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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 05:00
Tallandier, 12,50€ - 2015

Tallandier, 12,50€ - 2015

«  À mon retour d’Auschwitz, le 22  mai 1945, j’ai eu la chance inouïe de retrouver à Paris ma famille miraculeusement épargnée. Je n’ai ni oublié, ni par-donné et j’ai tenu parole : j’avais promis à mes cama-rades de déportation de tout raconter. Aujourd’hui, souvent inquiète pour l’avenir, je suis heureuse que mon histoire puisse être lue par tous. »

Paulette Sarcey

 

Paulette Sarcey, rescapée des camps

Revenue vivante d'Auschwitz, Paulette Sarcey témoigne et livre ses souvenirs de jeune résistante, juive et communiste, devenue le matricule 46650 au camp de la mort.

Paulette Sarcey et ses amies s'étaient fait une promesse: si l'une d'entre elles réchappait à l'enfer d'Auschwitz, il lui faudrait témoigner. 

Dire les semaines d'internement au camp de Drancy; le voyage de deux jours et deux nuits dans la promiscuité et la puanteur des wagons à bestiaux; la sélection, dès l'arrivée au camp, entre les déportés aussitôt envoyés vers les chambres à gaz et les autres, condamnés à la faim et au froid, à la maladie et aux coups; l'errance sur les routes glacées de Pologne et d'Allemagne, après l'évacuation du camp. 

Paulette, 91 ans, a tenu parole. Toute sa vie, elle a raconté, encore et encore, ses souvenirs de jeune résistante, juive et communiste, devenue le matricule 46650 à Auschwitz. "Maman, écris", lui ont demandé ses enfants. C'est chose faite.

 

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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 04:58
Carte de déléguée à une conférence nationale du PCF de Pierre Le Rose

Carte de déléguée à une conférence nationale du PCF de Pierre Le Rose

Introduction

Marie-Pierre Le Rose et sa sœur ont fait don à l'hiver 2015-2016 à la fédération du Parti Communiste du Finistère des archives de leur père, ancien résistant et ancien secrétaire départemental du Parti Communiste du Finistère, puis adjoint au maire à Concarneau.

C'est une joie et un honneur pour nous depuis deux ans de pouvoir explorer ce passé de militant, ses documents issus de la Résistance, du CNR, ses lectures communistes, ses rapports, et à travers cela, de restituer une époque passionnante et inspirante de notre histoire.

Pierre Le Rose est le fils de Théophile Le Rose, né à Concarneau le 11 février 1900, qui était lui-même un militant communiste. Engagé à 18 ans, Théophile Le Rose était au dépôt de Brest au moment des événements faisant suite aux révoltes de la Mer Noire. Il était ami avec Théo Le Coz qui sera plus tard directeur de La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime.

Voilier, Théophile succéda à son père à la tête de la voilerie artisanale et familiale employant cinq ouvriers. Pierre Le Rose est l'un de ses deux fils, qui naît le 10 février 1923 à Concarneau.

Théophile participe au mouvement populaire qui se développe après février 1934. Il adhère au Parti Communiste en 1935 et est présent dans les différentes activités du Front Populaire (campagne électorale de 1934 où Pierre Guéguin entre au Conseil Général, de 1935 avec l'élection aux municipales de la liste de front commun, de 1936 avec la victoire aux législatives). Il participe au soutien à l'Espagne Républicaine (accueil des réfugiés, organisation des Brigades Internationales). Il organise la manifestation départementale du Front Populaire le 7 juin 1936 à Concarneau, prépare la première fête de la Bretagne du Parti Communiste à Concarneau en août 1936 avec Marcel Cachin, réceptionne et achemine Jacques Duclos en novembre 1937. Théophile Le Rose développe aussi des relations étroites avec Alain Signor, élu au Comité Central au Congrès d'Arles en 1937. Il décède après la fête de l'Humanité de Garches, le 8 juillet 1938.

Son fils, Pierre Le Rose, commence à s'intéresser à la vie politique à partir des événements de 1934 et de 1936, de la construction du Front Populaire. Il participe aux manifestations comme enfant, lit "l'Huma" à laquelle son père est abonné. Il vend des Bonnets Phrygiens, insignes du Front Populaire, à la manifestation du 7 juin 1936: Pierre a alors 13 ans. Son père décède quand Pierre atteint sa quinzième année. En 1940, à dix-sept ans, il quitte l'école pour prendre la direction de la Voilerie qu'avait conservée sa mère au décès de Théophile. Il conserve un contact avec le Parti, désormais clandestin après les accords germano-soviétiques, et il a connaissance des premiers tracts du Parti Communiste, alors plus que jamais persécuté: l'appel du 10 juillet 1940 notamment.

Au printemps 1943, avec une équipe de jeunes amis, il constitue les premiers groupes de FTP de la région de Concarneau. Parallèlement, en liaison avec Alphonse Duot, secrétaire de la section clandestine du Parti à Concarneau (reconstituée à la suite des arrestations de 1942), il organise les groupes de la J.C, le Front National et plus tard les F.U.J.P et le Front Patriotique de la Jeunesse. Il rédige et confectionne des tracts, des journaux écrits à la main ("L'étincelle", organe du Parti et des J.C, "l'Insurrectionnel", bulletin du Front National). Il participe aux diverses actions des FTP, à la propagande du Parti et des Jeunesses Communistes, au recrutement. Au Printemps 1944, Pierre Le Rose participe à la création du Comité Local de Libération dont il devient le Secrétaire. Désigné par ses camarades de la Libération (le 15 août 1944 à Quimper, Concarneau n'est pas encore libérée), il devient membre du Comité Départemental de Libération pour représenter les "Forces Unies de la Jeunesse Patriotique". Il contribue dans ce cadre à la mise en place des délégations spéciales en remplacement des institutions de Vichy et à la réintégration des Conseils Municipaux dissous en 1939 par Daladier: Concarneau, Guilvinec, Léchiagat, etc.

Il devient membre actif du Front National (l'organe unitaire de la Résistance créé par les Communistes pour fédérer largement la résistance intérieure) pour lequel il fait ses premiers meetings (Douarnenez, avec Albert Trévidic), à Concarneau aux rassemblements des J.C dont il est membre du Bureau Régional. Pierre le Rose est coopté au Comité Régional du Parti Communiste mi-décembre 1944. Il prend la parole au Congrès du Front National présidé par Joliot-Curie en janvier 1945. Il est élu aux Etats généraux de la Renaissance Française le 14 juillet 1945. Pierre Le Rose était dans la délégation du Finistère au Congrès des JC constitutif de l'U.J.R.F début avril 1945.

En mai 1946, Pierre Le Rose est élu au secrétariat fédéral du Parti Communiste (dont Marie Lambert, première députée femme du Finistère à la Libération, devint première secrétaire).

Il restera à cette fonction sous la direction de Daniel Trellu (1949-1952) et sera élu secrétaire fédéral en février 1953.

En mars 1956, Pierre Le Rose devient permanent d'Ouest Matin à l'agence de Brest et il fait son retour à Concarneau la même année. Il est secrétaire de la section de Concarneau entre 1957 et 1968. Des raisons de santé ne lui permettront pas de militer pendant quelques années et il quittera le Comité fédéral en 1968, pour y revenir en 1970 lors de la division du PCF finistérien en deux fédérations. Il sera élu trésorier fédéral en 1979.

Pierre Le Rose, infatigable militant, s'est aussi investi à la présidence des parents d'élèves du lycée dans le cadre de la FCPE, à l'ANACR, il a été secrétaire du Comité du souvenir de Châteaubriant, secrétaire du comité de jumelage de Concarneau dans lequel il s'est beaucoup investi pour développer, par-delà les souvenirs douloureux de la guerre, la fraternité franco-allemande. En 1977, il devient conseiller municipal de Concarneau et responsable du groupe communiste de 1977 à 1983.

Nous commençons à lire et transcrire cet été les compte rendus de réunions de sections, de cellules, de comité de rédaction "d'Ouest-Matin", de comités fédéraux de Pierre Le Rose, alors secrétaire départemental du Parti Communiste, en 1955-1956, dans un contexte de guerre d'Algérie, de réorientation par rapport à l'héritage de Staline suite au XXe congrès, d'effort constant pour renforcer l'audience du parti communiste dans les masses et pour réaliser les conditions d'un rassemblement populaire à gauche. 

On y découvre un PCF fort dans le Finistère (2533 adhérents, 2 sièges de députés, le 2e parti en nombre de voix aux élections législatives de début 1956), avec une implantation dans les quartiers, les entreprises. Un Parti qui est relativement serein, avec de forts consensus, sans beaucoup de débats idéologiques et politiques contradictoires, même si parfois on voit des doutes, des désaccords et des contradictions affleurer, mais avec un effort qui est dirigée surtout vers l'action, l'organisation, la "propagande" et l'explication auprès du grand public, et une très forte préoccupation pour les problèmes sociaux quotidiens de la population. Le Parti est organisé en cellules, plus ou moins active, il s'appuie sur une presse importante, y compris avec une dimension départementale et régionale (Ouest-Matin), et un travail collectif considérable, même si comme aujourd'hui, des problèmes d'organisation existent. Il est amusant de découvrir dans ces carnets le fonctionnement du Parti et son quotidien, il y a plus de 60 ans, avec des différences importantes de contexte mais aussi beaucoup de similitudes avec les préoccupations et discours actuels des adhérents du Parti Communiste.       

Pierre Le Rose, un homme multicarte... Voyage dans l'histoire

La Résistance et les communistes à Concarneau (à partir des notes et archives de Pierre Le Rose)

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

L'audience du Parti Communiste à la libération dans le Finistère

 

Témoignage de Piero Rainero, ancien dirigeant départemental du PCF Finistère:

"Je viens de lire avec intérêt et avec émotion les carnets de Pierre le Rose. Intérêt car on y retrouve la précision et la rigueur de Pierre dans les relevés de notes des réunions auxquelles il participait comme dans sa responsabilité de trésorier fédéral qu'il a exercée auprès de moi pendant plus de 15 ans. Intérêt aussi car il s'agit là d'un témoignage de première main sur la vie collective des communistes dans leurs organisations, sur leurs actions, leur volonté constante d'être toujours au plus près du monde du travail, leur engagement au service de la paix, de la justice, de la défense des libertés. Emotion car j'y retrouve les noms de beaucoup de camarades que j'ai connus personnellement, avec lesquels j'ai milité, et qui sont aujourd'hui disparus mais leur mémoire revit au travers de la publication de toutes ces notes... Guy Ducoloné pendant plusieurs mois venait très souvent dans le département pour y apporter une "aide politique". Il faut dire qu'en ces temps-là la vie militante n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui. La fédé était à Brest, il n'y a pas toujours eu de voiture pour les "permanents" et les voitures personnelles étaient rares. Les déplacements se faisaient en train, en autocar, en mobylette et à vélo. Se rendre depuis Brest à Plogoff, à Penmarch, à Concarneau, à Roscoff, à Lanmeur, à Huelgoat, Carhaix, Chateauneuf du Faou par exemple, et en convoyant tracts et affiches,  était une petite expédition. Pierre me disait une fois que  pour une réunion de 2 heures à Plogoff, ou à Quimperlé où il y avait alors des sections importantes, il fallait un jour et demi de trajet et rester dormir chez un copain. Cela m'amène aussi à rappeler que les salaires de ces camarades "permanents" étaient versés quand on le pouvait et parfois......il n'y en avait pas. Ayant eu à m'occuper dans les années 70 des liquidations de retraites de plusieurs d'entre eux j'ai pu constater la gravité de certaines situations, et pas seulement en Bretagne. Car c'était une réalité nationale, avec Gaston Plissonnier du secrétariat national une commission fut mise en place pour régler au mieux ces situations délicates et je crois que dans la plupart des cas nous y sommes parvenus".

