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20 mai 2025 2 20 /05 /mai /2025 05:05

Le parti de droite Les Républicains tourne définitivement la page du gaullisme et se donne un dirigeant de droite "extrême", réactionnaire, conservateur, xénophobe et anti-immigration, bourgeois étroit attaché à un projet anti-égalitaire, favorable aux intérêts des millionnaires et milliardaires, un populiste des beaux quartiers en somme.

Que ce soit lui ou Laurent Wauquiez les ponts étaient tout trouvés avec le RN qu'à déjà rejoint Ciotti, l'ancien président de LR, et pour qui votent surtout beaucoup d'anciens électeurs du RPR, de l'UMP et de LR. 

Préféreront-ils l'original à la copie de nouveau? En tout cas, le congrès de LR aura donné lieu à un véritable concours de postures ultra droitières entre Retailleau et Wauquiez, image d'une dérive idéologique significative de la bourgeoisie travaillée par les "idées" de Zemmour, Renaud Camus, Bolloré, Sterin et consorts. A la gauche maintenant, plus représentative de la majorité sociologique et des intérêts du plus grand nombre, d'être à la hauteur de ses responsabilités et du rendez-vous imposé du rassemblement pour empêcher cette part de la France à certains égards neo-petainiste, du moins inspirée par les idées d'extrême-droite, d’asseoir son pouvoir.

Ismaël Dupont

L'analyse dans le journal L'Humanité:

Retailleau: l'ultra-droite au pouvoir chez les Républicains
Bruno Retailleau prend la tête de LR et met le cap sur 2027

À l’issue de son congrès, les militants du parti de droite ont désigné le ministre de l’Intérieur comme leur nouveau président. Une campagne marquée marquée par le sceau de l’outrance, en particulier contre l’immigration.

Anthony Cortes

La droite a son nouveau chef. Ce dimanche 18 mai, après le vote de 97 736 adhérents des « Républicains » (LR), Bruno Retailleau a été désigné président du parti. Avec 74,3 % des voix, le ministre de l’Intérieur devance très largement Laurent Wauquiez (25,6 %), député de la Haute-Loire. Il succède ainsi à Eric Ciotti qui a laissé son poste vacant après avoir décidé de s’allier au Rassemblement national lors des dernières élections législatives. Dès l’annonce des résultats, le candidat malheureux a malgré tout tenu à avertir le vainqueur : « Il faut rassembler toute la droite et porter un projet de rupture ».

Une victoire pour quels enseignements ? Même après trois mois de campagne, il est difficile de déterminer clairement ce qui a séparé Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez sur le plan idéologique. L’un comme l’autre ont tout misé sur la fermeté migratoire et sécuritaire quitte à s’enfermer dans la surenchère. Le premier s’est retranché dans la « défense de la France des honnêtes gens », « ceux qui croient au travail, à l’effort, au mérite », qui souffrirait, selon lui, de l’immigration, coupable de tous les maux.

L’immigration comme obsession commune

« Depuis un demi-siècle, aucun phénomène n’a autant bouleversé notre société », expliquait-il au JDD le 11 mai, affirmant que cela « exerce une pression continue sur notre modèle social ». D’où ses propositions outrancières sur le sujet : contestation de l’État de droit, qui, à l’en croire, empêcherait toute réforme migratoire, volonté de restreindre le droit du sol sur tout le territoire national, croisade contre l’aide médicale d’État (AME)…

Le second, pour tenter de se démarquer, s’est lancé dans des propositions plus chocs encore sur cette même thématique. Dont celle-ci, partagée à l’occasion d’un entretien accordé au JDNews le 8 avril : « Que les étrangers dangereux sous OQTF (obligation de quitter le territoire – NDLR) soient enfermés dans un centre de rétention à Saint-Pierre-et-Miquelon, hors de l’Hexagone. »

Une façon de créer l’événement qui rappelle les méthodes du président américain, Donald Trump. Même si Laurent Wauquiez a préféré saluer un autre « modèle pour la droite », ce jeudi sur LCI : la première ministre d’extrême droite italienne, Giorgia Meloni. Dans la même lancée, le lendemain, cette fois à l’antenne d’Europe 1, le député a affirmé vouloir rassembler autour de lui plusieurs personnalités d’extrême droite, telles que Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête, ou encore l’ancien ministre Philippe de Villiers, qui squatte désormais les bancs de CNews. Avec Wauquiez comme Retailleau, c’est le gaullisme qu’on enterre.

 

Municipales 2026, présidentielle 2027 : quel plan pour LR ?

La seule distinction entre les deux candidats, au-delà des différents degrés de provocation, est à trouver dans leur niveau d’implication dans la démarche du « socle commun ». L’un préférant la participation active au gouvernement depuis la place Beauvau dans le but de marquer des points à droite et à l’extrême droite en exerçant des responsabilités, quand l’autre préfère rester à l’extérieur pour prendre le rôle de poil à gratter.

Un angle d’attaque largement épuisé par Laurent Wauquiez jusqu’au bout de la campagne : « Quand vous êtes dans un gouvernement, il y a la solidarité gouvernementale. Vous n’avez entendu aucun de nos ministres dénoncer le fait que François Bayrou ait décidé d’enterrer la loi d’interdiction du voile dans le sport : c’est normal, ils ne peuvent pas critiquer. Bruno a dit qu’il voulait être ministre de l’Intérieur et le rester, c’est très bien, ça peut être très utile, mais pas cumulé avec la présidence des ”Républicains”, sinon nous ne pourrons pas exercer de pression pour que les choses bougent », a-t-il développé lors de son dernier meeting, tenu ce vendredi.

