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Pour Gilles Leproust, maire PCF d’Allonnes (Sarthe) et président de l’Association des maires ville & banlieue de France, les difficultés rencontrées par les élus municipaux sont largement causées par la politique d’austérité du gouvernement.
L'Humanité, Anthony Cortes, 15 avril 2025
Comment expliquez-vous l’hémorragie de maires et de conseillers municipaux ?
La situation est complexe, mais elle pourrait se résumer à une trop grande pression, notamment financière. Celle-ci devrait encore s’accentuer, à en croire les annonces du gouvernement sur le prochain budget : 40 milliards d’euros d’économies, dont une bonne partie doit reposer sur les collectivités. C’est une vraie purge qui se prépare et elle pèsera lourd sur le fonctionnement des municipalités.
Nous avons pourtant plus que jamais besoin de moyens. Alors que l’on constate un affaiblissement de tous les points de repère de notre société, que les syndicats et les partis sont en perte de vitesse, que l’autorité étatique est contestée et que la faillite de l’État est de plus en plus flagrante, les élus municipaux restent mobilisés pour maintenir la République dans les territoires. Les défis sont nombreux : on voit converger, aux portes des hôtels de ville, toutes les difficultés, les souffrances et les frustrations.
Sauf que d’année en année nos moyens sont revus à la baisse, et donc nos possibilités de répondre aux urgences. Cela ne peut que créer de l’exaspération chez nos administrés, qui se traduit parfois par des injures et de la violence, combinée à un sentiment d’impuissance rageant pour les élus. D’autant que, depuis la loi Notre (nouvelle organisation territoriale de la République – NDLR) de 2015, un certain nombre de nos compétences ont été transférées aux intercommunalités. En plus de perdre des moyens, nous sommes aussi de plus en plus dessaisis de nos responsabilités.
À quel point l’austérité joue-t-elle un rôle dans cette crise ?
Quand on s’engage à l’échelon municipal, c’est pour mener des actions claires, pour rendre concrète la devise affichée sur le fronton de nos mairies : « Liberté, égalité, fraternité ». Le problème, c’est que l’État, en voulant nous faire porter le chapeau du dérapage budgétaire, ampute toutes nos capacités à innover.
Alors même que nous votons chaque année un budget à l’équilibre, ce qui n’est pas le cas de l’État. Résultat : on finit par reporter ou annuler des projets essentiels. D’ailleurs, c’est aussi pour cette raison que l’Association des maires de France (AMF) a décidé de ne pas se rendre à la conférence de François Bayrou sur les finances publiques. Quand on organise une telle saignée, on affaiblit la République.
Malgré les violences et la défiance, les fonctions municipales sont les plus populaires dans la population. Doit-on y voir un paradoxe ?
Je ne le crois pas. C’est même tout à fait cohérent : quand ça ne va pas, nous sommes là. Cette présence est reconnue, mais nous restons à portée de baffes, le plus souvent en lieu et place de l’État, dont les services s’effacent peu à peu. Et parfois la colère est mauvaise conseillère.
Mais attention : nous sommes aussi à portée de câlins. Je le vis tous les jours dans ma commune. Personnellement, je prends énormément de plaisir à être maire, même si ça me réveille parfois la nuit. Les marques de sympathie et de reconnaissance sont nombreuses. Même de la part de personnes aux sensibilités très différentes de la mienne.
Que diriez-vous pour motiver les citoyens à s’engager aux prochaines municipales de 2026 ?
Je dirais qu’être engagé à l’échelon municipal, c’est faire le choix du collectif, c’est la possibilité d’innover et de redonner le sourire à des personnes écrasées par le poids des difficultés. Par exemple, dans ma commune, nous avons mis en place des séjours d’été pour permettre aux jeunes qui n’en ont pas les moyens de visiter d’autres régions, de rencontrer d’autres personnes.
