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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 06:50
Ils ne doivent pas mourir
PAR PIERRE BARBANCEY
MARDI, 23 MAI, 2017
L'HUMANITÉ
Photo : Ilan Assayag/Reuters
Photo : Ilan Assayag/Reuters

L'éditorial de Pierre Barbancey. « Ces hommes et ces femmes de tous âges sont des combattants de la liberté dont le seul tort est de vouloir voir leurs enfants grandir dans un État de Palestine dans les frontières de 1967. »

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a d’ores et déjà annoncé la couleur s’agissant de la grève de la faim observée par les prisonniers politiques palestiniens : il se comportera comme Margaret Thatcher qui, en 1981, a laissé mourir Bobby Sands et les patriotes irlandais. Depuis 37 jours aujourd’hui, Marwan Barghouti et des centaines d’autres détenus ont cessé de s’alimenter. Ils ne boivent plus. Le pire peut désormais arriver, si rien n’est fait. Leurs revendications sont pourtant légitimes. Ils veulent voir leur famille plus souvent, améliorer des conditions de détention terribles… À ces demandes légitimes, le gouvernement israélien oppose une fin de non-recevoir. En cinquante ans d’occupation, pas une famille palestinienne n’a été épargnée. Ils sont aujourd’hui 6 500 dans les geôles israéliennes. Certains depuis plus de trente ans, dépassant le triste record de Nelson Mandela. C’est aussi cela la réalité de l’occupation israélienne.

La libération des prisonniers palestiniens est une question urgente qui fait partie intégrante de la résolution de ce qu’il est convenu d’appeler le « conflit israélo-palestinien », en réalité une politique d’occupation et de colonisation qui nie les droits d’un peuple. La France, si sourcilleuse en d’autres points de la planète, se grandirait à intervenir pour que les revendications des prisonniers palestiniens soient entendues. Pour la première fois depuis longtemps, en Cisjordanie comme à Gaza, les Palestiniens ont arrêté le travail ou n’ont pas ouvert leur magasin, hier, en signe de solidarité avec « leurs » prisonniers. Car ces hommes et ces femmes de tous âges – 350 mineurs palestiniens sont enfermés – sont des combattants de la liberté dont le seul tort est de vouloir voir leurs enfants grandir dans un État de Palestine dans les frontières de 1967. D’où l’importance de faire grandir un mouvement international pour la libération de Marwan Barghouti, d’Ahmed Saadat et de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens. Tout de suite. Avant qu’il ne soit trop tard.

grand reporter
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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 20:18
Manchester: " A chaque attaque, c'est l'humanité toute entière qui est visée" (PCF)

Manchester : "A chaque attaque, c'est l'humanité tout entière qui est frappée"

L'attentat suicide perpétré hier, 22 mai, à Manchester a fait, à cette heure, 22 morts -parmi lesquels des enfants- et une soixantaine de blessés de tous âges. Le Parti communiste français se tient aux côtés de la population de Manchester et celle de Grande-Bretagne précipitées dans le chagrin et la douleur.

Manchester vient s'ajouter à la trop longue liste des attaques de masse meurtrières qui s'étend de Bagdad à Paris, Nice, St Étienne-du-Rouvray, St Pétersbourg, en passant par Istanbul, Stockholm, Mogadiscio, Alexandrie et tous les jours en Afghanistan ou au Nigeria.

Chaque fois, c'est l'humanité tout entière qui est frappée et qui souffre.Il n'y a aucune fatalité à ce que ces violences se poursuivent. Unis et solidaires, les peuples du monde, les jeunesses du monde, peuvent faire reculer la haine et faire triompher la grande paix humaine.

Avec des millions de jeunes, de femmes et d'hommes, nous réaffirmons aux propagateurs de peur et de mort #VousNAurezPasNotreHaine. Avec des millions de jeunes, de femmes et d'hommes, nous continuerons de lutter pour que paix, justice, solidarité et démocratie riment sur tous les continents.

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 13:32

Madame la Présidente,

Au nom de nos propres résolutions, au nom du respect du droit international, au nom du respect de la convention de Genève dont l’Union européenne reconnait l’effectivité, nous ne pouvons faire silence sur la grève de la faim qu’ont dû entamer les prisonniers politiques palestiniens. Cette grève, déclenchée depuis le 17 avril dernier, vise à obtenir des conditions de détention conforme au droit humanitaire et que cesse l’arbitraire des détentions administratives.

Continuer à ne pas entendre ces revendications humanitaires peut conduire à encore plus de tensions au sein de la population palestinienne. Celles-ci peuvent déboucher sur le pire.

Nous avons donc la responsabilité d’agir. Je propose que notre parlement diligente une commission d’enquête sur les situations des prisonniers palestiniens.

D’autre part notre silence face aux emprisonnements arbitraires, face à la colonisation, nous rendra complice de la violation du droit international. L’Union européenne a pourtant un moyen de pression efficace avec la possible suspension de l’accord d’association avec Israël. Il faudrait passer aux actes sans attendre.

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 13:30
Des nouvelles de Marwan Barghouti en grève de la faim depuis un mois le 14 mai 2017

Marwan Barghouti, le 14 mai

Marwan Barghouthi a déjà perdu 12 Kg, MAIS SON MORAL EST AU TOP:
Il a finalement pu recevoir la visite de son avocat après 28 jours de grève de la faim.
Marwan a été placé durant 4 jours dans une cellule d’isolement située dans le sous sol de la prison. Cellule non aérée, sombre, salle .. Et c’est lorsqu’il a cessé de boire de l’eau qu’il a été transféré dans une autre cellule.
Il ne dispose en tout que d’une seule couverture. Il porte les mêmes vêtements depuis le 17 Avril (jour du début de la grève).
Complètement coupé du monde, mais sa cellule est inspectée quatre fois par jour, d'une manière humiliante : déshabillage, bruit assourdissant ...
Lorsqu’il est transféré à la « clinique » c’est avec menottes aux poignets et aux pieds
Il a déjà perdu 12 Kg, MAIS SON MORAL EST AU TOP et sa détermination est intacte.

Taoufiq Tahini

Des nouvelles de Marwan Barghouti en grève de la faim depuis un mois le 14 mai 2017
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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 13:11
L’angoisse des proches des prisonniers palestiniens en grève de la faim

Marine Vlahovic, RFI, mercredi 17 mai 2017

Cela fait aujourd’hui un mois que les prisonniers palestiniens incarcérés en Israël ont entamé leur grève de la faim. Ils seraient entre 1 000 et 1 500 détenus à cesser de s’alimenter depuis 31 jours pour dénoncer leurs conditions de détention. L’Etat hébreu reste inflexible et refuse de négocier avec le leader de ce mouvement collectif, Marwan Barghouti, qui a d’ailleurs été mis en cause récemment. L’administration pénitentiaire israélienne a publié il y a quelques jours une vidéo contestée par les Palestiniens où on le verrait manger dans sa cellule. Alors que cette grève s’éternise, on ne sait rien ou presque de l’état de santé des détenus dont la plupart sont placés à l’isolement, alors qu’Israël a menacé à plusieurs reprises de recourir à l’alimentation forcée. En Cisjordanie, leurs proches sont inquiets.