***

Notes de Pierre Le Rose, dirigeant du Parti Communiste dans le Finistère

Cahier "Visites 13.10.1955/ 09.10.1957"

Bureau de section de Brest le 13 octobre 1955.

Pierre le Rose note que le bureau de section a été convoqué « au hasard », des non-membres sont convoqués, des membres de le sont pas. Il regrette qu'il n'y ait pas à la section de membre du « bureau de section ».

Berthou dit :

« Notre presse touche 10 % de la population. Or le double nous fait confiance. Les communistes ont un réseau de correspondants dans l'entreprise, à l'arsenal. Mais il manque à cette presse une chronique sportive. Une enquête sur la situation du logement à Brest est prévue ».

On examine les ventes de l'Huma cellule brestoise par cellule brestoise, CDH par CDH : cellule Polygone, cellule Ropars, cellule Departout, cellule Dimitrov, cellule Moreau : les titres vendus sont « L'Huma » quotidienne, « L'Humanité Dimanche », « France Nouvelle », « Ouest-Matin », « Regards » : la presse communiste est pléthorique.

Dans une cellule comme la cellule Dimitrov, on compte 12 à 13 vendeurs, pour 90 Huma à vendre. Parfois, des sympathisants aident à la vente de l'Huma. Les communistes qui vendent sont souvent connus et reconnus dans leurs quartiers, on sait qu'ils défendent les gens : beaucoup de gens ont de la sympathie pour eux (propos de Prigent, qui fait quant à lui des ventes à la Criée). La situation de CDH isolés ou malades pose problème : on les recense. On recense aussi l'argent non-rentré pour des ventes de calendriers et d'almanachs.

R. Riou remarque qu'à peine 1 communiste sur 10 prend l'Huma quotidienne.

Pierre Le Rose fixe comme objectif une vente de 1900 HD.

« Ouest-Matin » traite aussi des affaires judiciaires et essaie de sortir des informations qui ne sont pas dans les autres journaux. Pour l'enquête sur le logement, on utilise des réunions de co-locataires, les connaissances de militants qui travaillent avec et pour les mal-logés avec qui le PCF organise des réunions. La section convoque aussi des réunions de femmes, des réunions de jeunes communistes.

Un militant (Pierre Cauzien, le personnage central d'"Un homme est mort", la BD de Kris et Davodeau, grièvement blessé le 17 avril 1950, le jour où les gendarmes ont tué Edouard Mazé) s'interroge sur le lien de concurrence ou de complémentarité à établir entre « Ouest-Matin » et « Le Télégramme » : « On plafonne. Les travailleurs n'ont pas besoin de savoir ce qui se passe sur leur chantier. Beaucoup de lecteurs d' « Ouest-Matin » prennent « Le Télégramme ». Ouest-Matin n'intéresse que par intermittence. Ne pas faire d'article pour l'arsenal le samedi. Le journal des militants est lus par 90 ouvriers (de l'arsenal), donc ils ont besoin de lui, mais ne l'achètent pas. Meyniel avance que c'est « parce qu'ils ont peur de dire qu'ils ont « Ouest-Matin ».

 

Le 18 octobre, réunion de section de Quimper, cellule Croizat.

8 des 12 adhérents de la cellule sont présents, dont 5 femmes.

Un rapport introductif de M. Mahieux évoque la situation internationale, la lutte pour la paix, le conflit colonial en Afrique du Nord pour la défense des intérêts capitalistes. Mais aussi des problèmes sociaux d'actualité et touchant le quotidien des gens : les salaires, le mode de remboursement par la Sécurité Sociale pour les maladies, la gestion de la Sécurité Sociale, du Comité d'Entreprise et de la Caisse paritaire, la cellule communiste est perçue comme un moyen d'asseoir un discours fort et entendu sur la gestion de la caisse de Sécurité Sociale. Dans la réunion de cellule, on parle salaires, primes, convention collective, productivité des salariés, intérêt des allocataires, organisation des conseils de l'U.N.C.A.F.

On sort de la réunion avec la décision de sortir un journal de cellule, une campagne sur les salaires, d'aider à la préparation de la conférence régionale CGT (en lien avec la future conférence nationale) et de faire signer une pétition pour la Conférence de Genève sur la Paix.

Le lendemain, 19 octobre 1955, Pierre Le Rose est à nouveau à Brest pour une assemblée des secrétaires de cellules, où l'on parle de « la nécessité de développer notre propagande dans les masses » : « exposer nos arguments face aux mouvements revendicatifs (mal logés), sur l'Afrique du Nord, sur la Paix (Conférence de Genève) ». Trois cellules brestoises ont leurs journaux, dont Stalingrad et Dimitrov.

Les cellules brestoises sont Dimitrov, Marcel Cachin, Jean Jaurès, Langevin, Stalingrad, celle des Cheminots, Departout, de Bortoli, Kérigonan, Péri-Rannou-Port de commerce, Bergot, Maurice Boucher. Kérusan, Jules Lesven, Henri Martin, Sécurité Sociale, Croizat, Bassin 4.

Leur représentation aux réunions de section d'octobre 55 :

Berthelot à la cellule Henri Moreau, résistant communiste fusillé au Mont Valérien.

Le Saux à la cellule Departout.

Prigent à la cellule Bergot.

Nédelec à la cellule Stalingrad

Le Mallet à la cellule Langevin

Paul Le Gall à la cellule Kerusan

A. Rouet à la cellule Jean Jaurès

Berthou à la cellule Kerigonan

Gabriel Paul à la cellule Ropars

Pierre Cauzien à la cellule Marcel Cachin

P. Menès à la cellule Peri-Rannou

Menès à la cellule Henri Martin

Merrien à la cellule Bassin 4

Renée Riou à la cellule Sécurité Sociale

Tanguy à la cellule Croizat

D'autres noms sont difficilement lisibles, ou non connus pour les Cheminots, E.G.F, Dimitrov, M. Boucher.

Aux réunions de secrétariat de section et de comité de section de Brest les 24 et 28 octobre, on prépare le meeting avec Marcel Servin, ancien directeur de cabinet de Thorez et député de Haute-Saône, pour la lutte pour la Paix au Sélect. Des comités Paix animés par le PCF doivent être remis en place à l'Arsenal, St Marc, à Kerinou, Rive Droite, mais Pierre Le Rose regrette que cela n'ait pas été assez préparé. Il est question d'un effort de persuasion et de rassemblement à faire auprès des travailleurs socialistes. Les Socialistes de la Rive Droite ont refusé la rencontre proposée par la cellule communiste. On affirme la volonté d'assurer la succès de la liste CGT aux élections à la Sécurité Sociale.

Berthou regrette que la cellule des Cheminots brestois soit « complètement morte, sans vie ».

Le 10 novembre 1955 Pierre Le Rose est à Quimper pour la réunion du Comité de Section, présidée par une femme apparemment, Renée Delord, alors qu'à Brest, c'était Renée Riou qui présidait la réunion du comité de section.

A cette réunion quimpéroise sont présent Perchec, Renée Delord, J. Le Berre, Le Page, Plouhinec, Pédel, Guivarc'h, Guillemet, L. Tyruen. On regrette le nombre d'absents et d'excusés. Pédel fait le rapport et entrevoit la possibilité de l'union des forces de gauche et de l'unité PS-PCF pour changer de politique. On se propose aussi de s'adresser par lettre au Parti Socialiste à cette intention. Mais aussi de s'adresser aux radicaux et aux mouvements laïques. De participer à des comités de patronage, pour viser toujours plus loin le rassemblement. On propose de distribuer l'Avant-Garde, le journal du MJCF, aux jeunes chrétiens et de faire un travail spécifique en leur direction.

On propose le développement des porte-à-portes, des réunions de quartiers, dans les usines, chez les particuliers. On demande qu'il y ait une distribution plus méthodique et rationnelle du matériel de la fédération auprès des cellules.

A Quimper des cellules existent à Locmaria, Eau-blanche, à l'Ecole Normale, on peut de reconstituer celle route de Douarnenez, et route de Pont L'Abbé, de s'adresser aux couches agricoles du canton en abordant les problèmes paysans et en visant les cultivateurs aussi bien que les ouvriers agricoles. La section à un journal, « le Travailleur quimpérois », et une fête, la « Fête du Travailleur quimpérois ». On s'interroge sur les moyens de redynamiser les cellules qui ne fonctionnent pas, sur les jours les plus appropriés pour se réunir afin de toucher les actifs. On met en avant l'importance du porte-à-porte « car les réunions des dernières élections n'attiraient pas les foules » (Plouhinec).

Le 13 novembre 1955, une « assemblée d'études », de réflexion sur les problèmes sociaux auxquels est confrontée la population est organisée à Quimper.

Signor y évoque la question des salaires, des impôts, des allocations familiales, de la politique de guerre, rappelant que la lutte pour la Paix était le problème décisif, et met aussi en avant la nécessaire recherche de l'unité pour la défense des intérêts populaires.

Jacob met en avant le problème de la propriété de la terre, de la nécessité que la terre revienne à ceux qui la travaillent, et de l'école laïque.

Larnicol évoque le problème de la pêche et de la crise sardinière.

Gabriel Paul parle des prochaines élections et de la « bataille pour notre liste ».

Le 24 novembre, Pierre Le Rose participe à une réunion du Comité du Parti à l'Arsenal et en fait aussi un compte rendu très détaillé avec les interventions des uns et des autres : Beuzen, Prigent, Le Nédélec, Kermoal, Merrien, B. Manach, Berthelot, Ducoloné. Plusieurs cellules existent à l'arsenal (Henri Martin, Bassin 4, J. Lesven, Camphin, Artillerie, Pyro), mais leur animation n'est pas toujours simple (ouvriers dispersés, militants qui militent aussi dans leurs quartiers). Une seule cellule fonctionne bien, dut A. Merrien, la cellule Marcel Cachin. La diffusion de « Ouest-Matin » apparaît faible à l'Arsenal mais la CGT est en tête, ce qui traduit de la sympathie pour l'organisation qui est combattue par la presse (« Le Télégramme ») que les ouvriers lisent.

Le 26 novembre 1955, Pierre Le Rose est à Quimper pour un comité de rédaction de Ouest-Matin animé par Perchec avec comme autres présents A. Lequellec, Pédel, Larzul, JF Hamon, R. Delord, Guivarch. Perchec déclare qu' « un journal est un meeting », qu'on doit « y trouver les aspirations de toute la population », s'intéresser par exemple aux problèmes des travailleurs des faïenceries et des biscuiteries, avoir des chroniques régulières d'entreprises, être attentif aux revendications des gens dans les quartiers, « montrer la possibilité du changement de politique » et « dénoncer les élus réactionnaires ». Les faiblesses de « Ouest-Matin » apparaissent comme étant l'information générale et le sport. On part sur l'idée de se constituer un réseau d'informateurs, en réunissant la cellule communiste de la céramique, en travaillant avec les syndicats (Friant), notamment des conserves (Saupiquet), mais aussi du Bâtiment, des employés. Essayer de se documenter, de faire parler les gens. On prépare une réunion pour les correspondants et informateurs du journal le 3 décembre.

