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29 juillet 2025 2 29 /07 /juillet /2025 05:30

 

Le patrimoine des 500 plus grandes fortunes de France est au plus haut depuis 1996 ! Avec 1128 milliards d’euros de patrimoine, les 500 fortunes de France, souvent des familles qui transmettent leur patrimoine de génération en génération, n’ont jamais été aussi riches. Les caisses de l’Etat sont à sec mais la France reste la championne d’Europe des millionnaires avec 2,9 millions de millionnaires, devançant même l’Allemagne et la Grande Bretagne !

« Cocorico » titre le magazine CHALLENGES ; mais pour les Françaises et les Français, c’est plutôt la nausée et la colère qui montent !

La nausée devant des chiffres qui illustrent comment ces fortunes explosent depuis 2017 en bénéficiant de toutes les largesses que le président des riches et tous ses gouvernements ont mis en place depuis : ils ont siphonné les caisses de l’Etat avec la suppression de l'ISF, la baisse des impôts sur les dividendes, sur les revenus financiers, les niches fiscales au profit des plus riches.

Pire, ces 500 familles sont celles qui bénéficient le plus de toutes les aides publiques aux grandes entreprises estimées à 211 milliards d’euros par an comme l’a révélé la commission d’enquête parlementaire de notre camarade sénateur Fabien Gay ; non seulement elles payent moins d’impôts que les autres ménages mais en plus, l’Etat leur verse de l’argent par milliards ; certaines d’entres elles se félicitent même que la France devienne un vrai paradis fiscal ! 

Oui, tout cela donne de la nausée car cette fortune est indécente quant la pauvreté augmente en France, quand les travailleurs pauvres se développent, quand nos étudiants font la queue pour l'aide alimentaire.

La colère ensuite car si les finances publiques vont mal et sont dans le rouge, c’est bien à cause d’eux et à cause de tous les cadeaux fiscaux dont ils bénéficient ! 

Mais c’est à nous, aux salarié·es, aux rétraité·es, aux classes moyennes et même aux plus pauvres de notre pays que ce gouvernement demande de mettre encore une fois la main à la poche.

Ce gouvernement propose même de supprimer des jours fériés, de taxer les retraité·es, les malades pour payer les cadeaux aux riches et pour financer la politique guerrière de Trump sous l’égide de l’Otan ! 

Les industriels de l’armement se frottent les mains comme jamais.

Comme je l’ai écrit dans mon livre "Le parti pris du travail", ces 500 familles sont de vraies sangsues qui pompent notre sang, nos vies, notre argent, avec un gouvernement à leur botte, composé de millionnaires - ils sont 20 selon la HATVP - qui protègent d’abord leur capital comme ils défendent leur classe.

Et c’est bien là le cœur du sujet : la lutte des classes existe et ce sont bien eux qui la mènent cruellement et la gagnent aujourd’hui contre la classe des travailleurs, contre les catégories moyennes et populaires avec une brutalité féroce, en s’en prenant à notre pouvoir d’achat, à notre sécurité sociale, à nos écoles et nos enfants jusqu’à notre sécurité dans nos villes et nos quartiers.

C’est un vrai braquage organisé par la finance contre le peuple, contre l’État, contre la République !

C’est pourquoi, à l’occasion du budget 2026, nous n’accepterons pas qu’un seul euro soit pris dans les poches des Français·es, dans nos services publics, dans nos communes, dans notre protection sociale pour payer les yachts des riches et financer leurs guerres !

La dictature de la finance, à coup de 49-3, c’est fini !

Nous appelons à mettre fin à cette milliardocratie et à la mobilisation pour prendre le pouvoir partout dans le pays, dans les banques, dans les multinationales !

Nous voulons vivre de notre travail, vivre en paix et bâtir une France des Jours heureux, de l’égalité et de la fraternité qui place l’être humain et son bonheur au cœur de tous nos choix.

Nous appelons à participer aux mobilisations syndicales, associatives et citoyennes de la rentrée prochaine pour mettre un coup d’arrêt à cette politique brutale, inhumaine et obtenir le changement de cap tant attendu.

