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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 14:42

Communiqué de la Coordination Fédérale d'Izquierda Unida.
23/09/2017 - Source : Izquierda Unida

Au vu de l'appel au référendum du 1er Octobre pour l'indépendance de la Catalogne et face à la réaction répressive et autoritaire du Gouvernement espagnol, voici la position adoptée avec une large majorité par la Coordination Fédérale d'Izquierda Unida, le 23 septembre dernier (78% avec 50 voix "pour") :

1. Il existe en Catalogne un conflit politique de caractère historique qui nécessite une solution politique que l'on ne peut trouver qu'à travers la négociation et le dialogue. Parmi les mécanismes démocratiques disponibles, l'organisation d'un référendum qui permette à la société catalane de décider sur son futur devrait être envisagée, car 80% de la société catalane a manifesté sa volonté d'exercer son droit à décider et cela ne peut pas être ignoré.

2. Le Gouvernement d'Espagne n'aborde pas ce problème politique avec une attitude démocratique. Il utilise au contraire la répression et l'autoritarisme. L'attaque contre les droits fondamentaux perpétrée par le Gouvernement d'Espagne est très grave, elle affecte l'ensemble des citoyens de l'Etat et pas seulement une partie de la population catalane. L'attitude du Gouvernement d'Espagne est anti-démocratique, irresponsable et réactionnaire.

3. L'appel au référendum du 1er octobre par le Govern de la Généralitat de Catalogne ne résout pas le problème car il ne réunit pas les garanties politiques suffisantes et ne s'adresse pas à toute une partie de la société catalane. La feuille de route du Govern qui révèle également un manque de contenus en matière de revendications sociales et de régénération démocratique, liée à l'action répressive de l'Etat, empêcheront que ce processus jouisse des garanties nécessaires. Dans ce cadre, nous ne pouvons accepter que le résultat de ce processus ait des effets sur le statut de la Catalogne.

4. L'action répressive du Gouvernement a été soutenue par le bloc réactionnaire formé par le PP (Parti Populaire) et le CS (Ciudadanos). Pourtant, elle n'a pas le soutien du Congrès. Face à ce bloc réactionnaire, nous saluons la célébration de l'assemblée des parlementaires démocratiques de tout l'Etat, qui exige une solution politique et dénonce la répression du Gouvernement en tant que recul gravissime des libertés.

5. Nous affirmons que la meilleure solution au conflit est un processus constituant qui aboutisse à une République Fédérale. Cet horizon constituant est nécessaire car notre pays est plurinational et que la Constitution de 1978 est périmée, conséquence de l'offensive néolibérale de ces dernières années. Nous avons besoin d'un nouveau modèle de vie en commun qui garantisse les droits humains, ce qui est impossible dans le cadre actuel. Le cadre que nous défendons est celui de la République Fédérale, qui est liée nécessairement à la reconnaissance du droit à l'autodétermination des peuples, et à la conquête et la consolidation des droits sociaux pour les classes populaires.

6. Nous comprenons que, vu les circonstances, le 1er Octobre est actuellement une mobilisation qui peut servir à l'exigence du droit à décider et à la protestation face aux actions irresponsables du Gouvernement. Il y aura probablement diverses manifestations d'ampleur dans toute la Catalogne, et sans doute dans d'autres parties de l'Etat, contre la répression du Gouvernement et du bloc réactionnaire : Nous appelons nos militant-e-s à y participer en défense des droits et des libertés.

7. Nous continuerons à travailler avec EUiA (Gauche Unie et Alternative, en Catalogne) sur les solutions à ce conflit politique. A Izquierda Unida, nous considérons que l'appel à un référendum effectif, qui puisse faciliter la participation massive de la société catalane, avec une expression possible des différentes options, et qui implique un débat sérieux et profond sur le modèle d'Etat, est la meilleure solution pour l'exercice du droit à décider. En tant que force fédéraliste, nous reconnaissons le droit à l'autodétermination des peuples, et donc aussi celui du peuple catalan. Nous revendiquons la célébration d'un référendum et nous nous engageons à travailler pour qu'il ait lieu.

Référendum en Catalogne: communiqué d'Izquierda Unida avant les répressions du 1er octobre
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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 14:58
Fièvre néolibérale et peste brune en Allemagne des résultats alarmants (PCF)

Fièvre néolibérale et peste brune en Allemagne : des résultats alarmants (PCF - Parti Communiste Français)

Les résultats des élections législatives en #Allemagne sont très alarmants.
D'abord le choc avec l'effroyable résultat du parti raciste et ultralibéral
 AfD. Pour la première fois depuis la fin du nazisme, et malgré un travail de mémoire en Allemagne inégalé en Europe, la campagne a été dominée par un débat nauséabond sur la question des réfugiés et l'extrême droite fait une percée électorale à 12,6 %, lui permettant d'entrer au Bundestag avec 94 députés. L’Europe est réellement entrée dans une ère pleine de dangers pour la paix et les droits humains.
Ensuite parce que la caractéristique principale de cette élection est - malgré un reflux de la CDU d'Angela Merkel (33%) - une poussée à droite, très à droite même, avec un retour des néolibéraux du FDP (10,4 %). Le SPD (20%) hésitant pendant la campagne sur son orientation à gauche, enregistre le plus faible résultat de son histoire. Il annonce cependant ne pas souhaiter participer à une nouvelle « grande coalition ». Les verts (8,9%) vont-ils permettre à la droite de gouverner dans un scénario à la jamaïcaine ? Ce ne serait pas servir l'écologie et l'hospitalité qu'ils prônent envers les réfugiés !
La future coalition gouvernementale sera forcément dominée par la droite austéritaire convaincue des « bienfaits » de l'orthodoxie économique et budgétaire en Europe. Emmanuel Macron ne s'y est pas trompé et a immédiatement confirmé sa convergence avec ces choix d'accumulation pour la finance et de sous-développement social et écologique pour les peuples.
Le PCF salue le résultat de ses alliés de DIE LINKE qui stabilisent leur influence nationale et seront comme ils l'affirment, la première force d'opposition sociale dans le Bundestag. 

