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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 11:50

Jean-Michel Galano, philosophe, membre du PCF, contribue aux débats santé de l'atelier régional santé PCF-Front de Gauche du PCF, il a participé au débat sur la Grande-Bretagne et l'Irlande après le Brexit organisé par le PCF Finistère à la fête de l'Humanité, et aux formations sur la pensée de Karl Marx organisées en janvier-février à Morlaix et dans les Côtes d'Armor.  

 

BIOETHIQUE, ETHIQUE MEDICALE : DES QUESTIONS QUI REBONDISSENT

 

Le développement exponentiel des savoirs et des savoir-faire est un fait avéré, bien connu en théorie, mais aux conséquences pratiques difficilement maîtrisables. On a fait il y a de cela plusieurs décennies le constat que la contenu du savoir et des savoir-faire humains doublait tous les dix ans. A cet accroissement quantitatif de plus en plus rapide correspondent des mutations qualitatives, des distorsions et des remises en questions de plus en plus radicales. Mais la spirale de développement des connaissances et des moyens nouveaux ne se déploie pas dans le ciel bleu de la théorie, et il est un peu facile de déplorer le décalage croissant entre ce que les sciences et leurs applications permettent et l’état relativement stable des mentalités.

En effet, la recherche et ses applications sont pour une très large part soumises à des impératifs budgétaires relevant de logiques d’argent et de rentabilité.

Le développement d’un capitalisme de plus en plus financiarisé, exclusivement soucieux de son auto-valorisation, pose des problèmes qualitatifs inédits de par son impératif de rentabilité rapide, à la recherche et à ses applications, notamment en matière de prévention. Il y a davantage encore : la poussée démographique lente mais continue d’une population en demande de soins et de politiques de santé mais non solvable financièrement. 

Les questions d’éthique dans ces conditions reviennent en force à tous les échelons de la pratique médicale, sanitaire et sociale, et sont de plus en plus incontournables. Il ne s’agit plus de « la machine élargie qui attend un supplément d’âme », comme le disait Bergson, (métaphysicien idéaliste mais bon connaisseur des évolutions scientifiques et techniques du début du XX° siècle). Plutôt qu’un  « supplément d’âme », c’est une prise de contrôle civique et démocratique qui s’avère plus nécessaire que jamais. Un contrôle et un ensemble d’interventions seuls susceptibles de soustraire les progrès actuels aux logiques de l’argent et du profit rapide. Et aussi seuls susceptibles d’ouvrir en grand, pour toute l’humanité, des perspectives thérapeutiques vraiment nouvelles.

Or une condition à remplir pour que ce contrôle civique et démocratique s’exerce pleinement, c’est la vigilance à l’égard des schémas de pensée auxquels nous avons spontanément recours, des mots et des notions que nous employons sans trop y réfléchir. Appelons cela : la rigueur catégorielle. C’est le souci constant de ne pas confondre le naturel et l’historique, le virtuel et le réel, le possible et le nécessaire, l’environnement naturel et le monde humain, la liberté et l’irresponsabilité, l’utile et le rentable, l’indispensable désacralisation et l’injustifiable instrumentalisation. Ce souci est rien moins que nouveau. Il a pour une large part commandé le combat mené par Marx dès sa jeunesse à la fois contre l’idéalisme mystificateur et contre son contraire, le matérialisme réducteur, « vulgaire », souvent associé aux diverses variantes de l’utilitarisme. Un combat toujours actuel, et qui déborde largement les frontières de ce qu’il est convenu d’appeler « la philosophie ».

 

Génome : se mettre au clair sur l’essence humaine –

Les possibilités de thérapies géniques sont désormais avérées et déjà expérimentées. Elles se voient souvent opposer un interdit dont on devine l’origine religieuse : celui de toucher à un ordre naturel d’essences posées comme transcendantes par rapport à l’intervention humaine. Il est à noter que cet interdit a été transgressé depuis très longtemps en ce qui concerne les espèces végétales voire certaines espèces animales. On « fabrique » des porcs de moins en moins gras et des poreaux de plus en plus blancs pour les besoins du marché de l’alimentation, et le mot « hybridation », dérivé pourtant du grec hubris (=démesure de quiconque enfreint l’ordre naturel des choses) a perdu sa charge péjorative. Il n’en reste pas moins que déjà dans le cas des industries agro-alimentaires il s’agissait de répondre à la demande d’un marché agrandi par la croissance démographique mais aussi gonflé par les perspectives de profit et de rentabilité à court terme. La peur des OGM est un fait. Toute la question est de savoir si c’est la modification du génome en soi qui doit inquiéter, ou bien les critères et les finalités de cette modification. Problématique qu’on retrouvera, infiniment plus grande, dans le cas du génome humain.

Ce que les changements déjà effectifs ont révélé, c’est que les espèces naturelles n’étaient pas seulement soumises à des variations essentielles dans le temps long de l’évolution (découverte capitale de Darwin en 1840), mais que des mutations essentielles étaient concevables dans le temps court des techniques et de l’invention technoscientifique. L’évolutionnisme avait bousculé voire balayé le dogme religieux de la fixité des espèces. C’est leur intangibilité qui est maintenant mise en cause. Avec un corollaire qui apparaît immédiatement : l’altération d’un ordre naturel est un acte aux conséquences irréversibles et dans une large mesure non prévisible. Qui peut s’en arroger le droit ? Des activités humaines, dictées notamment par l’appât du gain, ont amené et amènent encore la destruction pure et simple de dizaines de milliers d’espèces animales et végétales. Des altérations ou des modifications irréversibles valent-elles mieux ? Sont-elles pires ? Et en fonction de quels critères ?

Ces problèmes ne se posent pas dans l’abstrait. C’est ainsi que la loi française interdit la création de « chimères », à savoir l’hybridation de l’humain et de l’animal. Dans le chapitre de « La Connaissance du Vivant »[1] intitulé « La Monstruosité et le monstrueux », Georges Canguilhem rappelait que de telles hybridations ont été tentées sous le III° Reich, et l’on peut voir dans ce souvenir traumatique l’une des origines de la défiance codifiée par le législateur. Pour autant, la recherche avance, et ce qui est interdit dans le sens animal > homme pourrait s’avérer important et fécond dans le sens homme > animal, comme l’expliquent certains chercheurs en diabétologie intéressés par la culture de cellules souches pancréatiques humaines sur des cochons, chose qu’en son état actuel la législation n’autorise pas.

