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17 décembre 2022 6 17 /12 /décembre /2022 07:37
Fabien Roussel à St Martin des Champs (Finistère) - Tour de France de Fabien Roussel, 5 décembre 2022

Fabien Roussel à St Martin des Champs (Finistère) - Tour de France de Fabien Roussel, 5 décembre 2022

Fabien Roussel à Morlaix (Finistère) - Tour de France de Fabien Roussel,

Fabien Roussel à Morlaix (Finistère) - Tour de France de Fabien Roussel,

Fabien Roussel en tour de France pour trouver le chemin des « jours heureux »

Député, secrétaire national du PCF, ancien candidat à la présidentielle... C’est avec ces différentes casquettes que Fabien Roussel a entrepris un tour de France « sans tabou » en octobre dernier. D’une étape à l’autre, le communiste prend le pouls du pays et s’applique à trouver le chemin d’une « majorité populaire » face au pouvoir en place et au RN en embuscade.

Publié le Samedi 17 Décembre 2022
 
C'est la quatrième fois qu’il arpente les routes de l’Hexagone et il ne s’en lasse pas. Adepte des « échanges directs », le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, s’est lancé en octobre dans un nouveau tour de France qui s’achèvera en mars, au terme de 14 étapes. Prendre le pouls d’un pays confronté à la vie chère et à un président à la majorité bancale, voilà pour l’objectif. L’exercice est devenu familier pour le député du Nord qui s’y est livré une première fois comme parlementaire, en 2017, avec une tournée de présentation du « budget des riches » d’Emmanuel Macron alors tout juste élu président. Rebelote en 2019, après les européennes et son élection à la tête du PCF. Un livre naît de ces rencontres avec le monde du travail, « Ma France », où le communiste esquisse le chemin vers des « Jours heureux » dans la perspective de la présidentielle. C’est d’ailleurs avec sa casquette de candidat qu’il retourne au contact, de préférence en zone rurale, avec l’ambition de « parler à cette France (…) qui est trop souvent ignorée des politiques publiques ».

Assumer la polémique

Ce sillon, le député du Nord entend bien continuer à le creuser avec pour nouveau mot d’ordre « avec vous sans tabou » : il vaut aussi bien pour les multiples rencontres avec les salariés, les élus ou les associations en journée que pour l’incontournable soirée de ­questions-réponses. « Des citoyens viennent interroger le candidat à la présidentielle, le représentant du Parti communiste ou juste un responsable politique », apprécie Fabien Roussel, qui relève « 30 à 40 % de personnes extérieures » à sa formation parmi les quelque 200 participants rassemblés en moyenne. « Allez-y, contrariez-moi, je vous répondrai sans filtre », s’amuse-t-il en introduction de chacune de ces réunions publiques.

C’est sur ses terres des Hauts-de-France que la tournée a débuté le 3 octobre, dans le Pas-de- Calais. À l’appel des syndicats, grèves et manifestations en faveur de l’augmentation des salaires ont eu lieu quelques jours plus tôt. À Sallaumines, cette préoccupation est palpable. Jean-Luc, ouvrier chez Faurecia, raconte comment, après trente-sept années à enchaîner les horaires décalés, sa rémunération ne décolle pas du Smic. « J’ai 59 ans et je suis physiquement et mentalement usé. Impossible pour moi de tenir jusqu’à 65 ans pour avoir une retraite ». Un témoignage qui fait écho à beaucoup d’autres comme celui de Christophe, syndicaliste CGT à l’usine Bridgestone de Béthune, fermée dix-sept mois plus tôt, qui explique comment lui et ses collègues ont été « des citrons pressés et jetés à la poubelle ». « Les gens doivent vivre dignement avec un salaire, riposte alors Roussel, nous refusons l’affrontement entre les chômeurs et ceux qui travaillent, favorisé par la politique des chèques ». Le député assume la polémique née quelques semaines auparavant lorsqu’il avait déclaré vouloir « une gauche qui défend le travail et non pas celle des allocations et des minima sociaux ». Remettre en selle le sujet est, assure-t-il, une condition indispensable pour convaincre les classes populaires.

