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2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 10:30

 

José Fort a été correspondant de l’Humanité à la Havane et envoyé spécial sur le continent latino-américain. Il a couvert l’actualité de nombreux pays du monde, les sommets européens et les réunions G7. il a été aussi chef du service international et accrédité auprès du Parlement européen et auprès de la Présidence de la République. 

 

On vous le dit sur tous les tons. « Il faut s’adapter ». Macron le petit, Philippe 1er, le medef, en marche, les sociaux démocrates dits de gauche comme de droite et les républicains ne cessent de vous le dire : il faut réviser, réformer, transformer, harmoniser, ajuster, accommoder. Vous êtes priés de vous adapter afin de prendre en compte la modernisation, la globalisation et les marchés.

Dans un autre temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, la formule à la mode se résumait à «  Vive la crise, devenez des gagneurs». Les plus anciens se souviendront d’une célèbre émission de télévision animée par Yves Montand qui résumait bien la campagne lancée par le journal «  Libération » prônant en vrac la fin des idéologies, la futilité de l’Etat-providence, le culte de l’entreprise. Les Français, déjà à l’époque, étaient appelés à sacrifier Etat social et conquêtes syndicales sur l’autel de la rigueur.

Sarkozy et Hollande n’ont pas fait autre chose lors des deux derniers calamiteux quinquennats avec un même résultat : augmentation des profits des actionnaires et paupérisation du plus grand nombre. Sur le fond, rien de changé. Avec Macron, le discours se veut plus djeune pour le même objectif avec cette fois un maître mot : adaptation.

D’abord adapter son langage à l’anglais car «  France is back », la France est de retour dixit Macron à Davos devant un parterre de patrons de multinationales et de nantis aux anges, certains d’entre eux ayant été reçus royalement (et à nos frais) la veille à Versailles.  Le château désormais est reconverti en maison d’aisance pour les super riches de la planète. Mais au fait on nous invite à nous adapter à quoi ?

 

Adapter les impôts aux intérêts des plus riches.

Adapter la santé publique à la loi du marché en transformant les hôpitaux en entreprises visant le profit.

Adapter les transports en sacrifiant les lignes dites non lucratives et en revenant à l’autocar.

Adapter l’éducation nationale en mettant en place une énième réforme et en rognant sur le nombre de professeurs.

Adapter en simplifiant les licenciements  et en réduisant le rôle des prud’hommes.

Adapter avec l’extension du travail du dimanche et de nuit.

Adapter en liquidant progressivement l’inspection du travail.

Adapter en tapant sur les retraités.

Adapter en supprimant les départements.

 

S’adapter aimait dire le chanteur québécois Felix Leclerc, « c’est se plier quand il vente ».

 

J’ajoute qu’avec Macron, Philippe et toute la bande les malheurs ne viennent jamais seuls, ils sont comme les lâches, ils chargent en meute pour nous faire entrer dans un autre monde où il est plus facile d’entrer que d’en sortir. Comme au cimetière.

 

 

 

 

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2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 10:26

Jean Ortiz est un maître de conférences, syndicaliste et parfois homme politique. Il est d’abord spécialiste des littératures des Amériques et des littératures de langue espagnole, il est aussi journaliste, donnant des chroniques à L'Humanité, et à la revue altermondialiste Mémoire des luttes.

 

 

Il était une fois un monde à l’envers... « Bona annada » et que le soleil n’éteigne jamais nos colères ! D’abord la colère.

Plus les inégalités se creusent, plus s’opère la sélection « naturelle », plus c’est bon pour l’économie et la société. Plus je m’esbaudis devant Macron. Les « meilleurs » gagnent. Chacun a la place qu’il mérite, elle s’obtient de haute lutte, quitte à écraser les autres, les « maillons faibles ». Le libéralisme, comme son nom l’indique, est une société de liberté. Ceux qui ne deviennent pas milliardaires, c’est qu’ils ne le veulent vraiment pas, préférant glander, dealer, à bosser. Ainsi s’opère la sélection entre premiers et derniers de cordée. Par la théorie du dromadaire (la bosse).

 

Une société sans patrons richissimes, sans actionnaires repus s’apparente à un cimetière. Concurrence à tout berzingue et exploitation quasi coloniale sont les deux mamelles fécondes du modèle libéral. Le seul, l’unique.

 

Le communisme, c’est pour les insectes...

 

Selon l’OXFAM et l’OBSERVATOIRE DES INEGALITES, officines bolchéviques s’il en est, en France 10% des plus riches possèdent plus de la moitié des richesses. Alors que 50 %, les plus pauvres, se partagent 5% de la pizza aux patates. Entre 2004 et 2014 leur modèle capitaliste (pardon : « libéral ») a produit en France un million de pauvres en plus. Ces fainéants, ces assistés, préfèrent vivre des minimas sociaux que trimer pour le bien commun, pour un Smic copieux. La stimulante pauvreté, chacun le sait, est un état naturel des sociétés libres. On peut y échapper en devenant actionnaire. En 2017, à l’échelle de la planète, la fortune des milliardaires qui, c’est bien connu, suent la chemise, a grandi (explosé) de 762 milliards de dollars. Sept fois plus qu’il ne faudrait pour en finir avec l’extrême pauvreté disent les cocos et beaucoup d’autres illuminés. Assez de misérabilisme, de balivernes ! Cet état salutaire de sélection biologique oxygène tout le monde. Tout cela démontre que les inégalités relèvent d’un phénomène normal, bénéfique. Le marché, le forum économique de Davos, régulent la jungle. Pas d’intérêt général, pas d’État, pas de république, hors la loi du marché. Il renforce la démocratie et la volonté politique n’y fait rien ; le partage, les besoins, la dignité, est le hochet de vieux soixante-huitards poussiéreux, attardés, attachés à des utopies totalitaires, anachroniques. L’idée communiste, l’exigence de biens communs, Cohn-Bendit, « Le Monde », « Libé » et moult intellectuels, en sont revenus. Le dérèglement climatique n’a rien à voir avec les logiques capitalistes ; ce n’est qu’une trumperie. Les « pulsations de leur folie », comme disait Jaurès, ont pourtant de quoi réchauffer la planète.

