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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 18:49
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 18:29
Trump contre les migrants: la politique de l’effroi maximal (19 JUIN 2018 PAR MATHIEU MAGNAUDEIX, Mediapart)
Trump contre les migrants: la politique de l’effroi maximal
 PAR 

 

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump entend terrifier les migrants pour satisfaire sa base et obtenir du Congrès une loi qui finance le mur avec le Mexique promis pendant sa campagne. Mais sa dernière trouvaille, la séparation des familles à la frontière, suscite une immense indignation.

 

New York (États-Unis), de notre correspondant.-  Donald Trump réussit parfois des miracles. Il est ainsi parvenu à ressusciter une sorte de nostalgie bizarre pour la famille Bush. Depuis qu'il est président des États-Unis, la dynastie aux deux chefs d'État apparaît, par contraste, comme un summum de distinction et de modération politique. Si bien que le célèbre clan du Texas se permet même de lui donner des leçons de morale.

Ce week-end, Laura Bush a étrillé sa politique migratoire, jugée sans pincettes « cruelle et immorale ». « J’ai le cœur brisé », a lâché dans le Washington Post l'épouse de George W. Bush, le quarante-troisième président, celui-là même qui a déclenché la guerre en Irak sur des mensonges et semé le chaos au Moyen-Orient. « Ces images, a-t-elle dit, nous rappellent de façon sinistre les camps d’internement pour les Japonais-Américains de la Seconde Guerre mondiale, un des épisodes les plus honteux de notre histoire. »

La cause de son courroux ? La politique migratoire dite de« tolérance zéro » de l'administration, partie en guerre contre l'immigration illégale, le thème favori des électeurs de Donald Trump. Et notamment, sa décision la plus contestée : la séparation arbitraire des parents et de leurs enfants.

Instaurée de façon discrète ces derniers mois, elle est désormais mise en place de façon officielle. Selon les derniers chiffres transmis au Sénat américain, 2 342 enfants, parfois des tout-petits, ont été ainsi arrachés à leurs parents entre le 5 mai et le 9 juin

 

Placés dans des foyers, ils doivent en théorie être confiés à des proches et des familles d'accueil. La coordination entre les services de l'immigration et les services sociaux étant quasi inexistante, ils n'ont aucune garantie de retrouver leurs parents… incarcérés ou renvoyés à toute vitesse dans leur pays par une justice expéditive qui s'assoit, et depuis longtemps, sur les règles internationales régissant le droit d'asile.

Annoncée le 7 mai par l'attorney general (ministre fédéral de la justice) Jeff Sessions, la séparation des familles provoque un haut-le-cœur national. Et pour une fois, l'émoi est si grand que Donald Trump, maître de la contre-programmation improvisée, n'arrive pas à faire diversion.

Chaque jour, les protestations vont crescendo. Elles proviennent des associations de défense des droits humains (« torture », dit Amnesty International), de l'opposition démocrate, de simples citoyens qui twittent frénétiquement, récoltent des millions de dollars sur Facebook pour aider les associations d'aide aux migrants, participent dans tout le pays à des protestations… ou d'un ancien directeur de la CIA qui compare Trump à Hitler.

Elles émanent aussi des Nations unies, de l'association des pédiatres américains qui parle de « maltraitance infantile », des églises et même d'une partie desévangéliques protestants ultras, qui jusqu'ici ont applaudi tout ce que Trump a fait. Même des figures conservatrices comme Bill O' Reilly, l'ancienne star de la chaîne ultraconservatrice Fox News, ami de Trump limogé pour agression sexuelle, ont exprimé leur dégoût.

Donald Trump, conseillé à la Maison Blanche par son très droitier conseiller Stephen Miller – un protégé de Steve Bannon, l'ami américain des Le Pen –, imaginait que la mesure allait contraindre les démocrates à accepter au Congrès une loi très dure contre l'immigration, incluant notamment un financement massif du « mur » avec le Mexique, cette fameuse barrière promise pendant sa campagne.

Pour l'heure, il provoque surtout l'indignation. Et l'accord législatif espéré paraît bien loin : les démocrates n'entendent pas céder au chantage, et les républicains eux-mêmes sont déchirés entre les tenants de la ligne dure présidentielle et les plus modérés, qui craignent de payer le prix du fanatisme présidentiel lors des élections de mi-mandat de novembre.

La nouvelle doctrine a pour but d'enfermer et de poursuivre en justice tous les migrants qui ont franchi illégalement la frontière, quand bien même ils souhaiteraient faire une demande d'asile en raison de persécutions dans leur pays, souvent des États d'Amérique centrale comme le Honduras, le Salvador ou le Guatemala, ravagés par la violence, minés par la pauvreté.

Jusqu'ici, ils étaient le plus souvent relâchés dans l'attente d'un examen de leur statut. Désormais, le but explicite est de les juger au plus vite et de les renvoyer dans leur pays. Un millier de migrants passent devant les tribunaux chaque semaine. Un rythme infernal qui, selon l'ONG WOLA, risque de rapidement entraîner la thrombose dans les tribunaux, les prisons et les « ports d'entrée » où les migrants peuvent théoriquement demander le droit d'asile.

C'est là que la séparation des familles intervient. D'après la loi, les enfants ne peuvent en effet être incarcérés dans les centres de rétention, voire les prisons fédérales où sont détenus les adultes. Alors qu'ils sont venus avec leur famille, l'administration a donc décidé de les placer dans les centres de rétention spéciaux pour mineurs isolés, des centres gérés par les services sociaux. Concrètement, et malgré les dénégations têtues de l'administration Trump, il s'agit bien d'une politique délibérée.

Selon les groupes de soutien aux immigrés, la séparation s'opère dans des conditions terribles. « Parfois les gardes-frontières disent aux parents “On prend votre enfant”, et lorsqu’ils demandent “Quand revient-il ?”, on leur répond “On ne peut pas vous dire”. La justification n’est jamais claire », raconte dans le Texas Monthly Anne Chandler, directrice à Houston (Texas) de l'ONG Tahirih Justice Center.

« Parfois on ne leur dit rien du tout. Ou bien, assez souvent, des officiers leur disent “votre enfant va aller prendre un bain”. L’enfant s’en va, une demi-heure plus tard, le parent demande “Où est mon petit ?” de cinq ans, de sept ans… “Le bain est long”… et là, on leur dit “vous ne verrez plus votre enfant”. Parfois des mères pleurent, des enfants hurlent et vomissent, on interdit à leur père de les consoler (...) L'officier leur dit : “Vous devez les laisser partir, si vous ne le faites pas, je rajoute des charges contre vous”. (...) Les parents ne reçoivent pas d’information sur leurs droits pour communiquer avec leurs enfants, on ne leur dit pas comment ils les retrouveront. »

La Bible en renfort

Depuis une semaine, les médias publient des récits déchirants de familles séparées, de mères éplorées, ou la tragédie de ce père, Marco Antonio Muñoz, demandeur d'asile du Honduras, qui s'est suicidé de désespoir après avoir été séparé de son garçon de trois ans.

Le site d'investigation ProPublica a publié lundi soir un enregistrement capté récemment dans un bâtiment du Customs and Border Protection (CBP), l'agence des douanes américaines. On y entend de petits enfants juste séparés de leurs parents crier, pleurer, réclamer leurs parents. « Nous avons un orchestre, là », plaisante un garde-frontière…

Les journalistes et les parlementaires qui ont reçu l'autorisation de visiter certains de ces centres pour mineurs, à McAllen ou Brownsville, deux villes situées à extrémité méridionale du Texas, décrivent des centaines d'enfants, certains traumatisés ou en pleurs, détenus derrière des barrières qui ressemblent à des cages, enroulés dans des couvertures de survie, sous une lumière constante, retenus à l'intérieur l'essentiel du temps (lire les comptes-rendus, concordants, d’Associated Press, du New York Times, du Washington Post ou de The Nation).

