commenter cet article …
/image%2F1489059%2F20230703%2Fob_d3a7c7_capture-d-ecran-2023-07-03-a-19-07.png)
/image%2F1489059%2F20220910%2Fob_eb7313_pcf-0-logo-couleur-largeur-copie.jpg)
Le gouvernement annonce sa volonté de reprendre à 100 % le capital d’EDF pour soi-disant « aider » l’entreprise à faire face à ses investissements futurs dans le nucléaire et les énergies renouvelables.
/image%2F1489059%2F20220910%2Fob_069b2c_visuel-edf-4.jpg)
Cette opération, qui s’apparente plutôt à une recapitalisation, ne s’accompagnera pas d’un changement de statut de l’entreprise puisqu’elle sera toujours une SA et ne retrouvera donc pas son statut précédent, celui d’établissement public (EPIC). Ce qui laisse les mains libres au gouvernement d’ouvrir à nouveau le capital de l’entreprise si la situation financière d’EDF s’améliore…
L’endettement du groupe EDF semble servir de prétexte pour faire exploser le modèle énergétique français sur lequel EDF s’est construit et qui a fait ses preuves en termes de performance industrielle grâce à sa conception intégrée, de la production, du transport, de la distribution et de la commercialisation.
Gardons à l’esprit que derrière cette prétendue « renationalisation », perdure l’attitude de la Commission européenne qui reste marquée par son obsession à mettre fin aux monopoles publics et par sa volonté d’affaiblir la position dominante d’EDF dans la production d’électricité en France dans le cadre de l’ouverture du marché de l’électricité. Elle garde cette volonté de remettre sur les rails son projet de restructuration d’ampleur du groupe EDF en faisant éclater le modèle intégré. Le groupe EDF serait alors découpé en entités indépendantes, en multiples filiales pour être offertes au marché et à la bourse. Privatiser les réseaux de transports d’électricité mettrait tout simplement fin à l’égalité de traitement, à la solidarité nationale par une remise en cause de la péréquation tarifaire. On est loin d’une nationalisation !
Ne soyons pas dupes ! La présidence française du Conseil de l’Union européenne par E. Macron n’a pas été l’occasion de remettre en cause le système énergétique européen, toujours basé sur la concurrence et les prix de marché fluctuant en raison de la spéculation, qui fait que nous perdons la maitrise des prix. L’État actionnaire à 24 % du groupe Engie ne s’est pas non plus opposé à la stratégie purement financière de vente à la découpe de pans entiers d’activités du groupe gazier historique dont la toute dernière est celle de la cession des activités de service d’Equans à Bouygues fragilisant l’entreprise au point de la rendre opéable. Oui, il y a le discours, les mots, puis il y a les actes !
Pour le Parti communiste, nous visons beaucoup plus que la seule nationalisation. Nous voulons une véritable maitrise de l’énergie dans son ensemble. C’est pourquoi nous proposons la création d’un pôle public. Tous les acteurs industriels de ce secteur seraient contraints à mettre en œuvre des critères de gestion allant dans le sens du service public, de l’intérêt général, qui répondraient aux défis environnementaux, des critères favorisant l’enclenchement d’un processus de coopérations industrielles et d’harmonisation sociale qui se substituerait à la concurrence économique et au dumping social. Il s’agirait de fédérer tous les acteurs de la filière énergétique dans un consortium d’entreprises (recherche, production et transport-distribution, services énergétiques…).
Le concept de pôle public doit permettre l’appropriation sociale grâce à de nouvelles nationalisations. Cela exige de créer les conditions d’un nouveau type de service public qui ne soit pas la seule propriété de l’État soumis aux exigences des marchés financiers, mais une propriété collective. Un vrai service public démocratisé, qui associe, dans la décision et la gestion, les salariés, les usagers, les collectivités locales.
