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16 août 2023 3 16 /08 /août /2023 05:30

 

Paris, cimetière du Père-Lachaise, le 27 mai 1923. Au milieu des milliers de participants à la traditionnelle montée au mur des Fédérés, venus rendre hommage aux communards massacrés en 1871, une poignée de militants placés sur le bord du cortège donnent de la voix. Munis de brassards rouges, ils vendent des cartes postales au profit du Secours rouge international (SRI), une organisation nouvellement constituée dans plusieurs pays pour aider les victimes de la répression capitaliste et du fascisme.

 

 

La fondation du SRI, décidée quelques mois plus tôt à Moscou lors du 4e congrès mondial de l’Internationale communiste (ou Komintern), intervient dans un contexte défavorable pour le mouvement révolutionnaire. Partout en Europe les communistes sont confrontés au reflux de la poussée révolutionnaire qui, dans le sillage de la prise du pouvoir des bolcheviques en Russie, avait ébranlé le vieux continent à la sortie de la Première Guerre mondiale. Dans de nombreux pays (Allemagne, Finlande, Hongrie…), les insurrections ouvrières ont été écrasées et ont laissé la place à des régimes anticommunistes et autoritaires qui se livrent à une implacable répression. Dans ces conditions, la formation d’un organisme transnational de secours des victimes de la « terreur blanche » s’est imposée comme une nécessité pour assurer la survie des organisations communistes et ouvrières.

Elle répond également au mouvement de repli stratégique engagé par le Komintern qui, prenant acte de l’éloignement de la perspective de la révolution mondiale, se concentre sur le renforcement des partis communistes et lance le mot d’ordre de « conquête des masses ». La création du SRI s’inscrit alors dans le développement d’organisations auxiliaires « de masse », conçues pour faciliter la pénétration des idées communistes auprès de publics plus larges et dépassant le cercle des militants encartés.

En France, une section du Secours rouge voit le jour en mai 1923, sous l’impulsion du Parti communiste et de la CGTU, qui décident de fusionner plusieurs petits comités spécialisés dans l’accueil des victimes du fascisme italien et des révolutionnaires étrangers en exil. Cette nouvelle organisation se situe dans le prolongement des expériences d’avant-guerre de solidarité ouvrière et de défense des libertés démocratiques. Toutefois, elle s’inscrit en rupture avec des structures plus anciennes comme la Ligue des droits de l’homme (LDH) ou celles issues du syndicalisme révolutionnaire, qui sont accusées de ne plus répondre aux enjeux du moment, ni aux nouvelles formes de répression frappant le mouvement ouvrier après 1918.

En concurrence avec la LDH ou le Comité de défense sociale d’inspiration anarchiste, le Secours rouge s’impose dès le milieu des années 1920 comme le principal outil de défense des militants ouvriers et communistes face à la répression. Sous la conduite d’anciens prisonniers emblématiques, comme André Marty (le célèbre mutin de la mer Noire), il se structure sur l’ensemble du territoire national et dans les colonies, groupant quelques dizaines de milliers d’adhérents (plus de 40 000 à la fin des années 1920). La section française du SRI, spécialisée dans l’organisation de campagnes de solidarité, devient alors l’une des organisations majeures de la galaxie communiste.µ

Corentin Lahu

 

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15 août 2023 2 15 /08 /août /2023 14:37

 

 

 

 

 

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15 août 2023 2 15 /08 /août /2023 07:22
Pascal Champvert rappelle dans L'Humanité le dramatique sous-investissement dans le secteur de l'accompagnement des personnes âgées, dans les EHPAD et l'aide à domicile

Pascal Champvert, Président de l’AD-PA Association des Directeurs au service des Personnes Âgés, invité à plusieurs reprises par l'atelier citoyen PCF Bretagne et Christiane Caro à des débats à la Fête de l'Humanité Bretagne et de l'Université d'été du PCF, rappelle quelques vérités et chiffres alarmants dans son interview intégré dans un article d'Ameline Roussel le 3 août 2023 sur les suites de la gestion de la canicule dans les EHPAD, suite au décès de 15 000 personnes âgées lors de la canicule de 2003:

« On ne passe pas suffisamment de temps avec les personnes âgées, et ça s’aggrave en ce moment, puisque la plupart des établissements n’ont pas augmenté leur budget à la hauteur de l’inflation. » Alors que la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa) mise en place en 2013 devait permettre d’augmenter les moyens, le taux d’augmentation des budgets pour les personnes âgées a depuis diminué, passant de 9 % en moyenne par an à 2 %. À ce jour, la part du PIB consacré aux personnes âgées s’élève à 1,7 % en France. Par comparaison, les Pays-Bas y consacrent 3,7 % de leur PIB…

Pourtant, pour financer les actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, une journée de solidarité a été mise en place et la Caisse nationale de solidarité pour l’auto­nomie (CNSA) a été créée en 2004. Seulement, l’AD-PA dénonce le détournement de ce dispositif : « Pendant toutes ces années, on s’est servi de la CNSA pour financer d’autres mesures, et maintenant la CNSA est en déficit », s’indigne Pascal Champvert. De mi-2013 à fin 2015, l’AD-PA estime la somme détournée à 1,5 milliard d’euros. L’organisme ­précise qu’en 2016 30 millions d’euros ont encore servi à financer la sécurisation des universités.