L’évocation des « chimères » nous conduit à poser de façon plus précise la question de l’essence humaine : sacrée, ou tout au moins intransgressible ? C’est à voir…

Il convient d’abord de remarquer que l’essence humaine n’est pas un absolu. Aucune « essence » ne l’est. L’essence humaine est scindée. Comme toute espèce animale, elle possède une base biologique, constituée dans le temps long et exprimée fans l’ADN, structure, qui lui est commune à 96% avec le chimpanzé. Mais les acquisitions culturelles et civilisationnelles ont amené la constitution d’un gigantesque patrimoine humain extérieur aux individus, non fixé dans le code génétique, et donc non transmissible héréditairement mais transmis (ou non) dans le cadre des rapports familiaux et sociaux tels qu’ils existent à une époque et dans un milieu donné. L’essence humaine distend de plus en plus ses liens avec sa base biologique pour acquérir une réalité toute différente : celle d’être moins un donné biologique qu’un transmis social. C’est en ce sens que Marx écrit avec une grande lucidité (Thèses sur Feuerbach 6) que « dans sa réalité effective, l’essence humaines est constituée par la totalité des rapports sociaux ». L’essence n’est pas une espèce de quintessence existant substantiellement de toute éternité à l’intérieur de chacun d’entre nous à la manière d’une nature : elle possède, certes, un support biologique lui-même soumis à une évolution dans le temps long, mais elle se constitue, sur ce support, comme une production historico-sociale mouvante qui s’enrichit en permanence des progrès et des expériences de l’humanité devenue par là-même non plus espèce humaine, mais genre humain.

Ces considérations doivent nous permettre de mieux cerner l’enjeu du problème : toute action sur le génome s’exerce sur la base de l’essence humaine, et met de ce fait hors circuit l’ensemble de ce qui constitue l’ordre culturel humain socialement et historiquement constitué. Cela dit la radicalité de telles actions. Et cela pose d’emblée la question : qui décide ? Et en fonction de quoi ? Or la situation appelle sérieux et discernement. D’un côté, il est notoire que les gènes de nombreuses maladies héréditaires sont identifiés (le diabète, par exemple) et qu’il faut bien distinguer la thérapie génique des manipulations génétiques – ce que souvent l’on néglige de faire, par sensationnalisme ou pour jouer sur des peurs. D’autre part, la confusion règne dans de nombreux autres cas – pour ne pas parler du charlatanisme prétendant assigner une origine génétique à la violence ou à l’homosexualité. Confusion et charlatanisme où se manifeste sans doute quelque chose de significatif quant à l’état présent du genre humain, et qui invitent à une certaine prudence.  Il est notoire aussi que le gène, objet relativement neuf d’observation et éventuellement d’expérimentation, est pour l’essentiel aujourd’hui l’objet du génie génétique, lequel sépare, amplifie, fragmente et reproduit des gènes clonés et purifiés, obtenus en partie par synthèse chimique, traités souvent comme des usines à protéines, de sorte que les frontières mêmes du naturel et du synthétique deviennent floues. La culture de cellules souches à des fins thérapeutiques exige des moyens industriels, alors qu’en France notamment, l’insuffisance des budgets de recherche condamne d’excellentes équipes à l’artisanat et que l’industrie pharmaceutique se désintéresse de plus en plus de la recherche fondamentale pour des raisons de non-rentabilité[2]. . D’un autre côté, il y a un marché de ces biotechnologies. La dynamique de la recherche et celle du marché se chevauchent, parfois se rencontrent mais souvent se séparent.

Les enjeux de la question apparaissent alors nettement : la possibilité d’agir sur le génome humain est effective, mais ne saurait être recevable que dans le cadre de décisions de politique de santé publique élaborées démocratiquement. Toute autre forme de décision court-circuiterait les exigences humaines et humanistes élaborées au fil de la constitution d’un genre humain qui se doit d’être à lui-même son propre objet. Substituer une décision technique à une décision politique renvoie à une conception élitiste et paternaliste de la responsabilité : c’est typiquement celle de Hans Jonas, élaborée dans « Le Principe de responsabilité ». A quoi il convient d’opposer une conception toute différente de la responsabilité. Il s’agit donc d’éviter deux extrêmes : d’une part la sacralisation du génome : il y a 3.000 maladies géniques monofactorielles recensées, et l’éthique ne saurait se résigner à ne rien laisser faire contre elles. Mais d’autre part, la vue qui rabat l’humain sur le génétique amène à des dérives eugénistes inquiétantes : banque de sperme de prix Nobel, stérilisation massive de malades mentaux et autres sujets « anormaux », et cela pas seulement dans l’Allemagne nazie…  [3]

Dès lors, il semble bien que la solution se profile : c’est l’usage social du génome, donc en définitive ce que l’homme fait de l’homme qui est la clé du problème. Trois interdits semblent se dessiner (1) celui d’une catégorisation biologique des personnes les mettant à la merci des employeurs, assureurs, etc.,  sans leur consentement (2) l’interdiction, en l’état actuel des savoirs, de toute thérapie génique germinale, c’est-à-dire de toute modification de l’ADN des gamètes affectant la descendance (3) empêcher la prise de brevets industriels sur le génome humain et donc l’appropriation à but lucratif d’informations sur les gènes de l’homme à des fins d’applications biotechnologiques.[4]

 

L’embryon humain, objet d’expérimentation ?

Beaucoup de confusions au sujet du statut de l’embryon tiennent à ce que l’on entend quand on le désigne comme « être humain potentiel ». En effet, il n’est pas potentiel au sens où le fruit est en puissance dans la fleur. Ce qui est en puissance en lui, c’est la base. L’être humain et humanisé n’est pas en puissance dans l’embryon.  « Personne potentielle », cela s’oppose d’abord à personne « actuelle » : l’embryon ne peut faire valoir ses droits, cette responsabilité incombe à des tiers. Ensuite, l’embryon n’est qu’une potentialité d’être humain, et notre respect va à son présent dans la mesure où nous y considérons son avenir. Le véritable respect humain est prospectif, comme l’attestent les décisions d’IVG dans les cas de malformation graves du fœtus.