Les témoins n'ont pas pu prendre de photos, filmer, ni parler très longtemps aux détenus. Mais le CBP a publié des clichés officiels qui confirment leurs récits :

À 1 200 kilomètres de là, dans la ville texane de Tornillo, près d'El Paso, dans le désert où la température atteint 40 degrés en ce mois de juin, un nouveau camp de tentes (climatisées) pour adolescents est en train d'être construit. Ils seront d'ici quelques jours un peu plus de 400. Le camp pourrait à terme en accueillir dix fois plus.

Plus la contestation progresse, plus l'administration persiste et signe. Jeff Sessions, le ministre de la justice, un ultra-religieux d'Alabama, n'a fait que relancer les critiques encitant l'Épître aux Romains qui « commande », a-t-il dit, « d'obéir aux lois du gouvernement car Dieu a ordonné le gouvernement à ces fins ». Un passage contesté de la Bible, rappelle le Washington Post, utilisé dans le passé par les opposants à la révolution américaine et les partisans de l'esclavage…

Donald Trump, lui, trouve bien sûr la politique « horrible », sa femme Melania l'a condamnée. Mais c'est bien lui qui l'a mise en place, et il ne tient qu'à lui de l'annuler. Au lieu de cela, le président des États-Unis répète sur tous les tons que c'est une « loi »des démocrates qui prévoit la séparation des enfants, ce qui est faux. Il affirme qu'il n'appartient qu'à eux de se mettre autour de la table pour discuter d'immigration. Cocasse, alors qu'il a refusé à plusieurs reprises un accord bipartisan sur l'immigration négocié au Sénat qu'il jugeait trop mou...

En réalité, en prévision d'élections de mi-mandat qui s'annoncent difficiles pour lui, Trump a décidé d'utiliser le sort des enfants comme levier politique. Dans l'idéal, pour obtenir enfin la grande loi sur l'immigration qui graverait dans le marbre ses engagements de campagne. Et, à défaut, prouver à sa base chauffée à blanc qu'il fait ce qu'il a promis.

Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les décisions anti-migrants se sont succédé. Le décret présidentiel fixant le cadre de ce qui se passe aujourd'hui avait été signé cinq jours après son investiture. Puis Trump a supprimé le programme Daca, créé par Barack Obama, qui garantit à 700 000 enfants grandis aux États-Unis de parents étrangers de ne pas être renvoyés dans leur pays d'origine – il reste malgré tout en vigueur suite à des décisions de justice. Son administration poursuit en justice les villes« sanctuaires » qui refusent la collaboration de leur police dans les opérations d'expulsion. Elle veut aussi interdire aux migrantes en détention d'accéder à l'avortement.

Déjà très actifs sous Obama, un président qui a renvoyé un record de 2,5 millions d'immigrés illégaux entre 2009 et 2015, les services de la douane et de l'immigration (Immigration and Customs Enforcement, ICE) multiplient les raids contre les travailleurs immigrés, expulsent des sans-papiers présents dans leurs fichiers, ou même arrêtés lors d'accidents de voiture ou de banals contrôles, du jamais vu.

Début juin, un père de famille équatorien marié à une Américaine a été arrêté alors qu'il livrait une pizza dans un bâtiment de l'armée à Brooklyn : l'affaire est devenue le symbole de la traque aveugle des sans-papiers à travers le pays.

New York (États-Unis), de notre correspondant.-  Donald Trump réussit parfois des miracles. Il est ainsi parvenu à ressusciter une sorte de nostalgie bizarre pour la famille Bush. Depuis qu'il est président des États-Unis, la dynastie aux deux chefs d'État apparaît, par contraste, comme un summum de distinction et de modération politique. Si bien que le célèbre clan du Texas se permet même de lui donner des leçons de morale.

Ce week-end, Laura Bush a étrillé sa politique migratoire, jugée sans pincettes « cruelle et immorale ». « J’ai le cœur brisé », a lâché dans le Washington Post l'épouse de George W. Bush, le quarante-troisième président, celui-là même qui a déclenché la guerre en Irak sur des mensonges et semé le chaos au Moyen-Orient. « Ces images, a-t-elle dit, nous rappellent de façon sinistre les camps d’internement pour les Japonais-Américains de la Seconde Guerre mondiale, un des épisodes les plus honteux de notre histoire. »

La cause de son courroux ? La politique migratoire dite de« tolérance zéro » de l'administration, partie en guerre contre l'immigration illégale, le thème favori des électeurs de Donald Trump. Et notamment, sa décision la plus contestée : la séparation arbitraire des parents et de leurs enfants.

 

 

 

Instaurée de façon discrète ces derniers mois, elle est désormais mise en place de façon officielle. Selon les derniers chiffres transmis au Sénat américain, 2 342 enfants, parfois des tout-petits, ont été ainsi arrachés à leurs parents entre le 5 mai et le 9 juin.

Placés dans des foyers, ils doivent en théorie être confiés à des proches et des familles d'accueil. La coordination entre les services de l'immigration et les services sociaux étant quasi inexistante, ils n'ont aucune garantie de retrouver leurs parents… incarcérés ou renvoyés à toute vitesse dans leur pays par une justice expéditive qui s'assoit, et depuis longtemps, sur les règles internationales régissant le droit d'asile.

Annoncée le 7 mai par l'attorney general (ministre fédéral de la justice) Jeff Sessions, la séparation des familles provoque un haut-le-cœur national. Et pour une fois, l'émoi est si grand que Donald Trump, maître de la contre-programmation improvisée, n'arrive pas à faire diversion.

Chaque jour, les protestations vont crescendo. Elles proviennent des associations de défense des droits humains (« torture », dit Amnesty International), de l'opposition démocrate, de simples citoyens qui twittent frénétiquement, récoltent des millions de dollars sur Facebook pour aider les associations d'aide aux migrants, participent dans tout le pays à des protestations… ou d'un ancien directeur de la CIA qui compare Trump à Hitler.

Elles émanent aussi des Nations unies, de l'association des pédiatres américains qui parle de « maltraitance infantile », des églises et même d'une partie desévangéliques protestants ultras, qui jusqu'ici ont applaudi tout ce que Trump a fait. Même des figures conservatrices comme Bill O' Reilly, l'ancienne star de la chaîne ultraconservatrice Fox News, ami de Trump limogé pour agression sexuelle, ont exprimé leur dégoût.

Donald Trump, conseillé à la Maison Blanche par son très droitier conseiller Stephen Miller – un protégé de Steve Bannon, l'ami américain des Le Pen –, imaginait que la mesure allait contraindre les démocrates à accepter au Congrès une loi très dure contre l'immigration, incluant notamment un financement massif du « mur » avec le Mexique, cette fameuse barrière promise pendant sa campagne.

Pour l'heure, il provoque surtout l'indignation. Et l'accord législatif espéré paraît bien loin : les démocrates n'entendent pas céder au chantage, et les républicains eux-mêmes sont déchirés entre les tenants de la ligne dure présidentielle et les plus modérés, qui craignent de payer le prix du fanatisme présidentiel lors des élections de mi-mandat de novembre.La nouvelle doctrine a pour but d'enfermer et de poursuivre en justice tous les migrants qui ont franchi illégalement la frontière, quand bien même ils souhaiteraient faire une demande d'asile en raison de persécutions dans leur pays, souvent des États d'Amérique centrale comme le Honduras, le Salvador ou le Guatemala, ravagés par la violence, minés par la pauvreté.