« Quand on va à la rencontre des gens et qu’on leur donne la parole, toutes les questions qu’ils posent reflètent ce qu’ils ont dans la tête. En l’occurrence, c’est le pouvoir d’achat, la vie chère, les salaires, l’énergie, les services publics… »

Après une étape fin octobre en Isère et une autre début novembre en Mayenne, la question est à nouveau soulevée, le 14 novembre, dans le Loiret. Dans les environs de Montargis, l’affrontement avec Jean-Michel Blanquer a été l’un des symboles de la campagne communiste aux législatives. Mais, après avoir défait l’ex-ministre de l’Éducation nationale, le candidat PCF, Bruno Nottin, a finalement dû s’incliner face à celui du RN, Thomas Ménagé, sur cette terre industrielle où chômage et précarité s’envolent. « Comment faire désormais ? » lance Fabien Roussel aux quelque 250 participants à la réunion publique du soir, où il est interpellé pêle-mêle sur les prix de l’énergie, le nucléaire, la décroissance ou encore l’égalité salariale femmes-hommes. La menace de l’extrême droite en taraude plus d’un dans la salle comme parmi les militants communistes alors même qu’un autre député RN vient de lâcher « qu’il retourne en Afrique » en plein Hémicycle.

Partir des préoccupations des Français est indubitablement la voie royale pour le dirigeant du PCF. Ici, il rencontre notamment les salariés de Hutchinson, une filiale de TotalEnergies. C’est l’une des plus grosses usines des environs, elle compte 1 300 salariés, contre 14 000 dans les années 1970. « Nous avons eu la fermeture d’un atelier, en plein Covid, en décembre 2020, pour être délocalisé au Portugal et en Pologne », rapporte l’un des syndicalistes quand un autre raconte la bataille pour arracher 50 euros d’augmentation face à l’inflation. « Avec nous au pouvoir demain, on réindustrialise », commence Roussel qui embraye : dans le budget, le gouvernement « a mis en place un nouveau cadeau aux entreprises, la suppression de la CVAE. Sur ces 10 milliards, 66 % s’en vont à 920 grandes entreprises et il reste un tiers pour les 520 000 autres, c’est indécent. Que fait le député RN ? Il a refusé de voter la hausse du Smic et se fout de conditionner les aides aux entreprises », tacle-t-il au passage, avant de filer vers le site de Sanofi pour soutenir les grévistes. « Quand on fait un meeting, on vient avec ce qu’on a envie de dire et les gens écoutent. Quand on va à la rencontre des gens et qu’on leur donne la parole, toutes les questions qu’ils posent reflètent ce qu’ils ont dans la tête, commente-t-il à propos de sa démarche. En l’occurrence, c’est le pouvoir d’achat, la vie chère, les salaires, l’énergie, les services publics… »

« Lui ? Il s’occupe des pauvres gens comme nous »

Des points marqués à la présidentielle

Une autre question revient régulièrement : avec Macron à l’Élysée, et des mauvais coups parfois appuyés par la droite LR, voire le RN, que peut la gauche ? Comment construire une « majorité populaire », en somme ? « Nupes or not Nupes, that is not the question, réplique Roussel quand il est interrogé. Si le débat à gauche c’est cela, on ne va pas s’en sortir. Nous devons tout faire pour aller au-delà de cette alliance, voir plus grand pour construire un rassemblement plus populaire et qui permette de gagner » Pour celui qui a fait de « PCF is back » un slogan après son arrivée à la tête de la formation en 2018, pas question « de faire taire les différences et de les faire disparaître dans un programme commun ». « Faisons vivre les spécificités de chacun, permettant d’aller chercher l’électorat qui nous est proche », plaide-t-il, assurant que, pour cela, il y a « besoin d’un Parti communiste français plus fort ». D’ailleurs, il entend raconter la genèse de l’alliance, à la veille des législatives de juin dernier, dans un nouveau livre à paraître début 2023, où il veut aussi livrer son bilan de la présidentielle, « cette période électorale intense, cette rencontre avec les Français ». En la matière, il faut dire qu’il a marqué des points. À quelques minutes d’un rendez-vous avec des locataires mécontents du projet de rénovation de leur quartier, un habitant le reconnaît sur le parking. « Lui ? Il s’occupe des pauvres gens comme nous », sourit celui-ci après avoir demandé un selfie.