Sans les moyens financiers adéquats, la situation reste critique : « On est à peine à six salariés pour dix résidents, alors que le plan solidarité grand âge prévoyait huit pour dix dès 2012, déplore le président de l’AD-PA. Comme tout le monde sait que les conditions sont dégradées, un certain nombre de jeunes ne veulent plus entrer dans le secteur et d’autres le quittent. C’est une spirale infernale. Les cyniques disent que l’on n’a pas besoin de mettre d’argent dans le secteur puisqu’il est délaissé. Alors que c’est parce qu’il n’y a pas d’argent qu’il est délaissé. »

De la même manière, alors que ce plan de solidarité s’est fixé comme objectif la création de 232 000 places de service de soins infirmiers à domicile pour 2025, il n’en comptait que 23 800 fin 2017. « La situation à domicile est à plein d’égards pire que celle au sein des établissements », affirme Pascal Champvert.

Selon lui, l’âgisme est un facteur expliquant le manque de moyens alloués : « Les personnes âgées sont considérées comme des citoyens de seconde zone, et le sujet n’est jamais prioritaire. » En témoigne le scandale révélé par le livre les Fossoyeurs, de Victor Castanet . Sauf que l’unique réponse apportée par les pouvoirs publics s’est résumée à des contrôles accrus, « dont il ne ressort rien ». Comme pour illustrer son propos, l’examen de la proposition de loi « bien vieillir » a été reporté fin juillet, après avoir déjà été suspendu une première fois en avril.

https://www.humanite.fr/societe/canicule-2003/canicules-les-ehpad-toujours-en-surchauffe-804959

 

Lire aussi:

Financement de la dépendance - l'Etat a détourné 20 milliards affirme Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (L'Humanité, 13 juillet)

Pascal Champvert rappelle dans L'Humanité le dramatique sous-investissement dans le secteur de l'accompagnement des personnes âgées, dans les EHPAD et l'aide à domicile
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15 août 2023 2 15 /08 /août /2023 06:41
Porto Empedocle près d'Agrigente au sud de la Sicile: Sea Watch et Océan Viking bloqués administrativement au port - août 2020

Porto Empedocle près d'Agrigente au sud de la Sicile: Sea Watch et Océan Viking bloqués administrativement au port - août 2020

Le Ouest-France du 14 août 2023 l'annonce dans ses pages internationales  et son article en Une:

Il y a toujours plus de migrants à mourir en mer.

Tristes records que l'on bat avec une régularité confondante dans une quasi indifférence générale d'année en année.

Samedi, l'Organisation internationale pour les migrations de l'ONU a recensé au moins 2060 morts en mer, rien qu'en Méditerranée, depuis le début de l'année. Le macabre "bilan" de 2022 est déjà dépassé en août en 2023.

Et encore, il est certain que de nombreuses noyades collectives, disparitions en mer, ne sont pas connues. Parfois, les passeurs ou bien les policiers (dans certains États d'Afrique du Nord, en Turquie, en Grèce), sont complices de ces noyades qui sont carrément provoquées.

Des milliers d'autres migrants sont renvoyés à la mort dans le désert, sans eau, sans nourriture.

Les États européens aussi ont une responsabilité écrasante en sous-traitant la politique de lutte contre l'immigration irrégulière en connaissance de cause à des pays non démocratiques où le respect des droits de l'homme n'est pas une priorité des régimes en place et qui sont de toute façon en difficulté pour gérer l'arrivée des exilé.e.s et réfugié.e.s pour des raisons économiques. Et la responsabilité principale des États européens dont le nôtre est d'abord de ne pas suffisamment ouvrir de voies d'immigration légales et sécurisées, notamment pour rendre effectif le droit d'asile. De ne pas reconnaître de droit au déplacement et à la mobilité alors même que nos ressortissants, eux, voyagent, s'installent à l'étranger, y travaillent.

Des États européens qui peuvent aussi comme l'Italie bloquer temporairement l'activité des bateaux de sauvetage en mer comme l'Océan Viking de SOS Méditerranée, qui a sauvé 623 personnes ces derniers jours, dont de nombreux réfugiés fuyant les conflits et les crises humanitaires, venus du Soudan, de Guinée, du Burkina Faso, de Côte d'Ivoire...

Des États européens qui se livrent à un concours Lépine de la politique la plus répressive en matière de lutte contre l'immigration et de restriction des droits des réfugiés, comme le Royaume-Uni qui envoie des demandeurs d'asile au Rwanda, ou l'expérimentation de barge en mer pour réfugiés qui ressemblent à des prisons flottantes.

