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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 20:41
La liste Morlaix Ensemble appelle les électeurs à se mobiliser derrière eux dès le premier tour. (Le Télégramme/Gwendal Hameury)

La liste Morlaix Ensemble appelle les électeurs à se mobiliser derrière eux dès le premier tour. (Le Télégramme/Gwendal Hameury)

Réunie ce mercredi matin, la liste « Morlaix Ensemble », conduite par Jean-Paul Vermot, appelle les électeurs à se rassembler derrière elle dès dimanche pour faire barrage à Agnès Le Brun. Une maire sortante qu’elle égratigne au passage. Sur son « déni » de la « situation alarmante » de la ville, d’abord. Sur le fait qu’elle n’a pas pris de « distance vis-à-vis du soutien du Rassemblement national », aussi. Et de préciser qu’Action cœur de ville, « programme de sauvetage de l’État, et non de la ville de Morlaix, ne viendra pas masquer en toute fin de mandat, le triste bilan des 12 dernières années ».

Estimant avoir construit un programme « pour toute la ville, incluant tous les quartiers, afin de répondre globalement aux difficultés que rencontre Morlaix », Jean-Paul Vermot met aussi en avant sa capacité à mener un projet et une équipe communautaires. « Il faut sortir de l’isolationnisme de Morlaix », martèle-t-il.

Et de souligner que son programme de « nouvel élan pour Morlaix » est chiffré et a été construit, ces deux dernières années, sur le principe du réalisme budgétaire. Parmi les actions concrètes qu’il veut mettre en œuvre : la mise en place de navettes écologiques gratuites en ville, la rénovation de l’habitat et des commerces vacants, le retour d’un grand festival d’été, la création d’une maison des associations ou le retour des comités de quartier…

« Morlaix Ensemble » présentera son programme complet ce jeudi, à 18 h 30, à la mairie.

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 19:24
Municipales à Morlaix. Morlaix ensemble se projette à l’échelle communautaire (Ouest-France, 11 mars 2020)

Ouest-France Marie JOUSSEAUME 11 mars 2020

Municipales à Morlaix. Morlaix ensemble se projette à l’échelle communautaire

La liste Divers gauche menée par Jean-Paul Vermot explique avoir construit son programme non seulement à l’échelle de la ville de Morlaix (Finistère), mais aussi à l’échelle communautaire.

 

Jean-Paul Vermot, tête de liste de Morlaix ensemble (PS, PC, Génération·s) le rappelle, le programme de sa liste a été construit sur le constat des difficultés que rencontre la ville :  La plus forte baisse de population des grandes villes bretonnes depuis 2012, le taux de logements vacants supérieur à la moyenne bretonne et le taux de pauvreté de 20 % de la population. 

Face à ces constats, il entend mettre en place des actions en lien avec l’échelon communautaire,  un programme costaud et chiffré. Nous avons fait un travail de réalisme budgétaire. Nous sommes les seuls à nous intégrer dans une future majorité à ce niveau : il faut rompre avec l’isolement, voire l’isolationnisme morlaisien au cœur de la communauté d’agglomération, indique-t-il. Dès le début de notre réflexion, nous avons travaillé en ce sens. Nous avons déjà des relations programmatiques et des discussions avec les autres listes de gauche sur le territoire de Morlaix communauté .

 

« Un déni alarmant »

Le programme,  ce n’est pas que le cœur de ville, c’est toute la ville. Action cœur de ville n’est pas un programme, mais une initiative de l’État , assène-t-il en direction de la liste Vivons Morlaix ! (Divers droite) de la maire sortante, Agnès Le Brun. Et de revenir sur les débats télévisés qui ont opposé les quatre têtes de liste, où la maire sortante a, d’après lui,  affiché un déni alarmant face aux constats des difficultés, en qualifiant de “pseudo-Morlaisiens” les habitants critiques interviewés en micro-trottoir .

Jean-Paul Vermot tacle aussi le  silence  de la maire  depuis que son collègue conseiller régional et secrétaire départemental du Rassemblement national (RN) a clairement appelé à soutenir sa liste Vivons Morlaix ! 

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 15:20

Le Télégramme, Carhaix, 11 mars 2020

Le PCF juge « insultant » le tract de Christian Troadec
La section locale du Parti communiste français a souhaité réagir au tract publié il y a quelques jours par la liste du maire sortant.
La section Carhaix-Huelgoat du Parti communiste français a souhaité réagir, dans un communiqué fleuve, à la publication d’un tract distribué par la liste « Carhaix ville dynamique et solidaire ». Rappelons que ces « échos de campagne » publiés par la liste du maire sortant ont déjà fait l’objet, en début de semaine, d’un dépôt de plainte en diffamation par Jérôme Yvinec, candidat de la liste « Un temps d’avance pour Carhaix-Plouguer ». « Avec de tels écrits, Christian Troadec ne se grandit pas », estime la section locale du PCF.
Le PCF revient notamment sur les propos au sujet de son secrétaire de section, Pierre Yves Thomas, qu’il qualifie de « particulièrement insultants ». « Manier l’insulte comme il le fait à son encontre, en dit long sur le personnage. (…) Qu’il se rassure, le Parti communiste français le sait très bien : Staline est bien mort. Par contre, d’autres despotes ne le sont pas ». (…) En 20 ans, Carhaix a perdu 900 habitants et ses jeunes partent faute de travail, sans parler du centre-ville qui se vide. La ville se meurt et les statues n’empêchent pas le commerce de décliner (…) ».
En cette année du centenaire du PCF, la section locale du PCF rappelle aussi « que nombre de communistes ont beaucoup donné à la France et à la Bretagne », évoquant « le premier village résistant de France qui se trouve à quelques kilomètres de Carhaix ou Marcel Cachin qui fut, le premier, à l’Assemblée nationale, à déposer un texte de loi pour la reconnaissance des langues dites minoritaires, donc le breton ».

