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19 février 2025 3 19 /02 /février /2025 10:05
A coeur ouvert, Journal santé du PCF, février 2025 - "Ouvrir ensemble un chemin d'espoir" (Fabien Roussel)
A coeur ouvert, Journal santé du PCF, février 2025 - "Ouvrir ensemble un chemin d'espoir" (Fabien Roussel)
A coeur ouvert, Journal santé du PCF, février 2025 - "Ouvrir ensemble un chemin d'espoir" (Fabien Roussel)
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A coeur ouvert, Journal santé du PCF, février 2025 - "Ouvrir ensemble un chemin d'espoir" (Fabien Roussel)
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A coeur ouvert, Journal santé du PCF, février 2025 - "Ouvrir ensemble un chemin d'espoir" (Fabien Roussel)
A coeur ouvert, Journal santé du PCF, février 2025 - "Ouvrir ensemble un chemin d'espoir" (Fabien Roussel)

Cet exemplaire de "A cœur ouvert" daté de février 2025 sera distribué à 2000 exemplaires dans les hôpitaux, centres de santé, maisons de retraite du Finistère par les militants du PCF Finistère.

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19 février 2025 3 19 /02 /février /2025 08:02

Nous sommes nombreux, élus locaux communistes, du Finistère, de Bretagne, et de France, et de toutes tendances politiques, à avoir signé cette tribune des syndicats de journaliste de l'audiovisuel public (SNJ CGT, SUD, SNJ) contre les réorganisations en cours et baisses de moyens pour l'audiovisuel public.

En ce 19 février, date de parution de la tribune dans les journaux Ouest-France, Le Poher, La Marseillaise, on compte 1888 signatures d'élus locaux mais il est toujours possible de signer.

 

https://elus.sauvonslaudiovisuelpublic.fr/

L’audiovisuel public est un trésor, préservons-le !

L’audiovisuel public a 85 ans et son existence a toujours été un enjeu culturel et démocratique de premier plan. De l’ORTF et sa tutelle étatique sur l’information à la loi de démantèlement du monopole en 1974, de la privatisation de TF1 à la sanctuarisation de la concurrence privée en 1986, la place et la vocation de l’audiovisuel public ont toujours dû être âprement défendues. Si l’on regarde l’attachement des Français, l’audiovisuel public ne s’est jamais aussi bien porté. Depuis cet automne, deux radios publiques, France Inter et France Info sont en tête des audiences, devant toutes les stations privées. Sur l’année écoulée, le réseau France Bleu a gagné environ 87 000 auditeurs, et France Culture franchit le cap des deux millions d’auditeurs.

Du côté de la télévision, selon une étude auprès des téléspectateurs commandée par France Télévisions en 2022, les antennes de France 3 en régions se trouvent très largement devant TF1, M6, et même devant France 2 et France 3 National sur les sujets suivants : la confiance, l’équilibre, le plaisir à regarder, l’absence de parti pris, la diversité, le lien entre les citoyens, l’indépendance vis à vis des pouvoirs politiques et économiques ou encore la différence par rapport à ce qu’on peut regarder sur les autres chaînes.

Un véritable plébiscite, qui reflète également l’importance de l’audiovisuel public pour les enjeux démocratiques dans notre société. Les antennes de France 3 et France Bleu offrent un maillage territorial sans équivalent, permettant d’apporter à chaque citoyen une information de proximité, attrayante et fiable. Outre la radio et la télévision, ce réseau régional offre également, pour chacune de ses antennes, de véritables sites d’information de référence en accès libre et gratuit.

A l’heure où l’on assiste à la prolifération de fausses informations sur les réseaux sociaux, et même à l’apparition de contenus générés par l’intelligence artificielle, ce journalisme de terrain est le meilleur des antidotes pour pouvoir continuer à partager ensemble une même réalité. Aussi, nous vous mettons en garde contre les nombreux risques que comporterait une fusion ou une holding afin de “rationaliser” la gouvernance de l’audiovisuel public.

