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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 11:58
La France doit obtenir la libération immédiate de Salah Hamouri
La France doit obtenir la libération immédiate de Salah Hamouri

mardi 29 août 2017

Arrêté mercredi 23 août à son domicile de Jérusalem-Est, Salah Hamouri devait sortir dimanche 27 août. Mais les autorités israéliennes en ont décidé autrement. Présenté devant un juge, le 28, il a vu sa détention prolongée jusqu’à ce matin, et ce malgré l’appel interjeté immédiatement par son défenseur, Mahmoud Hassan. Les charges n’ont pas été communiquées.

Sur sa page Facebook, Elsa Lefort, l’épouse de Salah Hamouri, dénonce une détention artibraire. Elle est déterminée à obtenir justice.

"L’arbitraire et l’acharnement continuent violemment.

Nous en appelons solennellement au chef de l’état pour qu’il intervienne avec force auprès des autorités israéliennes, comme il l’a fait récemment pour deux compatriotes français emprisonnés en Turquie.

Salah Hamouri ne doit pas passer un jour de plus dans les geôles israéliennes. Plus que jamais la mobilisation doit s’amplifier.

Nous sommes déterminés à obtenir justice."

De nombreux élu-e-s locaux communistes et progressistes sont immédiatement intervenu-e-s auprès d’Emmanuel Macron pour qu’il exige la libération de Salah Hamouri, mais, pour l’heure, le président est bien silencieux... Des parlementaires communistes ont également envoyé un courrier pour demander l’intervention de la France afin de libérer Salah.

La France doit obtenir la libération immédiate de Salah Hamouri
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 15:02
Messieurs Macron et Le Drian, agissez! Israël doit libérer Salah Hamouri! (PCF)

Pierre Laurent est intervenu auprès du ministère des Affaires étrangères pour que la France demande la libération immédiate de Salah Hamouri. 

 

Messieurs Macron et Le Drian, agissez ! Israël doit relâcher Salah Hamouri !

 

L'emprisonnement de Salah Hamouri, avocat franco-palestinien arrêté par l'armée israélienne dans la nuit du 22 au 23 août à son domicile de 
Jérusalem-Est, a été prolongé jusqu'à demain mardi sans qu'aucune information ni preuve sur les charges qui lui sont reprochées ne lui 
soit communiquée, ni à ses avocats ni à sa famille. Il lui serait reproché d' « appartenir à une organisation ennemie » en Israël mais l'arrestation à Jérusalem-Est et l'emprisonnement sur présomption ne sont en aucun cas conformes au droit.


Cette violation des droits de la défense sont inacceptables, et cette détention arbitraire infligée à Salah Hamouri, dont les autorités israéliennes sont coutumières, est totalement illégale au regard du droits et des conventions sur les droits humains internationales.

Le président Emmanuel Macron et le ministre Jean-Yves Le Drian, qui sont restés silencieux depuis l'arrestation de Salah Hamouri, ont le devoir  d'intervenir fermement aujourd'hui auprès de leurs homologues israéliens pour que notre concitoyen soit immédiatement relâché sans condition.

Sans intervention avec force et détermination de leur part, notre compatriote Salah Hamouri risquerait de subir la détention 
administrative, c’est-à-dire une détention de plusieurs mois sans jugement ni accès au dossier.



Le Parti communiste français engage le gouvernement français à agir sans plus tergiver
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 05:47

A l’appel de Reporters sans frontière (RSF), du comité de soutien à Loup Bureau et de la ville de Paris, un rassemblement de soutien au jeune journaliste de 27 ans, Loiup Bureau, a eu lieu le jeudi 24 août après-midi sur le parvis de la mairie du IVème arrondissement de paris.

Reportage Jules montané

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 06:43
La femme du jour. Ada Colau, maire de Barcelone
GAËL DE SANTIS
LUNDI, 21 AOÛT, 2017
L'HUMANITÉ
PHOTO JAVIER SORIANO/AFP
PHOTO JAVIER SORIANO/AFP

La maire de Barcelone a choisi de ne pas ­répondre aux attentats de jeudi dans sa ville et vendredi à Cambrils par une surenchère sécuritaire.

