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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 05:29
ROMS ET GAYS CIBLES DU FASCISME UKRAINIEN (L'Humanité, 3 juillet 2018)
ROMS ET GAYS CIBLES DU FASCISME UKRAINIEN
Mardi, 3 Juillet, 2018

Ils n’ont pas honte !. A Kiev et dans l'Ukraine, des milices d'extrèmes-droite s'attaquent aux homosexuels et aux roms. 

« Dans un camp rom de l’ouest de la ville de Lviv, des vêtements tachés de sang gisent autour des tentes, avec des jouets et des chaussures d’enfants (…) Un groupe d’hommes déloge au gaz lacrymogène des Roms dans un parc de Kiev avant de mettre le feu à leurs tentes. (…) Un militant gay ukrainien a été passé à tabac par une dizaine d’inconnus, dans une ville du centre de l’Ukraine... » Ce week-end au pays de Petro Porochenko – président oligarque aux comptes en banque panaméens – la chronique des faits divers avait des relents de IIIe Reich… Rien de plus normal dans cette Ukraine candidate à l’Union européenne où le monde politique s’est fait complice de l’intolérance qui s’y installe de manière exponentielle. Ainsi, après la chasse aux communistes l’an dernier, c’est au tour des Roms et des homosexuels d’être dans la ligne de mire. Hier, alors que Boris Zolotchenko, militant gay et membre du comité d’organisation de la Gay Pride de Kryvy Rih, était encore dans son lit d’hôpital après avoir été tabassé par une dizaine d’hommes, Igor Mossitchouk, député d’extrême droite de la Rada, n’hésitait pas à enfoncer le clou dans la chaire des libertés individuelles. « Cessez d’inciter les Ukrainiens à la violence », a éructé cet orthodoxe convaincu sur Facebook qualifiant de « pervers » les homosexuels et réclamant l’interdiction des Gay Pride à Kryvy Rih et partout en Ukraine. Quelques jours plus tôt, le 23 juin, ses amis de la milice paramilitaire « Sobre et en colère », liée au bataillon Azov (ultranationalistes combattant aux côtés de l’armée régulière ukrainienne dans le Donbass), s’étaient eux aussi fait remarquer : armés de bâtons et de couteaux, ils ont attaqué le camp rom proche de Lviv, tuant un homme de 24 ans et blessant quatre autres personnes dont un enfant. Dans le plus grand silence de l’Union européenne.

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 05:15
Indécent: des réfugiés rassemblés à Dachau dans l'ancien potager cultivé par les Juifs pour leurs tortionnaires (José Fort)

Via José Fort
Dachau, l’ancien « potager » du camp de concentration pour les réfugiés

(Ma chronique dans « La Marseillaise week end »)

La chancelière, Angela Merkel, a sauvé – pour combien de temps ?- son poste. Quant à son xénophobe ministre de l’Intérieur, il reste en fonction. Les deux branches de la droite allemande ont réussi à s’entendre sur le dos des réfugiés qui seront placés dans des « zones de transit » avant d’être expulsés.

Savez-vous où est installée la première « zone de transit » ? A Dachau, dans la banlieue de Munich !

Les plus jeunes ne savent peut être pas. Dachau est le premier camp de concentration des nazis. En 1933, le camp a été ouvert spécialement pour réprimer les communistes allemands. Puis, plus tard, il a été « modernisé » pour exterminer les Juifs, des résistants, des communistes, des homosexuels, des tziganes…

A Dachau, plus de 40.000 personnes ont été assassinées entre 1939 et 1945. Dachau, c’était l’horreur. A un point tel que les déportés survivants ont gardé le silence pendant des années ne trouvant pas les mots pour d’écrire l’indicible.

A Dachau, les réfugiés de 2018 seront rassemblés dans le « herb garden », une sorte de potager cultivé par les juifs déportés dans les années 1940 pour nourrir leurs tortionnaires. Tout un symbole.

