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L’Humanité a fêté ce 18 avril ses 117 années d’existence. 117 années au service de l’information, des débats et des combats pour l’émancipation humaine, la justice sociale, la décolonisation et la paix. La profession de foi formulée par Jean Jaurès lors de sa fondation en 1904, de travailler « à la réalisation de l’humanité » reste notre raison d’être. Notre époque a beau être radicalement différente, son combat reste d’actualité. Il redouble même d’urgence.
La mondialisation d’une information gagnée par l’uniformisation, le pillage des contenus issus du travail des journalistes et des créateurs par les oligopoles du numérique nord-américain, la concentration de la presse et des médias entre quelques mains, renforcée demain encore par la vente du groupe RTL/M6 et le risque de dépeçage du groupe Lagardère, le recul du pluralisme des idées dans l’espace public, la promotion par le média-business des idées de droite extrême et d’extrême droite à des niveaux jamais atteints, renforcent la nécessité de lire et faire découvrir l’Humanité et l’Humanité Dimanche.
Avec l’effondrement de l’Union soviétique, puis l’échec de la social-démocratie, événements majeurs du siècle passé, une véritable guerre idéologique et politique s’est déployée contre toute idée progressiste, abîmant la culture et écornant les libertés. Résister et riposter à cette offensive commandent de ne pas se démunir des outils dont disposent les forces d’émancipation : l’Humanité en est un, précieux, qui doit en permanence s’adapter aux conditions présentes.
Alors que le capitalisme titubant enfante de nouveaux courants contre-révolutionnaires, autoritaires et fascisants, les travailleurs manuels et intellectuels ont plus que jamais besoin d’un journal qui décrypte les événements pour aider à porter le dépassement du système, suscite des réflexions et concourt à la solidarisation des classes ayant intérêt à construire une union populaire de qualité nouvelle pour se défendre et défricher les chemins d’une transformation sociale, démocratique, écologique et de paix.
L’Humanité et l’Humanité Dimanche s’efforcent de rendre compte, avec des moyens bien insuffisants au regard de nos ambitions, de la vie et des luttes diverses des classes populaires, des travailleurs, de celles des femmes, des actrices et acteurs de la cause environnementale, de l’antiracisme ou de celles des artistes et créateurs qui occupent depuis des semaines des lieux culturels. C’est une différence notable avec le système médiatique qui tend à les effacer quand il ne les combat pas ouvertement.
Il est utile de ce point de vue, avec le recul, de faire un retour sur la multitude des numéros de nos journaux alertant depuis longtemps sur la manière dont notre système de santé a été délaissé sous les coups de boutoir de l’austérité. Quel autre journal aura tant fait pour défendre les salariés de Sanofi et le projet industriel qu’ils portent avec leurs syndicats, notamment la CGT ? Ces exemples sont loin d’être isolés.
En ces temps de pandémie, nos journaux apportent chaque jour des informations utiles aux citoyens, organisent des rencontres avec les meilleurs spécialistes, relaient les actions menées pour libérer médicaments et vaccins de la course au profit, pour instaurer un pôle public de la santé, pour lever la privatisation des brevets et prémunir notre humanité de la menace de nouvelles pandémies.
Héritière et porte-voix d’un puissant legs, celui du communisme à la française, l’Humanité a toujours dû son existence à de rudes combats. Celle-ci est rendue possible par l’indéfectible soutien qu’elle témoigne aux classes populaires, grâce à l’investissement de ses équipes, de ses lecteurs et à une belle force militante.
Alors que de multiples enquêtes révèlent la domination des idées de droite conservatrice et extrême, l’Humanité et l’Humanité Dimanche ont l’ambition de se mettre au service d’une contre-offensive progressiste. Elles se veulent un laboratoire d’idées, un creuset de création communiste et un lieu de confrontations nécessaires pour être en mesure d’atteindre, dans les conditions actuelles, le niveau de créativité des femmes et hommes de progrès qui ont marqué, aux grandes heures du mouvement ouvrier, d’une empreinte durable la société tout entière.
La période actuelle, inquiétante et dangereuse, nous conduit à faire un travail sur nous-mêmes en associant les lectrices et lecteurs, les amis de l’Humanité, pour rénover profondément nos journaux d’ici le milieu du mois d’octobre. À la veille d’importantes échéances électorales en 2021, puis 2022, nous considérons que l’élargissement du nombre de celles et de ceux qui seront en contact avec l’Humanité et l’Humanité Dimanche constituera un élément important de la reconstruction d’un projet d’émancipation humaine, et un atout pour modifier le rapport des forces en faveur des classes populaires, qu’on ne peut se résoudre à laisser en prise avec l’extrême droite. Une course de vitesse est engagée en ce sens.
C’est pourquoi nous proposons à toutes celles et tous ceux de nos lectrices et lecteurs qui le peuvent d’offrir autour d’eux un abonnement de parrainage spécial 117 e anniversaire de l’Humanité. Si le post-capitalisme et le communisme sont des perspectives à bâtir dans l’unité la plus large et le respect des diversités, améliorer et développer une entreprise de presse communiste de plus large audience est une nécessité pour faire vivre et rayonner des idées neuves, et construire des futurs d’Humanité.
Fabien Roussel en soutien des salariés des Fonderies de Bretagne (SBFM) à Caudan dont le groupe Renault veut supprimer les emplois en Bretagne au profit d'une délocalisation bousrière. "Je pense aux salariés de Renault, et en particulier à ceux de la Fonderie de Bretagne, à Caudan (56), qui ont accepté de signer un accord de compétitivité en 2013 : aujourd'hui, on les vend ! Il faut voir leurs visages pour comprendre que ça, en plus de la pandémie, ce n'est plus possible, ça va péter ! "
Lu dans Marianne et le blog du PCF Pays Bigouden: http://pcbigouden.over-blog.com/
"Le problème de la gauche, ce n'est pas sa division mais sa faiblesse"
Le secrétaire national du PCF vient d'être investi par la conférence nationale de son parti pour la présidentielle 2022. Crédité de 2 à 3% des intentions de vote, le député du Nord espère attirer à lui "ceux que la gauche ne fait plus rêver".
PROPOS RECUEILLIS PAR HADRIEN MATHOUX ET SOAZIG QUÉMÉNER POUR MARIANNE
Marianne : Pourquoi vouloir une candidature communiste autonome à l'élection présidentielle ?
Fabien ROUSSEL : Pourquoi autonome ? Vous allez dire la même chose de la candidature de Jean-Luc Mélenchon ou de celle des autres candidats ? Si les communistes le décident [le 9 mai, par un vote des adhérents], ma candidature sera collective, rassembleuse. Je vais y aller les bras ouverts et la main tendue. Ce qui nous a décidés, c'est la crise, la situation sociale particulièrement difficile et rendue plus dure par cette crise sanitaire. Il est urgentissime de sortir de ce modèle économique, des logiques de profit, de court-termisme, d'arrêter le grand déménagement de notre industrie. Il y a une autre urgence, écologique : il faut prendre des mesures radicales pour réorienter notre économie vers des circuits courts, pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Et pour cela, il faut sortir du capitalisme et reprendre le pouvoir à la finance. Voilà pourquoi, le PCF is back !
Car l'offre politique préexistante ne répond pas à ces problématiques-là ?
F. B. Le problème de la gauche, ce n'est pas d'abord sa division mais sa faiblesse. Chacun voit bien que si la gauche ne sort pas le grand jeu des idées, si elle ne fait pas le choix de s'adresser aux classes populaires, au monde du travail, à la jeunesse pour lui donner envie, elle va rester faible. On pourra additionner tout ce qu'on veut : les rassemblements de petits, ça fait des petits rassemblements ! Il y a bien un enjeu, celui de reconstruire une force de gauche qui porte un changement profond de la société en mettant en avant les valeurs humaines, de progrès, de justice sociale et d'égalité correspondant au XXIe siècle.
Et il faut rebâtir, selon vous, à partir du PCF ?
F. B. Nous avons un rôle important à jouer pour aller reconquérir les cœurs et les têtes de ceux qui n'y croient plus, de ceux qui se sont sentis trahis, de ceux qui se sentent abandonnés par une gauche qui ne fait plus rêver. Ce que je vois, ce sont des salariés qui, en plus de la pandémie, perdent leur boulot, ont des salaires de misère. On leur dit qu'ils ne servent plus à rien. Je pense aux salariés de Renault, et en particulier à ceux de la Fonderie de Bretagne, à Caudan (56), qui ont accepté de signer un accord de compétitivité en 2013 : aujourd'hui, on les vend ! Il faut voir leurs visages pour comprendre que ça, en plus de la pandémie, ce n'est plus possible, ça va péter ! C'est une trahison pour le pays, pour notre souveraineté économique. On doit faire des lois pour interdire des délocalisations qui n'ont aucun sens, ni social, ni écologique, ni fiscal.
Vous parlez des classes populaires, mais elles ne votent plus à gauche et pensent même souvent choisir le RN à la prochaine présidentielle...
F. B. Poussez pas le bouchon ! Le vote majoritaire chez les ouvriers, c'est l'abstention. On a un problème à gauche de désaffection des milieux populaires. Je pense à ces infirmières, ces aides-soignantes, ces ouvriers, ces enseignants. Des gens qui travaillent dur et sont si mal payés que c'en est une honte pour la France ! C'est d'abord à eux que je parle. Je viens du bassin minier, où j'ai vu l'abstention et le vote d'extrême droite monter. Des gens m'ont expliqué qu'ils avaient voté Le Pen à la présidentielle et pour moi à la législative, parce que je porte leur colère, que j'ai une perspective politique à leur donner. Cela me pousse à y aller. Mon ennemi, c'est le système économique, la finance. Moi, je veux convaincre sur des idées.
Mais qu'est-ce qui vous différencie aujourd'hui de Jean-Luc Mélenchon, qui avait recueilli 19,58% des voix en 2017 et que votre parti avait soutenu en 2012 et en 2017 ?
