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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 08:43

Gwendal Rouillard, protégé et un des derniers dauphins de papi Jean-Yves Le Drian, député PS hollandais défenseur de sa politique libérale et pro-patronale sans cas de conscience, puis passé avec armes et bagages à Macron sans problème aucun derrière son mentor.

Je j'ai bien connu au MJS, où j'ai milité entre 1995 et 2001 et où il est arrivé après moi, avec très peu de bagage et de culture politique, mais a vite appris, non la profondeur d'un engagement de gauche au service des opprimés, mais plus sûrement la trajectoire et les us et manières du carriériste. Son idole à l'époque était Ségolène Royal...  Et non Jaurès malheureusement! 

Il raconte aujourd'hui dans une interview assez complaisante du Télégramme du jour pourquoi il faudrait aider de manière prioritaire les "chrétiens d'Orient" ne laissant pas cette cause à l'extrême-droite.

C'est vrai que les chrétiens d'Orient, en Irak, en Egypte, en Syrie, en Palestine, vivent des situations très angoissantes et qu'il faut s'en préoccuper car c'est toute une partie de cet héritage multiséculaire de l'orient métissé et pluri-confessionnel qui risque de disparaître, mais il faut s'en préoccuper comme de l'ensemble de ces peuples et des minorités ou "communautés" qui les composent, sans faire de discrimination sur des bases ethniques ou religieuses.  

Le devoir de solidarité humaine et l'internationalisme ne se divisent pas sur des critères confessionnels, ethniques ou sectaires.

Je me sens autant et plus solidaire même des Syriens qui sont opprimés par Bachar-al-Assad et luttent contre lui que de ceux qui, certes pour des raisons subjectives et historiques qu'on peut comprendre, parce qu'ils sont chrétiens et ont peur des islamistes, sont instrumentalisés par le régime et soutiennent, plus ou moins contraints, le pouvoir du tortionnaire de Damas.

Quant aux philippiques de Gwendal Rouillard sur la gauche laïcarde, on ne se sent pas concernés nous au Parti Communiste: il y a le pire et le meilleur dans le christianisme comme dans toutes les religions, et nous ne nions pas le potentiel révolutionnaire et émancipateur de certains aspects du christianisme, mais notre règle éthique et politique à nous, c'est de ne pas mélanger religion et politique, et de faire référence à une communauté universelle de l'humanité qui n'exclut pas les particularismes, les diversités culturelles, philosophiques, religieuses, mais ne s'appuie pas sur eu pour définir les droits à l'existence et à la considération.

Alors, oui, aider les Chrétiens d'Orient, comme tous nos frères humains syriens, égyptiens, irakiens, yéménites, palestiniens, libanais, sans solidarité sélective, et sans reprendre la vieille politique coloniale française d'instrumentalisation des minorités. 

Par rapport à l'accueil des réfugiés, des persécutés demandeurs d'asile aussi, il faut accueillir tous ceux qui ne peuvent plus vivre dans leurs pays et qui frappent à notre porte, pas seulement les chrétiens d'orient, comme on l'a entendu dans certains discours de ministres socialistes à l'époque de Hollande.   

Aider les chrétiens d'Orient, oui mais pas qu'eux, monsieur Rouillard...

Le Télégramme, 27 janvier 2018 

 

Le député du Morbihan (à droite) et le révérendissime père abbé Neemtallah Hachem, Supérieur général de l'Ordre libanais maronite, en 2016, au Liban.

Le député LREM (ex-PS) de Lorient (56), Gwendal Rouillard, vient d'être nommé coprésident du groupe d'études pour les chrétiens d'Orient à l'Assemblée nationale. La coprésidence sera exercée à ses côtés par un député LR, nommé prochainement. 



Pourquoi un groupe d'études sur les chrétiens d'Orient à l'Assemblée ?
Il a été créé en 2014. Beaucoup de parlementaires souhaitaient qu'on ait un espace de réflexion et de rencontre dédié à la question des chrétiens d'Orient et des minorités. J'ai souhaité reprendre le flambeau pour marquer le soutien de la France, et, en particulier, du Parlement, à cette cause. Elle a une relation privilégiée avec ces populations et elle est attendue. Nous devons être au rendez-vous de cette attente. 