 

 

Le PCF juge insultant le tract de Christian Troadec (Le Télégramme)- Lettre ouverte de Pierre-Yves Thomas à M. Troadec
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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 12:09
Quelles seront les premières mesures si vous êtes élu-e-s? - Le Télégramme, 11 mars 2020

Jean-Paul Vermot, Morlaix Ensemble

Le Télégramme, 11 mars 2020

"Nous programmerons immédiatement les dates des premières réunions des conseils de quartier pour nous mettre au service de nos concitoyens et donner une suite aux diagnostics que nous avons faits dans tous les quartiers. Le Conseil de quartier doit rapidement devenir un lieu d'échanges entre les élus et les habitants.

Nous réunirons l'ensemble du personnel communal pour expliciter notre projet. Les agents communaux sont les représentants des services publics au quotidien. Nous nous devons de travailler avec eux sur nos orientations pour les années à venir. Il est important de construire les conditions de la transparence, de la sérénité avec les agents communaux pour assurer avec eux la cohésion sociale de notre territoire. 

Nous conviendrons d'une réunion des équipes de gauche de communauté peu après l'élection. C'est une étape importante car les 15 et 22 mars prochains, nous élisons les conseils municipaux et le conseil communautaire. Nous pourrons ainsi convenir du travail communautaire à mener pour assurer le meilleur service à nos concitoyens. Seule notre liste "Morlaix Ensemble" a intégré la nécessité de concevoir, avec les autres listes de gauche du territoire, un projet et une équipe communautaire. Les trois autres listes morlaisiennes sont, elles, isolées à l'échelle de la communauté d'agglomération. Nous créerons ainsi les conditions d'un nouvel élan nécessaire à Morlaix".

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 11:27
Débat du 1er tour des Municipales à Morlaix sur Tébéo avec la rédaction de Tébéo et du Télégramme

"Face à une maire sortante de Morlaix Agnès Le Brun très agressive, Jean-Paul Vermot est resté zen, sérieux, percutant, précis et appliqué et a dominé le débat".

Revoir la vidéo du débat diffusé une première fois hier soir, 10 mars, sur Tébéo:

https://www.tebeo.bzh/.../156-elections.../10694151

Ce mardi soir, 10 mars, à 19 h 15, Tébéo diffuse un débat entre les quatre têtes de listes candidates aux élections municipales à Morlaix : Agnès Le Brun (Vivons Morlaix, divers droite), Jean-Paul Vermot (Morlaix Ensemble, union de la gauche, en haut à droite), Didier Allain (Morlaix Alternative citoyenne, en haut à gauche) et Jean-Philippe Bapcères (Morlaix Avec Vous, LREM, en bas à droite). Cette émission de 26 minutes sera rediffusée le même jour à 23 h 15, puis le mercredi 11, à 3 h, 5 h 45, 8 h 45, 12 h 30 et 18 h 30 ; le jeudi 12 à 22 h et enfin le vendredi 13 à 4 h 30, 7 h et 16 h. Tébéo est accessible sur le canal 31 de la TNT, le canal 95 sur Numericable, le canal 246 sur Orange TV, le canal 366 sur Free, ainsi que sur www.tebeo.bzh

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 08:34
18 juin 2019 à Morlaix - Echanges scolaires entre le Pays de Morlaix et l'ouest de l'Inde

18 juin 2019 à Morlaix - Echanges scolaires entre le Pays de Morlaix et l'ouest de l'Inde

La visite de Trump en Inde:”America loves India”.

Jean-Claude Breton, président de l'AADI

Tribune dans Le Télégramme, 5 mars 2020

L’Inde , 6ème puissance économique mondiale, n’est plus celle qu’ont visitée Carter, Clinton, ni même Obama, y voyant un contrepoids démocratique et non hégémonique à la Chine. L’Inde cherchait alors à être plus “occidentale” qu’asiatique.

La progression nationale-populiste de l’Inde avec Narendra Modi et le BJP, dont l’idéologie remonte aux années 20 fait comparer à la montée de l’hitlérisme. Le fascisme à l’indienne surpasse le système de castes, pour promouvoir le rêve d’une race supérieure hindoue.

Succédant à Bolsonaro, invité à la Fête de la République de l’Inde en janvier, Trump a été accueilli par Modi avec un rassemblement bollywoodien “Namaste Trump”( Bienvenue au chef de la Maison Blanche) à Ahmedabad, sa ville d’origine au Gujarat et départ de sa carrière politique .Revanche personnelle pour Modi, qui après 2002 était interdit de voyage aux US et en Europe après des massacres communautaires contre les musulmans dans son Etat.