F. B. Aujourd'hui, je le regrette mais c'est une réalité, il n'a plus le même socle de soutien qu'en 2017. Notre but n'est pas de soustraire des voix à qui que ce soit, mais d'en additionner à gauche, en allant en conquérir de nouvelles. Avec Jean-Luc Mélenchon, nous avons des différences de tempérament et d'approche. Moi, je suis quelqu'un de nouveau, du Nord, j'ai plutôt de l'empathie, je suis plutôt bienveillant. On a besoin dans notre pays d'une présidence apaisée, rassembleuse, populaire. Nous avons aussi des différences de fond. Par exemple, les insoumis viennent de déposer une proposition de loi sur la garantie de l'emploi. Ils estiment que chacun doit avoir un travail et que, si quelqu'un n'en trouve pas, l'État doit être employeur en dernier ressort. Nous ne partageons pas du tout cette philosophie-là, ça, c'est l'époque soviétique, le kolkhoz. Nous voulons un système de sécurité sociale professionnelle, qui protège les emplois dans le privé et dans le public, et cela va de pair avec la création d'emplois, avec des règles et des droits pour les salariés. Il ne s'agit pas d'étatiser l'économie, même s'il faudra nationaliser des secteurs stratégiques, essentiels à la souveraineté de la France.
Vous avez le pouvoir de bloquer la candidature de Jean-Luc Mélenchon qui a besoin de la signature des élus communistes pour se présenter à la présidentielle...
F. B. Il revient à chaque candidat à l'élection présidentielle de convaincre des élus. Je vais convaincre les miens, sans tenir leur stylo : chez nous, la règle, c'est la liberté. Même si j'espère qu'ils tiendront compte du choix que nous ferons collectivement. Ce que je regrette, c'est que Jean-Luc ait parlé des élus comme de « notables » donnant leur parrainage. Je ne me permettrais jamais de qualifier les maires de nos 35000 communes de « notables » !
Vous parlez très peu d'Emmanuel Macron...
F. B. Il faut évidemment battre Macron, mais c'est d'abord au système qu'il représente qu'il faut s'attaquer. Macron est arrivé au pouvoir, élu en partie par la gauche, et il a entrepris une politique de droite dure. Les premières choses qu'il a mises en place : suppression de l'ISF, bouclier fiscal pour les plus riches, suppression de la taxation des dividendes, de la taxe sur les plus hauts salaires, baisse de l'impôt sur les sociétés pour les multinationales...
Que pensez-vous, cependant, des mesures prises pour préserver l'économie, le « quoi qu'il en coûte », face à la pandémie ?
F. B. Avant le mois de mars 2020, Macron nous expliquait qu'il n'y avait pas d'« argent magique », qu'il fallait réduire la dépense publique et libérer le capital. Et puis : pandémie, et là, allez, « quoi qu'il en coûte ». Je reconnais que quand ils ont mis 30 milliards d'euros pour prendre en charge le chômage partiel, c'était une bonne mesure. Contrainte et forcée. Mais la logique libérale du gouvernement ne change pas. Une partie de l'argent lâché a été utile, une autre a desservi les intérêts du pays. La baisse des impôts de production va ainsi bénéficier aux grosses boîtes qui distribuent des dividendes et délocalisent. On me dit que le gouvernement « laisse faire » : mais il est complice ! Quand l'État est actionnaire d'entreprises qui décident en pleine pandémie de fermer des usines ou de délocaliser la production dans des pays au nom du dumping social, c'est de la trahison. Dans les services rendus au capital, n'oublions pas l'évasion fiscale. Les PDG de grands groupes situés au Luxembourg ont pignon sur rue ici alors qu'ils détournent l'argent du pays. Il y a un grand ménage à faire dans ce monde-là. Si je deviens président de la République, je serai l'Eliot Ness [agent américain du Trésor placé à la tête de l'équipe des «Incorruptibles » face à Al Capone] français !
L'héritage laïque de la gauche fait aujourd'hui débat, il est même l'un des points de désaccord majeurs. La gauche a-t-elle perdu sa boussole républicaine ?
F. B. C'est le député communiste Étienne Fajon qui a fait inscrire la laïcité dans la Constitution en 1946. Nous sommes très attachés à la laïcité, nous voulons la faire vivre, mais nous refusons d'en faire un outil de stigmatisation, comme le font la droite et l'extrême droite. La République française est née de la Révolution, qui a écrit la Déclaration universelle des droits de l'homme et porte dans le monde entier, comme un étendard, l'égalité des citoyens quelles que soient leur origine, leur couleur de peau, leur religion. Voilà la portée universaliste de notre République, et la conception défendue par le PCF.
À gauche, certains se fourvoient-ils sur cette question ?
F. B. Ceux qui, à droite et à l'extrême droite, nous attaquent et nous donnent des leçons de lutte contre le racisme sont les mêmes qui le nourrissent tous les jours ! Ils sont obnubilés par le voile. Moi, j'ai libéré Nelson Mandela, avec des millions de gens sur toute la planète. J'ai été emprisonné, arrêté par la police, traité de terroriste. Dans les années 1980, on n'était pas nombreux à se battre contre l'apartheid. À droite, ils étaient tous complices de ce régime. Et, aujourd'hui, ils m'expliquent comment je dois faire pour lutter contre le racisme ? Après Jaurès, Sartre et Lévi-Strauss qui ont dit, dès les années 1950, qu'il n'y avait qu'une race, la race humaine.
Justement, à gauche, tout le monde n'est plus d'accord !
F. B. Les réunions non mixtes, l'islamo-gauchisme : sincèrement, ce sont des sujets qui ne parlent pas aux gens. Moi, je ne discute jamais de ça avec mes collègues à gauche ! On commet la faute quand nos adversaires politiques nous les mettent sous le nez et qu'on tombe dans le piège en s'invectivant. Ça n'empêche pas que nous ayons des points de vue différents sur la manière de faire reculer le racisme. Les communistes sont pour le strict respect de la laïcité et ils défendent l'universalité des droits humains. Nous voulons unir les êtres humains contre la haine et les discriminations comme nous l'avions fait hier dans la lutte contre l'apartheid, mais aussi contre la colonisation. Dans ces combats, nous étions tous ensemble, la couleur de la peau, la religion, les convictions intimes n'avaient pas d'importance. Aujourd'hui encore, la République doit rester indivisible. Les divergences entre antiracistes ne sont pas nouvelles : aux États-Unis, il y avait Malcolm X et Martin Luther King. Mais notre combat est le même : l'égalité des citoyens et des droits. Tout le monde est respectable et doit se respecter dans le combat contre le racisme en France.
Même ceux qui accusent la République d'être « islamophobe » ?
F. B. Je ne partage pas ce mot-là, mais ceux qui le disent ne sont pas mes ennemis. Et je ne veux pas que ces questions créent des fractures irréversibles qui empêchent la gauche de combattre l'exploitation et les dominations lorsqu'elle s'attaque au capitalisme qui les reproduit. J'en veux d'abord à ceux qui ont instauré un climat nauséabond après avoir créé des taux de chômage et de pauvreté insupportables. Ils ont tellement appauvri notre pays qu'ils ont créé un terreau fertile sur lequel poussent le racisme, les replis identitaires, le terrorisme, le radicalisme, notamment religieux. C'est à ce terreau que je veux d'abord m'attaquer. Je n'ai pas d'ennemi dans mon camp.
Comment concilier internationalisme et défense de la nation ?
F. B. La nation française, c'est la force d'un peuple et d'une histoire. La Révolution a construit une nation et une république. Le peuple a réussi à abolir la monarchie et à se libérer du nazisme, à mettre en place les jours heureux. Il faut valoriser cette histoire, et ce qui a fait sa force : la souveraineté de la nation. Pouvoir décider de nos choix. Cette souveraineté est aujourd'hui affaiblie par les traités européens, au travers desquels la finance décide de nos choix économiques. Nous aspirons à une Europe de nations solidaires, qui coopèrent entre elles.
Les traités sont aujourd'hui caducs : la règle des 3%, des 60%, le rôle de la Banque centrale européenne. A faudra qu'on se mette tous autour de la table pour organiser autrement l’UE. Il nous faut décider que la BCE prête directement aux États et supprime la dette Covid. Je proposerai que nous prenions le temps d'un grand débat dans chaque pays sur les règles d'organisation des rapports économiques, avec pour nouveau fil directeur les besoins humains et l'urgence écologique. Il faut reprendre la main sur l'économie : aujourd'hui, les traités ont tellement ouvert aux quatre vents notre économie que nous sommes devenus plus libéraux que les Américains ! La crise exige que nous sortions d'un modèle à bout de souffle.
Propos recueillis par Hadrien MATHOUX et Soazig QUÉMÉNER – Photos Aldo SOARES pour MARIANNE
Les communistes étaient présents à la manif pour la régularisation des sans-papiers à Morlaix le 19 janvier 2021, à l'initiative de la CGT défendant les travailleurs d'Aviland et de Prestavic (ici, Roger Héré, vice-président de Morlaix Communauté, et premier adjoint de Plouigneau, et Ismaël Dupont)
Morlaix, le 12 avril 2021.
Monsieur le Préfet du Finistère,
Je me permets de vous interpeller en tant que secrétaire départemental du Parti communiste français dans le Finistère sur la situation des travailleurs des entreprises de ramasse de volailles Prestavic et Aviland victimes d’un non respect du droit du travail, voire même de faits pouvant rentrer dans la catégorie de « traite d’êtres humains ».
A notre sens, ces travailleuses et travailleurs, ainsi que leurs enfants et conjoints, doivent pouvoir bénéficier d’un titre de séjour et d’une régularisation.