Valérie Gonçalvès
membre du CN en charge des questions énergétiques
/image%2F1489059%2F20220910%2Fob_878803_of-22septembre.jpg)
/image%2F1489059%2F20220910%2Fob_d55cf8_teleg-22septembre.jpg)
/image%2F1489059%2F20220909%2Fob_03489b_huma.jpg)
/image%2F1489059%2F20220909%2Fob_562bb4_le-hyaric-patrick-4.jpg)
« Pour enterrer un problème, créez une commission », s’exclamait en son temps Clemenceau. De fait, notre République est truffée de conseils et de comités en tout genre, aux noms aussi pompeux que leur objet est inefficace. Leurs bavardages n’ont jamais amélioré la vie quotidienne de nos concitoyens. On se souvient peut-être qu’en 1986, la crise sociale et politique provoquée par les lois Devaquet sur l’université avait conduit le gouvernement de l’époque à créer une structure nouvelle ainsi désignée : « Un comité national de réflexion sera créé avec à sa tête un monsieur Universités ». Sa mission : “Esquisser le paysage universitaire des dix prochaines années”. Trente-six ans plus tard, on ne peut que se souvenir de la puissance des manifestations de jeunes qu’a provoqué cette loi de triste mémoire et constater avec dépit le lamentable état de nos universités, le difficile parcours d’obstacles des étudiants pour y accéder, l’accentuation de la sélection sans parler des amphis vétustes, bondés, et les difficultés pour se loger et se nourrir de toute une jeunesse.
Voici que le président de la République, ignorant les institutions républicaines, à commencer par l’Assemblée nationale et le Sénat, le Comité économique et social et le Haut-commissariat au plan chargé paraît-il de la prospective, invente un Conseil National de la Refondation.
Celui-ci aurait, selon les dires du pouvoir, vocation à « façonner les décisions politiques de demain ». Dès lors, à quoi servirait le Parlement ? Les conseils régionaux, départementaux, les maires ? Et à quoi sert le plan d’investissement sur la décennie, dénommé « France 2030 », présenté par E. Macron lui-même, il y a plus de huit mois.
Ce Président a une fâcheuse tendance à prendre les citoyens pour des demeurés. Il baptise « son bidule à illusions » d’initiales restées éminemment populaires dans la mémoire collective. La population a évidemment compris le but de la manœuvre. Empêtré dans ses difficultés, élu par une minorité de citoyens, battu aux élections législatives, conscient de la profonde crise du capitalisme mondialisé, le président de la République tente de trouver l’illusion d’une unité nationale, pour faire accepter par le plus grand nombre les choix de super-austérité que le capital exige pour maintenir ses taux de rentabilité et l’accaparement des richesses.
Du grand débat après la lutte des Gilets jaunes, à la Convention sur le climat, chacune et chacun est à même de bien comprendre à quoi s’attendre de la propagande élyséenne. Rien.
Cette funeste tromperie a fait long feu. Elle insulte notre valeureuse histoire. Elle dévoie le sigle Conseil National de la Résistance. Et le titre donné au programme du CNR, « Les jours heureux ».
Il ne s’agit pourtant pas aujourd’hui de reconstruire les bases d’un pays capable d’affronter les lourds défis de l’avenir. Le machin de M. Macron n’a pour ambition que de remodeler et soumettre nos vies aux besoins du capitalisme mondialisé. Le CNR, le vrai, c’est la Constitution de 1946, de considérables innovations, d’immenses avancées sociales et démocratiques, le soutien aux travailleurs et l’appropriation d’un certain nombre de leviers de l’économie. Sous l’impulsion d’un Parti communiste qui s’était illustré dans la Résistance aux côtés notamment de gaullistes et pesait 27% des voix à l’époque, le CNR c’est l’unification de la Nation autour d’un projet de redressement et de progrès humain.