Manifestation de soutien aux Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, ici le 16 avril 2017 à Naplouse, en Cisjordanie. REUTERS/Abed Omar Qusini

Des portraits de prisonniers ornent une grande tente plantée au cœur de Ramallah. C’est ici sous le regard des passants que tous les jours depuis un mois, des proches de détenus se rassemblent. L’air soucieux, les yeux embués, Nasim Shaheen attend des nouvelles de son frère, entourée d’autres familles de prisonniers. « On ne mange plus, dit-elle, on ne dort plus, et si ça nous arrive de dormir pour quelques heures, nous rêvons de nos proches. Nous sommes très inquiets pour eux. Mais jusqu’ici nous n’avons aucune information. »

Car une chape de plomb entoure cette grève invisible qui se déroule à l’ombre des geôles israéliennes Plusieurs dizaines de détenus auraient été hospitalisés mais pour Faride Moharef c’est le flou le plus complet. « Je n’ai pas de nouvelles. Je ne sais rien de mon fils, confie-t-elle. Mon cœur pleure, pas mes yeux mais mon cœur. Et notre gouvernement ne dit rien. C’est dommage. »

L’Autorité palestinienne a empêché la tenue de plusieurs manifestations de soutien aux prisonniers en Cisjordanie alors que la tension monte à l’approche de la visite de Donald Trump dans la région.

Et un article de Pierre Barbancey dans l'Humanité

Palestine. Les grévistes de la faim entrent dans une période critique

Le Comité national de soutien aux prisonniers, qui ne mangent plus depuis vingt-six jours, demande à l’Autorité palestinienne de suspendre les élections municipales prévues samedi. Le Hamas et le FPLP boycottent le scrutin.

Pierre Barbancey, l’Humanité, lundi 15 mai 2017

À Ramallah, de violents heurts entre des centaines de jeunes Palestiniens et des soldats israéliens ont fait au moins quatre blessés. Une manifestation s'est également déroulée devant le siège du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Abbas Momani/AFP

Officiellement, les élections municipales palestiniennes se tiennent ce samedi. Officiellement seulement car, au vu de la situation, on se demande si les bureaux de vote seront réellement ouverts ce jour-là et, surtout, quelle sera l’attitude de la population.

Reporté à plusieurs reprises, ce scrutin devait se dérouler dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Mais les négociations entre le Fatah et le Hamas n’ont, une fois de plus, pas abouti. En conséquence, on ne votera pas dans la bande de Gaza. Dans de telles circonstances, le mouvement islamique palestinien — tout comme le Djihad islamique — a annoncé sa décision de boycotter ces élections, estimant qu’il fallait attendre une véritable réconciliation politique avant d’envisager quoi que ce soit.

Au mois de mars, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), qui s’était engagé à la constitution de listes pour ces municipales avec les autres formations de gauche (les communistes du Parti du peuple palestinien, le Front démocratique de libération de la Palestine, la Fida et l’Initiative nationale de Mustafa Barghouti), annonçait à son tour sa décision de ne plus participer au scrutin. En cause, l’attitude de l’Autorité palestinienne (AP) et la répression quasi systématique des manifestations organisées en Cisjordanie et, plus largement la coopération sécuritaire entre l’AP et Israël, au détriment des Palestiniens.

Israël aggrave l’occupation et développe la colonisation

Ainsi, le 6 mars, les Israéliens ont abattu Basel Al Araj alors qu’il venait de sortir d’une prison de l’AP, visiblement enfermé à la demande d’Israël puisque aucune charge n’a été retenue contre lui. Les manifestations qui ont suivi ont été violemment réprimées par la police de l’Autorité, dont la violence est bien connue notamment par les jeunes Palestiniens.

Ce retrait du FPLP est un coup dur pour la gauche palestinienne. Sous l’impulsion du Parti du peuple palestinien (PPP), plusieurs rencontres avaient eu lieu, y compris à l’étranger, entre les formations progressistes, membres de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). L’enjeu étant d’arriver à former un pôle de gauche, dans les mairies mais aussi au sein des instances politiques de l’OLP pour éviter la bipolarisation entre le Fatah et le Hamas et les blocages qu’elle génère. Blocage, voire jeu de dupes. Si le Hamas boycotte le scrutin, il a néanmoins appelé la population de Cisjordanie à voter pour des « personnalités compétentes » ! Le Hamas n’appelant pas à voter pour la gauche, des candidats indépendants sont très certainement des sous-marins du mouvement islamique. Une tactique que sait aussi utiliser le Fatah.

Si le rôle des institutions est important, cette élection est censée revêtir un autre caractère. La situation politique, sociale et économique est très mauvaise. La cote de popularité du président Mahmoud Abbas, dont le mandat est arrivé à expiration il y a plus de six ans maintenant, est au plus bas. Dans les territoires, de moins en moins de Palestiniens croient en la solution à deux États, obérée par l’expansion des colonies. En face, Israël aggrave l’occupation, développe la colonisation et Netanyahou s’attaque même aux Israéliens, juifs, qui le critiquent et le combattent. Alors, s’agissant des Palestiniens d’Israël…

Enfin, ces élections sont un peu un objet surréaliste dans une période où les 1 600 prisonniers politiques palestiniens en sont – ce vendredi – à leur 26e jour de grève de la faim. Leurs conditions physiques se dégradent. Plusieurs d’entre eux ont été transportés dans des hôpitaux et les autorités israéliennes envisagent de faire venir des médecins étrangers pour les nourrir de force, les médecins israéliens refusant cette pratique dénoncée par l’ONU comme une atteinte aux droits de l’homme.

Tel-Aviv ne recule devant rien pour tenter de faire plier ces détenus

Tel-Aviv ne recule devant rien pour tenter de faire plier ces détenus, de briser leur courage. Les grévistes de la faim réclament de meilleures conditions de détention et davantage de visites familiales et médicales. Les rares témoignages qui nous parviennent – les avocats ne sont pratiquement pas autorisés à les rencontrer et, en tout cas, les prisonniers les plus connus comme Marwan Barghouti et Ahmed Saadat, ont été placés à l’isolement – sont dramatiques. « Nous entrons dans une période extrêmement critique » pour les grévistes de la faim, confirme le président du Club des prisonniers, Qaddoura Farès. « Un grand nombre de prisonniers ne peuvent même plus bouger de leur lit ou satisfaire leurs besoins fondamentaux », a-t-il ajouté.