Cette fois-là, la scène se passe en Gironde car le rythme du tour de France s’accélère, et dès le 21 novembre, c’est sur la façade atlantique qu’il fait escale – avec l’objectif d’avoir bouclé la moitié des étapes à la fin de l’année et d’avoir fini sa tournée avant le congrès du PCF, qui doit avoir lieu du 7 au 9 avril prochain, à Marseille. « Quelles sont les idées que le PCF veut défendre ? C’est cela le débat. Nous, nous avons toujours été les plus rassembleurs et nous l’avons payé. Énergie, travail, chômage, alimentation, sécurité : les orientations claires, pour moi, c’est le contenu », explique Fabien Roussel, qui revêt sa casquette de secrétaire national à Bègles, lors d’un déjeuner dans la section avec les adhérents.

Mix énergétique et défis environnementaux

Sur le fond, c’est en matière d’écologie que l’étape girondine se veut un symbole après les mégafeux qui ont marqué l’été. Au milieu des pins noircis de la forêt de Landiras, une vidéo est tournée pour exiger les moyens nécessaires afin d’éviter de nouvelles catastrophes. « Il est indispensable, pour répondre à ces situations initiées par le dérèglement climatique, de recruter pour atteindre 50 000 pompiers professionnels et passer de 220 000 à 250 000 volontaires », insiste-t-il auprès du député David Brunner, président de l’union départementale des sapeurs-pompiers, lors d’une rencontre à la mairie de Landiras. Une commune « de 6 000 hectares, dont 5 300 de forêts et 2 000 qui ont brûlé cet été », rappelle son maire. Dans la foulée, le communiste fait le lien avec l’une des « spécificités » du PCF qu’il tient à faire entendre. « Pour répondre à ces défis, nous avons besoin de nous appuyer sur un mix énergétique renouvelables et nucléaire, avec la construction de nouvelles centrales, parce que nous devons sortir des énergies fossiles », martèle-t-il en réponse à une syndicaliste.

Après deux jours en Bretagne, début décembre, dédiés à la mobilité, l’Orne, la Corse, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand-Est, le Val-de-Marne sont au menu de ce tour de France tourné vers les « sous-préfectures ». « Il ne s’agit pas uniquement de se reposer sur ses lauriers dans les métropoles », où la gauche a enregistré ses meilleurs scores, glisse-t-on place du Colonel-Fabien. Mais le député du Nord entend aussi donner des gages à l’électorat plus urbain. En parallèle de son tour de France, il va à la rencontre des étudiants. Après Lille et avant Amiens, c’est à l’IEP de Saint-Germain-en-Laye qu’il s’est rendu fin novembre. La salle est pleine et les questions fusent. Parfois sans concession. Relations avec la Chine, affaires de violences sexuelles, enquête de Mediapart sur son ancien emploi, Coupe du monde au Qatar mais aussi travail, nucléaire, alimentation, avenir de la Nupes, etc. Tout y passe. « Il a un langage très abordable et son discours n’est pas virulent », apprécie un jeune. Régulièrement, le communiste parvient à faire rire avec ses formules. Si certains se montrent critiques, il suscite aussi des applaudissements, comme après l’interrogation d’une étudiante originaire de Béthune portant sur Bridgestone et les délocalisations. « Quand vous me posez cette question, je vois le visage de ces hommes et ces femmes qui travaillent dur, s’esquintent la vie et qui, pourtant, ont cette passion dans le sang. C’est la culture ouvrière, il faut le voir pour le ressentir, voir l’émotion dans leurs yeux quand on leur dit c’est fini », explique-t-il, pointant le jeu de concurrence entre « ouvriers hongrois et ceux du Pas-de-Calais », entretenu par la Commission européenne, qui permet qu’une « usine (soit) rayée d’un trait de plume par les actionnaires, avec 800 salariés dehors ». Le temps d’un échange plus informel et voilà le député prêt à reprendre déjà la route avec de nouvelles rencontres en vue.