Dans une première déclaration, jeudi, elle a rappelé que Barcelone était une « ville de paix » et que « la terreur ne parviendra pas à ce que nous cessions d’être ce que nous sommes : une ville ouverte au monde, courageuse et solidaire ». Barcelone, qui a accueilli en début d’année une manifestation énorme en faveur de l’accueil des réfugiés, est « fière de sa diversité », a-t-elle fait valoir. Dans le week-end, un grand nombre d’articles ont été publiés s’étonnant de l’absence de bornes anti-intrusion. « Les auteurs de l’attentat voulaient tuer et, s’ils n’avaient pas pu entrer par les Ramblas, ils l’auraient fait par un autre endroit, nous ne pouvons pas emplir une ville comme Barcelone de ­barrières », a-t-elle déclaré. Ada Colau a été élue l’an dernier maire de la capitale catalane grâce à une coalition comprenant Podemos, les communistes et d’autres formations de gauche.

 
 
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 06:29
Kamel Daoud pointe les pétrodollars des monarchies du Golfe et leurs instruments d'aliénation idéologique à l'origine de l'obscurantisme djihadiste

"Daesh a une mère : l’invasion de l’Irak. Mais il a aussi un père : l’Arabie saoudite et son industrie idéologique. Si l’intervention occidentale a donné des raisons aux désespérés dans le monde arabe, le royaume saoudien leur a donné croyances et convictions. Si on ne comprend pas cela, on perd la guerre même si on gagne des batailles. On tuera des djihadistes mais ils renaîtront dans de prochaines générations, et nourris des mêmes livres."
 

Kamel Daoud

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 08:34
L'horreur à Barcelone ce jeudi 17 août

Solidarité avec Barcelone et les barcelonais.

Nous avons le coeur lourd et oppressé en supportant ces nouvelles images d'horreur et en pensant à ces nouvelles victimes du terrorisme djihadiste islamiste.  

Mais la vie, la fête, le soleil, la fraternité seront toujours plus forts que ces assassins au petit pied!  

Le porte-parole de la coalition écolo-communiste Izquierda Unida Alberto Garzon, a, lui aussi, appelé à ne pas céder à la peur, aux amalgames et aux instrumentalisations politiques : « Un des meilleurs exemples face à la barbarie terroriste, le peuple espagnol l’a donné en 2004. Nous sommes un peuple qui ne cédera pas devant la haine ».

Attentat de Barcelone. Le bilan s'alourdit à treize morts et cinquante blessés
JEUDI, 17 AOÛT, 2017
HUMANITE

Treize personnes ont été tuées et plus de 50 blessées quand une camionnette a foncé dans la foule à Barcelone, deuxième ville d'Espagne, a annoncé le responsable de l'Intérieur du gouvernement régional catalan.

Une source policière a indiqué qu'un suspect s'était retranché dans un bar de la ville et deux personnes au moins étaient recherchées, un peu plus d'une heure après que le véhicule a foncé dans la foule sur les Ramblas. Cette attaque à l'aide d'une voiture ou d'un camion comme arme de terreur renvoie à un mode opératoire déjà utilisé lors d'attentats imputés ou revendiqués par le groupe Etat islamique à Nice, Berlin ou Londres.
Les Ramblas, promenade piétonne en son centre, est l'avenue la plus célèbre de Barcelone et attire de très nombreux touristes espagnols et étrangers. Au moins treize personnes ont été tuées et une cinquantaine d'autres blessées lorsque le conducteur a foncé dans la foule, selon une source des services de secours de Barcelone, qui a requis l'anonymat. La zone a immédiatement été fermée par un cordon de sécurité et cinq ambulances et une vingtaine de véhicules de police se trouvaient sur place, a constaté le correspondant de l'AFP.
Des agents repoussaient la foule au delà de la grande place de Catalunya, en criant "attaque terroriste". "Tout à coup, j'ai entendu un bruit de collision et toute la rue s'est mise à courir en criant", a raconté un témoin, Amer Anwar, à la chaîne de télévision Sky News. "Il y a eu comme une mini-bousculade", a renchéri Ethan Spibey, un vacancier, sur la même chaîne.
Des blessés ont été emmenés sur des civières vers un grand magasin de la chaîne Corte Ingles, apparemment pour recevoir les premiers soins, a indiqué le correspondant de l'AFP sur place. Des policiers demandaient aux commerçants à proximité de la collision de laisser entrer les passants et de baisser les rideaux derrière eux. Les stations de metro et de chemin de fer ont été fermées, ont annoncé sur Twitter les services des urgences de la ville.
L'Espagne, troisième destination touristique au monde, a été pour l'heure épargnée par les attentats du groupe Etat islamique ayant touché d'autres capitales européennes, telles Londres, Paris, Bruxelles, Berlin.
Mais c'est à Madrid qu'avaient eu lieu les attentats islamistes les plus meurtriers jamais commis en Europe: le 11 mars 2004, des bombes avaient explosé dans des trains, faisant 191 morts.
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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 07:00
Pétain, quand tu nous tiens... A propos d'une réaction du Figaro à la volonté du maire de New York de retirer une plaque d'hommage à Pétain

"Après Charlottesville, le maire de New York Bill de Blasio veut retirer une plaque commémorative dediée à Philippe Pétain sur la promenade "Canyon of Heroes". Une plaque érigée pour célebrer le défilé militaire auquel avait participé Pétain en 1931. 

