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15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 14:59
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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 08:06
Les voies de la volonté populaire, par Guillaume Roubaud-Quashié, éditorial de Cause Commune, N°3, la revue de réflexion du PCF
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Malgré ses contradictions, 2017 laisse derrière elle un atroce goût de cendres. En quelques implacables semaines, Emmanuel Macron a fait triompher ses ordonnances anti-Code du travail, supprimé l’impôt de solidarité sur la fortune, poignardé le mouvement HLM, desséché les collectivités territoriales… (Et la liste n’est pas même exhaustive…) Ces conquêtes qui sentent les si maigres repas des jours de grève des XIXe et XXe siècles, notre président semble les avaler comme autant de bouchées de brioche au château de Chambord. Rien n’a été capable de l’arrêter jusqu’ici.

Comment, dès lors, ne pas comprendre le spleen et la sidération qui gagnent des millions de nos concitoyens voyant le désastre méthodiquement avancer sans qu’il leur semble possible d’enrayer cette machine infernale ? Tant de luttes ont échoué depuis tant d’années déjà. Certes, il y eut bien quelques crues décennales, exceptions qui confirment la règle : 1995, 2006… Et encore ne s’agissait-il, peut-être, que de mobilisations contre, parvenant au mieux, semble-t-il, à empêcher, un temps, l’avènement d’une contre-réforme particulièrement abjecte. 
Un homme ou une femme de moins de 50 ans a-t-il jamais participé, en France, à une grande lutte nationale victorieuse ? Et combien, au contraire, en a-t-il vu échouer ? Telle est tout de même l’expérience vécue par au moins 39 763 599 personnes si on en croit les chiffres de l’INSEE (les moins de 50 ans, en France, soit 61 % de la population française). Encore mesure-t-on bien que cette césure au demi-siècle pourrait être remontée de près de 10 ans (un sexagénaire de 2018 n’avait guère que 10 ans en 1968), ce qui ferait encore basculer plus de 8,5 millions de Français dans cet horizon de luttes défaites.
Il y a 30 ans, ils étaient déjà nombreux, ces fils et filles des combats perdus, mais ils n’étaient encore qu’une grosse minorité du pays (une vingtaine de millions, autour de 40 % de la population), que pouvaient masquer aux optimistes, des millions de bras, de cœurs et de têtes, sûrs de leur puissance collective, pour l’avoiréprouvée. Ils sont aujourd’hui près de 75 % si on retient la césure à 60 ans. Remontant le fil du temps, cette proportion se révèle pourtant vite infime tant les luttes et les conquêtes se sont succédé à bonne cadence dans notre pays : des conquêtes de 1968 à celles de la Libération, de celles-ci à celles du Front populaire, de celles-là à la journée de 8h (1919) ou à l’instauration du code du Travail (1910)… sans même entrer dans cet incroyable siècle révolutionnaire ouvert par la Révolution française. Le peuple de ce pays a beaucoup lutté ; il n’a pas toujours gagné ; mais décennies après décennies, toutes les générations ont longtemps fait l’expérience de luttes victorieuses.
On saisit alors ce que notre époque a d’inédit à l’échelle de plus de deux siècles : l’énorme majorité de notre peuple n’a fait l’expérience d’aucune lutte conquérante victorieuse et a, au contraire, vu défiler une noria de défaites collectives.
Les victoires d’hier – peut-être faudrait-il dire plutôt, d’avant-hier – jouissent bien sûr d’un écho persistant mais puissamment assourdi et allant s’assourdissant. Si les victoires des parents résonnent encore quelque peu dans les souvenirs des enfants, faisant parfois de celles-ci des quasi-expériences pour les enfants eux-mêmes, la flamme du souvenir à l’échelle des petits-enfants en est presque réduite à l’étincelle que seuls les curieux et curieuses sont tentés de considérer. Pour le grand nombre des lycéens et lycéennes d’aujourd’hui, bien plus qu’une expérience, même indirecte, ces victoires sont entrées dans l’Histoire, ce grand sac où se mêlent dans le lointain Vercingétorix avec De Gaulle, la reine Victoria et Louis XIV entre deux ou trois poilus de 14-18.

« Un homme ou une femme de moins de 50 ans a-t-il jamais participé, en France, à une grande lutte nationale victorieuse ? Et combien, au contraire, en a-t-il vu échouer ? »

Bien sûr, il faudrait complexifier le tableau car la France de 2018, comme il en fut toujours dans l’histoire des peuples, n’est pas composée de cette belle série continue de Français statistiques : il y eut des Français pour partir à l’étranger et il y eut des étrangers, avec d’autres histoires, pour venir en France. Mais quand bien même. Si on se place insolemment depuis l’épicycle de Mercure pour embrasser avec une rapidité coupable le tableau mondial de notre peuple, il n’est pas sûr qu’on soit amené à nuancer fortement : le grand nombre de ces immigrés a-t-il connu de grandes luttes victorieuses depuis la Révolution des œillets de 1974 (ce qui ne déplace pas de plus de 10 ans la césure jusqu’ici retenue) ? Il faudrait un esprit encyclopédique et une lourde étude pour répondre avec fermeté dans le détail des histoires nationales mais, vu de loin et au risque de myopies, on ne semble pas en percevoir.
Revenons donc à la thèse, hélas guère écornée : le peuple de France de 2018 a ceci d’inédit depuis 1789 que, dans son immense majorité, il n’a jamais fait l’expérience d’une lutte conquérante victorieuse d’ampleur nationale, ayant assisté au contraire à un interminable cortège (une théorie auraient dit les Grecs, aux effets hélas très concrets…) de luttes défaites.
Que notre peuple ait tendance à en tirer la conclusion que l’action collective est vaine, quoi de plus naturel ? La meilleure preuve de la défaite, c’est qu’on la mange… C’est là un des problèmes nodaux de la lutte de classes de notre temps : il faut croire en sa force pour entrer dans l’arène ; il faut identifier ses armes pour oser s’en servir.
Le passionnant de la période est que notre peuple n’en cherche pas moins quelque issue, de mille côtés, sans grand ordre et avec mille contradictions. Assommé de propagande, d’experts dévidant et filant housses et mousses élyséennes, notre peuple se laisse bien grignoter idéologiquement çà et là mais, pour l’essentiel, il tient bon et il tient même bien mieux qu’il ne le fit dans les années 1980-1990. Toutes les grandes contre-réformes macroniennes, malgré les luxueux services avant-vente, vente et après-vente, sont fermement rejetées par la majorité de notre peuple.

