Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 20:36
Qui va gagner 100 milliards ? ( PCF, 5 février 2018)

Les entreprises du CAC 40 ont gagné 100 milliards d’euros de profits en 2017. C’est 20 % de plus qu’en 2016 « qui fut déjà un excellent millésime » se réjouit Le Figaro Economie. Ainsi, alors que les salariés sont mis à la diète, que l’austérité fait des ravages dans les collectivités, qu’on casse le service public au nom d’ « économies » , les multinationales, elles, s’empiffrent, et gaspillent des milliards.


Cette explosion des inégalités est d’autant plus insupportable que l’on peut se demander : qui vont gagner ces 100 milliards ? En effet une récente étude d’Euronext sur les actionnaires du CAC 40 montre qu’on ignore l’origine de 42 % des fonds du CAC40. Ils sont « hors des radars » avoue la presse spécialisée. En gros les autorités boursières nous disent ignorer l’identité d’un actionnaire du CAC 40 sur deux !


Qui se cache donc derrière ces 42 % de fonds opaques ? Quels trafics se trouvent derrière ces sommes (plus de 500 milliards) ? Les parrains de la drogue ? Du trafic d’armes ou d’êtres humains? La Bourse de Paris serait-elle non seulement le refuge de rapaces mais aussi de gangsters ? On attend de notre banquier de Président, qui est, on le sait, très au fait des choses de la finance, d’utiles éclaircissements.

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 18:18
Le courage de la petite-fille de Che Guevara, au Brésil, en solidarité avec la Palestine

LE COURAGE DE LA PETITE-FILLE DU CHE  EN SOLIDARITE AVEC LA PALESTINE
La petite-fille du révolutionnaire cubain, Che Guevara, a brandi, jeudi dernier, le drapeau de la Palestine en pénétrant sur un terrain de football au Brésil, avant d'être interpellée. Cette photo de cette "Guevara" en lutte et solidaire avec le peuple palestinien a circulé sur les réseaux sociaux du monde entier. Elle a déjà été saluée par des dizaines de milliers d'internautes. Et nous la saluons à notre tour...

Jean-Emmanuel Ducoin, journaliste à L'Humanité  

Partager cet article
Repost0
5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 07:35
Droits des étrangers: Timothée, un français enfermé en rétention (L'Humanité, 26 février 2018)
Lundi, 26 Février, 2018
Droits des étrangers. Un Français enfermé en rétention

Un ressortissant national ne pouvant pas présenter ses papiers lors d’un contrôle policier a été placé en rétention. Une aberration qui en dit long sur la politique répressive menée.

Incompétence des services de police, dérapage de la machine répressive à l’égard des étrangers ou racisme ordinaire ? Comment un jeune Français peut-il se retrouver en centre de rétention administrative (CRA), normalement réservé aux étrangers sous le coup d’une procédure d’éloignement du territoire ? C’est ce qui est arrivé, jeudi 22 février, à Timothée, 23 ans.

Mercredi, à Rambouillet (Yvelines), en début d’après-midi, au volant de sa voiture, ce jeune père de famille fait l’objet d’un contrôle de police. Il n’a pas son permis de conduire et a laissé ses papiers d’identité français chez lui. Bénéficiant d’une double nationalité franco-camerounaise, il fournit aux policiers sa carte d’identité camerounaise. « J’ai sur mon téléphone une photo de mon passeport français, explique Timothée. J’ai proposé de la leur montrer. Ils m’ont dit qu’ils n’en avaient pas besoin. » Il est alors conduit en garde en vue. Au commissariat de Rambouillet, l’ambiance n’est pas particulièrement tendue, mais Timothée a l’impression d’être l’objet d’un jeu vicieux. « On m’a dit qu’on allait prévenir ma famille, explique par exemple le jeune homme, mais lorsque, quelques heures après, j’ai demandé au policier s’il l’avait fait, il m’a répondu : “Non et je m’en fous.” » Même cynisme concernant son droit à voir un avocat. « On m’a demandé si j’avais un avocat personnel, pas si je souhaitais en rencontrer un, raconte Timothée. J’ai répondu non. » Il passe la nuit en garde à vue.

Pris au piège

Sa famille, sans nouvelle, passe le jeudi matin au commissariat où il est enfermé pour signaler sa disparition. Sa compagne fournit ses papiers d’identité. Mais, volontairement ou non, aucun policier ne fait le rapprochement entre le Timothée camerounais encore dans sa cellule et le Timothée français recherché par les siens. Quelques minutes plus tard, une escorte vient le chercher : « On m’a fait signer un papier en me disant qu’il s’agissait du formulaire de fin de garde à vue, raconte encore le jeune homme. C’était en fait un document me signifiant l’ouverture d’une procédure d’éloignement. » Timothée est conduit au tribunal puis directement au CRA de Plaisir (Yvelines). Le jeune homme se sent pris au piège. Il ne veut plus rien signer et doit parler à sa famille. « On m’y autorise finalement, mais le réseau est brouillé, décrit-il. Ma compagne n’entendait rien. » À bout, Timothée s’énerve et casse son téléphone. « Il était excédé, raconte une personne travaillant au CRA qui souhaite conserver l’anonymat. Je suis parvenu à joindre sa famille, qui a finalement fourni ses documents d’identité. » Le jeune père est libéré en fin d’après-midi.