Un projet initialement étudié au printemps 2024, dont le retour à l’agenda parlementaire, prévu au mois de décembre, a été ajourné par la chute du gouvernement Barnier. Depuis, la ministre de la culture, Rachida Dati, a annoncé que l’examen de la proposition de loi devrait se faire mi-mars. Or nous considérons que l’objectif de « rationalisation » de l’audiovisuel public constitue une mauvaise piste et une fausse solution si nous voulons vraiment renforcer nos médias sur le plan national et international.

“Rationaliser”, cela signifie en général, réduire les effectifs. Le 6 novembre dernier, lors des auditions des président.es des entreprises de l’audiovisuel public sur les contrats d’objectifs et de moyens, ces dernières ont alerté sur les trajectoires “de sacrifice” qui leur sont demandées avec des budgets impossibles à tenir sans abandonner une partie des missions.

Sur les territoires que nous représentons, moins de moyens, cela peut signifier moins de présence sur le terrain. Moins d’espaces pour relayer les sujets, les débats qui animent nos communes, nos départements, nos régions. Moins de temps d’antenne pour que les artistes, les acteurs associatifs, les élus, et toutes celles et ceux qui font vivre nos communautés puissent s’exprimer et exister.

La chasse aux économies qui accompagnerait inévitablement tout projet de fusion ou de holding aurait également de sérieuses conséquences sur l’emploi, alors que l’audiovisuel public représente 17 000 salariés, et 108 000 emplois indirects. Il fait vivre 4500 entreprises et crée de la richesse, partout sur nos territoires : un rapport européen estime qu’un euro investi dans l’audiovisuel public rapporte en moyenne 3 euros pour l’économie française.

La télévision et la radio publiques représentent également 500 millions d’euros d’investissements dans le cinéma, la musique, la fiction, les documentaires ou encore les séries. Ce sont des programmes qui mettent en valeur notre patrimoine, notre culture et nos régions, et qui ne trouvent pas d’équivalent sur les chaînes privées. Souhaitons-nous les voir s’amenuiser ou disparaître ?

Sans parler du coût financier : décidée en 2000, la création de la holding France Télévisions, qui rapprochait les chaînes France 2, France 3, France 4, France 5 et RFO a pris 10 ans, engloutissant 189,2 millions d’euros d’argent public dans les différents processus d’adaptation de ses structures. Dans l’immédiat, un regroupement des entreprises de l’audiovisuel public ne permettrait donc pas de réaliser des économies, mais il ferait aussi peser un véritable danger sur ce qui constitue un des garants de la vitalité démocratique dans notre pays.

En juin dernier, les antennes de France 3 en région et celles de France Bleu ont été exemplaires, organisant des débats et parvenant, le temps d'une campagne éclair qui n'a duré que 3 semaines, à informer les citoyens sur la plupart des candidats aux élections législatives.

N’oublions pas non plus les risques de pressions, politiques ou économiques, qui pourraient s’exercer sur la présidence d’une holding qui regrouperait tout l’audiovisuel public. Voulons-nous vraiment concentrer tant de pouvoirs entre les mains d’une seule personne ?

Une fusion ou une holding comporterait inévitablement des risques d’affaiblissement du projet éditorial des médias publics, dont la force repose justement sur la pluralité de l’offre et la complémentarité des contenus qu’ils adressent à des publics variés. Dans le contexte d’une fusion, l’effacement du média radio serait inévitable, alors même que Radio France fait figure d’exemple européen.

Si nous souhaitons que les entreprises de l’audiovisuel public puissent continuer à s’adapter aux défis de notre époque, si le respect du pluralisme et de la diversité éditoriale, la création et l’indépendance de l’information sont toujours des enjeux, nous devons leur offrir une vraie stabilité, à la fois financière mais aussi dans leur périmètre et dans leur organisation.

