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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 13:50
Crimes du colonialisme français: Message de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, à l'occasion du 70e anniversaire du soulèvement du peuple malgache

Message de Pierre Laurent, Secrétaire national du Parti communiste français à l’occasion de la commémoration du 70ème anniversaire du soulèvement du peuple malgache le 29 mars 1947 réprimé dans le sang par l’Etat colonial

 

Monsieur Eric RAKOTOMANGA, Président de l’AKFM, Parti du Congrès pour l’indépendance de Madagascar,
Monsieur Solofo RAZANATOANDRO, Secrétaire Général,
Mesdames, Messieurs,
Cher-e-s ami-e-s et cher-e-s camarades,

Le soulèvement de 1947 est l’aboutissement de plus d’un demi-siècle de lutte contre le joug colonial. C’est une sorte de point d’orgue des multiples manifestations et révoltes qui ont parsemé la Grande île au lendemain des guerres « franco-malgaches » de 1883 et 1895. Dès 1896, en 1908, 1910, 1915, et à chaque décennie, des révoltes éclatent, toutes réprimées sans exception.

La « pacification » coloniale de l’Etat français aura engendré – déjà – de très nombreux morts, évalués à des centaines de milliers.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, des milliers de malgaches qui ont combattu contre l’armée allemande, reviennent au pays portés par les idéaux de la Résistance contre l’occupant nazi. Ce sont ces mêmes valeurs de liberté et d’indépendance qui ont guidé le soulèvement nationaliste du 29 mars 1947. Mais fort de ses certitudes aveugles et de la croyance en sa toute puissance, le rouleau compresseur colonial est passé en force. Comme en Algérie en mai 1945, il a écrasé, assassiné, blessé, torturé. Un crime massif et impitoyable. Combien y-a-t-il eu de morts ? Entre 89 000 et 100 000 selon les organisateurs mêmes de la répression, le haut-commissaire de Chevigné et le général Garbay. Des chiffres qui donnent le vertige.

Confronté durant des décennies aux affres et à la violence du colonialisme français, le peuple malgache a subi un crime contre son humanité en 1947 parce qu’il aspirait à la dignité et à la liberté.

Je voudrais citer mon ami regretté Jean Suret-Canale, célèbre géographe et historien de l’Afrique qui, à l’occasion du cinquantenaire du massacre – c’était il y a 20 ans -  lors d’un colloque de l’AFASPA intitulé « Madagascar, la tragédie oubliée » avait posé ces questions qui attendent toujours réponses :
« Quand verrons-nous les plus hautes autorités de l’Etat reconnaître les crimes des répressions coloniales, en demander pardon et y apporter réparation ? », et il ajoutait « est-ce qu’il y a des évènements que l’on ne veut pas regarder en face ? ».

Depuis cette 50e commémoration, vingt ans se sont écoulés. Deux Présidents de la France, Jacques Chirac et François Hollande, sont venus ici à Madagascar et ont fait un premier pas en reconnaissant le crime. Je cite François Hollande : « C’est bien parce qu’il y avait eu cet engagement des Malgaches pour la France mais aussi pour la liberté, que beaucoup, après la Seconde guerre mondiale, ont commencé à songer à l’indépendance, à cette aspiration qui montait du peuple. Ce mouvement a soulevé l’île tout entière en 1947 et elle fut brutalement réprimée par la France ». Et il a ajouté ceci : « Je rends hommage à toutes les victimes de ces événements, aux milliers de morts et à tous les militants de l’indépendance qui ont alors été arrêtés et condamnés pour leurs idées ».

Cette reconnaissance est un premier geste. Mais il n’y a toujours pas eu ni excuses officielles ni pardon de la France. Cette absence est symptomatique d’un Etat qui, toujours enfermé dans une part de déni, n’arrive décidément pas à s’extirper de son passé colonial, y compris dans sa politique extérieure actuelle.

Est-ce parce que le crime est si grand, les conséquences si lourdes pour le peuple malgache que l’on croit qu’il faudrait ajouter encore plusieurs décennies avant de balbutier quelques pardons ?

Disons-le clairement, il y a des forces réactionnaires en France qui refusent de faire le deuil de la puissance coloniale, de peur d’affaiblir la domination actuelle de l’ancien pré-carré français en Afrique. Elles se sont illustrées avec cynisme à l’Assemblée nationale française dans l’écriture d’un alinéa introduit dans la loi du 23 février 2005, avant d’en être retiré, qui reconnaissait le « rôle positif de la présence française outre-mer ». Plus récemment, la députée d’extrême droite Marion Maréchal Le Pen déclarait, le 23 février 2017 que "les colonies nous ont coûté plus cher qu'elles nous ont rapporté." De son côté, François Fillon évoquait le 28 août 2016 le "partage de culture" à d'autres peuples pour désigner les années de colonisation…

Aujourd’hui, le renoncement à changer de logique et à assumer le regard sur notre passé conduit à s’arrêter au milieu du gué, à reconnaitre le crime, mais sans aller au-delà.

Pourtant, j’estime que la France doit produire des excuses officielles, au nom de notre peuple, au nom des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Les excuses sont une étape nécessaire, pour les victimes, leurs familles, leurs descendances. Une étape nécessaire pour le devoir de mémoire et de connaissance, ici à Madagascar et aussi en France où le sujet continue d’être occulté. Elles sont une étape nécessaire pour la réparation qui doit, 70 ans après, prendre des formes nouvelles. Car la France a une dette incommensurable envers Madagascar. Au lendemain de l’indépendance conquise de haute lutte, il a bien fallu que la Grande île se construise un avenir, malgré le passif colonial. On ne peut pas comprendre Madagascar aujourd’hui sans prendre en considération le lointain passé de la conquête, des dominations et des crimes coloniaux.

