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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 06:17

 

Derrière les culottes et autres bas vendus 1 franc pièce à l’époque, la famille Ouaki, du nom du fondateur de la célèbre enseigne Tati, cachait quelques millions d’euros dans des paradis fiscaux.

Qui l’eût cru ? Quand, en 2015, éclate l’affaire des SwissLeaks, nom donné au vaste système de fraude et de blanchiment mis en place par l’établissement britannique HSBC par l’intermédiaire de sa filiale suisse, l’opinion publique découvre qu’entre novembre 2006 et mars 2007 plus de 180 milliards d’euros ont transité à Genève sur les comptes de 100 000 clients : des chefs d’État. Parmi eux, un certain Fabien Ouaki. Son nom ne parle pas au grand public. Il faut dire que l’homme ne fait partie d’aucun cénacle. Il n’en est pas moins le fils de Jules Ouaki, le fondateur de Tati, la célèbre enseigne au vichy rose, la friperie la plus connue de Barbès pour ses prix cassés.

Avec cette nouvelle affaire de paradis fiscaux où les plus fortunés engrangent discrètement des millions sans payer de taxes ni d’impôts, on découvre que l’héritier du groupe, à la tête de l’empire Tati de 1991 à 2004, date à laquelle il a été contraint de vendre, était titulaire de comptes offshore non déclarés. Fabien Ouaki livre au fisc sa version des faits : celle d’un compte caché, hérité de son père, assorti d’une « société artificielle à Panama ». Ce compte avait été créé dans les années 1950 au sein de la banque de l’ex-financier milliardaire Edmond Safra, rachetée ensuite par HSBC. Si Fabien Ouaki reconnaît avoir « fraudé », il affirme que les avoirs dissimulés (21,5 millions d’euros) ont été perdus dans des investissements aux États-Unis.

Il faut dire que le fils « Tati » n’a rien d’un gestionnaire modèle. Quand il reprend les rênes du groupe en 1991, après plusieurs années d’autogestion familiale, c’est un peu contraint et forcé. « Pour faire plaisir »à sa mère. Mais le fils n’a pas la « gnaque » de son père, Jules, décédé en 1982 et inventeur du concept révolutionnaire dans le commerce français de la fringue en vrac. Musicien de rock, fou de son écurie de pur-sang, Fabien Ouaki est plutôt du genre dilettante.

Si, au début des années 1990, les finances sont au vert, le PDG ne sent pas le vent tourner et, surtout, il ne prend pas la mesure de la concurrence de nouveaux discounters. Il se lance alors dans une diversification tous azimuts, en investissant dans des boutiques thématiques (Tati or, Tati voyages, Tati optic) et multiplie les ouvertures de magasins en province et à l’étranger. C’est un flop. Dès lors, les finances dévissent. Le 29 août 2003, l’entreprise se déclare en cessation de paiements. Colère des salariés. D’autant que Fabien Ouaki refuse de communiquer aux élus les comptes des deux principales holdings du groupe. Le premier, Cofited, contrôle Tati, Tati médias et Tati or. Il est lui-même contrôlé à 95 % par la Financière Tati, la société familiale qui chapeaute l’ensemble. « C’est Cofited, par exemple, qui porte les activités de Tati en Russie, pays où nous avons perdu beaucoup d’argent », expliquait alors à Libération Albert Hamoui, de la CFTC commerce. « Nous avons besoin de comprendre le fonctionnement des circuits d’argent à l’intérieur du groupe », s’inquiétait également Karl Ghazi, de la CGT commerce.

Faute de pouvoir redresser la situation, le groupe se résout à la reprise. En 2004, Vetura et Éram mettent la main sur l’enseigne pour moins de 15 millions d’euros. 300 salariés restent sur le carreau. Éram rachètera le tout en 2007, recentrant les activités en supprimant notamment les fameux bacs à fouille au profit de rayonnages plus classiques. La sauce ne prend pas. Et en 2017, Tati se trouve à nouveau en cessation de paiements. C’est finalement le groupe Gifi qui reprend l’affaire, conservant 1 428 des 1 700 emplois. C’était l’offre « la mieux-disante socialement », mais « il y a tout de même 300 licenciés »,regrettait la CGT il y a un an.

 

 

le guide touristique de la fraude.  - SAINT-CHRISTOPHE-ET-NIÉVÈS

Après les parachutes dorés, les passeports dorés.  Saint-Kitts-et-Nevis) se sont fait une spécialité de la vente de passeports ou certifi cats de résidence. Après l’abandon de la

culture de la canne à sucre, cette activité est devenue le secteur d’exportation le plus important du pays. Mis en place dans les années 1990, soutenu par le FMI, ce programme était censé attirer les capitaux étrangers et favoriser l’essor économique des îles. Concrètement, il permet à des personnes d’obtenir un passeport ou un visa, moyennant fi nance, via un investissement dans une entreprise locale, un achat immobilier ou un simple chèque. Une véritable opportunité pour les fraudeurs fi scaux !

Exemple : en achetant la citoyenneté auprès de la fédération, un Français peut ouvrir un compte en Suisse ou ailleurs sous sa nouvelle identité, sans que le fi sc français en soit informé. Récemment, l’Union européenne a retiré le pays de sa liste des paradis fi scaux, Bruxelles ayant estimé qu’il avait pris des engagements suffi sants pour améliorer la transparence fiscale. En attendant, le commerce des visas dorés reste un bien de luxe destiné non pas au 0,1 % le plus riche mais au 0,001 % !

Alexandra Chaignon

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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 06:16

 

Collectif
Signataires : Didier Le Reste (président), Aurélien Djament (vice-président), Laurent Russeil (secrétaire), Francis Portes (secrétaire adjoint), Vincent Jouillé (trésorier), membres du bureau de la Convergence nationale rail (CNR).

