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4 août 2023 5 04 /08 /août /2023 08:20

 

Depuis le sixième étage, après avoir emprunté un grand escalier en colimaçon, la porte franchie, sur notre gauche, apparaît une vue sur Paris qui n’offre qu’un champ visuel restreint. Poursuivons, et devant nous le Sacré-Cœur, cette « verrue versaillaise qui insulte la mémoire de la Commune de Paris », comme l’a dit la communarde Nathalie Le Mel qui fut déportée en Calédonie avec Louise Michel. À droite, trois ruches installées depuis 2016, qui peuvent compter jusqu’à 60 000 abeilles. Elles surplombent l’un des patios du restaurant.

 

 

La terrasse est occupée par deux blocs de béton conçus en gradins inclinés qui abritent les tours d’air conditionné, reliées par une marquise à l’intérieur de laquelle passent les gaines ; de cette façon les tours ne sont pas visibles de la rue.

Sur l’arrière du bâtiment nous pouvons voir les deux tours de circulation verticale, ascenseur et escalier de secours, de même que le jardin intérieur circulaire avec, derrière lui, « la cité rouge », cité HBM (Habitation à loyer bon marché) construite entre 1924 et 1929 et baptisée ainsi pour la couleur de ses briques.

Nous découvrons aussi le mur de cette cité qui jouxte le bâtiment du PCF avec ses ouvertures appelées « jours de souffrance » qui lui donnent l’air d’un mur de prison. La réglementation imposait qu’elles soient bouchées, mais Oscar Niemeyer y a placé des panneaux translucides qui laissent passer la lumière tout en conservant la discrétion.

En nous dirigeant vers la gauche nous prenons pleine tête un panorama exceptionnel sur Paris et au loin les collines qui l’entourent, dont le Mont-Valérien. Tous les monuments de la capitale sont là, ou presque.

Une fois fait ce tour d’horizon, jetons un œil en direction de la place du Colonel-Fabien et partons pour un voyage dans le temps.

Le boulevard de La Villette marquait la limite de Paris jusqu’en 1860 et là, au bas de ce qui est aujourd’hui l’avenue Mathurin, se dressait une arène dans laquelle, de 1781 à 1850, combattaient des animaux, en particulier des taureaux. Ce lieu pris donc le nom de Place du Combat du Taureau, qui donna le nom de Combat à la barrière d’octroi, au 76e quartier de Paris en 1860 et à la place en 1904.

Le 7 juillet 1945 la place prend le nom de Place du Colonel Fabien, jeune communiste du quartier Combat, héros de la Résistance. Il s’appelait Pierre Georges, preux de France, comme le titra l’Humanité du 30 décembre 1944.

À dix-sept ans il veut s’engager dans les brigades internationales pour aller combattre en Espagne. Trop jeune il falsifie sa carte d’identité. En Espagne, il suit une formation militaire ; il est lieutenant en 1938 quand, gravement blessé, il doit rentrer en France. Il milite à nouveau et, en 1939, il est interné pour activité communiste. En 1940 il s’évade lors d’un transfert. En 1941 il devient commissaire militaire de l’Organisation spéciale (OS) chargé de monter le premier groupe armé de la Résistance. Le 21 août, sur le quai du métro Barbès, sous le pseudonyme de « Frédo », il tue un officier de la marine allemande. En mars 1942, l’OS devient les FTP. Sous le pseudonyme de « Capitaine Henri », il met sur pied les premiers maquis FTP dans le Doubs. En juillet, blessé à la tête, il échappe à ses attaquants. De nouveau arrêté en novembre, il est torturé, condamné à mort et transféré au Fort de Romainville pour être déporté.

En 1943 il réussit une nouvelle fois à s’évader et circule sous le pseudonyme d’« Albert ». Puis, en soutane, sous le nom de « Paul Grandjean » comme prêtre.

En 1944, sous le nom de Colonel Fabien, il participe à la libération de Paris comme responsable des FTP de la région sud de l’Île-de-France. Constitue une brigade, « la brigade Fabien », et avec des FFI rejoint la 1re armée de De Lattre de Tassigny connue sous le nom de « Rhin et Danube ».