Samedi 12 août, c'est dans la Manche entre la France et l'Angleterre qu'un bateau a fait naufrage, avec 65 exilé.e.s à son bord. 6 afghans ont perdu la vie. Depuis le verrouillage du port de Calais et du terminal Eurotunnel en 2018, plus de 100 000 migrants auraient traversé, au péril de leur vie, la Manche à bord de petites embarcations selon des estimations britanniques.

Ce qui fait naufrage depuis des années, ce sont bien sûr des femmes, des hommes, et des enfants, par dizaines de milliers, sur des radeaux de la Meduse que l'on abandonne à leur sort, mais ce sont aussi les prétentions à l'humanisme et à la défense des droits de l'homme de l'Europe dont la politique vis-à-vis des exilé.e.s est, il faut le dire sans détour, criminelle.

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15 août 2023 2 15 /08 /août /2023 06:36
Le capitalisme, c'est l’arnaque plus… l’électricité - par Patrick Le Hyaric, L'Humanité, 25 juillet 2023
Le capitalisme, c'est l’arnaque plus… l’électricité

Avec l’augmentation des tarifs réglementés, ce 1er août, les ménages, les petites entreprises, les paysans auront subi une majoration cumulée de 31 % du coût de leur courant depuis février 2022.

Mardi 25 juillet 2023

Du haut de son mépris, le pouvoir considère que nous devrions nous estimer heureux car les tarifs de l'électricité auraient pu augmenter de... 75 %. Diantre ! Comment cela est-il possible alors que les coûts de production ont tendance à baisser ? 


En même temps que cette hausse, le gouvernement décide de supprimer ce qu’il avait baptisé le « bouclier tarifaire ». Curieux. Dans son petit précis de petite politique pour les nuls, lors de la réunion du Conseil des ministres rafraîchi du 21 juillet, le président de la République n’en a pas soufflé mot. Lors de son entretien télévisé du 24 juillet, il nous a raconté une fable sur les centrales nucléaires qui permettraient de baisser les prix. Nous ne manquons ni de centrales, ni d’électricité et les prix montent Monsieur le président ! Et, pour cause : le même gouvernement, par la voix de Bruno Le Maire, a participé le 13 juillet dernier à la prise de décision des ministres des Finances de l’Union européenne décidant de supprimer tous les mécanismes budgétaires de soutien permettant de lutter contre les effets de la flambée des prix de l’énergie

Laisser augmenter les prix pour lutter contre l'inflation ?

Pourquoi une telle décision ? Pour obéir aux injonctions de la Banque centrale européenne (BCE) qui insiste pour revenir aux fameux critères du traité de Maastricht de réduction des déficits publics et de la dette, et prétendre ainsi lutter contre l’inflation. Il ne reste guère qu’Ubu pour affirmer sans ciller qu’afin de lutter contre l’inflation, il faudrait laisser augmenter les prix !

Dans une Europe démocratisée, ce ne serait pas la banque centrale qui donnerait des ordres aux ministres, mais le contraire. Le pouvoir qui prépare le budget 2024 considère que les temps sont venus de serrer toutes les vis sauf celles des cadeaux au grand patronat. Le projet est de réaliser sur ce chapitre de 19 à 29 milliards d’euros d’économies. 

Pour aider à faire passer l’amère pilule, la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui détient le monopole de la fixation du prix « théorique de l’électricité », explique qu’il faudrait augmenter les prix de 74,5 %. C’est une manière de faire valoir la générosité du gouvernement. Voilà une belle arnaque ! 

En effet, une fois déduite la programmation du remboursement des investissements réalisés par EDF et l’État, la production d’électricité se calcule à coûts fixes. Or, la France produit 80 % de l’électricité qu’elle consomme. Puisque les tarifs sont toujours au-dessus de la moyenne de ces coûts fixes de production, pourquoi faudrait-il alors les augmenter dans de telles proportions ? 

L'anarque de l’« ouverture du marché » de l’électricité

On ne peut comprendre la situation sans se souvenir de l’opération décidée lors de l’acceptation en 1996, à Bruxelles, par le gouvernement français de l’« ouverture du marché » de l’électricité. Le gouvernement de l’époque instaure une disposition permettant aux nouvelles entreprises, en général non productrices d’énergie mais fournisseuses d’électricité, de disposer d’une partie de la production électrique nucléaire produite par EDF, afin de les placer sur « un pied d’égalité » avec l’entreprise publique. Le nom barbare de ce dispositif : l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh). 

Ceci se fait au nom du sacro-saint dogme de « l’économie de marché où la concurrence est libre et non faussée». Un marché juteux s’est alors ouvert pour des entreprises fournisseuses d’électricité qui se sont multipliées comme des petits pains, souvent logées dans de grands groupes pétroliers ou financiers. 

Rendez-vous compte : l’équivalent du quart de la production électrique nucléaire d’EDF leur est réservé au prix de 42 € par mégawattheure (MWh) qu’ils revendront de 6 à 10 fois plus cher. Comble de l’absurdité capitaliste pour le commun des mortels : sous la pression de ces mêmes fournisseurs privés – qui ne sont en réalité que des intermédiaires – la fameuse CRE décide de considérer EDF, productrice essentielle de notre électricité, comme un « fournisseur » comme un autre. En conséquence, l’entreprise nationale doit répercuter dans ses tarifs réglementés un coût d’achat « théorique » de sa propre production. 