Pierre Laurent profitera de la réunion du Parti de la Gauche Européenne à Berlin vendredi 29 et samedi 30 septembre pour faire le point avec les alliés des communistes français.

Parti communiste français,
Paris, le 25 septembre 2017.

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 06:17
Catalogne: rien ne justifie un tel usage de la force (PCF)
Catalogne : rien ne justifie un tel usage de la force
MERCREDI, 20 SEPTEMBRE, 2017
L'HUMANITE

Communiqué du PCF.

Les informations qui remontent depuis plusieurs semaines sur les agissements de l’État espagnol en Catalogne sont très alarmantes.

Après les menaces contre les élus, les journalistes, les imprimeurs, les saisies de matériel et la présence pesante de la Guardia civil dans la vie quotidienne des catalans, les arrestations et perquisitions de ce matin à la Generalitat sont une étape franchie dans la violence.

Quelle que soit notre opinion sur l'indépendance ou sur la consultation organisée le 1er octobre, rien ne justifie un tel usage de la force. Cela ne règle en rien la question de l'autodétermination des Catalans ni du modèle institutionnel à développer en Espagne. Cela pourrait même conduire à des ruptures dangereuses pour la paix et la sécurité des populations.

Le PCF appelle le gouvernement Rajoy à la raison. Des négociations doivent débuter en vue d'un nouveau processus garantissant aux Catalans – comme aux autres nationalités historiques - un débat sérieux et pluraliste, ainsi que les conditions d'une réelle expression démocratique. Un travail de fond doit s'engager pour une révision constitutionnelle permettant le dépassement des blocages actuels. Nous soutenons, avec nos alliés espagnols, l'idée d'une République fédérale dans un État plurinational.

Catalogne: rien ne justifie un tel usage de la force (PCF)
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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 05:54
Au lendemain du "coup d'Etat", Barcelone reste mobilisée ( Irène Casado et la rédaction de Médiapart, 20 septembre 2017)
Au lendemain du «coup d'Etat», Barcelone reste mobilisée
 PAR  ET 

La police espagnole a déclenché mercredi une vaste opération destinée à empêcher la tenue du référendum sur l’indépendance de la Catalogne, prévu par les autorités locales le 1er octobre mais interdit par la justice constitutionnelle espagnole. Quatorze responsables catalans ont été arrêtés.

Avec Irène Casado, envoyée spéciale à Barcelone.- « Liberté ! Démocratie ! », « Nous allons voter » ou « La rue est toujours à nous ! ». La mobilisation se poursuit ce jeudi à Barcelone, après la vaste opération policière de la veille destinée à empêcher la tenue du référendum sur l’indépendance de la Catalogne. Des membres de l’Assemblée nationale catalane ont appelé à une « mobilisation permanente » pour défendre le droit à l’autodétermination. Des milliers de personnes se sont rassemblées devant le Tribunal supérieur de justice de Catalogne, réclamant la libération des onze personnes arrêtées, et toujours en garde à vue jeudi soir, à cause de leur rôle dans l’organisation du référendum prévu le 1er octobre. Dans la nuit de mercredi à jeudi, de nombreux Catalans étaient déjà descendus dans la rue.

La « collision de trains », selon l’expression consacrée de la presse espagnole, s’est produite ce mercredi. Elle menaçait depuis l’adoption, le 6 septembre, par le Parlament, le Parlement catalan, de la loi organisant un référendum pour l’indépendance de la Catalogne, le 1er octobre, que Madrid est déterminé à empêcher. Mardi 12 septembre, la Cour constitutionnelle espagnole, saisie par le gouvernement de Mariano Rajoy, avait jugé la loi contraire à la Constitution de 1978. Et ce mercredi, la garde civile a mis le feu aux poudres en arrêtant quatorze hauts responsables de l'exécutif de la région de Catalogne, qui rassemble des conservateurs, des sociaux-démocrates et des figures de la société civile, et en procédant à 22 perquisitions, notamment dans les ministères régionaux de l'économie, de l'intérieur et des affaires étrangères, ainsi qu'aux sièges du Trésor et du Centre des télécommunications et des technologies de l'information. Près de 10 millions de bulletins de vote ont également été saisis.

« L'État espagnol a de facto suspendu l'autonomie en Catalogne et créé l'état d'urgence », a réagi le président de l'exécutif régional, Carles Puigdemont, à l'issue d'une réunion spécialement convoquée au palais de la Généralité, entouré de membres de son gouvernement. Auparavant, le chef de l'exécutif avait appelé les Catalans à défendre la démocratie face à un « régime répressif et intimidant » en participant en masse au référendum du 1er octobre. « Nous avons tous l'obligation de respecter la loi », avait auparavant déclaré à Madrid le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, lors d'une séance parlementaire houleuse lors de laquelle un groupe d'élus catalans a quitté l'hémicycle pour protester. Dans la soirée, le chef du gouvernement espagnol a de nouveau invité les dirigeants catalans à renoncer au scrutin : « N'allez pas plus loin. Revenez à la loi et à la démocratie. Ce référendum est une chimère », a-t-il dit lors d'une allocution télévisée.