La victoire de Bruno Retailleau désormais actée, plusieurs questions se posent. Avec quels alliés entend-il mener ses troupes à l’assaut des municipales de 2026 ? Surtout, après ce congrès qui avait tout d’un tremplin vers la course à l’Élysée, comment entend-il aborder la prochaine présidentielle ? Si les ambitions de Laurent Wauquiez s’éteignent par ce résultat, lui qui entendait porter une candidature « d’alliance des droites » qui ne se « dilue pas dans la Macronie », d’autres personnalités de droite loin d’être disqualifiées et plus ou moins proches de LR entendent encore empêcher Bruno Retailleau de porter le drapeau.

De l’ancien premier ministre Édouard Philippe à Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France. Sans oublier David Lisnard, maire de Cannes, qui demande des primaires ouvertes à droite. « De grâce, n’ayons pas tout de suite des obsessions présidentielles qui nous ont coûté cher ! » a tenté de temporiser le nouveau chef de LR la semaine dernière. Jusqu’à quand ?

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20 mai 2025 2 20 /05 /mai /2025 05:00

 

 

 

 

 

 

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20 mai 2025 2 20 /05 /mai /2025 04:55
Salon du bourget: pas de complicité avec les crimes contre les Palestiniens

Marianne Margaté, sénatrice communiste de Seine-et-Marne:

Salon du Bourget : Pas de complicité avec les crimes contre les Palestiniens !

Cette année, la 55e édition du salon du Bourget accueille neuf entreprises israéliennes spécialisées dans l’armement. Ce choix est inacceptable au regard du droit international et des crimes actuellement commis à Gaza.

Rappelons les faits :

Le 26 janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) a jugé plausible l’accusation de « génocide » portée contre Israël par l’Afrique du Sud.

Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à l’encontre de dirigeants israéliens, dont l’actuel Premier ministre.

 

Le 12 mai 2025, l’association Jordi (Juristes pour le respect du droit international) a mis en demeure l’Union européenne pour son absence de réaction face au risque avéré de génocide à Gaza.

Aujourd’hui, Israël poursuit ses attaques contre la population palestinienne, aggravant une situation déjà intenable à Gaza. Permettre à des entreprises complices de ces exactions d’exposer au salon du Bourget, c’est cautionner directement cette violence.

En juin 2024, la mobilisation populaire avait permis l’annulation de la participation israélienne au salon Eurosatory. Aujourd’hui encore, des centaines d’associations et nous-mêmes, parlementaires communistes, exigeons la même chose au Bourget.

J’interpelle donc le ministre des Affaires étrangères : que comptez-vous faire concrètement pour annuler cette participation complice ? Quelles sanctions allez-vous prendre pour faire respecter le droit international ? Quelles mesures urgentes seront mises en œuvre pour permettre enfin l’accès à l’aide humanitaire à Gaza ?

La France doit choisir clairement son camp : celui du droit international, de la paix, et du refus absolu de toute complicité avec les crimes contre les Palestiniens.

Retrouver ici la question écrite de Marianne Margaté, sénatrice communiste de Seine-et-Marne : https://senateurscrce.fr/.../face-au-risque-avere-de...

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18 mai 2025 7 18 /05 /mai /2025 08:56

 

Résolution du Conseil national du PCF – 17.05.2025

Depuis la rupture de la trêve le 18 mars dernier, le gouvernement d’extrême-droite israélien de Benyamin Netanyahou poursuit une guerre destructrice contre la population de Gaza. Il annonce, en violation totale du droit international, sa volonté de réoccuper l’intégralité de Gaza et il organise un blocus hermétique du territoire palestinien, y interdisant l’entrée de toute aide humanitaire et créant de ce fait une situation de famine qui menace plus de 2,1 millions de personnes piégées et bombardées. L’armée israélienne se livre à une politique de terre brûlée sur un territoire qu’elle a fragmenté, enfermant la population de Gaza dans de minces bandes de terre surpeuplées, détruisant les infrastructures médicales et privant les habitants d’eau, de nourriture et d’électricité.

Les institutions internationales soulignent le fait que Gaza est devenu un trou noir humanitaire. D'après un rapport de l'ONU publié cette semaine, 470 000 personnes à Gaza sont confrontées à une faim catastrophique (phase 5, la plus élevée de l'échelle de référence) pouvant entraîner leur mort. Dans le même temps, plus de 116 000 tonnes d’aide alimentaire – suffisamment pour nourrir un million de personnes pendant quatre mois – sont bloquées dans les couloirs d'aides. Face au risque de génocide, il est plus urgent que jamais d'arrêter ce blocus criminel.

L’objectif de cette politique de terreur est manifestement de pousser des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants à prendre la fuite dans les conditions les plus inhumaines, ce que revendiquent ouvertement les ministres d’extrême droite du gouvernement Netanyahou et que soutient l’administration étatsunienne de Donald Trump. En Cisjordanie occupée, les frappes de drones, les incursions armées et la violence des colons israéliens se déchaînent. Des camps entiers de réfugiés ont été vidés (Jenine, Nour Shams, Tulkarem). Là encore, la volonté du gouvernement israélien est d’annexer illégalement la zone et de la vider de sa population palestinienne.

Ce sont là des crimes de masse, des crimes contre l’humanité, que dénoncent les Nations unies, l’UNWRA et le PAM. Alors que la Cour Pénale Internationale (CPI) évoque un « risque plausible, réel et imminent de génocide », ces crimes tombent sous le coup de la justice internationale et tous ceux qui sont directement impliqués devront répondre de leurs actes. Les condamnations de pure forme des gouvernements et de la communauté internationale ne suffisent plus. Alors qu’ils font l’objet de mandats d’arrêt internationaux, Netanyahou et ses complices doivent maintenant être traduits devant la CPI, tout comme les dirigeants du Hamas, responsables des crimes du 7 octobre 2023.

Benyamin Netanyahou est aujourd’hui soutenu par l’extrême droite en Europe, en France et aux Etats-Unis. Victor Orban, a dénoncé la Cour pénale internationale sans que cela ne fasse réagir l’UE. Et, bien que ses propositions provocatrices soient rejetées par l’immense majorité de la communauté internationale, Donald Trump réaffirme sa volonté d’expulser les Palestiniens de Gaza, cherchant à obtenir la complicité de certains gouvernements de la région. L’annonce, par la Maison Blanche, de l’envoi sur le terrain de forces paramilitaires privées, censées sécuriser le territoire, prépare les opinions à cette perspective.