Or, treize travailleurs et travailleurs d’Aviland et les membres de leur famille sont sous la menace d’OQTF et un salarié de Prestavic encore. Cela nous surprend d’autant plus que des salariés de Prestavic ont eu obtenu des titres de séjour suite à leurs auditions et une plainte établie auprès de la Police des frontières.
C’est pour nous un très mauvais signal donné pour le respect du droit du travail quand des salariés qui témoignent dans le cadre d’affaire d’entorses au droit du travail sont menacés d’une reconduite à la frontière.
Le Parti communiste français salue l’action courageuse et déterminée de la CGT pour défendre ces travailleuses et ces travailleurs, et leurs familles, leur droit à un travail dignement rémunéré dans le cadre des garanties légales qui doivent être accordés à tous les salariés, et leurs droits au séjour régulier.
Les employeurs ne doivent pas profiter des situations de précarité causées par la situation des sans-papiers pour maximiser leurs profits au détriment de la santé et des droits des travailleurs.
Nous vous encourageons vivement à régulariser ces travailleuses et travailleurs et leurs familles qui font la preuve tous les jours de leur volonté de s’insérer dans la vie professionnelle, économique et sociale en France et qui ont subi des préjudices dans une relation d’exploitation au travail.
Nous étions avec de nombreuses associations, syndicats, partis politiques, élu.e.s, citoyennes et citoyens le mardi 19 janvier 2021 au rassemblement à l’initiative de la CGT organisé devant la mairie puis la sous-préfecture de Morlaix pour demander la régularisation de ces travailleurs sans papiers, et nous attendons de l’État et de ses représentants qu’ils mettent en application les dispositions du code d’entrée et de séjour des étrangers et du droit d’asile qui protègent les travailleurs victimes d’entorse au droit du travail et de traite d’êtres humains qui cherchent à faire valoir leurs droits.
C’est une question de respect des lois et des valeurs de la République, comme d’humanité.
Nous comptons fortement sur votre attention portée à ce dossier et votre résolution à le faire évoluer positivement.
Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF, élu à Morlaix
Les progressistes, sionistes et non sionistes, ont joué un rôle central dans la construction du pays. Auteur de l’Échec d’une utopie. Une histoire des gauches en Israël, l’historien évoque un nécessaire mouvement judéo-arabe qui dépasserait la question du sionisme pour faire barrage à la droite et aux religieux.
Alors que la scène politique israélienne est dominée par Benyamin Netanyahou et ses alliés religieux et d’extrême droite, le livre de Thomas Vescovi se concentre sur la gauche israélienne. À la lumière de l’histoire, le chercheur dresse quelques pistes d’avenir.
Thomas Vescovi Je parle de l’utopie du sionisme de gauche. Dès son origine, le sionisme avait plusieurs tendances. Celle qui était de gauche, qui s’appelait également le sionisme travailliste, avait pour ambition de fonder un État pour les juifs, mais sur des bases socialistes ou socialisantes. J’ai voulu proposer une histoire de ce sionisme de gauche en prenant en compte toute cette gauche juive en Palestine qui n’était pas sioniste, qui a essayé de s’extirper de son statut de colon pour essayer de proposer une société qui serait à la fois juive et arabe. Je conclus à l’échec de cette utopie parce que, si la gauche sioniste a bien fondé Israël en 1948 et qu’elle a été pendant les trois premières décennies du pays majoritaire à la Knesset, aujourd’hui Israël est un État profondément marqué par une hégémonie des nationalistes et des religieux, de la droite.
Thomas Vescovi Le sionisme de gauche parvient à se créer par le fait que, à l’époque, en Europe, les juifs sont victimes d’un antisémitisme assez ancré dans les sociétés, notamment en Europe de l’Est. Les mouvements politiques qui vont essayer justement de libérer les juifs de cet antisémitisme sont souvent issus de la tradition socialiste ou marxiste. L’idée est de dire que les juifs, en Europe, ne pourront jamais être libres tant que l’antisémitisme sera présent. Contrairement aux marxistes, pour le mouvement sioniste, cet antisémitisme n’est pas lié à une conjoncture, mais à une mentalité des sociétés qui sera très dure à combattre. Dès lors, l’idée des sionistes est de proposer une émigration sur une autre terre, qui va être la Palestine. Là-bas, les juifs pourront alors mener leur révolution socialiste, en étant libres et en sécurité. Dans les premières décennies du sionisme, il y aura des combats politiques entre les différentes tendances du sionisme. Pour les sionistes travaillistes, l’état de fait permettra d’obtenir un État. Si le soutien diplomatique était important, ce qui l’était encore plus, c’était d’être sur le terrain, d’intégrer les populations qui arrivaient en Palestine. La gauche sioniste va s’appuyer sur des structures comme la confédération syndicale Histadrout et des partis politiques qui vont s’unir entre eux et fonder les piliers sionistes en Palestine, dominée par la gauche. À cet égard, le kibboutz a été un symbole de la gauche sioniste. Il y avait là les deux branches du sionisme travailliste : la formation politique et la formation défensive, militaire. C’est pour cela qu’en 1948, les principaux généraux israéliens qui mènent la première guerre israélo-arabe sont tous issus du mouvement kibboutz.
Thomas Vescovi L’objectif pour moi était d’expliquer qu’on ne peut pas faire une histoire des gauches en Israël sans prendre en compte ces deux champs, la gauche sioniste et la gauche non sioniste. Cette dernière est d’abord issue de militants qui vont venir en Palestine avec parfois cet esprit de sionisme travailliste. Ils pensaient pouvoir mener à bien cette révolution des juifs. Mais, en arrivant sur le territoire palestinien, ils se sont aperçus d’une contradiction profonde. Si on est vraiment socialiste, marxiste, la manière dont on se comporte avec la population locale, palestinienne, n’est pas juste. Leur volonté n’est pas de créer des alliances sur la base de groupes communautaires, mais des alliances de classes sociales. Ce qui va dynamiser cette gauche non sioniste, c’est, dès 1917, la révolution russe puis, en 1919, la création du Komintern, l’Internationale communiste. C’est ce qui va permettre à cette gauche qui commence à se poser des questions sur le projet sioniste d’avoir un espace pour exprimer ses critiques. On a ainsi la création du premier Parti communiste en Palestine, qui deviendra plus tard le Maki. Dans ce cercle, on a vraiment l’idée de vouloir créer les bases d’une alliance politique entre Arabes et juifs en Palestine. Et la volonté de montrer aux sionistes de gauche qu’ils se trompent. Cette gauche non sioniste n’a jamais été très influente, n’a jamais eu beaucoup de pouvoirs décisionnels. Mais elle avait cette force de mobilisation parce qu’elle avançait un discours complètement hétérodoxe. Au sein du Parti communiste israélien et de la gauche non sioniste, il y a cette idée de militer côte à côte, d’essayer de comprendre les aspirations de chacun. Ça a parfois provoqué des divisions, notamment lorsque l’URSS s’est ralliée à la partition de la Palestine, en 1947. Les juifs communistes estimant que si l’URSS le soutient, c’est que le projet est plutôt progressiste. Ce qui n’était pas l’avis des Arabes communistes.
Thomas Vescovi Ces militants se sentent profondément habitants du pays, mais ils considèrent que la société telle qu’elle est doit changer. Beaucoup de militants antisionistes israéliens ont quitté le pays depuis les années 2000. Ils considèrent qu’on ne pourra plus changer les choses. Mais, ceux qui sont encore là-bas pensent qu’ils font partie du problème. Ils se sentent presque responsables de ce que la gauche israélienne fait et a fait au peuple palestinien. Dans ce cadre, leur terrain de lutte, c’est bien le terrain proche-oriental. Il est intéressant de voir comment ils font pour essayer de s’extirper de leur statut de colons. Avant la création d’Israël, il était très compliqué, pour les membres de cette gauche non sioniste d’avoir des Palestiniens dans leurs rangs. Parce qu’ils étaient vus comme des colons. Ils vont arriver parfois à se faire entendre et comprendre. Il reste que, jusqu’à aujourd’hui, c’est au sein de cette gauche non sioniste que réside l’offre politique la plus originale. C’est ce que j’essaie de démontrer dans le livre, avec plusieurs exemples. Et notamment la dynamique, depuis deux ans, autour de la Liste unie, dirigée par le communiste Ayman Odeh. Mais je pourrais parler aussi du militantisme de cette gauche non sioniste qui, au lendemain de la guerre des Six-Jours, s’est battue contre la colonisation et a forcé la gauche sioniste à revoir sa manière d’appréhender les choses. Au point d’être une petite dynamique du grand camp de la paix, qui va amener la gauche sioniste à se prononcer pour une solution à deux États. Il y a un lien direct entre une gauche non sioniste minoritaire mais ultra-active et qui va progressivement réussir à amener cette gauche sioniste à se repenser, à revoir ses méthodes. Aujourd’hui, dans cette gauche-là, il y a plutôt une rupture : une gauche sioniste qui tend davantage vers le centre, notamment les travaillistes. Et une gauche non sioniste, dynamique, mais qui malheureusement n’a pas de relais au sein de cette gauche sioniste.
Thomas Vescovi L’objectif central des travaillistes n’était pas la création d’un État palestinien indépendant, mais d’abord de négocier une séparation à l’amiable. Ils avaient comme ambition d’essayer de donner une autonomie aux Palestiniens et, surtout, de séparer les deux sociétés dans le cadre de négociations. Uri Avnery (ancien député, animateur de Gush Shalom – NDLR) expliquait que la gauche sioniste s’était fourvoyée pour deux raisons. D’abord, elle était persuadée que l’arrivée au pouvoir d’Yitzhak Rabin suffisait, la paix allait arriver. Ils avaient cette illusion justement parce qu’ils avaient une totale ignorance du quotidien des Palestiniens. Parce que la gauche sioniste est incapable de comprendre son statut d’occupant et de colon. Ils avaient l’impression qu’en 1993, négociaient deux peuples qui pouvaient parler d’égal à égal. C’est pourquoi, en 2000, lorsque la seconde Intifada éclate, le camp de la paix a été dans une complète incompréhension des événements.