La réaction des Barcelonais ne s’est pas fait attendre : par milliers, ils se sont rassemblés pour manifester contre le comportement « antidémocratique » et « totalitaire » du pouvoir central, selon les mots de Carles Puigdemont, après l'arrestation de Josep María Jové, adjoint d'Oriol Junqueras, vice-président et conseiller à l'économie et aux finances de la Généralité de Catalogne. « Face au tournant autoritaire de l'État, Barcelone soutient les institutions catalanes et défend l'autonomie catalane. Si Rajoy persiste dans cette stratégie répressive, il trouvera des voix diverses et pro-catalanes plus unies que jamais pour défendre les droits et la liberté. Nous accueillons et célébrons les manifestations à Barcelone, en Catalogne et dans toute l'Espagne. Continuons à manifester, toujours pacifiquement », a réagi la maire de la ville, Ada Colau, dans une série de tweets rédigés en catalan, en espagnol et en anglais. Elle a ensuite remercié les manifestants dans quarante villes espagnoles : « Si le PP [parti populaire de Rajoy – ndlr] restreint les droits et libertés de quelques uns, il restreint la démocratie de tous. »

Comme beaucoup d’autres figures de la gauche, le leader de Podemos, Pablo Iglesias, avait regretté que la consultation du 1er octobre manque de garanties juridiques suffisantes – par exemple pour la protection juridique des fonctionnaires qui devront l’organiser, précisément ceux qui ont été arrêtés ce mercredi : Iglesias évoque aujourd'hui « des prisonniers politiques ». Le mouvement anti-austérité défend le droit des Catalans « à décider » – c’est-à-dire la tenue d’un référendum –, mais aussi l’idée d’un référendum validé par Madrid, sur le modèle du référendum écossais, validé par le Royaume-Uni à l’époque. Le mouvement a appelé à une mobilisation pour les libertés démocratiques, à 19 h 30, Puerta del Sol…

Depuis son entrée en fonctions fin 2011, Mariano Rajoy, le chef de la droite espagnole, est l’un des premiers responsables du pourrissement de la situation entre Madrid et Barcelone. Il n’a jamais cherché à rouvrir la voie des négociations, préférant se draper dans une position de garant de l’unité espagnole, pour consolider son statut d’homme fort à Madrid (lire notre analyse). Il bénéficie du soutien, contre la tenue du référendum, des libéraux de Ciudadanos, et dans une moindre mesure des socialistes du PSOE, qui continuent d'appeler à des négociations pour une sortie politique de la crise (à l'inverse de la bataille strictement judiciaire engagée par Rajoy). 

 

De son côté, à Barcelone, l’exécutif régional a continué, inflexible, à dérouler sa feuille de route. Il s'estime légitime, après les régionales de septembre 2015, qui ont donné une majorité au sein du Parlament, aux formations indépendantistes (en nombre de sièges, mais pas en nombre de voix). Le 28 août dernier, le gouvernement de Puigdemont a présenté une loi « sur la période de transition » : une mini-Constitution de 89 articles, qui entrerait en vigueur à partir du 2 octobre, si le « oui » l’emportait la veille, le temps de faire élire une véritable Constituante pour fonder la République catalane. Avant de faire adopter, le 6 septembre, la loi proprement dite sur le référendum, interdite le 12. Madrid avait alors déposé quatre recours devant le Tribunal constitutionnel, l’institution chargée de faire respecter la Constitution espagnole.

Dimanche 17, la garde civile avait saisi près de Barcelone 1,3 million de tracts, dépliants et affiches en vue du référendum dans une entreprise de distribution de publicités d'une commune de la province de Barcelone, « empaquetés sur des palettes, prêts à être distribués », selon un communiqué du ministère. Parmi ces documents se trouvaient quelque 700 000 tracts en faveur du oui au référendum et environ 370 000 dépliants avec le logo du gouvernement catalan promouvant la participation au référendum. Environ 138 000 affiches de la Candidature d’unité populaire, autre force politique de gauche de premier plan, avaient également été saisies. Selon le ministère de l'intérieur, la saisie de matériel faisant la promotion du oui en même temps que des documents officiels du gouvernement catalan a démontré « l'unité d'action » entre le gouvernement régional et la campagne du oui.

La veille, samedi 16, la garde civile avait perquisitionné, à la demande d'un juge de Tarragone, les locaux du quotidien de la ville de Valls, El Vallenc. Les gardes civiles recherchaient du matériel imprimé en rapport avec le vote prévu le 1er octobre, notamment des bulletins de vote. L'opération a duré cinq heures et les policiers sont apparemment rentrés bredouilles, emportant cependant des documents de l'entreprise. 

 

Cette opération a provoqué beaucoup de réactions indignées dans les milieux indépendantistes. Le vice-président de la Généralité, Oriol Junqueras, a évoqué une attaque contre la liberté d'expression. Immédiatement après l'arrivée de la garde civile, une manifestation s’était tenue durant l'opération, devant les locaux d'El Vallenc.