 

En 2003, pour les trafics internationaux et en 2006 pour les trafics intérieurs, les intégristes de l’ouverture à la concurrence expliquaient la main sur le cœur que celle-ci allait se traduire par une amélioration de la qualité de service, une augmentation des trafics et une baisse des coûts d’exploitation. Force est de constater qu’ils refusent toujours de faire un bilan objectif, et pour cause. En 2000, la part modale du fret ferroviaire dans le marché des transports en France était de 20,6 %. En 2016, le rail transporte moins de 10 % de marchandises (3 % en Île-de-France). Depuis 2009, 8 000 emplois de cheminots ont été supprimés, plus de 400 gares de fret ont été fermées, sur 21 grands triages, il n’en reste plus que 3 en activité, qui triaient avant 2 000 wagons par jour, aujourd’hui entre 500 et 1 000 par semaine !

Cette stratégie de casse planifiée, délibérée de l’appareil de production a conduit à mettre plus de 1 million de camions chaque année sur les routes alors qu’on annonce un doublement des camions sur ces mêmes routes d’ici à 2050. Le transport routier est hyperdominant, responsable de 27 % des émissions de gaz à effet de serre, qui tuent prématurément 48 000 personnes chaque année en France ! Rappelons que les accidents corporels liés à la route représentent pour la collectivité 37 milliards d’euros par an et la congestion des routes occasionne un coût de 20 milliards d’euros chaque année. 35,9 milliards d’euros, c’est le coût annuel de l’entretien, de la régénération et des travaux sur les routes à la charge des contribuables. Le coût de la route est énorme pour la collectivité !

De reniements en abandons : où sont passés les objectifs du Grenelle de l’environnement de 2009 et de 2010 (25 % de marchandises transportées par rail et voie fluviale d’ici à 2022 !) ? Quid de nos engagements internationaux (COP) de lutter contre le réchauffement climatique en réduisant l’impact des émetteurs de pollutions (transport routier…) ! ? Le rail public, son activité de transport de marchandises pâtissent de l’abandon de l’État de son rôle de stratège, de la mainmise de la technostructure et des lobbys routiers et pétroliers !

Face à l’enjeu de société que cela représente, dans aucun pays, le chemin de fer, ses activités voyageurs et fret ne fonctionnent ni ne se développent sans financements publics. Ainsi, la France est le seul pays européen où le transport de marchandises par rail a considérablement baissé ces dernières années au moment où, en Suisse, le train capte 40 % du transport de marchandises !

Pour Macron, le gouvernement et Pepy, l’avenir du rail, c’est la route ! Pour la Convergence nationale rail (CNR), cette stratégie de casse doit être stoppée ainsi que la logique comptable car, en poursuivant le démantèlement de l’appareil industriel de production, on ne pourra pas engager le report modal du transport de marchandises de la route vers le rail. Pis, si on n’arrête pas cette spirale de déclin, dans quelques années la SNCF ne sera plus en capacité de transporter des marchandises par train. C’est peut-être d’ailleurs l’objectif que se fixent Macron et son gouvernement.

La CNR considère que la production peut et doit être améliorée, fiabilisée dans des organisations adaptées aux besoins des chargeurs (embranchements particuliers…), en lien avec les attentes du tissu économique et industriel des territoires. D’où la relance de la technique dite du « wagon isolé » (trafic diffus) permettant à des chargeurs (entreprises) de confier leurs marchandises à la SNCF. Cela passe par des investissements dans l’appareil de production (infrastructures, chantiers fret, triages, wagons, locomotives…) et la mise en place de moyens humains en qualité et en quantité.

Le ferroutage (camions sur les trains) doit être relancé ainsi que l’interaction entre les ports maritimes et le rail. Tous les grands ports en Europe s’appuient sur le rail pour se développer. La France possède une façade maritime exceptionnelle qui doit permettre de nouer des coopérations entre entreprises publiques des grands ports maritimes et la SNCF.

Le transport de marchandises par train constitue un ensemble logistique complexe de l’expéditeur au destinataire final.

Il faut donc raisonner en système de transport et considérer le ferroviaire comme un segment d’une chaîne multimodale. Pour la CNR, l’irrigation du territoire par le rail constitue un enjeu majeur dans les politiques publiques d’aménagement et de cohérence territoriale. C’est pourquoi le transport de marchandises par train, qui relève de l’intérêt général, doit être géré par les principes du service public et doit bénéficier d’un plan d’investissement public, d’un rééquilibrage vis-à-vis de la politique de concurrence « libre et complètement faussée » en faveur de la route.

La CNR appelle ses collectifs, ses comités, ses adhérent-e-s à créer sur les territoires, en lien avec d’autres forces progressistes, les conditions d’un rapport de forces apte à mettre en échec les politiques de dépeçage du bien public impulsées par Macron, son gouvernement et la direction de la SNCF et à imposer d’autres orientations tournées vers l’intérêt général.

Signataires : Didier Le Reste (président), Aurélien Djament (vice-président), Laurent Russeil (secrétaire), Francis Portes (secrétaire adjoint), Vincent Jouillé (trésorier), membres du bureau de la Convergence nationale rail (CNR).

Dans le prolongement de l’annonce, le 16 avril, du gouvernement de filialiser à terme (antichambre de la privatisation ou de l’abandon pur et simple) le transport de marchandises de la SNCF (fret), et au moment où les cheminots luttent pour défendre l’intérêt général, la direction a dernièrement informé qu’elle allait de nouveau supprimer des emplois dans cette activité à hauteur de 700 unités d’ici à 2020. Guillaume Pepy et le gouvernement sonnent ainsi l’hallali ou comment faire maigrir le malade avant de le tuer !

 

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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 06:15

 

Depuis une semaine, une étude fait polémique. Après avoir publié des données, preuves pour LaREM d’une ingérence russe dans la médiatisation du scandale, l’association est accusée d’avoir opéré un « fichage politique » sur Twitter.

