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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 06:47

 

Le gouvernement israélien veut agglomérer les colonies à Jérusalem. Le projet de loi est prêt mais le premier ministre préfère attendre le feu vert du président des États-Unis.

PUNITION COLLECTIVE : 35 MAISONS PALESTINIENNES DÉTRUITES ENTRE 2014 ET LA FIN 2016.

 

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a décidé de reporter un vote sur un projet de loi qui équivaudrait à une annexion de facto des colonies israéliennes autour de Jérusalem. Un répit qui n'est que de courte durée et qui ne remet, en réalité, pas en cause la volonté politique du gouvernement israélien puisque, selon un responsable israélien, ce projet a besoin d'une « préparation diplomatique » (sic).

De quoi s'agit-il ? Le projet, intitulé « loi sur le Grand Jérusalem », devait être voté dimanche par un comité ministériel dans le but d'accélérer son examen à la Knesset (parlement). La partie orientale de Jérusalem est occupée depuis 1967. Le 30 juillet 1980, cette même Knesset votait une loi fondamentale (Israël est un État qui ne possède pas de constitution) faisant de Jérusalem, la capitale « une et indivisible » d'Israël. Une annexion condamnée par les résolutions 476 et 478 du Conseil de sécurité, qui « affirme que l'adoption de la loi fondamentale par la Knesset constitue une violation du droit international et n'affecte pas le maintien en application de la convention de Genève dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis juin 1967, y compris Jérusalem ».

 

UNE LOI QUI ENTERRERAIT LA SOLUTION À DEUX ÉTATS

Netanyahou veut maintenant annexer des colonies se trouvant au sud et à l'est de la ville, en Cisjordanie, ces colonies autour de Jérusalem dont certaines, comme Maale Adumim ou Goush Etzion, coupent Jérusalem-Est de la Cisjordanie. « Cet endroit fera un jour partie de l'État d'Israël », avait d'ailleurs assuré Netanyahou, en octobre, à Maale Adumim. Il s'agit bien pour le gouvernement israélien de parachever la colonisation et de tirer, une fois pour toutes, un trait sur de quelconques négociations avec les Palestiniens. Comme ils l'ont dit et répété depuis des années, les dirigeants israéliens n'entendent pas se désengager de Jérusalem-Est, et donc refusent que la partie orientale puisse être la capitale de l'État de Palestine. Le projet vise à perpétuer l'occupation israélienne, « légaliser la présence des colons extrémistes juifs sur le sol palestinien et parachever la coupure totale » entre Jérusalem-Est et la Cisjordanie, a dénoncé Hanane Achraoui, dirigeante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Pour elle, si une telle loi était approuvée, ce serait « la fin de la solution à deux États ».

De fait, l'adoption prolongerait une série de décisions en faveur de la colonisation. Israël a approuvé la semaine passée la construction de 2 646 logements pour colons en Cisjordanie, et, mercredi, celle de 176 autres au cœur d'un quartier palestinien de Jérusalem-Est.

 

Et si l'on doutait des intentions israéliennes, l'ancien directeur du conseil de Yesha (organisation représentant les colons), Pinchas Wallerstein, vient d'être nommé pour régler le problème juridique des avant postes (des colonies non autorisées par le gouvernement), c'est-à-dire de les légaliser.

Dror Etkes, de l'organisation Kerem Navot (opposée à la colonisation), dénonce ainsi cette nomination : « Dans une société normale et en bonne santé, M. Wallerstein, qui est impliqué dans un nombre incalculable d'actions criminelles d'accaparement de terres et de dépossession, écrirait probablement ses Mémoires de prison en ce moment, mais en 2017... il est traité comme un héros de la culture. »

La « préparation diplomatique » ne vise qu'à obtenir le consentement des États-Unis dans cette nouvelle phase. On voit mal Washington s'y opposer. Les conseillers de la Maison-Blanche vont sans doute chercher (et trouver) la meilleure façon de faire passer la pilule auprès des chancelleries occidentales. À moins que celles-ci, pour une fois...

Reste que ce projet souligne la prégnance des représentants des colons au sein du gouvernement israélien et la marque qui est désormais imprimée à Tel-Aviv. « Si elle est adoptée, cette loi constituera une annexion de fait et un pas résolu vers une annexion de droit », estime l'organisation israélienne anticolonisation la Paix maintenant. L'idée est d'accélérer la construction dans les colonies et de « créer sur le terrain des faits accomplis ruinant les chances d'une solution à deux États », a-t-elle estimé.

 

L'APPEL DE SALAH HAMOURI REJETÉ

« Les tribunaux compétents de la puissance occupante ne pourront prononcer aucune condamnation qui n'ait été précédée d'un procès régulier. » C'est l'article 71 de la 4e convention de Genève, qui a dû échapper aux juges israéliens qui traitent en appel le recours déposé par Salah Hamouri. L'avocat franco-palestinien, emprisonné depuis le 23 août, est en détention administrative pour six mois. Sans avoir accès au dossier. Ni lui ni ses avocats. Et pourtant, sans aucun motif, la cour d'appel israélienne a décidé de le maintenir en détention. Les droits d'un ressortissant français sont ainsi bafoués. Jusqu'à quand ?

 

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 16:55
Indonésie: 1965-1966: crime de masse à l'ombre de la CIA (L'Humanité, 19 octobre 2017 - Rosa Moussaoui)

C'était à lire jeudi dans l'Huma, un retour en forme d'aide-mémoire sur les grands massacres anticommunistes de 1965/66 en Indonésie.

Bilan toujours flou, entre 600 000 et 2 millions de morts. De l'aveu même de la CIA, qui a prêté main forte aux assassins, ce "carnage" est "l'un des pire meurtres de masse du XXe siècle".

Sur l'archipel, toute tentative, écrite ou orale, de "diffuser la pensée communiste" reste passible de 7 à 10 ans de prison.

Les crimes commis par certains régimes communistes dictatoriaux sont reconnus et souvent évoqués. Les crimes de l'impérialisme américain et des régimes pro-capitalistes de droite en Amérique Latine, en Afrique, ou en Asie sont souvent passées sous silence quant à eux.    

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 10:33
Trump choisit la voie de la confrontation avec l'Iran (Médiapart, 13 octobre 2017)
Trump choisit la voie de la confrontation avec l’Iran
 PAR 

En refusant de « certifier » l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, le président des États-Unis prend le risque de faire exploser un accord qui empêche l’Iran de se doter de l’arme atomique. Mais il laisse à son Congrès le soin de régler les détails, ce qui permet encore de sauver l’accord, comme le souhaitent les Européens.