Interrogé le 29 août par Mediapart, Raül Romeva, « ministre des affaires étrangères » de Catalogne, s'était dit convaincu que le scrutin du 1er octobre aurait bien lieu. Cet ancien eurodéputé, né en 1971, issu du parti écologiste ICV, a fait de l’indépendance de la Catalogne sa priorité. « Si quelqu’un pense qu’il n’y aura pas de référendum, il faut qu’il nous dise comment il compte s’y prendre pour empêcher sa tenue », avait-il martelé. « Nous demandons que tout le monde puisse s’exprimer et que l’on respecte la liberté des gens. De ce point de vue, il faut se demander pourquoi nous en sommes arrivés là. C’est cette question que je voudrais que certains acteurs se posent. Il y a beaucoup de réactions négatives contre le fait de voter, mais je vois peu d’interrogations sur la raison pour laquelle des gens comme nous en sont arrivés à un point où ils veulent décider de leur avenir. C’est pourtant là que se situe l’enjeu. »

En 2014, lors d'une précédente consultation, le « oui » l’avait emporté largement, mais les opposants à l’indépendance avaient boycotté ce scrutin. À l'époque, Rajoy – déjà en poste à Madrid – avait opté pour une stratégie différente : il avait ignoré les résultats du scrutin, mais n'était pas intervenu en amont, pendant la campagne. Cette fois, il s'est trouvé contraint de durcir un peu plus le ton, dès l'approche de la consultation. La stratégie du tout-judiciaire du parti conservateur espagnol, le PP, est extrêmement hasardeuse, et pourrait s'avérer lourde de conséquences pour la suite – c'est-à-dire après le 1er octobre, qu'il y ait, ou non, un référendum. Tout simplement parce qu'elle risque de doper encore un peu plus le camp des indépendantistes, qui ne cesse de croître depuis 2010.

 ​​​​

Mondialement connu, le club de football du FC Barcelone (dont le capitaine puis entraîneur historique Pep Guardiola est un fervent indépendantiste) a affiché son soutien au référendum dans un communiqué : « Après les faits survenus ces derniers jours, et en particulier aujourd'hui, en lien avec la situation politique de la Catalogne, le FC Barcelone, fidèle à son engagement historique en faveur de la défense du pays, de la démocratie, de la liberté d'expression et du droit à décider, condamne toute action susceptible d'empêcher le plein exercice de ces droits. » 

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 05:47
Site internet du Parti des Travailleurs Belge

Site internet du Parti des Travailleurs Belge

Catalogne : la gauche dénonce la répression et appelle au dialogue
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Les images sont fortes. Au matin du 20 septembre, 14 hauts fonctionnaires de l'administration catalane ont été arrêtés par la Garde civile espagnole. L'objectif du gouvernement espagnol est d'éviter l'organisation d'un référendum sur l'indépendance de la Catalogne, programmé pour le 1 octobre.

Depuis l'annonce du référendum le 6 septembre, la réaction du gouvernement n’a été que répressive. D'abord, le Tribunal constitutionnel a suspendu d'urgence la loi catalane sur le référendum. Ensuite, Mariano Rajoy (PP), Premier ministre conservateur, a envoyé des centaines de policiers de la Garde civile en Catalogne. Les fonds du gouvernement catalan ont été bloqués et des sièges de journaux perquisitionnés. Ces images de répression fortes font craindre un recul généralisé des droits démocratiques en Espagne.

Ada Colau, la bourgmestre progressiste de Barcelone, a tout de suite dénoncé les arrestations comme une atteinte aux libertés et droits démocratiques. La condamnation de la répression du gouvernement espagnol dépasse de loin les frontières catalanes. Au parlement européen, le groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE/NGL) a dénoncé l'action du gouvernement espagnol et exigé une solution pacifique et démocratique.

En Espagne même, des mobilisations ont eu lieu dans une vingtaine de villes, dénonçant les mesures répressives et antidémocratiques du gouvernement espagnol. Pablo Iglesias (Podemos) s'est montré incrédule face à la prise de prisonniers politiques en Espagne. Pour Alberto Garzón, porte-parole de la coalition de gauche Izquierda Unida, il ne s'agit en effet plus d'une question d'indépendance, mais de droits fondamentaux. Garzón souligne que l'action du gouvernement conservateur, soutenu les libéraux de Ciudadanos, sape les libertés fondamentales. Dans ce sens, affirme Garzón, les actions du gouvernement ne touchent pas « uniquement les indépendantistes, une partie de la société catalane, qui ont une position que beaucoup d'entre nous ne partagent pas », mais l'entièreté de la société. Contre quels opposants politiques la Garde civile sera-t-elle utilisée demain ? Et après-demain ?

La gauche radicale non-indépendantiste a pourtant beaucoup de questions sur le référendum décrété par le dirigeant catalan de droite Puigdemont. Différents députés catalans se demandent notamment quel serait réellement l’impact d’un tel référendum en l’absence d’accord ou même de négociations avec l'État espagnol ou d'autres États européens.

La gauche radicale défend le droit de décider, mais regrette la façon dont le référendum à été organisé. À gauche, on préconise plutôt un large débat de société, nécessaire pour décider de tels sujets. Ce débat pourrait alors mettre à l'agenda une série de questions fondamentales et stimuler la solidarité entre travailleurs des différentes parties du pays. Aujourd'hui, le débat est par contre pris en otage par deux dirigeants de droite, désireux de se profiler au détriment des droits fondamentaux.

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 05:24

Catalogne-

Les dockers et portuaires des ports de Barcelone et Tarragone, réunis en AG, ont voté le refus de ravitailler les 3 ferry affrétés par le ministère de l'intérieur espagnol et qui hébergent à son bord 3000 hommes des troupes spéciales de la garde civile dépêchés en Catalogne pour renforcer le coup d'état et la répression. Aussitôt, le ministère de l'intérieur a essayé de se servir des sociétés sous-traitantes. Les sous-traitants ont à leur tour voté le refus ! Vive la classe ouvrière !