 

Et nous ? Et nous ? Et nous ?

 

Il était une fois un monde à l’envers... « Bona annada » et que le soleil n’éteigne jamais nos colères ! D’abord la colère.

 

 

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2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 10:22

La revue The Lancet, prestigieuse et ancienne revue de médecine britannique, publie, dans une récente parution, une tribune, signée de son rédacteur en chef, Richard Horton, intitulée « Medicine and Marx » (vol. 390, 4 novembre 2017). L'auteur note que, malgré le discrédit du marxisme après la chute de l'Union soviétique, la pensée de Marx garde une réelle actualité. L'anniversaire de la naissance de Marx, qui sera fêté le 5 mai 2018, sera l'occasion de réévaluer ses apports. Les idées marxistes réinvestissent le débat politique, en particulier sur les questions de santé auxquelles le capitalisme et les marchés se montrent dans l'incapacité de répondre.

Privatisations, pouvoir des élites médicales, croyance euphorique dans les progrès techniques, capitalisme philanthropique, tendances néo-impérialistes de la politique sanitaire mondiale, maladies inventées par les laboratoires, exclusion et stigmatisation de populations sont autant de problèmes sur lesquels le marxisme peut apporter une analyse critique.

Le marxisme est aussi un appel à se battre pour des valeurs comme l'égalité sociale, la fin de l'exploitation et pour lutter contre la marchandisation de la santé. L'aggravation des inégalités à l'échelle de la planète donne une vraie actualité à ce débat. Comme l'a montré l'épidémiologiste anglais Richard Wilkinson, ce sont les inégalités sociales qui déterminent essentiellement les inégalités de santé. Pour Richard Horton, il n'est nul besoin d'être marxiste pour apprécier ce que la médecine a encore à apprendre de Marx.

Il rappelle aussi que les préoccupations pour la santé publique sont contemporaines de la naissance du marxisme avec le livre d'Engels La Condition de la classe ouvrière en Angleterre. Marx fera souvent référence à ce travail de son ami.

Dans le livre 1 du Capital, en particulier dans le chapitre sur la journée de travail, Marx dénonce de manière très vive les conséquences des violences de l'exploitation sur la santé des ouvriers. La question du travail des enfants est l'exemple le plus significatif de ces violences. Il y a chez Marx un réel intérêt autant pour les questions de santé que pour la protection de l'enfance. Le philosophe allemand cite de multiples témoignages de médecins qui dénoncent, dans leurs rapports, l'état sanitaire des ouvriers et l'exploitation de jeunes enfants. Selon le docteur anglais Arledge, par exemple, les potiers ont « une taille rabougrie, sont anémiques et sujets à la dyspepsie, au dérangement du foie, des reins, et aux rhumatismes ». Il y aurait même un asthme et une phtisie (tuberculose) des potiers (Éditions sociales, 1973).

Dans des fabriques d'allumettes chimiques, ce sont des enfants parfois de 5 ou 6 ans qui travaillent dans des atmosphères saturées de phosphore. C'est l'enfer de Dante dit Marx. Le médecin en chef de l'hôpital de Worcester écrit que « contrairement aux assertions intéressées de quelques patrons, je déclare et je certifie que la santé des enfants en souffre beaucoup ». Ceci n'empêche pas ceux que Marx appelle ironiquement « les amis du commerce » de justifier le travail des enfants, parfois même au nom de la moralité et de l'éducation.

Marx souligne : « Le capital usurpe le temps qu'exigent la croissance, le développement et l'entretien du corps en bonne santé... Il vole le temps qui devrait être employé à respirer l'air libre et à jouir de la lumière du soleil. »

« L'anthropologie capitaliste, écrit encore Marx, décréta que l'enfance ne devait durer que jusqu'à dix ans, tout au plus onze ans. » Au XXIe siècle, c'est l'âge de la retraite que décrète « l'anthropologie capitaliste ».

Marx aimait à donner au capital l'image du vampire. « Le capital est du travail mort, qui semblable au vampire ne s'anime qu'en suçant le travail vivant. »

La santé, c'est le sang de la force de travail dont se nourrit le capital. Mais si la santé des travailleurs est la source ultime de la richesse, le capitaliste n'a pas pour autant besoin de la préserver. Il compte sur « l'armée industrielle de réserve » qui fournira toujours de la main-d’œuvre, grâce à la surpopulation ouvrière hier ou au chômage aujourd'hui.

