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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 05:38
Plus de 1.000 Palestiniens détenus par Israël en grève de la faim à l'appel de Marwan Barghouti
LORENZO CLÉMENT 
LUNDI, 17 AVRIL, 2017
L'HUMANITE
Plus d'un millier de Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ont entamé lundi une grève de la faim collective, un mouvement de protestation inédit depuis des années lancé par Marwan Barghouthi, le député palestinien condamné à la perpétuité.
 
Cette grève de la faim vise à "mettre fin aux abus" de l'administration pénitentiaire, a indiqué Marwan Barghouthi, figure de la résistance palestinienne à l'occupation israélienne, dans une tribune envoyée au quotidien New York Times depuis sa prison de Hadarim, dans le nord d'Israël. Ce mouvement de protestation faisait lundi la Une des médias palestiniens, tant la question des prisonniers incarcérés par l'Etat hébreu - au moins actuellement 6.500 - est centrale pour les Palestiniens.
Depuis 1967 et l'occupation par l'armée israélienne des Territoires palestiniens, plus de 850.000 d'entre eux ont été emprisonnés par Israël, selon leurs dirigeants. Ces dernières années, plusieurs Palestiniens se sont lancés dans des grèves de la faim individuelles pour protester contre des abus. Elles les ont mené au bord de la mort et se sont conclues par des accords sur leur libération. Certains ont toutefois été arrêtés de nouveau ensuite.
Ces initiatives individuelles ont suscité de vifs débats dans la société palestinienne, de nombreuses voix dénonçant des actes dangereux pour ceux qui les mènent et sans impact sur les conditions de l'ensemble des prisonniers. Cette fois-ci, pour la première fois depuis des années, il a été décidé d'un mouvement collectif, pour porter "des demandes humanitaires prévues dans le droit international et reconnues comme faisant partie des droits de l'Homme", a indiqué à l'AFP Fadwa Barghouthi, l'épouse de Marwan Barghouthi, lors d'une manifestation à Ramallah.
Les prisonniers demandent entre autres des téléphones publics dans les prisons, des droits de visite élargis, la fin des "négligences médicales" et des mises à l'isolement, ainsi que l'accès à des chaînes télévisées et de la climatisation. La présidence palestinienne a appelé le gouvernement israélien à répondre à ces demandes pour "la liberté et la dignité des prisonniers". La dernière grève massive dans les prisons israéliennes remonte à février 2013, lorsque 3.000 Palestiniens avaient refusé de se nourrir, durant une journée, pour protester contre la mort en détention d'un des leurs.
Marwan Barghouthi, est à l'origine de ce mouvement, une "première" depuis son incarcération il y a 15 ans, selon son épouse Fadwa. "Les prisonniers palestiniens souffrent de torture, de traitements dégradants et inhumains et de négligence médicale, certains ont été tués en détention", a dénoncé dans sa tribune au New York Times celui qui avait été un des animateurs les plus emblématiques du soulèvement contre Israël entre 2000 et 2005. Il a dénoncé "un apartheid judiciaire qui garantit une impunité pour les Israéliens ayant commis des crimes contre des Palestiniens et criminalise (...) la résistance palestinienne".
Environ 1.300 prisonniers participent au mouvement "et ce chiffre pourrait augmenter dans les heures à venir", a déclaré à l'AFP Issa Qaraqee, chargé de la question des prisonniers au sein de l'Autorité palestinienne. Le Club des prisonniers, l'ONG qui fait autorité dans les Territoires occupés sur la question des détenus a évoqué le chiffre de "1.500" grévistes. Le porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne Assaf Librati a parlé d'"environ 1.100" détenus dans huit prisons israéliennes, évoquant "des mesures disciplinaires déjà prises". "L'administration pénitentiaire israélienne ne négocie pas", a-t-il prévenu. Selon le Club des prisonniers, "l'administration pénitentiaire a confisqué tous les biens qui se trouvaient dans les cellules des grévistes" et certains auraient été transférés vers d'autres prisons.
Cette grève de la faim illimitée est lancée à l'occasion de "la journée des prisonniers", observée chaque année par les Palestiniens depuis plus de 40 ans. A l'appel d'ONG, des différents partis et du gouvernement, des milliers de Palestiniens ont défilé dans différentes villes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Parmi les 6.500 Palestiniens actuellement détenus par Israël, figurent 62 femmes et 300 mineurs. Environ 500 d'entre eux sont sous le régime extra-judiciaire de la détention administrative qui permet une incarcération sans procès ni inculpation. Treize députés sont aussi emprisonnés.
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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 05:34

Répondant à l'appel de Marwan Barghouthi, les prisonniers politiques palestiniens de toutes tendances politiques se préparent à une grève de la faim de masse le 17 avril prochain à l'occasion de la journée internationale de solidarité avec les prisonniers palestiniens.

Ce mouvement de grève constitue "une réponse aux violations incessantes des droits fondamentaux des prisonniers qui sont mal traités" alors même que les négociations avec l’administration pénitentiaire, pour qu’enfin le respect des droits et de la dignité des détenus soit conforme au droit international et aux conventions de Genève, sont au point mort.

Leurs revendications concernent la fin des interdictions et des interruptions des visites familiales, des soins médicaux appropriés, de la négligence médicale délibérée, ainsi que la libération des prisonniers malades, en particulier les personnes handicapées et celles atteintes de maladies incurables.

Les prisonniers réclament un traitement humain lors des longs transferts au tribunal ou à la clinique et la fin de la mise à l’isolement. Ils demandent en outre la fin de la détention administrative illégale subie par plus de 536 prisonniers dont six mineurs, deux femmes et neuf députés qui croupissent en prison sans qu’il n’y ait aucune charge et sans aucun procès pendant des périodes de 4 à 6 mois renouvelables à l'infini au mépris des conventions de Genève.

A ce jour, il y a 6 500 prisonniers dans les geôles de l'occupant israélien, parmi lesquels 300 enfants mineurs dont la moitié ont moins de 16 ans.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a redit sur France Inter lundi 10 avril au matin que la France continuait à travailler à une solution politique. Dès lors qu’attend-il pour intervenir auprès du gouvernement israélien sur la question des prisonniers politiques ? Qu’attend-il pour réaliser enfin la promesse de François Hollande que la France reconnaisse l’État palestinien ?

