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Quelle honte! Une délégation d'elu.e.s, de parlementaires de gauche avec Ruffin, Corbière, les parlementaires communistes Soumya Bourouha et Marianne Margaté, et d'autres camarades élus du PCF comme Vincent Bouger, Philippe Rio, Camille Nager, Charlotte Blandiot Faride maire de Mitry Mory et présidente de l'AJPF, Gilles Leproust, interdite d'accès en Israël par le même gouvernement qui a accueilli en grande pompe Jordan Bardella représentant d'un parti héritier de la collaboration et de l'antisémitisme d'extrême-droite.
Ils étaient 27, dont 5 parlementaires, à devoir se rendre en délégation en Israël et Palestine , sous l’égide de l’AJPF.
A 48 h du départ les autorités israéliennes ont annulé leurs autorisations d’entrer de territoire. Depuis, silence radio des autorités françaises qui se voient humiliées dans pareilles situations, notre envie de témoigner de la situation empêchée par des décisions autoritaires non fondées , notre besoin de prolonger nos discussions avec nos partenaires israéliens et palestiniens bloqués , mais notre détermination collective à œuvrer pour la diplomatie des peuples et des villes renforcées , car nous sommes du bon côté de l histoire !
Pour Gilles Leproust, maire PCF d’Allonnes (Sarthe) et président de l’Association des maires ville & banlieue de France, les difficultés rencontrées par les élus municipaux sont largement causées par la politique d’austérité du gouvernement.
L'Humanité, Anthony Cortes, 15 avril 2025
Comment expliquez-vous l’hémorragie de maires et de conseillers municipaux ?
La situation est complexe, mais elle pourrait se résumer à une trop grande pression, notamment financière. Celle-ci devrait encore s’accentuer, à en croire les annonces du gouvernement sur le prochain budget : 40 milliards d’euros d’économies, dont une bonne partie doit reposer sur les collectivités. C’est une vraie purge qui se prépare et elle pèsera lourd sur le fonctionnement des municipalités.
Nous avons pourtant plus que jamais besoin de moyens. Alors que l’on constate un affaiblissement de tous les points de repère de notre société, que les syndicats et les partis sont en perte de vitesse, que l’autorité étatique est contestée et que la faillite de l’État est de plus en plus flagrante, les élus municipaux restent mobilisés pour maintenir la République dans les territoires. Les défis sont nombreux : on voit converger, aux portes des hôtels de ville, toutes les difficultés, les souffrances et les frustrations.
Sauf que d’année en année nos moyens sont revus à la baisse, et donc nos possibilités de répondre aux urgences. Cela ne peut que créer de l’exaspération chez nos administrés, qui se traduit parfois par des injures et de la violence, combinée à un sentiment d’impuissance rageant pour les élus. D’autant que, depuis la loi Notre (nouvelle organisation territoriale de la République – NDLR) de 2015, un certain nombre de nos compétences ont été transférées aux intercommunalités. En plus de perdre des moyens, nous sommes aussi de plus en plus dessaisis de nos responsabilités.
À quel point l’austérité joue-t-elle un rôle dans cette crise ?
Quand on s’engage à l’échelon municipal, c’est pour mener des actions claires, pour rendre concrète la devise affichée sur le fronton de nos mairies : « Liberté, égalité, fraternité ». Le problème, c’est que l’État, en voulant nous faire porter le chapeau du dérapage budgétaire, ampute toutes nos capacités à innover.
Alors même que nous votons chaque année un budget à l’équilibre, ce qui n’est pas le cas de l’État. Résultat : on finit par reporter ou annuler des projets essentiels. D’ailleurs, c’est aussi pour cette raison que l’Association des maires de France (AMF) a décidé de ne pas se rendre à la conférence de François Bayrou sur les finances publiques. Quand on organise une telle saignée, on affaiblit la République.
Malgré les violences et la défiance, les fonctions municipales sont les plus populaires dans la population. Doit-on y voir un paradoxe ?
Je ne le crois pas. C’est même tout à fait cohérent : quand ça ne va pas, nous sommes là. Cette présence est reconnue, mais nous restons à portée de baffes, le plus souvent en lieu et place de l’État, dont les services s’effacent peu à peu. Et parfois la colère est mauvaise conseillère.
Mais attention : nous sommes aussi à portée de câlins. Je le vis tous les jours dans ma commune. Personnellement, je prends énormément de plaisir à être maire, même si ça me réveille parfois la nuit. Les marques de sympathie et de reconnaissance sont nombreuses. Même de la part de personnes aux sensibilités très différentes de la mienne.