Le 27 décembre 1944, à l’âge de vingt-cinq ans, il est tué par l’explosion d’une mine. Les circonstances de sa mort restent une question. Un livre a été écrit intitulé Qui a tué Fabien ?µ

Gérard    Pellois

 

 

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4 août 2023 5 04 /08 /août /2023 07:00

Le premier numéro de l'Humanité paraît le lundi 18 avril 1904. Le journal de quatre pages est vendu cinq centimes et tiré à 130 000 exemplaires. Son fondateur Jean Jaurès explique dans son éditorial les raisons d'être de ce journal.

 
 

Notre but

Icon QuoteLe nom même de ce journal, en son ampleur, marque exactement ce que notre parti se propose. C’est, en effet, à la réalisation de l’humanité que travaillent tous les socialistes. L’humanité n’existe point encore ou elle existe à peine. À l’intérieur de chaque nation, elle est compromise et comme brisée par l’antagonisme des classes, par l’inévitable lutte de l’oligarchie capitaliste et du prolétariat.

Seul le socialisme, en absorbant toutes les classes dans la propriété commune des moyens de travail, résoudra cet antagonisme et fera de chaque nation, enfin réconciliée avec elle-même, une parcelle d’humanité.

De nations à nations, c’est un régime barbare de défiance, de ruse, de haine, de violence qui prévaut encore. Même quand elles semblent à l’état de paix, elles portent la trace des guerres d’hier, l’inquiétude des guerres de demain : et comment donner le beau nom d’humanité à ce chaos de nations hostiles et blessées, à cet amas de lambeaux sanglants ?

Icon QuoteLE SUBLIME EFFORT DU PROLÉTARIAT INTERNATIONAL, C’EST DE RÉCONCILIER TOUS LES PEUPLES PAR L’UNIVERSELLE JUSTICE SOCIALE.

Alors vraiment, mais seulement alors, il y aura une humanité réfléchissant à son unité supérieure dans la diversité vivante des nations amies et libres.

Vers ce grand but d’humanité, c’est par des moyens d’humanité aussi que va le socialisme. À mesure que se développent chez les peuples et les individus la démocratie et la raison, l’histoire est dissipée de recourir à la violence. Que le suffrage universel s’affirme et s’éclaire ; qu’une vigoureuse éducation laïque ouvre les esprits aux idées nouvelles, et développe l’habitude de la réflexion ; que le prolétariat s’organise et se groupe selon la loi toujours plus équitable et plus large ; et la grande transformation sociale qui doit libérer les hommes de la propriété oligarchique, s’accomplira sans les violences qui, il y a cent dix ans, ensanglantèrent la Révolution démocratique et bourgeoise, et dont s’affligeait, en une admirable lettre, notre grand communiste Babeuf.

Icon QuoteCETTE NÉCESSAIRE ÉVOLUTION SOCIALE SERA D’AUTANT PLUS AISÉE QUE TOUS LES SOCIALISTES, TOUS LES PROLÉTAIRES, SERONT PLUS ÉTROITEMENT UNIS. C’EST CETTE UNION, QUE TOUS ICI, DANS CE JOURNAL, NOUS VOULONS TRAVAILLER.

Je sais bien quel est aujourd’hui, dans tous les pays, l’âpreté des controverses et des polémiques contre les socialistes. Je sais quel est le conflit des méthodes et des tactiques ; et il y aurait enfantillage à prétendre couvrir ces oppositions d’une unité extérieure et factice.

L’union ne peut naître de la confusion. Nous défendrons toujours ici, en toute netteté et loyauté, les méthodes d’action qui nous semblent les plus efficaces et les plus sûres. Mais nous ne voulons pas aggraver, par l’insistance des controverses et le venin des polémiques, des dissentiments qui furent sans doute inévitables, et que le temps et la force des choses résoudront certainement.

Socialistes révolutionnaires et socialistes réformistes sont avant tout, pour nous, des socialistes. S’il est des groupes qui, ça et là, se laissent entraîner par passion sectaire à faire le jeu de la contre-révolution, nous les combattrons avec fermeté.