Des placements sans fondement

Outre l’aberration que constitue le placement en rétention d’un citoyen français, cette histoire indique que les placements en CRA peuvent être effectués sans véritable fondement. Selon la Cimade, 53,5 % des retenus, en 2017, ont été libérés pour vice de procédure. La mésaventure de Timothée révèle, par ailleurs, la volonté gouvernementale d’instaurer, par un recours outrancier à la rétention, une double peine pour les étrangers auteurs d’infraction. « Nous recevons régulièrement des personnes ayant commis un délit sans faire l’objet de poursuite judiciaire, indique notre interlocutrice au sein du CRA. On évoque alors un risque de trouble à l’ordre public. »

Depuis sa libération, les policiers sont venus à deux reprises chez Timothée en son absence. Chercheraient-ils à lui présenter des excuses pour ce nouveau dérapage dans la chasse aveugle aux étrangers lancée par le gouvernement ? 

Droits des étrangers: Timothée, un français enfermé en rétention (L'Humanité, 26 février 2018)
Partager cet article
Repost0
5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 07:22

Les éléments de langage ressassés par le pouvoir macroniste ne feront pas illusion longtemps. Non, le projet de loi sur l’asile et l’immigration dévoilé la semaine dernière n’a rien d’« équilibré ». Il marque une rupture avec la tradition française en matière d’accueil, déjà bien écornée par les lois successives votées ces trois dernières décennies, ne conservant pour la bonne conscience qu’un droit d’asile restreint. Ce texte est d’ailleurs entre les mains exclusives du ministère de l’Intérieur, manière de signifier que l’asile comme le défi migratoire relèveraient uniquement d’une affaire d’ordre et de police.

Désormais, la focale n’est plus placée sur les conditions d’accueil et leur respect au regard des conventions internationales, mais sur les procédures d’expulsion et de contrôle. Le seul ressort vise à dissuader les réfugiés-exilés de déposer en France une demande d’asile. Une manière de se laver les mains d’une responsabilité morale et politique de l’Etat français face à une affreuse réalité mondiale qui pousse sur les dangereux chemins de l’exil des millions d’individus. Cette cécité volontaire et coupable se traduit par ce projet de loi anachronique qui ferme les yeux sur les violences de la mondialisation capitaliste qui traite les marchandises avec plus de dignité que les vies humaines.

Ainsi, le délai octroyé pour déposer une demande d’asile passe de 120 à 90 jours, délai au-delà duquel le demandeur d’asile tombe hors des filets de protection, sans possibilité de bénéficier d’un hébergement d’urgence ou de la moindre allocation. Or chacun sait le temps, le courage et l’abnégation qu’il faut pour déposer une demande d’asile lorsqu’on ne maitrise ni la langue ni les codes pour affronter les rouages de l’administration. Dans la même logique, le gouvernement annonce un recours aux technologies numériques (SMS, courriels) pour assurer le suivi des demandes alors que les réfugiés n’y ont, pour l’immense majorité d’entre eux, aucun accès. Le délai d’appel des décisions administratives concernant l’asile est aujourd’hui d’un mois. Le texte de M. Collomb le divise par deux, ce qui rend pratiquement impossible la rédaction du recours et la compilation des documents requis. Une manière d’opérer un tri social dans l’asile…

Le projet de loi amplifie également les mesures répressives à l’égard des réfugiés. En poussant à 135 jours le temps de placement en rétention, contre 40 aujourd’hui, sous prétexte d’un temps plus long pour obtenir les visas consulaires des pays d’origine, l’enfermement des réfugiés déboutés risque de devenir la norme, avec son lot de souffrances humaines.

Bref tout concourt dans ce texte à dissuader les exilés de passer par la France et à semer d’embuches leur parcours sur les routes de l’exil. Déjà la sous-traitance de l’accueil aux forces de police, notamment à la frontière italienne, signalait un important glissement vers un régime de contrôle accru au détriment de la dignité de l’exilé, éprouvé par un long et souvent terrifiant voyage. Par le truchement de ces mesures empilées, le gouvernement cherche à contourner les nombreuses et très compétentes associations, moquées et décriées par M. Macron lors de son déplacement à Calais, qui insistent sur leur rôle pour ce qui concerne le premier accueil. Ce projet de loi rendra encore plus dangereuse la migration d’hommes, de femmes et d’enfants qui risquent leur vie, sans pour autant tarir ces irrépressibles mouvements tant que leurs causes restent intactes.

Sur un enjeu si  crucial pour l’avenir de notre humanité, le pouvoir rompt désormais les digues en donnant des gages à une droite et à son extrême qui privilégient les postures dans une surenchère permanente.

Or, cette fuite en avant empêche de penser le phénomène migratoire dans toute sa complexité et d’y apporter les réponses conformes aux droits attachés à la personne humaine. C’est un signe des temps que la question de la régularisation, celle des dizaines de milliers de personnes en situation irrégulière sur le territoire français, soit aujourd’hui absente des débats, au grand plaisir d’un patronat avide d’inégalités sociales et juridiques pour s’assurer une main d’œuvre bon marché.

Tout concourt à céder aux pressions xénophobes qui s’exercent sur le continent européen et qui prennent appui sur les iniques règlements de Dublin qui répondent du théorème de « la patate chaude » mais empêchent de faire face au défi moral et politique de l’enjeu migratoire. C’est la lâcheté des gouvernements et leurs renoncements qui permettent la surenchère nationaliste. L’Union européenne a des marges de manœuvre pour permettre à notre continent de se hisser à hauteur d’un enjeu civilisationnel en créant les ponts nécessaires entre les peuples du monde en proie aux guerres, aux misères et de plus en plus au réchauffement climatique. Les mouvements entamés des associations, des syndicats, d’élus progressistes et des créateurs et intellectuels peuvent faire vivre la solidarité.