Les dominations aujourd’hui ont pris d’autres formes, d’autres visages, plus sournois, plus pernicieux. Après le cycle infernal de l’endettement et de l’ajustement structurel dans les années 80 et 90, imposé à nombre de pays africains pour les obliger à se soumettre aux logiques de la mondialisation du capitalisme financiarisé, l’heure est à l’imposition d’un libre-échange intégral redoutable à terme pour les économies et sociétés africaines. Les Accords dits de partenariats économiques (APE), imposés aux forceps par l’Union européenne, avec la complicité de la France, visent à libéraliser les échanges au profit du plus fort, c’est-à-dire à offrir plus de « liberté » au renard dans le poulailler.

Sur le continent africain comme en Europe, le combat pour mettre en échec ces politiques doit s'amplifier. On ne peut pas rejeter le sinistre Traité transatlantique - contre lequel nous nous battons en France et en Europe, et contre lequel le Parti communiste français a mené une bataille décisive – et accepter les APE sur le continent africain. Ces accords de libre-échange entre l'Union européenne et les pays africains sont les clones du Traité transatlantique, ils visent à ouvrir toujours plus les marchés africains à la voracité destructrice des firmes transnationales.

Il faut à l'inverse, s’attaquer durablement, et par le progrès social, humain et écologique, aux inégalités socio-économiques, aux autoritarismes, aux logiques de corruption, de déstabilisation et in fine de guerre, qui font tant de ravages.

Le rapport d'Oxfam vient de montrer une nouvelle fois l'absurdité des logiques néolibérales, avec les 8 milliardaires les plus riches qui possèdent autant que la moitié de la population terrestre. Voilà les causes du problème, voilà ce à quoi il faut s'attaquer, voilà le chantier qui se dresse devant nous. C'est la mise en évidence qu'à notre époque, nous avons tous les moyens, de connaissance, d'avancées technologiques, les moyens financiers et humains pour répondre aux besoins fondamentaux des peuples. Travailler à établir des relations d’égal à égal entre les pays, réorienter les richesses formidables produites par les hommes vers la réponse aux besoins fondamentaux, pour que cessent les logiques extractivistes inégales, les pillages destructeurs du sol et du sous-sol, sont les chantiers qui nous sont communs. En cela, dans ces batailles et ces luttes, nous nous inscrivons ensemble dans les pas de ceux qui ont donné leur vie pour la liberté, la dignité et l’indépendance.

Crimes du colonialisme français: Message de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, à l'occasion du 70e anniversaire du soulèvement du peuple malgache
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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 12:01
Les liaisons dangereuses des banques et assurances françaises avec la colonisation israélienne (AFPS, CCFD-Terre Solidaire, LDH, Solidaires, CGT, Fair Finance France, Al Haq)

Les liaisons dangereuses des banques et assurances françaises avec la colonisation israélienne

Plusieurs organisations (Association France Palestine Solidarité, CCFD – Terre Solidaire, Fair Finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq) publient aujourd’hui un rapport sur « Les liaisons dangereuses des banques et assurances françaises avec la colonisation israélienne ». Il met en lumière les liens entre certaines banques et assurances françaises et des banques et entreprises israéliennes impliquées dans le maintien et le développement des colonies israéliennes.

Communiqué de l’Association France Palestine Solidarité, CCFD – Terre Solidaire, Fair Finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq, mercredi 29 mars 2017

La colonisation israélienne dure depuis 50 ans. Illégale au regard du droit international, elle ne cesse de s’accélérer. La planification de 6 000 nouveaux logements depuis janvier 2017 en est la dernière manifestation. Dans la continuité de ses résolutions antérieures, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté le 23 décembre 2016 la résolution 2334 [1], exigeant notamment d’Israël « qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».

Cette colonisation ne pourrait exister sans la contribution des banques israéliennes qui financent les constructions, et des sociétés israéliennes qui fournissent services et infrastructures dans les colonies. Le système bancaire israélien constitue un outil essentiel de la politique de colonisation, et les entreprises israéliennes contribuent au maintien et au développement des colonies israéliennes. En 2013 déjà, une mission d’enquête indépendante des Nations Unies dénonçait le rôle primordial des banques israéliennes dans la colonisation et les conséquences en termes de violations des droits de l’homme.

L’enquête menée par nos organisations révèle des liens financiers entre ces entités israéliennes et les groupes bancaires français suivants : BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole (et sa filiale LCL), BPCE (et sa filiale Natixis), et AXA. Chacune de ces sociétés détiennent plusieurs participations minoritaires, de manière directe ou indirecte, dans des banques ou entreprises actives dans les colonies israéliennes [2]. Au-delà de ces participations, ces sociétés financent des projets d’entreprises directement impliquées dans la colonisation. Ce fut notamment le cas lors de l’octroi d’un prêt en 2004 de 288 millions d’euros par un consortium de banques (dont BNP Paribas, Société Générale, Crédit Lyonnais et Natixis), à l’Israel Electric Corporation (IEC). Cette entreprise approvisionne directement les colonies en électricité.

Les banques et assurances françaises concernées ont toutes adhéré à des lignes directrices internationales et pris des engagements relatifs au respect des droits humains. Mais la pratique ne suit pas. Tant qu’elles persisteront à financer des banques et entreprises israéliennes actives dans le maintien et développement des colonies israéliennes, elles continueront à soutenir et cautionner ces dernières. De nombreuses institutions financières étrangères [3], publiques ou privées, se sont d’ores et déjà publiquement désengagées de banques et entreprises israéliennes actives dans les colonies. Par leur refus de prendre un engagement public fort, les banques et assurances françaises concourent à la poursuite de la colonisation et aux violations des droits humains qu’elle induit. Et ce, malgré les différentes interpellations des organisations auteures de l’étude.

La responsabilité du gouvernement français est également pointée dans le rapport. En effet, la France soutient la politique européenne de « différenciation » territoriale entre Israël et ses colonies. Cette politique met en garde les entreprises sur les risques juridiques, économiques et réputationnels, d’entretenir directement ou indirectement des liens financiers et économiques avec les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé. Le Parlement vient par ailleurs d’adopter la loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre, qui s’applique aux banques et aux assurances. Celles-ci seront obligées de publier un plan de vigilance identifiant les risques potentiels que leurs activités et leur chaîne d’approvisionnement sont susceptibles de provoquer sur les droits humains et l’environnement.

