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25 avril 2025 5 25 /04 /avril /2025 04:43
Vernis -  édito de la revue Cause Commune mars/ avril 2025 par Guillaume Roubaud Quashié
Vernis
 
édito de la revue Cause Commune n°43 mars/ avril 2025 par Guillaume Roubaud Quashié
 
Je ne sais quel est votre âge, lectrice, lecteur, mais si vous avez plus de 25 ans, il y a de grandes chances que vous ayez bien en mémoire les nombreuses couches de vernis patiemment appliquées pour masquer des intérêts souvent peu reluisants. Les guerres du Golfe ? La défense de la liberté contre l’axe du mal, bien sûr. Et tout un petit monde s’agitant du matin jusqu’au soir pour porter la bonne parole : guerre juste et sainte croisade au service de nobles causes.
Évidemment, l’abîme entre les grandes envolées et le pur appât du gain pouvait être particulièrement agaçant mais, somme toute, il avait un côté rassurant : le rapport de forces idéologiques était donc de notre côté puisqu’il fallait s’embarrasser d’une foule de justifications pour dissimuler pillages et massacres. Cet embarras, en validant des principes humanistes, rendait possibles quelques prises de judo : on pouvait condamner l’action entreprise en la mettant en regard des valeurs proclamées. On pouvait faire jouer la contradiction.
« La langue de Trump ne s’encombre pas des grandes sérénades habituelles. C’est le capital qui parle, sans filtre. »
Avec Donald Trump, tout est plus simple et plus compliqué à la fois : il n’y a, pour ainsi dire, plus de vernis ! Je ne sais si vous avez pris le temps d’écouter Donald Trump à l’occasion, par exemple, de ses conférences de presse – fascinées par ces shows assez exotiques, les « chaînes d’information en continu » les relaient bien souvent ; les extraits les plus saisissants font pour leur part la joie des réseaux sociaux. De l’humiliation de Zelensky en direct aux tranquilles revendications du Groenland devant un dirigeant de l’OTAN quasi mutique en passant par les mots fleuris choisis pour parler du Canada qui « nous a arnaqués pendant des années », l’Europe, la Chine… la langue de Trump ne s’encombre pas des grandes sérénades habituelles. C’est le capital qui parle, sans filtre.
À certains égards, c’est extrêmement inquiétant. Au temps T, cela semble indiquer un rapport de forces si dégradé dans les consciences qu’il n’est plus même besoin de vernis pour masquer la hideur bête de la quête exclusive du profit. Plus grave, en perspective : si cette langue du capital trouve un écho, si les esprits s’en accommodent, finissent par l’incorporer bon gré mal gré, comment continuer à se parler, à convaincre si un socle minimal de principes n’est pas partagé ? (Je ne parle pas ici de diplomatie entre États mais de politique : comment trouver l’oreille de celles et ceux qui soutiennent Trump s’ils acceptent de le suivre sur ce terrain où seul le profit compte ?) Ce ne sont pas là de minces questions.
Dans le même temps, les choses sont enfin claires et apparaissent pour ce qu’elles sont à la face du monde, avec tout ce que cela implique de possible surcroît de conscience. C’est Le Manifeste qui nous parle sans la moindre ride naissante : Partout où elle [la bourgeoisie] a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissent l’homme féodal à ses « supérieurs naturels », elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du « paiement au comptant ». Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l’exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale.
« La réponse réellement nécessaire est autrement ambitieuse : elle appelle, avec urgence, de centrer enfin les efforts sur les besoins humains et les questions environnementales, de déployer une ambition inédite en matière de diplomatie et d’exigence de désarmement. »
En un sens, notre combat se fait plus simple car la brutalité « ouverte, éhontée, directe » et absurde face aux défis de notre humanité, n’a pas à cette heure une majorité de Terriens pour la révérer. Elle heurte, elle choque, elle scandalise largement de par le monde, rendant disponibles pour l’action un nombre croissant d’individus. (Notons qu’au passage, ce que nous n’avons cessé de dire depuis 1949 sur la nécessité de sortie de l’OTAN, se trouve radicalement validé.)
Pour autant, avec ou sans Trump, l’enjeu d’incarner une alternative tangible et crédible reste décisif. On peut être effrayé par ce qui se passe et ne pas voir quoi faire ou foncer tête baissée dans de sûres impasses… (Cela appelle aussi des gestes d’organisation : nous adressons-nous partout où nous le pouvons à ces gens qui, réalisant le pire, cherchent une voie d’action et d’engagement ?)
Le piquant de la situation, vu de France, est qu’à ce grand coup de dissolvant appliqué outre-Atlantique répond ici une débauche de vernis. Comme si, par vases communicants, tout ce que l’Amérique en comptait se trouvait chez nous déversé. Nous n’en manquions pourtant pas mais nous voici à présent presque noyés sous tous ces flots écarlates.
Plus laqués que jamais, Macron et ses relais nous rebattent les oreilles du matin jusqu’au soir de Droit, de Justice, de Liberté, de Valeurs démocratiques… Quoi qu’il en coûte, le rempart européen s’élèvera pour protéger l’Ukraine, etc., etc. (Ajoutez au besoin, pour faire bonne mesure, trémolos, applaudissements debout, indignation cabotine et kits de survie.)
Pourtant, ce sont les mêmes qui, notant que le Maroc était un partenaire commercial plus important que l’Algérie, s’assoient très tranquillement sur les aspirations des Sahraouis à la liberté et à l’autodétermination. Les mêmes qui, depuis les sanctions contre la Russie, ne sont qu’amour pour les grands démocrates qataris et les Azéris qui massacrent les Arméniens… Faut-il évoquer le sort des Palestiniens ? On s’étonne chaque jour de découvrir de nouvelles sanctions mises en place ou sérieusement envisagées quand il s’agit de la Russie mais quel silence de mort quand le gouvernement israélien viole si terriblement le droit international ! Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de défendre la Russie de Poutine qui a envahi un pays souverain, ni de légitimer en rien la barbarie du 7 octobre ; simplement de constater que cette débauche de vernis et de bons sentiments est pour le moins sélective. Affaire de cosmétique plutôt que de politique. Au fond, il s’agit avec tout cela de faire passer la création d’une armée européenne, le bond dans le fédéralisme, l’austérité aggravée et, si possible, de se refaire une petite popularité pour continuer une politique antisociale avec onction électorale.
« Pourtant, ce sont les mêmes qui, notant que le Maroc était un partenaire commercial plus important que l’Algérie, s’assoient très tranquillement sur les aspirations des Sahraouis à la liberté et à l’autodétermination. »
Assurément, le problème Trump – qui est lui-même, pour une part, l’expression des contradictions violentes dans lesquelles le capital états-unien se trouve plongé – appelle des réponses mais il n’est nul besoin de vernis – ni de donner des centaines de milliards à l’industrie d’armement US sous couvert d’une « souveraineté européenne » devenue soudain impérieuse. Non, la réponse réellement nécessaire est autrement ambitieuse : elle appelle, avec urgence, de centrer enfin les efforts sur les besoins humains et les questions environnementales, de déployer une ambition inédite en matière de diplomatie et d’exigence de désarmement. Cela n’interdit pas de mettre en œuvre une véritable politique de défense – avec tout ce que cela implique de changements radicaux en ce qui concerne notre pays – mais en gardant en tête qu’un monde avec plus d’armes sera toujours plus dangereux qu’un monde qui en compte moins. Comme nous le disions il y a bien longtemps déjà : si vis pacem, para pacem (si tu veux la paix, prépare la paix).
Autrement dit, moins de vernis mais une volonté, des moyens, de la démocratie.
 
