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17 novembre 2023 5 17 /11 /novembre /2023 06:34
Loi immigration : comment la droite s'est avili jusqu’à l’extrême - L'Humanité, Emilien Urbach et Lola Ruscio, 16 novembre
Loi immigration : comment la droite s'est avili jusqu’à l’extrême

Pendant l'examen du projet de loi immigration adopté au Sénat le 14 novembre, la droite a considérablement durci un texte que les associations considéraient déjà « gravement dangereux » pour les personnes étrangères dans sa première version. Une vision répressive et régressive du droit des étrangers.

Emilien Urbach - Lola Ruscio, L'Humanité - 16 novembre 2023

Arrivé sur les pupitres des sénateurs le 6 novembre, le projet de loi immigration comportait déjà de nombreuses mesures répressives à l’égard des étrangers. La majorité de droite au palais du Luxembourg n’a pas hésité à s’engouffrer dans cette brèche ouverte par l’exécutif pour durcir un texte qui, s’il était adopté tel quel à l’Assemblée nationale, représenterait un recul sans précédent du droit des immigrés tel que l’a toujours rêvé l’extrême droite.

Et ce, sans que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, à l’initiative du projet, ne s’oppose véritablement à cette dérive. La gauche a pour sa part multiplié les alertes.

1. Un texte truffé d’attaques contre le droit des étrangers

Justice expéditive en matière d’asile et généralisation des tribunaux dématérialisés, allongement de la durée exécutoire des obligations de quitter le territoire français et de la durée maximale de rétention ainsi que d’assignation à résidence, possibilité d’enfermer les mineurs de plus de 16 ans, renforcement du pouvoir des préfets, possibilité de bannir une personne étrangère sur simple signalement, maintien et durcissement du régime d’exception dans les territoires d’Outre-mer, le tout avec une instrumentalisation du respect des valeurs républicaines, de la notion de trouble à l’ordre public et des amalgames entre immigration et délinquance…

Le projet de loi initial du gouvernement s’inscrit dans la lignée législative des vingt derniers textes votés en près de quarante ans. Ils visent à toujours plus restreindre les droits des personnes étrangères en espérant les décourager de s’installer en France. « Le climat dans lequel ce texte est examiné est particulièrement inquiétant, souligne la Cimade. Un climat délétère alimenté par les propos d’un ministre de l’Intérieur qui porte un discours très stigmatisant sur les personnes étrangères (…). Et un gouvernement qui a fait le choix d’attiser les peurs et les tensions. »

2. Une honteuse suppression de l’AME

Dès le deuxième jour d’examen du texte, la droite sénatoriale, encouragée par les propos de Gérald Darmanin et prétextant la lutte contre un prétendu « appel d’air », a fait adopter par la haute assemblée le remplacement de l’aide médicale d’État (AME), garantissant l’accès aux soins des étrangers privés de titre de séjour, par une aide médicale d’urgence (AMU) « recentrée » sur la prise en charge « des maladies graves et des douleurs aiguës ». Un non-sens humain, médical et économique, puisque les patients ne seront soignés qu’à partir de pathologies lourdes dont les traitements sont onéreux. 

Pour le sénateur PS Patrick Kanner, cette décision s’appuie sur « une vision extrêmement déshumanisée » de l’immigration. « Au nom de votre haine des étrangers, vous êtes prêts à mettre en cause la santé des Français ! » a aussi accusé la sénatrice écologiste Mélanie Vogel. En outre, la droite a aussi rétabli le délit de séjour irrégulier et supprimé les titres de séjour « étranger malade ».

3. Pas de régularisation par le travail

Les sénateurs LR ont aussi supprimé l’un des seuls articles du projet de loi qui était soutenu par la gauche : celui prévoyant la régularisation de « plein droit » des travailleurs sans papiers dans « les métiers en tension ». Les centristes et la droite sénatoriale ont préféré s’entendre sur un article instaurant une régularisation « exceptionnelle » par les préfets et imposant au travailleur de prouver la réalité de « son insertion sociale », de son « respect de l’ordre public » et de son « adhésion aux principes de la République ».

« Laisser des dizaines de milliers de personnes dans l’indignité et la précarité alors qu’ils construisent la France est une faute morale ! » a réagi le sénateur écologiste Yannick Jadot. « Vous vous faites fort en permanence de défendre la valeur travail, mais vous êtes contre la régularisation des travailleurs sans papiers. Vous vous faites fort de défendre les valeurs familiales, et puis vous êtes contre le regroupement familial, c’est-à-dire contre la possibilité de vivre en famille lorsqu’on est un étranger », a ajouté Ian Brossat, sénateur communiste.

4. Des attaques sans précédent contre les familles immigrées

Non contente d’instaurer des quotas d’immigration économique, la haute assemblée a aussi restreint le recours au regroupement familial. Conditions de logement et de ressources contrôlées par les maires, rallongement de 18 à 24 mois de la durée de séjour régulier pour formuler une demande, hausse de l’âge minimal, conditions de ressources supérieures aux actuelles…

Toutes ses mesures ont été jugées « cohérentes » par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Pas pour les sénateurs de gauche, indignés. « Si on souhaite que les gens s’intègrent, on a intérêt à ce qu’ils aient leur famille avec eux », a défendu Ian Brossat.

Mais les familles immigrées ne sont pas attaquées que sur ce plan : la droite sénatoriale a aussi fait entrer dans le projet de loi le conditionnement du versement des allocations familiales à une présence d’au moins cinq ans sur le territoire, organisant ainsi « la pauvreté d’enfants issus de familles qui sont régulièrement installées en France et qui travaillent en France », comme l’a dénoncé la socialiste Laurence Rossignol.

5. Le droit du sol dans le viseur

La gauche est également montée au créneau pour défendre l’automaticité du droit du sol contre une droite sénatoriale, emboîtant le pas à l’extrême droite, qui veut imposer aux enfants d’immigrés nés en France de devenir français à leur majorité seulement « s’ils en manifestent la volonté », mais aussi leur retirer ce droit s’ils « ne sont manifestement pas assimilés à la communauté française ».

« Comment ne pas se rappeler que c’est le gouvernement de Vichy qui inaugura l’idée de la remise en cause du droit du sol ? » s’est ému Pascal Savoldelli (PCF). Gérald Darmanin a, pour sa part, expliqué que ces mesures n’ont « rien à faire dans la loi » immigration, puisqu’elle ne vise pas à modifier le Code de la nationalité.