L’Etat français, en laissant les institutions financières françaises financer les entreprises impliquées dans le maintien et le développement des colonies israéliennes, soutient indirectement la colonisation. Le gouvernement français doit faire pression sur les banques et assurances pour leur demander de mettre fin à l’ensemble de leurs soutiens. Par ailleurs, l’implication directe d’Alstom dans des grands projets d’infrastructures dans les colonies israéliennes est plus que problématique [4]. Là-encore, l’Etat, en tant qu’actionnaire, doit intervenir pour y mettre fin.

>>Télécharger le rapport en français

>>Télécharger ce communiqué de presse en pdf

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 06:10
Lettre à François Hollande : accès des ressortissants français au territoire palestinien et israélien

Taoufiq Tahani, Président de l’AFPS, jeudi 23 mars 2017

Paris, le 20 mars 2017

Objet : accès des ressortissants français au territoire palestinien et israélien

Monsieur le Président de la République,

Je dois attirer votre attention sur les conséquences graves pour les ressortissants français du vote par la Knesset le 6 mars dernier d’une loi interdisant l’entrée des territoires palestinien et israélien aux personnes soupçonnées de soutenir les appels au boycott, au désinvestissement et aux sanctions (BDS) envers Israël, tant que cet Etat ne se conforme pas au droit international. En réalité, sont visées par ces mesures toutes les personnes qui refusent et agissent contre la politique israélienne.

Ainsi Hugh Lanning, président de la « Palestine Solidarity Campaign », organisation britannique de solidarité avec la Palestine, a été refoulé à son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv le 12 mars. Mpho Masemola, ancien compagnon de Nelson Mandela, secrétaire national de l’association des ex-prisonniers politiques de l’Afrique du sud a été expulsé le 14 mars après 10 heures d’interrogatoire par six membres de la "sécurité" israélienne, sans nourriture et avec les mains ligotées.

Il s’agit pour les autorités israéliennes d’interdire l’accès en Palestine à toute personne susceptible d’apporter un témoignage de solidarité. Cela se double d’une tentative de fermer Israël à tout regard critique venant de l’extérieur alors que, dans le même temps, les militants israéliens eux-mêmes sont inquiétés, à l’instar de Jeff Halper, figure de l’opposition israélienne à la colonisation, qui a été arrêté pour avoir été en possession de documents de propagande contre l’occupation.

Cette dérive n’est pas nouvelle. Les membres de notre association dont les patronymes évoquent une origine arabe ont plusieurs fois été victimes d’un préjugé raciste qui les a fait refouler de façon arbitraire, avec souvent une interdiction d’entrée en Israël de 10 ans. Nous en avons informé très régulièrement le ministère des Affaires étrangères auquel nous avons transmis un dossier récapitulatif documenté. La nouvelle loi permet maintenant de passer de l’arbitraire au système.

Tous les moyens sont mis en œuvre par l’appareil d’Etat israélien pour s’en prendre aux acteurs de la solidarité, les ficher et les menacer en France même, jusque dans leur vie privée, avec le relais de hackers haineux.

Je vous demande, Monsieur le Président de la République, de prendre toute initiative nécessaire pour garantir aux ressortissants français l’accès au territoire palestinien et israélien dans les mêmes conditions qu’est assuré l’accès des citoyens israéliens au territoire français. Faute de mesure de réciprocité de la part des autorités françaises, le gouvernement israélien se verrait renforcé dans son mépris envers toutes celles et ceux qui critiquent sa politique et la France perdrait encore de sa crédibilité en la matière.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en ma profonde considération.

Taoufiq Tahani
Président de l’AFPS

Lettre à François Hollande de Taoufiq Tahani, président de l'AFPS: accès des ressortissants français au territoire palestinien et israélien
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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 06:45
22 mars, journée mondiale de l'eau! 2 milliards d'humains consomment une eau dangereuse, 3,6 millions de femmes, d'hommes et d'enfants meurent chaque année à cause d'une eau empoisonnée

22 mars, journée mondiale de l’eau !


Sans eau, la vie n’existerait pas sur Terre. Sans eau potable, le respect des droits de l’homme n’est pas possible. C’est pourquoi l’accès à l’eau pour tous comme droit fondamental et inaliénable de l’homme est une priorité.
Or la moitié de la planète ne dispose pas d’eau potable, malgré les engagements répétés de la communauté internationale qui célèbre en ce 22 mars la journée mondiale de l’eau. Selon l’ONU, 1,2 milliards d’individus n’avaient pas accès à une « eau améliorée », c'est-à-dire, en clair, qu’ils partageaient des puits ou des rivières avec les animaux. Ils étaient environ 800 millions en 2010 et seraient 600 millions en 2016. Mais cela ne signifie pas que le reste de la population boit de l’eau claire de façon continue. Loin de là. « Il y aurait 1,9 milliard de personnes consommant de l’eau dangereuse et 1,6 milliard de l’eau de qualité douteuse ». Les bailleurs de fonds ne sont pas à la hauteur. Ils consacrent 7 milliards d’euro , dont 600 millions de l’AFD (Agence française de développement). 