Pourtant, cette politique criminelle se heurte à une pression croissante des opinions dans le monde. 148 États, c’est à dire une large majorité dans le Monde, reconnaissent déjà l’État de Palestine. De même que la France, d’autres gouvernements européens évoquent désormais eux-aussi la possibilité de reconnaître l’État de Palestine, et l’objectif de sanctions contre le gouvernement israélien d’extrême droite, tant qu’il bafouera le droit international, est aujourd’hui repris dans le débat public.

En Israël, une mobilisation inédite grandit de semaine en semaine pour l’arrêt de la guerre à Gaza, le retour des otages encore vivants que détient le Hamas, le départ de Netanyahou et de son gouvernement. Des officiers, des soldats, des réservistes manifestent à présent leur refus de servir une politique qui met en danger l’avenir et la sécurité du peuple israélien lui-même. Un sommet populaire pour la paix, « It's Time People’s Peace Summit », vient même de se tenir en présence de plusieurs milliers de citoyens juifs et arabes d’Israël.

Le pouvoir israélien est de plus en plus isolé internationalement. Il est aujourd’hui possible de l’arrêter dans ses entreprises criminelles.

Dans cette situation d’extrême urgence pour le peuple palestinien, le PCF entend mobiliser toutes ses forces en défense du peuple palestinien face à la visée génocidaire dont il est victime, en faveur de la reconnaissance des droits nationaux de celui-ci, pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Il exige que le gouvernement français :

  • Expédie sans délai une aide humanitaire massive aux Gazaouis, contribuant ainsi à briser le blocus criminel mis en œuvre par le gouvernement Netanyahou,
  • Porte dans les institutions européennes l’exigence de sanctions, de la suspension immédiate de l’accord d’association UE-Israël et mette fin à toute forme de coopération militaire,
  • Reconnaisse immédiatement l’État de Palestine aux côtés de l’État d’Israël sur la base des frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale,
  • Agisse pour la libération des otages israéliens et la libération des prisonniers politiques palestiniens dont celle de Marwan Barghouti,
  • Agisse pour le démantèlement de toutes les colonies israéliennes et la fin de l’occupation,
  • Prenne aux Nations unies, en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, toutes les initiatives propres à isoler totalement l’alliance Trump-Netanyahou.

 

Le PCF dénonce la décision des autorités israéliennes d’interdire l’entrée du territoire à deux délégations d’élus. Il appelle les autorités françaises à agir concrètement face à ce précédent dangereux.

Le PCF affirme sa solidarité agissante avec l’OLP, dans sa lutte indépendante pour la reconnaissance et l’application des droits nationaux du peuple palestinien, le respect du droit international pour aboutir à une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, et pour l’établissement d’un État de Palestine laïc et démocratique aux côtés de l’État d’Israël. Il apporte son entier soutien aux forces démocratiques et de paix en Israël.

L’appel, lancé conjointement par notre parti et l’Organisation de libération de la Palestine, en faveur de la création d’un large front international pour la reconnaissance des droits nationaux et l’autodétermination du peuple palestinien, est un levier essentiel pour redéployer et élargir la mobilisation populaire. La journée internationale du 4 juin, verra en ce sens la participation à Paris de nombreuses personnalités françaises et internationales, de représentants d’ONG, d’associations démocratiques, de syndicats, de partis, de militants des droits humains… Cette conférence sera l’occasion de lancer un appel pour accentuer la pression sur les gouvernements français et européens et plus généralement sur la communauté internationale, pour la reconnaissance de l’État de Palestine et poser les bases d’une alliance large pour la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien.

Le Conseil national du PCF appelle l’ensemble des fédérations à prendre partout les initiatives les plus larges (rassemblements et manifestations, rencontres publiques, recueil de signatures pour la pétition nationale, adoption de vœux par les collectivités locales…) permettant de faire grandir l’exigence de paix juste en Palestine. La campagne « Un million d’oliviers pour la paix », lancée par la fédération du Val-de-Marne, en lien avec l’Association des agronomes arabes, doit en être l’un des instruments, elle doit être largement relayée partout en France pour déployer une solidarité concrète.

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17 mai 2025 6 17 /05 /mai /2025 08:29
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17 mai 2025 6 17 /05 /mai /2025 08:11

 

 

Ce 17 mai 2025, à l’occasion de la Journée Internationale de lutte contre les LGBTQIphobies, le Parti Communiste Français tient à affirmer son soutien à toutes les personnes LGBTQI+ en France et dans le monde.

Chaque jour le confirme : depuis Trump jusqu’à Meloni, une internationale d'extrême droite se constitue et tente de balayer l’ensemble du monde. Partout où ils prennent le pouvoir, les femmes, les personnes LGBTIQ+, et l’ensemble des minorités subissent les pires politiques réactionnaires, prenant racine dans le complotisme et le sexisme.

La France, malgré des avancées telles que le mariage pour tous ou l’ouverture de la PMA, n’est pas exempte de cette vague idéologique qui traverse la planète. Ces derniers mois, les violences LGBTQIphobes progressent dans plusieurs pays dont la France où les infractions ont encore augmenté de 5% et les crimes et délits de 7%.

Nous pensons aux familles homoparentales traquées par le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni, plusieurs mères lesbiennes ayant vu leur nom rayé de l’acte de naissance de leurs enfants, pour ne faire apparaître que le nom de la mère biologique.

Nous pensons aux personnes transgenres visé·es, notamment par Trump aux USA et dans d'autres pays, par des campagnes transphobes d’ampleur qui les précarisent encore plus et les isolent davantage.