Le droit à la santé a toujours été une conquête de la classe ouvrière sur le capital.

Il est plus que jamais nécessaire de rappeler que la Sécurité sociale est financée par cette part du salaire arrachée au capital pour garantir la santé du travailleur à long terme et pas seulement pour sa santé immédiatement utile à la production. Il ne faut donc pas s'étonner que cette part différée du salaire qui permet de « respirer l'air libre et de jouir de la lumière du soleil » soit rebaptisée « charge sociale » et accusée d'augmenter outrageusement le « coût du travail », provoquant l'hystérie des « amis du commerce ». Pour ces derniers, leur profit sera toujours plus précieux que la santé des hommes.

La richesse que recèle la force de travail ne s'explique ni par la physiologie ni par un principe vital mystérieux dont la médecine aurait le secret, elle réside dans les rapports sociaux.

La médecine, de son côté, a beaucoup de profit à tirer de la prise en compte de l'homme social dans ce qui détermine la santé.

 

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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 08:37
Rapport de la fondation Abbé Pierre: Macron aggrave le mal-logement, il y a urgence à changer de logique (Ian Brossat, PCF)
Macron aggrave le mal-logement, il y a urgence à changer de logique

mercredi 31 janvier 2018

Communiqué de Ian Brossat

"Le 23e rapport de la Fondation Abbé Pierre rendu public aujourd’hui le montre : la France est frappée de plein fouet par le mal-logement, qui touche 4 millions de personnes. La Fondation souligne la responsabilité d’Emmanuel Macron et de son gouvernement dans cette situation catastrophique. En effet, depuis 6 mois, le Gouvernement a multiplié les mesures et les annonces visant à affaiblir considérablement le secteur du logement social et de l’hébergement.

Coupes aveugles dans les APL à hauteur de 3,2 milliards d’euros en 2020, ponction massive sur le secteur Hlm, annonces d’un possible plan de privatisation des offices HLM, répression inhumaine contre les personnes migrantes avec les circulaires Collomb… Cela s’ajoute à la décision de justice ayant suspendu l’encadrement des loyers à Paris. L’ensemble de ces régressions créé un climat particulièrement néfaste pour le logement : de fait, la production de logement social en 2017 en Île-de-France a d’ores et déjà reculé de 17% par rapport à 2016.

Face à cette situation, le PCF refuse tout fatalisme et avance des propositions pour s’attaquer aux racines du mal. Pour contrer la pénurie de logements, la gentrification des centres urbains et l’inflation délirante d’un marché immobilier devenu fou, il faut renverser la logique libérale. Le logement n’est pas une marchandise, il doit faire l’objet d’un effort budgétaire prioritaire de l’Etat et des collectivités territoriales.

- Construire 200 000 logements sociaux par an et renforcer la loi SRU

- Augmenter les taxes sur les logements vacants et les résidences secondaires dans les zones en déficit de logements

- Permettre que tout immeuble vide depuis 3 ans soit réquisitionné sans indemnité pour accueillir des sans-abris et des familles en difficulté

- Renforcer l’encadrement des loyers avec l’objectif que la proportion du loyer et des charges dans le budget des familles ne dépasse pas 20 % de leurs revenus

- Supprimer la caution dans le parc privé

- Augmenter les taxes sur les logements vacants et les résidences secondaires dans les zones en déficit de logements

- Sanctionner les plateformes de location de courte durée type Airbnb ne respectant pas la loi et pratiquant l’évitement fiscal."

Ian Brossat, Réponsable de la commission Logement au PCF,
Paris, le 30 janvier 2018.

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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 06:27
Mobilisé·e·s le 1er Février contre la sélection à l’université et pour la liberté d’étudier (texte unitaire)

Suite au vote de la loi réformant l’accès à l’université votée en décembre à l’assemblée, le mois de janvier est celui de la mise en place de la sélection dans les universités via la nouvelle plateforme « Parcoursup ».

Afin de trier les dossiers des lycéen∙ne∙s, chaque université se fondera sur des attendus nationaux, déclinés en attendus locaux. Pour des milliers de jeunes, ces attendus auront pour effet de les décourager de poursuivre des études, de leur bloquer la possibilité d’accéder à la filière de leur choix, voire de l’université tout court.

En effet, l’augmentation du nombre de bachelier, combinée à la restriction du nombre de places disponibles dans les universités, vont à terme transformer la majorité des filières ouvertes, en filières « en tension », donc rendues sélectives par la loi.

Par ailleurs, la complexe procédure d’admission, parce qu’elle limite les bachelièr∙e∙s à 10 vœux non hiérarchisés, risque de maintenir la plupart des jeunes sur liste d’attente jusqu’à la dernière phase de la procédure.

Pour tous les jeunes sans affectation à l’issue de la procédure, leur seule option sera de faire appel au rectorat, qui leur proposera une unique affectation dans une filière où demeurent des places vacantes, sans garantie que cette affectation soit en cohérence avec leur projet pédagogique et professionnel. Les jeunes n’auront que 24 heures pour répondre à cette proposition, sans quoi perdront toute chance d’accéder à l’enseignement supérieur.

