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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 05:46

Par Ben White, le 16 mars 2017

 

Un nouveau rapport de l’ONU accuse Israël d’avoir établi « un régime d’apartheid qui opprime et domine le peuple palestinien dans son ensemble ».

La publication intervient au milieu d’un nouveau débat sur la question de savoir si, par sa politique de colonisation et son rejet de l’autodétermination palestinienne, le gouvernement israélien crée – ou même a déjà créé – un « État unique » de fait, que les critiques considère comme une forme d’apartheid.

Le rapport exhorte les gouvernements à « soutenir les activités de boycott, désinvestissement et sanctions [BDS] » et à « répondre positivement aux appels à de telles initiatives ».

Le rapport « Pratiques israéliennes envers le peuple palestinien et la question de l’apartheid » a été commandé et publié par la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale (ESCWA) et publié à Beyrouth.

John Reynolds, professeur de droit à l’Université nationale d’Irlande, Maynooth, a déclaré à Al-Jazeera que le rapport « ouvre de nouvelles perspectives dans le contexte de l’analyse de la situation en Palestine par l’ONU ».

L’envoyé d’Israël aux Nations Unies, Danny Danon, a publié mercredi une déclaration condamnant le rapport.

« La tentative d’égratigner et calomnier la seule véritable démocratie au Moyen-Orient en créant une fausse analogie, est méprisable et constitue un mensonge flagrant », a-t-il déclaré.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, interrogé sur le rapport, a déclaré qu’il a été publié sans consultation préalable du Secrétariat de l’ONU et que ses vues ne reflètent pas celles du secrétaire général.

Le rapport a été rédigé par deux critiques des pratiques israéliennes : Virginia Tilley, professeur de sciences politiques à Southern Illinois University, et Richard Falk, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens et professeur émérite de droit international à l’Université de Princeton.

Le rapport affirme qu’Israël est « coupable de politiques et de pratiques qui constituent le crime d’apartheid » , que « le consensus des experts est que l’interdiction de l’apartheid est universellement applicable, qu’il n’a pas disparu du fait de l’effondrement de l’apartheid en Afrique du Sud », et qu’il est un crime contre l’humanité en vertu du droit international coutumier et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale ».

Le rapport est une « analyse détaillée de la législation, des politiques et des pratiques israéliennes » qui souligne comment Israël « opère un régime d’apartheid », y compris par le biais de « la politique volontariste démographique ».

Les citoyens palestiniens d’Israël sont décrits comme « soumis à l’oppression sur la base de ne pas être juif », ajoute le rapport.

De même, les Palestiniens de Jérusalem-Est ressentent une « discrimination dans l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi, à la résidence et aux droits de construction », et sont soumis aux  « expulsions et démolitions de maisons ».

Les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza sont régis par le « droit militaire » aux côtés des colons juifs « régis par le droit civil israélien », indique le rapport.

Les réfugiés et les exilés palestiniens sont « interdits de retourner chez eux en Israël et dans le territoire palestinien occupé », car ils constituent « une menace démographique » et que leur retour « modifiera le caractère démographique d’Israël ».

Le rapport recommande aux Nations Unies et à ses États membres de soutenir la campagne BDS, et de « relancer le Comité spécial contre l’apartheid et le Centre des Nations Unies contre l’apartheid (qui a existé de 1976 à 1991)» qui aura pour mission de « produire un rapport contraignant sur les pratiques israéliennes et les politiques relatives au crime d’apartheid ».

Le rapport suggère également qu’un avis consultatif soit demandé à la Cour internationale de Justice « sur la question de savoir si les moyens utilisés par Israël pour maintenir son contrôle sur le peuple palestinien constituent le crime d’apartheid ».

David Keane, professeur agrégé de droit à l’Université de Middlesex, a déclaré que le nouveau rapport diffère des précédents sur le sujet parce qu’il « accole expressément l’étiquette d’apartheid ».

Le rapport pourrait contribuer à détériorer encore un peu plus les mauvaises relations entre le gouvernement du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et les Nations Unies.

« Pour les Palestiniens et leurs alliés, le rapport aidera à fournir une base solide pour leurs initiatives », a déclaré à Al Jazeera Nadia Hijab, directrice exécutive d’Al-Shabaka ( Réseau politique palestinien).

Faisant référence à la réputation et à la crédibilité des auteurs, Hijab décrit le rapport comme « un document clair et concis » dont les recommandations sont « opportunes et tout à fait nécessaires ».

Ben White est journaliste indépendant, écrivain et militant, spécialiste Palestine/Israël. Il est diplômé de l’université de Cambridge. Il a notamment écrit Être palestinien en Israël – Ségrégation, discrimination et démocratie – Suivre sur Twitter : @benabyad

Source: Al Jazeera

Ben White

Ben White

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 20:21
Palestine: le non de Hollande à la reconnaissance d'un Etat (Politis, 9 mars 2017)

Un ultime renoncement, une ultime déception des attentes des progressistes, des partisans de la paix et de la décolonisation. Pathétique! Alors que l'Assemblée avait voté pour la reconnaissance de l'Etat Palestinien...

 

François Hollande a répondu à la lettre ouverte que lui avaient adressée, quelques jours auparavant, 154 parlementaires.