Jusqu'ici, ils étaient le plus souvent relâchés dans l'attente d'un examen de leur statut. Désormais, le but explicite est de les juger au plus vite et de les renvoyer dans leur pays. Un millier de migrants passent devant les tribunaux chaque semaine. Un rythme infernal qui, selon l'ONG WOLA, risque de rapidement entraîner la thrombose dans les tribunaux, les prisons et les « ports d'entrée » où les migrants peuvent théoriquement demander le droit d'asile.

C'est là que la séparation des familles intervient. D'après la loi, les enfants ne peuvent en effet être incarcérés dans les centres de rétention, voire les prisons fédérales où sont détenus les adultes. Alors qu'ils sont venus avec leur famille, l'administration a donc décidé de les placer dans les centres de rétention spéciaux pour mineurs isolés, des centres gérés par les services sociaux. Concrètement, et malgré les dénégations têtues de l'administration Trump, il s'agit bien d'une politique délibérée.

Selon les groupes de soutien aux immigrés, la séparation s'opère dans des conditions terribles. « Parfois les gardes-frontières disent aux parents “On prend votre enfant”, et lorsqu’ils demandent “Quand revient-il ?”, on leur répond “On ne peut pas vous dire”. La justification n’est jamais claire », raconte dans le Texas Monthly Anne Chandler, directrice à Houston (Texas) de l'ONG Tahirih Justice Center.

« Parfois on ne leur dit rien du tout. Ou bien, assez souvent, des officiers leur disent “votre enfant va aller prendre un bain”. L’enfant s’en va, une demi-heure plus tard, le parent demande “Où est mon petit ?” de cinq ans, de sept ans… “Le bain est long”… et là, on leur dit “vous ne verrez plus votre enfant”. Parfois des mères pleurent, des enfants hurlent et vomissent, on interdit à leur père de les consoler (...) L'officier leur dit : “Vous devez les laisser partir, si vous ne le faites pas, je rajoute des charges contre vous”. (...) Les parents ne reçoivent pas d’information sur leurs droits pour communiquer avec leurs enfants, on ne leur dit pas comment ils les retrouveront. »

La Bible en renfort

Depuis une semaine, les médias publient des récits déchirants de familles séparées, de mères éplorées, ou la tragédie de ce père, Marco Antonio Muñoz, demandeur d'asile du Honduras, qui s'est suicidé de désespoir après avoir été séparé de son garçon de trois ans.

Le site d'investigation ProPublica a publié lundi soir un enregistrement capté récemment dans un bâtiment du Customs and Border Protection (CBP), l'agence des douanes américaines. On y entend de petits enfants juste séparés de leurs parents crier, pleurer, réclamer leurs parents. « Nous avons un orchestre, là », plaisante un garde-frontière

Les journalistes et les parlementaires qui ont reçu l'autorisation de visiter certains de ces centres pour mineurs, à McAllen ou Brownsville, deux villes situées à extrémité méridionale du Texas, décrivent des centaines d'enfants, certains traumatisés ou en pleurs, détenus derrière des barrières qui ressemblent à des cages, enroulés dans des couvertures de survie, sous une lumière constante, retenus à l'intérieur l'essentiel du temps (lire les comptes-rendus, concordants, d’Associated Press, du New York Times, du Washington Post ou de The Nation).

Les témoins n'ont pas pu prendre de photos, filmer, ni parler très longtemps aux détenus. Mais le CBP a publié des clichés officiels qui confirment leurs récits :

À 1 200 kilomètres de là, dans la ville texane de Tornillo, près d'El Paso, dans le désert où la température atteint 40 degrés en ce mois de juin, un nouveau camp de tentes (climatisées) pour adolescents est en train d'être construit. Ils seront d'ici quelques jours un peu plus de 400. Le camp pourrait à terme en accueillir dix fois plus.

Plus la contestation progresse, plus l'administration persiste et signe. Jeff Sessions, le ministre de la justice, un ultra-religieux d'Alabama, n'a fait que relancer les critiques encitant l'Épître aux Romains qui « commande », a-t-il dit, « d'obéir aux lois du gouvernement car Dieu a ordonné le gouvernement à ces fins ». Un passage contesté de la Bible, rappelle le Washington Post, utilisé dans le passé par les opposants à la révolution américaine et les partisans de l'esclavage…

Donald Trump, lui, trouve bien sûr la politique « horrible », sa femme Melania l'a condamnée. Mais c'est bien lui qui l'a mise en place, et il ne tient qu'à lui de l'annuler. Au lieu de cela, le président des États-Unis répète sur tous les tons que c'est une « loi »des démocrates qui prévoit la séparation des enfants, ce qui est faux. Il affirme qu'il n'appartient qu'à eux de se mettre autour de la table pour discuter d'immigration. Cocasse, alors qu'il a refusé à plusieurs reprises un accord bipartisan sur l'immigration négocié au Sénat qu'il jugeait trop mou...

En réalité, en prévision d'élections de mi-mandat qui s'annoncent difficiles pour lui, Trump a décidé d'utiliser le sort des enfants comme levier politique. Dans l'idéal, pour obtenir enfin la grande loi sur l'immigration qui graverait dans le marbre ses engagements de campagne. Et, à défaut, prouver à sa base chauffée à blanc qu'il fait ce qu'il a promis.

Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les décisions anti-migrants se sont succédé. Le décret présidentiel fixant le cadre de ce qui se passe aujourd'hui avait été signé cinq jours après son investiture. Puis Trump a supprimé le programme Daca, créé par Barack Obama, qui garantit à 700 000 enfants grandis aux États-Unis de parents étrangers de ne pas être renvoyés dans leur pays d'origine – il reste malgré tout en vigueur suite à des décisions de justice. Son administration poursuit en justice les villes« sanctuaires » qui refusent la collaboration de leur police dans les opérations d'expulsion. Elle veut aussi interdire aux migrantes en détention d'accéder à l'avortement.

Déjà très actifs sous Obama, un président qui a renvoyé un record de 2,5 millions d'immigrés illégaux entre 2009 et 2015, les services de la douane et de l'immigration (Immigration and Customs Enforcement, ICE) multiplient les raids contre les travailleurs immigrés, expulsent des sans-papiers présents dans leurs fichiers, ou même arrêtés lors d'accidents de voiture ou de banals contrôles, du jamais vu.

Début juin, un père de famille équatorien marié à une Américaine a été arrêté alors qu'il livrait une pizza dans un bâtiment de l'armée à Brooklyn : l'affaire est devenue le symbole de la traque aveugle des sans-papiers à travers le pays.

Il y a une semaine, Jeff Sessions, encore lui, a annoncé que les victimes de gangs ou de violences domestiques n'obtiendront l'asile aux États-Unis que si elles prouvent que les autorités de leur pays d'origine ont refusé de les secourir. En pratique, cette condition risque de se révéler impossible à remplir.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump nourrit ce que le think tankMigration Policy Institute de Washington appelle un « narratif de la frontière en crise ».

Il dépeint les candidats à l'asile en membres de gangs, envoie la garde nationale à la frontière, fait ériger des prototypes de son futur mur à la frontière mexicaine, tempête contre une « caravane » de migrants qui avance vers la frontière, traite certains d'entre eux d'« animaux », dénonce les immigrés venus de « pays de merde » et prévoit derenvoyer chez eux à partir de l'an prochain 400 000 ressortissants d'Haïti, du Salvador ou du Honduras qui bénéficiaient jusqu'ici de protections temporaires.

Le but de toute cette agitation est aussi de « dissuader » par tous les moyens les candidats à l'asile en les effrayant. Pourtant, contrairement à ce que pourraient laisser penser ces déclarations incendiaires, le nombre d'arrestations à la frontière américaine aux États-Unis (40 000 par mois) est plutôt stable.