Le 13 décembre 1955, Pierre Le Rose assiste à la réunion de la section de Landerneau qui a elle aussi plusieurs cellules – Marcel Cachin (Plouédern), Sampaix (centre-ville), Paul Langevin, Barbuse (Garenne) et organise des réunions spécifiques pour les femmes adhérentes et sympathisantes et « les vieux », en plus des réunions de cellule et de section auxquels ceux-ci assistent. Lors de cette réunion, on observe l'attente des travailleurs dans le Léon d'un nouveau Front Populaire et on regrette que la SFIO n'ait pas répondu à la lettre d'invitation à la discussion du Parti. Louis Le Roux doit participer à une réunion électorale à la Roche-Maurice et l'on prévoit les collages avec moto et bidons de colle.

Le 13 janvier 1956, le comité de section du PCF à Brest analyse les résultats des élections législatives. Le PCF est dans deuxième position et garde ses 2 sièges de députés dans le Finistère mais perd un peu de terrain par rapport à la SFIO. A Brest, il perd 4,6 % par rapport aux élections précédentes. On observe que la confusion des relations PCF-SFIO n'aide pas : « le pays veut un front républicain, un gouvernement de front populaire » (J. Le Saux). Le PCF essaie de travailler les conditions de cette unité de la gauche à partir de la base, dans les quartiers, les entreprises, comme à l'Arsenal. On fait le décompte des adhérents qui ont repris leur carte : 379 à la section de Brest.

Beuzen pousse un coup de gueule : « On ne commence pas sur le plan de l'optimisme. Ce qu'on demande, c'est une politique de gauche. On ne va pas pleurnicher sur des voix ! Comment mener cette bataille pour un Front Populaire, voilà l'important. A l'Arsenal, on distribue des tracts tous les jours, mais on n'arrive pas à réunir tous les cadres du Parti ». D'autres camarades (Ducoloué) remarquent que les scores du Parti ne sont pas mauvais et que la gauche a les moyens d'avoir une majorité parlementaire, que les citoyens ont senti que des « forces de changement existaient ». On regrette néanmoins l'abstention de 28 % qui touche de nombreux travailleurs. On observe qu'il n'a manqué que 171 voix pour finir premiers à Brest. On observe des progrès là où les cellules travaillent bien (St Marc, 4 Moulins), de reculs là où elles ont peu d'activité (St Pierre, Lambézellec): « le parti n'est pas un Parti comme les autres » (Ducoloné). On parle de 16 nouvelles adhésions à Brest début janvier 1956, de 137 000 F collectés à la Souscription. L'année précédente (1955) c'était 94 adhésions qui avaient été enregistrées à Brest.

Lors d'une réunion du comité de section de Brest en mars 56, on parle dans la nécessité de réimplanter le Parti dans les entreprises : E.G.F, P.T.T, Monoprix. Pierre Le Rose insiste pour lui-même dans la marge sur la nécessité de faire des compte rendus de mandats pour nos élus.

Le 10 mars 56, Pierre Le Rose est à Locquirec, où l'on a placé 36 cartes, et où le vote pour le parti s'appuie sur 56 familles et 92 sympathisants. Les comptes sont précis. Un jeune, Pierre Prigent, anime le parti à Locquirec. 7 Huma-Dimanche y sont diffusés par Paris et on y compte 20 abonnés à « La Terre ».

Le 24 mars 56, c'est le comité de rédaction de « Ouest-Matin » à Douarnenez. La chronique locale est confiée à Cornec, la rubrique sportive à « Mazéas frère » (sic), sympathisant. On se pose la question de l'animation de la rubrique de Morlaix. On propose que l'animateur du comité de rédaction du journal, Perchec, vienne un jour par semaine à Douarnenez pour assurer la liaison. On suggère une enquête sur les rues de Douarnenez, de travailler avec la police et la gendarmerie pour les faits divers, de faire jouer tout un réseau d'informateurs du parti dans les activités professionnelles. On regrette que trois articles d'un camarade de Pouldavid (Jaffrin) ne soient jamais parus.

Le 28 mars 1956, c'est le bureau fédéral. La discussion est introduite par un rapport de Louis Le Roux posant un certains nombres de problèmes politiques du moment :

De fortes inquiétudes sur l'Algérie, le besoin d'explications et la difficulté d'en donner aussi au vu des hésitations du gouvernement. Le Parti a pris la parole à l'arsenal devant 60 ouvriers, dont 40 jeunes, sur le sujet. Le Parti va chercher à développer le comité « Paix en Algérie » en faisant des réunions dans les quartiers. On remarque que les socialistes sont très divisés sur la question algérienne, que certains sont pour quitter le gouvernement. Louis Le Roux parle d'apathie de la CGT sur la question de l'Algérie. Louis Le Roux évoque aussi, pour ce qui est de l'activité interne du PCF, « la nécessité de faire connaître les travaux du 20e congrès » : « il y a une bataille idéologique à mener. Des camarades des cellules ne comprennent pas. Les analyses erronées de Staline restent. Il faut étudier les ouvrages de manière approfondie ».

Le Parti Communiste Français en Finistère, en mars 1956, représente aux dires de Louis Le Roux lors de ce comité fédéral 2 533 adhérents, dont 696 nouveaux. 540 adhérents de 55 n'ont pas repris leurs cartes en 56.

On discute la position du Parti sur les pouvoirs spéciaux en Algérie et les contradictions du positionnement pour la Paix même si on ne met pas en discussion la nécessité de lutter pour la Paix. La question algérienne complique la volonté affirmée par le XXe Congrès et les participants de la réunion de chercher le rassemblement le plus large possible, et l'unité avec les socialistes. On parle de la préoccupation vive des jeunes, des travailleurs, des femmes par rapport à la violence en Algérie et à la mobilisation des appelés, de savoir si on peut parler de « nationalité algérienne », avancer le mot d'ordre d'un « cessez-le-feu ». On regrette que l'UD CGT n'agisse pas sur la question algérienne.

Quelques jours plus tard, Pierre Le Rose est en réunion avec 7 secrétaires de cellule de la section de Morlaix : Bideau (cellule Barbuse), Cueff (Pouliet), Guivarc'h (La Madeleine), ? (illisible) (hôpital), ? (illisible) (EGF), ? (illisible) (cheminots). ? (illisible) (Ville-Neuve), ? (illisible) (Tabacs). La discussion s'engage sur « Ouest-Matin » :

Voici les notes de Pierre Le Rose

« 1. le journal ne doit pas être strictement politique.

2. Pourquoi ne tient-on pas compte du travail du correspondant.

3. Comment augmenter les ventes sans rubrique locale ».

On propose que Jean Nédélec fasse un compte rendu du 20e congrès le samedi 14 avril 1956 à la maison du peuple.

A l'ordre du jour du Bureau Fédéral du 11 avril 56, Jean Nédélec développe sur la question du désarmement, le Conseil Mondial de la Paix, l'organisation du mouvement de la Paix.

1920-2017: le beau parcours de notre camarade Jean Nédelec, militant de l'enseignement laïque et du Parti Communiste

Le Télégramme, 4 avril 2017: disparition de Jean Nédelec, grande figure du militantisme

Le bureau Fédéral du 18 avril 56 examine comment aboutir au cessez-le-feu en Algérie. Louis Le Roux dans son rapport précise que la politique du Parti n'est pas toujours comprise: à Quimperlé, Fouesnant, Quimper. Le Parti organise des réunions importantes sur le thème de la paix en Algérie, sur les dangers de Poujade (sur les listes duquel Le Pen ne tarderait pas à se présenter). Des comités jeunes sont créés à Benodet, Penmarc'h. On parle de la demande d'aide d'une des cellules (!!!) de Berrien pour organiser une manifestation. On évoque des difficultés dans le Parti par rapport au vote pour Guy Mollet et l'unité avec les socialistes qui mènent une politique de guerre en Algérie, un besoin d'explication sur la question algérienne, le fait national algérien (qui peut se heurter à l'esprit colonialiste). Participent à la discussion de ce comité fédéral: au moins Louis Le Roux, P.Jaouen, Menès, Tanguy, Ducoloné, J. Nédelec. 

C'est Marie Le Manchec qui préside le Comité Fédéral du 27 janvier 1957. Souvent, les réunions sont présidées par des femmes. Paul Le Gall se charge du rapport, abordant la situation en Hongrie et en Pologne, parlant d'un "renforcement de l'unité du camp du socialisme", parlant de la lutte pour les salaires et les droits des locataires HLM, de la lutte pour la Paix en Algérie, des négociations avec le FLN, l'intervention de l'ONU. Il recense 19 sections dans le Parti Communiste en Finistère, et 60 cellules, 60 adhésions depuis début janvier, liées aussi à la position du Parti Communiste pour la paix en Algérie: 30 à Brest, 4 à Bénodet, 4 à Carhaix, 5 à Morlaix, 6 à Scrignac... 12 sections n'ont pas fait remonter leurs adhésions. 31 cellules ont fait remonter leurs effectifs. 

Larnicol (Finistère Sud) évoque à ce comité fédéral du 27 janvier Guy Mollet, "l'associé impitoyable du capitalisme". Interviennent aussi M. Le Goff, Jean Nédélec, Larnicol, Ducoloué, Louis Le Roux, Laot, Echardour, Marie Le Manchec, Gabriel Paul, Paul Le Gall, qui présente un rapport sur "le problème des femmes", avec une forte coloration sociale sur les travailleuses de la conserve, des magasins, l'impact de la guerre d'Algérie sur les femmes. Le Parti revendique pour les femmes à ce moment là le 13e mois d'allocation familiale et l'allocation dès le premier enfant. 200 femmes sont inscrites à Brest à l'Union des Femmes Françaises, émanant du PCF. Un rendez-vous pour les jeunes filles communistes est prévu à Quimper le 24 février 1957. 

Louise Tymen intervient pour considérer que "le comité fédéral s'intéresse peu au problème des femmes". Marie Le Manchec considère qu'il y a deux problèmes sérieux à prendre en compte dans la période: le racisme, et la situation des femmes. Ce sont là des tâches impérieuses du PCF: 740 femmes à Brest attendent du travail. Pour autant, les femmes sont souvent plus rétives aux idées communistes. Jean Nédélec considère même que "les femmes ne comprennent pas combien elles sont exploitées". Guy Ducoloné expose la position du PCF par rapport à la guerre d'Algérie - "il faut en finir!"- les faux-semblants des discours de Guy Mollet et conclut en disant: "on ne ménage pas les dirigeants socialistes". Un meeting pour la paix en Algérie est prévu dans la semaine à Brest. On parle d'un devoir de grève vis-à-vis des Algériens, d'efforts à faire et de lutte pour qu'ils ne soient pas victimes de répression. On juge que sur la question de la paix en Algérie, "le parti se conduit bien". 

