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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 08:03
Une information peu connue et passionnante communiquée sur la liste de diffusion d'Attac Finistère:
La révolution silencieuse…Quelle révolution ? On n’en entend parler nulle part.
Effectivement à l’origine de cette révolution, qui a eu lieu en 2008, dans ce pays d’à peine plus de 300 000 habitants, classé au deuxième rang mondial sur l’indice du développement humain, l’IDH, derrière la Norvège, à la veille de cette crise, en 2006.
Merveille de la désinformation, un événement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique peut se produire en Europe à nos portes sans que les médias français n'en informent le peuple français. C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos pouvoirs politico-financiers qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.
Confronté alors à la faillite brutale du système bancaire, le peuple était descendu dans la rue. Du jamais vu au pays des geysers d’eau chaude. Le gouvernement avait été renversé Et, pour commencer, les banques avaient été nationalisées.
Des images du palais présidentiel assiégé par une foule…Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante aussi là-bas.
Un nouveau gouvernement est institué. Mais, très vite le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois.
Le Président de la République refuse de promulguer ce choix de politique économique et décide de soumettre cette décision à un référendum. Le peuple rejeta unanimement (93%) le plan de renflouement. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars). 
Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, événement peut-être aussi considérable que la nuit du 4 août 1789 où était votée l’abolition des privilèges. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.
Les constitutants se réuniront à partir de la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif. En particulier, seront soumis à la décision de cette Assemblée :
-         les bases de la constitution islandaise et ses concepts fondamentaux;           
-         l'organisation des branches législatives et exécutives et les limites de leurs pouvoirs;                                                                                                             
-         le rôle et la place du Président de la République;
-         l'indépendance de la magistrature et leur surveillance des autres détenteurs de pouvoirs gouvernementaux; 
-         les mesures pour les élections et les circonscriptions électorales;                  
-         la participation des citoyens au processus démocratique, y compris l'organisation de référendum, y compris un référendum sur une loi constitutionnelle;                                                                                                
-         le Transfert des pouvoirs souverains aux organisations internationales et conduite des affaires étrangères;                                                                       
-         les affaires environnementales, y compris la propriété et l'utilisation de ressources naturelles.
Il s’agit donc de l’élaboration d’un nouveau contrat social et, pour un tel objectif, il faut, ce que beaucoup ici semblent ignorer, la participation de toute la nation.
Dans une interview avec l’agence d’information financière Bloomberg, Olafur Grimsson a dit : « La différence [avec l’Irlande] c’est qu’en Islande nous avons permis aux banques de faire faillite. C’étaient des banques privées et on n’y a pas injecté d’argent pour les maintenir ; l’Etat n’a pas porté la responsabilité de la faillite des banques privées. »  
« L’Islande se porte bien mieux qu’attendu », a déclaré Grimsson. « Peut-on demander aux gens ordinaires – les agriculteurs et les pêcheurs, les enseignants, les docteurs et les infirmières – d’assumer la responsabilité de la faillite des banques privées ? Cette question, qui fut au cœur du débat dans le cas de la banque islandaise Icesave, va être la question brûlante dans de nombreux pays européens.» 
En Islande, les activités en faillite furent séparées du reste des banques, ce qui permet aujourd’hui d’avoir un système bancaire au service de l’économie nationale. 
Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État. Aujourd’hui où, partout en Europe, les parlements sont soumis aux chantages d’institutions essentiellement soumises aux intérêts financiers pour voter des plans de rationnement des populations et de pillage des fonds sociaux et publics, où on donne de plus en plus le pouvoir à ceux qui amplifient les dégâts en profitant d’un système de privilèges et d’inégalités, cet évènement indique, une fois encore, que seule la souveraineté du peuple permettra de trouver une issue politique à la crise économique et sociale. 
Source de l'information: le sîte internet "Paris s'éveille".  
 
Du nouveau en Islande (nouvelles fraîches de quelques mois) :
Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n’en parle, aucun média ne relaie l’information, vous n’en trouverez presque pas trace sur « google »: bref, le black-out total …
Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante : un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d’orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l’élection d’une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.
Alors que gronde dans l’Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau compresseur capitaliste, l’actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l’Europe une perspective : la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.
Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.
Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’excommunistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.
http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la
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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 20:07

C'était il y a près de 30 ans. Dans le prolongement d'un vieux choc pétrolier, la Crise avait commencé à s'inviter dans le débat public et le quotidien des occidentaux. La menace du chômage était perçue par tous et justifiait une sacralisation de l'entrepreneur, seul véritable créateur de richesses chargé d'assurer le salut public en laissant libre cours à son instinct créatif et son courageux sens de l'initiative.