Ce n’est pas avec çà que l’on atteindra l’accès universel à l’eau. L’accès à l’eau potable est un problème de volonté politique, locale et internationale. Les conséquences sont dramatiques. Plus de 3,6 millions de personnes meurent chaque année de causes liées à l’eau insalubre. Il est donc urgent de lutter contre ce fléau plus efficacement et reconnaître enfin l’eau insalubre comme premièes cause de mortalité dans le monde. Une bataille doit être engagée pour que, non seulement la question de l’eau ne soit pas oubliée, mais qu’elle constitue un objectif à part entière. En bref, convaincre ceux qui s’en lavent les mains que tout le monde ne peut pas faire…ce simple geste
Nos actions de soutien aux partenaires de terrain, de plaidoyer, et de sensibilisation sont basées sur un constat alarmant :
En France, la campagne de sensibilisation citoyenne « le droit de l’eau libre, potable et gratuite » doit s’amplifier en agissant pour que l’eau ne soit plus une marchandise et que l’accès à l’eau pour tous devienne un droit universel.
L’eau n’est pas une marchandise, l’eau est un bien commun seulement pour l’Humanité mais aussi pour le Vivant.
Afin de garantir la ressource pour les générations futures, nous avons le devoir de restituer l’eau à la nature dans sa pureté d’origine.
L’accès à l’eau est un droit humain fondamental qui ne peut être garanti que par une gestion publique, démocratique et transparente, inscrite dans la loi.

22 mars, journée mondiale de l'eau! 2 milliards d'humains consomment une eau dangereuse, 3,6 millions de femmes, d'hommes et d'enfants meurent chaque année à cause d'une eau empoisonnée
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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 15:56
Le tour du monde en 2043 milliardaires
LUNDI, 20 MARS, 2017
HUMANITE.FR

Le magazine américain Forbes a publié ce lundi son classement annuel des milliardaires en dollars. Trente-neuf français y figurent.
 

Selon le classement mondial publié par le magazine Forbes ce lundi 20 mars, en 2017, le nombre de milliardaires a bondi de 13% en un an dans le monde, et atteint désormais 2.043, un record. Leur patrimoine a lui davantage progressé que leur nombre (+18%) et représente 7.670 milliards de dollars. La fortune totale des milliardaires français affiche un solde positif à + 21% par rapport à 2016.

Le classement de Forbes est basé sur la fortune des personnes, et non des familles. Arrêté le 17 février, il repose sur le cours de l'action et des taux de change à cette date.

Il est décliné spécifiquement pour la première fois en France suite au lancement d'une version française du magazine économique américain fin 2016 sur internet. Une version papier devrait voir le jour en septembre.

Les Etats-Unis restent le pays qui compte le plus de milliardaires en dollars, avec 565, devant la Chine (319 auquel on peut ajouter 67 à Hong Kong), l'Allemagne (114) et l'Inde (101).

Le co-fondateur de l'éditeur de logiciels Microsoft, Bill Gates, est toujours l'homme le plus riche du monde, selon le classement qui confirme l'ascension irrésistible des géants d'internet.

William Henry Gates III (61 ans) arrive ainsi en tête du classement pour la quatrième année d'affilée et la 18ème sur les 22 dernières années, avec une fortune personnelle estimée à 86 milliards de dollars. Celui qui s'est lancé dans l'aventure Microsoft à 19 ans, abandonnant au passage ses études en deuxième année à Harvard, ne détient plus que 2,5% environ du capital de l'entreprise qu'il a co-fondée avec Paul Allen en 1975.

Le dauphin au classement est aussi un ami très proche de Bill Gates, l'investisseur américain Warren Buffett, qui le suit à bonne distance avec un patrimoine estimé à 75,6 milliards de dollars.

Le gourou de la finance qui a fait fortune à la tête de la holding Berkshire Hathaway a pris la place de l'Espagnol Amancio Ortega, fondateur de l'entreprise textile Inditex et de la principale marque du groupe, Zara.

L'homme d'affaires de 80 ans rétrograde à la quatrième place, avec une fortune personnelle estimée à 71,3 milliards de dollars, immédiatement derrière le PDG et fondateur du géant d'internet Amazon, Jeff Bezos.

Agé de 53 ans, le dirigeant au crâne rasé et au regard perçant détient environ 17% du capital de son groupe, qui ne cesse de se diversifier avec succès et pèse désormais plus de 400 milliards de dollars de capitalisation.

Donal Trump en 544ème position

Portée par l'euphorie de la Bourse de New York ainsi que par une croissance très soutenue, Amazon a vu le cours de son action bondir, augmentant la fortune personnelle de Jeff Bezos de 61% en un an seulement, pour atteindre désormais 72,8 milliards de dollars.

Autre progression marquée, celle du PDG et fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg qui, a 32 ans seulement, est maintenant à la tête d'un patrimoine de 56 milliards de dollars, ce qui le situe en cinquième position du classement.

Mark Zuckerberg, Jeff Bezos et les co-fondateurs d'un autre géant d'internet, Google, Larry Page et Sergey Brin (43 ans tous deux), sont les seuls parmi les vingt premiers du classement à être âgés de moins de soixante ans.

Mais il y a beaucoup plus jeune. Le co-fondateur et président de la société de paiements Stripe, John Collison (26 ans), est ainsi le plus jeune milliardaire à n'avoir pas hérité de sa fortune, avec 1,1 milliard de dollars.

Il devance de quelques semaines Evan Spiegel, co-fondateur et directeur général du réseau social Snapchat, qui vient d'être introduit en Bourse. A 26 ans, le jeune homme pèse désormais 4 milliards de dollars.

Parmi les milliardaires de la vieille économie, apparaît, en 544ème position, le président des Etats-Unis Donald Trump, dont la fortune est estimée à 3,5 milliards de dollars.

L'homme d'affaires a souvent contesté l'évaluation faite par Forbes de son patrimoine, estimant qu'elle ne reflétait pas la valeur de la marque Trump.

La France compte 39 milliardaires, Bernard Arnault en tête
La France compte 39 milliardaires, leur fortune s'élevant au total à 245 milliards de dollars et le plus riche d'entre eux est Bernard Arnault. Le patron du groupe de luxe LVMH, avec ses 41,5 milliards de dollars dans le portefeuille, se hisse à la 11e place mondiale. Il détrône Liliane Bettencourt, l'héritière du groupe de cosmétiques L'Oréal, qui figure à la 14e place des fortunes planétaires. Elle reste malgré tout la femme la plus riche du monde.