Pour Trump l’occasion à la fois de recevoir les louanges d’un populiste de poids , qui comme lui se moque des commentaires de la presse avec laquelle il ne communique pas , préférant s’adresser directement à ses supporters par les réseaux sociaux (plus de 20 millions de followers sur Twitter) et des hologrammes, mais aussi de tenter de réduire le déficit commercial des US avec l’Inde , quoique10 fois moindre que celui avec la Chine.Trump est resté prudent sur les récentes décisions du gouvernement indien, dont la loi qui accorde la citoyenneté indienne à des réfugiés à condition qu’ils ne soient pas musulmans, et qui de manière plus ou moins perverse, va faire des 160 millions de musulmans indiens une communauté de seconde zone, trahissant les idéaux fondateurs laïcs de l’Inde et en ferait une démocratie ethnique à l’exemple d’Israël. Les oppositions à cette loi depuis décembre 2019 ont culminé à Delhi durant ces 3 jours de visite, avec les plus violentes manifestations intercommunautaires depuis 10 ans, , faisant plus de 20 morts .Modi n’a concédé à Trump que des accords de défense , mais il peut montrer qu’il a consolidé l’image de l’Inde nouvelle, lui redonnant dignité et fierté, ce qui a largement contribué à sa réélection triomphale en 2019.

L’Inde est une puissance désormais développée, recherchant un rôle d’équilibre, qui a été déçue par l’Europe, et joue maintenant une autre partition, dans le sens” India First”.

Bien que les résultats économiques ne soient pas au rendez vous, Modi est populaire dans de nombreuses classes de la société et nombre de ses électeurs ne partageant pas ses idées communautaristes le soutiennent , déçus par les lenteurs des institutions démocratiques à changer leur vie. Modi a besoin de ce coup de main médiatique que lui apporte Trump, lui-même flatté dans son ego par Modi. “Tu me grattes le dos, je te gratte le tien “. Avec les jeunes éduqués et futurs cadres de ce pays, et dans le cadre d’échanges scolaires , nous devons créer un vivier instruit sur nos traditions d’ouverture, démocratie, tolérance. Ces jeunes indiens et leurs parents idéalisent encore un peu la France, ne les décevons pas.

 

 

 

 

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 05:50
Où va l’Inde du premier ministre Narendra Modi ? - L'Humanité, Lina Sankari et Pierre Chaillan, avec Shumona Sinha, Jean-Luc Racine, Ingrid Therwhat
Lundi, 9 Mars, 2020 - l'Humanité
Où va l’Inde du premier ministre Narendra Modi ?

 

Répression politique et discriminations des minorités Arrivé au pouvoir en 2014 et réélu en 2019, le dirigeant nationaliste, membre du BJP, est issu des rangs des milices fascistes RSS.
Shumona Sinha Écrivaine
Jean-Luc Racine Directeur de recherche émérite au CNRS et chercheur senior à Asia Centre
Ingrid Therwath Journaliste, docteure en sciences politiques et spécialiste de l’Inde

 

Le calendrier de la honte du suprémaciste Modi

-

Shumona Sinha  Écrivaine

En février, tandis qu’il recevait en grande pompe son homologue américain Trump, ses électeurs-militants ont mené un pogrom contre les musulmans indiens de la capitale. Nous aurions tort de croire qu’il s’agit d’un acte isolé de la foule hystérique ou d’un conflit intercommunautaire.

Ces barbaries atroces s’inscrivent dans la continuité de la politique hindouiste guerrière, l’hindutva, de Narendra Modi et de son acolyte, le ministre de l’Intérieur, Amit Shah.

Il est temps d’établir le calendrier de la honte de ce régime suprémaciste. 2002 : Modi, connu sous le nom de « Boucher du Gujarat » à cause de son rôle dans les pogroms antimusulmans durant son mandat de chef de ladite région, se voit refuser un visa pour les États-Unis. Toujours au Gujarat, une clinique privée est ouverte pour fabriquer suivant les guides hindouistes les bébés de « la race supérieure aryenne ». 2014 : arrivée au pouvoir en brandissant le programme du développement économique, balayant le parti de droite Congress-I, épuisé après soixante-sept ans de gouvernance, mais dissimulant le caractère fasciste viscéral de son engagement politique. Post-it couleur brune : Modi est membre à vie de la milice RSS, parti souche du BJP au pouvoir, fondée en 1925 et s’inspirant d’Hitler et Mussolini, dont le militant Nathuram Godse a assassiné le Mahatma Gandhi en 1948. 2014-2019 : bilan économique catastrophique (taux de chômage le plus élevé depuis quarante ans, crise dans le secteur agricole, inflation du prix des produits alimentaires, baisse des exportations, déclin de l’investissement…) 2017 : assassinat de Gauri Lankesh, journaliste de gauche, engagée dans la lutte contre l’hindutva, par un homme « qui a agi suivant les consignes de ses leaders pour sauver la religion hindoue ». Février 2019 : attentat au Jammu-et-Cachemire, revendiqué par un groupe djihadiste pakistanais, causant la mort de 40 soldats indiens. Avril-mai 2019 : nouvelle victoire triomphale de Modi grâce à une campagne électorale nationaliste, sécuritaire et anti-immigration. Août 2019 : révocation de l’autonomie constitutionnelle du Cachemire. Suite au mouvement du peuple, la vallée est coupée du monde : aucune communication pendant plus de six mois. Près de 1 000 personnes emprisonnées, des simples citoyens aux élus politiques. L’isolement fait partie des représailles stratégiques violentes à l’encontre de la population musulmane et de quiconque ose s’opposer à l’action autocratique de Modi. Décembre 2019 : adoption de l’amendement discriminatoire CAA. Il modifie la loi sur la citoyenneté de 1955 pour accorder la citoyenneté indienne sous l’hypothèse de persécution religieuse à toute personne, excepté les musulmans. Hiver 2019-2020 : manifestations massives à travers l’Inde et à l’étranger contre le CAA. Plusieurs campus universitaires en résistance à Delhi, Calcutta, Bombay, Bénarès et dans tout le pays sont saccagés, incendiés, des étudiants tabassés par les militants du BJP-RSS ; le peuple indien résistant subit une violence policière sanguinaire. De 2017 à 2020 : au moment de ces carnages, Modi cumule avec succès ses rendez-vous avec les dirigeants des pays tels que la France, Israël et les États-Unis, les militants du BJP-RSS s’enracinent à l’étranger.