Nous pensons aussi aux personnes intersexe, du fait de la misogynie médicale, se voient mutilé·es dès la naissance, contraint·es à des traitements hormonaux lourds pour être conformes à tout prix aux normes dites « féminines » ou « masculines ».

Nous pensons enfin à cette jeune adolescente de 17 ans qui s’est donnée la mort au Panthéon suite à des pressions qu’elle aurait subies de la part de sa famille concernant son orientation sexuelle.

Nous n’oublions pas non plus, les personnes bisexuel·les, trop souvent  invisibilisé·es dans les milieux LGBTQI+, elle subissent l’hypersexualisation et une augmentation des risques de violences sexistes et sexuelles -les femmes bi ont 3,7 fois plus de risque de subir une agression que les femmes hétérosexuelles.

Nous soutenons l'initiative citoyenne européenne qui vise à interdire les "thérapies" de conversion en Europe. Les personnes LGBTQI+ ne sont pas malades et n'ont pas besoin d'être soignées ! Nous dénonçons également l'interdiction des drapeaux LGBT à l'Eurovision, une mesure qui nuit à la visibilité des personnes LGBTQI+.

Notre responsabilité est simple : combattre et résister.

Combattre et résister en revendiquant l'égalité pour toutes et tous indépendamment de son orientation sexuelle et de son identité de genre et agir pour la conquête de nouveaux droits pour les personnes LGBTQI+. Notre projet est celui d’une société débarrassée du capitalisme et du patriarcat. Nous revendiquons un service public de santé fort et ambitieux, qui permettra le remboursement total des transitions de genre par la Sécurité Sociale, des travaux de recherche sur le VIH/Sida, la nationalisation des entreprises du médicament et la fin des mutilations des personnes intersexes. Pour donner suite au Mariage pour tous et toutes, nous revendiquons l’adoption facilitée pour tous·tes, ainsi que l’accès à la PMA pour les personnes transgenres. Nous revendiquons une éducation ambitieuse concernant l’orientation sexuelle et l’identité de genre avec des moyens associés, afin d’éviter des drames semblables à celui de Lucas en 2023, victime d’homophobie. Nous exigeons des moyens pour les centres d'accueil ainsi que davantage de moyens pour la police et la justice. En outre, les personnes condamnées par la justice pour injure ou incitation à la haine lgbtphobe et sexiste doivent être inéligibles.

Enfin, en ce 17 mai, le PCF tient à saluer l’initiative menée notamment par Laurence Patrice à Paris, visant à l’inauguration d’un mémorial en hommage aux personnes homosexuelles victimes de la déportation ainsi qu’à toutes les personnes LGBTQI+ persécutées à travers l’Histoire.

Ainsi, les communistes agissent pour que les communes soient des lieux de résistance, des refuges et espace d'innovation pour les droits des personnes LGBTQI+.

Plus que jamais, le PCF affirme son soutien aux luttes progressistes, autant dans la rue, qu’à l’Assemblée Nationale, qu’au Sénat ! Construisons ensemble une société nouvelle !

Parti communiste français
Paris, le 16 mai 2025

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15 mai 2025 4 15 /05 /mai /2025 13:27

 

Débat sur la souveraineté énergétique de la France

Nous débattons aujourd’hui de la souveraineté énergétique de la France. Ou plutôt des solutions pour tenter de rattraper un immobilisme politique orchestré par les derniers gouvernements, qui naviguent à vue, dans un déni démocratique inacceptable.

La PPE 2025-2035, censée retracer notre avenir, a en effet été retardée depuis trois ans. Toutes les excuses ont été utilisées pour retarder un vote et la publication d’un texte. Pendant ce temps, on amusait le Parlement avec des textes sans cohérence les uns avec les autres, et sans vision stratégique pour accélérer des projets à l’arrêt. Votre méthode : rester au point mort, en appuyant fort sur l’accélérateur. Comme dans une voiture, ça fait ronfler le moteur, mais on n’avance pas d’un mètre

Aujourd’hui, vous vous présentez devant le Parlement, sans aucun vote ! Comble du déni démocratique : on apprend qu’un groupe de travail avec deux parlementaires de la majorité sera mis en place.

Nous vous demandons donc de stopper cette méthode, qui n’est qu’une pantalonnade, et de travailler à un projet de loi soumis au vote. Cela légitimerait ce texte, au lieu d’agir en catimini.

L’énergie n’est pas une marchandise, mais un bien commun. Il faut revenir sur la libéralisation du secteur, qui a fait gonfler les prix artificiellement sous l’effet du trading et des requins du secteur.

La souveraineté énergétique suppose le contrôle des ressources et des choix d’avenir. L’énergie est le sang qui irrigue notre économie, nos industries et nos foyers.

Le marché, par essence, ne connaît ni le long terme ni l’intérêt général. Il ne planifie pas, il ne sécurise pas, il optimise. Il ne protège pas, il spécule. Il n’investit pas, il optimise jusqu’à épuisement.

Pour notre part, nous sommes favorables à un mix énergétique : nous n’opposerons jamais les énergies renouvelables au nucléaire. L’urgence est de sortir des énergies fossiles, qui représentent encore 40 % de notre consommation énergétique.

La priorité devrait être donnée à l’électrification des usages dans tous les domaines. Cela nécessite des moyens, des politiques publiques de long terme, et non de la politique à la petite semaine, des primes annuelles rabotées l’année d’après. Et ce, sans faire peser cette transition sur les plus faibles d’entre nous ! Or vous avez prévu un rabot de 700 millions sur MaPrimeRénov’ et la fin de la prime à la conversion, alors que vous préparez la mise en place des futures zones à faibles émissions (ZFE) pour 2026 !

Il faut investir ! D’abord dans le nucléaire : six EPR2, peut-être quatorze, des petits SMR. Et après ? Où sont l’étude d’impact et l’avis du Conseil d’État ? Six EPR2, c’est 67 milliards d’euros au bas mot. Qui paiera ?

