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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 05:33

Devant le palais de justice d’Istanbul, dans la foule attendant la décision des juges, la romancière turque Asli Erdogan a lu une lettre adressée à l’un des 17 accusés, Turhan Günay, par sa fille.

 

Vendredi 28 juin au soir, la cour a ordonné la remise en liberté provisoire, dans l’attente d’un verdict, de sept des onze accusés encore en détention, lors du procès du quotidien d’opposition turc Cumhuriyet. Et a fixé au 11 septembre la prochaine audience. Présente dans la foule qui attendait la décision des juges, la romancière turque Asli Erdogan, auteure de Le silence même n’est plus à toi, arrêtée le 16 août 2016 puis remise en liberté provisoire 132 jours plus tard, revient sur l’importance du procès.

Sept employés du journal sont relâchés, cinq, dont plusieurs grands noms, restent derrière les barreaux. Quelle est votre réaction ?

Cette décision est la confirmation de l’arbitraire qui sévit dans ce pays. Les membres du journal sont tous accusés de la même chose, mais certains sont remis en liberté, d’autres non. L’injustice causée par ce procès est irréversible, car il n’aurait jamais dû avoir lieu. Et pourtant il y a tellement d’autres procès de ce genre en Turquie. Mais pour les familles de ceux qui sont libérés, il s’agit quasiment d’un miracle.

 

Vous sentez-vous proche des 17 inculpés dans ce procès ?

Je connais personnellement deux d’entre eux, Turhan Günay, le responsable du supplément livres de Cumhuriyet, et le caricaturiste Musa Kart. Je suis très heureuse qu’ils sortent de cet enfer, même s’ils ne sont pas au bout de leur peine. Pour quelqu’un qui est passé par là, je sais que la remise en liberté n’est pas la fin des souffrances. Le procès continue. Une fois que vous avez été incarcéré dans une cellule, vous n’en sortez jamais vraiment. Être accusé de terrorisme est lourd à porter. Et c’est révoltant. Je suis contre toute forme de violence. Déjà dans les années 1990, j’écrivais sur la non-violence. Comment puis-je être une terroriste du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) si je refuse de porter les armes ?

Des centaines de personnes sont venues soutenir Cumhuriyet ce vendredi, notamment à travers une lecture publique du quotidien devant le palais de justice d’Istanbul. Comment jugez-vous la réaction de la société civile turque face à ces procès en chaîne ?

Le rassemblement était encerclé par des centaines de policiers et des camions blindés. Les personnes qui viennent ici apporter leur soutien risquent d’être arrêtées à tout moment. Cela a un double effet : d’une part, l’extrême pression qui pèse sur la société civile fait que son message a du mal à passer. D’un autre côté, des personnes qui ne partagent pas forcément les mêmes idées politiques réalisent qu’elles sont plus fortes ensemble et décident de s’unir. Soit vous croyez en la liberté d’expression et vous la défendez, soit pas. C’est l’essence de cette liberté. Même si vous êtes mon ennemi, je suis pour que vous ayez la liberté de vous exprimer. Il n’y a rien de nouveau, Voltaire le disait il y a 300 ans. Mais aujourd’hui, dans la Turquie du XXIe siècle, nous devons encore débattre de ces valeurs essentielles.

La répression en Turquie est-elle toujours aussi forte, un an après votre arrestation le 16 août 2016 ?

Quand j’ai été arrêtée, les purges étaient à leur pic. Trois cents personnes attendaient avec moi leur acte d’accusation ce jour-là. Le couloir du commissariat était rempli de personnes menottées. Il n’y avait pas assez de menottes pour tout le monde. Ce furent les jours les plus durs. Le phénomène n’a pas disparu mais il est devenu chronique. C’est peut-être pire car le public s’habitue. Le ministère de l’intérieur a publié les chiffres : chaque semaine, il procède à 1 200 arrestations politiques. Ce n’est pas seulement un nombre, ce sont des vies humaines qui souffrent, mais la population turque s’habitue à cette réalité.

 

Malgré la décision de la justice de lever votre interdiction de sortie de territoire le 22 juin, vous n’avez toujours pas récupéré votre passeport. Pourquoi ?

C’est un jeu. Le gouvernement turc a annoncé au monde entier que mon interdiction de sortie du territoire était levée. Mais puisque nous nous trouvons sous l’état d’urgence, un décret stipule que n’importe quel passeport peut être confisqué. La police et la justice se renvoient la balle. Ce qui m’attriste le plus, c’est que j’ai reçu deux prix littéraires très importants, le prix Marguerite-Yourcenar en France et le prix de la paix Erich-Maria-Remarque en Allemagne, qui sera remis en septembre. Je ne suis pas sûre de pouvoir y aller. Or c’est le genre de récompense qui n’arrive qu’une seule fois dans la vie d’un écrivain.

 

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 07:29

 

Un peu plus de 8 millions de Vénézuéliens ont voté dimanche en faveur d’une Assemblée constituante  malgré la violence déclenchée par une opposition puissante disposant de moyens considérables financiers et médiatiques soutenue par le gouvernement des Etats-Unis et la CIA. Un succès pour le mouvement populaire et progressiste vénézuélien.

En France et plus généralement en Europe, la tendance médiatique est à l’acharnement contre le pouvoir en place à Caracas en procédant à une manipulation de l’information. Les images des manifestations de la dite « opposition » qui se traduisent généralement par des scènes de guerre sont largement diffusées alors que les rassemblements chavistes sont passés sous silence. On évoque plus de cent morts depuis le début des affrontements en oubliant de préciser que des candidats à la constituante et des militants chavistes ont été assassinés tandis que les forces de l’ordre  ont enregistré nombre de morts et de blessés. Les médias des Bolloré, Drahi, Lagardère et ceux du «  service public » ont choisi leur camp : celui de l’extrême droite vénézuélienne. 

Ils rejoignent ainsi les pires forces réactionnaires du continent latino américain dans des pays qui osent remettre en cause le verdict des urnes vénézuéliennes alors que ces mêmes pays se distinguent par la corruption, le népotisme et les atteintes aux droits de l’homme. Je veux parler du Mexique, du Pérou, de Panama, de l’Argentine et de la Colombie.

