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27 juillet 2022 3 27 /07 /juillet /2022 09:01
L’Internationale, l’hymne de la classe ouvrière

Écrite par Eugène Pottier dans les affres de la sanglante répression de la Commune de Paris, en 1871, la chanson attendra près de trente ans avant de rencontrer le succès et de devenir une référence mondiale.

L’Internationale, l’hymne de la classe ouvrière

es canons tonnent, les versaillais sont entrés dans Paris. Nous sommes en mai 1871, les communards sont massacrés, arrêtés, déportés par milliers. Dans l’effroi de cette « semaine sanglante », l’un d’eux, poète ouvrier, en plus de participer aux combats, résiste à sa façon, plume en main et regard tourné vers l’avenir. Un avenir socialiste (au sens de l’époque, bien sûr) et plein d’espoir, où l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

Il ne le sait pas encore, et ne le saura jamais, mais Eugène Pottier s’apprête à coucher sur le papier les paroles du plus célèbre des chants révolutionnaires. « Debout ! l’âme du prolétaire, écrit-il /Travailleurs, groupons-nous enfin./Debout ! les damnés de la terre ! /Debout ! les forçats de la faim !/Pour vaincre la misère et l’ombre/Foule esclave, debout ! debout ! /C’est nous le droit, c’est nous le nombre/Nous qui n’étions rien, soyons tout. » Vous y êtes ?

Même si la première version diffère de celle portée aujourd’hui encore dans les luttes, il s’agit bien de l’Internationale. Le refrain, lui, est semblable, c’est déjà « la lutte finale ». Clin d’œil amusant, au regard de la suite de son histoire, le texte est dédié à Gustave Lefrançais, un « collectiviste », partisan de Bakounine, autrement dit un anarchiste. « Ni dieu, ni césar, ni tribun »… tout s’explique.

Mais pour l’heure, le poème reste dans les cartons. Au fil des ans, paraissent plusieurs recueils de chansons de Pottier : pas de trace de l’Internationale. Il faut dire que l’auteur n’en est pas totalement satisfait. « Il ne s’est décidé à le publier qu’après l’avoir largement corrigé et remanié », explique l’historien Robert Brécy, soit en 1887. Des six couplets – oui, six alors que d’ordinaire désormais seuls trois sont fredonnés –, certains sont revus, d’autres totalement réécrits. Apparaissent alors des passages parmi les plus connus, dont le fameux « Du passé faisons table rase ». Mais le succès mondial n’est pas encore au rendez-vous lorsque Pottier meurt en novembre 1887. Pour cela, il faudra le concours d’un autre artiste ouvrier.

La consécration vient de Moscou

À l’époque, les chorales populaires font florès dans le Nord, et c’est pour celle de la Lyre des travailleurs que le dirigeant socialiste lillois Gustave Delory demande, en 1888, à Degeyter, de mettre en musique le poème pioché dans le répertoire des Chants révolutionnaires édité l’année précédente. Là naît un mystère. Car des Degeyter, on en compte deux : Adolphe, né en 1859, et son aîné de onze ans, Pierre. Chacun des deux frères revendique la paternité de la musique qui a largement contribué à la célébrité de l’Internationale. Un procès se tient en 1908. «  Adolphe Degeyter, défendu par Jules Uhry, fut ainsi reconnu par un jugement officiel comme le vrai père de l’Internationale », rappelle le Maitron. Mais la postérité se rangera du côté de Pierre. De son vivant, présumé auteur, il subit d’ailleurs les foudres du patronat lillois, qui le boycotte.

Mais, revenons à la chanson. Paroles et musique vont désormais de pair, et le retentissement du nouvel hymne de la classe ouvrière est presque immédiat. Il s’impose d’abord dans le Nord et, avant la fin du siècle, il est le chant de ralliement de tous les socialistes français. « C’est celui que peuvent chanter tous ceux qui se réclament du mouvement ouvrier, qu’ils soient socialistes, anarchistes, syndicalistes ou politiques », résume l’historien Roger Martelli. La consécration viendra de la Russie révolutionnaire, quand l’URSS décide de le faire sien, avant d’inviter Pierre Degeyter à Moscou pour célébrer son 40 e anniversaire. Mais son tour du globe débute en réalité quelques années auparavant, lorsqu’en septembre 1900 le congrès de la IIe Internationale l’adopte. « Alors qu’en 1891, rappelle Brécy, les congressistes avaient chanté la Marseillaise, considérée comme “hymne révolutionnaire international”. »

D’ailleurs, on dit parfois que Pottier a composé sa chanson avec en tête l’air de Rouget de Lisle. Si cela reste une hypothèse (mais vous pouvez faire le test, ça fonctionne), un lien étroit demeure dans les décennies qui suivent. « La force du Parti communiste, à partir du Front populaire, est de se rappeler que la Commune a en héritage la Grande Révolution, de mêler “les plis du drapeau rouge et ceux du drapeau tricolore”, de marier l’Internationale et la Marseillaise  », assure Roger Martelli. Encore aujourd’hui, les deux chants résonnent l’un après l’autre dans ses meetings. Comme un écho à un autre poème, celui d’Aragon : « Une autre chanson française/ À ses lèvres est montée/Finissant la Marseillaise /Pour toute l’humanité. »

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27 juillet 2022 3 27 /07 /juillet /2022 05:45

 

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27 juillet 2022 3 27 /07 /juillet /2022 05:29

 

AUDITION DU PREMIER PRÉSIDENT DE LA COUR DES COMPTES EN COMMISSION DES FINANCES

Merci Monsieur le Président,

Vous me permettrez de parler impôts, je sais que c’est un mot qui fait hurler beaucoup de nos collègues, bah oui !