Fabien Roussel en tour de France pour trouver le chemin des « jours heureux » - L'Humanité, 17 décembre 2022
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16 décembre 2022 5 16 /12 /décembre /2022 06:23
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16 décembre 2022 5 16 /12 /décembre /2022 06:15

Gérard Lahellec - Intervention Générale - Proposition de résolution de l'article 34-1 de la Constitution Développement du transport ferroviaire - 07-12-22

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13 décembre 2022 2 13 /12 /décembre /2022 06:59

 

 

 

Ce 6 décembre au Sénat était le jour du vote du budget pour 2023. Un débat tronqué par l’utilisation du 49-3 à l’Assemblée nationale et marqué au Sénat par la surenchère de la majorité sénatoriale. Rien sur les superprofits, rien pour assurer la souveraineté énergétique ou industrielle de la France. Le groupe CRCE a coté contre.

Je ne doute pas que la citation qui suit vous fera plaisir : « Je ferai en sorte qu’à l’avenir, il soit interdit de financer les dépenses de tous les jours par de la dette ». Ces mots on les doit à Nicolas Sarkozy dans son projet présidentiel de 2007.

Comment ne pas regarder avec ironie ce budget proposé en déficit à 4,9%, suite au vote de la première partie, soit près de 160 milliards d’euros. Un besoin d’endettement de 270 milliards d’euros. A l’heure du retour du principe de souveraineté dans le cadre idéologique de l’exécutif, la dépendance aux marchés financiers demeure plus que jamais.

La révision constitutionnelle a tendu à sacraliser les lois de programmations des finances publiques, qui sans aller jusqu’à une règle d’or intangible, a contribué à réduire le champ d’expression du Parlement. Le droit d’initiative des parlementaires, corseté par les règles de recevabilités financières ont une nouvelle fois miné l’examen de ce texte. La responsabilité des parlementaires est, lorsque l’on examine les dépenses, à chaque moment, engagée. Une irresponsabilité matérialisée par l’impossibilité de proposer une dépense sans piller les crédits d’une autre politique publique. Il ne fait décidemment pas bon être progressiste sous la Vème République.

Le calendrier contraint a débouché sur des situations a minima ubuesque, si ça n’était si grave, qui ont obligé les parlementaires des tous les bancs à retirer l’intégralité de leurs amendements dans le cadre de la mission « agriculture ». Pressez-vous mes chers collègues, le huitième 49.3 doit intervenir au plus vite ! La démocratie parlementaire en sort abimée, meurtrie du peu d’égard qui sont faits à nos débats.

Le projet de budget sort du Sénat comme il est arrivé en matière de taxation du capital. Le Gouvernement et la droite sénatoriale se sont rejoints pour refuser, ensemble :

- Une nouvelle modalité d’imposition des multinationales fondées sur le chiffre d’affaires pour lutter contre l’évasion fiscale.

- Le rétablissement d’une véritable exit tax pour lutter contre les évadés fiscaux.

- La taxation des superprofits indispensable mesure de justice fiscale.

- Un accroissement de la taxe sur les transactions financières.

- Un accroissement de la taxation des dividendes versés.

- Un accroissement de la taxation des dividendes reçus.

Il ne s’agit pas seulement d’un refus d’impôts supplémentaires, il s’agit d’un front commun contre l’imposition du capital. D’un front commun contre la justice fiscale la plus élémentaire.

La France est une anomalie européenne dans un contexte d’inflation des prix de l’énergie, des prix de l’alimentation qui percutent nos concitoyennes et nos concitoyens, nos entreprises et nos collectivités.