Comme l’hôpital ou comme l’éducation, l’audiovisuel public, fondé sur le triptyque « informer, cultiver, divertir », constitue l’un des services essentiels au fonctionnement de notre société.

Pour l’ensemble de ces raisons, nous appelons les parlementaires à rejeter tout projet de fusion ou de holding de l’audiovisuel public.

Parution de la tribune "L'audiovisuel public est un trésor, préservons-le" dans le Ouest-France, 19 février 2025

Parution de la tribune "L'audiovisuel public est un trésor, préservons-le" dans le Ouest-France, 19 février 2025

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17 février 2025 1 17 /02 /février /2025 07:33
« Nous voulons, comme tout le monde, la liberté de vivre en paix » : à Strasbourg, des milliers de Kurdes demandent la libération d’Abdullah Öcalan

20 000 Kurdes venus de toute l’Europe se sont rassemblés, samedi 15 février, à Strasbourg, après une marche à travers toute la France, pour réclamer une nouvelle fois la libération d’Abdullah Öcalan, détenu depuis 26 ans sur l’île prison d’Imrali en Turquie. La revendication d’un État kurde indépendant est désormais dans toutes les têtes.

Jean-Jacques Régibier

« Pour nous c’est une journée noire, un jour où l’injustice a frappé un leader qui représentait un peuple qui voulait la liberté », affirme Hatip Dicle, le coprésident du Congrès démocratique du peuple qui regroupe tous les partis et les associations de défense des Kurdes au Kurdistan. Il a été député en Turquie et a fait aussi plusieurs années de prison. Autour de lui, des milliers de drapeaux jaunes avec la photo d’Öcalan claquent au vent froid, portés par une foule qui occupe toute la largeur des grands boulevards du sud de Strasbourg, sur plusieurs kilomètres.

« Depuis 26 ans, les Kurdes n’ont pas arrêté de lutter avec une énergie énorme. La cause kurde est plus claire aujourd’hui, les revendications et les attentes du peuple kurde sont largement connues maintenant au niveau mondial. Donc on peut dire que ce jour noir où tout a commencé il y a 26 ans, est devenu petit à petit un jour plus lumineux. Nous avons beaucoup plus d’amis dans le monde. Nous allons réussir, et cette victoire ne sera pas seulement la nôtre, ce sera aussi celle de nos amis, de ceux qui ont été sensibles à la lutte du peuple kurde », poursuit Hatip Dicle. La marche de ce samedi 15 février se déroule dans un contexte totalement nouveau au Proche-Orient, depuis la chute de Bachar al-Assad.

En Syrie, les Kurdes sont implantés dans le nord, l’est et l’ouest du pays, notamment dans le Rojava qui jouxte la frontière avec la Turquie, où depuis janvier, l’Armée nationale syrienne (ANS) soutenue par la Turquie, a repris plusieurs localités et menace désormais Kobané. « Les opérations militaires visent à casser le lien entre les Kurdes de Syrie et ceux de la Turquie », analyse le député européen honoraire Francis Wurtz, du PCF.

Vivre en paix

En parallèle, le gouvernement turc a destitué vendredi un 9e maire pro-Kurdes, celui de la grande ville de Van (un million d’habitants), à l’est de la Turquie, pour le remplacer par un administrateur nommé par le régime turc, alors que depuis le mois d’octobre, Erdogan semblait vouloir entrer dans un nouveau processus de paix avec les Kurdes. « Erdogan joue un jeu extrêmement trouble, en autorisant d’une part la visite de responsables du parti kurde DEM à Öcalan dans sa prison, tout en lançant des opérations militaires contre les Kurdes au Rojava, et en destituant un nouveau maire pro-Kurdes. Ce sont des signaux contradictoires », souligne Francis Wurtz qui doute qu’Erdogan veuille réellement entrer dans une négociation avec les Kurdes.