Mais l’impôt… On parle déficit, on parle dette, on parle toujours excès de dépenses mais jamais de déficit de recettes, dont on pourrait s’inspirer.

J’ai lu un article récent de Monsieur Patrick Artus, qui n’est pas un révolutionnaire patenté, qui dit « la baisse de la fiscalité du capital est un échec ». Il cite la suppression de l’ISF, la mise en place de la flat tax, et il illustre son propos en disant que le taux d’épargne a augmenté grâce à ces mesures ces dernières années, passant de 12 à 17%, et qu’à l’inverse, le taux d’investissement dans les entreprises est passé de 5 à 3%. Et les investissements en général, très majoritairement, vont sur des actifs déjà existants. Donc très peu d’impact sur la création d’emplois et de l’activité. Ça pose quand même question, ça nourrit l’inflation des fortunes, je vous invite à acheter le magazine Challenges de la semaine dernière, les titres sont absolument magnifiques. + 315% d’augmentation entre 2010 et 2022 des fortunes industrielles de ce pays. Ça n’est pas rien, donc on voit à qui ça profite tout cela.

Alors, ce gouvernement rejette par principe toute hausse d’impôt, et pourtant, il y a des gens qui portent cette idée, des gens qui ne sont pas tous des économistes alternatifs, il y a des économistes même libéraux qui avancent l’idée qu’on pourrait augmenter l’impôt sur le revenu pour les hautes tranches. Les Britanniques l’ont fait là, ils vont taxer les profits des compagnies pétrolières, de manière exceptionnelle, mais pour un peu faire payer les gagnants de la pandémie et de la crise, qui sont une réalité quand même. Voilà, 25%, ce qui devrait dégager 5 milliards de livres dans leur budget. Voilà une idée.

Et j’ai lu également une déclaration de Madame Georgieva, qui est la cheffe du FMI, c’est son titre, et qui préconisait également d’augmenter l’impôt sur les hautes tranches, et en disant que ça ne pénaliserait nullement la croissance des économies des Etats concernés.
Donc il y a eu des gagnants dans cette pandémie, on peut vous en citer pas mal, regardez le classement de Challenges, ça vaut le coup d’y réfléchir.

Un mot sur les collectivités. Solliciter à nouveau les collectivités pour contribuer au redressement des comptes publics, ce n’est pas juste. Parce que la dette des collectivités, la part de leur dette sur la dette totale de ce pays, c’est invariablement depuis 30 ans 8-9% globalement.
Deuxième chose, les budgets des collectivités, vous le savez, doivent être équilibrés à l’euro près, c’est la loi. Ce que l’Etat ne s’autorise pas à faire depuis 47 ans, puisqu’on vote régulièrement un budget en déficit. Et puis les emprunts que les collectivités contractent, vous le savez, servent à financer l’investissement, et non pas le fonctionnement. Et les collectivités représentent encore dans ce pays, je crois, 70% de l’investissement public dans l’économie française. Donc source de croissance, de développement, d’emplois et d’amélioration des comptes publics.
Merci.

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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 08:51
L’apartheid israélien dénoncé à l’Assemblée

Parlement Un texte soutenu par le groupe PCF et des élus insoumis, socialistes et écologistes vise à obtenir de la France la dénonciation du régime de ségrégation dont est victime le peuple palestinien.

 

Plusieurs députés de gauche, à l’initiative des communistes, font de la question palestinienne une priorité. L’élu PCF Jean-Paul Lecoq, par ailleurs vice-président de la commission des Affaires étrangères, a déposé, mi-juillet, une proposition de résolution « condamnant l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien » et invitant la France à « reconnaître la Palestine comme un État souverain et autonome », comme l’ont déjà fait 139 pays. Ce texte a été cosigné par 38 députés issus des quatre groupes de gauche. En décembre 2014, déjà, les représentants de la nation avaient majoritairement invité, sans succès, le « gouvernement français à reconnaître l’État de Palestine en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit ».

Citant la fameuse phrase de Nelson Mandela, prononcée en 1997 –  « Notre liberté est incomplète sans celle des Palestiniens » –, les signataires rappellent que « tous les critères pour qualifier le régime d’apartheid mis en place par l’État d’Israël sont réunis », dont l’organisation d’un « régime institutionnalisé d’oppression et de domination systématique par un seul groupe racial ». Le texte ajoute ­qu’Israël « exprime une intention claire de maintenir le régime d’apartheid » et « a perpétré plusieurs actes inhumains énumérés par la Convention sur le crime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien ».

Des voix s’élèvent aussi à l’ONU

Le texte s’appuie pour cela sur les récentes analyses d’organisations des droits humains, internationales comme Human Rights Watch et Amnesty International, ou israélienne, à l’instar de B’Tselem, qui, toutes, dénoncent l’apartheid mis en place par Israël. Il cite également le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. Le 25 mars, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, par la voix de son rapporteur spécial, Michael Lynk, a reproché à la communauté internationale d’avoir permis à Israël d’avoir « instauré pendant des décennies d’occupation un système politique » qu’il a qualifié d’ «apartheid ».

