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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 09:16
affiche AFPS-ADDAMEER

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AFPS : 

24 ème JOUR DE GREVE DE LA FAIM DES PRISONNIERS POLITIQUES PALESTINIENS...

BRISONS LE MUR DU SILENCE ET DE L'INDIFFERENCE MEDIATIQUE...

A propos des menaces d’alimentation forcée des prisonniers palestiniens en grève de la faim

Déclaration du Comité de Pilotage de la Campagne internationale pour la Libération de Marwan Barghouthi et tous les prisonniers palestiniens

Campagne internationale pour la Libération de Marwan Barghouthi et tous les prisonniers palestiniens, dimanche 7 mai 2017

Suite aux menaces israéliennes de recourir à l’alimentation forcée, une intervention internationale urgente est indispensable afin de sauver la vie des grévistes de la faim palestiniens et pour répondre à leurs justes revendications.

Le 17 avril 2017 plus de 1000 prisonniers menés par Marwan Barghouthi, le dirigeant et parlementaire emprisonné, ont commencé une grève de la faim afin de protester contre les violations de leurs droits par Israël, la puissance occupante. Les Nations unies, le Comité international de la Croix Rouge [1] et de nombreux gouvernements dans le monde ont dénoncé ces violations.

Comme l’affirment les Nations unies, « les grèves de la faim sont une forme de protestation non violente utilisée par des individus qui ont recouru en vain à toutes les autres formes de protestation pour mettre en évidence la gravité de leur situation. Le droit de protester sans violence est un droit humain fondamental » [2] qu’il faut protéger.

Au lieu de garantir que « des personnes privées de liberté qui s’engagent dans une grève de la faim ne soient jamais soumises à des mauvais traitements ou punies pour s’engager dans une grève de la faim et [qu’] elles reçoivent le traitement médical nécessaire, selon leur volonté » [3], Israël a pris des mesures punitives sévères contre les grévistes, y compris la mise à l’isolement total, l’interdiction de rencontrer leurs avocats, des raids [dans les cellules] avec confiscation des biens personnels et le transfert des prisonniers et détenus vers d’autres prisons. Il menace maintenant de recourir à l’alimentation forcée. Le Parlement israélien avait adopté une loi pour autoriser l’alimentation forcée et la Cour Suprême israélienne avait déclaré l’alimentation forcée conforme à la constitution, se positionnant ainsi encore une fois en violation du droit international.

Juan E. Méndez, le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres traitements cruels et dégradants ou punitions, souligne que « l’alimentation découlant de menaces, de coercition, de la force ou de l’utilisation de contrainte physique sur les individus qui ont opté en dernier recours pour la grève de la faim afin de protester contre leurs conditions de détention, équivaut -même si l’intention est de le faire pour leur bien- à un traitement cruel, inhumain et dégradant [4] ». Après le refus de l’Association des médecins israéliens de participer à la commission de tels crimes de guerre, Israël cherche maintenant à recruter des médecins étrangers. Le Comité de Pilotage de la Campagne appelle tous les Etats à mettre en garde leurs médecins contre une telle implication et annonce son intention de poursuivre en justice tout médecin étranger qui contribuerait à perpétrer ces crimes de guerre.

Les Rapporteurs des Nations unies soulignent que « la façon de mettre fin à une grève de la faim n’est pas de d’imposer l’alimentation aux grévistes mais de remédier aux violations des droits humains sous-jacentes contre lesquelles [les prisonniers] protestent [5] ». La communauté internationale a une responsabilité légale et morale et doit intervenir en urgence pour sauver les vies des prisonniers et pour qu’ils exercent les droits qui leur sont garantis par le droit humanitaire international et le droit international sur les droits humains.

Traduction AFPS

La Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouthi et tous les prisonniers palestiniens a été lancée en octobre 2013 par l’icône anti-apartheid Ahmed Kathrada et Fadwa Barghouthi , de la cellule de Nelson Mandela. Elle a le soutien de 8 Prix Nobel , de 120 gouvernements, de 15 anciens présidents et Premier ministres, de centaines de parlementaires, d’universitaires, d’artistes ainsi que de dizaines d’associations de défense des droits de l’Homme et de syndicats.

24ème jour de grève de la faim des prisonniers politiques palestiniens conduite par Marwan Barghouti:

Au vingtième jour de la grève de la faim de 1500 prisonniers politiques palestiniens, une pensée pour Bobby Sands, député, militant de l'IRA et prisonnier politique irlandais, mort le 5 mai 1981 des suites de sa grève de la faim contre ses geôliers britanniques.

24ème jour de grève de la faim des prisonniers politiques palestiniens conduite par Marwan Barghouti:
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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 19:21
Remember Bobby Sands! -  chef républicain irlandais mort après 66 jours de grève de la faim le 5 mai1981

Le 5 mai 1981, mourait Bobby Sands, député irlandais, prisonnier politique en Grande-Bretagne, en grève de la faim assassiné par Thatcher "Aimez plus fort Comme aimait Bobby Sands"

"Il y a trente six ans, le 5 mai 1981, au terme de soixante-six jours de grève de la faim, mourait Bobby Sands, en Irlande du Nord, dans la prison de Maze. Cette prison, installée sur l’ancienne base de la Royale Air force nommée Long Kesh, fut d’abord un lieu de détention où l’armée britannique pouvait enfermer sans procès tout opposant à sa présence. Ainsi, en 1971, lors de l’opération «Démetrius», 450 hommes des quartiers catholiques de Belfast y furent parqués dans les H Blocks, des bâtiments en forme de H, dans des conditions très rudes. Bobby Sands avait vingt-sept ans. Après lui, dans les jours qui suivirent, moururent neuf autres prisonniers politiques qui, à son exemple, menèrent jusqu’au bout leur mouvement de protestation." Un article de Francis Combes en 2013 dans L'Humanité. 

 

Bobby SANDS, né le 9 mars 1954, mourait il ya 36 ans le 5 mai 1981 après une grève de la faim.
 