Quant aux stratégies de « dissuasion » de l'immigration lancées dès les années 1990 sous l'administration Clinton, amplifiées depuis par Bush et Obama, et désormais en passe d'être industrialisées par Trump – notamment les procédures judiciaires de plus en plus expéditives, ou les restrictions constantes du droit d'asile –, elles n'ont en réalité qu'uneinfluence faible sur les flux : ceux-ci sont bien davantage liés à la situation économique, politique et sociale des pays d'origine.

Occupé à galvaniser la base républicaine obsédée par les immigrés, Donald Trump se contrefiche de cette réalité : il pense que l'immigration sera sa botte secrète pour mobiliser la base républicaine aux élections du 6 novembre. Ça vaut bien quelques milliers d'enfants en cage.

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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 14:22
photo Jacqueline Héré - AG départementale des communistes du Finistère - 16 juin 2018 au PL Sanquer

photo Jacqueline Héré - AG départementale des communistes du Finistère - 16 juin 2018 au PL Sanquer

Photo Dominique Gontier - AG départementale des communistes du Finistère - 16 juin 2018 au PL Sanquer

Photo Dominique Gontier - AG départementale des communistes du Finistère - 16 juin 2018 au PL Sanquer

Photo Jacqueline Héré - AG départementale des communistes du Finistère - 16 juin 2018 au PL Sanquer

Photo Jacqueline Héré - AG départementale des communistes du Finistère - 16 juin 2018 au PL Sanquer

photo Michel Moysan - AG départementale des communistes du Finistère - 16 juin 2018 au PL Sanquer

photo Michel Moysan - AG départementale des communistes du Finistère - 16 juin 2018 au PL Sanquer

Photos I Dupont - AG départementale des communistes du Finistère - 16 juin 2018 au PL Sanquer

Photos I Dupont - AG départementale des communistes du Finistère - 16 juin 2018 au PL Sanquer

AG des communistes finistériens le samedi 16 juin 2018 à Brest avec Yann Le Pollotec - Débat sur le congrès, la situation politique actuelle, le travail et l'évolution du Parti Communiste dans le Finistère
AG des communistes finistériens le samedi 16 juin 2018 à Brest avec Yann Le Pollotec - Débat sur le congrès, la situation politique actuelle, le travail et l'évolution du Parti Communiste dans le Finistère
AG des communistes finistériens le samedi 16 juin 2018 à Brest avec Yann Le Pollotec - Débat sur le congrès, la situation politique actuelle, le travail et l'évolution du Parti Communiste dans le Finistère

C'était hier l'AG départementale du PCF  à Brest, au patronage laïque Sanquer, de 9h30 à 17h, en présence de Yann Le Pollotec, notre camarade de la direction nationale (Animateur commission Industrie-Economie numérique), qui nous a présenté la proposition de base commune de discussion pour le Congrès du PCF votée par le CN du 3 juin et soumise à la discussion des communistes.

Yann Le Pollotec qui a aussi fait état des débats sur cette proposition de base commune au Conseil National (écommunisme, laïcité et racisme, propositions économiques, bilan de l'expérience du Front de Gauche, rapport avec FI). 


Les débats ont été très intéressants et fraternels. 

 

On a parlé du Glyphosate, de la situation des personnes âgées isolées ou dans les EHPAD, de la casse des hôpitaux publics et de la désertification médicale, des solidarités concrètes initiées par le PCF, de l'état du rapport de force politique et social dans le pays, de la volonté de Macron de démanteler la République (Parlement, communes) pour l'adapter complètement au modèle de la "démocratie limitée" et aux besoins des puissances d'argent, des nouvelles ambitions et besoins d'évolution du PCF, restant plus que jamais attaché à son ambition de combattre et dépasser le capitalisme qui conduit l'humanité au désastre sur bien des plans, en travaillant au rassemblement de classe contre les 1% qui dominent la planète. 


J'ai présenté avant l'introduction de Yann Le Pollotec la situation de la fédé du Finistère et de ses 20 sections: 850 adhérents, dont 600 à jour de cotisations, 27 adhésions depuis le 1er janvier, dont de nombreux jeunes, plusieurs responsables syndicaux et associatifs qui nous ont rejoint, beaucoup d'initiatives en matière de communication (journal gratuit tiré à 40 000 exemplaires), de formation, d'éducation populaire, de culture, des prises de position départementales fortes, mais en même temps des fragilités et beaucoup à travailler pour revitaliser le Parti sur certains secteurs.   


Pour la question du Congrès national, principalement à l'ordre du jour des débats du matin, plusieurs camarades ont dit qu'ils souhaitaient que tous les communistes travaillent sur le même texte de base commune, les fenêtres de débat le permettent, sans multiplication des textes alternatives, qui stérilisent le débat et la réflexion collective en posture d'opposition et de courant. Plusieurs camarades, dont moi-même, ont exprimé leur satisfaction par rapport au fond et à la forme de cette proposition de base commune écrite par Guillaume Roubaud-Quashié. Des nouveaux adhérents comme Françoise Guéguen ont expliqué ce qui les avait amené à faire le pas d'adhérer au PCF. Nous avons parlé des élections européennes et tout le monde se félicite de l'élection de Ian Brossat comme chef de file des communistes. 

 

Notre ambition de rassemblement sur un projet de rupture avec l'Europe Libérale et ses institutions qui font émerger en réaction le populisme (parfois xénophobe) dans toute l'Europe, a été réaffirmée pour les élections européennes, face à une gauche qui toutes tendances confondues ne pèse pas plus de 30% actuellement, comme aux élections municipales ou des potentialités sérieuses de reconquête existent à condition de choisir l'unité et la volonté d'avoir des élus pour servir les intérêts des gens: Concarneau, Morlaix, ... Le PCF va travailler au rassemblement de la gauche sur des contenus de gauche partout avec une ligne claire et transparente. 

 

Certains intervenants ont développé l'idée de la centralité de la thématique de la liberté pour discréditer et dénoncer la politique de Macron et de l'égalité comme valeur unificatrice de tous nos combats. 


On a parlé de la présence du Parti dans les médias, quasi inexistante sur le plan national, et des moyens de davantage pouvoir être entendus. 

 

Après un repas Couscous chaleureux servi par un traiteur brestois, la discussion a repris sur le fonctionnement de la fédération, du CD, de l'exécutif, du rapport aux sections, en vue du Congrès Départemental du 10 novembre dans le pays Bigouden, à Plonéour Lanvern.

 

Des débats très intéressants de philosophie politique ont été amorcés dans cette AG sur la question du communisme et de sa nature, des classes sociales, sur les contradictions de la société actuelle, riche d'expérimentations de potentialités nouvelles basées sur le commun et marquée par la crise du politique, sur les moyens de la transformation sociale, notre conception de la révolution, de la rupture, de la continuité dans le mouvement historique d'émancipation.