Dès lors, la question de l’expérimentation sur l’embryon humain suppose un critère d’acceptabilité centré sur un projet recevable du point de vue de l’éthique. Ce critère semble meilleur que celui d’un seuil chronologique (les Anglais disent : 14 jours) toujours quelque peu arbitraire. En fait, l’humain n’est pas le génétique. Bien plutôt que le déroulement linéaire d’un programme, la formation d’un être humain est d’abord un processus épigénétique, auxquels se substituent très tôt les facteurs socio-culturels de la personnalisation. L’embryon n’est pas plus sacré que le génome. Ce qui est sacré, comme le dit Anne Fagot-Largeault, « ce sont des valeurs liées à l’idée que nous nous faisons de l’humanité ». Dans le temps où la famine tue des millions d’enfants, où selon les chiffres de l’UNICEF 2.5 millions de nourrissons meurent chaque année faute de soins, le sacrifice de quelques milliers d’œufs ou d’embryons surnuméraires est justifiable s’il a des finalités strictement curatives ou prophylactiques, à l’exclusion de tout tri ou de sélection des êtres humains.

 

Querelles dans la famille

 

Il faut résolument tenir le même fil : la personne humaine, fût-elle potentielle, n’est jamais simple objet ni simple sujet, mais le lieu d’un processus dialectique où l’un et l’autre sont en jeu. Un enfant est, dans de nombreux cas (notamment dans nos sociétés, mais ne généralisons pas trop) l’aboutissement d’un projet parental, le fruit d’un amour ou tout au moins d’un désir. Mais nous le savons tous, l’identité d’une personne humaine se fait en très grande partie par différenciation par rapport à ce projet parental, dans le différentiel entre la place assignée et la place revendiquée. Même quand la place assignée est assumée, il y a processus critique et moment décisionnel. L’identité voulue par la famille voire plus globalement par le corps social entrave souvent, ou du moins complique, la nécessaire auto-identification.

Dans ces conditions, le législateur doit mettre au premier plan l’intérêt de l’enfant, y compris son intérêt ultérieur d’être humain civilisé. L’évaluation de l’intérêt de l’enfant n’est pas une simple appréciation subjective : elle doit s’appuyer sur le droit de l’enfant, notamment tel qu’il a été codifié dès 1947 par les Nations Unies. L’enfant a droit à un nom, à un foyer, à être protégé, soigné et éduqué. Le fait est que ce droit rencontre le désir de nombreuses familles, stériles mais aussi homosexuelles, recomposées, monoparentales d’adopter des enfants. On ne voit pas en quoi un modèle de structure familiale devrait s’imposer ; on le voit d’autant moins que l’expérience tragique des guerres a conduit, notamment dans nos pays, à la constitution de nombreux foyers de ce type.

Autant dire que la vraie question est celle de l’épanouissement futur de l’enfant plutôt que celle de la réalisation du désir des adultes – même si dans l’immense majorité des cas, il n’y a pas contradiction mais complémentarité entre les deux, l’enfant étant en définitive la vérité du couple ( ?) parental, son objectivation en un sujet différent. Pour autant, l’être humain n’est pas un produit (primat du passé) mais un producteur (primat du possible) dans le cadre d’une biographie où il ne cesse d’être à la fois réceptif et actif, dans une densité d’échanges où sa personne se construit dans un processus qui relativise de plus en plus sa base biologique. A la nécessité biologique se surimpose une liberté psychologiquement et socialement construite. Liberté construite, non pas donnée mais acquise, qui n’est nullement incompatible avec la transmission de valeurs ou d’un héritage culturel, mais à laquelle l’assignation d’une filiation n’apporte, il faut avoir le courage de le dire, strictement rien. Autant la projection du désir parental dans l’enfant constitue le plus souvent un prolongement et un épanouissement, autant le symétrique est appauvrissant : l’être humain en quête de ses origines s’expose à ne trouver que du biologique et du géographique, seulement le déterminisme d’une nature et jamais la force d’un projet. « La source n’est qu’un point géographique, elle ne contient pas la force vive du fleuve », disait déjà Bachelard[5].  La généalogie n’est jamais une genèse[6]. Les demandes par une personne née sous X de connaître son géniteur doivent d’abord être comprises comme des symptômes de mal-être, voire des symptômes névrotiques, auxquels la divulgation de la vérité n’apporterait qu’une satisfaction illusoire.  D’autant plus qu’il y aurait conflit de légitimité, le don anonyme ne pouvant par définition exister sans garanties de son anonymat, ce qui en outre empêche a priori toute démarche intéressée, tout chantage etc. L’éthique du don, en tous domaines, est une garantie d’indépendance par rapport aux logiques d’argent et de marchandisation. De même, l’insémination post-mortem se fait non seulement au détriment du nécessaire travail de deuil, mais à celui de l’enfant à naître, sur qui pèsera le risque de la névrose. Or c’est tout de même en la matière la névrose qu’il convient si possible d’éviter.

De ce point de vue, « la famille dans la tourmente »[7], comme disait François Dagognet, est aussi le lieu d’une certaine et très positive créativité : familles recomposées, monoparentales, multi-parentales, homosexuelles, souffrent davantage du regard et des préjugés d’autrui que d’une inaptitude foncière à remplir leur rôle affectif et éducatif. La vraie question s’avère être en définitive celle des moyens que l’Etat et la société d’une façon générale mettent à leur disposition, et de sa volonté à faire reculer les stéréotypes de genre. 

Ce sont les lois du marché et les logiques d’argent qui obscurcissent les problèmes : un objet n’est jamais loin d’être une marchandise. Ce qui menace l’enfant-projet, c’est de devenir enfant-objet, enfant-enjeu. L’anonymat s’avère à cet égard être un garde-fou. Mais d’un autre côté, de nombreuses associations regroupant des personnes nées sous X dénoncent la « culture du secret », symbolisée par « les armoires verrouillées » que l’Etat refuse d’ouvrir, même 18 ans après le don.  La question est complexe. Il y a là, on l’a dit plus haut, un conflit de légitimité. Dans l’immédiat, il semble que le « receveur » devrait avoir accès au moins à la partie médicale du dossier du donneur, afin de pouvoir identifier d’éventuelles prédispositions et maladies héréditaires.  Pour le reste, le fantasme de l’origine, exacerbé en cette occasion, est commun à tous les humains. Ne convient-il pas de travailler à son dépassement, en chacun de nous ? Faire de l’origine quelque chose d’essentiel et non plus de basal, n’est-ce pas rabattre l’humain sur le génétique, et donc qu’on le veuille ou non sur le biologique, avec toutes les dérives prévisibles ?