Par ailleurs, le gouvernement souhaite, dans le cadre de cette réforme, remettre en cause l’arrêté licence, texte qui cadre nationalement les droits étudiants du cycle licence, sorte de code du travail et étudiant-e-s. En remettant en cause des protections fondamentales telles que les rattrapages ou encore la compensation entre les matières, et en souhaitant individualiser à outrance les parcours, c’est notre droit à la réussite qui est menacé.

Les étudiant·e·s devront signer un contrat de réussite avec leur établissement, et s’ils n’en respectent pas les termes, leurs bourses pourraient se voir supprimées. Alors que les mauvaises conditions d’études à l’université et la précarité financière sont les premiers facteurs d’échec dans l’enseignement supérieur, le gouvernement se trompe lorsqu’il estime que retirer les bourses des étudiant-e-s en difficulté, c’est-à-dire les sanctionner, les incitera à réussir, cela ne fera au contraire qu’augmenter un taux d’échec d’ors et déjà très élevé en licence.

Le gouvernement souhaite mettre en place une cotisation de 90 euros par étudiant∙e∙s, visant à financer les services de médecine préventive, de vie étudiante, culturels et sportifs des universités. La mise en place de cette cotisation fait un peu plus reposer le financement du service public de l’enseignement supérieur, en grande difficulté du fait du désengagement de l’Etat, sur les épaules de ses usagers. Les contours de sa répartition ne sont par ailleurs toujours pas clairs, ne permettant pas d’avoir de certitude sur ses objectifs et son efficacité réelle.

Cette réforme de l’accès à l’enseignement supérieur se combinera avec la réforme du baccalauréat, qui risque d’entériner la fin du bac comme diplôme national. En mettant en place une modularisation des enseignements secondaires sans cadrage national, qui aggravera les inégalités territoriales entre lycées, il sera créé, de fait, une concurrence entre établissements. Cette concurrence sera d’autant plus grave qu’elle sera prise en compte dans les procédure d’admission à l’université, par l’étude des dossiers des candidat·e·s.

Alors que depuis son élection le président et son gouvernement font sans cesse le choix de politiques qui favorisent les plus riches et les puissants à l’image de la suppression de l’ISF, ici, ce sont une nouvelle fois les classes populaires qui sont visées. Cette sélection va toucher prioritairement les lycéens issus des quartiers les plus populaires et les plus en difficulté. Elle laissera sur le carreau des milliers de lycéens qui se retrouveront sans diplôme et sans avenir.

Alors que les jeunes ont déjà exprimé leur opposition à l’annonce du plan étudiant depuis plusieurs mois, nos organisations réitèrent leur refus de voir s’instaurer la sélection à l’entrée de l’université, nous réclamons le retrait du plan Vidal. Nous exigeons aussi l’abandon des projets de remise en cause des droits fondamentaux des étudiants, ainsi que la mise en place d’une réforme du bac qui engendrera de profondes inégalités territoriales et sociales.

Il est grand temps d’agir pour qu’un vrai service public de l’information et de l’orientation voit le jour et que des moyens soient injectés afin de permettre à chacune et chacun de maîtriser et de choisir son parcours de vie.

Nos organisations ont déjà formulées de nombreuses propositions alternatives et nous continuerons à les porter de toutes nos forces face à ces projets qui menacent notre avenir.

Nos organisations appellent les jeunes à se mobiliser le jeudi 1er février 2018, à se réunir, dès maintenant pour débattre des réformes, à se mobiliser sous toutes les formes décidées collectivement (grèves, blocages, manifestations, rassemblements, etc), pour alerter sur les dangers des réformes en cours.

Nous réclamons le droit pour toutes et tous (lycéen·ne·s, étudiant·e·s, salarié·e·s). de faire grève, et nous nous prononçons d’ores et déjà contre toute sanction, administrative ou policière, contre celles et ceux qui tenteront d’exercer ce droit légitime.

Une nouvelle réunion réunissant nos organisations se tiendra à la suite du 1er février pour proposer des suites à cette journée de mobilisation.

Signataires :

Unef – UNL – Solidaires étudiant·e·s – FiDL- Mouvement Jeunes Communistes de France – Ensemble Jeunes – Jeunes Ecologistes – Jeunes Insoumis – Jeunes Générations – MJS – Réseau jeune du PG – Union des étudiants Communistes – NPA Jeunes- JOC – MRJC – LMDE 

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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 06:25

Les jeunes méritent mieux !

Un nouveau dispositif d’inscription dans l’enseignement supérieur se met en place, Parcours sup le Parlement n’a pas encore adopté la loi sur « l’orientation et la réussite des étudiants » que le gouvernement entend l’appliquer ou plutôt l’imposer aux universités, aux enseignants-chercheurs aux étudiants et aux lycéens.

Or, il y a bien urgence à s’occuper de l’enseignement supérieur : sa situation est catastrophique. En témoigne le « tirage au sort » des bacheliers pour s’inscrire dans les filières de leur choix, qui a légitimement suscité l’indignation cet été. Sélection sociale effrénée, échecs importants en licence, formations tronquées faute de moyens, budgets notoirement insuffisants, concurrence stérile entre filières et établissements, restructurations incessantes renforçant les pouvoirs centraux, démocratie universitaire vidée de son sens… à cette situation, il faut une réponse de progrès social, scientifique, pédagogique.