Le gouvernement Netanyahou, qui a plusieurs fois dit qu’il était prêt à laisser mourir ces prisonniers à l’exemple de Margaret Thatcher vis-à-vis de Bobby Sands et de ses camarades irlandais de l’IRA, au début des années 1980, utilise son bras supplétif dans les prisons, le Service des prisons d’Israël (IPS). Les grévistes de la faim sont aspergés d’eau, le sel leur est refusé et certains ont même dû boire de l’eau chaude ; on ne les autorise plus à se changer et, à l’isolement, les prisonniers n’ont jamais le droit de se retrouver à la lumière du jour, dans la cour, et les fenêtres des cellules ont été obstruées. Pis, l’IPS a fait diffuser une vidéo sur laquelle on verrait Marwan Barghouti en train de manger dans sa cellule. Une fausse vidéo dont on voit l’utilisation. Une attitude des autorités pénitentiaires digne des pires tortionnaires. Ce qui n’a pas empêché la franchise israélienne de Pizza Hut de s’en servir à des fins politico-publicitaires. Face au mécontentement, elle l’a retirée de son site.

Arrêter la coopération sécuritaire avec Israël

Loin de tout débat électoral, la population se mobilise. Un rassemblement de solidarité a été organisé, hier, à Ramallah. De violents heurts entre des centaines de jeunes Palestiniens et des soldats israéliens ont fait au moins quatre blessés. Une manifestation s’est également déroulée devant le siège du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dont l’attitude est largement dénoncée : sous prétexte de manque de moyens, le nombre de visites organisées dans les prisons (le CICR affrète les bus pour transporter les familles souvent très éloignées) a été réduit à une par mois.

Le Comité national de soutien à la grève de la faim des prisonniers palestiniens a appelé l’Autorité palestinienne à suspendre le scrutin municipal prévu samedi et à arrêter la coopération sécuritaire avec Israël. Selon la loi palestinienne, tous les citoyens qui ont une carte d’identité palestinienne et ont 17 ans ou plus ont le droit de s’inscrire pour voter. Combien vont le faire alors que, parmi les jeunes, les griefs à l’encontre de l’Autorité ne cessent d’augmenter ?

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 05:06
11 mai 2017: 26 ème jour de grève de la faim des prisonniers politiques palestiniens, action de solidarité de l'AFPS (Agence média Palestine - blog de l'AFPS Morlaix)

11 Mai 2017

26ème jour de la grève de la faim des prisonniers

politiques palestiniens.

(Agence Médias Palestine)

 

Photo By /Flash90
Photo By /Flash90
 

Les avocats continuent de se voir refuser l’accès aux prisonniers, tel que Ahmad Sa’adat, Ahed Abu Ghoulmeh et Marwan Barghouthi. Ces refus de visite s’inscrivent dans le contexte ou un nombre croissant de prisonniers palestiniens sont confrontés à des conditions de santé risquées alors qu’ils entament leur quatrième semaine sans nourriture dans le cadre de la grève de la faim pour la dignité et de la liberté. 

 

Des dizaines de prisonniers en grève de la faim ont été transférés dans un soi-disant «hôpital de campagne» après avoir été victimes d’évanouissements, des vomissements de sang et de graves douleurs. La création de cet «hôpital de terrain» a soulevé une inquiétude particulière car les forces d’occupation israéliennes cherchent à alimenter de force les prisonniers palestiniens, notamment avec des médecins amenés de l’étranger.* 

 

Ahmad Hamamrah,19 ans, un des grévistes de la faim, pour qui la santé se détériore gravement, s’est vu transféré à l’hôpital de Shaare Tzedek. Les grévistes connaissent une répression constante, y compris des transferts fréquents et abusifs qui affectent considérablement leurs corps déja affaiblis. L’isolement et la confiscation de tous les biens personnels, l’interdiction de visites légales et familiales, les transferts abusifs et arbitraires généralisés, se sont poursuivis le mardi 9 mai, tandis que 120 prisonniers palestiniens dans la prison de Nafha ont été transférés à la prison de Shatta.

 

L’avocat palestinien Khalid Mahajna a pu se rendre chez le prisonnier gréviste, Aroun Ayad, dans la prison d’Ohli Kedar en Israël, et a signalé que les médecins de la prison donnaient de la nourriture à des prisonniers en grève et tentaient de négocier avec eux pour se prémunir contre la grève en échange de traitements de faveurs.

 

La Société des Prisonniers a déclaré que cette visite juridique n’a été obtenue qu’après de multiples demandes rejetées et de longues négociations. Pendant ce temps, les prisonniers de la prison du désert du Néguev sont soumis à des pratiques répressives et répétées, notamment des recherches et des raids utilisant des chiens.

 

Un gardien a également versé de l’eau sur la tête du gréviste de la faim Mohammed Abu Rub de Jenin, selon l’avocat palestinien Yousef Nasasreh. Les prisonniers de plusieurs prisons ont aussi signalé des privations de l’accès à l’eau en bouteille normalement fournie, d’autres sont contraints de boire de l’eau chaude du robinet, ou même encore de se partager de petites quantités à plusieurs.

 

La maison de l’ancien gréviste de la faim et journaliste emprisonné Mohammed al-Qeeq , a été envahie par les forces d’occupation israéliennes le matin du mardi 9 mai. Fayha Shalash, l’épouse d’Al-Qeeq, a déclaré que 20 soldats de l’occupation ont pris d’assaut la maison, et ont saccagé les biens de la famille. Elle a déclaré que c’était une tentative de faire pression sur son mari pour qu’il mette fin à sa grève.

 

La journaliste israélienne Orly Noy, dans un article publié le 9 mai sur le média "+972" a déclaré : "En fait, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas vu un seul média, à part « Local Call » publier la liste complète des demandes des grévistes de la faim. Pourquoi 1 600 prisonniers ont-ils refusé de manger pendant 3 semaines? Que veulent-ils ? Qui sont ces gens ? Le public israélien ne le sait pas. Il ne sait pas quelles sont leurs conditions en prison, ni même combien ces conditions sont devenues encore plus sévères pour eux depuis qu’ils ont commencé leur grève. Les prisonniers sont empêchés de rencontrer leurs avocats et sont soumis à des mises à l’isolement, des intrusions dans leurs cellules à toutes heures de la journée, des fouilles au corps humiliantes, et la confiscation du sel, qui constitue la base du regime pendant leur grève de la faim. Le public israélien ne sait ni n’a aucun désir de savoir. "

 

Depuis le début de la grève, le 17 avril 2017, Addameer (Association des Droits de l’Homme et d’aide pour les prisonniers palestiniens) a envoyé plusieurs demandes de visite au Service Pénitentiaire Israélien (IPS) afin de rencontrer les prisonniers et les grévistes, mais l’IPS n’a répondu à aucune demande. Addameer condamne en particulier les restrictions de l’IPS imposées aux avocats souhaitant rendre visite aux prisonniers.