Pourtant le 28 juillet 2022, quand la présidente notre groupe interrogeait la Première Ministre sur le double langage du Gouvernement en matière de taxation des superprofits, à Matignon on soufflait de l’air chaud, à Bercy on expirait de l’air glacial, dans « un même temps » dont le Gouvernement a le secret, voici la conclusion qu’apportait Mme Borne, je cite : « Madame la présidente, nous serons attentifs à ce que chacun prenne ses responsabilités, et nous serons prêts à agir s’il le faut dans le cadre du projet de loi de finances pour 2023 ».

Apparemment il ne le faut pas… Après une soixantaine d’heures de débat pour la première partie du projet de finances, nous avons compris que le Gouvernement refusait d’entrevoir toute taxation supplémentaire sur le capital.

Il n’y a pas de versements indus de dividendes : 44,3 Md€ pour le seul second trimestre, ça n’est pas un record !

Il n’y a pas d’inflation différenciée selon que l’on est aisé ou pas, il faut rehausser toutes les tranches du barème de l’impôts sur le revenu.

Pour le Gouvernement il n’y a pas eu de superprofits indus, le Gouvernement allant même jusqu’à laisser entendre que l’armateur CMA-CGM connaissait une période de difficulté après des profits records.

Il n’y a pas de superprofits à part pour quelques producteurs d’énergies et Total ne réalise des profits sur son activité pétrolière que sur ses raffineries.

Il ne faudrait pas croire, comme on l’entend, que les versements de dividendes émanent d’une reprise de l’activité économique. Non ! Ils débouchent de politiques fiscales accommandantes, favorables, incitatives, décidées lors du précédent quinquennat.

A titre d’exemple, en 2018, l’année suivant la mise en place du prélèvement forfaitaire unique, la fameuse flat tax, les dividendes éligibles ont augmenté de 61% à 23,2 milliards d’euros. Jusqu’en 2020, le niveau était toujours stable, signe que la crise sanitaire n’a pas enrayé les distributions de dividendes.

Sans surprise, en tous cas pour nous, un petit nombre de ménages. Les super-dividendes supérieurs à 1 millions d’euros, ont eux aussi explosé à 24% des dividendes versés contre seulement 10% en 2017.

Pour rappel, 1 million d’euros c’est 90 334 heures de travail au Smic horaire brut, 2 580 semaines de travail, 50 ans de labeur…

Vous l’aurez compris, ce budget pour 2023 est un budget pour rien : si peu pour nos compatriotes, rien pour l’avenir.

Après avoir refusé les propositions de recettes il fallait toute l’inventivité de la droite sénatoriale et du Gouvernement pour expliquer que nos concitoyennes et nos concitoyens allaient voir leurs factures d’électricité exploser cette année de 15%, après une augmentation de 4% l’année précédente, après une envolée de 50% sur les 10 dernières années. Les Français payaient, avant la guerre en Ukraine, les décisions coupables d’ouverture au marché de l’énergie et les sous-investissements chroniques dans l’énergie nucléaires. Le bouclier énergie n’y peut rien, même à 45 milliards d’euros ! Alors que nous aurions pu faire, mes chers collègues, avec des recettes supplémentaires !

Un mot enfin sur les collectivités territoriales dans un contexte où les élus locaux ne se mettent plus en colère, ils se sentent condamnés à subir. Ils bataillent dans leur coin, ne se révoltent pas mais font beaucoup, discrètement.

Ils attendaient une rallonge du petit filet de sécurité pour 2022 indiscutablement imparfait. Même si le Sénat l’améliore, c’est toujours insuffisant. Une seule proposition qui vaille pour répondre à la préoccupation des élus locaux partout, dans tous les territoires : le retour aux tarifs règlementés de l’électricité et du gaz pour toutes les collectivités. C’est la proposition de mon groupe qui sera débattue demain !