Paris, le 26 juillet 2025

Fabien Roussel,

Secrétaire national du PCF

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29 juillet 2025 2 29 /07 /juillet /2025 05:10

 

Plus chère, moins-disante, cette mutuelle rafle pourtant les contrats de complémentaire santé dans les ministères ou à l’Assemblée. En voulant « disrupter » ce marché, elle rencontre la volonté du pouvoir de torpiller le modèle mutualiste français.

Alan, l’assureur qui monte, qui monte… mais poussé par qui ? C’est la question que se posent nombre d’observateurs du monde mutualiste depuis que la start-up française, chouchoutée par Emmanuel Macron, a raflé il y a quelques semaines la complémentaire santé du personnel du ministère des Finances, soit 130 000 agents, et même 300 000 adhérents, si l’on y ajoute retraités et ayants droit.

Après Matignon, l’Assemblée nationale et le ministère de la Transition écologique, l’assureur privé réalise là un nouveau coup de maître, en détrônant au passage des acteurs mutualistes comme la MGEN ou la MGEFI, mutuelle historique de Bercy.

Un résultat rendu possible par une obligation nouvelle : au 1er janvier 2026, les fonctionnaires devront, comme dans le privé, disposer de contrats collectifs de santé. Les différentes administrations ont donc lancé des appels d’offres, où candidatent les assureurs, mutuelles, ainsi que ce nouvel entrant, Alan.

À peine remis de ces revers soudains, les opérateurs mutualistes et les syndicats CGT, Solidaires, FSU et Unsa, qui s’étaient inscrits dans une démarche commune, rembobinent le film pour tâcher de comprendre. Et pointent les petits signes qui, mis bout à bout, dessinent une volonté politique de mettre à bas le mutualisme au profit de la finance privée.

Plusieurs coups de pouce bienvenus

Lancée en 2016 par deux entrepreneurs sans expérience du secteur – « On a dû lire tout le Code des assurances », avoue benoîtement l’un des fondateurs –, cette « assurtech » (start-up du secteur de l’assurance) promet de révolutionner l’univers de la santé, à coups d’appli de santé et d’intelligence artificielle. En 2019, la jeune entreprise est conviée à Versailles au happening présidentiel « Choose France », au milieu de 150 grands patrons du monde entier.

Puis Alan est vantée comme la douzième « licorne » française par le chef de l’État. Le soutien du gouvernement s’est encore récemment manifesté lorsque Éric Lombard, le ministre de l’Économie, a vanté en juin, au Sénat, devant la commission d’enquête sur la commande publique, « une société de l’excellence française dont j’espère qu’elle aura ensuite un développement international ».

Secrétaire de la fédération CGT des finances, Laurent Perrin souligne en outre une curiosité qui pourrait s’apparenter à un autre coup de pouce : « Alors qu’une récente circulaire enjoint les administrations à adopter des solutions de sécurité informatique souveraines labellisées ”SecNumCloud”, Alan remporte néanmoins le marché avec un ”cloud” qui ne répond pas à cette obligation puisque adossé à la filiale d’Amazon AWS. »

Filiale soumise au Cloud Act, cette loi qui donne aux organismes gouvernementaux américains le droit d’accéder aux données des applications hébergées hors des États-Unis. « Or, il y a parmi nous des agents habilités secret-défense, alerte-t-il, ou encore ceux qui travaillent à Tracfin. » En matière de sécurité numérique, on fait mieux. Interrogé à ce sujet, Alan nous a répondu s’être conformé à la réglementation applicable.

Un mot d’ordre, la transparence, sauf pour la rémunération de ses cofondateurs…

Alan, c’est d’abord l’œuvre de ses cofondateurs, tous deux âgés de 37 ans : Jean-Charles Samuelian – qui avait auparavant lancé Expliseat, une entreprise de sièges d’avion ultralégers pour la classe économique – et Charles Gorintin, data scientist pour plusieurs réseaux sociaux comme Facebook ou X. Lesquels sont aussi cofondateurs de la start-up Mistral AI, pépite française de l’intelligence artificielle, qui serait convoitée par Apple.