Mais nous savons que dans les deux fractions socialistes, les dévouements abondent à la République, à la pensée libre, au prolétariat, à la Révolution sociale. Sous des formules diverses, dont quelques-unes nous paraissent surannées et par conséquent dangereuses, tous les socialistes servent la même cause. Et l’on verra à l’épreuve que, sans rien abandonner de nos conceptions propres, nous tâcherons ici de seconder l’effort de tous.

Icon QuoteNOUS VOUDRIONS DE MÊME QUE LE JOURNAL FÛT EN COMMUNION CONSTANTE AVEC TOUT LE MOUVEMENT OUVRIER, SYNDICAL ET COOPÉRATIF.

Certes, ici encore, il y a bien des divergences de méthode. Et ceux qui tentent de détourner de l’action politique le prolétariat organisé, commettent, à notre sens, une erreur funeste. Mais que serait et que vaudrait cette action politique sans une forte organisation économique de la classe ouvrière, sans une vive action continue du prolétariat lui-même ?

Voilà pourquoi, sans nous arrêter aux diversités et aux contrariétés de tactiques et de formules, nous serons heureux d’accueillir ici toutes les communications où se manifestera la vie ouvrière ; et nous seconderons de notre mieux tous les efforts de groupement syndical et coopératif du prolétariat. Ainsi la largeur même et le mouvement de la vie nous mettrons en garde contre toute tentation sectaire et tout esprit de coterie.

Icon QuoteC’EST PAR DES INFORMATIONS ÉTENDUES ET EXACTES QUE NOUS VOUDRIONS DONNER À TOUTES LES INTELLIGENCES LIBRES LE MOYEN DE COMPRENDRE ET DE JUGER ELLES-MÊMES LES ÉVÉNEMENTS DU MONDE.

La grande cause socialiste et prolétarienne n’a besoin ni du mensonge, ni du demi-mensonge, ni des informations tendancieuses, ni des nouvelles forcées ou tronquées, ni des procédés obliques ou calomnieux. Elle n’a besoin ni qu’on diminue ou rabaisse injustement les adversaires, ni qu’on mutile les faits.

Il n’y a que les classes en décadence qui ont peur de toute la vérité ; et je voudrais que la démocratie socialiste unie à nous de cour et de pensée, fût fière bientôt de constater avec nous que tous les partis et toutes les classes sont obligés de reconnaître la loyauté de nos comptes-rendus, la sûreté de nos renseignements, l’exactitude contrôlée de nos correspondances.

J’ose dire que c’est par-là vraiment que nous marquerons tout notre respect pour le prolétariat. Il verra bien, je l’espère, que ce souci constant et scrupuleux de la vérité même dans les plus âpres batailles, n’émousse pas la vigueur du combat ; il donne au contraire aux coups portés contre le préjugé, l’injustice et le mensonge une force décisive.

La une du premier journal de l'Humanité, paru le 18 avril 1904, avec l'éditorial fondateur de Jean Jaurès.

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3 août 2023 4 03 /08 /août /2023 07:41

 

 

 

 

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3 août 2023 4 03 /08 /août /2023 05:58

 

Syndicats et patronat ont reçu une lettre encadrant strictement la négociation de l’assurance-chômage. Alors que le régime est censé financer en partie l’apprentissage et le futur France Travail, des économies se profilent sur les droits des demandeurs d’emploi.

 

Près de 11 milliards d’euros seront ainsi siphonnés sur les recettes (cotisations employeur et CSG) de l'Unédic d’ici à 2026, dont 2 milliards dès 2023 pour assurer le « développement des compétences et de l’emploi », notamment l’objectif de 1 million d’apprentis en 2027. Du jamais-vu.

L’assurance-chômage, nouvelle poule aux œufs d’or du gouvernement ? Mardi, syndicats et patronat ont reçu une lettre de cadrage en vue de la prochaine négociation Unédic, qui devra se conclure d’ici à la mi-novembre avant une entrée en vigueur des règles d’indemnisation à partir de 2024. 

Pour Olivier Dussopt, ministre du Travail, hors de question de revenir sur les deux précédentes réformes régressives comme l’exigeaient les syndicats, qui génèrent et vont générer des économies astronomiques, il s’agit au contraire de continuer à s’appuyer sur les « acquis » des chômeurs.