En ce jour de solidarité internationale, le Parti communiste français s’associe aux pacifistes du monde entier pour exiger la satisfaction des revendications des grévistes de la faim et la libération immédiate de tous les prisonniers politiques palestiniens.

 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 11:00
Le tribunal Monsanto juge les pratiques de la firme agro-alimentaire "d'atteinte aux droits humains"
Le tribunal Monsanto juge les pratiques de la firme agro-alimentaire "d’atteinte aux droits humains"

mercredi 19 avril 2017

Le mardi 18 avril dernier avait lieu la présentation publique de l’avis juridique consultatif par les Juges du Tribunal Monsanto à La Haye.

Ils ont confirmé les effets négatifs sur l’environnement des activités de Monsanto et appelé à faire évoluer le droit international.

Les juges ont conclut que :

- Monsanto a violé les droits de l’homme en matière de nourriture, de santé, d’environnement sain et de liberté indispensable à la recherche scientifique indépendante

- L’Ecocide (acte de destruction ou d’endommagement important d’un écosystème) "devrait être reconnu comme un crime en droit international".

"Le droit international devrait maintenant faire valoir de manière précise et claire la protection de l’environnement et le crime d’écocide".

- Les lois sur les droits humains et l’environnement sont compromises par un règlement commercial et d’investissement favorable aux entreprises

 Résumé de l’Avis

 L’avis

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 11:14
« Pour l'avenir de l'humanité il n'y a d'autre chemin que la paix »
 
 
Déclaration du Conseil National du Mouvement de la Paix à la veille d'échéances électorales déterminantes pour l'avenir de la France
 
À la veille d'échéances électorales majeures dans notre pays (présidentielles et législatives) le Mouvement de la Paix souhaite rappeler un certain nombre de ses valeurs, analyses et propositions telles qu'ont été exprimées dans son projet triennal et ses diverses expressions au cours des 3 dernières années. Il souhaite que les électeurs et électrices prennent en compte ces éléments au moment de leurs choix électoraux.
 
 
Avec l'ensemble des signataires du Livre Blanc pour la Paix, le Mouvement de la Paix s'est adressé aux candidats et aux forces politiques de notre pays pour leur soumettre les éléments essentiels d'une politique de paix.
 
Alors que les dépenses militaires travers le monde ont augmenté vertigineusement depuis 2000 pour passer de 1100 milliards de dollars en 2001 à 1773 milliards de dollars en 2015, l'Organisation des Nations Unies n'arrive pas à rassembler 4,4 milliards de dollars de financements d'urgence pour faire face à une situation de famine au cœur de l'Afrique qui concerne 20 millions de personnes susceptibles de mourir de la faim dans les mois qui viennent si les mesures nécessaires ne sont pas prises.
 
Ce constat révoltant est éclairant sur un monde qui nous mène à la catastrophe si des inflexions majeures y inclus en France ne viennent pas changer cette situation.
 
Les politiques guerrières suivies en Afghanistan, en Irak, en Libye n'ont été qu'une succession d'échecs. Elles ont créé le chaos et engendré des monstruosités telles que Daesh. Il faut choisir une autre voie, celle de la culture de la paix.
 
Le Mouvement de la paix, qui vient avec 48 autres organisations de rédiger un livre blanc pour la paix se réjouit qu'enfin les questions de la paix et de la guerre trouvent une place centrale dans les débats électoraux. Il attire l'attention sur les dangers que nous font courir les responsables politiques qui poussent au racisme, à la xénophobie, à l'affrontement en désignant l'étranger, le réfugié, le migrant comme la cause de nos difficultés Ces apprentis sorciers refusent de dénoncer les causes de ces phénomènes. Ils refusent de dénoncer une mondialisation néolibérale qui pousse aux affrontements, aux conflits et en définitif à la guerre. En effet, cette mondialisation est caractérisée par une logique financière et spéculative qui accentue la fracture entre riches et pauvres, au sein des sociétés et entre les pays et met en concurrence les peuples et les individus.
 
La recherche du profit immédiat et maximum et la volonté des puissants de s'accaparer les terres et les richesses de la planète conduisent aux conflits et aux guerres. Plus généralement la mainmise de la finance sur toutes les activités humaines alimente les inégalités de développement, la course aux armements, le commerce des armes. Elle impose à de nombreux peuples des régressions sociales et humaines intolérables et condamne des populations entières à l'exil. Elles sont à l'origine de cette grave crise économique et financière mais aussi morale et politique qui entraîne une déstabilisation mondiale dangereuse pour la paix.
 
Face à cette situation il n'est pas possible d'accepter que, dans la France du XXIe siècle, des enfants orphelins des guerres et de la misère dorment dans les rues de notre pays et ne bénéficient pas pleinement de la convention internationale qui protège les droits des enfants ;
Pour le Mouvement de la Paix notre responsabilité commune est de bien cibler les causes des phénomènes auxquels nous devons faire face. À cet égard le Mouvement de la paix dénonce comme criminelles les propositions de certains candidats qui proposent quasiment de rejeter vers la mer les réfugiés qui fuient les guerres et la misère.
 
Ce qu'il faut pour notre pays c'est en effet une politique de paix, ce sont des politiques et des mesures de nature à ce que la France contribue non seulement à empêcher les guerres mais aussi à construire un monde de paix.
 
Dans ce contexte le Mouvement de la Paix rappelle son rejet des mesures contenues par la loi de programmation militaire pour les années 2014/2019 qui prévoient, avec les actualisations votées en 2016,d'aller vers une augmentation annuelle de 10 milliards d'euros, soit 100 milliards sur 10 ans, afin de respecter l'objectif de 2% du PIB proposé par l'OTAN. Cette prévision d'augmentation de10 milliards annuels inclut un doublement des dépenses consacrées aux armes nucléaires, soit de l'ordre de 30 milliards de dépenses supplémentaires en 10 ans, alors que la rédaction d'un Traité d'interdiction des armes nucléaires a été engagée par l'Assemblée Générale des Nations Unies en Mars 2017.
 