Tant que l’intérêt commercial des pays puissants primera sur leurs discours de droits humains, tant que l’Inde sera fantasmée comme l’alliance par excellence contre le terrorisme islamiste et ses ashrams hindouistes comme les échappatoires pour tous ceux blasés par la trinité monothéiste, le swastika continuera à se graver dans les esprits. Il est irresponsable et criminel de se taire, de faire un pacte avec cet autre diable !

Dernier ouvrage paru : le Testament russe, Gallimard.

Le pays divisé et le réveil citoyen

Jean-Luc Racine Directeur de recherche émérite au CNRS et chercheur senior à Asia Centre

Largement réélu en mai 2019, Narendra Modi, premier ministre depuis 2014, décida d’avancer enfin sur les dossiers emblématiques du Bharatiya Janata Party (BJP), le bras politique du Sangh Parivar, la « famille » nationaliste hindoue, dont la puissante matrice est l’Association des serviteurs de la nation (RSS), forte de plus de 50 000 cellules à travers le pays. Deux objectifs affichés depuis des décennies furent très vite atteints. En août, le Parlement votait la suppression du statut particulier du Cachemire, le seul État à majorité musulmane. En novembre, la Cour suprême donnait son aval à la construction à Ayodhya d’un temple monumental au dieu Ram sur le site d’une mosquée contestée, détruite par les militants du Sangh en 1992.

Vint, en décembre 2019, le vote d’une loi facilitant la naturalisation des réfugiés de diverses confessions, musulmans exclus, venus de trois États voisins : le Bangladesh, le Pakistan, l’Afghanistan. Cette loi discriminatoire annonçait les mesures à venir, dont l’établissement d’un registre national des citoyens, déjà mis en œuvre de façon chaotique dans l’État d’Assam : faudrait-il désormais prouver sa nationalité, voire présenter les papiers des parents ou des grands-parents ? L’inquiétude grandit, chez les musulmans et chez tous ceux qui dénonçaient un majoritarisme pro-hindou en pleine ascension. Et l’inattendu arriva. L’opposition au changement de statut du Cachemire avait été limitée, la région elle-même étant soumise à un état d’urgence non déclaré, pour empêcher toute manifestation. Après la décision sur Ayodhya, les organisations musulmanes avaient choisi d’acquiescer, pour calmer le jeu.

Cette fois, contre toute attente, un réveil citoyen fit face. D’abord dans les universités de New Delhi, puis dans la rue, où l’on vit bientôt l’impensable : des femmes musulmanes de tous âges, voilées ou non, occuper pacifiquement, jour et nuit, un des grands axes de New Delhi. Le lieu, Shaheen Bagh, devint le symbole d’une Inde qui dit non, répercuté dans de multiples villes indiennes, hommes, femmes, enfants, toutes religions confondues, hors des partis, brandissant le drapeau indien, les portraits de Gandhi, « père de la nation » et d’Ambedkar, « père de la Constitution », dont le préambule était brandi comme étendard des valeurs d’une Inde diverse mais unie par les mêmes droits et les mêmes devoirs. Comme dans des mouvements comparables sinon identiques, printemps arabes ou Hirak algérien, poètes et artistes donnèrent un sens accru au mouvement. Un poème récité à Bombay devint viral, en récusant d’avance le registre des citoyens : Hum khagaz nahi dikhayenge !, « Nous ne montrerons pas nos papiers ! ».

Nul ne sait ce qu’il adviendra du mouvement, dans un contexte où les partis d’opposition, actifs en ville et au Parlement, souffrent de leur faiblesse et de leurs divisions, tandis que les militants du nationalisme hindou se radicalisent, accusant les opposants d’être des séditieux antinationaux, voire des agents du Pakistan, et passant à l’acte en semant la violence dans des quartiers musulmans de Delhi. L’image internationale du pays en pâtit, n’en déplaise à Donald Trump qui, en visite en Inde, couvre Narendra Modi de compliments : l’Inde n’est-elle pas devenue la cinquième économie mondiale, et tout contrepoids à la Chine de Xi Jinping n’est-il pas bienvenu ? Mais cette Inde de Narendra Modi, sous l’emprise du nationalisme hindou, devient un pays divisé, où s’affrontent deux conceptions opposées de la nation.

Le fantasme génocidaire

-

Ingrid Therwath  Journaliste, docteure en sciences politiques et spécialiste de l’Inde

Le massacre qui a eu lieu à Delhi, la capitale indienne, du 23 au 29 février dernier et qui a fait 47 morts et 350 blessés doit être désigné pour ce qu’il est : un pogrom. Ce vocable inscrit ces événements dans la suite de l’histoire des lynchages et ratonnades subies par les juifs en Europe centrale depuis la fin du XIXe siècle. Ces précédents historiques nous permettent de comprendre ce qui se joue en Inde et de rappeler la proximité et la filiation entre les crimes de l’Europe des XIXe et XXe siècle et ceux de l’Inde d’aujourd’hui.