Il ne les a cependant pas désapprouvées sur le fond. Reste à savoir comment ce texte qui divise la Macronie sera modifié ou non à l’Assemblée nationale, début décembre.

 

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17 novembre 2023 5 17 /11 /novembre /2023 06:30
Cisjordanie : « À Jénine, on a des victimes tous les jours » (L'Humanité, Margot Davier, 13 novembre 2023)

La Cisjordanie occupée n’est pas épargnée par l’armée israélienne et les colons, qui poursuivent leurs exactions et leurs incursions dans les villes palestiniennes. C’est le cas au camp de réfugiés de la grande ville palestinienne du Nord, où la colère est forte.

Margot Davier

L'Humanité, 13 novembre 2023

Jénine (Cisjordanie), correspondance particulière.

Officiellement, Israël entend répliquer au Hamas en bombardant sans relâche la bande de Gaza. Pourtant, depuis le 7 octobre, les troupes de Benyamin Netanyahou, suppléées par les colons, multiplient les raids et les incursions en Cisjordanie dans le but d’éteindre toute résistance, armée ou non, islamiste ou non.

Depuis le début de la guerre, les forces israéliennes ont tué au moins 174 Palestiniens en Cisjordanie et y ont arrêté plus de 2.000 personnes, selon le groupe de défense du Club des prisonniers palestiniens. Pas une des villes de ce territoire occupé n’est épargnée. Naplouse, Tulkarem, Ramallah, Hebron et, bien sûr, l’indomptable Jénine, cible principale, notamment son camp de réfugiés si souvent attaqué depuis 2002. Là où les soldats israéliens ont tué la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, en mai 2022. Sous prétexte de la présence de groupes armés, certains affiliés à des organisations, d’autres totalement spontanés, l’armée israélienne y intervient sans retenue, y compris – c’est une première – par l’aviation.

L’assaut le plus meurtrier à Jénine depuis la seconde Intifada

Le 9 novembre, aux alentours de minuit, les forces de défense israéliennes ont mené un raid dans le camp de réfugiés de Jénine, où 18.000 personnes se terrent entre ces immeubles lépreux, dommages collatéraux des incursions répétées de l’armée. L’opération, d’une violence inouïe, s’est déroulée pendant près de dix-huit heures.

Le bouclage du quartier a empêché les ambulances de circuler. Les combattants palestiniens ont utilisé des engins explosifs artisanaux et des armes automatiques face aux bombardements continuels des drones et des blindés israéliens. Quatorze personnes ont été tuées, dont un adolescent de 15 ans. C’est l’assaut le plus meurtrier à Jénine depuis la seconde Intifada.

Au lendemain de l’attaque, de terribles dégâts ont pu être constatés. Des bulldozers s’affairent, tandis que les habitants constatent, impuissants, l’ampleur des démolitions. Quelques enfants regardent leurs parents, hébétés. Un vieil homme tend une boîte en plastique remplie de toutes les douilles retrouvées dans sa maison. Celle de son voisin, Bassem, a été délibérément visée par les soldats. Deux de ses fils ont été arrêtés, accusés d’appartenir à l’insurrection armée. « Si nous vivons sous occupation, nous ne pouvons pas être en paix », souffle-t-il, le visage recouvert d’un pansement.

Une foule compacte de plusieurs milliers de personnes, composée principalement d’hommes, se déplace dans les rues de Jénine et porte les linceuls des « martyrs » perdus la veille. Les corps ont été recouverts pour certains du drapeau de l’organisation à laquelle ils appartenaient : vert pour le Hamas, jaune pour le Fatah, noir pour le Djihad islamique. Des centaines de balles sont tirées en l’air par les dizaines de combattants venus en nombre, cagoulés.

Tous se dirigent vers le nouveau cimetière, situé sur la route 48, érigé en juillet dernier, faute de place dans celui, « historique », à l’entrée du camp. Là se tient la cérémonie, juste après la prière du vendredi midi. Les visages sont durs, fermés, parfois sans expression. Personne ne pleure, mais tout le monde hurle sa colère. « Ici, on a des victimes tous les jours, donc on est plus ou moins habitués, raconte Ibrahim, 15 ans. Je soutiens les combattants. Moi, je veux devenir policier, parce que comme ça, je peux me battre pour notre terre. L’un des martyrs d’aujourd’hui appartenait à la police. »

« La violence entraîne la violence »

En juillet, un précédent raid avait fait 9 victimes et 100 blessés. « Nous sommes en enfer, c’est impossible d’avoir une vie normale ici. Avant la guerre, il y avait des attaques. Pas au même rythme que depuis le 7 octobre. C’est devenu incessant, quotidien », s’écrie Mohammed, assis à l’ombre sur un minuscule talus face au trou béant creusé pour recevoir les cercueils. Il compare la situation à une « nouvelle Nakba », allusion à l’exode palestinien forcé de 1948.

Même « Al Hissan », l’emblématique cheval de Jénine, n’est plus. Symbole du camp, cette sculpture de cinq mètres de haut avait été assemblée par un artiste allemand avec des restes de ferraille issus des multiples destructions d’habitations lors de l’opération israélienne de 2002, et servait de point de repère.

Médecins sans frontières (MSF) indique que ses médecins urgentistes sont appelés en renfort à l’hôpital public presque toutes les nuits et qu’au moins 111 familles palestiniennes ont été obligées de quitter leur maison de Cisjordanie occupée. Certaines habitations portent d’ailleurs encore les stigmates des incursions passées, comme l’appartement d’Abdul Salam. Voilà plusieurs jours que les lits de ses deux fillettes sont calcinés. Le 9 novembre, alors que les snipers israéliens étaient en position, les bulldozers ont détruit encore un peu plus les lieux, dont il ne restait déjà pas grand-chose. « La violence entraîne la violence. Je suis en colère, répète cet homme, les traits tirés, qui a tout perdu. Je n’ai plus rien. Il ne me reste que le tee-shirt que je porte. » Seuls quelques plants de vigne qui s’enroulent sur la rambarde de l’escalier laissent entrevoir la vie. L’odeur âcre des matériaux brûlés et les murs écroulés rappellent que la mort s’est abattue là où vivaient des civils.