Lorsqu’on évoque l’installation d’une « zone de transit » pour réfugiés dans sa commune à proximité de l’ancien camp de concentration, le maire de Dachau trouve la perspective « sympathique et humaine ». « L’endroit est calme et loin de tout », ose-t-il vomir. Dans les années 1940, ses grands-parents n’avaient rien vu, rien entendu. Sa surdité et son aveuglement relèvent certainement d’un héritage familial.

Dans la « Barbarie ordinaire, music à Dachau », Jean Clair écrit : « la mémoire - la culture – joua un rôle majeur dans le destin des déportés. » Et il prend pour exemple le peintre Zoran Music qui a réalisé au risque de sa vie une centaine de dessins décrivant ce qu’il a vu: les scènes de pendaison, les fours crématoires, les cadavres empilés. Peux-t-on oublier de telles horreurs ?

Des alliances politiques véreuses, des compromis mortifères, enterrent une tragédie ou plutôt lui donne une seconde vie. A Dachau, les nazis peuvent relever la tête : avec l’installation des réfugiés à la porte du camp, ils prennent leur revanche.

Leurs descendants new look commencent eux aussi à s’installer : l’Union européenne avec à sa tête pour six mois le chancelier autrichien gouvernant avec les amis de Mme Le Pen, l’extrême droite aux affaires en Italie, en Hongrie et en Pologne. Cela commence à faire beaucoup. A laisser faire, le réveil pourrait être funeste.

José Fort

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4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 18:49
Chili: les assassins du chanteur et poète Victor Jara enfin condamnés

CHILI : LES ASSASSINS DE VICTOR JARA ENFIN CONDAMNES 
Il était temps. Quarante-cinq ans après les faits, huit militaires chiliens à la retraite ont été condamnés, mardi 4 juillet, à des peines de 15 ans de prison pour le meurtre du chanteur et poète chilien Victor Jara lors du coup d'Etat en 1973 du général Pinochet. Un neuvième accusé a été condamné à cinq ans de prison pour avoir couvert ce meurtre. Alors âgé de 40 ans, Victor Jara était un chanteur et un directeur de théâtre reconnu. Il avait soutenu Salvador Allende lorsque ce dernier menait campagne pour être élu à la présidence du Chili en 1970. Comme des milliers d'autres partisans du président socialiste, Victor Jara a été arrêté par l'armée dans la foulée du coup d'Etat et conduit dans le stade de football de Santiago du Chili qui porte aujourd'hui son nom. Ses mains ont été écrasées à coups de crosse avant d'être battu au cours de sa brève incarcération. Retrouvé quelques jours plus tard, son cadavre était criblé de plusieurs dizaines de balles... 
Long article à lire, jeudi 5 juillet, dans l'Humanité.

Jean-Emmanuel Ducoin

A la mémoire de Victor Jara. Julos Beaucarne: lettre à Kissinger

Víctor Lidio Jara Martínez  était un chanteur auteur-compositeur-interprète populaire chilien.

Membre du Parti communiste chilien, il fut l'un des principaux soutiens de l'Unité Populaire et du président Salvador Allende. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne (Las Casitas del Barrio Alto, Ni Chicha Ni Limona), contestent la guerre du Viêt Nam (El Derecho de Vivir en Paz), rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines (Corrido De Pancho Villa, Camilo Torres, Zamba del Che), mais aussi au peuple et à l'amour (Vientos del pueblo, Te recuerdo Amanda).

Arrêté par les militaires lors du coup d'État du 11 septembre 1973, il est emprisonné et torturé à l'Estadio Chile (qui se nomme aujourd'hui Estadio Víctor Jara) puis à l'Estadio Nacional avec de nombreuses autres victimes de la répression qui s'abat alors sur Santiago. Il y écrit le poème Estadio de Chile qui dénonce le fascisme et la dictature. Ce poème est resté inachevé car Víctor Jara est rapidement mis à l'écart des autres prisonniers. Il est assassiné le 15 septembre après avoir eu les doigts coupés par une hache.