Le 15 février 1957, Pierre Le Rose participe à la réunion du comité de section de Concarneau. On parle de l'organisation d'un meeting aux Halles 15 jours après. Les 8 cellules de Concarneau sont Jean Jaurès (20 adhérents), Lanriec (15 adhérents), Fabien (18 adhérents), Karl Marx (17 adhérents), A. Le Lay ( 5 adhérents), Beuzec (14 adhérents), Lin, La Boissière, soit un nombre d'adhérents à Concarneau au total de 99. La section de Concarneau entend organiser une semaine Paix en Algérie avec tracts, pétition, brochures nationales du PCF,  meeting aux Halles. 

Au comité fédéral du 24 février 56, on revient sur les résultats des candidats communistes aux élections municipales à Carhaix. Paul Le Gall introduisant en disant que "pour la population, les réalisations municipales sont essentielles. Même si le fonctionnement d'une municipalité et le rôle d'élu renferme en eux des "sources d'opportunisme". Pour le PCF, il convient de placer les élections municipales dans leur cadre propre, c'est une occasion de "faire pénétrer nos mots d'ordre", d'élargir, d'où l'importance du choix des candidats, de servir la cause des travailleurs. A Carhaix, en 57, le PCF progresse en nombre de voix (1410) par rapport aux élections de 53 (1338), tout particulièrement à Plouguer (120 voix gagnées). Entre les deux tours, on parle de développer la nécessité du Front unique à gauche. 

Au bureau fédéral, des responsables de propagandes thématiques sont nommés: Gabriel Paul à l'Arsenal, Pierre le Rose auprès des Marins, Pierre Jaouen de Berrien, décédé en 2016 à l'âge de 92 ans, auprès des paysans, secrétaire de la section de Huelgoat et de la cellule de Berrien.     

Hommage à Pierre Jaouen, militant du Parti Communiste de Berrien, décédé à 92 ans, dont les obsèques ont lieu ce 9 mars 2016 à Carhaix

A la réunion de section de Concarneau du 26 février 1956 à laquelle assiste Pierre Le Rose, puisque c'est d'abord sa ville et sa section (17 présents sur 99 adhérents), J. Dantec s'exprime pour dire que sur l'Algérie, "les communistes n'ont pas tous les arguments", qu'il faut aller "visiter les cellules". Il y a aussi des difficultés à faire connaître notre position en matière municipale: rappeler que les HLM sont dus à l'action des communistes, il faut les mettre à la portée des travailleurs. J. Dantec se plaint que les conseils sont préparés trop vite. A Concarneau, les communistes sont très majoritaires chez les dockers, les communaux, les marins. Mais on n'y vend que 33 Huma en vente militante.       

Au Comité fédéral du 24 mars 1957, organisé en deux séances, s'expriment après le rapport de Paul Le Gall: Jo Laot, Marie Le Manchec, Louis Le Roux, Gabriel Paul, Echardour, JD Larnicol, M. Le Goff, R. Riou, P. Le Rose, H. Ménès, Ch. Gourmelon. Paul Le Gaul évoque des critiques internes par rapport aux insuffisances de fonctionnement de la fédération: pas de lutte dans les masses, des cellules qui ne vivent pas, ne s'expriment pas, même si d'autres sont très actives, la nécessité de développer les journaux de cellule, de bien préparer les ventes de masse de l'Huma. Echardour considère que le Parti n'a pas assez proposé et travaillé pour la jeunesse depuis le Congrès, qu'il faut poser le problème de l'Unité du Parti. Jean-Désiré Larnicol, ancien résistant, secrétaire de la section du Guilvinec, ancien conseiller général (de 1945 à 1949), trésorier fédéral (https://www.gastonballiot.fr/le-pays-bigouden-dans-la-guerre-2/le-pays-bigouden-dans-la-guerre/jd-larnicol-j-lebrun/) parle des Marins-Pêcheurs, de la nécessité pour le Parti d'être présent au Comité d'Action Laïque. 

Louis Le Roux parle du flou des objectifs du Marché Commun, du rôle que l'Allemagne y joue, du problème de la défense des libertés, au regard duquel Poujade n'est pas l'aspect essentiel. Il évoque 2900 adhérents pour le PCF en Finistère en 1956 et 1878 reprises de cartes fin mars 1957. Un différentiel inquiétant qui invite "à s'interroger sur les causes": 

- élections de 56

- la Hongrie

- pas d'esprit de suite à la direction fédérale

La presse communiste est jugée par le rapport de Louis Le Roux insuffisamment lue. L'objectif qu'il fixe est de gagner 1000 lecteurs à l'Huma-Dimanche et de la publicité. On parle ensuite salaires et revenus dans l'agriculture, la métallurgie et le bâtiment, la conserve, chez les marins-pêcheurs.   

Le 5 juillet 1957, Pierre le Rose participe à sa réunion de cellule Karl Marx à Concarneau. On s'y plaint d'un relatif échec du meeting pour la Paix en Algérie: "on travaille mais ça n'avance pas. On distribue des tracts mais il y a personne aux meetings". Un intervenant déplore le racisme ordinaire contre "les bicots". Un intervenant avance que les gens ne sont sensibles à la guerre d'Algérie que quand un proche y participe. 

A la conférence de la section de Concarneau le 11 mai 1957, on remarque que malgré les événements de Hongrie, la section a gagné 5 adhérents. On parle néanmoins d'un "grand désordre" d'organisation dans le Parti, d'une difficulté à mobiliser les adhérents dans les réunions de cellule. On parle de développer les syndicats CGT dans les entreprises, face aux progrès de la CFTC, de travail plus soutenu à accomplir vis-à-vis du monde rural et agricole. Des soldats en Algérie ont écrit à la fédération du PCF, nous dit-on.   

Une conférence fédérale a lieu le 18 mai 1957, présidée par Auguste Le Guillou.

Paul Le Gall présente le rapport fédéral: la bataille contre l'armement atomique, pour la paix en Algérie, en posant la question, aiguë à ce moment dans le parti, du rapport avec les socialistes compte tenu de leur politique répressive et guerrière en Algérie (à la section  de Rosporden, on ne veut plus de politique unitaire, Paul Le Gall pense qu'il est possible dans ce département de faire changer les socialistes d'attitude), la lutte contre Speidel, le marché commun, la situation de la classe ouvrière dans le Finistère, le rapport au militantisme syndical des communistes, l'expression du Parti ("Si le Parti ne s'exprime pas, nous n'avançons pas"), le lien avec les ouvriers agricoles et les paysans, les marins, l'activité des cellules. On parle d'un effort particulier à déployer dans les cellules rurales du Finistère dans des zones où l'on sent l'influence de la CFTC  et des "dorgéristes" (populistes de droite). Paul Le Gall annonce 2 300 adhérents en mai 57 et trouve cela insuffisant. Le but est d'atteindre les 3 000 en déployant de gros efforts en direction de la jeunesse. Des Brestois ont contribué ainsi à créer une UJCF (Jeunes communistes) et une UJRF (Union de la Jeunesse républicaine de France), organismes émanant du PCF, au Guilvinec. L'Union des Femmes Françaises, également liée au PCF, compte elle plusieurs groupes actifs dans le département, travaillant aussi avec des femmes non adhérentes. A l'UJFF, il y a 70 adhérentes, avec des antennes à Brest, Quimper, au Guilvinec et à Concarneau, à comparer aux centaines de jocistes.  Le travail des instituteurs au SNI est mis en avant, comme la belle participation à la fête de la section de Quimper, sous le signe de la lutte contre le fascisme, et les bons contacts avec les socialistes dans les organisations laïques. 

Dans son rapport introductif, Paul Le Gall parle de 18 municipalités à direction communiste dans le Finistère. Le Finistère se place sinon en 12e position pour le placement de l'Humanité Dimanche, même si Ouest-Matin a disparu. Si les militants et CDH du Finistère parviennent à intégrer les 10 premiers fédérations, ils pourront envoyer un camarade en URSS! 

Jean Prigent de Brest intervient sur le problème du logement à Brest: 18 000 logements sinistrés, 12 000 en reconstruction, une fédération de locataires qui devient plus active. 

Caudan, de Morlaix revendique 80 adhérents à Morlaix, regroupés en 10 cellules, dont 3 d'entreprises et précise qu'"il existe des cellules qui marchent" mais que le travail se fait plus sur des initiatives personnelles que sur une organisation vraiment collective. 

Louis Le Roux, nouveau secrétaire fédéral, propose la liste des délégués pour la commission de candidatures (F. Echardour, F. Tanguy, A. Lozach, Y. Gourlay, J. Pédel, Droal) , pour la commission résolution (P. Le Rose, A. Damard, H. Ménès, C. Gourmelon), et pour la commission mandats (Gabriel Paul, L. Monfort, A. Nédélec, L. Le Gall)     

Nicole Le Goff de Brest intervient sur l'organisation des femmes dans le parti.   

Jean-Claude Corre de Brest regrette que la fédération vieillisse et n'ait pas tout mis en oeuvre pour tenter d'attirer des jeunes militants. Les membres du parti, selon lui, ne connaissent pas assez la jeunesse, manquent de confiance dans les jeunes, du moins certains camarades. 

JF Hamon de Quimper intervient sur l'action du Parti vis-à-vis des instituteurs, à partir notamment de la revue "L'Ecole et la Nation", dont la diffusion est passée de 60 à 90-95 (sur 3000 instituteurs, dont plus de 190 au Parti dans le département: Pierre Le Rose dément ces chiffres en marge). Au moins 20 des lecteurs de la revue ne sont pas au parti. A instituteur sur 10 environ vote pour les listes communistes dans le Finistère, selon JF Hamon. 13 normaliens et normaliennes sont abonnés à la revue communiste sur l'école.       

Pédel (Quimper) met en avant une moyenne d'âge de 43 ans à la conférence de section de Quimper. La jeunesse est présente. De nouvelles femmes ont intégré le comité de section. 

D'autres camarades interviennent: M. Le Manchec de Brest, Jean Nédelec, de Brest, Hervé Bernard, de Douarnenez, Le Duff de Brest, Pierre Cauzien de Brest (la lutte des techniciens de l'Arsenal), Carguilo de Brest, un camarade de St Pol de Léon (C de Moine?)

 

Le lendemain, la conférence fédérale reprend, et la discussion s'engage sur l'impôt, les cours du poisson et la situation des marins. L'après-midi, c'est le grand résistant Daniel Trellu qui préside la séance de la conférence du Parti Communiste du Finistère. 

Daniel Trellu (1919-1998): instituteur, responsable de la résistance communiste bretonne, militant, poète bretonnant

 On procède aux amendements sur les résolutions.

La commission des mandats fait son rapport.  

29 sections sur 31 sont présentes (Kerhuon et Motreff abstents), avec 191 délégués à cette conférence fédérale dont les délégués présentent une moyenne d'âge de 38 ans. 70 de ces délégués sont ouvriers, 5 marins-pêcheurs, 16 employés, 24 instituteurs, 7 artisans, 6 paysans, 7 ménagères, 1 cadre, 19 travailleurs de l'Etat, et 18 fonctionnaires. 