 

 

Ismaël Dupont 

AG des communistes finistériens le samedi 16 juin 2018 à Brest avec Yann Le Pollotec - Débat sur le congrès, la situation politique actuelle, le travail et l'évolution du Parti Communiste dans le Finistère
AG des communistes finistériens le samedi 16 juin 2018 à Brest avec Yann Le Pollotec - Débat sur le congrès, la situation politique actuelle, le travail et l'évolution du Parti Communiste dans le Finistère
AG des communistes finistériens le samedi 16 juin 2018 à Brest avec Yann Le Pollotec - Débat sur le congrès, la situation politique actuelle, le travail et l'évolution du Parti Communiste dans le Finistère
AG des communistes finistériens le samedi 16 juin 2018 à Brest avec Yann Le Pollotec - Débat sur le congrès, la situation politique actuelle, le travail et l'évolution du Parti Communiste dans le Finistère
AG des communistes finistériens le samedi 16 juin 2018 à Brest avec Yann Le Pollotec - Débat sur le congrès, la situation politique actuelle, le travail et l'évolution du Parti Communiste dans le Finistère
AG des communistes finistériens le samedi 16 juin 2018 à Brest avec Yann Le Pollotec - Débat sur le congrès, la situation politique actuelle, le travail et l'évolution du Parti Communiste dans le Finistère

A lire, la proposition de Base commune pour notre congrès extraordinaire "Le Communisme est la question du 21 ème siècle" adoptée par le Conseil National du Parti Communiste du 3 juin 2018

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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 05:19
Immigration. Face à la xénophobie, la France solidaire se manifeste
IXCHEL DELAPORTE
LUNDI, 18 JUIN, 2018
L'HUMANITÉ

Hier, la marche solidaire pour les migrants, partie le 30 avril de Vintimille, est arrivée à Paris. L’occasion d’une manifestation de la gare d’Austerlitz à Bastille pour réaffirmer solidarité et protection des migrants.

«De l’air, de l’air, ouvrez les frontières ! » C’est avec ce slogan que des centaines de personnes sont arrivées sur la place de la Bastille, hier, à Paris. La marche solidaire pour les migrants a été accueillie au son d’une fanfare pour une des dernières étapes avant leur destination finale, à Londres, le 8 juillet. Cette marche, organisée par l’Auberge des migrants, association basée à Calais, et par Roya citoyenne, dans les Alpes-Maritimes, se veut un rassemblement de tous ceux qui soutiennent, accueillent et protègent les migrants. Dans la foule, une banderole se distingue : « Non au délit de solidarité ». D’autres, plus modestes, sont des adresses directes au gouvernement Macron : « Virage à droite » ou encore « Calais, stop répression ».

200 morts à Calais depuis 2000

Muni du tee-shirt blanc aux insignes de la marche et de deux cannes, Christian Salomé, président de l’Auberge des migrants de Calais, n’a pas pu marcher depuis le sud de la France. Présent à la manifestation parisienne, il se félicite de cette mobilisation malgré « le contexte politique de rejet avec notamment le refus de la France d’ouvrir ses côtes à l’Aquarius ». Il reste optimiste : « De nombreux exemples dans l’histoire montrent que le premier réflexe, c’est le rejet. À nous de faire évoluer dans le bon sens. Ça viendra », assure-t-il. Dans le cortège, plusieurs collectifs de sans-papiers de Paris et de sa banlieue se sont joints aux marcheurs, eux-mêmes attendus à Bastille par des bénévoles d’Emmaüs, d’Amnesty International et de la Cimade. C’est le cas de Philippe, militant à la Cimade à Paris. Il les a rejoints à la gare d’Austerlitz : « Le gouvernement avance ses lois comme des bulldozers. Il n’y a aucun débat. La manifestation d’aujourd’hui n’est pas un exutoire, c’est un appel à un changement de cap urgent. »

À Bastille, sur une petite estrade, François Guennoc, vice-président de l’Auberge des migrants à Calais, a pris la parole pour remercier associations et citoyens. Ses premiers mots s’adressent à la France solidaire : « Tout au long de notre itinéraire, nous avons rencontré des Français solidaires qui apportent aide et protection aux migrants avec des trésors d’imagination pour améliorer leur quotidien. » Il a rappelé l’inefficacité des politiques migratoires sécuritaires, qui enrichissent les passeurs. « Les gens finissent par passer en risquant leur vie. À Calais, depuis 2000, il y a eu 200 morts. » Parmi les demandes concrètes au gouvernement, les marcheurs ne veulent plus être une cible judiciaire parce qu’ils sont solidaires et demandent enfin qu’un dispositif digne de ce nom soit insaturé pour l’accueil et l’hébergement des migrants. Ils demandent également le retrait du projet de loi asile-immigration, qui arrive sur les bancs du Sénat mardi.

La loi asile arrive au sénat

Le projet de loi asile-immigration arrive demain au Sénat en vue d’un vote solennel le 26 juin. Toute la gauche et « Les Républicains » avaient voté contre à l’Assemblée, pour des raisons parfois diamétralement opposées. En effet, la commission des Lois du Sénat, sous la houlette de Philippe Bas (« Les Républicains »), a encore durci le texte, supprimant plusieurs mesures votées par les députés, comme « l’assouplissement du délit de solidarité » ou l’extension du regroupement familial aux frères et sœurs mineurs. Elle s’est en revanche opposée à la réduction de 30 à 15 jours du délai de recours devant la Cour nationale du droit d’asile.

rubrique société
Journée mondiale des réfugiés: face à la xénophobie, la France solidaire se manifeste (L'Humanité, 18 juin 2018)
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 05:00
La femme du jour: Joan Baez

La femme du jour : « JOAN BAEZ, UNE VOIX ET UNE CONSCIENCE UNIVERSELLES »
 

À 77 ans, Joan Baez, figure universelle du folk américain et messagère de la paix de longue date, met le point final à sa carrière.

Elle donnait hier le dernier de ses dix concerts à l’Olympia, point de passage obligé de sa tournée d’adieux mondial qui doit durer deux ans, baptisée « Fare Tee Well ». On regrette déjà la présence de cette artiste unique à la voix de soprano chaude si prenante. On n’a pas oublié qu’elle fut à la fête de l’Humanité en 1971, soit deux ans après Woodstòk, et qu’on a pu l’y revoir en 2011. Née d’un père mexicain et d’une mère britannique, Joan Baez, qui adhéra très tôt au mouvement des droits civiques aux États-Unis, fut très proche de Martin Luther King et protesta avec force contre la guerre du Vietnam. Elle s’engagea dans la lutte des femmes et s’est battue avec ardeur pour la cause de Nelson Mandela, tout en rejoignant les rangs d’Amnesty International où elle a été nommée, en 2015, « ambassadrice de conscience ».

 

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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 04:53
Macron ou le tri entre les bons et les mauvais pauvres (Pierre Duquesne, l'Humanité, 14 juin 2018)
Macron, ou le tri « entre les bons et les mauvais pauvres »
PIERRE DUQUESNE
JEUDI, 14 JUIN, 2018
L'HUMANITÉ
Hier, à Montpellier, Emmanuel Macron prononce un discours sur sa vision des politiques sociales. Sylvain Thomas/AFP
 

Cela fait plusieurs mois qu’Emmanuel Macron est taxé de mépris de classe. Mais ses déclarations chocs, loin d’être subies, visent à préparer les esprits.

Les déclarations d’Emmanuel Macron sur « le pognon de dingue (mis) dans les minima sociaux », filmées et diffusées mardi par ses propres conseillers, ne sont pas des dérapages incontrôlés. Cela fait plusieurs mois qu’Emmanuel Macron, à coups de déclarations chocs, prépare les esprits à une offensive violente contre les politiques sociales pour économiser des milliards. Florilège de phrases qui, en plus de puer le mépris de classe, esquissent la nouvelle politique destinée à tous ceux qui « ne sont rien ».

