Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 06:21

Ils avaient pris des arrêtés « anti-mises à la rue » pour protéger les mal-logés. La convocation devant le tribunal administratif est pour mercredi.

Le tribunal administratif de Montreuil doit se prononcer ce mercredi sur la suspension des arrêtés « anti-mises à la rue » pris par six maires du 93 pour « éviter que des familles entières ne se retrouvent sans solution de relogement ». Azzedine Taïbi (PC, Stains), Gilles Poux (PC, La Courneuve), Laurent Russier (PC, Saint-Denis), Carine Juste (PC, Villetaneuse), Sylvine Thomassin (PS, Bondy) et Meriem Derkaoui (PC, Aubervilliers) sont convoqués pour une audience commune à 9 h 30, à la demande du préfet de Seine-Saint-Denis. « L’Etat durcit sensiblement sa politique contre les personnes les plus en difficultés en multipliant les concours à la force publique, en rabotant les aides au logement et en laissant planer le doute sur le maintien de la loi SRU », alertent ces derniers, appelant dans un communiqué « la population à venir (les) soutenir massivement » ce mercredi.

 

 

  leparisien

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 12:13
Philippe Martinez : « Agir par la grève et dans la rue contre les pleins pouvoirs patronaux »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR DIEGO CHAUVET ET PIERRE-HENRI LAB AVEC CYPRIANE EL CHAMI
VENDREDI, 8 SEPTEMBRE, 2017
HUMANITÉ DIMANCHE
Photo : Thomas Samson/AFP
Photo : Thomas Samson/AFP

12 septembre. Pour le secrétaire général de la CGT, les ordonnances vont considérablement affaiblir les protections salariales et conforter « un pouvoir patronal quasi d’ordre divin ». Il pointe la possibilité offerte aux employeurs de licencier individuellement ou collectivement comme bon leur semble. Il appelle les salariés à cesser le travail et manifester le 12 septembre. Il prévient que d’autres mobilisations suivront et rappelle l’exemple des ordonnances du contrat première embauche (2006), promulguées mais jamais mises en œuvre grâce aux fortes mobilisations.

Humanité Dimanche. Primauté de l’accord d’entreprise, barème des indemnités prud’homales, facilitation des licenciements… Avec ces ordonnances, le droit du travail ne passe-t-il pas de la protection même imparfaite du salarié à celle de l’employeur ?

Philippe Martinez. Avec ces ordonnances, c’est la baisse des droits des salariés et le renforcement des pouvoirs des employeurs. C’est le monde du travail à l’américaine où le salarié est congédié sans autre procès et quitte en quelques minutes son travail en emportant ses affaires un carton sous le bras. La communication du gouvernement est habile, mais il y a bien inversion de la hiérarchie des normes. L’exécutif se targue par exemple de renforcer la négociation dans les branches, mais ce renforcement se fait au détriment du Code du travail. Ce sont en effet les branches et non plus la loi qui détermineront le nombre, la durée et le délai de carence des contrats à durée déterminée. La durée du congé maternité est aussi renvoyée au niveau de la branche. Demain en fonction d’où elle travaille, une femme enceinte ne disposera pas des mêmes droits. Ces ordonnances détruisent la base des droits collectifs.

L’augmentation des indemnités de licenciement ne compense pas la baisse des dommages et intérêts accordés par le juge que va engendrer leur plafonnement. Au final, le salarié touchera moins que ce à quoi il a droit aujourd’hui. Pire encore, avec le fameux droit à l’erreur que veut lui accorder le gouvernement, un employeur pourra attendre tranquillement le passage devant le tribunal des prud’hommes, soit un ou deux ans, pour préciser le motif du licenciement. Cela revient à demander au salarié de se défendre sans savoir de quoi il est accusé. C’est le licenciement sans motif tel qu’il existait avant 1973. Quelle modernité ! Ces ordonnances ne relèvent pas du droit, elles relèvent du pouvoir presque d’ordre divin de l’employeur.

Les ordonnances contiennent même des mesures qui n’ont jamais été discutées comme la rupture conventionnelle collective. L’employeur, qui peut déjà licencier individuellement dans le cadre d’une négociation de gré à gré, pourra donc désormais le faire collectivement. Il échappera ainsi aux obligations d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Sans compter la réduction au niveau national du périmètre d’appréciation des difficultés de l’entreprise, qui va permettre à des groupes en très bonne santé financière de licencier ou de fermer des usines comme bon leur semble. Chacun sait comme il est facile pour une multinationale par des jeux d’écritures comptables de mettre sa filiale en difficulté. Les ordonnances vont aussi sanctionner de licenciement le refus, par un salarié, d’une modification de son contrat de travail en cas d’accord d’entreprise. Licencié pour cause réelle et sérieuse, le salarié n’aura droit à aucune indemnité.

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 05:31
André Chassaigne dévoile l'illusion Macron! (L'Humanité Dimanche)
Partager cet article
Repost0
8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 14:07
Le conseiller Macron portait déjà la parole de Pierre Gattaz à l’Elysée en 2012-2013
GÉRARD LE PUILL
VENDREDI, 8 SEPTEMBRE, 2017
HUMANITE.FR
Pierre Gattaz et Emmanuel Macron à l'université d'été du Medef en août 2016. Photo : Eric Piermont/AFP

Alors que le locataire de l’Elysée veut aujourd’hui aller plus loin que la loi El Khomri pour casser le code du travail, le témoignage d’un journaliste de l’Agence France Presse (AFP), en poste à l’Elysée  ces dernières années, nous révèle  qu’il était déjà le porte-parole du président du Medef quand il conseillait François Hollande sur les dossiers économiques.

Les sondages sur la chute de popularité d’Emmanuel Macron et de son Premier ministre Edouard Philippe se suivent et se ressemblent, même si, réalisés par différents instituts, ils ne donnent pas les mêmes chiffres. Celui réalisé par l’institut Elabe pour le quotidien Les Echos du 8 septembre auprès de 1002 personnes nous indique que  45% des Français interrogés disaient faire confiance au nouveau président de la République en mai, juin et juillet. Ce chiffre chutait à 40% en août et tombe à 37%  en septembre.