Les candidats sortants du comité fédéral qui se représentent sont: 

Joseph Brivoal, Pierre Cauzien , Jerôme Coutellec, François Echardour, Arsène Gourant(?), Charles Gourmelon, René Guillamet, Pierre Jaouen, Joseph Laot, Jean-Désiré Larnicol, Paul Le Gall, Michel Le Goff, René Le Moal, Pierre Le Rose, Louis Le Roux, Jean Nédélec, Gabriel Paul, Alphonse Penven, Henri Plochinec, Renée Riou, François Tanguy, Daniel Trellu, Henri Ménès, Albert Guirec, Cosquer, Camille Diougout(?), Anna Damard, Ferdinand Le Goff, Marie Le Manchec, Jean Le Saux, André Lozac'h, Albert Merrien, Louis Monfort, Jean Pédel, Louis Le Quilliec, Louise Tymen, Pierre Salaün. 

Ne sont pas représentés: Joseph Beuzen, Thomas Damard, Jean Hémon, François Tournevache, Le Moal, Bodéré Guillaume. 

Sont intégrés au comité fédéral: José Corre de Brest, Jean Droal de Quimperlé, Geneviève Jolivet de Quimper, Paul Guéguin, de Brest, Jeanne Le Goff, de Brest, Jean Prigent, de Brest, Henri Roudaut, de Landerneau, Julien Faou de Lesconil. 

Cette liste de 46 membres présentés pour le comité fédéral est élue à l'unanimité. 

Le discours de clôture de Michel Vaudel dénonce l'usage généralisé de la torture en Algérie, l'attitude du gouvernement socialiste de Mollet vis-à-vis de l'Algérie. Il plaide pour "la liquidation du système colonial". On constate que, malgré l'intensité des attaques dont il est l'objet, le parti communiste reste un acteur important, écouté, que sa stratégie d'union de la gauche ne le dessert pas, bien au contraire, car elle correspond à des attentes populaires. L'objection de l'unité d'action avec les socialistes est réaffirmé, comme celui d'avoir un parti d'action, et de renforcer la démocratie dans le parti en travaillant au lien avec la jeunesse.       

Carte d'adhérent de Pierre Le Rose en 53

Carte d'adhérent de Pierre Le Rose en 53

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 11:47

 

Plus grande fête populaire de France avec 600.000 participants, lieu unique de fête, de musique, de culture, de politique, de sport, de convivialité et de rencontres…
Plus de 50 concerts (NTM, Julien Clerc, Catherine Ringer, Bernard Lavilliers, etc...), plus de
450 stands dont une centaine venus des quatre coins du monde...
Venez à la Fête de l’Humanité les 14.15.16 septembre, vivre des moments inoubliables où les mots solidarité, fraternité, liberté, égalité prennent tout leur sens...
 
Cet été, les militants communistes seront dans plusieurs festivals du Finistère pour proposer la vignette de la fête de l'Huma et présenter le programme de cette fête au travers d'un flyer proposant des abonnements de découvertes gratuits d'un mois au journal L'Humanité.  

Vous pouvez acheter la vignette bon de soutien donnant l'accès à la fête pour les 3 jours auprès des sections et des militants communistes pour 26€.  

Une soixantaine de bénévoles, militants PCF ou pas, sont déjà inscrits pour travailler sur le stand du PCF Finistère (restauration, bar, ...). C'est une expérience inoubliable. N'hésitez pas à venir nous rejoindre. 

Si vous le souhaitez, n'hésitez pas à prendre contact: dupont.ismael@yahoo.fr    

La fête de l'Huma sur le stand du Finistère: c'est une expérience inoubliable! Réservez vos places pour travailler sur le stand comme bénévole les 14, 15, 16 septembre 2018!

A la fête de l'Huma 2017 sur le stand du PCF Finistère: le reportage photo de Pierre Saint Jalme dans le pays d'utopie où le soleil ne tombe jamais...

Et oui, c'est déjà presque reparti pour un tour de piste. 

Les vendredi 14 - samedi 15 - dimanche 16 septembre, la belle, la rebelle, la Fête de l'Humanité, 83 ème édition, cette année encore sur le grand parc de la Courneuve, et pour nos camarades et amis qui le désirent, sur le stand du Finistère. 

Connu ou inconnu encore des animateurs du stand du Finistère et des adhérents du PCF, ami-e, si tu entends le vol noir des corbeaux sur la plaine, si tu veux agir et te rendre utile en passant un bon moment avec les cocos et toute la France de gauche, diverse et métissée, réunie à la fête de l'Huma, pour la musique, la fête, la culture, la politique, alors n'hésite pas à t'inscrire comme bénévole sur le stand du Finistère.

Avec la possibilité de dormir derrière le stand en tente à condition de donner sa contribution.   

Et à le fréquenter comme client: 

Bar multi-carte: Bière et cidre à la pression, vins, kir, whisky, ricard, punch, kremmig, carambig, lambig, boissons sans alcool.  

Au menu du restaurant:  

Formule Kig-ha-Farz - Far ou Kouign Amann: 13€

Formule Saucisses de Molène - Far ou Kouign Amann: 11€

Huîtres de la Rade de Brest

Sandwich pâté Hénaff

 

Une grande tombola est prévue aussi: 

Mais cette 83e édition de la fête de l'Huma s'annonce excellente aussi avec un beau plateau musical: 

SUPRÊME NTM // FRANZ FERDINAND // BERNARD LAVILLIERS // CATHERINE RINGER // ROMEO ELVIS // JULIEN CLERC // GRAND CORPS MALADE // THE INSPECTOR CLUZO // NAÂMAN // ORCHESTRE SYMPHONIQUE DIVERTIMENTO // ...

Découvrez également Cléa Vincent, Bertrand Burgalat, Palatine et Johnny Montreuil à la Scène Zebrock 

 Sans parler des nombreux débats, meetings et rencontres politiques, des activités culturels et sportives, du Village du Monde. 

Il y a mille bonnes raisons de réserver son week-end pour la fête de l'Huma, le plus grand festival de France, la plus grande fête populaire, à commencer par le prix: 26€ le bon de soutien militant ouvrant l'entrée pour 3 jours de concerts et de fête!  

Fête de l'Humanité 2018 les 14, 15, 16 septembre à La Courneuve - Le rendez-vous incontournable du peuple de gauche !
Fête de l'Humanité 2018 les 14, 15, 16 septembre à La Courneuve - Le rendez-vous incontournable du peuple de gauche !

Une fête de l’Humanité au service des causes communes !

Nous souhaitons construire la fête de l’Humanité des 14, 15 et 16 septembre prochains comme un carrefour et un prolongement de tout ce qui bout et s’exprime dans la société. Dans un contexte national et international complètement chamboulé, la force du nombre de ses participants et la vigueur de leurs espoirs porteront ce puissant message : « Le monde est à nous ».

 

Ce « nous » est une invitation, un appel au rassemblement de toutes celles et ceux qui refusent de rester spectateurs d’un monde où l’argent devient mesure de toute chose, d’un monde considéré comme propriété exclusive des détenteurs de capitaux, accaparé par une étroite minorité qui s’attache à détruire les solidarités et laisse s’étaler sous nos yeux la misère humaine, le désarroi et le saccage de notre environnement.

 

« Nous » refusons avec force que l’humanité soit à ce point meurtrie, violentée, volée à l’immensité de celles et ceux qui produisent ses richesses, construisent ses passerelles, travaillent à l’égalité sociale, politique, entre femmes et hommes, bousculent par leurs efforts créatifs les conventions hypocrites.

 

Nous y affirmerons que « nous » aspirons à l’humanité contre ceux qui aujourd’hui concentrent les pouvoirs et les avoirs, veulent contrôler les savoirs en recherchant consentement, passivité et résignation jusqu’à en appauvrir nos imaginaires et notre part d’humanité.

 

Nous voudrions que cette fête soit mise au service de celles et ceux qui, par la persévérance militante et l’engagement humaniste, veulent construire un monde de justice et de paix, débarrassé de son absurde et perpétuelle course au profit et de ses guerres qui hypothèquent l’avenir de la jeunesse du monde, en Afrique, au Proche et Moyen-Orient comme ailleurs. Le village du monde sera une caisse de résonnance de la paix et de la solidarité internationaliste. L’enjeu des migrations s’y conjuguera avec l’humanisme et l’hospitalité.

 

Le défi désormais posé aux peuples de révolutionner la construction européenne s’y fera entendre dans des rencontres de travailleurs de toute l’Europe qui, ensemble, diront leur ardent espoir de coopérations et de luttes communes pour le progrès social et environnemental.

 

Plus d’un an après l’entrée en fonction du nouveau pouvoir macroniste engagé dans une offensive ravageuse contre toutes les conquêtes sociales, jusqu’à compromettre l’idéal républicain et ses promesses d’émancipation, la fête de l’Humanité peut être le grand carrefour des débats et des combats pour des alternatives progressistes. Cheminots méprisés, jeunesse étudiante triée, habitants des quartiers populaires ignorés, retraités pressurés, travailleurs précarisés, agents publics déconsidérés, militants politiques, syndicaux, associatifs engagés dans la défense de causes universelles, prenez possession de la fête, avec vos expériences et vos espoirs, pour en faire une étape qualitative nouvelle des mobilisations et cours, nourrie de nouvelles analyses et méthodes d’action pour l’intérêt général.

 

La réussite de la fête de l’Humanité, dans un tel contexte, est d’une importance inédite dans la quête d’alternatives qui grandit et pour contraindre à le nouveau pouvoir à entendre enfin la parole populaire. Elle est l’affaire de toutes et tous : c’est autant sa raison d’être que la condition de son succès.

 

Chacune et chacun peut y contribuer sans attendre par l’acquisition du bon de soutien, le diffuser et s’efforcer de convaincre famille, amis et collègues de venir grossir les rangs du peuple d’une fête qui, dès lors, résonnera de nos milles espoirs et causes communes.

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:58
Contre les valets du capital, votez communiste!
Contre les valets du capital, votez communiste!
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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:51
Evasion fiscale: le gouvernement refuse 80 milliards de recette (L'Humanité)

l'Humanité,

6 août 2018 : Evasion fiscale, le Gouvernement refuse 80 milliards de recettes !

L’Assemblée nationale l’avait validée cet hiver, mais Matignon laisse au point mort la proposition de COP fiscale des députés communistes. Il faut remonter au 2 février dernier pour avoir des nouvelles parlementaires de la COP (conférence des parties) fiscale mondiale. C’est en effet ce jour-là que l’Assemblée nationale validait la proposition du député communiste Alain Bocquet et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) pour que la France propose une COP fiscale, reprenant le principe de la COP21, liée pour sa part aux enjeux climatiques et écologiques (lire notre édition du 3 février). « Comme les gaz à effet de serre font des trous dans la couche d’ozone, les paradis fiscaux et l’opacité créent des gouffres dans la finance mondiale », avait déclaré l’élu du Nord, dont c’était le dernier mandat. Depuis, plus rien. Le texte avait pourtant été bon train dans l’Hémicycle puisque, malgré l’abstention de la droite, la commission des Affaires européennes à l’Assemblée nationale comme celle des Finances l’avaient elles aussi adopté.