Les assassins ont été incités par des responsables politiques locaux comme nationaux, soit directement – « allez les tuer », « tirez sur ces ordures » –, soit à travers des discours antimusulmans aussi haineux que fréquents. Le ministre de l’Intérieur lui-même, Amit Shah, est allé jusqu’à employer les termes de « vermines » et « termites » pour désigner des populations musulmanes résidant dans l’État d’Assam. Cette mise au ban des musulmans comme ennemis de l’intérieur, comme agents qui corrompent le corps social, est un trope typique du mouvement national-hindouiste. La maison mère de ce mouvement est la milice nommée Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS). Elle a été fondée en 1925 sur le modèle des faisceaux mussoliniens et s’est largement nourrie des mouvements nazis et fascistes. Le parti du premier ministre Narendra Modi, le BJP, élu en 2014 puis réélu en 2019 pour cinq ans, est une émanation de cette milice (et non l’inverse) et défend l’idée d’une Inde hindoue et non pas laïque comme le prévoit la Constitution. Les minorités n’ont qu’à bien se tenir. Le choix pour elles est clair, manichéen, brutal : se soumettre ou mourir.

Ce que les pogroms de Delhi nous apprennent, ou plutôt confirment, c’est qu’il n’y a pas d’opposition entre deux camps aux motifs légitimes et aux moyens d’action équivalents, même si de nombreux médias ont évoqué des « émeutes » ou des « affrontements intercommunautaires ». D’ailleurs, les exemples de solidarité entre voisins de confessions différentes ont été nombreux.

D’un côté se trouve une population musulmane pauvre, urbaine, marginalisée sur le plan politique. De l’autre côté, des groupes galvanisés et organisés par les nationalistes hindous au pouvoir, qui s’appuient sur les registres du cadastre et les listes des immatriculations de véhicules pour viser spécifiquement les biens des musulmans, en plus de viser les personnes elles-mêmes.

La police et la justice indiennes font preuve d’une complicité souvent active. Ce sont les journalistes indépendants et les défenseurs des droits humains qui ont mis au jour toute l’ingénierie des violences. Elles n’ont rien de spontané ou d’ancestral : elles sont modernes, délibérées et politiques.

Avec ses 200 millions de croyants, l’Inde est le troisième pays musulman du monde, après l’Indonésie et le Pakistan, et devrait être le premier d’ici 2060. Le pouvoir actuel n’a pas de projet génocidaire concret. Il n’existe pas d’infrastructure d’extermination. Si le fantasme génocidaire existe, lui, bel et bien, il se traduit en pratique par une stratégie d’élimination politique, économique, culturelle, spatiale dont les pogroms sont l’expression.

Les musulmans sont peu représentés politiquement, paupérisés économiquement, leurs contributions culturelles minimisées ou effacées des livres d’histoire, leur inscription dans l’espace fréquemment reléguée à des ghettos. Selon toute vraisemblance, de nouveaux pogroms se produiront en Inde.

Malgré les intimidations, de nombreuses voix en Inde s’élèvent pour le dire. Elles existent aussi en France. Emmanuel Macron, qui se dit être « le frère de Modi », garde quant à lui le silence par souci pour nos intérêts économiques et stratégiques. Tant pis pour nos valeurs, pour celles de l’Inde, tant pis pour le droit, tant pis pour les musulmans. Mais que l’on se rassure : à Delhi, l’heure est au retour à la normale. Une normalité criminelle.

Lundi, 2 Mars, 2020 - L'Humanité
Inde. À New Delhi, un pogrom anti-musulmans

Après le massacre perpétré la semaine dernière par des fondamentalistes hindous, le climat reste tendu dans la capitale. Effrayées, des familles fuient les quartiers ciblés.

Au milieu des voitures calcinées, les signes de vie demeurent timides. Ils sont quelques-uns à se hasarder parmi les débris, les livres éparpillés au sol et la tôle froissée des quartiers fantômes. Depuis une semaine et le début des massacres anti-musulmans à New Delhi (Inde), 42 morts ont été recensés. Toutefois, dans certaines zones toujours bouclées par la police, impossible de savoir combien de corps gisent dans les immeubles où nul n’a pu accéder. « Des foules ciblant un seul groupe religieux ont été autorisées à conduire des émeutes sans que la police n’intervienne. C’est la définition même d’un pogrom », dénonce l’écrivaine Mira Kamdar. Les foules en question ? Des hindous fanatisés dont la haine a été affûtée par le premier ministre nationaliste Narendra Modi au nom de l’hindutva (l’Inde hindoue) et le Rashtriya Swayamsevak Sangh (Association des volontaires nationaux, RSS), la milice fasciste dont il est issu. « L’atmosphère à Delhi reste très tendue. On peut clairement dater le début des attaques après l’appel ouvert à la violence d’un chef du BJP (parti de Narendra Modi – NDLR), Kapil Mishra, lors d’un rassemblement le 23 février », explique Prakash, un jeune ingénieur.