 

La vengeance est bel et bien un plat qui se mange froid. Après avoir tempêté pendant des mois contre « le pire accord jamais conclu », après avoir entretenu l’incertitude pendant des semaines, après avoir laissé les membres de son cabinet s’exposer sans connaître la position de leur patron, Donald Trump a fini par dénoncer verbalement l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 par les grandes puissances et Téhéran. Mais comme Trump ne serait pas Trump s’il ne laissait son égo prendre le dessus, il a fait en sorte de ne prendre qu’une demi-mesure et de laisser à d’autres le soin de se coltiner la décision difficile de l’abandon ou non de l’accord et du rétablissement de sanctions contre l’Iran.

Surtout, il a ressorti des cartons la vieille rhétorique des ultraconservateurs américains, selon laquelle Téhéran est une « dictature » et « un régime fanatique », « le premier soutien des terroristes du monde entier ». Des mots et une vision du monde paranoïaque que l’administration de Barack Obama s’était efforcée de remiser aux oubliettes du passé. En tentant de montrer que l’Iran ne respectait ni « l’esprit ni la lettre » de l’accord, il n’a pu brandir que des violations mineures et insignifiantes au regard des bénéfices dudit accord, et s’est échiné à mélanger la question nucléaire à celle de la politique globale du régime iranien.

Pendant les longues années de négociations qui ont amené à sa signature en 2015, comme durant les deux années qui se sont écoulées depuis, les critiques – conservateurs américains et néoconservateurs internationaux – de l’accord sur le nucléaire iranien (dont l’intitulé officiel est « Plan global d'action conjoint ») l'ont toujours sciemment mal interprété afin de mieux le torpiller.

Afin de pouvoir conclure un accord qui préserve les règles de non-prolifération nucléaire en prenant Téhéran à ses propres mots (les Iraniens ont toujours clamé qu’ils ne souhaitaient pas obtenir l’arme atomique, mais juste une application du nucléaire à des besoins civils), les diplomates se sont concentrés sur la question unique et étroite de l’enrichissement de l’uranium. En limitant l’enrichissement de l’uranium à 3,67 % (il faut l’enrichir à plus de 80 % pour une bombe nucléaire), en restreignant les stocks d’uranium déjà enrichi et en assurant un processus de contrôle des laboratoires nucléaires iraniens par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’accord de 2015 a fait en sorte que la République islamique ne dispose pas de l’arme atomique et ne puisse pas en fabriquer une avant une quinzaine de mois si jamais l’accord était rompu.

« Cela a été un accord extrêmement difficile à conclure, expliquait à l’époque de sa signature un diplomate français ayant participé aux négociations. Pour y parvenir, nous nous sommes concentrés sur l’essentiel. Alors, il est bien entendu que cet accord ne concerne pas les missiles iraniens, les capacités militaires de Téhéran, et encore moins le financement du Hezbollah et du Hamas ou encore l’appui apporté à Bachar al-Assad en Syrie… Il permet juste de s’assurer que l’Iran ne développe pas une bombe atomique dans notre dos sans que nous nous en rendions compte. » L’administration de Barack Obama avait eu beaucoup de mal à découpler la question du nucléaire de tous ses autres griefs à l’encontre de Téhéran, mais elle s’y était finalement résolue. Et aujourd’hui, de l’avis de toutes les parties chargées de surveiller le respect de l’accord, AIEA en tête mais également le Pentagone américain, celui-ci fonctionne.

Hélas, pour tous ceux qui considèrent la République islamique comme un « État voyou », un facteur de déstabilisation au Moyen-Orient ou une puissance régionale à contrer, l’accord sur le nucléaire n’a rien changé ou presque. Certains l’admettent de bonne foi, mais la plupart des autres font porter à l’accord sur le nucléaire une part de responsabilité qui n’en a jamais fait partie. Ils voient dans cet accord un aveu de faiblesse des Occidentaux, incapables de s’engager dans une confrontation résolue avec le régime iranien afin de le faire fléchir.

Donald Trump fait évidemment partie de ce dernier camp, à l’instar de la quasi-totalité des républicains américains. En décrivant vendredi 13 octobre sa volonté de « neutraliser l’influence déstabilisante de l’Iran et de restreindre son soutien aux terroristes et aux militants », tout en refusant de certifier l’accord nucléaire, il mélange les deux questions et conditionne les deux politiques l’une à l’autre, ce qu’avaient évité de faire les diplomates en pariant qu’un accord sur le nucléaire ouvrirait la voie à un assouplissement de Téhéran sur les autres questions. Mais le président des États-Unis ajoute une dimension personnelle à ce rejet : sachant que le « Plan global d'action conjoint » est considéré comme un des grands succès du double mandat d’Obama, avec la réforme de l’assurance santé, il souhaite évidemment le démanteler, au risque de commettre « sa plus grande bévue de politique étrangère », selon de nombreux analystes, américains comme européens.

« Emmanuel Macron a plaidé auprès de Trump pour qu’il ne laisse pas tomber l’accord. Theresa May l’a fait également, au point que le ton est monté entre eux lorsqu’ils se sont vus à New York fin septembre », raconte un diplomate britannique. Malgré ce premier échange tendu, la première ministre britannique est revenue à la charge par téléphone le 10 octobre. « Mais Trump est pris entre ses déclarations passées dénonçant l’accord, sa méconnaissance des enjeux internationaux et sa volonté d’affirmation individuelle. Il ne veut pas bouger. »

Il faut dire qu’Obama n’a pas facilité la tâche de son successeur. Sachant qu’il n’avait pas la majorité nécessaire face à un Congrès républicain, il n’a pas fait ratifier l’accord. À la place, il s’est engagé à « certifier » tous les trois mois que l’Iran respecte bien l’accord afin que le Congrès ne rétablisse pas le régime de sanctions contre Téhéran. Aujourd’hui, c’est cette certification que Donald Trump a choisi de ne pas renouveler. Il a également « autorisé » son administration à imposer des sanctions supplémentaires sur le régime iranien, en particulier les Gardiens de la révolution, la milice des fidèles du régime qui gère également des pans entiers de l’économie nationale, sans préciser la nature exacte de ces rétorsions.