 

SORTIR LE « POUR AUTRUI » DES LOGIQUES D’ARGENT –

Tout a été dit sur les abus, non seulement potentiels mais tragiquement réels, d’une pratique telle que la GPA. Sauf peut-être l’essentiel, à savoir qu’en l’état actuel de nos sociétés, elle est intégralement soumise aux lois du marché, ce qui la distingue radicalement du don d’organe anonyme et gratuit. Une grossesse, ce n’est pas anonyme, et cela peut se monnayer, être une prestation marchande comme une autre. Mais réfléchissons à ce que pourrait être un service librement consenti, sans contrepartie financière, d’une femme féconde à une femme stérile, voire à un couple d’hommes. Où serait le scandale ? Utopie ? Pas plus que l’accouchement sans douleur. Il y a peut-être lieu de tirer quelques enseignements à cet égard de ce que la PMA nous a appris : en France, où l’on y a recours de façon relativement plus fréquente que dans d’autres pays, les PMA représentent moins de 1% des naissances. Sur ces 1%, l’immense majorité représente un recours destiné à pallier l’infécondité de l’homme ou de la femme. Ne peut-on envisager, dans un futur peut-être pas si lointain, l’établissement de nouvelles relations entre femmes et hommes émancipées des lois du marché, où des mères porteuses cesseraient d’être des mères vendeuses ? La vraie question n’est-elle pas plutôt celle de l’évaluation des risques qui font de toute PMA un acte peu banal, nécessitant information et suivi – suivi dont les enfants issus de PMA gagneraient peut-être sur un plan médical à bénéficier, même s’il faut mettre cet intérêt éventuel en balance avec la rupture de l’anonymat qu’elle semble devoir entraîner inévitablement. A l’inverse, une grossesse est un événement sinon banal, du moins le plus souvent normal, alors que les aléas d’une grossesse à risques sont connus…

Les considérations qui précèdent invitent à mettre en cause dans tous les cas l’idée de modèle. Les valeurs attachées au respect de la personne sont toujours porteuses de tensions au moins potentielles par rapport aux modèles, aux structures et aux institutions dans lesquelles elles trouvent pourtant en général satisfaction, dans un temps donné qui peut être très long et dans une société donnée. Famille nucléaire, famille élargie sont des structures bien connues, liées d’un lien assez lâche à des modes de production, d’habitat et de consommation eux-mêmes en évolution constante. L’émergence au grand jour de nouvelles formes, monoparentales, homosexuelles et surtout recomposées, est une invitation à relativiser et surtout à dédramatiser les questions de filiation au profit de celles de la qualité du tissu familial et éducatif. A la problématique passéiste voire fataliste des origines, ne convient-il pas de substituer celle, dynamique et véritablement structurante, du commencement dans la vie ?

 

PROBLEMATIQUES DE LA FIN DE VIE –

La fin de vie pose des problèmes redoutables, réactivés par un certain nombre de débats actuels, notamment dans le domaine législatif (loi Leonetti, etc). Il semble que cette question fasse, elle aussi, intervenir la notion de modèle, avec tout ce que cette dernière comprend de relatif voire de discutable.

S’il y a consensus à peu près total pour condamner l’euthanasie, pratique dans laquelle se manifeste de façon évidente l’imposition autoritaire d’un modèle auquel seul irait le respect dont nous avons posé qu’il était dû à la personne, avec tout le poids des terribles précédents historiques , le « suicide assisté » quant à lui est souvent revendiqué comme l’établissement d’un droit nouveau. Il convient ici de resserrer l’analyse.

Un certain nombre de personnes, à dire vrai un très petit nombre, choisissent volontairement de mettre fin à leur vie. Parmi ce très petit nombre, un certain nombre de malades chroniques las de souffrir, et constatant l’échec des thérapeutiques.

Certes, il faut s’opposer à l’acharnement thérapeutique prolongé au-delà de toute raison, et sans autre finalité concevable qu’une prolongation artificielle d’une vie purement végétative. C’est en général la volonté exprimée par les familles, les seules exceptions relevant d’intérêts juridiques et légaux qui n’ont plus rien à voir avec le respect du mourant. Mais par contre, qui décidera de la « qualité de la vie » du mourant ? Toutes les études, tous les témoignages montrent que tel malade souhaite un jour « en finir », le lendemain s’accroche de nouveau à la vie, que tel grand brûlé qui souhaitait mourir a de nouveau une vie familiale épanouie malgré des lésions corporelles irréversibles… ne faut-il pas en conclure qu’en la matière, on est en présence d’une approche irrémédiablement subjective ?

Ici, il convient de choisir entre deux formes de respect : le respect dû à une vie conçue comme intransgressible voire sacrée, et le respect dû à une personne en voie de dépersonnalisation.  De ce point de vue, l’un des intérêts de la loi Leonetti (votée à l’unanimité à l’Assemblée Nationale en 2005) et de ses prolongements en 2016 (loi Leonetti – Claeys), est de fournir un cadre et de donner des moyens à l’expression de la volonté de la personne (mise au point de protocoles et de directives de fin de vie, désignation de « personnes de confiance » par la personne elle-même. S’y ajoute la codification de la « sédation profonde et continue ») ainsi que de distinguer, dans les soins, le thérapeutique du palliatif.

Ces aménagements ne sont pas seulement quantitatifs. Ils permettent de poser des garde-fous et de centrer le respect sur la personne plutôt que de conditionner ce respect au seul maintien de la vie biologique.

De fait, la personne, en tant qu’être culturel, repère symbolique, référence mémorielle, survit au-delà de sa vie biologique. « L’humanité se compose de plus de morts que de vivants », disait déjà Auguste Comte. Le cadavre lui-même ne saurait être considéré comme « chose parmi les choses ». S’il y a lieu d’encourager le don d’organes, on ne saurait tolérer le dépeçage de cadavres. Là encore, des évolutions de long terme mettant en jeu les pouvoirs publics, notamment par le biais de l’éducation, mais aussi et surtout le débat citoyen, sont la condition nécessaire à une évolution des mentalités.