Nb : à votre disposition dans quelques jours le nouveau livre de Patrick Le Hyaric « Pour une Europe solidaire avec les réfugiés.. ET NOS FRERES POURTANT…. »

Patrick Le Hyaric fera un compte rendu de son mandat européen le samedi 28 avril à Carhaix, dans le Finistère.

Et nos frères pourtant! Chassez ce réfugié ... que je ne saurais voir - par Patrick Le Hyaric: le député européen PCF fera un compte rendu de son mandat européen à Carhaix le 28 avril 2018
Partager cet article
Repost0
5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 07:00
Diffusion du film "Ils vont arrêter la bombe sur la chaîne parlementaire, Canal 13

Synopsis

En 1973, un équipage international de treize militants pacifistes embarque à bord d'une vieille goélette dans l'espoir de mettre un terme aux essais nucléaires français dans le Pacifique. Le «bataillon de la paix», constitué du général de Bollardière, Jean Toulat, Jean-Marie Muller et Brice Lalonde vient leur prêter main forte, afin de dissuader l'état-major de procéder aux tirs. Alister Barry, membre de l'équipage, filme cette odyssée. Un témoignage unique, qui retrace l'histoire de la contestation lors de la période des essais «atmosphériques», entre 1966 et 1974.

 

DIFFUSION DU FILM

ILS VONT ARRÊTER LA BOMBE !

                  Un film de François Reinhardt
                  France Ô, Public Sénat 

 

 « Celui qui ne sait pas est un imbécile. Celui qui sait et qui ne fait rien est un criminel ! ». Gilbert Nicolas, 84 ans aujourd’hui, a fait de cette formule, (que l´on doit à Bertolt Brecht), une profession de foi. 

Au début des années 1960 c´est contre la « force de frappe » française qu´il va militer. En pleine guerre froide, et en dépit du « traité de Moscou », la France veut posséder l´arme nucléaire. Synonyme de souveraineté et de liberté pour la majorité des Français, la bombe nucléaire est, pour une poignée d´hommes et de femmes, un « crime contre l´humanité ». Au « cataclysme annoncé », ces militants anti-nucléaires opposent une méthode redoutable : la non-violence ! Pendant toute la durée des essais nucléaires atmosphériques en Polynésie Française (1966-1974), la contestation prendra plusieurs visages. Incarnée d´abord par les députés de Polynésie, l´opposition à la « force de frappe » sera ensuite relayée par une partie de la classe politique française (notamment l´opposition au Général De Gaulle), avant de se propager à de nombreux pays du Pacifique. 

En 1973, un navire contestataire va tenter l´impensable : pénétrer dans le lagon interdit de Moruroa, pour empêcher la France de procéder à une série d´explosions nucléaires. A bord, un équipage international de 13 hommes et femmes, dont un français, Gilbert Nicolas ! Un documentaire de François Reinhardt Produit par What's Up Productions, avec la participation de France Télévisions et Public Sénat.

 

Sur la chaîne Parlementaire – Canal 13-

 

Sam 3 mars

23:26

Dim 4 mars

09:51

Sam 10 mars

22:30

Dim 11 mars

09:00

Dim 11 mars

18:54

Dim 18 mars

18:00

Dim 24 mars

14:00

 

Partager cet article
Repost0
4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 10:53

 

 

 

Les pauvres sont fortuno-dépendants: ils ne pensent qu’à l’argent. Faut-il vouloir devenir riche pour être obsédé à ce point ! Or, on le sait bien, pas besoin d’argent pour être heureux. L’australopithèque vivait sans argent et a pourtant marqué l’histoire de l’humanité. Certes : il pleut toujours là où c’est mouillé, mais n’est-ce pas le meilleur moyen pour combattre la sécheresse et le réchauffement climatique ?

La CGT n’a rien compris. Plus le vase des riches déborde et plus il coule sur les perdants, tous ceux qui ont refusé de leur plein gré d’être des gagneurs, d’écraser le collègue, le copain, de « niquer » père et mère pour « réussir». « Réussir », la belle affaire... reviens Jacquot ; ils ont tué encore et encore Jaurès !  Ils n’en finissent pas  de le trucider, tout en le statufiant. Des statues oui, des statuts non ! Pour travailler, pourquoi faudrait-il des normes, des lois ? Les bosseurs bossent, avec ou sans statut. Les statues de Lénine ont rejoint désormais le musée des rêves criminogènes.

Le statut protège ? Macache ! Les fainéants se barricadent derrière le statut pour tirer au flanc. Pour être rentable, moderne, compétitive, concurrentielle, une économie doit être totalement libre, sans contraintes, débarrassée des freins sociaux, des lois obsolètes du travail, du conservatisme syndical, des revendications salariales anachroniques... Il n’y a pas si longtemps les gosses travaillaient à la mine et cela ne les empêchait pas de ballocher le dimanche au bord de l’eau. Le prédateur élyséen avance vite, sème ruines et régressions abyssales, et prétend en finir avec le service public ferroviaire, ou du moins, ce qu’il en reste.