En 2020, quatre ans après avoir fondé Alan, Samuelian, issu d’une famille de médecins, décrit sa vision dans un livre, intitulé Healthy Business, où il explique vouloir « créer une expérience telle qu’elle amène nos membres à ouvrir l’application Alan à chaque fois qu’ils sont soucieux de leur santé ou de leur bien-être ».

La jeune pousse promet, écrit-il, de pouvoir « de façon gratuite et illimitée parler à un médecin par chat ou vidéo ». Les membres d’Alan peuvent aussi « prendre rendez-vous en quelques clics avec plus de 80 professionnels de santé dans 10 spécialités au sein même de l’application ». Quatre-vingts donc, pour 730 000 adhérents à ce jour, le ratio laisse songeur.

Chez Alan, on n’est pas employé mais « alaner » ; il n’y a pas de chef, mais des « owners » de projets ; pas de réunion, mais des échanges écrits numériques, et en anglais. Les deux tiers des 644 salariés ont moins de 34 ans, aucun ne dépasse 55 ans, la plupart sont en télétravail sans bureau physique. Il y a bien un CSE, mais sans syndicats représentatifs. Les salaires y sont transparents, selon une grille connue de tous, à deux exceptions près : la rémunération des cofondateurs, qui n’y figure pas. La transparence a ses limites…

250 millions d’euros de pertes depuis sa fondation en 2016

Pas de quoi refroidir l’enthousiasme de la Banque publique d’investissement qui, dans un article récent et une novlangue lénifiante à la LinkedIn, s’enflamme pour cet « animal fantastique » qui promet de « dépoussiérer et moderniser le secteur (…) pour disrupter le marché » et faire « gagner huit à dix ans d’espérance de vie à ses adhérents en repensant toute la chaîne de valeur ».

En attendant la disruption, Alan a récolté 617 millions d’euros en levées de fonds et affiche depuis sa fondation des pertes cumulées de l’ordre de 250 millions d’euros, ainsi qu’un revenu toujours négatif au premier trimestre 2025. « Amazon a mis dix ans à être rentable », a défendu le ministre Éric Lombard, pour justifier devant les sénateurs le modèle financier d’Alan.

 

La start-up vit en effet jusqu’à présent de levées de fonds successives portées par les perspectives financières qu’offre aussi, pour les investisseurs, l’exploitation de nos données de santé. Pas étonnant donc de retrouver dans ses tours de table successifs des fonds de pension ou fonds souverains.

« Alan, explique Didier Debord, le président de la MGEFI détrônée à Bercy par l’assurtech, émerge dans un contexte de dérégulation des services, où l’on veut faciliter les dispositifs de résiliation sous prétexte de donner du pouvoir d’achat aux Français. Au début, la société avait monté une offre de laquelle on pouvait sortir à tout moment. Ils ont déchanté quand ils se sont aperçus que les gens résiliaient une fois qu’ils avaient reçu des soins coûteux. Ils sont dans une approche segmentée de la santé, avec un risque minimal. » Par exemple, l’assureur refuse de couvrir, en contrat individuel, les plus de 75 ans.

Un cahier des charges taillé sur mesure ?

Alan vise pourtant la rentabilité dès 2026. Opérant d’abord auprès des très petites entreprises ou travailleurs indépendants, l’assureur espère maintenant changer de braquet. « Ces gros contrats conclus avec les administrations publiques devraient grandement l’aider à parvenir à la rentabilité », souligne Florent Saucier, animateur du secteur des salariés des mutuelles au sein de la CGT.

Mais si la start-up remporte autant d’appels d’offres dans les ministères, c’est que le cahier des charges conçu avec le cabinet de conseil retenu pour aider les administrations, Premium Consulting, semble à beaucoup taillé sur mesure en sa faveur.

Parmi les critères de notation de chaque offre, celui des frais de gestion était prépondérant, explique Didier Debord. « Lorsque vous affichez des valeurs mutualistes, que vous proposez un maillage de points d’accès physiques pour vos adhérents, vous avez forcément des frais de gestion plus élevés que pour un opérateur qui en est dépourvu. Nous considérons avoir effectué une offre pertinente, pas sous-notée. C’est Alan qui a été au contraire surnoté », assure le président de la MGEFI.