Politis, jeudi 9 mars 2017

« Une reconnaissance unilatérale de l’État palestinien par la France n’aurait pas aujourd’hui l’effet d’entraînement souhaité sur nos partenaires. » Tel est l’essentiel de la réponse de François Hollande à la lettre ouverte que lui avaient adressée, quelques jours auparavant, 154 parlementaires parmi lesquels Pierre Laurent, Marie-George Buffet, Pouria Amirshahi, Cécile Duflot, la sénatrice EELV Esther Benbassa et le socialiste Mathieu Hanotin, directeur de campagne de Benoît Hamon.

Dans un courrier daté du 28 février, François Hollande dit faire sienne la phrase des parlementaires : « Le peuple palestinien est fondé à se doter d’un État ». Il rappelle l’initiative de la France qui avait abouti, le 15 janvier, à la réunion à Paris de 70 États et organisations internationales. Il rappelle aussi le vote, en décembre, de la résolution 2334 des Nations unies condamnant la colonisation. « Là aussi, la France a joué son rôle », écrit-il.

Mais pour le président de l’Association France-Palestine Solidarité (voir tribune sur Politis.fr), François Hollande s’attribue des initiatives qu’il a parfois combattues. Taoufiq Tahani rappelle les propos tenus par le Président français devant Benyamin Netanyahou, en octobre dernier, tout à fait hostiles à la demande de reconnaissance formulée par l’Autorité palestinienne. Ce qui jette un autre éclairage sur les motifs du refus de reconnaissance par la France.

(revue de presse de l'AFPS)

Palestine: le non de Hollande à la reconnaissance d'un Etat (Politis, 9 mars 2017)
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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 13:20
Liberté pour Jamal Abil Leil! « Soit je sors parce que vous n’avez rien contre moi, soit je meurs en prison, mais je continuerai ma grève de la faim ». Solidarité pour Jamal Abu Leil #palestine http://www.france-palestine.org/Urgence-solidarite-pour-Jam…

Liberté pour Jamal Abil Leil! « Soit je sors parce que vous n’avez rien contre moi, soit je meurs en prison, mais je continuerai ma grève de la faim ». Solidarité pour Jamal Abu Leil #palestine http://www.france-palestine.org/Urgence-solidarite-pour-Jam…

Brest, 11 mars 2017 - Solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens et Jamal Abul Leil

Brest, 11 mars 2017 - Solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens et Jamal Abul Leil

URGENT : Solidarité avec Jamal Abu Leil !

L'Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villesFrançaises (AJPF), fondée par Fernand Tuil et aujourd'hui présidée par Patrick Le Hyaric, lance un appel urgent pour la solidarité avec JAMAL ABU LEIL et les prisonniers palestiniens (voir ci-dessous).

Cet ami palestinien, rencontré plusieurs fois au camp de Kalendia lors de délégations de solidarité organisées par l'AJPF, a été mis en prison par les Israéliens le 15 février 2016 sous le régime totalement arbitraire de la « détention administrative » (sans jugement, sans même que le motif de son emprisonnement soit communiqué au détenu), renouvelable de 6 mois en 6 mois.

La détention de Jamal vient d'être à nouveau prolongée de 6 mois et celui-ci, comme d'autres prisonniers palestiniens avant lui, a entamé une grève de la faim pour protester contre cette décision.

Il a besoin de toute notre solidarité.

 

Yvonne et Piero Rainero.

 

L'affiche dont il est question est celle qui accompagne ce billet et que l'on retrouve aussi sur le site de l'AFPS qui a repris l'appel :

Jamal

 

Ecoutez aussi l'interview de Patrick Le Hyaric au sujet de Jamal :

 

Exigeons la libération de Jamal Abu Leil

Solidarité avec Jamal Abul Leil, gréviste de la faim, et les autres prisonniers politiques palestiniens
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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 13:13
C'est la "pire crise humanitaire" dans le monde depuis 1945 alerte l'ONU
AVEC AFP
DIMANCHE, 12 MARS, 2017
L'HUMANITE
Photo Tony Karumba/AFP
 

Les Nations Unies ont averti ce samedi que le monde est confrontée à la "pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale", avec un risque de malnutrition et de famine pour 20 millions d'habitants de trois pays d'Afrique et au Yémen.