Et voilà-t-il que pour ce faire il veut se payer la tête et la peau des cheminots le Macron. Entreprise à hauts risques. Dans un pays, il y a des professions symbole de résistance, de luttes anticapitalistes, d’acquis sociaux « jalousés ». Macron veut se payer les cheminots pour des raisons essentiellement idéologiques et politiques. La dette n’est que prétexte. Comme la dame Thatcher, égérie de Pinochet, il entend casser les reins à toute une profession, pour l’exemple. Et brandir ce trophée de lutte des classes, la-tête-des-cheminots, afin de décourager le peuple et d’asseoir définitivement, vitam aeternam, le système capitaliste. Alors oui : tous cheminots, à partir de nos revendications, de nos problèmes, dans la convergence et l’unité la plus large. Jamais l’offensive libérale n’a été aussi débridée, sûre d’elle, cherchant délibérément l’affrontement, « jupitérienne ». De tels enjeux exigent un niveau de lutte à la hauteur de la situation. Tous cheminots ! Gagner ensemble.

 

La SNCF est en crise parce que les cheminots sont des « privilégiés »... La preuve ? La SNCF se porte bien financièrement et fait des bénéfs juteux. Imparable ! 

La preuve ? Avec le statut, les trains n’arrivent jamais à l’heure. Sans le statut (par ailleurs souvent fruit de la présence de ministres cocos au gouvernement), plus d’obstacles à la libre circulation des trains !

Quelle que soit leur nationalité. Pas de migrant chez les trains. Le statut statufie, alors que sa suppression permettrait la mobilité, la flexibilité ; les marche arrière à grande vitesse, les MAGV. En outre, les ordonnances feront en sorte que les trains ne traînent pas. Qu’attendent les usagers ? Un bon ordonnancement des trains. Macron a choisi la bonne voie... plus sérieusement, il pense tenir la bonne « fenêtre de tir » pour casser les cheminots ; et après eux, tous les statufiés. Lui, il veut réussir là où tous les autres ont échoué.

 

Attention, danger !

Les trains, surtout les petites lignes au train train « déficitaire », doivent être terrassées : aux orties, les jolies « michelines » du Massif central, de Terrasson, de Saint-Pons, Olargues, Bédarieux, Saint Juéry, Mazamet. Une voie ferrée, une gare, un hôpital, une université, un « mouroir » pour personnes âgées, se doivent avant tout d’être « rentables ». Les entreprises ne le sont-elles pas, elles ? Il faut mettre la gestion comptable, le fric, l’argent, au centre du système (l’ISF, lui, s’en tire bien : il n’existe plus... trop douloureux pour les pauvres !). Pas question de centrifier les personnels et les usagers... Ne mettons pas les wagons avant les locomotives !

 

Plus de 5,5 millions de fonctionnaires fonctionnent aujourd’hui à cinq pauses café par journée de travail, cinquante coups de fils personnels, sans parler de la sacro-sainte sieste quotidienne au bureau, en classe, en salle de soins, en salle d’aiguillages... C’est insoutenable, ruineux !

 

Macron a raison, même si des manifestants commencent à crier : « Macron, piège à ... ! ». Il est plus que temps de limiter les dépenses publiques. Où puiser, ailleurs que dans la poche des retraités, des salariés, des précaires, des chômeurs, des modestes ? Et tant qu’à faire, d’autres gagne-petit que Monsieur toise avec tant d’arrogance ?

 

Un jour, un jour viendra...

Ne gaspillons pas le peu d’argent que nous avons en France. Les riches sont riches, parce qu’ils créent des emplois, et font marcher l’économie. Carlos Ghosn, PDG de Renault, a 7,25 millions d’euros de salaire annuel. Carlos Tavarès, PDG de PSA-Peugeot a doublé le sien ; LVMH, la multinationale du luxe, si familière aux épouses de cheminots, a augmenté ses profits de 24%, L’Oréal de 38%.

 

La fraude et l’évasion fiscales coûtent à la France chaque année entre 60 à 100 milliards d'euros, soit un montant plus ou moins équivalent au budget de l'Education nationale... Si les riches fraudent, c’est qu’ils ont leurs raisons. L’année dernière, les principaux groupes du CAC 40 ont réalisé 75 milliards d’euros de profits (BNP-Paribas : 7,7, AXA : 5,6, SANOFI : 4,7...), sans compter tous les mécanismes de bienfaisance publique : les paradis fiscaux, les stock options, les parachutes dorés, les retraites chapeau... Sans oublier Total, qui continue à blanchir la Françafrique, ni tous les PDG présentés par d’aucuns (dont les « Panama papers ») comme des organismes... de charité : Xavier Niel, JC Decaux, champion de la com’..., et non pas, comme beaucoup le croient, des délinquants en col blanc. Ah, ah, ah, cela fait du bien de rire de temps en temps !

 

Tout l’argent de ces citoyens si désintéressés, intouchable, ne sert-il pas à améliorer la vie quotidienne des millions de nécessiteux ? Alors, de quoi se plaignent-ils, ces cheminots ? Exit le statut, vivent les pépettes !