Et pour que l’ubuesque tableau soit complet, c’est cette même CRE qui détermine le légendaire prix théorique – non pas, à partir des cours moyens annuels des prix de gros de l’électricité, mais en prenant seulement les références des cours du mois précédent de décembre, c’est-à-dire au moment où la demande est la plus élevée. Voilà les charmes discrets du concept de « concurrence libre » et prétendument « non faussée ». 

Dès la fin de l’année 2021, alors que les prix de l’électricité sur le marché de gros commençaient à monter, tous les fournisseurs privés se sont précipités sur le dispositif Arenh pour demander à disposer de plus d’électricité. Ce qui leur fut accordé. Comme cela eut lieu au moment où EDF était contrainte d’arrêter plusieurs réacteurs nucléaires en raison de corrosions détectées, la spéculation s’est envolée sur ce « marché de gros ». 

Nous perdons deux foix

La CRE refuse de tenir compte de cet événement exceptionnel et maintient le prix dit théorique à un haut niveau. Imaginons le montant de la plus-value pour ces entreprises privées fournisseuses d’un bien (qui devrait être commun) qu’elles ne produisent pas ! Elles achètent, depuis des mois, de l’électricité à 46,2 € /MWh pour les revendre entre 500 et 800 €. De surcroît, le rapport parlementaire à l’initiative du sénateur communiste Fabien Gay et de sa collègue LR, Dominique Estrosi-Sassone, révèle que plus de 72 fournisseurs ont abusé du dispositif Arenh. Ajoutons qu’EDF, qui a eu besoin d’acheter de l’électricité à la suite des pannes dans son parc nucléaire, a dû débourser 256 € MWh – mais pour le revendre aux alentours de 46 €. 

Et l’essentiel de l’argent permettant d’instaurer le bouclier tarifaire est reversé en priorité aux fournisseurs privés pour compenser leur « manque à gagner » du fait du gel des tarifs. Cette compensation, estimée à 11 milliards d’euros en 2022 et qui pourrait atteindre plus de 20 milliards d’euros en 2023, est censée être reversée aux usagers sous forme de baisses de facture. 

L’usager paie, ou plutôt perd, donc deux fois. Une fois en payant les lourds investissements d’EDF avec les frais financiers qui les accompagnent. Une seconde fois, sous forme d’impôts, pour financer les opérateurs privés qui spéculent sur les prix de l’électricité. C’est ce que les économistes de cour, avec leur ton de « sachants », appellent le « marché ».

Tel est le niveau de créativité capitaliste pour détruire le fleuron de l’électricité, créée à la Libération par le communiste Marcel Paul.

Il est temps, pour la France, de faire du combat pour la sortie de l’électricité du marché unique européen, voire de sa refonte complète, une priorité. Cela se joue dans des luttes rassemblant usagers et agents d’EDF. Très nombreuses et nombreux, aujourd’hui loin des sphères syndicales ou communistes, seraient prêts à se joindre à un mouvement contre l’absurdité capitaliste dans le secteur de l’énergie

Car ce que notre siècle pose avec force, c’est la question fondamentale de faire de l’électricité un bien commun, en lançant un processus de réappropriation sociale, citoyenne et démocratique d’EDF, gérée selon les  critères de l’intérêt général, humains et écologiques.

Le capitalisme, c'est l’arnaque plus… l’électricité - par Patrick Le Hyaric, L'Humanité, 25 juillet 2023
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15 août 2023 2 15 /08 /août /2023 06:29
Georges Ibrahim Abdallah : « Le refus de le libérer est politique », déplore André Chassaigne - L'Humanité, 14 août 2023
Georges Ibrahim Abdallah : « Le refus de le libérer est politique », déplore André Chassaigne

Georges Ibrahim Abdallah, militant libanais condamné pour complicité d’assassinat, est détenu en France depuis trente-neuf ans. Engagé pour sa libération, le député PCF André Chassaigne lui a rendu visite ce samedi.

Lundi 14 août 2023 - L'Humanité

Depuis 1984, Georges Ibrahim Abdallah dort en prison. Condamné à perpétuité pour complicité d’assassinat sur deux diplomates, un Israélien et un Américain, dans le contexte de l’invasion du Liban par Israël, il est pourtant libérable depuis 1999. Engagé pour sa libération depuis plusieurs années, André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée, où siègent les communistes, a réitéré sa demande en mai dans une tribune, tandis que le PCF, aux côtés de treize organisations dont la Ligue des droits de l’homme ou le Parti de gauche, a adressé un courrier à ce sujet à Emmanuel Macron. Ce samedi, l’élu du Puy-de-Dôme a rendu visite au détenu libanais pour une rencontre d’une heure et demie au parloir du centre pénitentiaire de Lannemezan (Hautes-Pyrénées).

Pourquoi avez-vous rendu visite à Georges Ibrahim Abdallah ?