Somalie, Soudan du Sud, Nigeria et Yémen, tous en proie à des conflits armés, sont les pays cités dans la déclaration faite vendredi devant le Conseil de sécurité par le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, Stephen O'Brien. Le responsable qui s'est rendu au début du mois au Yémen, au Soudan du Sud et en Somalie, a lancé un appel à une mobilisation urgente, réclamant 4,4 milliards de dollars à la communauté internationale d'ici juillet pour "éviter une catastrophe." LIRE LA DÉCLARATION (en anglais)
"Les Nations Unies lancent un avertissement, le monde fait face à sa pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, avec plus de 20 millions de gens confrontés à la faim et à la famine dans quatre pays", a-t-il déclaré.
"Sinon, on peut prédire que beaucoup de gens vont mourir de faim, perdre leurs moyens de subsistance et voir annulés les acquis politiques durement gagnés au cours des dernières années", a ajouté M. O'Brien. "Sans des efforts collectifs et coordonnés à l'échelle mondiale, des gens vont tout simplement mourir de faim. Beaucoup d'autres vont souffrir et mourir de maladie. Des enfants vont être retardés (dans leur développement) et manqueront l'école. Des moyens d'existence, des avenirs et des espoirs seront perdus", a averti le secrétaire général adjoint.
Le Yémen, a-t-il souligné, est actuellement le théâtre de la "pire crise humanitaire au monde". Deux tiers de sa population - 18,8 millions de personnes - ont besoin d'assistance et plus de sept millions "ignorent d'où proviendra leur prochain repas", a-t-il dit en faisant état de déplacements massifs de populations, déracinées par les combats entre forces gouvernementales et houthistes. Le conflit a déjà fait plus de 7.400 morts et 40.000 blessés depuis mars 2015, selon l'ONU.
De récents accords entre les belligérants ont permis l'acheminement d'une aide alimentaire à 4,9 millions de personnes le mois derniers. "Pourtant, toutes les parties au conflit refusent arbitrairement un accès durable aux humanitaires et instrumentalisent l'aide à des fins politiques", a déclaré M. O'Brien. Il a estimé que 2,1 milliards de dollars étaient nécessaires pour aider 12 millions de gens et annoncé qu'une conférence au niveau ministériel aurait lieu le 25 avril à Genève en présence du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres pour lever des fonds.
Au Soudan du Sud, M. O'Brien a dit avoir trouvé "la situation pire que jamais", en raison de la guerre civile qui ravage le pays depuis décembre 2013. Les parties du conflit sont responsables de la famine, a-t-il accusé. Plus de 7,5 millions de personnes ont besoin d'aide, soit 1,4 million de plus que l'an dernier, dans ce pays qui compte 3,4 millions de déplacés. En Somalie, c'est plus de la moitié de la population -- 6,2 millions d'habitants -- qui a besoin d'aide et de protection, dont 2,9 millions menacés par la famine. Près d'un million d'enfants de moins de 5 ans souffriront cette année de grave malnutrition, a-t-il dit, dans ce pays plongé depuis près de trois décennies dans le chaos et la violence entretenus par des milices claniques, des gangs criminels et l'insurrection des islamistes shebab.
"Ce que j'ai vu et entendu lors de ma visite en Somalie était bouleversant - des femmes et enfants marchent des semaines à la recherche de nourriture et d'eau". "Ils ont perdu leur bétail, les sources d'eau potable se sont asséchées et ils ne leur reste plus rien pour vivre", a-t-il noté, ajoutant qu'on assistait à un vaste mouvement de population vers les centres urbains. Enfin, dans le nord-est du Nigeria, théâtre de l'insurrection des islamistes de Boko Haram depuis 2009, frappé par le changement climatique et victime de la mauvaise gouvernance, plus de 10 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire, dont 7,1 millions sont "confrontées à une grave précarité alimentaire", a dit M. O'Brien. Lors de la Conférence d'Oslo sur le Nigeria et le bassin du lac Tchad le mois dernier, des contributions à hauteur de 672 millions de dollars ont été annoncées, en deçà de l'appel, fixé à 1,5 milliard de dollars.
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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 07:39
La famine menace 20 millions d'africains (Ouest-France, 8 mars 2017)
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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 19:06
Migrants: Malte, le sommet de l'abandon (PCF)

Malte ou le sommet de l’abandon

 

Le sommet européen qui sest tenu à Malte le 3 février a été en partie consacré aux questions migratoires.

Dans le prolongement du sommet de La Valette il y a un an, les chefs dEtats ont décidé de confier la responsabilité à des pays du sud de la Méditerranée centrale de bloquer les migrants sur le territoire et de les renvoyer chez eux.

Tous les regards se sont tournés vers la Libye doù partent une grande partie des migrants venant dAfrique de lest. Les mesures adoptées par les chefs dEtats à lunanimité sont le renvoi des migrants parvenus sur le sol européen vers la Libye où ils seront accueillis dans des camps, en échange de compensations financières. Par ailleurs, « il sera fait appel aux tribus dans le sud de la Libye », a déclaré le Premier ministre maltais et les moyens de garde-côtes libyens seront renforcés.

Ces mesures consacrent la volonté de lUnion européenne de tout mettre en œu­vre pour faire obstacle à la venue de nou­veaux exilés voulant fuir les guerres, les persécutions, la misère dans leur pays. Cest un pas de plus dans labandon et le reniement des valeurs et des devoirs daccueil et dasile que lUE sétait elle-même fixée à sa naissance.

Cet accord a aussitôt été dénoncé par les ONG. Lambassadeur dAllemagne au Niger a déclaré en parlant de la Libye : « Sur une base quotidienne il y a des cas dexécutions de migrants, de tortures, de viols, et dabandons dans le désert ». Lhypocrisie est à son comble quand Donald Tusk ose, à lissue du sommet de Malte, déclarer « que les plans européens seront mis en œuvre dans le respect total des droits de lHomme ». Et la France sest tue devant les nouveaux drames qui se préparent.

A cela sajoute le renforcement des fron­tières à lintérieur de lEurope, de plus en plus infranchissables, mettant à bas le principe de libre circulation. Du vrai Trump, dont beaucoup soffusquent en Europe et en France mais ferment les yeux sur les murs anti-migrants construits sur notre sol et chez nos voisins du sud.