Los parlamentarios de Izquierda-Ezkerra participamos en la concentración contra la represión del PP en Cataluña y a favor del diálogo y el pacto para que el pueblo catalán decida su futuro.  Les députés de gauche-PSOE participent à la concentration contre la répression du pp en Catalogne et pour le dialogue et le pacte pour que le peuple catalan décide de son avenir. (vu sur la page Facebook de notre camarade Maïté Mola, porte-parole du Parti Communiste Espagnol)

Los parlamentarios de Izquierda-Ezkerra participamos en la concentración contra la represión del PP en Cataluña y a favor del diálogo y el pacto para que el pueblo catalán decida su futuro. Les députés de gauche-PSOE participent à la concentration contre la répression du pp en Catalogne et pour le dialogue et le pacte pour que le peuple catalan décide de son avenir. (vu sur la page Facebook de notre camarade Maïté Mola, porte-parole du Parti Communiste Espagnol)

Marisa de Simón (I-E) dice, sobre Cataluña, que "no a la represión y sí a la democracia y al diálogo"

PAMPLONA, 21 Sep. (EUROPA PRESS) -

La portavoz de Izquierda-Ezkerra en el Parlamento de Navarra, Marisa de Simón, ha dicho, sobre lo que está ocurriendo en Cataluña, que "no a la represión, sí a la democracia, sí al diálogo, sí al acuerdo y sí a la participación".

En declaraciones a los medios de comunicación, De Simón ha señalado que "hemos rechazado la acción autoritaria y represiva del PP, que está impidiendo al pueblo catalán decidir sobre su futuro".

A su juicio, "la solución no está en los tribunales, está en la política". "La solución no está en un referéndum unilateral y no pactado y sin garantías y la solución está en referéndum pactado, con garantías y que permita precisamente al pueblo catalán decidir sobre su futuro sin exclusiones", ha sostenido.

Además, la portavoz de I-E ha manifestado su "rechazo a las coacciones que están recibiendo representantes públicos y alcaldes catalanes por su posicionamiento en relación al referéndum".

Marisa de Simon (I-e) dit, sur la Catalogne, que "Non à la répression et oui à la démocratie et au dialogue"

Pampelune, 21 SEP. (Europe press)

La porte-Parole de gauche-PSOE au Parlement de Navarre, Marisa de Simon, a dit, sur ce qui se passe en Catalogne, que " Non à la répression, oui à la démocratie, oui au dialogue, oui à l'accord et oui à la Participation ".

Dans les déclarations des médias, Simon a déclaré que "Nous avons rejeté l' action autoritaire et répressive du pp, qui empêche le peuple catalan de décider de son avenir".

À son avis, " la solution n'est pas dans les tribunaux, c'est dans la politique ". " la solution n'est pas dans un référendum unilatéral et non convenu et sans garantie, et la solution est par référendum convenu, avec des garanties et qui permet précisément au Peuple catalan décider de son avenir sans exclusions ", a soutenu.

En outre, la porte-Parole de I-e a exprimé son "rejet des contraintes que reçoivent des représentants publics et des maires catalans pour leur positionnement par rapport au référendum".
Marisa de Simon, porte-parole de Izquierda Unida au gouvernement de Navarre, a dénoncé avec force la répression du pouvoir central en Catalogne
Marisa de Simon, porte-parole de Izquierda Unida au gouvernement de Navarre, a dénoncé avec force la répression du pouvoir central en Catalogne

Marisa de Simon, porte-parole de Izquierda Unida au gouvernement de Navarre, a dénoncé avec force la répression du pouvoir central en Catalogne

La Guardia Civil a pris d’assaut, ce mercredi 20 septembre au matin, le gouvernement catalan. La police espagnole a envahi le ministère de l’Économie et divers organismes des finances catalanes dont l’Agence du Trésor, ainsi que le ministère des Affaires Extérieures. La Guardia Civil a arrêté le ministre des Finances catalan Josep Maria Jové. Les policiers ont également pris d’assaut le ministère des Affaires Sociales catalan. « Nous sommes dans un état de siège ! C’est une honte ! » a indiqué Dolors Bassa la ministre des Affaires Sociales.

Les interventions de la Guardia Civil se multiplient en Catalogne. Une douzaine de responsables de l’administration catalane a été interpellée.

Pablo Iglesias, leader de Podemos, a indiqué que les personnes qui y ont été arrêtées ce matin sont des « prisonniers politiques ».

Carles Puigdemont président de la Generalitat de Catalogne a convoqué une réunion extraordinaire avec les principaux responsables des partis du Parlement catalan.

Le porte-parole de ce même Gouvernement a appelé au calme. L’ANC, Assemblea Nacional Catalana, principal moteur du mouvement indépendantiste, a fait de même, en appelant également a une grande mobilisation des citoyens devant les ministères et les lieux de pouvoir catalan.

(La Semaine du Roussillon)

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 06:37
Pour eux, l'argent n'a pas d'odeur: la direction de Lafarge aurait validé des transactions avec les djihadistes en Syrie (Ouest-France)

L'enquête sur l'activité de Lafarge en Syrie pourrait être accablante pour le cimentier: trois ex-salariés syriens ont été entendus et un rapport des douanes conclut que la direction en France a validé « des paiements aux groupes djihadistes » pour continuer à travailler dans le pays en guerre.

Les juges d'instruction chargés de cette affaire très sensible tentent de déterminer les liens qu'a pu entretenir le géant du ciment notamment avec l'organisation État islamique (EI), pour faire fonctionner en 2013 et 2014, malgré le conflit, la cimenterie de Jalabiya (nord du pays). 

L'enquête porte aussi sur la connaissance qu'auraient eu des responsables du groupe en France de ces agissements et du danger qu'ils ont pu faire courir aux employés sur place.

Un informaticien, un ingénieur et un employé chargé des emballages, venus de Syrie pour répondre à la convocation des magistrats, ont été entendus cette semaine, a appris l'AFP de source proche de l'enquête. « Ils ont confirmé le caractère accablant des éléments qui pourraient être retenus contre Lafarge », a indiqué à l'AFP leur avocate Marie Dosé.