Qu’il semble loin le temps où le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux disait se « réjouir que toute la transparence soit faite ». Son soulagement remonte à une semaine, alors que circule l’hypothèse d’une manipulation de l’affaire Benalla sur le réseau social Twitter. L’origine ? Les prémices d’une étude, menée par l’association EU Disinfo Lab basée à Bruxelles, qui a pour objectif affiché depuis 2017 de lutter contre la désinformation. Ses données brutes, sorties de l’ombre par l’AFP le 3 août afin d’analyser le retentissement de l’affaire Benalla sur Twitter, montraient que 4 millions de tweets avaient été publiés par quelque 250 000 personnes. Mais surtout que « 1 % des comptes ont publié 44 % du contenu », dont une partie serait, poursuit l’association, « pro-Mélenchon », « pro-Rassemblement national (ex-FN – NDLR) » ou « russophiles », du fait de relais d’articles de RT France ou Sputnik. Des comptes parfois « à pseudonymes ou automatisés », est-il noté.

Une dizaine de personnes ont déjà saisi la Cnil

Le tollé avait été immédiat tant l’étude revenait à démontrer, in fine, que le scandale Benalla était monté de toutes pièces, et à évacuer l’origine même de l’emballement sur Internet, soit une enquête du Monde, puis des révélations journalistiques en chaîne. Plus tard, les chercheurs ont publié les conclusions de l’étude où l’influence de comptes « russophiles » a disparu, laissant place à des données recensées dans trois fichiers. Tout ceci dans un « souci de transparence », après les critiques acerbes sur la méthodologie de l’association, selon Nicolas Vanderbiest, l’un de ses fondateurs. Problème : l’un des fichiers – inaccessible depuis – recense chaque profil qui a pu tweeter ou retweeter des éléments concernant l’affaire Benalla, sans aucune anonymisation et par orientation politique. Parmi eux, des militants mais aussi des parlementaires – Fabien Gay, Éric Ciotti, Jean-Luc Mélenchon… – et des journalistes. Pour le PCF, ce document a tout d’un « fichage politique totalement illégal », pour lequel le parti demande des « investigations poussées diligentées par les autorités françaises ».

Une dizaine de personnes ont déjà saisi la Commission nationale informatique et libertés (Cnil). « La collecte et le traitement de données à caractère personnel sont soumis au RGPD (règlement général sur la protection des données) (…). L’ONG à l’origine de l’étude étant située en Belgique, la Cnil instruira les plaintes dont elle a été saisie dans le cadre de la coopération européenne instaurée par le RGPD », a répondu la commission. Pour l’association de défense des libertés numériques la Quadrature du Net, cette pratique va en effet à l’encontre de l’article 6 du règlement européen : « Publier des données personnelles sans consentement est toujours illicite, si ce n’est nécessaire à aucun objectif. » Jusqu’à cet épisode, les premières conclusions de l’étude ont été récupérées par la majorité LaREM, déjà prompte à défendre l’idée que l’affaire n’intéresse « que dans le microcosme parisien », alors même que les audiences des chaînes parlementaires ont explosé et que les sondages indiquent le contraire. Le parti de la « droite constructive », Agir, a même interpellé Philippe Bas, président LR de la commission d’enquête du Sénat, sur cette « manipulation attribuée aux comptes russophiles sur Twitter pour déstabiliser l’exécutif français ». EU Disinfo Lab, qui dit lutter contre la manipulation de l’information, a exprimé sa surprise face à « la médiatisation » de son travail, « son détournement et sa récupération politique ». L’arroseur arrosé ? Reste que l’indépendance politique affichée par cette « ONG » semble bancale. « Financée exclusivement par Twitter à hauteur de 100 000 euros », selon Arrêt sur images, elle compte parmi ses partenaires rien de moins que l’Union européenne, envisagée comme futur financeur, et le think tank américain Atlantic Council. De plus, les membres de l’équipe de chercheurs composent l’organigramme du cabinet de conseil bruxellois Saper Vedere, qui propose ses expertises aux ONG, entreprises privées et institutions.

Audrey Loussouarn

 

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 09:00
Fête de l'Humanité Bretagne à Lanester le 1er et 2 décembre 2018 : demandez l'affiche artistique !

Une fête de l'Huma peut en cacher une autre... 

Encore un beau programme artistique et musical pour la fête de l'Huma Bretagne 2018 des 1er et 2 décembre au parc des expositions de Lorient, qui suit de 2 mois et demi la fête de l'Humanité de La Courneuve. 

A suivre aussi, en dehors des nombreux débats organisés sur la situation politique et sociale, la culture, la gauche, la présence de Ian Brossat, tête de file des communistes pour les élections européennes de mai 2019 

Ian Brossat sera présent et interviendra à la fête de l'Humanité Bretagne 2018 les 1er et 2 décembre

Ian Brossat sera présent et interviendra à la fête de l'Humanité Bretagne 2018 les 1er et 2 décembre

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 08:44
Les communistes vendent la vignette et présentent le programme de la fête de l'Huma aux Jeudi du port à Brest le jeudi 16 août
Les communistes vendent la vignette et présentent le programme de la fête de l'Huma aux Jeudi du port à Brest le jeudi 16 août
Les communistes seront présents au jeudi du port du 16 août à Brest.
Rendez vous pour tous ceux qui peuvent venir de 18h30 à19h30 à l'entrée côté ville:
 
Distribution de flyers fête de l'Huma et vente de vignettes . 
Jeudi du Port à Brest - photo Ouest-France

Jeudi du Port à Brest - photo Ouest-France

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 07:50
Une mystérieuse réduction massive des jeunes non affectés: Parcoursup: le gouvernement a-t-il faussé le décompte? (L'Express, 14 août) - réaction de Ian Brossat

En quelques heures, le nombre de candidats en attente est miraculeusement passé de 90 000 à 16 000. 
Quand on échoue à faire baisser la fièvre, on casse le thermomètre. 
Ou comment masquer le crash industriel de Parcoursup. 
Quand on sait à quel point les familles des classes populaires et des couches moyennes comptent sur l'université pour assurer la réussite de leurs enfants, quel gâchis ! ⬇️

Lire aussi: 

Parcoursup: plus de 66 000 candidats encore sans affectation (Le Monde et Le Parisien, 9 août 2018)

 

Le PCF Finistère avec le Mouvement des Jeunes Communistes Bretagne organise un débat à Paris le samedi 15 septembre à 15h sur "Parcoursup et les inégalités des jeunes face à l'enseignement supérieur" à l'espace Bretagne de la Fête de l'Humanité.    

