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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 16:37

 

Pourquoi donc faudrait-il réduire la part des dépenses de santé ? Les Français se soigneraient-ils trop ? Contrairement à ce que laisse entendre le gouvernement, avec 4 600 dollars (soit 3 728 euros) de dépenses par an et par habitant, la France se situe à la 14e place sur 36 dans le classement des dépenses de santé des pays développés de l’OCDE.

Elle est devant le Royaume-Uni, l’Italie, la Finlande, l’Espagne, mais largement derrière les États-Unis, l’Allemagne, les pays de l’Europe du Nord, la Suisse…

Si on rapporte les dépenses de santé au PIB, à la production de richesses, la France (11,5 %) est loin des États-Unis (17,1 %), très légèrement dépassée par la Suède (11,9 %) et la Suisse (11,7 %), mais devant l’Allemagne (11,3 %) et bien devant le Japon (10,2 %) et l’Italie (9,2 %). Il n’y a donc pas un « mal français » qui consisterait à trop dépenser. Tout au contraire, on ne dépense pas assez et pas assez bien. Des besoins sont peu ou mal satisfaits. La politique de prévention est insuffisante, le traitement de la dépendance laissé aux bons soins des familles, les personnels des hôpitaux travaillent à flux tendus… Y aurait-il trop de médecins, trop d’infirmières ? Selon les données de l’OCDE, la France, avec 3,3 médecins pour 1 000 habitants, est juste en dessous de la moyenne de l’OCDE (3,4). Elle est largement derrière la Grèce (6,3), le Portugal (4,6), la Norvège (4,4), la Suisse (4,2), l’Allemagne (4,1), l’Espagne (3,9), l’Italie (3,8)… Elle est l’un des plus mauvais élèves de l’Union européenne. Par ailleurs, la moyenne d’âge des médecins exerçant en France est l’une des plus élevées des pays de l’OCDE : le pourcentage de médecins âgés de 55 ans et plus est de 46,6 %, contre 35,1 % aux États-Unis, 34,1 % en Suisse, 32,7 % en Suède, 31,6 % en Espagne, 25,6 % aux Pays-Bas… Le numerus clausus institué dans les facultés de médecine au début des années 1970 a fait des dégâts.

Pour ce qui est de la proportion d’infirmiers et infirmières, notre pays est à peine mieux classé. Avec 9,9 infirmières pour 1 000 habitants, il est derrière la Suisse (18), la Norvège (17,3), le Danemark (16,7), l’Islande (15,5), l’Allemagne (13,3), le petit Luxembourg (11,9), les États-Unis (11,1), la Suède (11,1), la Belgique (10,8), les Pays-Bas (10,5)… Par ailleurs, le nombre d’infirmières nouvellement diplômées est en France de 38,9 pour 100 000 habitants, soit en deçà de la moyenne de l’OCDE (46) et beaucoup moins que la Suisse (93,4), le Danemark (92,4), les États-Unis (63,1), l’Allemagne (54,5)… La politique d’austérité conduit ainsi notre système de santé à la limite de l’implosion.

 

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 16:34

 

Sénateurs et députés ont autorisé, par le biais d’un amendement de dernière minute, qu’un employeur puisse imposer à un salarié de passer en forfait jour, ce qui permet de passer outre la réglementation sur le temps de travail. S’y opposer vaudra licenciement. Les syndicats dénoncent la manœuvre.

 

« Il faut bien le reconnaître, ils sont sacrément bons… » Philippe Masson, membre du collectif juridique de l’UGICT (la fédération dédiée aux cadres à la CGT) admire, avec amertume, la manœuvre parlementaire. En catimini, sénateurs et députés ont ajouté un amendement explosif à la sixième ordonnance réformant le code du travail présentée pourtant par le gouvernement comme purement technique. Il est désormais possible pour un employeur de passer ses cadres au “forfait jour”, sans leur consentement explicite. « Sur le fond, c’est très grave, sur la forme, très choquant, assure Philippe Masson. C’est une véritable trahison du discours, ajoute François Hommeril, président de la CFE-CGC, le syndicat de l’encadrement. On ne peut accepter qu’un amendement, sur un sujet aussi contesté que le forfait jour, permette à un accord collectif de s’imposer au contrat de travail. »

Le décryptage est de rigueur, pour une mesure qui concerne potentiellement des centaines de milliers de salariés du privé. Le forfait jour, régime dans lequel le temps de travail est compté en jours par an plutôt qu’en heures par semaine, permet de faire sauter la borne des 35, 37 ou 39 heures hebdomadaires. Le salarié cadre, ou tout employé bénéficiant d’une « large autonomie », peut ainsi travailler, sans référence horaire, jusqu’à onze heures quotidiennement, en échange de contreparties sur le salaire ou les congés, plus ou moins bien négociées dans le cadre d’un accord collectif. Ce régime, totalement dérogatoire, était jusqu’ici basé sur le volontariat. Le salarié pouvait donc individuellement s’y opposer.