Pour le Mouvement de la Paix une loi de programmation pluriannuelle pour la paix en faveur d'une sécurité humaine fondée sur la promotion d'une culture de la paix et de la non-violence est une nécessité absolue.
Cette loi devrait être construite autour des principes de la Charte des Nations Unies et en particulier des résolutions des Nations Unies relatives à la culture de la paix et aux Objectifs de Développement Durable.
 
Une telle loi de programmation pluriannuelle pour la paix pourrait s'articuler autour de quatre grands programmes mobilisateurs et de réformes structurelles profondes dont la création d'un Ministère de la paix.
 
Ces quatre grands programmes mobilisateurs porteurs d'exigences citoyennes pour la paix pourraient s'organiser autour :
d'un programme mobilisateur pour la prévention et la résolution pacifique des conflits
  • d'un programme mobilisateur pour le désarmement et la fin du commerce des armes
  • d'un programme mobilisateur pour le renforcement du multilatéralisme, des Nations Unies, le retrait de la France de l'OTAN et la convocation immédiate d'une conférence Helsinki 2 pour une sécurité commune en Europe intégrant l'espace euro-méditerranéen dans sa réflexion
  • un programme mobilisateur qui s'attaque aux causes des violences et des guerres par le développement tous azimuts d'une culture de la paix et de la non-violence.
 
Au titre des reformes structurelles, le Mouvement de la paix propose dans le cadre d'une politique nouvelle en faveur de la prévention des conflits mais également d'une action internationale audacieuse pour la construction de la paix :
  • une réforme des médias pour éviter que les médias dépendent du lobby militaro-industriel et s'exonèrent trop souvent du respect de la déontologie concernant le journalisme d'investigation et de recoupement des infos et des sources d'informations.
  • la mise en place d'un observatoire des situations pré-conflictuelles
  • la création d'un institut national de recherche et d'éducation à la paix pluridisciplinaire
  • la mise en place d'une mission interministérielle pour la paix
  • la création d'un institut national pour une citoyenneté active en faveur de la paix
  • un ministère de la paix
 
Dans ce contexte le Mouvement de la Paix attend d'un Président de la République qu'il s'engage immédiatement :
  • pour un traité d'interdiction des armes nucléaires
  • pour le gel des programmes de modernisation des armes nucléaires
  • pour la reconnaissance de la Palestine et la mise en œuvre d'une conférence mondiale pour la paix au Moyen-Orient
  • le retrait de la France de l'OTAN pour la mise en place d'un système de sécurité commune en Europe basé sur les principes d'Helsinki et intégrant l'ensemble des Etats de l'Europe géographique
  • à inscrire enfin la culture de la paix et de la non-violence au rang des compétences et des comportements de tout éducateur et enseignant.
 
C'est sur ces éléments que le Mouvement de la paix souhaite attirer l'attention des électeurs et électrics. Avant de faire leurs choix électoraux définitifs, nous souhaitons que chaque électeur et électrice ait conscience des enjeux et place cette vision au cœur de sa réflexion.
 
Pour le Mouvement de la Paix, pour l'avenir de l'humanité il n'y a d'autre chemin que la paix !
 
 
Le Conseil National du Mouvement de la Paix,
17 Avril 2017
"Pour l'avenir de l'humanité il n'y a pas d'autre chemin que la paix" (Mouvement de la Paix)
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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 06:52
Référendum Turquie : « Une prétendue victoire électorale mais une réelle défaite politique cinglante » (PCF)

Référendum Turquie : « Une prétendue victoire électorale mais une réelle défaite politique cinglante »

 

Par 51,3 % seulement des votes exprimés, le projet de réforme constitutionnelle d'Erdogan ouvre la voie à une nouvelle dictature en Turquie.


Cette prétendue victoire d'une courte tête n'en est pas moins une défaite politique cinglante pour Erdogan.

Les électeurs des grandes villes (Istanbul, Ankara, Izmir, Diyarbakir, Adana) ont sans ambiguïté voté NON/

Les observateurs internationaux déployés par les organisations démocratiques sur tout le territoire témoignent d'un scrutin émaillé de nombreuses irrégularités, y compris à l'étranger, et de violents incidents dans des dizaines de bureaux de vote faisant notamment 3 morts à Diyarbakir.


Le HDP et le CHP contestent ces résultats et demandent un nouveau décompte qui pourrait porter sur une différence de 3 à 4 %.

Le président turc aux velléités de dictateur à vie avait pourtant cherché à réunir toutes les conditions pour que le référendum tourne en plébiscite personnel.


Depuis l'échec de la tentative de coup d'Etat du 16 juillet 2016 et l'instauration de l'état d'urgence, 130 000 fonctionnaires ont été radiés, plus de 40 000 personnes arrêtées et emprisonnées, parmi lesquelles 150 journalistes, des dizaines d'universitaires et d'élus, maires et députés du Parti démocratique des peuples (HDP) – dont ses deux co-présidents, Selahattin Demirtaš et Figen Yüksekdağ – qui, aux élections de juin 2015, avait privé Erdogan et son parti l'AKP d'une majorité au Parlement.

5 000 cadres et militants du HDP sont sous les verrous et, jusqu'à la veille du scrutin, près de 200 scrutateurs et assesseurs ont été arrêtés dans tout le pays.

La campagne publique du NON a été quasiment interdite. Les menaces et chantages au vote, le clientélisme, et l'omniprésence médiatique d'Erdogan ont saturé l'atmosphère.

Dans l'Anatolie du Sud-Est, la guerre d'Erdogan contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) reprise à l'été 2015, détruisant des villes entières et faisant des centaines de victimes, a placé le vote sous la pression d'une présence pesante des forces armées et de sécurité.

Le Parti communiste français salue le courage des militants du HDP et de toutes les forces démocratiques et progressistes qui ont mené campagne pour la paix et la démocratie en appelant à voter NON à ce référendum et en exigeant un scrutin transparent. Le PCF leur réaffirme sa pleine solidarité et son soutien.

Malgré un résultat contestable qui doit tout aux fraudes, à la peur et à la haine, nombreux sont les femmes et les hommes de Turquie qui restent profondément attachés à une république laïque et à un régime démocratique.