Une mystérieuse réduction massive des jeunes non affectés: Parcoursup: le gouvernement a-t-il faussé le décompte? (L'Express, 14 août) - réaction de Ian Brossat

Ils ne seraient plus que 16 100 étudiants à rechercher une place pour la rentrée. Contre 90 000 il y a peu. Explications.

A deux semaines seulement de la rentrée, 16 100 candidats seraient toujours à la recherche d'une affectation, contre près de 60 000 à la même période l'an dernier. Un bond impressionnant, survenu entre le 22 et le 23 juillet dernier, lorsque le nombre de personnes en recherche d'affectation dans l'enseignement supérieur est subitement passé de près de 90 000 à 18 390. Comment en est-on arrivé à une amélioration si soudaine du dispositif Parcoursup ? 

Invitée au micro de RTL lundi matin, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a détaillé ces chiffres. "Il y a 16 000 jeunes qui sont en recherche active et 50 000 que nous cherchons à contacter et qui pour le moment ne répondent pas à nos sollicitations." Depuis le 23 juillet, ces derniers sont donc isolés des autres dans le tableau de bord présentant, chaque jour, les statistiques de la plateforme. Cette distinction explique le bond opéré, mais elle ne permet pas de savoir qui sont exactement ces "candidats inactifs". Il ne s'agit ni des jeunes accompagnés par les commissions rectorales mises en place, ni de ceux ayant formulé de nouveaux voeux lors de l'ouverture de la procédure complémentaire le 26 juin dernier, ni encore de ceux ayant quitté la procédure. Qui sont-ils alors ? 

Vraiment inactifs ?
 

"On les considère comme inactifs puisqu'on sait que les jeunes peuvent avoir d'autres projets, s'être inscrits et ne plus être en recherche active", a tenté d'expliquer la ministre Frédérique Vidal à l'antenne de RTL. Mais pour Guillaume Ouattara, étudiant-ingénieur à l'UTC de Compiègne, qui a décrypté l'algorithme de la plateforme, cette division entre candidats actifs et inactifs ne tient pas. "Pour être considéré comme actif, il faut avoir formulé des voeux lors de la procédure complémentaire ou avoir pris contact avec la commission rectorale. Or, certains ne savent même pas qu'ils peuvent contacter leur rectorat. Ou n'ont pas non plus trouvé de formations qui leur convenaient en procédure complémentaire. Pourtant, ils se connectent chaque jour pour voir si la situation a évolué." 

Frédérique Vidal et Jérôme Teillard, chef du projet Parcoursup au ministère, assurent les avoir contactés, en vain. "Chaque année, nous connaissons cette déperdition. Nous demandons aux élèves de se manifester s'ils cherchent réellement une place dans l'enseignement supérieur. Nous leur avons envoyé différents messages sur la plateforme", insiste le ministère. Mais Guillaume Ouattara en doute. "Les élèves avec qui j'échange n'ont pas tous reçu de coup de fil ou de message." Quant aux relances restées lettres mortes qu'évoque la ministre ? "Difficile de croire que 50 000 candidats peuvent cesser de répondre du jour au lendemain, sans explication." Selon le jeune ingénieur, "il y a bien 66 000 étudiants en attente, et non 16 000 comme le dit le ministère". Il soupçonne la mise en place de ces nouvelles catégories pour, en apparence, diminuer le nombre de candidats toujours sans affectation. En somme, plutôt que de faire baisser la fièvre, l'exécutif aurait choisi de casser le thermomètre. Ce que le ministère assume auprès de L'Express : il ne s'agit pas selon lui d'une manipulation mais d'une volonté de se montrer "transparent". 

Un choix par dépit
 

Si les chiffres semblent donc bien plus proches de ceux de l'an dernier, une différence persiste cependant. Mais celle-ci n'est pas quantifiable : il s'agit du ressenti des jeunes, bien plus frustrés qu'au temps de l'ex-dispositif APB, si l'on en croit certains témoignages. "Avant, la procédure se faisait en trois phases distinctes. Dès le 19 juillet, les candidats étaient fixés sur leur sort grâce à la hiérarchisation des voeux, rappelle Guillaume Ouattara. Mais, puisque aujourd'hui cette hiérarchie n'existe plus, c'est aux candidats eux-mêmes de prendre la responsabilité d'attendre ou de trouver une autre formation." 

Dans le doute, certains s'accrochent à des places, pour ne pas passer à côté d'une meilleure opportunité, créant ainsi des embouteillages de moins en moins résorbable à mesure qu'approche la rentrée. D'autres fois, ils cèdent, comme David, toujours en attente d'une réponse des écoles qu'il espérait intégrer. Il a décidé de postuler ailleurs, par dépit. "J'ai une réponse positive, dans la mesure où j'ai émis un nouveau voeu, en procédure complémentaire, dans un établissement où il restait de la place. Mais ce n'est pas dans la filière que j'avais initialement demandée." Angoissé à l'idée de ne pas disposer d'un logement à la rentrée, le jeune homme a déjà signé le bail d'un appartement proche de l'établissement qu'il intègrera dans quelques jours.  

Des voeux disparus

David pense abandonner ses autres voeux, en attente, sur la plateforme. Une initiative qui ne tient plus qu'à lui, contrairement au cas de Louis Boyard, président de l'Union national lycéenne, dont tous les souhaits d'orientation ont disparu la semaine dernière. Une surprise pour le jeune bachelier. "J'étais à un séminaire international, avec d'autres syndicats, organisé dans un camping en Italie. Il y a eu une tempête, donc il n'y avait plus d'électricité pendant trois jours", raconte-t-il. "Lorsque j'ai rallumé mon téléphone, tous mes voeux avaient été annulés car je n'avais pas répondu à temps à une proposition [le délai pour répondre est désormais de deux jours, ndlr]. Considéré comme inactif, on m'avait purement et simplement exclu de la plateforme." 