Au grand dam du Figaro : "l'histoire actuelle oublie qu'il fut le héros de Verdun, pour retenir qu'il devint ensuite chef d'État français sous le régime de Vichy (1940-1944), collaborant avec les nazis"... 
Il fallait oser en 2017, et Le Figaro ose : félicitations au Figaro, au journal de Serge Dassault. 

Une autre plaque insolite se trouve sur la promenade "Canyon of Heroes" de Broadway à Manhattan dédiée à Pierre Laval.

Faut-il la sauver car Pierre Laval fut un précurseur du rapprochement franco-allemand? 

Ce micro-évènement a un double mérite historique: 

Nous rappeler qu'une fraction de la droite française, celle du roman historique national, du refus des repentances, du Travail, de la Famille, de la Patrie, de l'Ordre et de la Propriété souveraine, est toujours inspirée par une idéologie pétainiste.

Et parmi elle, bon nombre de représentants des "élites sociales", de riches familles de la bourgeoisie, qui furent un beau vivier de collaborateurs pendant l'occupation.  

Nous rappeler aussi que les Etats-Unis, qui plus tard pendant la guerre froide ne ménageront pas leurs soutiens aux dictatures militaires ou civiles d'extrême-droite tout à leur stratégie de l'endiguement du "péril rouge" et à leurs volontés impérialistes et mercantiles, ont considéré au début du gouvernement de Vichy ce régime anti-démocratique, liberticide et raciste comme un interlocuteur légitime et parfaitement fréquentable, ce qui n'enlève rien évidemment à l'importance de l'engagement américain contre le nazisme et à la valeur du sacrifice des jeunes américains pour libérer l'ouest de l'Europe du joug d'Hitler.  

🤮

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 05:41
La guerre aux migrants continue: harcèlement des ONG en Méditerranée
Migreurop
La guerre aux migrants continue : harcèlement des ONG en Méditerranée
 
Le gouvernement italien, soutenu par l’ensemble des États de l’Union européenne (UE), vient de franchir une nouvelle étape dans la guerre menée contre les migrants en s’attaquant aux ONG qui tentent de les sauver des naufrages en Méditerranée.
Après qu’au printemps 2015, sous la pression des principales capitales de l’UE, inquiètes du « risque migratoire », il a mis fin à l’opération de secours en mer Mare Nostrum, cette mission avait progressivement été reprise par des ONG.
 
À ce jour, une grande partie des sauvetages en mer sont assurés par des organisations humanitaires, tandis que les États européens, au travers notamment de l’agence Frontex, concentrent leurs forces, et les financements publics, sur la surveillance des frontières et la lutte contre les « passeurs » : le résultat de cette politique délibérée de dissuasion est que le nombre de migrants ayant trouvé la mort dans la traversée de la Méditerranée, déjà dramatiquement élevé en 2015 (3.700), ne cesse d’augmenter (5.000 en 2016, sans doute plus encore en 2017 [1]). Devant l’absence de solidarité de ses partenaires européens – les opérations de « relocalisation », supposées soulager l’Italie, comme la Grèce, de la prise en charge des demandeurs d’asile arrivés sur leur sol, relèvent de la chronique d’un échec annoncé –, le gouvernement italien a choisi de prendre le leadership de la politique de laisser-mourir mise en œuvre depuis des années.
 
Alors que l’hécatombe en Méditerranée se poursuit, le nouvel instrument de cette politique est la criminalisation de la solidarité avec les migrants, pratiquée par nombre d’États dont la France [2].
 
Les ONG qui organisent les opérations de sauvetage en mer ont d’abord été entravées dans leur action par l’obligation de signer un « code de bonne conduite » les obligeant à accepter à bord des officiers de police armés, contrairement au principe de neutralité de l’action humanitaire. Les organisations réfractaires risquent de ne plus être en mesure de poursuivre leurs missions et sont dans le collimateur de la justice italienne.
 