La crise avait au moins quelque chose de positif: elle obligeait les peuples à reconnaître leurs bienfaiteurs, à ne plus se goinfrer innocemment d'avantages acquis ou de privilèges de peuples trop gâtés tels que les contrats de travail à durée indéterminée, la sécurité sociale, la retraite à soixante ans, les services publics accessibles à tous, les revenus d'insertion pour les plus défavorisés. Il allait bien sûr falloir assouplir le droit du travail, limiter l'impôt et la dépense publique, accepter des cures d'austérité salariale pour réveiller les bêtes endormies des économies occidentales et leur permettre de concurrencer les tigres et dragons d'Asie où les multinationales commençaient déjà à délocaliser leurs activités de production. Pour bien gérer les pays engagés dans la compétition économique internationale, il était donc nécessaire de rompre avec les vieilles lunes idéologiques bonnes pour la politique à papa et d'exhausser le vieux rêve de Platon en confiant enfin les rênes du pouvoir à des experts qui prometteraient une mondialisation heureuse et profitable à tous les peuples à condition qu'ils s'adaptent à la nouvelle donne économique et brisent les freins à l'investissement privé et à la création d'entreprise, laissant ainsi les marchés générer du bien public par le seul jeu harmonieux de la compétition des intérêts privés.

Bien sûr, les peuples n'étant en rien naturellement raisonnables et éclairés, il fallait faire de la pédagogie pour leur montrer que leur intérêt véritable était de se serrer la ceinture, ou bien encore mettre sur le devant de la scène une figure charismatique, ancien acteur, play boy ou chef d'entreprise de préférence, capable de les faire rêver par la force de son verbe ou d'un sourire désarmant. La vedette était annoncée par des séries de sondages montrant l'impatience du peuple à se voir dépossédé de son destin, sondages commandités et commentés par les magazines et les chaînes de télévision possédés par les grands manitous de la finance, lesquels passeraient ensuite des contrats avec les gouvernements nationaux ou leurs alliés et vassaux étrangers pour acquérir des marchés de construction d'armement, de routes et de palais présidentiels. C'était une époque bénie pour le monde de l'argent: l'épouvantail qui faisait peur aux électeurs et au personnel politique de gauche n'était plus le capitaliste sans scrupule mais l'ouvrier abruti par la télé poubelle et ses loisirs ringards qui s'abstenait aux élections ou votait pour des partis populistes d'extrême-droite. Dans le même temps, les rangs des syndicalistes étaient de plus en plus clairsemés, le salarié, soit qu'il pensât qu'entre son patron et lui, c'était gagnant-gagnant, soit qu'il craignit de perdre son poste ou sa prime d'employé modèle, ne voyant plus d'autre planche de salut pour lui que la débrouille individuelle et la compétition et râlant contre les planqués et les assistés qu'un Etat trop charitable s'obstinait à coucouner.

Un autre moyen de rendre les salariés dociles et compréhensifs par rapport aux objectifs de rentabilité de leurs employeurs était de les encourager à s'endetter en empruntant à gogo pour s'acheter les nouveaux gadgets vantés par la publicité omniprésente, des voitures ou des maisons qui satisfaisaient leurs aspirations à l'embourgeoisement. Comme le haut niveau de profit des entreprises et de leurs actionnaires reposait sur deux facteurs difficilement conciliables, à savoir des bas salaires et un haut niveau de consommation dans les pays développés, l'encouragement gouvernemental, bancaire et commercial au sur-endettement individuel, de la même manière que les délocalisations qui font pression sur les salaires tout en garantissant en contrepartie des marchandises à bon marché, aura permis un temps de surmonter la contradiction sur laquelle était assise la croissance des économies occidentales.