Guillaume Roubaud-Quashie, directeur de Cause commune.
Cause commune n° 43 • mars/avril 2025
 
Guillaume Roubaud Quashiésera à Morlaix pour présenter le livre co-écrit avec Côme Simien "Haro sur les Jacobins! Essai sur un mythe politique (XVIIIe-XXIe siècle) pour une conférence-débat avec Côme Simien au local du PCF Morlaix le mardi 10 juin à Morlaix avec les Mardis de l'Éducation Populaire
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23 avril 2025 3 23 /04 /avril /2025 11:35
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël

Quelle honte! Une délégation d'elu.e.s, de parlementaires de gauche avec Ruffin, Corbière, les parlementaires communistes Soumya Bourouha et Marianne Margaté, et d'autres camarades élus du PCF comme Vincent Bouger, Philippe Rio, Camille Nager, Charlotte Blandiot Faride maire de Mitry Mory et présidente de l'AJPF, Gilles Leproust, interdite d'accès en Israël par le même gouvernement qui a accueilli en grande pompe Jordan Bardella représentant d'un parti héritier de la collaboration et de l'antisémitisme d'extrême-droite.

Ils étaient 27, dont 5 parlementaires, à devoir se rendre en délégation en Israël et Palestine , sous l’égide de l’AJPF.

A 48 h du départ les autorités israéliennes ont annulé leurs autorisations d’entrer de territoire. Depuis, silence radio des autorités françaises qui se voient humiliées dans pareilles situations, notre envie de témoigner de la situation empêchée par des décisions autoritaires non fondées , notre besoin de prolonger nos discussions avec nos partenaires israéliens et palestiniens bloqués , mais notre détermination collective à œuvrer pour la diplomatie des peuples et des villes renforcées , car nous sommes du bon côté de l histoire !

« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
 
Soumya Bourouaha, Philippe Rio, Alexis Corbière, François Ruffin… Ils sont 27 à s’être vu refuser l’entrée sur le territoire israélien, dimanche 20 avril, deux jours avant leur départ. Ils dénoncent une « punition collective » et demandent à Emmanuel Macron d’intervenir.
 
Publié le 21 avril 2025
 
Margot Bonnéry - L'Humanité
 
La gauche française jugée indésirable. À 48 heures de leur déplacement en Israël, une délégation de 27 parlementaires et élus se sont vu annuler leurs visas par les autorités israéliennes. Parmi les politiques invités par le consulat français à Jérusalem, les communistes Soumya Bourouaha, Marianne Margaté et Philippe Rio, mais aussi les députés du groupe écologiste François Ruffin, Alexis Corbière et Julie Ozenne.
Certains d’entre eux dénoncent une « rupture majeure des liens diplomatiques à l’égard de l’État français ». Alexis Corbière, député et fondateur de l’Après, s’émeut également du silence assourdissant d’Emmanuel Macron et du ministère des Affaires étrangères, dont la réaction se fait toujours attendre : « L’Élysée devrait réagir. La France n’a pas refusé la venue de politiques israéliens. Inversement, nous devrions pouvoir faire de même. »
« Punition collective »
D’autant que si la gauche est radiée, l’extrême droite, elle, a eu droit au tapis rouge. En effet, les 26 et 27 mars, le gouvernement israélien a accueilli à bras ouverts Jordan Bardella et Marion Maréchal « en dépit de l’héritage de leurs partis fondés sur des discours antisémites », ajoute Alexis Corbière.
De nombreux maires de la délégation avaient prévu de rencontrer, du 20 au 24 avril, les acteurs locaux palestiniens et israéliens. Le but : créer des ponts. « Nous étions dans une démarche de dialogue et de construction de la paix. Cette décision est une atteinte grave à la démocratie », souffle Gilles Leproust, maire PCF d’Allonnes, dans la Sarthe, à l’initiative d’une coopération avec le camp de New Askar, en Cisjordanie, depuis 2018. « Pour faire entretenir ces liens, il est essentiel de se rendre sur ces territoires. Nous devons être ainsi libres de circuler », poursuit l’édile, qui espère une nouvelle autorisation de déplacement dans les meilleurs délais.
Si le ministère de l’Intérieur a invoqué une loi qui permet d’interdire l’entrée sur le territoire de toute personne qui voudrait « agir contre Israël », Philippe Rio émet l’hypothèse que cette « punition collective » est surtout une réponse à la volonté d’Emmanuel Macron de reconnaître en juin l’État palestinien. « Cette reconnaissance, que nous prônons depuis bien longtemps, est un bon début, admet le maire PCF de Grigny, en Essonne. Mais nous souhaitons aussi que le chef de l’État cesse son mutisme et s’exprime concernant notre impossibilité d’accès sur le territoire. Empêcher des élus et parlementaires ne doit pas rester sans conséquences. »
Ce cas est loin d’être une première. Le 30 janvier, l’ex-vice-présidente du Parlement européen, l’Italienne Luisa Morgantini, a été arrêtée par l’armée avant d’être finalement relâchée. De nombreux journalistes étrangers, notamment la presse de gauche, ont interdiction de se rendre à Gaza ou d’accéder à certaines conférences pourtant autorisées à la presse. Pour Marianne Margaté, sénatrice communiste du groupe CRCE-K, la stratégie du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, est claire : "Dresser des murs infranchissables et n’autoriser aucun regard extérieur qui irait à son encontre".
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
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22 avril 2025 2 22 /04 /avril /2025 07:18
Austérité : « C’est une vraie purge qui se prépare et elle pèsera lourd sur les municipalités », dénonce Gilles Leproust, maire PCF d’Allones

Pour Gilles Leproust, maire PCF d’Allonnes (Sarthe) et président de l’Association des maires ville & banlieue de France, les difficultés rencontrées par les élus municipaux sont largement causées par la politique d’austérité du gouvernement.

L'Humanité, Anthony Cortes, 15 avril 2025

Comment expliquez-vous l’hémorragie de maires et de conseillers municipaux ?

La situation est complexe, mais elle pourrait se résumer à une trop grande pression, notamment financière. Celle-ci devrait encore s’accentuer, à en croire les annonces du gouvernement sur le prochain budget : 40 milliards d’euros d’économies, dont une bonne partie doit reposer sur les collectivités. C’est une vraie purge qui se prépare et elle pèsera lourd sur le fonctionnement des municipalités.