Les signataires demandent également la « reconnaissance de l’État de Palestine » par la France. Dans ce sens, celle-ci pourrait être « à l’initiative au sein de l’Union européenne ». Ils insistent aussi sur la « reconnaissance de la légalité de l’appel au boycott des produits israéliens », la France ayant été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir criminalisé ce qui est un acte citoyen et de liberté d’expression, Israël étant un État. Enfin, ces députés invitent le gouvernement à appeler à l’ONU à un embargo sur les fournitures d’armes à Israël et à imposer des « sanctions ciblées » aux responsables israéliens « les plus impliqués dans le crime d’apartheid ».

Pour Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne, « ces 24 pages transpirent la détestation d’Israël », comme il l’a dénoncé sur Twitter. « Il ne s’agit évidemment pas d’une initiative de la Nupes, jamais évoquée ni a fortiori décidée dans notre intergroupe (sic). Des députés PC, FI, EELV et PS l’ont signé individuellement », assure- t-il, ajoutant que le PS ne suit « pas du tout ces positions ».

les Attaques du crif et de la licra

Sans surprise et comme à chaque fois que la moindre critique s’exprime à l’encontre d’Israël, le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) y voit « le reflet d’un antisémitisme, qui s’affuble du masque de l’antisionisme », qui contribuerait à « attiser la haine » en France « au mépris de la sécurité des Français juifs ». « Nous ne laisserons pas s’exprimer cet antisémitisme obsessionnel d’une certaine “gauche” qui déshonore la République et cherche à enflammer l’opinion », a aussi tweeté la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Israël serait ainsi un État au-dessus des lois internationales. Le texte, pourtant, soutient une solution fondée sur « la coexistence de deux États, sur la base des frontières de 1967 ». Comme l’a rappelé, vendredi, à Paris, le président palestinien Mahmoud Abbas, alors qu’il était reçu par Emmanuel Macron, aucune des centaines de résolutions des Nations unies concernant Israël n’a jamais été appliquée !

Pour être débattu dans l’Hémicycle, il faudrait que ce projet de résolution soit inscrit à l’ordre du jour par le groupe communiste à l’occasion d’une journée réservée à ses textes. Présenté en séance, il devrait permettre d’avoir un échange sur la situation au Proche-Orient et de sortir des vagues déclarations sur la solution à deux États ou sur les condamnations d’une colonisation et d’une occupation israéliennes qui se poursuivent.

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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 05:43

Depuis le plan Balfour de 1917 jusqu’à la promulgation de la loi « Israël, Etat-nation du peuple juif » en 2018, retrouvez les dates clés et une frise chronologique portant sur la question israélo-palestinienne.

 

01 : 1917 - Déclaration Balfour

Lord Balfour, au nom du gouvernement britannique, promet au mouvement sioniste (créé en 1897)
« l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine... ». Les droits politiques (à partir de 1922) des non-juifs, 90% de la population, ne sont pas évoqués ! Le Mandat britannique sur la Palestine intègre la déclaration Balfour et verra un afflux, organisé par le mouvement sioniste, de juifs européens fuyant les persécutions et le nazisme. Révoltes et grèves (en 1936) des Palestiniens contre l’occupation britannique et la colonisation qui les dépossèdent.

 

02 : 1947 - Plan de partage de la Palestine en deux États

Le 29 novembre 1947, dans le contexte post génocide des juifs en Europe, l’Assemblée générale de L’ONU recommande (Résolution 181) un plan de partage de la Palestine avec :

  • un « État juif » sur 56% du territoire, alors que la population juive (34%) n’en possède que 7%, où résident 955 000 personnes, dont 45% de non-juifs.
  • un « État arabe » où résident 755 000 personnes dont 10 000 juifs.
  • un statut international pour le secteur de Jérusalem.

Les dirigeants du mouvement sioniste acceptent ce plan comme première étape. Les Arabes palestiniens et les États arabes refusent ce plan absurde (7 morceaux imbriqués !) et cette dépossession injuste.

A partir de fin 1947 les Palestiniens fuient les violences (terreur, massacres, destructions...), c’est le début de l’expulsion, de la Nakba (catastrophe). Le Plan Dalet organise le nettoyage ethnique de dizaines de villages comme Deir Yassine et villes : Jaffa, Haïfa, Safed, Tibériade, Jérusalem-Ouest...

 

03 : 14 mai 1948 - Proclamation unilatérale de l’Etat d’Israël 1re guerre israélo-arabe

Le 15 mai l’Égypte, la Jordanie, l’Irak et la Syrie entrent en guerre mais seront vaincus ainsi que la résistance palestinienne. L’armée israélienne continue le nettoyage ethnique.
Un accord d’armistice définissant une ligne de démarcation (la Ligne verte) est signé en 1949 :

  • • L’État d’Israël contrôle alors 77% du territoire de la Palestine d’où 80% de la population non-juive a été expulsée. Israël n’a jamais défini ses frontières.
  • • La Jordanie annexe la Cisjordanie, l’Égypte administre la bande de Gaza.
  • • Depuis fin 1947 plus de 500 villages et quartiers ont été détruits, 800 000 Palestiniens ont été expulsés. Après le 15 mai 1948, 10 000 juifs ont été expulsés de Cisjordanie.
    La résolution 194 de l’ONU du 11/12/1948 reconnait le droit au retour des réfugiés palestiniens.

