réapproprier l’organisation des Nations-Unies afin que les règles de droit y prévalent sur les rapports de force.
 
Il a aussi exprimé à travers une quinzaine de livres coécrits avec son épouse Monique, la nécessité incontournable pour les peuples de lutter pour un monde de justice et de paix, un monde de coopérations pacifiques réglant les conflits par la négociation et non par la force en s'appuyant sur les principes et valeurs de la Charte des Nations Unies. Leur livre « Sortir le droit international du placard » a été et est toujours un outil de référence pour toutes les personnes qui luttent pour la démilitarisation des relations internationales, pour la diminution des dépenses militaires et pour la paix. Tous deux, membres du Mouvement de la Paix, ont été des militants actifs de la solidarité avec les peuples en lutte pour leur libération tant sur le terrain judiciaire que politique.
Comme beaucoup des fondateurs du Mouvement de la Paix, il a été résistant et après la guerre solidaire des militants anti-impérialistes dans le monde entier - et en particulier avec les opposants à la guerre d’Indochine et aux côtés de ceux qui ont agi pour la paix en Algérie et l’indépendance de ce pays. Dans ce contexte, il a défendu « les combattants de la Paix » qui, à Nantes, Saint Brieuc, Bordeaux, Nîmes, etc. s’opposaient au transfert d’armements vers l’Indochine ou ils étaient traînés devant les tribunaux et emprisonnés pour atteintes au moral de l’armée parce qu’ils éditaient des journaux pour la paix.

Il soulignait sans cesse que les armes de destruction massive, dont les armes nucléaires, sont illégales par nature. Il demandait le retrait de la France de l’Otan, organisation guerrière qu'il considérait illégale au regard de la Charte de l'ONU. Aussi, il s'engagea avec détermination contre les sales guerres de l'Otan contre les peuples en Afghanistan, en Irak, en Libye, et dénonça le bombardement de Belgrade en 1999. Avec toujours la même détermination. Il s'opposa aux blocus inhumains contre le peuple irakien (pétrole contre nourriture de 1995 à 2003) et le peuple cubain, et affirma sa solidarité avec les peuples palestinien et sahraoui.

 
Au-delà de ses activités internationales et nationales, il a consacré beaucoup de temps pour des conférences locales et pour des rencontres avec les jeunes tant dans les universités que dans les lycées d'enseignement secondaire et professionnel, pour les initier au droit international et en particulier à la connaissance de la Charte des Nations Unies.

Le meilleur hommage que nous avons pensé pouvoir lui rendre est de donner à connaître le fond de sa pensée à travers la diffusion d’une conférence donnée dans le cadre de l'Association Internationale des Juristes Démocrates. Dans cette conférence, l’actualité de sa réflexion sur la relation entre droit et luttes des peuples s’exprime quand il souligne la nécessité de lutter contre les logiques financières dictées par les trusts pharmaceutiques, car ces logiques sont incompatibles avec le droit à la santé affirmé par le droit international.

Nous appelons tous les militants à honorer la mémoire de Roland Weyl en écoutant ce plaidoyer et en le diffusant largement à travers les réseaux sociaux: Lien vers la vidéo de sa conférence.

Au revoir Roland, le combat continue pour la paix et la justice.
 
Paris, 21 avril 2021
Mouvement de la Paix
 
Lire aussi:
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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 16:44
Guy Barré, candidat suppléant présenté par le PCF dans le canton de Plonéour-Lanvern

Guy Barré, candidat suppléant présenté par le PCF dans le canton de Plonéour-Lanvern

Je suis né en 1955 à Quimper dans une famille ouvrière. Je finis ma scolarité dans les établissements Publics quimpérois par deux années de Formation Professionnelle à l’Ecole Normale de Quimper entre 1973 et 1975.

Dès la première année d’EN, en 1973, j’adhère au SNI-PEGC, syndicat du 1er degré de la FEN et deviens membre du Conseil Syndical. En 1992, La FEN éclate et les membres de la tendance Unité et Action dont je fais partie créent le SNUipp , syndicat du 1er degré de la nouvelle FSU (Fédération Syndicale Unitaire) Je suis membre du bureau départemental dès la création avant de devenir secrétaire départemental de 2007 à 2012 quand je prends ma retraite. J’y milite encore, à la section des retraités.

En 1973, j’adhère également à la cellule du PC de l’EN, parti que je quitte en 1985 avant d’y revenir après 2010.