Le forfait jour possède, pour l’employeur, l’immense avantage de supprimer la contrainte du paiement des heures supplémentaires et de rendre l’organisation du travail plus flexible. Pour le salarié, c’est une autre affaire. Si certains y voient effectivement une forme de souplesse dans l’organisation de leur vie professionnelle, pour beaucoup, le passage en forfait jour a surtout signifié un accroissement significatif du temps de travail, doublé d’un effacement des frontières entre la vie professionnelle et la vie privée, accentué par la généralisation des outils numériques nomades. Les études de la Dares sur le sujet donnent le ton : les cadres au forfait jour travaillent en moyenne près de 46 heures, avec des pointes au-delà de 50 heures.

Les syndicats, qui ferraillent contre le forfait jour depuis des années, ont forcément en mémoire cette étude épidémiologique menée par la revue médicale britannique The Lancet sur 600 000 salariés dans le monde. Les risques cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux croissent de 10 % chez les personnes travaillant entre 41 et 48 heures hebdomadaires et de 27 % au-delà de 49 heures. Par quatre fois, le Comité européen des droits ­sociaux a d’ailleurs condamné la France pour l’utilisation d’un tel régime, unique dans l’UE. La CGT rappelle « qu’on ne démontre plus l’impact de ces horaires à rallonge sur la santé et le lien de causalité immédiat avec l’explosion du nombre de burn-out, notamment chez les femmes ». La Cour de cassation a depuis, en cascade, annulé onze accords de branche sur le forfait jour en raison de sa non-conformité avec le droit européen.

Ces embûches juridiques n’ont jamais empêché les gouvernements successifs de vouloir faciliter son usage. Ainsi en 2016, dans la première version de sa loi travail, l’ancienne ministre du travail Myriam El Khomri proposait qu’un employeur puisse, de manière unilatérale, passer ses employés au forfait jour dans les entreprises de moins de cinquante salariés, sans accord collectif. Tollé général, qui força la ministre à abandonner son projet.

Sa loi généralisa cependant les accords de maintien de l’emploi, qui ont permis de modifier le salaire, le temps de travail, ainsi que les clauses de mobilité d’un salarié, sous réserve de difficultés économiques. Tout ou presque… sauf le passage au forfait jour,  pour lequel un accord spécifique et le consentement du salarié, par le biais d’une convention individuelle ou d’un avenant au contrat de travail, étaient toujours nécessaires.

À peine un an plus tard, rebelote, les ordonnances Macron s’attaquent à nouveau au code du travail. Les contours des accords de maintien de l’emploi s’assouplissent encore un peu, puisque de tels accords pourront désormais être signés simplement pour « répondre aux nécessités liées au fonctionnement de l’entreprise », c’est-à-dire potentiellement dans n’importe quel cas (voir ici l’article de Dan Israel). L’employeur pourra alors proposer un accord visant à modifier la durée du travail ou ses modalités d’organisation, la rémunération, où la mobilité professionnelle ou géographique, soit presque tous les champs couverts normalement par un contrat de travail. Mais la spécificité d’un accord sur le forfait jour est, théoriquement, préservée.

Lorsque les ordonnances arrivent au Sénat, à l’issue de l’adoption par les députés à l’Assemblée nationale fin décembre 2017, les Républicains saisissent leur chance pour tordre le cou à un tel totem. Ils proposent un amendement qui permet, à l’issue d’un accord avec les syndicats sur le forfait jour, de l’imposer au salarié. S’y opposer vaudra licenciement. L’amendement n’est pas retenu.

Mais le temps presse, et les ordonnances passées au tamis des sénateurs contiennent de grosses modifications, susceptibles de relancer la navette parlementaire, de quoi faire tomber l’ensemble des ordonnances, valables trois mois seulement après la loi d’habilitation votée en septembre. Le gouvernement opte donc pour une commission mixte paritaire, qui réunit une poignée de sénateurs et députés, chargés assez librement de se mettre d’accord sur une version définitive du texte.

C’est alors que la disparition du consentement explicite des salariés sur le forfait jour réapparaît, amendé au texte de la sixième ordonnance, dite “ordonnance balai”. Le tout sous l’œil du gouvernement, à travers son rapporteur présent en commission mixte paritaire. Le gouvernement  avait pourtant juré aux organisations syndicales singulièrement échaudées que le texte issu des discussions à l’Assemblée nationale était le sien, et ne bougerait plus.

« En fait, cette sixième ordonnance a fait beaucoup plus que réparer simplement la forme, les coquilles des cinq précédentes rédigées dans la hâte, affirme Philippe Masson. Elle a introduit des contenus nouveaux, qui n’ont jamais été discutés avec nous, en plénière à l’Assemblée nationale ou en commission des affaires sociales. Donc une absence totale de débat, pas le moindre minimum démocratique pour une modification de fond qui peut impacter des milliers de salariés du privé. » Le syndicaliste, rompu aux négociations sociales, n’en revient toujours pas : « Quand on m’a parlé de cet amendement surprise, je peux vous le dire, je n’y croyais pas. »

Pour la CGT, peu d’entreprises oseront utiliser la loi de façon maximale, et imposer purement et simplement le passage au forfait jour à leurs salariés. Ils craignent par contre une large révision des accords déjà existants. « Aujourd’hui, une révision de l’accord peut permettre de passer par exemple de 210 jours à 218 jours de travail, sans augmentation de salaire », explique Philippe Masson. La création des accords de maintien de l’emploi grâce à la loi El Khomri s’est ainsi accompagnée d’une forte accélération des accords modifiant le forfait jour. « Sauf qu’à l’époque il fallait encore l’accord individuel des salariés. On a fait définitivement sauter cette barrière. »