#StopErdogan : le PCF appelle à faire massivement grandir la solidarité internationale avec toutes les forces démocratiques et progressistes de Turquie, les militants et responsables du HDP, les militants des droits humains, de la paix, de l'égalité, du multiculturalisme et de la reconnaissance des minorités, de la liberté d'expression et de la justice sociale en Turquie.

Le PCF appelle le gouvernement français à soutenir les démocrates et progressistes de Turquie et à agir pour la libération immédiate des 10 000 prisonniers politiques et la reprise sine die de négociations de paix dans le pays.


Parti communiste français,

Paris, le 16 avril 2017

Référendum Turquie : « Une prétendue victoire électorale mais une réelle défaite politique cinglante » (PCF)
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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 18:52
Mettre fin aux persécutions anti-LGBT en Tchétchénie (PCF)

Mettre fin immédiatement aux persécutions anti-LGBT en Tchétchénie

 

Différentes sources de presse ont révélé ces derniers jours que la Tchétchénie de Ramzan Kadyrov était le théâtre de graves persécutions anti-LGBT : enfermements arbitraires, camps de détention, tortures, parfois jusqu’à la mort. Le porte-parole du gouvernement tchétchène a déclaré récemment : « Si jamais il y avait de telles personnes en Tchétchénie, les organes de maintien de l’ordre n’auraient aucun problème avec eux car leurs parents les auraient envoyés là d’où l’on ne revient pas ».

Le PCF condamne fermement ces actes barbares et s’inquiète vivement de l’essor de l’autoritarisme le plus brutal et des attaques contre l’égalité des citoyens.

Le PCF se joint aux organisations de défense des droits humains pour demander l’ouverture d’urgence d’une enquête. Le régime de Kadyrov est une longue litanie d’attaques violentes, au propre comme au figuré, contre les défenseurs de l’égalité des droits pour toutes et tous. Kadyrov a instauré un régime d’exception en Tchétchénie, qu’il considère comme sa propriété privée, à l’encontre des droits humains les plus élémentaires dont le respect est d’ailleurs rappelé dans la constitution de la Fédération de Russie.

Ces politiques de persécution doivent immédiatement cesser. Le PCF réaffirme sa solidarité avec les victimes de discrimination et de persécution pour leur orientation sexuelle où qu’elles se trouvent, et avec les militants des droits humains également victimes de répression. La Fédération de Russie, dont la Tchétchénie fait partie, est signataire de la Charte des Nations unies et de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les principes qui y sont édictés doivent être respectés partout.

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 07:16

Les bombardements nord-américains sur la Syrie la nuit dernière, effectués hors cadre légal international, et à la suite d'un retournement brusque de position du président américain, Donald Trump, peuvent ouvrir une nouvelle phase dramatique de l'internationalisation du conflit syrien.

Ce faisant, Trump alimente l'escalade militaire et les logiques de représailles alors que le peuple syrien a le plus pressant besoin que la guerre s'arrête net.


L'action militaire des États-Unis va conforter politiquement Bachar Al Assad, galvaniser les groupes djihadistes qui exploitent l'impact désastreux des interventions étrangères au Proche-Orient, retarder les opportunités réelles de résolution politique du conflit ouvrant la voie à une transition démocratique.
Les souffrances endurées par les victimes des armes chimiques comme, en 6 ans, les 321 000 morts, 145 000 disparus et près de 11 millions de déplacés et réfugiés exigent des dirigeants des pays engagés dans ce conflit des initiatives politiques et diplomatiques – sous égide de l'ONU – fortes faisant taire les armes et ouvrant des négociations de paix. Les responsables de l'utilisation des armes chimiques et de destruction massive devront dans ce cadre en répondre devant la justice.
L'initiative militaire unilatérale nord-américaine crée un précédent aux pires conséquences possibles ; le déni du cadre multilatéral que sont les Nations unies pour résoudre le conflit syrien est lourd de dangers pour le monde et constitue une véritable régression.

Le Parti communiste français exprime sa profonde réprobation de ces bombardements américains de même qu'il a condamné avec force l'usage des armes chimiques et la poursuite de la guerre en Syrie.
Le PCF demande au président français François Hollande d'agir pour la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU afin de stopper les tentations de surenchère militaire et d'organiser la mise en oeuvre effective de la feuille de route adoptée par ce même conseil en décembre 2015. La négociation doit prendre le pas sur les armes.


Le Parti communiste français apporte son soutien aux initiatives pour l'arrêt des combats et bombardements, et pour une solution négociée en Syrie.

 

Parti communiste français

Paris, le 7 avril 2017

 

 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 07:37
Le peuple équatorien a tranché ! Moreno succède à Correa ( PCF)

Le peuple équatorien a tranché ! Moreno succède à Correa

 

Avec 5 057 149 voix contre 4 827 753 suffrages exprimés pour son adversaire de droite Lenin Moreno succède à son camarade de combat Rafael Correa pour la présidence de la République d’Equateur. C’est un échec symbolique pour la droite réactionnaire conduite par Guillermo Lasso.

Dorénavant, d’ici 2021, avec une majorité à l’Assemblée nationale sortie des urnes lors du 1er tour de la présidentielle, les conditions sont créées pour poursuivre l’ambition de développement économique et humain engagé depuis 10 ans autour de grands objectifs nationaux d'éducation, de santé, de la jeunesse, d’environnement, de logement, d’augmentation de la production, de progrès social et de l’emploi, contre les drogues et la corruption. Autant de questions à continuer de résoudre pour faire avancer la paix et l'harmonie du bien vivre ensemble.

La victoire d’Alianza Païs avec Lenin Moreno est une vraie bouffée d’oxygène pour celles et ceux, qui dans des rassemblements des plus larges et divers, résistent et luttent pour la transformation sociale.

Le Parti communiste français tient à saluer cette victoire qui est un encouragement pour tous les progressistes de la région et de la planète.

Le Parti communiste français,
Jeudi 6 avril 2017

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 18:36
Massacres à l'arme chimique en Syrie: la terreur et l'extermination des populations civiles, qui les combat?

72 morts dont 20 enfants tués dans une attaque chimique il y a 3 jours à Khan Cheikhoun. 

Des centaines d'intoxiqués saisis de convulsions. 

De la mousse qui sort de la bouche, des pupilles dilatées. 