Heureusement, tous ne cèdent pas à des supposées peurs. « En Europe, il y a des personnes qui ne perçoivent pas ces réfu­giés comme une menace mais des person­nes comme elles qui ont besoin dun accueil et dun accompagnement » déclare Jean-François Dubost dAmnesty interna­tional. Démonstration a été faite encore il y a quelques jours à Barcelone où 160 000 personnes sont venues réclamer « dès maintenant » des milliers de réfugiés que lEspagne devait accueillir ; 1100 lont été sur les 16 000 prévus. En Allemagne, plu­sieurs Landers se refusent de participer à lopération expulsion lancée par le gou­vernement Merkel à lencontre de plu­sieurs centaines dAfghans vers leur pays en guerre.

En France aussi les actes de solidarité se multiplient dans les villes, avec les asso­ciations et les citoyens. La réalité est quil y a bien plus de capacités daccueil au plan local que le nombre de réfugiés que la France sest engagée à accueillir.

Le Parti communiste, nombre de ses élus et militants sont de ce combat et refusent de vivre dans une France et une Europe xénophobe et dans lindifférence face aux drames humains de la migration. Ils font le choix de la solidarité pour un monde de paix et de justice.

La brochure quil vient déditer revient sur toutes ces questions et permet déclairer les enjeux des politiques migratoires et lurgence de la solidarité n

 

 

Migrants: Malte, le sommet de l'abandon (PCF)
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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 20:52
Irlande du Nord : les unionistes devancent les nationalistes d’un seul siège (Le Monde, 4 mars 2017)

Le parti nationaliste Sinn Fein, qui milite pour la réunification de l’Irlande et combat le Brexit, a connu une forte poussée lors des élections pour l’assemblée régionale d’Irlande du Nord dont les résultats ont été connus au petit matin du samedi 4 mars. Son principal adversaire, le Parti unioniste démocrate (DUP, pro-britannique), reste d’un cheveu le premier parti de la province incluse dans leRoyaume-Uni, mais le clivage accentué entre les deux formations va rendreencore plus difficile qu’auparavant la formation d’un gouvernement de coalition.

Les accords de paix de 1998 prévoient un partage du pouvoir régional entre les partis arrivés en tête aux élections, le premier désignant un premier ministre et le second un vice-premier ministre. Alors que l’Irlande du Nord a voté à 56 % contre le Brexit, l’élection a été marquée par la crainte d’un retour à la frontière entre les deux Irlandes, menace potentielle pour la paix et la prospérité économique. Plaçant à quasi-égalité un parti « protestant » et un « catholique », le scrutin met à l’épreuve les règles de partage du pouvoir dans une province conçue en 1920 par Londres pour assurer une majorité aux protestants.Le DUP a remporté 28,06 % des voix et 28 des 90 sièges de l’assemblée régionale de Stormont alors que le Sinn Fein a rallié 27,91 % des voix et gagné 27 sièges lors du vote de jeudi.

Record de participation

Au cours des précédentes élections, en mai 2016, le DUP avait remporté 38 sièges contre 28 au Sinn Fein, dans une assemblée qui comportait alors 108 sièges. Vendredi soir, le président du Sinn Fein, Gerry Adams, a estimé que le vote marquait la confiance dans les positions anti-Brexit de son parti. « C’est un vote pour l’unité de l’Irlande, un vote pour notre rassemblement en tant que peuple(…). Nous n’avons pas besoin des Anglais pour nous gouverner », a déclaré M. Adams, dont la formation réclame un statut particulier, maintenant l’Irlande du Nord dans l’Union européenne après le Brexit. De son côté, Arlene Foster, première ministre sortante et leader du DUP, a appelé le Sinn Fein à « respecter le mandat qui [lui] a été donné ». Elle a accusé le parti rival d’avoir provoqué ces nouvelles élections pour faire avancer la cause républicaine.

Le scrutin a été marqué par un record de participation (64,8 %), taux le plus élevé depuis le référendum sur les accords de paix. Il avait été provoqué par la démission, en janvier, de Martin McGuinness, le vice-premier ministre, ancien commandant de l’IRA, âgé de 66 ans, atteint d’une maladie grave. Le Sinn Fein voulait faire tomber le gouvernement de Mme Foster, accusée d’avoir mis en place un coûteux programme de subventions pour développer les énergies renouvelables. Des hangars vides ont été chauffés au bois juste pour toucher des primes mirobolantes. Dans la foulée, le Sinn Fein avait choisi Michelle O’Neill, 40 ans, pour remplacer M. McGuinness. Cette fille d’un ex-combattant de l’IRA représente un passage de génération pour l’ancienne branche politique de l’ex-armée républicaine clandestine.

Pour le parti nationaliste, il n’est pas question de gouverner désormais avec MmeFoster et les négociations en vue de la formation d’un nouvel exécutif s’annoncent difficiles. Si elles restent infructueuses au bout de trois semaines, Londres pourraitreprendre l’administration directe de la province, marquant un échec du processus de paix.