Le nouveau signe d'élection divine des peuples, cette fameuse croissance du PIB, était dopée ici et là par la hausse des prix de l'immobilier, qui attirait et était gonflée par les investisseurs privés, petits acteurs ou représentants des monarchies pétrolières, ainsi que des fonds de pension gérant les retraites par capitalisation des salariés américains. Le boom de l'immobilier offrait de surcroît des perspectives d'enrichissement bien au-delà des revenus du travail et faisait prospérer les entreprises du bâtiment. Les banques, parce que le marché était immense et juteux, ont commencé par consentir des prêts immobiliers à taux d'intérêt variable ou élevé à des citoyens aux revenus modestes aspirant à devenir propriétaires, soit qu'ils voulaient acheter et revendre, constituer une épargne par l'investissement dans le bâti, soit qu'ils étaient lassés de payer des loyers en hausse continuelle. Ces emprunts risqués ont ensuite été transformés, par un savant dispositif boursier inventé au début des années 2000, en actions à haut risque et fortement rémunératrices vers lesquelles se sont précipités les traders des grandes banques dont la fortune dépendait de la capacité à gongler rapidement les profits de leurs employeurs par le jeu boursier des achats et reventes opportunes dans le casino mondial de la bourse.

Mais voilà, comme cela devait arriver, de plus en plus de ménages ne sont pas parvenus à faire face à leurs échéances de remboursement à taux d'intérêt très élevé, les possibilités d'augmenter la demande en termes d'achat immobilier se sont taries, et les prix des maisons et des appartements ont commencé à baisser, provoquant un vent de panique sur les places financières, tous les traders cherchant à vendre leurs actions toxiques en même temps, ce qui a fait chuter vertigineusement la valeur de ces actions. De grandes banques d'affaires et de crédits se sont retrouvées dans la situation de ne plus pouvoir s'acquitter de leurs dettes, au bord de la faillite, cependant que l'économie, fragilisée par la crise du bâtiment annoncée, était menacée d'un assèchement total du crédit. Les Etats, après avoir entonné le couplet de la catastrophe imminente et de la nécessité de moraliser le capitalisme une fois l'avoir sauvé, ont donc vidé les poches des contribuables ou de leurs enfants en alourdissant la dette publique pour réinjecter de l'argent frais dans les coffres des banques. Celles-ci, après avoir fait profil bas un temps en suspendant provisoirement quelques parachutes dorés, quelques encaissements sonnants et trébuchants de stocks options, ont vite décidé qu'il fallait à leur tour ramener les Etats à une sobriété vertueuse.

Les agences de notation qui travaillent pour les grands acteurs des marchés ont donc commencé à distribuer des mauvais points aux Etats dont la dette avait grossi à la faveur de la crise financière de 2008, perte du « triple A » qui a fait grimpé de manière inquiétante les taux d'intérêts consentis par les acteurs financiers privés à ces Etats. Comme les dettes grecques, portugaises, espagnoles, irlandaises, sont à rembourser à échéance à des banques ou à d'influents investisseurs privés allemands, français, américains et autres, il n'était pas question pour les gens responsables qui nous gouvernent d'abandonner ces piliers de nos économies. Après les avoir durement sermonné et leur avoir fait sentir la générosité de la grâce qui leur était faite, le FMI, la Banque centrale européenne et les Etats les plus riches de l'UE ont donc consenti à prêter de l'argent aux mauvais élèves de l'Europe à des taux d'intérêt bien plus élevés que ceux accordés aux grandes banques au bord de la faillite quelques mois plus tôt, ces mêmes banques qui se refont une santé et des profits considérables en prêtant à des taux usuraires aux Etats pour les sauver d'une prétendue banqueroute qui ne signifierait rien d'autre en premier lieu que la mise en difficulté des créanciers privés.

Les gouvernements des pays visés par les agences de notation pour le poids de leurs déficits publics entonnent à nouveau la bonne chanson de la Crise, de l'heure grave et dramatique, pour faire accepter aux peuples les remèdes de cheval du FMI et de la banque centrale: réduction des salaires, suppression de services publics et de postes de fonctionnaires, durcissement des conditions d'attribution des minima sociaux, des allocations familiales et des allocations chômage, allongement de la durée de travail avant le départ à la retraite avec un taux de remplacement décent. Cette cure d'austérité permettra sans doute au secteur financier de se frayer de nouveaux marchés sur les vestiges du service public ou de la protection sociale. Elle empêchera sans doute aussi la relance de la croissance par le soutien à la consommation, l'appauvrissement des populations plongeant les économies dans le marasme, même si les grands groupes financiers continuent à bien se porter. La prise de pouvoir des banques et des marchés financiers dans les démocraties occidentales ne date peut-être pas d'hier, mais elle n'a jamais été aussi manifeste et manifestement dangereuse pour les populations. Mais, en fait, suffit-il comme le suggère le red devils Eric Cantona de retirer ses économies des banques pour mettre à bas ce système de privatisation des profits et de socialisation des pertes?

 

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