« Depuis 1989, Öcalan avait dit que la situation du Moyen-Orient était chaotique, avec des régimes antidémocratiques installés partout, et qu’il fallait donc absolument sortir de là, non pas avec une politique basée sur le nationalisme, comme le fait la Turquie, mais en incluant toutes les nationalités », rappelle le porte-parole de la confédération démocratique kurde en Europe, Morat Ceylan, qui déplore que ni le Conseil de l’Europe ni la Cour européenne des droits de l’homme implantés à Strasbourg n’agissent réellement pour la libération d’Öcalan, alors que le droit pour tout prisonnier de pouvoir un jour être libéré figure dans la Convention européenne des droits de l’homme, dont la Turquie est signataire.

Venu d’Irlande, Paul Gavan, le député du Sinn Fein à l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, dénonce lui aussi les attaques continues des mercenaires soutenus par la Turquie contre les civils qui vivent dans la région autonome du Rojava. « Je suis avant tout ici pour appeler à la paix et au dialogue. Le processus de paix en Irlande est la preuve concrète de ce qui peut être réalisé grâce à des négociations qui regroupent toutes les parties concernées », explique-t-il.

Après une marche de plusieurs kilomètres au sud de Strasbourg, les milliers de manifestants, parmi lesquels beaucoup de jeunes venus de différents pays d’Europe, ont conflué pour un grand meeting où alternaient discours politiques, témoignages, danses et musique kurde. Maya, qui a 20 ans, est venue d’Afrin pour faire ses études en Allemagne, mais veut retourner dans le Rojava sitôt qu’elle aura obtenu ses diplômes. « Actuellement, je ne vois qu’une seule chose qui peut nous sauver, c’est un état indépendant qui protège nos enfants. Je rêve d’un Kurdistan indépendant. Nous ne sommes pas des terroristes, nous voulons, comme tout le monde, la liberté de vivre en paix », dit-elle.

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17 février 2025 1 17 /02 /février /2025 07:13
Chronique de Maryse Dumas, syndicaliste, dans l'Humanité Magazine: caisses automatiques sans présence humaine des supermarchés, un four! - 14 février 2025
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17 février 2025 1 17 /02 /février /2025 07:13
Pierre-Edouard Stérin, saint patron des Réacs - Dossier du Nouvel Obs de la semaine

Après l'Humanité qui, la première, a lancé la bombe du projet Périclès d'emprise médiatique et politique de Pierre-Edouard Stérin, milliardaire normand d'extrême-droite enrichi grâce aux Smartbox, ancien militant de l'UNI, émigré fiscal en Belgique, le patron du fond d'investissement Otium (1,6 milliards d'actifs) qui incarne un patronat décomplexé, ultra tradi et réactionnaire, raciste, homophobe et ultra-liberal comme Bolloré, c'est le Nouvel Obs qui produit une enquête très intéressante sur Sterin, sa stratégie et des réseaux, sa proximité avec Bruno Retailleau, Marine Le Pen, Jordan Bardella, Éric Zemmour. Son ami et associé François Durvye est le conseiller économie de Le Pen et Bardella. Lui-même a racheté la maison de Jean-Marie Le Pen à Rueil-Malmaison (2,5 millions) permettant à la famille de récupérer 1,8 millions de plus-value (un quart de la somme pour Marine Le Pen). Il a financé pour 300 000 euros la campagne de Thierry Mariani, ancien proche de Sarkozy et Pasqua, tête de liste du RN aux régionales dans sud-est, et voulu prendre le contrôle du groupe Bayard, propriétaire des maisons d'édition jeunesse chrétienne, des journaux chrétiens humanistes La Croix, Le Pèlerin, via François Morinière, ancien du journal l’Équipe, pour leur imposer une ligne identitaire, clairement réactionnaire, anti immigration, pro-capital, tout en voulant investir dans une école de journalisme pour former les nouveaux journalistes de l'ultra-droite avec Bolloré qu'il admire. L'affaire est à suivre mais ce dossier montre bien que plus que jamais les milliardaires adeptes du séparatisme social qui ne payent pas leurs impôts en France pour que leur fortune et patrimoine progressent de manière exponentielle d'année en année entendent maintenant comme Vincent Bolloré, Bernard Arnault, l'ami de Trump, Pierre-Eduard Stérin, prendre directement le pouvoir, quitte à faire monter par un matraquage idéologique et médiatique les idées les plus rances de l'extrême droite, anti femmes, anti avortement, identitaire, raciste, anti-égalitaire et ultra-libérale.

