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13 juillet 2022 3 13 /07 /juillet /2022 07:17
Le Puzzle Kanapa, un essai passionnant sur une des figures les plus fascinantes et influentes du PCF au XXe siècle, par Gérard Streiff

Gérard Streiff a publié l'an passé aux éditions "La déviation" un essai passionnant et passionné, admirablement écrit, sur une des personnalités les plus importantes et fascinantes du Parti communiste français de l'après-guerre: Jean Kanapa. Né en 1921, mort en 1978, cet intellectuel et dirigeant politique est un personnage emblématique de l'histoire du communisme français, alors à son apogée.

Gérard Streiff, le rédacteur en chef du journal Communiste.S, auteur de polars à toiles de fond historiques, de livres jeunesse, de L'Abécédaire amoureux du Communisme, est l'auteur d'une thèse d'histoire soutenue à Sciences Po Paris sur Kanapa, sous la direction de Jean-Noël Jeanneney (publiée en 2001 aux éditions L'Harmattan sous le titre Jean Kanapa 1921-1978 - Une singulière Histoire du PCF)  l'homme qui l'a fait rentrer à la Polex, le secteur international du Parti communiste (la section de politique extérieure), en 1973, pour y suivre les affaires de la commission européenne, alors que Streiff, militant à Strasbourg, où il sortait de Sciences-Po et de l'Institut des Hautes Études Européennes, rêvait d'engagement tiers-mondiste pour la Guinée Bissau.

"Le Puzzle Kanapa" est une plongée en profondeur dans les coulisses du Parti communiste français et de l'Internationale communiste, des relations du PCF avec le PCUS, des crispations, mutations, revirements, ruptures idéologiques et stratégiques du PCF, sur fond de contradictions entre les générations et les héritages au sein du mouvement communiste français. Bien mieux qu'une synthèse sur l'histoire du PCF dans la seconde partie du 20e siècle, cet essai permet de comprendre ce que furent les ressorts des choix des dirigeants, et leurs contradictions, ainsi que les débats et luttes d'influence au sein du PCF, liées au rapport à l'URSS, à la gauche, à la volonté d'exercer le pouvoir. 

Comment un jeune révolutionnaire bourgeois, fils de banquier juif de Neuilly scolarisé avec Jean-Paul Sartre en classe de philo, ami de Sartre puis anti-Sartre, brillant étudiant de philosophie à la Sorbonne, prof de philo agrégé en zone sud pendant la guerre, romancier en devenir (son premier roman "Comme si la lutte entière" paraît en 1946 - son dernier livre "Les choucas" où il évoque pour la première fois la question des camps staliniens, est publié en 1967) est devenu, après son adhésion au PCF en août 1944, le bras droit de Laurent Casanova, un proche d'Aragon, rédacteur des Lettres françaises, le symbole de l'apparatchik stalinien sans scrupule dans ses anathèmes gauchistes et sectaires contre les "intellectuels", les dissidents, les "humanistes"? "L'engagement communiste de Kanapa n'est pas exclusivement de nature politique, il est aussi d'ordre culturel, éthique, esthétique. Il partage en cela l'opinion d'un certain nombre de jeunes intellectuels communistes qui, sur les marges du parti, pensent que les espoirs nés à la Libération ne sont pas tenus, qu'il ne suffit pas de bousculer l'ordre politique ni même la société, c'est l'homme qu'il faut changer". (Gérard Streiff, Le Puzzle Kanapa, p.60)

Edgar Morin, faisant référence à sa période "stalinienne décomplexée" qui amènera Kanapa, directeur de la nouvelle revue La Nouvelle Critique, organe de guerre froide, à partir de 48, à défendre l'ouvriérisme sectaire, "le réalisme socialiste" en art comme "le procès des blouses blanches", participer au "procès" contre ses camarades Marguerite Duras, Dyonis Mascolo, Robert Antelme, brossa de lui ce terrible portrait: "Délégué à l'injure aveugle, Kanapa fut du même coup enfermé dans le plus mesquin de lui-même et promu aux grandes responsabilités politiques".