La licorne s’est simplement engagée à tenir 150 permanences physiques sur le territoire chaque année, a fini par admettre le ministère des Finances lors d’une récente commission paritaire avec les syndicats sur ce dossier. Soit à peine une par direction de ministère, grincent des syndicats qui réclament toujours que leur soit communiquée l’offre complète d’Alan. Notamment pour vérifier que la plateforme téléphonique prévue au contrat soit, par exemple, bien localisée en France. C’est le cas, nous a répondu l’assureur, avec une ligne d’accès directe et un service de rappel téléphonique.

Plus cher que les mutuelles installées

Les syndicats du ministère de la Transition écologique, où Alan est en place depuis le 1er janvier 2025, estiment ainsi que l’assureur coûte au ministère 6,6 millions d’euros de plus à l’année que la MGEN l’an dernier. Ceux de la Direction de l’aviation civile (DGAC) ont évalué, à couverture comparable, le contrat Alan avec celui de la MGAS, leur mutuelle actuelle. L’assurtech se révèle aussi… plus cher : plus 48 euros par an de surcoût pour un célibataire de 35 ans, plus 1 020 euros de surcoût pour un couple avec deux enfants.

Le tout, note l’union syndicale de l’aviation civile CGT, alors même que la DGAC va tripler sa participation à la couverture santé, qui va passer de 1,3 million d’euros par an à 4,5 millions. « La hausse de la subvention de la DGAC serait quasi entièrement absorbée par l’assureur. (…) C’est une dilapidation des fonds publics au profit d’un assureur privé », estime le syndicat.

Mais il n’y a pas que l’argument financier. Son recours à l’intelligence artificielle est aussi pointé du doigt. Ainsi le syndicat Solidaires météo (concerné via les agents du ministère de la Transition écologique) souligne « l’incapacité des algorithmes de la jeune société à s’adapter aux spécificités de la protection sociale en Polynésie française ». Dans un échange de mails avec une adhérente qu’a pu consulter l’Humanité, l’assureur finit par admettre que l’une de ses garanties dentaires a été mal rédigée – elle a été depuis discrètement reformulée sans en avertir quiconque, menant à une baisse de prise en charge.

 

« En fait, peu importe qu’Alan ne soit pas le mieux disant. L’objectif pour Macron et son gouvernement, c’est de dézinguer le modèle mutualiste au profit de l’assurance privée. Certains responsables mutualistes, d’ailleurs, ne le voient pas forcément d’un mauvais œil : ils pensent au coup d’après et à la possibilité de monnayer cher leurs compétences acquises », pointe un observateur du secteur. La dernière fois qu’Emmanuel Macron est venu à un congrès de la mutualité française, c’était en 2018. Pour le dernier congrès, qui s’est tenu en juin à Agen, il n’a cette fois même pas adressé de message vidéo. Tout un symbole.

 

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24 juillet 2025 4 24 /07 /juillet /2025 04:30

 

Le PCF salue la riposte intersyndicale au projet de budget 2026 par le lancement de la pétition « Budget : les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit » qu’il invite à signer largement.

JE SIGNE LA PÉTITION

Nous partageons le constat d’un budget d’« une brutalité sans précédent » contre les travailleurs et les travailleuses du pays et l’idée qu’« il existe des solutions qui intègrent les plus hauts revenus comme la contribution des entreprises ».

Le Premier ministre et le gouvernement doivent entendre ce message. Le pays a besoin d'un autre budget.

Le PCF se tient aux côtés des organisations syndicales pour contribuer, dans le respect de nos rôles respectifs, à une riposte populaire d’ampleur à ce projet de budget. Nous appuierons toute date de mobilisation décidée par les organisations syndicales.

A l'opposé de la politique du pouvoir, nous proposons d'augmenter les salaires et les pensions, baisser le prix de l'électricité, garantir tout de suite l'égalité professionnelle, l'emploi et la formation pour tous et pré-recruter des dizaines de milliers d'agents pour nos écoles, nos hôpitaux, nos trains, nos commissariats et nos tribunaux, développer l'industrie et l'agriculture pour répondre aux besoins, relever les défis énergétique, climatique et alimentaire, et agir pour la paix par la diplomatie et le respect du droit international, en Ukraine et à Gaza !