Le Président de la République peut limoger les PDG d’EDF les uns après les autres, mais est-ce EDF, exsangue, qui devra payer ? Ou les Français ? Où sont les milliards promis par l’État ? Nulle part !

Oui, nous avons besoin des énergies renouvelables. Mais pas dans une logique de financiarisation où des multinationales maximisent leurs profits. Où est la planification écologique ? Pourquoi le coût des raccordements ou la folie des prix garantis est toujours en vigueur ?

Même quand on ne produit pas, on est payé à ne rien faire.

Pas un mot sur les tarifs réglementés, sur la protection des consommateurs. Nous déposerons prochainement une proposition de loi pour mieux protéger les usagers.

En quatre ans, le prix des factures a augmenté de 72 % pour l’électricité et de 99 % pour le gaz ! Avec le dispositif succédant à l’Arenh, ce sera au moins 10 % d’augmentation !

Il faut d’urgence changer le mode de calcul des tarifs réglementés de vente (TRV) et s’attaquer aux taxes, qui représentent un tiers de la facture : il existe même une taxe sur une autre taxe, puisque la TVA se rajoute aux trois taxes existantes. (MM. Bruno Sido et Jean-Jacques Panunzi le confirment ; marques d’approbation sur les travées du groupe CRCE-K)

Notre pays compte 12 millions de Français en précarité énergétique. Baissons à 5,5 % la fiscalité sur l’électricité, bien de première nécessité.

Il faut des choix courageux. Premièrement, la fin de la libéralisation pour l’hydroélectricité : il faut que l’énergie reste dans le domaine public.

Il faut nationaliser Engie et TotalEnergies, aux côtés d’EDF. Soixante-dix-neuf ans après Marcel Paul, il faut une nouvelle loi de nationalisation pour grand service public de l’énergie.

Déposez un projet de loi, nous en débattrons et nous voterons.

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7 mai 2025 3 07 /05 /mai /2025 05:22

Les manifestations d’interne et de médecins libéraux focalisent ces derniers jours une partie de l’attention des médias sur la loi transpartisane portée par le député socialiste Garot sur la régulation de l’installation de ces derniers. 

Les Français vivent sur tout le territoire de fortes difficultés à trouver des médecins généralistes ou spécialistes de même que d’autres personnels de santé. Mais d’où vient cette pénurie ? 

Est-ce à cause d’une inégale répartition entre territoires associée à l’opportunisme médical ou à d’autres raisons liées aux politiques gouvernementales. 

Pour bien comprendre la situation actuelle et ce que peut être l’avenir, il faut prendre en compte le nombre total de médecins formés depuis la fin des années 1970, quand a commencé la formation de ceux qui partent actuellement en retraite. Il faut également considérer deux faits :

  • Depuis l’instauration du numérus clausus en 1971 et jusqu’à aujourd’hui, malgré la suppression déclarée de celui-ci, le nombre total de médecins formés et dans chaque spécialité dépend strictement des décisions du gouvernement central.

  • La formation d’un médecin nécessite actuellement de 9 ans pour un généraliste à 12 ans pour les spécialités les plus longues (neurochirurgie par exemple). Ceci aboutit à ce que toute décision d’augmentation du nombre de médecins formés n’impactera l’offre médicale que plus de 10 ans après.

Regardons l’évolution du nombre d’étudiants en 2ème année de médecine (après le concours de fin de 1ère année) en regard de la population français de 1976 (5 ans après l’instauration du numerus clausus) à 2020, date de la suppression du numérus clausus. 

Alors que la population française a augmenté de façon régulière de près de 53 millions à plus 65 millions durant cette période, le nombre de médecins formé a d’abord baissé de 8700 en 1976 à un nombre minimal de 3500 en 1993.

Cette diminution drastique résulte d’une convergence entre les milieux professionnels et les politiques de l’ensemble des gouvernements de l’époque. 

Les gouvernements de droite et socialistes, qui constataient que les dépenses de santé affichaient une croissance supérieure à celle du PIB en raison des progrès techniques et sociaux, ont décidé, en s’appuyant sur les analyses des experts dirigeant la sécurité sociale de raréfier l’offre médicale globale. L’objectif général était de maintenir à un niveau aussi bas que possible les prélèvements sociaux pour la santé et le coût global du travail.

Pour la plupart des syndicats médicaux, le conseil de l’ordre national et les milieux hospitalo-universitaires, il s’agissait de préserver la part du gâteau qui dans l’optique de la médecine libérale doit être partagé entre les professionnels qui vendent des actes de santé. Ces milieux n’hésitaient pas alors à agiter le spectre de l’apparition de médecins chômeurs en référence à la forte croissance du nombre de chômeurs à la charnière des années 70 et 80 du siècle dernier.

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_de_la_France

https://fr.wikipedia.org/wiki/Numerus_clausus_dans_l’admission_aux_études_de_santé_françaises

A la fin de ce siècle, les mêmes milieux corporatistes ont réalisé que leurs pressions avaient dépassé l’objectif et que la raréfaction du nombre d’étudiants pouvait menacer l’existence de CHU et de facultés comme celle de Brest, plus petite faculté de Médecine de France. Elle gênait également le remplacement des médecins libéraux, la vente des patientèles et donc une partie des fonds leur permettant de partir en retraite. Ces milieux qui conservaient au tournant des deux siècles leur fonction de relai social avec les gouvernements ont poussé ces derniers à une augmentation progressive du nombre de médecins en formation mais le chiffre de 1976 n’a été dépassé qu’en 2019 alors que la population française avait crû entre temps de 6 millions de patients potentiels et que la proportion des personnes âgées de plus de 60 ans et donc plus à risque d’être affectée par une ou des pathologie(s) avait augmenté de 17 à 22%.

Le début du 21ème siècle a vu également se développer la communication gouvernementale en réponse aux difficultés croissantes des citoyens à accéder aux soins. 