« C’est là un des problèmes nodaux de la lutte de classes de notre temps : il faut croire en sa force pour entrer dans l’arène ; il faut identifier ses armes pour oser s’en servir.»

Nous voici ainsi dans une situation inversée par rapport aux années 1980. Alors, une majorité de notre peuple avait fait l’expérience de luttes victorieuses et en avait éprouvé l’efficace mais le libéralisme, sur fond de décomposition des pays socialistes et de prompt désenchantement post-1981, avait gagné à lui les esprits. D’une certaine manière, schématiquement, on pourrait dire que notre peuple savait lutter mais que, dans sa majorité, il ne le souhaitait guère. On serait tenté d’inverser les termes pour décrire l’état présent… Reconnaissons que la situation actuelle est beaucoup plus enviable pour qui veut changer la société ! Enviable, stimulante et imposant des responsabilités. Transformer des soifs individuelles de changement, impuissantes par elles-mêmes à s’étancher, en des combats collectifs et victorieux, n’est-ce pas là la mission que s’assignent, sans rien renier de leur individualité, les hommes et les femmes qui partagent cette soif et décident de s’organiser pour que les fontaines quittent le rêve pour le réel ? 
Alors, s’il faut former un vœu pour l’année 2018, vous l’avez déjà deviné si vous avez poussé la lecture jusqu’ici : trouvons, forgeons, identifions et aidons à identifier (comme on voudra) les chemins de ces victoires qui se cherchent. Avec leur congrès de novembre 2018, les communistes ont une grande occasion d’affronter – n’ayons pas peur des grands mots délavés – cette tâche historique.

Guillaume Roubaud-Quashie, directeur de Cause commune.

Cause commune n° 3 - janvier/février 2017

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 07:42
Appel de Jean Dréan: pour le droit à bien vieillir, stop à la maltraitance institutionnelle vis-à-vis des personnels et des usagers des maisons de retraite! (janvier 2018)

L'enjeu d'accompagner avec des moyens de solidarité pour bien vivre à tous les âges le vieillissement de la population devrait être une grande cause nationale. Au lieu de ça, aucune prise en compte sérieuse de l'enjeu du vieillissement et des conditions de vie des personnes âgées de la part des politiques au pouvoir depuis des années, et des politiques libérales et d'austérité qui fragilisent encore des structures et des dispositifs déjà insuffisants par le passé. 

Au lieu de ça, le secteur de l'aide à domicile est un lieu bien souvent de précarité, de bas salaire et d'exploitation pour les personnels, les financements par les départements sont fragilisés, il manque des places dans les maisons de retraite, leur financement, notamment celui des maisons de retraite publiques, est remis en cause par les nouvelles règles de tarification, et le personnel travaille bien souvent dans des conditions de sous-effectif dramatique, qui se répercutent sur les conditions d'accompagnement des personnes âgées. 

La loi d'adaptation de la société au vieillissement de 2015 a fragilisé les EHPAD publics qui constituent 43% des maisons de retraite mais accueillent 70% des résidents. Les groupes financiers s'en frottent les mains, eux qui veulent se positionner sur le marché de l'or gris sans considération sociale autre que leurs profits: les Korian, Orpea, DomusVi, Colisée, Domidep, le Noble Age, Emera.

Le risque de la réforme du financement des établissements de santé et des maisons de retraite est de voir des départements fermer des lits dans les maisons de retraite publiques, faisant par là même des économies sur l'habilitation des Ehpad à l'aide sociale assurée par les conseils départementaux. 

Gagner partout et pour tous le droit bien vieillir en rassemblant sur la base d'une considération du besoin humain primant sur les logiques de rentabilité les différents maillons de la chaîne de vie de la personne âgée dans une action, une réflexion, un service public et un financement solidaire communs, est une priorité: Maintien à domicile, Accueil en EHPAD, Prévention santé, Education continue et accès aux droits des personnes âgées (mobilité, culture, ...). 

La presse nationale et régionale se fait écho presque tous les jours du malaise et de la détresse des personnels des maisons de retraite, de leur sentiment de ne pas pouvoir faire leur travail dans des bonnes conditions, soucieuses de la dignité et du bien-être des personnes âgées. Il est temps de prendre au sérieux leurs cris d'alarme.

La situation est déjà mauvaise, quasi intenable: si les structures pour personnes âgées réduisent encore leur personnel, ce sera la catastrophe.

Le degré de civilisation d'une société se juge à la manière dont elle traite les plus vulnérables et les plus fragiles: le quasi abandon actuel du grand âge, absent des préoccupations des décideurs politiques, est inacceptable. Depuis quelques mois, il y a eu 14 suicides d'aide soignante, et personne ne semble s'en émouvoir. 

Je suis bien placé, résidant par contrainte avec mon épouse handicapée en EHPAD dans une maison de retraite associative privée à but non lucratif, pour constater: 

- que le service de semaine, c'est la course permanente

- le samedi et le dimanche, réduction du personnel oblige, c'est le marathon. Et l'épuisement en fin de journée pour les personnels. 

- pas d'infirmier ou d'infirmière de nuit. Ne pas compter sur le somnifère

- le médecin coordinateur est contraint à la présence allégée

- il n'est pas évident que les urgences hospitalières nous réservent un accueil particulier

- qui s'inquiète du plaisir de manger ces résidents en maison de retraite? A quand le bio, les produits frais? 

- qui s'inquiète de la malnutrition de certaines personnes âgées qui ne peuvent se nourrir qu'avec un encouragement patient, de l'aide et de la présence humaine? 

- des douches qu'on ne fait qu'une fois la semaine ou tous les 15 jours?    

Il est urgent de réagir, de se remettre à porter des solutions d'égalité et de solidarité pour garantir aux personnes âgées leur droit à être traités dignement, avec bienveillance, patience, professionnalisme, et une présence humaine à la hauteur.

La France est riche, on trouve des milliards pour supprimer l'ISF, faire des cadeaux aux actionnaires des grandes entreprises, aux sociétés d'autoroute, pour les bombes nucléaires, et on n'aurait pas les moyens de financer des conditions de prise en charge simplement humaine et digne pour les personnes âgées?   