Après avoir été enterré semi-clandestinement le 18 septembre 1973, il est enterré le 5 décembre 2009 (après 3 jours d'hommage populaire) dans le Cimetière Général de Santiago lors d'une cérémonie à laquelle assistèrent sa veuve Joan Turner et leurs deux filles Manuela et Amanda, l'ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet, et plus de 5000 personnes.

Après un parcours à travers les différents quartiers de Santiago, les restes du chanteur furent apportés au Memorial de Detenidos Desaparecidos, pour une cérémonie intime où sa famille lui a rendu hommage, avant que Victor Jara ne soit enterré au Cimetière Général. Certaines de ses chansons les plus connues, comme Te recuerdo Amanda ou Plegaria a un labrador, ont été entonnées par le public présent[2].

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=U1VxD6boMdg

http://www.youtube.com/watch?v=ofdnUcu-_3c

 

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4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 06:39

Ian Brossat

 

Ian Brossat est le fils d’Alain Brossat, professeur de philosophie à l'Université de Paris VIII. Il effectue des études de lettres à l'École normale supérieure de Lyon, puis il devient agrégé de lettres modernes en 2003. Il est professeur au lycée Jean-Jacques-Rousseau de Sarcelles (Val-d’Oise) depuis 2005

 

Ian Brossat adhère en 1997 au Parti communiste français, à 17 ans1. Il milite pour ce parti durant ses études, et il est élu à la direction de la fédération de Paris du PCF en 2002.

Il se présente aux élections régionales de 2004, sur la liste conduite par Marie-George Buffet. Il devient secrétaire de la section du PCF dans le 14e arrondissement en 2006, et est élu au Conseil national du PCF la même année. Il devient l'un des principaux responsables de la Fédération de Paris du PCF, successivement en charge des secteurs de la jeunesse, de la formation et de la communication. Il est responsable du secteur « élections » depuis janvier 2009.

Candidat aux élections législatives de 2007 dans le 14e arrondissement de Paris, il est nommé ensuite porte-parole du PCF Paris pour les élections municipales. Il est alors éluconseiller de Paris aux élections municipales de 2008, dans le 18e arrondissement, sur la liste menée par Bertrand Delanoë et Daniel Vaillant. Il prend la présidence du groupe communiste au Conseil de Paris, succédant ainsi à Jean Vuillermoz. Il est ainsi le plus jeune président de groupe du conseil de Paris.

Au sein de l'assemblée parisienne, il milite en faveur d'une accélération de la construction de logements sociaux notamment dans le 16ème arrondissement sur les terrains du parc Sainte-Périne situé en bordure de l'hopital Sainte-Périne. Il fait voter un vœu exigeant que les bailleurs sociaux remboursent systématiquement les charges d'ascenseur lorsque ceux-ci sont en panne. A partir de décembre 2009, il préside une mission d'information visant à améliorer l'entretien des ascenseurs à Paris. Il se prononce en faveur des tours, à condition qu'elles permettent d'accroître la place du logement et de l'emploi. En juillet 2008, il s'est démarqué de la majorité municipale de Bertrand Delanoë en se prononçant contre la privatisation de la collecte des ordures ménagères à Paris. De même, il s'oppose à la mise en place de la vidéosurveillance à Paris, malgré le soutien du maire de Paris au plan « 1 000caméras » lancé par la préfecture de police.