Ce n’est pas au Venezuela  que 45 étudiants ont été assassinés sans aucune suite judiciaire, que les fosses communes débordent d’hommes et de femmes martyrisés, que la misère et l’analphabétisme sévit dans tout le pays, mais au Mexique.

Ce n’est pas au Venezuela que le rapport 2017 d’Amnesty  relève la multiplication de violences contre les femmes et les populations indigènes, que l’armée et la police s’illustrent par des opérations répressives dans le villages éloignés de la capitale, mais au Pérou.

Ce n’est pas au Venezuela que la finance internationale camoufle ses méfaits, mais au Panama.

Ce n’est pas au Venezuela que le pouvoir s’attaque aux grands mères des disparus durant la dictature, que la répression s’abat sur le mouvement ouvrier mais en Argentine.

Ce n’est pas au Venezuela que des centaines d’opposants politique restent toujours emprisonnés malgré des «  accords de paix », que des militants de gauche sont assassinés mais en Colombie.

Le Venezuela n’a pas de leçon à recevoir de ces régimes corrompus et fascisants. Son peuple doit dans la paix enfin retrouvée surmonter lui et lui seul l’épreuve en cours.

 

 

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 07:28

 

41,53% des Vénézuéliens ont pu se rendre aux urnes ce dimanche 30 juillet, malgré un climat de violence accru par l'opposition au président Nicolas Maduro qui refusait de présenter des candidats au scrutin et qui entendait l'empêcher en rendant la situation incontrôlable. 10 personnes ont ainsi perdu la vie au cours de cette journée de vote, montant le bilan macabre de ces quatre derniers mois d'affrontements politiques aigus à près de 130 morts.

Le peuple vénézuélien paie d'un lourd tribut son aspiration à la paix. La veille du vote, des militants masqués prétendant défendre la démocratie avaient saccagé du matériel électoral en le brûlant en place publique.

L'opposition appelle déjà à des actions lundi et mercredi, jour d'installation de l'Assemblée constituante ; elle est notamment appuyée par l'Administration américaine qui parle, avec l'élection de dimanche, d'un "pas vers la dictature" et qui brandit à nouveau la menace de sanctions, et par les autorités de Colombie, où 1 million de Vénézuéliens ont émigré pour fuir les violences et trouver du travail.

C'est continuer à jeter de l'huile sur le feu alors qu'il s'agirait pour la communauté internationale de créer les conditions d'une médiation internationale sous égide de l'ONU afin de rétablir la paix et la sécurité au Venezuela.

Le Parti communiste français, partisan de la paix et du dialogue national, appelle le gouvernement français à agir fermement en ce sens plutôt que d'emboîter le pas à un président Trump qui multiplie ces jours-ci les déclarations et décisions agressives.

Le PCF adresse aux forces de la paix, de la justice sociale et de la démocratie vénézuéliennes sa solidarité et affirme la nécessité d'un arrêt immédiat des violences qui endeuillent le peuple du Venezuela.

Parti communiste français,
Paris, le 31 juillet 2017

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 08:53

La combustion d'énergies fossiles favorise le réchauffement climatique et pourrait conduire à la fonte de la glace polaire ainsi que celle des sommets des montagnes, un scénario qui conduirait à une hausse du niveau de la mer de plus de 65 mètres. 

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

Ces cartes montrent le monde tel qu’il est aujourd’hui, à une différence près : toute la glace continentale a fondu et s’est déversée dans la mer, élevant son niveau de plus de 65 mètres et formant de nouveaux littoraux pour nos continents et les mers intérieures.

Il y a plus de deux millions de mètres cubes de glace sur Terre, et certains scientifiques affirment qu’il faudrait plus de 5 000 ans pour qu’elle fonde dans son intégralité. Si nous continuons produire du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, il y a de fortes chances que nous créions une planète dépourvue de glace, avec une température moyenne avoisinant les 26°C au lieu des 14°C actuels.

 

EUROPE

Londres ? Plus qu’un souvenir. Venise ? Reconquise par la mer Adriatique. D’ici des milliers d’années, dans ce scénario catastrophique, les Pays-Bas auront depuis longtemps capitulé face à l’invasion de la mer, et la majeure partie du Danemark aura également disparu. Entre-temps, les eaux grandissantes de la Méditerranée décupleront le niveau de la mer Noire et de la mer Caspienne.

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

AMÉRIQUE DU NORD

Toute la façade atlantique disparaîtrait, de même que la Floride et la côte américaine du golfe. En Californie, les collines de San Francisco deviendraient un archipel et la Vallée Centrale une baie géante. Le golfe de Californie s’étendrait jusqu’au nord, au-delà de la latitude de l'actuelle San Diego – la ville n'existerait plus.  

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

AMÉRIQUE DU SUD

Le Bassin amazonien au nord ainsi que le bassin du Río Paraguay au sud deviendraient des criques de l’Atlantique, rayant Buenos Aires, le littoral uruguayen ainsi qu’une grande partie du Paraguay de la carte. Certaines zones montagneuses subsisteraient le long de la côte de Caraïbes et en Amérique centrale.

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

AFRIQUE

Comparée aux autres continents, l’Afrique ne perdrait pas autant de terres au profit des eaux montantes des océans, mais la hausse des températures pourrait rendre une grande partie de son territoire inhabitable. En Égypte, les villes d’Alexandrie et Le Caire seront submergées par une mer Méditerranée intrusive.

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

ASIE

La Chine, désormais peuplée de 600 millions d'habitants, sera inondée, tout comme le Bangladesh et ses 160 millions d’habitants, ainsi qu’une grande partie des régions côtières de l’Inde. L’inondation du delta du Mékong ferait de la Chaîne des Cardamomes du Cambodge une zone isolée, tel un pays insulaire.

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

AUSTRALIE

Essentiellement désertique, le continent s’enrichirait d’une nouvelle mer intérieure, bien qu’il se verrait dépossédé d’une grande partie de sa bande côtière où vivent actuellement quatre Australiens sur cinq.

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

ANTARCTIQUE

Ouest Antarctique : la calotte glaciaire de l’Antarctique oriental est si vaste – elle compte quatre cinquièmes de la toute la glace terrestre – que sa fonte semble inconcevable. Elle a survécu intacte à des périodes de chaleurs antérieurs. Récemment, elle semble s’être quelque peu densifiée – en raison du réchauffement climatique. L’atmosphère plus chaude contient davantage de vapeur d’eau et celle-ci retombe sous forme de neige sur l’Antarctique oriental. Pourtant, il est peu probable que ce mastodonte survive au retour d’un climat d’Éocène.