Jean Dréan, retraité Cheminot et CGT, militant communiste, résident en maison de retraite à Quimper

Lire aussi: 

S'occuper des vieux, c'est se préoccuper de l'avenir de chacun: pour un droit d'alerte, appel de Jean Dréan à créer enfin des conditions d'accompagnement dignes pour la personne âgée

Sur une loi pas à la hauteur - contestée: adaptation de la société au vieillissement.

Pour la majorité des citoyens, cette loi passe à côté d'une ATTENTE MAJEURE: une prise en charge par la solidarité nationale.

Il y a urgence à remettre à l'ordre du jour les exigences exprimées sur un problème sociétal majeur que le pays doit affronter: le vieillissement.

En effet malgré les orientations politiques et les opérations d'enfumage, les Français ne voient rien venir. Il en est ainsi d'une loi qualifiée fourre-tout dite loi Macron, imposée par la force du 49/3

- Des chiffres du chômage: triturant les statistiques de pôle emploi. Voilà la nouvelle technique gouvernementale pour faire baisser le chômage.

Il risque d'en être ainsi de cette loi en gestation de longue date. Alors qu'il y a une extrême urgence: comme le clame sur les chaînes publiques le Président des Associations des Directeurs d'Etablissement, "la situation est dramatique et va devenir catastrophique".

Il faut un plan d'urgence.

Par exemple sur le Finistère l'agitation des personnels en charge des 4 maillons de la chaîne de vie des personnes âgées a trouvé large écho dans la presse. Une multitude d'appels au secours et de témoignages souvent poignants.

Pour rappel les deux les plus significatifs pleins de conviction et de dignité.

- Ceux sous les propres fenêtres de l'ex- Président du Conseil Général Maille: "dignité pour les vieux - respect, considération pour les personnels, halte à la maltraitance institutionnelle qui s'installe".

- Ceux de Morlaix: 800 personnes s'époumonant "Halte au travail à la chaîne. Néfaste pour la qualité de vie de la personne âgée, néfaste pour la sérénité, l'équilibre des personnels".

Par le plus malheureux des hasards, Monsieur le Préfet du Finistère confirmait la nécessité, la justification de ce vent de révolte "avec la réduction des dépenses publiques nous aurons des choix douloureux à faire pour les personnes, les familles".

Et voilà qu'en période estivale le calme serait revenu dans le monde du silence. N'est-on pas en droit de s'interroger sur ce "calme artificiel"?

Qu'en est-il de la rotation des personnels (service -aide-soignant) embauchés en remplacement des congés statutaires: sont-ils formés? Quel statut? Quelle expérience confirmée de la personne âgée? Pourquoi un service réduit les samedis, les dimanches? Quels moyens pour pallier aux incidents, aux accidents de la vie courante?

L'humain aurai-il des temps de relâche? Quelle réserve de personnels compétents?

A l'occasion de la canicule n'a t-on pas entendu des propos contradictoires confirmant la nécessité d'une vigilance absolue. Une situation à risques qui ne fera que s'aggraver. Pour confirmation s'imprégner des directives de Pierre Maille aux gestionnaires: "avec moins, faites plus".

Pour décider d'une réflexion concertée devant conduire à l'action, "pour une loi de progrès social" analysons quelques propos de presse provoqués par le coup de chaleur de nos aînés. Et ceci malgré les "opérations d'enfumage" de Mmes Touraine et Rossignol.

- Dans les résidences on n'a pas un moment de répit. Avec un ratio de personnel médiocre on travaille à la chaîne.

- Madame la Ministre se veut rassurante: "situation maîtrisée"

- Le Président de Samu-Urgence n'est pas de cet avis: "situation critique, alarmante".

- Le Président de A.D.P.A: L'essentiel des leçons du drame de 2003 n'a pas été tiré: l'inertie des pouvoirs publics face à la crise.

- VALLS dans sa superbe en appelle à la solidarité

- A.D.P.A l'a pris au mot et réitère la proposition de la création de 200 000 emplois. C'est un impératif éthique et ce serait en même temps une réponse à la crise économique.

La presse nous apprend qu'un délégué de A.D.P.A entamait "à pied" un tour de France de l'aide aux personnes âgées. Pour défendre leur cause. Faire émerger des points de convergence et de divergence. Tout en rappelant l'urgente nécessité de créer 200 000 emplois!

Il y a donc urgence à se rassembler, à travailler ensemble, à situer clairement les responsabilités d'une situation intolérable. Faisons notre coup de colère du président Chanvert: les politiques n'ont pas su ou voulu anticiper le vieillissement.

Ensemble, imposons-leur de voter enfin une loi de progrès social.

'Gagner partout et pour tous le bien vieillir dignement en citoyen à part entière".

Pour raison de santé de mon épouse nous avons rejoint une EHPAD en connaissance de cause. Je salue le courage de tous les personnels, leur engagement, leur dévouement pour un salaire qui n'est pas à la hauteur des exigences.

ENSEMBLE, USAGERS, FAMILLES, PERSONNELS, GENS DE PROGRES

TRAVAILLONS A L'ELABORATION D'UNE VERITABLE CIVILISATION DE LA PERSONNE AGEE, ou selon dernier congrès de la Gériatrie tout ou presque reste à inventer.

Jean Dréan (UL CGT Quimper - 9, allée Samuel Piriou, 29000 Quimper)

APPEL DU 27 AOUT 2015, toujours valable! 

Jean Dréan se souvient ... : l'occupation, les grandes grèves des cheminots, l'Algérie

     

 

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 07:30
EPHAD : les syndicats lancent un préavis de grève pour le mardi 30 janvier 2018

jeudi 11 janvier 2018

Les Fédérations CGT, CFDT, FO, UNSA et CFTC de la Santé et des Services publics appellent à la grève de tous les EHPAD le mardi 30 janvier prochain.

L’insuffisance des effectifs et des moyens dans les établissements accueillant des personnes âgées (EHPAD) et dans les services d’aide à domicile est reconnue par tous.

La réforme de la tarification introduite par la Loi vieillissement dite « ASV », qui va se traduire par des suppressions massives de postes, est unanimement rejetée.

Elles exigent du gouvernement qu’il réponde à :

 L’Application d’un agent ou un salarié par résident, tel que prévu par le Plan Solidarité Grand Âge ;
 L’Abrogation des dispositions législatives relatives à la réforme de la tarification des EHPAD, contenues dans la loi du 28 décembre 2015 ainsi que le retrait des décrets d’application ;
 L’Arrêt des baisses de dotations induites par la convergence tarifaire et exige par conséquent le maintien de tous les effectifs des EHPAD y compris les contrats aidés, qui doivent être intégrés et sécurisés ;
 L’Amélioration des rémunérations, des perspectives professionnelles et de carrières, dans le cadre du Statut et des conventions collectives nationales.