Nous avons pourtant plus que jamais besoin de moyens. Alors que l’on constate un affaiblissement de tous les points de repère de notre société, que les syndicats et les partis sont en perte de vitesse, que l’autorité étatique est contestée et que la faillite de l’État est de plus en plus flagrante, les élus municipaux restent mobilisés pour maintenir la République dans les territoires. Les défis sont nombreux : on voit converger, aux portes des hôtels de ville, toutes les difficultés, les souffrances et les frustrations.

Sauf que d’année en année nos moyens sont revus à la baisse, et donc nos possibilités de répondre aux urgences. Cela ne peut que créer de l’exaspération chez nos administrés, qui se traduit parfois par des injures et de la violence, combinée à un sentiment d’impuissance rageant pour les élus. D’autant que, depuis la loi Notre (nouvelle organisation territoriale de la République – NDLR) de 2015, un certain nombre de nos compétences ont été transférées aux intercommunalités. En plus de perdre des moyens, nous sommes aussi de plus en plus dessaisis de nos responsabilités.

À quel point l’austérité joue-t-elle un rôle dans cette crise ?

Quand on s’engage à l’échelon municipal, c’est pour mener des actions claires, pour rendre concrète la devise affichée sur le fronton de nos mairies : « Liberté, égalité, fraternité ». Le problème, c’est que l’État, en voulant nous faire porter le chapeau du dérapage budgétaire, ampute toutes nos capacités à innover.

Alors même que nous votons chaque année un budget à l’équilibre, ce qui n’est pas le cas de l’État. Résultat : on finit par reporter ou annuler des projets essentiels. D’ailleurs, c’est aussi pour cette raison que l’Association des maires de France (AMF) a décidé de ne pas se rendre à la conférence de François Bayrou sur les finances publiques. Quand on organise une telle saignée, on affaiblit la République.

Malgré les violences et la défiance, les fonctions municipales sont les plus populaires dans la population. Doit-on y voir un paradoxe ?

Je ne le crois pas. C’est même tout à fait cohérent : quand ça ne va pas, nous sommes là. Cette présence est reconnue, mais nous restons à portée de baffes, le plus souvent en lieu et place de l’État, dont les services s’effacent peu à peu. Et parfois la colère est mauvaise conseillère.

Mais attention : nous sommes aussi à portée de câlins. Je le vis tous les jours dans ma commune. Personnellement, je prends énormément de plaisir à être maire, même si ça me réveille parfois la nuit. Les marques de sympathie et de reconnaissance sont nombreuses. Même de la part de personnes aux sensibilités très différentes de la mienne.

Que diriez-vous pour motiver les citoyens à s’engager aux prochaines municipales de 2026 ?

Je dirais qu’être engagé à l’échelon municipal, c’est faire le choix du collectif, c’est la possibilité d’innover et de redonner le sourire à des personnes écrasées par le poids des difficultés. Par exemple, dans ma commune, nous avons mis en place des séjours d’été pour permettre aux jeunes qui n’en ont pas les moyens de visiter d’autres régions, de rencontrer d’autres personnes.

Nous avons rendu les concerts de musique classique accessibles, tout comme la piscine. On dit souvent que s’engager et assumer des fonctions c’est prendre le risque de beaucoup perdre sur le plan personnel. Au contraire, on y gagne énormément : on est immergé dans la population, on crée de l’espoir. Et cela permet de rêver d’un autre monde.

 

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21 avril 2025 1 21 /04 /avril /2025 08:39
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Ce week-end, le Congrès national du MJCF s’est clôturé, réaffirmant la détermination de notre organisation à faire grandir le mouvement de jeunesse communiste partout sur le territoire !
Le MJCF Finistère était fier d’y être représenté par 4 délégués, porteurs de nos luttes et de notre engagement militant 
Une fierté particulière pour notre fédération :
Camille Mongin, ancienne secrétaire fédérale du MJCF 29, a été élue secrétaire nationale de l’UEC !
— Taran Marec, actuel secrétaire fédéral, a rejoint le Conseil National du MJCF !
Et ce n’est que le début ! Dans cette dynamique, nos forces s’organisent partout dans le Finistère, avec le lancement d’Unions de Groupe sur Brest et Quimper / Finistère Sud 
La jeunesse s’organise, la jeunesse lutte : rejoins le mouvement !
 
Le MJCF 29, 16 avril 2025
 
Photos MJCF
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19 avril 2025 6 19 /04 /avril /2025 05:10

 

 

À force de courir après l’extrême droite, certains parlementaires finissent par lui ressembler. Depuis plusieurs semaines maintenant, les débats au Sénat tournent en boucle autour d’un seul sujet : l’immigration.

À croire que c’est la seule urgence du pays. Rien – ou si peu – sur le pouvoir d’achat, la santé publique, la crise du logement ou les suppressions de classes. Rien sur ces préoccupations qui hantent le quotidien de millions de Français.