La situation s'arrange finalement, "grâce à mon père, qui a appelé à ma place puisque le numéro vert est injoignable depuis l'étranger". Mais la colère est toujours là. "Il n'est possible de demander à être réintégré que dans les cinq jours, et une seule fois. Je le sais, parce que j'ai été conseillé sur Twitter, mais rien ne m'indiquait sur le site que c'était possible." En prime, le père de Louis s'est vu sermonné par son interlocutrice car, lui a-t-on expliqué, "c'est irresponsable de laisser partir son fils à l'étranger pendant la procédure". "C'est une façon de culpabiliser les jeunes, de les tenir responsable de leur éviction. Mais aussi de libérer dix places d'un coup, si l'exclusion est effective, chaque candidat ayant droit à dix voeux." 

Pour ce syndicaliste originaire de banlieue, qui aimerait intégrer une faculté parisienne, "dire qu'il y a 50 000 lycéens inactifs est mensonger". Le risque, selon lui, si rien n'est fait : "Se retrouver avec des dizaines de milliers de jeunes qui vont purement et simplement commencer à chercher du travail." Il ne croit pas si bien dire. 

De plus en plus de candidats, las d'attendre qu'une place se libère, ont baissé les bras. C'est le cas de Nathan, 4e et 9e sur liste d'attente pour une place en BTS audiovisuel. Et 196e pour 14 places en BTS photographie. Contrairement à ce qu'affirme le ministère, qui dit relancer les élèves en rade, Nathan explique n'avoir eu aucune nouvelle de la commission rectorale depuis début juillet. "C'est plutôt moi qui les relance, mais je me prends des vents", souffle-t-il. La procédure complémentaire ne lui réussit pas non plus. "Les formations ne sont pas ouvertes aux candidats avec mon profil, à savoir un bac pro."  

Résigné, et sans autre possibilité, Nathan multiplie les envois de CV pour travailler dans les grandes surfaces et les fast-foods du coin. Et rejoindre, à défaut de n'avoir pu intégrer le corps étudiant, une toute autre catégorie d'actifs à la rentrée. Ou d'inactifs... 

Des places libérées à la rentrée

Parmi les 66 000 jeunes toujours en attente d'une place dans l'enseignement supérieur, des milliers devraient se tourner vers l'enseignement privé à la rentrée. L'an dernier, 475 000 étudiants faisaient ce choix. Dans le même temps, d'autres étudiants, inscrits dans les universités, feront faux bond en septembre. "C'est l'habituel turn-over de la rentrée", indique le ministère, qui comptabilise chaque début d'année scolaire une défection de l'ordre de 10 %. Ces deux éléments devront permettre de réinjecter des places dans "la machine", tandis que les premiers sélectionnés rejoindront les bancs des facultés. 

 

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 07:41

En 2017, le nom de la rock star irlandaise est apparu dans un des circuits d’évasion fiscale dévoilés par les Paradise Papers. Ce n’était pas une première pour le héraut des bonnes causes, adepte avec son groupe de l’évitement de l’impôt.

D’un côté, il y a les tournées officielles de U2. Après avoir parcouru les États-Unis, leur dernière en date sillonne le Vieux Continent à partir de fin août. Et puis, il y a les circuits non officiels. Ceux de leurs sous qui passent par des destinations où les quatre gens de Dublin ne se produiront sans doute jamais : Malte, Guernesey, la Lituanie… C’est ce qu’ont dévoilé les Paradise Papers en novembre 2017. Le quotidien britannique The Guardian et le site lituanien 15 min ont relevé le nom de Paul Hewson dans les documents consacrés à une société maltaise, Nude Estates, propriétaire d’un centre commercial à 60 kilomètres de Vilnius. Le patronyme de naissance de Bono apparaît parmi ceux des investisseurs qui ont financé l’acquisition, via des montages financiers optimisés.

Malte est en effet très accueillante pour les étrangers en quête de placements rentables : les plus-values n’y sont imposées qu’à 5 %. En l’occurrence, Nude Estates a acheté en 2007 ce centre commercial contre 5,8 millions d’euros, via une société du même nom créée dans le pays balte. En 2012, le titre de propriété est transféré à une troisième structure, Nude Estates 1, celle-ci enregistrée à Guernesey, où les profits réalisés par les compagnies qui y sont enregistrées ne sont là non plus pas taxés. Placée sur le gril du fisc lituanien après ces révélations, Nude Estates a versé, début 2018, 34 000 euros d’impôt sur le revenu et 19 000 euros d’amende, afin d’éteindre les poursuites.

À l’époque, Bono avait fait valoir qu’il n’était qu’un investisseur « passif » et « minoritaire » dans ce montage. Soulignant qu’il effectuait toujours ses investissements en son nom, et non sous couvert de sociétés-écrans, il avait « salué » la publication de ces révélations. « J’ai milité pour que les propriétaires de sociétés offshore soient rendus publics. (…) Il devrait y avoir des registres publics pour que la presse et le public puissent voir ce que les gouvernements, comme Guernesey, savent déjà. »

Mais ce couplet sonne faux, alors que le chanteur aux multiples causes humanitaires s’est déjà fait prendre la main dans le pot de l’optimisation fiscale. Avant cet épisode, il y eut en 2006 la migration d’Irlande vers les Pays-Bas de U2 Limited, le fonds gestionnaire des bénéfices récoltés via la vente de leurs albums et leurs concerts. Avant 2006, le groupe, comme les autres artistes domiciliés en Eire, bénéficiait d’une ristourne fiscale pour ce genre de revenus. Mais Dublin a eu la fâcheuse idée d’adjoindre un plafond à cette niche fiscale. La bande à Bono a alors envoyé U2 Limited aux Pays-Bas, où l’y attendait un système plus accueillant. Celui-ci permet à toute société de droit néerlandais d’y faire remonter les bénéfices générés par des activités effectuées dans d’autres pays sous forme de versements de royalties et droits de licence. Cette pompe à bénéfices, taxée symboliquement par les Néerlandais, réalise en plus le prodige d’annuler toute taxation ailleurs.