L’indice de confiance envers le Premier ministre, issu du parti Les Républicains créé par Nicolas Sarkozy, avait démarré à 36% en mai pour passer à 37% en juin et cumuler à 43% en juillet. Il n’était  plusque de 37% en août et tombe à 32% en septembre. Au fur et à mesure que les Français découvrent la véritable politique voulue par le président Macron et son gouvernement, la confiance recule. On peut penser que l’attaque frontale contre le code du travail, alors que de nouveaux cadeaux sont annoncés en faveur du patronat, nourrit de plus en plus la  méfiance des Français.

Faire payer les petites augmentions de salaire du privé par les retraités

Macron a annoncé qu’il voulait faire passer l’impôt sur les bénéfices nets des entreprises à 25%  au lieu de 33% aujourd’hui. « Et en le même temps », pour reprendre son tic de langage, il annonce que seuls les  biens immobiliers seront à l’avenir soumis à l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) tandis que les capitaux spéculatifs qui jouent à l’économie de casino sur toutes les bourses de la planète en seront exonérées. Comme si cela ne suiffait pas, les petites augmentations de salaires que permettra la suppression simultanée de la cotisation chômage et de la cotisation maladie des salariés du privé  ne coûteront rien aux employeurs puisqu’elles seront financées via une augmentation de 1,7% de la CSG imposée aux fonctionnaires et à 60% des retraités dont les pensions n’ont pourtant pas augmenté depuis quatre ans.

Faut-il s’étonner de cette attitude qui semble dictée au président de la République par Pierre Gattaz et le Medef ? Non si  on prend la peine de relire le chapitre 5 du livre écrit par Hervé Asquin (1), correspondant de l’AFP à l’Elysée,  du temps où  François Hollande était président. Dans ce livre paru en mai 2016, Asquin raconte comment, dès l’été 2013, une visite discrète de René Ricol, ancien commissaire général  à l’Investissement nommé par Nicolas Sarkozy, est venu à l’Elysée pour persuaderFrançois Hollande de donner satisfaction au président du Medef qui  réclamait un « pacte de confiance ».

Suite à cette démarche, Pierre Gattaz était reçu à l’Elysée par François Hollande en compagnie de René Ricol, du conseiller Macron et de Michel Sapin, ministre du travail à l’époque. Selon le journaliste de l’AFP, Gattaz plaida pour l’ouverture de cinq chantiers : baisse du coût du travail, de la fiscalité sur les entreprises, baisse des dépenses publiques en parallèle, simplification du droit du travail, levée des freins à l’embauche. C’est à la suite de cette rencontre que Louis Gallois fut chargé de préparer un nouveau cadeau fait au patronat via le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE). C’était l’époque où Pierre Gattaz portait à la boutonnière un pins’ promettant la création d’un million d’emplois.

Gattaz et Macron « sont a tu et à toi », ils » échangent des textos nuit et jour ».

Et le rôle de Macron dans tout ça? Voici quelques extraits de ce qu’en dit Hervé Asquin dans son livre  en s’appuyant sur de nombreuses citations de Gattaz comme de Hollande : « A l’Elysée, Pierre Gattaz dispose d’un relai de poids : Emmanuel Macron. Il sera son cheval de Troie». Selon Gattaz, cité par  Asquin, Macron « veut transformer le pays  et je profite de ce contact (…) Je lui  présente le pacte de confiance, il le fait aboutir avec François Hollande. Bravo ! C’est une victoire pour Emmanuel Macron, pour François Hollande et pour le pays ».

Selon Hervé Asquin, Gattaz et Macron « sont a tu et à toi ». Hollande lui révèle qu’ils « échangent des textos nuit et jour», avant d’ajouter : «  Qu’un collaborateur comme Macron  puisse échanger des textos, essayer de donner des informations, c’est tout à fait légitime, mais qu’ils aient des conversations à tout moment, sous toutes les formes, nuit et jour, c’est quand même…  ». « Le président n’achève pas sa phrase », écrit Hervé Asquin confirmant cette façon qu’à  François Hollande de ne pas aller au bout de ses suggestions comme l’a aussi révélé le livre des deux journalistes du Monde (2).

Parce qu’il était du voyage présidentiel du 10 au 12 février 2014 aux Etats-Unis auquel participait aussi le président du Medef, le journaliste de l’AFP précise aussi que la décision d’accorder 40 milliard  d’allègements de charges au patronat fut décidé dans l’Airbus présidentiel entre François Hollande et Pierre Gattaz avec   la participation d’Emmanuel Macron et de Pierre Moscovici.

Suite à cet accord, Gattaz dira aux journalistes présents dans ce même avion : «Il n’est pas question que je prenne des engagements de résultats, ce n’est pas de l’argent public qu’on nous donne, c’est une baisse de la fiscalité. Je n’ai pas un bouton sur lequel j’appuie pour créer de l’emploi; l’emploi, c’est une conséquences».

La double conséquence fut finalement l’impossibilité pour François Hollande de solliciter un second  mandat à l’Elysée et le hold-up d’Emmanuel Macron  pour s’emparer du poste avec les objectifs que les Français découvrent progressivement.

(1) Hervé Asquin, l’Elysée selon Hollande, l’Archipel

(2) Un président ne devrait  pas dire ça, de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Stock

Journaliste et auteur
Partager cet article
Repost0
8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 13:09
Patronat. Le CAC 40 en passe de battre tous les records de profits
SÉBASTIEN CRÉPEL
LUNDI, 4 SEPTEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ
Olivier Brandicourt, PDG de Sanofi, vole la vedette à Total au premier semestre grâce à un profit en hausse de 200 %. éric Piermont/AFP
 

Avec 52 milliards au premier semestre, en hausse de 26,5 %, les bénéfices des 40 principales sociétés cotées ne se sont jamais mieux portés. De quoi contredire l’argumentaire sur la casse du Code du travail menée au nom de « l’emploi ».

Le « coût du travail » et les « rigidités » du marché du travail seraient la cause du chômage en France ? Mieux que des discours, les résultats du CAC 40 au premier semestre apportent un éclairage utile sur la question. Avec 52 milliards d’euros engrangés depuis janvier, en hausse de 26,5 % par rapport au premier semestre de l’année dernière, les bénéfices des 40 principales sociétés cotées ne se sont jamais mieux portés. À tel point qu’ils sont en passe d’exploser le sommet de 2007, année de tous les records pour les profits, quand 95 milliards étaient entrés dans les caisses avant que la crise financière ne vienne sonner la fin de la fête… momentanément. Sur sa lancée, le résultat net des groupes pourrait crever le plafond des 100 milliards d’euros en 2017, un niveau jamais égalé, avec une croissance au bout de l’année visant les 30 %, comme en 2016 (+ 32 %).