Pas une horreur, pas un massacre n'auront été épargnés au peuple syrien.

Bachar-al-Assad règne sur un fleuve de sang, d'horreurs, et de douleur sans nom, avec la complicité des Etats qui laissent faire... 

Ce nouveau crime contre l'Humanité des sbires du dictateur syrien nous rappelle que l'Humanité n'a rien appris de ses périodes de terreur absolue. Et que le pire aujourd'hui peut se produire dans une relative indifférence. 

Beaucoup d'opinions, de chefs d'Etat, et de politiques voient encore dans le boucher de Damas le garant de la lutte contre l'islamisme, de la protection des minorités, de la préservation d'un Etat stable et souverain, quoique dépeuplé pour moitié, en Syrie, même 400 000 morts et 5 millions de réfugiés plus tard! 

On est saisi d'effroi, de colère et de pitié face au nouveau massacre à l'arme chimique que la population d'un village rebelle a subi. Un ignoble et lâche assassinat collectif destiné à semer la Terreur. 

Pour réaliser un peu ce qu'est une attaque à l'arme chimique, les lecteurs du Chiffon Rouge peuvent se reporter à ce témoignage de Majd al-Dik, jeune humanitaire et éducateur volontaire partisan de la Révolution qui a été le témoin des conséquences d'un massacre chimique impuni qui a fait 1300 morts dans la Ghouta, le 21 août 2013. La fameuse ligne rouge à ne pas dépasser...

On ne pourra pas dire, encore moins peut-être que pour d'autres crimes contre l'humanité de masse de l'histoire du XXe siècle, qu'on ne savait pas!      

Majd al-Dik: A l'est de Damas au bout du monde. Le témoignage bouleversant d'un révolutionnaire syrien sur les massacres et les exactions commis par le régime de Bachar-al-Assad dans la Ghouta

 

 

 

Massacres à l'arme chimique en Syrie: la terreur et l'extermination des populations civiles, qui les combat?
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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 10:31
La colonisation grignote aussi Jérusalem-Est (Médiapart, 31 mars, Chloé Demoulin)
La colonisation grignote aussi Jérusalem-Est
 PAR CHLOÉ DEMOULIN

Le gouvernement israélien a approuvé à l'unanimité, jeudi 30 mars, la création d'une nouvelle implantation juive en Cisjordanie, dans le secteur d'Emek Shilo, une première depuis 1999. Dans les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est, des organisations juives achètent des maisons depuis plusieurs décennies. Une entreprise qui éloigne chaque jour un peu plus la perspective d’une solution à deux États.

 

Silwan (Jérusalem-Est), envoyée spéciale.- Ce jeudi 30 mars, le gouvernement israélien a approuvé à l'unanimité la création d'une nouvelle implantation juive en Cisjordanie, dans le secteur d'Emek Shilo, une première depuis 1999. Selon le premier ministre, Benjamin Netanyahou, il s'agit de concrétiser l'engagement pris pour relogerles colons d'Amona, évacués du site jugé illégal par la Cour suprême israélienne car se trouvant sur des terrains privés palestiniens. « J'ai promis d'établir une nouvelle implantation. Nous tiendrons cette promesse aujourd'hui », avait-il annoncé dans la journée. Les constructions effectuées dans les sites existants ont porté à 400 000 le nombre d'Israéliens vivant en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël lors de la guerre des Six-Jours en 1967 et peuplé de 2,8 millions de Palestiniens. 

À Jérusalem-Est, où les positions israéliennes n’ont cessé de se renforcer depuis 1967, vivent déjà plus de 200 000 Juifs. Ramot, Pisgat Ze’ev ou encore Gilo : on ne compte plus les colonies juives construites en périphérie de la ville et désormais considérées comme de simple banlieues. Mais cette présence juive a également progressé à l’est de la ligne verte, dans les zones habitées par les Palestiniens, au cœur même du quartier musulman de la vieille ville et au sein de plusieurs quartiers arabes voisins. Selon Ir Amim, ils seraient 2 800 (en augmentation de 40 % depuis 2009) rien qu’à Silwan et dans les quartiers palestiniens voisins qui constituent ce qui est appelé le “bassin sacré”.

En passant la porte des Maghrébins, en contrebas des murailles sud de la vieille ville, impossible de la louper. Ir David (la Cité de David) constitue une des nouvelles attractions touristiques de Jérusalem. Ce parc archéologique de 24 000 m2 est présenté comme le berceau antique de la ville trois fois sainte, où se serait installé le roi David après avoir quitté Hébron il y a 3 000 ans.

« Un demi-million de personnes visitent ce parc chaque année, y compris des scolaires, des soldats israéliens, des touristes. Mais l’histoire qu’on leur propose est racontée par des colons qui œuvrent chaque jour pour déplacer les Palestiniens et prendre le pouvoir sur le quartier », dénonce Betty Herschman, membre de l’ONG Ir Amim, qui milite pour faire de Jérusalem “une ville plus équitable” pour les Israéliens et les Palestiniens. « La plupart des gens ne vont pas plus loin, et ils ne peuvent pas être témoins de l’immense pauvreté qui règne dans le reste de Silwan. »

Ce que la majorité des visiteurs ignorent, c’est en effet que la Cité de David s’érige au sein du quartier arabe de Silwan, où vivent 50 000 Palestiniens. De larges murs et des grilles, surmontés de caméras, séparent le parc du reste du quartier. « Ils ont dit qu’ils feraient un parc pour tout le monde. Mais aujourd’hui, ni moi ni mes enfants ne pouvons y aller », regrette Fakhri Abu Diab, représentant du comité de défense des résidents palestiniens de Silwan. Cet ancien comptable de 55 ans, père de 5 enfants, assiste depuis des années, impuissant, au grignotage de Silwan par les Israéliens.

Pour Betty Herschman, la Cité de David n’est rien de moins qu’une « immense colonie touristique ». Depuis 1991, 30 familles juives se sont d’ailleurs installées et vivent dans l’enceinte du parc, au sommet duquel flotte un drapeau israélien. Le site archéologique est administré par la Fondation Ir David, plus connue sous le nom de Elad : une organisation nationaliste juive qui s’est donné pour mission de « renforcer une connexion juive avec Jérusalem ». Le groupe a aussi acheté plusieurs maisons individuelles aux abords de la Cité de David, également louées à des Juifs, dans le but non dissimulé de “judaïser” cette partie de Jérusalem-Est.