 

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17 novembre 2023 5 17 /11 /novembre /2023 06:16
Israël – Palestine : pour la paix et la justice, nous manifesterons samedii 18 novembre (appel commun de 9 partis politiques de gauche dont le PCF)

Israël – Palestine : pour la paix et la justice, nous manifesterons samedi 18 novembre

Les bombardements qui frappent et endeuillent la population civile de Gaza s'accompagnent d’une catastrophe humanitaire avec le déplacement forcé de la population, le manque d’eau, de nourriture et d’énergie du fait du blocus sans compter la destruction des infrastructures hospitalières et le manque de moyens médicaux pour porter secours aux blessés.

L’horreur des attaques terroristes du Hamas le 7 octobre dernier contre les civils israéliens a précipité la région dans le chaos. Le Hamas n’est en rien un mouvement de libération mais une organisation terroriste. Et la riposte décidée par le gouvernement d’extrême droite de Netanyahu, qui frappe indistinctement la population civile à Gaza, est devenue « une punition collective » comme l’a dénoncé Philippe Lazzarini, commissaire général de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Certaines attaques pourraient même constituer des crimes de guerre.

Face à cette situation, nos organisations portent ensemble les propositions suivantes pour la paix et la justice en Israël – Palestine :

  • La libération immédiate et sans condition de tous les otages ;

  • Un cessez-le-feu immédiat, comme l’ont demandé toutes les organisations humanitaires lors de la conférence du 9 novembre dernier ;

  • La levée du blocus de Gaza ;

  • La fin des violations des droits humains et de la colonisation en Cisjordanie ;

  • La relance du processus de paix pour la reconnaissance de l’État de Palestine aux côtés de l’État d’Israël permettant aux peuples palestiniens et israéliens de vivre côte à côte et en sécurité.

Et nous lançons un appel aux Françaises et aux Français, un appel à l’unité de la Nation. L’antisémitisme et le racisme sont des crimes contre la République toute entière. Combattons-les ensemble avec la plus grande fermeté !

Dimanche dernier, nous marchions ensemble contre l'antisémitisme et tous les fauteurs de haine et de racisme.

Aujourd'hui, nous appelons ensemble à ce que tous les Françaises et les Français qui souhaitent la paix se joignent en masse à la manifestation de samedi 18 novembre pour porter avec nous ces propositions et cette exigence d’unité du pays.

Nous appelons également à participer ce dimanche à la marche silencieuse initiée par le monde de la culture dans le respect des modalités annoncées par le collectif "Une autre voix".

Paris, le 16 novembre

Parti communiste français, Les Écologistes - Europe Écologie Les Verts, Parti socialiste, Gauche républicaine et socialiste, Mouvement républicain et citoyen, Nouvelle gauche socialiste, Les radicaux de gauche, l'Engagement, Place Publique

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15 novembre 2023 3 15 /11 /novembre /2023 07:20
Israël - Palestine: Halte au carnage. Cessez-le-feu immédiat!
Israël/Palestine : HALTE AU CARNAGE, cessez-le-feu immédiat !
 
Le gouvernement israélien a lancé une opération meurtrière contre la population palestinienne de Gaza. Près de la moitié des habitations ont été détruites. Les hôpitaux, les écoles sont visées. Un véritable effondrement humanitaire est en cours. Une partie de la population est contrainte à un déplacement forcé. Des milliers de femmes, d’hommes, d’enfants périssent sous les bombes. C’est un massacre de masse. Ce sont des crimes de guerre.
En Cisjordanie occupée, l’armée et les colons se livrent à de nouvelles exactions contre la population palestinienne. Les odieux actes terroristes du Hamas du 7 octobre ne les justifient en rien. B.Netanyahou et les autres responsables devront en répondre devant la Cour Pénale Internationale.
Rien n’a été fait depuis trois semaines pour stopper l’engrenage des tueries. La lâcheté et la complicité diplomatiques ont donné un blanc-seing au gouvernement d’extrême-droite de B.Netanyahou.
IL EST ENCORE TEMPS D’AGIR. La résolution de l’ONU appelant à une trêve humanitaire, votée par la France, est un point d’appui. La déclaration du Président de la République lors de la conférence du 9 novembre affirmant la nécessite d’« œuvrer à un cessez-le-feu » est un premier pas qui doit se traduire par des actes concrets. La France doit maintenant concrétiser son vote en faisant pression sur le gouvernement de l'état d'Israël pour que la résolution soit mise en application.
Nous exigeons :
➡️ Un cessez-le-feu immédiat avec la fin des bombardements et du déplacement forcé de la population et le retrait de l’armée israélienne de Gaza.
➡️ La libération des otages
➡️ La mise en place d’un corridor humanitaire pour acheminer les produits de première nécessité.
➡️ La protection de toutes les personnes civiles quelle que soit leur nationalité.
➡️la cessation de l’exportation d’armes en direction de l’État d’Israël et la suspension de l’accord d’association qui lie celui-ci à l’Union européenne, tant que le droit international sera bafoué.
➡️ La levée du blocus de Gaza en place depuis 2007.
➡️ Une initiative diplomatique de la France pour une paix juste et durable sur la base des résolutions de l’ONU, en particulier la résolution n° 242 du Conseil de sécurité des Nations unies de 1967, exigeant le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés.
➡️ La reconnaissance de l’État de Palestine par la France sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, aux côtés de l’État israélien, pour que les deux peuples réconciliés vivent en paix et en sécurité.
Le PCF appelle à participer aux rassemblements qui se tiennent dans toute la France sur la base de cet appel avec l’ensemble des forces progressistes qui se battent pour la paix et la justice.
 
A Brest le Parti communiste français participera sur ce contenu à la manifestation du samedi 18 novembre. Rendez-vous place de la Liberté à 15 h. Et à Morlaix il participera à la manifestation du 18 novembre à 17h au départ de la place Puyo. A Quimper le 18 novembre à 15h place Saint Corentin. À Paris, nous manifesterons le samedi 18 Novembre à 14h30 au départ de la place de la République dans la grande manifestation "Halte au massacre à Gaza et en Cisjordanie"
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15 novembre 2023 3 15 /11 /novembre /2023 07:16
Israël - Palestine: Pourquoi le droit international n'est pas appliqué? Débat Francis Wurtz - Pascal Boniface dans L'Humanité, 14 novembre 2023

Depuis des décennies, les résolutions des Nations unies condamnant l’occupation israélienne n’entrent pas en vigueur. Avec la participation de Francis Wurtz, député PCF honoraire au parlement européen et de Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques.