« L’accord nucléaire avait effectivement écarté toute menace de guerre avec l’Iran »

Refusant d’aller jusqu’au bout en annulant directement la signature américaine de l’accord, le président a transmis la patate chaude aux élus du Congrès qui doivent désormais décider eux-mêmes s’ils rétablissent les sanctions et, par conséquent, provoquent l’ire de Téhéran et sa dénonciation de l’accord. Or cela ne les enchante guère. Outre l’animosité croissante entre les sénateurs républicains et l’occupant de la Maison Blanche, les premiers estiment que la gestion de ce genre de problème est du ressort de l’exécutif. Par ailleurs, ils viennent juste de s’engager dans une réforme des impôts longue et délicate, qui s’annonce comme leur seule opportunité de montrer à leurs électeurs qu’ils sont capables de traduire leurs beaux discours dans la réalité (ce qu’ils n’ont pas réussi à faire avec la réforme de l’assurance santé d’Obama, qu’ils ont échoué à remplacer). Ils n’ont donc pas envie de se détourner de cet objectif pour se lancer dans une bataille qui n’est pas gagnée d’avance.

Car aujourd’hui, les élus modérés qui s’étaient montrés critiques de l’accord ont tendance à penser qu’il fonctionne correctement. Le patron du Pentagone, pourtant connu comme un « faucon » à l’égard de l’Iran, a confirmé que l’accord était respecté. Même l’ancien premier ministre et ministre de la défense israélien Ehud Barak, qui avait envisagé de bombarder l’Iran en raison de son programme nucléaire, estime désormais que les États-Unis doivent maintenir l’accord, « sinon cela servira les intérêts de l’Iran ».Il en va en effet de la parole des États-Unis.

Après le retrait des accords de Paris sur le climat et des négociations sur le traité trans-Pacifique, cela serait un troisième accroc au respect de la signature américaine, en attendant un éventuel quatrième renoncement au sujet de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). « Une telle attitude démonétise complètement la parole de la première puissance mondiale », juge un ancien diplomate américain sous George W. Bush, reconverti dans le privé. « Au moment où nous avons déjà une crise nucléaire sur les bras avec la Corée du Nord, comment allons-nous convaincre Pyongyang de négocier plutôt que de balancer une bombe sur ses voisins ? Et comment allons-nous convaincre nos alliés que nous sommes sérieusement engagés dans n’importe quel processus diplomatique ? »

 

Quant aux dirigeants iraniens, déjà partagés entre ceux qui étaient favorables à la négociation afin de sortir de l’impasse des sanctions internationales, et les tenants d’une ligne dure allant vers la confrontation, ils risquent désormais de faire front commun.« L’accord nucléaire avait effectivement écarté toute menace de guerre avec l’Iran. Il avait également permis de renforcer le camp des modérés iraniens, ceux qui veulent se consacrer à des réformes économiques et à un rapprochement avec l’Occident », estime Vali Nasr, chercheur en relations internationales à la Brookings Institution. « Mais désormais, les Iraniens vont interpréter la décision de Trump comme la preuve qu’il est inutile de discuter avec les Américains car Washington ne respecte pas ses engagements et interprète toute initiative diplomatique comme un aveu de faiblesse. » 

La situation va s’avérer particulièrement délicate pour les Européens, notamment les trois puissances qui ont négocié, garanti l’accord, et tenté de ramener Trump dans le droit chemin (France, Grande-Bretagne, Allemagne). Le risque d’un rétablissement des sanctions américaines, qui aura forcément un impact sur les entreprises européennes ayant commencé à profiter de l’ouverture iranienne, n’est qu’un élément de l’équation. Quid de la diplomatie européenne à l’égard de l’Iran ? « Les Iraniens ont beau savoir que nous avons essayé de convaincre Trump, et que nous allons respecter notre part du marché passé avec eux, ils risquent tout de même de mettre tous les Occidentaux dans le même panier, et de juger que nous ne sommes pas des partenaires intéressants puisque nous ne sommes même pas capables de peser sur les Américains », redoute le diplomate britannique.

À Paris, au Quai d’Orsay, de même qu’à Londres, une stratégie de recours a commencé à être mise en place ces dernières semaines : essayer de convaincre les élus du Congrès américain de ne pas rétablir les sanctions. Les relations avec les représentants et les sénateurs américains sont toujours plus compliquées qu’avec l’exécutif, car ils sont nombreux et leurs idées et leur poids politique divergent grandement, même s’ils appartiennent au même parti.

 

Le conseiller diplomatique d’un ministre du gouvernement français ne veut pas s’étendre sur les initiatives qui ont été prises, mais il confirme que des échanges ont eu lieu entre les capitales européennes et quelques élus républicains influents. « Notre ambition est de préserver le statu quo actuel : que Trump ne certifie pas l’accord, mais que le Congrès ne rétablisse pas automatiquement les sanctions », explique-t-il. Pour cela, il existe une voie étroite : voter un amendement à la loi qui impose au président de certifier le respect du « Plan global d'action conjoint » tous les trois mois, en éliminant cette exigence. Ainsi, Trump échapperait à cette obligation, ce qui le satisferait, et les sanctions demeureraient dans les limbes. Autrement dit, laisser à Trump sa rhétorique belliqueuse, et noyer la perspective de nouvelles mesures de rétorsion, qui ne feraient qu’enflammer une situation déjà très combustible.

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 06:20
Alberto Garzon, porte-parole d'Izquierda Unida

Alberto Garzon, porte-parole d'Izquierda Unida

Dans l'Humanité du 12 octobre 2017, il y avait une interview intéressante de Nuria Lozano, représentante de Izquierda Unida, coalition dont est membre le Parti Communiste Espagnol. Izquierda Unida plaide pour le droit à l'auto-détermination mais ne souhaite pas l'indépendance de la Catalogne ou du Pays Basque mais la construction d'une République fédérale plurinationale et plurilinguistique. Morceaux choisis:

"Il faut d'abord trouver un cadre de médiation entre les différentes parties pour ouvrir une voie de dialogue mais sans condition au préalable. Les deux parties doivent se reconnaître comme des sujets légitimes. Nous sommes face à un conflit historique qui a besoin de tous les mécanismes démocratiques sans exception. Prenant en compte que 80% de la société catalane a manifesté un intérêt à exercer son droit de décider, il faudrait intégrer l'idée d'un référendum accordé entre les parties qui permette à la société catalane de décider, il faudrait intégrer l'idée d'un référendum avec des garanties politiques qui permettrait de dépasser les déficiences de la feuille de route du gouvernement de la Generalitat, son manque de contenus sociaux et une régénération politique. Un référendum qui mette fin également à l'action, répressive de l'Etat, à la grave vulnérabilité de l'autogouvernement de Catalogne et aux attaques aux droits fondamentaux et libertés qui affectent l'ensemble des citoyens de l'Etat. 

(...)