Il faut une ambition : que chacun puisse développer au maximum ses capacités, que les connaissances soient largement diffusées et appropriées dans la société, que le pays se dote des plus hautes qualifications pour ses travailleurs.

Ce n’est pas celle du président des riches et de son gouvernement. En permettant à toutes les filières de trier les bacheliers, en prétendant ouvrir la possibilité de parcours personnalisés mais sans moyens nouveaux pour les universités, en prévoyant d’imposer une orientation non choisie aux étudiants recalés sur leurs vœux, le projet de loi va entériner les inégalités dans le supérieur. Il n’organisera dans les faits qu’un immense désordre et instaurera des obstacles institutionnels nouveaux à l’accès à l’enseignement supérieur dont le baccalauréat doit rester le premier grade et la seule condition d’accès. Cette loi accélérerait la mise en place du système « à plusieurs vitesses » qui est le projet de la droite et du MEDEF depuis longtemps.

Avec ce projet, quelques universités mieux loties attireraient les « meilleurs » éléments, tandis que les autres seraient condamnées à accompagner les plus défavorisés... à moyens constants voire en baisse alors que le nombre d’étudiants ne cesse de grandir. Avec comme conséquences inéluctables,  la dégradation du service public national d’enseignement supérieur et de recherche.

Cette politique remet profondément en cause le mouvement initié dans la deuxième moitié du XXe siècle de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur. Les gouvernements et les instances européennes ont prétendu bâtir une société de la connaissance, en fait leurs choix réels restreignent sa diffusion, frappant particulièrement les enfants des milieux populaires, déjà largement sous représentés dans le système scolaire et le supérieur. La loi sur la sélection à l’université participe de la même logique que celle de la réforme du baccalauréat, individualisant les parcours et triant les jeunes dès leur plus  jeune âge. Elle s’insère dans le projet global que mène Macron d’adaptation aux besoins du capital financier.

Construire une alternative à cette politique est à l’ordre du jour pour tous les progressistes

Garantir le libre accès à l’université à tous les bacheliers, promouvoir et développer les capacités humaines sans limites a priori, assurer les moyens financiers et humains nécessaires à cette ambition… c’est nécessaire et possible !

Notre ambition progressiste vise à élever le niveau de formation et de qualification dans toute la société, en partageant les savoirs dans l’enseignement supérieur, et en libérant la recherche des logiques de rentabilité à court terme. Elle viserait à former de façon exigeante des jeunes qualifiés, des citoyens éclairés et des individus émancipés. Cette politique doit se baser sur un service public national, seul à même de promouvoir une ambition commune sur le long terme.

Les communistes mettent à la disposition de toutes les forces, de toutes les personnes engagées dans la lutte contre ce projet de loi et pour la transformation de l’enseignement supérieur leurs réflexions, leurs questionnements et les propositions construites au fil des luttes et par les parlementaires communistes. Ils vous proposent que nous rencontrions et tracions ensemble les voies de l’alternative, pour substituer aux logiques libérales celle de la défense et du développement des biens communs.

C’est tous ensemble que nous pourrons construire un nouvel avenir d’émancipation humaine

Marie-George Buffet: A l’Assemblée nationale, avec les députés communistes Marie-George Buffet : « je voterai résolument contre ce texte qui, loin d’apporter des solutions pragmatiques aux difficultés de l’université, impose une vision régressive de l’enseignement supérieur sans s’attaquer aux véritables problèmes».

Marie-George Buffet: A l’Assemblée nationale, avec les députés communistes Marie-George Buffet : « je voterai résolument contre ce texte qui, loin d’apporter des solutions pragmatiques aux difficultés de l’université, impose une vision régressive de l’enseignement supérieur sans s’attaquer aux véritables problèmes».

L’argent existe et les moyens pour une telle politique existent et doivent être mobilisés.

• 110 000 étudiants nouveaux dans les 5 dernières années et le budget par étudiant a baissé de 10%.

Il faudrait au minimum un milliard d’euros pour l’augmentation du nombre d’étudiants chaque année.

Cadeaux faits aux ultra-riches : 3 milliards € de baisse de leur Impôt sur la fortune.

Crédit Impôt Recherche : 5 milliards €.

CICE, impôt sur les sociétés… des cadeaux aux entreprises par milliards sans effet sur l’emploi et l’économie

évasion fiscale : 80 milliards €..

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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 06:24
Lycée, université. Des élèves auto-entrepreneurs de leur scolarité (Humanité Dimanche, samedi 27 janvier 2018)
Lycée, université. Des élèves auto-entrepreneurs de leur scolarité
NADÈGE DUBESSAY
SAMEDI, 27 JANVIER, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE

La nouvelle plateforme d'orientation des bacheliers, ouverte le 15 janvier, et la réforme du lycée, attendue après le rapport de la mission Mathiot le 24 janvier, engagent des changements minutieusement calculés. Au menu : sélections et inégalités accrues. Un autre modèle ségrégatif d'enseignement se profile.