Il s’agissait de tenir une promesse faite il y a longtemps. C’était avant tout pour rencontrer l’individu. J’ai découvert une personnalité à la fois ordinaire et exceptionnelle. Il est plein d’humilité quant à son cas personnel. Il se considère avant tout comme un militant communiste libanais de base. Son combat est celui de la cause de l’indépendance et de l’avenir politique du Liban, et de la cause palestinienne. Avec une hauteur d’analyse politique impressionnante. Il s’astreint, intellectuellement, à une connaissance de l’actualité politique. Il est très curieux, très intéressé. Il est tellement attaché à de grandes causes que son cas personnel passe après. à ce sujet, il avait fait neuf demandes de libération conditionnelle. Elles ont été rejetées jusqu’en 2012, où il a obtenu de la justice une libération sous condition d’expulsion. Le Liban est prêt à l’accueillir. Mais il fallait qu’il y ait l’arrêté d’expulsion, qui a été refusé par Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur. Depuis, il avait renoncé. Or il vient de faire une nouvelle demande, le 8 juin. Si on veut qu’elle puisse aboutir, il faut un large mouvement.

Est-ce parce que ça ne dépend pas uniquement de la justice qu’une mobilisation des élus est importante ?

Oui, le problème est là. Éric Dupond-Moretti avait répondu à un courrier de Jean-Paul Lecoq (député PCF – NDLR) que ce n’était pas au gouvernement de s’immiscer dans la justice au nom de la séparation des pouvoirs. C’est se moquer du monde : si la décision de libération est conditionnée à l’expulsion, il faut un arrêté signé par le ministre de l’Intérieur. Toutes les garanties sont données par le Liban. Il n’y a aucun élément qui justifie de le refuser. Si, en 2012, le ministre de l’Intérieur a refusé de signer l’arrêté d’expulsion, c’est sous la pression des États-Unis et d’Israël. Cette affaire est une honte pour un pays qui se proclame le pays des droits de l’homme. C’est une tache noire pour la justice française. Qu’une décision de justice soit bloquée par le ministre de l’Intérieur, c’est absolument inacceptable. Cela exige donc une mobilisation au plus haut niveau des élus de ce pays. Nous avons même trop attendu. Il est l’un des plus vieux prisonniers d’Europe. Le refus de le libérer est politique.

Dans quel état d’esprit est-il par rapport à ses chances de libération ?

Il l’attend, mais il n’y a pas d’exaltation. Il a un espoir raisonné. Il a conscience que cela exigera un affrontement entre la France d’un côté, et les États-Unis et Israël de l’autre. Il sait la difficulté de cette tâche, que le contexte dépasse sa seule personne.

Quelles suites comptez vous donner à cette visite ?

Nous allons d’abord relancer notre tribune pour organiser une réponse collective des parlementaires. Avec les députés de la Nupes et les sénateurs de gauche, on peut sans difficulté atteindre les 150 parlementaires. On demandera aussi à ce qu’elle soit signée par des députés d’autres sensibilités, Liot voire LR au nom de l’indépendance de la France, soumise aux États-Unis. Je suis même certain qu’on aura des signatures issues de la majorité. Ensuite, je compte demander une rencontre avec le président de la République : il faut qu’il prenne conscience. Nous devons saisir toute occasion d’être les porte-voix exigeant sa libération. Par exemple, il faut que l’initiative prévue autour de Georges Ibrahim Abdallah lors de la Fête de l’Humanité prenne une dimension beaucoup plus large, que cela devienne une affaire nationale. Il faut en faire un mouvement massif au niveau du pays.

 

Lire aussi:

Georges Ibrahim Abdallah : pourquoi la France s'acharne sur le plus ancien prisonnier d’Europe (Parti communiste, Pierre Barbancey dans L'Humanité, AFPS)

George Ibrahim Abdallah doit être libéré!

Georges Ibrahim Abdallah : « Le refus de le libérer est politique », déplore André Chassaigne - L'Humanité, 14 août 2023
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15 août 2023 2 15 /08 /août /2023 06:16
Irène Frachon à la fête de l'Humanité 2016 sur l'espace Bretagne de débats pour un débat sur la politique du médicament face à la révolution numérique avec Christiane Caro, animatrice de l'atelier citoyen santé Bretagne, Fabien Cohen (commission nationale santé-protection sociale), Isabelle Lorand, Yann Le Pollotec

Irène Frachon à la fête de l'Humanité 2016 sur l'espace Bretagne de débats pour un débat sur la politique du médicament face à la révolution numérique avec Christiane Caro, animatrice de l'atelier citoyen santé Bretagne, Fabien Cohen (commission nationale santé-protection sociale), Isabelle Lorand, Yann Le Pollotec

Irène Frachon au débat de la fête de l'Huma Paris le 11 septembre 2016 sur l'espace PCF Bretagne sur le médicament avec Christiane Caro, Fabien Cohen, Yann Le Pollotec, Isabelle Lorand

Irène Frachon au débat de la fête de l'Huma Paris le 11 septembre 2016 sur l'espace PCF Bretagne sur le médicament avec Christiane Caro, Fabien Cohen, Yann Le Pollotec, Isabelle Lorand

Fête de l’Humanité : Irène Frachon, le goût du combat et du collectif

La pneumologue Irène Frachon a combattu les laboratoires Servier pendant près de 15 ans. Elle sera à la Fête de l’Humanité pour un débat à l’Agora sur les politiques du médicament. 