 

Malgré la décision de la Haute Cour israélienne de permettre aux détenus de voir leurs avocats, l’IPS a souvent refusé des visites sur demande. Addameer prévoit que l’IPS continuera à utiliser de telles pratiques, comme le déplacement des prisonniers dans d’autres prisons sans en informer leurs avocats ou d’empêcher systématiquement les avocats de pouvoir rendre visite aux prisonniers, afin d’isoler davantage les grévistes de la faim et de les forcer à mettre fin à la grève. En raison de cette interdiction sur les visites d’avocat, Addameer n’a pas été en mesure de suivre le développement de la santé des détenus et des conditions quotidiennes. 

 

Actualisation réalisée par l'Agence Media Palestine

Sources : +972 et Samidoun ainsi que Addameer

*: http://samidoun.net/2017/05/24th-day-of-palestinian-prisoners-hunger-strike-legal-visits-blocked-for-saadat-abu-ghoulmeh-barghouthi/

 

 

BREST : L'AFPS avec les prisonniers palestiniens

 

Les militants de France Palestine Solidarité sont allés, samedi matin, à la rencontre des Brestois, pour leur parler de la situation des prisonniers palestiniens en Israël.
Les militants de France Palestine Solidarité sont allés, samedi matin, à la rencontre des Brestois, pour leur parler de la situation des prisonniers palestiniens en Israël.
 

 

L'Association France Palestine Solidarité était présente sur deux marchés brestois, samedi matin, en solidarité avec le mouvement de grève de la faim des prisonniers palestiniens pour demander le respect du droit international. 

Samedi matin, sur les marchés de Kérinou puis de Saint-Martin, des militants de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS) ont distribué des tracts. 

Grève de la faim 


Dans une prison virtuelle, dessinée au sol, les mains entravées, l'un des militants buvait de l'eau salée pour rappeler que plusieurs centaines de prisonniers palestiniens observent actuellement une grève de la faim, à l'image de Marwan Barghouthi. Ce dernier, figure de la seconde intifada et condamné à la perpétuité, a commencé, le 17 avril, à ne plus s'alimenter, pour protester contre les conditions d'incarcération en Israël. « Nous sommes venus sur les marchés pour informer les Brestois sur ce mouvement de grève de la faim dans les prisons israéliennes. Ils sont de plus en plus nombreux à le suivre, sûrement plus de 1.600 aujourd'hui et pourtant personne n'en parle », dit Claude Léostic, de l'Association France Palestine Solidarité. « Nous n'avons plus de nouvelles depuis huit jours de Marwan Barghouthi.

 

 Tous les prisonniers grévistes subissent des transferts d'une prison à une autre, ils ne peuvent voir leur avocat ni leurs familles, et certains se sont fait confisquer le sel, le seul produit qu'ils consomment avec de l'eau durant leur grève de la faim. Nous sommes très inquiets pour eux », ajoute Claude Léostic, qui craint une évolution similaire à celle vécue il y a trente-six ans en Irlande du Nord. Dix Irlandais, dont Bobby Sands, étaient morts en 1981 à la suite d'une grève de la faim qui avait duré entre 66 et 73 jours, faute d'avoir obtenu le statut de prisonnier politique qu'ils réclamaient. 

« Rencontrer les nouveaux élus »


« La France doit faire pression sur les autorités israéliennes afin qu'elles respectent enfin le droit international. Il faut savoir qu'il y a 300 enfants parmi les prisonniers palestiniens. Dès la fin des élections, nous demanderons à rencontrer les nouveaux élus », conclut Claude Léostic. 

Contact 
Association France Palestine Solidarité, 50, esplanade de la Fraternité, 29200 Brest. Courriel, afps29n@yahoo.fr Page Facebook : afps.brest


© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/brest/france-palestine-solidarite-alerter-sur-le-sort-des-prisonniers-en-israel-09-05-2017-11505447.php#pbl5OX9qWg0AjHrZ.99

11 mai 2017: 26 ème jour de grève de la faim des prisonniers politiques palestiniens, action de solidarité de l'AFPS (Agence média Palestine - blog de l'AFPS Morlaix)
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 09:16
affiche AFPS-ADDAMEER

affiche AFPS-ADDAMEER

AFPS : 

24 ème JOUR DE GREVE DE LA FAIM DES PRISONNIERS POLITIQUES PALESTINIENS...

BRISONS LE MUR DU SILENCE ET DE L'INDIFFERENCE MEDIATIQUE...

A propos des menaces d’alimentation forcée des prisonniers palestiniens en grève de la faim

Déclaration du Comité de Pilotage de la Campagne internationale pour la Libération de Marwan Barghouthi et tous les prisonniers palestiniens

Campagne internationale pour la Libération de Marwan Barghouthi et tous les prisonniers palestiniens, dimanche 7 mai 2017

Suite aux menaces israéliennes de recourir à l’alimentation forcée, une intervention internationale urgente est indispensable afin de sauver la vie des grévistes de la faim palestiniens et pour répondre à leurs justes revendications.

Le 17 avril 2017 plus de 1000 prisonniers menés par Marwan Barghouthi, le dirigeant et parlementaire emprisonné, ont commencé une grève de la faim afin de protester contre les violations de leurs droits par Israël, la puissance occupante. Les Nations unies, le Comité international de la Croix Rouge [1] et de nombreux gouvernements dans le monde ont dénoncé ces violations.

Comme l’affirment les Nations unies, « les grèves de la faim sont une forme de protestation non violente utilisée par des individus qui ont recouru en vain à toutes les autres formes de protestation pour mettre en évidence la gravité de leur situation. Le droit de protester sans violence est un droit humain fondamental » [2] qu’il faut protéger.

Au lieu de garantir que « des personnes privées de liberté qui s’engagent dans une grève de la faim ne soient jamais soumises à des mauvais traitements ou punies pour s’engager dans une grève de la faim et [qu’] elles reçoivent le traitement médical nécessaire, selon leur volonté » [3], Israël a pris des mesures punitives sévères contre les grévistes, y compris la mise à l’isolement total, l’interdiction de rencontrer leurs avocats, des raids [dans les cellules] avec confiscation des biens personnels et le transfert des prisonniers et détenus vers d’autres prisons. Il menace maintenant de recourir à l’alimentation forcée. Le Parlement israélien avait adopté une loi pour autoriser l’alimentation forcée et la Cour Suprême israélienne avait déclaré l’alimentation forcée conforme à la constitution, se positionnant ainsi encore une fois en violation du droit international.