Thomas Vescovi Israël a favorisé une espèce de paix économique. Aux yeux des Israéliens, tous les Palestiniens qui continuent à lutter sont perçus comme des ultraradicaux qui ne veulent pas la paix. La séparation forcée ayant été mise en place, la question palestinienne n’existe plus. Mais, en Israël même, les Palestiniens, qui représentent 18 % de l’électorat, ne sont pas à égalité avec les juifs. L’idée centrale de la Liste unie (Parti communiste et Arabes – NDLR) est de créer un nouvel espace politique. Ayman Odeh estimait que, si la gauche sioniste voulait faire barrage à l’extrême droite et aux religieux, elle devait obligatoirement se tourner vers ceux que représentaient sa liste. Pour Odeh, il fallait dès lors participer à des négociations, mais la stratégie a échoué. Netanyahou l’a bien vu, lors du dernier scrutin, ce mois-ci. Il s’est tourné vers les quatre députés islamistes qui ont quitté la Liste unie en arguant qu’il fallait dépasser le clivage droite-gauche en Israël et qu’il était prêt à prendre des mesures pour les Arabes israéliens à condition d’être soutenu.
Thomas Vescovi Au sein du Parti travailliste et du Meretz, la gauche sioniste, on a des dynamiques différentes. Chez les travaillistes, il y a l’idée qu’en ayant un projet social, on a de meilleurs résultats qu’en se fourvoyant vers le centre. Le Meretz commence à comprendre qu’il ne pourra pas survivre sans soutien au sein des Palestiniens. Si les travaillistes continuent à présenter un programme social, tout en acceptant la colonisation et en refusant de discuter avec Ayman Odeh et les Palestiniens d’Israël, ils devront alors accepter de n’être plus qu’une variable d’ajustement gouvernementale seulement bonne, après les élections, à soutenir le centre. Parce que la question principale aujourd’hui est de savoir si on va vers un État religieux ou non. Et le centre apparaît comme en défense du laïc. Une des priorités politiques du camp progressiste, c’est la défense d’un État où les tenants d’un judaïsme différent, libéral, pourraient s’exprimer. Là où on a l’impression que les religieux, notamment avec Netanyahou, ont plus de pouvoir. En 1949, il y avait 71 députés issus des gauches sioniste et non sioniste. En 2021, il y a 72 députés sur 120 qui viennent de la droite. Donc, la gauche sioniste doit, mathématiquement, se tourner vers les Palestiniens. Au sein de la gauche non sioniste, il sera intéressant de voir comment Ayman Odeh pourra proposer une autre solution. Mais il est à craindre que l’effritement ne se poursuive, s’il n’y a pas plus de convergence et de synergie entre ces deux gauches, au profit d’un mouvement judéo-arabe ou arabo-juif qui dépasserait la question du sionisme. C’est, à mon sens, la seule façon de faire survivre en Israël un camp progressiste et de gauche.
Chercheur indépendant en histoire contemporaine, Thomas Vescovi se penche sur les gauches israéliennes dans son dernier ouvrage. Il remonte aux sources du mouvement sioniste, analyse les débats qui ont eu cours et s’intéresse à la gauche non sioniste, voire antisioniste, notamment au Parti communiste israélien (qui regroupe juifs et Palestiniens) pour essayer de comprendre ce qui pourrait sortir Israël de l’ornière où il se trouve et chercher des pistes à travers l’histoire.
Le résultat final du scrutin législatif du 23 mars en Israël - le quatrième en deux ans - donne 30 sièges au Likud de Benyamin Netanyahu, soit 6 de moins que lors de l'élection précédente en mars 2020. Procédant à de savants calculs de différentes combinaisons, le quotidien Haaretz - ainsi que plusieurs autres journaux, avec des proportions légèrement différentes - estime que le bloc "pro-Netanyahu" ne rassemble que 52 sièges tandis que les "anti" affirmés à ce jour seraient au nombre de 57 avec à leur tête le "grand nouveau champion" le parti Yesh Atid avec 17 sièges, lequel ne pourrait rassembler que 45 soutiens selon les décomptes à l'issue des consultations du président israélien, Reuven Rivlin.
Dans ce contexte, et pour parer à toute éventualité, le fils aîné de Netanyahu, Yair a commencé à "twitter" sur l'air de Trump de "l'élection volée". Toutefois, s'il est un fait que le Premier ministre sortant n'a pas, pour le moment, de majorité gouvernementale, il est autant vrai que l'"opposition" qui brille par son caractère hétéroclite et même antagonique est loin de pouvoir s'unir autour d'un quelconque objectif commun si ce n'est, peut-être, de se débarrasser de Netanyahu.
L'apparence de ce scrutin, telle qu'elle est présentée généralement, est donc qu'il s'agissait d'un vote pour ou contre Netanyahu d'où, dit-on, avec une « absence de clivage gauche-droite », puisque l'on retrouve dans l’ « opposition » des partis de centre gauche comme Yesh Atid (ce qui reste de vague héritage du mouvement dit des tentes de 2011), de centre comme Kahol Lavan (Bleu-Blanc de Benny Ganz), des travaillistes, de la Liste jointe - à laquelle participe le Parti communiste israélien -, la Liste arabe unie - islamiste -, l'extrême droite nationaliste Ysrael Beiteinu et la droite religieuse comme le Shas.
Cette apparence recouvre, en fait, d'une chape de silence et d'occultation la question fondamentale de l'occupation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est et de l'emprisonnement de la Bande de Gaza. En l'absence de situation conflictuelle active susceptible d'inquiéter la population, le sort qu'il faudrait réserver aux territoires occupés n'a pas été un enjeu. La bantoustanisation de la Cisjordanie avec son cortège de crimes de guerre quotidiens, de spoliations de terres et d'exaction des colons n'a pas eu d'incidence sur le choix de vote de la très grande majorité des électeurs. C'est sur la négation de cette question existentielle - tant pour les Palestiniens que pour les Israéliens - que le courant politique dominant a en quelque sorte fabriqué une « réalité alternative », virtuelle, sur laquelle Netanyahu vogue avec la désagrégation de la conscience politique de la grande masse des Israéliens. « Il me semble que nous avons perdu la boussole morale qui était avec nous depuis l’indépendance de l’État jusqu’à aujourd’hui. La boussole des principes et valeurs fondamentales que nous nous sommes engagés à défendre » avait déclaré Reuven Rivlin le 12 octobre dernier dans un discours à la Knesset.
Et c'est dans ce contexte de cécité collective dominante que le chef du Likud et ses acolytes d'autres formations se partagent le pouvoir depuis près de vingt ans qu'ils considèrent comme étant leur propriété de droit divin.
De ce fait, Netanyahu peut se targuer de plusieurs « succès ».
Il est ainsi parvenu à briser l'élan de l'un des plus sérieux espoirs de retrouver des projets d'avenir viables qu'incarne la Liste jointe, dirigée par le communiste Ayman Odeh, en ce sens qu'elle est l'expression progressiste d'une aspiration à la citoyenneté, à l'égalité de droits, des habitants palestiniens et juifs de l’État d'Israël.
Dès sa proclamation en 1948, les dirigeants de cet État ont systématiquement fait en sorte que cette exigence reconnue dans le document fondateur, ne soit pas mise en pratique dans la réalité. Les villes à majorité palestinienne ont été systématiquement victimes de sous-investissements de toutes sortes tant dans les domaines économiques, sociaux, politiques et notamment de sécurité publique. La révolte des communautés arabes (20 % de la population d'Israël) contre la multiplication des agressions et des assassinats, mais aussi, dans le même temps, leur aspiration à la citoyenneté à part entière avaient permis à la Liste jointe d'obtenir 15 sièges lors du scrutin du 2 mars 2020, la plaçant ainsi en troisième position à la Knesset et en capacité d'influer sur le processus législatif.
Ce qui était totalement insupportable pour la droite hégémonique.
Jouant à fond la démagogie selon laquelle il comprenait les colères des Palestiniens d’Israël et qu'il leur viendrait en aide, Netanyahu - l'année précédente, il avait hurlé au "coup de force arabe dans les bureaux de vote" - a courtisé les fractions les plus conservatrices de la communauté. Il a conforté Mansour Abbas et sa Liste arabe unie dans son choix de rompre son alliance avec la Liste unie pour se lancer, seul, dans la compétition électorale. Le numéro 2 de ce dernier, l'ex-maire de Sakhim, Mazen Ghanayim a affirmé que sa formation était prête à agir pour tout ce qui était bon pour sa clientèle et que son mouvement était prêt à s'allier avec quiconque allait dans le sens de l'amélioration des conditions de vie de son « public » et ceci même au niveau gouvernemental. Comme les partis ultra-orthodoxes juifs, pour qui la halakha doit être la loi suprême pour les Juifs, les chefs de la Liste arabe affirment que leur objectif est la mise en pratique de la charia par les Arabes. Ce courant existe de longue date : il se rattache directement à la mouvance des Frères musulmans (dont le Qatar est actuellement le protecteur) et s'appuie sur les éléments les plus traditionalistes et patriarcaux de la communauté palestinienne d'Israël. Mais son succès relatif repose également sur la colère de la communauté palestinienne contre les inégalités dont elle est victime.
Il semble en outre qu'une fraction de la jeunesse palestinienne peu politisée a voté pour la Liste arabe. Les accords Abraham de relations diplomatiques avec des monarchies du Golfe ont créé l'illusion d'une porte qui s'ouvrait enfin sur un monde arabe rêvé et interdit jusqu'à présent. Le vote contre ces accords par la Liste jointe a été exploité contre elle par Mansour Abbas.