 

04 : 1956 - Crise du canal de Suez : 2e guerre israélo-arabe

À la suite de la nationalisation du canal de Suez, la France, le Royaume-Uni et Israël attaquent l’Egypte. Israël occupe la bande de Gaza et le Sinaï puis les restitue sous pression américano-soviétique.

 

05 : 1966 - création de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP)

L’OLP réunit plusieurs mouvements (Fatah, FPLP...), associations et syndicats.

 

06 : 5 au 10 Juin 1967 - 3e guerre israélo-arabe

Cette guerre dite des « Six jours » a été voulue et planifiée par Israël qui attaque et occupe le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie dont Jérusalem-Est, et le Golan syrien. Environ 350 000 Palestiniens sont expulsés. La colonisation débute, Israël annexe Jérusalem-Est et déclare Jérusalem comme sa capitale : faits accomplis contraires au Droit international et condamnés par la communauté internationale.
Le 22 novembre 1967, l’ONU adopte la résolution 242 qui demande notamment le retrait des territoires occupés.

 

07 : Octobre 1973 - 4e guerre israélo-arabe

L’Égypte et la Syrie attaquent Israël dans le but de récupérer les territoires occupés en 1967. Israël sera victorieux mais restituera une partie du Golan à la Syrie et le Sinaï à [’Égypte (1979).

08 : 1982 - Guerre du Liban (Invasion Israélienne)

Massacres de Sabra-Chatila (Camp de réfugiés palestiniens à Beyrouth)

 

09 : Décembre 1987 - Début de la Première Intifada (soulèvement)

Mouvement de résistance populaire et non armé. Jeunes, enfants, femmes, commerçants, intellectuels, employés, paysans... protestent contre l’occupation et mettent en place des structures agricoles, sanitaires, éducatives... L’armée d’occupation réprime : milliers de blessés et de prisonniers. Tous les partis sont actifs dont le Hamas qui émerge à ce moment.

 

10 : 15 novembre 1988 - Déclaration d’indépendance de la Palestine

Par le Conseil National Palestinien (Parlement en exil à Alger) qui reconnait les résolutions des Nations unies (181, 242 et 338) et donc l’État d’Israël. Yasser Arafat, président de l’OLP, renonce totalement au terrorisme.

 

11 : 1993 - Signature, à Washington, des accords d’Oslo

Dans le contexte post guerre du Golfe, post guerre froide, épuisement de Intifada... Yasser Arafat signe, au nom de l’OLP, avec Yitzhak Rabin une déclaration de principe israélo-palestinienne négociée à Oslo qui reflète l’asymétrie des forces. Arafat reconnait l’État d’Israël et son « droit » « à vivre en paix et dans la sécurité ». Rabin reconnait « l’OLP comme représentant légitime du peuple palestinien » mais pas l’État de Palestine ni son droit « à vivre en paix et dans la sécurité ». Une solution définitive aux questions essentielles (frontières, colonies juives, réfugiés, Jérusalem...) doit être trouvée dans les cinq ans.

25 février 1994 : massacre de 29 fidèles (et 129 sont blessés) dans la mosquée d’Hébron par un colon juif. Yitzhak Rabin ne sévit pas contre ces colons les plus extrémistes ce qui brise la confiance de beaucoup de Palestiniens dans ledit Processus de Paix. Avril 1994 : début d’attentats suicides par des groupes palestiniens.

Le second accord intérimaire (Oslo 2) du 28 septembre 1995 met en place l’Autorité palestinienne (AP) et les zones A (3% sous contrôle AP), B (27%, contrôle mixte) et C (70% sous contrôle israélien). La colonisation s’accélère, mise en place de barrages et d’enclaves palestiniennes (Gaza, Jéricho...). Le piège d’Oslo se concrétise, la Communauté Internationale laissant faire la puissance occupante avec laquelle l’Union européenne signe même un accord d’association.

Yitzhak Rabin est assassiné le 28 septembre 1995 par un extrémiste juif.

 

12 : 2000 - Début de la deuxième Intifada

Juillet 2000 : échec du sommet de Camp David, les dirigeants israéliens voulant notamment annexer une partie de la Cisjordanie, la souveraineté sur Jérusalem et enterrer le droit au retour des réfugiés.
28 septembre 2000 : début d’un soulèvement à la suite de la visite d’Ariel Sharon, chef du parti Likoud, sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem. Cette Intifada pour partie armée laisse peu de place à la société civile, contrairement celle de 1987. L’armée israélienne envahit les villes de la Zone A et assiège Arafat à Ramallah.

La répression israélienne est terrible : environ 3500 tués, massacres (à Jénine, Naplouse...), assassinats de dirigeants, milliers de prisonniers, destructions d’habitations et d’infrastructures... Les attentats palestiniens en Israël font environ 1000 morts.

 

13 : 2002 - Début de la construction du Mur israélien de séparation

En réalité, il sépare des Palestiniens vivant de chaque côté du Mur, les isole de leurs champs, travail, écoles... et annexe 9% de la Cisjordanie avec des ressources importantes d’eau.

Ce mur d’annexion et d’apartheid est condamné le 9 juillet 2004 par la Cour Internationale de Justice.

 

14 : 2005 - Retrait israélien de la bande de Gaza

Retrait unilatéral, non négocié avec l’Autorité palestinienne, avec évacuation des 9 000 colons. Toutes les issues terrestres et maritimes restent contrôlées par l’armée israélienne.