Suivent ensuite dans ce classement arrêté au 17 février le doyen du Sénat et héritier du groupe aéronautique Dassault, Serge Dassault, le fondateur de Kering, François Pinault et le magnat des télécoms, Patrick Drahi.

Ces cinq premières fortunes françaises représentent à elles seules près de 125,8 milliards de dollars.

Alain et Gérard Wertheimer, les actionnaires majoritaires de Chanel, Emmanuel Besnier, le PDG du groupe Lactalis, Xavier Niel, le patron d'Iliad (Free), et Carrie Perrodo, la veuve du fondateur du groupe pétrolier Perenco, complètent le top 10.

Trois personnes ont parallèlement fait leur entrée dans le club des très riches: Philippe Ginestet, le fondateur de la chaîne de magasins Gifi, Christian Latouche, le PDG du groupe de services aux entreprises Fiducial et Dominique Desseigne, le patron des casinos et hôtels Barrière.

En comptant ces nouveaux arrivés, la fortune totale des milliardaires français a bondi de 21% par rapport à 2016.

Aucun d'entre eux ne tire sa richesse d'une entreprise technologique, alors même que le top 10 au niveau mondial compte les fondateurs de Microsoft, Bill Gates, d'Amazon, Jeff Bezos, de Facebook, Mark Zuckerberg et d'Oracle, Larry Ellison.

Une autre caractéristique selon Dominique Busso, PDG de Forbes France, est que parmi les plus grandes fortunes, "on a majoritairement des héritiers ou des gens qui ont redéveloppé un héritage familial".

Sur l'ensemble des milliardaires français, 23% sont en effet des héritiers (contre 15% au niveau mondial) et 27% sont des héritiers ayant développé leur héritage (contre 20%).

Le classement de Forbes est basé sur la fortune des personnes, et non des familles. Arrêté le 17 février, il repose sur le cours de l'action et des taux de change à cette date.

Il est décliné spécifiquement pour la première fois en France suite au lancement d'une version française du magazine économique américain fin 2016 sur internet. Une version papier devrait voir le jour en septembre.

 

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 05:50
« Ouvrons les archives sur le meurtre de Thomas Sankara » (Vincent Hirabarren, Le Monde, 13 mars 2017)

Le chercheur au King’s College, Vincent Hiribarren, raconte son casse-tête pour accéder aux archives françaises sur l’assassinat de l’ex-chef d’Etat burkinabé.

Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987. Presque trente ans plus tard, l’identité de son meurtrier est toujours inconnue. En tuant Sankara, le ou les coupables ont cherché à étouffer les idées d’un homme devenu une figure emblématique de la révolution en Afrique. Les suspects ne manquent pas : Blaise Compaoré, des mercenaires du Liberia, des Libyens, des Ivoiriens ou encore des Français. Au Burkina Faso, une enquête a déjà été ouverte et des personnes inculpées. Par ailleurs, François Yaméogo, un juge d’instruction burkinabé, a lancé une commission rogatoire pour demander la levée du « secret défense » en France.

Un secret bien gardé par la France

La France pourrait bien avoir sa part de responsabilité dans cet assassinat. Après tout, les relations entre François Mitterrand et Thomas Sankara étaient tendues depuis le voyage présidentiel français au Burkina Faso en novembre 1986. La question de la dette semblait en particulier se trouver au centre des divergences entre les deux dirigeants. Le discours de Sankara à Addis-Abeba trois mois avant sa mort révélait au grand jour les divergences entre l’ancien colonisateur et le Burkina Faso sur ce point précis. Cependant, les pistes parfois contradictoires se heurtent à la difficulté d’obtenir des sources crédibles sur cet assassinat qui a transformé le Che Guevara africain en un martyr de la lutte anticoloniale.

Lire aussi :   Thomas Sankara, la renaissance d’une icône africaine

Journalistes, historiens et enquêteurs ont cherché à identifier le ou les assassins mais, faute de preuves concluantes, le rôle précis de la France n’a jamais pu être déterminé. Le problème principal est qu’en théorie les documents produits par l’administration française ne peuvent être lus par les chercheurs que cinquante ans après leur création si ceux-ci « porte [nt] atteinte au secret de la défense nationale, aux intérêts fondamentaux de l’Etat dans la conduite de la politique extérieure, à la sûreté de l’Etat, à la sécurité publique, à la sécurité des personnes ou à la protection de la vie privée », selon l’article L213-2 du Code du patrimoine.

On voit dans quelle mesure cette loi sert à protéger des personnes, en particulier dans l’exercice de leurs fonctions. Quand un événement comme l’assassinat de Sankara a des conséquences historiques indéniables, des chercheurs peuventobtenir une dérogation, c’est-à-dire le droit de consulter des documents quand ceux-ci peuvent présenter un intérêt historique majeur. En tant qu’historien spécialiste de l’Afrique, j’ai effectué une demande de dérogation en avril 2015 pour consulter les documents disponibles aux archives nationales de France sur Sankara.

Un accès compliqué, long et restreint

En 2017, les archives nationales de France n’hébergent pas tous les documents produits par les différents ministères pendant les années 1980. Si demande de dérogation il y a, elle doit porter sur des documents précis qui ont été transmis aux archivistes sur place. En l’occurrence, seuls les documents de la présidence française pour cette période ont été versés, ce qui veut dire que toute demande de dérogation ne peut porter que sur les archives de François Mitterrand. Pour le ministère de la défense et celui des affaires étrangères ou de la coopération, ces documents ne sont tout simplement pas consultables. Il en va de même pour les archives de Jacques Chirac qui était alors premier ministre.

 

Lire aussi :   Mort de Thomas Sankara : vingt-neuf ans après, les résultats de l’enquête se font attendre

 

L’étape suivante consiste à demander la liste des documents disponibles sur cette question. Si cet inventaire ou index a déjà été produit par les archivistes, il ne reste plus qu’à faire son choix sur les documents produits par les différents conseillers de Mitterrand. En 2015, cette demande de dérogation se faisait à la fois en ligne mais aussi par écrit. Cas exceptionnel pour Mitterrand, une fois la demande envoyée aux archivistes, ceux-ci la relayent auprès de la mandataire des archives de l’ancien président.