Kanapa est un personnage de roman: "Voilà un beau paradoxe de ce personnage: homme froid, ascète glacial, doctrinaire intimidant, Kanapa était la passion faite homme. Il ne peut croiser une femme sans tenter de la séduire. Il fréquenta des femmes fameuses, les Simone de Beauvoir ou Signoret; il connut l'amour-passion, pour Claudine qu'il enleva à sa famille et pour laquelle il se fâcha avec son père; il nourrira une sorte d'amour entravé pour la compagne de cet ami baroque, de Jouvenel; il fut amoureux fou d'une belle Bulgare, puis de Valia, jeune Soviétique, puis de Danièle, sans dernière compagne. Ses passions épousent souvent ses grandes séquences politiques (ou peut-être l'inverse?), habitent ses romans, le premier singulièrement. Trois fois marié, des dizaines de fois "fiancé". Ce caractère entreprenant lui vault moult dénonciations auprès des autorités communistes" (Gérard Streiff, Le Puzzle Kanapa, p. 19-20).

Le Monument d'Elsa Triolet en 1957 l'éloigne du stalinisme plus encore que le rapport Khroutchev. Dès 54, Kanapa avait épousé la nouvelle ligne - refus de l'ouvriérisme, culture nationale - avec entrain.

Kanapa a eu dans les années 60 et 70 une influence majeure sur le tournant du PCF vers le socialisme démocratique, la promotion des libertés, le renoncement à la dictature du prolétariat, la distanciation avec l'URSS, et la reconnaissance des vices du système et de son caractère autoritaire et liberticide.

Il sera le bras droit de Waldeck Rochet et de Georges Marchais, leur confident très proche, incarnant une rupture avec l'héritage thorézien, un des promoteurs de la ligne d'autonomie culturelle, artistique et intellectuelle d'Argenteil en 1966, de la stratégie d'union de la gauche et de programme commun avec Mitterrand et le PS, mais aussi de la stratégie eurocommuniste, de rapprochement avec le PCI de Berlinguer et le Parti communiste espagnol de Carillo pour une voie communiste européenne et démocratique vers le socialisme. En 1968, il sympathise avec les artisans du "Printemps de Prague" et dénonce le coup de force soviétique.

Homme de pouvoir et d'influence, Kanapa n'était pas un grand démocrate, et les mutations nécessaires du PCF ont souvent été imposées brutalement par lui et les dirigeants qu'il conseillait, quitte à provoquer de nombreux cas de conscience et crises d'identité chez les militants. Dans les années 70, par ses prises de distance répétées, il sera la bête noire des soviétiques, qui réagiront par un communiqué glacial à sa mort en 1978, des conséquences d'un cancer du poumon. C'était un très grand connaisseur du mouvement communiste international, de l'Europe de l'Est (il avait vécu à Prague à partir de 1958), de la Chine, de Cuba où il séjourne en 1961, de l'Union soviétique et du PCUS, ayant séjourné également de nombreux mois à Moscou, été marié à une russe, parlant couramment russe aussi bien qu'anglais, espagnol, allemand.

Kanapa aura aussi de l'influence sur Marchais et la ligne du PCF sur la nouvelle tolérance vis-à-vis de la force de frappe atomique assurant l'indépendance de la France, dans le cadre d'une volonté de s'émanciper de l'OTAN qui sera une des pierres d'achoppement de la tentative d'actualisation du programme commun.

Dans cet essai qui se lit comme un roman, un roman vrai palpitant résonnant des luttes et contradictions communistes du XXe siècle, Gérard Streiff nous brosse le portrait des différentes facettes de ce personnage paradoxal qu'était Jean Kanapa, un intellectuel de parti méprisant les "intellectuels" médiatiques et oppositionnels, un homme de pouvoir restant dans l'ombre des "chefs médiatiques", une sorte de Richelieu ou de Mazarin du parti communiste, subtil, travailleur, brillant, mais sans pitié pour ses opposants.  

Ce livre, assorti de nombreuses photographies d'archive, est loin d'être une hagiographie, malgré l'affection et l'admiration de l'auteur pour Kanapa, mais il nous parle d'un temps où la dimension intellectuelle était très présente et forte au PCF, et où le Parti communiste français pesait véritablement dans les possibilités d'évolution du communisme mondial, sans parler de la scène politique française.

Une lecture que je ne saurais que trop recommander aux lecteurs du "Chiffon Rouge", et à toutes les personnes intéressées par l'histoire du Parti communiste et du mouvement communiste international.

Ismaël Dupont - 13 juillet 2022

Le Puzzle Kanapa, Gérard Streiff, La Déviation, juillet 2021 - 20€

Le Puzzle Kanapa, un essai passionnant sur une des figures les plus fascinantes et influentes du PCF au XXe siècle, par Gérard Streiff
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13 juillet 2022 3 13 /07 /juillet /2022 07:02
Fête de l'Humanité Bretagne 2022: les 22 et 23 octobre 2022 avec Gauvain Sers, Les Wampas, etc.
Fête de l'Humanité Bretagne 2022: les 22 et 23 octobre 2022 avec Gauvain Sers, Les Wampas, etc.
La Fête de l’Humanité Bretagne avancée au 22 octobre à Lanester
Publié le 06 juillet 2022 - Le Télégramme
 

Le comité d’organisation a dévoilé la programmation et la date avancée par rapport aux précédentes éditions. Le comité d’organisation a dévoilé la programmation et la date avancée par rapport aux précédentes éditions.