 

15 : 25 janvier 2006 - Victoire du Hamas aux élections

Élections législatives reconnues transparentes par les observateurs internationaux. Le Hamas obtient 76 sièges au parlement, le Fatah 46.

 

16 : Juin 2007 - début du blocus de la bande de Gaza

En juin le Hamas prend le contrôle des services de sécurité dans la bande de Gaza.
Aussitôt Israël impose un blocus quasi total isolant ses habitants, dont 70% sont des réfugiés, du reste de la Palestine et du monde, et les privant de produits alimentaires, sanitaires, de carburants, d’électricité... Le chômage et la pauvreté explosent.

 

17 : 2008-2009 - Agression israélienne sur la bande de Gaza

Pendant 23 jours la bande de Gaza subit les bombardements aériens, terrestres et maritimes. 1 400 personnes sont tuées et 5 300 blessées, en grande majorité des civils. 13 israéliens sont tués, surtout des militaires, par la résistance palestinienne.

 

18 : 31 octobre 2011 - La Palestine devient membre à part entière de l’UNESCO

 

19 : 29 novembre 2012 - L’Assemblée générale de l’ONU accorde à la Palestine le statut d’État non-membre de L’ONU

 

20 : 2014 - nouvelle agression généralisée contre La bande de Gaza

À la suite notamment de l’accord de réconciliation Fatah-Hamas du 24 avril, attaques aériennes par l’armée israélienne puis terrestres pendant 50 jours à partir du 8 juillet 2014 : 2 251 Palestiniens sont tués (dont 65% de civils), destructions massives... 78 Israéliens sont tués dont 64 soldats par la résistance palestinienne. Roquettes palestiniennes sur Israël.

 

21 : Le 1er avril 2015 : La Palestine devient membre de La Cour pénale internationale

La Palestine devient le 123e membre de la Cour Pénale Internationale de La Haye. Elle peut désormais y agir en qualité d’État et y voter.

 

22 : Le 23 décembre 2016 : L’ONU condamne La colonisation israélienne

Le Conseil de Sécurité de l’ONU adopte la résolution 2334 condamnant la colonisation israélienne dans le territoire palestinien occupé. Le texte est adopté grâce à l’abstention des États-Unis.

 

23 : 30 mars 2018 : Lancement des « Grandes marches du retour » à Gaza

Mouvement de protestation pacifique pour la levée du blocus et le droit au retour. Réprimé par les armes israéliennes de manière disproportionnée. L’ONU : 214 Palestiniens tués, 16 499 blessés dont 7 000 par balles réelles, 156 seront amputés. 8 Israéliens ont été blessés.

 

24 : 19 juillet 2018 : Promulgation par Israël de La loi dite « Israël, État-nation du peuple juif »

Cette loi fondamentale ne reconnaît le droit à l’autodétermination qu’au seul « peuple juif », fait de la colonisation une valeur nationale et retire à l’arabe son statut de langue officielle au côté de l’hébreu. Cette loi institutionnalise le régime d’apartheid, qui a fait l’objet de rapport par les ONG B’Tselem, Amnesty International et Human Rights Watch.

 

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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 05:25

 

 

Il y a quelques jours, l’ONU a rendu son rapport sur l’évolution de la population mondiale. Celui-ci a fait peu de bruit, c'est à se demander si les responsables politiques s’intéressent encore à la démographie et aux réalités.

Ce rapport soulève pourtant quelques bouleversements mondiaux.

Le premier constat est que la population continue à croître. Nous devrions arriver aux 8 milliards d’habitants d’ici 2022 mais le nombre d’habitants sur terre devra cesser de croître plus tôt que prévu. L’équilibre démographique devrait être atteint vers 2080 avec 10,4 milliards de personnes. Dès 2023, l’Inde devrait devenir le pays le plus peuplé au monde.

Un deuxième constat est que la pandémie de covid-19 a provoqué une surmortalité de 14,9 millions d’individus en 2020 et 2021 mais elle est restée sans conséquence sur le taux de fécondité mondial.

Un troisième constat est le vieillissement de la population. Le groupe d’âge qui enregistre la croissance la plus rapide est constitué des personnes de 65 ans et plus. Le nombre de personnes âgées dans le monde dépassera d’ici 2050 celui des adolescents et des jeunes de 15/24 ans. Il est évident que ce constat va avoir des conséquences très importantes et devra être pris en compte dans les choix politiques de santé et de protection sociale.

Le quatrième constat est au sujet des déplacements de population. Les personnes vivant en dehors de leur pays d’origine étaient au nombre de 272 millions de personnes en 2019, ce qui représentait 3,5% de la population mondiale et il est bon de rappeler que c’est l’Asie qui abrite le plus grand nombre de migrants (personnes vivant en dehors de leur pays d’origine) mais aussi que l’Afrique est le continent qui a connu la plus forte hausse de migrants internationaux accueillis. Ce constat, en y ajoutant le vieillissement de la population, en particulier en Europe, rend totalement délirant les politiques d’Europe forteresse comme l’a dit lors d’une interview Souleymane Boel, un scénariste vivant à Trappes « Si la terre à des frontières, les rêves des migrants n’en auront jamais ».

Le cinquième constat est que la population vivant en ville continue d’augmenter. À l’heure actuelle, environ 55% de la population mondiale vit en ville et ce taux approchera certainement 70% en 2050. Cette urbanisation est particulièrement vraie en Asie et en Afrique. Cette forte croissance de l’urbanisation crée un problème mondial concernant le logement, les infrastructures d’assainissements et de transports. Rappelons le déséquilibre énorme que cela crée, les villes occupent moins de 2% du territoire mondial mais produisent 80% du produit intérieur brut mondial.