Aujourd’hui, le Président comme ses deux prédécesseurs s’acharnent à laminer tous les conquis de ce Conseil National de la Résistance. Progressivement, s’est installé la monarchie présidentielle, le mépris des corps intermédiaires et des travailleurs, ces gens de peu qui « ne sont rien », la mise en lambeaux du Code du travail et les privatisations, le chômage et la précarité du travail qui se substituent au pacte social instauré au sortir de la guerre, alors qu’une partie de la bourgeoisie avait pactisé avec l’ennemi.
Avec obstination, E. Macron entend bien achever le travail pour lequel les gros propriétaires privés, les actionnaires ont favorisé sa réélection. Le passage de la Sécurité sociale aux assurances privées, les pénuries à l’hôpital public, la destruction de l’allocation chômage, l’allongement de la durée du travail, le recul de l’âge donnant droit à la retraite, la mise en cause du statut de la fonction publique à l’école ou dans les transports, l’appauvrissement et la mise pas de l’audiovisuel, la défiguration de la laïcité… Un ordre moral rétrograde et autoritaire, telles sont les grandes lignes de l’agenda présidentiel, soigneusement dissimulé durant les campagnes électorales.
Bref, le pouvoir met en place une escroquerie, déguisée en « machin au service de la démocratie », pour obtenir des salariés qu’ils participent à leur propre exploitation et de préserver les puissances d’argent dont la soif de profit n’est jamais assouvie.
Si le pouvoir avait le souci de l’écoute et du bien commun, il aurait pris en compte les conclusions de la Convention citoyenne. Or, il s’est empressé de rejeter la modeste proposition de taxation à 4% des dividendes, l’introduction de la préservation du climat dans la constitution, l’interdiction de zones commerciales dans les milieux naturels et un grand plan de rénovation énergétique des bâtiments.
Nul besoin aujourd’hui de réunir quelque « comité Théodule » pour appliquer une taxe sur les superprofits, augmenter les salaires et déployer une nouvelle politique industrielle et agricole, riche en emplois et facteurs de bifurcations environnementales.
Pas besoin de comité Théodule pour empêcher que le coût de production d’un mégawatt d’électricité passe de 50€ à 1000€ par la funeste magie de la spéculation en bourse.
Mais, c’est précisément ces sujets que le pouvoir veut éviter. Ce n’est pas un signe de force ! Bien au contraire, les fondés de pouvoir du capital partout en Europe sont dans une dangereuse impasse. Ils peuvent conduire au pire, comme on le voit en Italie, mais en France aussi avec une extrême droite banalisée, introduite grâce au pouvoir dans les rouages institutionnels.
Le Président n’a pas caché les inquiétudes de la classe qu’il sert devant la conférence des ambassadeurs la semaine dernière : « l’ordre économique, le capitalisme ouvert qui était une force… s’est déréglé. Et la confiance dans celui-ci n’est plus la même, dans notre pays et à l’international. C’est une réalité » Il dit tout d’une situation qui l’inquiète au plus haut point en cette rentrée.
Raison de plus d’ouvrir le débat sur l’après-capitalisme. Dans quelques heures, cette question peut parcourir, les centaines de débats, de concerts, d’expositions, de rencontres et les allées de la grande Fête de l’Humanité qui s’annonce, comme le grand événement populaire, festif, fraternel, culturel, politique et démocratique, ouvert sur le monde, de cette rentrée.
Les tenants du pouvoir indiquent eux-mêmes le niveau auquel nous devons porter notre intervention. Faisons-le. C’est le moment !
/image%2F1489059%2F20220907%2Fob_0b0176_programme-fabien-roussel-page-1.jpg)
/image%2F1489059%2F20220907%2Fob_c0ce64_programme-fabien-roussel-page-2.jpg)
/image%2F1489059%2F20220907%2Fob_eb0bad_progressiste.png)
Une première version de ce texte a été publiée dans le numéro d’octobre 2021 de Science et Pseudo-Sciences, la revue de l’Association française pour l’information scientifique.
Dévoilé en août 2021, le rapport du GIEC sur la physique du climat confirme la gravité et l’ampleur du réchauffement climatique. L’occasion de revenir sur ses principaux enseignements et de nous plonger sur le fonctionnement original du GIEC.