Bobby Sands est un personnage connu pour son combat en Irlande du Nord dans les années 80, où il mena une grève de la faim jusqu’à son propre décès. Républicain irlandais et membre de l’IRA, sa lutte à l’encontre du gouvernement londonien et sa perte firent de lui un véritable martyr, avec un impact médiatique fort… Retour sur la vie de Bobby Sands…

Une Jeunesse très vite marquée par le conflit anglo-irlandais
Bobby Sand nait à Newtownabbey en Irlande du Nord, en 1954. Son enfance se déroule dans un climat conflictuel opposant sans cesse catholiques et protestants au travers d’actes de violences.
Très influencé par cette situation, c’est à 18 ans qu’il rejoint l’IRA (en 1972) et connait sa première arrestation de 1972 à 1976, période durant laquelle il est emprisonné.
A sa sortie de prison, Bobby Sands décide de s’impliquer d’avantage dans les actions de l’IRA, devenant ainsi l’un des principaux leaders activistes du mouvement.

Il est cependant arrêté très rapidement, en 1977, pour détention d’arme à feu et attentat.
Bien que l’accusation d’attentat soit rapidement rejetée par le tribunal en charge de son dossier, il est toutefois condamné à 14 ans de prison pour port d’arme prohibé à la prison de Maze (aussi nommée Longh Kesh).

Bobby Sands souhaite être reconnu comme un prisonnier politique
Dans ce centre pénitentiaire, Sands commence alors à écrire des textes politiques engagés, ainsi que quelques poèmes. De nombreux textes de sa composition sont même publiés tout au long de sa détention dans l’An Phoblacht, le journal officiel de l’IRA.
La vie carcérale à Maze est particulièrement difficile, et les tensions entre les prisonniers et les surveillants sont palpables. Dès le début, les prisonniers tentent de protester avec le « Blanket Protest (1976-1981) » et le « Dirty Protest (1978-1981) ». Il s’agit d’une technique de protestation où les prisonniers refusent de se vêtir de l’uniforme de prisonnier et vivent nus, enveloppés dans seulement une couverture. A ce refus de porter l’uniforme s’ajoute ensuite une véritable guerre à l’hygiène, où les prisonniers refusent de se laver, urinent et défèquent partout afin de placer la prison dans un état sanitaire déplorable.
Bobby Sands participe également à cette lutte, mais semble vouloir aller plus loin pour se faire entendre.
Sands organise une Grève de la Faim sans précédent
Conscient du puissant levier médiatique que peut être celui de la grève de la faim, Bobby Sands décide d’organiser une grève de la faim le 1er mars 1980, afin de sensibiliser l’opinion publique aux actions de l’IRA et à l’attitude du gouvernement londonien vis à vis de l’Irlande du Nord. Bobby Sands est alors accompagné par d’autres membres de l’IRA, fermement décidés à aller jusqu’au bout pour se faire entendre, acceptant la possibilité de mourir.
Durant cette grève, la mort d’un député républicain du Fermanagh et du Sud du Tyrone éveille cependant bien des convoitises, et Bobby Sands ne peut s’empêcher de briguer ce poste. Les catholiques proposent alors Sands comme candidat, et est finalement nominé le 9 avril 1981 où il l’emporta sur Harry West.
Face à cette victoire inattendue, le gouvernement londonien décide de contrer Bobby Sands en votant une loi électorale visant à interdire aux prisonniers toute possibilité de rôle politique et de présentation à des élections durant leur incarcération (cette loi est connue sous le nom de Representation of the Peole Act).
Perdant ainsi son siège de député, Bobby Sands décide de poursuivre sa grève de la faim et continuer à protester. Son état se détériore sur une soixantaine de jours, où il perd beaucoup de poids, et connait un fort affaiblissement. Il décède le 5 mai 1981, après 65 jours de grève.
L’annonce de son décès fait la Une des journaux, et provoque alors un immense tollé en Irlande du Nord et dans le reste du Monde, faisant de Bobby Sands et de ses compagnons, de véritables martyrs.
A l’annonce de sa mort, de nombreuses émeutes éclatèrent dans tous les quartiers nationalistes de l’Ulster, et notamment sur Falls Road, à Belfast, où un « murals » (ces fresques à la mémoire des activistes républicains ou loyalistes) lui rend d’ailleurs hommage.
Margaret Thatcher, la « dame de fer » , Premier ministre en Angleterre, déclara cyniquement à la Chambre des Communes : « Monsieur Sands était un criminel condamné. Il a fait le choix de s’ôter la vie. C’est un choix que l’organisation à laquelle il appartenait n’a pas laissé à beaucoup de ses victimes. ».

 

 

L'Irlande au cœur...
100 ans après les Pâques sanglantes irlandaises, 35 ans après la mort de Bobby Sands, hommage aux révolutionnaires Irlandais engagés pour la liberté de leur peuple.

Il y a cent ans, le trois mai 1916, le leader nationaliste irlandais et poète Patrick Pearse était fusillé par les autorités coloniales lors de l'écrasement du soulèvement pour l'indépendance de l'Irlande à Dublin, ce que l'on a appelé les "Pâques sanglantes" irlandaises.

16 exécutions capitales, 3226 arrestations, 1862 internements en Angleterre furent décrétés contre les insurgés.

Le 12 mai 1916, c'était le tour de James Connolly, chef de l'Irish Citizen Army, leader syndicaliste, socialiste et marxiste, d'être exécuté à la prison de Kilmainham à Dublin, assis sur une chaise car il ne tenait plus debout avec ses blessures.

Son fils Roderic Connolly crééra le Parti Communiste Irlandais en novembre 1921.

L'Irlande obtint finalement partiellement son indépendance en 1921 mais ce ne fut qu'une demi-victoire amère puisqu'elle était amputée de la riche et industrielle Ulster, restant sous domination britannique, ce qui ouvrira la voie à des décennies de conflit de décolonisation pour la réunification de l'Irlande.

Il y a 35 ans, le 5 mai 1981, victimes de la politique répressive d'intransigeance coloniale de Margareth Tatcher, Bobby Sands s'éteignait après une nouvelle grève de la faim de 66 jours à la prison de Maze en Irlande du Nord.

Lui et ses neuf camarades détenus que le pouvoir britannique laissa mourrir dans d'atroces souffrances revendiquaient simplement la reconnaissance de leurs droits et de leur statut de prisonniers politiques.

Bobby Sands écrivait quelques temps avant: "J'étais seulement un enfant de la classe ouvrière d'un ghetto nationaliste, mais c'est la répression qui a créé l'esprit révolutionnaire de liberté. Je ne me résoudrai qu'à la libération de mon pays, jusqu'à ce que l'Irlande devienne une république souveraine, indépendante et socialiste."