Publié le
Mardi 1 août 2023

Elle a participé plus d’une fois à la Fête, la dernière en 2016, à l’invitation de l’Espace Bretagne. Quand nous lui avons proposé de revenir cette année pour un débat à l’Agora sur les politiques du médicament, la réponse n’a pas tardé. « C’est oui ! »

Pourtant, la pneumologue de Brest et lanceuse d’alerte dans l’affaire du Mediator aurait pu se lasser de ces innombrables allers-retours entre sa chère Bretagne et la région parisienne, elle qui les a multipliés, en particulier pendant les deux très longs procès, en première instance (2019-2020) et en appel (2023), avec ce scandale sanitaire. 

Franc-parler et authenticité de cette médecin pas comme les autres

Mais le goût du combat et des œuvres collectives – marque de fabrique de la Fête de l’Humanité – aura été le plus fort. Chacun pourra donc profiter du franc-parler et de l’authenticité de cette médecin pas comme les autres, qui a raconté en BD, avec son compère Éric Giacometti et l’illustrateur François Duprat, sa longue lutte contre les laboratoires Servier ( Mediator, un crime chimiquement pur, Delcourt, 2023).

À l’Agora, elle témoignera de ces quinze années d’un « combat insensé », comme elle le qualifiait elle-même dans l’Humanité magazine en février. Et tentera aussi d’en tirer des leçons, sur le poids des grands labos ou le rôle des pouvoirs publics pour réguler ce secteur.

Elle aurait volontiers confronté son point de vue au syndicat des industriels du médicament, le LEEM, que l’Humanité avait invité pour ce débat, mais celui-ci a décliné l’invitation… Irène Frachon, elle, n’esquivera pas. Et se battra « jusqu’au bout pour les victimes du Mediator ». Le verdict du procès en appel est attendu pour le 20 décembre.

 

Voir aussi:

Irène Frachon - 17 octobre 2019: J'ai échappé de peu à la tromperie de Servier (Alexandre Fache, L'Humanité, 17 octobre 2019)

Irène Frachon: Servier était plus puissant que l’Agence du médicament (Rozenn Le Saint, Médiapart, 22 septembre 2019)

Fête de l'Humanité 2016: Le débat de l'atelier citoyen PCF-Front de gauche Santé sur le médicament avec Irène Frachon, Yann Le Pollotec, Sophie Pène, Isabelle Laurent, disponible en vidéo sur You Tube: à regarder

1ère partie du débat sur le numérique et la santé à la fête de l'Huma 2016 (Espace Bretagne)

  https://www.youtube.com/watch?v=5SnVyX24JUs

2e partie du débat sur le numérique et la santé à la fête de l'Huma 2016 (Espace Bretagne)

https://www.youtube.com/watch?v=MavPuC5p5lQ

3e partie du débat sur le numérique et la santé à la fête de l'Huma 2016 (Espace Bretagne)

https://www.youtube.com/watch?v=HG5hiklt8AE

4e partie du débat sur le numérique et la santé à la fête de l'Huma 2016 (Espace Bretagne)

https://www.youtube.com/watch?v=m0hBHUJtVHU

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15 août 2023 2 15 /08 /août /2023 06:09
Derrière la baisse du chômage, des radiations en masse, une explosion de l'emploi précaire - décryptages de Cécile Rousseau et Marie Toulgoat dans L'Humanité des 27 et 28 juillet 2023
Derrière la baisse du chômage, des radiations en masse

Alors que le gouvernement se satisfait de la très légère baisse du nombre de demandeurs d’emploi, la CGT pointe des sanctions en hausse pour les chômeurs.

L'Humanité - Vendredi 28 juillet 2023
 
 
La CGT pointe la « nette augmentation des radiations » : + 6,8 % pour un an et + 3,6 % sur le trimestre, soit 54 700 radiés durant les trois derniers mois
 

Des statistiques prétendument au beau fixe. Mercredi 26 juillet, la parution des chiffres du chômage pour le deuxième trimestre a fait état d’un nombre d’inscrits en catégorie A (sans activité) en très légère baisse – 0,2 % par rapport au premier semestre, soit 4 900 personnes en moins –, portant leur nombre à 3,011 millions.

En incluant ceux ayant une activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi est en chute de 0,5 % au deuxième trimestre (– 26 100) et s’établit à 5,343 millions, selon la Direction des statistiques du ministère du Travail. Sur un an, la baisse est de 1,9 %.