À savoir : un mode de calcul de l’indemnisation chômage qui fait perdre des droits depuis 2019 aux personnes alternant chômage et contrats courts et la notion de « contracyclicité », c’est-à-dire la modulation des règles d’indemnisation en fonction de la conjoncture économique. Depuis le 1er février, la durée d’indemnisation a ainsi été réduite de 25 % et ne serait rallongée qu’en cas de forte dégradation économique et sociale.

Dans ce document, le ministère du Travail propose d’aller encore plus loin et fixe comme objectif « d’assurer la soutenabilité du modèle assurantiel en réduisant significativement la dette (60 milliards d’euros en 2022) ». Une partie des 18,5 milliards d’euros de surplus attendus pour le régime sur les années 2023 à 2025 sera dédiée à cette mission, mais une part minoritaire de cet manne devra aussi servir à alimenter la politique de plein-emploi.

11 milliards siphonnés pour assurer le « développement des compétences et de l’emploi »

Près de 11 milliards d’euros seront ainsi siphonnés sur les recettes (cotisations employeur et CSG) d’ici à 2026, dont 2 milliards dès 2023 pour assurer le « développement des compétences et de l’emploi », notamment l’objectif de 1 million d’apprentis en 2027. Du jamais-vu. Le patronat aurait du souci à se faire, selon la CGT, car certains employeurs exonérés de cotisations pourraient devoir mettre la main au porte-monnaie.

L’exécutif ne s’arrête pas là. Alors que l’Unédic abonde déjà 80 % du budget de Pôle emploi via une contribution à hauteur de 11 % de ses recettes, ce taux devrait atteindre entre 12 et 13 % en 2026, accompagnant ainsi la création du très contesté France Travail (regroupement de Pôle emploi, des missions locales et de Cap emploi, censé accompagner les personnes handicapées).

Pour Denis Gravouil, responsable des questions d’emploi à la CGT, il ne s’agit ni plus ni moins d’un « hold-up. C’est prendre l’assurance-chômage pour une pompe à fric. Quand on pense qu’en plus, avec France Travail, cet argent devrait servir à fliquer les bénéficiaires du RSA… ». Pas surpris par ce « cadre très strict », le négociateur de la CFDT Olivier Guivarch veut, lui, d’abord « tester la volonté des organisations patronales » pour voir si des « voies de passage » sont possibles.

Si, dans cette négociation à venir, le gouvernement laisse l’apparence du choix aux syndicats et patronat, son exigence à la fois de réduire la dette et de financer les politiques de l’emploi, sans dégrader les comptes du régime, a tout de l’équation insoluble. Bien décidé à ponctionner l’Unédic, Emmanuel Macron trace la route, entre les lignes de la lettre de cadrage, vers une nouvelle casse des droits des demandeurs d’emploi.

Pour justifier un futur tour de vis, le ministère du Travail met en avant une croissance très optimiste de + 1,6 % en 2024 et un bilan radieux sur le front du chômage.

De son côté, FO rappelle, au contraire, qu’avec plus de 5 millions d’inscrits à l’ex-ANPE en catégorie A, B et C (tenus de chercher un travail), « le nombre de demandeurs d’emploi est encore bien trop important. On ne souhaite pas que le gouvernement baisse les droits des privés d’emploi (…). Seulement 40 % des personnes inscrites à Pôle emploi sont indemnisées ».

« On a compris que les droits des chômeurs ne les intéressent pas »

Mais obsédée par le graal du « plein-emploi » la Macronie remet aussi sur la table la question des postes vacants pour contraindre les chômeurs à l’activité, soulignant que le taux de ces emplois est « passé de 1 % au premier trimestre 2017 à 2,4 % au quatrième trimestre 2022, ce qui traduit les difficultés de recrutement pour les entreprises ».

Comme le pointe Denis Gravouil : « On a compris que les droits des chômeurs ne les intéressent pas. Le gouvernement revendique une politique de précarité. Ils veulent que les personnes prennent n’importe quel travail, deviennent livreur à vélo ou agents de sécurité pour les jeux Olympiques. Il n’y a pas de droit à un emploi stable. » À la lecture de cette lettre de cadrage, la CGT a d’ailleurs annoncé qu’elle « n’entendait pas s’inscrire dans de tels objectifs et entend discuter avec l’ensemble des organisations composant l’intersyndicale pour prendre une décision concertée ».