Ismaël Dupont

 
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17 février 2025 1 17 /02 /février /2025 06:46
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14 février 2025 5 14 /02 /février /2025 07:07
Une de L'Humanité - 12 février 2025

Une de L'Humanité - 12 février 2025

« La police antiterroriste arrête un antifasciste pour le remettre à un état autoritaire » : l’écrivain Éric Vuillard apporte son soutien à Gino, menacé d’extradition vers la Hongrie

Tribune

Par Éric Vuillard, écrivain

Publié le 11 février 2025

Le mandat d’arrêt européen a été institué en 2002, afin de renforcer la coopération policière et judiciaire en matière pénale. Il s’agissait d’étendre le principe de reconnaissance mutuelle des décisions judiciaires. Mais une telle reconnaissance suppose que les décisions judiciaires sont prises partout sur la base de droits démocratiques à peu près équivalents. On aurait pu espérer que la coopération européenne permettrait une harmonisation des législations favorables aux libertés publiques. Cela ne s’est, hélas, pas produit.

Depuis 2010, l’extrême droite s’est implantée dans plusieurs gouvernements européens. À la tête des exécutifs italien, hongrois et belge, elle participe à des coalitions gouvernementales aux Pays-Bas, en Finlande et en Slovaquie. Il existe, par ailleurs, en Italie, d’importantes dispositions du droit pénal héritées du droit fasciste et qui n’ont jamais été supprimées.

Dans le contexte actuel, le mandat d’arrêt européen devient donc une procédure délicate, et, à bien des égards, dangereuse. Puisqu’elle incite mécaniquement à collaborer avec des gouvernements d’extrême droite ou des régimes autoritaires.

Le cas de Rexhino Abazaj concentre en lui tous les périls, toutes les absurdités de cette situation. La justice hongroise a émis un mandat d’arrêt européen contre Rexhino Abazaj. Il est accusé d’avoir participé à des violences contre des militants d’extrême droite. Réfugié en France, il a été arrêté le 12 novembre par une équipe de la sous-direction antiterroriste.

Rappelons que son inculpation en Hongrie repose sur sa participation, le 11 février 2023, à une manifestation contre un rassemblement néonazi entendant célébrer la mémoire des SS.

Rexhino Abazaj est aujourd’hui enfermé à la prison de Fresnes. Ses avocats réclament sa remise en liberté, et déclarent que le mandat d’arrêt européen émis à son encontre ne peut pas être exécuté, puisque la justice et les prisons hongroises ne répondent en aucun cas aux critères exigés.

Dans le même cas que Rexhino Abazaj, Ilaria Salis a été arrêtée à Budapest à l’issue de la même manifestation. Elle est accusée de tentative d’agression et de faire partie d’une organisation d’extrême gauche. Elle risque jusqu’à vingt-quatre ans de prison.

On voit qu’il existe tout d’abord dans ces affaires une ambiance générale que l’on est bien obligé de qualifier de délirante. Voici dans un cas, une femme arrêtée pour tentative d’agression sur des militants néonazis, célébrant la SS, et qui risque, elle, et non pas eux, onze ans de prison (en cas de plaider-coupable – NDLR). Dans le cas de Rexhino Abazaj, une équipe de la sous-direction antiterroriste arrête un militant antifasciste pour le remettre à la Hongrie, État dont tous les médias proclament unanimement le caractère autoritaire.