Ir Amim a publié un rapport en 2009 sur les méthodes qui ont permis progressivement à Elad de s’implanter à Silwan. Jusqu’au début des années 90, l’organisation dispose d’un allié de taille : le Fonds national juif, qui revendique plusieurs terrains lui ayant appartenu dans la zone avant 1948. Mais surtout d’un outil majeur : la “loi sur les propriétés des absents” adoptée en 1950. Le texte permet à l’État hébreu de confisquer les terres ou les maisons appartenant aux Arabes qui ont quitté Israël pendant la guerre d'Indépendance.

Certains des documents et des témoignages présentés par Elad pour obtenir ces propriétés « se sont révélés invérifiables » et n’ont même pas été authentifiés par le ministère des finances, dépositaire du cadastre, note le rapport d’Ir Amim. Avec l’aval du ministère du logement et de la construction israélien, alors dirigé par Ariel Sharon, Elad et le Fonds national juif vont ainsi se saisir de larges pans de Silwan, en échange de sommes dérisoires. « Elad a bénéficié du soutien direct de toutes les armes institutionnelles de l’État », constate Betty Herschman.

En 1992, avec l’arrivée d’Yitzhak Rabin au pouvoir, le vent tourne. Une commission diligentée par le ministère des finances met à jour l’entreprise menée par Elad et suspend l’application de la loi de 1950 sur les propriétés des Palestiniens de Jérusalem-Est vivant désormais en Cisjordanie. Mais l’organisation ne renonce pas. Elle achète désormais les maisons directement aux Palestiniens et use, pour y parvenir, de procédés beaucoup moins avouables. Ir Amim cite par exemple une vente annulée en raison de la production de faux documents ou encore l’usage de pressions pour forcer la main aux habitants les plus réticents. Elad aurait notamment pris l'habitude de se renseigner sur les familles de Silwan et de jouer sur leurs querelles internes, par exemple entre deux héritiers, pour faciliter la vente.

En dépit des preuves glanées par ses détracteurs, le fondateur et président de la Fondation Ir David, David Be’eri, a toujours démenti l’usage de tels procédés : « Jusqu’à ce jour, nos achats ont été contestés légalement des douzaines de fois et aucun doute n’a été soulevé sur notre conduite, pas une fois », assurait-il notamment dans un article paru en 2008 dans le journal Maariv.

À la fin des années 1990, le transfert du parc national de la Cité de David (jusqu’ici géré par la Direction de la nature et des parcs d'Israël) sous le contrôle exclusif d’Elad vient couronner les efforts de l’organisation. « On pourrait parler de soft power, mais c’est bien plus que cela : ils manipulent la façon dont les gens voient Jérusalem dans le contexte du conflit », dénonce Betty Herschman.

Non contente d’avoir trouvé une place de choix dans les cartes touristiques distribuées par la municipalité de Jérusalem, la Fondation Ir David reçoit aujourd’hui un soutien financier et moral affiché de la part du gouvernement israélien. Selon le rapport d’Ir Amim, le ministère du logement israélien a notamment déboursé 20 millions de shekels (soit plus de 5 millions d’euros) en 2005 pour payer la société privée chargée de la sécurité de la Cité de David. Le fondateur d’Elad, David Be’eri, a par ailleurs été désigné pour recevoir le Israel Prize for Lifetime Achievement 2017, l’une des plus hautes distinctions distribuées chaque année par l’État israélien. En annonçant la sélection, l’actuel ministre de l’éducation et fervent supporter de la colonisation, Naftali Bennet, n’a pas tari d’éloges à son endroit : David Be’eri est « parmi les plus grands constructeurs de la Jérusalem moderne », a-t-il jugé.

Si la fondation Ir David reçoit les honneurs officiels du gouvernement Netanyahou, son fonctionnement, surtout financier, n’en reste pas moins opaque. Pendant des années, Elad a joui d’une dérogation pour ne pas divulguer les noms de ses donateurs, au motif que de telles informations auraient pu porter préjudice à ces derniers ou à l’organisation elle-même. À la suite de pressions, la fondation a toutefois consenti en 2016 à rendre ses comptes publics. Résultat : avec 450 millions de shekels (soit 114 millions d’euros) de dons entre 2006 et 2013, Elad s’avère être une des ONG les plus prospères d’Israël.

Dans la liste de ses contributeurs, l’Association américaine des amis d’Ir David, une association des amis de l’armée israélienne basée à Miami ou encore une compagnie britannique liée au milliardaire russe Roman Abramovich, connu pour être le propriétaire du club de foot de Chelsea. Mais un article publié en mars 2016 par le quotidien Haaretz a dévoilé que la majeure partie des donations reçues par Elad provenait de sociétés enregistrées dans des paradis fiscaux, notamment aux Bahamas, dans les îles Vierges ou aux Seychelles. Il est donc impossible d’identifier leur provenance exacte.

À Silwan, la Cité de David n’est pas la seule source d’inquiétude pour les Palestiniens. Fakhri Abu Diab nous entraîne à l’ouest du parc, dans une autre partie du quartier appelé Al-Bustan (le jardin, en arabe). Il attire notre attention sur les ruelles délabrées et souvent jonchées d’ordures, dont la municipalité de Jérusalem ne s’occupe pas. Il raconte aussi l’interdiction qui est faite aux Palestiniens de construire tout nouveau logement. « Quand nous bâtissons de petites maisons pour nous, la mairie nous dit que c’est illégal. Et ils viennent les détruire », souffle-t-il face aux ruines de la maison de son cousin, voisine de la sienne et rasée par des bulldozers il y a quatre ans. Fakhri Abu Diab en est convaincu : « Les Israéliens ont un agenda politique. Ils veulent nous pousser dehors. »

De fait, plus de 50 maisons sont ici sous la menace d’un ordre d’expulsion. Des maisons majoritairement construites après 1948 par des Palestiniens ayant fui Jérusalem-Ouest. Depuis 2005, la mairie de Jérusalem projette de démolir la zone entière, considérée comme l’emplacement où s’étendait originellement le parc du roi Salomon, pour y dresser un jardin biblique. « Bien sûr que nous voulons des jardins pour nos enfants, mais pas sur nos maisons ! », s’indigne Fakhri Abu Diab. Interpellé par cette situation ubuesque, un professeur en architecture et en urbanisme de l’Institut technologique Technion de Haïfa, Yosef Jabareen, a élaboré un projet alternatif. Soutenu par l’ONU, le plan prévoit notamment le déplacement des maisons palestiniennes en arc de cercle autour du futur parc. Il a toutefois été rejeté par la mairie de Jérusalem.