 

L’impunité et le « deux poids, deux mesures » s’explique par la force de la culture coloniale dans la vision du monde dominante en Occident.

 

Francis Wurtz

Député honoraire PCF au Parlement européen

« Notre histoire, notre responsabilité découlant de la Shoah nous imposent le devoir permanent de défendre l’existence et la sécurité de l’État d’Israël », déclarait le chancelier Scholz, le 12 octobre. Mais, ce « devoir » n’impose ni à l’Allemagne, ni à l’Europe, ni aux États-Unis d’assurer aux dirigeants israéliens une impunité totale, quelle que soit la gravité de leurs violations du droit international, au demeurant reconnues par la plupart de ces mêmes puissances. Il faut donc chercher ailleurs la raison de leur inertie ou de leur complicité envers une politique contraire aux principes que ces mêmes États jugent incontournables partout ailleurs.

Il me semble qu’elle réside avant tout dans le poids que conserve la culture coloniale dans la vision du monde dominante en Occident. On peut parler à ce propos d’« occidentalisme », par opposition à l’« universalisme ». C’est la racine du « deux poids, deux mesures ». Ainsi, il a fallu attendre plus d’un quart de siècle après la création de l’État d’Israël pour que, à l’initiative de pays du Sud, apparaissent dans les résolutions de l’ONU les termes de « peuple de Palestine », les Palestiniens étant considérés jusqu’alors comme de simples « réfugiés » !

Ensuite, ces mêmes États se sont, à maintes reprises, abstenus de saisir des occasions d’exercer des pressions salutaires sur Israël, comme ce fut le cas lorsque la Cour internationale de justice confirma, en 2004, l’illégalité du mur édifié dans le territoire palestinien occupé et rendit un avis très sévère à l’encontre de Tel-Aviv. Les États-Unis n’ont pas réagi, eux dont le veto protège systématiquement Israël au Conseil de sécurité. Quant aux États européens – qui avaient pourtant approuvé l’avis en question –, ils ne lui ont réservé aucune suite.

En 2022, en revanche, ces mêmes États s’appuieront sur cette même Cour pour soutenir l’Ukraine contre la Russie « pour que le droit international soit respecté ». Enfin, dans la dernière période, estimant à tort que l’enjeu palestinien appartenait au passé, ils se sont ostensiblement désintéressés du sujet, se contentant de répéter, telle une formule rituelle, leur « attachement à la solution à deux États », à laquelle, de toute évidence, ils ne croyaient plus. Cette attitude fut perçue par les Palestiniens comme une forme de mépris, ce ferment de désespérance et de rage.

À l’inverse, durant toutes ces années, les mêmes ont illustré une compréhension et une proximité exceptionnelles envers les dirigeants israéliens, nonobstant leur politique prohibée par le droit international. Qui sait que, en 2000, Israël a obtenu, à l’ONU, de devenir membre à part entière… du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États, dont les États-Unis sont, par ailleurs, observateurs !

Pour sa part, Javier Solana, alors chef de la diplomatie européenne, déclara en 2009 à Jérusalem : « Israël, permettez-moi de le dire, est un membre de l’Union européenne sans être membre de ses institutions (…) Aucun pays hors du continent n’a le type de relations qu’Israël entretient avec l’Union européenne ! » Pourquoi voudrait-on, dès lors, que l’Occident gêne autrement qu’en paroles le projet colonial de leur si proche allié ?

La protection d’Israël et de ses décisions, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies, fait partie de l’ADN de la diplomatie américaine.

Pascal Boniface

Directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris)

Le droit international est par définition imparfait. Il n’y a pas de gouvernement international, ni de juge international ayant un réel pouvoir d’exécuter les peines. Il n’y a pas non plus de police internationale ayant une force exécutive. Société internationale et société nationale ne sont donc en ce sens pas comparables. Vous violez le droit national, vous êtes jugé et sanctionné. Vous violez le droit international, vous avez simplement un dommage réputationnel, un problème d’image. Le droit international existe, mais il est moins efficace que les droits nationaux.

Lorsque le droit international est violé, les sanctions ne sont pas le fruit d’un ordonnancement juridique, mais d’un rapport de force. Il peut atteindre les États faibles, pas les grandes puissances et leurs protégés. Les nations occidentales peuvent se mettre d’accord pour sanctionner la Russie, pour avoir annexé la Crimée. Mais Moscou continue de disposer de la Crimée alors que pratiquement aucun État n’a reconnu cette annexion.

En revanche, les mêmes pays occidentaux ne se sont jamais mis d’accord pour sanctionner Israël, pour avoir annexé Jérusalem-Est. La résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies, du 22 novembre 1967, qui juge illégale l’acquisition de territoires par la force par Israël, n’a jamais suscité d’effets pratiques. Que faudrait-il pour que le droit international – c’est-à-dire la création d’un État palestinien et la fin de l’occupation israélienne sur les territoires conquis en 1967 – s’applique au Proche-Orient, en l’absence d’un gouvernement international ou d’une police internationale qui pourrait faire exécuter par la force ces résolutions ?

Cela dépend de la volonté d’Israël, donc du rapport de force établi. Il faudrait qu’Israël soit persuadé qu’il a plus à perdre qu’à gagner à ne pas respecter la loi internationale. Force est de constater que, pour le moment, Israël n’a subi aucune sanction pour son non-respect de la loi. Et que, si cette annexion par la force n’est pas reconnue, elle ne suscite aucun désagrément réel, pour la puissance occupante.

Au début des années 2000, l’Union européenne a réfléchi à mettre en cause l’accord d’association avec Israël si Tel-Aviv ne modifiait pas sa politique à l’égard des Palestiniens. Mais les pays européens sont divisés sur cette question. L’Allemagne ne veut en rien s’opposer à Israël, du fait du souvenir historique de la Shoah, quand d’autres pays s’alignent sur la politique des États-Unis.

La protection d’Israël, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies, fait partie de l’ADN de la diplomatie américaine. Washington oppose systématiquement son veto lorsqu’une résolution tente de faire respecter le droit international. Protégé dans son impunité par la première puissance mondiale, Israël n’est en rien incité à respecter la loi internationale.