Quelle est leur situation aujourd'hui ?
Daesh a exécuté nombre de chrétiens et de yézidis, beaucoup d'autres ont fui leur pays. Aujourd'hui, on constate un retour de ces populations : en Irak, à Qaraqosh, et dans la plaine de Ninive. En Syrie, à Homs et Hama, des réfugiés commencent à rentrer chez eux, et parmi eux, il y a des chrétiens. C'est encourageant mais il demeure encore des centaines de milliers de réfugiés loin de leurs territoires. L'enjeu est donc devant nous car il faudra garantir leur sécurité. Je souhaite que ce sujet soit un paramètre majeur des négociations de paix pour les pays de la Région. 

Quelles actions comptez-vous mener ?

 

D'abord, en apportant un soutien politique durable aux populations ; ensuite, par un soutien aux actions humanitaires, celles des autorités religieuses mais aussi celles des ONG françaises et des ONG locales, qui font un excellent travail. Enfin, par un soutien au développement dans la perspective de la reconstruction des différents pays. Je pense en particulier à la santé, à l'éducation, à la sécurité, aux infrastructures et bien sûr à l'économie. Je souhaite donner une dimension opérationnelle à nos travaux. Nous irons d'ailleurs sur place, ces prochains mois. 

On imagine que Jean-Yves Le Drian vous soutient ?
Il viendra naturellement s'exprimer devant notre groupe d'études. Ce sujet est un engagement personnel et constant de sa part, il en a encore parlé avant-hier au Sénat. C'est aussi un engagement personnel du Président Macron et je peux en témoigner. 

Vous avez dit récemment que la gauche ne s'était pas assez impliquée pour les chrétiens d'Orient...
Parce que la gauche a un problème avec les religions ! Elle est en tension permanente entre, d'un côté, un courant humaniste, ouvert et laïc auquel j'appartiens, et le courant laïcard avec des gens qui sont contre les religions et toute forme de croyance. Par ailleurs, je ne souhaite pas que le sujet des chrétiens d'Orient soit instrumentalisé, notamment par certaines mouvances d'extrême droite. C'est un combat républicain à partager. 

Vous êtes marié à une Libanaise maronite. C'est votre vie privée qui vous a inspiré cet intérêt pour les chrétiens d'Orient ?
C'est un sujet que je suis depuis plus de vingt ans. Mais avec mon épouse, j'ai la chance d'avoir à mes côtés une conseillère spéciale qui me fait part de ses connaissances et de ses analyses. Elle joue un rôle très précieux à mes côtés.
 

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 06:53

 

Point de vue par Jean Ortiz

Jean Ortiz est un maître de conférences, syndicaliste et parfois homme politique. Il est d’abord spécialiste des littératures des Amériques et des littératures de langue espagnole, il est aussi journaliste, donnant des chroniques à L'Humanité, et à la revue altermondialiste Mémoire des luttes.

 

 

Pensez-vous qu’il soit possible de détruire scrupuleusement le Service Public, tout en feignant de le révérer ? Savez-vous comment convaincre tout un pays que sa richesse dépend d’abord de celle des uns, les plus riches comme de bien entendu ? D’aucuns appellent cela le « ruissellement »... on nous propose donc comme modèle la pluie pour les petits, les peu fortunés, les qui comptent leurs sous, les qui tirent le diable par la queue..., au lieu du soleil, réservés aux seuls milliardaires qui, à leurs dires, se le gagnent.

Qui aurait l’outrecuidance de tout tenter pour rendre un peuple enthousiaste à l’idée de son propre sacrifice ? Et qui se laisserait berner par des changements d’image, éculés jusqu’à la couenne ? Antan, Giscard avait voulu donner un coup de jeune à sa présentation des vœux à la nation, en col roulé, au coin du feu... Alors, une interview dans un escalier, ce n’est qu’une resucée des ficelles d’école de com’ basique. Et c’est aussi réduire les journalistes, fascinés ou feignant de l’être, complaisants pour la plupart, à des sous-marches ancillaires.