Selon Billboard, l’étape américaine du « Joshua Tree tour 2017 » a engrangé 46,4 millions d’euros. On comprend mieux le tropisme de Bono and Co pour Amsterdam. En 2006, une banderole « Payez vous aussi vos impôts » avait été hissée lors d’un concert. Bono avait répliqué en déclarant « payer une fortune en taxe et être content de le faire. Mais ça ne veut pas dire que, puisque vous êtes bon en philanthropie (…), les gens pensent qu’on devrait être stupide en affaires ». Et Bono s’y connaît en bonnes affaires. En 2009, Elevation Partners, fonds dont il est l’un des fondateurs, avait pris 2,4 % dans un réseau social naissant… Facebook, autre spécialiste de l’optimisation fiscale.

 

Le guide touristique de la fraude - Pays-Bas

 

Quatre-vingt-onze des cent plus grandes multinationales mondiales ont au moins une filiale stratégique aux Pays-Bas. Si elles en profitent pour y déposer leurs brevets et revenus liés à la propriété intellectuelle, exemptés d’impôts, le pays sert avant tout de plaque tournante financière. Les Pays-Bas sont le premier récepteur et émetteur au monde d’investissements directs à l’étranger, autrement dit d’achats et de ventes de titres d’entreprise. On ne parle pas ici d’investissement productif, mais bien d’internationalisation des firmes à but d’optimisation fiscale. Les Pays-Bas ne sont pas directement un paradis fiscal, mais plutôt une gigantesque pompe financière : ils absorbent les milliards des multinationales, et les rejettent, quasiment sans frais,  dans les Antilles néerlandaises, avec lesquelles le pays a de très avantageux accords – empêchant notamment la double imposition – et où les taux d’imposition se situent entre 0 % et 5 %. Cette stratégie bien connue s’appelle le « sandwich hollandais ». 8 000 milliards d’euros de flux financiers transitent ainsi chaque année par les Pays-Bas en toute impunité, puisque l’administration néerlandaise se révèle incapable de contrôler plus de quelques dizaines de transactions.

Stéphane Guérard

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 07:40

 

Un député de l’opposition, arrêté, a admis sa culpabilité dans la tentative d’attentat contre le président Nicolas Maduro.

Dans une belle et habituelle unanimité, les grands médias internationaux continuent à mettre en doute la tentative d’attentat perpétrée contre le président vénézuélien, Nicolas Maduro, le 4 août. Ainsi l’Agence France Presse (AFP) n’écrit-elle le mot attentat qu’entre guillemets, laissant ainsi penser qu’il s’agit de faits montés de toutes pièces par le gouvernement de Caracas. En cela, elle suit l’opposant vénézuélien en exil Julio Borges, ancien président du Parlement, qui a qualifié de « farce » cette tentative d’assassinat.

Nicolas Maduro a accusé l’opposition vénézuélienne et l’ex-président colombien Juan Manuel Santos d’être derrière cette attaque fomentée avec des fonds provenant des États-Unis. Un mystérieux groupe qui serait composé de civils et de militaires a pourtant revendiqué l’action dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux qui stigmatise « le système éducatif (qui) n’enseigne plus rien et ne fait qu’endoctriner avec le communisme ». Un texte signé du Mouvement national des soldats en chemise, dont on ne sait si celle-ci est noire.

19 PERSONNES « DIRECTEMENT LIÉES » À CET ATTENTAT

Selon le procureur, 19 personnes au total sont « directement liées » à cet attentat qui, selon le gouvernement, a été organisé depuis une ferme de Chinacota, en Colombie, par des personnes qui ont reçu pour cela 50 millions de dollars. Parmi les personnes incarcérées, le député de l’opposition Juan Requesens, du parti Primero Justicia (la Justice d’abord), fondé par Julio Borges, qui a admis sa culpabilité. « Il y a plusieurs semaines, j’ai été contacté par Julio Borges qui m’a demandé de faire passer une personne du Venezuela vers la Colombie. Il s’agit de Juan Monasterios », un des auteurs présumés de l’attaque, a-t-il déclaré. Monasterios est un militaire vénézuélien à la retraite qui a admis avoir participé à l’attentat.

La vidéo a été présentée par le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez. Il a annoncé avoir demandé à Interpol de délivrer une « notice rouge » – message d’alerte de demande d’arrestation adressé à ses États membres – contre Borges, exilé en Colombie. « La demande s’étend à d’autres personnes résidant en Colombie et aux États-Unis », a-t-il précisé, ajoutant : « Je mets au défi ­Julio Borges de démentir » l’aveu de Juan Requesens, dont l’immunité parlementaire a été retirée par décision de l’Assemblée constituante.

DES « CELLULES TERRORISTES » SERAIENT BASÉES EN FLORIDE

Vendredi, les députés de l’opposition et des dizaines de personnes ont défilé jusqu’au siège de l’Organisation des États américains (OEA) à Caracas, pour demander la libération de Juan Requesens et que le mandat d’arrêt délivré contre Borges ne soit pas reconnu par la communauté internationale.