Il s'agit d'un conflit politique de caractère historique. En 2010, à la suite d'une sentence du tribunal constitutionnel contre la "Estatut" (statut de Catalogne) qui a entraîné une judiciarisation de la politique, ce conflit s'est accentué, provoquant une situation de blocage politique et institutionnel. C'est pourquoi une majorité de la population catalane considère que l'actuel cadre de l'autonomie, défini dans la Constitution de 1978, est épuisé et qu'il est nécessaire d'avancer vers d'autres scénarios de souveraineté grâce à des changements constituants dont le coeur est le droit à décider. Nous vivons une crise de régime intense. Pour IU, la solution à ce conflit passe par un processus constituant qui déboucherait sur une République fédérale. Notre pays est plurinational. La Constitution de 1978 et le régime sur laquelle il s'est édifié sont épuisés. C'est là une conséquence de l'offensive néolibérale de ces dernières années. Nous plaidons pour une République fédérale, plurinationale, plurilinguistique, multiculturelle, coopérative et solidaire. Cela implique nécessairement la reconnaissance du droit à l'autodétermination, et la conquête de droits sociaux pour les classes populaires. Ce modèle d'Etat doit reposer sur un pacte entre les différentes unités fédérées comme expression des différents peuples, garantissant la souveraineté politique, mais également la souveraineté énergétique, alimentaire, éducative, sanitaire..."

Entretien avec Nuria Lozano réalisé par Cathy Dos Santos pour l'Humanité, 12 octobre 2017    

carte de Catalogne

carte de Catalogne

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 06:12
photo de l'esplanade du temple et de la Mosquée Al-Aqsa à Jérusalem est (avril 2015)

photo de l'esplanade du temple et de la Mosquée Al-Aqsa à Jérusalem est (avril 2015)

Israël bataille contre une liste d'entreprises impliquées dans la colonisation
 PAR 

Malgré l’opposition des États-Unis et d’Israël, l'Onu s’apprête à publier une liste des entreprises internationales qui contribuent, directement ou non, à la colonisation des territoires palestiniens. Cinq groupes français sont concernés.

 

Le diplomate jordanien Zeid Ra’ad Zeid al-Hussein, haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, a adressé il y a une dizaine de jours une lettre à près de 150 entreprises internationales pour leur annoncer qu’elles allaient figurer dans la liste noire des groupes présents dans les territoires palestiniens occupés de Cisjordanie et Jérusalem-Est. La constitution de cette base de données a été décidée en mars 2016 par le Conseil des droits de l’homme de l’Onu. Il s'agit de recenser les sociétés impliquées dans la construction et le développement des colonies israéliennes.

Illégale au regard du droit international, condamnée par de multiples résolutions des Nations unies, cette entreprise de colonisation, en opposition ouverte au droit des Palestiniens à l’autodétermination, est considérée par l’Onu et de nombreux pays comme un obstacle majeur au règlement du conflit israélo-palestinien. En dressant cette liste, l’Onu indique qu’elle ne se contente plus de dénoncer des violations impunies et de dire le droit. Elle entend placer les États et les entreprises face à leurs responsabilités : être ou ne pas être complice de la colonisation illégale de la Palestine.

Cette « liste noire », qui a été communiquée fin septembre au ministère israélien des affaires étrangères, contiendrait pour le moment une trentaine de sociétés américaines (parmi lesquelles Coca-Cola, Caterpillar, TripAdvisor, Airbnb), un fort contingent de sociétés israéliennes (dont les bus Egged, les banques Hapoalim et Leumi, le fabricant de systèmes de sécurité Elbit, la compagnie nationale des eaux Mekorot, le géant des téléphones Bezeq, le laboratoire pharmaceutique Teva). Elle devrait contenir aussi des sociétés allemandes, sud-coréennes, norvégiennes.

Elle risque également de comporter un certain nombre d’entreprises françaises. À commencer par cinq grands groupes financiers (les banques BNP-Paribas, Société générale, Crédit agricole, BPCE et la compagnie d’assurances Axa). Ceux-ci figuraient déjà dans un rapport sur « Les liaisons dangereuses des banques françaises avec la colonisation israélienne » publié en mars dernier par huit organisations, dont la CGT, la Ligue des droits de l’homme et le Comité catholique contre la faim et pour le développement.

Fondé sur l’analyse du cabinet néerlandais Profundo, spécialiste du secteur financier, ce rapport que Mediapart avait analysé (lire ici l’article paru le 29 mars) et dont nous avions publié le texte intégral (à lire ici: (pdf, 2.6 MB)), établissait les liens multiples entre les groupes français et les nombreuses firmes israéliennes qui ont activement participé à l’intensification de la colonisation depuis les accords d’Oslo, en 1993. En un quart de siècle, cette stratégie a porté le nombre de colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est de 268 000 à près de 650 000, détruisant toute possibilité de créer un État palestinien viable.

Désignés par le rapport, les cinq groupes français ne peuvent nier ni leur présence active, abondamment documentée, ni le fait que cette participation à la colonisation était en contradiction évidente avec les engagements qu’ils indiquaient avoir pris en matière de droits humains. Ils ne pouvaient pas plus ignorer que cette collaboration avec les firmes israéliennes constitue une violation répétée du droit international. Selon la IVe Convention de Genève de 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, « le transfert de civils dans le territoire occupé par la puissance occupante est interdit ». Ce que rappelait aussi la résolution 2334 adoptée le 23 décembre 2016 par le Conseil de sécurité de l’Onu, avec – fait exceptionnel – l’aval des États-Unis qui n’avaient pas opposé leur veto.

« La colonisation des territoires palestiniens occupés depuis 1967, rappelait ce texte après nombre d’autres, n’a aucune validité légale, constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la mise en œuvre de la solution à deux États et d’une paix complète, juste et durable. » La même résolution demandait, en outre, « à tous les États de faire une distinction dans leurs échanges, en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 ».

Pourtant, depuis la publication de ce rapport il y a six mois, aucun des groupes français visés n’a amorcé le moindre mouvement de désengagement. Ce qui amené, le 9 août dernier, la ministre palestinienne de l’économie, Abeer Odeh, à écrire aux patrons des cinq groupes (Frédéric Oudéa pour la Société générale, François Pérol pour la BPCE, Philippe Brassac pour le Crédit agricole, Jean-Laurent Bonnafé pour BNP-Paribas et Thomas Buberl pour Axa) pour leur rappeler que les entreprises « ont le devoir de respecter les droits de l’homme » (lire les lettres ici et ici : (pdf, 826.5 kB) (pdf, 834.2 kB)).

Invitant chacun des groupes français à revoir leurs liens économiques et financiers, Abeer Odeh, qui est passée par la Banque mondiale avant de devenir ministre, rappelle qu’en vertu de leurs propres engagements publics en matière d’éthique des affaires, ces groupes sont tenus au respect des droits de l’homme. Elle estime que les liens actuels avec les banques israéliennes et les autres institutions opérant dans les territoires occupés palestiniens sont incompatibles avec leur vision du monde, mais aussi avec la loi. Elle demande à chacun des cinq patrons de « mettre un terme aux opérations et à la coopération » avec les entreprises partenaires israéliennes.