« Dans les entreprises, où les syndicats sont forts, cohérents, et où la direction est plutôt sincère, je ne me fais pas de souci, insiste François Hommeril, mais partout ailleurs, qu’est-ce qui va se passer ? La loi est là pour protéger les plus faibles, et donc les parlementaires faillissent à leur mission. » Le responsable syndical note aussi un désastreux télescopage du calendrier : « Une telle décision, deux semaines après que les députés ont refusé l’inscription du burn-out au tableau des maladies professionnelles ! Les mots me manquent… Ces gens-là ne lisent pas ce qui s’écrit dans les rapports, les études, les jurisprudences… C'est invraisemblable. »

La fin de vie législative des ordonnances Macron, bien au-delà du nettoyage cosmétique, réserve donc son lot de surprises. Ainsi, le 5 février, la CFDT s’est insurgée de la disparition, en commission mixte paritaire, de l’obligation pour les réseaux de franchisés de mettre en place une instance de dialogue social. Une clause que la centrale de Belleville avait obtenue de haute lutte lors du débat de la loi El Khomri et qui disparaît dans le plus grand silence. À force de modifications, les ordonnances ressemblent à des contrats d’assurance : les plus gros pièges  s’y nichent en bas de page, écrits en tout petit.

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 11:09

 

Comme un train peut en cacher un autre, tout le cinéma gouvernemental et médiatique fait autour du déficit de la SNCF et du statut des cheminots dissimule une réalité : la SNCF est assise sur un véritable trésor avec toutes les données numériques qu’elle a sur ses usagers et qu’elle aura demain avec les trains connectés.

 

 

 

Les Google, Facebook et autres plateformes numériques propriétaires rêvent de s’emparer de ce trésor. Ils peuvent malheureusement compter sur l’appui du gouvernement et de sa majorité parlementaire vérolée de conflits d’intérêts en leur faveur. Cet enjeu majeur de la souveraineté populaire, sur les données numériques personnelles ou publiques, sera au cœur des débats lors des États généraux de la révolution numérique organisés par notre parti, les 9 et 10 mars à l’Espace Niemeyer

La question de la SNCF constitue un cas d’école où la communication, pour ne pas dire la propagande totalitaire, remplace le débat public démocratique et contradictoire. Il ne s’agit pas de résoudre les vrais problèmes auxquels les françaises et les français sont confrontés, mais au contraire de les nier, les dissimuler pour, en fin de compte, les aggraver.

On part d’un constat réel : les dysfonctionnements lourds des «trains du quotidien» et l’existence d’un déficit. On se garde bien d’exposer et d’analyser les causes objectives de cette situation, mais on désigne immédiatement à la vindicte publique  un coupable totalement étranger aux problèmes: le statut des cheminots. On attise artificiellement la détestation du cheminot dans des mises en scène dignes des rituelles « deux minutes de la haine » du 1984 d’Orwell. Et on conclut hors de toute rationalité que l’ouverture à la concurrence dont les successifs gouvernements français partagent la responsabilité avec la Commission européenne, est la solution à tous les problèmes et que de toute manière elle impose la fin du statut des cheminots. CQFD avec une logique digne des Shadocks.

Or nous, les communistes contrairement au fumeux rapport Spinetta, nous entendons qu’un travail sérieux d’analyse de la situation du transport ferroviaire dans notre pays soit fait à partir de l’expertise citoyenne des organisations syndicales de cheminots, des comités d’usagers et des élu-e-s, mais avec comme objectif prioritaire de satisfaire sur tout le territoire national aux besoins quotidiens de mobilité de nos concitoyens, dans un cadre de respect de l’environnement. Cela implique bien-sûr de poser et de résoudre la question des moyens financiers et industriels pour remplir cet objectif. Dans ce cadre, le statut des cheminots de la SNCF n’est pas un obstacle mais au contraire un atout, il faudrait généraliser à l’ensemble des compagnies de chemin de fer opérant sur le territoire de l’Union européenne. Cela pourrait être une belle bataille pour les élections européennes à venir.

Cette démarche démocratique de fond, appelant à l’intervention populaire, a été le fil rouge de notre contribution aux Assises nationales de la mobilité, elle s’inscrit dans le sens même de notre combat communiste qui est au cœur des débats de notre congrès.

Yann Le Pollotec

 

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 11:06

 

Que l’on soit usager du RER, du TER, des inter-cités, nous pâtissons, toutes et tous, de la dégradation de la situation de la SNCF. A ce triste constat quotidien s’ajoutent les fermetures de ligne, la régression organisée du fret ferroviaire au profit du « tout camion », un TVG dont les prix exorbitants poussent les voyageurs de faibles revenus vers les bus.

De cette situation, les cheminots ne sont nullement responsables, bien au contraire. C’est grâce à leur abnégation et leur esprit de service public chevillé au corps que, malgré tout, la SNCF fonctionne et transporte chaque jour des millions de voyageurs.