Ce qui change dans le rapport de force, c’est le poids des opinions publiques. Et les pays occidentaux commencent à réaliser que leur défense inconditionnelle d’Israël n’est pas sans conséquences sur la façon dont leurs politiques sont perçues dans le reste du monde.

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15 novembre 2023 3 15 /11 /novembre /2023 07:13
C’est Gaza qu’on assassine !  - par Patrick Le Hyaric, L'Humanité, 14 novembre 2023

À l’abominable carnage du Hamas répond depuis plus d’un mois, au centuple, le carnage de l’armée d’occupation israélienne. Comble de la folie ! Elle transforme les hôpitaux en morgue, les écoles en lieux de terreur pour des enfants innocents placés au cœur de l’offensive guerrière du pouvoir d’extrême droite de Tel-Aviv. Les réalités sont glaçantes : destruction de plus de la moitié des habitations, contraction d’au moins 4 % en un mois des territoires palestiniens, arrestations de paysans et de travailleurs en Cisjordanie, répression féroce contre des travailleurs palestiniens employés en Israël, 11 000 civils tués dont la moitié est des enfants, déplacement de centaines de milliers d’habitants, économie étranglée par la pression israélienne. Et, le gouvernement radicalisé qui siège à Tel-Aviv n’a que faire des organisations internationales de solidarité telles que Médecins sans frontières, la Croix-Rouge ou des agences de l’Onu. Il n’hésite pas à tuer ses représentants et à les chasser de l’enclave car elles se font l’écho des massacres qu’interdit le droit à la guerre.

Ce sont les interventions et les révélations de ces Organisations non gouvernementales (ONG) qui, combinées au mouvement populaire de solidarité, digne, responsable, dans notre pays et en Europe ont conduit le président de la République à franchir le pas de la dénonciation de ces crimes et à exprimer pour la première fois, le 11 novembre, la demande d’un cessez-le-feu. Cette évolution est importante et peut constituer un point d’appui, bien au-delà de la France. Nous, nous en félicitons. Il est à cette heure le seul chef d’État des pays dit du « G7 » à parler ainsi. Le choix pour cette expression de La BBC n’est pas anodin.
Refusant absolument que d’autres chefs de gouvernement ou d’État de l’Occident capitaliste ne lui emboîtent le pas, Benjamin Netanyahu lui a brutalement répondu et, dès le lendemain, selon les services du président d’Israël, M. Herzog, Emmanuel Macron a cru bon de devoir tempérer en réaffirmant son « soutien sans équivoque » au gouvernement israélien.

Une course de vitesse est désormais engagée entre les partisans de la paix et de la solution à deux États, et le pouvoir colonialiste de Tel-Aviv. Cela se joue dans la mobilisation des peuples et des travailleurs par-delà les frontières ; car les intérêts en jeu sont immenses pour le grand capital international.

Pour sa part, en réitérant son opposition catégorique au cessez-le-feu, le président nord-américain encourage et soutient de toutes ses forces la puissance occupante israélienne. Le porte-parole de la Maison-Blanche pour la sécurité nationale a été jusqu’à confirmer que les États-Unis n’avaient pas de « ligne rouge » quant au nombre de victimes civiles à Gaza. C’est d’autant plus ignoble que cette stratégie n’a jusque-là aucunement permis de libérer les otages. Les seules libérations (d’otages binationaux étasuniens) intervenues ont été le fait de négociations par l’entremise probable du Qatar.

À l’hôpital Al-Shifa, refuge de milliers de citoyens palestiniens, il semblerait que, le 12 novembre, ce soit un missile expérimental lanceur de lames Hellfire R9X nord-américain qui a provoqué une mare de sang, tailladé et conduit à l’amputation de membres de nombreux blessés palestiniens, présents dans les locaux au moment du bombardement.

On peut désormais émettre l’hypothèse que les dirigeants israéliens et étasuniens poursuivent d’autres objectifs que la seule libération des otages et l’éradication du Hamas dont il est nécessaire de rappeler qu’il est leur « idiot utile » depuis plusieurs décennies.

La destruction des hôpitaux pour accélérer encore les déplacements des citoyens qui s’y abritent, ainsi que le personnel médical et les patients, la coupure en deux de l’enclave de Gaza accompagnée de la volonté de raser totalement Gaza-City, le faux-semblant des corridors dits « humanitaires » pour accélérer les mouvements de population et pousser les civils à la rue pour s’y entasser ou dans des abris de fortune au sud, sans eau, sans électricité, sans nourriture : toutes ces actions militaires sont conformes au document du ministère israélien du renseignement daté du 13 octobre dernier, révélé par le journal The Financial Times : préparer l’expulsion des Gazaouis hors de Gaza.

Ce que confirme le journal The Times of Israël qui présente ce document comme un appel « au transfert de la population civile dans des villes de tentes dans le nord du Sinaï et, dans un deuxième temps, à la construction de villes permanentes ». Le chercheur et spécialiste des enjeux du Moyen-Orient, Michael Young, membre du groupe de réflexions Carnegie Middle East Center, ajoute que l’ancien chef du Conseil national de sécurité israélien, Giora Eiland, a appelé, dans un article sur le site Ynet, à « créer des conditions pour que la vie à Gaza devienne insoutenable » et à provoquer « une crise humanitaire » pour que la « totalité de la population parte soit vers l’Égypte soit vers les pays du Golfe ».

Le Financial Times a également révélé que M. Netanyahu a « tenté de convaincre des dirigeants européens de faire pression sur l’Égypte pour qu’elle accepte d’accueillir des réfugiés de Gaza ». La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni auraient repoussé cette demande. Ces informations permettent de mieux comprendre les visées du Premier ministre israélien lorsqu’il affirme que son pays doit reprendre pour un temps indéfini la sécurité de la bande de Gaza. Dès lors que ; en parallèle, la répression et la colonisation s’amplifient en Cisjordanie, c’est à la fois Gaza qu’on assassine et l’accélération par le pouvoir Israélien de l’enterrement du projet d’État palestinien.

Oui, une course de vitesse est donc engagée pour obtenir le cessez-le-feu, la libération des otages et amplifier les débats et les actions pour que le projet maintes fois réaffirmé par l’Onu et par de nombreux gouvernements soit mis en œuvre : un État israélien dont la sécurité est garantie, aux côtés d’un vrai État palestinien viable sur les bases définies en 1967.