Nicolas Sarkozy en 2010 présente la fusion, dans une première année commune des études de santé (PACES) des concours de pharmacie et de sage-femme (et de kinésithérapeute dans certaines régions où les écoles du secteur sont publiques) avec ceux de médecine et d’odontologie (fusionné depuis 1971) comme un moyen d’augmenter le nombre de professionnel formés. Autrement dit, il a voulu faire croire qu’une addition allait se transformer en multiplication. 

Au-delà du contresens mathématique, c’était surtout un mensonge politique éhonté alors que le même président et sa ministre, Mme Bachelot, instauraient des changements structuraux délétères pour les hôpitaux publics.

Emmanuel Macron s’est montré un bien meilleur communicant en annonçant la suppression du numérus clausus. Il a alors réussi à faire croire à de nombreux français que toute limitation du nombre de médecins formés était désormais supprimée et que ce nombre allait connaître une croissance fulgurante. 

Hélas la réalité était toute autre. 

La loi votée par le parlement supprimait en fait l’inscription d’un nombre national de médecins formés au journal officiel de la république française au profit d’une fixation de ce nombre à partir du dialogue forcément fructueux entre le doyen de la Faculté concernée (par exemple Brest ou Rennes) et le directeur de l’Agence Régionale de Santé (par exemple Bretagne). 

Comme le directeur de l’ARS est nommé directement par le premier ministre sur la base de la loi HPST Sarkozy-Bachelot et que si le doyen concerné s’entêterait éventuellement à augmenter de façon inconsidérée son nombre d’étudiant, il ne recevrait aucun fond supplémentaire, il est clair que la férule de l’état central est toujours présente et qu’on a tout changé pour que pas grand-chose ne change. 

Le premier changement essentiel est qu’il n’y a plus de publication de chiffre national et qu’on peut rendre éventuellement responsable les doyens des Facultés de Médecine de la pénurie de médecins. 

L’autre changement significatif a été la suppression du droit au redoublement des étudiants au concours de médecine, au détour d’une réforme de la première année études que le corporatisme des facultés de santé et l’autoritarisme gouvernemental a rendu brouillonne dans de nombreuses universités. Mais ce point mériterait à lui seul d’être développé par ailleurs.

Où en est-on actuellement ? 

L’objectif d’arriver progressivement à 12000 médecins formés par ans a été avancé par le gouvernement Attal et par les milieux hospitalo-universitaires. Mais pour arriver à cet objectif, il faut arriver à maintenir le nombre d’enseignants hospitalo-universitaire et les possibilités de formation hospitalière qui sont indispensables au moins dans les premières années de formation d’un médecin. 

Or les jeunes médecins spécialistes ont actuellement tendance à fuir les carrières d’enseignants chercheurs en raison du manque de perspective au sein des CHU et à s’orienter dans les établissements privés où ils peuvent trouver des perspectives professionnelles et des revenus meilleurs. La suppression de nombreux lits hospitaliers a bien évidemment fortement diminué les capacités de formation de nouveaux médecins et l’idée des cercles gouvernementaux d’utiliser les établissements privés pour la formation ne se fera pas sans la demande par ceux-ci de nouveaux fonds publics et le renforcement de la concurrence avec le secteur public y compris pour attirer des spécialistes dans une situation de pénurie nationale. 

Enfin, on assiste à une financiarisation accélérée du système de santé. Les hôpitaux privés à but lucratif sont passés massivement dans des mains société capitalistique. Plus récemment, les détenteurs médecins ou pharmaciens libéraux de laboratoires de biologie médicale ou d’imagerie vendent massivement leurs parts d’actions à des fonds d’investissements. En réponse à la pénurie de professionnels libéraux, des sociétés anonymes investissent dans l’ouverture de cabinets médicaux et dentaires en milieux urbains en employant des professionnels français attirés par un statu salarié et non plus libéral ou provenant des pays est-européens. 

Pendant ce temps, l’administration française laissent croupir les professionnels hors UE (PADHUE) dans un statut précaire et mal payé en refusant de les intégrer dans le statu de praticien hospitalier alors qu’ils assurent les mêmes fonctions que leurs collègues français parfois depuis de nombreuses années.

Dans un tel contexte, la loi Garot actuellement vivement discutée au parlement ne peut que décevoir tout en reflétant l’affolement d’élus vis-à-vis du désastre créé par les politiques gouvernementales des 50 dernières années. 

En effet, ce serait comme après avoir transformé la Bretagne en Sahara, on essayait d’irriguer le désert en pompant l’eau des quelques oasis subsistante (13% du territoire selon les chiffres officiels). 

Le système de santé est en crise globale et la réponse politique doit être à l’échelle des enjeux et ne pas se limiter à des rafistolages du système. Par ailleurs, pour bien comprendre les le sens des manifestations corporatistes actuelles, il faut prendre en compte que d’une part les médecins salariés constituent désormais une majorité des médecins (chiffre du CNOM, 2023) et d’autre part que le milieu médical est historiquement très hiérarchisé avec des écarts de revenus bien supérieurs à 10 fois. Ceux qui peuvent donner le tempo à l’agitation actuelle sont certains spécialistes libéraux qui cherchent à préserver leur marge de manœuvre au sein d’un système libéral menacé par la financiarisation.

Le maintien du paiement à l’acte, de la liberté d’installation et d’une certaine pénurie de médecins sont les seuls leviers qui peuvent leur permettre de tenir la dragée haute aux fonds financiers et aux assurances complémentaires dans la négociation de leurs revenus. Ils utilisent bien évidemment les généralistes et plus largement les jeunes médecins en s’appuyant sur le réflexe corporatiste et leur méfiance largement justifiée vis-à-vis de l’administration française.