Est Antarctique : Comme la calotte glaciaire du Groenland, l’Antarctique occidental était vraisemblablement beaucoup plus petit lors des périodes de chaleur antérieures.Il s’agit d’une région fragile du fait qu’une grande partie du continent repose sur un substrat rocheux situé sous le niveau de la mer. Le réchauffement de l’océan fait fondre la glace flottante par en-dessous, entraînant un affaissement de cette dernière.Depuis 1992, l’Antarctique occidental a enregistré, en moyenne, une perte nette de 65 millions de tonnes métriques de glace par an.

NATIONAL GEOGRAPHIC - VOICI A QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI LA GLACE CONTINENTALE VENAIT A FONDRE

Cartes : Jason Treat, Matthew Twombly, Web Barr, Maggie Smith, équipe NGM. Artistique : Kees Veenenbos. Sources: Phillippe Huybrechts, Vrije Universiteit Brussel ; Richard S. Williams, Jr., Woods Hole Research Center; James C. Zachos, Université de Californie à Santa Cruz, USHS; NOAA, ETOPO1 BEDROCK, 1 Arc-Minute Global Relief Copyright © Septembre 2013 National Geographic Society

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 16:11

L’analyse de plus de 700 000 mesures marégraphiques réalisées dans le monde entier l’atteste : le changement climatique est depuis longtemps une réalité pour les littoraux de la planète. Avec des conséquences dramatiques pour des centaines de millions de personnes.

Il inonde des plaines. Emporte des plages de sable. Raye des îles de la carte. Le changement climatique chamboule inexorablement la physionomie des littoraux. La montée du niveau des mers en est le premier signe, et le plus dramatique quand on sait qu'un citoyen de la planète bleue sur deux vit à proximité des zones côtières.

Pendant six mois, de janvier à juillet, l'école de journalisme de l'université Columbia, à New York, et le site d'investigation allemand Correctiv, en partenariat avec Mediapart, ont analysé plus de 700 000 exemples d'amplitudes de marées. Cette « mine de données », dévoilée ici pour la première fois dans son intégralité, provient d'un organisme britannique basé à Liverpool, le Permanent Service for Mean Sea Level, qui enregistre tous les mois depuis 1933 l'amplitude des marées à l'aide de marégraphes installés dans plus de 2 000 ports du globe. C’est la méthode de mesure la plus révélatrice des effets du changement climatique mondial. Les mesures satellitaires, elles, n’ont débuté qu'en 1993.

La rédaction de Correctiv a sélectionné 500 lieux particulièrement bien documentés et les a cartographiés, en répertoriant la hausse du niveau des mers depuis trente ans, de 1985 à 2015. Les points correspondent aux stations marégraphiques : celles où la mer monte sont en rouge ; celles où elle recule sont en bleu. Les zones côtières teintées de vert sont les plus menacées, car situées à moins de dix mètres au-dessus du niveau de la mer. La visualisation, consultable ci-après, ne se borne néanmoins pas à donner un aperçu du passé : « Là où le niveau de la mer a fortement progressé, il continuera de fortement progresser », assure Anders Levermann, chercheur sur l’impact climatique à Potsdam en Allemagne et co-auteur du dernier rapport du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, un organisme onusien).

La carte recense aussi, pays par pays, les émissions de dioxyde de carbone, qui ont largement contribué au réchauffement de la terre de près d'un degré au cours du siècle dernier, et donc à l'élévation du niveau des mers : la majeure partie de cette chaleur supplémentaire étant absorbée par les océans, l'eau réchauffée se dilate et occupe plus d’espace – les scientifiques qualifient ce phénomène d'« expansion thermique ». De plus, conséquence d’un climat plus chaud, les glaciers fondent et la masse d’eau des océans du monde augmente d’autant.

Une chose est certaine : aucun continent n'échappe à la montée des eaux. Ainsi, le niveau de la mer à Marseille est de 10 centimètres supérieur à celui d’il y a trente ans, un record en France. En Amérique du Nord, l’enfoncement des terres provoqué par l'épuisement des eaux souterraines, combiné à l’incessante érosion liée à la mer montante, constitue un risque majeur pour des métropoles comme Miami ou New York – le passage de l'ouragan Sandy, en 2012, l'a tragiquement rappelé. En Amérique du Sud, continent qui abrite les plus vastes zones humides de la planète, le changement climatique va contraindre des millions d'habitants à quitter leurs foyers. 

Les dix villes les plus concernées se trouvent en Asie. Manille, capitale des Philippines, affiche des niveaux supérieurs de 40 centimètres à ceux d’il y a trente ans. Selon les prévisions, plusieurs des 7 107 îles de l’archipel philippin vont tout bonnement être englouties. Même tableau sombre au Bangladesh, l’une des contrées aux terres les plus basses de la planète. Les données soulignent également, malgré elles, l’isolement de l’Afrique : l’amplitude des marées n’a été enregistrée qu’en Afrique du Sud et à Zanzibar. Les ports des autres pays ne revêtaient à l'évidence pas assez d’importance économique et stratégique pour l'organisme de mesure britannique…

Du reste, les pays les moins prospères sont les moins bien préparés. « Si un État s’emploie principalement à bâtir des routes, des hôpitaux et des écoles, il ne reste ni temps ni argent pour se prémunir contre les éventuels dommages occasionnés par le réchauffement climatique », justifie Sally Brown, chercheuse en océanographie à l'université de Southampton (Royaume-Uni), en évoquant le cas des pays africains. À l'inverse, la série de tempêtes qui ont dévasté les côtes du nord-est de l’Europe en 1953 ont conduit les autorités locales à prendre des mesures de protection plus efficaces, qui portent encore leurs fruits aujourd’hui.

La carte révèle par ailleurs des retombées surprenantes : dans les pays scandinaves, la terre s’élève plus vite que la mer. Certains ports sont littéralement à sec. Raahe, à l’ouest de la Finlande, a vu son sol s’élever de près de 20 centimètres en trente ans et Ratan, à l'est de la Suède, de quasiment 25 centimètres. « Ce phénomène est dû à la dilatation de la croûte terrestre, autrefois compressée par des nappes glaciaires de plusieurs kilomètres d’épaisseur et qui ont aujourd’hui fondu », explique Hans-Martin Füssel, directeur des projets de protection du climat à l’Agence européenne pour l’environnement.