En février 2009, il fait voter à l'unanimité un vœu visant à dénoncer l'interdiction faite aux homosexuels de donner leur sang. Alors que la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé le maintien de la réglementation en vigueur depuis l'affaire du sang contaminé, Ian Brossat demande l'ouverture d'un débat démocratique et transparent sur cette question. Avec les communistes parisiens, il est à l'initiative d'une distribution de préservatifs en mars 2009 sur le parvis de Notre-Dame, place Jean-Paul-II, pour protester contre les propos de Benoît XVI sur l’usage du préservatif. Engagé sur le front de la lutte contre les discriminations, il obtient la mise en place d'une campagne alertant sur les dangers engendrés par l'usage des crèmes éclaircissantes qui font des ravages dans le 18e, particulièrement à Château Rouge. À l'occasion du 90e anniversaire du PC israélien, il se rend en novembre 2009 à Haïfa. Il rend alors visite à Salah Hamouri, Franco-Palestinien détenu dans la prison de Gilboa au Nord d'Israël. Au nom du groupe PCF/PG, il demande également à la ville de Paris d'interdire les concerts du groupe de rap "Sexion d'assaut" pour les multiples propos homophobes que ce groupe a tenus dans ses chansons et dans la presse.

En 2010, il soutient les versements proposés par l'UMP à la mairie de Paris, dans le cadre des enquêtes sur les accusations d'emplois fictifs dont aurait profité le RPR lorsque Jacques Chirac était maire de Paris. Selon lui, "la principale conséquence de ce que certains appellent à tort un « accord » est d’affirmer pour la première fois la culpabilité de l’ancien maire. Car payer, c’est avouer. Grâce à ce protocole, la ville obtient ses aveux.

Et si on prenait le pouvoir? - Ajoutée le 28 juin 2018 Émission "Expression libre" avec Ian Brossat, chef de file du PCF pour les élections européennes de 2019
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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 06:03
Elections au Mexique: la gauche chasse le pouvoir réactionnaire en place (PCF - 2 juillet 2018)

Élections au Mexique : la gauche chasse le pouvoir réactionnaire en place

 

Le candidat de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador (parti Morena, Mouvement de régénérescence nationale) a remporté ce dimanche 1er juillet l'élection présidentielle mexicaine. C’est une véritable victoire de la gauche avec 53,7% des suffrages exprimés contre le candidat José Antonio Meade qui n’obtient que 15,2% (Parti révolutionnaire institutionnel qui était au pouvoir). Quant au candidat conservateur Ricardo Anaya, il arrive en 2e position avec 22%.des voix.

Avec ses alliés évangélistes « Encuentro Social », le nouveau président obtient la majorité à l’Assemblée et au Sénat, tout comme il gagne de nombreux postes régionaux ou locaux. Le parti Morena remporte notamment la mairie de Mexico où pour la 1ère fois, une femme, Claudia Sheinbaum, scientifique de 56 ans et fidèle du président, est élue à la tête de la mégapole mexicaine.

Ce séisme politique mexicain est une bonne nouvelle pour le continent latino-américain qui fait face actuellement à une contre-offensive néolibérale. En effet, Donald Trump ne cesse de vilipender des déclarations plus qu'insultantes à l’encontre des Mexicains qu’il tient comme responsables de la délinquance dans son pays.

Le Mexique a donc choisi le changement. De nombreux défis attendent Andrés Manuel Lopez Obrador sur le terrain des relations avec les États-Unis, le traité de libre-échange (entre le Canada, les États-Unis et le Mexique) qui est dans une phase délicate de renégociation après avoir été dénoncé par Donald Trump, tout comme la question migratoire, point de friction entre les deux pays.

Dans un pays marqué par la violence - plus de 200 000 personnes ont été tuées depuis 2006, près de 145 assassinats d’hommes et femmes politiques pendant la campagne présidentielle, dont 48 candidats ou pré-candidats -, l’objectif du président élu est d'éradiquer la pauvreté qui alimente ces violences, et de bannir la corruption qui est un des principaux fléaux du Mexique.

Le PCF félicite et apporte tout son soutien à Andrés Manuel Lopez Obrador et à ses alliés pour cette victoire sans appel qui sera, sans nul doute, un point d’appui pour l’ensemble des progressistes de la région.

Parti communiste français
le 2 juillet 2018

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 06:06
Migrants et réfugiés: retablissons quelques vérités...