Face au braquage inédit de nos richesses, l'heure est à prendre le pouvoir sur l'argent et sur les choix des entreprises et du pays :

  • Nationaliser ou mettre en coopérative les grandes entreprises stratégiques, avec des pouvoirs d’intervention de l’Etat, des collectivités, des salariés et de leurs représentants qui doivent avoir un droit de veto et de contre-propositions
  • Créer un pôle public bancaire
  • Instaurer des critères et un contrôle sur les 211 milliards d'aides aux entreprises
  • Faire davantage contribuer le capital et les grandes fortunes
  • Engager un réel plan de lutte contre la fraude fiscale.

Paris, le 23 juillet 2025

 

 

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23 juillet 2025 3 23 /07 /juillet /2025 05:15
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23 juillet 2025 3 23 /07 /juillet /2025 05:00

La Sécu est très bien gérée avec des frais de fonctionnement de 3%. Quand c'est le privé qui gère les complémentaires, cela peut monter à 25 %. Quel est donc le meilleur système monsieur Bayrou ?

Source: infographie de l'Assurance maladie.

 

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22 juillet 2025 2 22 /07 /juillet /2025 08:09

 

 

 

 

 

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21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 12:49

 

Le Praluent et le Repatha, deux traitements efficaces dans le domaine des maladies cardiovasculaires, ne sont plus disponibles dans de nombreuses officines. Médecins et patients lancent l’alerte : des dizaines de milliers de malades sont en danger vital.

Voilà deux mois que Sabine Guérin ne parvient plus à trouver du Repatha, produit par le laboratoire américain Amgen. « J’ai parcouru de nombreuses pharmacies dans les alentours de Carcassonne, j’ai même contacté des officines à Marseille, mais je n’ai rien trouvé », se désespère-t-elle.

Le Repatha, comme le Praluent mis sur le marché par le français Sanofi, est un médicament indiqué pour des patients ayant déjà subi un infarctus et dont le taux de mauvais cholestérol reste élevé. « Ils réduisent d’environ 60 % le cholestérol LCL et de 15 % le risque d’infarctus, c’est considérable en médecine », précise le professeur de cardiologie François Roubille. Problème : il n’existe aucune alternative à ces deux traitements et, l’un comme l’autre sont en situation de tension d’approvisionnement.

« Nos patients ont peur et sont angoissés, ils témoignent d’un sentiment d’injustice, affirme le professeur François Roubille. En tant que cardiologue je leur explique que ces traitements sont réellement bénéfiques et, du jour au lendemain, ils n’y ont plus accès, c’est très anxiogène pour eux. Et très grave, car ces médicaments permettent d’éviter des morts. »

« Les laboratoires cherchent le profit financier au détriment des patients »

Âgée de 55 ans, Sabine Guérin est porteuse d’un diabète insulinorésistant depuis l’enfance. Aujourd’hui, huit stents lui ont déjà été posés pour maintenir ses artères ouvertes et « depuis trois ans, grâce au Repatha, je n’ai plus eu de problème cardiovasculaire majeur », précise-t-elle. « Cette situation est inadmissible, nous sommes des milliers dans mon cas, nous encourons des risques graves d’AVC ou d’incident cardiovasculaires », insiste la patiente aguerrie aux combats contre les géants de l’industrie du médicament.

Fondatrice du collectif des Diabétiques implantés, elle a mené la bataille contre Medtronic quand l’entreprise médicale a annoncé l’arrêt de fabrication des pompes à insuline implantables, et a remporté en partie ce bras de fer. Mais l’histoire se répète et Sabine Guérin doit encore partir au front pour dénoncer « le problème des laboratoires qui cherchent le profit financier au détriment des patients ».