Plus globalement, les données indiquent que les répercussions du changement climatique ne sont pas les mêmes pour tous : en moyenne, les mers montent de 3,4 millimètres par an, mais les vents, les courants et les vagues exercent des influences variées d’une région à l’autre. Par endroits, le niveau de la mer progresse de 10 millimètres par an, un rythme trois fois plus soutenu que la moyenne mondiale.

À l’heure actuelle, les chercheurs du GIEC escomptent une élévation des mers du globe comprise entre 20 et 80 centimètres d’ici à 2100. En 2200 ou 2300, elle pourrait atteindre plusieurs mètres. Un écart énorme qui décidera du sort de centaines de millions de personnes.

 

 

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 16:08
TOUS BOLIVARIENS ! (CHRONIQUES LATINES – JEAN ORTIZ)

Jean Ortiz

Samedi, 29 Juillet, 2017 - 10:32

 

 

Tous bolivariens !

Dans quelques heures le Venezuela peut être plongé dans un bain de sang par ceux qui, nationalement et internationalement, ne supportent pas que les pauvres refusent de le rester, et qui voudraient faire main basse sur les énormes réserves en hydrocarbures du pays.

L’enjeu géopolitique dépasse Caracas.

Les secteurs majoritaires et d’extrême droite de l’opposition connue comme « Table d’union démocratique » (MUD en espagnol) tentent de bloquer le pays pour empêcher les élections à l’Assemblée constituante et en appeler à l’intervention de Washington. Le président TRUMP et la CIA ont prévenu : s’il y a vote, « l’empire » prendra des sanctions immédiates contre le droit à l’auto-détermination d’un peuple.

 

Ce qui se joue au Venezuela aujourd’hui, quelles que soient les erreurs qu’ait pu commettre le président Maduro, a et aura des répercussions continentales et internationales lourdes. Washington (soutenu en sous-main par l’Union européenne) s’apprête à violer la souveraineté du Venezuela. Ils tentent de provoquer une rupture dans l’armée. Pour les États-Unis, le Venezuela bolivarien constitue « une menace pour la (sa) sécurité ». La formule est de ce « bon » président Obama.

 

Le Venezuela redevient le cœur de la stratégie impérialiste. Il doit plus que jamais faire battre le cœur de tous les démocrates. Le Haut commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme vient d’appeler à « garantir la paix » afin que le vote de l’Assemblée constituante, le 30 juillet, se déroule en toute normalité. Les médias vénézuéliens, qui appartiennent très majoritairement à l’oligarchie, et leurs clones français, soufflent sur le feu au lieu de calmer le jeu, hurlent à « la dictature » parce que le gouvernement Maduro a interdit les manifestations pour que le vote ait lieu en toute tranquillité, et éviter que le sang coule davantage.

 L’opposition, nous serions tenté d’écrire la « subversion », refuse de participer à la consultation. Elle a préalablement et illégalement organisé, un vote parallèle et bidon où elle aurait obtenu plus de 7 millions de suffrages. Aucune vérification, aucun comptage sérieux n’ont pu avoir lieu. Listes électorales « maison » et bulletins de vote ont été monopolisés, puis brûlés.

Les principaux chefs de l’opposition veulent aujourd’hui, après trois mois et demi d’insurrections localisées, surtout dans les quartiers riches, en découdre, quel qu’en soit le prix. Les opposants sont devenus des émeutiers. Depuis l’élection, avec une courte majorité, du président Maduro, en 2013, l’opposition se refuse à reconnaître la légitimité du président. Cette attitude putschiste rappelle et dépasse le « golpe » contre Chavez de 2002. Et pourtant ...

 L’élection d’une Constituante, l’élargissement de la démocratie, la consultation de l’ensemble de la population, dans un processus de fond, constituent bien l’un des derniers atouts, sans doute, pour le vivre ensemble, dans un pays aujourd’hui déchiré, au bord du gouffre. La révolution veut modifier la Constitution de 1999, y ajouter les acquis sociaux reconnus par les institutions internationales. Malgré l’effondrement économique, la révolution est parvenue à maintenir les grandes « Missions » sociales. Peu en parlent. La pénurie sur des produits ciblés, sur des médicaments, certes cruelle, organisée essentiellement par le patronat, est sur-médiatisée. Et pourtant les chiffres, eux, parlent... L’indice de développement humain du Venezuela était en 2015 de 0.767, 71e rang sur un ensemble de 188 pays. De 1990 à 2015, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 4,6 années. La santé et l’éducation (gratuites) restent des priorités, malgré la profonde crise économique et politique.

Le Venezuela ne doit pas être le Chili. L’expérience a prouvé que tout blocus affecte surtout les populations civiles et se retourne finalement contre ses promoteurs. Cuba a plus que prouvé et éprouvé les voies de la résistance pratique, concrète, au quotidien.

Les niveaux atteints par la désinformation ne sauraient nous détourner de notre devoir d’internationalisme. L’internationalisme, disait le Che, c’est la solidarité de classe des exploités.

 

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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 06:00

 

Vendredi 21 juillet, 7 Palestiniens et colons israéliens sont morts à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Ce sont sept décès qui auraient pu être évités si Benjamin Netanyahu et son gouvernement ne s'obstinaient pas à multiplier les humiliations, violences et provocations pour déclencher à une guerre des religions qu'ils appellent de leurs vœux.

L'installation de portiques électroniques à l'Esplanade des Mosquées, l'interdiction aux [jeunes] hommes de moins de 50 ans d'accéder sur le site, sa fermeture vendredi dernier et le projet de construction d'une nouvelle colonie de 1100 habitations entre Ramallah et Jérusalem-Est constituent la réponse en actes de Netanyahu au vote, le 5 mai dernier, de la résolution de l'UNESCO sur le statut de Jérusalem. Netanyahu et les colons israéliens ne connaissent pas d'autres politiques que celle de la guerre permanente ; c'est une folie collective qui mène l'ensemble de la région dans une voie sans issue.

L'Autorité palestinienne a suspendu sine die ses contacts avec l'Exécutif israélien mais ce dernier agit dans un cadre global qui vise à contraindre l'UE et ses pays membres, le monde entier, à se soumettre à sa politique.