Si la politique c’est prévoir et bien voilà des constats qui doivent clairement nous amener à réfléchir, prendre des décisions de développement durable, de respect de la dignité humaine, de leur choix, de culture de paix sans avoir peur de l’avenir et des déplacements de population.

Cécile Dumas

Responsable-adjointe du secteur international

Responsable de l'Amérique latine et des questions migratoires

 

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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 05:22

Le ministère de l'Économie va transmettre le Programme de stabilité à la Commission européenne prévoyant notamment de contenir à 0,6 % par an la hausse de l'ensemble des dépenses publiques jusqu'en 2027, de reculer l'âge de départ en retraite ou encore de continuer à dégrader les droits des privés d'emploi.

Ce tour de vis financier a un nom : l'austérité !

 

L'austérité pour les dépenses utiles au pays, pour les services publics qui sont pourtant déjà en grande difficulté comme l'école ou la santé, pour les familles et le monde du travail, pour répondre au défi climatique.

L'austérité encore et toujours pour les collectivités territoriales et les services publics locaux qu'elles assurent. Déjà, le gouvernement se refuse à compenser le coût de l'augmentation du point d'indice des fonctionnaires sur les budgets locaux, alors que les agents publics des collectivités exercent leurs missions au nom de l'État. Comme il se refuse à compenser l'augmentation des dépenses de RSA engagées par les Départements, alors que l'État est responsable des politiques publiques en matière d'emploi.

Pas d'austérité par contre pour les grandes entreprises qui bénéficieront de nouvelles baisses des impôts de production et d'exonérations de cotisations sociales qui privent la sécurité sociale des ressources essentielles à son fonctionnement.

Pour les communistes, à l'opposé des réformes programmées, le droit à la retraite à 60 ans à taux plein et la sécurisation de l'emploi et de la formation sont des chantiers urgents à ouvrir. Et les services publics ne sont pas un « coût » à réduire pour sortir le pays de la crise. Ils sont au contraire les garants de l'égalité des droits, quand les lois du marché ne garantissent que ceux des plus riches. Ils sont le levier pour affronter le défi climatique et pour faire face au chaos économique qui s'annonce, pour soutenir les TPE-PME et nos grandes filières. Ils sont indispensables pour sortir de l'ornière creusée par des décennies de politiques au service du capital.

Les Français et les Françaises peuvent compter sur le PCF pour combattre ce nouveau programme d'austérité et être une force de proposition pour mobiliser autrement les richesses, pour l'emploi, les salaires, pour l'extension et le développement des services publics, la reconquête industrielle et la révolution écologique.

Avec le financement par la BCE d'un fonds à 0 % pour ces objectifs, au lieu de continuer à déverser des centaines de milliards d'euros vers les marchés financiers.

Avec la remise à plat des 160 Mds d'aides aux entreprises, essentiellement accaparées par les multinationales, le rétablissement des impôts sur les grandes sociétés supprimés pendant le précédent quinquennat.

Le PCF appelle, dès la rentrée, à la mobilisation la plus large dès la rentrée pour mettre en échec gouvernement et Commission européenne sur leur projet d'austérité budgétaire.

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25 juillet 2022 1 25 /07 /juillet /2022 05:42

Si le combat des Ukrainiens bénéficie d’un large soutien international, celui offert aux Palestiniens luttant contre l’occupation est bien chiche, du moins sur le plan diplomatique, quand il n’est pas criminalisé, dénonce l’ex-président de Médecins sans frontières dans une tribune au « Monde ».

 

Cette tribune a été publiée originellement dans le quotidien le Monde

L’invasion de l’Ukraine par la Russie et la guerre qui s’en est suivie occupent le devant de la scène internationale, reléguant en coulisse la quasi-totalité du monde non européen. Un observateur naïf pourrait se réjouir, au vu de la vigueur des réactions occidentales à cette agression, que progresse le droit international, et donc le respect de la souveraineté dans ce qu’elle a d’inattaquable, à savoir l’intégrité territoriale qu’est censée protéger la Charte des Nations unies.

La Cour pénale internationale (CPI) a d’ailleurs dépêché, avec une inhabituelle célérité, une équipe de 42 enquêteurs afin de collecter les éléments de preuves de crimes de guerre. Qu’il déplace quelque peu son regard vers le Moyen-Orient, et notre observateur sera vite déçu, voire choqué. Ce qui vaut, à juste titre, réprobation, disgrâce et contre-attaques multiples dans le cas de la Russie n’attire, au mieux, que molles protestations de forme dans le cas d’Israël.

Ici, l’invasion, la dépossession, l’annexion ne conduisent pas à des sanctions. L’occupation militaire, la colonisation de territoires occupés, crime de guerre au quotidien et au ralenti, n’a fait l’objet que de timides démarches de la part de la CPI. Ici, les mots qui fâchent sont évités par les gouvernements occidentaux au profit de formulations usées jusqu’à en devenir anachroniques : face aux exactions de l’armée israélienne et des colons qu’elle protège, on fait mine de s’inquiéter de la mise en danger d’un « processus de paix » mort et enterré depuis plus de vingt ans, on ânonne son souhait d’une « solution à deux Etats », invocation rituelle desséchée, et l’on passe à autre chose.