 

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2 août 2023 3 02 /08 /août /2023 05:48

Au cinquième étage

Lorsque l’on arrive au cinquième étage, nous retrouvons les fauteuils « Lounge Alta en acier » dessinés par Oscar Niemeyer et sa fille Anna-Maria, réalisés en collaboration avec les frères Schulmann - Théodore et Michel - fabricants (éditeurs), distributeurs français de mobilier.

Au mur, le poème de Paul Éluard « Liberté, j’écris ton nom ». Écrit en 1941, il paraît clandestinement en 1942 dans un recueil intitulé Poésie et vérité 1942 et à Alger dans la revue poétique Fontaine de Max-Pol Fouchet. Il sera édité par Les Éditions de Minuit en 1945.

 

 

Après la mort de Paul Éluard en 1952, les Éditions Seghers approchent Fernand Léger qui enlumine ce poème dans un livre accordéon, de quatre pages. C’est à partir de cet ouvrage qu’a été réalisée la tapisserie exposée à l’étage. Elle fut tissée en avril 1963, dans les Ateliers Tabard Frères et sœurs à Aubusson.

Sur la gauche, à l’extrémité du bâtiment, la salle de l’Exécutif national, anciennement appelé Secrétariat général. Elle ouvre sur chacune des façades de l’immeuble, les plafonniers suspendus suivent rigoureusement la forme de la table qui fait penser à une barque.

C’est dans cette salle que le 27 juin 1972, fut signé le Programme commun de gouvernement PCF/PS en présence de Georges Marchais, secrétaire général du PCF et de François Mitterrand, premier secrétaire du Parti socialiste. Le ralliement des Radicaux de gauche finalisera le rassemblement de la gauche sur un programme commun de gouvernement, le 12 juillet 1972. C’est de nouveau dans cette salle que se tiendront les discussions en vue de son actualisation.

Ce cinquième étage est occupé par les bureaux des membres de la direction du PCF, au nombre desquels, toujours dans ces années 70 : Georges Marchais secrétaire général, Gaston Plissonnier à la coordination du travail du Bureau politique et du secrétariat, Jacques Duclos président du groupe communiste au Sénat, Charles Fiterman secrétaire de Georges Marchais, André Vieuguet responsable de l’Organisation, Paul Laurent coordination des problèmes communs des fédérations de la région parisienne, Gustave Ansart de la Commission centrale de contrôle politique.

 

Au sixième étage

Le restaurant

« Les cuisines sont traitées comme des bureaux, c’est-à-dire un lieu de travail normal, avec, des fenêtres, une vue sur l’extérieur, et ça idéologiquement c’est tout à fait important. » C’est en ces termes que Jean Deroche évoque le restaurant dans une émission de France-Culture en juillet 2020, consacrée à « Oscar Niemeyer, architecte populaire » dans le cadre d’une série « Bâtisseurs » autour de 40 portraits d’artistes majeurs.

C’est dans « ce bureau » que travaillaient cinq camarades pour préparer les repas, servir et veiller aux locaux.

À la sortie de l’ascenseur, des murs recouverts de carreaux de faïence bleus et blancs, les azulejos typiques du Portugal. Ils sont l’œuvre d’Athos Bulcão, céramiste, qui a suivi Oscar Niemeyer depuis son implication dans les constructions de Brasilia.

Les portes en verre du restaurant arborent deux autocollants, « Le fumet oui. La fumée non », qui avec humour précisent qu’ici, contrairement aux autres lieux du bâtiment, à cette époque, on ne fume pas.

Les portes d’entrée poussées nous avons à gauche les cuisines où étaient préparés les repas, devant nous le comptoir où ils étaient servis et sur la droite la grande salle de restaurant aux grandes vitres laissant entrer la lumière et la vie du quartier. À chaque extrémité, un patio, celui de gauche dispose d’un petit escalier en colimaçon qui mène à la terrasse.