Rétablissons quelques vérités ! Les six pays les plus pauvres du monde accueillent 51% des réfugiés. Les six pays les plus riches, seulement 9%. En Suède, c'est un réfugié pour 101 habitants, en Allemagne 1 pour 141 et en France 1 pour 1340. Et après, certains en France hurlent à l'invasion migratoire...

10 000 migrants sont morts en Méditerranée depuis 2010: c'est l'hécatombe sur la frontière la plus meurtrière du monde du fait de la politique des Etats européens. Et cela n'est pas près de changer avec le dernier sommet européen!  

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 15:37

DIMANCHE 1 JUILLET 2018

 
Crédibilité de la parole
 
 
Méfions-nous des belles paroles que les faits, souvent, contredisent. Les 28 pays de l’Union ont donc trouvé un accord sur la question migratoire. Ils auraient ainsi sauvé l’Europe… à défaut de sauver les migrants. «La coopération européenne l’a emporté!» a exulté Emmanuel Macron. La réalité est affligeante. Des «plates-formes de débarquement» pourraient être créées hors UE, en Afrique du Nord, dans des pays non consultés: la Tunisie, le Maroc et l’Albanie ont d’ores et déjà refusé! En Europe, des «centres contrôlés» seront installés, mais sur la base du volontariat: la France et l’Italie –qui se veulent les promoteurs de cet accord– refusent d’y participer! Et ils nous parlent d’un succès pour l’Europe…

Non seulement les accords de Dublin n’ont pas été abrogés, mais rien ne permet de dire que la «coopération» sera renforcée, comme l’affirme le chef de l’État. Récemment, celui-ci s’indignait pourtant de la progression des nationalismes, cette «pègre qui monte» (dixit), et du sort réservé aux migrants sur notre continent et aux États-Unis. Et chez nous? A-t-il permis l’accueil de l’Aquarius et du Lifeline? Et sa loi asile-immigration, n’est-elle pas plus restrictive que jamais?

La crédibilité de la parole, ça se gagne. Il suffira, pour s’en convaincre, de lire l’entretien accordé dans Society par le maire socialiste de Grande-Synthe, Damien Carême, acteur actif de l’accueil aux réfugiés. Celui-ci rapporte une rencontre avec le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. «Je l’ai vu trois quarts d’heure et il ne m’a parlé que de répression, affalé sur sa chaise, en lançant: “Je n’en ai rien à foutre des associations, je n’ai rien à prouver et à Lyon, je les ai virées”!» Abjects, non? Pour mémoire, Emmanuel Macron vient de recadrer, puis de limoger l’ambassadeur de France à Budapest, qui avait érigé la Hongrie en «modèle» dans sa gestion des migrants, qualifiant de « fantasmagoriques » les accusations de nationalisme à l’égard de Viktor Orban (épinglé par l’UE, l’OSCE et l’ONU pour ses entorses à l’État de droit). Nous attendons avec impatience que le président limoge à son tour Gérard Collomb. Seulement voilà, ce serait comme s’il se sanctionnait lui-même… et au passage son infâme politique de l’immigration! 
 
[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 2 juillet 2018
Crédibilité de la parole - éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin, L'Humanité, 2 juillet 2018: quand Macron et l'Europe veulent sous-traiter la rétention des migrants à des pays peu regardants sur les droits de l'Homme
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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 06:26
Aminata Traoré en 2016 - photo Francine Bajande

Aminata Traoré en 2016 - photo Francine Bajande

AMINATA DRAMANE TRAORÉ : « LES MIGRANTS SONT LES RÉFUGIÉS D’UNE GUERRE ÉCONOMIQUE »
Jeudi, 28 Juin, 2018

Pour l’essayiste Aminata Dramane Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, la « crise migratoire » est d’abord le symptôme de l’échec d’une marche forcée vers le libre-échange.