Amgen a tenu à justifier cette situation de tension en éludant la question financière. Selon le laboratoire américain qui a répondu aux questions de l’Humanité : « Elle résulte d’une hausse exceptionnelle de la demande mondiale, particulièrement marquée en France. Elle est aggravée par la tension prolongée de Praluent (alirocumab), seule alternative sur le marché français, qu’Amgen a en partie suppléée avec Repatha (évolocumab) depuis près d’un an. » Sanofi pour sa part assume une conception marchande de la santé : « Il n’est plus économiquement viable de continuer à répondre à la hausse des demandes. Dans ce contexte, Sanofi se voit contraint de demander le déremboursement de Praluent en France. »

En moyenne 400 euros par mois

Un traitement par le Praluent et ou le Repatha coûte en moyenne 400 euros par mois. « Si demain ce n’est plus remboursé comment pourrons-nous nous soigner ? Ce sera impossible », conclut Sabine Guérin. Quant au cardiologue François Roubille, il constate les effets de ces tensions d’approvisionnement et le désengagement annoncé de Sanofi : « Certains de mes patients les plus aisés se fournissent déjà à l’étranger », souligne-t-il.

Pour la militante d’un marché de la santé au service du patient : « Un laboratoire français qui laisse tomber les patients français et vend aux pays les plus offrants, c’est inadmissible. » Elle tient à légitimer sa colère en rappelant quelques chiffres : « Sanofi se situe au sixième rang mondial des fabricants de médicaments, il a réalisé l’an dernier 43 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 5,4 milliards de bénéfices nets, soit plus de 10 % de marge nette. »

Pour sa part, Amgen assure à l’Humanité ne pas souhaiter se désengager du marché français : « Face au déremboursement annoncé de Praluent et aux risques supplémentaires que cette décision ferait peser sur le marché français, nous appelons à une mobilisation collective et à un dialogue constructif avec l’ensemble des parties prenantes – autorités, industriels, soignants et associations – pour mettre en place des solutions durables, au service des patients. » Si seul le fournisseur américain répond à la demande des patients français, cela signera encore une perte de souveraineté sanitaire, un enjeu amplement mis en avant après la pandémie de Covid.

Amgen précise qu’en France « entre 30 000 et 40 000 patients par an sont traités par Repatha ». Autant de vies qui sont en danger et de morts évitables.

Pétition en ligne sur change.org « Pénurie de Repatha et de Praluent : la vie de milliers de patients sacrifiée »

 

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21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 05:10

 

 

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20 juillet 2025 7 20 /07 /juillet /2025 05:15

 

Alors que le Premier ministre s’apprête à dévoiler ses pistes de coupes dans les dépenses publiques, menaçant le pays d’une dérive austéritaire, le tout nouveau classement Challenge tombe à pic : les riches n’ont jamais été aussi riches et peuvent donc être aisément taxés.

Où trouver 40 milliards d’euros, se demande François Bayrou. Parmi toutes les pistes possibles, on peut suggérer au Premier ministre de feuilleter le dernier numéro de Challenges. Le magazine a publié jeudi 10 juillet son traditionnel classement des 500 plus grandes fortunes de France. Dès les premières pages, on y apprend que depuis l’élection d’Emmanuel Macron, en 2017, le nombre de millionnaires en France est passé de 2 millions à 2,9 millions, faisant du pays « la championne du monde des millionnaires » titre le magazine. Dommage que l’hebdomadaire ne mette pas ce chiffre en rapport avec le nombre encore plus record de pauvres, qui frôle les 10 millions en France en 2023, en hausse de 650 000 sur un an…

Quelques pages plus tard, on arrive enfin au classement, et la très bonne idée de ce cru 2025 est d’avoir mis systématiquement ses données en perspective avec celles de 1996. Le résultat est édifiant, c’est simple, on dirait un rapport rédigé par Oxfam, l’ONG qui revendique de « mobiliser le pouvoir citoyen contre la pauvreté ». « En 1996, on comptait 16 milliardaires, ils sont aujourd’hui 145. Passé de 80 à 1 128 milliards d’euros, le patrimoine total des » 500 « a flambé, multiplié par 14 », a calculé l’hebdomadaire.