Juan E. Méndez, le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres traitements cruels et dégradants ou punitions, souligne que « l’alimentation découlant de menaces, de coercition, de la force ou de l’utilisation de contrainte physique sur les individus qui ont opté en dernier recours pour la grève de la faim afin de protester contre leurs conditions de détention, équivaut -même si l’intention est de le faire pour leur bien- à un traitement cruel, inhumain et dégradant [4] ». Après le refus de l’Association des médecins israéliens de participer à la commission de tels crimes de guerre, Israël cherche maintenant à recruter des médecins étrangers. Le Comité de Pilotage de la Campagne appelle tous les Etats à mettre en garde leurs médecins contre une telle implication et annonce son intention de poursuivre en justice tout médecin étranger qui contribuerait à perpétrer ces crimes de guerre.

Les Rapporteurs des Nations unies soulignent que « la façon de mettre fin à une grève de la faim n’est pas de d’imposer l’alimentation aux grévistes mais de remédier aux violations des droits humains sous-jacentes contre lesquelles [les prisonniers] protestent [5] ». La communauté internationale a une responsabilité légale et morale et doit intervenir en urgence pour sauver les vies des prisonniers et pour qu’ils exercent les droits qui leur sont garantis par le droit humanitaire international et le droit international sur les droits humains.

Traduction AFPS

La Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouthi et tous les prisonniers palestiniens a été lancée en octobre 2013 par l’icône anti-apartheid Ahmed Kathrada et Fadwa Barghouthi , de la cellule de Nelson Mandela. Elle a le soutien de 8 Prix Nobel , de 120 gouvernements, de 15 anciens présidents et Premier ministres, de centaines de parlementaires, d’universitaires, d’artistes ainsi que de dizaines d’associations de défense des droits de l’Homme et de syndicats.

24ème jour de grève de la faim des prisonniers politiques palestiniens conduite par Marwan Barghouti:

Au vingtième jour de la grève de la faim de 1500 prisonniers politiques palestiniens, une pensée pour Bobby Sands, député, militant de l'IRA et prisonnier politique irlandais, mort le 5 mai 1981 des suites de sa grève de la faim contre ses geôliers britanniques.

24ème jour de grève de la faim des prisonniers politiques palestiniens conduite par Marwan Barghouti:
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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 19:21
Remember Bobby Sands! -  chef républicain irlandais mort après 66 jours de grève de la faim le 5 mai1981

Le 5 mai 1981, mourait Bobby Sands, député irlandais, prisonnier politique en Grande-Bretagne, en grève de la faim assassiné par Thatcher "Aimez plus fort Comme aimait Bobby Sands"

"Il y a trente six ans, le 5 mai 1981, au terme de soixante-six jours de grève de la faim, mourait Bobby Sands, en Irlande du Nord, dans la prison de Maze. Cette prison, installée sur l’ancienne base de la Royale Air force nommée Long Kesh, fut d’abord un lieu de détention où l’armée britannique pouvait enfermer sans procès tout opposant à sa présence. Ainsi, en 1971, lors de l’opération «Démetrius», 450 hommes des quartiers catholiques de Belfast y furent parqués dans les H Blocks, des bâtiments en forme de H, dans des conditions très rudes. Bobby Sands avait vingt-sept ans. Après lui, dans les jours qui suivirent, moururent neuf autres prisonniers politiques qui, à son exemple, menèrent jusqu’au bout leur mouvement de protestation." Un article de Francis Combes en 2013 dans L'Humanité. 

 

Bobby SANDS, né le 9 mars 1954, mourait il ya 36 ans le 5 mai 1981 après une grève de la faim.
 

Bobby Sands est un personnage connu pour son combat en Irlande du Nord dans les années 80, où il mena une grève de la faim jusqu’à son propre décès. Républicain irlandais et membre de l’IRA, sa lutte à l’encontre du gouvernement londonien et sa perte firent de lui un véritable martyr, avec un impact médiatique fort… Retour sur la vie de Bobby Sands…

Une Jeunesse très vite marquée par le conflit anglo-irlandais
Bobby Sand nait à Newtownabbey en Irlande du Nord, en 1954. Son enfance se déroule dans un climat conflictuel opposant sans cesse catholiques et protestants au travers d’actes de violences.
Très influencé par cette situation, c’est à 18 ans qu’il rejoint l’IRA (en 1972) et connait sa première arrestation de 1972 à 1976, période durant laquelle il est emprisonné.
A sa sortie de prison, Bobby Sands décide de s’impliquer d’avantage dans les actions de l’IRA, devenant ainsi l’un des principaux leaders activistes du mouvement.

Il est cependant arrêté très rapidement, en 1977, pour détention d’arme à feu et attentat.
Bien que l’accusation d’attentat soit rapidement rejetée par le tribunal en charge de son dossier, il est toutefois condamné à 14 ans de prison pour port d’arme prohibé à la prison de Maze (aussi nommée Longh Kesh).

Bobby Sands souhaite être reconnu comme un prisonnier politique
Dans ce centre pénitentiaire, Sands commence alors à écrire des textes politiques engagés, ainsi que quelques poèmes. De nombreux textes de sa composition sont même publiés tout au long de sa détention dans l’An Phoblacht, le journal officiel de l’IRA.
La vie carcérale à Maze est particulièrement difficile, et les tensions entre les prisonniers et les surveillants sont palpables. Dès le début, les prisonniers tentent de protester avec le « Blanket Protest (1976-1981) » et le « Dirty Protest (1978-1981) ». Il s’agit d’une technique de protestation où les prisonniers refusent de se vêtir de l’uniforme de prisonnier et vivent nus, enveloppés dans seulement une couverture. A ce refus de porter l’uniforme s’ajoute ensuite une véritable guerre à l’hygiène, où les prisonniers refusent de se laver, urinent et défèquent partout afin de placer la prison dans un état sanitaire déplorable.
Bobby Sands participe également à cette lutte, mais semble vouloir aller plus loin pour se faire entendre.
Sands organise une Grève de la Faim sans précédent
Conscient du puissant levier médiatique que peut être celui de la grève de la faim, Bobby Sands décide d’organiser une grève de la faim le 1er mars 1980, afin de sensibiliser l’opinion publique aux actions de l’IRA et à l’attitude du gouvernement londonien vis à vis de l’Irlande du Nord. Bobby Sands est alors accompagné par d’autres membres de l’IRA, fermement décidés à aller jusqu’au bout pour se faire entendre, acceptant la possibilité de mourir.
Durant cette grève, la mort d’un député républicain du Fermanagh et du Sud du Tyrone éveille cependant bien des convoitises, et Bobby Sands ne peut s’empêcher de briguer ce poste. Les catholiques proposent alors Sands comme candidat, et est finalement nominé le 9 avril 1981 où il l’emporta sur Harry West.
Face à cette victoire inattendue, le gouvernement londonien décide de contrer Bobby Sands en votant une loi électorale visant à interdire aux prisonniers toute possibilité de rôle politique et de présentation à des élections durant leur incarcération (cette loi est connue sous le nom de Representation of the Peole Act).
Perdant ainsi son siège de député, Bobby Sands décide de poursuivre sa grève de la faim et continuer à protester. Son état se détériore sur une soixantaine de jours, où il perd beaucoup de poids, et connait un fort affaiblissement. Il décède le 5 mai 1981, après 65 jours de grève.
L’annonce de son décès fait la Une des journaux, et provoque alors un immense tollé en Irlande du Nord et dans le reste du Monde, faisant de Bobby Sands et de ses compagnons, de véritables martyrs.
A l’annonce de sa mort, de nombreuses émeutes éclatèrent dans tous les quartiers nationalistes de l’Ulster, et notamment sur Falls Road, à Belfast, où un « murals » (ces fresques à la mémoire des activistes républicains ou loyalistes) lui rend d’ailleurs hommage.
Margaret Thatcher, la « dame de fer » , Premier ministre en Angleterre, déclara cyniquement à la Chambre des Communes : « Monsieur Sands était un criminel condamné. Il a fait le choix de s’ôter la vie. C’est un choix que l’organisation à laquelle il appartenait n’a pas laissé à beaucoup de ses victimes. ».