L’une d’entre elles a ainsi vu son bateau placé sous séquestre par le procureur de Trapani, alors que les procédures et condamnations judiciaires se multiplient contre les « délinquant·e·s de la solidarité » : ainsi, le père Zerai, inspirateur de l’AlarmPhone qui signale les embarcations en difficulté, est visé par une enquête pour « aide à l’immigration illégale ».
 
L’objectif est clair : en mettant en cause les ONG, accusées de complicité avec des réseaux de « passeurs », il s’agit de faire place nette, de réduire à néant une action considérée comme favorisant un « appel d’air » migratoire et de faire taire des témoins du processus d’externalisation en Libye. L’UE, et notamment le gouvernement italien qui multiplie les coopérations avec les gardes-côtes libyens, parties prenantes des trafics d’êtres humains et des multiples violences infligées aux migrant·e·s, espère ainsi fermer l’une des dernières grandes routes maritimes permettant d’aller demander l’asile en Europe.
 
L’accord UE-Turquie du printemps 2016, qui a bloqué une grande partie des exilé·e·s voulant emprunter la route dite de la Méditerranée orientale, est considéré comme un modèle que l’UE veut reproduire avec la Libye, pays où chacun sait que les migrants subissent violences et sévices [3] avant d’entamer une traversée particulièrement dangereuse.
 
Aujourd’hui, c’est avec les factions en lutte en Libye que les gouvernements italien et français négocient. Dans ces vastes marchandages, les exilé·e·s sont une monnaie d’échange : ceux des groupes armés et des leaders actuellement en compétition qui réussiront à limiter les départs obtiendront les plus forts soutiens politiques et financiers. Il s’agit ainsi de rétablir les règles du jeu diplomatique qui prévalaient avant la chute du colonel Kadhafi : une Libye auxiliaire des politiques de contrôle migratoire de l’UE peut être reconnue comme un partenaire politique et économique à part entière, dussent les droits humains et les principes démocratiques passer à la trappe.
Alors que les défenseurs de droits humains, ainsi que les organisations internationales telles que le HCR [4], multiplient les alertes au sujet des dangers mortels que courent les étrangers en Libye, les exilé·e·s aujourd’hui victimes des milices et autres groupes criminels sont condamné.e.s à être remis aux mains de leurs geôliers.
 
À la suite d’autres leaders européens, le président français a ainsi retrouvé le fil de projets européens défendus depuis le début des années 2000 en proposant des camps de réfugiés en Libye, qui seraient la solution permettant à l’Europe de se défausser de ses obligations internationales en matière de protection des demandeurs d’asile et autres exilé·e ·s. La ligne politique est claire et connue : c’est celle de la sous-traitance du contrôle des frontières et de l’élévation du niveau de coercition à l’égard des réfugié·e·s. Dans ce contexte, les ONG de secours en mer sont devenues l’ennemi principal contre lequel tous les moyens étatiques sont engagés. Avec le concours de l’ensemble des militant·e·s solidaires des personnes tentant de faire valoir leur droit à émigrer, elles sont en effet l’ultime verrou empêchant que l’Europe ne réduise sa politique migratoire à un laisser-mourir dans une Méditerranée devenue cimetière. C’est pour cette raison que le réseau Migreurop défend toutes celles et ceux qui sont accusés du crime de solidarité.
13 août 2017
 
[1Missing Migrants Project (OIM) Latest Mediterranean Update
[2Charles Heller, Lorenzo Pezzani, « Cessez d’accuser les sauveteurs en mer », Libération, 18 juillet 2017
[3’You aren’t human any more : Migrants expose the harrowing situation in Libya and the impact of European policies Oxfam, MEDU, Borderline Sicilia 9 août 2017
[4Vincent Cochetel, Envoyé spécial du HCR en Méditerranée centrale : les camps et centres de détention pour migrants en Libye « ne sont autre que des prisons, certaines contrôlées par les autorités, d’autres par des milices et des trafiquants » où tous les migrants ramenés sur les côtes libyennes sont soumis à de « terribles conditions » (Ansa, 4 août 2017)

 

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 08:18

 

D'ABORD débrider la croissance et relancer l'emploi ; le reste, on verra après : voilà le refrain qu'on entend partout. Aux Etats-Unis, Trump s'attaque à coups de décrets au Clean Power Act, le dispositif mis en place par Obama pour réduire les émissions de CO.., et renonce à fermer les centrales à charbon. De quoi, prétend Trump, donner du boulot à 100 000 mineurs.