Les problèmes de la SNCF ont pour unique origine 25 ans de choix politiques et budgétaires gouvernementaux. L’investissement dans les infrastructures, hors LGV, la rénovation des lignes secondaires et de banlieue ont été délibérément sacrifiés.

Spinetta pointe du doigt le déficit de la SNCF. Mais un service public du chemin de fer n’a pas à être rentable pour lui, à dégager des profits, car il doit par contre être rentable, pour toute la société et pour la planète, en constituant un élément important de la lutte contre le réchauffement climatique. Le densité du maillage ferroviaire d’un pays participe de son unité et de la lutte contre les discriminations territoriales.

Si on faisait payer aux entreprises de transports routiers toutes les conséquences de leur activité, y compris en termes de santé et d’accidents, celles-ci seraient largement plus déficitaires que la SNCF, mais heureusement pour elles, toutes ces externalités négatives sont à la charge de la société française toute entière.

En ultime « argument », le gouvernement et Spinetta nous disent : il y a les directives européennes qui imposent l’ouverture à la concurrence de notre réseau ferroviaire, et donc il est impossible de faire autrement. Sauf que ces directives n’auraient jamais pu voir le jour sans le consentement des différents gouvernements français depuis vingt ans. Sauf que si l’actuel gouvernement avait la volonté politique de s’opposer à cette directive, la Commission européenne serait contrainte à reculer. La concurrence de tous contre tous, non seulement n’est pas la solution, mais elle est bien le problème pour l’Europe du ferroviaire. Elle pousse au rétrécissement du réseau favorisant les lignes les plus rentables et vise ainsi une clientèle aisée aux dépens de catégories populaires. Plus de 20 ans de privatisation des chemins de fer britanniques en sont l’illustration. Par contre la coopération, entre les différentes compagnies européennes peut être gage de développement du chemin de fer, de mutualisation des coûts en capital et de réponses aux besoins de mobilité. L’association de la SNCF et de la SNCB belge et de la NS hollandaise, qui a conduit à créer le réseau du Thalys, apporte la preuve que l’on peut allier entreprises publiques, haute technologie, réponses de qualité aux demandes des usagers, respect des statuts des personnels, coopération européenne et développement durable.

Dans le cadre de sa bataille nationale pour le rail, engagée depuis plus d’un an, le PCF et ses élu-e-s seront aux côtés des cheminots et des usagers le 22 mars pour gagner un printemps de la SNCF. De plus, à notre Congrès et lors des élections européennes, nous mettrons en débat l’idée que le seul plan B qui vaille en Europe est celui de la coopération libre et non faussée entre les peuples.

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 07:26
Pas vu à la télé: Evasion fiscale: seul le PCF ne prend pas la fuite (Humanité Dimanche, 1er mars)

"Nous avons déposé cette proposition de loi car il y a une forte demande d'aller plus loin", témoigne Fabien Roussel, député PCF du Nord, qui défendait cette loi en commission le 21 février, avant son passage dans l'Hémicycle le 8 mars, à l'occasion de la niche parlementaire communiste. Une loi qui porte sur un point précis: la liste française des paradis fiscaux. C'est le cœur du problème: si les sanctions prévues peuvent être très dissuasives - et elles le sont en France - , elles ne sont que rarement appliquées. Deux causes à cela: des montages financiers qui entravent l'action de la justice, et surtout un manque de réelle volonté politique, symbolisé par le fameux "verrou de Bercy" (seul le ministère peut engager des actions en justice contre les fraudeurs fiscaux). 

La liste française des paradis fiscaux fait la part belle aux petits arrangements et ne comporte que huit pays, pour la plupart des micro-états. La proposition de loi communiste établit donc une liste selon des critères alignés sur ceux de l'Union Européenne, et qui serait réévaluée annuellement par le Parlement. En commission des Finances de l'Assemblée, qui examinait le texte le 21 février, le groupe la République en Marche a finalement voté contre, arguant de la "liberté d'entreprendre" des banques françaises et, surtout, du fait que la prise en compte de ces critères européens aboutirait à l'inscription de pays ... européens. Pas question de froisser nos partenaires, Luxembourg, Malte et Irlande en tête. 

L'autre proposition de loi, soutenue par le sénateur PCF Eric Bocquet, porte, elle, sur la mise en place d'une "COP fiscale" sur le modèle de la COP consacrée à l'environnement, qui permettrait de réunir les Etats afin de lutter efficacement contre l'évasion fiscale. Auteur avec son frère Alain du livre "Sans domicile fisc", le sénateur estime également que la liste française "sans le Panama, sans les Bermudes, n'est pas très crédible". (...)

Benjamin König, L'Humanité Dimanche, 1er mars 2018   

Pas vu à la télé: Evasion fiscale: seul le PCF ne prend pas la fuite (Humanité Dimanche, 1er mars)
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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 07:44
Education: les lycéens veulent l'égalité d'accès aux études: appel à une journée d'action le 15 mars (L'Humanité)

L’intersyndicale lycéenne appelle à une journée d’action le 15 mars prochain, face aux réformes du bac et de l’accès à l’université, qui risquent de creuser les inégalités,

Va-t-on vers un système d’accès à l’enseignement supérieur de plus en plus inégalitaire ? C’est la conviction des organisations lycéennes réunies hier en intersyndicale pour appeler à une journée d’action le 15 mars prochain. Dans leur ligne de mire, la réforme du bac et la loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (ORE), qui introduit une forme de sélection à l’entrée à l’université par le biais des prérequis exigés par la plateforme d’inscription Parcoursup. « Cette modification du bac s’emboîte dans Parcoursup puisqu’elle introduit au niveau du lycée des spécialités qui seront ensuite nécessaires à l’entrée à l’université », détaille Thomas Le Corre, porte-parole du Syndicat général des lycéens (SGL).