163 milliards pour la famille Hermès

Et si on prend juste le top 10, c’est par 24 que leur fortune a été multipliée sur la période. Il y a un peu moins de 30 ans, la fortune des ultrariches représentait 6 % du PIB. C’était 42 % en 2024. En 1996, la famille la plus riche de France était les Mulliez (l’empire Auchan) avec 5,5 milliards d’euros de patrimoine, quand Bernard Arnault a culminé à 203 milliards en 2023, en baisse dette année, laissant la première place du podium à la famille Hermès, à la tête de 163,4 milliards d’euros. Cécile Duflot, directrice d’Oxfam France, tempérait le revers de fortune du groupe LVMH et de son patron : « Si on lui enlevait 99 % de sa fortune, Bernard Arnault resterait tout de même milliardaire. »

 

Challenge précise bien que la fortune des membres de son classement est « professionnelle ». Elle réside en effet dans la propriété de holding, qui détient elle-même des parts d’entreprises. Challenge le rappelle, à travers plusieurs entreprises familiales (Agache notamment), les Arnault détiennent 48 % de LVMH, ce qui constitue l’essentiel de leur fortune.

Selon le comité de la réforme de la fiscalité du capital, ces biens dits « professionnels » représentent au moins 66 % du patrimoine des 380 foyers les plus riches. Or, ces actifs ne sont pas imposés – ils ne l’étaient pas non plus par l’ISF – puisqu’ils ne constituent pas un « revenu » tel que défini par l’administration fiscale. Ainsi la famille Arnault s’est versé l’an passé 3,1 milliards d’euros de dividendes, qui ne seront pas taxés puisque conservés dans les holdings et que l’Europe a proscrit toute taxation entre sociétés mère – filles (ce qui n’est pas le cas aux États-Unis).

« Cela permet par exemple à des milliardaires de financer leur train de vie avec des prêts bancaires, donc toujours sans revenu, juste avec les garanties permises par leur patrimoine financier, c’est l’une des nombreuses techniques que permettent les holdings pour échapper à l’impôt », nous expliquait Layla Yakoub, responsable de plaidoyer justice fiscale et inégalités chez Oxfam. C’était tout l’intérêt de la taxe Zucman, rejetée le mois dernier au Sénat : son assiette inclut les biens professionnels.

211 milliards d’aides publiques aux entreprises

Taxer les patrimoines professionnels apparaît d’autant plus urgent depuis qu’on a confirmation, suite à un rapport d’enquête sénatorial, que les aides d’État sous toutes leur forme aux entreprises ont coûté 211 milliards d’euros en 2023. « Nous sommes passés d’un État providence, au sortir de la seconde guerre mondiale, avec la Sécurité sociale, la retraite… à un État providence pour les grandes entreprises, » explique Maxime Combes.

« À chaque problème qu’elles rencontrent, elles réclament des aides : l’élection de Trump, une guerre en Ukraine, un aléa climatique, la nécessité de se décarboner… Elles prennent l’argent et s’opposent à toute conditionnalité et contrôle, et elles estiment en retour qu’elles ne doivent rien à la collectivité » déplore l’économiste, coauteur du livre Un Pognon de Dingue, mais pour qui ?.

 

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19 juillet 2025 6 19 /07 /juillet /2025 05:30

 

Quels impôts les milliardaires paient-ils ? Très peu, à en croire une étude de l’Institut des politiques publiques. Le taux d’imposition, progressif jusqu’au 0,1 % des foyers fiscaux les plus riches, régresse ensuite… pour ne représenter qu’une toute petite part des revenus des ultrariches. Décryptage.

 

© Infographie L'Humanité

Les ultrariches paient-ils autant d’impôts qu’ils le devraient ? La réponse est non, selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), publiée le 6 juin.

Alors que les questions de justice fiscale reviennent régulièrement dans les débats, cette étude démontre que, au lieu de progresser, le taux d’imposition est dégressif à mesure que l’on monte dans l’échelle des plus hauts revenus.

Pour la première fois, les données de l’impôt sur les revenus sont combinées à celles de l’impôt sur les sociétés

Ces résultats sont le fruit d’un travail de recherche mené dans le cadre de l’évaluation de la réforme de la fiscalité du capital enclenchée en 2017. Pour la première fois, les données de l’impôt sur les revenus sont combinées à celles de l’impôt sur les sociétés, pour mesurer un « taux d’imposition global » (1) pour ces ménages.