 

En Russie, Poutine profite d'un forum international sur l'Arctique (en partie sous juridiction russe) pour annoncer qu'il considère cette région comme disposant d'« un potentiel économique colossal », avec son gaz et son pétrole, ses minerais, son trafic maritime naissant, et qu'en conséquence il compte bien l'exploiter à mort.

 

En France, le Medef pond un livre blanc anti-écolo dans lequel il avance 40 propositions pour « simplifier » - en clair, raboter - le droit de l'environnement. Par exemple, dès qu'un projet aurait reçu l'approbation des autorités publiques, plus personne n'aurait le droit de le mettre en cause devant les tribunaux. Le barrage de Sivens et l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes auraient ainsi été inattaquables dès leur déclaration d'utilité publique... Bref, les spécialistes de la courte vue s'en donnent à cœur joie.

 

Pendant ce temps-là, en Nouvelle-Zélande, les députés viennent d'accorder au fleuve Te Awa Tupua le statut d'« entité vivante ». Tout comme un humain, il sera doté d'une personnalité juridique, dont les intérêts pourront être défendus devant les tribunaux par des personnes qui le représenteront, parleront et agiront en son nom. Ils sont fous, ces Maoris ?

Peut-être. Mais il y en a d'autres : l'Inde vient de reconnaître le Gange et l'un de ses affluents, la Yamuna, deux fleuves affreusement pollués, comme personnes morales. Déjà en 2008 l'Equateur avait inscrit dans sa Constitution les droits de Pachamama, la terre mère. La Bolivie avait suivi. L'an dernier, les Kanaks des îles Loyauté ont fait en sorte que des éléments de la nature, et bientôt certains animaux totémiques comme le requin, la tortue, certaines plantes ou sites sacrés, puissent eux aussi jouir de ce statut (« Libération», 29/3).

Reconnaître des droits à la nature pour mieux la protéger sera-t-il efficace ? Les juristes en débattent. Le 29 mars, le Parlement européen a évoqué la possibilité de lancer une initiative citoyenne sur ce sujet. « Le climat s'est emballé, la biodiversité s'est effondrée, la pollution est omniprésente, et les conditions mêmes de la vie sur Terre commencent à être menacées. Nous ne pouvons plus rester spectateurs »,note la juriste Valérie Cabanes (« Le Monde », 31/3).

 

Quoi ? La priorité ne serait plus la croissance à tout prix ? Il faudrait que l'homme ne soit plus entièrement « maître et possesseur de la nature » ? Et reconnaisse que celle-ci a le droit de se défendre contre ses attaques, ses prédations, ses nuisances ? Et se demande à quoi sert d'avoir du boulot si c'est pour construire un monde invivable ? On entend d'ici le rire de Trump, Poutine, Gattaz &Co.

 

Jean-Luc Porquet (Le Canard Enchaîné)

 

 

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 10:41

 

Comme Helga, 80 ans, 11 % des retraités allemands sont contraints de travailler pour arrondir leurs fins de mois. C'est la conséquence des réformes Schröder du début des années 2000 qui ont accru les inégalités entre les personnes âgées.
Comme Helga, 80 ans, 11 % des retraités allemands sont contraints de travailler pour arrondir leurs fins de mois. C'est la conséquence des réformes Schröder du début des années 2000 qui ont accru les inégalités entre les personnes âgées.

Outre-Rhin, les relations entre les femmes et le monde professionnel sont marquées par la complexité. Les Allemandes sont souvent écartelées entre l'envie de maternité et la volonté de s'épanouir professionnellement. Concilier les deux, dans un contexte de précarisation du marché du travail et de retraites au rabais, relève du défi. 

De notre correspondant en Allemagne.

 

 Clac-Clac... La balayette cogne mollement sur les deux côtés des marches de l'escalier brun. 13 h : bientôt l'heure de la pause pour Helga au 4e étage de cet immeuble du centre de Berlin. Chaque mercredi, elle gravit, le souffle court, les cages d'escalier de quatre immeubles. Rituel laborieux qui la fait se lever à 6 h 30 et traverser la ville en métro.