Le problème, c’est que ces spécialités ou options ne seront pas également accessibles à tous. « Parce qu’elles sont coûteuses à mettre en place et qu’il n’y a pas de moyens spécifiques dégagés, certaines options qui seront valorisées par des universités ne seront accessibles que dans les lycées cotés des centres-villes, voire dans le privé. Cela va créer une inégalité avec les lycéens des établissements ruraux et des périphéries, qui risquent de se trouver face à des options limitées au moment de leur entrée à l’université », renchérit Lisa Belabed, porte-parole de la Fidl. Autre sujet d’inquiétude, la multiplication des options « risque de favoriser les élèves qui seront les mieux armés, ceux dont les parents vont comprendre le système et seront à même de faire des choix stratégiques pour aller vers les filières les plus cotées », s’alarme Lina N’gazi, secrétaire nationale de l’Union nationale lycéenne-Syndicale et démocratique (UNL-SD).

Tous appellent à une journée d’action pour empêcher la mise en application de la loi et regrettent l’occasion perdue par le gouvernement : « C’est une réforme qui ne change pas le système, ne réfléchit pas sur la pédagogie et ne cherche pas à faire progresser les élèves, résume Clara Jaboulay, présidente de l’Union nationale lycéenne (UNL). Son seul objectif, c’est de savoir comment on va sélectionner à l’entrée à l’université. »

Journaliste rubrique Société
Education: les lycéens veulent l'égalité d'accès aux études: appel à une journée d'action le 15 mars (L'Humanité)

Parcours sup: le sénateur communiste Pierre Ouzoulias dénonce un "coup d'Etat insupportable" (Public Sénat)

Réforme des universités et du lycée- entretien avec Glenn Le Saout, un étudiant engagé, président de la FIDL Bretagne

 

Universités, Parcours-Sup: la sélection faute de moyens, les jeunes méritent mieux ! (PCF)

Mobilisation plan étudiants le jeudi 15 février: c'est des moyens dont nos facs ont besoin! (UEC, Mouvement de la Jeunesse Communiste de France): tous concernés, tous mobilisés!

Les jeunes méritent mieux !

Un nouveau dispositif d’inscription dans l’enseignement supérieur se met en place, Parcours sup le Parlement n’a pas encore adopté la loi sur « l’orientation et la réussite des étudiants » que le gouvernement entend l’appliquer ou plutôt l’imposer aux universités, aux enseignants-chercheurs aux étudiants et aux lycéens.

Or, il y a bien urgence à s’occuper de l’enseignement supérieur : sa situation est catastrophique. En témoigne le « tirage au sort » des bacheliers pour s’inscrire dans les filières de leur choix, qui a légitimement suscité l’indignation cet été. Sélection sociale effrénée, échecs importants en licence, formations tronquées faute de moyens, budgets notoirement insuffisants, concurrence stérile entre filières et établissements, restructurations incessantes renforçant les pouvoirs centraux, démocratie universitaire vidée de son sens… à cette situation, il faut une réponse de progrès social, scientifique, pédagogique.

Il faut une ambition : que chacun puisse développer au maximum ses capacités, que les connaissances soient largement diffusées et appropriées dans la société, que le pays se dote des plus hautes qualifications pour ses travailleurs.

Ce n’est pas celle du président des riches et de son gouvernement. En permettant à toutes les filières de trier les bacheliers, en prétendant ouvrir la possibilité de parcours personnalisés mais sans moyens nouveaux pour les universités, en prévoyant d’imposer une orientation non choisie aux étudiants recalés sur leurs vœux, le projet de loi va entériner les inégalités dans le supérieur. Il n’organisera dans les faits qu’un immense désordre et instaurera des obstacles institutionnels nouveaux à l’accès à l’enseignement supérieur dont le baccalauréat doit rester le premier grade et la seule condition d’accès. Cette loi accélérerait la mise en place du système « à plusieurs vitesses » qui est le projet de la droite et du MEDEF depuis longtemps.

Avec ce projet, quelques universités mieux loties attireraient les « meilleurs » éléments, tandis que les autres seraient condamnées à accompagner les plus défavorisés... à moyens constants voire en baisse alors que le nombre d’étudiants ne cesse de grandir. Avec comme conséquences inéluctables,  la dégradation du service public national d’enseignement supérieur et de recherche.

Cette politique remet profondément en cause le mouvement initié dans la deuxième moitié du XXe siècle de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur. Les gouvernements et les instances européennes ont prétendu bâtir une société de la connaissance, en fait leurs choix réels restreignent sa diffusion, frappant particulièrement les enfants des milieux populaires, déjà largement sous représentés dans le système scolaire et le supérieur. La loi sur la sélection à l’université participe de la même logique que celle de la réforme du baccalauréat, individualisant les parcours et triant les jeunes dès leur plus  jeune âge. Elle s’insère dans le projet global que mène Macron d’adaptation aux besoins du capital financier.