Cela implique de penser pour la Palestine au chemin permettant au peuple de se doter d’institutions démocratiques et donc d’élections parlementaires et présidentielle. Celles-ci ne peuvent se tenir qu’avec la fin de l’occupation et de la décolonisation et la libération des prisonniers politiques au premier rang desquels Marwan Barghouti parce qu’il est capable de fédérer toutes les factions palestiniennes. C’est ce que refuse évidemment le pouvoir israélien.

Au nom même de la paix, de la sécurité pour le peuple israélien, de la liberté pour le peuple palestinien, il est d’intérêt général d’amplifier les mobilisations populaires et d’obtenir de nouveaux actes concrets de la part du président français et des services de la diplomatie européenne. Ainsi, et ainsi seulement, pourrons-nous nous réclamer à juste titre des principes de notre République : Liberté. Égalité. Fraternité.

Bien loin des salmigondis qu’on nous sert à longueur d’antennes et d’opérations politiciennes au moment même où droite, macronistes et extrême droite communient au Sénat dans la confection d’une loi d’essence raciste. Bien loin aussi de la saturation de l’espace public, toute la semaine dernière, au moyen de propos tendant à accréditer l’idée que tout immigrant serait un délinquant ou un terroriste. Bien loin donc desdits principes de la République brandis désormais comme un chiffon percé.

Cette offensive guerrière devra aussi être resituée dans le cadre des poly-crises qui secouent le monde dont les turbulences économiques à venir ne sont pas des moindres. Le projet du pouvoir israélien et des milieux d’affaires qui le soutiennent est bien de réaliser ce que l’on appelle le « grand Israël », afin d’étendre la sphère de domination et de rentabilité de leurs grandes entreprises en surexploitant les travailleurs israéliens et palestiniens. Ajoutons qu’au large de Gaza, se trouve l’une des plus importantes réserves gazières au monde.

De leur côté, les États-Unis considèrent Israël comme une base avancée de leurs intérêts au Proche et au Moyen-Orient. Ils soutiennent ardemment le gouvernement d’extrême droite israélienne, tout en essayant de refréner certaines de ses ardeurs militaristes face au mouvement de réprobation mondiale qui se développe et à la puissance des actions, aux États-Unis mêmes, contre l’injustice et le viol du droit international.

Ainsi, les dirigeants américains ont dû affirmer qu’ils étaient contre un nouveau blocus et une réduction du territoire de Gaza. Cependant, les USA font un retour en force au Proche-Orient avec notamment l’envoi de deux groupes de combat depuis leurs porte-avions et sous-marin nucléaire. Leur aviation de combat a bombardé, jeudi 9 novembre puis le 12 novembre des forces des corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran en Syrie. Le centre United State Naval Institute qualifie ce déploiement de « plus grande masse de navires américains dans la région depuis des décennies ».

Ces combats géopolitiques et géo-économiques replacent la Méditerranée au cœur de considérables enjeux mondiaux.

D’abord la cause palestinienne élargit encore les fractures entre l’Occident capitaliste emmené par les États-Unis et ce que l’on appelle désormais « le Sud global », en raison du constant « deux poids-deux mesures » dans l’application ou le non-respect du droit international.

Ensuite, à la guerre en Ukraine avec ses conséquences au Levant s’ajoutent les tensions entre la Turquie et la Grèce ainsi qu’avec Chypre, les effets des guerres en Irak, en Afghanistan et en Syrie, et les tensions à la frontière israélo-libanaise. L’Iran joue, depuis belle lurette, sa partition pour reconstituer son influence impériale, comme la Turquie d’Erdogan songe à l’Empire Ottoman ou la Russie de Poutine à l’Eurasie. Des tensions nouvelles et dramatiques extensions de la guerre doivent être empêchées par l’action unie des peuples et des gouvernements en soutien à L’Onu dont c’est la mission. La paix doit être inscrite à l’ordre du jour de l’agenda de grandes mobilisations internationales.

La cause palestinienne est donc une première grande question pour la sécurité d’Israël, une condition de la stabilisation de la région qui devrait être dénucléarisée, et pour la paix mondiale. Les forces de paix, les forces démocratiques et celles qui promeuvent le droit international doivent s’unir sur cet impérieux objectif.

Tous les peuples du monde, tous les travailleurs du monde en paient déjà un lourd prix. Les Palestiniens d’abord, les Israéliens dont l’économie risque d’être exsangue dans quelques semaines, le peuple nord-américain qui paie les efforts de guerre de son gouvernement en pression sur les rémunérations et remises en cause du projet de sécurité sociale, les peuples européens qui voient transférer de considérables sommes des budgets d’éducation et de santé vers l’armement alors que l’inflation les appauvrit chaque jour un peu plus.

Les peuples et les travailleurs du monde entier n’ont strictement rien à attendre de quelque visée impériale que ce soit, dont l’objectif est de permettre l’élargissement des sphères de domination des capitalismes nationaux. Ensemble, ils doivent s’unir, non pas derrière les droites et les extrêmes droits qui en sont les gardes du corps et les mandataires mais pour obtenir la justice et la paix. 

Insistons ! Il ne s’agit pas ici d’une guerre de civilisation ni d’une guerre de religion, mais d’une guerre coloniale dont la victime est le peuple palestinien et, au-delà, notre humanité commune.

Tout être sensible, tout démocrate, tout citoyen du monde ne peut donc laisser assassiner les enfants de Gaza ni, donc, le projet national palestinien qui devra se réaliser en même temps que l’accès des Israéliens à une vie meilleure, plus sûre, dans un espace fraternel, solidaire et enfin en paix.

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15 novembre 2023 3 15 /11 /novembre /2023 07:10
Immigration : les agents de l’Ofpra en grève contre la politique du chiffre (L'Humanité, 14 novembre 2023)
Immigration : les agents de l’Ofpra en grève contre la politique du chiffre

Les agents de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, en grève à l’appel des syndicats CGT et Asyl, ont défilé devant le Sénat contre l’atteinte à leur indépendance induite dans le projet de loi immigration.