La fédération du Parti Communiste du Finistère rend aujourd'hui un vibrant hommage au combat anti-colonial de ces courageux militants irlandais engagés de manière inséparable pour la liberté de leur pays et pour un idéal de justice sociale, combat qui est aujourd'hui toujours porté par le Sinn Féin de Gerry Adams, troisième parti du pays incarnant les aspirations sociales et démocratiques contre l'austérité, qui siège au Parlement Européen avec les députés du Front de Gauche, de Die Linke et de Syrisa.

Au-delà d'une certaine proximité culturelle et de la solidarité celtique que ressentent beaucoup de bretons vis-à-vis des Irlandais, les combats populaires pour l'auto-détermination, la liberté opprimée par les puissances coloniales, sont des combats universels qui mobilisent les consciences éprises de justice.

Aujourd'hui, la longue lutte irlandaise contre l'oppression coloniale trouve des prolongements tout aussi héroïques et douloureux dans la résistance des Palestiniens, des Kurdes, des Saharaoui, et de tant d'autres petits peuples sous le joug d'un occupant.

La fédération du Finistère du Parti Communiste

A Brest, le 3 mai 2016

Lire aussi: 

Hommage à l'insurrection irlandaise débutée le lundi de Pâques 1916, il y a cent un an...: aux origines de la liberté de la nation irlandaise

James Connolly, un révolutionnaire irlandais (1868-1916) - par Greg Oxley (blog de La Riposte)

Soviets irlandais : expériences autogestionnaires dans l’Irlande révolutionnaire (1918-1923) (1/2) par Olivier Coquelin

 

 

Remember Bobby Sands! -  chef républicain irlandais mort après 66 jours de grève de la faim le 5 mai1981
Remember Bobby Sands! -  chef républicain irlandais mort après 66 jours de grève de la faim le 5 mai1981
Remember Bobby Sands! -  chef républicain irlandais mort après 66 jours de grève de la faim le 5 mai1981
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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 19:25
Quand les droites extrêmes sont déjà au pouvoir
 PAR AMÉLIE POINSSOT

En Pologne et en Hongrie, des droites ultraconservatrices sont aux manettes. Deux pays au cœur de l’Europe, et deux gouvernements qui ont imposé le repli national et une législation ultraconservatrice. Nul besoin d’aller très loin pour se rendre compte de ce que ferait le Front national une fois au pouvoir… et de ce qu’il pourrait mettre en place pour y rester.

 

Il a récolté 51 % des voix. Face à 51 % d’abstention. En mai 2015, Andrzej Duda, candidat du PiS (Droit et Justice), est élu président de la Pologne. Cinq mois plus tard, le parti décroche la majorité absolue au Parlement avec 37 % des voix (49 % d’abstention) et un gouvernement est formé sous la direction de Beata Szydło. Quelques années plus tôt, en Hongrie, le Fidesz (Union civique hongroise) remportait les élections législatives avec 52 % des voix. Face à 45 % d’abstention. Il formait un exécutif sous la houlette de Viktor Orbán, lequel sera reconduit à la suite des élections de 2014 dont il sort également victorieux (44 % des voix, 40 % d’abstention).

Pologne, Hongrie : deux pays au cœur de l’Europe ; deux gouvernements qui vont, dans chaque segment de leur société, imposer le repli national et une législation ultraconservatrice ; deux majorités qui vont se donner tous les moyens pour rester au pouvoir. Tableau clinique d'une dérive où l'on retrouve plusieurs éléments du programme du Front national.

Avril 2011. Le nouveau pouvoir hongrois commence par un retour à l'ordre moral.L'Assemblée nationale hongroise, dominée aux deux tiers par les députés du Fidesz élus un an plus tôt, peut modifier la Constitution. Elle adopte un texte qui introduit des références aux racines chrétiennes, à « l’histoire millénaire » du pays, au mariage entre un homme et une femme, et à la protection de la vie dès son commencement (ce qui ouvre la voie à l’interdiction de l’avortement, finalement pas adoptée).

Automne 2016. Le gouvernement polonais propose un projet de loi d’interdiction totale de l’avortement (l’IVG n’est autorisée en Pologne qu’en cas de viol, d’inceste, de mise en danger de la santé de la mère ou de malformation du fœtus). L’exécutif recule finalement sous la pression de la rue, mais la préparation d’un nouveau projet de restriction d’accès à l’interruption volontaire de grossesse est en cours.

 

Manifestation pro-européenne d'opposition à Viktor Orban, le 1er mai 2017, à Budapest © ReutersManifestation pro-européenne d'opposition à Viktor Orban, le 1er mai 2017, à Budapest © Reuters

 

Deux ans après avoir fait voter la nouvelle constitution, Viktor Orbán s'en prend aux institutions judiciaires. Il fait adopter un amendement qui retire à la Cour constitutionnelle une grande partie de ses pouvoirs, l'empêche de statuer sur le fond et lui interdit de se référer à sa jurisprudence antérieure. Quelques mois plus tard, une nouvelle modification instaure la détention provisoire illimitée. Parallèlement, Viktor Orbán réforme le système électoral hongrois et redessine les circonscriptions du pays à l’avantage de son parti, ce qui l’aidera à remporter les élections de 2014 (sans toutefois reconquérir la majorité des deux tiers qui lui a permis pendant le premier mandat de modifier la Constitution et de faire adopter des lois en se passant de débat au Parlement).

Décembre 2015. La première mesure mise en place par le gouvernement Szydło (dirigé en sous-main par Jarosław Kaczyński, le président du PiS) est la modification des statuts du Tribunal constitutionnel, dont il vise à paralyser l’action. Il y nomme cinq personnes, puis impose une majorité qualifiée des deux tiers et un quorum de treize membres (sur quinze juges) pour toute décision prise par ce qui est l'équivalent polonais du Conseil constitutionnel. Cette réforme provoque une première série de manifestations massives dans tout le pays, mais le gouvernement ne bouge pas d’un pouce.