« Ce que veulent les jeunes et les moins jeunes des quartiers (…) : c’est le réseau, c’est l’accès à, c’est l’opportunité. Et ce n’est pas forcément une politique publique, ce n’est pas forcément la becquée ! »

Dans ce discours intitulé « La France, une chance pour chacun », Emmanuel Macron semble opposer les droits sociaux à d’autres droits plus légitimes, de nouveaux « droits d’accès » permettant d’être « au bon endroit, au bon moment ». Cette version renouvelée du discours sur « l’égalité des chances », déjà présent chez Nicolas Sarkozy, sert surtout à « stigmatiser les politiques visant une égalité des conditions de vie, au profit d’une méritocratie somme toute très illusoire », déplore Manuel Domergue. « Des politiques de mobilité sociale, aussi volontaristes soient-elles, ne pourront faire abstraction du fait que les perdants de la compétition scolaire et sociale étaient rarement égaux sur la ligne de départ par rapport à leurs concurrents. Qui peut séparer, dans les difficultés personnelles, la part de la responsabilité individuelle des déterminismes familiaux, sociaux, territoriaux ou sanitaires ? Et quand bien même l’égalité des chances était possible, une société juste peut-elle se satisfaire d’inégalités de conditions de vie aussi criantes au prétexte qu’elles seraient liées au “mérite” des individus ? »

« Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »

« Il y a des phrases qui pèsent leur poids… » enrage Jean-François Yon, du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), pour qui ces déclarations attestent au mieux une « méconnaissance crasse » de la réalité, au pire un « puissant mépris » pour les premiers concernés. « Sa logique économique de réduction des politiques sociales est celle mise en œuvre en Angleterre et en Allemagne. Nous ne pouvons que nous opposer à ces politiques qui sont sources d’accroissement des inégalités, de la pauvreté et de la précarité du travail. » Le modèle social qui tend à se dessiner derrière toutes ces déclarations est « une société où rien n’est jamais “acquis”, où les aides sociales ne sont que des pieds à l’étrier mais pas des protections durables », déplore aussi Manuel Domergue. Cette philosophie contre un supposé « cancer de l’assistanat » se retrouve derrière le refus d’attribuer le RSA aux moins de 25 ans ou de l’augmenter pour atteindre le seuil de pauvreté, « comme si le dénuement était une bonne incitation au travail », raille le responsable de la Fondation Abbé-Pierre. Il y aurait d’un côté « le bon pauvre », absout de toute responsabilité, et, de l’autre, des pauvres suspects de ne pas chercher de façon suffisamment active un travail. Cette logique explique « le (léger) coup de pouce à des minima sociaux comme le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé, ou la focalisation de l’exécutif sur les enfants des familles pauvres », souligne Manuel Domergue. De même, l’accès au logement social est « souvent dépeint comme un parcours qui vient “récompenser” un mal-logé méritant, plutôt que concrétiser un droit reconnu à tous. Même le droit du séjour, on l’a vu récemment avec le cas de Mamoudou Gassama, en vient à récompenser un grand mérite ».

« Les gens qui pensent (...) que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays. »

Ce jour-là, le président de la République avait opposé la grandeur du sacrifice du gendarme Arnaud Beltrame à tous ceux qui défendaient les aides au logement. Si cette phrase a profondément choqué, c’est que cette mise en avant du sens du devoir du colonel a été « avancée explicitement pour décrédibiliser la revendication des droits », déplore Manuel Domergue, directeur des études à la Fondation Abbé-Pierre. Le « droit à » est présenté « comme une demande paresseuse, passive, presque contraire à la dignité des bénéficiaires ». On aurait pu espérer, déplore Manuel Domergue, que le respect des droits « fût partagé comme un socle minimal par nos gouvernants, tant il se trouve au fondement de notre système politique, depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen jusqu’à son rappel dans chacune de nos constitutions successives et quantité de textes internationaux ». Or, le président comme le premier ministre ont stigmatisé les droits « sans que cela suscite la moindre critique », déplore-t-il. « Je me pose la question de savoir comment on peut passer à une logique où on donne des droits et on distribue de l’argent à une logique où on accompagne individuellement les personnes et où on investit dans leurs compétences pour qu’ils retrouvent une activité ou un emploi », déclarait Édouard Philippe, le 7 juin dernier.

« Si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui dégringole. »

Le président fait erreur, s’indigne François Soulage, président du collectif Alerte, qui regroupe 37 associations de lutte contre la pauvreté. « Chacun sait, en montagne, que c’est le plus lent de la cordée qui impose le rythme, car la responsabilité du premier de cordée, s’il ouvre le chemin, doit aussi faire en sorte que toute la cordée arrive au but final. » L’ancien président du Secours catholique a une autre question à poser : « Quels moyens devons-nous mettre en œuvre pour que le dernier aille au même rythme que le reste de la cordée ? » C’est la même chose dans le monde de l’entreprise, ajoute-t-il en détournant le verbe macronien. « Si tous les salariés ne peuvent suivre le rythme qui leur est imposé, c’est toute la chaîne de fabrication qui n’avance pas. » S’il faut en finir avec quelque chose, c’est avec cette « théorie du ruissellement », rétorque à son tour Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde. Elle dénonce « ce discours de la compétition, du mérite et de la productivité que l’on nous sert depuis quarante ans et qui nous a plongés dans une crise économique, sociale et environnementale sans précédent. Réussir, pour beaucoup de jeunes, de personnes en précarité, de citoyens inquiets pour l’avenir, ne signifie pas lancer des entreprises qui vont faire le maximum de profit, mais simplement pouvoir vivre dignement dans une société respectueuse de l’environnement de tous ». Pour cela, nul besoin que des premiers de cordée tirent la société « en avant ». Il est en revanche indispensable de s’appuyer « sur l’expérience et l’intelligence des plus exclus pour construire une société autrement ».

« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux, (...) les gens sont quand même pauvres. »

Un refrain se fait de plus en plus insistant, du côté de l’Élysée, dès que l’on évoque les prestations sociales, la politique de la ville dans les banlieues, et, plus généralement, toutes les politiques redistributives. « On a mis beaucoup de pognon », et il y a toujours des pauvres, des mal-logés, des quartiers en difficulté, comme le clame lui-même Emmanuel Macron. La conclusion est invariablement la même : arrêtons le massacre et faisons des économies. Opter pour des mesures d’accompagnement social complémentaires à des aides monétaires n’est jamais évoqué, regrette Manuel Domergue. « Ce discours se fait même parfois moral, voire moralisateur, en stigmatisant la politique de redistribution monétaire, assimilée à “des chèques” aux plus pauvres, qui seraient presque humiliants pour eux. En réalité, cette austérité budgétaire sur le dos des couches populaires déguisée en philosophie d’empowerment se trompe. » La bonne vieille redistribution, ce n’est pas très original, mais ça marche. « Impôts et prestations réduisent les inégalités de moitié, d’après les chiffres de l’Insee. Les minima et les APL constituent un puissant levier contre la pauvreté, qui explique grandement pourquoi la France, malgré un taux de chômage élevé, compte moins de pauvres que bien des pays où le taux de chômage est plus faible. Le gouvernement devrait y réfléchir avant de les remplacer par d’hypothétiques mesures d’incitation, de formation ou d’accompagnement », alerte Manuel Domergue.

Le 22 mai 2018, à l’occasion d’un discours sur les banlieues

Le 18 février 2015, sur BFMTV

Le 7 mai 2018, sur France 3

Le 15 octobre 2017, sur TF1

Le 11 juin 2018, lors une réunion à l’Élysée

Journaliste
Macron ou le tri entre les bons et les mauvais pauvres (Pierre Duquesne, l'Humanité, 14 juin 2018)
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 04:45

lundi 18 juin 2018

 
le « Zero reste à charge » n’est pas le « 100% Sécu » , mais le bluff de M. Macron !
 