Quelles sont les orientations politiques e fond nécessaires ? J’en citerai ici trois à débattre :

- Rénover le système de Sécurité Sociale Française en lui redonnant ses missions d’orientation de la politique de santé et d’évaluation des besoins en santé de la population. En 1981, Jack Ralite, ministre de la Santé avait lancé une politique de création d’observatoires locaux de la santé. Celle-ci a été bien évidement abandonné après le tournant de la rigueur en 1983. On ne peut s’appuyer pour cela sur les milieux de médecins ou autres professionnels libéraux ou sur des experts mais il faut associer largement la population.

- S’orienter vers une politique d’offre de soins reposant sur un service public apte à répondre aux besoins en soins primaires et spécialisés ambulatoires de la population, à promouvoir la collaboration entre professionnels de santé, à organiser les délégations de soins cohérentes entre ces professionnels, en leur offrant des statuts salariés dignes aux quelles ils aspirent en terme de temps et de cadre de travail, de protection sociale, de formation continue et sortant de l’archaïsme du système de médecine libéral qu’il s’agit de mettre en extinction doucement mais résolument.

- Rénover les formations en santé en les intégrant toutes de l’aide-soignant au médecin dans des cursus universitaires publics. En ce qui concerne les facultés de Médecine, en finir avec le système de concours de spécialités actuel en fin de 6ème année qui est profondément lié à la médecine libérale et au payement à l’acte et qui stérilise le deuxième cycle de formation au profit d’un bachotage contre-productif.                                          

 

JEAN-LUC OLIVIER, adhérent PCF PAYS DE MORLAIX, Médecin et professeur en faculté de médecine en retraite

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5 mai 2025 1 05 /05 /mai /2025 08:30
Fabien Roussel : « Unis, les salariés pèsent, sont forts et ont des intérêts à défendre » - Interview à l'Humanité avec Gaël de Santis, 1er mai 2025
Fabien Roussel : « Unis, les salariés pèsent, sont forts et ont des intérêts à défendre »

 

Juste avant le 1er mai, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, publie son troisième livre aux éditions le Cherche Midi, « le Parti pris du travail ». Il souhaite mettre ce thème au cœur du débat public et pense qu’il peut contrer la division des salariés orchestrée par la droite et l’extrême droite.

Les enquêtes sur les cahiers de doléances des gilets jaunes ont montré une aspiration à la protection face aux aléas de l’économie. Selon vous, quels étaient les ressorts du mouvement des gilets jaunes ?

Une profonde colère de gens qui entendaient être respectés. On trouvait sur les ronds-points des retraités en colère contre la hausse de la CSG, des travailleurs contre la taxe carbone et la hausse du prix de l’essence. J’ai vu à l’époque des travailleurs, salariés, hommes et femmes, qui se disaient les invisibles de la société. C’était une révolte sincère et populaire de personnes qui peinaient à joindre les deux bouts, quand bien même ils travaillaient.

Dans votre livre, le Parti pris du travail, vous dites que le travail est le « ciment » qui peut unir le peuple de France…

Si l’on ne fait rien, on se dirige vers une France pauvre et rabougrie : avec des petits salaires, des petits boulots, des petits services publics. Ce n’est pas la France que je souhaite. Nous devons reconstruire une France qui réponde à ses besoins et soit indépendante d’autres puissances pour son industrie, ses matières premières, ses médicaments, son acier, etc. Afin d’investir massivement dans l’industrie, l’économie, les services publics, il faut s’appuyer sur le monde du travail pour reconstruire cette France.

Ce livre est un appel à prendre conscience de notre force en étant unis. Or, le gouvernement, les financiers font tout pour instiller le poison de la division : entre ceux qui travaillent dans le public, traités de privilégiés, et ceux qui travaillent dans le privé ; entre ceux qui ne travaillent pas, traités de fainéants, et ceux qui travaillent ; entre ceux des villes et ceux des champs ; mais aussi sur la religion, l’immigration.

Pourquoi la centralité du travail n’a pas bonne presse dans une partie de la jeunesse ?

Je suis en désaccord : tout dépend du contenu mis dans l’emploi. Je ne connais pas de jeune qui aspire à l’oisiveté. Les jeunes ont beaucoup d’ambition et sont différents. Certains ont envie de travailler tôt. D’autres aspirent à faire des études longues. Mais les uns comme les autres ont du mal à trouver des débouchés.

Ceux qui veulent commencer très tôt se retrouvent avec des conditions de travail très dures. Ce n’est pas un avenir pour nos enfants. Ceux qui ont fait beaucoup d’études ne trouvent pas à travailler dans leur domaine de compétence, avec une rémunération correspondante. On s’étonne que les chercheurs s’en aillent à l’étranger.

À propos du contenu du travail, François Bayrou disait qu’il fallait travailler plus…

Plutôt que de demander de travailler plus à ceux qui travaillent dans des métiers difficiles, qui aspirent à partir en retraite plus tôt, je commencerais par dire qu’il faut travailler tous. Il faut proposer un travail à ceux qui n’en n’ont pas et mettre un garrot sur les suppressions d’emploi. 400 emplois sont menacés chez Vencorex, 6 000 dans la chimie… Avant de dire qu’il faut travailler plus, je dis au premier ministre : « Sauvez les emplois menacés ».

Comment contrer les divisions ?

On oppose les salariés les uns aux autres. On nous demande de trouver une solution parmi nous. Mais jamais n’est posée la question du capital, des ultrariches, des revenus financiers, de ceux qui ont vu leur fortune multipliée par deux et leurs impôts baisser depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir.

Vous dénoncez les postures qui empêchent d’aborder sereinement la thématique de l’immigration. Quelles sont-elles ?

Même à gauche, il y a des personnes qui disent qu’on a besoin d’immigrés pour travailler dans des secteurs en tension, exercer les métiers que les Français ne voudraient pas faire. C’est un discours patronal que je ne partage pas. J’aimerais que les métiers difficiles prennent en compte la pénibilité, soient mieux rémunérés, attractifs. L’objectif ne peut être de faire venir des personnes de l’étranger pour les exercer.