Et, dans les deux cas, tout se passe comme si la Hongrie devenait brusquement un pays européen comme les autres. Tous les discours tenus sans cesse sur « l’illibéralisme » d’Orban se volatilisent dès qu’il s’agit de défendre les droits et les libertés les plus élémentaires. Lorsqu’il redécoupe la carte électorale, refuse de soutenir l’Ukraine, refuse les sanctions contre la Russie, ou félicite Trump, on le juge dangereux pour la liberté, mais on continuerait de pratiquer avec son régime un échange poli de prisonniers, comme si de rien n’était, comme si – par un étrange tour de passe-passe – le respect des libertés ne concernait ni les accusés ni les détenus. Mais alors qui cela concerne-t-il ?

Voici la version kafkaïenne de cette histoire : la police française « antiterroriste » arrête un militant « antifasciste » pour le remettre à un état « autoritaire », où il risque une peine « absolument disproportionnée » avec les faits qui lui sont reprochés par « une justice que domine très largement le parti au pouvoir ». Ici, tout marche à l’envers, toutes les fonctions sont perverties. La police antiterroriste arrête un antifasciste pour le remettre à un état autoritaire, au nom de la coopération européenne, qui devient, de fait, une valeur supérieure à la liberté humaine. On oublierait presque que la Hongrie a été épinglée plusieurs fois pour ses mauvaises conditions d’incarcération, et qu’à son procès, en Hongrie, la militante italienne était enchaînée au tribunal.

En résumé, nous vivons des heures étranges, où les procédures censées créer un espace commun, une justice commune, sont en réalité les outils d’une politique aveugle et répressive. On remettrait des accusés à n’importe quel régime sous prétexte que le pays fait partie de l’Union européenne, on s’en tiendrait strictement à des données formelles, à des affirmations gratuites, et qui vont pourtant à contre-courant de tout ce que nous savons.

Car personne n’ignore ce qu’est le régime de Viktor Orbán, personne n’ignore son accaparement du pouvoir, la manière dont il corrompt le fonctionnement de l’État hongrois, cela fait sans cesse la une de la presse, nul ne peut donc faire comme s’il s’agissait d’une démocratie libérale. C’est ce qui explique la très forte mobilisation autour de Rexhino Abazaj. Dans cette affaire, tout le monde sait à quoi s’en tenir. Et toutes les fables inconsistantes que le régime hongrois pourrait raconter à propos de sa justice et des conditions d’incarcération ne peuvent convaincre personne. Rexhino Abazaj ne peut pas être remis à la Hongrie.

Pour le moment, la procédure se déroule comme si la Hongrie était un interlocuteur normal, les magistrats ont demandé à la Hongrie des informations sur les conditions d’incarcération, comme la procédure le prévoit. Mais si les magistrats ne peuvent faire autrement que de suivre les procédures, et donner le change, cette demande n’en est pas moins une absurdité. On réclame des justifications que l’on sait impossibles, on réclame une réponse dont on ne peut ignorer la mauvaise foi. Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.

En réalité, si l’on s’en tenait aux principes, jamais Rexhino Abazaj n’aurait dû être arrêté sur la base d’un mandat d’arrêt émanant d’un régime qui se réclame lui-même de « l’illibéralisme », jamais il n’aurait dû être arrêté par la police antiterroriste, jamais il ne devrait se trouver à Fresnes.

On parle sans cesse de « transparence », mais lorsqu’on est face à un cas tout à fait clair, lorsqu’on y voit parfaitement bien, lorsqu’il n’y a aucun doute sur le choix à faire, on se conduit comme s’il fallait éclaircir le problème, en savoir davantage. On se comporte comme si la justice, la vérité, les faits, étaient des choses purement formelles, et qu’il fallait avant tout s’en tenir aux procédures, quitte à maintenir quelqu’un en prison un peu plus longtemps, quitte à réclamer des renseignements inutiles sur des choses que l’on connaît parfaitement, quitte à faire comme si l’on devait résoudre une question, alors qu’on a déjà la réponse.