Enfin, elles réaffirment leur ferme volonté d’être reçues par Emmanuel Macron.

Lire le communiqué commun
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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 07:37
Saccage de l'hôpital public par Macron dans la lignée de ses prédécesseurs: les députés communistes s'engagent et accueillent les personnels à l'Assemblée Nationale

COMMUNIQUE DES DEPUTE-E-S COMMUNISTES

Paris, le 10 janvier 2017

Les députés communistes, ne pouvant se résoudre à ce que la santé devienne une marchandise, ont retenu la défense du droit à la santé comme l’une de leurs priorités pour la législature. 
La semaine de contrôle - qui permet à chaque groupe d’opposition d’inscrire à l’ordre du jour un sujet de son choix - sera consacrée à la situation particulièrement alarmante des hôpitaux publics. 
Ainsi, quatre questions seront posées à la ministre de la Santé, Madame Agnès Buzyn, lors de la séance réservée au groupe, le mercredi 17 janvier 2018 à 21h30.
Les députés communistes ont souhaité associer à leur démarche les professionnels représentant les différents métiers de l’hôpital en recevant une centaine d’entre eux, venus de toute la France, lors d’une rencontre qui a eu lieu à l’Assemblée nationale le 10 janvier 2018, afin de relayer leurs préoccupations et de se faire l’écho de leur colère.
Nous ne pouvons en rester à cette situation de crise. 
Le constat est clair : partout dans le pays, la côte d’alerte est atteinte. Partout dans le pays, les personnels se mobilisent avec les populations de leurs territoires. Le PLFSS voté par la majorité pour 2018 va encore aggraver cette situation et augmenter la casse de l’hôpital public, mettant ainsi en danger la santé publique et l’égalité devant le droit à la santé. 
Forts de ces mouvements qui veulent construire l’hôpital public dont nous avons besoin, les députés communistes feront résonner dans l’hémicycle les aspirations qui se font jour et les autres choix politiques possibles et nécessaires.

Saccage de l'hôpital public par Macron dans la lignée de ses prédécesseurs: les députés communistes s'engagent et accueillent les personnels à l'Assemblée Nationale
L'Humanité, 11 janvier 2018

L'Humanité, 11 janvier 2018

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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 07:29
Asile-Immigration, lettre ouverte au Premier ministre du GISTI (groupe d'information et de soutien des immigrés, 9 janvier 2018)

Communiqué

 
« Concertation asile-immigration », lettre ouverte au Premier ministre

 

 
Paris, le 9 janvier 2018

 

Monsieur le Premier ministre,

Par un message du 6 janvier, vous avez invité le Gisti à une réunion de concertation sur la politique de l’asile et de l’immigration fixée au 11 janvier, précisant qu’il s’agissait d’une « deuxième réunion pour évoquer l’avant-projet de loi » et que l’ordre du jour détaillé nous en serait communiqué « ultérieurement ».

Nous tenons à vous faire connaître les raisons pour lesquelles il ne nous apparaît pas possible de répondre positivement à cette invitation.

Nous souhaitons d’abord vous rappeler que 470 associations, réseaux ou collectifs engagés dans la défense des droits des personnes migrantes lançaient le 20 juin 2017 un appel à un changement radical de politique migratoire en France [1]. Constatant que la gestion répressive des migrations internationales et le non-respect du droit d’asile qui prévalent dans la plupart des pays d’Europe et en France en particulier sont un échec effroyable, ces organisations vous appelaient, ainsi que le Président de la République, à convoquer d’urgence une conférence impliquant tous les acteurs, afin qu’émergent des politiques alternatives d’accueil et d’accès aux droits.

Sans égard pour ces recommandations, vous présentiez le 12 juillet 2017 un « plan migrants » - incluant un projet de loi, alors annoncé pour le mois de septembre 2017 - dont le Défenseur des droits lui-même devait relever, le 21 juillet, qu’il « s’inscrit dans la ligne des politiques successives qui dysfonctionnent depuis 30 ans ».

Constatant que cette annonce ignorait les propositions portées par celles et ceux qui œuvrent au plus près des personnes migrantes, ce sont alors près de 260 associations et collectifs de solidarité et de défense des droits humains qui, en réponse, décidaient de prendre elles mêmes en charge l’organisation d’une large concertation citoyenne sur l’accueil et les droits des personnes migrantes en France [2]. Cette concertation a pris la forme d’États généraux des migrations, dont le processus a été lancé le 21 novembre 2017 [3].

De son côté, la Commission nationale consultative des droits de l’homme adoptait le 17 octobre 2017 une « déclaration alerte sur le traitement des personnes migrantes », publiée le 19 novembre 2017 au Journal officiel, aux termes de laquelle, « ayant pris connaissance par voie de presse de certaines dispositions du projet de loi intitulé « pour un droit d’asile garanti et une immigration maîtrisée » elle soulignait « l’urgente nécessité de construire une autre politique migratoire avec une dimension internationale et européenne », ajoutant que « cette refonte politique suppose une véritable concertation avec l’ensemble des acteurs (État, société civile, chercheurs, syndicats, etc.) ».

Pourtant, conviées au cabinet du ministre de l’intérieur le 20 novembre 2017, les représentantes du Gisti se voyaient présenter les premiers axes d’un futur projet de loi sur l’immigration et l’asile qui confirmaient les orientations annoncées le 12 juillet, à rebours de celles que nous défendons, avec tant d’autres. Au cours de cet entretien, aucun intérêt n’était manifesté par leurs interlocuteurs ni pour les observations critiques suscitées par les mesures annoncées, ni pour le rappel de cette voie alternative.

C’est dans ce contexte que vous nous invitiez le 20 décembre à une première « réunion de concertation Asile immigration » fixée au lendemain même, augurant ainsi fort mal de la volonté de concertation affichée sur un avant-projet de loi dont le texte restait au surplus inconnu.

Nous sommes aujourd’hui contraints de constater que la deuxième réunion, fixée au 11 janvier, ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices : le texte de l’avant-projet de loi ne nous est toujours pas communiqué et l’ordre du jour de cette réunion ne nous sera précisé qu’ultérieurement, de sorte qu’il est déjà acquis qu’il ne pourra en aucune façon s’agir d’une véritable concertation, en dépit d’un affichage trompeur.