D’ores et déjà, les grands groupes ont accumulé en six mois un trésor équivalant à plus de deux tiers de la totalité de leurs profits de l’an dernier. La recette de ces entreprises pour renouer avec l’euphorie des années 2000 : une politique de restructuration et de réduction des coûts, notamment salariaux, mise en œuvre durant la crise et qui leur a permis, une fois la conjoncture redevenue plus favorable, de renouer avec des profits historiques progressant beaucoup plus rapidement que leur chiffre d’affaires (+ 6,9 %). En d’autres termes, de faire de l’argent sur le dos de l’emploi, avec un taux de marge en hausse d’un point en un an, à 12,5 % en moyenne, contre 11,4 % un an plus tôt.

Le poids des banques demeure prédominant

Dans le détail, on observe une augmentation des bénéfices pour les trois quarts des sociétés du CAC 40, dont certaines affichent des taux de progression à trois chiffres, loin, très loin de la croissance de l’économie française (0,5 % au premier trimestre comme au deuxième trimestre). C’est le cas d’ArcelorMittal (+ 234 %, 8e avec 2,07 milliards d’euros de bénéfices) et surtout de Sanofi qui, en triplant ses profits (+ 200 %, 6,7 milliards d’euros), vole la tête du classement du semestre à Total, pourtant en bonne forme (+ 32,3 %, 2e avec 4,35 milliards). Parmi les autres stars du top 10 des superprofits, Renault et le Crédit agricole (+ 58,5 % chacun, respectivement 5e avec 2,4 milliards et 6e avec 2,2 milliards), LVMH (+ 23,8 %, 7e, 2,1 milliards) et L’Oréal (+ 37,7 %, 9e, 2 milliards) affichent aussi de belles progressions, tandis que BNP Paribas (– 1,9 %, 3e, 4,3 milliards) et Axa (+ 1,9 %, 4e, 3,3 milliards) sont quasi stables. Seule la Société générale affiche un fort recul de ses bénéfices (– 24,3 %, 10e, 1,8 milliard). Hors le Crédit agricole, ce n’est d’ailleurs pas le secteur financier qui tire la croissance des bénéfices du CAC 40. Bien que le poids des banques demeure prédominant avec 11 milliards d’euros au premier semestre, ce sont les sociétés non financières qui caracolent à + 32,8 % de profits en moyenne, soit 6 points de plus que le CAC 40 dans son ensemble.

« Quand on écoute les patrons du CAC 40, on entend les mots : très bon premier semestre, chiffres records, carnet de commandes en hausse, confie un expert au journal les Échos. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu un tel enthousiasme. » De quoi contredire l’argumentaire du premier ministre qui prétend, dans le Journal du dimanche, qu’il n’y aurait d’autre voie pour « attaquer le chômage » que l’octroi de « plus de souplesse au droit du travail » – en réalité, la casse des droits collectifs des travailleurs par ordonnances – et la baisse du « coût du travail » par la « baisse des cotisations ». Car la fragilisation des salariés dans le rapport de forces face aux employeurs d’un côté, et la baisse de leur salaire brut par l’amputation des cotisations de l’autre, vont peser encore davantage sur le niveau global des salaires, favorisant la captation d’une part toujours plus grande des richesses par le capital. Au contraire, des économistes comme Nasser Mansouri-Guilani, syndicaliste à la CGT, plaident pour une définanciarisation de l’économie. Cela passe, selon le responsable syndical, non seulement par la fin des politiques de « déflation salariale », c’est-à-dire par l’augmentation des salaires, mais aussi par le réinvestissement de l’argent détourné par la finance dans les capacités de production.

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 19:08
Appel commun de la CGT et du Mouvement de la paix aux marches pour la Paix du 23 septembre

Depuis plusieurs années, la CGT et le Mouvement de la paix participent conjointement à des initiatives dans le cadre de la promotion de la journée internationale de la paix.

Ceux qui dirigent le monde nous conduisent à un accroissement insupportable des inégalités entre les peuples. Cette situation, qui plonge plus d'un milliard d'habitants de la planète dans l'extrême pauvreté, est un facteur majeur d'insécurité sociale, de violences et de conflits armés…

C'est sur la pauvreté notamment que prospère le terrorisme. Ni rejet de l'autre, ni politique sécuritaire ou surenchère militaire ne peuvent constituer une solution. Le 13 avril 2016, nos organisations ont exprimé le souhait que « Le gouvernement français assure la promotion de la Journée internationale de la paix et la mise en oeuvre des résolutions des Nations unies pour la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence ». Nous avons insisté « pour que la France prenne des initiatives marquantes (…) afin de relancer les négociations internationales pour la mise en oeuvre d’un désarmement nucléaire négocié » et rappelé que l’Organisation Internationale du Travail (O.I.T) stipule dans son préambule « qu’une paix durable ne peut se construire qu’à travers la justice sociale ».

En 2000, les résolutions de l’assemblée générale des Nations Unies (A/RES/52/13 et A/53/243) appelaient « préserver les générations futures du fléau de la guerre exige une transition vers une culture de la paix afin de prévenir les conflits en s’attaquant à leurs causes profondes pour résoudre les problèmes grâce au dialogue et à la négociation » L'adoption par les Nations Unies, le 7 juillet 2017, d'un traité d’interdiction des armes nucléaires est un succès historique pour les peuples. Il est soumis à ratification dès le 2O septembre 2017. La conférence mondiale, contre les bombes A et H qui s’est tenue à Hiroshima en Aout 2017, appelle à la réussite d’une vague mondiale de mobilisation pour la paix du 20 au 26 septembre. L'actualité internationale souligne l’urgence d’une mobilisation populaire pour la paix ! Les marches pour la Paix seront un moment essentiel pour exiger de la France qu'elle :
- Ratifie et signe le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires de l’ONU.
- Renonce à porter son budget militaire à 2% du PIB
- Se retire de l’OTAN
- S’engage résolument à construire une politique de paix et de prévention des conflits en application de la Charte des Nations Unies et des résolutions de l’ONU pour une culture de la paix. Le Mouvement de la paix et la CGT sont cosignataires, avec plus de 100 autres organisations, de l’appel national à marcher pour la paix, le samedi 23 septembre 2017. A travers les marches qui seront organisées partout en France, nous réaffirmons notre attachement aux valeurs de paix, de fraternité, de justice, de solidarité, de démocratie, de liberté. CGT /Mouvement de la Paix. Montreuil le 6 septembre 2017.