À plusieurs reprises sous les deux mandats Orbán, des offensives visent à prendre le contrôle des médias publics et à éteindre les médias indépendants. Le Fidesz développe un empire médiatique privé, qui passe largement sous silence les manifestations d’opposition. Dès les premiers mois de son arrivée au pouvoir, il réunit l’ensemble des médias publics au sein d'une superstructure (la MTVA) et des dizaines de journalistes sont licenciés. Un organe de contrôle est en outre créé pour surveiller les médias publics et privés, un « conseil des médias » dont les membres, qui appartiennent tous au Fidesz, sont nommés directement par le gouvernement. Ce conseil dispose d’un droit d’inspection, peut infliger des amendes (jusqu’à 700 000 euros pour les télévisions et 89 000 euros pour les sites internet) lorsque les productions « ne sont pas équilibrées politiquement » ou « portent atteinte à la dignité humaine », et peut forcer les journalistes à révéler leurs sources sur des questions liées à la sécurité nationale. La presse d’opposition fait les frais de cette politique. En octobre dernier, le titre et le site internet du principal journal de gauche hongrois, Népszabadság, sont suspendus.

En Pologne, l’exécutif Szydło fait également adopter dès les premiers mois une loi pour prendre le contrôle des médias publics : la nomination comme la révocation de leurs directions deviennent une compétence du ministre du trésor. Très vite, l’audiovisuel public polonais se voit imposer une ligne éditoriale progouvernementale. Les journaux de la télévision TVP se transforment ainsi en bulletins de propagande et plus de trois cents journalistes sont licenciés de la chaîne. Le gouvernement ne cesse d’attaquer verbalement la presse d’opposition. La revue de gauche Krytyka Polityczna se voit retirer ses subventions. En décembre dernier, à l’occasion du vote du budget, le PiS limite l’accès des médias au Parlement et soumet un projet visant explicitement à restreindre le nombre de journalistes accrédités à la Diète. Devant la mobilisation, le gouvernement est finalement obligé de reculer.

Face à l’arrivée en Europe des réfugiés fuyant la guerre, la Hongrie se voit imposer une xénophobie d’État. Viktor Orbán fait fermer les frontières de son pays puis refuse de participer au programme de « relocalisation » péniblement mis sur pied par les Européens afin de répartir l’accueil de ces exilés et soulager l’Italie et la Grèce, plus exposées que les autres États membres. Le premier ministre hongrois dépose même un recours auprès de la Cour de justice de l'Union européenne et, un an plus tard, il organise un référendum pour monter son peuple contre la solidarité européenne.« Voulez-vous que l’Union européenne soit en mesure de décider l’installation de citoyens non hongrois sans l’aval du Parlement ? » demande-t-il aux citoyens hongrois (le référendum n’obtient toutefois pas un niveau de participation suffisant). La Hongrie, qui devait accueillir 1 294 demandeurs d’asile, n’accueille au bout du compte aucun réfugié dans le cadre du programme, qui prévoyait la répartition de 160 000 réfugiés sur le continent européen.

Absence d'opposition forte et structurée

Parvenu au pouvoir au moment du pic de l’arrivée des réfugiés, le gouvernement PiS refuse également de coopérer à ce programme de « relocalisation ». Aucun demandeur d’asile n’est accueilli sur le sol polonais (comme le montre cette carte, régulièrement mise à jour par l’IOM). Le discours politique au sommet de l’État devient un discours de repli national, ouvertement raciste. Pendant la campagne électorale de l’automne 2015, Jarosław Kaczyński, le cerveau du PiS, va jusqu'à accuser les réfugiés de répandre des maladies. « Il y a d’ores et déjà des signes de lémergence de maladies très dangereuses que lon navait pas rencontrées en Europe depuis longtemps, déclare-t-il. Choléra sur les îles grecques, dysenterie à Vienne, divers types de parasites et bactéries qui ne sont pas dangereuses pour les organismes de ces gens mais qui pourraient être dangereuses ici. »

Derrière un discours d’apparence protectrice tourné vers ses électeurs, ViktorOrbán poursuit une politique ultralibérale tout en favorisant les intérêts de son clan. En 2012, son gouvernement met en place des impôts sectoriels visant les banques et les télécommunications. Conséquences : les frais bancaires et les forfaits de téléphonie et d’internet en Hongrie sont parmi les plus élevés de l’Union européenne. L’impôt sur le revenu, lui, reste non progressif, à un taux fixe de 15 %, tandis que l’impôt sur les entreprises est abaissé, en janvier dernier, de 19 à 9 %. Des proches du premier ministre s’enrichissent considérablement pendant qu’il est au pouvoir : en 2015, selon le magazine économique Forbes Hongrie, les avoirs de la famille Orbán s’élèvent à 6,9 milliards de forints (soit plus de 22 milliards d’euros). Les affaires de corruption et de détournements de fonds se multiplient. Selon l'Office européen de lutte anti-fraude, la Hongrie compte parmi les trois États membres de l’UE où les fonds détournés sont les plus importants.

Le PiS cherche également à se faire passer pour un parti aux préoccupations sociales et c’est ainsi qu’il a conquis une grande partie des voix des laissés-pour-compte du virage ultralibéral pris par la Pologne dans les années 1990. Mais son discours protecteur ne se traduit dans les faits que par deux mesures : la mise en place, dès ses premières semaines au pouvoir, d’une allocation mensuelle de 500 zlotys (environ 115 euros) par enfant à partir de la deuxième naissance ; et l’abaissement de l’âge de départ à la retraite de 67 à 65 ans pour les hommes et à 60 ans pour les femmes. Ces mesures ne s’accompagnent pas de réformes de fond pour modifier le système ultralibéral sur lequel repose l’économie polonaise. Rien n’est prévu par exemple pour lutter contre le recours des employeurs aux « contrats poubelles » qui leur permettent de ne pas avoir à payer de cotisations sociales à des salariés forcés de devenir des auto-entrepreneurs ; rien n’est prévu non plus pour développer les logements sociaux (quasi inexistants en Pologne), accompagner les chômeurs, ou encore introduire davantage de progressivité dans l’impôt sur le revenu. L’allocation familiale, que le PiS brandit comme gage de sa politique visant les plus démunis, est par ailleurs une mesure dénuée de justice sociale puisqu’elle est distribuée indépendamment des ressources des ménages et aboutit à d’importantes inégalités : un foyer aisé doté de trois enfants touche 1000 zlotys par mois tandis qu’une famille monoparentale sans revenu avec un enfant ne perçoit aucune aide. Cette allocation n’a pas non plus pour but de favoriser l’emploi des femmes : ni aides à la garde d’enfants ni construction de crèches ne sont programmées pour l’instant.