 

Cette offensive de la ministre de l’économie avait été précédée par l’envoi, le 1er août, d’une lettre du secrétaire général de l’OLP et principal négociateur palestinien Saeb Erekat à Jean-Yves Le Drian (lire le document, en anglais, ici : (pdf, 766.5 kB)). Après l’avoir félicité pour sa nomination au Quai d’Orsay, Saeb Erekat rappelle au nouveau ministre des affaires étrangères les liens multiples qui existent aujourd’hui entre cinq groupes français et au moins 28 entreprises impliquées « dans la poursuite et l’expansion des colonies israéliennes illégales ou dans l’exploitation des ressources naturelles palestiniennes ».

L’offensive israélo-américaine

Rappelant au ministre que la France a voté la résolution 2334 du Conseil de sécurité, qu’elle est l’une des « hautes parties contractantes de la IVe Convention de Genève qui interdit le transfert d'une partie de la population civile d’une puissance occupante dans le territoire qu’elle occupe », qu’elle est engagée par les directives européennes de 2013 qui prohibent les relations financières avec les territoires occupés, le négociateur palestinien relève que « la France ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoires occupés depuis 1967 ». Il demande à Jean-Yves Le Drian de mettre en œuvre une politique destinée à « décourager » les entreprises françaises de nouer des liens avec le régime israélien de colonisation.

À ce jour, le Quai d’Orsay n’a toujours pas répondu à cette lettre.

C’est d’autant plus surprenant, sinon discourtois, que ce courrier était accompagné d’une « note verbale », un document diplomatique qui, selon les usages, implique normalement une réponse. Cette désinvolture du gouvernement français semble confirmer que sous Emmanuel Macron comme sous François Hollande, Paris n’entend pas s’associer à ce qui pourrait apparaître comme une offensive visant à sanctionner Israël. Les dirigeants français devront cependant clairement choisir leur camp lorsqu’il s’agira de décider, dans le cadre des Nations unies, si la liste doit être rendue publique ou non.

En principe, la « liste noire » des entreprises complices de la colonisation devrait être arrêtée et publiée en décembre. Mais depuis des mois, le gouvernement israélien et surtout l’administration Trump ont lancé une offensive diplomatique d’envergure pour torpiller cette initiative. En 2016, déjà lorsque le Conseil des droits de l’homme avait décidé l’établissement de cette liste, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait accusé cette instance d’être devenue « un cirque anti-israélien ».

Le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, avait même affirmé dans un tweet que le Conseil avait « un besoin urgent de se faire soigner mentalement ». Composé de 47 États, renouvelables par tiers chaque année, et actuellement présidé par le diplomate salvadorien Joaquin Alexander Maza Martelli, le Conseil des droits de l’homme est, avec l’Unesco, l’une des bêtes noires d’Israël au sein du système des Nations unies. La stratégie israélienne est simple : présenter cette liste comme un premier pas vers le boycott de toutes les entreprises israéliennes, qu’elles collaborent ou non à l’entreprise de colonisation. Boycott qui relève, selon Netanyahou et ses alliés, de l’antisémitisme.

En Israël, un comité interministériel spécial comprenant les ministres des affaires étrangères, des affaires stratégiques, de la justice et de l’économie a même été mis en place pour tenter d’empêcher la publication de la liste. Avec l’élection de Donald Trump, qui se présente en premier défenseur d’Israël, l’offensive a reçu un renfort de taille. La liste noire est « la dernière d’une longue série d’actions honteuses » du Conseil des droits de l’homme, déclarait en juin dernier Nikki Haley, ambassadrice des États-Unis à l’Onu.

Forte de ce soutien, la vice-ministre israélienne des affaires étrangères, Tzipi Hotovely, pour qui « toute la terre, de la Méditerranée au Jourdain appartient à Israël », accusait l’Onu, il y a un mois, de « jouer avec le feu », et menaçait : « Plus les Nations unies agiront contre Israël, plus leur budget y perdra. Ces activités les frapperont comme un boomerang. Israël et les États-Unis travaillent ensemble à un plan qui mettra un terme au préjugé anti-israélien de l’Onu. Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies est la plus hypocrite des arènes, c’est là que la révolution doit commencer. »

Mais de l’aveu même de ses promoteurs, cette offensive israélo-américaine rencontre de sérieux obstacles. En août, Heather Nauert, porte-parole du département d’État, admettait que l’initiative des deux pays pour priver de ressources financières les experts chargés de dresser la liste avait échoué. Selon des sources israéliennes officielles mais anonymes, citées fin septembre par le quotidien Haaretz, le bureau des affaires stratégiques du ministère israélien de l’économie a appris qu’un certain nombre d’entreprises étrangères ont déjà répondu au haut-commissaire aux droits de l’homme en annonçant qu’elles ne renouvelleront pas les contrats signés avec des firmes israéliennes et n’en concluront pas de nouveaux.

Le gouvernement israélien a déjà pris contact avec certaines d’entre elles en faisant valoir que la liste, même si elle est publiée, ne comporte aucune obligation. Il a aussi mis en garde plusieurs gouvernements étrangers contre toute utilisation de la « liste noire » : cela s’apparenterait à un boycott d’Israël. Les mois qui viennent diront si, en cumulant menaces et chantage à l’accusation d’antisémitisme, les États-Unis et Israël finiront par empêcher la publication officielle de la liste par l’Onu. Et quelle position publique la France adoptera dans cette affaire, alors qu'Emmanuel Macron a affirmé,en juillet, que l'antisionisme est « la forme réinventée de l’antisémitisme ».

Reste une question : comment s’explique le retrait des entreprises qui ont déjà informé l’Onu de leur décision ? Brutale prise de conscience des violations du droit ? Peu probable. Pragmatisme et prudence stratégique ? Plus vraisemblable. Aucun PDG n’a envie de voir son entreprise figurer dans une liste noire. Surtout si la présence sur cette liste peut mettre en péril des opérations ou des projets dans un pays riche et puissant du monde arabo-musulman, hostile à Israël.

 

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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 14:39

Prix Nobel de la paix 2017 : une formidable récompense pour les militants de la paix et du désarmement nucléaire (Pierre Laurent)

L'attribution du prix Nobel de la paix à Ican – Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires – est une récompense considérable pour toutes celles et tous ceux qui luttent pour un monde de paix où la solidarité entre les peuples et les nations est centrale.