 

lire aussi:

En Irlande du Nord, le Sinn Féin se présente en pôle position (L'Humanité, 1er mars 2017)

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 20:24
Tugba Hezer : « Empêcher de donner le pouvoir à une seule personne »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIERRE BARBANCEY
MARDI, 28 FÉVRIER, 2017
L'HUMANITÉ
Tugba Hezer lors d’un rassemblement contre la répression en Turquie, à bruxelles, le 5 novembre 2016. Photo : Dursun Aydemir / Anadolu Agency/AFP forum
Tugba Hezer lors d’un rassemblement contre la répression en Turquie, à bruxelles, le 5 novembre 2016. Photo : Dursun Aydemir / Anadolu Agency/AFP forum

Turquie. Tugba Hezer n’a pas 30 ans. Députée du HDP, elle est la plus jeune parlementaire turque. Elle ne peut pas rentrer dans son pays. Nominativement citée et menacée par le président turc, Recep Erdogan, elle poursuit néanmoins son combat en Europe. Elle a accordé une interview exclusive à l’Humanité.

Pourquoi avez-vous été contrainte de quitter la Turquie alors que vous êtes une membre du Parlement, donc élue du peuple ?

Tugba Hezer J’avais été chargée par mon parti, le HDP (Parti démocratique des peuples), de mener des rencontres en Europe. Et il y a eu un coup mené par le pouvoir et visant notre parti le 4 novembre dernier, avec la levée de nos immunités parlementaires. Après cette date, de nombreux députés et élus ont été privés de liberté. Puis les coprésidents du HDP, Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, ont également été arrêtés et incarcérés. En ce qui me concerne, il y a un mandat d’arrêt par défaut. Cela signifie qu’en cas d’arrestation, je suis immédiatement incarcérée. Mais je suis tout de même chargée de mener les activités pour mon parti, ici, en Europe.

Quelles sont les raisons politiques qui amènent le pouvoir turc et Erdogan à s’attaquer au HDP de cette manière ?

Tugba Hezer En réalité, les attaques contre notre parti ont commencé à la veille des élections du 7 juin 2015. À cette époque, nous avions dénoncé l’attitude de Recep Tayyip Erdogan qui, alors qu’il était président de la République, tenait des meetings au nom de son parti, l’AKP (Parti de la justice et du développement), au lieu d’être neutre. Avec 13 % des suffrages, nous avons réussi à passer la barre des 10 %, condition pour pouvoir entrer au Parlement. D’où une attaque féroce contre le HDP. On parle beaucoup de la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, mais en réalité Erdogan a entamé son coup d’État civil au lendemain des élections du 7 juin 2015, en menant des attaques non seulement contre nous mais également contre tous les autres opposants. Parce qu’en réalité, il a refusé de reconnaître le résultat des élections de juin 2015 et de former un gouvernement de coalition, ce qui lui a permis de convoquer de nouvelles élections le 1er novembre 2015.

Dans le même temps, il s’est aperçu que les résultats ne seraient pas sensiblement différents et donc qu’il ne pourrait pas être le président ultrapuissant qu’il voulait devenir en modifiant la Constitution directement au Parlement car son parti, l’AKP, ne posséderait pas la majorité des deux tiers requise. Il avait déjà gelé les pourparlers de paix avec les Kurdes mais, en renversant littéralement la table des négociations, il a mené des attaques sans merci contre le HDP et a fait instaurer, dans les villes où nous étions le plus plébiscités, des couvre-feux, et a envoyé la gendarmerie et l’armée mener des attaques contre la population civile. Si on regarde ce qui s’est passé depuis deux ans, on s’aperçoit qu’il y a eu des décisions politiques qui ont enfoncé le pays. Et quoi qu’il arrive maintenant, la population va en payer le prix pendant de très longues années.

Que cherche Erdogan ?

Tugba Hezer On voit comment, d’une façon pratique, Erdogan mène une politique dictatoriale et fasciste sur toute la Turquie. Parce que ce qu’il veut est une Turquie non séculaire, qui ne respecte pas le droit des minorités, qui n’a aucun respect pour l’opposition. Il veut une Turquie qui se trouverait en permanence sous état d’urgence, sous couvre-feu, pour mener à bien sa politique. Erdogan essaie d’imposer une mentalité unique sous sa direction. C’est pour cela que son adversaire principal est le HDP, qui représente son antithèse : multiculturalisme, reconnaissance des minorités, liberté d’expression, résolution de la question kurde… D’où les attaques contre les villes qui ont voté pour nous et contre nos députés, nos maires. On parle de plus de 3 000 membres du HDP et plus de 80 maires et co-maires (mais le chiffre augmente chaque jour) qui sont détenus et leurs villes placées sous tutelle. Il faut aussi dire que 13 députés sont en prison, dont les deux coprésidents du HDP. Il y a une semaine, Figen Yüksekdag a été privée de son mandat de députée et cela de façon tout à fait illégale, même au regard de la loi turque. À la suite d’un dossier ouvert contre elle en 2012, elle a été condamnée à dix mois de prison, condamnation ratifiée au mois de septembre dernier par la Cour de cassation et portée devant le Parlement en novembre.