 

CONCLUSION ; SE METTRE A LA HAUTEUUR DES PERSPECTIVES –

 

Il importe de ne pas confondre responsabilité et conservatisme.  Depuis déjà des décennies, des greffes ambitieuses, des cultures de plasma et de tissus organiques « ni morts ni vivants » (François Dagognet)[8], des innovations chirurgicales hardies telles que le by-pass, avaient permis de prolonger de nombreuses vies tout en bousculant des tabous multiséculaires. Les perspectives ouvertes par les thérapies géniques annoncent une révolution plus importante encore : on commence à entrevoir la possibilité non plus simplement de greffer des morceaux de génome, mais de construire des génomes artificiels. La greffe de neurones humains ouvre des perspectives thérapeutiques inenvisageables il y a encore peu d’années, et met à mal la représentation traditionnelle de neurones voués à une irrémédiable dégradation. L’implantation de neurones permettant la reconstitution de tissu cérébral chez la souris ouvre aussi de grands espoirs. Encore faut-il apprendre à espérer, à espérer de façon rationnelle, active, audacieuse, , et rien dans les cultures héritées du passé ne nous y prépare. Anticiper puissamment sur le réel, ce n’est pas se bercer d’iullusions. C’est une culture à acquérir.

Car les possibilités évoquées ont évidemment leur envers et appellent vigilance, responsabilité des pouvoirs publics, éducation des citoyens. A plus long terme, elles poseront une question philosophique majeure : dans quelle mesure l’humanité a-t-elle le droit de faire ce dont elle aura bientôt le pouvoir : modifier de façon irréversible le génome de l’espèce humaine ? Peut-elle agir sur sa base spécifique sans cesser d’être le genre humain ? Question immense et encore en grande partie obscure, mais à laquelle un fait déjà avéré peut aider à élaborer un commencement de réponse. Ce fait, c’est la quantité et la puissance des armements susceptibles de détruire définitivement le genre humain et toute vie sur terre, et ce que les ressources financières et technologiques investies dans la course aux armements pourraient permettre d’accomplir si elle étaient mises au service de l’éradication de la faim, de la misère et de l’analphabétisme – fléaux dont la survivance est le scandale avéré de notre temps. Le défi est là.

 

[1] Vrin, 1971

[2] Sur toutess ces questions, je reprends, parfois à la lettre, les analyses de Lucien Sève dans Pour une critique de la raison bioéthique (Odile Jacob 1994)

[3] Voir à ce sujet Lucien Sève, op.cit. , notamment le chapitre sur « Le Respct ».

[4] L. Sève, op. cit.. – Voir dans le même chapitre les recommandations en la matière du CCNE

[5] L’Eau et les rêves, Corti 1942

[6] Les affiches de « La Manif pour tous » exigeant pour les enfants adoptés la même « traçabilité » que pour la viande de boucherie en apportent un contre-exemple où le grotesque le dispute à l’odieux…

[7] Titre du second chapitre de « Une Nouvelle morale » (Seuil 2002)

[8] La Raison et les remèdes, PUF 1961 p.175 : « La chirurgie moderne apprend à dépasser l’antinomie mort-vivant. La philosophie de la guérison ou de la restauration impose un statut ontologique intermédiaire, celui du demi-vivant ou, ce qui revient au même, du mort retardé. (…) le plasticien travaille le plus souvent avec une matière qui n’est ni vivante ni morte. La banque d’os, de téguments, de cornées ou de veines capitalise des éléments en vie latente. Puisque le vivant comme le mort suscitent des réactions d’incompatibilité, il ne faut se servir que de tissus déspécifiés, qui ont perdu leurs cellules en ne conservant que leur trame conjonctive. ».Et l’auteur de citer en note le cas des microbes formolisés et celui du sérum…

Jean-Michel Galano

Jean-Michel Galano

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 11:43
Laurence Cohen, sénatrice communiste, membre de la commission des Affaires Sociales

Laurence Cohen, sénatrice communiste, membre de la commission des Affaires Sociales

Mépris et contre vérités de la ministre de la santé, A. Buzyn, face aux parlementaires communistes. Elle se défend malgré les faits de piquer 1, 6 milliards d’euros aux hôpitaux publics . Et la hausse des salaires des personnels des EHPAD: + 0,03% par an . C’est pas du mépris?

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 11:35
HONTE AU GOUVERNEMENT FRANCAIS: IL A LAISSE L'EXTREME-DROITE AU POUVOIR A TEL-AVIV PROLONGER DE 4 MOIS RENOUVELABLES LA DETENTION ARBITRAIRE DE SALAH HAMOURI.

HONTE AU GOUVERNEMENT FRANCAIS: IL A LAISSE L'EXTREME-DROITE AU POUVOIR A TEL-AVIV PROLONGER DE 4 MOIS RENOUVELABLES LA DETENTION ARBITRAIRE DE SALAH HAMOURI.

Communiqué du Comité de soutien à Salah:

"La détention administrative de Salah Hamouri est renouvelée !
La France est humiliée mais le combat continue.
Avidgor Liberman, ministre de la défense israélien a signé le renouvellement de la détention
de Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, arbitrairement incarcéré par Israël depuis le
23.07.2017. Cette détention est prolongée de 4 mois, renouvelables. L’arbitraire et l’injustice
les plus absolus continuent.
À l’arbitraire de l’Etat israélien s’ajoute les responsabilités de la France qui, au-delà de ses
affirmations, n’a pas mis en œuvre des moyens conséquents dont elle dispose pour faire
libérer un Français, victime d’un arbitraire politique qui lui vaut une détention totalement
injuste à l’étranger.
Cette absence de résolution de notre pays, malgré les paroles, aboutit à cette situation où
elle n’a pas permis de garantir que l’injustice ne se répète pas et que Salah soit libéré le 28
février comme nous n’avons cessé de le demander avec force.
Tout cela est politique. Et côté israélien et côté français. La justice, le droit ne sont, dans
cette relation entre nos deux pays, que des variables d’ajustements et non, côté français, des
principes intangibles et universels à défendre farouchement en tout lieu et en tout temps.
Puisque les responsabilités de cette situation sont ainsi clairement établies, que nous savons
tous que l’Etat d’Israël piétine sans la moindre réaction le droit et fait de l’arbitraire un principe,
nous appelons à manifester vers la présidence française notre mécontentement légitime et
notre volonté d’action à la hauteur de l’enjeu : il en va du destin d’un homme, du droit mais
aussi de celui de notre pays.