Quel sort adviendra-t-il de ce texte qui sort du Sénat ? Le Sénat s’est déjà lui-même dédit en faisant voter la suppression d’amendements adoptés, s’appliquant à lui-même un 49.3 interne. Sans grande illusion, nous le disions en préalable de ce débat sur le budget, un huitième 49.3 s’abattra sur l’Assemblée nationale. Tout en feignant le dialogue, le Gouvernement aura les coudées franches pour retenir les seuls amendements auxquels il accorde ses préférences. Nous l’affirmons ici, ce serait un casus belli de revenir sur le maintien de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, la CVAE.

Le gouvernement s’adonne à un jeu de dupe auquel le Sénat a accepté de jouer. Nous le regrettons, nous voterons contre ce budget.

 

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13 décembre 2022 2 13 /12 /décembre /2022 06:57

 

 

Ils promettaient d’agir contre la déforestation importée pendant que se tenait la COP 27 en Egypte. Mais aujourd’hui, la Commission européenne, les pays membres de l’Union et les parlementaires européens sont en train de finaliser un texte qui prévoit d’exclure de toute taxe carbone les produits agricoles importés des pays tiers.

  

L’Humanité de ce jour évoque en pages 14 et 15 des faits de corruption au Parlement européen et à la Commission européenne, dans la cadre de la préparation de la coupe du monde de football au Qatar.  Voilà quelques jours, nous évoquions, ici même, la négociation engagée entre le la Commission européenne, les Etats membres de l’Union et le Parlement européen sur la mise en place d’une « taxe carbone » aux frontières de l’Union afin de réduire les importations de produits agricoles favorisant la déforestation dans certains pays tiers. Bruxelles indiquait que ces importations étaient à l’origine de 16% de la déforestation mondiale et laissait entendre qu’il s’agissait avant tout de produits comme les viandes bovines, ovines, porcines et de volailles en provenance de plusieurs continents, mais aussi la nourriture du bétail via les importations européennes de soja et de maïs notamment.

Ce lundi, 12 décembre à 3H du matin, une dépêche de l’Agence France Presse (AFP) nous indique que « l’UE finalise les modalités d’une « taxe carbone » à ses frontières ».En voici quelques extraits que l’on peut qualifier de révélateurs sur les magouilles  qui se discutent à Bruxelles :

« Verdir les importations industrielles en faisant payer les émissions carbones liées à leur production : l’UE finalise lundi les modalités d’un mécanisme inédit, qui doit aussi signer la fin des « droits à polluer » gratuits alloués aux industriels. Avec l’envolée du prix de la tonne de CO2, l’idée d’éviter un « dumping écologique » qui verrait les industriels délocaliser leur production hors d’Europe, tout en encourageant le reste du monde  à adopter les standards européens».

Réduire la taxation et repousser les dates d’application

Au terme de cette présentation, la dépêche de l’AFP fait la démontre que la réalité na pas grand-chose à voir avec cet affichage de bonnes intentions. Ce que révèle cet extrait de la dépêche :

« L’appellation populaire de « taxe carbone » est trompeuse : il ne s’agit pas véritablement d’une taxe, mais d’un « ajustement » aux frontières (« CBAM » en anglais) consistant à appliquer aux importations les critères du marché du carbone européen, où les industriels de l’UE sont tenus d’acheter des « droits à polluer ». L’importateur devra déclarer les émissions directement liées au processus de production, et si celles-ci dépassent le standard européen, acquérir un « certificat d’émission » au prix du CO2 dans l’UE. Si un marché carbone existe dans le pays exportateur, il paiera seulement la différence. Commission et Etats défendent une application progressive du mécanisme sur dix ans à partir de 2026. Les eurodéputés, eux, demande une mise en œuvre gratuite entre 2027 et 2032 (…) La proposition de la Commission européenne, reprise par les Etats, vise les importations dans les cinq secteurs jugés les plus polluants (acier, aluminium, ciment, engrais, électricité) ».