En quoi les procédures de tri appliquées aux migrants relèvent-elles des logiques néolibérales, capitalistes ?

Aminata Dramane Traoré Je pense, d’abord, que cette politique de l’« immigration choisie » ne date pas d’aujourd’hui. Nicolas Sarkozy, celui qui a prononcé le discours sur « l’homme africain » à Dakar, revendiquait cette politique de tri. Les dirigeants européens savent parfaitement que le défi est éminemment économique. Ils ont cruellement besoin des richesses des pays d’origine de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants dont ils ne veulent pas sur leur sol. Ceux qui organisent la chasse à l’homme sur leur territoire, en mer, dans le désert sont largement responsables de la paupérisation de ces populations. On occulte complètement les causes historiques et structurelles de l’errance de ces hommes et de ces femmes, la responsabilité des pays européens dans la destruction des écosystèmes, du tissu économique et social qui pousse des populations à s’exiler. On parle de « migrants économiques », comme si le commerce ne prenait pas la forme, aujourd’hui, d’une guerre livrée à des peuples qui n’ont rien demandé. Toute l’histoire de la relation Union européenne-ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique – NDLR) se résume à une marche forcée vers le libre-échange, de la convention de Yaoundé, en passant par Lomé I, II, III, jusqu’à l’accord de Cotonou et aux accords de partenariat économique. Cette question du libre-échange est au cœur du sort de tous les migrants, qu’il s’agisse des Latino-­Américains ou des Africains. La particularité de notre situation, c’est le retour d’un racisme anti-Noirs qui n’a jamais été aussi décomplexé depuis les indépendances. Les passagers de ces embarcations de fortune, en Méditerranée, sont en majorité des Noirs. On les désigne comme des « migrants économiques ». Ce qui signifie : ces gens-là, les Subsahariens, ne fuient pas des guerres. Mais comment peut-on prétendre aujourd’hui qu’il n’y a pas de guerre au Mali, au Nigeria, en Centrafrique ? Ceux qui nous ont embarqués dans ces guerres osent aujourd’hui projeter d’ouvrir des centres européens de tri dans ces mêmes pays.

La frontière européenne se déplace en effet vers les pays de provenance des migrants…

Aminata Dramane Traoré Là encore, ces logiques de sous-traitance de la violence policière, institutionnelle contre les migrants se déploient depuis longtemps. Les premières personnes blessées, tuées à Ceuta et Melilla se heurtaient déjà à cette frontière européenne délocalisée. Nos pays sont sommés, par ailleurs, de signer des accords de réadmission des migrants : « Reprenez vos gens mais, pendant ce temps, libéralisez davantage, ouvrez vos frontières à nos entreprises accompagnées de nos armées ! »

Officiellement, la mission des militaires français de l’opération « Barkhane » se concentre sur la lutte antiterroriste. Mais cette opération se redéploie avec, pour épicentre, le Niger et, pour objectif, le contrôle des migrants. Qu’en pensez-vous ?

Aminata Dramane Traoré Je n’ai jamais eu d’illusions sur les missions de « Serval », puis de « Barkhane ». En fait, on criminalise les migrants sous prétexte qu’ils auraient des opportunités économiques chez eux alors qu’on sait parfaitement que, dans ces pays, l’État, les services et les biens publics ont été détruits par les plans d’ajustement structurel. À un jet de pierre de Paris, en Seine-Saint-Denis, ce sont les mêmes maux, l’État est absent, les conditions d’accès aux soins, à l’éducation se dégradent. Les mêmes logiques sont à l’œuvre. Au terme de plusieurs décennies de coopération, d’accords économiques, nous nous retrouvons dans une situation ingérable. En 2015, alors qu’était célébrée l’Année européenne du développement, surgissait cette « crise migratoire », dans une concomitance très frappante. Les conséquences des ingérences en Libye et en Syrie explosent aujourd’hui à la figure des dirigeants européens, qui se tournent vers les victimes de ces situations pour leur dire : « Restez chez vous ! » Mais comment peut-on survivre dans ces économies de guerre ? En fait, nous assistons à un naufrage moral de l’Europe, du commerce international et de la finance.