Par François-Marie Bréon, physicien-climatologue
UNE MISE À JOUR DES RAPPORTS PRÉCÉDENTS
Ce 6e rapport sur la physique du climat a été rendu public en août 2021, après plusieurs années d’élaboration1. On rappelle que le rapport complet repose sur le travail de trois groupes : le premier sur les sciences du climat, le deuxième sur les impacts du changement climatique, le troisième sur les actions possibles pour limiter ce changement climatique et ses impacts.
Le précédent rapport fut publié en septembre 2013. Depuis, le réchauffement climatique s’est amplifié, les recherches sur les climats passés ont permis une meilleure connaissance des variabilités naturelles et la modélisation du climat a progressé. C’est donc une évolution significative de la compréhension du changement climatique qui est synthétisée dans ce rapport. Pourtant, sa diffusion n’a rien apporté de révolutionnaire. Ses messages principaux sont essentiellement une mise à jour de ceux du rapport précédent. Il y a cependant un focus plus important sur l’échelle régionale : les surfaces terrestres ont été découpées en 45 régions, et le rapport décrit l’évolution des principaux paramètres climatiques (températures, précipitations, sécheresses) à cette échelle. Le rapport est associé à un atlas interactif permettant de visualiser l’évolution du climat observé et anticipé par les différents modèles.
Le changement climatique affecte déjà toutes les régions de la planète, et la contribution humaine à ce phénomène est établie.
On rappelle aussi que le GIEC ne fait pas de recherche mais réalise une synthèse des connaissances sur la base des publications scientifiques. Ainsi, il ne peut pas y avoir de révolution dans le rapport du GIEC puisque tout ce qu’on y trouve a déjà été publié d’une manière ou d’une autre. Pourtant, la synthèse des connaissances et la caution apportée par l’analyse collective confère un poids particulièrement important aux messages portés par ses rapports.
ÉLÉMENTS CLÉS DU RAPPORT
Le rapport, rédigé par 216 scientifiques issus de 65 pays, fait la synthèse de 14 000 publications, et les versions successives du rapport ont donné lieu à 78 000 commentaires, qui ont été pris en compte. Notez que le processus est transparent puisque les commentaires reçus sont mis en ligne à l’issue du processus. Les commentaires faits sur le 6e rapport seront en ligne ; on trouvera aussi ceux du 5e rapport3.
Le changement climatique affecte déjà toutes les régions de la planète, et la contribution humaine à ce phénomène est établie. La température moyenne de la Terre est l’indicateur le plus mis en avant pour quantifier le réchauffement climatique. On prend désormais comme référence la période 1850-1900, pendant laquelle l’influence humaine sur le climat était négligeable comparée à aujourd’hui. En moyenne de la dernière décennie, l’indicateur est à + 1,1 °C, et chacune des quatre dernières décennies a été plus chaude que toutes les décennies précédentes depuis la période de référence. La Terre a certes connu dans le passé des changements climatiques naturels, or le rythme actuel de réchauffement observé est sans précédent depuis au moins 2 000 ans (et probablement beaucoup plus, mais la formulation est prudente en absence d’observations fiables).
Variations de températures observées (dernière décennie en référence à 1950-1970). Le réchauffement n’est pas homogène : il est plus rapide sur les terres que sur les océans, et plus rapides aux hautes latitudes.
Cette hausse des températures est la conséquence directe de la hausse des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ainsi, la concentration de CO2 a augmenté de près de 50 % depuis l’ère préindustrielle. Dans le même temps, le méthane et le protoxyde d’azote, autres gaz à effet de serre, ont augmenté respectivement de 150 et 23 %. Les actuels niveaux de CO2 dans l’atmosphère (418 ppm) n’ont pas été atteints sur les derniers 2 millions d’années.