Le nombre de personnes travaillant moins de 78 heures par mois grimpe de 7,7 % sur un an

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a aussitôt salué sur Twitter une «  bonne nouvelle vers le plein-emploi ». Ces belles paroles gouvernementales ne suffisent pas à occulter la précarisation croissante du marché du travail. En catégorie B, regroupant les personnes travaillant moins de 78 heures par mois, le nombre d’inscrits grimpe de 7,7 % sur un an, avec notamment une flambée de 26,5 % des contrats de moins de 20 heures par mois.

De son côté, la CGT pointe surtout la « nette augmentation des radiations » : + 6,8 % pour un an et + 3,6 % sur le trimestre, soit 54 700 radiés durant les trois derniers mois. « La politique de sanctions semble donc être la principale cause de cette “amélioration” : une sortie sur dix est désormais due à une radiation, tout sauf une reprise d’emploi. » Effectivement, les statistiques font état d’un recul des sorties pour reprise d’emploi de 3,3 % sur le trimestre et de 14,5 % sur l’année.

Pierre Garnodier, secrétaire général de la CGT chômeurs, explique recevoir de très nombreux témoignages de privés d’emploi ainsi exclus. « Si une personne refuse d’aller aux formations “toutes les clés pour mon emploi durable” ou “AccelèR’emploi”, délivrées par des opérateurs privés de Pôle emploi, elle est radiée. Ce qui est illégal. Ce phénomène est massif. Depuis la fin du premier confinement et le lancement de ces nouvelles prestations, on observe une recrudescence des radiations. »

Le plan du gouvernement pour « remobiliser » les demandeurs d’emploi de longue durée : les contraindre à se former sur les métiers en tension

Sur le front du chômage de longue durée, alors que le problème est structurel, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits depuis un an ou plus à Pôle emploi diminue de 1 %, et même de 8,6 % sur un an. Pour Pierre Garnodier, cela pourrait aussi s’expliquer par le plan du gouvernement pour « remobiliser » les demandeurs d’emploi de longue durée, consistant à les contraindre à assister à des prestations et à se former sur les métiers en tension. Sous peine d’être radiés. « Une chômeuse a ainsi été convoquée pour une de ces séances de formation. 80 % des gens étaient des aidants… »

Pour atteindre son objectif de plein-emploi – au sens du Bureau international du travail, un taux de chômage autour de 5 % en 2027 (contre 7,1 % actuellement) –, l’exécutif mise notamment sur la transformation de Pôle emploi en France Travail, avec des sanctions renforcées pour les allocataires du RSA, et sur la négociation d’une nouvelle convention de l’assurance-chômage d’ici à la fin de l’année. De quoi redouter de nouvelles exclusions massives des chômeurs des statistiques.

La baisse du nombre de chômeurs, un leurre statistique

Désintox. Bonne nouvelle en apparence, la décrue des chiffres du chômage marque en réalité une explosion de l’emploi précaire et des radiations.

Publié le
Vendredi 27 janvier 2023
 
Selon la Dares, 52 900 personnes ont été tout bonnement radiées des listes de Pôle emploi.

Voilà de quoi ravir le gouvernement et son obsession du plein-emploi. Selon la Dares, 6 134 100 personnes étaient inscrites à Pôle emploi au quatrième trimestre 2022, chiffre au plus bas depuis 2014. « Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité baisse de 112 000 personnes au T4 2022. Le plein-emploi, c’est aussi le bon emploi. Nous poursuivons notre mobilisation », s’est réjoui le ministre du Travail, Olivier Dussopt, sur Twitter. Pourtant, à y regarder de plus près, les statistiques peinent à confirmer cette bonne nouvelle.

Explosion du nombre de chômeurs en catégorie B

Les données de la Dares montrent avant tout que la large baisse du nombre des chômeurs de la catégorie A (n’ayant pas du tout travaillé durant le mois) est compensée par un impressionnant bond des inscrits en catégorie B (moins de 78 heures dans le mois). Avec 2 834 000 privés d’emploi dans cette première catégorie au quatrième trimestre 2022, le nombre d’inscrits a ainsi diminué de 3,8 % en un trimestre, et de 9,4 % en un an.

Le nombre de chômeurs en catégorie B, occupant des emplois très précaires, a lui explosé : il a augmenté de 8,8 % en un an, et de plus de 30 % si l’on se concentre exclusivement sur les personnes ayant travaillé entre 1 et 20 heures dans le mois.

Un transfert qui pourrait être en partie expliqué par un bug informatique, explique la CGT : lors de la réactualisation de leurs droits, certains chômeurs ont été forcés de déclarer 1 heure travaillée au minimum, même sans activité. Mais pas que. « Il y a une vraie volonté de Pôle emploi de servir la soupe du gouvernement. Par exemple, de nombreuses personnes ont été désinscrites car en arrêt maladie, alors qu’elles auraient pu être transférées dans la catégorie D », explique Pierre Garnodier, du comité CGT chômeurs et précaires.