Construire une alternative à cette politique est à l’ordre du jour pour tous les progressistes

Garantir le libre accès à l’université à tous les bacheliers, promouvoir et développer les capacités humaines sans limites a priori, assurer les moyens financiers et humains nécessaires à cette ambition… c’est nécessaire et possible !

Notre ambition progressiste vise à élever le niveau de formation et de qualification dans toute la société, en partageant les savoirs dans l’enseignement supérieur, et en libérant la recherche des logiques de rentabilité à court terme. Elle viserait à former de façon exigeante des jeunes qualifiés, des citoyens éclairés et des individus émancipés. Cette politique doit se baser sur un service public national, seul à même de promouvoir une ambition commune sur le long terme.

Les communistes mettent à la disposition de toutes les forces, de toutes les personnes engagées dans la lutte contre ce projet de loi et pour la transformation de l’enseignement supérieur leurs réflexions, leurs questionnements et les propositions construites au fil des luttes et par les parlementaires communistes. Ils vous proposent que nous rencontrions et tracions ensemble les voies de l’alternative, pour substituer aux logiques libérales celle de la défense et du développement des biens communs.

C’est tous ensemble que nous pourrons construire un nouvel avenir d’émancipation humaine. 

Marie-George Buffet: A l’Assemblée nationale, avec les députés communistes Marie-George Buffet : « je voterai résolument contre ce texte qui, loin d’apporter des solutions pragmatiques aux difficultés de l’université, impose une vision régressive de l’enseignement supérieur sans s’attaquer aux véritables problèmes».

Marie-George Buffet: A l’Assemblée nationale, avec les députés communistes Marie-George Buffet : « je voterai résolument contre ce texte qui, loin d’apporter des solutions pragmatiques aux difficultés de l’université, impose une vision régressive de l’enseignement supérieur sans s’attaquer aux véritables problèmes».

L’argent existe et les moyens pour une telle politique existent et doivent être mobilisés.

• 110 000 étudiants nouveaux dans les 5 dernières années et le budget par étudiant a baissé de 10%.

• Il faudrait au minimum un milliard d’euros pour l’augmentation du nombre d’étudiants chaque année.

• Cadeaux faits aux ultra-riches : 3 milliards € de baisse de leur Impôt sur la fortune.

• Crédit Impôt Recherche : 5 milliards €.

• CICE, impôt sur les sociétés… des cadeaux aux entreprises par milliards sans effet sur l’emploi et l’économie

• évasion fiscale : 80 milliards €..

 

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 07:03
SNCF - Cette mort sur ordonnances - Jean-Emmanuel Ducoin, l'Humanité, mercredi 28 février
Cette mort sur ordonnances...
 
 
Toute contre-réforme de choc conduisant à une grande marche arrière des droits est précédée et accompagnée par une propagande massive...
 
«Privilégiés»: les mots de la doxa libérale ont la vie dure et collent comme le sparadrap du capitaine Haddock. Nous avons l’habitude des campagnes mensongères, qui polluent l’espace public. Martelez, il en reste toujours quelque chose… Les médias dominants et toute la cohorte des experts afférents s’en donnent à cœur joie pour dire leur mépris des salariés de la SNCF, au fil de leur credo qu’ils répètent comme les prières d’un chapelet. C’est bien sûr «à cause» des syndicats et du «statut» des employés que la SNCF va mal. Les voilà donc, ces «privilégiés» de cheminots, agités comme des chiffons rouges. Cela ne vous rappelle rien? Que n’entend-on pas à propos des «salauds de pauvres», des «chômeurs fainéants», des «grévistes preneurs d’otage», des «fonctionnaires assistés»? Trois décennies de matraquage idéologique et de diffusion en boucle d’un catéchisme antisocial. Le but: obtenir la résignation du plus grand nombre. Toute contre-réforme de choc conduisant à une grande marche arrière des droits est précédée et accompagnée par une bataille des représentations, bref, une propagande massive qui vise à préparer les esprits au démantèlement des politiques sociales et à la destruction progressive du modèle français de solidarité…
 
SNCF: cette mort sur ordonnances… La mise en cause du rail tricolore est emblématique de la méthode employée pour porter un coup décisif à un grand service public. Une privatisation qui ne dit pas son nom, doublée d’un autoritarisme politique sans bornes. L’exécutif ne manque pas d’air: le Code du travail, la formation professionnelle, l’apprentissage, l’assurance-chômage, l’hôpital, l’immigration, le baccalauréat, la SNCF, bientôt la justice, l’audiovisuel, la Constitution, etc. Macron, c’est la version française du fameux Tina (There is no alternative) de Thatcher. La feuille de route est bel et bien une attaque globale d’ampleur historique. La riposte des syndicats de la SNCF s’annonce à la hauteur de l’enjeu. La bataille de l’opinion en faveur des services publics, elle, commence à peine en vérité. Elle ne sera pas moins décisive.
 