Je me réjouis fortement du choix du jury car cela encourage par là même toutes les organisations partenaires de cette campagne, parmi lesquelles le PCF, pour leur engagement pour une sécurité humaine mondiale.

Face à la montée des tensions ces derniers mois en Asie et aux propos belliqueux du président des États-Unis qui ont faire renaître le risque d’un conflit nucléaire, la remise du prix Nobel de la paix à Ican traduit l'aspiration des peuples à un monde de paix, de solidarité, de liberté, un monde délivré de ces armes de destruction massive.

A présent, il est grand temps que la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, ratifie le Traité international d’interdiction des armes nucléaires qui a été adopté le 7 juillet dernier à l’initiative de l’ONU par 122 pays. La France doit également s'engager avec les 115 pays déclarés « zones exemptes d’armes nucléaires » dans un processus mondial de destruction des armes nucléaires.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Prix Nobel de la paix 2017 : une formidable récompense pour les militants de la paix et du désarmement nucléaire (Pierre Laurent)
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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 05:34
Alberto Garzon (photo L'Humanité)

Alberto Garzon (photo L'Humanité)

Felipe VI, le roi d'Espagne, qui soutient la politique répressive de Rajoy

Felipe VI, le roi d'Espagne, qui soutient la politique répressive de Rajoy

Malgré les violences policières gouvernementales et le fait qu'il soit organisé localement dans un état d'urgence sans reconnaissance officielle, le référendum en Catalogne a mobilisé 42,5 des inscrits qui ont voté à 90% pour l'indépendance. Bien sûr, on peut penser que les opposants les plus résolus à l'indépendance et à ce référendum ne se sont pas déplacés. La question soumise était: "voulez-vous que la Catalogne devienne un Etat indépendant sous la forme d'une République?". 

 

Dans un discours télévisé le roi Felipe VI, chef de l’Etat espagnol, a accusé le gouvernement catalan (Generalitat) de prétendre proclamer illégalement l’indépendance de la Catalogne . «  D’une manière réitérée, constante et délibérée, certaines autorités de Catalogne ne respectent pas la Constitution et son statut d’autonomie, qui est la loi qui reconnait, protège et réunit ses institutions historiques et son autogouvernement ». Le Roi a parlé de « déloyauté inadmissible » … « Avec leur conduite irresponsable, ils peuvent même mettre la stabilité économique et sociale de toute l’Espagne en danger ». « Les autorités se sont situées totalement en marge du droit » et ainsi « elles ont prétendu briser l’unité de l’Espagne et la souveraineté nationale, qui est le droit de tous les espagnols à décider démocratiquement de leur vie en commun » … « face à cette situation, il est de la responsabilité des pouvoirs légitimes de l’Etat, d’assurer l’ordre constitutionnel et le fonctionnement normal des institutions, la permanence de l’état de droit et de l’autogouvernement de la Catalogne, basé sur la Constitution et son statut d’autonomie ».

Ce discours peut précipiter le pays dans une grave crise politique, dans la mesure où on semble se préparer du côté des autorités de l’Etat espagnol à une suspension de l’autonomie catalane ; et où de leur côté la Generalitat et le Parlement catalan ne semblent plus envisager d’autre solution que d’engager dans les prochains jours le processus d’indépendance. 

Du côté de la gauche espagnole, nous retiendrons la réaction du dirigeant communiste Alberto Garzon (Izquierda Unida), républicain, qui ne défend pas l'indépendance de la Catalogne en tant que telle mais une Espagne fédérale avec une large autonomie régionale et le droit à l'auto-détermination des citoyens des régions espagnoles, et qui condamne vivement le retour aux méthodes et à l'état d'esprit franquistes de la droite espagnole, contrairement au Parti Socialiste Espagnol (PSOE) qui est l'allié de Rajoy au Parlement. 

Alberto Garzon (Izquierda Unida), dans une déclaration, parle d’ « un discours lamentable, hostile…il n’a pas été à la hauteur du moment politique… au lieu de tendre des ponts, le chef de l’Etat a dressé un mur qui nourrit la tension et le conflit en Espagne comme en Catalogne… Nous traversons une grave crise d’Etat et, en Catalogne, il y a un problème politique qui a perduré depuis de longues années. Des millions de personnes se sont mobilisées en Catalogne pour demander un vote concernant leur avenir. 80% de la société catalane adhère à cette demande, même pour voter NON à l’indépendance comme le feraient les gens de la Gauche Unie (Izquierda Unida).

« Ce sont des faits que l’on ne peut ignorer. Mais aujourd’hui le citoyen Felipe de Bourbon n’a fait aucune mention à cela. Il s’est limité à reproduire le discours du président corrompu du Gouvernement, Mariano Rajoy, dont la position est absolument insoutenable. Aucun problème politique ne peut se résoudre en frappant des milliers de personnes sans défense. Aucun problème politique ne peut être réglé seulement avec des juges ou des policiers. Seuls le dialogue et l’entente sont le chemin. Cependant, le chef de l’Etat n’a pas prononcé une seule fois le mot de dialogue. Il n’a pas parlé non plus des plus de 800 blessés le 1er octobre. Il a pris la pire de toutes les décisions en ce moment : ignorer l’existence d’un problème politique en faisant croire qu’il s’agit d’un simple problème d’ordre public. Il s’est replié derrière une Constitution qui ne représente plus toute la société ; il s’est mis en première ligne du bloc réactionnaire ». Le discours d’aujourd’hui encourage la confrontation et éloigne d’une solution démocratique et pacifique que nous continuerons à défendre de toutes nos forces. Le citoyen Felipe de Bourbon prépare le terrain à une intervention très dure du gouvernement le plus corrompu de toute l’Union européenne, contre la Catalogne. Quand vont-ils comprendre que cela ne règlera rien du tout. La monarchie est une institution anachronique. Et si elle ne fait pas partie de la solution elle fait partie du problème. Nous tous qui voulons une solution responsable et négociée ne sommes pas représentés par les mots et l’attitude de l’actuel chef de l’Etat. Et aujourd’hui, avec plus d’arguments que jamais nous disons  Vive la République ».

(article réalisé grâce à la traduction de José Cordon et à sa note pour le PCF sur la situation en Catalogne)

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 18:36
En France, face aux violences contre les électeurs du référendum catalan, l'Elysée et la droite soutiennent Rajoy, la gauche est plus divisée (2 octobre, Médiapart)
En France, l'Elysée et la droite soutiennent Rajoy, la gauche est plus divisée
 PAR 

La droite comme le gouvernement ont redit lundi leur soutien au président du gouvernement espagnol dans son bras de fer contre les indépendantistes catalans, en dépit des violences policières observées dimanche. À gauche, le vieux fond jacobin pèse lui aussi.