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 18:59
Macron, la SNCF et l’impunité démocratique - par Laurent Mauduit (7 septembre 2017, Médiapart)
Macron, la SNCF et l’impunité démocratique
 PAR 

Emmanuel Macron annonce une réforme explosive de la SNCF et du statut des cheminots. Alors que les ordonnances viennent à peine d'être dévoilées, ainsi qu'une pluie d'autres mesures controversées, le chef de l’État, comme enfermé dans une bulle, avance à marche forcée sans se soucier de ce que le pays souhaite ou peut accepter.

 

Emmanuel Macron use décidément d’une méthode singulière pour annoncer ses réformes. Alors que sous d’autres majorités, les projets essentiels touchant à la politique économique et sociale ont souvent été longuement débattus – au risque parfois de s’enliser –, lui avance constamment à la hussarde. Comme si seules ses propres convictions comptaient et que l’État n’avait nul besoin de prendre le temps d’établir ce que Michel Rocard, en d’autres temps, appelait « un diagnostic partagé », ni de confronter ses intuitions à celles des autres acteurs de la vie de la Cité.

La réforme de la SNCF qui se dessine est la dernière illustration en date de cette conception monarchique dans laquelle s’insère depuis le début du quinquennat l’action publique : usant du pouvoir exorbitant que lui confèrent les institutions antidémocratiques de la Ve République, Emmanuel Macron a une opinion sur tout, décide de tout, et veut que les choses aillent vite. L’avenir de cette entreprise publique – qui est (ou était ?) un grand service public – est visiblement déjà scellé. Dans son esprit et donc dans les faits. Puisque tel est son bon plaisir…

C’est d’abord d’une manière pour le moins cavalière que cette réforme très importante – pour les cheminots, comme pour les usagers du service public – a été annoncée : au terme de ce qui est visiblement une opération de communication soigneusement préparée, le journal Le Monde a obtenu le verbatim des propos que le chef de l’État a tenus le 1er juillet dernier, alors qu’il était à bord d’un TGV pour l’inauguration de la ligne à très grande vitesse Le Mans-Rennes, propos qui ont été par la suite publiés par la direction de l’entreprise dans le magazine interne de la SNCF, Les Infos Le Mag.

L’opération de communication est même grossièrement menée, puisque le quotidien tient un récit qui confine à l’extase : « Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, aurait été ébahi par l’approche de M. Macron – mélange de courtoisie accessible et de propos sans fard – qui a laissé les salariés médusés, racontent les témoins de cet échange », peut-on ainsi lire, en amorce de l’article. Voici sans doute le type de journalisme qu’apprécie Emmanuel Macron, lui qui ne rate jamais une occasion de montrer son agacement contre la presse…

Ce préambule étant fait, Le Monde livre les propos du chef de l’État face à différents interlocuteurs rencontrés lors de ce voyage inaugural. « Pour être franc, je pense que le modèle sur lequel on a vécu, le mythe de la SNCF, n’est pas celui sur lequel on construira la SNCF du XXIsiècle », a-t-il ainsi répondu à un salarié du Technicentre Atlantique de Châtillon (Hauts-de-Seine), qui l’interrogeait sur l’avenir du groupe public. « Votre défi sera de ne pas rester sur la protection du passé (…). Le vrai défi sera de dire : si vous voulez défendre votre entreprise, il faut la réinventer. »

Mais la réinventer comment ? Emmanuel Macron a clairement fait comprendre que cela passerait par une réforme du statut des cheminots et par une remise en cause du régime spécial dont ils profitent. « Vous protéger, ce n’est pas protéger votre statut ou le job d’hier, c’est vous protéger en tant qu’individu, pour aller vers le job de demain (…). Soyons clairs, si nous ne réglons pas ce problème, ce sont vos enfants qui paieront. C’est injuste. »

Dans la tête d’Emmanuel Macron, dès le 1er juillet, tout était donc déjà calé. Les contours de la réforme de la SNCF, mais aussi son calendrier. « Je souhaite que l’on puisse avoir au premier semestre 2018 une loi-cadre qui donne le top départ de cette réforme, par exemple au 1er juillet 2018 ou début 2019. (…) Ceux qui étaient à cinq ans de la retraite ne sont pas touchés, les autres ont des droits acquis dans un régime et à partir de ce jour-là basculent vers un régime unique où un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits. »

La réforme pourrait-elle même être encore plus explosive ? Surfant sur les directives de l’Union européenne, qui a fixé les dates limites pour l'ouverture à la concurrence à fin 2019 pour les lignes régionales et à fin 2021 pour les lignes à grande vitesse, le chef de l’État imaginerait-il même que la SNCF aille jusqu’au bout de la logique de privatisation rampante dans laquelle elle est entrée depuis de longues années ? Ce n’est pas dit explicitement, mais c’est à tout le moins suggéré :

« Je pense que si SNCF, avec toute la force que vous représentez, sait s’adapter, elle sera le champion de la concurrence, a plaidé M. Macron. La concurrence va aider les évolutions qui sont déjà en cours. (…) Est-ce que ça veut dire qu’il n’y aura plus de SNCF, que les agents n’auront plus leur place ? Pas du tout. Mais SNCF sera un acteur des mobilités plurielles, beaucoup plus numérisées où les agents auront des missions plus variées (…). Demain, j’attends de SNCF qu’il soit un opérateur intégré qui dira : je sais vous emmener en train puis en car, puis vous louer un taxi ou une solution de covoiturage ou de vélo en ville, etc. Beaucoup ont encore le sentiment, parce que c’est notre imaginaire collectif, que la fierté de SNCF, c’est d’avoir de beaux trains, de belles gares et des infrastructures. Ce n’est pas vrai. Ce sont les voyageurs, les chargeurs, les données les concernant qui ont de la valeur dans cette entreprise. »

À la lecture de ces propos, on pourrait s’en amuser. Finie la SNCF, acteur historique du service public à la française ! Vive SNCF, « acteur des mobilités plurielles ». Mais derrière ces jongleries sémantiques, on devine bien que c’est un projet lourd de conséquences qui se profile…

Le propos présidentiel est donc inquiétant à plus d’un titre. D’abord, il vient confirmer que l’Élysée n’a pas de projets tabous : même les services publics pourraient passer à la moulinette de ce pouvoir néolibéral.