En visite à Budapest, chez son ami Viktor Orban, chantre de l'extrême droite hongroise, le premier ministre israélien exhortait les présidents slovaque, polonais tchèque et hongrois à fermer leurs frontières aux migrants venus des pays arabes et d'Afrique, allant jusqu'à argumenter la nécessité d'un soutien de l'Union européenne à Israël en termes explicitement racistes et xénophobes : « Ne sabotez pas le seul pays occidental qui défend les valeurs européennes et les intérêts européens et qui empêche une nouvelle immigration de masse en Europe. »

Netanyahu et l'extrême droite coloniale israélienne s'inscrivent dans le schéma du prétendu « choc des civilisations » que toutes les extrêmes droites – de Trump à Erdogan –  en passant par les groupes djihadistes comme l'organisation Daesh s'acharnent à instaurer. Il est urgent de les stopper net. Pacifistes et militants de la solidarité internationale des peuples unissons nos forces !

Il est du devoir de la France, de l'UE et ses pays membres, des chefs d'Etat et gouvernements démocratiques de parler d'une même voix pour mettre un terme immédiat aux violences et contraindre le gouvernement israélien à respecter les résolutions de l'ONU et le droit international.

Le Parti communiste français demande instamment au ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et au président Macron, qui a publiquement affiché son affection personnelle pour le premier ministre israélien, de prendre leurs responsabilités – la France étant membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU – en rappelant au gouvernement israélien son obligation de respecter le droit international et les droits humains universels, et en agissant pour que dans les délais les plus brefs le dialogue politique prenne le pas sur la violence et la guerre.

 

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 05:57
La page d'accueil du site Al-Qst, "Justice"

La page d'accueil du site Al-Qst, "Justice"

Arabie saoudite: «Ici, promouvoir la démocratie est un crime»
 PAR 

 

Alors que le royaume wahhabite entend durcir le blocus imposé au Qatar et affirmer ainsi sa domination sur la région, des militants saoudiens des droits humains dévoilent à Mediapart la vraie nature d’une tyrannie qui décapite au sabre et interdit aux femmes de sortir en public sans tuteur masculin.

 

« Vivre en Arabie saoudite, c’est d’abord savoir se taire. Affirmer en public ou sur les réseaux sociaux que vous êtes hostile à la guerre menée par le royaume au Yémen, ou manifester un doute au sujet de l’embargo infligé par l’Arabie saoudite et ses alliés au Qatar peut vous conduire en prison pour cinq à dix ans, en vertu de la loi antiterroriste, de la loi sur la cybercriminalité ou d’un décret de 2011 interdisant les rassemblements publics. » Il y a cinq ans, Yahya Assiri, était un jeune officier de l’armée de l’air saoudienne, riche et prometteur. Le jour, il travaillait aux contrats d’achats d’armes et d’équipements militaires du royaume. La nuit il débattait sous pseudonyme, sur Internet, de l’absence totale de démocratie dans son pays et de la situation désastreuse des droits de l’homme – et de la femme.

Désormais exilé au Royaume Uni, où il vient d’obtenir il y a deux mois l’asile politique, il dirige, depuis un modeste logement social, l’organisation Al-Qst – « Justice », en arabe coranique –, dont le site a déjà 42 000 usagers assidus. Il projette de mettre sur pied, à partir de cette initiative à laquelle ne travaillent que des compatriotes, une puissante organisation de la société civile saoudienne, en mesure de défendre les droits de l’homme et la démocratie, dont il est devenu un partisan ardent.

« Pendant des années, raconte-t-il, j’ai passé mes soirées et mes nuits, sous le pseudo d’Abou Fares et derrière l’avatar d’une photo de lion, sur des sites ou des forums à discuter de la politique du royaume, surtout en matière de lutte contre la pauvreté et le chômage. En 2009, je suis parti pour Londres, où je devais suivre une préparation en matière de logistique, avant la livraison à l’armée de l’air de nouveaux avions de combat britanniques Typhoon. J’avais le projet d’y rencontrer les dissidents saoudiens installés au Royaume-Uni.

 

Je les ai trouvés en proie à des querelles de personnes et à des débats qui ne me concernaient pas. J’étais et je reste attaché à deux principes fondamentaux : j’ai foi en la démocratie et les droits de l’homme, mais je pense qu’il n’y a pas de conflit entre ces valeurs et l’islam. Lorsque je suis rentré en Arabie saoudite, j’ai décidé que ce serait mon combat. En 2012, j’ai démissionné de l’armée de l’air et abandonné mon pseudo. Je pensais être arrêté, emprisonné. Cela ne s’est pas produit. J’ai simplement eu du mal à trouver un autre travail.

En 2013, je me suis inscrit à un cycle de cours sur les droits de l’homme à la Kingston University, à Londres, et je suis parti avec ma famille. Pour ne plus revenir. Car pendant que je préparais mon diplôme, des amis m’ont prévenu que le pseudonyme que j’utilisais lorsque j’étais militaire avait été découvert et que je risquais une très lourde peine de prison pour mon activité de militant. Pour des civils, la peine atteignait 10 à 15 ans de prison. Pour un militaire, elle risquait d’être beaucoup plus sévère. Je n’avais plus d’autre choix que de rester à Londres et de demander l’asile politique pour poursuivre mes études et mon travail militant. »

De passage à Paris, à l’invitation d’Amnesty International, Yahya Assiri reste discret sur ses filières d’information, mais il suit de très près ce qui se passe dans le royaume, où les partis politiques, les syndicats, les rassemblements publics sont depuis toujours interdits et où les défenseurs des droits de l’homme sont traités comme des terroristes. En mai 2016, le Tribunal spécial a condamné Abdoulaziz al-Shubaily, l’un des fondateurs de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA), créée en 2009, mais officiellement dissoute par le gouvernement en 2013, à huit ans d’emprisonnement, suivis de huit ans d’interdiction de voyager et de communiquer sur les réseaux sociaux. Aux termes de la loi sur la cybercriminalité, il avait été déclaré coupable de diffamation et d’insultes à l’encontre de juges de haut rang. Il était aussi accusé d’avoir« communiqué avec des organisations étrangères » et fourni des informations sur les violations des droits humains à Amnesty International.