Il s'agit des premières auditions par les magistrats dans cette enquête pour « financement d'entreprise terroriste » et « mise en danger de la vie d'autrui », qui leur a été confiée en juin.

Le scandale avait été révélé un an plus tôt par une enquête du Monde qui avait mis en lumière de« troubles arrangements » entre Lafarge Cement Syrie (LCS), branche syrienne du groupe, et l'EI alors que le groupe djihadiste gagnait du terrain et devenait incontournable dans la région.

En septembre 2016, le ministère de l'Économie avait déposé plainte, déclenchant l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris, confiée au Service national de douane judiciaire (SNDJ).

« Fausses pièces comptables »

Dans son rapport, dont l'AFP a eu connaissance, le SNDJ conclut que LCS a « effectué des paiements aux groupes djihadistes » via un intermédiaire pour que la cimenterie continue à fonctionner.

La conclusion des douanes est surtout accablante pour la direction française du groupe Lafarge, qui a fusionné en 2015 avec le suisse Holcim. Celle-ci « a validé ces remises de fonds en produisant de fausses pièces comptables », affirme le SNDJ dans ce document, également révélé par Le Canard enchaîné et Le Monde.

Et, si seules trois personnes ont avoué avoir eu connaissance de ces pratiques, « il est tout à fait vraisemblable que d'autres protagonistes aient couvert ces agissements », dont l'ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont, ajoutent les douanes judiciaires qui ont entendu neuf responsables du cimentier et de sa filiale syrienne.

Le groupe plié à « une économie de racket »

Face aux enquêteurs, l'ex-directeur général adjoint opérationnel de Lafarge, Christian Herrault, a reconnu que le groupe s'est plié à une « économie de racket », menée par différentes milices armées, pour assurer la circulation de ses marchandises dans le pays.

« Cela représentait 5 millions de livres syriennes par mois pour Daech (acronyme arabe de l'EI), environ 30 000 dollars », a-t-il indiqué, précisant que « l'argent était prélevé directement dans le cash de l'usine » et versé à un intermédiaire.

Lafarge est aussi soupçonné d'avoir acheté du pétrole à des groupes djihadistes, là encore pour que ces derniers lui permettent de poursuivre son activité.

LCS en a acheté « en toute illégalité » à des groupes « islamistes, kurdes ou autres », a raconté Frédéric Jolibois, directeur général de LCS à partir de l'été 2014.

Aval des autorités françaises ?

L'enquête suggère aussi que la décision du cimentier de rester en Syrie a reçu l'aval des autorités françaises. « Le gouvernement n'a jamais incité Lafarge à partir de Syrie », a souligné M. Herrault, tandis que M. Jolibois a relevé avoir été « régulièrement en contact avec le Quai d'Orsay et la DGSE ».

« La seule gestion de Lafarge était une gestion financière en dehors de tout critère humanitaire: le groupe n'a pas hésité à mettre en danger l'intégrité physique de ses salariés et à les exposer au pire », a déploré Me Dosé.

L'EI avait fini par prendre le contrôle du site en septembre 2014. Ce jour-là, d'après Le Monde, la direction n'a pas prévenu les employés de l'imminence d'un raid, et ils avaient dû se sauver par leurs propres moyens. Sollicité, LafargeHolcim n'était pas disponible dans l'immédiat.

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 05:22
Voyage nocturne au village du Monde de la fête de l'Huma (photos Pierre Saint Jalme, 16 septembre 2017)
Voyage nocturne au village du Monde de la fête de l'Huma (photos Pierre Saint Jalme, 16 septembre 2017)
Voyage nocturne au village du Monde de la fête de l'Huma (photos Pierre Saint Jalme, 16 septembre 2017)
Voyage nocturne au village du Monde de la fête de l'Huma (photos Pierre Saint Jalme, 16 septembre 2017)
Voyage nocturne au village du Monde de la fête de l'Huma (photos Pierre Saint Jalme, 16 septembre 2017)
Voyage nocturne au village du Monde de la fête de l'Huma (photos Pierre Saint Jalme, 16 septembre 2017)
Voyage nocturne au village du Monde de la fête de l'Huma (photos Pierre Saint Jalme, 16 septembre 2017)
Voyage nocturne au village du Monde de la fête de l'Huma (photos Pierre Saint Jalme, 16 septembre 2017)

Le monde est notre village, notre village du monde. 
En guerre, en lutte de libération, en résistance, en paix, il est notre horizon et notre patrimoine commun. 
L'humanité émancipée partout, c'est la visée du communisme, c'est ce qui fait ça dimension internationaliste et anti-raciste, anti-colonialiste profonde. 
C'est qui fait que peu de mouvements politiques s'en rapprochent.
De la Palestine au Kurdistan, de l'Espagne à l'Allemagne, du Maroc à l'Algérie, de l'Irak à la Turquie, notre ami Pierre Saint Jalme nous fait voyager au village du monde de la fête de l'Huma le samedi 17 septembre au soir.

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 06:36

Présente comme chaque année à la Fête de l'Humanité, l'épouse du leader palestinien Marwan Barghouti, est une tête de pont de la défense des prisonniers politiques.

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 11:02
Les gauches portugaises rejettent le populisme et mènent des politiques anti-austerité encourageantes (TV 5 Monde, Pascal Hérard)
La gauche – les gauches devrais-je dire – sont en crise et en recul partout en Europe. La France ne fait pas exception : le total des voix de droite et d’extrême droite au premier tour de la présidentielle était de plus de 70%, (certes une partie des électeurs de Macron sont de gauche).
 