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15 novembre 2023 3 15 /11 /novembre /2023 07:05
Projet de loi asile et immigration : la palme de l’inhumanité et de la déraison revient à la majorité sénatoriale
 
Le projet de loi « Pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » sera adopté en première lecture par un vote solennel du Sénat ce mardi 14 novembre avant sa transmission à l’Assemblée nationale dans les prochains jours. Alors que la majorité sénatoriale a considérablement accentué la gravité d’un texte déjà très préoccupant, plus de 30 associations, collectifs et syndicats appellent à un sursaut général des forces citoyennes et politiques pour la défense de l’État de droit et de la dignité humaine.
 

Engagées depuis plus d’un an dans le suivi de cet énième projet de loi « asile et immigration », nos organisations redoutaient fortement l’examen de ce texte par le Sénat. Alors que nous avions compris depuis longtemps que ce texte n’avait plus de prise avec la réalité du fait migratoire et des conditions de vie des personnes exilées dans notre pays, un nouveau pallier de la déraison a été franchi lors de l’examen par le Sénat.

La majorité à la chambre haute a déposé et adopté un grand nombre d’amendements, tous plus répressifs les uns que les autres, tout en multipliant les outrances et propos stigmatisants à l’égard des personnes migrantes. Aucune mesure pouvant « rendre la vie impossible » aux personnes exilées n’a été épargnée, conformément aux ambitions de longue date du ministre de l’Intérieur.

La suppression de l’aide médicale d’Etat (AME), l’une des maigres aides sociales à laquelle les personnes « sans-papiers » ont droit, en est bien sûr un des exemples les plus aberrants et consternants. Mais l’exclusion des personnes sans titre de séjour du droit à l’hébergement d’urgence et du droit à la réduction tarifaire des transports est tout aussi brutale. Bien d’autres barrières rendant plus difficiles l’accès à un séjour digne dans notre pays ont été méticuleusement édifiées : attaques contre le droit à la vie familiale via le regroupement, la réunification ou les titres de séjour pour ce motif ; contrôle accru de l’immigration étudiante ; nouveaux motifs pour refuser ou retirer un titre de séjour ; instauration de quotas migratoires ; rétablissement du délit de « séjour irrégulier ». Même chose pour le passage à cinq ans de résidence stable et régulière pour l’obtention de prestations sociales, qui ne fera que freiner l’insertion, en particulier des familles et des femmes.

La droite sénatoriale, avec le soutien des centristes, a augmenté de manière draconienne les exigences pour accéder au séjour et à la nationalité : niveau de maîtrise de la langue française accru, « assimilation à la communauté française », respect des principes de la République, limitation des renouvellements de carte de séjour temporaire, etc. Même les arguments les plus utilitaristes, tels que les besoins de main d’œuvre dans les métiers dits en tension, n’auront pas suffi à faire flancher leurs positions.

Leur acharnement, ainsi que celui du gouvernement, a été sans pareil concernant l’enfermement et l’expulsion des personnes exilées, pourtant déjà largement facilités par le projet de loi initial. L’intervention du juge des libertés et de la détention a ainsi été reculée de deux à quatre jours en rétention, permettant dès lors l’expulsion de personnes sans une décision judiciaire sur la légalité de l’interpellation et le respect des droits. Le texte a sanctuarisé « la double peine », poursuivi le travail de mise à mal des catégories protégées contre les mesures d’expulsion et est même allé jusqu’à mettre fin aux protections contre les obligations de quitter le territoire français. Les demandeurs d’asile pourront eux aussi se retrouver en rétention avant l’enregistrement de leur demande selon ce texte. Malgré une minorité parlementaire soucieuse du respect de la dignité des personnes exilées dans notre pays, l’examen du Sénat a fait sauter des digues que nous pensions jusque-là infranchissables. Loin d’empêcher ce défouloir répressif, le gouvernement l’a tantôt encouragé en déposant lui-même certains amendements déshumanisants, tantôt laissé faire par des mal-nommés avis de « sagesse » qui ont permis un déferlement de restrictions des droits existants.

Nos associations, collectifs et syndicats ne peuvent se résoudre à ce qu’une partie de la représentation nationale se prête à un acharnement aussi déraisonné que dangereux pour les personnes exilées. Face aux fantasmes auxquels une majorité de sénateurs et sénatrices a donné libre cours, nous appelons les citoyens et citoyennes à se mobiliser et les député·es à un sursaut de lucidité pour que le seul cap à tenir soit celui de l’humanité, de la dignité et de l’égalité des droits.

Le 14 novembre 2023


Organisations signataires :

  • Anafé
  • ANVITA
  • ARDHIS
  • CCFD-Terre Solidaire
  • Centre Primo Levi
  • Cimade
  • CRID
  • Collectif des travailleurs sans-papiers de Vitry-sur-Seine (CTSPV 94)
  • Dom’asile
  • Droit à l’école
  • Emmaüs France
  • FASTI
  • Fédération de l’Entraide Protestante (FEP)
  • Forim
  • Groupe Accueil et Solidarité (GAS)
  • Gisti
  • Humanity Diaspo
  • J’accueille Singa
  • JRS-France
  • Ligue de l’Enseignement
  • LDH
  • Médecins du Monde (MDM)
  • Observatoire international des prisons - section française (OIP-SF)
  • Pantin Solidaire
  • Paris d’Exil
  • RESF93
  • Secours Catholique Caristas France
  • Sidaction
  • SINGA
  • Solidarité Asie France
  • Thot
  • Tous migrants
  • Union des Étudiants Exilés
  • Union syndicale Solidaires
  • UniR
  • Utopia56
  • VoxPublic
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13 novembre 2023 1 13 /11 /novembre /2023 06:53
Loi immigration : régression et inhumanité (Fabien Gay)
Loi immigration : régression et inhumanité
 

Les mots ont été posés calmement mais nous font froid dans le dos. En associant l’immigration aux questions de souveraineté et de composition démographique, soit comme une menace existentielle, le ministre de l’Intérieur a dévoilé la teneur idéologique du projet de loi immigration.

Présenté d’abord au Sénat comme pour mieux durcir ses dispositions, le projet de loi est un condensé de tous les raccourcis et préjugés abjects sur l’immigration. Gérald Darmanin ne s’en est d’ailleurs pas caché puisqu’il a cité les récents attentats qui ont meurtri notre pays comme une illustration d’une nécessaire évolution législative.