 

Le processus est long et ce n’est pas avant août 2016 qu’une dérogation m’a été accordée pour certains documents. Comme prévu, les dossiers pouvant directement incriminer qui que ce soit ne sont même pas consultables, le refus de la mandataire étant justifié par la peur d’une atteinte à la sûreté nationale.

Lire aussi :   Une naturalisation ivoirienne de Blaise Compaoré pour échapper à la justice burkinabée ?

Quant aux documents que j’ai pu lire, le résultat est décevant : après des démarches qui ont pris un an et demi, les archives ne contenaient que des miettes d’histoire et absolument rien de concret. De toute façon, si ses documents avaient contenu quoi que ce soit d’incriminant, je n’aurais pas eu le droit de prendre de photos, ni de publier tout document qui nuirait à la sûreté de l’Etat ou à la vie privée – une condition d’utilisation assez vague pour dissuader des chercheurs de faire leur métier.

Quelle est la place de la société dans les débats historiques ?

Les Britanniques se sont emparés de la question des archives historiques au début des années 2010. Après un scandale juridique et politique dans lequel le gouvernement britannique a été forcé de payer des réparations à des Kényans torturés pendant la révolte des Mau-Mau dans les années 1950, les archives nationales britanniques sont maintenant relativement ouvertes. Ceci se fait dans un cadre légal qui m’a permis de recevoir à mon université des photocopies de documents sur le soutien du Royaume-Uni à la France dans la guerre contre l’Union des populations du Cameroun pendant les années 1950. Il n’en reste pas moins que certains documents étaient rendus partiellement illisibles et que d’autres ont tout bonnement été détruits auparavant ; il s’agit là de l’affaire des Migrated Archives.

Les Britanniques n’ont pas été les premiers à obtenir la libre consultation des documents produits par leur administration. En 1966, les Américains liaient le concept de transparence à celui de démocratie par une loi dite de Freedom of Information. Ce droit à l’information fait ainsi figure de droit essentiel pour une démocratie. Ainsi, tous les citoyens peuvent demander, par exemple, comment leur député dépense leur argent ou comment un gouvernement se comporte à l’étranger. Evidemment, ce système n’empêche aucunement au gouvernement américain de cacher ses actions comme en témoignent les fuites de Wikileaks.

Lire aussi :   A Ouagadougou, un mémorial pour Thomas Sankara

Le système de Freedom of Information est un système coûteux pour le contribuable et exigeant en termes d’équilibre entre vie privée, liberté d’action pour les élus et transparence démocratique. Il montre cependant qu’il est possible pour la société de s’emparer de sujets historiques, de mettre la question de la mémoire au centre du débat démocratique.

Aménager les lois existantes pour un débat historique

Le maintien du secret autour de l’assassinat de Thomas Sankara ne fait que renforcer les spéculations sur le mystère entourant cet événement. Sans forcément se diriger vers un Freedom of Information Act à la française, le cadre légal existant pourrait être aménagé. Par exemple, si le délai de communication des archives « secret défense » passait de 50 à 25 ans, il serait possible d’en savoir plus sur l’assassinat de Sankara, mais aussi sur l’histoire de la Ve République en général. En 2017, le compteur est coincé en 1967, c’est-à-dire le dernier mandat du général de Gaulle.

Si l’Etat français choisissait de raccourcir les délais de communication, les historiens seraient ainsi mieux à même de faire leur métier et ne laisseraient pas le champ à la réécriture de l’Histoire par les partis politiques ou des associations. La société française en général a un rôle à jouer dans la mesure où elle peut demander à obtenir un droit de regard sur sa propre histoire. Le « secret défense » ne doit pas être une excuse pour fantasmer le passé. Il ne s’agit pas d’un problème administratif mais bien le résultat d’une politique. Et cette politique peut changer.

Thomas Sankara, l’homme intègre, mériterait bien que l’histoire de son assassinat soit connue. Arrêtons de spéculer et ouvrons les archives sur son assassinat.

 

Vincent Hiribarren est historien, spécialiste de l’Afrique et chercheur au King’s College à Londres


 

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 05:46

Par Ben White, le 16 mars 2017

 

Un nouveau rapport de l’ONU accuse Israël d’avoir établi « un régime d’apartheid qui opprime et domine le peuple palestinien dans son ensemble ».

La publication intervient au milieu d’un nouveau débat sur la question de savoir si, par sa politique de colonisation et son rejet de l’autodétermination palestinienne, le gouvernement israélien crée – ou même a déjà créé – un « État unique » de fait, que les critiques considère comme une forme d’apartheid.

Le rapport exhorte les gouvernements à « soutenir les activités de boycott, désinvestissement et sanctions [BDS] » et à « répondre positivement aux appels à de telles initiatives ».

Le rapport « Pratiques israéliennes envers le peuple palestinien et la question de l’apartheid » a été commandé et publié par la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale (ESCWA) et publié à Beyrouth.

John Reynolds, professeur de droit à l’Université nationale d’Irlande, Maynooth, a déclaré à Al-Jazeera que le rapport « ouvre de nouvelles perspectives dans le contexte de l’analyse de la situation en Palestine par l’ONU ».

L’envoyé d’Israël aux Nations Unies, Danny Danon, a publié mercredi une déclaration condamnant le rapport.

« La tentative d’égratigner et calomnier la seule véritable démocratie au Moyen-Orient en créant une fausse analogie, est méprisable et constitue un mensonge flagrant », a-t-il déclaré.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, interrogé sur le rapport, a déclaré qu’il a été publié sans consultation préalable du Secrétariat de l’ONU et que ses vues ne reflètent pas celles du secrétaire général.