Ce mardi, la majorité sénatoriale a voté pour étendre la comparution immédiate aux adolescents dès 15 ans, certains allant jusqu’à proposer de juger des enfants de 13 ans comme des adultes. Un concours d’outrance entre élus en campagne, qui confondent le Parlement avec un plateau de CNews.

Dans le même temps, 180 postes demeurent vacants à la Protection judiciaire de la jeunesse, qui alerte depuis des mois sur la carence de moyens dont elle dispose.

Ce populisme législatif ne cherche pas à résoudre des problèmes, il fabrique des coupables, agite les peurs, détourne l’attention. Pour flatter l’imaginaire d’un “ensauvagement” qui ne résiste pas aux faits : la délinquance des mineurs est en baisse. À ce rythme, ce ne sont bientôt plus les juges qui rendront la justice, mais les éditorialistes des chaînes d’info en continu. Ce qui explose, c’est la gravité de certains actes, immédiatement montés en épingle pour légitimer une réponse toujours plus répressive. Mais la gravité d’un fait divers ne doit pas dicter la loi.

Ce populisme législatif, nourri d’effets d’annonce et d’exagérations médiatiques, menace les principes mêmes sur lesquels repose la justice des mineurs depuis l’ordonnance de 1945. Il ne fait qu’aggraver une crise de sens, où l’on renonce à comprendre pour mieux condamner, où l’on prétend restaurer l’autorité en abîmant l’État de droit.

Du cynisme parlementaire pur jus qui permet de masquer l’urgence véritable : la justice sociale et le pouvoir d’achat.

 

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18 avril 2025 5 18 /04 /avril /2025 08:21

 

 

 

Maryse Montangon

Responsable commission nationale Santé et protection sociale du PCF

 

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Par un troisième recours à l’article 49.3 de la Constitution et le rejet d’une une nouvelle motion de censure, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025 a été définitivement adopté par le Parlement, après le vote du Sénat le 17 février 2025, dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale. Le texte sera promulgué après la décision à venir du Conseil constitutionnel, saisi par des députés le 20 février pour contrôle de la constitutionnalité de la loi.

« L’électrochoc » budgétaire voulu et attendu pour notre système de santé et de protection sociale par les organisations syndicales, les forces de gauche et les usagers n’a jamais été à l’ordre du jour de ce PLFSS 2025 !

Barnier, Bayrou : les PLFSS d’austérité se suivent… et se ressemblent

Même si quelques mesures dites phares du PLFSS présenté par le gouvernement Barnier ont été abandonnées pour l’instant (nouvelle journée de « solidarité », hausse du ticket modérateur) et si les enveloppes ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie) ont légèrement augmenté, passant de 2,8 % à 3,3 %, le compte n’y est pas. Il faudrait une augmentation d’au moins 5 % de l’ONDAM pour répondre à l’existant et 6 % pour l’ONDAM hospitalier selon la Fédération hospitalière de France (FHF), alors que celui-ci est proposé dans le PLFSS du gouvernement Bayrou à 3,8 %.

Si le projet de loi présenté par Michel Barnier pouvait présenter un timide début de remise en cause des exonérations de cotisations patronales pour un montant de 5 milliards d’euros sur un total de 92 milliards d’euros, le texte de François Bayrou les a réduites à 1,6 milliards d’euros. Une « taxe lapin » et la baisse du plafond des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail sont également instituées. Les copies de Michel Barnier et François Bayrou ne sont certes pas identiques mais elles donnent la désagréable sensation que ce qui est donné d’une main est repris de l’autre avec un peu plus à chaque fois ! Aucun changement structurel de notre système de santé et de protection sociale alors que tous les voyants sont au rouge, que les scandales sanitaires éclatent au grand jour, ce qui aurait dû inciter le gouvernement Bayrou à porter des mesures beaucoup plus ambitieuses.

L’État s’arroge le droit de considérer la dette de la Sécurité sociale comme de la dette publique et donc d’en assurer la maîtrise. Mais le budget de la Sécurité sociale, ce n’est pas le budget de l’État, ce n’est pas l’argent du gouvernement. Elle a ses propres ressources, sa propre gestion, sa propre dette qui n’entre pas dans la dette remboursée par l’État.

Quand M. Bayrou permet d’augmenter le déficit de la Sécurité sociale (de 15 milliards d’euros à 24 milliards d’euros) en évitant certaines mesures d’économies, il le fait sans que cela ait le moindre impact sur le budget de l’État et sur sa responsabilité politique. Mais cela leur permettra à l’avenir de justifier des économies et des réformes, par exemple la réforme des retraites à l’issue des concertations, du système de santé, des cotisations sociales.