La 31e Fête de l’Humanité Bretagne se déroulera les 22 et 23 octobre 2022 à Lanester. Une date avancée par rapport aux précédentes éditions.

Depuis près de trois décennies, la Fête de l’Humanité-Bretagne est le rendez-vous politique et musical du dernier week-end de novembre, au parc des expositions de Lanester. Pour la 31e édition, il faudra inscrire une nouvelle date sur son agenda. « Le parc est pris aux dates habituelles. Nous invitons le public à venir, cette année, les 22 et 23 octobre », explique Catherine Quéric, la présidente du comité d’organisation de la fête.

Les Wampas le samedi soir

Réunis mardi 5 juillet, les bénévoles de la fête en ont aussi profité pour dévoiler la programmation musicale : les Bigorneaux de lavoir, le samedi après-midi, la Ruse du père Lafeinte et les Wampas, le samedi soir, Chokao, dimanche après-midi, et enfin Gauvain Sers, « le nouveau Renaud », pour Marc Guillevic du comité d’organisation.

Des débats seront proposés sur l’Algérie, la Nupes et l’avenir du communisme.

Les billets, qui passent à 18 € pour les deux jours et 22 € sur place, seront en prévente sur helloasso dès lundi prochain.

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13 juillet 2022 3 13 /07 /juillet /2022 05:24
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13 juillet 2022 3 13 /07 /juillet /2022 05:16

 

 

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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 12:29
Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Hervé Ricou, 9 juillet 2022, AG des communistes finistériens

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

9 juillet - Pont-de-Buis les Quimerc'h: Photos de l'AG des communistes finistériens (Photos de Daniel Laporte et Hervé Ricou)
9 juillet - Pont-de-Buis les Quimerc'h: Photos de l'AG des communistes finistériens (Photos de Daniel Laporte et Hervé Ricou)
9 juillet - Pont-de-Buis les Quimerc'h: Photos de l'AG des communistes finistériens (Photos de Daniel Laporte et Hervé Ricou)
9 juillet - Pont-de-Buis les Quimerc'h: Photos de l'AG des communistes finistériens (Photos de Daniel Laporte et Hervé Ricou)
Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

Photo Daniel Laporte, AG des communistes finistériens, 9 juillet 2022

"C'est un joli nom, Camarade, c'est un joli nom, tu sais..."
Galerie de portraits des adhérents du PCF Finistère, représentants de nos 18 sections finistériennes du Parti communiste, présents à l'AG départementale du 9 juillet 2022 - Photos de Daniel Laporte et Hervé Ricou. 
Du débat sur la situation politique issue des Présidentielles et Législatives, la NUPES, situation sociale marquée par l'inflation, le développement des inégalités, la crise de la santé, du secteur médico-social, des services publics, la montée de l'extrême-droite, l'actualité internationale, la guerre et le réchauffement climatique, la crise écologique, des diagnostics partagés et des propositions d'actions et d'initiatives, et de la fraternité!
C'était à Pont-de-Buis, hier, samedi, en présence de 65 camarades.
Merci à Daniel Laporte et Hervé Ricou pour leurs photos.
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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 09:46
Conseil municipal de Brest: Jacqueline Héré (Maire adjointe de quartier PCF) présente un voeu pour la libération de Salah Hamouri, voté par la majorité de gauche
Conseil municipal du 28 juin 2022 - Prise de parole de Jacqueline Héré, adjointe au maire de la ville de Brest (élue PCF)
Vœu pour la libération de Salah Hamouri
Lien de l'intervention écrite sur le site internet : http://eluscommunistes-brestmetropole.fr/
 
"Vœu Pour la libération de Salah Hamouri
Présenté par le Groupe « Brest au Cœur et Écologiste » (Socialistes et Apparentés, Communistes et Citoyens, Écologistes - Europe Écologie-Les Verts et Apparentés, Élu.e.s de la Gauche Sociale et Écologique, Parti Radical de Gauche-Le Centre Gauche, Union Démocratique Bretonne)
 