 

 

L'Irlande au cœur...
100 ans après les Pâques sanglantes irlandaises, 35 ans après la mort de Bobby Sands, hommage aux révolutionnaires Irlandais engagés pour la liberté de leur peuple.

Il y a cent ans, le trois mai 1916, le leader nationaliste irlandais et poète Patrick Pearse était fusillé par les autorités coloniales lors de l'écrasement du soulèvement pour l'indépendance de l'Irlande à Dublin, ce que l'on a appelé les "Pâques sanglantes" irlandaises.

16 exécutions capitales, 3226 arrestations, 1862 internements en Angleterre furent décrétés contre les insurgés.

Le 12 mai 1916, c'était le tour de James Connolly, chef de l'Irish Citizen Army, leader syndicaliste, socialiste et marxiste, d'être exécuté à la prison de Kilmainham à Dublin, assis sur une chaise car il ne tenait plus debout avec ses blessures.

Son fils Roderic Connolly crééra le Parti Communiste Irlandais en novembre 1921.

L'Irlande obtint finalement partiellement son indépendance en 1921 mais ce ne fut qu'une demi-victoire amère puisqu'elle était amputée de la riche et industrielle Ulster, restant sous domination britannique, ce qui ouvrira la voie à des décennies de conflit de décolonisation pour la réunification de l'Irlande.

Il y a 35 ans, le 5 mai 1981, victimes de la politique répressive d'intransigeance coloniale de Margareth Tatcher, Bobby Sands s'éteignait après une nouvelle grève de la faim de 66 jours à la prison de Maze en Irlande du Nord.

Lui et ses neuf camarades détenus que le pouvoir britannique laissa mourrir dans d'atroces souffrances revendiquaient simplement la reconnaissance de leurs droits et de leur statut de prisonniers politiques.

Bobby Sands écrivait quelques temps avant: "J'étais seulement un enfant de la classe ouvrière d'un ghetto nationaliste, mais c'est la répression qui a créé l'esprit révolutionnaire de liberté. Je ne me résoudrai qu'à la libération de mon pays, jusqu'à ce que l'Irlande devienne une république souveraine, indépendante et socialiste."

La fédération du Parti Communiste du Finistère rend aujourd'hui un vibrant hommage au combat anti-colonial de ces courageux militants irlandais engagés de manière inséparable pour la liberté de leur pays et pour un idéal de justice sociale, combat qui est aujourd'hui toujours porté par le Sinn Féin de Gerry Adams, troisième parti du pays incarnant les aspirations sociales et démocratiques contre l'austérité, qui siège au Parlement Européen avec les députés du Front de Gauche, de Die Linke et de Syrisa.

Au-delà d'une certaine proximité culturelle et de la solidarité celtique que ressentent beaucoup de bretons vis-à-vis des Irlandais, les combats populaires pour l'auto-détermination, la liberté opprimée par les puissances coloniales, sont des combats universels qui mobilisent les consciences éprises de justice.

Aujourd'hui, la longue lutte irlandaise contre l'oppression coloniale trouve des prolongements tout aussi héroïques et douloureux dans la résistance des Palestiniens, des Kurdes, des Saharaoui, et de tant d'autres petits peuples sous le joug d'un occupant.

La fédération du Finistère du Parti Communiste

A Brest, le 3 mai 2016

Lire aussi: 

Hommage à l'insurrection irlandaise débutée le lundi de Pâques 1916, il y a cent un an...: aux origines de la liberté de la nation irlandaise

James Connolly, un révolutionnaire irlandais (1868-1916) - par Greg Oxley (blog de La Riposte)

Soviets irlandais : expériences autogestionnaires dans l’Irlande révolutionnaire (1918-1923) (1/2) par Olivier Coquelin

 

 

Remember Bobby Sands! -  chef républicain irlandais mort après 66 jours de grève de la faim le 5 mai1981
Remember Bobby Sands! -  chef républicain irlandais mort après 66 jours de grève de la faim le 5 mai1981
Remember Bobby Sands! -  chef républicain irlandais mort après 66 jours de grève de la faim le 5 mai1981
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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 19:25
Quand les droites extrêmes sont déjà au pouvoir
 PAR AMÉLIE POINSSOT

En Pologne et en Hongrie, des droites ultraconservatrices sont aux manettes. Deux pays au cœur de l’Europe, et deux gouvernements qui ont imposé le repli national et une législation ultraconservatrice. Nul besoin d’aller très loin pour se rendre compte de ce que ferait le Front national une fois au pouvoir… et de ce qu’il pourrait mettre en place pour y rester.

 

Il a récolté 51 % des voix. Face à 51 % d’abstention. En mai 2015, Andrzej Duda, candidat du PiS (Droit et Justice), est élu président de la Pologne. Cinq mois plus tard, le parti décroche la majorité absolue au Parlement avec 37 % des voix (49 % d’abstention) et un gouvernement est formé sous la direction de Beata Szydło. Quelques années plus tôt, en Hongrie, le Fidesz (Union civique hongroise) remportait les élections législatives avec 52 % des voix. Face à 45 % d’abstention. Il formait un exécutif sous la houlette de Viktor Orbán, lequel sera reconduit à la suite des élections de 2014 dont il sort également victorieux (44 % des voix, 40 % d’abstention).

Pologne, Hongrie : deux pays au cœur de l’Europe ; deux gouvernements qui vont, dans chaque segment de leur société, imposer le repli national et une législation ultraconservatrice ; deux majorités qui vont se donner tous les moyens pour rester au pouvoir. Tableau clinique d'une dérive où l'on retrouve plusieurs éléments du programme du Front national.