Ceci étant, il est un fait, qu'à la faveur d'un revirement électoraliste, Netanyahu (qui s'est fait appeler "Abu Yair" - père de Yair - lors de sa tournée chez les communautés bédouines du Negev) a fait définitivement sauter un tabou non-dit - une bataille déjà menée avec succès lors du scrutin de l'an dernier par la Liste jointe - la négation par l'isolement politique du droit des Palestiniens d’Israël à une citoyenneté à part entière comme leurs compatriotes juifs. Mais il l'a fait de la pire manière en faisant élire quatre députés islamistes et en faisant croire à Mansour Abbas qu'il pourrait prétendre être un "faiseur de rois" au même titre que d'autres politiciens chasseurs de faveurs.
La "réussite" majeure de Netanyahu, en sa qualité de parrain du fondamentalisme intégriste juif, est d'avoir fait entrer dans la Knesset l’extrême droite raciste, antiféministe, anti-LGBT et fascisante juive en lui permettant d'obtenir 6 sièges (avec un septième au sein de sa propre liste, celui attribué à Ofir Sofer), ceci d'ailleurs au détriment des partis religieux "traditionnels" dont au moins 10% d'électeurs - habituellement captifs - jeunes ont "choisi la liberté". Ce faisant, cette nouvelle ultra-droite, dont l'idéologie est générée par le trumpisme - et largement financée par des structures libertariennes comme la fondation des frères Koch -, est devenue hégémonique dans l'opinion publique. Et dans un même mouvement "populiste", la culture politique des colons en Palestine occupée est devenue dominante et est agréée par la majorité de la société israélienne, soit 70% des électeurs. Dans ce sens, on peut d'ailleurs estimer que Netanyahu et consorts ont participé au parachèvement d'un processus enclenché par la conquête et l'occupation des territoires palestiniens et arabe lors de la guerre de 1967. Leur annexion définitive avec un statut d'apartheid pour les Palestiniens, est devenue une évidence "normale".
La "nouvelle" alliance comprenant des héritiers de l'organisation Kach se nomme désormais « le parti du sionisme religieux ». Prônant le suprémacisme juif et la déportation des Palestiniens, non seulement des territoires occupés mais aussi d'Israël - "la terre des Juifs de la Méditerranée au Jourdain" - ses chefs ont fêté leur succès d'une manière tonitruante. Itamar Ben Gvir l'un des deux chefs de l'alliance avec Bezalel Smotrich, est un disciple du rabbin Meïr Kahana, fondateur du parti raciste Kach. Cette formation avait été classée "terroriste" en Israël comme aux États-Unis après l'assassinat en 1994 de 29 Palestiniens dans le lieu saint juif et musulman, dit le "Tombeau d'Abraham", à Hébron, par l'un de ses disciples, Baruch Goldstein que Ben Gvir n'hésite pas à qualifier de "héros". En France, elle se manifeste sous le nom de Ligue de défense juive (LDJ).
Dès avant l'annonce des premiers résultats, Ben Gvir a proclamé que Netanyahu avait besoin de sa présence au gouvernement et qu'il souhaitait être le ministre de la Défense « de la Galilée et du Negev » - c'est-à-dire des régions essentiellement habitées par des Palestiniens d’Israël. Une fois élu, il a affirmé qu'il expulserait « uniquement » les Arabes « déloyaux » - autrement dit tous ceux qui ne feraient pas allégeance en prêtant serment à « l’État-nation juif » - tout en laissant entendre que l'on pourrait transformer ces zones en bantoustans puisque son objectif était de « protéger les résidents des zones périphériques qui souffrent d’une recrudescence non traitée de la criminalité arabe ». Il a été entendu : mercredi soir ses nervis ont vandalisé des dizaines de voitures de Palestiniens d’Israël à Kfar Qassem et "tagué" le slogan "l'expulsion ou la mort". Ce même 7 avril, à la veille de la commémoration mémorielle de la Shoah, s'adressant à la Knesset au député de la Liste jointe Ahmad Tibi, Bezalel Smotrich a affirmé : « Un vrai musulman doit savoir que la Terre d’Israël appartient au peuple juif, et (...) les Arabes comme vous qui ne le reconnaissent pas ne resteront pas ici. » « Du bist ein Rassist [Tu es un raciste] », lui a répondu Ahmad Tibi.
« Il n'y a plus de question palestinienne » est devenu un mot d'ordre largement popularisé. Et c'est là la troisième performance de Netanyahu. Dans l'immédiat, il projette ainsi de faire légaliser les « avant-postes » coloniaux en Cisjordanie. Il s'agit d'implantations, souvent construits en dur, de colonies que des sionistes religieux installent sur des terres appartenant à des Palestiniens qu'ils terrorisent sous le regard indulgent et complice des troupes d'occupation. Cette manière de reprendre de plus belle le processus d'annexion rampante est l'un des objectifs que Netanyahu va vendre aux partis qu'il courtise en échange d'une majorité à la Knesset. Ce qui, malheureusement, va de soi désormais pour l'opinion israélienne majoritaire, d'autant que les grands partis du « centre-gauche », trop couards de perdre des voix, sont restés totalement muets quant à la recherche d'une solution de paix et, éventuellement, de la coexistence de deux États. Un thème uniquement déployé par la Liste jointe qui s'est battue sur ces deux fronts intrinsèquement liés : la défense et la promotion des droits des Palestiniens d’Israël et celle de la fin de l'occupation des terres palestiniennes.
Pour les commentateurs reconnus médiatiquement, Netanyahu, par sa stratégie tous azimuts a participé à une sorte d’érosion (et de multiplication du nombre, treize actuellement) des partis à la Knesset - y compris le sien, en dégât collatéral - afin de ne pas avoir d'adversaire sérieux et, de ce fait, de pouvoir demeurer Premier ministre. Pour lui, il s'agit d'une obligation incontournable pour ne pas tomber dans la déchéance judiciaire du fait de multiples accusations de corruption. Ceci étant, la décomposition en un État illibéral - précurseur d'un État fasciste selon Haaretz - de ce qu'il est aujourd’hui encore, de bon ton d'appeler la démocratie israélienne, est bien en marche.
Le président Rivlin a désigné, mardi 6 avril, Netanyahu pour tenter de former un gouvernement. Ce faisant, ce personnage issu du Likud, accorde à « Bibi » quoi qu'on en dise, 28 jours de liberté d'initiative, auxquels il pourra ajouter deux semaines de plus. Le Premier ministre sortant est d'autant plus dangereux qu'il se sent en difficulté, alerte Haaretz : « Nous découvrirons un Netanyahu que nous n'avons jamais vu auparavant ; plus désespéré et dangereux que jamais, sans qu'on ait rien pour le maintenir sous contrôle. »
C'est ainsi que le bruit court que Netanyahu pourrait se faire nommer président de l’État par la Knesset. En effet, il se murmure à Tel Aviv que cette manœuvre - le mandat de 7 ans de Rivlin s'achève cet été - permettrait de lui ouvrir une "porte de sortie" tout en s'en débarrassant. Certains élèvent contre ce projet l'objection que « ce serait donner une bien piètre image d'Israël au reste du monde' », au point que le groupe travailliste (7 députés) vient de déposer un projet de loi pour contrer cette hypothèse. « Mais est-ce une préoccupation accessible aux fanatiques aveuglés majoritaires à la Knesset ? », répond-t-on.
Les semaines qui viennent vont être l'occasion d'un spectacle d’âpres et souvent sordides marchandages pour rassembler une majorité autour de Netanyahu. Le cas échéant, le premier acte du "roi d’Israël" sera de mettre fin à l'indépendance des juges suprêmes - à l'instar de ses collègues polonais et hongrois, Mateusz Morawiecki et Viktor Orban - afin de pouvoir se couvrir de l'immunité, en faisant voter une législation autorisant la Knesset à casser une décision de justice. Si Netanyahu échoue, ce sera le tour de Yair Lapid, le chef du deuxième parti de la Knesset, Yesh Atid. Il est déjà quasiment certain qu'il ne pourra pas rassembler une majorité face à l'arrogance de la droite extrémiste.
Ira-t-on alors vers un cinquième scrutin législatif ? Une coalition autour de Netanyahu serait-elle impensable ? comme croit pouvoir l'affirmer le Times of Israel en remarquant cependant : « Ajoutez à ce cauchemar ingouvernable le fait que cette nouvelle coalition comprend l’extrémiste kahaniste Itamar Ben Gvir et le militant anti-LGBT Avi Maoz, (du parti ultra-religeux Noam - ndr), deux représentants de la frange la plus radicale de la droite de la vie politique israélienne que Netanyahu a contribué à faire entrer au Parlement, et la « victoire » commence à ressembler à une déroute. »
Michel Muller
membre du Collectif Palestine du PCF

Le 6 avril dernier, lors de la prestation d’allégeance à l’État et à la Knesset, quatre des six députés de la Liste unie (Joint List) ont pris l'engagement solennel, en lieu et place du serment habituel, d'agir contre l'occupation, l'apartheid et le racisme. La parlementaire Aida Touma-Suleiman, de Hadash (Parti communiste d'Israël) a ainsi fait le serment suivant : « Je m’engage à combattre l’occupation ». Ofer Cassif également membre du Hadash a quant à lui déclaré : « Je m’engage à lutter contre le racisme et les racistes. » Les quatre élus ont été expulsés de la Knesset par la police. Ils sont sous la menace de lourdes sanctions, y compris d'être contraints au silence.
Trois jours plus tard, Ofer Cassif, "le seul député juif de la Liste unie", précise la presse de Jérusalem, participait à la manifestation organisée chaque vendredi à Jérusalem-Est contre l'expulsion de leur logement de familles palestiniennes au profit de colons, dans le quartier de Sheikh Jarrah.