Alors que les importations de soja, de maïs, de carburants agricoles et de viande sont responsables de la déforestation, il n’est plus question à Bruxelles de leur appliquer une taxe carbone. Pour le reste, la dépêche de l’AFP aborde aussi le sujet ayant trait aux règles de l’OMC en ces termes :

« A mesure que montera en puissance « l’ajustement aux frontières », les quotas gratuits distribués aux secteurs concernés seront supprimés progressivement. Un point crucial : en traitant à égalité importations et production locale, Bruxelles estime rester dans les clous des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et contrer les accusations de protectionnisme. Mais le calendrier reste âprement discuté. Les eurodéputés réclament une suppression très progressive, permettant aux entreprises de recevoir 50% d’allocations gratuites en 2030, avant la disparition en 2032. Les Etats veulent en maintenir jusqu’en 2035 ».

Et en même temps on importera plus de volailles

Ainsi donc, les importations européennes des produits agricoles qui favorisent la déforestation dans les pays exportateurs ne semblent plus concernées par la taxe carbone aux frontières communes des pays membres de l’Union européenne. Voilà qui nous renvoie au communiqué publié le 9 décembre les producteurs français de volailles dont voici le premier paragraphe :

« Ce vendredi, au moment où l’Union européenne s’apprête à signer un nouvel accord commercial avec le Chili, l’Interprofession des volailles françaises -ANVOL- appelle le Gouvernement français à tenir ses promesses. Il lui a en effet assuré à de multiples reprises se positionner contre un tel accord. La filière rappelle en effet que cette ratification doublerait le quota de poulets importés chaque année depuis le Chili de 18.000 tonnes à 40.000 tonnes, ce qui représenterait 45 millions de poulets par an. Alors qu’un poulet sur deux est déjà importé en France et que les professionnels luttent pour le maintien de leurs activités dans un contexte très difficile d’influenza aviaire et de flambée des coûts de production, la conclusion de cet accord leur infligerait de graves difficultés supplémentaires ».

Quand trois ministres affichent leur priorité !

 Si toutes les importations françaises de volailles ne proviennent pas des pays tiers, celle en provenance du Brésil et d’Ukraine ont respectivement augmenté de 120% et 181% sur les six premiers mois de 2022. Par ailleurs, la nourriture des volailles qu’on élève en Espagne et aux Pays Bas pour être vendues en France provient surtout des céréales et des tourteaux produits en Amérique du Sud. Le 9 décembre aussi, un communiqué commun de trois ministères français montrait que la priorité du gouvernement ne portait pas sur la déforestation importée. Titré « Lutte contre l’emballage plastique des fruits et légumes », son premier paragraphe était ainsi rédigé : « M. Marc Fesneau , ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, M. Christophe Béchu , ministre de la Transition écologique  et de la Cohésion des territoires , et Bérangère  Couillard, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, réaffirment  que la lutte contre les plastiques à usage unique  est une priorité ».

Ce ne sont donc pas ces trois ministres qui demanderont des comptes à Bruxelles sur la déforestation importée !

 

 

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11 décembre 2022 7 11 /12 /décembre /2022 20:43
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11 décembre 2022 7 11 /12 /décembre /2022 20:32
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11 décembre 2022 7 11 /12 /décembre /2022 14:32
Congrès du PCF: la proposition de base commune adoptée par le Conseil National du PCF

https://congres2023.pcf.fr/

Vous trouverez en pièce jointe pour alimenter le débat des communistes dans le cadre du Congrès

  • Le projet de base commune pour le 39ème Congrès du PCF (les 7-8-9 avril 2023 à Marseille) adopté au Conseil National des 3 et 4 décembre 2022 à Colonel Fabien par 60% des membres du CN qui se sont exprimés:  84 voix POUR, 55 voix CONTRE et 5 ABSTENTIONS.