Depuis son arrivée au pouvoir, le Fidesz revisite le passé du pays pour écrire un nouveau récit national. Il met en avant la nostalgie de la « Grande Hongrie » d’avant la Première Guerre mondiale, multiplie les gestes en direction des Hongrois au-delà des frontières, et cultive une vision du pays victime de l’Histoire, malmené par les grandes puissances. Les écoles publiques sont désormais pilotées depuis Budapest, au détriment des municipalités, le choix des manuels scolaires plus réduit. Et les universités et ONG étrangères sont dans le collimateur des autorités. Début avril, le président hongrois Janos Ader annonce une loi qui prive de licence les instituts d’enseignement étrangers ne disposant pas de campus dans leur pays d’origine. Cette disposition vise en réalité l’université d’Europe centrale à Budapest, financée par le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros et fondée peu après la chute du communisme. L’annonce de cette mesure a suscité le plus gros mouvement de protestation depuis l’arrivée d’Orbán au pouvoir. La loi a été promulguée le lendemain.

En Pologne, le PiS fait une croix sur tout le travail de mémoire entrepris sur la Shoah depuis les années 1990. Il remet en cause les travaux d’historiens sur l’attitude des Polonais pendant la guerre, comme celui du chercheur très réputé Jan Gross, et ambitionne de modifier les programmes scolaires. En août dernier, il dépose un projet de loi visant à protéger la « réputation » et la« dignité » de la nation polonaise. Ce texte fait encourir une peine allant jusqu’à trois ans de prison et une amende à quiconque déclarerait publiquement que des Polonais – ou l’État polonais – seraient responsables de crimes commis par les nazis ou auraient collaboré avec eux. Le président Andrzej Duda avait annoncé la couleur dès l’arrivée du PiS au pouvoir, esquissant les grandes lignes de ce qu’il appelait déjà une « stratégie de politique historique polonaise » : dans un discours aux représentants des musées et institutions culturelles du pays, il avait demandé de « galvaniser le nationalisme polonais et de renoncer aux narratifs qui déshonoraient la Pologne ».

En Hongrie comme en Pologne, le Fidesz et le PiS sont issus de la droite conservatrice. Ils ont pris leur essor sur la critique de la transition postcommuniste. Ils ont chacun, à leur droite, des formations plus extrémistes qu’eux (Jobbik pour le Fidesz, Mouvement Korwin et KNP pour le PiS). À l’inverse d’un Front national engagé depuis des années dans une entreprise de dédiabolisation pour accéder au pouvoir, ces partis au départ plutôt mainstream se sont radicalisés précisément dans l’exercice du pouvoir.

Cette expérience du pouvoir ne les a pas affaiblis. Au contraire. Ces droites ultraconservatrices bénéficient de l’absence d’une opposition forte et structurée. En Hongrie, le Fidesz a été reconduit en 2014 après avoir mis en place, au cours de son premier mandat, un cadre institutionnel très favorable à sa réélection. En Pologne, si le PiS a dû affronter des protestations massives dans la rue, il n’a reculé qu’une fois sur un projet de réforme (l’interdiction totale de l’IVG) et compte toujours un noyau dur de fidèles électeurs. Et, pour la première fois dans l’histoire polonaise d’après 1989, il dispose d’une majorité absolue au Parlement comme au Sénat.

L’étouffement des médias et la mise sous cloche des libertés fondamentales ne sont pas que des reculs symboliques. L’exploitation des plus démunis est beaucoup plus facile en l’absence de contre-pouvoirs. En Pologne, depuis l’année dernière, une affaire concernant des handicapés exclus de soins médicaux est ignorée par les autorités judiciaires. Les victimes exigent que l’avis du Tribunal constitutionnel soit respecté et qu’elles soient indemnisées comme prévu. Elles attendent toujours.

L’accès au pouvoir suprême a donné une large caisse de résonance aux idées du Fidesz et du PiS. À l'échelle nationale comme à l'échelle européenne, ces deux partis contribuent à la droitisation de l'électorat et à la propagation d'une parole officielle xénophobe. À l'instar de l'échec du programme de relocalisation des réfugiés, les dégâts causés par leur politique sont lourds et durables. Malgré ses nombreux avertissements et procédures lancés contre Budapest et Varsovie, l'Union européenne ne parvient pas à freiner ces dérives autoritaires. L’impact d’une droite extrême au pouvoir ne se limite pas à la durée d’un mandat.

 

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 06:32
Derrière la grève de la faim des prisonniers politiques, Marwan Barghouti, le Mandela palestinien (Ouest-France, 21 avril 2017)
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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 05:38
Plus de 1.000 Palestiniens détenus par Israël en grève de la faim à l'appel de Marwan Barghouti
LORENZO CLÉMENT 
LUNDI, 17 AVRIL, 2017
L'HUMANITE
Plus d'un millier de Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ont entamé lundi une grève de la faim collective, un mouvement de protestation inédit depuis des années lancé par Marwan Barghouthi, le député palestinien condamné à la perpétuité.
 