On observera certes que dans le cas de la SNCF, la dérégulation du service public est engagée de très longue date. Parmi les coups de boutoir, il y a ainsi eu la scission au début de 1997 de l’entreprise, avec d’un côté Réseau ferré de France (RFF), chargé du réseau ; et de l’autre la SNCF elle-même, chargée de l’exploitation des transports des voyageurs et des marchandises – même si en 2015, une holding de tête a finalement été créée. Il y a eu à la même époque des transferts aux régions des transports régionaux ; puis les années suivantes, des mises en concurrence sur certaines activités spécifiques de transport.

Et puis, tout au long de ces années, il y a eu une cascade de fermetures de lignes non rentables et une modification radicale des politiques tarifaires de la SNCF. Avec au bout du compte le résultat que l’on sait, que résume cette interrogation : peut-on encore dire que la SNCF est l’acteur majeur du service public des transports ? Assurément, non ! Elle a cessé progressivement de l’être. Car si un service public se définit par quelques critères très simples – comme la péréquation des tarifs ou l’égalité des conditions d’accès pour les citoyens –, la SNCF a progressivement cessé d’y souscrire. Il n’y a plus depuis belle lurette de péréquation des tarifs ; lesquels sont devenus proprement incompréhensibles ! Et il n’y a pas plus d’égalité d’accès des citoyens puisque, progressivement, n’ont plus été exploitées que les lignes rentables.

Et l’on devine sans peine que les ouvertures définitives à la concurrence prévues pour fin 2019 pour les lignes régionales et fin 2021 pour les lignes à grande vitesse risquent de jouer un rôle formidable d’accélérateur : c’est la logique du profit qui va définitivement l’emporter sur la logique du service public.

Même si la déréglementation du service public des transports s’inscrit dans une histoire longue, on se prend à penser que l’ultime coup de boutoir, celui qui fera irrémédiablement basculer la SNCF dans les logiques du privé, aurait pu mériter un débat. Une consultation des cheminots, et tout autant un grand débat public avec les citoyens. Car la SNCF n’est assurément pas une entreprise comme les autres, compte tenu des rôles majeurs qu’elle joue dans la vie de la Cité pour les usagers ; dans la vie économique ; dans les questions d’aménagement du territoire…

Emmanuel Macron ne l’entend visiblement pas de cette oreille. « L’État, c’est moi ! » : toujours pressé, il semble constamment adepte de la méthode autoritaire. Ou plus précisément, il semble empreint d’un trait de caractère, qui est la marque de certains grands corps de l’État et tout particulièrement l’Inspection des finances : lui sait ce qui est bon pour le pays, ce que le pays ne sait pas forcément lui-même. C’est le propre d’un système oligarchique : les élites qui le composent ont la ferme conviction de contribuer au bonheur du peuple, même contre son gré.

Dans le contenu même de la réforme de la SNCF qu’il a ainsi annoncée, comme dans la méthode qu’il a choisie pour ce faire, Emmanuel Macron révèle donc ce qui est sans doute l’une de ses principales faiblesses : il semble enfermé dans une bulle, incapable de pressentir le choc que ses propos peuvent susciter. Incapable de comprendre que la démocratie n’est pas une perte de temps et qu’elle repose d’abord sur un va-et-vient constant entre gouvernants et gouvernés…

 

Le sentiment qu’Emmanuel Macron donne d’être enfermé dans une bulle est d’autant plus fort que cette annonce d’une réforme à hauts risques de la SNCF intervient dans un contexte pour le moins chahuté.

D’abord, le pays vient tout juste de découvrir le choc social que risquaient d’induire les ordonnances, avec à la clef un démantèlement de pans entiers du code du travail. Instruit du conflit social gravissime qu’avait dû affronter Alain Juppé pendant l’hiver 1995, après avoir annoncé pêle-mêle une réforme de l’assurance maladie, une réforme des retraites et la suppression des régimes spéciaux de retraite, tout autre gouvernement aurait avancé avec précaution. Emmanuel Macron, lui, ne se soucie visiblement pas de cela. En avant toute ! Et qu’importe la journée de grèves et de manifestations organisée par la CGT dans toute la France le 12 septembre : pour le chef de l’État, tout cela semble secondaire. Ne perdons pas de temps…

Cet enfermement du pouvoir est même encore plus spectaculaire que cela, puisque l’actualité sociale n’est pas constituée que de la révélation du contenu des ordonnances. Il y a aussi une pluie d’autres mesures, qui continuent jour après jour… De la réduction de 5 euros du montant des aides personnalisées au logement (APL) en passant par de nombreuses mesures d’austérité pour les fonctionnaires, c’est une farandole interrompue de mesures controversées.

Emmanuel Macron semble si sûr de son fait qu’on en viendrait presque à oublier les conditions de sa victoire à l’élection présidentielle : du fait d’un vote de rejet de la candidate de l’extrême droite, beaucoup plus que d’un vote d’adhésion à son propre programme. Mais cela, le chef de l’État ne semble guère s’en soucier, préférant s’enfermer dans un dangereux système d’impunité démocratique. C'est le paradoxe de la situation présente : la violence des mesures concoctées par le chef de l’État est, si l'on peut dire, inversement proportionnelle à la légitimité du pouvoir qu'il incarne…

Partager cet article
Repost0
6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 06:04
Découvrez les temps forts de la fête de l'Humanité: 15, 16, 17 septembre 2017
Découvrez les temps forts de la fête de l'Humanité: 15, 16, 17 septembre 2017

En amenant chaque année ce qu’il se fait de mieux sur ses scènes, la Fête de l’Huma fait partie des grands rendez-vous musicaux du pays. Et préparons, 2017ne sera pas de tout repos. On croisera entre autres l’iguane Iggy Pop, le poète Renaud, le S-Crew de Nekfeu, les légendes du rap des années 90-2000 avec L’Age d’Or du Rap Français (Passi, Neg Marrons, Nuttea, Stomy Bugsy et leurs amis), les nouveaux chouchous du métal made in France Gojira, Trust, Dub Inc, Salut C’est Cool, Feder ou Flavia Coelho. Electro, soul, reggae, hip hop, techno, tango, rock, jazz, pop, R&B, musiques du monde, rap, classique, variété française : il y en a pour tous les goûts à l’huma et ça ne s’arrête quasiment pas pendant 3 jours !