Le Portugal échappe à cette debâcle : depuis deux ans, le PS au pouvoir est soutenu (sans participation gouvernementale) par le Parti Communiste Portugais et Bloco de Esquerda. En résistant à la Commission européenne qui exigeait davantage d’austérité, la gauche portugaise, unie sur l’essentiel au-delà de ses désaccords, a réduit le deficit budgétaire à presque zéro, a fait baisser le chômage et attire les investisseurs étrangers. Elle a même pu mener des politiques de redistribution modestes, mais réelles.
 
Je m’étonne que personne ou presque dans la gauche française ne s’intéresse de près à cette expérience. Serait-ce parce que nos camarades portugais ont choisi une autre voie que le “populisme de gauche” ? (fédérer le peuple et non rassembler la gauche)
 
C’est dommage car en rassemblant les gauches, le Portugal a un gouvernement de gauche qui est en mesure de tenir tête à la commission et de rompre avec l’austérité. À méditer.
 
Philippe Marlière
 

TV 5 MONDE - Pascal Hérard

Le Portugal n'a presque plus de déficit budgétaire, bénéficie d'une des meilleures croissances de la zone euro, a fait baisser son chômage et attire les investisseurs. Le petit miracle économique et social portugais s'est réalisé en moins de 2 ans avec une politique pourtant opposée aux demandes de la Commission européenne. Doit-on parler désormais du modèle portugais plutôt que du modèle allemand ou suédois ?

 

Il y a un an, en juillet 2016, la Commission européenne entamait une procédure pour "déficit excessif" contre le gouvernement de Lisbonne. Le Portugal risquait une amende, selon Bruxelles, puisque il était censé ramener son déficit à 2,5 % de son PIB en 2015 au lieu des 4,4 % annoncés. La procédure a été abandonnée un mois plus tard. Etonnement, la France n'était pas soumise à la même pression, alors qu'elle n'avait pas — elle non plus — tenu ses engagements : 3,4% de déficit au lieu des 3% requis. Depuis, le phénomène s'est radicalement inversé : le Portugal a réduit son déficit à 2,1% en 2016 et devrait le ramener à 1,5% cette année. La France, elle, a abaissé péniblement son déficit à 3,3% en 2016 et table sur 3,2% cette année quand elle s'est engagée à atteindre... 2,8%. L'Espagne est encore à 4,5%.

Mais l'économie portugaise n'a pas réussi à réduire ses déficits par la baisse des dépenses publiques, des réformes structurelles du travail visant à "assouplir" les droits des salariés, ou en abaissant les protections sociales, comme le préconise la Commission européenne. C'est même l'inverse qui a été pratiquée au Portugal depuis un an et demi. Un choix qui explique certainement l'irritation très nettement affichée par Bruxelles au printemps 2016, lors des annonces de Lisbonne. 

> Portugal : les audaces de la gauche irritent à Bruxelles​

Mesures socio-économiques

Depuis novembre 2015, c’est un gouvernement socialiste qui est au pouvoir au Portugal, soutenu et poussé par une union des gauches, composée du Parti communiste portugais, des écologistes, et du "Bloco de esquerda", le bloc de gauche (gauche radicale). Les choix économiques et sociaux de ce gouvernement se sont portés sur une politique clairement anti-austéritaire et antinomique avec celle pratiquée par le gouvernement précédent, de droite, qui avait gelé le salaire minimum et les pensions de retraites, augmenté les impôts, et réduit les aides publiques. Ce qui n'avait pas permis de réduire le déficit budgétaire ni le chômage significativement, mais avait fait exploser la précarité et la pauvreté dans le pays.

Le gouvernement du nouveau premier ministre, António Costa, depuis 2 ans, a donc appliqué des réformes qui avaient été déclarées dans son programme de coalition, en parfaite opposition avec la politique précédemment menée, comme le souligne cet extrait : "La politique d’austérité suivie ces dernières années a eu pour conséquence une augmentation sans précédent du chômage avec des effets sociaux dévastateurs sur les jeunes et les citoyens les moins qualifiés, ainsi que les familles et les milliers de Portugais au chômage. Elle a été aussi associée à une dévalorisation de la dignité du travail et des droits des travailleurs."

Le salaire minimum a été augmenté en 2016 puis de nouveau en 2017, en échange de baisses de cotisations pour les employeurs, de 23% à 22%. Ces deux augmentations du SMIC portugais ont passé le salaire minimum de 505€ à 557 €. Puis des mesures économiques à vocation sociale — mais aussi de relance du pouvoir d'achat — ont été prises : augmentation des retraites et des allocations familiales, renforcements du droit du travail, baisses des impôts pour les salariés les plus modestes, arrêt des privatisations de services et d'infrastructures publics, programme de lutte contre la précarité. Il est aussi prévu de supprimer les coupes dans les revenus des fonctionnaires et de ramener leur temps de travail à 35 heures par semaine. Sur le plan purement économique, la stratégie portugaise n'a pas été non plus en accord avec les demandes de la Commission, et se sont pourtant avérées payantes.

Politique anti-austéritaire de relance par la demande

Le chômage se situait à 14,4% en 2014, après une année noire à plus de 16% en 2013, puis s'était stabilisé en 2015 — mais toujours à un niveau élevé — à 12,2%. En 2016, une nouvelle décrue l'a fait parvenir à 11,1%, et en 2017, le chômage est à 8,8% au deuxième trimestre, ce qui laisse envisager, selon les spécialistes, un taux pour de 9,4% pour l'année entière. Un chômage potentiellement inférieur à celui de la France. Les projections actuelles des instituts tablent sur un chômage portugais à 7% en 2019, le plus bas depuis 2004.