Savez-vous comment créer et maintenir un climat anxiogène dans le but caché d’apparaître comme le seul sauveur possible, au sourire rassurant et à l’intelligence au-dessus de la moyenne ? Savez-vous comment redorer le blason de la France, tout en étant en réalité cul et chemise avec Trump, Erdogan, Netanyahou, etc. ? Savez-vous comment mettre les gens à genoux avec leur propre consentement ? Et avec la collaboration des médias appartenant majoritairement à 9 milliardaires, à des fabricants d’armes, à des marchands de canon ?

S’il faut appeler un chat un chat, un chien un chien, ces chiennes de méthodes fleurent bon la dictature « douce », doucereuse, mais pas heureuse, « soft » en bon français de France... On choisit sa propre position, on ment et on manipule en permanence, en pensant dominer l’art de convaincre par la rhétorique... On tait les luttes, on voudrait faire croire que les communistes n’existent plus, qu’il n’y a pas d’alternative au capitalisme...

En fait, c’est la démocratie que l’on travestit , que l’on martyrise, avec des yeux d’un bleu à prendre les Français pour des bleus. Nous sommes en pleine liquidation des conquêtes du Front Populaire, de la Libération, de Mai 68. Et il faudrait l’accepter, voire s’en féliciter, au nom de l’intérêt bien compris de la France et des Français d’en bas.

Alors, non merci ! Il est vrai que l’opération formol a marqué des points, que nous sommes en pleine restauration, dans un climat de contre-révolution euphorique... Tous les ingrédients sont réunis d’une dictature de l’argent par une petite caste de nababs sans scrupules. Agrémentée de toutes les recettes plus néolibérales les unes que les autres : comme culpabiliser et criminaliser les précaires au lieu de développer des politiques inclusives, comme faire payer les pauvres pour que les poches des riches débordent et vomissent le fric...

Alors, non merci ! Osons « penser mal », ce que nous vivons ressemble de plus en plus à l’étouffement mielleux de toute pensée critique, par une dictature feutrée qui sait parfaitement qu’il lui faut taire son nom. Dénonçons-là, sans prendre de gants, même si l’opinion publique, muselée par les sondages et la guerre idéologique sans répit, respire encore des vapeurs de chloroforme.

Macron nous prend pour des couillons ! Et derrière les mots, la pensée macronienne n’est qu’une stratégie au service des siens, qui l’ont mis là où il est précisément pour cela. Tant pis pour les dupes, s’ils se laissent duper ; cela ne durera pas éternellement. La baudruche Macron peut se dégonfler plus vite que son ombre.

ooooooooooooooooooooooooooooooooooo

 

Le Meilleur des mondes : la prédiction dépassée d'Aldous Huxley

(publié en 2015 - Blogs Politis)

S'il vivait encore de nos jours, Aldous Huxley (1891-1963) serait sans doute amené à constater combien son anticipation d'un « Meilleur des mondes » est aujourd'hui complètement dépassée.

Aldous Huxley publia son roman prémonitoire en 1932. Vingt-six ans plus tard, en 1958, l'écrivain constatait dans son essai « Retour au meilleur des mondes » combien ses prédictions entraient déjà dans les mœurs, plus rapidement encore qu'il ne le pensait.

 

« La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader, un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude. »

Qui ne reconnaitrait pas encore nos pseudo-démocraties dans ces lignes au scalpel devrait lire la description qui suit (extraite comme la précédente citation du "Retour au Meilleur des mondes") :

 

« Sous la poussée d’une surpopulation qui s’accélère et d’une sur-organisation croissante et par le moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation des esprits, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques -- élections, parlements, Cours suprêmes, et tout le reste -- demeureront, mais la substance sous-jacente sera une nouvelle espèce de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu’ils étaient au bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions de radio et de tous les éditoriaux. Entretemps, l’oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs des esprits, mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera. »

Il faut avoir l'esprit sérieusement chloroformé par la propagande mainstream pour parler encore de démocratie occidentale dans des pays où les candidats présentés aux électeurs sont préalablement sélectionnés et adoubés par les milieux financiers (qui financent ou non leurs partis et leurs campagnes électorales), les instituts de sondage (qui imposent ou détruisent leurs images selon des critères édictés par les classes dominantes) et par les médias (qui décident de la place qu'ils leur accorderont pour présenter -- ou non -- leur projet).