Nous demandons, dans cette situation extrême, que le Président de la République reçoive
enfin sa femme Elsa Lefort dans les plus brefs délais afin de lui faire part de ses intentions.

L’arbitraire continue. Notre action continuera en conséquence. Plus déterminée et résolue
que jamais. Ceux qui croient que nous nous lasseront se trompent. Nous puisons des forces
nouvelles dans cette décision.

 

Paris, Lundi 26 février 2018
 

libertepoursalah@gmail.com libertepoursalah.fr /"

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 08:32
Manifestation ce samedi 24 février à Paris en solidarité avec le peuple kurde contre les massacres d'Afrin orchestrés par Erdogan !
Manifestation ce samedi 24 février à Paris en solidarité avec le peuple kurde contre les massacres d'Afrin orchestrés par Erdogan !
Manifestation ce samedi 24 février à Paris en solidarité avec le peuple kurde contre les massacres d'Afrin orchestrés par Erdogan !
Manifestation ce samedi 24 février à Paris en solidarité avec le peuple kurde contre les massacres d'Afrin orchestrés par Erdogan !
Manifestation ce samedi 24 février à Paris en solidarité avec le peuple kurde contre les massacres d'Afrin orchestrés par Erdogan !

Manifestation ce samedi 24 février à Paris en solidarité avec le peuple kurde contre les massacres d'Afrin orchestrés par Erdogan ! Les communistes nombreux dans le cortège...

Photos Valck Gerard et PCF - Parti Communiste Français

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 07:54
Affiche CGT Cheminots

Affiche CGT Cheminots

Sncf. Le recours aux ordonnances, détonateur d’une bombe sociale
MARION D’ALLARD
VENDREDI, 23 FÉVRIER, 2018
L'HUMANITÉ
 

Envisagée par le gouvernement, la possibilité d’un passage en force de la réforme ferroviaire cristallise la colère des élus et des cheminots. Matignon devrait faire des annonces lundi. Les cheminots, en intersyndicale, travaillent à la riposte.

Comme un air de déjà-vu. À l’instar de la casse du Code du travail, entérinée en septembre dernier, l’exécutif pourrait une nouvelle fois passer par ordonnances, pour réformer le système ferroviaire. La piste, sérieusement évoquée par le journal les Échos dans son édition de jeudi, n’a pas été démentie par le gouvernement. Loin de là. Christophe Castaner, secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, affirmant sans ambages que « oui, il faut aller vite et il faut être efficace », et d’ajouter : « Les ordonnances sont une des façons d’y parvenir. » L’affaire sera tranchée lundi par Édouard Philippe, qui doit annoncer officiellement la méthode et le calendrier retenus.

le rapport Spinetta, feuille de route de la future réforme du rail

Rendu public en fin de semaine dernière, le détail des préconisations contenues dans le rapport Spinetta – feuille de route de la future réforme du rail – a déclenché en chaîne la colère des cheminots, dont le statut et les conditions de travail sont directement menacés, celle des élus locaux, qui voient les lignes ferroviaires irriguant leurs territoires mises sur la sellette, et celle des usagers. Pour Fabien Roussel, député communiste du Nord, si le gouvernement venait à « briser la SNCF par ordonnances », ce serait la preuve intangible d’une « volonté de frapper vite et fort en évitant tout mouvement de contestation ». Un non-sens pour l’élu, qui « n’ose imaginer que cette méthode soit retenue », et affirme que l’avenir de la SNCF, « qui a bientôt un siècle d’histoire, mérite un vaste débat public ». De l’autre côté de l’échiquier politique, le ton monte également. Ainsi, Gérard Larcher, président « Les Républicains » (LR) du Sénat, a prévenu dès jeudi : « Si le Parlement n’est pas sollicité pour débattre d’un sujet aussi important pour l’aménagement du territoire, il y aura un déni de démocratie. Je le dis clairement, on nous entendra sur le sujet. » Tout porte à croire pourtant que le gouvernement ne retiendra pas l’option d’une procédure ordinaire de discussion parlementaire.

« Pas de débat public, pas d’explication, seulement la volonté d’imposer leur vision », résume Éric Meyer, secrétaire fédéral SUD rail. Pour le syndicaliste, si l’option des ordonnances n’est pas vraiment une surprise, la contre-attaque, elle, devra être à la hauteur. « On craignait le recours aux ordonnances, ça circule dans les couloirs de la direction SNCF et du ministère depuis quelque temps. Et, si la méthode est confirmée, le calendrier de la mobilisation (une manifestation nationale à l’appel de la CGT et de SUD est prévue le 22 mars – NDLR) devra forcément s’adapter », poursuit-il.

Jeudi, les organisations syndicales de cheminots se réunissaient pour confronter leurs opinions et envisager les suites éventuelles à donner au mouvement. Mais une chose semble acquise, le recours aux ordonnances est unanimement dénoncé par les syndicats de cheminots. « Exactement contraire aux valeurs de négociation », cette méthode constitue, pour la CFDT, « une provocation » et « une attaque sans précédent (qui) nécessite une réponse immédiate ». Le syndicat se déclare favorable au dépôt d’un « préavis de grève reconductible ».

À vouloir étouffer le mouvement social en accélérant à tout prix le calendrier, l’exécutif joue au contraire le durcissement des positions syndicales. D’autant que, reprend Éric Meyer, « du transfert obligatoire des personnels en cas de passage au privé au plan de départs volontaires, en passant par la privatisation du fret ou la fermeture de lignes et la suppression des centaines d’emplois qui y sont affectés, le rapport Spinetta cristallise la colère des cheminots dans tous les services ». De son côté, la direction de l’entreprise publique n’a pas réagi. Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, s’est dit en début de semaine « persuadé que l’écoute, la concertation, la négociation (allaient) permettre d’éviter une grande grève ». Et si le gouvernement, qui a reçu un à un les acteurs du secteur, parle de « concertation », pour la CGT cheminots, c’est à une simple « explication de texte » que s’est livrée Élisabeth Borne, ministre des Transports. Les salariés du rail ne s’y tromperont pas : « On est un peu à la croisée des chemins, explique Éric Meyer, et les cheminots savent bien que leur devenir dépendra un peu de l’issue de ce conflit, qui, aujourd’hui, paraît inévitable. »

journaliste
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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 07:36
Dans la cuisine, l'Huma assure un Marx! (Libération, 23 février 2018)

Le journal communiste met les pieds dans le plat de grande bouffe mondialisée et des circuits courts avec un hors-série appétissant.