Le rapport a été rédigé par deux critiques des pratiques israéliennes : Virginia Tilley, professeur de sciences politiques à Southern Illinois University, et Richard Falk, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens et professeur émérite de droit international à l’Université de Princeton.

Le rapport affirme qu’Israël est « coupable de politiques et de pratiques qui constituent le crime d’apartheid » , que « le consensus des experts est que l’interdiction de l’apartheid est universellement applicable, qu’il n’a pas disparu du fait de l’effondrement de l’apartheid en Afrique du Sud », et qu’il est un crime contre l’humanité en vertu du droit international coutumier et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale ».

Le rapport est une « analyse détaillée de la législation, des politiques et des pratiques israéliennes » qui souligne comment Israël « opère un régime d’apartheid », y compris par le biais de « la politique volontariste démographique ».

Les citoyens palestiniens d’Israël sont décrits comme « soumis à l’oppression sur la base de ne pas être juif », ajoute le rapport.

De même, les Palestiniens de Jérusalem-Est ressentent une « discrimination dans l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi, à la résidence et aux droits de construction », et sont soumis aux  « expulsions et démolitions de maisons ».

Les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza sont régis par le « droit militaire » aux côtés des colons juifs « régis par le droit civil israélien », indique le rapport.

Les réfugiés et les exilés palestiniens sont « interdits de retourner chez eux en Israël et dans le territoire palestinien occupé », car ils constituent « une menace démographique » et que leur retour « modifiera le caractère démographique d’Israël ».

Le rapport recommande aux Nations Unies et à ses États membres de soutenir la campagne BDS, et de « relancer le Comité spécial contre l’apartheid et le Centre des Nations Unies contre l’apartheid (qui a existé de 1976 à 1991)» qui aura pour mission de « produire un rapport contraignant sur les pratiques israéliennes et les politiques relatives au crime d’apartheid ».

Le rapport suggère également qu’un avis consultatif soit demandé à la Cour internationale de Justice « sur la question de savoir si les moyens utilisés par Israël pour maintenir son contrôle sur le peuple palestinien constituent le crime d’apartheid ».

David Keane, professeur agrégé de droit à l’Université de Middlesex, a déclaré que le nouveau rapport diffère des précédents sur le sujet parce qu’il « accole expressément l’étiquette d’apartheid ».

Le rapport pourrait contribuer à détériorer encore un peu plus les mauvaises relations entre le gouvernement du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et les Nations Unies.

« Pour les Palestiniens et leurs alliés, le rapport aidera à fournir une base solide pour leurs initiatives », a déclaré à Al Jazeera Nadia Hijab, directrice exécutive d’Al-Shabaka ( Réseau politique palestinien).

Faisant référence à la réputation et à la crédibilité des auteurs, Hijab décrit le rapport comme « un document clair et concis » dont les recommandations sont « opportunes et tout à fait nécessaires ».

Ben White est journaliste indépendant, écrivain et militant, spécialiste Palestine/Israël. Il est diplômé de l’université de Cambridge. Il a notamment écrit Être palestinien en Israël – Ségrégation, discrimination et démocratie – Suivre sur Twitter : @benabyad

Source: Al Jazeera

Ben White

Ben White

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 20:21
Palestine: le non de Hollande à la reconnaissance d'un Etat (Politis, 9 mars 2017)

Un ultime renoncement, une ultime déception des attentes des progressistes, des partisans de la paix et de la décolonisation. Pathétique! Alors que l'Assemblée avait voté pour la reconnaissance de l'Etat Palestinien...

 

François Hollande a répondu à la lettre ouverte que lui avaient adressée, quelques jours auparavant, 154 parlementaires.

Politis, jeudi 9 mars 2017

« Une reconnaissance unilatérale de l’État palestinien par la France n’aurait pas aujourd’hui l’effet d’entraînement souhaité sur nos partenaires. » Tel est l’essentiel de la réponse de François Hollande à la lettre ouverte que lui avaient adressée, quelques jours auparavant, 154 parlementaires parmi lesquels Pierre Laurent, Marie-George Buffet, Pouria Amirshahi, Cécile Duflot, la sénatrice EELV Esther Benbassa et le socialiste Mathieu Hanotin, directeur de campagne de Benoît Hamon.

Dans un courrier daté du 28 février, François Hollande dit faire sienne la phrase des parlementaires : « Le peuple palestinien est fondé à se doter d’un État ». Il rappelle l’initiative de la France qui avait abouti, le 15 janvier, à la réunion à Paris de 70 États et organisations internationales. Il rappelle aussi le vote, en décembre, de la résolution 2334 des Nations unies condamnant la colonisation. « Là aussi, la France a joué son rôle », écrit-il.

Mais pour le président de l’Association France-Palestine Solidarité (voir tribune sur Politis.fr), François Hollande s’attribue des initiatives qu’il a parfois combattues. Taoufiq Tahani rappelle les propos tenus par le Président français devant Benyamin Netanyahou, en octobre dernier, tout à fait hostiles à la demande de reconnaissance formulée par l’Autorité palestinienne. Ce qui jette un autre éclairage sur les motifs du refus de reconnaissance par la France.

(revue de presse de l'AFPS)

Palestine: le non de Hollande à la reconnaissance d'un Etat (Politis, 9 mars 2017)
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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 13:20
Liberté pour Jamal Abil Leil! « Soit je sors parce que vous n’avez rien contre moi, soit je meurs en prison, mais je continuerai ma grève de la faim ». Solidarité pour Jamal Abu Leil #palestine http://www.france-palestine.org/Urgence-solidarite-pour-Jam…

Liberté pour Jamal Abil Leil! « Soit je sors parce que vous n’avez rien contre moi, soit je meurs en prison, mais je continuerai ma grève de la faim ». Solidarité pour Jamal Abu Leil #palestine http://www.france-palestine.org/Urgence-solidarite-pour-Jam…

Brest, 11 mars 2017 - Solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens et Jamal Abul Leil

Brest, 11 mars 2017 - Solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens et Jamal Abul Leil

URGENT : Solidarité avec Jamal Abu Leil !