Fakhri Abu Diab nous emmène enfin face à une troisième partie de Silwan, appelée Batan Al-Hawa. Là encore, impossible de louper l’imposante bannière aux couleurs du drapeau israélien déroulée sur la façade d’une des maisons où vit désormais une famille juive. Dans cette zone, les bannières de ce type poussent comme des champignons depuis 2004. Une autre organisation nationaliste juive, nommée Ateret Cohanim, y a entrepris l’acquisition de six terrains entiers ces dernières années et y a installé au total plus de 19 familles juives, réparties dans cinq bâtiments. Elle projette également d’y construire un bâtiment de trois étages dédié à de nouveaux habitants juifs. Un plan approuvé en décembre 2016 par la municipalité de Jérusalem, avec l’aval du premier ministre, Benjamin Netanyahou. Et cela en dépit du vote par le Conseil de sécurité de l'ONU, quelques jours auparavant, d'une résolution exigeant l'arrêt de la colonisation israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

 

Ateret Cohanim est connu pour être un des acteurs majeurs de l’installation d’une communauté juive au cœur même du quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem. Le journal Haaretz a récemment révélé que l’organisation compte parmi ses donateurs l’avocat d’affaires David Friedman, récemment confirmé au poste d’ambassadeur américain en Israël et déjà connu pour ses largesses financières envers la colonie de Beit El, située près de Ramallah, en Cisjordanie.

« Je ne vois pas ce qu’il y a de mal », rétorque benoîtement Daniel Luria, directeur exécutif d’Ateret Cohanim. « Nous reprenons les endroits dont nous avons été chassés. Nous allons doubler et même tripler notre présence à Jérusalem, de façon légale », tient-il à préciser. Il nous a donné rendez-vous au centre de Jérusalem, près du siège de l’organisation, dont il préfère garder l’adresse secrète. Messianisme chevillé au corps, ce juif pratiquant, kippa sur la tête, conçoit Ateret Cohanim comme une « agence immobilière sacrée » qui permet au « rêve sioniste » de se perpétuer. « Ce rêve ne s’est pas arrêté en 1948 ni en 1967 », lance-t-il. Daniel Luria le clame toutefois à qui veut bien l’entendre : il croit à la « coexistence entre Juifs et Arabes ».

« Cette entreprise de colonisation n’est pas aussi naïve et innocente qu’Ateret Cohanim veut bien la présenter, réagit Laura Wharton, engagée au Meretz (parti de gauche) et membre du conseil municipal de Jérusalem. Même si les habitants juifs disent qu’ils veulent vivre en paix avec leur voisins arabes, les gens qui financent et promeuvent l’installation de colonies au sein des Territoires palestiniens savent pertinemment qu’il s’agit d’une provocation, qu’ils ne sont pas les bienvenus et qu’ils ne seront pas autorisés à rester là dans le cadre d’un futur plan de paix », juge-t-elle. Et d’insister : « Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est qu’il ne s’agit pas d’une question de religion, mais des lois internationales : les Israéliens ont le droit de vivre partout ailleurs, mais pas ici. »

En se baladant dans Silwan, difficile de croire que les habitants juifs, qui se déplacent en voiture blindée, se sentent en harmonie avec leurs voisins palestiniens. Aucun d’entre eux n’a accepté d’être interviewé. « Ils ne parlent à personne, pas même aux journaux de droite. Ils veulent juste vivre paisiblement », justifie Daniel Luria. Plus tard dans la conversation, le directeur exécutif d’Ateret Cohanim dépeint pourtant une situation intenable. « Nous avons une famille qui a été attaquée 126 fois par des Palestiniens en un mois », raconte-t-il, citant des jets de pierre et de cocktail Molotov. D’après Ir Amim, le ministère israélien du logement a alloué près de 100 millions de shekels (soit 25 millions d’euros) par an en 2015 et 2016 à une compagnie privée dédiée à la sécurité des colons vivant dans le quartier. Daniel Luria finit par l’avouer : il serait lui-même incapable de vivre à Silwan, « dans un endroit où il y a autant de haine et de violence physique ».

« Nous ne sommes pas contre le fait de vivre à côté des Juifs », se défend Fakhri Abu Diab. « J’ai des amis juifs. J’ai des voisins chrétiens. Mais nous ne pouvons pas vivre en paix avec des gens qui ne veulent pas de nous ici, qui veulent détruire nos maisons, qui disent que nous n’avons aucun droit, aucune histoire », explique-t-il. Pour le représentant des habitants de Silwan, ce sont les colons et l’État israélien, par leur attitude vis-à-vis des Palestiniens, qui « poussent au radicalisme et au terrorisme »« Nous prônons la non-violence. Nous expliquons à nos enfants que nous pouvons vivre ensemble en paix. Mais que pensent-ils quand ils voient leurs maisons démolies par les bulldozers et ces nouvelles colonies construites un peu partout ? Ils n’ont plus d’espoir », lâche le père de famille.

Dans un rapport publié en mai 2016, Ir Amim et l’ONG La Paix Maintenant dénoncent la façon dont Ateret Cohanim est parvenu à s’implanter à Batan Al-Hawa, avec le soutien de l’État israélien. Le document décrit des méthodes assez semblables à celles utilisées par Elad. D’abord le recours à la loi de 1950, réactivée au milieu des années 90. « Même les Britanniques avaient reconnu que cette zone appartenait aux Juifs », explique Daniel Luria, soulignant que Batan Al-Hawa s’élève sur les vestiges d’un « vieux village juif yéménite ». Une thèse confortée par le jugement qu'a émis la Cour suprême israélienne en avril 2015. À la suite d’une longue bataille judiciaire, deux familles palestiniennes de Silwan ont ainsi dû évacuer l’emplacement où se trouvait autrefois une synagogue. Et cela, au profit de la Benvenisti Trust, un trust juif qui détenait les titres de propriété du terrain à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. « C’est la première fois que de l’argent n’a pas changé de mains », fait remarquer Daniel Luria, précisant que les Palestiniens ont refusé le dédommagement que leur avait offert Ateret Cohanim.