Gérard Pellois

 

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1 août 2023 2 01 /08 /août /2023 05:50

 

 

 

 

 

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31 juillet 2023 1 31 /07 /juillet /2023 05:57

 

 

 

 

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31 juillet 2023 1 31 /07 /juillet /2023 05:45

Chaque étage répond à l’un des critères de l’architecture moderne, à savoir le plan libre, aucun mur porteur, les bureaux se configurant à loisir par des cloisons amovibles.

La forme du plan libre en aile d’avion inversée offre une plus grande entrée de jour dans les bureaux et le plafond de chacun d’eux est donc incliné vers l’intérieur, pas de faux-plafond juste le béton brut de décoffrage au-dessus de votre tête.

Un seul couloir par étage qui suit strictement la forme en double.

 

 

Particularité, les armoires des bureaux, situées de part et d’autre de la cloison les séparant du couloir, animent ce couloir, d’autant qu’au-dessus et en-dessous de ce mobilier des ouvertures laissent entrer le jour.

Au second étage

Côté gauche

La « Polex » ou section de politique extérieure occupait, ces années 70, toute l’aile gauche (si on vient de l’ascenseur) de l’étage, une douzaine de bureaux. Elle était dirigée par Jean Kanapa, assisté de Jacques Denis. Le « gestionnaire » de ce secteur était Théo Ronco, ouvrier d’origine stéphanoise et ex-correspondant de l’Humanité au Vietnam. Ils étaient épaulés par une dizaine de permanents, responsables de secteurs géographiques, en partie des cadres chevronnés comme Elie Mignot (Afrique), Georges Fournial (Amérique Latine), Roger Trugnan et Louis Le Floch (Europe occidentale), en partie de jeunes militants : Martin Verlet (Tiers Monde), Patrick Le Mahec (pays socialistes), Gérard Streiff (CEE). Chaque vendredi matin se tenait le bureau de la section, ouvert à desélus, des journalistes, des experts. Et autour de ce noyau gravitait une pléthore de collectifs de travail, sur un pays ou un thème.

Côté droit

La revue La nouvelle Critique, créée en 1948, revue tournée vers les milieux intellectuels, cesse de paraître en 1980. Directeur Francis Cohen.

Le secteur Vétérans, amicale fondée en 1959, présidée par Lucien Midol puis Fernand Grenier, toujours en activité, porteuse de l’histoire et de la mémoire du PCF et ouverte aux adhérent·e·s qui comptaient plus de 35 années d’adhésion au PCF.

Le secteur Ingénieurs, cadres, techniciens, (ITC) avec sa revue éphémère de 1970 à 1972 ITC actualités, dirigé par Joë Metzger, programmateur à EDF-GDF.

Le Centre d’études et de recherches marxistes (CERM), responsable Guy Besse.

Les Cahiers d’Histoire de L’Institut Maurice Thorez, anciens Cahiers de l’Institut Maurice Thorez fondés en 1966. Directeur Jean Burles.

Les Cahiers du communisme, revue politique et théorique du Comité central, 1944-1999. Responsable : Léo Figuères.

La Pensée, revue créée en 1939. Directeur : Georges Cogniot. Revue toujours existante.

La revue l’École et la nation, fondée en 1951, cesse de paraître en 1999. Directeur Maurice Perche. Sera remplacée par Les carnets rouges.

France Nouvelle : directeur François Billoux.

Rapport aux chrétiens, responsable André Moine.

Au troisième étage

La propagande et la communication : responsable René Piquet.

La section cadres du Parti : responsable Marcel Zaidner.

La section éducation : responsable Henri Martin.

Activité des Fédérations : responsable Claude Poperen.

Collectif Régions : responsable Félix Damette.

Travail des élus municipaux et cantonaux : responsable Marcel Rosette.

Au quatrième étage

Le bureau de presse : responsable Georges Gosnat.

La Trésorerie : responsable Georges Gosnat.

Commission de travail parmi les intellectuels : responsable Roland Leroy.

La jeunesse : responsable Jean Colpin.

Travail parmi les femmes : responsable Madeleine Vincent.

Travail parmi les femmes en entreprises : responsable Mireille Bertrand.