Nous avons rendu les concerts de musique classique accessibles, tout comme la piscine. On dit souvent que s’engager et assumer des fonctions c’est prendre le risque de beaucoup perdre sur le plan personnel. Au contraire, on y gagne énormément : on est immergé dans la population, on crée de l’espoir. Et cela permet de rêver d’un autre monde.
Originaire des Côtes-d’Armor, Camille Mongin a été élue secrétaire nationale de l’Union des étudiants communistes (UEC), dimanche 13 avril à Bobigny. L’étudiante en master d’économie, gestion de l’environnement et développement durable souhaite « continuer à faire de l’UEC un mouvement de masse ».
Pour preuve d’un militantisme commencé quasiment au berceau, elle évoque la Fête de l’Humanité. « J’ai 21 ans, presque 22, et cette année ce sera ma 21e Fête de l’Humanité. C’est un événement que je ne manque jamais ! »
évoque en riant Camille Mongin.
La jeune femme a été élue secrétaire nationale de l’Union des étudiants communistes (UEC), dimanche 13 avril, lors du 44e congrès du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF). Originaire des Côtes-d’Armor, Camille Mongin a hérité son engagement communiste de sa famille maternelle, dont elle reprend le flambeau très jeune. « Quand je suis arrivée au lycée, on était en plein dans la réforme du bac et de Parcoursup. J’ai tout de suite perçu de nombreuses injustices qui m’ont donné envie de m’engager », se souvient-elle.
D’abord responsable lycéenne dans sa fédération locale, Camille Mongin passe la main lorsqu’elle déménage à Brest (Finistère) pour ses études de biologie, mais continue de s’investir et y remonte la fédération finistérienne de l’UEC. Poussée par ses camarades, elle candidate ensuite au conseil national et entre à la coordination, où elle occupait le poste de chargée de la formation jusqu’à ce week-end.
Des fonctions politiques qu’elle occupe en parallèle de son master en économie, gestion de l’environnement et développement durable – son sujet de prédilection, qu’elle travaille attentivement à ne pas décorréler des questions sociales.
Ses objectifs en tant que nouvelle secrétaire nationale ? Camille Mongin liste ses ambitions : « Continuer à faire de l’UEC un mouvement de masse, structurer davantage autour des autres filières plus professionnelles comme les IUT, créer des groupes de travail autour des lycées. Léna Raud (sa prédécesseure à la tête de l’UEC – NDLR) a entamé beaucoup de grands chantiers, donc il faudra continuer le travail formidable qu’elle a déjà accompli. »
Le 21 avril 1944 , le droit de vote est donné aux femmes en France par une ordonnance ( après un amendement du communiste Fernand Grenier ) du Comité français de la Libération nationale . Le droit de vote des femmes est confirmé par l’ordonnance du 5 octobre sous le Gouvernement provisoire de la République française . Il sera utilisé pour la première fois les 29 avril et 13 mai 1945 lors des élections municipales , puis en octobre pour les élections à l’Assemblée constituante…
Le 21 avril 1944, le communiste Fernand Grenier dépose l'amendement qui donne le droit de vote et d'éligibilité aux femmes.
21 octobre 1945: les femmes obtiennent concrètement le droit de vote.
De tous temps, les communistes ont porté le progrès et l'émancipation ... présentant des femmes aux élections alors qu'elles n'avaient pas encore le droit de vote, dès 1925.
Au nom de l'idéal qui nous faisait combattre et qui nous pousse encore à nous battre encore aujourd'hui, au service d'une société plus juste et d'un monde meilleur! Et pour étendre l'égalité femmes-hommes, et les droits des femmes.
Fernand Grenier est décédé le 12 août 1992
Voici un article paru dans l’Humanité en avril 2014:
"Si l’ordonnance donnant le droit de vote aux femmes a été prise il y a 70 ans jour pour jour par le Général de Gaulle, cette avancée, on la doit à un Tourquennois.
Fernand Grenier rédigera l’amendement, un mois plus tôt, lors de l’assemblée constituante provisoire, installée à Alger : « Les femmes seront électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Un texte sans ambiguïté mais qui suscita le débat. Un amendement adopté par 51 voix sur 67 votants.