Or, la déchéance ne peut être prononcée que si l’élu est condamné à plus d’un an de prison pour des infractions bien précises et si cette condamnation est ratifiée. Figer Yüksekdag a été condamnée à moins d’un an de prison et pour une affaire qui n’entre pas dans la liste des motifs de déchéance inscrits dans la loi. Le même jour, le 21 février, où la déchéance de Figen Yüksekdag a été prononcée, Selahattin Demirtas a été condamné à cinq mois de prison. Le même jour encore, Idris Baluken, député qui avait été libéré le 31 janvier, a été à nouveau incarcéré à la suite de l’intervention du procureur de la République. Une semaine auparavant, Ferhat Encü, député de la ville de Sirnak, avait été libéré et réincarcéré deux jours plus tard. C’est l’œuvre d’une justice qui n’est plus indépendante et obéit aux directives d’Erdogan. Tout cela est aussi organisé pour empêcher notre parti de mener la campagne dans le cadre du référendum prévu le 16 avril et, pour Erdogan, de gagner les votes des ultranationalistes.

On assiste à un rapprochement entre l’AKP et le MHP (Parti d’action nationaliste, extrême droite), quelle est la signification de ce rapprochement ?

Tugba Hezer Auparavant, le MHP se déclarait contre le système présidentiel. Puis, son président, Devlet Bahceli, a infléchi la position en disant qu’actuellement il existait un système présidentiel qui n’avait pas de réalité juridique et qu’il fallait y remédier. Puis, 18 articles constitutionnels ont été rédigés dans le plus grand secret et approuvés en dix jours entre l’AKP et le MHP, articles qui renforcent le pouvoir présidentiel, notamment le rattachement de l’armée à la présidence, et qui seront présentés lors du référendum. Pour être certain que ces articles soient approuvés par les élus de son groupe, le président du MHP a même menacé ses propres parlementaires de les remplacer ! De la même façon, l’AKP a fait pression sur ses députés en exigeant qu’ils montrent leur vote, en affirmant que ceux qui voteraient contre seraient accusés d’être des partisans de Fethullah Gülen. Même dans ce camp les pressions ont donc été très fortes. Dans ces conditions, comment imposer à la population une telle modification de la Constitution ?

On parle beaucoup de la présidentialisation du régime à l’occasion du référendum mais on parle moins d’autres articles qui concernent les droits sociaux. Qu’en est-il exactement ?

Tugba Hezer Ces deux dernières années, et plus encore après le coup d’État manqué du 15 juillet dernier, des décrets ont été approuvés, avec application immédiate, qui ont en réalité géré le pays. Ils ont présenté ces décisions comme nécessaires pour nettoyer le pays de tous les putschistes. En réalité, ces décrets ont été utilisés parce que Erdogan veut s’attaquer aux acquis sociaux. Par ce biais, les associations de femmes ont été interdites. Des centaines de milliers de fonctionnaires ont été renvoyés de leur travail, jetés à la rue sans le moindre revenu. En dehors des pro-Erdogan, plus personne, aucune organisation, n’a le droit d’organiser le moindre rassemblement, le moindre meeting, ni même de faire la moindre déclaration. Les grèves ont été interdites. Ces décrets ont été utilisés pour détruire nos droits démocratiques, contre la liberté d’expression, contre toute forme d’opposition. Tous les acquis sociaux ont été remis en cause. On voit bien le danger que représente le projet d’Erdogan de cette présidentialisation à outrance du système politique, qui lui donnerait tous pouvoirs en ce sens qu’il pourrait ainsi émettre des décrets qui iraient à l’encontre de tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

Comment se positionne le HDP et avec qui peut-il agir aujourd’hui ?

Tugba Hezer Le pays vit sous l’état d’urgence, ce qui permet une attaque sans précédent contre notre parti et contre nos élus, contre les médias. Nous n’avons plus de presse dans laquelle nous pouvons nous exprimer. Tout est pratiquement entre les mains de l’AKP. Depuis toujours nous avons dit non à la politique d’Erdogan. Dès qu’Erdogan a annoncé son intention de renforcer le système présidentiel à son profit, nous avons lutté contre et nous avons été violemment réprimés. Dans le cadre de la campagne du référendum, nous allons utiliser tous les moyens qui nous restent pour dire encore plus fort non à ce système, non à cette nouvelle constitution qui ne représente les intérêts du peuple ni pour aujourd’hui ni pour demain.

Il y a plusieurs sensibilités qui disent non. En tant que HDP, notre but est de rassembler le maximum de gens pour dire non à ce changement constitutionnel, mais pas seulement. Il s’agit aussi de dire non à ce statu quo existant avant la mise en place de ce système présidentiel. Il nous faut donc convaincre le maximum de personnes et leur montrer les dangers de ce changement de constitution.

Comment pouvez-vous agir dans les conditions actuelles ?

Tugba Hezer Nous ne sommes pas seuls à prôner le non. Le CHP (kémaliste, social-démocrate – NDLR) appelle ainsi à voter contre ce projet de nouvelle constitution. Certains éléments du MHP aussi. Pour des raisons qui ne sont évidemment pas les mêmes. Mais notre objectif, à l’issue du référendum du 16 avril, est avant tout de jeter dans les poubelles de l’histoire ce système qui donnerait le pouvoir à une seule personne. Nous sommes, nous, pour que soient représentées toutes les communautés composant la Turquie. Il est intéressant de constater que, parmi ceux qui appellent à voter non, un certain nombre considèrent le système comme nous le faisions il y a quelques années. À l’époque les mêmes s’accommodaient de ce qui se passait ou étaient silencieux, mais aujourd’hui ils s’expriment et disent non.