Agressé par des policiers réprimant la manifestation, alors qu'il leur avait indiqué qu'il était membre de la Knesset, Ofer Cassif a été violemment frappé et jeté à terre où les coups n'ont pas cessé. "Dans un clip, on peut voir un officier mettre un genou sur le visage de Cassif alors qu’il est au sol" constate le Times of Jerusalem. « Un policier m’a donné un coup de poing au visage et a cassé mes lunettes. Ils m’ont traîné sur le sol et même lorsque j’étais allongé sur le sol, ils ont continué à me frapper. Deux policiers m’ont insulté et n’ont pas laissé l’ambulancier qui était là s’approcher de moi. », a indiqué Ofer Kassif en constatant : « Ce n’est pas la violence contre un député qui est le problème principal ici, c’est la brutalité policière continue contre tous les manifestants ». Sa collègue, Aida Touma-Sliman, a fait observer que la police avait le « feu vert » du gouvernement pour agir violemment. « Ofer a été attaqué par le même gouvernement et la même police qui tentent agressivement d’imposer le régime de l’occupation et des colons à Jérusalem-Est », a-t-elle précisé.
Michel Muller
membre du collectif Palestine du PCF
Journée internationale des prisonniers politiques - Liberté pour les prisonniers et les prisonnières politiques palestinien·es
Aujourd’hui, 4450 hommes, femmes, enfants, prisonnier·es politiques palestinien·nes sont détenu·es dans les geôles israéliennes.
Parmi eux, 140 enfants (moins de 18 ans), privés de scolarité ; 10 députés (membres du conseil législatif palestinien) privés de leur droit d’exercer leur mandat ; 26 journalistes pour avoir exercé leur droit à informer ; 440 sont en détention administrative (dont des enfants), c’est-à-dire emprisonnés sans inculpation ni jugement, 1 à 6 mois renouvelables indéfiniment.
Ainsi, la députée et militante féministe Khalida Jarrar a été condamnée à 2 ans de prison après avoir attendu son jugement pendant 16 mois. Marwan Barghouti, également député, condamné par les tribunaux d’occupation à 5 fois la perpétuité et emprisonné depuis 19 ans.
Les arrestations sont violentes et on lieu très souvent lors de raids nocturnes par des soldats lourdement armés.
Il s’agit d’une parodie de justice, d’une justice d’occupation. En Cisjordanie, les procédures sont militaires. Ce sont des tribunaux et des cours d’appels composés de militaires israéliens qui siègent au sein de 25 prisons ou centres de détention pour juger les Palestiniens.
Depuis 1967, près d’un million de palestiniens et de palestiniennes ont été emprisonné·es par les autorités militaires israéliennes. Ce chiffre illustre la politique de répression du peuple palestinien par les autorités israéliennes. Les arrestations et l’emprisonnement de masse sont une pratique systémique, pièces maitresses de l’occupation de la Palestine et du régime d’apartheid israélien. Il s’agit d’une attaque contre toute la société palestinienne.
Les conditions de détention sont indignes, les tortures lors des interrogatoires, la négligence et la maltraitance médicales sont d’usage courant.
Toutes ces pratiques violent le droit international des droits humains et le droit humanitaire de la guerre : Déclaration Universelle des droits de l’homme, IVème convention de Genève, Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant (C.I.D.E.).
En ce 17 avril, journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens,
L’AFPS dénonce la violation du droit international par l’État d’Israël.
L’AFPS demande que la France prenne les mesures qui s’imposent pour faire pression sur l’État d’Israël afin qu’il cesse cette politique illégales et indigne.
Aux côtés des défenseurs des droits humains palestiniens, nous demandons la libération de tous les prisonniers et toutes les prisonnières politiques palestinien·nes !
Le Bureau National de l'AFPS
Le 16 avril 2021
Rappel: deux conférences en ligne ce week-end sur ce sujet
- ce samedi 17 avril à 15h à l'initiative du réseau Barghouthi des villes françaises ayant pour citoyen d'honneur un prisonnier palestinien
https://www.france-palestine.org/Visioconference-Solidarite-avec-les-prisonniers-politiques-palestiniens
- ce dimanche 18 avril à 17h, à l'appel de la campagne pour la libération immédiate des enfants palestiniens prisonniers d’Israël (dont l’AFPS est membre)
https://www.france-palestine.org/Webinaire-sur-la-situation-des-enfants-palestiniens-emprisonnes-par-Israel
17 avril, journée internationale de solidarité avec les prisonniers palestiniens:
ils sont 4450 enfermés dans les geôles israéliennes, parmi eux, 140 enfants, 37 femmes et 440 détenus administratifs. La crise sanitaire n’a pas ralenti les arrestations puisque depuis septembre 2020, ce sont 100 Palestiniens de plus qui sont dans cette situation insoluble, ce type de détention de 6 mois, sans procès, pouvant être renouvelé à l’infini.
Alors qu’au moins 140 prisonniers auraient contracté le virus depuis le début de la pandémie, le gouvernement israélien par la voix du ministre de la Sécurité publique, Amir Ohana, a enjoint l’administration pénitentiaire d’attendre pour vacciner les détenus palestiniens. Il a fallu la pression d’ONG et de la justice pour qu’il fasse machine arrière.
La question des prisonniers et de leur libération sans conditions reste un acte central des revendications palestiniennes. Selon les derniers sondages du Palestinian Center for Policy and Survey Research, Marwan Barghouti, incarcéré depuis 19 ans et condamné à 5 peines à perpétuité, est même donné vainqueur des prochaines élections qui pourraient se dérouler à l’été.
C’est parce que le PCF soutient les droits du peuple palestinien que nous avons choisi ce moment pour lancer notre premier bulletin « Pour une paix juste et durable ».
La période ne permettant pas les rencontres dans le réel, il nous a paru utile de partager au moins virtuellement des éléments d’analyse de notre collectif sur l’actualité palestinienne et israélienne, les communiqués mais aussi des choix de lectures, de vidéos…
Il a été élaboré par le collectif de travail « Pour une paix juste et durable » qui se réunit depuis une dizaine d’année. N’hésitez pas à le partager !
Pour s’inscrire, contactez-nous par mail : collectif-palestine@pcf.fr
Mathilde Caroly
responsable du collectif Palestine du PCF

Le gouvernement d’Israël bafoue les droits fondamentaux du peuple palestiniens. Il bénéficie du soutien inconditionnel des États-Unis (seule la résolution 2334 (2016) ne s’est pas vu opposée un véto) et aussi du silence complaisant de l’Europe.
Sous la présidence de Donald Trump les exactions se sont accélérées
Aujourd’hui Joe Biden est au pouvoir à Washington, à l’initiative de quatre anciens hauts responsables israéliens : Zehava Galon, ancienne dirigeante du parti de gauche Meretz ; Avraham Burg, ancien président de la Knesset et ancien député travailliste ; Naomi Chazan, ancienne présidente du New Israel Fund et ancienne députée Meretz ; et Michael Ben-Yair, ancien procureur général, une tribune a été proposée aux parlementaires européens (tribune en français).
« L’annexion se déroule sous nos yeux : la colonisation et les démolitions de maisons palestiniennes s’accélèrent et l’Europe doit prendre des actions immédiates et concrètes pour que cessent ces pratiques destructrices, en travaillant avec l’administration Biden », a déclaré Avraham Burg, ancien président de la Knesset, à l’AFP.
Pour répondre à cette sollicitation, 442 députés et sénateurs de 22 pays d’Europe ont signé la lettre, envoyée dans la nuit de dimanche à lundi à Josep Borrell, haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et aux ministères des Affaires étrangères des 28 pays européens.
Le PCF rappelle qu’il existe un moyen de pression légitime : la suspension de l’Accord d’association entre l’Union européenne et l’État d’Israël tant que celui-ci n’en respectera pas l’article 2. Cet article précise que l’ action de l’Union (…) repose (...) sur l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, le respect de la dignité humaine, les principes d’égalité et de solidarité, et le respect des principes de la charte des Nations Unies et du droit international », et qu’elle « s’efforce » de développer ses relations avec les pays tiers « qui partagent » ces principes.
Nathalie L'Hopitault
membre du collectif Palestine du PCF
La Ligue des droits de l’homme (LDH), la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) ont saisi le Comité des ministres du Conseil de l’Europe à propos des manquements de la France dans la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du 11 juin 2020. Elles s’inquiètent notamment de l’attitude du ministère français de la Justice. Celui-ci se contente de demander aux procureurs de mieux motiver et caractériser leurs poursuites et entretient « volontairement une confusion entre le discours militant, dont l’appel au boycott des produits israéliens fait partie, et les propos ou actes antisémites, qui sont inacceptables par nature et réprimés pénalement ».
Pierre Barbancey
Chargé d’études à l’Observatoire des armements et auteur d’un rapport sur le contrôle des ventes de matériel militaire, Tony Fortin décrypte le retard institutionnel français et montre comment chez nos voisins le travail démocratique progresse. Entretien.
Tony Fortin Effectivement, ce débat demeure faible, à l’exception de quelques indignations conjoncturelles dès qu’on constate que des armes sont massivement utilisées pour commettre des massacres ou dans le cadre de conflits dans lesquels la France joue un rôle prépondérant, tels que le Yémen, le Rwanda ou la guerre du Golfe. Dans les années 1970-1980, déjà, les médias dénonçaient les ventes d’armes de la France à l’Afrique du Sud de l’apartheid. Pourtant, ces initiatives peinent à déclencher un véritable travail du Parlement sur le sujet. Pourquoi ? Parce qu’il y a une place prépondérante de l’outil militaire pour maintenir le rang de la France dans le monde, que l’on n’arrive pas à remettre en question.
Il y a aussi le problème de la concentration des pouvoirs entre les mains du président de la République, qui l’autorise à vendre des armes ou déclencher des guerres. Un relatif consensus existe au sein de la classe politique pour maintenir ces outils de puissance. À cela s’ajoute la faiblesse du Parlement en France, qui est sans cesse dévalorisé par l’exécutif, lequel ne lui donne pas les attributs nécessaires à un véritable contrôle.