Depuis le 7 mars 2022, Salah Hamouri, citoyen franco-palestinien, avocat défenseur des droits de l’homme et des droits des prisonniers politiques palestiniens, est de nouveau emprisonné sous le régime de la détention administrative. Aucun motif ne lui a été signifié lors de son arrestation.
Alors qu’il devait retrouver la liberté le 6 juin, sa détention administrative a été prolongée la veille de trois mois supplémentaires par le tribunal militaire israélien, sans jugement ni passage devant un juge. Le système de la détention administrative tel que pratiqué par les autorités israéliennes leur permet en effet d’incarcérer arbitrairement des personnes sans même qu’elles aient accès à leur dossier. Cet usage discrétionnaire de la détention administrative et son caractère renouvelable sans limite constituent à ce titre une atteinte aux droits humains et au droit international.
Par ailleurs, comme des centaines d’autres Palestiniens vivant à Jérusalem, Salah Hamouri est sous le coup d’une procédure de révocation de sa résidence. Pour tout démocrate, l’acharnement que subit Salah Hamouri depuis de nombreuses années est inacceptable. Tandis qu’aucune charge ne lui a été signifiée, que son dossier demeure secret, qu’il n’a pas le droit à l’assistance d’un avocat et qu’il est emprisonné sans jugement, Salah Hamouri doit pouvoir compter, comme pour tout citoyen français dans une telle situation, sur la mobilisation effective du président Emmanuel Macron et de la diplomatie française pour retrouver la liberté et enfin pouvoir mener une vie normale, avec sa famille, là où il le souhaite.
Le conseil municipal de la Ville de Brest, réuni le 28 juin 2022, demande donc au Président de la République et au Ministère des Affaires Etrangères d’engager de manière concrète les actions nécessaires pour obtenir au plus vite et sans condition la libération de notre compatriote Salah Hamouri."
 
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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 09:39
Interview de Fabien Roussel par le Journal La Montagne - 5 juillet 2022: Avancer sans excès et sans outrance
INTERVIEW DE FABIEN ROUSSEL PAR LE JOURNAL LA MONTAGNE (extrait)
La Montagne
 
Politique, mardi 5 juillet 2022
 
Fabien Roussel (PCF) :
« Je veux que la gauche puisse gouverner à nouveau en France »
Propos recueillis par Florence Chédotal
 
On reproche souvent au député du Nord et secrétaire national du Parti communiste français de faire cavalier seul. Lui préfère répondre qu'il œuvre pour la gauche.
 
Élisabeth Borne prononce mercredi son discours de politique générale. Quelles sont vos attentes ?
Il faut que le gouvernement s'engage véritablement dans des mesures fortes, pour la hausse des salaires, des retraites, le blocage des prix, et mette fin à la politique des petits chèques pratiquée ces deux dernières années, d'abord parce que ça coûte cher et ensuite parce que ça ne répond pas aux problèmes de fond.
 
Depuis le lancement de la Nupes, vous vous comportez en électron libre. Quel rôle les communistes souhaitent-ils endosser au cours de cette nouvelle législature ?
Le groupe élargi communistes et GDR (Gauche démocratique et républicaine, NDLR) a toujours été très respectueux du débat parlementaire.
Nous avons coutume de dire que nous ne sommes pas un groupe d'opposition, mais plutôt de proposition, ce qui nous a permis d'ailleurs, dans la précédente mandature, de réussir à obtenir la majorité sur la revalorisation des retraites agricoles.
Telle est notre démarche. Nous essaierons de construire des majorités avec tous les députés pour faire voter les mesures que nous pensons les plus justes pour les Français. Deux exemples : nous redéposerons le texte de loi visant à déconjugaliser l'allocation adulte handicapé, ainsi que celui destiné à faire baisser les taxes sur l'essence. Nous espérons, au regard de la nouvelle composition de l'Assemblée, pouvoir cette fois les faire passer.
 
La Nupes n'était-elle pas qu'un simple accord électoraliste pour vous ?
Moi, ce que je souhaite, c'est que la vie change fortement pour les Français. Mais aussi que l'union des forces de gauche et écologistes puisse l'emporter demain en étant majoritaire. Donc j'apporte mes contributions. Je salue ce qui nous a permis de gagner. Ce que nous avons construit lors des législatives est un socle pour aller plus loin.
Je souhaite élargir cette union à d'autres, convaincre les abstentionnistes et ceux qui votent pour le RN. Je fais donc des propositions à mes collègues pour nous permettre d'avancer et leur dire aussi ce qui a pu nous empêcher de gagner plus de députés.
Par exemple ? Nous avons des débats entre nous, des différences qui doivent être respectées, sur la question de l'emploi, de l'argent, de la souveraineté énergétique et alimentaire. Ces sujets sont centraux aujourd'hui.
Ce faisant, je souhaite qu'on puisse parler autant aux citoyens des grandes villes qu'à ceux qui vivent à la campagne, lesquels souffrent au même titre du système économique financiarisé, avec la disparition des services publics, les problèmes de mobilité et de logement...
Je souhaite que l'union de la gauche progresse dans ce sens, sans excès et sans outrance, dans les propos que nous pouvons tenir. Je veux que la gauche puisse gouverner à nouveau en France.
 