Avril 2011. Le nouveau pouvoir hongrois commence par un retour à l'ordre moral.L'Assemblée nationale hongroise, dominée aux deux tiers par les députés du Fidesz élus un an plus tôt, peut modifier la Constitution. Elle adopte un texte qui introduit des références aux racines chrétiennes, à « l’histoire millénaire » du pays, au mariage entre un homme et une femme, et à la protection de la vie dès son commencement (ce qui ouvre la voie à l’interdiction de l’avortement, finalement pas adoptée).

Automne 2016. Le gouvernement polonais propose un projet de loi d’interdiction totale de l’avortement (l’IVG n’est autorisée en Pologne qu’en cas de viol, d’inceste, de mise en danger de la santé de la mère ou de malformation du fœtus). L’exécutif recule finalement sous la pression de la rue, mais la préparation d’un nouveau projet de restriction d’accès à l’interruption volontaire de grossesse est en cours.

 

Manifestation pro-européenne d'opposition à Viktor Orban, le 1er mai 2017, à Budapest © ReutersManifestation pro-européenne d'opposition à Viktor Orban, le 1er mai 2017, à Budapest © Reuters

 

Deux ans après avoir fait voter la nouvelle constitution, Viktor Orbán s'en prend aux institutions judiciaires. Il fait adopter un amendement qui retire à la Cour constitutionnelle une grande partie de ses pouvoirs, l'empêche de statuer sur le fond et lui interdit de se référer à sa jurisprudence antérieure. Quelques mois plus tard, une nouvelle modification instaure la détention provisoire illimitée. Parallèlement, Viktor Orbán réforme le système électoral hongrois et redessine les circonscriptions du pays à l’avantage de son parti, ce qui l’aidera à remporter les élections de 2014 (sans toutefois reconquérir la majorité des deux tiers qui lui a permis pendant le premier mandat de modifier la Constitution et de faire adopter des lois en se passant de débat au Parlement).

Décembre 2015. La première mesure mise en place par le gouvernement Szydło (dirigé en sous-main par Jarosław Kaczyński, le président du PiS) est la modification des statuts du Tribunal constitutionnel, dont il vise à paralyser l’action. Il y nomme cinq personnes, puis impose une majorité qualifiée des deux tiers et un quorum de treize membres (sur quinze juges) pour toute décision prise par ce qui est l'équivalent polonais du Conseil constitutionnel. Cette réforme provoque une première série de manifestations massives dans tout le pays, mais le gouvernement ne bouge pas d’un pouce.

À plusieurs reprises sous les deux mandats Orbán, des offensives visent à prendre le contrôle des médias publics et à éteindre les médias indépendants. Le Fidesz développe un empire médiatique privé, qui passe largement sous silence les manifestations d’opposition. Dès les premiers mois de son arrivée au pouvoir, il réunit l’ensemble des médias publics au sein d'une superstructure (la MTVA) et des dizaines de journalistes sont licenciés. Un organe de contrôle est en outre créé pour surveiller les médias publics et privés, un « conseil des médias » dont les membres, qui appartiennent tous au Fidesz, sont nommés directement par le gouvernement. Ce conseil dispose d’un droit d’inspection, peut infliger des amendes (jusqu’à 700 000 euros pour les télévisions et 89 000 euros pour les sites internet) lorsque les productions « ne sont pas équilibrées politiquement » ou « portent atteinte à la dignité humaine », et peut forcer les journalistes à révéler leurs sources sur des questions liées à la sécurité nationale. La presse d’opposition fait les frais de cette politique. En octobre dernier, le titre et le site internet du principal journal de gauche hongrois, Népszabadság, sont suspendus.

En Pologne, l’exécutif Szydło fait également adopter dès les premiers mois une loi pour prendre le contrôle des médias publics : la nomination comme la révocation de leurs directions deviennent une compétence du ministre du trésor. Très vite, l’audiovisuel public polonais se voit imposer une ligne éditoriale progouvernementale. Les journaux de la télévision TVP se transforment ainsi en bulletins de propagande et plus de trois cents journalistes sont licenciés de la chaîne. Le gouvernement ne cesse d’attaquer verbalement la presse d’opposition. La revue de gauche Krytyka Polityczna se voit retirer ses subventions. En décembre dernier, à l’occasion du vote du budget, le PiS limite l’accès des médias au Parlement et soumet un projet visant explicitement à restreindre le nombre de journalistes accrédités à la Diète. Devant la mobilisation, le gouvernement est finalement obligé de reculer.

Face à l’arrivée en Europe des réfugiés fuyant la guerre, la Hongrie se voit imposer une xénophobie d’État. Viktor Orbán fait fermer les frontières de son pays puis refuse de participer au programme de « relocalisation » péniblement mis sur pied par les Européens afin de répartir l’accueil de ces exilés et soulager l’Italie et la Grèce, plus exposées que les autres États membres. Le premier ministre hongrois dépose même un recours auprès de la Cour de justice de l'Union européenne et, un an plus tard, il organise un référendum pour monter son peuple contre la solidarité européenne.« Voulez-vous que l’Union européenne soit en mesure de décider l’installation de citoyens non hongrois sans l’aval du Parlement ? » demande-t-il aux citoyens hongrois (le référendum n’obtient toutefois pas un niveau de participation suffisant). La Hongrie, qui devait accueillir 1 294 demandeurs d’asile, n’accueille au bout du compte aucun réfugié dans le cadre du programme, qui prévoyait la répartition de 160 000 réfugiés sur le continent européen.

Absence d'opposition forte et structurée

Parvenu au pouvoir au moment du pic de l’arrivée des réfugiés, le gouvernement PiS refuse également de coopérer à ce programme de « relocalisation ». Aucun demandeur d’asile n’est accueilli sur le sol polonais (comme le montre cette carte, régulièrement mise à jour par l’IOM). Le discours politique au sommet de l’État devient un discours de repli national, ouvertement raciste. Pendant la campagne électorale de l’automne 2015, Jarosław Kaczyński, le cerveau du PiS, va jusqu'à accuser les réfugiés de répandre des maladies. « Il y a d’ores et déjà des signes de lémergence de maladies très dangereuses que lon navait pas rencontrées en Europe depuis longtemps, déclare-t-il. Choléra sur les îles grecques, dysenterie à Vienne, divers types de parasites et bactéries qui ne sont pas dangereuses pour les organismes de ces gens mais qui pourraient être dangereuses ici. »

Derrière un discours d’apparence protectrice tourné vers ses électeurs, ViktorOrbán poursuit une politique ultralibérale tout en favorisant les intérêts de son clan. En 2012, son gouvernement met en place des impôts sectoriels visant les banques et les télécommunications. Conséquences : les frais bancaires et les forfaits de téléphonie et d’internet en Hongrie sont parmi les plus élevés de l’Union européenne. L’impôt sur le revenu, lui, reste non progressif, à un taux fixe de 15 %, tandis que l’impôt sur les entreprises est abaissé, en janvier dernier, de 19 à 9 %. Des proches du premier ministre s’enrichissent considérablement pendant qu’il est au pouvoir : en 2015, selon le magazine économique Forbes Hongrie, les avoirs de la famille Orbán s’élèvent à 6,9 milliards de forints (soit plus de 22 milliards d’euros). Les affaires de corruption et de détournements de fonds se multiplient. Selon l'Office européen de lutte anti-fraude, la Hongrie compte parmi les trois États membres de l’UE où les fonds détournés sont les plus importants.