Citoyens de second rang

Relevons cependant que le mot « apartheid » a fait, ces dernières années, son apparition dans le vocabulaire diplomatique occidental. Non comme une qualification applicable, mais comme un risque en cas de poursuite de la colonisation. Comme pour répondre à ces mises en garde, le gouvernement israélien a fait voter [en juillet 2018] la loi sur « l’Etat-nation d’Israël », qui crée des citoyens de second rang et dispose que « l’Etat considère le développement d’implantations juives comme une valeur nationale et fera en sorte de l’encourager et de le promouvoir ». Ce que le gouvernement Netanyahou a fait voter, officialisant une situation de fait datant des années 1970, le gouvernement Bennett le met en œuvre sans faillir. Rappelons cette phrase, prononcée par l’actuel premier ministre d’Israël [en 2013], au détour d’une interview : « J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie, ça ne pose aucun problème. » Ou encore, ailleurs [en 2012] : « Je ferai toujours tout ce qui est en mon pouvoir pour faire obstacle à un Etat palestinien sur la terre d’Israël. » On ne saurait être plus clair.

L’attaque des funérailles de la journaliste Shireen Abu Akleh, abattue le 11 mai lors d’un reportage à Jénine [en Cisjordanie occupée], en dit long sur la « poutinisation » de la société et de la politique israéliennes. Il fallait oser s’en prendre aux porteurs d’un cercueil, envoyer des nervis contre un enterrement. Ils l’ont fait, et sous l’œil des caméras, sans honte, comme un bras d’honneur adressé au monde. Pendant ce temps, saisies de terres, expulsions, destructions, arrestations administratives et blocus se poursuivent. Près de 350 Palestiniens sont tombés sous les balles israéliennes depuis janvier 2021.

Combat légitime

Les Ukrainiens mobilisés pour la souveraineté de leur pays mènent un combat légitime, pour lequel ils bénéficient d’un large soutien. Les Palestiniens résistant à l’occupation de leur pays ne sont pas moins légitimes, mais le soutien qui leur est dû est chiche, du moins au plan diplomatique, quand il n’est pas criminalisé. Salah Hamouri, avocat franco-palestinien œuvrant à la défense des prisonniers palestiniens, en sait quelque chose, pour avoir passé des années en prison, et maintenant en détention administrative, sans preuves, sans recours, sans soutien réel des autorités françaises.

Et que dire de la pénalisation du soutien au mouvement de « boycott, désinvestissement, sanctions » (BDS) lancé par des ONG palestiniennes en 2005 ? Rappelons que la circulaire Alliot-Marie de 2010 prescrivait de poursuivre les appels au boycott des produits israéliens en raison de leur supposé caractère discriminatoire. C’était en 2013, douze personnes furent condamnées en appel. Le dénouement de cette affaire est toutefois encourageant, puisque, dans son arrêt du 11 juin 2020, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a qualifié ces sanctions d’entrave à la liberté d’expression, entraînant l’annulation des condamnations. Si le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, n’a pas jugé bon d’abroger la circulaire Alliot-Marie, le soutien au BDS n’est plus un délit. C’est à la CEDH, et non au gouvernement français, que nous devons cette avancée.
Les mesures de rétorsion prises à l’encontre de la Russie relèvent, stricto sensu, du « boycott, désinvestissement, sanctions ». C’est, notamment, au nom du respect du droit international que l’Europe les a adoptées. En ce même nom, elle ne peut se détourner des violations commises sous occupation militaire israélienne en Palestine. On attend d’elle, au minimum, qu’elle cesse l’importation de biens et services produits dans les colonies, sous peine d’entretenir une occupation qu’elle dénonce par ailleurs.

Une initiative citoyenne européenne, « #stopsettlements », est en cours. Elle vise à rassembler un million de signatures appelant à l’interdiction du commerce avec les colonies implantées dans les territoires occupés. Le succès de cette initiative obligerait la Commission européenne à inscrire cette question à son agenda. Il faut soutenir cette campagne.

Rony Brauman est médecin, essayiste, et ancien président de Médecins sans frontières.

Crédits photo : Ronan Shenhav / Flickr Creative Commons

 

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25 juillet 2022 1 25 /07 /juillet /2022 05:18

 

 

Contrairement aux apparences, l’étatisation de l’entreprise publique Électricité de France n’est pas une bonne nouvelle. De considérables enjeux rôdent autour de cette annonce, alors que la crise énergétique prend chaque jour un peu plus d’ampleur. La peur d’une grande panne cet hiver se répand dans les entreprises. Des rationnements sont même envisagés pour les particuliers. EDF est au bord de l’effondrement financier. Sa notation par les agences liées aux marchés financiers et aux bourses a frôlé la chute libre.


En cause ? Les abyssales pertes de l’entreprise qui pourraient avoisiner des sommes astronomiques, entre 10 à 15 milliards d’euros. L’endettement du groupe fait un bond saisissant en passant de 40 milliards d’euros en 2021 à 70 milliards cette fin d’année. Pourquoi ces chiffres sont-ils cachés, y compris dans le discours de politique générale de la Première ministre ?


Cette situation préoccupante ne tombe pas du ciel. Il faut en rechercher les causes dans les décisions dogmatiques de la Commission européenne et des gouvernements successifs qui les ont appuyées en déréglementant le « marché de l’énergie » au bénéfice de fournisseurs « alternatifs » qui ne produisent pas le début d’un kilowatt d’électricité.