Le projet de loi sur le pouvoir d'achat arrive la semaine prochaine à l'Assemblée. Quelles solutions proposez-vous ?
Il faut revaloriser le travail, de nombreuses entreprises ont du mal à recruter. C'est une question de salaire, mais aussi de formation et de conditions de travail.
La hausse des salaires est une question incontournable. Coiffure, sécurité, restauration-hôtellerie... Dans 120 branches professionnelles sur 170, le salaire minimum est inférieur au Smic.
Nous avons demandé une revalorisation de 15 % du Smic dès le 1er juillet, avec un fonds de soutien aux TPE-PME pour les accompagner. Nous souhaitons aussi que le gouvernement convoque une conférence sociale sur les salaires. Dans la fonction publique, nous proposons une augmentation de 10 % du point d'indice.
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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 07:01
Tous en soutien à Alpha: signez la pétition avec les Utopistes en action pour sa régularisation!

Pétition pour Alpha, signez la pétition!

https://t.co/NVoRmCXABV

1072 signatures en deux jours!

Faisons le maximum pour que notre ami Alpha reste auprès de ses proches et continue ses brillantes études !

Notre ami Alpha, hébergé depuis cinq ans chez Magali, vient de recevoir une OQTF de la part d'un bras droit du préfet du Finistère.

Celui-ci ne tient pas en compte les efforts d'Alpha pour s'intégrer, ni les liens affectifs qu'il entretient depuis son arrivée à l'Ecole Alternative Des Monts d'Arrée, les membres de notre association comptant "pour du beurre"... Si si, il ne l'a pas dit comme ça, mais c'est c'que ça veut dire !

Nous avons bien sûr fait appel de cette décision, et avons besoin de votre soutien pour que notre ami Alpha ne soit pas renvoyé dans un pays qui n'est plus le sien !

Merci pour votre attention, et de faire suivre cette pétion.

Loïc Digaire,

Pour Les Utopistes en Action.

Alpha est un jeune d'origine guinéenne arrivé en France en 2016.

Durant ses six années passées parmi nous, Alpha a construit des relations solides avec sa famille d'accueil, ses amis et sa petite amie.

Il a tout mis en œuvre pour réussir son intégration sur le territoire.

Déjà titulaire du DELF B1, il a obtenu son Brevet des Collèges Professionnel, puis un BEP électricité et un BAC Pro Melec au Lycée Tristan Corbière à Morlaix.

Sa ténacité et son travail lui ont valu les éloges de ses professeurs et de ses employeurs l'ayant reçu en stage.

Il est actuellement en première année de BTS Fluides Énergies, Domotique Option A, et est attendu notamment par l'entreprise BLB Câblage à Landivisiau pour poursuivre sa formation en alternance.

Pour obtenir le droit de travailler et de continuer son apprentissage, Alpha a déposé, l'an dernier, une demande de titre de séjour. Malgré les témoignages de ses proches et professeurs, ses diplômes, et tous les efforts qu'il fournit afin de s'intégrer sur notre territoire, celle-ci lui a été refusée !

Il est à présent menacé d'expulsion !!!

Nous, familles, amis, professeurs, différents formateurs et futurs employeurs, sommes totalement horrifiés par cette décision affligeante !

Nous refusons cette idée insensée, qui consiste à bannir des jeunes motivés, d'un territoire souffrant d'un manque criant de personnel dans plusieurs secteurs d'activités !

Nous refusons de voir expulser Alpha vers un pays qu'il a fui depuis des années, et dans lequel il n'a plus de projets, plus de parents, plus d'avenir !

Nous refusons qu'une administration pour laquelle nous cotisons, détruise délibérément une famille, un couple…  Et tous les rêves d'un jeune qui a fourni, depuis six ans, tant de travail et de patience pour se faire une place dans notre société.

Pour faire entendre nos voix et permettre à Alpha et ses proches de mener enfin une vie sereine, nous avons besoin de vos soutiens et signatures.