Retraites : financer une réforme de progrès, c’est possible !

La réforme des retraites de 2023 sera remise en chantier par une conférence avec les syndicats et le patronat qui s’est ouverte le 27 février, après la remise au gouvernement du rapport de la Cour des comptes sur l’état financier de nos régimes de retraite. Ce rapport, rendu public le 20 février, qui représente un démenti cinglant aux chiffres farfelus retenus par le Premier ministre (55 milliards d’euros de déficit) et à la « dette cachée », vient néanmoins entériner l’idée d’une nette dégradation de la situation financière des régimes de retraite.

On nous explique qu’entre autres, il ne faut pas de hausse du « coût du travail » qui pèserait sur la compétitivité et l’emploi, que la baisse de la natalité et le vieillissement de la population vont peser sur le nombre d’inactifs par rapport aux actifs (+25 % environ dans les 30 prochaines années). Mais les retraites sont financées sur les richesses produites par les actifs et le Conseil d’orientation des retraites (COR) lui-même estime l’augmentation du PIB sur la même période de l’ordre de 60 %. Une dramatisation du déficit, dont l’objectif est de forcer à faire des économies sur les prélèvements sociaux et publics et à préserver les prélèvements financiers du capital, celui-ci exigeant la ponction d’une masse de plus en plus élevée de richesses. C’est bien un bras de fer entre le capital et la société tout entière ! On comprend pourquoi le patronat, favorable à la réforme de 2023, avec une détermination infaillible, ne changera pas de position sur l’âge légal de départ à la retraite. Côté syndicats, s’il y a consensus sur un retour à 62 ans, il y a néanmoins quelques nuances et des bougés envisageables ainsi que sur l’aménagement ou l’abrogation de la réforme de 2023. Sans réelle surprise, comme à chaque discussion sur le financement du système des retraites, le patronat mais aussi le gouvernement (Gérard Darmanin, Gabriel Attal, Bruno Retailleau) recommencent à parler capitalisation pour sauver nos retraites, en d’autres termes, les exposer aux aléas des marchés financiers.

Trouver des recettes pour financer notre système de retraite par répartition, système solidaire, intergénérationnel et interprofessionnel, est bien à la portée de notre pays aujourd’hui et les leviers existent, mais voilà, il faut oser s’attaquer à l’appétit insatiable de la finance et du grand capital et son mandataire Emmanuel Macron.

Mais il ne faut pas non plus négliger le poids de leurs arguments dans la population à qui on martèle à longueur de journée qu’il n’y a pas d’argent ! Et ils comptent bien gagner cette bataille-là avant d’aller encore plus loin dans la remise à plat de notre système de protection sociale que Patrick Martin, président du MEDEF, estime « à bout de souffle ».

Pour riposter à cette offensive idéologique, ce numéro revient plus en détail sur les moyens de désintoxiquer les entreprises de la finance et de l’obsession de la baisse du « coût du travail », de les emmener sur le chemin d’une nouvelle efficacité sociale et écologique, et de créer ainsi plus d’emplois qualifiés, donc plus de richesses, base saine pour prélever les cotisations dont notre système de protection sociale a besoin.

Une gigantesque mobilisation du mouvement social est indispensable pour freiner, 80 ans après sa création, cette énième attaque de notre système de protection sociale. Nous savons bien que la privation de recettes de la Sécurité sociale est le cœur du problème et non ses dépenses, que son mode de financement par les cotisations sociales issues des richesses produites par le travail représente cette formidable avancée sociale voulue en 1945. Alors, plus que jamais, expliquons cela, défendons cette magnifique conquête et avançons nos propositions pour de nouvelles avancées permettant à chacune et à chacun, tout au long de la vie, de développer pleinement toutes ses capacités !

 

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16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 08:54

 

 

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15 avril 2025 2 15 /04 /avril /2025 08:13

 

Le tribunal de commerce de Lyon a tranché : l’offre d’un groupe chinois (via sa filiale hongroise) est retenue.
➡️ Résultat : seuls 54 emplois sauvés, des centaines promis au licenciement.
Pourtant, les salarié·es, appuyés par la CGT, des élu·es locaux et des industriels, portaient un vrai projet de reprise via une SCIC : pour maintenir l’activité, garantir notre souveraineté industrielle et sauver plus de 400 emplois sur la plateforme.
Le gouvernement tourne le dos à ce projet d’avenir, au profit d’un repreneur étranger intéressé surtout… par les brevets !
Vencorex est un maillon stratégique de la filière chimie, liée au nucléaire, à l’aéronautique, à la défense. Abandonner ce site, c’est fragiliser tout un pan de l’économie et de la souveraineté française.
Nous exigeons l’arrêt du processus en cours et le soutien immédiat au projet de reprise porté par les salarié·es !
Le PCF se tient aux côtés de celles et ceux qui se battent pour l’emploi, l’industrie, la souveraineté.
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12 avril 2025 6 12 /04 /avril /2025 05:42
Retraites : même la Cour des comptes alerte sur les dangers d’un recul de l’âge légal

Dans sa dernière publication, la Cour des comptes juge sévèrement les effets néfastes des réformes des retraites précédentes, apportant ainsi de l’eau au moulin des opposants à un nouveau recul de l’âge légal.