« Comme les organisations internationales de défense des droits humains ne sont pas autorisées à visiter les prisons, nous ne savons même pas exactement combien de nos camarades sont détenus, constate Waleed Sulais, hier directeur des ventes d’une compagnie de téléphone mobile à Riyad et blogueur sur des sites dissidents, aujourd’hui exilé en Allemagne, où il a demandé à bénéficier de l’asile politique. Nos seules sources sont les victimes elles-mêmes ou leurs familles, ou du moins les familles qui ne sont pas trop terrorisées pour fournir des informations. Nos estimations sont qu’il y a aujourd’hui entre 20 et 50 défenseurs des droits humains en prison. Mais il y en a sans doute davantage. »

En septembre 2010, alors qu’il faisait escale à l’aéroport de Bahreïn, Waleed Sulais a été interrogé par la police du petit royaume, allié et obligé de l’Arabie saoudite, sur ses activité et ses déplacements, et tous ses bagages ont été saisis. Il a été photographié et contraint de livrer les codes d’accès à ses deux téléphones mobiles et à son ordinateur portable. Autorisé à poursuivre son voyage vers Riyad trois heures plus tard, il a constaté que nombre de documents et de photos de son ordinateur avaient été ouverts et recopiés, ainsi que le contenu de ses deux téléphones.

« Il est vite devenu évident que si je voulais continuer à écrire des articles sur des forums et sur mon blog, et me concentrer sur la situation des droits humains en Arabie saoudite, la seule solution était de partir, sinon je serais rapidement arrêté emprisonné et réduit au silence. Je serais condamné en vertu des lois ou décrets qui assimilent notre militantisme à du terrorisme, de l’espionnage ou de la collaboration avec des puissances étrangères. Pour les gens qui nous jugent, il n’y a pas de différence entre ceux qui militent pour le salafisme et ceux qui réclament la démocratie. Tous sont des ennemis du royaume. »  

Avec Internet, les jeunes savent qu’on peut vivre différemment

« Les peines, pour les défenseurs des droits de l’homme, vont de 10 à 15 ans de détention, confirme Yahya Assiri. Il y a deux sortes de prisons dans le royaume. Les prisons pour les détenus politiques et les prisons pour les prisonniers de droit commun. Dans les prisons politiques, les conditions sont acceptables et la nourriture décente. Mais la torture y est fréquente. Dans les prisons de droit commun, où sont détenus la plupart des défenseurs des droits humains, car le régime ne veut pas qu’ils soient en contact avec les opposants politiques, il y a beaucoup de violence, de drogue, les bâtiments sont vieux et sales, et la nourriture immangeable.

Ce qui, dans cette situation épouvantable, nous donne un peu d’espoir et de courage, c’est l’attitude de la jeunesse. Par le passé, tout ce que disait et ordonnait le pouvoir était accepté, car tout était justifié par la religion. Et nous étions un pays isolé, fermé au reste du monde, qui ignorait tout ce qui se passait autour de lui. Avec Internet, la nouvelle génération sait qu’on peut vivre différemment, bénéficier de libertés dont nous n’avions même pas l’idée. Et beaucoup de jeunes Saoudiens, aujourd’hui, sont capables de mesurer le cynisme du pouvoir, de constater que l’État utilise la religion comme un outil pour imposer ses choix.

Depuis quatre ou cinq ans, le nombre de ceux qui ont ouvert les yeux est assez grand pour que le pouvoir commence à en tenir compte. Voire exceptionnellement à lâcher du lest. L’année dernière, en avril, le conseil des ministres a promulgué de nouvelles directives qui ont réduit les pouvoirs du Comité pour la propagation de la vertu et la prévention du vice – la “police religieuse”. Elles interdisent notamment à ces policiers d’arrêter des gens, de prendre des suspects en filature et de contrôler leur identité. Ce n’est pas énorme, mais c’est un début. 

Comme la police religieuse a été privée d’une partie spectaculaire de ses pouvoirs, ses excès sont de moins en moins évoqués dans les médias occidentaux. Ce qui est excellent pour le régime. Mais la violence reste au cœur de notre société. Au cœur même des familles. Il n’y a toujours aucune protection pour les femmes dans notre système judiciaire. Vous pouvez être certain que si une femme dépose plainte pour violence demain contre son père ou son mari, la justice, donc le gouvernement, tranchera en faveur du père ou du mari. La loi, chez nous soutient toujours l’homme contre la femme. »

Aux termes de la loi, rappelle le dernier rapport annuel d’Amnesty International, les femmes sont subordonnées aux hommes en matière de mariage, de divorce, de garde des enfants et d’héritage. Elles ne peuvent accéder à l’enseignement supérieur ni exercer un emploi rémunéré ou se rendre dans un pays étranger sans l’autorisation de leur tuteur.

 

En avril 2016, le prince Mohamed Bin Salman, désigné le mois dernier, par le roi, son père, prince héritier du trône, avait présenté un plan de réforme économique, « Vision 2030 », qui avait pour objectif de faire passer de 20 à 30 % la part des femmes dans la main d’œuvre saoudienne et « d’investir dans leurs capacités productives pour améliorer leur avenir et contribuer au développement de la société et de l’économie ».

Mais pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été prise pour mettre en œuvre ce plan. En revanche, plusieurs dizaines de milliers de femmes ont soutenu la campagne « Les saoudiennes exigent la fin du tutorat » lancée sur Twitter. En septembre dernier, près de 14 000 saoudiennes ont signé la pétition en ligne qui appelait le roi Salman à abolir le tutorat. Ce statut, maintenu par une monarchie obscurantiste et bigote, oblige chaque femme à être accompagnée d’un homme de sa famille – mari, frère ou père – pour sortir en public et exige d’elle d’obtenir l’autorisation écrite de son tuteur si elle veut voyager à l’étranger.