Progressivement, le bahut se vide. Nina, Robin et Alix s'attardent un peu aux abords de l'établissement pour une pause cigarette avant le déjeuner. Élèves en terminale L au lycée polyvalent George-Sand, à Domont (Val-d'Oise), ils doivent, depuis le 22 janvier, se familiariser avec Parcoursup afin d'y inscrire leurs voeux d'études supérieures. Alix, comédienne potentielle, espère suivre les cours de théâtre de la prestigieuse Sorbonne. « Pour l'instant, le lycée n'a toujours pas donné d'informations sur la plateforme qui remplace APB. Ça a cafouillé sérieusement l'année dernière, alors on espère que ça sera mieux. On est l'année test ! » ditelle, un soupçon d'inquiétude dans le regard. Nina, elle, ne se préoccupe pas de tout ça. Elle sait déjà qu'elle intégrera une prépa arts appliqués dans une structure privée parisienne à 6 000 euros l'année parce que « le public, c'est trop compliqué ». Quant à Robin, le jeune homme reste confiant. Il espère bien être pris en psycho à Nanterre. « J'ai entendu que la fac allait recruter par dossier... Pourquoi pas. De toute façon, ça ne peut pas être pire que l'année dernière. »

Simple et transparent ?

Les quelque 700 000 élèves de terminale découvraient le 15 janvier le site de la nouvelle plateforme, sésame de la poursuite de leurs études dans l'enseignement supérieur. Parcoursup promet une « procédure simple, transparente et juste », « pas d'affectation par tirage au sort », « un accompagnement assuré pour comprendre les enjeux »... Exit donc l'admission postbac (le trop fameux APB), l'algorithme qui laissait, en juillet dernier, 87 000 bacheliers dans le brouillard. Et qui faisait pleurer dans les chaumières des élèves se retrouvant sans affectation. La faute à pas de chance lors de la grande loterie, carrément injuste certes, mais pourtant marginale. Pas possible de faire pire, assure Robin.

Bon, voire très bon niveau en anglais, en sciences: les « filières sous tension » poseront leurs conditions.

Pas si sûr... Les lycéens auront jusqu'au 13 mars pour formuler 10 voeux non hiérarchisés. Des choix accompagnés d'une « fiche avenir » remplie par l'établissement. Bulletins de notes, avis du conseil sur les choix d'orientation, lettre de motivation devront satisfaire les « attendus » que les universités publieront sur Parcoursup (un document de 48 pages que les lycéens vont éplucher avant de formuler leurs voeux). Côté fac, on se doit d'étudier chaque dossier (lire entretien page 25) et de répondre « oui », « non », « en attente » ou « oui si » sous réserve d'une remise à niveau. Car les « filières sous tension » (les plus demandées) peuvent poser leurs conditions. En psychologie, comme dans beaucoup de licences, il faut bien voire parfaitement ­ maîtriser l'anglais. Manque de chance, tout le monde ne peut pas se payer des séjours linguistiques ou des cours privés. Il faut aussi être bon dans les disciplines scientifiques, en français ou en histoire... « À l'université de Paris-I, en droit, il a été proposé des lettres de recommandation de professionnels du droit, dénonce le sociologue à l'université d'Amiens Romain Pudal. C'est délirant ! On ouvre la boîte de Pandore d'attendus les plus farfelus ! »

Pour Frédérique Rolet, secrétaire générale du syndicat Snes-FSU, l'affaire coule de source : il s'agit de dissuader trop d'élèves de vouloir devenir étudiants, « de barrer la route aux élèves qui seront jugés les plus fragiles », plutôt que de donner les places et les moyens nécessaires à l'accueil des 40 000 futurs étudiants supplémentaires encore attendus la rentrée prochaine. Tout est dit.

Renoncer à la démocratisation

Du lycée à l'université, en passant par les bacs pros (lire page 24), les réformes engagées s'inscrivent dans une logique minutieusement calculée faite de sélections, d'inégalités accrues entre élèves et entre établissements.

Et il faut en mesurer l'ampleur. Un autre modèle de l'enseignement se profile. Celui qui consiste à renoncer une fois pour toutes à la démocratisation de l'accès au savoir et in fine à l'enseignement supérieur. « Cette réforme va toucher en premier lieu les élèves issus des classes les plus populaires. D'abord parce qu'ils posséderont moins l'ensemble des codes attendus pour leur orientation. Beaucoup vont s'autocensurer », déplore Aurélien Boudon, cosecrétaire de SUD éducation.

« Les élèves dont le milieu socioculturel le permet sauront choisir le parcours Sud éducation le plus valorisant. »

La réforme en gestation du lycée ne fera que renforcer la sombre histoire. En prévision, la fin des séries S, ES et L. L'instauration d'un lycée modulaire dès le deuxième semestre de la seconde avec un système de matières majeures et mineures qui démultiplie des parcours ­ sorte de lycée à la carte. Le bac nouveau millésime prévoit une épreuve en français en première et quatre épreuves finales en terminale : deux épreuves écrites dans les disciplines majeures inscrites dans des parcours, deux épreuves universelles, une épreuve écrite de philosophie et un grand oral sur la base d'un minimémoire interdisciplinaire.

la guerre des disciplines

« Avec ce nouveau bac, on risque d'ouvrir une foire d'empoigne et une guerre des disciplines », souffle-t-on déjà du côté des enseignants. « La modularité permettra d'affiner encore les stratégies de différenciation sociale, insiste-t-on à SUD éducation. Les élèves dont le milieu socioculturel le permettra sauront choisir les parcours les plus valorisants et la hiérarchie des parcours sera d'autant plus forte. » Sinistre prévision qui induit, à terme, des lycées spécialisés dans certains parcours, plus ou moins cotés selon les modules proposés... Sans grande surprise, les parcours du lycée correspondront très vite aux attendus définis par chaque filière post-bac. « Le bac n'est certes pas officiellement détruit, estime SUD éducation, mais, en pratique, il deviendra accessoire et ne jouera à terme quasiment aucun rôle pour la poursuite d'études et pour les employeurs. Chaque élève aura désormais son curriculum personnel de modules de lycée qu'il aura acquis avec plus ou moins de réussite. » Le diplôme national, premier grade universitaire, ne sera plus ainsi une condition ni suffisante ni nécessaire pour la poursuite d'études.