 

 
Le PCF a pris connaissance de la signature par des deux des trois syndicats dentaires libéraux, de la nouvelle convention nationale dentaire. Cette nouvelle orientation nous inquiète car le faux concept de « Zéro reste à charge » nous éloigne un peu plus, du vrai « 100% Sécu ».
Cette convention, par l’obligation faite aux praticiens conventionnés de respecter certains nouveaux tarifs sécu mais aussi des plafonds complémentaires, persiste et signe le transfert de responsabilité de la santé bucco-dentaire de la Sécu vers le secteur assurantiel privé et les patients.
En fait, ce n’est qu’un compromis qui, comme la CMU, propose un panier de soins insatisfaisant pour les plus démunis et un autre, hors-nomenclature, pour celles et ceux qui auront des sur-complémentaires. C’est encore une protection sociale inégalitaire qui est acté, avec trois niveaux dont les deux derniers laissent un reste à charge pour plus de 50% des actes.
 
Elle ne dit rien des actes de parodontologie ou des implants, et cantonne la prévention au dépistage, même si on peut être satisfait que la tranche d’âge des 3 ans, soit enfin concernée. Nous ne cesserons pas de dire que c’est d’un véritable plan national de prévention bucco-dentaire dont nous avons besoin, à l’image de ceux mis en place dans des Départements comme celui du 93 et du 94.
 
NON, Monsieur MACRON n’a pas respecté sa soi-disante promesse d’accès aux soins bucco-dentaires pour toutes et tous, mais celle de détricoter la Sécu au seul bénéfice des assurances, qui ne manqueront pas dans les mois à venir de prononcer de forte hausse des cotisations.
OUI, LE 100% Sécu reste la seule et vraie solution à l’accès aux soins, tous les soins bucco-dentaires et aussi l’optique et l’audioprothèse, de toute la population.
Le zéro reste à charge n'est pas le 100% Sécu mais le bluff de M. Macron (PCF)
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 04:45
Privatisations: un choix injustifiable (Romaric Godin - Médiapart, 18 juin 2018)
Privatisations: un choix injustifiable
 PAR 

La loi Pacte prévoit trois cessions d’actifs importantes de l’État : Engie, Aéroports de Paris et la Française des jeux. Un impératif de bonne gestion et de financement pour le gouvernement. Mais les arguments ne résistent guère à l’examen. 

Le gouvernement aura donc utilisé la loi Pacte pour lancer une nouvelle vague de privatisations. Le projet de loi fait sauter toutes les restrictions à l’ouverture du capital de trois sociétés : Aéroports de Paris (ADP, détenue à 50,6 % par l’État), la Française des jeux (FDJ, détenue à 72 % par la France) et Engie (société issue de la fusion entre GDF et Suez et dans laquelle l’État possède 24,1 % du capital). Diverses lois prévoyaient jusqu’ici une forme d’incessibilité de ces participations de l’État : ces provisions disparaissent avec la loi Pacte. Cela rappellera, au passage, à ceux qui ont voté l’incessibilité de la SNCF que ce type de garantie peut avoir une vie très courte…

Le projet de loi n’en dit pas plus. Les modalités des cessions seront définies plus tard, sans doute après le vote de la loi, prévu à la fin de l’année. On ignore donc si l’opération se fera par des cessions de gré à gré ou par une vente sur le marché. Mais Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances, a évoqué dans Les Échos du 13 juin un montant : « 15 milliards d’euros. »

L’argument de l’efficacité

Mais pourquoi ces cessions d’actifs de l’État ? Et pourquoi dans la loi Pacte ? Lestorytelling du gouvernement fonctionne sur ce plan à plein régime. Sa première ligne est, comme à son habitude, la vieille lune du privé plus performant que le public. Bruno Le Maire a ainsi justifié ces cessions en expliquant que « l’État n’a pas vocation à diriger des entreprises concurrentielles à la place d’actionnaires qui ont les compétences et les savoir-faire pour le faire mieux que lui ». Il y aurait donc le rétablissement d’un ordre naturel : dans le secteur concurrentiel, les actionnaires privés sont plus efficaces.

Ce message est contestable à plusieurs égards. La FDJ est un monopole d’État sur ses activités de loterie et de jeux de grattage et n’est donc pas une « entreprise concurrentielle » à proprement parler. Mais même si l’on considère que la FDJ est en concurrence directe sur les paris sportifs ou indirects pour d’autres jeux de hasard avec des acteurs en ligne, l’inefficacité de l’État actionnaire n’est pas patente, puisque l’entreprise est le quatrième acteur mondial de ce marché et a pris le virage d’Internet.

La remarque vaut aussi pour ADP, qui est un acteur en bonne santé et ne semble pas souffrir du manque de compétences de son actionnaire majoritaire. Quant à Engie, l’entreprise est déjà majoritairement dans les mains d’actionnaires privés qui n’ont, en soi, aucune « compétence » ni aucun « savoir-faire » : ce sont des acteurs financiers. De fait, ce ne sont pas les actionnaires qui dirigent directement l’entreprise et l’État a pleinement les moyens de nommer des gens compétents à la tête de ses entreprises.

Notons que l’État conserve des positions sur les secteurs concurrentiels – et a même formellement rappelé son engagement à les conserver. C’est le cas notamment de la SNCF, qui sera bientôt soumise à une concurrence sur le ferroviaire et l’est déjà dans le transport routier… Que faut-il en conclure ? Que la SNCF sera finalement privatisée ou que la règle édictée par Bruno Le Maire est sans objet ?

En réalité, cet argument de Bruno Le Maire n’a strictement aucun sens. Dans l’économie financiarisée d’aujourd’hui, la « compétence » et le « savoir-faire » ne sont pas ce qui caractérise l’actionnaire. La FDJ devrait être introduite en Bourse et la participation dans Engie également. Où se situera le surplus de compétence ? Faut-il croire que la « main invisible du marché » permettra une meilleure gestion de ces entreprises ?

Rappelons qu’un des concurrents les plus féroces d’ADP aujourd’hui s’appelle Fraport, l’opérateur de l’aéroport de Francfort, détenu à 53 % par le Land de Hesse et la ville de Francfort. Qui peut croire que ces deux collectivités allemandes ont plus de« compétences » que l’État français pour gérer « mieux que lui » un hub aéroportuaire ? Avec ou sans l’État à son capital, ADP et FDJ peuvent, si elles sont bien gérées, investir et développer une stratégie pertinente.

Rien ne démontre que ce n’était pas le cas actuellement. Dans l’économie contemporaine, au contraire, l’État peut avoir une fonction positive sur l’investissement et l’innovation des sociétés qu’il possède en favorisant ces choix plutôt que ceux de la seule rentabilité. Il peut donc jouer un rôle très positif dans un secteur concurrentiel, contrairement à ce qu’affirme Bruno Le Maire. À condition qu’il le veuille et que l’avenir de ces sociétés soit son objectif.

Aide à l'innovation ? Pas si sûr…

Le deuxième argument en faveur des privatisations est le financement de l’innovation. C’est ce qui justifie l’intégration de ces mesures dans la loi Pacte. Bercy espère ainsi abonder un fonds pour financer l’innovation de rupture à hauteur de 10 milliards d’euros. Sur le papier, l’idée est séduisante : ce fonds pourrait permettre à la France de réaliser sa montée de gamme, un des maillons faibles de l’économie française. Sauf qu’il ne s’agit pas pour l’État d’injecter 10 milliards d’euros dans des projets.

Cet argent sera placé auprès du Trésor public pour rapporter de 200 à 300 millions d’euros par an, soit un rendement de 2 à 3 %. Cette démarche fait tomber l’argument de Bruno Le Maire qui estime que l’État dispose d’un patrimoine « immobilisé » dans ces entreprises qu’il faudrait mieux utiliser ailleurs. Or l’État va utiliser les sommes récupérées par les privatisations pour les placer sur les marchés financiers et en attendre les retours.