Camarades becs fins et marmitons, courez lundi chez votre marchand de journaux vous procurer le mijotage hors-série de l’Humanité «Cuisinons l’époque». Marx se devait de faire la couverture. Mais il s’agit de Thierry Marx, le chef multi-étoilé, et non de Karl Marx, le fricasseur du Capital,qui trône en brandissant une pomme de terre sous le titre «Un Marx et ça repart».

Exploitation sociale

Camarade, toi qui sais que tout est politique, tu comprendras que la lutte finale passe par les fourneaux. «Questionner ce que l’on mange revient dès lors à interroger le fonctionnement d’un mode de production et de consommation qui brasse des métiers, des compétences, des talents, mais aussi une exploitation sociale, des conditions paysannes et ouvrières misérables, et des doutes croissants sur la qualité alimentaire, en France et à travers le monde», écrit Patrick Le Hyaric, directeur del’Humanité dans son éditorial.

Ménilmontant

Et, c’est qui qui nous prédit que le Grand soir passera par la gamelle ? Marx Thierry, bien sûr, dont le grand-père vendait l’Humanité, au 140, rue de Ménilmontant, à Paris, là où le futur chef résidait : «En 2050, l’eau va manquer, nous serons devenus flexitariens, c’est-à-dire que nous consommerons 80% de protéines végétales et 20% d’animales,prédit le cuisinier. […] La star de demain, c’est le producteur. Et le pouvoir politique est entre nos mains, à nous, les citoyens, les consommateurs, les associations. Nous avons la clé du camion pour faire en sorte que la planète se porte mieux.»

Endives glacées

Donc camarade camionneur de la Terre, n’oublie jamais qu’il y a toujours un routier au bord du chemin pour se régaler les papilles et se nourrir le cerveau. C’est ainsi que l’on déguste les recettes de Nicolas Magie, le chef étoilé du Saint-James, près de Bordeaux qui imagine des repas gourmands et pas chers pour les plus démunis. On salive ainsi sur ses «endives glacées au jus de betterave, endives rouges, vieux comté» (1,80 euro par personne). On voyage aussi dans ce «garde-manger du monde» qu’est la Seine-Saint-Denis avec les empanadas de Louis Palma qui a fui la dictature au Chili et la pastilla de poulet de Khadija Jabeur.

Magicien des épices

On aime aussi les mots croisés de Carlo Petrini, fondateur et président du mouvement gastro-écologique Slow Food International et d’Olivier Roellinger cuisine à Cancale et magicien des épices, qui dit : «La France, pays des droits de l’homme, doit devenir le pays qui fait du "bien-manger" un droit inaliénable.» Un vrai programme commun.

L’Humanité, «Cuisinons l’époque» en kiosque à partir de lundi, 7,90 euros

Jacky Durand

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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 07:48
« Asile-immigration » : Une loi indigne de la France
 

 

En effet, cette loi réduit les possibilités de demande d'asile, raccourcit les délais de recours, renforce les contrôles de manière à réduire le nombre de réfugiés et à augmenter le nombre d'expulsés. Ce projet de loi multiplie les obstacles dans le parcours du combattant des demandeurs d'asile, souvent livrés à eux-mêmes, en diminuant le temps pour l'examen de leur situation et leurs possibilités de recours s'en trouvent réduites. Par contre, le projet doublera la durée maximale de séjour en rétention dans la perspective de l'expulsion.
 
Ainsi, le gouvernement veut diviser par deux le temps pour la mise en œuvre des droits à l'asile, mais c'est deux fois plus pour la rétention en vue de l'expulsion.
 
A ces mesures régressives s'ajoutent les dispositions pour celles et ceux qui tombent sous le coup du règlement de Dublin, soit la grande majorité, qui interdirait à tout débouté du droit d'asile toute demande dans un autre pays. Ils seront ainsi renvoyés dans le pays de première arrivée où ils ont laissé leurs empreintes, les empêchant de demander l'asile en France ou dans le pays de leur choix. La Grèce et l'Italie, premiers pays d'arrivée, vont ainsi avoir la charge de reprendre ces migrants. De plus, ces migrants dits « dublinés » seraient placés en rétention pour être expulsés.
A cette logique répressive et absurde, s'ajoute, pour le gouvernement, la volonté d'opposer devant l'opinion publique, les « bons et les mauvais migrants », de stigmatiser et de criminaliser ceux qui fuient conflits, persécutions et pauvreté.
Les chiffres du ministère de l'Intérieur attestent pourtant qu'il n'y a aucune pression migratoire qui justifierait ces mesures.
Cette « menace » migratoire est montée de toutes pièces pour rassurer une partie de l'opinion inquiète, désorientée, après des années de campagne de la droite et de l'extrême droite contre les migrants, devenus des boucs émissaires depuis Sarkozy, Hollande et Macron.

La France, terre des droits de l'Homme, s'en trouve défigurée c'est ainsi que sont bradés valeurs, principes, droits de l'Homme et humanité.
Cette loi est indigne et doit être retirée.
Asile-immigration: Une loi indigne de la France (PCF)
Asile-immigration: Une loi indigne de la France (PCF)
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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 07:38

Désormais, tout employeur pourra imposer le forfait jours à ses salariés. Avec l'aval du gouvernement, sénateurs et députés ont profité de l'adoption finale des ordonnances Macron sur le Code du travail pour introduire un amendement permettant à l'employeur d'annualiser le temps de travail d'un salarié sans son consentement. Jusqu'à présent, seul un "salarié volontaire" pouvait se voir appliquer ce régime. Dorénavant, en cas de refus, il pourra être licencié. Avec le forfait jours, le temps de travail est décompté en nombre de jours travaillés. Au maximum 218 par an mais à raison d'une durée journalière pouvant atteindre 11 heures, ce qui fait que la durée hebdomadaire excède les 35 heures. Selon les études de la Dares, elle atteint même la moyenne de 46h30. Sans payer d'heures sup...     