Le 24 février, alors que le président Trump louait la tolérance indienne aux côtés du chef de gouvernement indien au cœur du stade de cricket d’Ahmedabad (Gujarat), les habitants du quartier de Vijay Park, au nord de la capitale, ont vu des partisans du Sangh Parivar, une nébuleuse d’organisations fondées par le RSS qui entend renouer avec un prétendu âge d’or du peuple hindou, fondre sur eux par dizaines. « Ils disaient : “Sortez ces traîtres du pays. Nous tuerons ces musulmans. Nous entrerons dans leurs maisons et nous les tuerons ! ” Nous avons stationné des hommes pour tenter de sécuriser le quartier », témoigne Ali. La nouvelle n’a pas le temps de se répandre que, déjà, les passants reçoivent des pierres. Des cocktails Molotov sont lancés sur les échoppes, les écoles, les stations-service et les mosquées. Le poste précaire de premiers secours improvisé par les habitants est vite débordé. Dans cet antre de l’enfer, les maisons et temples hindous sont épargnés.

La police a laissé faire

Farhane, qui circulait alors à moto, est arrêté par plusieurs fondamentalistes hindous qui brandissent leurs bannières couleur safran. « Tous très jeunes, des ados, précise-t-il. Ils m’ont demandé si j’étais musulman avant de me rouer de coups. » Farhane réussit à s’enfuir. Ce n’est pas le cas d’Azzâm, qui fait parvenir, depuis la messagerie WhatsApp, des photos de son visage tuméfié. « La police m’a dit qu’il n’y avait pas de danger, qu’elle me protégeait. En réalité, elle regardait tout cela de loin et j’ai même entendu certains chanter Jai Shri Ram (Victoire au dieu Rama – NDLR). » Prakash a lui aussi de bonnes raisons de penser que la police a laissé faire.

« J’ai été témoin de son inertie lorsque des partisans de Modi ont attaqué des manifestants qui se mobilisaient contre la loi de citoyenneté. Dans la plupart des cas, les commissariats ne prennent même pas les plaintes. Pour moi, il est clair que les policiers agissent sur instruction. Il est temps qu’ils se réveillent, agissent de manière neutre et réagissent avec la diligence requise. » Ils reçoivent leurs instructions d’Amit Shah, ministre de l’Intérieur et président du BJP, qui seconde le premier ministre depuis plus d’une décennie et était déjà pointé du doigt en 2002 pour son rôle trouble lors des massacres anti-musulmans du Gujarat, dont Narendra Modi était le gouverneur. « Les récits des victimes indiquent clairement que les attaques avaient été planifiées », ajoute Prakash.

Certains habitants du nord de New Delhi, partis travailler au moment des faits, ont attendu plusieurs jours avant de remettre les pieds chez eux. D’autres, confinés dans leurs maisons, ont attendu de percevoir des signes de retour à l’ordinaire pour mettre le nez dehors : des magasins qui rouvrent, des voitures qui circulent. Autant de sons qui s’étaient totalement évanouis. « Depuis, le prix de tous les produits de première nécessité ont augmenté dans le quartier. Les épiciers nous saignent comme en temps de guerre », ajoute Ali. Les scènes de familles, quelques affaires sous le bras, fuyant les quartiers où elles vivaient parfois depuis plusieurs décennies font désormais partie du quotidien. Une délégation de partis de gauche s’est rendue vendredi dans les zones touchées pour assurer les habitants de leur soutien. Après le départ de Donald Trump, Narendra Modi s’est contenté d’un message sur Twitter : « La paix et l’harmonie sont des valeurs centrales de notre ethos. » Hier, au cœur de la « plus grande démocratie au monde », deux cadavres supplémentaires étaient découverts dans un canal du nord de Delhi.

Lina Sankari
Mardi, 25 Février, 2020
Inde Trump et Modi, petits arrangements entre amis

Pour le premier ministre indien, accusé d’attiser les tensions en son pays, le déplacement du président américain est une incontestable victoire. Les deux dirigeants possèdent des intérêts croisés aux niveaux stratégique, politique et économique.

À quelques mois de la présidentielle, Donald Trump ne ménage pas ses efforts pour séduire la diaspora indienne, traditionnellement considérée comme acquise aux démocrates. Après l’immense meeting qui avait réuni 50 000 Indo-Américains à Houston, en septembre, en présence du premier ministre indien, Narendra Modi, c’est cette fois au tour du président états-unien de se rendre pour la première fois en Inde. D’un coût de 13 millions d’euros, la visite, qui a débuté hier, est d’une importance capitale puisque censée approfondir la stratégie indo-pacifique qui vise à endiguer l’influence chinoise dans la région. À cet égard, un contrat pour l’achat de vingt-quatre hélicoptères Seahawk d’un montant de 2,3 milliards d’euros doit être conclu. Les discussions devraient également porter sur l’achat d’un bouclier antimissile américain et de six autres hélicoptères Apache.

Le déplacement de Donald Trump à Ahmedabad (Gujarat), un État gouverné par Narendra Modi de 2001 à 2014, est une incontestable victoire personnelle pour le chef du gouvernement indien. D’abord, parce que ce dernier fut frappé d’une interdiction de séjour aux États-Unis pendant dix ans pour son rôle dans le pogrom anti-musulmans de 2002. Le voyage redonne également un crédit international au premier ministre, qui fait face, depuis décembre, à des manifestations d’ampleur contre la nouvelle loi de citoyenneté qui exclut les réfugiés musulmans et écorne le caractère séculaire de la Constitution. Il y avait une certaine ironie à voir, hier, Donald Trump s’initier au rouet au cœur de l’ashram du Mahatma Gandhi. En pleine montée des tensions religieuses, l’instrumentalisation de l’héritage politique du héros de l’indépendance, assassiné par un membre du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), la milice fasciste au sein de laquelle le premier ministre indien a fait ses armes, laisse un goût amer. Le doute n’était d’ailleurs plus permis lorsque le président états-unien a été accueilli au Taj Mahal, à Agra, par le moine islamophobe Yogi Adityanath, ministre en chef de l’Uttar Pradesh, qui n’hésitait pas, la semaine dernière, à justifier la mort de vingt manifestants dans son État. Au moment où le chef d’État américain louait la démocratie indienne, de violents affrontements entre la police et les opposants à la loi de citoyenneté se déroulaient à New Delhi.