950 euros de retraite après 44 ans de travail


En guise d'explication, ce petit bout de femme, parlant français avec une pointe d'accent, affirme qu'elle en « a besoin ». D'abord, « parce qu'elle a toujours travaillé » ; ensuite, parce qu'elle manque d'argent, joignant le geste à la parole en frottant son pouce sur son index. Helga a 80 ans. Elle a travaillé 44 ans de sa vie. Sa pension de retraite s'élève, si on peut dire, à 950 euros. Trop peu pour vivre ses vieux jours paisiblement, mais 150 euros de trop pour pouvoir prétendre au complément du minimum vieillesse pour les retraités. En digne héritière de sa mère, une de ces « Trümmerfrauen » (« femmes des ruines ») qui ont rebâti le Berlin bombardé après-guerre, celle qui n'a jamais connu son père a cumulé les boulots d'usine entre deux grossesses. Tissage, conserverie de poisson, façonnage du métal : l'essentiel était de « gagner sa croûte », dit celle qui a « mis ses deux hommes à la porte ». Aujourd'hui, seule, elle dépense presque la moitié de sa pension dans le loyer de son deux-pièces-et-demie situé dans la périphérie de Berlin-Ouest. Pour s'autoriser des extras, comme inviter sa fille au sauna afin de gommer les courbatures du ménage ou offrir des cours de français à l'un de ses huit petits-enfants, elle a donc « besoin » de la corvée du mercredi.

Le nombre de retraités actifs a doublé en dix ans


Dans un Berlin où la gentrification renchérit la vie, beaucoup de gens sont à la peine pour finir leur existence dans la dignité. La situation d'Helga est loin d'être une exception. Selon l'Institut fédéral de la statistique allemand, le nombre de retraités contraints de travailler a doublé en dix ans, soit 11 % des plus de 65 ans. Les réformes Schröder du début des années 2000 étaient motivées par l'ambition de sauver le système par répartition, menacé par le vieillissement de la population. Au menu : baisse des taux de cotisation et allongement progressif de la durée du travail. Cette réforme du chancelier social-démocrate a finalement eu pour effet pervers d'accroître les inégalités entre les personnes âgées. Avec des femmes en première ligne des injustices. Dans son livre, l'universitaire Kristina Vaillant évoque des « travailleuses piégées ». « Le retraité allemand standard est défini par la loi : il a travaillé 45 ans à plein temps, avec un salaire brut moyen de 3.000 euros. Quand il remplit tous ces critères, il perçoit une pension complète. Sinon, il y a des décotes automatiques qui touchent souvent les femmes, car la moitié de celles qui travaillent le font à mi-temps. S'est ajoutée la libéralisation du marché du travail, avec les minijobs, à 10 euros de l'heure ou moins, sans cotisations retraite. Dans ce secteur, il y a deux fois plus de femmes que d'hommes. » Résultat : les femmes perçoivent moitié moins de retraite que les hommes. Sel
on u
ne étude de l'institut Bertelsmann parue fin juin, dans la génération des baby-boomeuses parvenant à la retraite en 2030, la moitié percevra moins de 950 euros par mois, tous revenus complémentaires compris.

« Mère-corbeau »


Même si le travail au féminin est mieux accepté, une dimension culturelle imprègne la conception de la femme au travail : « Une mère ne prenant que deux mois de congés maternité est encore jugée comme une "mère-corbeau" qui abandonne son petit », constate Jutta Allmendinger, la directrice du Centre de recherches sociales (WZB). En théorie, les mères peuvent s'arrêter de travailler pendant un an après la naissance du bébé, en étant rémunérées jusqu'à 70 % de leur salaire. Mais certaines n'hésitent pas à « sacrifier » toute leur carrière professionnelle pour éduquer leurs enfants. Selon Barbara Vinken, auteure du « Mythe de la mère allemande », « la grande majorité des mères croient dans leur mission de rendre le monde meilleur en se consacrant à 100 % à leurs enfants. Les parents allemands estiment qu'"abandonner " un enfant d'un an à une crèche à plein temps est nocif pour son développement ». À 31 ans, Stella, rencontrée dans un café dédié aux enfants, a tiré une croix sur un emploi d'ingénieur pour devenir mère à plein temps d'Emma : « C'est mon métier maintenant, c'est normal ! ». Dans une société qui donne souvent le rôle de soutien de famille au père, beaucoup de villes restent à la traîne pour proposer des structures d'accueil des enfants car le concept d'école maternelle n'existe pas. Il manque 350.000 places de crèches, alors que 500.000 femmes souhaiteraient exercer un métier à temps complet, estime une étude du Parti social-démocrate. Entre impératifs économiques, préjugés culturels et désir d'accomplissement, la femme allemande doit louvoyer pour chercher le juste équilibre. 
 

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