Pourtant, si le travail parlementaire avait avancé depuis cette date, la France serait bien partie pour prendre la tête de la lutte « contre l’évasion fiscale » et « pour la laïcité financière ». L’évasion fiscale prive les comptes publics de la France de près de 80 milliards d’euros et est aujourd’hui « organisée, généralisée au cœur du système financier », décrivait Alain Bocquet. Dans le discours de politique générale du premier ministre, Édouard Philippe, elle était malgré tout passée sous silence alors même que ce dernier disait vouloir moraliser la vie publique. « Mais l’indécence de l’argent, elle crève les yeux ! » tonnait Pierre Laurent, sénateur de Paris, dans son intervention en réponse au discours d’Édouard Philippe. Le premier secrétaire du PCF relevait d’ailleurs que celui-ci ne disait « rien de l’évasion fiscale, qui coûte 80 milliards par an au pays, rien de la résolution votée à notre initiative par l’Assemblée nationale pour une COP fiscale mondiale ». À l’Assemblée nationale aussi, les communistes rappellent l’engagement des députés qui ont voté la résolution à la quasi-unanimité dans la précédente mandature. Mais là encore, alors que le 20 juillet dernier le député du Nord Fabien Roussel demandait au gouvernement ce qu’il comptait faire pour agir contre les paradis fiscaux en citant « la belle idée d’une COP fiscale et financière », les ministres ont botté en touche. Dans sa réponse, le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a réussi à ne pas dire un mot sur cette dernière, arguant que la France était « à la pointe de la dénonciation des paradis fiscaux » dans le cadre du G20. Pas assez pour faire rentrer les dizaines de milliards d’euros concernés dans les caisses apparemment.

Evasion fiscale: le gouvernement refuse 80 milliards de recette (L'Humanité)
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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:50

Le patron du géant du luxe LVMH, 4e fortune mondiale, qui gagne près de 3 millions d’euros par heure, le doit notamment à son inventivité en termes d’« optimisation » fiscale. Son entreprise compterait 202 filiales offshore…

’homme le plus riche de France revendique d’être l’un des plus gros contributeurs fiscaux de l’Hexagone. Mais si le PDG du géant mondial du luxe LVMH, dont le compte en banque équivaut à 2,6 millions d’années de Smic, a su se hisser au sommet des grandes fortunes, c’est que son entreprise ne compterait pas moins de 202 filiales offshore (1). En 2017, son nom ne tarde pas à sortir dans les Paradise Papers, qui permettent de reconstituer une partie du puzzle de la fortune de Bernard Arnault, et le placement de ses actifs dans six paradis fiscaux. C’est le cas d’une luxueuse propriété proche de Londres, appartenant à une société enregistrée à Jersey, mais dont l’heureux propriétaire n’est autre que la première fortune française. Même astucieux montage pour son yacht de 101 mètres, avec piscine à fond transparent, practice de golf et même héliport… En mars dernier, le magazine de France 3 Pièces à conviction révélait comment, pour ne pas intégrer cet actif ultraluxueux, évalué à 130 millions d’euros, dans son patrimoine, le PDG de LVMH a monté tout un mécanisme complexe pour devenir le locataire de son propre bien, loué 1,5 million d’euros la semaine.

On comprend mieux comment celui qui en 2017 a gagné presque 3 millions d’euros par heure, et dont les pratiques du groupe envers ses salariés ont été immortalisées par le film de François Ruffin Merci Patron !, a fait cette année son entrée dans le top 5 des plus grandes fortunes mondiales. C’est que le monsieur a su se diversifier, en investissant dans la presse, ou encore en entrant au capital de Carrefour. Mais la grande fierté du milliardaire, c’est la Fondation Vuitton, splendide vitrine d’art contemporain au cœur du bois de Boulogne. « C’est un cadeau de Bernard Arnault aux Parisiens », répètent ses communicants lors de l’inauguration en grande pompe le 24 octobre 2014. Ce soir-là, au milieu du gratin parisien et aux côtés de François Hollande, alors président de la République, le milliardaire devient par la magie du mécénat un estimable philanthrope. Pourtant, c’est bien dans les poches des contribuables qu’il est allé puiser. Selon des documents révélés par l’hebdomadaire Marianne, grâce aux avantages fiscaux et divers tours de passe-passe, LVMH a en effet réussi à faire peser sur l’État 80 % du coût, soit plus de 610 millions d’euros. Cerise sur le gâteau, bien que bénéficiant d’avantages fiscaux considérables, fondés sur le caractère artistique du projet relevant de l’intérêt général, la fondation n’hésite pourtant pas à infliger un prix d’entrée de 14 euros.

Quant à son patriotisme affiché, qui lui vaut d’être reçu comme un chef d’État à la Maison-Blanche, il est à l’image de son goût pour l’intérêt général. En 2012, le milliardaire, propriétaire d’un appartement à Uccle, riche commune résidentielle proche de Bruxelles, déclare y résider pour obtenir la nationalité belge et empocher toujours plus grâce aux avantages fiscaux d’outre-Quiévrain (voir ci-contre). Face à la polémique, il finit par y renoncer, et affirme aujourd’hui (2), qu’ « il est malsain d’utiliser d’autres pays d’Europe pour éviter l’impôt en France ». Alors combien le contribuable Bernard Arnault paie-t-il réellement au fisc français ? « Plus d’un milliard par an », avance-t-il fièrement. Il lui en reste donc 72 – de milliards… – pour boucler ses fins de mois.

 

(1) Une étude de revue-projet.com, en partenariat avec la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires, 12 février 2014. (2) Entretien dans Challenges le 5 juillet 2018.

 

Le guide touristique de la fraude

Belgique

Elle a beau être moins exotique que les îles Caïmans, la Belgique n’en est pas moins un éden européen de « l’optimisation » fiscale… Citée plus de 60 000 fois dans les Paradise Papers, elle vient d’être de nouveau épinglée par la Commission européenne pour « planification fiscale agressive ». Intérêts notionnels, tax rulings… derrière ces anglicismes se cachent les mécanismes fiscaux qui ont valu à la Belgique sa 19e place dans le classement des paradis fiscaux de l’ONG Oxfam en 2016. Au cœur de cet eldorado pour multinationales : ces fameux « rulings », qui leur permettent de déduire de leur base imposable des profits dits « excédentaires ». En 2016, la Commission européenne avait identifié 35 groupes ayant signé cette disposition, sorte d’aide d’État illégale, avec à la clé des réductions d’impôt de 50 % à 90 %, et un manque à gagner de 700 millions d’euros pour l’État belge. Mais si la Belgique est devenue la 3e destination préférée des évadés fiscaux, c’est aussi que les plus-values immobilières n’y étaient pas taxées. Ce n’est plus le cas depuis le 1er janvier, avec un nouveau prélèvement fiscal qui a déjà fait gagner 254 millions d’euros à l’État. Pendant ce temps, le gouvernement français supprimait l’ISF et instaurait une flat tax de 30 %… De quoi inciter les milliardaires à faire le voyage retour…

Maud Vergnol

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:50
Décès d'Arséne Tchakarian, militant communiste, dernier survivant du groupe Manouchian des FTP MOI : hommage de Pierre Laurent et de L'Humanité

Arsène Tchakarian, survivant du « groupe Manouchian", vient de nous quitter à l'age de 102 ans. Immense respect, énorme émotion et gratitude éternelle. Nous qui restons, soyons dignes d'Arsène et de celles et ceux qui n'ont jamais courbé l'échine dans le combat pour la liberté, la démocratie, la justice sociale et la grande fraternité humaine.

Aujourd'hui, dans le Télégramme, un paragraphe convenable sur Arsène Tchakarian, sans doute inspiré par une dépêche AFP. Curieusement, on n'indique pas que ce courageux résistant était communiste et l'est resté toute sa longue vie...  Comme le poète et chef de la résistance parisienne FTP MOI, le communiste Missak Manouchian, Arsène Tchakarian est un rescapé du génocide arménien, né en Turquie en 1916.    

Arsène Tchakarian

Arsène Tchakarian

Décès d'Arséne Tchakarian, militant communiste, dernier survivant du groupe Manouchian des FTP MOI : hommage de Pierre Laurent et de L'Humanité

 

DÉCÈS D'ARSÈNE TCHAKARIAN : RÉACTION DE PIERRE LAURENT
Dimanche, 5 Août, 2018
C'est avec une très grande émotion et tristesse que j'apprends le décès d'Arsene Tchakarian. Il était le dernier survivant du groupe Manouchian  et des FTP Moi. Après l'arrestation de Manouchian il rejoint le maquis  du Loiret et participe à la libération de Montargis. Résistant de la  première heure Arsène a participé à tous les combats progressistes de ce siècle avec son parti, le parti communiste français. Issu d'une famille arménienne qui a du fuir le génocide, il n'a eu de cesse d'agir pour la reconnaissance du génocide et les droits du peuple arménien. Modeste et humble, c'est pourtant un grand homme qui nous quitte aujourd'hui que le  parti communiste est fier d'avoir compté dans ses rangs.
 
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
 
Arsène Tchakarian au carré des fusillés du cimetière d’Ivry pour rendre hommage à nos camarades de l’affiche rouge membres des FTP-MOI fusillés par les nazis le 21 février 1944, devant la stèle de Missak Manouchian dirigeant du groupe, avec Pierre Laurent Secrétaire national du PCF et Philippe Bouyssou Maire d’Ivry en 2016 (photo Fabienne Lefebvre)

Arsène Tchakarian au carré des fusillés du cimetière d’Ivry pour rendre hommage à nos camarades de l’affiche rouge membres des FTP-MOI fusillés par les nazis le 21 février 1944, devant la stèle de Missak Manouchian dirigeant du groupe, avec Pierre Laurent Secrétaire national du PCF et Philippe Bouyssou Maire d’Ivry en 2016 (photo Fabienne Lefebvre)

ARSÈNE TCHAKARIAN, LE SURVIVANT TÉMOIN
Dimanche, 5 Août, 2018

Il était le dernier survivant du "groupe Manouchian" qui avait résisté à l'occupant nazi. Le résistant Arsène Tchakarian est décédé à l'âge de 101 ans, samedi 4 août, à Vitry. Après la Libération, il a passé sa vie à chercher et écrire sur la période la plus forte de son existence. Nous vous proposons de relire son portrait, publié dans l'Humanité en 2014.

C'est un modeste pavillon de banlieue, dans une rue calme de Vitry-sur-Seine. En y arrivant, on se demande si les personnes qui vivent dans les maisons attenantes savent qu'ils ont pour voisin un véritable héros. Un homme qui est le dernier en vie d'un groupe célébré par Aragon, chanté par Ferré. Une petite grille s'ouvre sur le jardin. Quand on sonne, on est gêné d'imaginer la pénibilité pour un homme de quatre-vingt-dix-sept ans de parvenir jusqu'au portail pour nous ouvrir. Mais quand apparaît Arsène Tchakarian, c'est un homme parfaitement alerte que nous découvrons. Pas tout jeune, non, mais sans difficulté il nous fait passer à l'arrière de la maison par un petit jardin parfaitement entretenu. « C'est très agréable l'été », nous confie-t-il. À l'arrière de la maison, dans une extension remplie par les plantes vertes, Arsène Tchakarian nous reçoit dans son bureau qui tient tout autant du musée de la Résistance : affiches et documents exposés sur des étagères aux côtés de classeurs remplis d'archives. C'est toute la vie du résistant qui se trouve dans cette pièce, comme nous le comprendrons vite.
 