Hier, Donald Trump n’a pas pipé mot sur l’annexion de fait du Jammu-et-Cachemire, un État à majorité musulmane bouclé par l’armée indienne depuis août. Au cœur du plus grand stade de cricket du monde, 100 000 supporters de Narendra Modi ont applaudi à tout rompre lorsque le président américain a évoqué le « terrorisme islamique radical ». Il ne s’agit toutefois pas d’un blanc-seing à New Delhi dans sa rivalité avec le Pakistan puisque, après avoir suspendu l’aide sécuritaire à Islamabad, accusé d’alimenter en sous-main les djihadistes, Washington a approuvé en décembre la reprise du programme international de formation et d’entraînement militaires (Imet).

Afin d’éviter tout conflit d’intérêts, Donald Trump avait promis avant son élection de se consacrer « entièrement et totalement à la direction du pays » et de se mettre en retrait de son empire immobilier. Seulement, sur ce plan-là non plus son déplacement ne doit rien au hasard. La Trump Organization, impliquée dans l’immobilier, y possède d’importants intérêts économiques et des relations anciennes avec les investisseurs locaux liés au Parti du peuple indien (BJP) au pouvoir, comme c’est le cas de Mangal Prabhat, fondateur de la société immobilière Lodha Group et dirigeant du BJP à Mumbai. En 2018, Donald Trump Jr, qui gère l’empire familial, s’est rendu en Inde afin d’y développer ses activités. Lors de ce séjour, il rencontrait le premier ministre indien et avouait, dans une interview au quotidien indien Mint, que le marché constituait la plus importante zone d’investissements parmi les pays émergents avec cinq projets immobiliers démesurés à Pune, Gurugam, Calcutta, Mumbai et New Delhi. À première vue, Narendra Modi n’usurpe pas le titre de « grand ami » décerné par Trump à l’issue de la visite de l’ashram du Mahatma Gandhi.

Lina Sankari

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 15:54

 

Le Premier ministre a annoncé samedi en fin de d’après-midi le recours au 49.3 pour le projet de loi sur les retraites, privant ainsi la représentation nationale d’un vote sur un texte présenté par Emmanuel Macron et le gouvernement comme la « reine des réformes du quinquennat ». L’opération a été préparée en loucedé lors d’un Conseil des ministres extraordinaire consacré, le matin même, au Coronavirus.

 

 

 

Pour faire oublier la fièvre parlementaire sur la réforme des retraites et passer à autre chose, le pouvoir a manœuvré avec cynisme en profitant de l’inquiétude des Français vis-à-vis d’un risque d’épidémie (voir plus bas). Le pouvoir mise sur un basculement de l’opinion publique du dossier des retraites à celui du Coronavirus.

À quinze jours des élections municipales, il ne voulait pas faire durer le supplice. Comme cela avait déjà été le cas lors de l’examen du projet de loi en commission spéciale, le débat dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale au cours des 12 derniers jours a de nouveau fait la démonstration de l’incapacité du gouvernement et de sa majorité parlementaire à apporter des réponses précises à des questions portant sur l’avenir des retraites. Certains sujets ont même tourné à un véritable fiasco pour le pouvoir. Un exemple parmi tant d’autres : comment va évoluer la valeur du point ? Réponse : par une indexation sur un index… qui n’existe pas, qui reste à créer de l’aveu même du ministre ! On pourrait multiplier les exemples : sur la pénibilité (bravo aux députés communistes pour avoir si bien parlé des métiers où les salariés n’ont vraiment pas envie d’avoir le « loisir de se tuer à la tâche », sur le financement de la période de transition, sur la situation faite aux femmes, sur les inégalités entre générations, sur l’espérance de vie en bonne santé et l’âge pivot... Le seul élément gravé dans le marbre est la règle d’or de « l’équilibre financier », avec une baisse du financement et de la part de la richesse nationale consacrée aux retraites. Malgré des mois et des mois de « concertation », de pédagogie, le pouvoir n’a pas réussi à convaincre de la nécessité, et encore moins des bienfaits ou de la justice de sa réforme du système de retraites. En s’attaquant au cœur du pacte social, Emmanuel Macron et le gouvernement ont en fait ouvert un débat de fond portant sur le choix de société (quel travail, quelle vie après le travail, la solidarité entre les générations, le financement de notre protection sociale, les inégalités).

Aujourd’hui, malgré les départs successifs de députés macronistes (un sénateur des Bouches-du- Rhône vient d’annoncer son départ du groupe au Sénat et des députés sont à la manœuvre pour constituer un nouveau groupe au Palais Bourbon), le pouvoir dispose toujours d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Le 49.3 est donc utilisé contre les oppositions et la démocratie parlementaire, pour mettre fin au débat sur le fond, comme cela avait été le cas pour les travaux de la commission spéciale, et pour mettre un terme à ce spectacle catastrophique pour le pouvoir d’une majorité dos au mur, incapable de défendre sa réforme, confrontée à une opinion publique majoritairement hostile au projet de loi et favorable au recours au référendum comme ultime solution. Après le choix d’une procédure accélérée (pour une réforme qui ne rentrerait en vigueur qu’en 2037, où est l’urgence ?), l’utilisation du 49.3 est donc un nouveau seuil franchi dans la crise politique et démocratique.