Cette grève de la faim vise à "mettre fin aux abus" de l'administration pénitentiaire, a indiqué Marwan Barghouthi, figure de la résistance palestinienne à l'occupation israélienne, dans une tribune envoyée au quotidien New York Times depuis sa prison de Hadarim, dans le nord d'Israël. Ce mouvement de protestation faisait lundi la Une des médias palestiniens, tant la question des prisonniers incarcérés par l'Etat hébreu - au moins actuellement 6.500 - est centrale pour les Palestiniens.
Depuis 1967 et l'occupation par l'armée israélienne des Territoires palestiniens, plus de 850.000 d'entre eux ont été emprisonnés par Israël, selon leurs dirigeants. Ces dernières années, plusieurs Palestiniens se sont lancés dans des grèves de la faim individuelles pour protester contre des abus. Elles les ont mené au bord de la mort et se sont conclues par des accords sur leur libération. Certains ont toutefois été arrêtés de nouveau ensuite.
Ces initiatives individuelles ont suscité de vifs débats dans la société palestinienne, de nombreuses voix dénonçant des actes dangereux pour ceux qui les mènent et sans impact sur les conditions de l'ensemble des prisonniers. Cette fois-ci, pour la première fois depuis des années, il a été décidé d'un mouvement collectif, pour porter "des demandes humanitaires prévues dans le droit international et reconnues comme faisant partie des droits de l'Homme", a indiqué à l'AFP Fadwa Barghouthi, l'épouse de Marwan Barghouthi, lors d'une manifestation à Ramallah.
Les prisonniers demandent entre autres des téléphones publics dans les prisons, des droits de visite élargis, la fin des "négligences médicales" et des mises à l'isolement, ainsi que l'accès à des chaînes télévisées et de la climatisation. La présidence palestinienne a appelé le gouvernement israélien à répondre à ces demandes pour "la liberté et la dignité des prisonniers". La dernière grève massive dans les prisons israéliennes remonte à février 2013, lorsque 3.000 Palestiniens avaient refusé de se nourrir, durant une journée, pour protester contre la mort en détention d'un des leurs.
Marwan Barghouthi, est à l'origine de ce mouvement, une "première" depuis son incarcération il y a 15 ans, selon son épouse Fadwa. "Les prisonniers palestiniens souffrent de torture, de traitements dégradants et inhumains et de négligence médicale, certains ont été tués en détention", a dénoncé dans sa tribune au New York Times celui qui avait été un des animateurs les plus emblématiques du soulèvement contre Israël entre 2000 et 2005. Il a dénoncé "un apartheid judiciaire qui garantit une impunité pour les Israéliens ayant commis des crimes contre des Palestiniens et criminalise (...) la résistance palestinienne".
Environ 1.300 prisonniers participent au mouvement "et ce chiffre pourrait augmenter dans les heures à venir", a déclaré à l'AFP Issa Qaraqee, chargé de la question des prisonniers au sein de l'Autorité palestinienne. Le Club des prisonniers, l'ONG qui fait autorité dans les Territoires occupés sur la question des détenus a évoqué le chiffre de "1.500" grévistes. Le porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne Assaf Librati a parlé d'"environ 1.100" détenus dans huit prisons israéliennes, évoquant "des mesures disciplinaires déjà prises". "L'administration pénitentiaire israélienne ne négocie pas", a-t-il prévenu. Selon le Club des prisonniers, "l'administration pénitentiaire a confisqué tous les biens qui se trouvaient dans les cellules des grévistes" et certains auraient été transférés vers d'autres prisons.
Cette grève de la faim illimitée est lancée à l'occasion de "la journée des prisonniers", observée chaque année par les Palestiniens depuis plus de 40 ans. A l'appel d'ONG, des différents partis et du gouvernement, des milliers de Palestiniens ont défilé dans différentes villes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Parmi les 6.500 Palestiniens actuellement détenus par Israël, figurent 62 femmes et 300 mineurs. Environ 500 d'entre eux sont sous le régime extra-judiciaire de la détention administrative qui permet une incarcération sans procès ni inculpation. Treize députés sont aussi emprisonnés.
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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 05:34

Répondant à l'appel de Marwan Barghouthi, les prisonniers politiques palestiniens de toutes tendances politiques se préparent à une grève de la faim de masse le 17 avril prochain à l'occasion de la journée internationale de solidarité avec les prisonniers palestiniens.

Ce mouvement de grève constitue "une réponse aux violations incessantes des droits fondamentaux des prisonniers qui sont mal traités" alors même que les négociations avec l’administration pénitentiaire, pour qu’enfin le respect des droits et de la dignité des détenus soit conforme au droit international et aux conventions de Genève, sont au point mort.

Leurs revendications concernent la fin des interdictions et des interruptions des visites familiales, des soins médicaux appropriés, de la négligence médicale délibérée, ainsi que la libération des prisonniers malades, en particulier les personnes handicapées et celles atteintes de maladies incurables.

Les prisonniers réclament un traitement humain lors des longs transferts au tribunal ou à la clinique et la fin de la mise à l’isolement. Ils demandent en outre la fin de la détention administrative illégale subie par plus de 536 prisonniers dont six mineurs, deux femmes et neuf députés qui croupissent en prison sans qu’il n’y ait aucune charge et sans aucun procès pendant des périodes de 4 à 6 mois renouvelables à l'infini au mépris des conventions de Genève.

A ce jour, il y a 6 500 prisonniers dans les geôles de l'occupant israélien, parmi lesquels 300 enfants mineurs dont la moitié ont moins de 16 ans.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a redit sur France Inter lundi 10 avril au matin que la France continuait à travailler à une solution politique. Dès lors qu’attend-il pour intervenir auprès du gouvernement israélien sur la question des prisonniers politiques ? Qu’attend-il pour réaliser enfin la promesse de François Hollande que la France reconnaisse l’État palestinien ?

En ce jour de solidarité internationale, le Parti communiste français s’associe aux pacifistes du monde entier pour exiger la satisfaction des revendications des grévistes de la faim et la libération immédiate de tous les prisonniers politiques palestiniens.

 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 11:00
Le tribunal Monsanto juge les pratiques de la firme agro-alimentaire "d'atteinte aux droits humains"
Le tribunal Monsanto juge les pratiques de la firme agro-alimentaire "d’atteinte aux droits humains"

mercredi 19 avril 2017

Le mardi 18 avril dernier avait lieu la présentation publique de l’avis juridique consultatif par les Juges du Tribunal Monsanto à La Haye.

Ils ont confirmé les effets négatifs sur l’environnement des activités de Monsanto et appelé à faire évoluer le droit international.

Les juges ont conclut que :

- Monsanto a violé les droits de l’homme en matière de nourriture, de santé, d’environnement sain et de liberté indispensable à la recherche scientifique indépendante

- L’Ecocide (acte de destruction ou d’endommagement important d’un écosystème) "devrait être reconnu comme un crime en droit international".

"Le droit international devrait maintenant faire valoir de manière précise et claire la protection de l’environnement et le crime d’écocide".

- Les lois sur les droits humains et l’environnement sont compromises par un règlement commercial et d’investissement favorable aux entreprises

 Résumé de l’Avis

 L’avis

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 11:14
« Pour l'avenir de l'humanité il n'y a d'autre chemin que la paix »
 
 
Déclaration du Conseil National du Mouvement de la Paix à la veille d'échéances électorales déterminantes pour l'avenir de la France
 
À la veille d'échéances électorales majeures dans notre pays (présidentielles et législatives) le Mouvement de la Paix souhaite rappeler un certain nombre de ses valeurs, analyses et propositions telles qu'ont été exprimées dans son projet triennal et ses diverses expressions au cours des 3 dernières années. Il souhaite que les électeurs et électrices prennent en compte ces éléments au moment de leurs choix électoraux.
 