« Je suis entièrement dans cette histoire de l Affiche rouge », attaque d'entrée Arsène Tchakarian, avant même que l?on ait eu le temps de lui poser une seule question. On comprend d'ailleurs très vite que nous n'aurons pas beaucoup l'occasion de l'interroger : l'homme a passé sa vie d'après-guerre à écrire ce qu'il a vécu et chercher ce qu'il ignorait encore, ce qui lui donne encore aujourd'hui une vision claire et construite de l'histoire qui, quand il la raconte, ne souffre pas beaucoup les sorties de routes. Il déroule les faits comme ils se sont produits, n'hésitant que deux ou trois fois quand un nom lui échappe. « Je commence à perdre mes mots », s'excuse-t-il. On aurait envie de lui répondre qu'à son âge, on craignait bien pire.
 
« Manouchian, je l'ai rencontré par l'aide à l'Arménie, se souvient Arsène Tchakarian. Il collectait du lait Nestlé, de la farine et du sucre pour envoyer aux enfants arméniens qui subissaient la famine en 1933 ou 1934. » L'Arménie était alors soviétique. « C'est Manouchian qui m'a amené avenue Mathurin-Moreau. » Dans cette rue débouchant sur la place du Colonel-Fabien, à l'endroit ou se dresse aujourd'hui le siège du PCF, se tenaient à l'époque des baraques en bois. Celles des MOI, la «main-d'œuvre immigrée » : des organisations communistes par nationalité (arménienne, juive polonaise, juive roumaine, italienne ) qui permettaient à des étrangers, qui auraient été immédiatement expulsés s'ils étaient pris avec une carte du PCF, de militer.
 
Quand éclate la guerre en 1939, Tchakarian, tout comme Manouchian, est mobilisé. Après la défaite française, revenant à Paris, Arsène a un choc :  « Je trouve une ville vide. On n'y voit que des chars et des camions allemands sur les Champs-Élysées. Les gens tremblent, les rideaux sont fermés, tout le monde est parti. » Les deux amis, qui ne digèrent pas la capitulation, commencent à agir : « À cette époque, notre résistance, c'était de diffuser des tracts et parler un peu de politique. Mais voilà qu'un jour de 1942 Manouchian vient à l'atelier de tailleur dans lequel je travaillais et me dit : Il y en a marre des tracts. Maintenant il faut combattre avec les armes. » « Missak, répond Tchakarian, comment faire ? Nous n'avons pas d'armes.»
 
Au mois de mars 1943, Manouchian revient à l'atelier et amène Tchakarian sur le pont Henri-IV. Sur le quatrième balconnet du pont attend un jeune homme de dix-neuf ans qui se fait appeler Michel. « Je ne le savais pas encore mais c'était Marcel Rayman », raconte Arsène. Rayman demande son nom à Arsène qui lui répond « Charles ». « Je savais que nous n'avions pas le droit de donner notre vraie identité ni de connaître celle des autres », explique-t-il. Ce n'est qu'après la disparition du groupe Manouchian d''ailleurs qu'il connaîtra les vraies identités de ses camarades.
 
Ensemble, les trois s'en vont pour leur premier coup d'éclat à Levallois-Perret. « Michel (Marcel Rayman, donc), nous montre un petit hôtel, ordinaire, duquel sortent une vingtaine de feldgendarmes. Nous nous étions dispersés sur la place. On faisait semblant d'admirer les beaux soldats allemands. Nous étions en fait en repérage pour notre première action. »
 
Tchakarian raconte : « La veille de l'action, Marcel Rayman me dit :  Toi Charles, tu seras à environ quinze mètres. Au moment où ils partiront, tu jetteras la grenade bien au milieu. Je réfléchis un peu. Sur le front, on tue des Allemands, mais comme artilleur, je ne vois que l'obus partir. Là ils seront bien face à moi. Marcel explique que Georges (le pseudo de Missak, NDLR) aura un pistolet, qu'il serait à environ vingt mètres de moi. »
 
« Le mercredi 17 mars, nous arrivons sur place. Alors que je suis en train de me préparer à environ trente mètres de l'hôtel, Manouchian court vers moi. Il me dit : "File la grenade". Je lui demande pourquoi. Il me dit que l'on n'a qu'un pistolet au lieu de deux, que ce sera Marcel qui l'aura. Il voulait absolument jeter la grenade lui-même. Ils commencent à marcher. Je vois Manouchian se mettre à courir. Avec son imperméable qui vole derrière lui, on dirait un oiseau. Il jette la grenade pile au milieu. Cinq ou six secondes après c'est l'explosion. Je vois un adjudant qui commence à se lever. Il avait un pistolet assez long. Il repère Manouchian qui s'enfuit. Il commence à le poursuivre. Il fait à peine dix pas que Marcel Rayman, coincé dans un coin de rue, l'abat.»
 
En face du vieil homme, on est pris d'un léger vertige : lui, calmement, raconte ce que l'on voit parfois sur les écrans ou que l'on lit dans les livres. Mais ces mains posées devant lui sur la table ont lancé les grenades dont il parle. Ces jambes, sur lesquelles il se redresse pour fouiller dans ses cartons à la recherche d'un document pour appuyer ses propos ont couru pour fuir les nazis. Et ces yeux ? Il est clair qu'au moment ou Arsène Tchakarian nous parle, du fond de sa mémoire, il visualise nettement la scène.
 
« D'où venaient nos armes ? Le Parti communiste ne pouvait pas nous en donner, il n'en avait pas. C'est donc qu'il existait autre chose. Il y avait une organisation quelque part qui nous avait trouvé des armes et était en train de nous organiser. On ne savait pas du tout de quoi il s'agissait.»
 
Les armes parachutées venaient en fait de Londres. Jean Moulin, qui avait uni la Résistance, avait su convaincre de Gaulle qu'il n'était pas risqué d'armer des communistes.
 
Des actions de résistance, des « attentats », il y en aura bien d'autres. Comme le premier attentat d'envergure confié à Arsène : l'attaque à la grenade d'un autocar rempli d'officiers allemands.
 
Quand le groupe sera arrêté, Arsène Tchakarian s'en sortira grâce à un ancien camarade de régiment avec qui il avait combattu au début de la guerre. Policier et hostile à l'Occupation, ce dernier l'a fait cacher dans un appartement de la préfecture de Paris, proche de Notre-Dame, avant d'organiser son départ pour le sud-ouest. Devenu officier, il continuera à agir dans la Résistance jusqu'à la Libération.
 
Mais après 1945, il ne tourne pas la page. Dès lors sa vie sera consacrée à écrire l'histoire qu'il vient de traverser. Nommé historien au Comité national du souvenir des fusillés du Mont-Valérien, il profitera de ce statut lui ouvrant de nombreuses portes pour aller chercher partout des éléments. En Allemagne, il suivra la piste de l'aumônier des prisons pendant l'Occupation Franz Stock, alias l'Archange des prisons. Un prêtre humaniste dont il cherchera le journal.
 
Arsène Tchakarian ne craindra jamais la polémique, comme avec l'avocat Serge Klarsfeld qu'il accusera de minorer le nombre des fusillés du Mont-Valérien. Ou encore dans son dernier ouvrage, quand il livre sa version de la chute du groupe Manouchian, accusant l'un de ses membres de trahison.
 
Quand nous quittons Arsène Tchakarian, quatre heures plus tard, l'heure du déjeuner est passée depuis longtemps, sans même qu'il s'en rende compte. Nous lui demandons s'il reste encore des choses à découvrir sur la période de la Résistance et sur le groupe Manouchian. Il nous désigne un carton d'archives : « Tous les éléments du prochain livre sont là.»
 
"Les commandos de l'Affiche rouge" d'Arsène Tchakarian

"Les commandos de l'Affiche rouge" d'Arsène Tchakarian

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:48

 

Monsieur le président, monsieur le ministre, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, la question du logement est aujourd’hui fondatrice et structurante : il s’agit de savoir dans quelle société nous voulons vivre.

Avoir un toit, est-ce encore un droit ? Telle est la question, quand on voit que vous considérez le logement comme un produit marchand, source de spéculation, de placements et de stratégies financières.

L’habitat, ce n’est pas simplement un produit pour promoteur ou une source de revenus pour ceux qui ont investi dans la pierre. De la qualité du logement, de sa taille, de sa configuration dans son environnement, de sa proximité avec les services publics en fonction de la mixité de l’espace dépendra, pour beaucoup, la qualité de vie de ses occupants.

Nous le savons tous : la suroccupation ou l’insalubrité des logements ont des conséquences directes sur les ménages, sur les enfants, notamment sur leur capacité à construire leur scolarité et sur leur épanouissement.

Ainsi, le logement et sa qualité ont un rôle fondamental pour l’aménagement du territoire de notre pays. Au-delà, parce qu’il a une incidence considérable sur l’épanouissement de chacune et de chacun, l’habitat joue un rôle fondamental dans le vivre en société, dans le faire ensemble.

C’est donc un texte à la hauteur des attentes de notre société que nous espérions. Or nous avons beaucoup reculé, qu’il s’agisse de la qualité du bâti ou de l’idée même de la préservation du patrimoine. En cinquante-six ans, nous sommes ainsi passés de l’exigence de la loi Malraux à la mise en place du loto Bern…

Sérieusement, monsieur le ministre, monsieur le secrétaire d’État, on frôle le ridicule, la caricature : celle d’un nouveau monde qui confond intérêt général et ambition pour l’avenir avec une gestion à la petite semaine en mode start-up branchouille ; celle d’un Gouvernement qui confond les coups de com’ à répétition avec l’exigence d’agir pour les décennies à venir.

Le projet de loi, dans la foulée de la loi de finances pour 2018, n’a qu’un prisme : réduire l’engagement public du secteur du logement. Avec ce énième désengagement, un pactole est en perspective pour les lobbies de l’immobilier, qui gagnent ici le droit de construire plus vite, moins bien et souvent plus cher ; le droit de s’affranchir de la loi MOP et des obligations d’accessibilité. Mais est-ce cela, votre nouveau monde ? En l’occurrence, on est plus dans un retour vintage au début du XXe siècle que dans la volonté d’appréhender les défis du XXIe siècle.

Par ce projet de loi, le Gouvernement mène une attaque en règle contre le modèle même du logement social. En effet, le logement social, dans notre pays, repose sur trois piliers : il s’agit d’un bien public, qui fait l’objet d’une cogestion avec les habitants, au plus près du territoire, par l’intermédiaire d’organismes d’HLM à taille humaine pilotés par les élus de ce territoire.

D’un revers de main, vous revenez sur tous ces fondements. Vous obligez à la vente en masse, y compris dans les communes carencées au titre de la loi SRU, vous obligez au regroupement des offices et vous évincez les représentants des locataires de ces nouvelles structures.

Toute l’histoire de la construction sociale est ainsi mise à mal, et les offices, qui sont très fortement fragilisés, doivent compenser la diminution des APL décidée par la dernière loi de finances à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Ces offices doivent également composer avec la quasi-suppression des aides à la pierre. Comment, demain, pourront-ils produire l’effort nécessaire pour répondre à la demande ?