Silence radio ou presque au plus haut sommet de l’État. Le fil Twitter de l’Élysée n’a rien publié depuis le 29 septembre, celui d’Emmanuel Macron, quant à lui, a condamné « l’acte barbare » commis dimanche à Marseille, ou retweeté la solidarité exprimée par la ministre des sports, Laura Flessel, aux victimes de l’effondrement d’une barrière au stade d’Amiens samedi. Mais le référendum en Catalogne – le “oui” l'a très largement emporté à 90 % avec une participation de 42,38 % – et, surtout, les violences policières qui se sont ensuivies ne semblent absolument pas concerner la présidence française. « Je n’ai aucun conseil à donner à Mariano Rajoy », le chef de l’État espagnol, a simplement dit Macron vendredi soir. Le président français s’est entretenu lundi avec le président du gouvernement espagnol, l’assurant de son « attachement à l'unité constitutionnelle de l'Espagne ». Le 7 septembre dernier pourtant, à Athènes, Emmanuel Macron estimait tenir « un discours de vérité, un discours sans ambages : en Europe aujourd’hui, la souveraineté, la démocratie et la confiance sont en danger » et n’hésitait pas : « Nous devons avoir l'autre courage de retrouver la voie de la démocratie. »

Le Quai d’Orsay a réagi en début d’après-midi lundi : « Nous avons pleinement confiance dans la capacité de la démocratie espagnole à conduire un dialogue politique apaisé, dans le cadre de la légalité constitutionnelle », a déclaré son porte-parole. Une position qui ne varie guère de celle exprimée le 21 septembre dernier, quand le porte-parole avait indiqué qu’« à l'heure où l'esprit d'unité et de solidarité doit plus que jamais nous guider dans la relance du projet européen, les autorités françaises rappellent leur attachement à une Espagne forte et unie ». Les fils Twitter des conseillers à l’Élysée ou à Matignon sont restés tout aussi silencieux dimanche. Au gouvernement, seul Bruno Le Maire, ministre de l’économie, a été interrogé dimanche au Grand Jury de RTL. « Je crois à titre personnel à l’Europe des nations, pas des régions », a déclaré le ministre, seul membre du gouvernement à avoir réagi dimanche.

Les députés LREM ne sont guère plus bavards. Le président de l’Assemblée, François de Rugy, a estimé qu’il « ne faut pas chercher qui a tort ou qui a raison, il faut trouver une solution. Il faut négocier ». Sa collègue Albane Gaillot, députée de la 11ecirconscription du Val-de-Marne, a tweeté que « rien ne peut justifier l'utilisation d'une telle violence » quand son collègue de la 4e circonscription du Morbihan Paul Molac a juste relevé les « files d'attente en Catalogne pour pouvoir voter. Le peuple catalan se prononce de manière pacifique et démocratique ».

Chez Les Républicains, les voix sont rares à se faire entendre. Dominique Bussereau, ancien ministre des transports, est rigoureusement contre l’indépendance, une idée« stupide et indécente ». Philippe Bas, président de la commission des lois au Sénat, est lui aussi « profondément hostile au référendum », synonyme de « fin des grandes nations européennes », de « mort de l’Europe puissance » et de « déclin »

François Bayrou, président du Modem, est le plus modéré à droite. Sur Europe 1, il a estimé qu’il fallait « trouver une démarche pour que la reconnaissance d’identité ne mène pas à la division et l’affrontement »

À gauche, les lignes de partage sont mouvantes. Le PS dénonce les violences policières et appelle à une solution négociée sans soutenir l’indépendantisme catalan. Le Parti de gauche et La France insoumise restent sur une ligne jacobine : s’ils estiment que les violences sont inacceptables, ils rappellent leur attachement à l’État-nation, et sont donc, en creux, contre l’indépendance catalane. Seuls les Verts, le PCF et le NPA se prononcent franchement pour le droit à l’autodétermination. « Les images venues de Catalogne sont sans ambiguïté : ce dimanche 1er octobre est un jour noir pour la démocratie dans l’État espagnol », déclare le NPA dans un communiqué. Avant d’ajouter : « Le NPA condamne fermement la répression policière et le silence complice des autorités françaises, réaffirme son soutien aux droits démocratiques du peuple de Catalogne, et participera aux initiatives allant en ce sens. »

Les Jeunes Écologistes, dans un communiqué, jugent « intolérable que dans un pays se voulant démocratique, le souhait des citoyen-nes d’exprimer leur opinion par la voix des urnes, seule voie légitime, ne soit pas respecté ». « La Catalogne est, depuis plusieurs décennies, le lieu de questionnement sur son éventuelle indépendance portée par divers mouvements politiques. Les Jeunes Écologistes regrettent que le débat de fond sur l’autonomie de la région soit confisqué par le gouvernement espagnol », ajoutent les Jeunes Écologistes. 

Le PCF, par la voix de Pierre Laurent, son secrétaire général, appelle à une « solution politique démocratique » mais soutient pleinement « les efforts et initiatives de la gauche espagnole et catalane, qui, dans sa diversité, vient de publier un “Manifeste pour la liberté, la fraternité et la coexistence” appelant à sortir de cette crise dans le respect du droit des peuples à s’exprimer librement »

Le Parti socialiste parle pour sa part de « scènes de violence inacceptables » dimanche, et a appelé à « leur arrêt immédiat ». En forme de « ni-ni », le secrétaire national à la mondialisation, Maurice Braud, estime que « le nationalisme du gouvernement catalan ne peut continuer d’avancer à marche forcée vers son autodétermination et le gouvernement central madrilène du Parti populaire au pouvoir ne peut persister durablement sur une ligne d’intransigeance totale ». Le PS appelle finalement à une« solution négociée »

La France insoumise est sur une ligne de crête. Jean-Luc Mélenchon a toujours affirmé qu’il voyait les mouvements indépendantistes comme des menaces pour l’État-nation. En septembre 2016, lors d’un entretien à Mediapart, il avait de nouveau déclaré à propos de l’Irlande ou de l’Écosse qu’il fallait faire « attention à la boîte de Pandore qu’on ouvre ! ». Et l’alors candidat à la présidentielle ajoutait : « Car ensuite viendront tout aussi légitimement la Catalogne, la Flandre belge… En Europe, certaines nations sont des constructions récentes. Les royaumes sont par nature hétéroclites. Et les eurolâtres sont très friands de la mise en cause des États-nations. Après la destruction des acquis sociaux, la pente vers la destruction de la souveraineté nationale des peuples est déjà bien prise. Est-on prêt à voir bouleverser toutes les frontières en Europe ? » 