Fort du soutien que lui a réaffirmé l’armée, Nicolas Maduro a dénoncé l’activité de « cellules terroristes » basées en Floride, coordonnées par Osman Delgado Tabosky qui aurait financé l’attaque, et a suggéré à Washington de coopérer à l’enquête. En réalité, les États-Unis cherchent, par tous les moyens, à renverser le gouvernement en place à Caracas et poussent leurs alliés régionaux à faire de même. La tentative d’attentat participe de cette atmosphère, ajoutée à une campagne sur une supposée violation des droits de l’homme et une asphyxie économique du Venezuela. Un scénario utilisé maintes fois ces dernières décennies par les États-Unis pour justifier leur intervention (militaire ou non), comme actuellement vis-à-vis de l’Iran, et changer les régimes en place, coupables de n’être pas dociles et de ne pas s’offrir au souteneur américain. 

Pierre Barbancey

 

 

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 07:38

Alors que la canicule persiste en France et que des incendies ont fait de gros dégâts en Suède, en Grèce et continuent de s’étendre en Californie, le ministre de la Transition écologique et solidaire s’est exprimé hier dans le Journal Du Dimanche (JDD). Un entretien dans lequel abondent les contradictions, tant la politique du gouvernement dont il est membre alimente au quotidien le processus de réchauffement climatique.

« Il faut une union sacrée sur le climat», titre le JDD en mettant en exergue cette phrase prononcée par Nicolas Hulot. Ce dernier dit aussi que « nous assistons en spectateurs avertis à la gestation d’une des plus grandes tragédies de l’humanité. Les objectifs que nous nous sommes fixés aux niveaux national et international nous imposent de changer de modèle (…). Ressaisissons-nous pendant qu’il est temps », ajoute le ministre.

Mais la politique du gouvernement auquel participe Nicolas Hulot permet-elle ce ressaisissement ? Après avoir indiqué que le réchauffement climatique est « la conséquence de nos inconséquences », Nicolas Hulot tente de répondre par l’affirmative en posant cette question : « Mais a-t-on réellement besoin d’avoir le choix entre un réfrigérateur produit en Asie et un autre en France ? Il nous faut relocaliser une partie de l’économie». 

Nicolas Hulot a raison de poser ce genre de question. Mais, pour mieux dénoncer une « inconséquence » connue de tous, il aurait pu prendre l’exemple des lave-linge de la firme américaine Whirlpool. Ils étaient produits dans l’usine d’Amiens. Leur transfert en Pologne a été annoncé par la firme sous le quinquennat de François Hollande et ils ont été délocalisés à la fin du printemps de cette année. On a cassé une usine en bon état de marche en France pour construire la même en Pologne. Comme le coulage d’une tonne béton émet 900 kilos de CO2, ce transfert augmente en amont le bilan carbone de la production délocalisée. Ensuite, l’électricité qui alimente l’usine polonaise de Whirlpool provient du charbon à 80%. Elle est donc fortement émettrice de CO2 ce qui augmente encore le bilan carbone de chaque lave-linge dont la fabrication a été transférée de Picardie en Europe centrale pour augmenter de taux de profit de Whirlpool grâce à des salaires trois fois plus bas qu’en France . Comme les trois quarts de ces lave-linge sont vendus en Europe de l’Ouest, ils sont ensuite transportés en camion sur des milliers de kilomètres avant d’être livrés aux acheteurs. Là encore le bilan carbone est aussi désastreux que celui d’un réfrigérateur fabriqué en Asie. N’oublions pas que le candidat Macron, natif d’Amiens, est allé dire aux salariés picards de Whirlpool, qu’il acceptait cette délocalisation industrielle. C’était entre les deux tours de l’élection présidentielle qui l’opposait à Marine Le Pen.

Ajoutons que Whirlpool n’est qu’un mauvais exemple parmi des milliers d’autres. Selon l’INSEE, la France a perdu 530.000 emplois industriels entre 2006 et 2015 pour cause de délocalisation dans des pays à bas coûts de main d’œuvre, souvent à l’intérieur de l’Union européenne. Dans la seule industrie du pneu, la France a vu fermer plusieurs usines avec la perte de 11.700 emplois durant ces dix années (1).

 

Des véhicules électriques pour tout le monde ?

Dans cet entretien au JDD, Nicolas Hulot affirme « Depuis mon entrée au gouvernement, nous avons renégocié les appels d’offres des six champs d’éoliennes offshore pour en construire plus sans dépenser plus. J’ai donné un cap pour que l’industrie automobile propose, dans un délai très court, des véhicules électriques à tout le monde ». 

En dépit de cet appel d’offre renégocié, il se passera beaucoup de temps avant que l’éolien, terrestre et offshore, atteigne seulement le quart de notre production électrique contre moins de 5% en 2018. Il faudra aussi beaucoup de cuivre et de matériaux issus des terres rares pour fabriquer ces éoliennes et les batteries des voitures électriques destinées « à tout le monde », comme le propose Nicolas Hulot. N’oublions pas que le ministre de la Transition énergétique et solidaire reprend à son compte le passage le plus rapide possible à seulement 50% d’énergie électrique produite par les centrales nucléaires, même s’il a admis que cela ne lui semblait pas possible en 2025 comme le promettait François Hollande. Le nucléaire n’émet pas de CO2, tout comme les énergies renouvelables. Mais ces dernières sont intermittentes quand elles dépendent du vent ou du soleil. Sachant cela, force est de constater que réduire rapidement la part du nucléaire dans notre mix énergétique se traduira par une relance des centrales au gaz et au fioul, et pas seulement lors des pics de consommation.

 

En attendant de lancer en grand la production de voitures électriques pour permettre « à tout le monde » d’en acheter une ou plusieurs, Nicolas Hulot a pris des mesures incitatives, sous forme de primes, pour retirer de la circulation des véhicules diesel au profit des véhicules à essence . Si le recul du nombre de nombre de kilomètres effectués chaque jour par des voitures diesel limite les émissions de particules fines, il n’en va pas de même pour le CO2. Car les véhicules à essence, plus gourmands en carburant, en émettent plus de les voitures diesel. Ajoutons que beaucoup des véhicules diesel retirés du marché en France, sont vendus en Afrique où ils contribuent à l’augmentation globale des émissions de gaz à effet de serre. Enfin, plus on accélère le renouvellement du parc automobile dans un pays comme la France, plus on favorise une exploitation accélérée des matières premières minières de toutes sortes avec, là encore, un bilan carbone global en augmentation constante. 