En janvier 1943 pourtant, lorsque se constitue l’assemblée consultative provisoire, « les débats sur l’organisation des pouvoirs publics ne prévoyaient pas le vote des femmes », relate Fernand Grenier dans un article de L’Humanité (18/04/1991). En 1943, le Tourquennois, au nom du parti communiste rejoint à Londres le Général de Gaulle. « C’est ainsi que je fus amené à poser la question du vote des femmes pour la première fois quand le Général de Gaulle me proposa de faire partie d’une commission de réforme de l’État, écrit-il encore. Je pensais qu’il serait injuste de continuer à considérer les femmes comme incapables de se servir du bulletin de vote ».
Mais comment ce Tourquennois a-t-il gravi les échelons ?
Pour le comprendre, il faut remonter à la jeunesse de Fernand Grenier. Et cette figure du père qui va le marquer profondément. Édouard Grenier, marié à Léontine Ghesquière, tous deux belges, va donner naissance à Fernand le 9 juillet 1901. « Mon père arrivé illettré de sa Wallonie, va apprendre à lire et écrire par les cours du soir », raconte Fernand Grenier dans Ce Bonheur là.* Un père livreur, militant socialiste, organisateur du syndicat des transports de Tourcoing. En raison de son action syndicale, il sera licencié plusieurs fois.
C’est durant cette période que Fernand découvre l’univers socialiste : les lectures du père, l’achat du pain à la coopérative La solidarité ouvrière, les dimanches à la maison du peuple, siège du parti ouvrier, alors qu’il n’a que 11 ans. Cette figure paternelle va disparaître en 1917. Arrêté par les Allemands, il décédera dans une compagnie disciplinaire des travailleurs. « C’est une épreuve qui devait marquer ma jeunesse, j’avais 16 ans ». Et il était orphelin. Fernand Grenier avait perdu sa mère alors qu’il n’avait que 9 ans. « J’étais fier de mon père. À chaque événement marquant de ma propre vie de militant, le souvenir de mon père s’imposera », écrit Fernand Grenier.
Apprenti mouleur à la fonderie, apprenti boulanger où il sera licencié car syndiqué, Fernand est ensuite embauché comme aide comptable à l’école des Mutilés de Tourcoing. Il habite alors Neuville – où il épousera en 1926 Andréa Beulque – et, en février 1922, adhère à la section communiste. « J’avais sans m’en rendre compte découvert le chemin de la vie : la joie de servir le peuple auquel on appartient ».
Après le service militaire, Fernand Grenier intégrera l’école centrale du Parti et en sortira instructeur pour le Roubaisis et le Valenciennois. Élu au comité exécutif régional en 1925, Fernand sera dépêché à Halluin, comme employé de mairie pour « aider la municipalité communiste contre laquelle le puissant patronat de Roubaix Tourcoing concentrait tous ses moyens ».
Au début des années 30, Fernand Grenier est appelé à Paris, non sans hésitation. « À Neuville, en adhérant au parti, j’avais commencé à ouvrir les yeux aux réalités sociales. L’âpreté de la lutte sociale contre la bourgeoisie, Halluin me l’avait apporté », raconte-t-il.
Président des amis de l’URSS, Fernand Grenier bataillera à Saint-Denis où il sera élu conseiller municipal en 1937, puis en deviendra le député jusqu’en 1968. « C’était quelqu’un de très attaché à sa région, raconte Claudie Gillot-Dumoutier, fille d’Auguste Gillot, ancien maire de Saint-Denis. Il chantait tout le temps Le P’tit Quinquin ».
Arrêté en 1940, il s’évadera de Châteaubriant. En1943, il partira à Londres représenter le parti communiste clandestin auprès du Général de Gaulle. Il décédera en 1992 à Saint-Denis".