Le forfait jours: Loi travail, un amendement vicieux rajouté en douce (L'Humanité Dimanche, 22 février 2018)
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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 07:18

Un système de retraite doit garantir la solidarité entre les générations, mais aussi préserver l'égalité au sein de chaque génération. 

La "réforme Macron" qui a pour ambition de transformer le système des retraites ne répond pas à cette exigence. 

Certes, le système de retraite est aujourd'hui complexe, peu transparent. Il assure cependant une assez forte solidarité. Le président a mis en avant le besoin d'un système "plus lisible". Manière de cacher d'autres objectifs? En fait, en préconisant pour le calcul des droits à la retraite la généralisation du mécanisme par points, sur le modèle des retraites complémentaires du secteur privé, le gouvernement entérine le passage d'un mécanisme dit "à cotisations définies" qui fait porter tout le risque quant au niveau de la pension à l'assuré. Il tire les retraites vers une logique assurantielle.  Il fait un peu plus payer les retraités modestes, qui ont une espérance de vie plus courte, et proportionnellement, moins les retraités riches, qui ont une longue espérance de vie à la retraite. 

Certes, le temps n'est plus où l'âge de la retraite correspondait en moyenne à l'espérance de vie des ouvriers. Mais l'inégalité ne se réduit pas, comme le montre une récente étude de l'INSEE. 

Pour la période 2012-2016, les 5% d'hommes les plus aisés ont une espérance de vie à la naissance de 84,4 ans. A l'opposé, les 5% de personnes les plus modestes ont une espérance de vie de 71,7 ans. Les hommes les plus aisés vivent donc en moyenne 13 ans de plus que les plus modestes. Chez les femmes, cet écart est plus faible, mais il s'élève tout de même à 8 ans. 

Cette inégalité est d'autant plus insupportable que la retraite a changé de nature.   

Le développement de la protection sociale depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, en transformant les conditions de vie et de travail, a complètement changé les perspectives de retraite. Les salariés attendent aujourd'hui de la retraite autre chose qu'une protection contre le risque de ne plus pouvoir travailler, donc de ne plus pouvoir subvenir à ses besoins élémentaires. C'est très différent des objectifs assignés en 1910 aux Retraites ouvrières et paysannes (ROP), les premières assurances sociales. L'allongement considérable de l'espérance de vie en bonne santé a fait que chacun peut espérer vivre une plus ou moins longue période de retraite sans handicap majeur. Ce qui relevait d'une préoccupation de survie, le plus souvent dans la pauvreté, devient une perspective plus sereine au cours de laquelle nombre de retraités s'engagent dans des activités d'intérêt général et social. 

Cette perspective d'une vraie retraite pour tous est un véritable changement dans l'organisation de la vie humaine. Elle fait de la retraite un projet personnel, commun à tous les salariés et citoyens, qu'il faut collectivement organiser. Mais l'égalisation des conditions au sein de chaque génération n'en devient que plus essentielle. 

Les réformes engagées du système de retraite pour le moment, loin d'apporter des réponses au problème posé, fragilisent le pacte solidaire autour de la retraite. Pour plus d'égalité en retraite, il faut permettre à ceux qui ont l'espérance de vie la plus courte de partir plus tôt. La gestion du système de retraite est complexe et demande en tout cas un débat social transparent sur lequel les salariés et les citoyens doivent avoir réellement prise.

Jean-Christophe Le Duigou, économiste et syndicaliste   

Retraités: les salariés modestes payent pour les riches (Jean-Christophe Le Duigou, L'Humanité Dimanche, 22 février - 7 mars 2018)
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23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 17:27
Attaques antisémites ignobles contre Lucienne Nayet: communiqué des administrateurs du Musée de la Résistance Nationale, 23 février 2018

Association du Musée de la Résistance nationale
(Association Reconnue d’Utilité Publique)
Parc Vercors - 88 avenue Marx Dormoy – BP 135 – 94501 Champigny-sur-Marne Cédex
Téléphone : 01 48 81 53 80 – Télécopie : 01 48 81 33 36
www.musee-resistance.com / e-mail : administration@musee-resistance.com

Champigny-sur-Marne, le 23 février 2018


Lucienne Nayet, présidente du réseau des Musées de la Résistance nationale vient d’être victime d’une opération de propagande odieuse et violente sur un site négationniste et antisémite de la mouvance néo-nazie très active sur Internet.
Un rédacteur de ce site a piraté et détourné l’article de presse rendant compte d’une rencontre de Lucienne Nayet avec des collégiens. Cette intervention concernait l’histoire de son « enfance cachée » pendant la Seconde Guerre mondiale et de la persécution menée par les nazis et le régime de Vichy en France occupée.
Ce type d’opération s’inscrit dans une stratégie de provocation visant à donner le plus large écho possible à des discours de haine et de violence qui sans cela auraient du mal à trouver un auditoire en dehors des nostalgiques de l’ordre nazi et des adeptes d’une vision raciste du monde.
Tous les adhérents de l’association Musée de la Résistance nationale, reconnue d’utilité publique pour son action permanente sont indignés par l’opération dont a été victime leur présidente et l’assurent de leur totale solidarité et de leur amitié. Une plainte a été déposée, ils l’accompagneront dans toutes les démarches qu’elle a entreprises afin de faire interdire ce site et de faire condamner ses rédacteurs, ses hébergeurs, ses financeurs.
Face à la haine, il faut toujours trouver la force de résister. Le travail d’histoire reste le meilleur rempart face aux « assassins de la mémoire ». Le réseau du Musée de la Résistance nationale s’est engagé dans cette voie aux côtés de l’ensemble des associations, des fondations et des musées de la Résistance et de la Déportation.
Toutes et tous, défenseurs des droits humains, attachés aux valeurs démocratiques et aux principes républicains, nous devons demeurer vigilants et lutter contre la propagation de ces discours en France et dans le monde.

Les Administrateurs du MRN

 

Lire aussi la déclaration du PCF Finistère: 

Notre amie et camarade Lucienne Nayet, fille de déporté à Auschwitz et ex enfant cachée, militante de la mémoire, ciblée par un ignoble site antisémite et néo-nazi

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