Que diriez-vous pour motiver les citoyens à s’engager aux prochaines municipales de 2026 ?
Je dirais qu’être engagé à l’échelon municipal, c’est faire le choix du collectif, c’est la possibilité d’innover et de redonner le sourire à des personnes écrasées par le poids des difficultés. Par exemple, dans ma commune, nous avons mis en place des séjours d’été pour permettre aux jeunes qui n’en ont pas les moyens de visiter d’autres régions, de rencontrer d’autres personnes.
Nous avons rendu les concerts de musique classique accessibles, tout comme la piscine. On dit souvent que s’engager et assumer des fonctions c’est prendre le risque de beaucoup perdre sur le plan personnel. Au contraire, on y gagne énormément : on est immergé dans la population, on crée de l’espoir. Et cela permet de rêver d’un autre monde.
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À force de courir après l’extrême droite, certains parlementaires finissent par lui ressembler. Depuis plusieurs semaines maintenant, les débats au Sénat tournent en boucle autour d’un seul sujet : l’immigration.
À croire que c’est la seule urgence du pays. Rien – ou si peu – sur le pouvoir d’achat, la santé publique, la crise du logement ou les suppressions de classes. Rien sur ces préoccupations qui hantent le quotidien de millions de Français.
Ce mardi, la majorité sénatoriale a voté pour étendre la comparution immédiate aux adolescents dès 15 ans, certains allant jusqu’à proposer de juger des enfants de 13 ans comme des adultes. Un concours d’outrance entre élus en campagne, qui confondent le Parlement avec un plateau de CNews.
Dans le même temps, 180 postes demeurent vacants à la Protection judiciaire de la jeunesse, qui alerte depuis des mois sur la carence de moyens dont elle dispose.
Ce populisme législatif ne cherche pas à résoudre des problèmes, il fabrique des coupables, agite les peurs, détourne l’attention. Pour flatter l’imaginaire d’un “ensauvagement” qui ne résiste pas aux faits : la délinquance des mineurs est en baisse. À ce rythme, ce ne sont bientôt plus les juges qui rendront la justice, mais les éditorialistes des chaînes d’info en continu. Ce qui explose, c’est la gravité de certains actes, immédiatement montés en épingle pour légitimer une réponse toujours plus répressive. Mais la gravité d’un fait divers ne doit pas dicter la loi.
Ce populisme législatif, nourri d’effets d’annonce et d’exagérations médiatiques, menace les principes mêmes sur lesquels repose la justice des mineurs depuis l’ordonnance de 1945. Il ne fait qu’aggraver une crise de sens, où l’on renonce à comprendre pour mieux condamner, où l’on prétend restaurer l’autorité en abîmant l’État de droit.
Du cynisme parlementaire pur jus qui permet de masquer l’urgence véritable : la justice sociale et le pouvoir d’achat.
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Maryse Montangon
Responsable commission nationale Santé et protection sociale du PCF
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Par un troisième recours à l’article 49.3 de la Constitution et le rejet d’une une nouvelle motion de censure, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025 a été définitivement adopté par le Parlement, après le vote du Sénat le 17 février 2025, dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale. Le texte sera promulgué après la décision à venir du Conseil constitutionnel, saisi par des députés le 20 février pour contrôle de la constitutionnalité de la loi.
« L’électrochoc » budgétaire voulu et attendu pour notre système de santé et de protection sociale par les organisations syndicales, les forces de gauche et les usagers n’a jamais été à l’ordre du jour de ce PLFSS 2025 !
Barnier, Bayrou : les PLFSS d’austérité se suivent… et se ressemblent
Même si quelques mesures dites phares du PLFSS présenté par le gouvernement Barnier ont été abandonnées pour l’instant (nouvelle journée de « solidarité », hausse du ticket modérateur) et si les enveloppes ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie) ont légèrement augmenté, passant de 2,8 % à 3,3 %, le compte n’y est pas. Il faudrait une augmentation d’au moins 5 % de l’ONDAM pour répondre à l’existant et 6 % pour l’ONDAM hospitalier selon la Fédération hospitalière de France (FHF), alors que celui-ci est proposé dans le PLFSS du gouvernement Bayrou à 3,8 %.