[EDITORIAL publié dans l’Humanité du 28 février 2018.]
SNCF - Cette mort sur ordonnances - Jean-Emmanuel Ducoin, l'Humanité, mercredi 28 février

Lire aussi dans l'Humanité du 28 février: 

Les syndicats "preneurs d'otage": 

Les mots ont un sens. C'est le sens de l'échange, lundi, sur le plateau de David Pujadas à LCI, entre le journaliste François de Closets et le syndicaliste de SUD rail Bruno Poncet. 

Le premier a attaqué avec la vieille rengaine habituelle: "Quand on pense que les cheminots conserveront leur statut, c'est scandaleux de même envisager de prendre dans ces conditions les Français en otage". 

Le syndicaliste a répondu calmement, sur la sécurité que représente le statut des cheminots pour les usagers. Avant de reprendre:

"N'employez jamais le mot de preneur d'otage. Vous ne savez pas ce que c'est. Moi, j'ai été pris en otage pendant une heure et demie, je peux vous garantir que ça n'a rien à voir avec (le fait) d'être bondé dans une voiture de voyageurs quand il y a une grève", a t-il lancé. Et d'ajouter: "Moi j'ai été au Bataclan. Donc, moi, aujourd'hui, les discussions de preneurs d'otage et de terroristes, je sais ce que c'est. Alors, autour de cette table, où on parle de statut de cheminot, je trouve que c'est un peu déplacé"

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 06:54
Quinze jours de grève pour défendre le droit d'asile (Michel Henry, Médiapart - 28 février 2018)
Quinze jours de grève pour défendre le droit d’asile
 PAR MICHEL HENRY

La Cour nationale du droit d’asile est chargée d’examiner les recours des demandeurs déboutés par l’Ofpra. En grève depuis le 13 février pour l’amélioration de leurs conditions de travail, ses agents s’opposent aussi au projet de loi asile et immigration, qui ne ferait que renforcer la logique comptable qui les accable. 

 

Ils ne veulent plus de la « justice expéditive » dans laquelle la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a, selon eux, basculé. Une dérive que le futur projet de loi sur l’asile et l’immigration, avec ses délais de recours raccourcis, devrait encore aggraver. C’est pourquoi les agents de la CNDA sont en grève depuis le 13 février (lire leur communiqué), soutenus par les avocats. Pour l’instant, le mouvement n’a pas atteint ses objectifs, notamment celui de faire baisser la charge de travail.

Chargée d’examiner les recours des demandeurs d’asile déboutés par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), la CNDA est la juridiction administrative la plus rapide et la plus « productive » de France, rappellent les grévistes. En 2017, elle a rendu 47 814 décisions (5 000 de plus qu’en 2016), dans un délai moyen de cinq mois et six jours, soit deux fois plus vite qu’en 2010.

Les grévistes dénoncent un système entré depuis la loi de 2015 dans une « logique comptable » qui vise avant tout « le raccourcissement des délais de jugement ». La Cour, qui siège à Montreuil (Seine-Saint-Denis), a ainsi organisé l’an dernier 3 607 audiences, dont chacune a traité 13 affaires (voir son rapport annuel).

Selon l’intersyndicale, les rapporteurs qui y préparent les dossiers sont « presque à 90 % des contractuels » en CDD de trois ans renouvelables. Ils font valoir que c’est la seule juridiction à fonctionner avec des contractuels en grande majorité, « comme si des policiers étaient trois ans en CDD puis partaient ailleurs », déplore Delphine Lecombe, de l’intersyndicale SIPCE-CGT-FO, qui dénonce « une juridiction OVNI ».

« Notre responsabilité est importante », relève Delphine Lecombe, qui affirme gagner 1 790 euros net avec près de trois ans d’ancienneté. Les rapporteurs s’estiment pris dans une politique du chiffre qui n’est plus tenable, étant soumis à un objectif annuel de 325 dossiers qu’ils voudraient voir baisser à 275. Cette cadence les amène à rédiger « deux à trois rapports par jour », qui doivent analyser la cohérence interne du récit du demandeur et présenter l’état du danger qu’il court dans son pays d’origine. S’ils ne se prononcent plus sur le sort à réserver à la demande, les rapporteurs peuvent laisser poindre leur préférence, mais les juges ne les suivent pas forcément. La CNDA a délivré l’an dernier 8 006 décisions de protection, soit 16,8 %. Les autres recours ont été rejetés.

Agents administratifs, les rapporteurs réclament d’être intégrés à la formation de jugement, avec la création d’un corps spécifique. Pour l’instant, ils assistent au délibéré et rédigent le projet de décision mais n’ont aucun pouvoir. « Il doit être mis fin à cette situation baroque qui place le véritable “expert” du dossier sans voix décisionnaire », estiment les grévistes. Pour eux, il importe aussi de « stabiliser » les effectifs des rapporteurs, « dont l’ancienneté moyenne à la Cour n’excède pas deux ans », et de s’interroger sur la « qualité » des jugements rendus. La plupart des 287 juges officiant à la CNDA sont des vacataires venus d’autres juridictions, dont « une partie n’a jamais exercé dans le domaine de l’asile auparavant ».