 
Avec l'ensemble des signataires du Livre Blanc pour la Paix, le Mouvement de la Paix s'est adressé aux candidats et aux forces politiques de notre pays pour leur soumettre les éléments essentiels d'une politique de paix.
 
Alors que les dépenses militaires travers le monde ont augmenté vertigineusement depuis 2000 pour passer de 1100 milliards de dollars en 2001 à 1773 milliards de dollars en 2015, l'Organisation des Nations Unies n'arrive pas à rassembler 4,4 milliards de dollars de financements d'urgence pour faire face à une situation de famine au cœur de l'Afrique qui concerne 20 millions de personnes susceptibles de mourir de la faim dans les mois qui viennent si les mesures nécessaires ne sont pas prises.
 
Ce constat révoltant est éclairant sur un monde qui nous mène à la catastrophe si des inflexions majeures y inclus en France ne viennent pas changer cette situation.
 
Les politiques guerrières suivies en Afghanistan, en Irak, en Libye n'ont été qu'une succession d'échecs. Elles ont créé le chaos et engendré des monstruosités telles que Daesh. Il faut choisir une autre voie, celle de la culture de la paix.
 
Le Mouvement de la paix, qui vient avec 48 autres organisations de rédiger un livre blanc pour la paix se réjouit qu'enfin les questions de la paix et de la guerre trouvent une place centrale dans les débats électoraux. Il attire l'attention sur les dangers que nous font courir les responsables politiques qui poussent au racisme, à la xénophobie, à l'affrontement en désignant l'étranger, le réfugié, le migrant comme la cause de nos difficultés Ces apprentis sorciers refusent de dénoncer les causes de ces phénomènes. Ils refusent de dénoncer une mondialisation néolibérale qui pousse aux affrontements, aux conflits et en définitif à la guerre. En effet, cette mondialisation est caractérisée par une logique financière et spéculative qui accentue la fracture entre riches et pauvres, au sein des sociétés et entre les pays et met en concurrence les peuples et les individus.
 
La recherche du profit immédiat et maximum et la volonté des puissants de s'accaparer les terres et les richesses de la planète conduisent aux conflits et aux guerres. Plus généralement la mainmise de la finance sur toutes les activités humaines alimente les inégalités de développement, la course aux armements, le commerce des armes. Elle impose à de nombreux peuples des régressions sociales et humaines intolérables et condamne des populations entières à l'exil. Elles sont à l'origine de cette grave crise économique et financière mais aussi morale et politique qui entraîne une déstabilisation mondiale dangereuse pour la paix.
 
Face à cette situation il n'est pas possible d'accepter que, dans la France du XXIe siècle, des enfants orphelins des guerres et de la misère dorment dans les rues de notre pays et ne bénéficient pas pleinement de la convention internationale qui protège les droits des enfants ;
Pour le Mouvement de la Paix notre responsabilité commune est de bien cibler les causes des phénomènes auxquels nous devons faire face. À cet égard le Mouvement de la paix dénonce comme criminelles les propositions de certains candidats qui proposent quasiment de rejeter vers la mer les réfugiés qui fuient les guerres et la misère.
 
Ce qu'il faut pour notre pays c'est en effet une politique de paix, ce sont des politiques et des mesures de nature à ce que la France contribue non seulement à empêcher les guerres mais aussi à construire un monde de paix.
 
Dans ce contexte le Mouvement de la Paix rappelle son rejet des mesures contenues par la loi de programmation militaire pour les années 2014/2019 qui prévoient, avec les actualisations votées en 2016,d'aller vers une augmentation annuelle de 10 milliards d'euros, soit 100 milliards sur 10 ans, afin de respecter l'objectif de 2% du PIB proposé par l'OTAN. Cette prévision d'augmentation de10 milliards annuels inclut un doublement des dépenses consacrées aux armes nucléaires, soit de l'ordre de 30 milliards de dépenses supplémentaires en 10 ans, alors que la rédaction d'un Traité d'interdiction des armes nucléaires a été engagée par l'Assemblée Générale des Nations Unies en Mars 2017.
 
Pour le Mouvement de la Paix une loi de programmation pluriannuelle pour la paix en faveur d'une sécurité humaine fondée sur la promotion d'une culture de la paix et de la non-violence est une nécessité absolue.
Cette loi devrait être construite autour des principes de la Charte des Nations Unies et en particulier des résolutions des Nations Unies relatives à la culture de la paix et aux Objectifs de Développement Durable.
 
Une telle loi de programmation pluriannuelle pour la paix pourrait s'articuler autour de quatre grands programmes mobilisateurs et de réformes structurelles profondes dont la création d'un Ministère de la paix.
 
Ces quatre grands programmes mobilisateurs porteurs d'exigences citoyennes pour la paix pourraient s'organiser autour :
d'un programme mobilisateur pour la prévention et la résolution pacifique des conflits
  • d'un programme mobilisateur pour le désarmement et la fin du commerce des armes
  • d'un programme mobilisateur pour le renforcement du multilatéralisme, des Nations Unies, le retrait de la France de l'OTAN et la convocation immédiate d'une conférence Helsinki 2 pour une sécurité commune en Europe intégrant l'espace euro-méditerranéen dans sa réflexion
  • un programme mobilisateur qui s'attaque aux causes des violences et des guerres par le développement tous azimuts d'une culture de la paix et de la non-violence.
 
Au titre des reformes structurelles, le Mouvement de la paix propose dans le cadre d'une politique nouvelle en faveur de la prévention des conflits mais également d'une action internationale audacieuse pour la construction de la paix :
  • une réforme des médias pour éviter que les médias dépendent du lobby militaro-industriel et s'exonèrent trop souvent du respect de la déontologie concernant le journalisme d'investigation et de recoupement des infos et des sources d'informations.
  • la mise en place d'un observatoire des situations pré-conflictuelles
  • la création d'un institut national de recherche et d'éducation à la paix pluridisciplinaire
  • la mise en place d'une mission interministérielle pour la paix
  • la création d'un institut national pour une citoyenneté active en faveur de la paix
  • un ministère de la paix
 
Dans ce contexte le Mouvement de la Paix attend d'un Président de la République qu'il s'engage immédiatement :
  • pour un traité d'interdiction des armes nucléaires
  • pour le gel des programmes de modernisation des armes nucléaires
  • pour la reconnaissance de la Palestine et la mise en œuvre d'une conférence mondiale pour la paix au Moyen-Orient
  • le retrait de la France de l'OTAN pour la mise en place d'un système de sécurité commune en Europe basé sur les principes d'Helsinki et intégrant l'ensemble des Etats de l'Europe géographique
  • à inscrire enfin la culture de la paix et de la non-violence au rang des compétences et des comportements de tout éducateur et enseignant.
 