Cyprien Boganda, L'Humanité, 11 avril 2025

Le recul de l’âge de départ en retraite nuit aux plus vulnérables, et ce n’est pas une officine gauchiste qui l’affirme, mais la très libérale Cour des comptes, dans son dernier rapport. Les auteurs y examinent les effets sur l’emploi des précédents reculs de l’âge légal. À l’arrivée, il n’y a pas de « scoop » particulier, mais une confirmation (bienvenue) de ce qu’ont démontré de nombreux chercheurs au cours des années précédentes.

Durant la décennie 2010, sous l’effet notamment de la réforme sarkozyste de 2010 (passage de 60 à 62 ans), l’âge moyen de départ à la retraite a augmenté de 2,1 années, explique la Cour. « Un moyen d’étudier l’impact de ce recul sur les parcours professionnels est de regarder s’il a correspondu à un allongement du temps dans l’emploi, au chômage ou en invalidité pour les personnes concernées, poursuivent les auteurs. En moyenne, dans l’ensemble de la population, ce recul s’est accompagné d’un allongement d’1 an et 7 mois du temps passé en emploi. Ce constat masque cependant des disparités importantes entre catégories socio-professionnelles. »

Les ouvriers les plus impactés

En effet, il n’y a rien de mécanique à ce qu’un recul de l’âge légal augmente la durée d’activité de l’ensemble de la population : il est tout à fait possible que certains travailleurs n’aient pas les moyens de continuer à travailler plus longtemps, pour des raisons de santé ou d’éloignement de l’emploi. Ils basculent alors dans un sas de précarité en attendant de pouvoir prendre leur retraite. Les instituts de statistiques les classent dans la catégorie des « NER » (pour Ni en Emploi ni en Retraites). Selon l’Insee, 16 % des 55-69 ans étaient concernés en 2021, contre 14 % en 2014.

La Cour des comptes note que « le recul de l’âge de la retraite s’est traduit pour les ouvriers qualifiés par une augmentation du temps en invalidité (+ 0,3 année) et du temps ni en emploi ni en retraite (+ 0,5 année). De même, les ouvriers non qualifiés ont passé un quart du temps supplémentaire avant de partir à la retraite en invalidité (0,5 année sur 2,0 années) ». Au total, pour les ouvriers qualifiés et non qualifiés, le recul de l’âge moyen de départ à la retraite ne s’est traduit qu’à 66 % par un allongement de la durée en emploi, contre plus de 85 % pour les professions intermédiaires et les cadres.

Sans surprise, la Cour confirme que les ouvriers et les employés sont surreprésentés parmi les NER : en 2021, 62 % des personnes ni en emploi ni en retraite appartiennent à ces catégories socio-professionnelles. En particulier, près de six ouvriers sur dix ni en emploi ni en retraite le sont pour une raison de santé ou un handicap, contre moins de trois sur dix parmi les cadres.

Les femmes plus tardivement à la retraite

Les auteurs n’oublient pas de rappeler que les femmes payent généralement un lourd tribut au recul de l’âge légal : après 55 ans, elles sont plus fréquemment « ni en emploi, ni en retraite ». En 2021, 22 % des femmes à l’âge de 55 ans sont concernées (contre 17 % des hommes) et 33 % à 61 ans (contre 22 % des hommes).

Et entre 62 et 69 ans, les femmes sont près de deux fois plus souvent « ni en emploi ni en retraite » que les hommes (11 % contre 6 %), « ce qui peut s’expliquer par des carrières plus souvent incomplètes pour les femmes, qui retardent l’atteinte du taux plein », souligne la Cour. Les femmes partent à la retraite en moyenne 8 mois après les hommes : 63 ans pour les premières et 62 ans et 4 mois pour les seconds.

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12 avril 2025 6 12 /04 /avril /2025 05:35
À Vénissieux, Fabien Roussel dénonce les « discours va-t-en guerre » (L'Humanité, Gaël de Santis, 9 avril 2025)

Devant plus de 400 personnes à Vénissieux, Fabien Roussel, secrétaire national du parti, a appelé à reconnaître l’État de Palestine, à « oser franchir le cap » de la sortie de l’Otan et à une issue négociée du conflit en Ukraine.