Si le projet de loi présenté par Michel Barnier pouvait présenter un timide début de remise en cause des exonérations de cotisations patronales pour un montant de 5 milliards d’euros sur un total de 92 milliards d’euros, le texte de François Bayrou les a réduites à 1,6 milliards d’euros. Une « taxe lapin » et la baisse du plafond des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail sont également instituées. Les copies de Michel Barnier et François Bayrou ne sont certes pas identiques mais elles donnent la désagréable sensation que ce qui est donné d’une main est repris de l’autre avec un peu plus à chaque fois ! Aucun changement structurel de notre système de santé et de protection sociale alors que tous les voyants sont au rouge, que les scandales sanitaires éclatent au grand jour, ce qui aurait dû inciter le gouvernement Bayrou à porter des mesures beaucoup plus ambitieuses.
L’État s’arroge le droit de considérer la dette de la Sécurité sociale comme de la dette publique et donc d’en assurer la maîtrise. Mais le budget de la Sécurité sociale, ce n’est pas le budget de l’État, ce n’est pas l’argent du gouvernement. Elle a ses propres ressources, sa propre gestion, sa propre dette qui n’entre pas dans la dette remboursée par l’État.
Quand M. Bayrou permet d’augmenter le déficit de la Sécurité sociale (de 15 milliards d’euros à 24 milliards d’euros) en évitant certaines mesures d’économies, il le fait sans que cela ait le moindre impact sur le budget de l’État et sur sa responsabilité politique. Mais cela leur permettra à l’avenir de justifier des économies et des réformes, par exemple la réforme des retraites à l’issue des concertations, du système de santé, des cotisations sociales.
Retraites : financer une réforme de progrès, c’est possible !
La réforme des retraites de 2023 sera remise en chantier par une conférence avec les syndicats et le patronat qui s’est ouverte le 27 février, après la remise au gouvernement du rapport de la Cour des comptes sur l’état financier de nos régimes de retraite. Ce rapport, rendu public le 20 février, qui représente un démenti cinglant aux chiffres farfelus retenus par le Premier ministre (55 milliards d’euros de déficit) et à la « dette cachée », vient néanmoins entériner l’idée d’une nette dégradation de la situation financière des régimes de retraite.
On nous explique qu’entre autres, il ne faut pas de hausse du « coût du travail » qui pèserait sur la compétitivité et l’emploi, que la baisse de la natalité et le vieillissement de la population vont peser sur le nombre d’inactifs par rapport aux actifs (+25 % environ dans les 30 prochaines années). Mais les retraites sont financées sur les richesses produites par les actifs et le Conseil d’orientation des retraites (COR) lui-même estime l’augmentation du PIB sur la même période de l’ordre de 60 %. Une dramatisation du déficit, dont l’objectif est de forcer à faire des économies sur les prélèvements sociaux et publics et à préserver les prélèvements financiers du capital, celui-ci exigeant la ponction d’une masse de plus en plus élevée de richesses. C’est bien un bras de fer entre le capital et la société tout entière ! On comprend pourquoi le patronat, favorable à la réforme de 2023, avec une détermination infaillible, ne changera pas de position sur l’âge légal de départ à la retraite. Côté syndicats, s’il y a consensus sur un retour à 62 ans, il y a néanmoins quelques nuances et des bougés envisageables ainsi que sur l’aménagement ou l’abrogation de la réforme de 2023. Sans réelle surprise, comme à chaque discussion sur le financement du système des retraites, le patronat mais aussi le gouvernement (Gérard Darmanin, Gabriel Attal, Bruno Retailleau) recommencent à parler capitalisation pour sauver nos retraites, en d’autres termes, les exposer aux aléas des marchés financiers.
Trouver des recettes pour financer notre système de retraite par répartition, système solidaire, intergénérationnel et interprofessionnel, est bien à la portée de notre pays aujourd’hui et les leviers existent, mais voilà, il faut oser s’attaquer à l’appétit insatiable de la finance et du grand capital et son mandataire Emmanuel Macron.
Mais il ne faut pas non plus négliger le poids de leurs arguments dans la population à qui on martèle à longueur de journée qu’il n’y a pas d’argent ! Et ils comptent bien gagner cette bataille-là avant d’aller encore plus loin dans la remise à plat de notre système de protection sociale que Patrick Martin, président du MEDEF, estime « à bout de souffle ».
Pour riposter à cette offensive idéologique, ce numéro revient plus en détail sur les moyens de désintoxiquer les entreprises de la finance et de l’obsession de la baisse du « coût du travail », de les emmener sur le chemin d’une nouvelle efficacité sociale et écologique, et de créer ainsi plus d’emplois qualifiés, donc plus de richesses, base saine pour prélever les cotisations dont notre système de protection sociale a besoin.