Cette hausse des gaz à effet de serre conduit à un forçage radiatif, à un apport d’énergie dans le système climatique. Ce chauffage additionnel est partiellement compensé par l’impact des aérosols, des particules en suspension dans l’atmosphère qui renvoient une partie du rayonnement solaire vers l’espace. Les activités humaines ont d’autres impacts sur le bilan énergétique de la Terre, via par exemple les traînées d’avion ou l’urbanisation des surfaces, qui changent son albedo, mais elles sont de plus faible importance. Au final, le GIEC estime que les différentes perturbations humaines sur le climat apportent une énergie supplémentaire de 2,72 Wm–2, avec une gamme d’incertitude de 1,96 à 3,48. En ordre de grandeur, c’est 1 % de l’énergie solaire absorbée par la Terre. Intégré sur toute la surface de la Terre, c’est l’équivalent de l’énergie dissipée par 500 000 réacteurs nucléaires (de 1 GW électrique ou 3 GW thermiques).
CONFIRMATION DE L’ORIGINE ANTHROPIQUE DU RÉCHAUFFEMENT
Pour les climatologues du GIEC, il ne fait pas de doute que cette énergie additionnelle dans le système est responsable de la hausse des températures observée depuis la fin du XIXe siècle, hausse parfaitement compatible avec ce qui est attendu du fait de l’augmentation de l’effet de serre, compensée en partie par les émissions d’aérosols. Ainsi, le GIEC dit dans le 6e rapport que la hausse des températures est entièrement d’origine humaine et ne relève pas de la variabilité naturelle du climat. Cette hausse des températures moyennes est associée à de nombreuses perturbations climatiques.
Commençons par souligner le fait que la hausse des températures n’est pas homogène : les terres se réchauffent plus vite que les mers, et le réchauffement est beaucoup plus rapide aux hautes latitudes
On observe un recul mondial des glaciers depuis les années 1990, une diminution de 40 % de la glace dans l’Arctique depuis 1979 et la diminution de la couverture neigeuse au printemps depuis les années 1950.
Le réchauffement a un impact sur le niveau des mers. Il y a deux mécanismes principaux : le premier est la dilatation des océans sous l’effet de l’augmentation des températures (à masse d’eau constante) ; le second est la fonte des glaciers de montagne et des calottes polaires (apport d’eau supplémentaire). Sur la période écoulée depuis 1970, le premier effet domine. À l’inverse, sur une période plus récente (depuis 2008), la fonte des glaces s’est accélérée : c’est désormais le second effet qui domine, et le rythme de hausse du niveau des mers s’est accru pour atteindre ≈ 4 mm/an. Sur le dernier siècle, le niveau des mers s’est élevé à un rythme plus rapide qu’au cours des 3 000 ans précédents. Ce rythme était néanmoins plus rapide pendant la dernière déglaciation (entre il y a 20 000 et 10 000 ans). De même, la surface de la banquise arctique (qui montre de fortes variations saisonnières) a fortement diminué et est inférieure, à son minimum de fin d’été, à ce qu’elle a été depuis au moins 1 000 ans. Le recul des glaciers de montagne est aussi anormalement rapide et est, en moyenne mondiale, sans précédent depuis au moins 2 000 ans.
Au-delà des valeurs moyennes, ce rapport du GIEC se focalise aussi sur les extrêmes, qui sont par définition peu fréquents mais qui ont un impact considérable sur les infrastructures, la biodiversité et les sociétés. Depuis les années 1950, les extrêmes chauds (y compris les vagues de chaleur au-dessus des continents et en mer) sont devenus plus fréquents et plus intenses dans la plupart des régions ; il en est de même pour les événements de fortes précipitations ; enfin, on constate une augmentation de la fréquence des sécheresses dans certaines régions, même si la variabilité météorologique de ces phénomènes est trop importante pour détecter un signal clair. Ces conditions de chaleur extrêmes et de sécheresse sont favorables à l’occurrence des incendies, comme on le constate régulièrement, hélas.