Les députés n’ont pas accès aux informations qui sont disponibles dans d’autres pays de l’Union européenne, comme les quantités de matériel livré ou les notifications de refus lorsque des exportations ne sont finalement pas autorisées. Et quand les parlementaires posent une question au gouvernement, on leur oppose une fin de non-recevoir, ce qui est inimaginable ailleurs dans l’Union européenne. Il y a vingt ans, les autres pays de l’Union étaient pourtant au même niveau que nous. Ils ont progressé, contrairement à nous.
Tony Fortin Il y a plusieurs aspects, notamment la question de l’emploi dans les sociétés d’armement ; cette idée que, dans une période de crise, il est nécessaire de maintenir l’emploi dans ce secteur, avec des syndicats puissants et des partis politiques sensibles à cette question. Ce qu’on oublie de dire, c’est que les exportations d’armes, c’est juste 1,3 % du total de nos exportations. Or, on pourrait tout à fait faire le choix de reconvertir les sociétés d’armement vers d’autres secteurs et de maintenir l’emploi. C’est une question de choix politique.
De temps en temps, un rapport parlementaire est rédigé et préconise des solutions pour lutter contre cette opacité, mais, lorsque nous sollicitons des députés pour leur mise en œuvre, on fait face à un blocage. Autre exemple, nous avons détecté une prison secrète sur le site de Total au Yémen, et cela fait des semaines que nous demandons en vain l’audition à l’Assemblée nationale de Patrick Pouyanné, le PDG du groupe.
Tony Fortin Oui, même s’il ne faut pas non plus idéaliser ce qui se passe à l’étranger, parce que ce n’est pas un simple changement institutionnel qui va tout résoudre : la politique est aussi construite par chacun de nous, par les mobilisations sociales et parlementaires. Ces vingt dernières années, il y a eu des améliorations dans un certain nombre d’États de l’Union européenne, tels que le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou l’Allemagne, sur lesquels notre dernier rapport s’est concentré de manière exhaustive, même si nous aurions pu également nous pencher sur les cas de la Suède et de l’Italie, où il y a eu aussi des progrès. Ces trois pays, qui avaient une transparence quasi nulle au début des années 2000, font maintenant preuve de toute la transparence nécessaire sur les contrats d’armement, les types et les quantités de matériel, les refus d’exportation, etc.
En France, c’est aux citoyens ou aux parlementaires de dénoncer l’État lorsqu’il a livré tel ou tel type d’armement suspect.
Au-delà de l’accès à l’information, il y a également des dispositifs qui permettent d’enclencher une surveillance par les parlementaires. Par exemple, en Allemagne ou aux Pays-Bas, ces derniers sont informés sous quinze jours des nouvelles licences d’exportation d’armements qui sont délivrées par l’État. En cas de licence litigieuse, ils sont en capacité de créer un débat en amont, avant même que le matériel ne soit exporté. Cela a transformé les pratiques politiques, mais, en France, c’est aux citoyens ou aux parlementaires de dénoncer l’État lorsqu’il a livré tel ou tel type d’armement suspect.
Au Royaume-Uni, il existe une commission parlementaire dédiée qui mène des enquêtes sur les ventes d’armes britanniques. Par exemple, le débat sur la guerre au Yémen a eu lieu de manière très approfondie dès 2016. Ces « comités », comme on les appelle outre-Manche, ont conclu à la nécessité de suspendre les ventes d’armes à l’Arabie saoudite. Le débat parlementaire et démocratique est donc porteur de changement. Il y a eu des suspensions de livraison concernant la guerre au Yémen en Suède, en Norvège, en Italie ou en Allemagne, qui sont encore une fois la concrétisation de ces avancées démocratiques.
On peut également souligner le travail réalisé sur les ventes d’armes légères en Allemagne, pays qui a pendant longtemps été le quatrième exportateur mondial de ce type d’armement, et qui a abouti à un accord de gouvernement interdisant les ventes à des pays tiers en dehors de l’Union européenne. On a aussi l’annulation d’un contrat de vente de chars à l’Arabie saoudite en 2013, toujours en Allemagne, ou de chars Leopard à l’Indonésie par les Pays-Bas en 2012.
Il faut mettre en place cette commission d’enquête parlementaire permanente sur les ventes d’armes, qui aurait accès aux données classées secret-défense sur les contrats.
Tony Fortin Il faut mettre en place cette commission d’enquête parlementaire permanente sur les ventes d’armes, qui aurait accès aux données classées secret-défense sur les contrats. Cela permettrait un suivi régulier et de fond, sinon on va rester sur des indignations sélectives sans pouvoir agir en amont, lorsque les contrats sont négociés et décidés. Les parlementaires ne se substituent pas forcément à l’exécutif ; en restant pragmatique, on sait que ça va être compliqué. Mais le Parlement doit au moins jouer son rôle d’alerte et s’imposer comme une réelle voix indépendante.
Dans un document interne au gouvernement, révélé par l’ONG Disclose, un service de Matignon s’oppose clairement à un contrôle plus démocratique des exportations d’armement et cherche à mettre sous cloche les députés. Un enjeu pourtant brûlant depuis qu'a été révélé que des armes françaises ont été utilisées par l’Arabie saoudite dans la guerre au Yémen, y compris contre des populations civiles.
Qu’importe l’éthique, pourvu qu’il y ait la vente. Les exigences de transparence liées aux exportations d’armes ne semblent pas préoccuper la France, à en croire une note gouvernementale révélée par l’ONG Disclose, cette semaine. Ce document, rédigé par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), service rattaché à Matignon, s’oppose aux propositions du rapport signé par les députés Jacques Maire (LaREM) et Michèle Tabarot (LR). Publié le 17 novembre, il vise à doter le Parlement d’un contrôle plus démocratique des exportations d’armements. L’intérêt est principalement de savoir quel usage est fait par les puissances étrangères de ces achats. Une question particulièrement brûlante en 2019, lorsqu’il a été révélé que des armes françaises ont été utilisées par l’Arabie saoudite dans la guerre au Yémen, y compris contre des populations civiles, selon les rapports de plusieurs ONG. Ce qui contrevient au traité de l’ONU sur le commerce des armes, exigeant notamment qu’elles ne puissent servir à « des attaques dirigées contre des civils ou d’autres crimes de guerre ».
C’est donc pour éviter cela que le rapport de Jacques Maire et Michèle Tabarot propose la création d’une commission parlementaire spécifiquement dédiée à cette question. Mais, pour la SGDSN, le risque serait que « les clients » soient « soumis à une politisation accrue des décisions » qui nuirait aux affaires. Or, c’est bien pour prendre en compte des considérations politiques, à savoir ne pas vendre des armes pour des usages disproportionnés de la force, qu’une exigence de transparence est défendue. « Cette note semble indiquer que le gouvernement fait passer les intérêts financiers liés aux exploitations d’armes avant la protection des vies humaines, comme s’il s’agissait d’un banal commerce », dénoncent 13 ONG, dont Amnesty International.
Dans cette note, destinée à l’Élysée, Matignon et aux ministères des Armées, des Affaires étrangères et de l’Économie, la SGDSN avance un autre argument pour empêcher le contrôle parlementaire : « Sous couvert d’un objectif d’une plus grande transparence et d’un meilleur dialogue entre les pouvoirs exécutif et législatif, l’objectif semble bien de contraindre la politique du gouvernement en matière d’exportation. » Une phrase limpide, qui laisse penser qu’en cas de contrôle certaines ventes pourraient être annulées… « La main sur le cœur, l’exécutif nous dit qu’il respecte le droit international. Mais pourquoi dans ce cas-là serait-il réticent à ce qu’il y ait un regard extérieur sur ces ventes et pourquoi y opposer des arguments économiques ? » questionne André Chassaigne, chef de file des députés PCF.
Lire aussi : Les dessous de la tournée parisienne du président égyptien, gros client des marchands d’armes français
La SGDSN explique même que ce contrôle sur l’usage des armes vendues serait impossible, ces informations étant soumises au secret-défense. « C’est un peu facile pour l’exécutif de se cacher derrière cet argument pour empêcher les parlementaires d’agir. Il faut lever le secret-défense lorsque c’est nécessaire, notamment sur cette question, pour s’assurer que la France respecte les traités qui l’engagent », rétorque le député FI Bastien Lachaud. « On peut comprendre que ce secret existe, mais pourquoi ne pas imaginer que les députés qui siégeraient dans cette commission soient soumis à une obligation de réserve, comme cela arrive dans d’autres domaines ? » abonde André Chassaigne.
Pour empêcher que la proposition aboutisse, la SGDSN propose au gouvernement une stratégie, quitte à bafouer la séparation des pouvoirs : « Il convient de confirmer, avec les principaux responsables de l’Assemblée nationale, qu’ils s’y opposeront », préconise la note. Pour Bastien Lachaud, cette porosité entre l’exécutif et le législatif aurait déjà été à l’œuvre dès l’écriture du rapport parlementaire : « J’ai du mal à penser qu’un député de la majorité comme Jacques Maire ait pu rédiger un rapport, que les députés LaREM l’aient voté, sans qu’il y ait au moins un accord global avec le gouvernement. »
Ce rapport devait-il servir la communication de la Macronie, pour paraître publiquement pour transparence, mais, en sous-main, empêcher qu’elle ne se mette en place ? Une stratégie qui semble se confirmer dans la note de la SGDSN, qui préconise sans vergogne « d’adopter une position ouverte sur les propositions de renforcement de l’information du Parlement ». Tout en les torpillant.
Lundi, en marge de la visite controversée du président égyptien Abdel Fattah Al Sissi, Emmanuel Macron déclarait : « Je ne conditionnerai pas notre coopération en matière de défense comme en matière économique à ces désaccords » sur les droits de l’homme. Troisième plus gros vendeur d’armes au monde, la France a pour principaux clients, entre 2010 et 2019, l’Inde, le Qatar, l’Égypte et les Émirats arabes unis.