Il faudrait donc davantage expulser, faciliter les procédures pour empêcher les recours contre les refus de demandes d’asile ou les contestations d’OQTF. En clair, ce sont les restrictions de droit pour les étrangers, travailleurs précarisés ou demandeurs d’asile. Au lieu de faire évoluer les conditions d’accueil des populations migrantes, il faudrait faire renforcer l’arsenal répressif qui devient l’unique grille de lecture.

Enfermement des mineurs, création d’un fichier de mineurs non-accompagnés, facilitation des expulsions y compris de jeunes qui résident en France avant l’âge de 13 ans : la machine à expulser et enfermée se renforce au mépris des droits fondamentaux. Alors que les libéraux et réactionnaires ânonnent régulièrement sur le nécessaire équilibre de nos finances publiques, il est clair que ces dispositifs en plus d’être inhumains et inefficaces seront extrêmement couteux.

Ils sont inhumains car ils présentent les populations étrangères comme des menaces sécuritaires. La suppression de l’Aide médicale d’Etat (AME) va dans le même sens et se révèle infiniment dangereuse car elle mettra des gens en danger sanitaire, contribuant à propager des maladies potentielles contre l’avis de centaines de professionnels de santé et du rapport Stefanini-Evin commandé… par le gouvernement.

Ils sont inefficaces car les enjeux de sécurité ne peuvent être associés à l’immigration. Les politiques de lutte contre les trafics ou la bataille politique contre des idéologies mortifères ne se mènent pas contre des populations mais par un effort d’investigation, par l’asséchement du terreau économique ou idéologique contre ce type de méfaits.

En réalité, c’est une conception de la société il y aurait différentes catégories de population. Les étrangers et leurs enfants, même quand ils deviennent ou sont nés Français, sont présentés comme une population différente dans le corps national.

Les dispositifs dits d’intégration vont dans ce sens en restreignant l’automaticité de la nationalité française pour les enfants nés de parents étrangers ou encore le niveau de maîtrise de la langue française demandé pour des primo-arrivants.

Les quelques mesures annoncées comme progressistes comme les articles 3 et 4 feront l’objet de démagogies sans nom comme l’a déjà annoncé la droite. La régularisation par le travail, notamment dans les secteurs en tension (pas définis de manière très claire), se fait à la discrétion des préfectures au cas par cas. Le permis de travail pour les demandeurs d’asile concernera si peu de monde que cela reste dérisoire.

C’est donc une individualisation renforcée, dans un dédale administratif, auxquels sont renvoyés les populations migrantes. On a bien compris la lubie de la droite et de l’extrême-droite à vouloir rendre les conditions d’accueil toujours plus indignes et dégradées comme pour bien signifier que personne n’est le bienvenu. En jetant dans la précarité, la marginalité des populations, on renforce en réalité les trafics et on donne une main d’œuvre toujours plus corvéable au capital qui, malgré quelques élans d’humanisme, s’accommodera très bien de ce type de dispositifs.

Nos compatriotes qui se pensent peut-être davantage sécurisés par ce genre de lois en sortiront affaiblis dans leurs droits. Les attaques contre les droits des étrangers sont toujours le prélude à des restrictions généralisées. Pendant qu’on débat de l’AME, le déremboursement des médicaments se poursuit et les hôpitaux publics agonisent. Pendant qu’on craint une régularisation massive alors que la circulaire Valls régularisait en moyenne 7000 salariés sans-papiers par an, un tiers des branches professionnelles sont en-dessous du SMIC.

Les 29 lois d’immigration votées depuis 1980 sont plus le symptôme d’un projet de société l’égalité des droits, la capacité d’accueil et d’intégration de nos institutions sont mis à mal au service d’obsessions identitaires.

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13 novembre 2023 1 13 /11 /novembre /2023 06:50
Élections Européennes du 9 juin 2024. Résultats du vote interne des communistes du 9 au 12 novembre.
Élections Européennes du 9 juin 2024.
Résultats du vote interne des communistes du 9 au 12 novembre.
 
Les adhérents communistes étaient appelés dans toutes les fédérations de France à voter pour la configuration proposée par la conférence nationale Européennes d'octobre et le Conseil National du PCF: une liste de rassemblement menée par notre camarade Léon Deffontaines, dirigeant du MJCF jusqu'à l'an passé.
 
Dans le Finistère, 295 adhérents ont participé, sur 536 cotisants. 94,86% ont approuvé ce choix (277 voix), 1,36% ont voté contre (4 voix), 3,76% se sont abstenus (11 voix).
 
Merci à tous les adhérents finistériens pour leur participation et aux sections pour l'organisation de cette participation.
 
Nationalement, les 22 598 adhérent·es du PCF (sur 40 506 cotisants du PCF, inscrits au vote) qui se sont exprimé·es ont approuvé à plus de 91% la proposition de Léon Deffontaines comme tête de liste d'un large rassemblement de la gauche pour 2024.
 
Voici le communiqué de la commission nationale du vote sur les Européennes dimanche 12 novembre au soir:
 
Ce week-end, les adhérent·es du Parti communiste ont approuvé à 91% la proposition de leur direction nationale en désignant Léon DEFFONTAINES tête de liste du PCF pour les élections européennes dans le cadre de la construction d'une liste de large rassemblement portant clairement les valeurs et les propositions d’une gauche rompant avec le capitalisme.
Une gauche qui défend la position de la France, en Europe et dans le monde, qui promeut la Paix et le désarmement, le progrès social, d’autres modes de financement, la défense des services publics, l’emploi et la formation, l'écologie, le féminisme et la lutte contre toutes les discriminations.
Une gauche qui puisse rassembler le plus grand nombre d'électeurs·trices, notamment du monde de travail, de la recherche et de la culture, opposé·es aux politiques de l'Union européenne et du gouvernement français qui détruisent les conquis sociaux et démocratiques de la France.
Un vote massif des communistes qui, à plusieurs dizaines de milliers, ont aussi décidé dans le contexte international actuel de lancer un message clair portant la paix, la coopération entre les peuples, une autre politique migratoire, le respect du droit international et notamment celui des droits du peuple palestinien.
A partir de demain, les communistes engageront les discussions avec les formations politiques de gauche et les personnalités associatives, syndicales ou élues qui se retrouvent dans ces propositions et cette démarche.
 
Pour la commission nationale du vote
Pierre Lacaze, Véronique Mahé, Patricia Tejas, Adrien Tiberti

Tableau national des Résultats Vote interne Européennes du PCF - du 9 au 12 novembre 2023

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