Je voudrais que chacun puisse dire qu’il est fier que son enfant fasse ce métier. Je trouve dégradant de dire des travailleurs étrangers sur notre sol qu’ils devraient faire des métiers sous-payés, difficiles, au motif qu’ils sont étrangers. C’est une vision esclavagiste de la personne. Nous devons leur garantir des conditions de travail décentes et promouvoir l’égalité des droits : à travail égal, salaire égal, sans distinction.

Pourquoi considérez-vous le RSA comme une « politique de reniement » ?

Mettre en place un revenu de substitution, une aide pour celles et ceux qui se retrouvent du jour au lendemain sans rien, du fait d’une conjoncture économique difficile, d’une crise, d’une pandémie, oui. Mais le RSA existe depuis quarante ans : cela signifie qu’on institutionnalise cette politique pour accompagner le chômage. Il est plus facile de verser un RSA que de résister aux grands groupes qui délocalisent. Je le regrette et j’ai beaucoup plus d’ambition pour mon pays. Je fixe l’objectif d’éradiquer le chômage en cinq ans, de garantir à chacun un emploi, ou une formation avec un salaire au niveau du Smic revalorisé.

Il n’y aurait alors plus besoin de mettre en place un RSA, ou alors de manière très résiduelle. Car ceux qui vivent du RSA ne vivent pas mais survivent. Ceux que je rencontre dans mes permanences, avec moins de 600 euros de ressources, sont obligés d’aller chercher des colis alimentaires. C’est pourquoi jamais je ne défendrai le RSA.

Je parle toujours des formations rémunérées au Smic, parce que j’ai rencontré trop de gens à qui l’on a proposé des formations, pour lesquelles ils pointent à 9 heures, finissent à 17 heures, doivent mettre les enfants à la garderie et à la cantine, pour 700 euros par mois. Ils sortent de leur formation et sont endettés. Il faut mettre l’accent sur la formation, mais en échange d’un salaire, comme toute personne qui va travailler.

Certains vous objecteront que certaines personnes seraient inemployables…

À mon avis, le nombre de personnes inemployables est résiduel. Chacun peut être utile en fonction de ses compétences, de son activité. Beaucoup de personnes en situation de handicap parviennent à avoir une activité professionnelle, encadrée. Tout le monde a sa place dans la société. Quand l’on parle du plein-emploi avec un taux de chômage à 4 %, ce n’est pas acceptable. Le plein-emploi, c’est 0,1 % de chômage.

Quel choc d’investissement prônez-vous pour réindustrialiser la France ?

Le sujet devrait envahir les médias au moment où le gouvernement demande 40 milliards d’euros d’économies. Or, quand quelqu’un est malade, on ne lui supprime pas ses repas. On lui donne des vitamines. La France est malade. Face à la guerre économique de Donald Trump, il faut libérer l’argent, investir énormément. C’est ce qu’a fait la BCE pendant la pandémie, même si elle l’a fait sans donner de critères ; elle a créé de la monnaie et injecté 3 000 milliards d’euros. Il faut aujourd’hui utiliser le bazooka monétaire et avoir le même choc d’investissement pour les pays de l’Union européenne (UE) et pour la France, mais en donnant des critères sociaux et environnementaux.

Les dépôts des banques, de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), de la Banque publique d’investissement (BPI), de la Banque postale, s’élèvent à des milliers de milliards d’euros. Je propose que 400 à 600 milliards d’euros soient mis à disposition d’un fonds au service de l’industrie, de nos services publics pour prêter à taux zéro, voire négatifs, sur la base de critères.

Cela aiderait à la réindustrialisation du pays, au soutien à l’économie, à l’investissement dans nos services publics. C’est à l’ordre du jour. L’Allemagne le fait en débloquant 500 milliards d’euros pour l’armement et ses infrastructures. Faisons la même chose en France pour relocaliser notre industrie, empêcher son démantèlement et travailler sur de gros projets, notamment dans l’industrie et les transports.

Alors commissaire au Plan, François Bayrou avait proposé un fonds de 500 milliards d’euros, Mario Draghi un fonds de 750 milliards d’euros à l’échelle européenne. Quelle est la différence avec ce que proposent les communistes ?

Il est déjà intéressant de relever que même chez les libéraux, il y en a qui pensent qu’il faut injecter de l’argent et rembourser plus tard. Notre différence est de ne pas vouloir lever ces centaines de milliards d’euros sur les marchés financiers, afin de ne pas être soumis à leur tutelle et de ne pas les distribuer sans contreparties. Nous pouvons faire appel à la Banque centrale européenne (BCE) qui prêterait directement aux États pour qu’ils financent ces investissements sans être soumis à la tutelle des marchés financiers.

Ce n’est pas ce que fait l’Allemagne. C’est ce que proposait en revanche François Bayrou il y a près de deux ans, mais qu’il ne propose plus maintenant qu’il est premier ministre. Nos critères d’attribution de ces prêts à taux zéro ou négatifs seraient définis démocratiquement. On ne peut plus distribuer d’argent gratuit aux grands groupes, surtout quand ils distribuent des dividendes ou délocalisent.

Envisagez-vous des nationalisations de grandes banques systémiques ?

Si les banques ne changent pas et continuent de ne prêter qu’aux plus riches, il faudra certainement remettre cette question sur la table, comme nous l’avions fait en 1981.

Votre livre aborde des questions stratégiques. Comment construire une conscience de classe ?

Avec un parti communiste fort et des syndicats plus forts. Nous avons besoin d’avoir des organisations qui défendent le progrès social et la paix. C’est le rôle que devraient jouer les forces de gauche et que joue le PCF. Une conscience de classe ne tombe pas du ciel. Elle se construit en faisant prendre conscience aux salariés qu’unis, ils pèsent, ils sont forts et ont des intérêts communs à défendre.

 

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28 avril 2025 1 28 /04 /avril /2025 05:12
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