 

Mais trêve de plaisanterie ! Attention, monsieur le président, un train peut en cacher un autre... A vouloir chercher l’affrontement pour mettre au pas tout le mouvement social, vous pouvez récolter la tempête que vous méritez.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 10:49

 

Le bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin. « L’Antisocial mène la guerre de classes. »

Destruction Vous vous sentez « privilégiés », vous ? Demandez aux cheminots ce qu’ils en pensent, alors qu’une campagne médiatico-politique s’acharne à les jeter en pâture. Vieille pratique de la doxa libérale à propos de la question sociale. L’autre jour, la ministre des Transports parlait des agents de la SNCF en précisant qu’ils cheminaient dans la vie professionnelle munis d’« un sac à dos » – référence à peine voilée aux fameux « parachutes dorés » des hyper-riches… Dans la bouche de nos gouvernants, tout devient donc possible ! Et puisqu’il convient de déconstruire systématiquement cette novlangue scandaleuse, lisez le livre que publie Thomas Guénolé, Antisocial (éd. Plon), qui s’attache à remettre les paroles à l’endroit et à ne rien laisser passer à ceux qui mènent une guerre de classes… et pensent qu’ils sont en train de la gagner. Une invitation à se réveiller, en somme ! « J’appelle Antisocial le processus politique de destruction du modèle français de solidarité sociale, écrit Thomas Guénolé. Remise en cause après remise en cause, rabotage après rabotage, ce programme nous fait méthodiquement reculer de plusieurs décennies, voire de plus d’un siècle. Quelques exemples suffisent à l’attester. » Et il énumère ce qui, en 2018, nous paraît presque banal, hélas. « Le recrutement d’agents non titulaires dans la fonction publique est devenu un phénomène massif : ils sont près de 1 million en 2015. Pour eux, c’est reculer jusqu’en 1983 (le communiste Anicet Le Pors était alors ministre de la Fonction publique – NDLR), époque où les protections modernes des fonctionnaires titulaires n’existaient pas encore. La retraite à 65 ans est de plus en plus ouvertement débattue : l’appliquer serait reculer jusqu’en 1910, quand cet âge de départ fut adopté. (…) Quant à l’ubérisation du travail, dont les cas les plus connus sont les chauffeurs de voiture et les “autoentrepreneurs”, elle instaure le retour pur et simple de l’ouvrier à la tâche de la fin du XIXe siècle, au temps de la révolution industrielle. Le reste à l’avenant. En d’autres termes, l’Antisocial est un puissant mouvement en marche arrière. » Vous vous croyez à l’abri ? Pour l’auteur, l’Antisocial ne s’arrêtera pas car il en est incapable, et ratiboisera notre système de protection sociale, jusqu’à entamer fatalement les « couches moyennes ». « Si vous ne faites pas partie des 10 % les plus riches, vous ne lui échapperez pas, poursuit-il. Puisque sa finalité est d’accaparer le maximum de ressources au bénéfice de la minorité oligarchique de la population. »

Statut Ce qui se passe à la SNCF sera bientôt un cas d’école enseigné dans toutes les hautes sphères du pouvoir. Comment passer de l’esprit des services publics à une dislocation en règle de l’idée même ? Primo : laisser l’entreprise s’enferrer dans la gestion de contraintes insupportables. Secundo : se servir de ces dysfonctionnements pour s’attaquer à sa vocation publique. Tertio : baisser progressivement son financement pour qu’il cesse de fonctionner pleinement. Quarto : attiser l’opinion publique pour que les gens s’énervent légitimement et qu’en dernier ressort ils aspirent à autre chose, la concurrence par exemple, puisqu’elle nous est vendue comme l’alpha et l’oméga de la vie sur terre. Voilà, le tour est joué. Vous pouvez casser le statut, changer le régime social de l’entreprise et lancer la privatisation ! Les « couches laborieuses », elles aussi, seront plus ou moins convaincues que, faute de mieux, il « faut en passer par là », « essayer autre chose »… Pendant ce temps-là, rassurez-vous. Certains continuent de dormir tranquilles. Les puissants, les « importants », eux, conserveront leur statut, le vrai statut de classe : celui des privilégiés. Eux paieront toujours les premières classes et biberonneront aux dividendes sans lever le petit doigt, bien à l’abri dans leurs quartiers sécurisés – où ne vivent jamais ni cheminots, ni infirmiers, ni urgentistes, ni agents de la fonction publique, ni même professeurs de lycée, et encore moins ces chômeurs en « fin de droits » sortis des statistiques officielles…

 

 

Partager cet article
Repost0
4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 10:45

 

Ce mercredi 28 février est la date de clôture de la négociation entamée entre les centrales d’achat des grandes enseignes de la distribution et leurs fournisseurs. Hier , au cours d’une rencontre avec les journalistes sur le Salon de l’agriculture, les dirigeants de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) de la FNSEA avaient envie de croire que ces relations s’étaient un peu améliorées , en dépit d’une série d’incertitudes. Reste à savoir si le prix du lait va enfin remonter en 2018.

Selon Thierry Roquefeuil , président de la FNPL, plusieurs entreprises qui transforment le lait en produits laitiers élaborés auraient obtenu des grandes surfaces des hausses comprises entre 3 et 4% sur plusieurs produits pour la période qui va de mars 2018 à février 2019 par rapport aux douze mois précédents. En revanche, on ne sait guère quels seront les volumes d’achats du groupe Carrefour dont le nouveau PDG entame une restructuration prévoyant la fermeture de nombreux magasins.

Pour cette raison et pour quelques autres, les trois principaux dirigeants de la FNPL que sont Thierry Roquefeuil , André Bonnard et Marie-Thérèse Bonneau, restent prudents s’agissant la part de la revalorisation du prix des certains yaourts et fromages qui pourrait servir à mieux payer le lait aux paysans. Pour le moment, le prix payé aux producteurs tourne autour de 315 à 320€ pour 1.000 litres de lait livrés à la laiterie collectrice alors que ce prix était proche de 350€ en 2013 et 2014, les deux années qui ont précédé la sortie des quotas de production par pays dans l’Union Européenne. Cette fin de la maîtrise de l’offre est intervenue en avril 2015 et la surproduction provoquait déjà la chute des cours à cette date.