En devenant autoentrepreneur de sa scolarité, l'élève ­ au lycée comme à l'université ­ sera rendu toujours davantage responsable individuellement de ses choix, de son parcours, de ses « réussites » ou de ses « échecs ». « C'est aux bacheliers de faire les bons choix, aux professeurs du secondaire de bien les évaluer, aux universités de bien construire leur parcours...

Et, en cas de problèmes, ces acteurs ne pourront s'en prendre qu'à eux-mêmes, analyse la sociologue Sophie Orange dans « Alternatives économiques ». Le sous-financement chronique de l'université et les inégalités de dotation entre établissements de l'enseignement supérieur sont totalement évacués du tableau. » C'est bien le but du jeu.

REPERES : 
1,6 million : Le nombre d'étudiants inscrits à l'université à la rentrée 2016-2017. Soit + 1,9 % par rapport à l'année précédente.
 
11% La part d'enfants d'ouvriers à l'université.
 
30 % La part d'enfants de cadres supérieurs à l'université.
 
50 % La part des enfants de cadres supérieurs dans les classes préparatoires aux grandes écoles.
 
2,7 % La part des enfants d'ouvriers dans les classes préparatoires aux grandes écoles.
 
6,7 % La part des enfants d'employés dans les classes préparatoires aux grandes écoles.
 
45 % Le pourcentage d'enfants de cadres qui ont un diplôme d'une grande école contre 10 % pour ceux des ouvriers.
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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 07:03
Société de CASTES et de PRIVILEGES insensés: Un Smicard doit travailler 2,6 millions d'années pour gagner la fortune du Français le plus riche, Bernard Arnault (LVMH)

Ainsi, il faudrait à un smicard 2,6 millions d’années pour gagner la fortune du Français le plus riche, Bernard Arnault (LVMH), estimée à 46,9 milliards d’euros, poursuit l'Observatoire.

"Et encore, il ne s’agit que de son patrimoine professionnel.

Tout ce qui relève du domaine privé ou qui ne repose pas sur un outil de travail n’est pas comptabilisé", a précisé ce rapport, publié mardi 30 janvier.

"Ces fortunes sont démesurées, rapportées à ce que possèdent la plupart des ménages, dont la moitié d’entre eux détiennent moins de 114 000 euros", a comparé cette étude.

 

Un smicard doit travailler 2,6 millions d’années pour gagner la fortune du Français le plus riche

L'Observatoire des inégalités a fait des calculs à partir de la liste des dix plus grandes fortunes de France.

"Ni la crise, ni le niveau de la fiscalité française n’ont entamé la progression des grandes fortunes." Partant de la liste des dix plus grandes fortunes de France du magazine Challenges,publiée en juin 2017, lObservatoire des inégalités a calculé que le seuil d’entrée dans le top 500 des plus grandes fortunes professionnelles "a augmenté de 30% en un an et a été multiplié par neuf depuis 1996." 

Ainsi, il faudrait à un smicard 2,6 millions d’années pour gagner la fortune du Français le plus riche, Bernard Arnault (LVMH), estimée à 46,9 milliards d’euros, poursuit l'Observatoire. "Et encore, il ne s’agit que de son patrimoine professionnel. Tout ce qui relève du domaine privé ou qui ne repose pas sur un outil de travail n’est pas comptabilisé", a précisé ce rapport, publié mardi 30 janvier. "Ces fortunes sont démesurées, rapportées à ce que possèdent la plupart des ménages, dont la moitié d’entre eux détiennent moins de 114 000 euros", a comparé cette étude. 

"Le montant cumulé de la fortune professionnelle des 500 personnes les plus riches de France représente 570 milliards d’euros. A eux seuls, les dix premiers du classement possèdent 241 milliards", a poursuivi l'Observatoire des inégalité. Ces personnalités, parmi lesquelles figurent Axel Dumas (Hermès International), Gérard Mulliez (Auchan), Serge Dassault (Groupe Marcel Dassault) ou encore Patrick Drahi (Altice), vont particulièrement bénéficier de la réduction de l’impôt sur la fortune, ainsi que de la baisse de l’impôt sur le revenu pour les revenus du patrimoine votée à la fin de l’année 2017, précise encore l'organisme. 

Société de CASTES et de PRIVILEGES insensés: Un Smicard doit travailler 2,6 millions d'années pour gagner la fortune du Français le plus riche, Bernard Arnault (LVMH)
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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 06:19

 

Les gouvernements ont tous reculé devant l'obstacle du financement de la prise en charge par la collectivité de la perte d'autonomie.