Bis repetita dimanche. Dans un billet de blog, Jean-Luc Mélenchon explique que la« question » des frontières « implique directement et immédiatement la question de la sécurité des États dans ce qu’ils ont de plus intrinsèquement constitutifs ». Et le député de Marseille de rappeler le précédent yougoslave : « L’explosion de l’ancienne Yougoslavie ne semble avoir laissé aucune trace dans les esprits. Au lieu d’un pays, on en a dorénavant sept et un d’entre eux est une invention dont la création est un précédent explosif : le Kosovo. »

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 18:19
Catalogne: les franquistes toujours là (José Fort, L'Humanité - 1er octobre 2017)
Catalogne, les franquistes toujours là
JOSÉ FORT
DIMANCHE, 1 OCTOBRE, 2017
L'HUMANITE
La police espagnole intervient violemment en ce moment à Barcelone et dans toute la Catalogne. L’Union européenne si prompte à donner des leçons de «  démocratie » particulièrement dans le Sud des Amériques observe un total silence.
Chacun y va de son commentaire «  pro » ou «  contre » souvent en se cantonnant dans le superficiel. Or, il est impossible de comprendre les événements en Catalogne si on ne fait pas un retour en arrière dans l’Histoire contemporaine de l’Espagne. Avec en toile de fond la dite «  guerre civile » qui fut, faut-il le rappeler, un soulèvement militaire soutenu par Hitler et Mussolini contre un gouvernement légalement élu, abandonné par les «  démocraties » de France et d’ailleurs. Ce gouvernement républicain présentait une tare indélébile : il s’attaquait aux intérêts des classes privilégiés et s’intéressait aux particularités régionales.
 
Une «  guerre civile », un Etat dictatorial pendant quarante ans puis une «  transition » dite «  démocratique » menée par les rejetons du franquisme avec les gauches, essentiellement le parti socialiste et le parti communiste qui misaient sur la fin de la clandestinité et le retour à une vie «  normale ». Rien d’indigne à un tel dénouement lorsqu’on a vécu si longtemps sous un régime fasciste avec comme seule perspective la prison ou le peloton d’exécution. Sauf que.
 
Sauf que des années après, deux constatations s’imposent : 
1/ Le rapport des forces à l’époque était tel qu’il était impossible que cette transition accouche d’une véritable démocratie, encore moins d’une République. 
2/  Les aspirations longtemps réprimées à la culture et à l’identité nationale avec l’irruption de nations dites «  périphériques » comme la Catalogne, le Pays basque ou encore la Galice étaient passées à la trappe. 
 
La répression n’a jamais pu contenir les cultures et les identités nationales. L’universitaire  Vincenç Navarro illustre bien cette réalité en racontant sa propre histoire : « J’avais dix ans et dans une rue de Barcelone je demande en catalan ma route à un policier.  Celui me crie dessus en ces termes : « Ne parles pas comme un chien, parle comme un chrétien. »
Il existe en Catalogne un nationalisme d’exclusion dont la bourgeoisie a fait ses choux gras. C’est ainsi que l’ancien président de la généralitat catalane, Jordi Pujol osait déclarer à propos de ces milliers de travailleurs immigrés « de l’intérieur » venus enrichir le patronat local : «  les immigrés murciens et andalous  ont des capacités intellectuelles inférieures aux catalans. »
J’ai retrouvé les notes de la dernière interview  que m’avait accordée une légendaire figure antifranquiste peu de temps avant sa mort, le dirigeant du PSUC, l’antenne catalane du parti communiste d’Espagne, Grégorio Lopez Raimundo. Il me disait : «  Les luttes sociales et la récupération de notre identité catalane sont indissociables. Nous ne somme pas indépendantistes, nous sommes favorables à l’autodétermination et à la construction d’un Etats pluri national respectant les identités et les particularités de chacun dans le cadre d’une coopération entre toutes les régions d’une Espagne démocratique et de progrès. Bref, un Etat fédéral. »
 
Dans le même temps, nous assistons
à un retour en force de l’extrême droite.  Mon copain Jean Ortiz rapporte que « des partisans d’une Espagne réactionnaire, excluante, repliée sur elle-même, marquent des points, notamment dans le reste de l’Espagne où le gouvernement fait régner un climat anti-catalan hystérique. L’extrême-droite instrumentalise les courants identitaires : on entend reparler de « l’anti-Espagne », de « l’unité menacée », de « l’Espagne Une », d’ « ennemis de la patrie », de « sédition », de « séparatistes »... Les fondations anti-communistes, particulièrement celles liées à l’ancien président Aznar (très active au Venezuela), jouent les pyromanes, cherchent l’affrontement. » Le jeune leader d’Izquierda Unida, Alberto Garzón, s’est exclamé : « ils ne tolèrent pas la démocratie ». Telle est la vérité.
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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 18:12
Catalogne: l'Etat de droit doit être respecté, Rajoy est la honte de l'Europe (Pierre Laurent, PCF)

Catalogne : l’Etat de droit doit être respecté, Rajoy est la honte de l’Europe ( Pierre Laurent)

 

Les nouvelles qui m’arrivent de minute en minute de Catalogne sont extrêmement préoccupantes. Le déploiement policier et l’usage de dispositifs anti-émeutes contre les citoyens de Catalogne sont indignes d’une démocratie. Le gouvernement conservateur de l’Etat espagnol ferme toute possibilité de solution démocratique et pacifique. Il ne fait qu’approfondir la crise structurelle de l’Etat espagnol et des institutions issues de la « Transition démocratique ». Rajoy est la honte de l’Europe. De nombreux secteurs de la gauche espagnole et catalane exigent sa démission. Je me fais le relai de cette exigence. 

Une grave crise démocratique se déroule aux portes de la France. J’appelle publiquement Emmanuel Macron et les ministres concernés, Jean-Yves Le Drian et Nathalie Loiseau, à cesser leur soutien à Rajoy sur cette question et à condamner la politique de répression menée par le gouvernement espagnol. 

Il est plus que jamais nécessaire de restaurer l’Etat de droit en Catalogne. La seule solution pour sortir de la crise avant que la situation ne dégénère plus gravement encore est de permettre la libre expression des citoyens catalans et des peuples d’Espagne, et de mettre en place les conditions d’une solution politique démocratique. Les libertés publiques fondamentales, aujourd’hui bafouées par Rajoy, doivent être respectées. Je soutiens les efforts et initiatives de la gauche espagnole et catalane, qui, dans sa diversité, vient de publier un « Manifeste pour la liberté, la fraternité et la coexistence » appelant à sortir de cette crise dans le respect du droit des peuples à s’exprimer librement. 

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

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