«Inverser cette construction des prix qui doit partir des coûts de production »

En 2015 et 2016, le prix du lait payé aux producteurs fut souvent sous la barre de 300€ les 1.000 litres, tombant même à 270, voire 250€ des mois durant pour certaines entreprises, dont Lactalis de sinistre réputation. Les laiteries vont-elles dès le printemps de cette année répercuter sur le prix du lait à la ferme une partie de l’augmentation de prix qu’elles ont obtenu des grandes surfaces ? La loi que prépare le gouvernement d’ici l’été permettra-t-elle de parvenir à ce résultat ? Lors de son discours de Rungis le 11 octobre 2017, à la mi-temps des Etats généraux de l’alimentation, Emmanuel Macron avait déclaré : « Nous modifierons la loi pour inverser cette construction des prix qui doit pouvoir partir des coûts de production ». On notera à ce propos que toute l’ambigüité du propos se niche dans le « qui doit pouvoir ».On n’oubliera pas que, dix ans plus tôt, le même Emmanuel Macron , rédacteur final du rapport de la commission Attali, écrivait que la revente à perte était « un prix de connivence » entre les distributeurs et leurs fournisseurs. Ce qui suggérait que ces derniers aimaient perdre de l’argent pour augmenter les quantités vendues.

Phil Hogan, le commissaire européen en charge de l’agriculture a déclaré le 29 janvier dernier que la croissance de la production laitière en 2017, qui succède à une baisse en 2016 dans l’Union européenne, «n’est tout simplement pas tenable dans le marché actuel ». Il a indiqué que la production laitière avait progressé de 9,1% en Irlande, de 4,9% en Pologne, de 3,9% au Royaume Uni. Pour le seul mois de novembre 2017 cette hausse de la production était de 6% par rapport à novembre 2016 tandis que 380.000 tonnes de poudre de lait écrémé résultant de la surproduction de 2015 et 2016 sont toujours stockées, ce qui poussera les transformateurs à faire baisser le prix du lait en 2018.

Il faut ici savoir que quand l’Europe produit trop de lait par rapport aux débouchés en produits frais, le surplus est écrémé. La crème est alors transformée en beurre et le lait écrémé est souvent transformé en poudre maigre. Ce fut le cas en 2015 et 2016. Si le beurre a finalement trouvé des marchés rémunérateurs en Asie, ce ne fut jamais le cas de la poudre. D’où ce stock de 380 000 tonnes mis à l’intervention publique. Ajoutons que pour des raisons budgétaires, la Commission européenne n’envisage pas de renouveler ce genre d’opération en 2018. Voilà pourquoi, faute d’une régulation de l’offre, modifier la loi seulement en France « pour inverser cette construction des prix qui doit pouvoir partir des coûts de production », ne sera pas facile à mettre en œuvre si les Pays Bas, l’Irlande, l’Allemagne et la Pologne proposent demain des produits laitiers à prix bradés aux distributeurs français.

Les risques induits sur le prix de la viande bovine

Dans le cadre de la négociation d’un accord de libre échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, la Commission européenne fait état d’exportations possibles de produits laitiers européens vers ces pays d’Amérique du sud. Elle affirme que 350 produits européens de ce type, bénéficiant d’une indication géographique protégée (IGP), font partie de la négociation. Si accord il y a, ces exportations de produits laitiers en Amérique du sud ne porteront que sur des petits volumes, lesquels ne seront pas suffisants pour éviter la nouvelle crise laitière qui se prépare en Europe.

En cas de nouvelle crise de surproduction laitière dès le printemps de cette année 2018 en Europe, les éleveurs seront conduit à vendre davantage de vaches de réforme pour la boucherie afin de réduire leur production litière et de palier au manque de trésorerie résultant de la baisse du prix du lait. Cette augmentation de l’offre en viande bovine fera chuter les cours, surtout si un accord avec le Mercosur devait se traduire par l’importation annuelle de 99.000 tonnes supplémentaires de viande bovine sud américaine en Europe.

 

 

Partager cet article
Repost0
2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 16:41

 

Les chaînes d’information en continu ont mis en scène, douze heures durant, les rencontres parfois houleuses entre le président de la République et les paysans de différentes filières agricoles. Les échanges ont montré un chef de l’Etat dont l’arrogance dissimulait mal la profonde méconnaissance de l’agriculture en général et des raisons de la crise agricole en particulier. Décryptage de quelques propos présidentiels entendus ce 24 février 2018.

Dans un Salon dont l’une des principales attractions est présente chaque année dans le Hall I avec une bonne dizaine de races bovines élevées pour leur viande, beaucoup d’éleveurs entendaient dire au chef de l’Etat leur opposition au projet d’accord de libre échange qui se négocie actuellement entre la Commission européenne et les pays du Mercosur. « Rien n’est fait et nous avons mis les lignes rouges » leur répétait Emmanuel Macron, ajoutant que la France n’acceptera pas l’importation de « viandes aux hormones » provenant du Brésil ou d’Argentine.