 
 Pour faire un tour de France de la gastronomie

Habitué de la fête de l'Huma, on a un vrai péché mignon: la nourriture proposée. On reste bouche bée devant le choix inégalable dans la restauration. Des spécialités bourguignonnes aux huîtres en passant par les canards du sud-ouest, les mets du nord, de la Méditerranée ou des Vosges, on peut manger de tout et à toutes heure. Alors fruits de mer, raclettes ou morue ? Le plus difficile sera de choisir !

Pour l’ambiance dans les stands

La fête n’a pas lieu que sur les scènes. La bonne ambiance de l’Huma se joue aussi dans les stands des délégations présentes tous le week-end. Une fois le son des principales scènes coupées, une autre musique prend le dessus et la fête continue jusqu’à la fermeture du site dans les ambiances chaleureuses des tentes, les mêmes qui quelques heures avant servaient mojitos et escargots en toute quiétude. Un conseil pratique: faites ami ami avec les personnes qui gèrent les stands, les possibilités d'after sous les chapiteaux s'ouvriront et la nuit ne fera que commencer.

 Pour militer, écouter, débattre

Ne l’oublions pas, la Fête de l’Humanité est avant tout un rendez-vous organisé par le journal éponyme. Bien connue des habitués, la tente de l’Agora au cœur de la fête accueille journalistes, personnalités politique, syndicalistes, intellectuels, artistes et public pour des débats sur l’actualité de la rentrée. Il y a de quoi y passer le week-end !

 Pour tous ce qui fait la Fête

Le Village du monde et ses scènes des luttes internationales, le Village du livre et les auteurs les plus en vue de la rentrée littéraire, la dizaine d’expositions, la Place des spectacles avec la présence de Pierre-Emmanuel Barré, le Quartier Ciné avec la diffusion de documentaires et avant-première, l’Espace Enfant, le Village du Sport, le Village de l’Economie Sociale et Solidaire, l’Espace Numérique, le Forum Social, l’Espace Tourisme… le programme  de la Fête est aussi riche que la Fête est vaste. Préparez-vous à peu dormir et à beaucoup marcher !

Quelques temps forts de la Fête de l'Humanité.
VENDREDI 15 SEPTEMBRE
Soirée de solidarité avec les prisonniers politiques en Palestine, en Turquie, aux États-Unis et au Maroc 19 heures, Village du monde.
Soirée de solidarité avec les « délinquants solidaires » 19 heures, Agora de l’Humanité.

SAMEDI 16 SEPTEMBRE
« Code du travail : les droits collectifs sont_ils un frein à l’emploi ? » Avec Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, et d’autres invités 18 heures, Forum social.

DIMANCHE 17 SEPTEMBRE
« Comment parvenir à la paix en Palestine ? » En présence de Richard Falk, ancien rapporteur sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens. 11 heures, Village du monde.

Le meeting de la Fête de l’Humanité Discours de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Précédé de prises de parole de solidarité nationale et internationale. Dès 15 heures, Grande Scène... Tous les temps forts

www.fete.humanite.fr 
Les Grands concerts
Stand du Finistère - Fête de l'Huma 2017
 

Tiens, j'irai bien boire un chouchen et déguster un Kig ha Farz au Finistère... Mais où est-il ? Il faut dire que sur les 50 hectares du Parc , il n'est pas toujours facile de retrouver un stand. Celui du PCF29, avec ses 18 mètres de façade, est situé dans le "haut de la fête", Avenue Martin Luther King, proche du croisement avec l'avenue Raymonde Tillon, ce qui forme ce que l'on a coutume d'appeler "La place de Bretagne" avec sa petite scène. Ses voisins sont le Morbihan et ses fameuses huîtres, et le Maine et Loire du camarade Alain Pagano. En face, on déguste des crêpes aux Côtes d'Armor !
Deux petites astuces pour trouver facilement le stand :
- Il est adossé au pré qui accueille jusqu'à 70000 spectateurs lors des concerts.
- Plus facile encore, il est quasiment situé au pied de la Grande Roue, point de repère indispensable pour s'orienter sur la Fête de l'Huma !
Voilà, plus d'excuses ! On vous attend avec impatience !

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 16:27
Marine Roussillon, responsable éducation au PCF

Marine Roussillon, responsable éducation au PCF

Entretien réalisé par Michel Delaporte (Journal L’Humanité)

Drapé de bienveillance, le ministre de l'Éducation cherche à pousser la sélection à son maximum. Marine Roussillon décrypte son projet libéral.

Le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, emploie les termes d'« innovation », de « liberté », de « bienveillance » pour définir son idéologie. Une façade ?

 

MARINE ROUSSILLON. Lorsqu'il parle de liberté, il parle en fait de libéralisme. La liberté du chef d'établissement qui gère son collège comme une entreprise en concurrence avec d'autres établissements. C'est la liberté du client, de la famille considérée comme une clientèle qui va devoir choisir sa meilleure école. Mais on sait bien que cette liberté, pour la plupart des familles, c'est extrêmement stressant. Et le plus souvent, hélas, c'est l'école qui choisit ses élèves. Ce n'est pas du tout la liberté au sens de l'émancipation des enfants. La liberté passe par des cadres protecteurs ou par des repères clairs, égaux quel que soit le territoire. Quant à la bienveillance, je ne vois pas quel enseignant pourrait être malveillant avec ses élèves. Il y a là une façon de culpabiliser les professeurs comme responsables des dysfonctionnements de l'école, alors qu'il est question d'objectifs pour notre école. La bienveillance selon Blanquer, c'est que ceux qui sont assignés à l'échec ne soient pas trop malheureux... Or, c'est cette assignation à l'échec qui produit de la souffrance et de l'ennui.

Jean-Michel Blanquer est connu pour ses positions libérales. Il annonce vouloir remettre l'école à plat. Qu'en est-il ?