LES PROJECTIONS POUR LE FUTUR
Ce sont là des variations observées des paramètres climatiques. Le rapport du GIEC fait aussi la synthèse sur ce qui est attendu. Pour cet objectif, il se base sur un ensemble de modèles développés indépendamment par plusieurs groupes de recherche dans le che dans le monde. La comparaison des résultats des modèles permet d’évaluer une incertitude sur les variations climatiques à venir.
Les modèles de climat sont évalués pour plusieurs trajectoires de concentration des gaz à effet de serre. Certaines supposent que l’on sera capable de diminuer très rapidement les émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre ; d’autres anticipent une hausse continue des émissions pendant quelques décennies avant d’amorcer une décrue plus tardive. Bien évidemment, ces différentes trajectoires d’émission conduisent à des climats différents, mais cela après environ deux décennies du fait de l’inertie du système.
Exemple d’une analyse régionale de l’évolution du climat dans le dernier rapport du GIEC. Les surfaces terrestres sont découpées en 45 régions. On montre ici l’évolution des précipitations extrêmes. Les zones vertes indiquent où une augmentation est observée. Les zones hachurées indiquent les régions où aucune modification significative n’est observée, alors que les zones grises indiquent un manque d’observation pour conclure.
L’Accord de Paris visait à limiter le réchauffement à 1,5 °C. Même si cet objectif apparaît encore physiquement possible, il nécessiterait une décroissance des émissions extrêmement rapide, qui paraît peu compatible avec l’inertie des sociétés. Il est probable que le réchauffement de 1,5 °C (en moyenne globale), mesuré en référence à la fin du XIXe siècle, sera dépassé au cours des vingt prochaines années.
Pour une trajectoire de décroissance moins rapide, conduisant néanmoins à des émissions nulles en 2050 (avec prise en compte des puits qui compenseraient les émissions restantes), le réchauffement resterait inférieur à 2 °C ; et on peut même viser une légère diminution des températures pendant la seconde moitié du XXIe siècle, ce qui permettrait de revenir à la cible de 1,5 °C. Par contre, si les émissions de gaz à effet de serre restent au niveau actuel, le niveau + 2 °C sera atteint vers 2050, et dépassé pendant la seconde moitié du siècle. Bien évidemment, l’évolution des indicateurs climatiques – et en particulier la fréquence et l’intensité des extrêmes – va de pair avec l’augmentation des températures moyennes.
UNE PRÉCISION À L’ÉCHELLE RÉGIONALE
Ce 6e rapport est beaucoup plus précis que les précédents pour les échelles régionales. Près d’un tiers du rapport est consacré aux impacts du changement climatique, différents suivant les régions du monde. C’est aussi pour cette raison qu’a été développé l’atlas interactif qui permet à chacun d’analyser ce qui est déjà observé et ce qui est anticipé sur sa région d’intérêt.
À côté de la hausse des températures, c’est le cycle de l’eau qui a le plus d’impact sur les sociétés humaines et l’environnement. Avec l’augmentation du réchauffement, le cycle de l’eau s’intensifie : pour chaque degré supplémentaire, l’atmosphère peut contenir 7 % de plus de vapeur d’eau ; ce réchauffement conduit à une augmentation de l’évaporation ainsi qu’à des extrêmes de précipitations encore plus intenses, mais aussi à un renforcement des saisons sèches et à des sécheresses.