Ceux que l’on désigne comme des « migrants économiques » sont-ils des réfugiés de guerre, des réfugiés climatiques ?

Aminata Dramane Traoré Avec les conséquences du changement climatique, les sécheresses récurrentes, l’insécurité alimentaire vient compliquer encore des situations déjà intenables. Ces migrants sont donc en effet des réfugiés climatiques et des réfugiés de guerre. Aujourd’hui, c’est la hiérarchie militaire française, le commandant de l’opération « Barkhane » lui-même, qui affirme qu’il n’y a pas de solution militaire au Mali. Le Sénat français admet que cette stratégie a atteint ses limites. Les attaques de ces derniers mois témoignent d’une dangereuse dégradation de la situation sécuritaire au Sahel. Il faut une solution politique malienne. Mais, de grâce, qu’on nous laisse définir nous-mêmes cette réponse politique, en lui donnant un contenu social, culturel, écologique, en imaginant une autre économie. La question migratoire comme la question sécuritaire sont d’abord des symptômes de l’échec du néolibéralisme.

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 12:23
La détention administrative de Salah Hamouri, 10 mois après sa mise en détention sans motif, prolongée de 3 mois (Liberté pour Salah Hamouri, 27 juin 2018)

L'abjecte nouvelle vient de tomber : Salah Hamouri reste en prison.
Un nouvel ordre vient d'être émis, la détention administrative de Salah est prolongée de 3 mois.

 Après 10 mois de détention, toujours aucune charge n'est prononcée contre notre compatriote.
 Après 10 mois de détention, les demandes des autorités françaises, y compris du Président Emmanuel Macron en personne à Netanyahou n'ont eu aucun effet sur les autorités israéliennes qui s'acharnent sur Salah Hamouri.
 Après 10 mois d'injustice qui se prolongent aujourd'hui, nous demandons une nouvelle fois quels moyens sont mis par France Diplomatie pour faire respecter un Français arbitrairement incarcéré. C'est un homme, une famille qui sont atteints brutalement par cette décision perverse. Mais c’est aussi la France qui est insultée avec cette prolongation alors qu'elle n'a de cesse de dérouler le tapis rouge aux dirigeants israéliens.

📍Dans ces conditions nous demandons solennellement au Président Macron de manifester publiquement sa position de soutien à Salah Hamouri et qu’il reçoive son épouse, Elsa Lefort, afin de l’informer des dispositions qu’il entend prendre face à cette situation qui n’a que trop duré. La liberté de Salah Hamouri ne saurait s’arrêter aux frontières de l’Etat israélien. La liberté est universelle, la France doit en être dépositaire et actrice majeure.

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 06:00
Répression judiciaire féroce contre les leaders du mouvement social et démocratique du Rif au Maroc

‪20 ans de prison ferme pour les détenus politiques Nasser Zefzafi, Nabil Ahamjik, Ouassim El Boustati et Samir Ighid, leaders de la révolte qui a éclaté dans le Rif après la mort de Mouhcine Fikri, ce jeune vendeur de poisson broyé dans une benne à ordures après la saisie de sa marchandise. Les autres porte-voix du Hirak, une cinquantaine détenus depuis un an à Casablanca, écopent de peines allant de 3 à 15 ans de prison. Le syndicaliste Mohamed Jelloul est condamné à 10 ans de prison. Les journalistes Mohamed Asrihi, directeur de Rif 24 et Rabie El Ablak, très affaibli par sa grève de la faim, prennent 5 ans. Ils ont été maltraités, humiliés, torturés. Ils ne faisaient que demander PACIFIQUEMENT justice et une vie meilleure, ils finissent dans les geôles du roi.

Rosa Moussaoui, journaliste à l'Humanité - 27 juin 2018 

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