 

Gérard Pellois

En collaboration avec Gérard Streiff, Gérard Fournier, Serge Leblond, Alain Vermeersch

 

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30 juillet 2023 7 30 /07 /juillet /2023 05:31

 

 

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29 juillet 2023 6 29 /07 /juillet /2023 05:43

 

Nous avons quitté le « 44 Le Pelletier » pour regrouper l’ensemble de nos secteurs de travail et nous sommes en 1971 quand commence l’installation dans ce bâtiment.

L’Internet n’existe pas. C’est dans les journaux français et étrangers, les hebdomadaires et les revues spécialisées que les différents secteurs de travail puisent l’information nécessaire à la compréhension du monde, des intérêts qui s’y affrontent et des voies de sa transformation.

 

 

Sous l’impulsion de Georges Gosnat va se mettre en place un service qui n’existait pas réellement au « 44 Le Pelletier », le Service central de documentation (SCD). La responsabilité en est confiée à Guy Pélachaud, ingénieur des Arts et Métiers.

Le SCD s’installe sur une partie du 1er étage

Son objectif, assurer une veille pour constituer des dossiers analytiques.

Le SCD était organisé en trois départements de veilles et d’une bibliothèque :

  • Veille politique principalement sur les écrits et positionnements politiques du pouvoir et des autres partis et tout ce qui avait un rapport avec la lutte idéologique, et une revue de presse quotidienne.
  • Veille à l’international sur les positions de partis en Europe et dans le monde, sur les pays socialistes et sur la communauté européenne.
  • Veille sur les entreprises, informations économiques, bilans d’entreprises, études par régions et départements.

La bibliothèque gérait les abonnements des hebdomadaires et des revues, achetait les livres incontournables dans tous les domaines et repérait des « idéologues » pour alimenter la réflexion et enrichir nos connaissances. Les articles étaient photocopiés, découpés et collés pour réaliser des fiches analytiques.

La photocopieuse/trieuse était tenue par Marc Poulton, ancien directeur de France-URSS, retraité bénévole qui éditait également chaque matin, à 7h30, la revue de presse faite très tôt par un étudiant pour qu’à 9 h tous les dirigeants du Parti puissent en prendre connaissance.

Certains documents étaient édités à l’imprimerie du 1er sous-sol sur machine Offset tenue par Alain Vermeersch, dit « Gutemberg » ou « Gugu »

C’est encore au SCD qu’a été faite, très tôt, l’expérimentation du minitel, dirigé par René Le Guen, Michel Dauba et par Guy Pélachaud ; une équipe s’est constituée autour de Yann Le Pollotec et de jeunes camarades comme Serge Leblond, Lubin Chantrelle, Martine Louaire, Pascal Carreau… Le « 3615 PCFDOC », un nouveau moyen de s’informer pour les organisations du Parti et de communiquer, entre elles et envers l’extérieur, vers le grand public et les organisations de masse ou professionnelles.

Elle s’appuie sur la documentation du Comité central enrichie    de milliers de dossiers quotidiennement tenus à jour à l’aide, en moyenne, de 900 coupures de presse choisies parmi 50 quotidiens, 250 hebdomadaires, 600 revues, 300 publications étrangères.

Le nec plus ultra sera le traitement des résultats électoraux : remonté des résultats par les fédérations, puis saisie le soir même. Et le lendemain matin très tôt, des camarades, au nombre desquels Gérard Fournier qui deviendra l’administrateur du siège, se rendaient dans les gares récupérer les journaux régionaux pour compléter les résultats. Ce dispositif fut tellement efficace que nous mettions les résultats en ligne avant le ministère de l’Intérieur.

L’autre partie du 1er étage était occupée par plusieurs secteurs et revues.

Le SCD côtoyait sur le même étage la Section économique sous la responsabilité de Philippe Herzog et à laquelle participaient Jean Fabre, Anicet Le Pors, Jean-Claude Poulain, Paul Bocarra, Henri Claude, Jean Chatain... Il y avait aussi la revue Économie et politique qui existe toujours.

Il y avait également la Section agraire dirigée par André Lajoinie, avec Fernand Clavaud, Jean Flavien... et aussi une camarade, Marie-Louise Petit, qui épluchait la presse internationale, et cette camarade avait même connu Lénine. 

Gérard Pellois

En collaboration avec Gérard Streiff,

Gérard Fournier, Serge Leblond, Alain Vermeersch

 

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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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