Après le mouvement des Gilets jaunes, qui n’a obtenu aucune réponse pérenne sur les deux moteurs de la mobilisation populaire, la démocratie et la justice sociale (via la justice fiscale), puis avec le mouvement sur les retraites, avec des formes de lutte et de mobilisation inédites (encore ce dimanche avec des acteurs de la Comédie française et une pluie qui s’est arrêtée pour les laisser jouer), le macronisme poursuit sa course vers un autoritarisme qui fracture notre société et nourrit la violence. La question de l’avenir politique de notre pays doit être examinée avec gravité. Le pire est possible. Une alternative progressiste est plus que jamais urgente et nécessaire. Engageant sa responsabilité sur ce texte (il ne pourra donc pas le faire sur le volet organique de la réforme), le gouvernement fait tout au contraire preuve d’une très grande irresponsabilité en s’entêtant sur un texte mal préparé, incomplet, flou, à trous avec 29 ordonnances pour 65 articles, non financé, ne garantissant pas l’avenir des retraites et ayant comme seul « imaginaire » celui de travaille plus longtemps pour des pensions réduites. On peut y voir, comme cela est régulièrement rappelé, de l’amateurisme ; c’est aussi la marque d’un pouvoir voulant faire taire les partenaires sociaux, le Parlement, les citoyens, les mobilisations. Un pouvoir pour qui la construction d’un compromis n’est plus un objectif pour travailler à l’intérêt général.

Un nouveau seuil dans la crise politique

Face aux réactions dénonçant un passage en force et un aveu de faiblesse, le Premier ministre évoque un dispositif prévu par la Constitution, déplore la stratégie « d’obstruction parlementaire » de l’opposition, et promet un « nouveau texte, enrichi de tous les acquis de la négociation avec les partenaires sociaux et d’un grand nombre d’amendements venus de la majorité parlementaire ». Édouard Philippe a adressé un courrier aux partenaires sociaux sur la « poursuite des travaux de la conférence de financement », en précisant qu’à défaut d’accord entre les organisations syndicales et patronales, « le gouvernement prendra ses responsabilités, aussi bien en matière de retour à l’équilibre qu’en matière de pénibilité ». Cette tentative d’apaisement et de diversion est vouée à l’échec. Le gouvernement a voulu profiter de l’inquiétude des Français sur le coronavirus et le risque d’une crise sanitaire pour, en plein week-end, faire passer le 49.3. Cela a eu l’effet inverse avec des rassemblements spontanés, à Paris devant l’Assemblée nationale et dans de très nombreuses villes. D’autres mobilisations sont programmées pour aujourd’hui et demain.

Du côté des syndicats, la CFDT, dans un communiqué, déplore « que les débats n’aient pas pu se tenir jusqu’au bout », renvoyant dos à dos « la multiplication stérile d’amendements sans aucun intérêt et le recours au 49.3 » et donnant rendez-vous lors du passage du texte au Sénat. La CFDT attend des bougés sur la pénibilité afin « de conjuguer régime universel et justice sociale ». Pour la CGT, Philippe Martinez a annoncé une nouvelle mobilisation dès cette semaine. L’intersyndicale se réunit lundi matin pour fixer ce calendrier.

Quelles suites ? Deux motions de censure ont été déposées. L’une par les groupes de gauche (PCF, LFI, PS), l’autre par LR. Le débat aura lieu mardi. La création d’une commission d’enquête sur la sincérité, l’exhaustivité et l’exactitude de l’étude d’impact sera discutée mercredi. Dans son avis au vitriol, le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative, avait jugé la réforme incomplète, concluant à l’impossibilité de « garantir la sécurité juridique » du projet de loi. Le Conseil constitutionnel sera saisi. De nouvelles journées nationales de mobilisation feront entendre l’opposition à cette réforme des retraites et au coup de force démocratique. Dans un tel contexte, la bataille pour un référendum est plus que jamais centrale. Dans un récent sondage, 67 % des personnes interrogées ont demandé l’organisation d’un tel référendum sur l’avenir des retraites.

 

 

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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 21:00
Municipales: le candidat de droite de Quimper, M. Jolivet, exige et obtient la récusation d'un journaliste pour le débat des Municipales sur Tébéo - réaction du Syndicat National des Journalistes
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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 20:54

La dernière réunion publique de la liste de gauche conduite par Martine Carn à Plougonven a eu lieu à Saint Eutrope le 5 mars. Le public y a apprécié les orientations du programme de la liste de gauche sociale, écologiste, et citoyenne de Plougonven.

Les deux réunions publiques à venir de la liste pour présenter l'équipe et le projet pour Plougonven auront lieu au Kermeur le mardi 10 mars à 19h dans l'ancienne école (réunion suivie d'un pot au café associatif du Kermeur) et à la salle des fêtes de Plougonven le jeudi 12 mars, à 19h.

Ouest-France Plougonven, 26 février 2020

Ouest-France Plougonven, 26 février 2020

Le Télégramme, Plougonven, 26 février 2020

Le Télégramme, Plougonven, 26 février 2020

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