Il nous faut relever en outre qu’une fois de plus seuls les sièges de quelques associations nationales sont pressentis pour être associés à cette concertation, laissant de côté les centaines d’associations locales, de collectifs, comités de soutien, réseaux qui partout en France se mobilisent et agissent au quotidien pour pallier les défaillances de l’État en matière d’accueil, manifestant ainsi leur hostilité aux politiques que votre gouvernement entend encore amplifier.

Mais le contexte de cette invitation ne se résume ni à votre désintérêt pour les recommandations de tant d’institutions de la République et de représentants de la société civile, ni aux conditions gravement dégradées de la « concertation » à laquelle vous nous conviez. Il est également marqué par la circulaire de votre ministre de l’intérieur du 12 décembre 2017, relative à l’examen des situations administratives dans l’hébergement d’urgence.

Vous avez pu prendre la mesure, Monsieur le Premier ministre, de l’émoi considérable soulevé par les instructions données dans cette circulaire, qui remettent en cause tant le principe d’inconditionnalité de l’hébergement d’urgence que l’inviolabilité de domiciles relevant de lieux privés et la protection de données à caractère personnel.

A l’évidence, une concertation digne de ce nom ne pourrait être engagée que dans le climat apaisé qui résulterait de signes forts attestant de votre volonté que ces instructions restent sans suites et sans effets.

Faute d’avoir perçu le moindre écho, jusqu’à ce jour, d’une telle préoccupation de votre part et compte tenu de l’absence de perspectives d’une concertation loyale et approfondie sur un projet de loi dont il est déjà annoncé qu’il sera présenté et examiné dans des délais contraints, vous comprendrez que nous ne jugions pas utile de répondre à votre invitation. Vous comprendrez également que, compte tenu des enjeux qui s’attachent à un débat public sur ces questions, nous prenions la liberté de rendre cette réponse elle-même publique.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, à l’assurance de notre parfaite considération.

Vanina Rochiccioli
Présidente

 

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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 20:10
Bac, brevet, maternelle: Blanquer joue au chamboule-tout
 PAR 

Le ministre de l’éducation nationale avait promis, à son arrivée, qu’il ne bouleverserait pas toute l’organisation du système scolaire. Pourtant, il multiplie les annonces et les missions, et s’attelle à plusieurs chantiers. Passage en revue.

 

Cet été, Jean-Michel Blanquer se défendait de vouloir tout bouleverser à l’école. « Je ne veux pas opérer de destruction. Je ne ferai pas de loi, je ne vais pas bouleverser les programmes, ni lancer de refondation », expliquait à Mediapart le ministre de l’éducation nationale. Huit mois après sa nomination rue de Grenelle, force est de constater qu’il a ouvert de nouveaux chantiers tous azimuts. L’examen du brevet, qui n’a qu’un an, a déjà changé de visage : retouché pour laisser moins de place au contrôle continu, comme le détaille le bulletin officiel du 4 janvier, le brevet des collèges 2018 sera désormais noté sur 800, contre 700 pour la version 2017. Les épreuves de l’examen final compteront pour 400 points (au lieu de 300), et les compétences du socle commun seront évaluées en contrôle continu pour 400 points également. Une manière pour le ministre de rééquilibrer le barème entre examen final et contrôle continu, et d’éviter que les bons élèves ne soient assurés d’avoir suffisamment de points et de décrocher l'examen avant même le début des épreuves finales.

Le baccalauréat – dont la nouvelle mouture doit être prête pour la session 2021 – va bénéficier d’un sérieux lifting. La mission a échu à l’universitaire Pierre Mathiot. Après un mois de consultation de différents membres de la communauté éducative, qui s’est achevé mi-décembre, celui-ci doit rendre son rapport à la fin janvier.

 

Ce n’est pas fini. En février, encore, le ministre va se lancer dans la vaste entreprise de réforme de la voie professionnelle, afin de la rendre plus attractive.

Les plus petits ne sont pas oubliés puisque le ministre vient d’annoncer, dans un entretien accordé à Ouest France le 6 janvier, la tenue en mars d’assises pour l’école maternelle, sous le patronage du neuropsychiatre Boris Cyrulnik. L’idée phare de ces assises étant d’améliorer l’acquisition du langage chez les enfants avant la scolarisation obligatoire à 6 ans, dans le but de « repenser l'école maternelle » pour en faire « l'école de l'épanouissement et du langage ». Le ministre entend corriger par ce truchement, dit-il dans cet entretien, « la première des inégalités qui se traduit par la quantité de vocabulaire maîtrisé à l’entrée en maternelle ». Il espère donc faire de l’école « un bain de langage » et une « locomotive pédagogique » pour l’ensemble du système scolaire. La maternelle est en effet considérée comme un point fort du système éducatif français. Dans son livre L’École de demain (éditions Odile Jacob), ouvrage programmatique paru à l’automne 2016, Blanquer rappelait déjà l’importance « décisive » pour l’apprentissage de la période comprise entre la naissance et l’âge de 7 ans.

De son côté, le psychiatre Boris Cyrulnik considère qu’il faut miser sur la « plasticité du cerveau » qui permet par exemple à un enfant « d’apprendre n’importe quelle langue ». Il explique encore que les enfants à cet âge-là « ne s’attachent pas forcément à celui qui a le plus de diplômes mais à celui qui établit les meilleures interactions avec lui ». Des propos qui font écho à ceux tenus en son temps par Xavier Darcos en 2008. Le ministre de l’époque avait provoqué un tollé en expliquant qu’il fallait s’interroger sur la nécessité de « généraliser la scolarisation des enfants de 2 à 3 ans et est-ce qu'il nous faut des professeurs recrutés à bac + 5 pour s'occuper des enfants de 2 et 3 ans ? ».

Jean-Michel Blanquer rappelle fréquemment que ses deux boussoles sont la recherche et les comparaisons internationales. L’idée de travailler sur l’école maternelle a été explorée par les chercheurs en sciences de l’éducation.

L’OCDE, à l’origine du classement PISA, a publié en juin 2017, une étude d’ampleur (à lire ici), intitulée Petite enfance, grands défis 2017. On y explique que l’accueil des tout-petits est crucial car il favorise le développement de compétences « déterminantes pour réussir dans la vie », le tout appuyé par les neurosciences. Pas étonnant que le ministre s’intéresse donc à cette question.