MARINE ROUSSILLON C'est l'un de ceux qui a appliqué la politique de Sarkozy avec le plus de brutalité. Dans la relation aux enseignants et aux acteurs de l'éducation, on peut s'attendre à du conflit ouvert. Il a mis en place les internats d'excellence. Pour lui, le problème de l'école française, c'est l'égalitarisme.

Il prône une éducation individualisée, avec la concurrence des élèves entre eux pour repérer les meilleurs. C'est aussi lui qui avait mis en œuvre le modèle d'éducation prioritaire, avec l'idée qu'il fallait sortir les établissements en difficulté du public et recruter localement les enseignants. Une idée qui revient sur la table aujourd'hui et qui est très dangereuse, car elle entérine le fait qu'il y a une école différente, moins exigeante et plus précaire, pour les enfants des quartiers populaires. Blanquer applique à l'école la phrase de Macron : « Il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne font rien. »

S'inscrit-il dans une continuité avec ses prédécesseurs ?

MARINE ROUSSILLON. Oui. Voilà dix ans qu'on impose l'autonomie des établissements, le contrôle continu, l'individualisation des formations. La refonte du système global d'enseignement répond aux exigences libérales. Ce sont des lignes de fond avec lesquelles Hollande n'a pas rompu. Il n'y a pas de grande rupture avec Macron.

Au fond, quel est le but de cette politique « différentialiste » ?

MARINE ROUSSILLON. Blanquer et les tenants de cette idéologie néolibérale sont persuadés que la différenciation entre les élèves permettrait de répondre aux problèmes de l'école. Sauf qu'en fait, cette manière de traiter les élèves casse un des derniers lieux où se construit du commun. À l'heure où l'on lance des incantations sur le vivre-ensemble, où l'on s'inquiète d'une société fragmentée, on s'attaque à cet espace où tous les milieux sociaux se croisent et partagent des expériences. Pour moi, il faut faire le lien avec ce qui se passe avec le Code du travail. On casse ce qui va permettre aux salariés d'agir collectivement, on casse la reconnaissance des qualifications, on individualise les formations.

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 16:23

Les chantiers de démolition des ordonnances Macron

Décryptage réalisé par Stéphane Guérard, Kareen Janselme et Cécile Rousseau (Journal L’Humanité du 1er septembre 2017)

Les 36 mesures présentées hier par l’exécutif organisent la casse du droit du travail. Elles s’attaquent de front aux accords collectifs en faisant de l’entreprise l’échelon principal de la négociation sociale, affaiblissent le rôle et les prérogatives des syndicats, et facilitent les plans sociaux.

1- L’entreprise fait sa loi

L’accord d’entreprise prime. La loi El Khomri l’avait initiée, ces ordonnances parachèvent l’inversion de la hiérarchie des normes. Derrière cette expression, se cache un principe fondateur de notre droit du travail. Jusqu’à présent, le Code du travail primait sur toute autre forme d’accord émanant de la branche professionnelle ou d’une entreprise, à moins que ces derniers soient plus favorables aux travailleurs. Tout est envoyé cul par-dessus tête. Le Code du travail ne fixera plus que des seuils minimalistes, adaptables au niveau de chacune des branches professionnelles chargées de définir des règles communes de fonctionnement au sein d’un même secteur économique. Règles que les entreprises auront tout le loisir de contourner via toute une série d’outils distillés au fil des cinq ordonnances. Alain Griset, le président de l’U2P (artisans et indépendants), était sans doute le plus heureux de cette évolution. Car, ces contournements s’offrent aux petites entreprises. Jusqu’ici, en l’absence de délégué syndical, celles-ci devaient se conformer à la loi et aux accords de branche. Désormais, les petits patrons auront la possibilité de passer outre en téléguidant des négociations maison (voir par ailleurs).

Accords compétitivité-emploi survitaminés. Symbole de cette prime donnée aux accords d’entreprise, le gouvernement offre un recours généralisé aux accords compétitivité emploi. « Il s’agit d’une mesure majeure, reconnaissait Muriel Pénicaud, hier. Nous donnons la possibilité aux entreprises de s’adapter vite à une hausse ou une baisse de l’activité économique par des accords simplifiés. » Ces accords étaient jusqu’alors l’apanage de grosses PME ou multinationales (Renault et PSA, par exemple) en proie à des difficultés, souhaitant jouer sur le temps de travail, la rémunération et la mobilité de leurs salariés, dans un laps de temps réglementé, en échange d’une garantie de niveau d’emploi. Les négociations menant à ce genre d’accord vont être « simplifiées », expliquait la ministre du Travail. Et malheur aux salariés qui s’y opposeraient. Leur éviction ne sera plus considérée comme un licenciement économique. Adieu les indemnités et droits au reclassement afférents.

Contrats de chantier, CDD au rabais. Les promoteurs des ordonnances insistaient tout de même, hier, sur le rôle central des branches professionnelles pour la fixation des salaires minimums, des grilles de qualification, des politiques de formation, de prise en compte de la pénibilité et de l’égalité professionnelle femmes-hommes, ainsi que du choix des complémentaires santé. Une façon de souligner que le dumping social tous azimuts entre entreprises d’un même secteur économique avait été évité. Les branches sont dotées d’une nouvelle prérogative : celle du contrat de chantier, dont les modalités étaient jusqu’alors fixées par la loi. Chacune pourra bientôt fixer par la négociation les règles permettant aux entreprises concernées de recourir à ce genre de contrat plus précaire et moins protecteur qu’un CDD. Il n’en reste pas moins que les textes gouvernementaux offrent à la négociation, au niveau de l’entreprise, les moyens de contourner ces seuils fixés par la branche. Un exemple mentionné par le gouvernement ? Une prime d’ancienneté « imposée par la branche » pourra, après négociation d’entreprise, être détournée pour autre chose, comme le financement d’une garde d’enfant.