80 % des personnes en Ehpad doivent faire appel à leurs proches pour régler un reste à charge de 1 600 euros par mois en moyenne. Des chiffres qui montrent l'urgence de la prise en charge de ce coût par la collectivité.

 

Deux mille euros par mois. C'est le coût moyen d'une place en Ehpad, étant entendu que cette «moyenne» recouvre des écarts de prix importants qui peuvent aller du simple au double, selon le type de structure d'accueil : publique ou privée, à but lucratif ou non... Une barrière des prix infranchissable pour tous ceux dont les revenus ne peuvent couvrir cette somme, relevait la mission « flash » d'information parlementaire sur les Ehpad constituée l'été dernier.

En 2008, le Sénat avait dressé une cartographie détaillée des « restes à charge ». En moyenne, chaque résident en Ehpad devait débourser environ 1 600 euros de sa poche, cette somme s'élevant à 1 400 euros dans un Ehpad public (45 % du parc des Ehpad), à 1 500 euros dans un établissement privé à but non lucratif (30 % du parc) et à 2 100 euros pour le secteur lucratif (25 % du parc). « En moyenne, le montant du reste à charge est plus important que les ressources du pensionnaire en établissement jusqu'à des niveaux de revenus approchant 2000 euros par mois, notait le rapport. En conséquence, près de 80 % des personnes en Ehpad doivent faire appel aux ressources de leurs proches pour financer leur prise en charge. » Dix ans plus tard, cette situation ne s'est guère améliorée, à en croire les travaux de la mission parlementaire estivale, qui a alerté à son tour sur « le reste à charge important pour certaines catégories de la population », en dépit des prestations sociales existantes comme l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) versée par les départements. En cause, notamment, un « mouvement de déshabilitation à l'aide sociale départementale » de certains Ehpad qui « provoque, par insuffisance de dotations publiques, un reste à charge que certaines personnes ne peuvent assumer », notait la mission. En clair : le nombre de places accessibles aux bénéficiaires de l'aide sociale se réduit, ouvrant la voie à « un traitement inéquitable sur le territoire » et à une « différenciation des tarifs d'hébergement entre personnes âgées résidant en Ehpad », dénonçait en mars 2017 la Fédération hospitalière de France (FHF).

Le secteur pourrait connaître de nouvelles tensions dans les années à venir, avec la hausse de l'ordre de 25 % du nombre personnes âgées dépendantes de plus de 75 ans, à prévoir d'ici vingt ans. Dans ces conditions, s'en remettre à l'unique « solution » ­ qui consiste, pour financer l'Ehpad des aînés, à prendre sur les ressources des enfants et des petits-enfants, ou bien à dilapider le patrimoine de la vie de labeur des plus humbles, qu'ils souhaitaient leur léguer ­ est intenable, sauf à se résoudre au creusement des inégalités. Conscients du problème, les gouvernements successifs ont tous reculé, ces dix dernières années, devant l'obstacle du financement de la prise en charge par la collectivité de la perte d'autonomie. En 2012, Nicolas Sarkozy a abandonné, en raison des « contraintes financières », son chantier de la création d'un nouveau « risque » dont la couverture devait être en partie confiée au privé. Quant à la loi de 2015 sur l'adaptation de la société au vieillissement, elle n'a guère bouleversé les cadres existants. Les propositions existent pourtant pour permettre à tous de faire face à ces nouveaux besoins sans s'en remettre à la loi du marché. À l'instar de celle du PCF d'« un service public de l'autonomie pour les personnes âgées » appuyé sur des pôles publics départementaux et financé par la cotisation pour la partie qui relève de la Sécurité sociale et par un financement public d'État pour l'action des départements. Ou encore de celle de la CGT de la création d'une « prestation universelle de compensation de l'autonomie, quel que soit l'âge » de la vie.

 

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 17:00
EHPAD: la France n'assume pas sa mission de solidarité selon les députés communistes

Ehpad: la France n'assume pas sa "mission de solidarité" selon les députés communistes

/ AFP mardi 30 janvier 2018

Les députés communistes ont estimé mardi que la France n'assumait pas sa "mission de solidarité" à l'égard des plus anciens, jugeant les mesures annoncées pour les Ehpad, les établissements pour personnes âgées, dont les personnels sont en grève, "insuffisantes". "Nous sommes aujourd'hui dans un pays qui n'assume pas la mission de solidarité élémentaire qui est la sienne à l'égard des plus anciens", a déploré Pierre Dharréville, porte-parole des députés PCF, lors d'une conférence de presse. Affirmant partager "la révolte, la colère des personnels des Ehpad", il a également jugé que "les mesures qui ont été annoncées par le gouvernement sont nettement insuffisantes pour faire face à cette réalité : on continue à compresser les dépenses, y compris pour les personnes âgées". La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé la semaine dernière une enveloppe supplémentaire de 50 millions d'euros. "Nous appelons à un grand plan en faveur des Ehpad", qui permette d'embaucher, de former et de mieux rémunérer les personnels, mais aussi "de construire les établissements modernes dont les personnes âgées de notre pays ont besoin", a-t-il demandé. Les personnels des établissements se sont mis en grève mardi, pour réclamer plus de moyens et demander l'abrogation d'une réforme contestée qui prévoit de faire converger progressivement jusqu'en 2023 les dotations aux Ehpad publics et privés.

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