Elles seront donc aussi immobilisées. Pire même, elles seront beaucoup plus en danger sur des marchés actuellement au plus haut que dans des entreprises prospères comme ADP, FDJ et Engie… D’autant que le rendement des actifs actuels est très proche de ce qu’espère l’État. Selon les calculs de Libération, depuis 2006, FDJ et ADP ont versé en moyenne 290 millions d’euros à l’État. Il faut y ajouter Engie qui a versé 550 millions d’euros à l’État de dividendes pour ses 24,1 % du capital. Rien que sur 2017, les trois entreprises ont rapporté 712 millions d’euros de dividendes. Certes, ces montants peuvent varier mais ce sera aussi le cas des actifs placés par le Trésor. Factuellement, l’État s’appauvrit donc par ces cessions.

Enfin, d’immenses doutes planent sur la pertinence de ce fonds. Les sommes mises à disposition serviront à tout et à rien. Selon Bercy, un tiers des fonds versés seront consacrés à des projets venus du terrain (concours de start-up, prêts, avances) et deux tiers à des projets définis comme prioritaires par le gouvernement (intelligence artificielle, nanotechnologies, etc.). Tout cela ressemble à un vague saupoudrage sans véritable cohérence. Qui peut croire qu’une ou deux centaines de millions d’euros par an permettront à la France de récupérer son retard dans ces technologies alors que la Chine investit 2 milliards d’euros par an dans le domaine ?

Comme l’a montré l’économiste Mariana Mazzucato dans ses deux derniers ouvrages, l’État joue un rôle primordial dans l’innovation et, partant, dans la création de valeur de l’économie. La France a un besoin urgent d’innovations pour monter en gamme, mais cela ne peut se faire que par des investissements massifs dans la recherche fondamentale. Il faut des moyens et une stratégie claire. Les privatisations ne donnent ni les uns ni les autres : ses recettes ne fournissent pas plus de moyens que le rendement des actifs vendus…

Pourquoi alors ?

Il n’existe ainsi pas de raison objective de pratiquer ces cessions et donc d’appauvrir et d’affaiblir l'État, dont la dette est un objet de plainte perpétuelle des membres du gouvernement. Certes, tout ce qui viendra au-delà de 10 milliards d’euros servira au désendettement de l’État. Mais c’est une stratégie de courte vue : plutôt que de rembourser une goutte d’eau de la dette nominale, il eût été plus porteur de renforcer l’économie et donc le flux de recettes de l’État par d’autres investissements.

Mais il y a plus. Peut-on, lorsque l’on prétend « rendre à notre planète sa grandeur », confier à des seuls intérêts privés un aéroport ? Peut-on laisser un opérateur de jeux de hasard dans une seule logique concurrentielle et de rentabilité ? Bercy ferme le débat en rappelant qu’ADP sera toujours soumis à un contrat de régulation économique, comme aujourd’hui, passé avec l’État. Mais cela semble surtout un moyen de réduire les repreneurs intéressés à Vinci. Le contenu de ce contrat devra forcément prendre en compte les intérêts du nouvel actionnaire. Il ne pourra donc pas être du même type qu’aujourd’hui. Qu’on le veuille ou non, l’État incarne un intérêt général et sa gestion s’en ressent.

 

Quant à la FDJ, Bercy met en avant l’existence d’un nouvel organisme de régulation « indépendant ». Sera-t-il cependant aussi sensible que l’État à l’intérêt général alors que la direction de la FDJ ne cesse, depuis des années, de demander un assouplissement de la réglementation ?

Avec ces privatisations, Emmanuel Macron réalise ce qu’il avait échoué à imposer à Manuel Valls et François Hollande lorsqu’il était ministre de l’économie en 2015. Une bonne part d’idéologie, une autre de revanche et une dernière de volonté d’offrir un cadeau au secteur privé ont sans doute joué dans cette décision. Mais une chose semble désormais certaine : à plusieurs titres, l’intérêt général est sacrifié avec ces opérations.

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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 15:07
Ce ne sont pas les prestations sociales qui maintiennent les gens dans la pauvreté: Christian Favier, président communiste du conseil départemental du Val-de-Marne

« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas » … « les gens pauvres restent pauvres ».  Avec ces propos, le Président de la République assume un choix politique dangereux pour la cohésion sociale de notre pays. Celui de stigmatiser 7 millions de français, enfants compris, qui, grâce à la solidarité nationale, et malgré des réalités quotidiennes particulièrement difficiles, peuvent vivre dans la dignité.

Créteil, le 14 juin 2018

 

Plus que toute autre chose, ces mots sont déconnectés de la réalité. Aujourd’hui, 33% des personnes éligibles au RSA ne le demandent pas.   Surtout, 83% des ayants droits suivent un parcours d’insertion professionnelle. Tous les indicateurs démontrent ainsi que notre système de solidarité nationale est un des plus efficaces d’Europe.

Ce ne sont donc pas les prestations sociales qui maintiennent les gens dans la pauvreté. La pauvreté existe parce que l’on compte 5,2 millions de demandeurs d’emplois pour seulement 1,7 millions de projets d’embauches. La pauvreté s’aggrave lorsque la politique fiscale gouvernementale est érigée au profit des 5% les plus riches, quand les autres sont écrasés par une fiscalité injuste. La pauvreté prospère parce que l’Etat contraint les Collectivités à réduire les moyens de leurs ambitions dans leurs actions de proximité.

Le montant des minima sociaux représente 1% du PIB. C’est trois fois moins que les 80 milliards d’euros de fraude fiscale. L’argent existe donc pour investir dans l’emploi, dans les salaires et les pensions, dans la formation et dans l’éducation.

Aujourd’hui, l’Etat doit plus d’1 milliard d’euros au Conseil départemental du Val-de-Marne dans la non compensation du transfert des allocations de solidarité. Malgré cela, nous prenons nos responsabilités pour continuer des politiques utiles et d’inclusions sociales et, face aux difficultés de la vie, toujours tendre la main à celles et ceux qui ont besoin d’un coup de pouce pour mieux se relever.

 

Christian Favier,
Président du Conseil départemental du Val-de-Marne (PCF)

Ce ne sont pas les prestations sociales qui maintiennent les gens dans la pauvreté: Christian Favier, président communiste du conseil départemental du Val-de-Marne
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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 05:25
Lors du congrès départemental de la CGT des Côtes-d’Armor, à Ploufragan, Philippe Martinez a apporté son soutien à l’hôpital de Guingamp.

Lors du congrès départemental de la CGT des Côtes-d’Armor, à Ploufragan, Philippe Martinez a apporté son soutien à l’hôpital de Guingamp.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, participe depuis jeudi au congrès départemental de la CGT des Côtes-d’Armor, à Ploufragan. Dans ce cadre et à la demande de l’Union locale de Guingamp, il a échangé avec les responsables CGT du Centre hospitalier de Guingamp et des services de l’aide et du soin à domicile. Notamment sur la situation générale de l’hôpital et la fermeture de la maternité.

« Il apporte tout son soutien et celui de la confédération aux organisations syndicales engagées dans leur lutte, ainsi qu’au personnel de l’hôpital », a relayé Thierry Perennes de la CGT. « Il s’est également intéressé à la création du comité de défense de la santé du Pays de Guingamp, qui développe l’information et la mobilisation contre la politique de casse de la santé mise en œuvre par l’ARS Bretagne et dans lequel la CGT locale est très investie ».

Pascal Lasbleiz, secrétaire de la CGT à l’hôpital de Lannion, soutient, lui aussi, ses collègues guingampais, « en proposant un travail de convergence des luttes et non de rivalité entre les hôpitaux publics ».

 

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