 

2-Le licenciement devient presque une formalité

la rupture conventionnelle collective sortie du chapeau. C’est la grosse surprise de la journée. Alors que le gouvernement souhaitait inscrire dans le Code du travail les plans de départ volontaires (PDV), il a finalement proposé à la place unerupture conventionnelle collective. Dans le PDV, la prime de départ est incitative, donc en générale supérieure à celle d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Désormais, la négociation sera menée sur le modèle des ruptures conventionnelles individuelles, qui donnent souvent lieu à des indemnités bien moindres, beaucoup d’employeurs se contentant de verser l’équivalent de l’indemnité légale de licenciement. Leur nombre est d’ailleurs en explosion depuis leur création en 2008, avec 35 700 ruptures conclues rien qu’en juin dernier, un record. Ce dispositif, reposant sur le principe erroné que salarié et employeur sont sur un pied d’égalité, fait pourtant couler beaucoup d’encre. Accusée de servir de préretraite déguisée, de n’être souvent qu’à la simple initiative de l’employeur, la rupture conventionnelle collective prédit de nouvelles dérives. Pour Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, « cette création » est aussi une manière d’éviter de mettre en place un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), avec les garanties sociales qui vont avec…

Le rôle du juge anéanti. Après une première tentative avortée dans la loi Macron, l’exécutif réussit cette fois-ci à sérieusement limiter les recours des salariés licenciés devant les prud’hommes. Tout d’abord, les ex-employés voient le délai de contestation devant la justice passer de deux ans à un an. Mais surtout, alors que la compensation allouée au plaignant était laissée à l’appréciation du juge, elle sera désormais plafonnée à vingt mois de salaire brut pour les personnes ayant trente ans d’ancienneté et dont le licenciement a été requalifié sans cause réelle et sérieuse, de six à trois mois de salaire pour deux ans passés dans l’entreprise, et un mois de salaire en dessous de deux ans. Ces plafonds ne s’appliqueront pas en cas de plainte pour discrimination ou d’atteinte des droits des salariés. Cet encadrement drastique augure d’indemnités moindres pour les salariés lésés et d’une sécurisation des licenciements pour les employeurs. Pour tenter de faire passer la pilule, le gouvernement propose en parallèle d’augmenter les indemnités légales de licenciements de 25 %. « Insuffisant », pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO.

Le plan social facilité. Le périmètre du plan social et son motif économique ne seront plus appréciés au niveau international, mais au niveau local. Pour le gouvernement, il s’agit d’harmoniser les règles avec celles des pays européens : « Cette solidarité de toutes les filiales du monde avec la filiale française en difficulté compte parmi les règles qui pénalisent la France dans les comparaisons internationales et qui détournent les investisseurs. » Rien que cela ! Cette réduction du périmètre rend possible la mise en faillite d’une unité implantée en France alors que la santé du groupe est florissante à l’échelle mondiale. Même si la ministre du Travail précise que des garde-fous seront instaurés, comme un « éventuel contrôle du juge », le risque est réel.

3- Dialogue social : les syndicats au second plan

Des accords pourront être signés sans les syndicats… Contre-révolution dans l’entreprise : les sociétés de moins de 20 salariés pourront négocier avec un employé non élu et non mandaté par un syndicat. Les entreprises de 20 à 50 salariés le pourront avec un élu du personnel non mandaté. Un seuil de 50 que revendiquait la CFDT lors des concertations, rejointe aujourd’hui par Jean-Claude Mailly, de Force ouvrière, qui affirme que les discussions ont permis d’éviter que cela ne s’étende aux entreprises jusqu’à 300 salariés. Maigre consolation pour les autres syndicats. Argument du gouvernement et des patrons ? La présence syndicale dans les PME atteint juste les 4 %, et l’absence de délégués syndicaux impose de se conformer aux accords de branche, sans négociation possible à l’échelle de l’entreprise. Dans les TPE, le chef d’entreprise pourra directement consulter ses salariés, notamment par le biais du référendum.

Référendum pour les employeurs dans les TPE. Dans les entreprises comprenant jusqu’à 11 salariés, l’employeur pourra consulter directement ses employés par référendum, sur l’ensemble des thèmes ouverts à la négociation d’entreprise. Dans les entreprises de 11 à 20 salariés, qui ne possèdent pas d’élus du personnel, un référendum à l’initiative de l’employeur pourra aussi être utilisé pour valider un accord d’entreprise. La loi El Khomri avait ouvert la possibilité du référendum mais initié par des syndicats minoritaires. La loi Pénicaud donne cette fois-ci directement la prérogative à l’employeur. Une possibilité qui inquiète même Laurent Berger, le numéro 1 de la CFDT, plutôt sensible jusqu’ici aux propositions du gouvernement.

Fusion des IRP et disparition des CHSCT. Osant afficher vouloir « défendre un dialogue social simplifié et opérationnel », le gouvernement a décidé de fusionner les trois instances représentatives du personnel – délégué du personnel, comité d’entreprise, et CHSCT (comité d’hygiène, sécurité et conditions de travail) – en un seul conseil social et économique (CSE) dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés. François Hommeril, président de la CFE-CGC, dénonce une « fusion forcée » qui « supprime le CHSCT de sa personnalité morale, ce qui discrédite l’ensemble du projet ». Une commission CHSCT pourra exister dans les entreprises de plus de 300 salariés ou être imposée dans certains cas par l’inspection du travail. L’ensemble des syndicats de salariés dénonce cette fusion qui entraînera la diminution du nombre d’élus et de moyens. Un décret prochain devrait préciser ces chiffres. Le gouvernement ouvre également à hauteur de 20 % la participation du CSE aux frais des expertises, qui jusqu’ici demeuraient principalement à la charge de l’employeur. Une façon d’en freiner le recours car le budget octroyé actuellement au comité d’entreprise n’est pas extensible. Autre bouleversement : par accord majoritaire, il sera possible de fusionner les délégués syndicaux (DS) au CSE, et donc leur compétence de négociation. Dans ce cas-là, le CSE prendra le nom de « conseil d’entreprise ». Or, comme le souligne Philippe Martinez, de la CGT : « Un représentant du personnel et un syndicat, ce n’est pas la même chose. »

Face à l’offensive libérale menée par le gouvernement et le Medef, un seul moyen de défense : la lutte commune des salarié.e.s public et privé, des étudiant.e.s, lycéen.e.s, des privé.e.s d’emploi pour mettre en échec le tandem Macron/Gattaz et gagner de nouveaux droits pour toutes et tous !

Premier rendez-vous important : les manifestations du 12 septembre !!!

Tou.te.s ensemble nous gagnerons !

 

Les chantiers de démolition des ordonnances Macron
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011