Soyons clairs : la vente de logements sociaux aujourd’hui, c’est l’explosion du mal-logement demain. Ce sont des copropriétés dégradées et le patrimoine récent vendu au privé pour un plus grand retour sur investissement, notamment dans les zones les plus demandées. Or, jusqu’ici, personne n’avait osé soustraire ce patrimoine à la Nation : il s’agit là d’un bien commun financé par les subventions publiques.

Parallèlement, et dans la droite ligne des politiques de métropolisation menées depuis trente ans, tous les outils sont désormais soustraits de la main des maires, appelés à devenir de simples intendants des intercommunalités géantes. Sur ce point, nous nous félicitons du travail accompli par la commission pour redonner le pouvoir aux maires.

Avec votre projet de loi, les locataires, notamment du secteur HLM, sont dangereusement précarisés. Après avoir flexibilisé le droit du travail, vous flexibilisez le bail, par le bail mobilité. Toute volonté de régulation a été supprimée, notamment l’encadrement des loyers, ou encore la garantie universelle des loyers, qui s’est transformée en garantie spécifique VISALE.

Or tous les indicateurs sont au rouge. Le poids des dépenses de logement dans le budget des ménages continue de peser trop lourd, et la rente immobilière ne faiblit pas, avec des niveaux de loyers toujours trop élevés.

Pourtant – « en même temps », devrait-on dire –, ce gouvernement n’en finit plus d’économiser sur les aides au logement : apparemment, cet argent est plus utile pour financer les crédits d’impôt et autres niches fiscales sans même les évaluer, afin de conserver celles qui ont un effet levier et de supprimer les autres. Votre seul choix, c’est de retirer au logement public pour financer l’investissement privé sans souci des conséquences territoriales.

Bien sûr, nous regrettons que le passage en commission ait encore aggravé ce texte par une remise en cause inacceptable de la loi SRU, mettant au ban la nécessaire solidarité territoriale.

Enfin, dans ce projet de loi, on ne trouve rien sur les quartiers, malgré les propositions du plan Borloo ; rien sur les territoires ruraux et l’effort gigantesque à produire en termes de réhabilitation ; rien non plus sur les zones dites « détendues » ; rien sur l’impérieuse obligation qui est la nôtre d’apporter des solutions pour éviter des désertifications territoriales et une dégradation de l’existant ; rien sur la réimplantation de circuits courts de production de matières premières pour la construction, permettant de penser l’habitat de demain, de relever les défis environnementaux du secteur du bâtiment et de créer des emplois non délocalisables.

Alors, je le réaffirme ici fortement, nous considérons que nous avons plus que jamais besoin d’une politique publique du logement pour répondre aux besoins de nos concitoyens, des plus jeunes aux plus âgés. Ils sont près de 2 millions à attendre un logement social, près de 12 millions à souffrir d’une manière ou d’une autre du mal-logement. Pour eux, il n’y a aucun gâteau à partager : toutes les parts iront aux plus aisés, aux plus chanceux.

Par nos amendements, nous tenterons d’apporter des solutions et des pistes pour une politique du logement progressiste, humaniste, à l’inverse de votre logique de financiarisation et de privatisation de ce bien de première nécessité, de cet élément consubstantiel de la dignité qu’est le fait d’avoir un toit.

 

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:45

La France compte de nombreux déserts médicaux (8 % de la population y serait confrontée), c’est-à-dire des territoires où l’offre médicale est insuffisante pour répondre aux besoins. Vieillissement de la population et chronicisation des pathologies se cumulent avec des offres de soins lacunaires, inégalement répartis.

EN FINIR AVEC LES DESERT MEDICAUX (BARBARA FILHOL  - REVUE PCF : « CAUSE COMMUNE »)

En zone rurale, plus d’un habitant sur deux (56 %) est exclu des soins de santé essentiels selon l’Organisation internationale du travail (OIT) contre 22 % en région urbaine (pour rappel, 38 % de la population mondiale n’est pas protégée par un système d’assurance sociale). L’accès au soin est d’autant plus difficile dans les départements ruraux qui voient leur population décliner de décennie en décennie (Indre, Creuse, Cher, Cantal, etc.). Prendre un rendez-vous médical se fait alors soit dans le cas d’une visite de contrôle, soit pour un examen par un spécialiste. Dans ce dernier cas, le délai est souvent très long (jusqu’à un an pour un ophtalmologiste, dermatologue, gynécologue, etc.) ou nécessite de parcourir une cinquantaine de kilomètres vers le département voisin. Si on prend l’exemple de l’Aude, recourir à un cardiologue ou à un chirurgien nécessite d’aller à Perpignan, Montpellier ou Toulouse.

Une répartition inégale des spécialistes et généralistes, y compris intrarégionale
La moyenne nationale des médecins cache ainsi une répartition inégale des spécialistes et généralistes, y compris intrarégionale. Selon le conseil national de l’Ordre des médecins, en 2016 le Languedoc-Roussillon comptait par exemple 314 médecins pour 100 000 habitants (+ 2 % en neuf ans), alors que l’Aude en comptait 248 – 6 %. Par ailleurs, les médecins généralistes sont plus présents dans des zones à densité moyenne (le littoral, une partie du Minervois et des Corbières) que dans des zones à densité faible (à savoir tout le reste du département de l’Aude). Ce déséquilibre touche aussi des petites villes comme Narbonne où sur 40 généralistes, aucun n’exerce dans le quartier ouest qui compte pourtant 7 000 habitants.

« Si le nombre total de médecins n’a jamais été aussi important, le nombre de médecins généralistes continue de diminuer et leur répartition sur le territoire est de plus en plus inégale. »

Le phénomène s’explique par trois séries de raisons. Tout d’abord, les médecins prenant leur retraite éprouvent les plus grandes difficultés à trouver un successeur (d’autant plus avec le nombre toujours insuffisant d’étudiants du fait du numerus clausus). Les jeunes médecins tendent à privilégier des régions dynamiques, à l’instar de l’Île-de-France, Rhône-Alpes (plus que sa moitié auvergnate) ou encore la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ensuite, la déconcentration de la politique de santé au niveau des agences régionales de santé et l’application de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) se traduisent mécaniquement par des fermetures d’hôpitaux réputés coûteux ou peu performants au profit de grands établissements de santé en milieu urbain. Jusqu’aux premières lois de décentralisation en 1986, la médecine relevait conjointement des politiques de santé et d’aménagement du territoire. Aujourd’hui, avec une tendance du politique et de l’administratif à se spécialiser et à segmenter les grands dossiers de l’action publique, la médecine est passée tout naturellement sous le giron des seules politiques de santé, avec l’impératif de devenir rentable.

« Une juste répartition des ressources humaines sur le territoire suppose de prendre en considération les caractéristiques propres aux populations rurales, notamment du fort taux de pauvreté et du caractère informel du travail. »

Si le nombre total de médecins n’a jamais été aussi important, le nombre de médecins généralistes continue de diminuer et leur répartition sur le territoire est de plus en plus inégale. À cela s’ajoute la fermeture des hôpitaux de proximité qui aggrave la situation. De plus, le système de la médecine libérale, avec la liberté d’installation et la rémunération à l’acte, est arrivé en bout de course et ne permet pas de répondre aux besoins de la population et aux aspirations des jeunes médecins qui privilégient de plus en plus le salariat et les activités mixtes.

Nécessité d’un réseau de centres de santé rattachés aux hôpitaux de proximité 
La CGT propose de développer un réseau de centres de santé rattachés aux hôpitaux de proximité (avec notamment la médicalisation des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes [EHPAD]) avec des médecins et personnels salariés. Ces structures auraient la mission d’assurer la permanence des soins, ce qui éviterait un recours par défaut aux urgences par les patients qui ne trouvent pas d’autre solution. Une juste répartition des ressources humaines sur le territoire suppose de prendre en considération les caractéristiques propres aux populations rurales, notamment du fort taux de pauvreté et du caractère informel du travail. Ceci signifie passer de la charité aux droits, offrir aux personnels de santé des conditions de travail décentes qui améliorent leur productivité, et réduire les paiements directs des patients, via la fin des dépassements d’honoraires et la généralisation du tiers payant. Le développement des systèmes de santé et de protection sociale en est aussi une condition préalable. C’est une autre vision de la société où l’éducation et la création d’emplois décents font également partie des solutions pour réduire les inégalités d’accès à la santé. n

Barbara Filhol est secrétaire générale des EHPAD publics du Val-de-Marne. Elle est membre de la direction fédérale CGT Santé action sociale.

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:43

 

Alors que le gouvernement s’apprête à tailler dans les effectifs de Pôle emploi, les chiffres basculent dans le rouge.

La nouvelle tombe au plus mal pour l’exécutif. Alors que le pouvoir macronien n’a pas fini d’essuyer la tempête Benalla, les chiffres du deuxième trimestre 2018 publiés par le ministère du Travail enfoncent un peu plus le clou, faisant état d’une hausse du nombre des inscrits à Pôle emploi. Après deux trimestres de baisse relative, les chômeurs sans aucune activité (catégorie A, métropole et outre-mer compris) sont 6 700 de plus, soit une augmentation de 0,2 % sur le trimestre.

Sur un an, la baisse est de 1,1 %. 3,7 millions de personnes sont dans cette situation. Si on y ajoute les privés d’emploi ayant travaillé moins ou plus de 78 heures dans le mois, l’augmentation est également de 0,2 %, soit 10 800 inscrits en plus pour les catégories A, B et C, avec une hausse vertigineuse de 1,5 % sur un an pour un total de 5,9 millions de personnes concernées. Globalement, le constat reste inquiétant. Outre l’augmentation de la précarité, le chômage de longue durée (un an ou plus) continue d’exploser, de 1,6 % sur le trimestre. La flambée est même de 7,2 % sur an, soit 187 500 personnes de plus !

Pour l’exécutif, qui comptait sur une embellie afin de faire passer son plan de casse de Pôle emploi, on est loin du compte. C’est avec ces mauvais chiffres en main, en pleine période de ralentissement économique, avec une croissance autour de 0,2 % au premier trimestre, que le grand chambardement de l’opérateur public va être mené. Le rapport CAP 2022 qui a fuité la semaine passée préconisait notamment comme piste d’économies de « simplifier le fonctionnement du service public de l’emploi », en instaurant notamment des guichets uniques entre Pôle emploi, Cap emploi et les missions locales. Ce qui se traduirait, au passage, par des suppressions de postes.

Dans le même temps, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) réfléchit à une méthodologie permettant d’« indexer » les effectifs de Pôle emploi en fonction de la baisse du chômage, mesure qui devrait figurer dans la convention tripartite avec l’État et l’Unédic pour 2019-2021. Des projets dénoncés par les syndicats alors même que 297 temps plein ont déjà disparu cette année à Pôle emploi et que le nombre de chômeurs par conseiller est en hausse de 20 % en deux ans, selon la CFDT. Face à ces noirs desseins, la CGT estime que la mobilisation du personnel dans « l’unité la plus large s’impose » car « aucun agent n’est de trop à Pôle emploi ».

Cécile Rousseau

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