Le PiS cherche également à se faire passer pour un parti aux préoccupations sociales et c’est ainsi qu’il a conquis une grande partie des voix des laissés-pour-compte du virage ultralibéral pris par la Pologne dans les années 1990. Mais son discours protecteur ne se traduit dans les faits que par deux mesures : la mise en place, dès ses premières semaines au pouvoir, d’une allocation mensuelle de 500 zlotys (environ 115 euros) par enfant à partir de la deuxième naissance ; et l’abaissement de l’âge de départ à la retraite de 67 à 65 ans pour les hommes et à 60 ans pour les femmes. Ces mesures ne s’accompagnent pas de réformes de fond pour modifier le système ultralibéral sur lequel repose l’économie polonaise. Rien n’est prévu par exemple pour lutter contre le recours des employeurs aux « contrats poubelles » qui leur permettent de ne pas avoir à payer de cotisations sociales à des salariés forcés de devenir des auto-entrepreneurs ; rien n’est prévu non plus pour développer les logements sociaux (quasi inexistants en Pologne), accompagner les chômeurs, ou encore introduire davantage de progressivité dans l’impôt sur le revenu. L’allocation familiale, que le PiS brandit comme gage de sa politique visant les plus démunis, est par ailleurs une mesure dénuée de justice sociale puisqu’elle est distribuée indépendamment des ressources des ménages et aboutit à d’importantes inégalités : un foyer aisé doté de trois enfants touche 1000 zlotys par mois tandis qu’une famille monoparentale sans revenu avec un enfant ne perçoit aucune aide. Cette allocation n’a pas non plus pour but de favoriser l’emploi des femmes : ni aides à la garde d’enfants ni construction de crèches ne sont programmées pour l’instant.

Depuis son arrivée au pouvoir, le Fidesz revisite le passé du pays pour écrire un nouveau récit national. Il met en avant la nostalgie de la « Grande Hongrie » d’avant la Première Guerre mondiale, multiplie les gestes en direction des Hongrois au-delà des frontières, et cultive une vision du pays victime de l’Histoire, malmené par les grandes puissances. Les écoles publiques sont désormais pilotées depuis Budapest, au détriment des municipalités, le choix des manuels scolaires plus réduit. Et les universités et ONG étrangères sont dans le collimateur des autorités. Début avril, le président hongrois Janos Ader annonce une loi qui prive de licence les instituts d’enseignement étrangers ne disposant pas de campus dans leur pays d’origine. Cette disposition vise en réalité l’université d’Europe centrale à Budapest, financée par le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros et fondée peu après la chute du communisme. L’annonce de cette mesure a suscité le plus gros mouvement de protestation depuis l’arrivée d’Orbán au pouvoir. La loi a été promulguée le lendemain.

En Pologne, le PiS fait une croix sur tout le travail de mémoire entrepris sur la Shoah depuis les années 1990. Il remet en cause les travaux d’historiens sur l’attitude des Polonais pendant la guerre, comme celui du chercheur très réputé Jan Gross, et ambitionne de modifier les programmes scolaires. En août dernier, il dépose un projet de loi visant à protéger la « réputation » et la« dignité » de la nation polonaise. Ce texte fait encourir une peine allant jusqu’à trois ans de prison et une amende à quiconque déclarerait publiquement que des Polonais – ou l’État polonais – seraient responsables de crimes commis par les nazis ou auraient collaboré avec eux. Le président Andrzej Duda avait annoncé la couleur dès l’arrivée du PiS au pouvoir, esquissant les grandes lignes de ce qu’il appelait déjà une « stratégie de politique historique polonaise » : dans un discours aux représentants des musées et institutions culturelles du pays, il avait demandé de « galvaniser le nationalisme polonais et de renoncer aux narratifs qui déshonoraient la Pologne ».

En Hongrie comme en Pologne, le Fidesz et le PiS sont issus de la droite conservatrice. Ils ont pris leur essor sur la critique de la transition postcommuniste. Ils ont chacun, à leur droite, des formations plus extrémistes qu’eux (Jobbik pour le Fidesz, Mouvement Korwin et KNP pour le PiS). À l’inverse d’un Front national engagé depuis des années dans une entreprise de dédiabolisation pour accéder au pouvoir, ces partis au départ plutôt mainstream se sont radicalisés précisément dans l’exercice du pouvoir.

Cette expérience du pouvoir ne les a pas affaiblis. Au contraire. Ces droites ultraconservatrices bénéficient de l’absence d’une opposition forte et structurée. En Hongrie, le Fidesz a été reconduit en 2014 après avoir mis en place, au cours de son premier mandat, un cadre institutionnel très favorable à sa réélection. En Pologne, si le PiS a dû affronter des protestations massives dans la rue, il n’a reculé qu’une fois sur un projet de réforme (l’interdiction totale de l’IVG) et compte toujours un noyau dur de fidèles électeurs. Et, pour la première fois dans l’histoire polonaise d’après 1989, il dispose d’une majorité absolue au Parlement comme au Sénat.

L’étouffement des médias et la mise sous cloche des libertés fondamentales ne sont pas que des reculs symboliques. L’exploitation des plus démunis est beaucoup plus facile en l’absence de contre-pouvoirs. En Pologne, depuis l’année dernière, une affaire concernant des handicapés exclus de soins médicaux est ignorée par les autorités judiciaires. Les victimes exigent que l’avis du Tribunal constitutionnel soit respecté et qu’elles soient indemnisées comme prévu. Elles attendent toujours.

L’accès au pouvoir suprême a donné une large caisse de résonance aux idées du Fidesz et du PiS. À l'échelle nationale comme à l'échelle européenne, ces deux partis contribuent à la droitisation de l'électorat et à la propagation d'une parole officielle xénophobe. À l'instar de l'échec du programme de relocalisation des réfugiés, les dégâts causés par leur politique sont lourds et durables. Malgré ses nombreux avertissements et procédures lancés contre Budapest et Varsovie, l'Union européenne ne parvient pas à freiner ces dérives autoritaires. L’impact d’une droite extrême au pouvoir ne se limite pas à la durée d’un mandat.

 

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 06:32
Derrière la grève de la faim des prisonniers politiques, Marwan Barghouti, le Mandela palestinien (Ouest-France, 21 avril 2017)
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