Il est désormais important que tous les communistes prennent connaissance de ce projet de base commune: https://congres2023.pcf.fr

Le Calendrier du 39e Congrès du Parti communiste français:

8 janvier 2023 •

Date limite de dépôt des textes
alternatifs

27, 28 & 29 janvier •

Vote des communistes pour le choix de la base
commune

4 & 5 février •

adoption du projet de modification
des statuts par le Conseil National

4, 5 et 11, 12 mars •

Congrès de section

18, 19 et 25, 26 mars •

Congrès des fédérations

7, 8, 9 et 10 avril à Marseille •

Congrès national

 

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11 décembre 2022 7 11 /12 /décembre /2022 14:11
Nouvelle réunion du Collectif unitaire pour la réouverture de la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff le mercredi 14 décembre à Saint-Martin-des-Champs

Après sa première réunion unitaire du 9 novembre et sa conférence de presse du 21 novembre, le nouveau collectif unitaire pour la réouverture de la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff se réunira le mercredi 14 décembre à 18h à la maison des Associations du Binigou (salle Gwer), à Saint-Martin-des-Champs, pour préparer notamment une grande mobilisation unitaire le samedi 21 janvier à 14h30 à Roscoff devant la Gare de Roscoff.

Et organiser les initiatives communes de sensibilisation qui permettront la réussite de ce rassemblement.

 

Nouvelle réunion du Collectif unitaire pour la réouverture de la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff le mercredi 14 décembre à Saint-Martin-des-Champs
Montage Pierre-Yvon Boisnard - Réunion du collectif unitaire pour la réouverture de la ligne Morlaix-Roscoff

Montage Pierre-Yvon Boisnard - Réunion du collectif unitaire pour la réouverture de la ligne Morlaix-Roscoff

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11 décembre 2022 7 11 /12 /décembre /2022 13:29
Condamnons les attaques de la Turquie au Rojava !
 
Rassemblement le jeudi 15 décembre à 18h place des otages à Morlaix.
 
Le PCF soutient ce rassemblement et appelle ses adhérents et participants à y participer.
 
Merci d'y apporter des bougies si possible.
 
Appel commun unitaire
 
Un attentat non revendiqué à Istanbul sert de prétexte au président turc Erdogan pour lancer une offensive dans le nord de la Syrie et anéantir sa population. Sans réelle information ni réaction ferme des pouvoir occidentaux, nous demandons que la France appelle immédiatement à la fin de ces massacres de la population civile et de la destruction de leurs moyens d’existence.
 
Car ces offensives sont possibles avec la permission tacite des grandes puissances occidentales membres de l’OTAN, mais aussi de la Russie, de l'utilisation de l'espace aérien par le gouvernement turc. Ce dernier, après avoir attaqué aux armes chimiques et fait de la Turquie une prison à ciel ouvert, tente à nouveau d'envahir cette région, bombardant les kurdes d'Irak et de Syrie, et réprimant les membres du HDP (Parti démocratique des peuples), puissante opposition politique au régime d’Erdogan.
 
Ne l’oublions pas, le Rojava est un rempart et la base d’un espoir : celui de la résistance kurde contre l’État Islamique, au prix de la vie de centaines de combattant-es ! Or, des frappes turques permettent notamment la libération de prisonniers de l’EI, qualifiés d’extrêmement dangereux à longueur d’antenne.
 
Cette région du monde est également l’espoir d’un autre projet de société basé sur le partage des richesses, le droit à l’autodétermination et l’égalité femmes-hommes.
 
Participant à une vaste mobilisation en Europe, nous exigeons :
    • L’arrêt immédiat des bombardements contre le Rojava Démocratique
et la population Kurde ;
    • L’arrêt de la répression contre les femmes et les Kurdes
par le régime iranien ;
    • Le retrait du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) de la liste
des organisations terroristes de l’Union Européenne ;
    • La libération de Abdullah Öcalan, président fondateur du PKK
et des milliers de prisonniers politiques Kurdes, du HDP
et de leurs défenseurs.
 
Enfin nous affirmons notre solidarité avec les femmes Kurdes en lutte en Iran, Irak, Syrie et Turquie contre les oppressions, autoritaire, patriarcale et religieuse. Nous soutenons la lutte à Kobané et la résistance au Rojava contre le fascisme, quelle qu’en soit la forme.
 
Premiers signataires de l'appel: Gauche indépendantiste, PCF UDB, Ensemble, NPA, CGT, Solidaires, AFPS
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