Une gigantesque mobilisation du mouvement social est indispensable pour freiner, 80 ans après sa création, cette énième attaque de notre système de protection sociale. Nous savons bien que la privation de recettes de la Sécurité sociale est le cœur du problème et non ses dépenses, que son mode de financement par les cotisations sociales issues des richesses produites par le travail représente cette formidable avancée sociale voulue en 1945. Alors, plus que jamais, expliquons cela, défendons cette magnifique conquête et avançons nos propositions pour de nouvelles avancées permettant à chacune et à chacun, tout au long de la vie, de développer pleinement toutes ses capacités !
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Dans sa dernière publication, la Cour des comptes juge sévèrement les effets néfastes des réformes des retraites précédentes, apportant ainsi de l’eau au moulin des opposants à un nouveau recul de l’âge légal.
Cyprien Boganda, L'Humanité, 11 avril 2025
Le recul de l’âge de départ en retraite nuit aux plus vulnérables, et ce n’est pas une officine gauchiste qui l’affirme, mais la très libérale Cour des comptes, dans son dernier rapport. Les auteurs y examinent les effets sur l’emploi des précédents reculs de l’âge légal. À l’arrivée, il n’y a pas de « scoop » particulier, mais une confirmation (bienvenue) de ce qu’ont démontré de nombreux chercheurs au cours des années précédentes.
Durant la décennie 2010, sous l’effet notamment de la réforme sarkozyste de 2010 (passage de 60 à 62 ans), l’âge moyen de départ à la retraite a augmenté de 2,1 années, explique la Cour. « Un moyen d’étudier l’impact de ce recul sur les parcours professionnels est de regarder s’il a correspondu à un allongement du temps dans l’emploi, au chômage ou en invalidité pour les personnes concernées, poursuivent les auteurs. En moyenne, dans l’ensemble de la population, ce recul s’est accompagné d’un allongement d’1 an et 7 mois du temps passé en emploi. Ce constat masque cependant des disparités importantes entre catégories socio-professionnelles. »
En effet, il n’y a rien de mécanique à ce qu’un recul de l’âge légal augmente la durée d’activité de l’ensemble de la population : il est tout à fait possible que certains travailleurs n’aient pas les moyens de continuer à travailler plus longtemps, pour des raisons de santé ou d’éloignement de l’emploi. Ils basculent alors dans un sas de précarité en attendant de pouvoir prendre leur retraite. Les instituts de statistiques les classent dans la catégorie des « NER » (pour Ni en Emploi ni en Retraites). Selon l’Insee, 16 % des 55-69 ans étaient concernés en 2021, contre 14 % en 2014.
La Cour des comptes note que « le recul de l’âge de la retraite s’est traduit pour les ouvriers qualifiés par une augmentation du temps en invalidité (+ 0,3 année) et du temps ni en emploi ni en retraite (+ 0,5 année). De même, les ouvriers non qualifiés ont passé un quart du temps supplémentaire avant de partir à la retraite en invalidité (0,5 année sur 2,0 années) ». Au total, pour les ouvriers qualifiés et non qualifiés, le recul de l’âge moyen de départ à la retraite ne s’est traduit qu’à 66 % par un allongement de la durée en emploi, contre plus de 85 % pour les professions intermédiaires et les cadres.
Sans surprise, la Cour confirme que les ouvriers et les employés sont surreprésentés parmi les NER : en 2021, 62 % des personnes ni en emploi ni en retraite appartiennent à ces catégories socio-professionnelles. En particulier, près de six ouvriers sur dix ni en emploi ni en retraite le sont pour une raison de santé ou un handicap, contre moins de trois sur dix parmi les cadres.
Les auteurs n’oublient pas de rappeler que les femmes payent généralement un lourd tribut au recul de l’âge légal : après 55 ans, elles sont plus fréquemment « ni en emploi, ni en retraite ». En 2021, 22 % des femmes à l’âge de 55 ans sont concernées (contre 17 % des hommes) et 33 % à 61 ans (contre 22 % des hommes).
Et entre 62 et 69 ans, les femmes sont près de deux fois plus souvent « ni en emploi ni en retraite » que les hommes (11 % contre 6 %), « ce qui peut s’expliquer par des carrières plus souvent incomplètes pour les femmes, qui retardent l’atteinte du taux plein », souligne la Cour. Les femmes partent à la retraite en moyenne 8 mois après les hommes : 63 ans pour les premières et 62 ans et 4 mois pour les seconds.
Devant plus de 400 personnes à Vénissieux, Fabien Roussel, secrétaire national du parti, a appelé à reconnaître l’État de Palestine, à « oser franchir le cap » de la sortie de l’Otan et à une issue négociée du conflit en Ukraine.
Vénissieux (Rhône), envoyé spécial.