Au nom d’un bouclier énergétique, le gouvernement a en effet imposé à EDF d’augmenter ses volumes d’électricité nucléaire vendue à ses concurrents en l’obligeant à acheter sur « le marché » au prix cher les quantités d’électricité qu’elle est incapable de produire. Elle achète donc de l’énergie chère, aux alentours de 300 € le MWH, pour les revendre 30 € le MWH à des entreprises qui ne font que commercialiser cette même électricité. Cette opération suicidaire va coûter, au bas mot, 8 milliards d’euros à la société publique. Elle est ainsi volontairement mise à sac, alors qu’elle doit supporter les coûts de production et l’entretien des centrales dont une importante partie est actuellement en maintenance.

 

Le gouvernement aurait dû prendre la même décision que le gouvernement espagnol en sortant « du marché européen » de l’électricité. S’il avait diminué la TVA à 5,5%, s’il ne s’était pas lancé, sur injonction de M. Macron, dans les aventures de l’EPR Hinkley Point au Royaume-Uni, ou dans les tribulations de la construction de celui de Flamanville, nous n’en serions pas là.


À ces difficultés financières, il faudra ajouter 12,5 milliards d’euros pour le remboursement des actionnaires minoritaires. Il est sidérant que le Président de la République n’ait dit mot de cette funeste opération durant sa campagne électorale.

Mieux, le ministre de l’Économie, Bruno Lemaire, a annoncé qu’il n’y aurait pas de débat au parlement sur ces lourds problèmes. L’opacité reste donc de rigueur.


La vérité est que ce projet « d’étatisation » vise deux objectifs : nationaliser les pertes, tandis que les profits seront privatisés. Et, derrière cette opération, se cache le projet destructeur de démembrement de l’entreprise en privatisant certaines entités d’EDF soumises aux imbéciles règles de la « concurrence » des traités européens et des « directives énergie ».


Le pouvoir sait que ce sera la demande des eurocrates bruxellois, gardiens des Tables de la loi des requins de la finance, qui voit l’énergie - dans le contexte géopolitique actuel ! - non pas comme un bien commun, mais comme une formidable source de profit.

 

Déjà, une guerre économique est engagée entre Américains, Français et Russes pour le marché de l’électricité en Ukraine et pour vendre électricité et armements nucléaires à des pays du golfe.


Ceux et celles qui pourraient douter de notre bonne foi peuvent se référer utilement aux manigances du président de la République, qui un jour vend une partie d’Alsthom aux Américains, puis un autre jour la rachète à General Electric quand il ne crée pas les conditions pour faciliter le développement du groupe Uber sur le territoire national, avec sa terrible surexploitation du travail.


EDF n’est pas une entreprise d’État. C’est un service public pour fournir, dans des conditions abordables, un bien de première nécessité aux populations et à la nation.


Le pouvoir doit s’expliquer et rendre des comptes. S’agissant de tels enjeux, le Parlement doit être saisi, une commission d’enquête parlementaire doit pouvoir faire la clarté sur la situation d’EDF. Un débat public associant salariés de l’entreprise, usagers, élus, entreprises, collectivités territoriales doit avoir lieu. Il est grand temps que les salariés puissent être parties prenantes des choix d’EDF. Le pouvoir doit cesser de chercher des boucs émissaires et de culpabiliser les salariés et les cadres de l’entreprise. Il doit répondre de ses actes et enfin travailler à l’élaboration, avec les salariés et les citoyens, d’un projet neuf de sécurité et de souveraineté énergétiques respectueuses, des normes environnementales et de protection du climat.

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24 juillet 2022 7 24 /07 /juillet /2022 05:42

 

 

Ces combats sont d’autant plus indispensables, que le pouvoir refuse d’entendre ce qu’ont exprimé les électrices et les électeurs à l’occasion des récentes consultations électorales. S’il en est ainsi, c’est parce que ce pouvoir de classe est au seul service de la classe dominante.


Les révélations du consortium international des journalistes d’investigation le démontrent amplement à propos du groupe Uber. On y voit à quel point les connivences, la consanguinité entre le Président et le grand capital international sont profondes. Dix-sept rendez-vous cachés entre M. Macron et le patron fondateur d’Uber. Cinquante échanges pour faire sauter les obstacles réglementaires, bloquer les investigations judiciaires et les enquêtes fiscales. Ces gens parlent de République pour mieux la salir, la dévoyer, la trahir. Cela commence à faire beaucoup. La curieuse vente de la production de turbines Alsthom à General Electric, l'introduction des cabinets de conseils McKinsey et autres au cœur de l’État pour mieux le démolir, etc.


Et, comme par hasard, on retrouve les lobbyistes ou anciens lobbyistes de ces entreprises américaines dans la campagne électorale de M. Macron en 2017. McKinsey s’était même mis à la disposition du candidat pour l’aider à construire son programme électoral. Il pourra parler tant qu’il veut de souveraineté, le fait est qu’il vend la France aux géants du numérique nord-américains. On parle d’Uber, mais il a servi tout autant Amazon et Google.


Il défait les lois républicaines pour leur permettre de venir ici surexploiter de jeunes travailleurs à qui on barre la route du salariat pour retourner à une forme de servage. Que le Président dit de « la République » puisse dire qu’il en est très fier dit tout de lui et des intérêts qu’il sert. L’intérêt général l’a quitté, pour peu qu’il l’ait habité un jour.

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