*« Ce bonheur Là, de l’horizon d’un homme à l’horizon de tous », Fernand Grenier, Éditions sociales, 1974
Fernand Grenier, à l’origine du droit de vote des femmes
La question du vote des femmes fut posée au mois de mars 1944 par le député Fernand Grenier. Se référant aux déclarations du général de Gaulle pendant la guerre, Fernand Grenier souhaitait que l’Assemblée Consultative reconnaisse le droit de vote et d’éligibilité des femmes « afin que nous lui manifestions notre solidarité et notre volonté de ne plus la traiter en mineure, en inférieure ».
Cependant, malgré la volonté affichée par le Général de Gaulle dès 1942, un grand nombre de réticences virent le jour lors des débats sur le vote de l’amendement défendu par le député Grenier du 24 mars 1944 à l’Assemblée consultative provisoire.
Les interventions de Monsieur Paul Giacobbi « Pensez-vous qu’il soit très sage dans une période aussi troublée que celle que nous allons traverser que de nous lancer ex abrupto dans cette aventure que constitue le suffrage des femmes ? » ou encore de Monsieur Bissagnet : « L’amendement Grenier amènera un déséquilibre très net, car il y aura deux fois plus de femmes que d’hommes qui prendront part au vote. Aurons-nous donc une image vraie de l’idée du pays ? En raison de ce déséquilibre, je préfère que le suffrage des femmes soit ajourné jusqu’à ce que tous les hommes soient rentrés dans leurs foyers, et c’est pourquoi je voterai contre l’amendement » étaient représentatives des positions de certains des membres de cette Assemblée Consultative provisoire.
On entendit beaucoup d’arguments spécieux de procédure pour faire obstacle aux droits de vote et d’éligibilité des femmes. Heureusement, le courage et la détermination d’autres délégués permirent de contrebalancer ces résistances.
« Quand il s’agit de jeter les femmes dans le creuset de la guerre, est-ce que nous attendons ? Sera-t-il dit toujours que l’on exigera de nos compagnes l’égalité devant l’effort de la peine, devant le sacrifice et le courage, jusque devant la mort sur le champ de bataille et que nous mettrons des réticences au moment d’affirmer cette égalité ». (Robert Prigent, syndicaliste chrétien, membre du parti démocrate populaire)
L’amendement sur le droit de vote et d’éligibilité fut fermement défendu par le député Grenier et grâce à sa ténacité, l’article 16 de l’amendement fut adopté le 24 mars 1944 à la majorité de 51 voix contre 16 sur 67 votants et devient l’article 17 de l’ordonnance du 21 avril 1944 signée par De Gaulle.
Photo Pierre-Yvon Boisnard - Distribution du Viaduc par les militants du PCF Morlaix et vente de l'Humanité - 19 avril 2025
Photo Pierre-Yvon Boisnard - Distribution du Viaduc par les militants du PCF Morlaix et vente de l'Humanité - 19 avril 2025
Photo Pierre-Yvon Boisnard - Distribution du Viaduc par les militants du PCF Morlaix et vente de l'Humanité - 19 avril 2025
Photo Pierre-Yvon Boisnard - Distribution du Viaduc par les militants du PCF Morlaix et vente de l'Humanité - 19 avril 2025
Photo Pierre-Yvon Boisnard - Distribution du Viaduc par les militants du PCF Morlaix et vente de l'Humanité - 19 avril 2025
Photo Jean-Luc Le Calvez - Distribution du Viaduc par les militants du PCF Morlaix et vente de l'Humanité - 19 avril 2025
Nos camarades du PCF Morlaix Pascal Pouillet, Lucienne Nayet, Rémy Joly, Martine Carn, Jean-Luc Le Calvez, Roland Bagnis, Annie Bergot Le Calvez sur le marché de Morlaix ce samedi 19 avril pour distribuer le Viaduc, le journal du PCF Morlaix présentant la 59e fête du viaduc à Ploujean le 1er mai et vendre l'Humanité magazine du week-end.
Beaucoup de monde, beaucoup d'échanges et une joyeuse ambieuse de militantisme fraternel.
Photos de Pierre-Yvon Boisnard et Jean-Luc Le Calvez