La négociation ne porte pas sur l’importation de viandes aux hormones. Néanmoins, les conditions d’élevage et les règles sanitaires sont bien moins strictes en Amérique du sud qu’en Europe. La consommation de farines animales est autorisée dans ces pays, alors qu’elle est interdite en Europe depuis le scandale de la vache folle parti de Grande Bretagne voilà une trentaine d’années. 

Jusqu’à la fin de l’automne 2017, l’offre européenne d’importation de viande bovine sud américaine portait sur des pièces de haut de gamme à tarif douanier réduit à raison de 70.000 tonnes par an. Il se dit partout que le nouveau mandat donné depuis par les pays membres de l’Union européenne à la Commission porte sur 99.000 tonnes par an. Il se dit aussi que la commissaire européenne en charge du Commerce souhaite aller jusqu’à faire une offre de 130.000 tonnes pour faciliter la négociation. En parlant de lignes rouges sans donner de chiffre, Emmanuel Macron n’a cessé de mentir par omission lors de sa visite au salon. 

Négocier les prix en faveur de nos paysans en important pus qu’avant ?

Evoquant la future loi de contractualisation qui doit être votée d’ici l’été, suite aux Etats généraux de l’alimentation, le président de la République a déclaré à plusieurs reprises que cette loi « va permettre de construire les prix en fonction des coûts de production». C’est pourquoi il demande aux producteurs de s’organiser afin de concentrer cette offre, ce qui leur permettra, selon lui, de gagner le bras de fer avec les abattoirs Bigard et leurs clients que sont les grandes enseignes de la distribution . Mais, dans une Europe sans tarifs douaniers entre les pays membres, les distributeurs peuvent importer sans limite de la viande bovine irlandaise, allemande, polonaise ou autre, à quoi s’ajouterait celle provenant d ‘Amérique du sud en cas de conclusion prochaine d’un accord de libre échange. Même quand ils seront très bien organisés pour concentrer l’offre de viande bovine charolaise ou limousine, les éleveurs risqueront alors de ne pas trouver de clients la plupart du temps, du fait de la concurrence étrangère et surtout de la manière dont elle est utilisée pour faire chuter les cours. Sauf peut-être dans quelques créneaux de qualité dont le bio. Ce qui sera vrai pour la viande bovine, le sera aussi pour beaucoup d’autres produits animaux et végétaux.

« On est mauvais » en viande bovine a dit Macron aux éleveurs

 « Quant on va au restaurant, 70% de la viande bovine qu’on mange n’est pas faite en France, on est mauvais », a déclaré le chef de l’Etat à l’adresse des producteurs. Hélas, ce commentaire simpliste n’a rien à voir avec la réalité. A la différence des viandes qu’il achète en magasin, le consommateur connaît rarement l’origine de la viande qu’il consomme chez la plupart des restaurateurs. Il ne connait presque jamais celle qu’il mange en restauration d’entreprise, dans les établissements scolaires et autres. Quand il s’agit de viande bovine, c’est souvent de la vache laitière de réforme importée d’un pays membre de l’Union européenne. Pourquoi ? Parce qu’importer plus que de besoin permet de tirer les prix vers le bas à travers les cotations au cadran sur le marché intérieur en y réduisant la demande au regard de l’offre d’animaux proposés à la vente. Ajouter un nouveau contingent de viande sud américaine réduira encore les débouchés de la viande produite en France et fera chuter les cours en dépit du vote de la loi promise par Macron.

Ce que nous enseigne la volaille saumurée du Brésil

S’agissant de la volaille, très consommée en restauration d’entreprise, la possibilité a été donnée dès 1998 à des pays comme le Brésil et la Thaïlande d’exporter en Europe des viandes « saumurées » avec des tarifs douaniers très réduits par rapport à ceux de la viande fraîche. Ces viandes légèrement « salées » sont devenues depuis des protéines bon marché qui entrent notamment dans des plats préparés comme la paëlla ou le couscous et autres dans la restauration d’entreprises comme dans les plats congelés que l’on peut acheter en grande surface. C’est à cause de ces concurrences déloyales qu’on est « mauvais », aujourd’hui. Mais c’est de la faute des décideurs politique qui ont précédé Emmanuel Macron aux affaires en France et en Europe, pas des éleveurs.

Dans une note de conjoncture d’octobre 2002 du bulletin « Agreste » , édité par le ministère français de l’agriculture , on pouvait ceci : « Ainsi ,l’addition des saumures à des produits à base de filet de poulet permet de les déclarer à leur entrée dans l’UE sous un code douanier dont les droits ad valorem sont réduits par rapport aux droits fixes appliqués à la viande fraîche. Saisissant cette opportunité, le Brésil qui n’exportait aucune viande saumurée dans l’UE en 1997 en est rapidement devenu le premier fournisseur, écoulant en 2001 sur le marché européen 143.000 tonnes de viande de volaille saumurée. La Thaïlande a fait de même à un moindre degré ». Voilà comment on est devenu « mauvais », là aussi, pour reprendre l’expression méprisante du président Macron.   

Dorloter un agneau, puis le mettre dans la gueule du loup

Outre la poule et le chevreau, nous avons vu Emmanuel Macron bercer longuement dans ses bras un agneau tout noir, comme s’il s’agissait de son enfant. Plus tôt dans la journée, des élus locaux et des éleveurs de brebis des départements de la Lozère et de l’Aveyron avaient tenu à lui remettre une tribune et une motion signée de nombreux élus , dont 44 parlementaires et 264 maires. Ces hommes et ces femmes de terrain voulaient lui expliquer que le plan loup adopté en début de semaine par Nicolas Hulot et le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert et visant à faire coloniser tous les territoires dédiés à l’élevage par le prédateur, rend déjà la vie des éleveurs impossible dans de nombreux départements.