D’après les grévistes, un quart du personnel (composé de 400 agents environ, dont la moitié de rapporteurs) suit le mouvement, ce qui, selon eux, permet d’empêcher la grande majorité des audiences. Mais leur direction  – qui n’a pas répondu à Mediapart – jouerait le « pourrissement ». Mardi soir 27 février, le mouvement a été reconduit pour 24 heures. « Le dialogue se poursuit », affirme le Conseil d’État, qui chapeaute la CNDA, en précisant que « sept réunions de travail » ont eu lieu avec les syndicats.

L’autre cible du mouvement, c’est le projet de loi asile et immigration. Il accroîtrait la tension, en imposant « un délai moyen de traitement global de six mois » au total pour l’Ofpra et la CNDA, ce qui laisserait « seulement quatre mois, ou moins » à la Cour d’appel pour étudier les dossiers. Or, sans cela, la CNDA est déjà sous pression. En 2017, elle a enregistré 53 581 recours, soit une augmentation de 34 % en un an.

Parallèlement, toujours avec ce projet qui multiplie les obstacles à l’asile, le délai pour déposer un recours après un rejet de l’Ofpra passerait d’un mois à quinze jours, ce qui « revient clairement à nier le droit de recours » des demandeurs d’asile, dénonce un rapporteur (lire sa lettre ouverte dans le Club de Mediapart ).

Autre objet d’inquiétude, près de 30 % des décisions de la CNDA sont rendues sur simple ordonnance : pour ces rejets, aucune audience n’a eu lieu, les juges estimant les dossiers insuffisants. Ce taux augmente d’année en année. Il a presque doublé depuis 2014, où il était de 17 %, selon l’intersyndicale. Cette évolution la préoccupe, tout comme elle préoccupe les avocats du réseau Elena, spécialisés en droit d’asile, qui, très remontés contre le projet de loi, sont également en grève.

« Déjà, tout est fait pour que les demandeurs ne viennent plus sur le territoire français, assure Me Olivier Chemin, qui préside Elena. Et s’ils ont accès tout de même à la procédure, on va juger de plus en plus vite, souvent par ordonnance. » Il craint des cadences de plus en plus « infernales », avec des délais de recours réduits. « On est une terre d’asile et on fait tout pour que les demandeurs ne viennent pas déposer leur dossier ! », déplore l’avocat.

Me Chemin a signé une lettre à Emmanuel Macron dans Libération pour dénoncer les régressions que provoquerait la future loi, avec cette conséquence : « En multipliant les obstacles à l’exercice du droit d’asile, vous fabriquez par milliers des “rejetables”, des “fantômes”, ceux-là mêmes dont vous souhaitez pourtant vouloir maîtriser le flux. »

 

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 06:50

Le Président de la République a récemment relancé une de ses promesses de campagne de mettre en place un service national obligatoire. Cette mesure présidentielle bien floue, est portée par M. Macron alors même qu’un rapport parlementaire, co-écrit par une élue de sa majorité, remet grandement en cause son utilité.

L’utilité, c’est la première interrogation qui vient à la mention d’un service national. Macron ne peut être soupçonné de vouloir transformer l’armée actuelle. Il a plusieurs fois réaffirmé son attachement à son rôle impérialiste, et a largement prouvé par ses actions qu’il n’était pas du camp de la paix.

Le service national voulu par le Président de la République s’inscrit dans une logique réactionnaire. Les jeunes n’ont pas besoin d’un encadrement militaire pour prendre leur place dans la société. Défiler en uniforme, saluer un drapeau, se soumettre à un cadre hiérarchique et disciplinaire rigide, ne renforcera en rien « le sentiment d’appartenance des jeunes à la nation ».

Nous refusons la logique selon laquelle l’armée réussirait là où l’école échoue. Donnons les moyens à l’éducation pour permettre à chacun et chacune de prendre toute la place qui est la sienne. Cela impose de revenir sur les choix budgétaires absurdes du gouvernement. Cela impose de revenir sur la sélection à l’entrée de l’université. Cela impose une autre politique à destination des jeunes.

La volonté présidentielle d’un service national s’inscrit dans les actions opportunistes d’un président qui, sans dévier de son projet libéral, n’hésite pas à le ponctuer d’initiatives dont le but principal semble être la séduction des franges les plus réactionnaires. Alors que des jeunes manifestent contre ses réformes injustes, il relance sa proposition de les contraindre à un temps militaire.

Le Mouvement jeunes communistes de France refuse un service national obligatoire qui n’a pour objectif que de satisfaire les fantasmes réactionnaires d’une partie de l’électorat. Nous portons le projet d’une autre société, qui propose autre chose à ses jeunes qu’un temps de service sous les drapeaux pour la seule satisfaction d’une nostalgie mal placée.

Le Mouvement jeunes communistes de France réaffirme son engagement en faveur d’un réinvestissement des politiques éducatives et de jeunes. L’égalité entre les citoyens ne passera ni par le port d’un uniforme, ni en marchant au pas. L’apprentissage de la citoyenneté passe par la mise en place de cadres démocratiques dans les établissements scolaires, pas par la discipline d’un camp militaire.

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 06:44
C'est le coeur battant de la gauche et pourtant ... 11 députés PCF, quasiment interdits de médias!
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