Jacqueline Héré - Ismaël Dupont - les élus départementaux (vice-présidents PS) Marc Labbey et Marie Gueye, et Yohann Nédelec, secrétaire fédéral du PS - Photo Jean-Yves Cabon: Brest, 16 avril 2021
Signature de l'accord entre le PS et le PCF pour les Départementales dans le Finistère (photo Jacqueline Héré)
Cet après-midi, socialistes et communistes ont conclu un accord pour le 1er tour des élections départementales dans le Finistère, dans le cadre d'un élargissement de la majorité "Finistère et solidaire", de manière à garder le département à gauche (il l'est depuis 1998) dans un contexte de crise où cette collectivité au cœur des solidarités est si importante. C'est la première fois qu'un tel accord intervient.
Cet accord - dans la lignée des municipales et de ce qui se passe dans les autres départements bretons - devrait permettre de gagner des élus communistes au département et de faciliter la réélection d'une majorité à gauche.
Il est basé sur plusieurs grandes orientations explicitement mentionnées:
1. Répondre à l'urgence sociale
2. Engager la transition écologique
3. Être plus encore la collectivité des solidarités
4. Renforcer l'accueil des mineurs non accompagnés
5. Défendre les services publics, notamment pour les EHPAD
6. Contribuer à un renouveau démocratique.
Le PCF présentera avec le PS, et des citoyens de gauche s'inscrivant dans cette dynamique majoritaire, des candidats dans les cantons de Brest-1 (Bellevue-Lambezellec), Morlaix, Pont-de-Buis, Pont L'Abbé, et peut-être encore dans un cinquième canton encore à déterminer en fonction de l'évolution des discussions.
Le PCF présentera aussi des suppléants dans plusieurs autres cantons.
Cet accord intervient après 6 mois d'échanges, en multilatérale sur 2 réunions, et ensuite avec le PS, et d'autres organisations, en bilatérale, pour tenter d'avancer vers l'union.
Cette volonté d'accord portée par le conseil départemental du PCF comme par celui du PS, et les élus de la majorité sortante, marque pour les communistes une double ambition politique:
1. garder nos collectivités bretonnes (Bretagne, Finistère) à gauche à l'issue des élections du 27 juin en faisant le choix du rassemblement avec les majorités sortantes à dominante PS actuellement, majorités sortantes qui sont les mieux placées pour gagner et résister à la droite, mais aussi
2. conquérir plus d'espace pour influencer les décisions dans le sens des idées communistes pour la participation citoyenne, des collectivités aux services des besoins sociaux, la réduction des inégalités, le service public, la primauté de l'humain, en faisant élire des élus communistes utiles aux habitants au Département du Finistère comme à la Région Bretagne.
Face à Macron, à la menace du RN, avec la fragmentation de la gauche et son affaiblissement, il faut faire front commun si on veut que tout ne soit pas balayé par la droite (l'ancienne ou la nouvelle) et l'extrême-droite, et si l'on veut montrer qu'une gauche de justice sociale peut encore être le meilleur allié des intérêts de la population, tout particulièrement des classes populaires.
Si les électeurs en décident ainsi, cet accord pourrait nous amener à gagner 4 conseillers départementaux communistes dans le département du Finistère, élus sur des binômes de rassemblement et d'union de la gauche.
Le fait que les élections régionales soient le même jour que les élections départementales a aussi favorisé une volonté de travailler sur une stratégie claire et cohérente d'union, sans "géométrie variable", sachant que dans les autres fédérations bretonnes il y avait aussi la volonté de conserver ou de reprendre les départements à gauche et de gagner des élu.e.s communistes.
Pour un Finistère toujours plus solidaire
Il y a encore quelques années, l’existence même des Conseils départementaux était remise en cause. Le rôle qu’ils ont joué dans la crise sanitaire prouve pourtant à l’évidence qu’ils sont au contraire indispensables pour notre cohésion sociale.
Nous demandons des moyens financiers pour les départements, qui soient la garantie de leurs capacités assumer leur mission sociale, de service public et d’égalité d’accès aux droits.
Dans le Finistère, la majorité départementale de gauche a démontré qu’il est possible d’allier solidarité, attractivité, développement durable, promotion du service public et démocratie.
Les prochaines élections départementales interviendront dans un contexte totalement inédit. L’absence d’anticipation du gouvernement peut faire craindre une très forte abstention. Plus que jamais, l’union de la gauche est nécessaire. La fédération du Finistère du PS et la fédération du PCF ont décidé de passer du discours aux actes et ont signé un accord électoral afin de renforcer encore la majorité de gauche du Conseil départemental du Finistère.
L’objectif commun est bien, pour l’ensemble des candidat-es qui se présenteront sous l’étiquette de la majorité départementale, de renforcer, d’améliorer et d’amplifier les politiques mises en œuvre dans le Finistère depuis de longues années déjà.
Répondre à l’urgence sociale
La crise sanitaire a accentué ou révélé des situations sociales dramatiques faisant passer le nombre d’allocataires du RSA de 18 à 20 000 en quelques semaines.
Le prochain mandat devra voir un renforcement des moyens du Conseil départemental en particulier dans les domaines de la protection de l’enfance en danger ou de la lutte contre les violences faites aux femmes.
Plus que jamais, les départements de gauche, et nous souhaitons qu’ils soient encore plus nombreux au soir du second tour des départementales, doivent revendiquer la possibilité d’expérimenter le revenu de base et la possibilité pour les 18/25 ans de percevoir le RSA.
En lien avec les autres collectivités, le département devra apporter une attention particulière à toutes celles et tous ceux qui ont été obligé de cesser leurs activités : restaurateurs, intermittents du spectacle, professionnels du tourisme et des loisirs, commerçants…
Engager la transition écologique
Si elle est passée au second rang des préoccupations, l’urgence climatique s’impose pourtant à nous. La promotion du développement durable est inscrite dans l’adn du Conseil départemental du Finistère puisque, sous l’impulsion de Pierre Maille, il fut l’un des premiers départements de France à se doter d’un agenda 21.
Toutes les politiques engagées autour du pacte alimentaire territorial, de l’aide à l’installation des agriculteurs ou du développement des circuits courts seront poursuivies et amplifiées.
Il en va de même pour les transports avec la plateforme https://ouestgo.fr qui doit encore monter en puissance, ou le schéma vélos qui ne demande qu’à se renforcer. Il va de soi que le Conseil départemental interviendra avec détermination pour redonner au transport ferroviaire la place qui lui revient.
La collectivité des solidarités
Au cœur de l’action du Conseil départemental se trouvent la promotion et la défense des solidarités. Elles peuvent s’exercer envers nos concitoyennes et nos concitoyens les plus fragiles ou envers les territoires.
Cette recherche permanente d’égalité envers l’ensemble des Finistériennes et des Finistériens est plus que jamais indispensable. Elle passe par un approfondissement des méthodes de participation et d’évaluation des politiques, déjà mises en place.
Elle passe aussi par une exigence d’équité de la part de l’Etat qui a trop tendance à se défausser sur les collectivités locales et à les laisser prendre à leur charge des dépenses qui relèvent de la solidarité nationale.
L’accueil et l’accompagnement des mineurs non accompagnés (MNA) seront renforcés.
Handicap : augmenter le nombre de place d’accueil dans les IME, réduire les délais d’attente, être attentif à l’amélioration de la qualité des internats, augmenter les moyens de la MDPH. Simplifier les démarches administratives pour les personnes en situation de handicap et mieux les accompagner pour leur faire connaître les dispositifs auxquels ils ont le droit et leur permettre d’en bénéficier.
Services publics partout
Cette solidarité ne peut s’exprimer qu’à travers un service public assuré par des agents dévoués et entièrement mobilisés dans la défense de l’intérêt général. Nous aurons à inventer de nouveaux outils de concertation afin d’échanger encore plus avec celles et ceux qui mettent en œuvre les politiques du département dans le comité départemental d’action sociale, les collèges, les routes….
L’accès de l’ensemble des Finistériennes et des Finistériens à ces services publics doit être garanti et amélioré en prenant garde que le développement du numérique ne se traduise pas, pour certains, par une forme d’exclusion.
Les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) du Finistère sont, et resteront, quasi-exclusivement publics. C’est un enjeu essentiel pour permettre à toutes les personnes âgées qui en ont besoin d’être hébergées correctement.
Un accueil des personnes âgées dépendantes de qualité passe aussi par une revalorisation des salaires des métiers de l’aide à la personne, ainsi que par un travail autour de la formation initiale et continue.
Renouveau démocratique.
La période récente n’a pas été propice aux grands rassemblements. Et pourtant, dès que la situation sanitaire le permettra, le Conseil départemental devra reprendre son rôle de rassembleur des élu-es et des forces vives du Finistère et organiser des moments de rencontres et d’échanges.
Les comités d’évaluation des politiques du Conseil départemental sont désormais systématiques. Cependant, la qualité des diagnostics apportés peut toujours s’améliorer notamment en allant chercher les avis des personnes les plus éloignées de l’action publique.
L’expérience « paroles de jeunes » illustre parfaitement la démarche qui doit être celle d’une collectivité locale du 21e siècle : élaborer les dispositifs avec les usagers.
Pour mettre en œuvre ce projet, la fédération du Finistère du Parti socialiste et la fédération du Finistère du Parti communiste ont passé un accord électoral qui prévoit que des candidat-es titulaires communistes et de progrès représenteront la majorité départementale au moins dans les cantons de Brest 1, Morlaix, Pont de Buis et Pont l’Abbé. Le Parti socialiste apportera son soutien aux candidats communistes et de progrès et le Parti communiste apportera le sien aux candidats présentés par le PS et les candidats issus de la société civile.
Les désignations des suppléant-es interviendront plus tard.
Fait à Brest le 16 avril 2021