L'Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villesFrançaises (AJPF), fondée par Fernand Tuil et aujourd'hui présidée par Patrick Le Hyaric, lance un appel urgent pour la solidarité avec JAMAL ABU LEIL et les prisonniers palestiniens (voir ci-dessous).

Cet ami palestinien, rencontré plusieurs fois au camp de Kalendia lors de délégations de solidarité organisées par l'AJPF, a été mis en prison par les Israéliens le 15 février 2016 sous le régime totalement arbitraire de la « détention administrative » (sans jugement, sans même que le motif de son emprisonnement soit communiqué au détenu), renouvelable de 6 mois en 6 mois.

La détention de Jamal vient d'être à nouveau prolongée de 6 mois et celui-ci, comme d'autres prisonniers palestiniens avant lui, a entamé une grève de la faim pour protester contre cette décision.

Il a besoin de toute notre solidarité.

 

Yvonne et Piero Rainero.

 

L'affiche dont il est question est celle qui accompagne ce billet et que l'on retrouve aussi sur le site de l'AFPS qui a repris l'appel :

Jamal

 

Ecoutez aussi l'interview de Patrick Le Hyaric au sujet de Jamal :

 

Exigeons la libération de Jamal Abu Leil

Solidarité avec Jamal Abul Leil, gréviste de la faim, et les autres prisonniers politiques palestiniens
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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 13:13
C'est la "pire crise humanitaire" dans le monde depuis 1945 alerte l'ONU
AVEC AFP
DIMANCHE, 12 MARS, 2017
L'HUMANITE
Photo Tony Karumba/AFP
 

Les Nations Unies ont averti ce samedi que le monde est confrontée à la "pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale", avec un risque de malnutrition et de famine pour 20 millions d'habitants de trois pays d'Afrique et au Yémen.

Somalie, Soudan du Sud, Nigeria et Yémen, tous en proie à des conflits armés, sont les pays cités dans la déclaration faite vendredi devant le Conseil de sécurité par le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, Stephen O'Brien. Le responsable qui s'est rendu au début du mois au Yémen, au Soudan du Sud et en Somalie, a lancé un appel à une mobilisation urgente, réclamant 4,4 milliards de dollars à la communauté internationale d'ici juillet pour "éviter une catastrophe." LIRE LA DÉCLARATION (en anglais)
"Les Nations Unies lancent un avertissement, le monde fait face à sa pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, avec plus de 20 millions de gens confrontés à la faim et à la famine dans quatre pays", a-t-il déclaré.
"Sinon, on peut prédire que beaucoup de gens vont mourir de faim, perdre leurs moyens de subsistance et voir annulés les acquis politiques durement gagnés au cours des dernières années", a ajouté M. O'Brien. "Sans des efforts collectifs et coordonnés à l'échelle mondiale, des gens vont tout simplement mourir de faim. Beaucoup d'autres vont souffrir et mourir de maladie. Des enfants vont être retardés (dans leur développement) et manqueront l'école. Des moyens d'existence, des avenirs et des espoirs seront perdus", a averti le secrétaire général adjoint.
Le Yémen, a-t-il souligné, est actuellement le théâtre de la "pire crise humanitaire au monde". Deux tiers de sa population - 18,8 millions de personnes - ont besoin d'assistance et plus de sept millions "ignorent d'où proviendra leur prochain repas", a-t-il dit en faisant état de déplacements massifs de populations, déracinées par les combats entre forces gouvernementales et houthistes. Le conflit a déjà fait plus de 7.400 morts et 40.000 blessés depuis mars 2015, selon l'ONU.
De récents accords entre les belligérants ont permis l'acheminement d'une aide alimentaire à 4,9 millions de personnes le mois derniers. "Pourtant, toutes les parties au conflit refusent arbitrairement un accès durable aux humanitaires et instrumentalisent l'aide à des fins politiques", a déclaré M. O'Brien. Il a estimé que 2,1 milliards de dollars étaient nécessaires pour aider 12 millions de gens et annoncé qu'une conférence au niveau ministériel aurait lieu le 25 avril à Genève en présence du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres pour lever des fonds.
Au Soudan du Sud, M. O'Brien a dit avoir trouvé "la situation pire que jamais", en raison de la guerre civile qui ravage le pays depuis décembre 2013. Les parties du conflit sont responsables de la famine, a-t-il accusé. Plus de 7,5 millions de personnes ont besoin d'aide, soit 1,4 million de plus que l'an dernier, dans ce pays qui compte 3,4 millions de déplacés. En Somalie, c'est plus de la moitié de la population -- 6,2 millions d'habitants -- qui a besoin d'aide et de protection, dont 2,9 millions menacés par la famine. Près d'un million d'enfants de moins de 5 ans souffriront cette année de grave malnutrition, a-t-il dit, dans ce pays plongé depuis près de trois décennies dans le chaos et la violence entretenus par des milices claniques, des gangs criminels et l'insurrection des islamistes shebab.
"Ce que j'ai vu et entendu lors de ma visite en Somalie était bouleversant - des femmes et enfants marchent des semaines à la recherche de nourriture et d'eau". "Ils ont perdu leur bétail, les sources d'eau potable se sont asséchées et ils ne leur reste plus rien pour vivre", a-t-il noté, ajoutant qu'on assistait à un vaste mouvement de population vers les centres urbains. Enfin, dans le nord-est du Nigeria, théâtre de l'insurrection des islamistes de Boko Haram depuis 2009, frappé par le changement climatique et victime de la mauvaise gouvernance, plus de 10 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire, dont 7,1 millions sont "confrontées à une grave précarité alimentaire", a dit M. O'Brien. Lors de la Conférence d'Oslo sur le Nigeria et le bassin du lac Tchad le mois dernier, des contributions à hauteur de 672 millions de dollars ont été annoncées, en deçà de l'appel, fixé à 1,5 milliard de dollars.
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