Scolariser les enfants très tôt, notamment chez les enfants défavorisés, apporte de bons résultats même si certains mettent en garde contre le risque d’une « primarisation de l’école maternelle trop précoce », comme ici dans cette étude de la Direction de l’évaluation et de la prospective du ministère de l’éducation nationale de 2013.

En 2016, le Conseil national de l’évaluation du système scolaire (Cnesco) publiait unenote sur la question : « En résumé, la recherche française suggère qu'une plus longue éducation en école maternelle a un impact positif sur les résultats éducatifs ; il y a aussi l'évidence qu'une école maternelle généralisée a des effets positifs sur les enfants issus de classes sociales défavorisées sans affecter les enfants issus de classes favorisées, ce qui implique que la maternelle peut être un outil de réduction des inégalités. »

La note comparative pose aussi la question de la scolarisation dès 2 ans (11,8 % des enfants de 2 ans sont scolarisés), qui pourrait permettre d’augmenter la réussite des enfants issus des milieux défavorisés. Une idée poussée par l’un des prédécesseurs de Jean-Michel Blanquer, Vincent Peillon. Jean-Michel Blanquer et Boris Cyrulnik ne l’évoquent pas encore.

Tous deux insistent plutôt sur la nécessité de « sécuriser » les enfants, d’améliorer la formation des enseignants et des intervenants en maternelle, notamment les ATSEM (agents territoriaux spécialisés). « Il s’agira de revoir les formations initiales et continues, peut-être d’aller jusqu’à des formes de certification », indique le ministre. Encore faut-il que les municipalités jouent le jeu et allouent suffisamment de moyens pour leur permettre d’être présents dans toutes les écoles, en nombre suffisant si possible. Sans compter que le ministre et son nouveau chargé de mission ne parlent pas de la question des effectifs, 26 enfants en moyenne. Alors même qu’il en parlait dans son livre. Il y dessinait un « scénario optimal » et considérait qu’il faudrait agir sur la taille des classes et les diviser par deux en éducation prioritaire, les REP et REP +. Un investissement de 120 millions d’euros annuels, calculait Jean-Michel Blanquer, serait nécessaire pour modifier le taux d’encadrement.

Le ministre estime dans cet entretien qu’il convient aussi d’agir sur le cadre de travail des enfants : il évoque ainsi la nécessité d’améliorer les salles de classe, la cantine ou les toilettes (lire ici le rapport du Cnesco consacré au cadre de vie des élèves). Autant de compétences qui ne lui sont pas dévolues, mais incombent aux collectivités locales…

Le choix du neuropsychiatre pour piloter cette mission confirme encore un peu plus l’appétence forte que nourrit le ministre envers les neurosciences. Il doit d’ailleurs installer, ce mercredi 10 janvier, le conseil scientifique annoncé fin novembre 2017. Celui-ci, doté « d’un pouvoir consultatif et composé d’une vingtaine de personnalités reconnues travaillant dans différentes disciplines scientifiques », selon le communiqué du ministère de l’éducation nationale, « pourra être saisi sur tous les sujets afin d'apporter des éclairages pertinents en matière d'éducation ». Il est chapeauté par Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire en psychologie cognitive expérimentale, auquel se réfère abondamment Jean-Michel Blanquer.

Ce dernier est persuadé que les sciences peuvent apporter des réponses aux problèmes de l’école. Dans son livre, il écrivait ceci : « Les neurosciences permettent de mieux comprendre les étapes du développement cognitif sans être un nouveau dogme commandant de tout saisir et tout déterminer. » Ses détracteurs pointent la vision« mécaniste » de Jean-Michel Blanquer, son peu d’intérêt pour la sociologie. Le philosophe Denis Forest expliquait à Mediapart les biais de ce recours aveugle à la science. Ces recherches ne peuvent être considérées comme des « vérités absolues venues d’en haut », avertissait-il. « La preuve, pendant longtemps on a dit que l’autisme était la faute des mères. On sait que c’est parfaitement faux. On ne peut donc pas demander à la science de dicter une politique éducative », conclut-il.

À l'autre extrémité du spectre de la scolarité, le ministre veut s'occuper des élèves les plus âgés et du rite de passage que constitue le baccalauréat. L’échéance est lointaine, mais l'examen à la sauce Blanquer devrait être opérationnel pour la session 2021 (lire notre article sur le sujet). Difficile pourtant de toucher si facilement à un monument national vieux de deux cents ans. D’où l’attention extrême donnée à la consultation. La commission menée par l’universitaire Pierre Mathiot s’est achevée le 13 décembre. Il est quasiment acté que le baccalauréat sera évalué sur quatre épreuves nationales passées en Terminale. Les épreuves anticipées de français en Première ne bougeraient pas pour leur part. Selon Les Échos, « les élèves suivraient des enseignements de tronc commun, en se spécialisant progressivement grâce au choix de deux disciplines constituant la “majeure” et de deux ou trois “mineures”. Ils pourraient suivre la même discipline en majeure et en mineure, sous forme d'un enseignement renforcé ». Au printemps de l'année de Terminale, les futurs bacheliers passeront des épreuves finales portant sur les deux majeures choisies par les élèves dans des couples de disciplines donnés, pour lesquels ils se seront prononcés dès la fin de Seconde. Tous les élèves au-delà des majeures conserveront la philosophie en épreuve terminale.

Les autres disciplines seront évaluées, bien entendu, mais sous la forme de contrôle continu. Difficile de savoir comment, mais cela pourrait se faire via des partiels mis en place dans chaque établissement. Voilà pour les grandes lignes.

 

Le Snes-Fsu, syndicat majoritaire du secondaire, a pointé le risque d’un bac à plusieurs vitesses. D’autant que les séries – L, S, ES – pourraient disparaître. Un grand oral, sur le modèle italien, portant sur un sujet choisi par l’élève, serait à l’étude. Le Snes-Fsu explique dans un article qu’il serait possiblement évalué par un jury de« trois personnes dont un non-enseignant ».