C'est sur ces éléments que le Mouvement de la paix souhaite attirer l'attention des électeurs et électrics. Avant de faire leurs choix électoraux définitifs, nous souhaitons que chaque électeur et électrice ait conscience des enjeux et place cette vision au cœur de sa réflexion.
 
Pour le Mouvement de la Paix, pour l'avenir de l'humanité il n'y a d'autre chemin que la paix !
 
 
Le Conseil National du Mouvement de la Paix,
17 Avril 2017
"Pour l'avenir de l'humanité il n'y a pas d'autre chemin que la paix" (Mouvement de la Paix)
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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 06:52
Référendum Turquie : « Une prétendue victoire électorale mais une réelle défaite politique cinglante » (PCF)

Référendum Turquie : « Une prétendue victoire électorale mais une réelle défaite politique cinglante »

 

Par 51,3 % seulement des votes exprimés, le projet de réforme constitutionnelle d'Erdogan ouvre la voie à une nouvelle dictature en Turquie.


Cette prétendue victoire d'une courte tête n'en est pas moins une défaite politique cinglante pour Erdogan.

Les électeurs des grandes villes (Istanbul, Ankara, Izmir, Diyarbakir, Adana) ont sans ambiguïté voté NON/

Les observateurs internationaux déployés par les organisations démocratiques sur tout le territoire témoignent d'un scrutin émaillé de nombreuses irrégularités, y compris à l'étranger, et de violents incidents dans des dizaines de bureaux de vote faisant notamment 3 morts à Diyarbakir.


Le HDP et le CHP contestent ces résultats et demandent un nouveau décompte qui pourrait porter sur une différence de 3 à 4 %.

Le président turc aux velléités de dictateur à vie avait pourtant cherché à réunir toutes les conditions pour que le référendum tourne en plébiscite personnel.


Depuis l'échec de la tentative de coup d'Etat du 16 juillet 2016 et l'instauration de l'état d'urgence, 130 000 fonctionnaires ont été radiés, plus de 40 000 personnes arrêtées et emprisonnées, parmi lesquelles 150 journalistes, des dizaines d'universitaires et d'élus, maires et députés du Parti démocratique des peuples (HDP) – dont ses deux co-présidents, Selahattin Demirtaš et Figen Yüksekdağ – qui, aux élections de juin 2015, avait privé Erdogan et son parti l'AKP d'une majorité au Parlement.

5 000 cadres et militants du HDP sont sous les verrous et, jusqu'à la veille du scrutin, près de 200 scrutateurs et assesseurs ont été arrêtés dans tout le pays.

La campagne publique du NON a été quasiment interdite. Les menaces et chantages au vote, le clientélisme, et l'omniprésence médiatique d'Erdogan ont saturé l'atmosphère.

Dans l'Anatolie du Sud-Est, la guerre d'Erdogan contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) reprise à l'été 2015, détruisant des villes entières et faisant des centaines de victimes, a placé le vote sous la pression d'une présence pesante des forces armées et de sécurité.

Le Parti communiste français salue le courage des militants du HDP et de toutes les forces démocratiques et progressistes qui ont mené campagne pour la paix et la démocratie en appelant à voter NON à ce référendum et en exigeant un scrutin transparent. Le PCF leur réaffirme sa pleine solidarité et son soutien.

Malgré un résultat contestable qui doit tout aux fraudes, à la peur et à la haine, nombreux sont les femmes et les hommes de Turquie qui restent profondément attachés à une république laïque et à un régime démocratique.

#StopErdogan : le PCF appelle à faire massivement grandir la solidarité internationale avec toutes les forces démocratiques et progressistes de Turquie, les militants et responsables du HDP, les militants des droits humains, de la paix, de l'égalité, du multiculturalisme et de la reconnaissance des minorités, de la liberté d'expression et de la justice sociale en Turquie.

Le PCF appelle le gouvernement français à soutenir les démocrates et progressistes de Turquie et à agir pour la libération immédiate des 10 000 prisonniers politiques et la reprise sine die de négociations de paix dans le pays.


Parti communiste français,

Paris, le 16 avril 2017

Référendum Turquie : « Une prétendue victoire électorale mais une réelle défaite politique cinglante » (PCF)
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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 18:52
Mettre fin aux persécutions anti-LGBT en Tchétchénie (PCF)

Mettre fin immédiatement aux persécutions anti-LGBT en Tchétchénie

 

Différentes sources de presse ont révélé ces derniers jours que la Tchétchénie de Ramzan Kadyrov était le théâtre de graves persécutions anti-LGBT : enfermements arbitraires, camps de détention, tortures, parfois jusqu’à la mort. Le porte-parole du gouvernement tchétchène a déclaré récemment : « Si jamais il y avait de telles personnes en Tchétchénie, les organes de maintien de l’ordre n’auraient aucun problème avec eux car leurs parents les auraient envoyés là d’où l’on ne revient pas ».

Le PCF condamne fermement ces actes barbares et s’inquiète vivement de l’essor de l’autoritarisme le plus brutal et des attaques contre l’égalité des citoyens.

Le PCF se joint aux organisations de défense des droits humains pour demander l’ouverture d’urgence d’une enquête. Le régime de Kadyrov est une longue litanie d’attaques violentes, au propre comme au figuré, contre les défenseurs de l’égalité des droits pour toutes et tous. Kadyrov a instauré un régime d’exception en Tchétchénie, qu’il considère comme sa propriété privée, à l’encontre des droits humains les plus élémentaires dont le respect est d’ailleurs rappelé dans la constitution de la Fédération de Russie.

Ces politiques de persécution doivent immédiatement cesser. Le PCF réaffirme sa solidarité avec les victimes de discrimination et de persécution pour leur orientation sexuelle où qu’elles se trouvent, et avec les militants des droits humains également victimes de répression. La Fédération de Russie, dont la Tchétchénie fait partie, est signataire de la Charte des Nations unies et de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les principes qui y sont édictés doivent être respectés partout.

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