Ma carrière d’instit , riche en rencontres et fort agréable m’a mené de Brest à Quimper puis Combrit et Pont L’Abbé où la participation aux activités de l’Amicale Laïque m’a paru indispensable. J’en suis aujourd’hui le trésorier.

Au moment du départ en retraite, je n’ai pas quitté l’école puisque je suis devenu DDEN (Délégué de l’Education Nationale) rattaché aux écoles Publiques de Combrit. La recherche de la solidarité, de la justice sociale ainsi que la défense des services publics et particulièrement celui de l’Education ont toujours guidé mes engagements sans oublier une grosse louche de convivialité.

Lire aussi:

Qui êtes-vous? Maryse Rousseau: candidate présentée par le PCF dans le canton de Pont L'Abbé dans le cadre d'une liste de rassemblement de la gauche

Qui êtes-vous? Jacqueline Héré: candidate présentée par le PCF aux Départementales dans le canton de Brest-1

6 questions à Gladys Grelaud, candidate présentée aux régionales par le Parti communiste dans le Finistère

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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 05:51

 

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 13:17
Non à la fermeture des 3 agences d'exploitation Enedis de DOUARNENEZ, PONT L’ABBÉ et de QUIMPERLÉ: les élus communistes du pays de Quimper interpellent!

Non à la fermeture des 3 agences d'exploitation Enedis de DOUARNENEZ, PONT L’ABBÉ et de QUIMPERLÉ.

 

104 000 usagers sont directement concernés.

Après la fermeture il y a trois ans des sites mixtes d’électricité et de gaz de Concarneau et de Châteaulin, la direction d’Enedis (EDF Distribution) entend poursuivre sa stratégie d’abandon des sites ruraux en projetant la fermeture des 3 agences d’exploitation électricité de Douarnenez, Pont l’Abbé et de Quimperlé. Tous les moyens seraient transférés à Quimper et à Caudan.

Ces 3 agences sont aujourd’hui des points d’appui de proximité pour intervenir au plus vite dans notre péninsule bretonne sur un réseau essentiellement aérien où nous faisons souvent face à des périodes climatiques très dégradées. Elles permettent de disposer à proximité, d’un camion poids lourd nacelle, de fourgons et de véhicules légers pour assurer l’astreinte, de bureaux, de vestiaires et d’un magasin avec tout le matériel électrique nécessaire, qui n’est pas seulement utilisé par le personnel de l’agence mais aussi par les agents Enedis de passage.

Mettre en sécurité, réparer rapidement, rénover et développer les réseaux, nécessite d’avoir une grande proximité et une parfaite connaissance du terrain. Assurer l’astreinte en dehors des heures ouvrables implique aussi que l’on habite à proximité de sa zone de travail.

Qu’en sera-t-il demain lorsque les agents seront basés à Quimper ou à Caudan ? Loin des communes de Penmarc’h, Guilvinec ou Treffiagat... et bien loin de Plogoff, Audierne ou Plouhinec. Quand aux communes de Bannalec, Riec sur Belon, Saint Thurien et Le Trévoux aujourd’hui très proches de Quimperlé elles seront demain éloignées de leur nouveau rattachement quimpérois. Les temps de déplacements seront donc allongés augmentant les durées d’intervention. Pensons au bilan carbone de tous ces allongements de déplacement qui seront fortement accentués durant la période touristique.

Les conséquences de ces fermetures pour la base Enedis de Quimper seront très fortes. Celle-ci devra assurer demain l’alimentation d’un territoire de 81 communes au lieu des 42 qui le composent aujourd’hui. La charge de travail va donc augmenter,

avec des allongements de temps de trajet de déplacement qui entraveront la capacité de réaction de la structure, privée des moyens humains et matériels de proximité. Dans ce contexte, les temps de coupure et les délais d’intervention pour les usagers ne peuvent que s’accroître.

 

Pourtant la crise sanitaire, le télétravail, les Visioconférences, les liens familiaux par internet, renforcent la nécessité d’une excellente continuité de service. Les familles, les entreprises, ne peuvent plus rester plusieurs jours isolées sans électricité.

Il faudrait au contraire procéder à une bonne répartition des agents et des moyens matériels sur le territoire pour conserver une forte réactivité à proximité des zones d’intervention.