 

Merci d'avance à toutes et tous,

Le Comité de soutien à Alpha

 

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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 06:57
Fabien Roussel plaide pour une rentrée sociale ambitieuse - Naïm Sakhi, L'Humanité, 12 juillet 2022
Fabien Roussel plaide pour une rentrée sociale ambitieuse

Gauche Lors d’une conférence de presse, lundi, le secrétaire national du PCF a appelé à la mobilisation dès septembre, face au projet de régression sociale porté par Élisabeth Borne. Il partage l’idée d’une action nationale commune de la Nupes après l’été.

Publié le Mardi 12 Juillet 2022 - L'Humanité
 

Malgré les appels du pied d’Élisabeth Borne en direction des groupes d’opposition, le compte n’y est pas pour Fabien Roussel. Lors d’une conférence de presse, lundi 11 juillet, le secrétaire national du PCF a déploré un discours de politique générale « préoccupant et dangereux pour les travailleurs », prononcé le 6 juillet par la première ministre. Assurant qu’Emmanuel Macron n’avait « visiblement pas compris le message des Français qui l’ont privé d’une majorité » pour appliquer son programme libéral, le député du Nord regrette l’absence de hausse « de salaires dans le privé, mis à part des primes », dans le projet de loi sur le pouvoir d’achat. Et d’ajouter « la hausse de 3,5 % des salaires des fonctionnaires est non seulement en dessous de l’inflation mais ne concerne pas les employés des délégations de service public ».

À l’offensive, Fabien Roussel a rappelé sa volonté de travailler avec l’ensemble des forces de gauche sur « une réforme des retraites progressiste », en s’appuyant sur le projet porté par la Nupes aux législatives. « Nous avons bien noté la volonté du gouvernement d’allonger le temps de travail, souligne le député communiste, je propose un référendum pour trancher nos deux projets. » En outre, le secrétaire national du PCF a salué les journées de mobilisation syndicale des 22 et 29 septembre – « une bonne nouvelle », selon lui – et partage la proposition, émise par Jean-Luc Mélenchon, d’une action commune des forces politiques de gauche à la rentrée. « Je suis pour un appel le plus large possible, avec les organisations syndicales, assure le député, ils apporteront le marteau et nous, la faucille. »

En amont du vote de la motion de censure dans l’après-midi (lire aussi page 7), ce point presse s’est tenu à l’issue d’un comité de liaison de la Nupes. Cette réunion de travail réunissait Jean-Luc Mélenchon (FI), Julien Bayou (EELV), Olivier Faure (PS) et le secrétaire national du PCF. « La Nupes n’est ni un parti, ni un mouvement, mais une alliance électorale et un accord programmatique. Nous devrons écrire ensemble ce qu’elle sera demain pour entretenir l’espoir », mesure Fabien Roussel. Pour ce faire, les leaders des formations de gauche se sont accordés afin que les universités d’été des différentes formations contiennent un atelier réunissant des représentants des formations de la Nupes. « Nous avons besoin de nous parler, sans chichi et sans détour. Nous devons mettre en avant ce qui nous rassemble, mais aussi pointer nos limites », poursuit le parlementaire du Nord, élu dans l’une des quatorze circonscriptions où Marine Le Pen avait dépassé les 60 % face à Emmanuel Macron. Et d’ajouter  que « pour l’emporter demain, il nous faudra comprendre et analyser, ensemble, les raisons du vote en faveur de l’extrême droite ».

Par ailleurs, Fabien Roussel entreprendra un nouveau tour de France après l’été. «Je veux entendre ce que les Français ont à dire» assure-t-il. Un moyen pour le député communiste de continuer à marquer sa singularité tout en restant dans l’union.

Fabien Roussel plaide pour une rentrée sociale ambitieuse - Naïm Sakhi, L'Humanité, 12 juillet 2022
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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 06:52
Palestine. Face à Israël, l'opiniâtre résistance des Bédouins de Masafer Yatta - Pierre Barbancey. L'Humanité, 6 juillet 2022
Palestine. Face à Israël, l'opiniâtre résistance des Bédouins de Masafer Yatta

Près de 1 200 Bédouins de Masafer Yatta vivent dans la hantise de leur expulsion. Harcelés quotidiennement par les soldats et les colons israéliens, ils disent leur volonté de résister et de rester sur ces terres où ils sont nés. Reportage 

Publié le Mercredi 6 Juillet 2022 - L'Humanité

Masafer Yatta (sud de Hébron, Cisjordanie occupée), envoyé spécial.