Est-ce qu’en Europe vous rencontrez un écho à la campagne de sensibilisation que vous menez sur la situation en Turquie ?

Tugba Hezer Nous avons initié des rencontres partout en Europe, avec le président du Parlement européen, avec certains groupes de ce Parlement dont la Gauche unitaire européenne/Verts nordiques (GUE). Lors de ces rencontres, nous avons souligné le fait qu’on ne pouvait pas parler de démocratie en Turquie, que celle-ci n’existait tout simplement pas. Nous dénonçons le fait que la Turquie, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, perpètre des massacres contre les Kurdes. Le village de Korukoy (Xerabe Bava), près de la ville de Nusaybin (frontalière avec la Syrie – NDLR), est soumis au couvre-feu, les maisons sont détruites, le bétail abattu et/ou laissé sans nourriture. C’est la barbarie. Alors qu’Erdogan est très proche des groupes islamistes.

La Turquie est candidate à l’entrée dans l’Union européenne (UE). Elle est membre de l’ONU. Elle est dans le Conseil de l’Europe. Elle doit donc respecter certains textes, certains traités. Malheureusement, jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu de position nette prise contre la politique menée par Erdogan. D’un côté, ce dernier utilise les migrants comme un instrument de chantage envers l’Europe et, malheureusement, il y parvient. L’UE considère comme plus important l’arrivée des réfugiés que les atteintes aux droits de l’homme, que les attaques contre la liberté d’expression. Pis, Erdogan essaie d’utiliser ces réfugiés dans le cadre du référendum en leur accordant la nationalité turque. L’UE doit prendre clairement position vis-à-vis du système actuel. C’est ce que nous demandons.

L’AKP lance la campagne référendaire

Le premier ministre turc, Binali Yildirim, a participé à un meeting, samedi, dans la capitale Ankara, pour lancer, devant des dizaines de milliers de personnes, la campagne référendaire du Parti de la justice et du développement (AKP). Le 16 avril, un projet de révision constitutionnelle sera soumis aux électeurs. Il vise essentiellement à concentrer les pouvoirs dans les mains du président. Le Parti démocratique des peuples (HDP, gauche) et le Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste) se prononcent contre la modification de la loi fondamentale.

grand reporter
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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 07:54
En Irlande du Nord, le Sinn Féin se présente en pôle position (L'Humanité, 1er mars 2017)

Bon courage et la victoire à nos amis du Sinn Féin qui représentent la gauche républicaine et anti-austérité en Irlande et siègent avec le Parti Communiste au Parlement Européen et dans la Gauche Unie Européenne! Au printemps, nous les inviterons pour un événement politique régional dans la région de Morlaix, pour une journée avec les communistes bretons, Xavier Compain, Anne Sabourin, représentante du PCF dans le PGE et sur les questions européennes.

 

Thomas Lemahieu, L'Humanité - 1er mars 2017     

Rien n'est joué, loin s'en faut, mais les circonstances n'ont peut-être jamais été aussi favorables pour les Républicains à Belfast. A la veille des élections, ce jeudi, à l'assemblée nord-irlandaise qui siège dans le palais de Stormont, le Sinn Féin a de quoi nourrir quelques ambitions. 

Partageant le pouvoir avec leurs vieux ennemis de Democratic Unionist Party (DUP) depuis le processus de pacification ouvert avec la signature en 1998 de l'accord du vendredi saint (Good Friday Agreement), les républicains pourraient pour la première fois arriver en tête et se placer au centre du jeu d'alliances qui s'ouvrira immanquablement à l'issue du scrutin. 

L'année dernière le DUP avait recueilli près de 29% des voix (contre 25% au Sinn Féin). Le vent tourne cette fois; provoquées par le retrait du vice-premier ministre Sinn Féin, Martin Mc Guiness, les élections sont marquées par des scandales de corruption à l'encontre d'Arlene Foster, leader du DUP et premier ministre d'Irlande du Nord. Les unionistes sont au coeur d'un scandale financier, accusés d'avoir favorisé à travers un mécanisme incitatif de promotion des énergies renouvelables, les gros propriétaires terriens et les grandes entreprises. Une affaire de corruption à grande échelle qui pourrait coûter 600 millions d'euros aux contribuables nord-irlandais. Mais ce n'est pas tout: la perspective de la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne est également au centre de la campagne. Or, à rebours du reste du pays - en dehors de l'Ecosse - , l'Irlande du Nord a voté majoritairement contre le Brexit (56% pour le maintien dans l'UE). Très proche des conservateurs britanniques et de leurs épigones ultras de l'Ukip, le DUP, favorable au Brexit, se trouve ainsi en porte-à-faux avec la majorité du pays. Depuis quelques jours, les loyalistes irlandais traînent une autre casserole: ils sont accusés d'avoir reçu des fonds d'un mystérieux groupe de patrons britanniques favorables au Brexit - le Constitutional Research Council - , qui aurait payé la propagande du parti lors du référendum en juin dernier.