 

Jusqu’au 0,1 % des plus grandes fortunes françaises (autour de 600 000 euros de revenu économique annuel), le taux d’imposition est progressif puis régresse fortement, « jusqu’à ne représenter plus que 2 % du revenu économique parmi les 378 ménages les plus aisés ». 

Cette dégressivité s’explique par une substitution du type de revenu : les foyers fiscaux les plus aisés contrôlent plus souvent des sociétés et ont une fortune issue non plus des revenus assujettis à l’impôt sur les revenus, mais des bénéfices des sociétés qu’ils détiennent.

L’impôt sur les sociétés, quasiment le seul impôt acquitté pour ces ménages

L’impôt sur les sociétés devient donc quasiment le seul impôt acquitté pour ces ménages. Or, il n’a pas de principe de progressivité, contrairement à celui sur les revenus. Le taux global d’imposition chute ainsi de 45 % pour les 0,1 % les plus riches à 26 % pour les milliardaires.

Pire, ces données sont celles de l’année 2016, seule année pour laquelle elles sont disponibles pour le moment. Elles ne prennent pas en compte la baisse de l’impôt sur les sociétés passée de 33,3 % à 25 % à partir de 2022. Ces taux actualisés pourraient donc s’avérer encore plus bas depuis les réformes fiscales engagées par Emmanuel Macron depuis 2017.

Or, les dispositifs législatifs centrés sur les bénéfices des sociétés sont devenus « de plus en plus faibles », souligne Laurent Bach, l’un des auteurs de l’étude.

De forts abattements fiscaux sur les plus-values peuvent être mobilisés au moment de la vente des parts des sociétés. Quant à l’« exit tax », qui permet de soumettre à l’impôt sur le revenu les bénéfices non distribués accumulés en cas de départ à l’étranger, elle n’a concerné que très peu de personnes.

« Le taux d’imposition sur les sociétés était, comme l’impôt sur les revenus, autour de 50 %, avant une baisse généralisée observée à l’échelle européenne »

Enfin, l’impôt sur la donation de parts a aussi très fortement diminué ces trente dernières années. « Cela n’a pas toujours été le cas, le taux d’imposition sur les sociétés était, comme l’impôt sur les revenus, autour de 50 %, avant une baisse généralisée observée à l’échelle européenne il y a une quarantaine d’années pour éviter des effets de concurrence entre pays voisins », souligne Laurent Bach.

C’est du côté des États-Unis qu’un contre-modèle est avancé : le pays parvient à mieux intégrer les résultats des sociétés dans les feuilles d’impôt des grandes fortunes.

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Ceci en raison d’une taxe spécifique sur les holdings, qui obligent les actionnaires soit à se verser directement les dividendes (et à les déclarer parmi leurs revenus imposables), soit, à ne pas les distribuer. En Europe, une directive européenne rend au contraire difficile la taxation des holdings.

Ce que les auteurs de l’étude préconisent, c’est une véritable transparence fiscale des résultats des sociétés. « C’est un système déjà en place pour un certain nombre de sociétés en France : les sociétés dites de “personnes” (SCI, SNC, SARL de famille, etc.) voient leurs revenus remonter aux feuilles d’impôt, indique Laurent Bach. Cette transparence fiscale pourrait être généralisée aux autres types de sociétés. »

Si les revenus agrégés de ces groupes se chiffrent à plusieurs dizaines de milliards, l’IPP évite tout chiffrage précis sur ce qui pourrait être absorbé par l’État français en cas de changement de mode de calcul des taux d’imposition.

« La baisse de l’impôt sur les sociétés, de 33,3 % à 25 % va faire baisser le taux effectif payé par les grandes fortunes, mais aura aussi probablement des effets d’assiette avec des profils localisés à l’étranger qui peuvent revenir en France, explique Antoine Bozio, directeur de l’IPP. La question est : que se passerait-il si l’on doublait leur taux d’imposition effectif ? On n’a aucune idée de la réponse potentielle de ces groupes à de telles réformes. »

(1) Ce « revenu économique » comprend le revenu fiscal, les cotisations sociales non contributives (maladie, etc.), et les profits non distribués des sociétés, au prorata de leur part de détention.

 

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