Assis à l’ombre d’un arbre, Mohammad Ayoub enlace ses deux petites filles. Le sourire jusqu’aux oreilles, elles sont toutes deux vêtues d’une même robe orange à fleurs blanches. Comme des bourgeons de vie dans cet environnement austère. Le désert vallonné qui s’étend au sud de Hébron, grande ville méridionale de la Cisjordanie, est balayé par un vent bienvenu. D’étouffante, la chaleur en deviendrait presque caresse.

À 46 ans, Mohammad Ayoub a encore la possibilité de balayer du regard ce paysage de Masafer Yatta qu’il a toujours connu. Depuis qu’il a ouvert les yeux et où il espère les fermer – un jour lointain – pour toujours. Il sait en décrypter chaque signe, chaque mouvement, chaque changement. Ce qui, pour l’étranger, apparaît comme dénué de sens et de beauté n’a pas de secret pour lui. Il appartient à cette terre. Il incarne ce lieu rocailleux et rude, où l’on serre les dents plutôt que de pleurer. Son père, son grand-père et ses aïeux avant lui étaient ainsi. Ses enfants le seront… s’ils peuvent rester dans ce hameau que tout le monde nomme Al Fakhit.

Mohammad possède encore cette liberté, celle de la vision et du rêve. Pour combien de temps encore ? Le cauchemar pointe son nez de façon quotidienne. La triste et terrible réalité de l’occupation israélienne, qui a commencé il y a bien longtemps. « Quand j’étais jeune, il fallait qu’on cache la farine sinon les soldats y versaient de la terre. Nous étions contraints de rester dans les grottes pour faire comme s’il n’y avait personne. » Dans les années 1980, l’armée a décrété que cette zone était militaire, soit 3 000 hectares. Officiellement pour la transformer en terrain d’entraînement.

Des populations transportées de force

Dès 1985, les destructions d’habitations, de dépendances et même d’étables ont commencé. Les populations présentes sont essentiellement bédouines. Elles vivent de l’élevage, des produits laitiers et de l’agriculture. En 1999, les populations de 12 villages du secteur ont été contraintes de monter dans des camions et transportées de force dans une autre zone. À la suite d’un appel déposé par les Palestiniens, le tribunal israélien a émis une injonction leur permettant de revenir, mais seulement de manière provisoire. Depuis plus de vingt ans, les habitants vivaient avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, celle d’une éviction totale. « Cette peur est en permanence présente en nous », certifie Mohammad Ayoub.

Icon QuotePour l’ONU, ces expulsions pourraient « s’apparenter » à un crime de guerre.

Le 12 janvier dernier, les bulldozers israéliens, escortés par l’armée, sont ainsi arrivés pour détruire un abri qu’il avait construit pour ses animaux. « J’ai immédiatement reconstruit, mais en mai ils sont revenus. J’ai de nouveau rebâti l’abri et le 1er  juin ils ont de nouveau tout saccagé. Ils ont fait pareil avec mon voisin », s’emporte-t-il. Un peu plus loin, on distingue une école, surmontée du drapeau palestinien, construite par l’Union européenne (UE). Elle aussi doit disparaître. Le temps des grandes manœuvres a commencé. « Ce n’est pas un exercice : au cours du week-end, l’armée israélienne a commencé ce qui semble avoir été des préparatifs pour l’expulsion de quelque 1 000 résidents palestiniens de Masafer Yatta », alertait le 17 juin, dans un tweet, l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem.

Le triptyque de la mort

Le 4 mai, la Haute Cour d’Israël a pris une décision autorisant l’expulsion de 1 200 Palestiniens de la zone, dont 500 enfants, décision dont l’ONU a dit qu’elle « peut s’apparenter » à un crime de guerre. Parmi les juges, David Mintz, qui vit dans une colonie de Cisjordanie… Nidal Younes, chef du conseil de village de Masafer Yatta, estime que « la décision de la Cour est une décision raciste prise par un juge colonial. Nous nous sommes battus devant les tribunaux avec Israël au cours des vingt-deux dernières années et ce juge n’a eu besoin que de cinq minutes pour détruire la vie de 12 villages et de leur population qui dépend de la terre ».

L’Union européenne et les Nations unies ont condamné le verdict de la Cour israélienne. « L’établissement d’une zone de tir ne peut pas être considéré comme une « raison militaire impérative » pour transférer la population sous occupation », a déclaré le porte-parole de l’UE dans un communiqué. Des déclarations qui ont laissé de marbre les autorités israéliennes. « Elles voudraient qu’on soit dégoûté et qu’on parte de nous-mêmes, remarque Mohammad Ayoub. Mais on est chez nous, c’est notre terre. Nous sommes des fermiers et des bergers, nous n’avons pas d’autre choix. » Face à cette détermination, l’armée israélienne multiplie donc les destructions et les saisies de tracteurs. « Et les colons nous empêchent d’emmener nos troupeaux sur les collines », rappelle-t-il.