Le virage actuel des politiques économiques du pays n'est pas étranger à cette nette amélioration des créations d'emplois sur deux années consécutives avec pour conséquence la progression de la croissance du PIB, évaluée pour 2017 à 2,5%, contre 1,9% pour la zone euro et seulement 1,5% pour la France. Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a confirmé ces bons résultats en juillet à Lisbonne, indiquant que "la réduction du déficit au Portugal est durable" et que "la croissance sera probablement supérieure à 2,5% en 2017". Malgré tout, l'ancien ministre français de l'économie de François Hollande a tenu à dire au gouvernement portugais que "sur le plan du marché du travail, il faudra veiller à mieux intégrer les chômeurs de longue durée." 

Le ministre de l'économie du Portugal, Caldeira Cabral, explique cette reprise économique par plusieur facteurs. Le premier est celui d'un renouveau d'industries orientées à l'export telles que l'automobile, les chaussures ou encore le textile qui avaient quasiment disparu du paysage. Les industriels, installés depuis des années dans les pays de l'Est pour la main d'oeuvre très bon marché, sont en train de revenir vers le Portugal, à la recherche d'une meilleure qualité professionnelle tout en conservant des coûts salariaux avantageux. Les investissements sont effectivement en hausse depuis deux ans, particulièrement dans l'industrie automobile. Caldeira Cabral pense que la hausse des revenus joue aussi, en redonnant confiance aux investisseurs, aux entreprises, avec une demande interne qui augmente et une progression de la consommation vers des produits de meilleure qualité.

Cette politique de relance par la demande, confortée par une politique sociale du mieux-disant est dans le même temps tirée par une revitalisation du tourisme grâce — entre autres — à des projets immobiliers haut de gamme. Plutôt miser sur la qualité, donc que sur les prix bas. Pierre Moscovici, sur ce plan, a tenu à souligner, toujours lors de sa visite de juillet dernier, "Le retour de l’investissement à la fois externe et interne, les bons résultats des exportations ainsi que le boom du tourisme". Mais sur le plan budgétaire, le Commissaire français a étrangement déclaré que "les efforts doivent être poursuivis pour réduire le déficit structurel", alors que le pays est devenu l'un des meilleurs élèves de la classe sur ce sujet, tandis que la France ou l'Espagne ne le sont toujours pas...

Nouveau modèle portugais très discret

Depuis la crise financière de 2008 et celle des dettes souveraines de 2010, la plupart des pays du sud de l'Europe n'ont pas réussi à sortir la tête de l'eau : les déficits budgétaires sont souvent supérieurs aux critères européens, le chômage y est toujours très élevé, les problèmes sociaux causés par la précarité persistent. Les prêts concédés par le FMI, sous l'égide de la BCE et de la Commission européenne pour aider ces pays à retrouver un peu de vigueur et payer leurs dettes ont été tous accompagnés d'obligations de réductions des déficits, par une baisse des dépenses publiques et des demandes précises, comme le gel des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite, la baisse des prestations sociales.

Ces politiques dites d'austérité ont été doublées de réformes structurelles du marché du travail visant à assouplir les droits des salariés pour améliorer la compétitivité des entreprises. Ces réformes du marché du travail sont elles aussi une demande de Bruxelles. La Grèce, l'Italie ou l'Espagne ont effectué ces politiques d'austérité et ces réformes sans succès concret. Tout comme le Portugal jusqu'en 2015. L'Italie, si elle a baissé ses dépenses et a atteint un déficit inférieur à 3% en 2016, n'arrive pas à faire baisser son chômage qui est supérieur à 11%. En Espagne, le chômage est à 18,7% au premier trimestre 2017, et le déficit public ne colle toujours pas aux critères de Bruxelles : 3,6% en 2016. L'échec des politiques de rigueur budgétaire accompagnés des "assouplissements du marché du travail" ne permettent visiblement pas de faire repartir ces économies. 

Le Portugal a démontré depuis 2 ans, qu'une politique — inverse aux politiques austéritaires, et donc basée sur une relance par la demande et l'amélioration des protections sociales — pouvait fonctionner. Ce que le FMI avait déjà confirmé en 2016 en annonçant à propos de la Grèce que "l'austérité ne fonctionnait pas". De là à préconiser une politique sociale de relance en Europe, le pas est un peu grand pour l'institution internationale qui a toujours été favorable au désengagement financier social des Etats et à la privatisation de leurs infracstructures et services.

Malgré tout, si l'exemple portugais était mis en avant, il pourrait être une piste intéressante de redressement "par le haut" des Etats de la zone euro encore affectés par la crise. Une sorte d'espoir de changement économique et social permettant une sortie de crise. A moins que le modèle économique allemand, de plus en plus contesté pour ses effets sociaux négatifs, ne cède la place au modèle suédois qui semble attirer des dirigeants politiques, dont Emmanuel Macron ?

Suivre le modèle allemand ? Chiche ! (Article de février 2012)

Le modèle suédois reste malgré tout difficile "à vendre", bien que sa réussite économique soit réelle : ce pays n'est pas dans la zone euro, possède depuis longtemps l'un des niveaux de vie les plus élevés du monde, et surtout, ses salariés sont syndiqués à 80%.

Il n'est donc pas certain qu'appliquer les méthodes sociales et économiques en cours en Suède soit possible si facilement pour des pays de la zone euro. Le Portugal, par contre, applique lui, des politiques économiques et sociales connues, et ce, au sein de la zone de la monnaie unique, l'euro... Pour l'instant, aux vues de ses résultats et de la vitesse à laquelle ils ont été acquis, il semble que le Portugal ait surtout un seul défaut : il ne suit pas la ligne dictée par la Commission européenne.

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