Ir Amim et La Paix Maintenant soupçonnent néanmoins Ateret Cohanim de tenir un rôle actif dans le processus d’expulsion des propriétaires palestiniens et d’avoir forcé la main à plusieurs d’entre eux pour qu’ils acceptent de vendre. « Leur influence est telle qu’ils se sont fait élire au conseil d’administration du Benvenisti Trust », raconte Betty Herschman. « Ils jouent au maillon faible avec les propriétaires palestiniens. Ils vont mettre la pression sur un neveu qui n’est même pas habilité à vendre, sur quelqu’un de fragile psychologiquement ou simplement sur des gens pour qui l’argent est attractif », poursuit la militante. « Les Palestiniens sont confrontés à un choix cruel : doivent-ils prendre l’argent, ou dépenser des sommes faramineuses en avocat et en frais de justice pour continuer à se battre, au risque de finalement tout perdre ? »

 

Un drapeau israélien a été déployé sur la façade d'une des maisons achetées à Silwan par Ateret Cohanim. © Chloé DemoulinUn drapeau israélien a été déployé sur la façade d'une des maisons achetées à Silwan par Ateret Cohanim. © Chloé Demoulin

Daniel Luria nie, lui, toute pression. « Personne ne force les Arabes à vendre », jure-t-il. Le directeur exécutif d’Ateret Cohanim prétend même crouler sous les demandes de Palestiniens voulant céder leurs maisons. Rappelant que son organisation ne joue qu’un rôle d’intermédiaire, il explique mettre au point les transactions entre les vendeurs palestiniens et les acheteurs juifs internationaux, qui louent ensuite les maisons acquises. Comme dans le cas d’Elad, impossible de connaître la réelle identité des acheteurs juifs. « 40 % sont israéliens, 30 % viennent du monde entier », estime à la louche Daniel Luria. Impossible aussi de savoir le montant exact des transactions. Les « prix sont majorés de 30 % à 70 % au-dessus » du prix du marché, évalue Daniel Luria. « Cela dépend si le vendeur arabe a un statut de locataire ou de propriétaire, de quel milieu il vient ou s’il veut partir à l’étranger avec sa famille. »

Pour justifier l’opacité qui entoure ces transactions, Daniel Luria invoque également la nécessité de protéger l’identité des vendeurs palestiniens. En plus d’être perçus comme des “traîtres” par leur entourage et les autres habitants de leur quartier, ces derniers risquent de lourdes sanctions de la part de l’Autorité palestinienne. Après l’installation retentissante de nouvelles familles juives à Silwan en 2014 par Ateret Cohanim, Mahmoud Abbas a annoncé le renforcement des mesures prises à l’encontre des Palestiniens se rendant coupables de telles transactions. Ils encourent désormais une peine de travaux forcés à vie. Le sujet est si sensible que Fakhri Abu Diab, malgré notre insistance, refuse de l’aborder. « Je ne veux pas parler de ça », balaie-t-il.

Parallèlement, Laura Wharton regrette que la mairie de Jérusalem ne s’investisse pas assez dans le développement de Silwan. Pour preuve, elle cite le dernier budget adopté par le conseil municipal : « Toutes les enveloppes allouées à Jérusalem-Est en termes de routes, d’écoles ou d’accompagnements des plus âgés sont sous-estimées par rapport aux besoins des Palestiniens », déplore-t-elle.

La mairie s’en tient visiblement au strict minimum, parfois motivée par des enjeux politiques. Fakhri Abu Diab nous montre par exemple le terrain de foot flambant neuf construit à quelques pas de chez lui. À travers le grillage qui l’entoure, on peut apercevoir des poubelles frappées d’un lion, l’emblème de la municipalité de Jérusalem. « La mairie a accepté de terminer le projet quand elle a su que la première partie avait été financée par le Mouvement islamique », une organisation liée aux Frères musulmans et interdite en Israël depuis 2015 pour incitation à la haine, précise l’ancien comptable.

Au manque d’investissement financier s’ajoute une lourde présence policière et militaire. En contrebas de Silwan, des patrouilles viennent de bloquer une route, comme elles le font quasi quotidiennement, pour contrôler les véhicules et l’identité de leurs occupants palestiniens. L’endroit est facilement reconnaissable aux drapeaux verts du Hamas, lestés de parpaings, qui pendent en l’air sur des fils électriques. Ce sont les restes des affrontements qui éclatent régulièrement entre habitants et forces de sécurité.

Face à ce nouveau contrôle, qu’il juge destiné à « faire peur aux Palestiniens », Fakhri Abu Diab s’empresse de sortir son appareil photo et de prendre des clichés des soldats israéliens en action. Immédiatement repéré par les militaires, il est sommé d’effacer les prises de vue. « Si je n’avais pas été accompagné, ils m’auraient arrêté, ça m’arrive tout le temps », confie-t-il. Renseigné sur notre qualité de journaliste et sur notre identité française, les soldats en question se gardent bien de nous adresser la parole. L’un d’entre eux, dans un sourire narquois, nous traite toutefois à plusieurs reprises de “smolani”, une expression qui signifie “gauchiste” en hébreu.

Chaque jour s'éloigne un peu plus la perspective de la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, avec pour capitale Jérusalem-Est. « Les colons servent d’avant-postes pour consolider le contrôle israélien de ces zones avant toute négociation de paix. Plus ils peuvent prendre de terrain dans les faits, plus ils auront le pouvoir », analyse Betty Herschman. Loin de démentir cette intention, Daniel Luria imagine, lui, un futur dans lequel Juifs et Arabes vivront en paix, côte à côte à Silwan, mais « sous souveraineté israélienne », souligne-t-il.

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