L’attitude d’Enedis qui a caché ces fermetures d’agences lors des négociations avec le SDEF 29, pour le renouvellement du contrat de concession, qui vient d’être signé pour 30 ans, n’est pas non plus acceptable

Fermetures des bureaux de poste, fermetures de classes, des structures hospitalières, des centres des impôts… et maintenant des agences rurales d’exploitation Enedis. Il faut que cela cesse !

Nous devons exiger, comme le personnel en lutte rassemblé à l’agence de Douarnenez le 28 janvier dernier, l’abandon de ce projet néfaste.

Les élus communistes de Quimper sont intervenus dans ce sens à Douarnenez le 28 janvier et lors du conseil communautaire de QBO le 18 mars.

 Enedis doit renoncer à son projet de fermeture des 3 agences d’exploitation et engager les améliorations du service public de l’électricité attendues par les usagers.

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 11:46
Manif de soutien à Hop! à Morlaix - Photo Ismaël Dupont, 8 juillet 2020

Manif de soutien à Hop! à Morlaix - Photo Ismaël Dupont, 8 juillet 2020

Faire reculer les logiques de prédation financière

AYMERIC SEASSAUSecrétaire départemental du PCF de Loire-Atlantique et responsable national en charge des Entreprises

À l’heure où l’avion est trop souvent désigné comme un des grands coupables de la crise climatique, faut-il sauver le secteur de l’aérien  ? Oui et trois fois oui. Il s’agit d’abord de l’emploi et des savoir-faire de 600 000 salariés de l’industrie aéronautique et du transport aérien. Ensuite, avec près d’un tiers des Français qui prennent l’avion chaque année, celui-ci a permis la démocratisation de nouveaux droits à la mobilité. Enfin, les progrès techniques ont permis de passer, en quarante ans, de 642 millions de passagers annuels à 4,3 milliards, en maintenant à 2 % les émissions de gaz à effet de serre du secteur (1,4 % des émissions nationales pour le transport aérien intérieur français).

Le secteur aérien est donc viable économiquement et écologiquement… à condition de faire reculer les logiques de prédation financière qui le rongent. Le seul exemple d’Airbus est éloquent : cette belle aventure de coopération industrielle européenne a été pensée et financée avec un investissement politique et financier fort des États, avant d’être vendue à la découpe à des industriels. Aujourd’hui, c’est le capital flottant qui y est majoritaire et, en 2016, Airbus a distribué plus de dividendes que de bénéfices réalisés. Ce que la crise du Covid a révélé avec brutalité, c’est la fragilité de tout le modèle économique de libéralisation du secteur et l’intensité de la prédation financière.

Or, le plan de relance affiché, avec 15 milliards d’euros d’argent public comme mise de départ, est en réalité un plan de soutien au capital. Pire, alors que des plans sociaux importants touchent les grandes entreprises du secteur, celles-ci entendent se couper de pans importants de recherche et développement, ceux-là mêmes qui peuvent permettre d’amplifier la transition écologique. Exemple avec Thales AES, qui veut se séparer de 25 % de ses emplois d’ingénierie, ce qui a provoqué une réaction rapide et une campagne intense des communistes dans l’entreprise.

Dans cette situation, les communistes sont de toutes les mobilisations des salariés de l’industrie aéronautique et du secteur de l’aérien, comme ils ont été des acteurs majeurs de la campagne contre la privatisation des Aéroports de Paris (ADP). Nous proposons la réunion de conférences, régionales et nationales, de sécurisation de l’emploi, de la formation, de la transformation productive écologique et sociale, de l’égalité professionnelle femmes-hommes ; de nouveaux pouvoirs pour les salariés du secteur pour viser de nouveaux objectifs sociaux et écologiques dans les transports ; la renégociation immédiate des accords dits de « ciel ouvert » (open skies) au profit d’une politique de coopération au niveau européen pour commencer. Un nouveau service public des transports pour mobiliser la filière entière au service de la complémentarité des modes de transport en faisant coopérer Air France, ADP, la SNCF, la RATP… et en impulsant dans le même temps la production du matériel et des infrastructures nécessaires. La création d’un fonds de recherche pour le développement économique, social, écologique du transport abondé par les entreprises du secteur, l’État, la BCE/BEI pour développer le transport aérien propre. Enfin, la question d’une remontée durable de la propriété publique et du contrôle public et démocratique des groupes Safran, Thales, Dassault, Airbus, des grands équipementiers et de leurs sous-traitants est plus que jamais posée, y compris sous des formes nouvelles.

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