« Il faut bien mesurer que nous affrontons un double défi, dit Loujain Al-Hathloul, militante saoudienne des droits des femmes qui vit entre Riyad et Abou Dhabi, capitale des Émirats arabes unis, où elle étudie les sciences sociales à l’antenne locale de la Sorbonne. Les saoudiennes sont soumises aux mêmes violations des droits humains que les hommes – absence de liberté d’expression, d’association, de manifestation –, mais elles doivent, en plus, subir la discrimination et la violence inacceptables imposées par les hommes. Car aux violences physiques qu’elles doivent subir, dans une impunité totale, s’ajoutent les abus émotionnels, l’absence d’indépendance financière, la privation délibérée d’éducation. »

À 28 ans, Loujain Al-Halhoul, a déjà connu, elle aussi, les prisons du royaume. En 2014, elle a été arrêtée et détenue pendant 73 jours parce qu’elle avait bravé l’interdiction de conduire imposée aux femmes en tentant d’entrer en Arabie saoudite depuis les Émirats, au volant d’une voiture. Cette arrestation et son activité inlassable de militante lui ont valu de figurer, en 2015, en 3e place dans la liste des 100 femmes arabes les plus influentes. « En plus de la peine de prison, j’ai été punie de dix mois d’interdiction de voyager, raconte-t-elle aujourd’hui. Nous devons profiter de chaque terrain favorable pour tenter d’avancer. Le gouvernement ne peut pas emprisonner toutes les femmes qui protestent ou qui exigent le respect de leurs droits. C’est matériellement impossible et, en outre, cela compliquerait ses relations avec certains partenaires étrangers. De ce point de vue, la lutte contre l’interdiction de conduire est un combat exemplaire, parce qu’elle montre clairement qui est du côté de la modernité.

Un autre combat majeur est la campagne pour l’abolition du tutorat. Le mois dernier, nous avons constaté un signe positif du pouvoir : un décret royal a été publié, demandant aux entités gouvernementales de ne plus exiger une permission masculine pour les emplois dans le service public. C’est un réel pas en avant. D’autant que le décret indique que les organisations de défense des droits humains agréées par les autorités doivent rappeler aux femmes qu’elles peuvent bénéficier de ces dispositions. C’est la première fois que le roi reconnaît le rôle des ONG de défense des droits humains. C’est un début. »

En 2016, 153 personnes au moins ont été exécutées en Arabie saoudite, par décapitation au sabre, lapidation ou fusillade, suivant les crimes dont elles étaient accusées. Au cours des cinq années précédentes, près de 600 exécutions ont été recensées par les défenseurs de droits humains. Et ces exécutions ont été précédées par des procès iniques et des « aveux », le plus souvent arrachés sous la torture. « La torture est pratiquée par les services de sécurité d’une manière routinière, dit Yahya Assiri.L’impunité et la violence du pouvoir saoudien l’ont transformée en une méthode d’interrogatoire comme une autre. Face à une telle situation, la tâche des défenseurs des droits humains et des partisans de la démocratie est démesurée.

 

Mesurez bien ceci : promouvoir la démocratie en Arabie saoudite est un crime. Si nous la revendiquons ouvertement, nous allons perdre une partie de ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux, car ils auront peur. Nous défendons donc en priorité la liberté de parole, la possibilité pour tous les citoyens de choisir, y compris en politique, ce qu’ils jugent le mieux pour eux. Les utilisateurs des réseaux sociaux soutiennent ces valeurs. Ils ne croient plus la propagande officielle, le discours du pouvoir sur la défense de notre religion, de notre culture. Ils sont de plus en plus nombreux à mesurer que ce discours est mensonger, hypocrite. L’avenir est à nous. »

 

scène de décapitation en Arabie Saoudite: En 2016, 153 personnes au moins ont été exécutées en Arabie saoudite, par décapitation au sabre, lapidation ou fusillade, suivant les crimes dont elles étaient accusées. Au cours des cinq années précédentes, près de 600 exécutions ont été recensées par les défenseurs de droits humains

scène de décapitation en Arabie Saoudite: En 2016, 153 personnes au moins ont été exécutées en Arabie saoudite, par décapitation au sabre, lapidation ou fusillade, suivant les crimes dont elles étaient accusées. Au cours des cinq années précédentes, près de 600 exécutions ont été recensées par les défenseurs de droits humains

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 05:00
le tombeau des Patriarches et la mosquée d'Ibrahim à Hébron: mosquée et synagogue

le tombeau des Patriarches et la mosquée d'Ibrahim à Hébron: mosquée et synagogue

Communiqué de l'AFPS

 

http://www.france-palestine.org/Hebron-patrimoine-mondial-palestinien-en-peril-une-victoire-du-droit

 

Hébron, patrimoine mondial palestinien en péril : une victoire du droit

 

Le Comité du Patrimoine mondial de l’Unesco a déclaré, vendredi 7 juillet, la vieille ville d’Hébron et le lieu saint appelé Mosquée d’Ibrahim par les Musulmans et Tombeau de Patriarches par les Juifs « patrimoine mondial palestinien » et l’a inscrit sur la liste des sites « en péril ».

La réaction d’une violence sans retenue des dirigeants israéliens montre à quel point leur lobbying s’était déployé ces derniers jours pour faire échouer cette demande de la Palestine.

Comme à leur habitude, ils ont entretenu une confusion totale entre croyances religieuses et droits nationaux. D’après eux, déclarer ce site religieux « palestinien » en ferait un site « non juif » ! La ville d’Hébron se situe bel et bien en territoire palestinien et l’UNESCO ne fait que rappeler cette évidence : Israël n’a aucune souveraineté sur ce territoire quels que soient les sites religieux qu’il héberge et quelles que soient ses propres ambitions coloniales.

Et c’est cette reconnaissance qui engendre la fureur des dirigeants israéliens : malgré 50 ans d’occupation militaire, malgré une colonisation particulièrement violente à Hébron, que ce soit au cœur de la vieille ville ou en périphérie, la communauté internationale ne leur reconnait aucun droit sur cette terre.

Quant à la notion de patrimoine en péril, aucun témoin de la situation de la vieille ville d’Hébron ne peut nier qu’elle est en danger. La violence et les exactions générées par la présence en son cœur de quelques centaines de colons fanatiques - protégés et secondés par plusieurs milliers de soldats de l’armée d’occupation - en sont la cause. Le vieil Hébron est devenu un enfer pour les Palestiniens. Des centaines de boutiques ont définitivement baissé les rideaux, si bien que le centre historique, autrefois très animé n’est plus que l’ombre de lui-même. Une partie en est même complètement bouclée par l’armée d’occupation et est transformée en ville fantôme où quelques familles palestiniennes totalement isolées persistent à vivre dans un grand dénuement et harcelées en permanence par les colons.