La plus pitoyable caricature du Meilleur des mondes selon Huxley ne se trouve-t-elle pas dans les institutions supranationales du monde présent (celles de l'Union européenne, par exemple) ?

Leur incommensurable bêtise

Il y a cependant une chose qu’Aldous Huxley n’avait pas anticipée : l’usure de ce système oppressif à visage démocratique, puis son effondrement sous l'effet conjugué de causes hautement destructrices :

– l'éclatement de la bulle financière dans laquelle s'étaient réfugiées ses élites

– la décomposition de son univers économique reposant exclusivement sur l'exploitation de ressources énergétiques en voie d'épuisement

– le total délitement moral et intellectuel de dirigeants politiques dégénérés (de Bush à Obama en passant par des Berlusconi, des Cameron, des Chirac, des Sarkozy ou des Hollande, des Juncker, des Dijsselbloem ou des Hillary Clinton...)

– le poids de la menace climatique déclenchée par l'irresponsabilité absolue des sus-nommés et des lobbies qui les font danser.

La multiplication de l’arsenal répressif visant tous les citoyens (lois d'exception à prétexte antiterroriste, militarisation outrancière des forces dites "de l'ordre"...) montre que les apparences démocratiques de cette dictature bonasse ont mordu la poussière et ne suffisent plus à en garantir la pérennité. Nul doute que devant ce constat sans appel, Aldous Huxley, qui, lui, était intelligent, aurait revu sa copie.

Car l'agitation puérile des oligarchies du vieux monde face aux menaces des barbares à ses portes achève de miner leur lamentable édifice, miné par leur incommensurable bêtise.

 

 

https://www.politis.fr/blogs/2015/05/le-meilleur-des-mondes-la-prediction-depassee-daldous-huxley-31256/

 

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 06:51

 

Pour une éthique de l'hospitalité des réfugiés

Une « hypocrisie française » pour certains, un « déni d'humanité insupportable » pour d'autres ! Le bruit médiatique est tel autour des questions relatives à l'asile et l'immigration que les postures politiciennes prennent le pas sur l'essentiel, nous voulons dire sur ces personnes, femmes, hommes et enfants, qui transportent leurs histoires tragiques de vie comme un baluchon sur leur dos et viennent ici et maintenant frapper à la porte du pays des Lumières, le pays de Voltaire et de Montesquieu. Cette République qui, en son sein a accueilli l'abbé Pierre et Jean-Paul Sartre, a aussi construit l'école de l'émancipation, de l'indignation de Stéphane Hessel !

Ici et maintenant, pour construire la société de demain, fidèle à ses valeurs originelles et originales qui devraient faire de notre pays un phare de cet humanisme enraciné et rayonnant. Comment préparer cet avenir si, dans notre cher et vieux pays, la première rencontre est celle de murs qui ne sont pas des barbelés ­ comme notre Europe est capable d'en laisser ériger ­ mais des constructions bien plus insidieuses car techniques, administratives, pour surfer sur la vague d'une opinion publique qui est pour le moins inhospitalière, voire franchement hostile à l'accueil de l'autre, dans l'a priori de fraudeur qui est donné comme image à celle du migrant.

Notre indignation est celle de citoyens d'ici et d'ailleurs, pour qui, au-delà de la convention de Genève sur les réfugiés, clé de voûte de ce que nous sommes les uns et les autres par-delà nos différences, qu'elles soient philosophiques, religieuses, politiques, se sont rencontrés pleinement sur cet enjeu

d'humanité qui nous oblige. Les mots forts prononcés, les unes de journaux parfois caricaturales peuvent à leur insu desservir les causes que nous pouvons partager. Il n'y a pas d'indignation sélective ou de sentimentalisme dans ces lignes. Il n'y a pas de ce pragmatisme que l'on veut opposer aux idéologies, mais qui en devient une au nom d'un bon sens qui n'a justement de sens que de décrédibiliser celles et ceux qui, comme nous tous, croient que leur responsabilité est celle de faire progresser le sens de l'accueil dans une opinion publique soit indifférente, soit hostile car se repliant sur cette idée saugrenue du « c'était mieux avant », que Michel Serres, sage parmi les sages, met à bas.

Est-ce une société de la peur, de l'a-tolérance, de l'imperméabilité aux « fugitifs » qui nous rejoignent que nous voulons comme horizon ?