Mohammad Makhamreh, 19 ans, en sait quelque chose. La maison de ce jeune berger se trouve à quelques centaines de mètres de la ligne verte (ligne d’armistice de 1949) et l’armée y a installé, assez récemment, un camp, dans le cadre de ses exercices à munitions réelles (balles, obus, roquettes…). On ne peut même plus y accéder en voiture. D’énormes rochers barrent le sentier. Un soir où il tentait de regrouper ses moutons, il a entendu une grosse explosion. « Je me suis réveillé six jours après. J’avais perdu ma main droite, et j’avais le genou cassé. » Le jeune homme, pas plus que son père, Moussa, n’est pas dupe. « Ils font tout pour qu’on parte. Ils nous attaquent même la nuit et menacent de saisir nos moutons si on les laisse paître près de leur base. » L’arbitraire de l’occupation. Muhammad et sa mère tentaient de passer pour aller vendre leurs produits à la ville de Yatta lorsqu’ils ont été arrêtés par les soldats au motif qu’ils n’avaient pas le droit d’être là. «  Ils nous ont emmenés jusqu’à la colonie de Gush Etzion (distante de plusieurs dizaines de kilomètres – NDLR) et ne nous ont relâchés qu’au milieu de la nuit, sans moyen de transport. »

Sur les sommets, interdits aux bergers palestiniens, les avant-postes – des mobile homes qui servent à occuper les lieux avant l’autorisation formelle de création d’une colonie (toute aussi illégale) – se déploient comme des chenilles processionnaires. Ils font partie du dispositif global mis en place. L’armée pour chasser par la force, les juges pour faire croire à la justice et les colons, petits gangsters religieux qui incendient les champs, tabassent voire tuent les paysans palestiniens. Le triptyque de la mort, en quelque sorte. Si le village d’Um Al Kheir, porte nord-ouest de Masafer Yatta, n’est, pour l’instant, pas concerné par la décision d’expulsion, le harcèlement est quotidien.

« Selon les Israéliens, notre village n’existe pas »

Le village est la cible de la colonie – illégale – de Karmel, qui ne supporte pas ces Bédouins à ses portes. « Selon les Israéliens, notre village n’existe pas, dénonce Tarek Al Hathalin, 27 ans. Et comme, selon les accords d’Oslo, nous sommes en zone C, donc dépendants d’Israël pour l’administration et la sécurité, ils font ce qu’ils veulent et multiplient les démolitions. » Depuis les années 1980, comme les autres villages, Um Al Kheir subit les attaques répétées dans les moindres domaines de la vie. Le frère de Tarek a été tellement tabassé par les colons qu’il en a perdu la raison. Son oncle, Suleiman, connu pour sa capacité de résistance et de participation à toutes les manifestations, a été écrasé en janvier dernier par un colon. « Les colons sont des tueurs. » Il rajoute pourtant : « S’ils n’avaient pas eu cette mentalité, on aurait pu vivre ensemble. »

Tous les vendredis, des manifestations ont lieu. Les résidents palestiniens se rassemblent, soutenus par quelques activistes israéliens. Comme Omri, la vingtaine à peine passée. « Tout le sud de Hébron est soumis à un nettoyage ethnique », dénonce-t-il. Zoha, israélienne elle aussi ; regrette qu’ « en Israël, les gens sont persuadés que les Palestiniens veulent les détruire ». Ironie de l’histoire, ces mêmes Palestiniens portent dans une main les titres de propriétés ancestraux qu’ils possèdent et, dans l’autre, les ordres d’expulsion qu’ils ont reçus. Tous le proclament : « Nous ne partirons pas. » Assis à l’ombre d’un arbre, Mohammad Ayoub enlace ses deux filles plus fort que de coutume, les yeux rivés vers ce désert qu’il voudrait sans fin.

Icon TitreMort de Shireen Abu Akleh. Washington soutient la version israélienne

Les condamnations pleuvent en Palestine après l’enquête balistique du département d’État américain sur la mort de la journaliste Shireen Abu Akleh. Les conclusions avancent l’idée qu’elle aurait été « vraisemblablement » victime d’un tir israélien, sans se prononcer de façon définitive sur l’origine du projectile. Pire, les experts n’ont « aucune raison » de croire qu’il s’agissait d’un tir intentionnel, précise le département d’État.

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