C’est donc avec une très grande satisfaction que nous avons appris cette décision de l’UNESCO. C’est une victoire du peuple palestinien, de la diplomatie palestinienne mais aussi du mouvement de solidarité. Elle vient en particulier couronner les efforts des municipalités de Belfort et d’Arcueil qui animent depuis 2009, avec la municipalité d’Hébron, un Comité International pour la sauvegarde de la ville d’Hébron.

N’oublions pas non plus l’action des ONG palestiniennes pour faire connaître la situation à Hébron et aider les habitants à continuer à y vivre. Ni celle de deux ONG israélienne : B’Tselem qui a fourni la première caméra à une famille vivant encerclée par des colons, pour lui permettre de montrer au monde entier ce que sont les exactions des colons d’Hébron ; et « Rompre le silence », qui a publié les témoignages d’anciens soldats de l’armée d’occupation en poste à Hébron. Ces deux ONG sont – ce n’est pas un hasard - particulièrement visées par les lois liberticides récemment votées à la Knesset.

La décision du Comité du patrimoine de l’UNESCO n’est que justice. Elle n’amènera cependant pas, à elle seule, un changement de la réalité sur le terrain. Nous devons plus que jamais rester mobilisés, et nous appuyer sur cette décision pour exiger, au côté de nos partenaires palestiniens, israéliens et français, la fin de la colonisation et de l’occupation militaire de la ville d’Hébron, désormais classée comme patrimoine palestinien et toujours en péril.

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 06:35
Un premier succès grâce à vous! - le Traité d'interdiction des armes nucléaires vient d'être adopté à l'ONU (Mouvement de la Paix)
Un premier succès grâce à vous ! 

Le Traité d'interdiction des armes nucléaires vient d'être adopté à l'Onu
 
 
Aujourd'hui Vendredi 7 juillet, les Nations Unies ont approuvé un Traité d'interdiction des armes nucléaires. La Présidente de la Conférence des Nations Unies sur l'interdiction des armes nucléaires, Elayne Whyte Gómez, du Costa Rica.a indiqué hier que « c'est un moment historique, c'est le premier traité multilatéral de désarmement nucléaire à être conclu en plus de 20 ans », a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse organisée au siège de l'ONU.
 
Selon le projet de texte, le traité couvre toute l'éventail des activités liées aux armes nucléaires, interdisant à tout État partie de s'engager dans le développement, le test, la production, la fabrication, l'acquisition, la possession ou le stockage d'armes nucléaires ou d'autres dispositifs nucléaires explosifs.(Source ONU)
 
Les interdictions s'appliquent également à tout engagement à utiliser ou à menacer d'utiliser des armes nucléaires ou d'autres dispositifs nucléaires explosifs.

C'est une grande victoire pour les peuples du monde entier. Après les armes chimiques et les armes bactériologiques ce sont les armes nucléaires qui sont interdites en tant qu'armes de destruction massive, sur la base d'un Traité d'interdiction.
 
L'humanité dispose désormais d'un instrument juridique contraignant pour interdire les armes nucléaires en déclarant, sans ambiguïté, que les armes nucléaires ne sont pas seulement immorales, mais aussi illégales.
 
Tant d'années et tant de travail acharné de générations de militants contre les armes nucléaires sont couronnés par un succès.
 
Ces luttes conduites depuis 1950, ont mobilisés des dizaines de millions de personnes à travers des rassemblements multiformes, mais aussi des appels souvent initiés par les survivants d'Hiroshima et de Nagasaki (les hibakushas). Ainsi avons obtenu successivement l'arrêt des essais nucléaires dans l'atmosphère, sous la mer, puis un traité d'interdiction définitif des essais nucléaires et des Zones exemptes d'armes nucléaires sur les ¾ de la surface du Globe.
 
Aujourd'hui c'est un traité d'interdiction des armes nucléaires, élaboré dans le cadre de l'ONU par 135 Etats qui concrétise l'article 6 du Traité de Non- Prolifération signé par la France.

L'existence de ce traité va imposer à la nouvelle Assemblée Nationale de ratifier ce traité et de bannir des arsenaux français les armes nucléaires et les stratégies suicidaires qui les accompagnent.
 
Cette question va avoir un retentissement et susciter débat dans tout l'espace public, puisque le traité interdit tous les soutiens, techniques, financiers, logistiques qui participent à l'existence des armes nucléaires. Les élus locaux, administrant les riverains des sites nucléaires militaires devront eux aussi participer au débat, car le traité affirme sans ambigüité, que par leur seule présence, les armes atomiques constituent un risque majeur de catastrophe humanitaire.
 
Le Mouvement de la Paix, conscient que ce traité marque une rupture historique au sein des relations internationales en offrant l'opportunité de raviver l'esprit de la Charte des Nations Unies pour construire un processus pacifique de sécurité collective, est déterminé à mobiliser l' opinion publique en France pour que le gouvernement respecte ses engagements et ratifie ce traité en choisissant la raison contre l'enfer.
 
Le Mouvement de la paix invite ses comités et amis ainsi que la population et toutes les organisations investies dans le combat pour un monde sans armes nucléaires à:
- Propager et fêter dès à présent cette bonne nouvelle partout en France en particulier à travers des initiatives publiques.
  - 
Signer la pétition demandant l'arrêt des programmes de modernisation des armes nucléaires pour lesquels il est prévu de doubler les crédits consacrés aux armes nucléaires dans le budget de la France.
- Participer (et/ou initier) partout en France aux marches pour la paix qui auront lieu le samedi 23 septembre à l'appel du collectif en marche pour la paix qui a parmi ses objectifs la mise en œuvre du traité d'interdiction des armes nucléaires et le gel des programmes de modernisation de ces armes.
- Participer aux mobilisations qui auront lieu le Dimanche 7 octobre autour des sites liés aux armes nucléaires en France. (Île Longue, Valduc, Istres, Le Barp, etc).

Le texte adopté : https://www.mvtpaix.org/wordpress/blog/2017/07/07/communique-de-presse-le-traite-de-non-proliferation-nucleaire-un-espoir-davenirs

Saint Ouen le 7 juillet 2017

Vous trouverez ci-joint le texte du traité d'interdiction des armes nucléaires qui vient d'être adopté par l'ONU avec : 122 voix pour 1 abstention (Singapour) 1 contre (Pays-Bas)

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