Il faut que Rexhino Abazaj retrouve la liberté.

Dernier ouvrage paru : Une sortie honorable (Actes Sud).

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14 février 2025 5 14 /02 /février /2025 06:59
7 milliards d’euros de coupes pour les collectivités : tout ce que menace « le pire budget de l’histoire » - Léa Petit Scagnola, L'Humanité, 12 février 2025
7 milliards d’euros de coupes pour les collectivités : tout ce que menace « le pire budget de l’histoire »

Un effort de 7,1 milliards d’euros, faussement minimisé à 2,2 milliards par le gouvernement, menace le fonctionnement et les projets des collectivités. Ces restrictions financières font courir de lourds dangers pour les services publics et le quotidien des citoyens.

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14 février 2025 5 14 /02 /février /2025 06:56
Richard Ferrand: une girouette au Conseil Constitutionnel - Par Patrick Le Hyaric, 11 février 2025
Richard Ferrand - Une girouette au Conseil constitutionnel.
Richard Ferrand sait nager dans les eaux troubles du régime des copains et des coquins de la macronie. Son maître-nageur le propose à la tête du Conseil constitutionnel. Voici un parcours qui en dit long sur le pourrissement de notre vie politique.
Après être passé par toutes les nuances du Parti socialiste pour se faire élire député du Finistère, il hume le vent du large et lâche subitement F Hollande pour monter sur l’embarcation d’E Macron. Il n’a été ministre qu'un mois et quatre jours, rattrapé par son passé de directeur des Mutuelles de Bretagne et des accusations de favoritisme envers sa compagne, jamais jugé car...prescrit. Ses activités à plein temps de porte-flingue du chef de L’État lui valent un licenciement sec des électrices et électeurs de la circonscription de Carhaix-Châteaulin en 2022.
Le monde est si petit qu’au Conseil constitutionnel, il risque de retrouver l’ancienne procureure de la cour d’appel de Rennes qui a la particularité d’avoir classé sans suite l’enquête visant ce même Richard Ferrand dans l’affaire des Mutuelles. Puis, il ne faut pas être trop malicieux pour voir un retour d’ascenseur dans le fait que Madame la procureure a été nommé au Conseil constitutionnel par… Richard Ferrand lorsqu’il était président de l'Assemblée nationale.
Mais ce n’est peut-être pas le plus important. Après avoir proposé la suppression de la référence à la Sécurité sociale dans la constitution, (c’est dire le niveau de ses convictions socialistes.) Ferrand avait été chargé de mener campagne pour trouver une voie afin que le président de la République puisse faire trois mandats. Sans rire, ni rougir, il avait appelé cela une « respiration démocratique ». Autant dire qu’il ne manque pas d’air ! Depuis des mois, des juristes de France et de Navarre sont consultés sur le point de savoir si, en démissionnant avant le terme de ce quinquennat, E Macron pourrait se représenter pour un nouveau mandat de cinq ans. À la tête du Conseil constitutionnel avec désormais de nombreux amis, dont une insupportable connaissance, Mme La juge L Vichnievski, affiliée au parti du Premier ministre renvoyée aussi par les électeurs il y a quelques mois, Ferrand a sans doute pour mission de dénouer et déblayer ce mur juridique pour E Macron. En continuant de maintenir l’extrême droite à flot pour se retrouver face à elle dans une hypothétique présidentielle avancée, les puissances d’argent pensent pouvoir maintenir artificiellement le président pro-business au pouvoir cinq ans de plus. Il ne faut donc pas aller chercher trop loin. L’illibéralisme n’est pas qu’à l’Est, et le vent du Trumpisme ne souffle pas qu’à l’ouest dans le régime des copains et des coquins !
Patrick Le Hyaric
11 février 2025
 
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14 février 2025 5 14 /02 /février /2025 06:42

 

 

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