 

 Voir à ce propos le second chapitre du dernier livre de Gérard Le Puill « Réinventons l’économie dans un monde fini », éditions du Croquant, 15€

 

 

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 05:46
photo Le Télégramme

photo Le Télégramme

Voici une expression des communistes finistériens qui sortira dans le prochain "Rouge Finistère", le journal de la fédération du PCF du Finistère (sortie au mois de septembre) 

L’industrie navale une filière d’avenir pour Brest et le Finistère.

« L’industrie est le cœur de la production de richesse d’un pays : nous pouvons tirer n’importe quel fil de l’activité humaine, l’enseignement, le secteur de la santé, le transport, au bout se trouvera immanquablement un processus de production, une usine pour le dire plus simplement. Le secteur des services, bien souvent, n’est en effet qu’au service d’un processus industriel ou en dépend très étroitement : sans un secteur industriel fort, un pays est condamné, à plus ou moins long terme, car obligé d’importer massivement les produits qu’il consomme, avec le déséquilibre de la balance commerciale et l’appauvrissement qui s’en suivent. Un pays qui ne vivrait qu’avec un secteur primaire et un secteur tertiaire, ne pourrait pas survivre longtemps. Cela doit occuper une place importante dans notre réflexion.» Amar Bellal rédacteur en chef de la revue Progressistes.

Or depuis 30 ans, la part de l’industrie dans la création de richesse nationale est passée de 20% à 12 %. Ce résultat n’est pas lié à une fatalité économique mais le fruit du choix du retrait de l'Etat, des privatisations, de l'absence de pilotage stratégique et de planification. Enfin, c’est le choix de la concurrence et des plus-values pour les actionnaires.

Le cas du la filière militaire.

L’activité industrielle principale de Brest est basée historiquement sur L’industrie navale militaire. Au cœur de cette activité : Naval Group. Anciennement Dcns, Naval Group est un groupe industriel détenu majoritairement par l’Etat et spécialisé dans l'industrie navale de défense et les énergies marines renouvelables. Depuis le début des années 2000, suite aux différentes décisions de l’Etat, une partie de plus en plus importante de l’activité se trouve transférée vers les chantiers de l’Atlantique de Saint Nazaire. Cela a pour conséquence qu’aujourd’hui ces derniers, avec un  carnet de commande plein, ne sont pas en mesure de prendre en charge la construction de pétroliers militaires prévue dans la loi de programmation militaire 2022. Il existe donc un risque que la construction militaire s'effectue alors en dehors du territoire français.

Or pour éviter ce risque et relancer l'activité globale, un plan de rénovation des moyens industriels et de formation évalué à 100 millions d'euros sur 4 ans par la CGT permettrait de relancer l’activité. Ces 100 millions sont à comparer à la perte de 43 milliards du CICE . Ce plan doit être mis en place le plus rapidement possible car le gros des départs à la retraite débute ces prochaines années avec le risque d'une rupture dans la transmission des savoirs. Cela concernerait sur Brest un minimum de 700 emplois sans compter la sous-traitance sur l’ensemble du Finistère.

L’industrie navale militaire, un enjeu national, éthique et démocratique

Mais la stratégie à long terme de Naval Group est de développer l'export avec la projection de personnels à l'étranger et la diminution de l'emploi local et national et l’accélération de la fermeture du site de Brest. Ainsi  Ficantieri (propriétaire de 51 % des chantiers navals de STX France) et Naval Group (propriété de l’Etat) cherchent un rapprochement capitalistique  pour devenir un géant naval européen. La stratégie est claire : se positionner au plan international pour devenir un groupe industriel avec une orientation quasi exclusive vers l’exportation afin d’accaparer les profits juteux du marché de l’armement. Ceci mettrait en danger notre défense nationale avec un risque de transfert de secrets industriels, technologiques et stratégiques. Une entreprise de défense nationale  se transformerait en un vulgaire marchand d'armes et profiteur de guerre guidée par le profit. Les logiques de compétition commerciale l’emporteront sur le contrôle démocratique et sur toutes considérations éthiques.

Vers une industrie navale de paix.

La richesse de Brest et du Finistère, c'est sa diversité industrielle: la recherche, le nautisme, la navale militaire, la réparation navale civile. Premier centre français de réparation navale, le port de Brest dispose d'un savoir-faire reconnu par les armateurs du monde entier. Les emplois liés à la mer dans l'agglomération brestoise représentent 15 000 emplois, soit 23% de l'emploi local. Il s’agit alors d’impliquer les salariés, les citoyens, les territoires dans les choix de développement, y compris dans les stratégies d'entreprise. Il s’agit de garantir la souveraineté nationale et d’empêcher des logiques capitalistes sur l’armement. Le développement des énergies marines renouvelables ainsi que la déconstruction sont aussi des pistes sérieusement envisageables.

Initiatives du Pcf.

Plusieurs initiatives locales et nationales ont été prises. Octobre 2017, le député communiste Sébastien Jumel interpelle le gouvernement sur la fusion prochaine de Naval Group. Le 24 janvier 2018 eu lieu un débat sur l'industrie maritime brestoise au bar le Mouton à 5 pattes place Guérin à Brest. Il fut organisé par la section PCF de Brest dans le cadre des états généraux du Progrès Social qui ont eu lieu le 3 février à Paris. Un compte rendu détaillé est présent sur le site :

Organisé par la section PCF de Brest, un débat très riche sur l'industrie maritime dans le cadre des états généraux du progrès social... Jeudi 24 janvier au bar le Mouton à cinq pattes à Brest

Février 2018 des syndicalistes de l’arsenal de Toulon et le député André Chassaigne se prononcent pour un pôle public national de cette industrie comme assurance contre son démantèlement. Avril 2018, rencontre entre la section Pcf de Brest et la CGT sur la construction navale à Brest.

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