Prendre le mal à la racine. « L’heure est à dépasser le système capitaliste qui crée la guerre et se nourrit de la guerre », lance à Vénissieux (Rhône) Michèle Picard, première oratrice du meeting pour la paix organisé par le PCF le 8 avril. Dans son discours, la maire communiste donne la tonalité de la rencontre, invitant à ne pas céder aux « discours des va-t-en guerre » et à promouvoir, comme le fait la ville qu’elle dirige, la culture de paix.
Cet accent anticapitaliste traverse toute la soirée. Le président du Parti du travail de Belgique (PTB), Raoul Hedebouw, est heureux : il a traversé un « boulevard Lénine » lors de sa visite de la ville pendant l’après-midi. Afin d’y voir clair dans le désordre du monde, il appelle à la pensée du révolutionnaire et à un « retour à une analyse de classe ». « D’où vient le danger de guerre aujourd’hui ? Ce sont les enjeux économiques de business. Cela n’a rien à voir avec les valeurs. Si les droits de l’homme entraient en compte, nous n’aurions pas 12 ou 13 paquets de sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie et zéro contre Israël ! » dénonce, sous les applaudissements, le député belge.
Poursuivant son analyse, il estime que les désordres du monde proviennent de ce que, « pour la première fois, une puissance du Sud, la Chine, est en train de dépasser les États-Unis d’Amérique. Que se passe-t-il dans un monde où une puissance capitaliste est dépassée ? C’est à ce moment-là que les dangers de guerre deviennent plus nombreux », comme en 1914 quand l’impérialisme allemand concurrençait ceux du Royaume-Uni et de la France.
Selon Raoul Hedebouw, « derrière les tarifs douaniers érigés par Donald Trump, on trouve la fragilité d’un impérialisme qui n’est plus capable de dominer le monde » : quand le capitalisme américain dominait les technologies, il était libre-échangiste afin d’inonder les marchés étrangers, maintenant qu’il ne les domine plus, il se referme.
Concluant le meeting, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, indique lui aussi faire de « l’analyse de classe » le fil conducteur de sa réflexion. Il y a danger : « L’industrie menacée, les services publics affaiblis, les libertés publiques attaquées, et même l’État de droit », énumère-t-il en référence aux attaques contre l’institution judiciaire après la condamnation de Marine Le Pen. « La démocratie est un bien précieux. » L’attaquer, « c’est l’emmener vers un monde plus dangereux ».
Face à l’attitude de Donald Trump, il invite à « investir en France » et prévient les entreprises qui céderaient aux injonctions américaines en délocalisant outre-Atlantique. « Qu’ils partent, mais sans les capitaux et l’outil de travail ! » s’exclame le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), qui dénonce « l’économie de guerre », une « économie de la mort qui va taper sur notre pouvoir d’achat, s’en prendre à notre modèle social ». Dans son viseur se trouve l’augmentation prévue du budget de la défense, qui passerait de 50 à 100 milliards d’euros.
« Le PCF sera toujours présent pour défendre la patrie (…), mais il ne saignera jamais les travailleurs pour financer des guerres qui ne nous concernent pas », clame l’ancien député, qui fait de « la paix un combat politique contre l’accumulation sans fin du capital ».
Le meeting est aussi l’occasion d’affirmer un programme. Pour recouvrer notre souveraineté, Fabien Roussel enjoint à oser « franchir le cap » de la sortie de l’Otan, « qui a fait de l’Europe entière un protectorat américain ». Surtout, il invite à une solution diplomatique en vue de mettre fin « à la guerre sanglante déclenchée par Poutine ».
Cela se fait, pour l’UE, par le biais d’une négociation avec le président russe d’« un accord respectueux du peuple ukrainien et de tous les peuples d’Europe », qui passe certainement par « une neutralité de l’Ukraine ». Affrontant la culture de guerre, il met en garde : « Affirmer que la Russie est une menace existentielle, comme le fait Macron, nous empêche de mener une politique diplomatique réaliste. »
Impossible de tenir un tel meeting sans évoquer le Proche-Orient. « Pour un Palestinien, la paix, c’est vivre dans la dignité, en paix sur sa terre et pas ailleurs », a lancé sous les applaudissements Yassar Ayoub, représentant de l’ambassade palestinienne, qui rappelle que le conflit n’a « pas commencé le 7 octobre ». Fabien Roussel, qui souhaite voir la France « se tenir à la hauteur de l’histoire » en reconnaissant l’État de Palestine, a annoncé que le 4 juin son parti lancerait une « grande campagne européenne de soutien au peuple palestinien » avec l’Organisation de libération de la Palestine.