La réforme de l’assurance-chômage alourdira encore la tendance

Si le gouvernement se targue de la baisse du taux de chômage, les personnes ayant quitté les statistiques pour cause de reprise d’un emploi déclaré sont de moins en moins nombreuses : leur nombre a chuté de 30,1 % entre le quatrième trimestre 2021 et le dernier trimestre 2022. « Aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’on sort de Pôle emploi qu’on retrouve un boulot. La majorité des sorties s’explique parce que les gens ne peuvent pas recharger leurs droits et se retrouvent au RSA », fustige Pierre Garnodier.

Selon lui, la nouvelle réforme de l’assurance-chômage, qui entre en vigueur le 1er février, alourdira encore la tendance. En raccourcissant la durée d’indemnisation de 25 %, nombreux seront les privés d’emploi à disparaître des statistiques sans reprendre une activité.

Selon l’institut statistique, enfin, 52 900 personnes ont été tout bonnement radiées des listes de Pôle emploi. Bien plus qu’un seul accroissement du nombre de radiations (+ 2,3 % par rapport au trimestre précédent et + 16,5 % par rapport au dernier trimestre 2019), il s’agit tout simplement d’un record depuis la naissance de ces statistiques en 1996. Une « volonté » politique, pour Pierre Garnodier. « On peut être radié dès lors qu’on rate un appel téléphonique, c’est considéré comme une absence à un entretien », explique-t-il.

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15 août 2023 2 15 /08 /août /2023 06:06

 

 

FETE DE L'HUMANITE 2023 : vente de "Pass 3 jours" auprès de la section PCF Morlaix
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15 août 2023 2 15 /08 /août /2023 06:03
L’Arenh ou le pacte des profiteurs de crise - Fabien Gay, L'Humanité, 5 août 2023
L’Arenh ou le pacte des profiteurs de crise
Samedi 5 août 2023
 

Ce pourrait être le titre d’un polar. Imaginez l’histoire : un pacte entre des traders, des fournisseurs alternatifs d’énergie profitant d’opportunes décisions gouvernementales pour tirer d’énormes bénéfices de la mise à terre de deux victimes – EDF dépecée, et les usagers de l’électricité rackettés.

L’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), c’est ce système inventé de toutes pièces sous la présidence de Nicolas Sarkozy pour accélérer la libéralisation du secteur de l’énergie, sous l’impulsion de l’Union européenne. La seule véritable règle de ce système est de permettre aux acteurs alternatifs de revendre aux usagers – devenus des clients – l’électricité produite par EDF, plus chère que si lesdits usagers étaient restés chez EDF. Le tout, en leur faisant croire qu’ils allaient y gagner, et dans le seul but d’engranger des bénéfices.

Puis, pour emballer ce douteux paquet, des règles opaques, des objectifs de production tellement flous qu’ils ne seront jamais respectés, et une bonne couche de lâcheté politique des gouvernements successifs pour ne surtout rien remettre en cause. Tant pis si EDF s’endette, n’a plus les moyens de s’autofinancer pour investir ou d’entretenir ses infrastructures. Et tant pis si, dans le même temps, près d’un Français sur quatre se trouve en situation de précarité énergétique.

Si l’Arenh n’est pas responsable de tous les maux qui accablent le secteur de l’énergie, elle en est un des principaux symptômes, du moins la traduction d’une étape dans la recherche effrénée de libéralisation.

Déjà en 2010, c’était folie d’obliger EDF à vendre un quart de sa production au prix de 42 euros le mégawattheure. Au lendemain d’une crise énergétique où celui-ci s’est échangé au prix de 1 000 euros sur le marché en août 2022, persister avec l’Arenh est une aberration. D’autant que ces prix ne reflètent en rien le coût de la production, mais bien celui du trading.

Car, en 2022, les acteurs alternatifs ont bien vu la manne financière qui s’offrait à eux : surévaluer leurs besoins avec un portefeuille clients conséquent, puis se défaire ensuite de l’essentiel de leurs clients pour revendre le surplus des quotas achetés 42 euros le mégawattheure… sept à huit fois plus sur le marché !

Et pendant qu’ils engrangent des milliards de bouclier tarifaire et de filet de sécurité auxquels s’additionnent les reventes de l’Arenh, les Françaises et les Français ont vu leur facture augmenter de 15 % en février et de 10 % au 1er août.

Et l’amende record, appelée complément de prix par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), de près de 1,6 milliard d’euros sera redistribuée… aux acteurs alternatifs eux-mêmes. Dans ce mauvais polar, pas de happy end. Il est temps d’en finir avec ce pacte absurde.

Pour écrire la suite, il faudra tout rebâtir. À l’image de Marcel Paul, ministre communiste de la Production industrielle de novembre 1945 à décembre 1946, il nous faut réfléchir, écrire, proposer et faire adopter une nouvelle loi de nationalisation de tous les secteurs énergétiques. S’y regrouperaient EDF, Engie et TotalEnergie sous une même bannière : GEDF, le Groupe énergie de France. Bénéficiant d’un monopole public, de la production en passant par le transport et jusqu’à la distribution de l’électricité, mais aussi du gaz et de l’essence, ce nouveau groupe aurait à charge de décarboner l’énergie et de la rendre accessible à toutes et tous. De l’audace ! À vos stylos.

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