(...) Président du Sinn Fein, Gerry Adams joue sur du velours et ne manque jamais une occasion de réclamer, comme ses collègues écossais, un "statut spécial pour l'Irlande du Nord au sein de l'Union Européenne". "C'est la seule manière de garantir qu'il n'y aura pas de frontière physique sur toute l'île d'Irlande entre un Etat européen et un Etat non membre de l'UE", indique t-il en effet. Alors que l'Angleterre et le pays de Galles entraîne tout le Royaume-Uni dans leur Brexit, les républicains réclament que les Nord-Irlandais puissent obtenir des passeports irlandais et conserver donc leurs droits en tant que citoyens européens. Un point essentiel et très marquant pour beaucoup d'électeurs. "La première ministre britannique s'apprête à déclencher la procédure de sortie de l'Union européenne, avec l'article 50, dans les deux semaines à venir, insiste Gerry Adams. Les implications économiques pour les deux économies de l'île et en particulier, pour les communautés frontalières, vont être énormes. 60% des exportations du Nord vers l'Union européenne sont fait en direction de l'Etat irlandais. Plus de 14 000 personnes traversent quotidiennement la frontière pour travailler ou étudier. C'est tout cela que le Brexit met en danger et que le scrutin pour Stormont permet de déjouer".

    

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 20:27
jeune fille au Yemen

jeune fille au Yemen

par Tom Miles - Challenges, 16 février 2017

GENEVE (Reuters) - Plus de 20 millions de personnes risquent de mourir de faim au cours des six prochains mois dans quatre famines distinctes, prévient l'économiste en chef du Programme alimentaire mondial (Pam) des Nations unies, Arif Husain.

Les combats au Yémen, dans le nord-est du Nigeria et au Soudan du Sud ont dévasté plusieurs régions et fait monter les prix. Dans l'est de l'Afrique, c'est la sécheresse qui a ruiné l'agriculture traditionnelle.

"Cela fait près de quinze ans que je travaille au Programme alimentaire mondial et c'est la première fois que nous parlons littéralement de famine dans quatre régions différentes du monde en même temps", a dit Arif Husain lors d'un entretien à Reuters.

"C'est presque bouleversant de réaliser qu'au XXIe siècle, des gens continuent de connaître des famines d'une telle ampleur. On parle d'environ 20 millions de personnes, et tout cela dans les six prochains mois, ou dès maintenant. Au Yémen, c'est maintenant, au Nigeria, c'est maintenant, au Soudan du Sud, c'est maintenant."

"En Somalie, quand je vois que les indicateurs montrent des prix alimentaires extrêmement élevés ainsi que des prix du bétail et des revenus agricoles qui chutent, les choses vont très vite."

Ces famines constituent une source supplémentaire de tension pour le système mondial d'aide humanitaire, déjà confronté à une hausse historique des flux migratoires, mobilisé par les opérations en cours en Syrie, en Irak et en Afghanistan et sollicité par des situations tendues dans plusieurs pays comme l'Ukraine, la Libye et le Zimbabwe, a-t-il expliqué.

"Et puis il y a des endroits comme la RDC (République démocratique du Congo), la RCA (République centrafricaine), le Burundi, le Mali, le Niger, où l'insécurité alimentaire est chronique (...) Il n'y a tout simplement pas assez de ressources pour y arriver."

"AUCUNE SOLUTION EN VUE"

Si l'aide humanitaire internationale atteint des niveaux sans précédent, la demande augmente plus vite encore, ce qui creuse l'écart entre les besoins et les moyens, explique-t-il.

"Dans le nord-est du Nigeria, nous nourrissons plus d'un million de personnes alors qu'il y quelques mois, nous n'avions même pas un bureau là-bas".

Il reste un mince espoir que la sécheresse en Somalie ne soit pas aussi grave que ne le craignent certains mais dans la capitale, Mogadiscio, les prix alimentaires ont déjà augmenté d'un quart depuis début janvier et les prévisions pour la saison des pluies, soit de mars à mai, ne sont guère optimistes.

En 2011, la famine avait fait environ 260.000 morts en Somalie, alors que la saison des récoltes avait été bonne, ce qui n'a pas été le cas pour les deux dernières.

Au Soudan du Sud, les prix des produits alimentaires ont doublé, voire quadruplé en un an.

Au Yémen, de nombreuses familles ont déjà dû se séparer de leurs avoirs en or, en argent ou en armes.

"J'étais au Yémen il y a deux semaines", dit Arif Husain, "Il y a de la nourriture sur les marchés mais les gens ne sont pas payés, notamment dans les villes, qui représentent environ un tiers de la population".

"Une fois qu'ils ont perdu leurs seules ressources, il leur est presque impossible de remonter la pente et cela ne fait que perpétuer la pauvreté."

Le Yémen est pour l'instant considéré comme une situation d'"urgence" mais pourrait être déclaré en famine d'ici trois mois, a-t-il précisé.

Au Nigeria, dans l'Etat de Borno, où des millions de personnes ont trouvé refuge après avoir fui Boko Haram, l'absence de commerces, de marchés et de possibilités de se déplacer rend les réfugiés dépendants de l'aide humanitaire.

"Ils survivent dans des camps, par 50°C, dans des huttes au toit de tôle, avec un point d'eau, des cuisines communes et un repas par jour", explique Arif Husain.

"Et il n'y a aucune solution en vue."

 

(Marc Angrand pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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