Le réchauffement a aussi un impact à plus long terme sur les calottes polaires, dont la fonte s’est accélérée pendant la dernière décennie. Avec le réchauffement de l’océan, cela va conduire à une élévation du niveau des mers, qui est irréversible pendant plusieurs centaines d’années. Ainsi, le rapport montre que la température de l’océan mondial augmentera de 2 à 8 fois plus au cours de ce siècle qu’elle n’a augmenté depuis le début des années 1970, avec un impact direct sur l’effet de dilatation des océans, et donc sur le niveau des mers. Par ailleurs, la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique – la perte de leur masse a été multipliée par 4 au cours des trente dernières années – se poursuivra pendant des milliers d’années, même dans les scénarios les plus ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, il reste de grosses incertitudes sur la dynamique des calottes de glace, et c’est pourquoi le rythme d’évolution du niveau des mers reste très incertain. Pour 2100, le rapport du GIEC indique une hausse (en référence à la fin du XIXe siècle) entre 0,5 et 1 m, mais sans exclure des valeurs plus fortes compte tenu des incertitudes sur l’instabilité des calottes polaires. La hausse du niveau des mers se poursuivra au-delà de 2100, même dans les scénarios les plus optimistes de stabilisation du climat, et atteindra probablement plusieurs mètres en 2300.
Le rapport reconnaît de grandes incertitudes sur la dynamique des calottes polaires et indique que des évolutions plus rapides que ce qui est indiqué ne peuvent pas être exclues. L’augmentation du niveau des mers se poursuivra après 2100, même en cas de stabilisation du climat, et pourrait être de plusieurs mètres en 2300.
Comme dit plus haut, le rapport du groupe 1 ne s’intéresse qu’à la physique du climat. Les impacts sur les écosystèmes, l’agriculture, la santé, les infrastructures sont traités dans le rapport du groupe 2, qui est en cours de finalisation. Les mesures qui peuvent être prises pour limiter le changement climatique sont discutées dans le rapport du groupe 3. Cette séparation des sujets traités a des vertus puisqu’elle permet de bien cerner le domaine de compétence de chacun ; mais la séparation temporelle de sortie des rapports conduit à des difficultés : lors de la sortie du rapport, les questions des journalistes portaient vite sur les solutions à apporter, qui restent sous embargo.
Samedi à 12h, rendez-vous des communistes bretons à l'espace Bretagne avec des interventions de Philippe Jumeau, porte-parole du Comité régional PCF Bretagne, d'un.e responsable de la JC Bretagne, et de Gladys Grelaud, conseillère régionale.
La Fête de l’Humanité est le grand moment politique de la rentrée, la plus ancienne et la plus grande fête populaire de France, un des deux ou trois plus grands festivals de France aussi, réunissant plusieurs centaines de milliers de personnes chaque année.
Cette année, les vendredi 9, samedi 10, et dimanche 11 septembre, la fête de l'Humanité se transporte sur un nouveau site, à Bretigny-sur-Orge- Plessy Paté dans l'Essonne, base 217, après 22 ans passés à Dugny-La Courneuve.
Nous entrons maintenant dans la dernière ligne droite de la préparation de la Fête c’est particulièrement vrai aussi pour la diffusion du bon de soutien à 35 euros. Que vous veniez ou non à la fête, pour pouvez acheter un bon de soutien auprès des militants et sections communistes du département pour soutenir L'Humanité et la fête de L'Humanité.
Nos monteurs du PCF Finistère (une vaillante équipe d'une douzaine de personnes) arrivent lundi 5 septembre sur le site avec le poids lourd qui transporte le stand et le matériel du stand.
Puis ce sera parti pour 3 jours de montage.
Les fédérations bretonnes auront des stands voisins comme chaque année à la fête de l'Humanité et comme chaque année aussi, un espace Bretagne commun de débats, de rencontres, et de concerts.
Voici le programme.
La fête de l'Humanité, c'est aussi une programmation politique et musicale très dense.
Vous pouvez la retrouver sur le site de la fête de l'Humanité, ainsi que toutes les informations pour l'accès au site:
https://fete.humanite.fr/
https://fete.humanite.fr/programmation-musicale/#/
/image%2F1489059%2F20220907%2Fob_e20e0c_fr-em-courrier-cnr-05092022vf-page-1.jpg)
/image%2F1489059%2F20220907%2Fob_25b89c_fr-em-courrier-cnr-05092022vf-page-2.jpg)