Avant de renvoyer ses interlocuteurs vers les préfets, sous prétexte que ces problèmes ne se règlent pas à l’Elysée, Emmanuel Macron leur a dit que « le plan loup a été défini, territoire par territoire, et on met le loup suffisamment loin de l’agropastoralisme dans des endroits où il ne le menace pas ». Ce n’est pas ce qui est écrit dans les 96 pages du document adopté par les deux ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture. Parce qu’ils sont sans défense, les moutons comptent pour 94% des victimes du loup chaque année et leur nombre a été 9.000 en 2015 et près de 12.000 en 2016. 

Quelques 22, 5 millions d’euros ont été dépensés en 2016 pour renforcer les protections dont 78,5% pour le gardiennage, 10% pour les parcs et autant pour les chiens de protection. Sans empêcher les attaques et les dégâts d’augmenter par rapport aux années précédentes. Il faut ici imaginer le stress et de la souffrance des humains et plus encore des animaux d’élevage que l’on massacre. Il faut aussi savoir que les éleveurs ont cofinancé à hauteur de 20% ce plan de protection en y mettant 4,5 millions d’euros de leur poche. Alors que la France importe un agneau sur deux pour sa consommation de viande ovine, cette dépense introduit une distorsion de concurrence au détriment des éleveurs français rapport à l’Irlande, le Royaume Uni et la Nouvelle Zélande. Sans être membre de l’Union européenne, la Nouvelle Zélande exporte 235.000 de viande ovine par an en Europe dont 13% en France à droits nuls.

Enfin, 27 mois après la Cop21 et 3 mois après la tenue du « One Planet Simmit », d’Emmanuel Macron pour mettre la finance au service du climat, ce plan loup ne peut que faire reculer le pastoralisme et l’élevage à l’herbe. Or les prairies captent du carbone et les herbivores qui broutent cette herbe entretiennent la biodiversité. La colonisation progressive de ces paysages par le loup, comme le veulent les écologistes de salon, conduira à la fermeture des milieux naturels que les troupeaux maintenaient ouvert .Cela ne manquera pas de favoriser les incendies .Du coup, ce milieu naturel captera encore moins de carbone tandis que l’élevage des agneaux en bergerie, nourris essentiellement au grain, augmentera le bilan carbone de chaque kilo de viande ainsi produit. Mais ces choses là ne s’apprennent pas à l’ENA. L’homme qui cultivait son image au salon en serrant un agneau sur son cœur le 24 février ne savait peut-être rien de tout cela.

 

 

Partager cet article
Repost0
2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 16:38

 

 

1 764 euros, en moyenne, ont été transférés en 2017 du salaire des Européens à la poche des actionnaires, comparé à 1990.

La Confédération européenne des syndicats (CES) a calculé que, en moyenne, 1 764 euros ont été enlevés sur la seule année 2017 au salaire de chaque travailleur européen, comparé au début des années 1990. La méthode de calcul est intéressante, puisqu’elle met en exergue le poids du coût du capital sur les revenus de chacun. Il y a trente ans, la part des salaires dans la richesse créée (le PIB) représentait exactement 66 % (elle était de 70 % en 1975). Elle est tombée en 2017 sous les 55 % dans certains pays comme la Pologne ou la République tchèque, et à 62,9 % dans la moyenne européenne. Ce qui représente un manque sur la fiche de paye dépassant les 4 000 euros par an dans certains pays d’Europe de l’Est.

À l’échelle de l’Union, chaque point de PIB représente 132 milliards d’euros environ, 20 milliards pour la France. « Les entreprises gardent une part plus importante de leurs bénéfices au détriment des salaires, estime Esther Lynch, secrétaire confédérale de la CES. Ce ne serait pas si grave si ces bénéfices étaient réinvestis dans l’entreprise et la formation des travailleurs, mais on constate que la part des investissements dans le PIB a également diminué. » Autrement dit, non seulement les entreprises se sont accaparé de plus en plus des richesses créées au détriment du salaire, mais elles ont également rogné sur les autres moyens de redistribution que sont l’investissement et la formation. « C’est du vol pur et simple, poursuit Esther Lynch, les riches deviennent encore plus riches aux frais des personnes qui dépendent de leur salaire pour vivre. »

Le coût du capital : 200 milliards d’euros de dividendes

Car, techniquement, ces milliards sont allés aux actionnaires. En 2017, plus de 200 milliards d’euros ont été reversés en seuls dividendes dans l’Union, dont près de la moitié pour les seules France et Suisse… « Les responsables politiques et les économistes s’inquiètent souvent des coûts salariaux mais, depuis au moins vingt-cinq ans, le vrai problème porte sur les coûts du capital : le montant versé aux actionnaires, explique Esther Lynch. La réponse à cette situation est de relancer la négociation collective en faveur de salaires plus justes. » Pour le CES, les syndicats ont un rôle majeur à jouer pour « exiger une augmentation salariale supplémentaire pour compenser la perte d’une juste partie de la richesse que les travailleurs ont contribué à produire ». La confédération insiste sur le fait que les augmentations de salaire profiteront à la croissance, via une hausse de la consommation de tous, et surtout qu’ils sont les garants de la bonne santé du système social. 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011