L’autre rumeur concernant le futur examen est rapportépar Le Figaro. Le quotidien explique que la commission Mathiot envisagerait de supprimer les épreuves orales de rattrapage, ce « second groupe d’épreuves », selon la terminologie officielle, accessible aux élèves de Terminale qui ont récolté une moyenne comprise entre 8 et 10 sur 20. Ces élèves sur le fil devaient choisir deux matières parmi les épreuves obligatoires du bac. Avec le nouveau bac, ce « deuxième groupe d’épreuves du bac, qui mobilise des dizaines de milliers d’enseignants en juillet ainsi que des centaines d’établissements scolaires, pourrait être remplacé par un examen attentif du livret scolaire de ces élèves tangents ». Certains syndicalistes ne sont pas opposés à cette suppression, explique Le Figaro, car ils jugent le dispositif peu satisfaisant et chronophage pour les professeurs.

Claire Guéville, responsable de la question du lycée au Snes-Fsu, juge qu’à l’aune des différentes informations recueillies à l’issue de la consultation de la mission baccalauréat, plusieurs points suscitent interrogations et inquiétudes. « Un bac qui piloterait tous les enseignement au lycée, ce n’est pas acceptable. C’est réducteur. Sans compter qu’on ne sait pas ce qu’il advient des lycées de la voie technologique. » Elle craint par ailleurs que l’évaluation par le biais d’un grand oral ne pénalise les élèves les plus défavorisés, ne serait-ce que parce qu’ils ont engrangé moins de savoirs extrascolaires que leurs camarades mieux lotis. Plus généralement, la responsable syndicale pointe la difficulté à gérer « de manière pratique » cette réforme. Quels enseignants ? Quels choix d’enseignements pour quels élèves ? Tout en restant prudente, Claire Guéville considère que derrière « l’illusion de la liberté de choix se cache un système inégalitaire et pernicieux car il y aura un délit d’initiés. Les mieux informés choisiront les meilleures options ».

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 18:17

Le 8 janvier 2018, le gouvernement convoque la direction SNCF pour ré entendre ce qu’il sait déjà, sans jamais remettre en cause la stratégie et la campagne anti ferroviaire qui se développe. Le vaudeville qui se joue sous nos yeux pourrait être risible s’il n’était pas si grave.

L’actuelle ministre des Transports, ex-directrice de la stratégie à la SNCF, feint d’ignorer les véritables raisons de la situation pourtant liées aux mauvais choix opérés depuis des années, y compris lorsqu’elle était membre du Comité Exécutif de la SNCF.

Les agitations médiatiques de la direction SNCF avec la complicité du gouvernement ne nous détourneront pas de l’urgence : maintenir le train public.

1. LE RETOUR A UNE ENTREPRISE PUBLIQUE, UNIQUE ET INTEGRÉE : LA SNCF

La réforme ferroviaire de 2014 a éclaté la SNCF en trois EPIC distincts : SNCF (EPIC de tête), SNCF Réseau, SNCF Mobilités. Elle a rendu plus complexe les relations entre les différents services de l’entreprise désormais séparés dans 3 entités. Elle n’a pas réunifié le gestionnaire de l’infrastructure (ex RFF) et le transporteur (la SNCF). En définitif, elle a accentué les difficultés qui existaient déjà au préalable. En outre, elle n’a pas réglé la question du financement et de la dette. Pourtant, en juin 2014, lorsque les cheminots ont cessé le travail afin d’imposer une autre réforme, ils étaient qualifiés d’irresponsables par le gouvernement d’alors.

2. REPRISE DE LA DETTE PAR L’ÉTAT

Les investissements de ces dernières décennies, notamment dans les LGV au détriment du réseau classique, ont été imposés par l’Etat à la SNCF. Il est inconcevable de vouloir faire supporter cette dette aux usagers et aux cheminots. Il convient cependant de ne pas opposer le réseau à grande vitesse au réseau classique, ils doivent être complémentaires.

Le poids de la dette est prétexte à la fermeture de gares, de lignes, de guichets, à la suppression massive d’emploi cheminot (+ de 2000 prévus en 2018), au recours massif à la sous traitance, entre autres.

En attendant, elle génère chaque année 1,7 milliards d’euros d’intérêts qui part directement dans la poche des banquiers.

3. MISSION SPINETTA : EN FINIR AVEC LE TRAIN PUBLIC ?

Les conclusions de la mission confiée à l’ex-PDG d’Air France seront sans surprise.
Elles auront vocation à justifier une nouvelle réforme du système ferroviaire public en stigmatisant au passage les cheminots, leur statut. C’est pourtant ce statut (existant avant la création de la SNCF) qui, malgré des contraintes fortes acceptées par les cheminots, garantit la continuité du service public, un haut niveau de formation et de technicité, une approche de la sécurité des circulations placée au dessus de tout le reste.

La CGT n’acceptera pas que les cheminotes et les cheminots soient les boucs émissaires de ceux qui ont décidé d’en finir avec la SNCF.

4. OUVERTURE À LA CONCURRENCE : LA SOLUTION À RIEN

L’ouverture à la concurrence relève au mieux de la malhonnêteté intellectuelle, au pire, d’une attitude irresponsable qui insulte l’avenir. Elle n’améliorera pas le quotidien de nos concitoyens, pire, elle ajoutera sur le réseau actuel des intervenants qui viendront compliquer une situation déjà bien difficile. On ne fait pas du train comme on vend des forfaits téléphones.

Le transport public de voyageurs comme celui des marchandises, à l’heure des grands défis sociaux et environnementaux, est résolument contemporain. Mieux, il est un maillon structurant du futur en termes de déplacements, d’aménagement du territoire, de réduction des gaz à effet de serre. Il est en outre un appui stratégique essentiel pour l’État, comme l’ensemble des services publics.

La Fédération CGT des cheminots a raison lorsqu’elle exige :

  •  Le retour à une entreprise publique, unique et intégrée : la SNCF, seule garante d’un fonctionnement cohérent de l’ensemble des services de l’entreprise.
  •  La reprise de la dette par l’État sans contrepartie et un financement public à la hauteur des enjeux futurs. Sans la maîtrise publique du chemin de fer par l’État, nous n’aurions jamais connu l’électrification des lignes, la grande vitesse etc ….
  •  L’arrêt immédiat des suppressions d’emploi et des embauches au Statut à la hauteur des exigences du service public ferroviaire.
  •  L’arrêt de la réduction de l’offre ferroviaire par le maintien, voire la réouverture de gares, de lignes, permettant à la SNCF de remplir ses missions de service public partout et pour tous.
  • L’arrêt de toute velléité d’ouverture à la concurrence, contraire à l’intérêt général, à la réponse aux besoins des populations, au maintien du service public en tous points du territoire.