Vénissieux (Rhône), envoyé spécial.

Prendre le mal à la racine. « L’heure est à dépasser le système capitaliste qui crée la guerre et se nourrit de la guerre », lance à Vénissieux (Rhône) Michèle Picard, première oratrice du meeting pour la paix organisé par le PCF le 8 avril. Dans son discours, la maire communiste donne la tonalité de la rencontre, invitant à ne pas céder aux « discours des va-t-en guerre » et à promouvoir, comme le fait la ville qu’elle dirige, la culture de paix.

Cet accent anticapitaliste traverse toute la soirée. Le président du Parti du travail de Belgique (PTB), Raoul Hedebouw, est heureux : il a traversé un « boulevard Lénine » lors de sa visite de la ville pendant l’après-midi. Afin d’y voir clair dans le désordre du monde, il appelle à la pensée du révolutionnaire et à un « retour à une analyse de classe ». « D’où vient le danger de guerre aujourd’hui ? Ce sont les enjeux économiques de business. Cela n’a rien à voir avec les valeurs. Si les droits de l’homme entraient en compte, nous n’aurions pas 12 ou 13 paquets de sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie et zéro contre Israël ! » dénonce, sous les applaudissements, le député belge.

Alerter des dangers à venir

Poursuivant son analyse, il estime que les désordres du monde proviennent de ce que, « pour la première fois, une puissance du Sud, la Chine, est en train de dépasser les États-Unis d’Amérique. Que se passe-t-il dans un monde où une puissance capitaliste est dépassée ? C’est à ce moment-là que les dangers de guerre deviennent plus nombreux », comme en 1914 quand l’impérialisme allemand concurrençait ceux du Royaume-Uni et de la France.

Selon Raoul Hedebouw, « derrière les tarifs douaniers érigés par Donald Trump, on trouve la fragilité d’un impérialisme qui n’est plus capable de dominer le monde » : quand le capitalisme américain dominait les technologies, il était libre-échangiste afin d’inonder les marchés étrangers, maintenant qu’il ne les domine plus, il se referme.

 

Concluant le meeting, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, indique lui aussi faire de « l’analyse de classe » le fil conducteur de sa réflexion. Il y a danger : « L’industrie menacée, les services publics affaiblis, les libertés publiques attaquées, et même l’État de droit », énumère-t-il en référence aux attaques contre l’institution judiciaire après la condamnation de Marine Le Pen. « La démocratie est un bien précieux. » L’attaquer, « c’est l’emmener vers un monde plus dangereux ».

Face à l’attitude de Donald Trump, il invite à « investir en France » et prévient les entreprises qui céderaient aux injonctions américaines en délocalisant outre-Atlantique. « Qu’ils partent, mais sans les capitaux et l’outil de travail ! » s’exclame le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), qui dénonce « l’économie de guerre », une « économie de la mort qui va taper sur notre pouvoir d’achat, s’en prendre à notre modèle social ». Dans son viseur se trouve l’augmentation prévue du budget de la défense, qui passerait de 50 à 100 milliards d’euros.

« Le PCF sera toujours présent pour défendre la patrie (…), mais il ne saignera jamais les travailleurs pour financer des guerres qui ne nous concernent pas », clame l’ancien député, qui fait de « la paix un combat politique contre l’accumulation sans fin du capital ».

Recouvrer notre souveraineté

Le meeting est aussi l’occasion d’affirmer un programme. Pour recouvrer notre souveraineté, Fabien Roussel enjoint à oser « franchir le cap » de la sortie de l’Otan, « qui a fait de l’Europe entière un protectorat américain ». Surtout, il invite à une solution diplomatique en vue de mettre fin « à la guerre sanglante déclenchée par Poutine ».

Cela se fait, pour l’UE, par le biais d’une négociation avec le président russe d’« un accord respectueux du peuple ukrainien et de tous les peuples d’Europe », qui passe certainement par « une neutralité de l’Ukraine ». Affrontant la culture de guerre, il met en garde : « Affirmer que la Russie est une menace existentielle, comme le fait Macron, nous empêche de mener une politique diplomatique réaliste. »

Impossible de tenir un tel meeting sans évoquer le Proche-Orient. « Pour un Palestinien, la paix, c’est vivre dans la dignité, en paix sur sa terre et pas ailleurs », a lancé sous les applaudissements Yassar Ayoub, représentant de l’ambassade palestinienne, qui rappelle que le conflit n’a « pas commencé le 7 octobre ». Fabien Roussel, qui souhaite voir la France « se tenir à la hauteur de l’histoire » en reconnaissant l’État de Palestine, a annoncé que le 4 juin son parti lancerait une « grande campagne européenne de soutien au peuple palestinien » avec l’Organisation de libération de la Palestine.

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