Aussi, la Fédération CGT appelle TOUS les cheminots, les associations d’usagers, les usagers eux-mêmes, ainsi que toutes celles et tous ceux qui souhaitent défendre un service public ferroviaire de qualité, à participer massivement à la manifestation nationale qui aura lieu le 8 février 2018 à Paris.

Théâtre au ministère des transports: la mauvaise farce a assez duré (CGT Cheminots, 8 janvier 2017)
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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 18:07
Didier Le Reste

Didier Le Reste

La ministre des transports convoquait aujourd'hui les patrons de la SNCF pour réorienter leur politique. Une opération com, dénonce Didier Le Rest. 

" La forme prend le pas sur le fond. Convoquer de façon théâtrale les dirigeants de la SNCF, pour qu'ils expliquent les raisons des dysfonctionnements, relève pour moi de la communication. La ministre des transports, Elisabeth Borne, est bien placée pour savoir les maux dont souffre le service public ferroviaire, après avoir été directrice de la stratégie de la SNCF avec Guillaume Pepy. Aujourd'hui, l'ensemble de ces dysfonctionnements qui affectent la qualité du service et irritent de plus en plus les usagers, sont la résultante du désengagement financier de l'Etat. La France ne finance qu'à hauteur de 32% les infrastructures ferroviaires, pour 50% en Allemagne et 90% en Suède. Il s'agit de choix politiques qui portent un choix de société. C'est l'Etat qui a décidé la LGV (ligne à grande vitesse), lancé le TGV et n'a rien financé. Le système ferroviaire français détient au global une dette de 53 milliards d'euros. La SNCF n'a qu'une dette d'exploitation de 8 milliards. La responsabilité en incombe à l'Etat. Il n'est pas normal que Macron dise qu'il veut bien réduire la dette si on touche au statut des cheminots. Ce ne sont pas eux les responsables". 

" Le routier est le mode de transport le plus subventionné. La concurrence déloyale s'est accélérée, avec l'augmentation des péages pour le train, l'autorisation de circulation des 44 tonnes, puis la suppression de l'écotaxe, les cars Macron... Aujourd'hui, trois opérateurs se partagent le gâteau, dont la filiale SNCF Ouibus, qui vit sous perfusion. La finalité de ces politiques-là est de construire un mastodonte des transports et de la logistique privée dont la part congrue serait le train. Dans la COP 21, les assises de la mobilité, les transports ont été peu traités et surtout pas le rail public. Quand on évoque la mobilité, on parle covoiturage, applications numériques, vélo, ... mais pas de transport de masse. Il faut arrêter l'enfumage et réorienter l'utilisation des fonds publics pour réinvestir dans les réseaux ferrés nationaux". 

"Depuis 2006, la concurrence est ouverte sur le transport de marchandises par le rail: c'est une catastrophe. Nous transportons moins de marchandises qu'en 2000. Nous avons fermé 400 gares de fret. Depuis 2009, les cheminots dédiés au fret sont passés de 15 000 à 7000".

Interview de Didier Le Rest par Kareen Janselme dans l'Humanité du lundi 8 janvier    

"Arrêtons de subventionner la route, investissons dans le rail" - Didier Le Reste, président de la Convergence nationale Rail, élu communiste à Paris
voeux de Didier Le Reste pour 2018 publiés dans le journal des Bretons d'Ile de France. Bloavez Mad !

voeux de Didier Le Reste pour 2018 publiés dans le journal des Bretons d'Ile de France. Bloavez Mad !

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 17:33
SNCF: Direction et gouvernement, le duo infernal, fossoyeur du rail public (PCF, 8 janvier 2018)

SNCF : Direction et gouvernement, le duo infernal, fossoyeur du rail public

 

La ministre des transports Elisabeth Born convoque aujourd'hui, le 8 janvier, le patron de la SNCF pour lui demander des comptes suite à la "succession d'incidents importants et médiatisés" survenus ces dernières semaines dans les gares parisiennes de Montparnasse, Bercy et Saint-Lazare.

 

Il est assez curieux de voir une ministre des transports s’étonner des récents dysfonctionnements de la SNCF tant les différentes politiques menées depuis plus de 20 ans en matière de service public ferroviaire, aussi bien marchandise que voyageur, sont désastreuses. Les derniers chiffres sont éloquents : 2014, suppression de 1432 postes – 2015, 1100 postes – 2016, 1400 postes – 2017, 1200 postes et pour 2018, SNCF Mobilité a déjà annoncé 2000 suppressions d’emplois.

Les suppressions massives d’emplois s’accompagnent d’un manque d’investissement abyssal avec pour conséquence directe un réseau ferré et des installations de sécurité qui ne cessent de se délabrer. L’accident de Brétigny en est le triste exemple.

La SNCF est aujourd’hui malade des choix imposés conjointement par direction et gouvernement. Un duo infernal, où le dogme de la rentabilité est érigé en alpha et oméga des politiques ferroviaires.

 

Nous sommes aujourd’hui en droit de demander des comptes, à la SNCF bien sur, mais aussi aux différents gouvernements. Ceux-ci, tout en votant l’ouverture à la concurrence, ont abandonné toute forme de gouvernance de l’entreprise publique, en laissant les mains-libres à une direction d’entreprise. Les ministres des transports passent, les accidents et incidents se multiplient mais les fossoyeurs du rail public, Guillaume Pépy en tête, demeurent.

D’autres solutions existent. Plutôt que de stigmatiser les cheminots et de pénaliser les usagers, il est temps de mettre fin au dogme libéral qui guide gouvernement et direction dans la gestion de la SNCF.

 

Le PCF demande à ce que l’État français reprenne en intégralité la dette du système ferroviaire, et investisse de façon massive dans la régénération du réseau, les trains de nuits, les TET.

 

Le PCF porte l’idée d’un grand service public ferroviaire du 21è siècle, au sein d’une entreprise unique et intégrée, qui permette à chacune et chacun de se déplacer quel que soit son lieu de résidence sur le territoire, tout en assurant des conditions de travail décentes pour les cheminot-es.

 

Le 3 février prochain dans le cadre des états généraux du progrès social que nous tiendrons à Paris, nous ferons des propositions pour créer ce grand service public ferroviaire du 21è siècle.

SNCF: Direction et gouvernement, le duo infernal, fossoyeur du rail public (PCF, 8 janvier 2018)
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