C'est bien au contraire l'accueil inconditionnel, fédérateur et ambitieux qui est le chemin, celui de l'honneur de la République qui nous anime ; cet accueil inconditionnel dans tous ces lieux chéris de notre creuset républicain que sont l'école, l'hôpital, les espaces de culture. Nous ne pouvons accepter que cette inconditionnalité, inscrite dans le Code de l'ac-

tion sociale et de la famille dès 1956, mais, au-delà, dans le génome de ce que nous sommes à la suite des grands penseurs, et les valeurs de fraternité, laïcité qui ont fait rayonner notre pays de Québec à Pékin en passant par Haïti ou bien Le Cap, soient foulées aux pieds par une circulaire d'un éphémère ­ au sens d e l ' Histoire­mini stre de l'Intérieur.

Cette inconditionnalité, pratiquée par les associations catholiques ou protestantes, laïques, inscrite dans la loi, ne doit pas être balayée d'un revers de la main au mépris de notre histoire mais, surtout et avant tout, de celui des hommes, femmes et enfants qui, dans ces lieux sanctuarisés, viennent chercher un peu de paix et d'oxygène pour se reconstruire. Briser ce lien de confiance entre acteurs de l'accueil et migrants pour de bas motifs liés à un suivisme d'une opinion publique est indigne.

C'est probablement le moyen le plus cynique de renforcer le sentiment selon lequel ces réfugiés, quels que soient les motifs de leur venue, sont des fraudeurs en puissance. Les inciter à rester dans la rue ne pourra qu'accroître le sentiment de rejet et de haine. Si, en 1981, François Mitterrand n'avait pas bravé la pensée dominante de l'opinion publique sur la peine de mort, elle n'aurait pas été abolie alors ! Notre devoir et notre honneur sont de convaincre que cette question de l'accueil et le refus du tri des réfugiés ne sont non seulement pas mineurs, mais constituent un enjeu de civilisation. Lorsqu'il s'agit de la vie d'êtres humains en situation de fragilité, c'est la conscience de chacune et de chacun qui est interrogée.

Notre engagement commence ici et maintenant ; il commence dans une démarche visant à convaincre nos concitoyens que c'est l'essence même de la société, que nous voulons construire et laisser aux générations futures, qui est en jeu, au même titre que les questions d'environnement, car ce sont les deux faces d'une même pièce.

L'urgence de l'indignation doit être accompagnée de la persévérance de la pédagogie de cette forme d'humanité qui nous habite et doit être au cœur du courage politique des décideurs d'aujourd'hui !

C'est aussi cela, incarner la République et son avenir ! Conduire l'opinion publique, plutôt qu'être soumis à son diktat ! C'est aussi cela, dépasser les postures, le simplisme, qu'exige cette forme de démocratie de l'opinion, démocratie aussi médiatique, qui sont un déni du temps long et des valeurs qui ont pétri notre histoire hier pour bâtir celle de demain. Il est temps d'agir collectivement ! Soyons à la hauteur des exigences pour demain !

 

PAS DE SENTIMENT SÉLECTIF

« Notre préoccupation est celle de citoyens d'ici et d'ailleurs qui, par-delà nos différences philosophiques, religieuses, politiques, revendiquent que cet enjeu d'humanité nous oblige. Il n'y a pas d'indignation sélective ou de sentimentalisme à avoir, mais une politique rationnelle à fonder. » indiquent les signataires de « Réhabiliter le combat humaniste », parmi lesquels Bertrand Gaufryau et Jacques Gaillot.

 

.NOTRE DEVOIR ET NOTRE HONNEUR SONT DE CONVAINCRE QUE L'ACCUEIL ET LE REFUS DU TRI DES RÉFUGIÉS CONSTITUENT UN ENJEU DE CIVILISATION.

 

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 18:19
Distribution de tracts sur le marché de Morlaix le 9 septembre dernier -

Distribution de tracts sur le marché de Morlaix le 9 septembre dernier -

Vivre et vieillir dans la dignité et le respect: L'Humain d'abord. Tract du PCF en soutien à la manifestation et la grève du 30 janvier 2018 dans les EHPAD - distribution samedi 26 janvier sur le marché de Morlaix

Plusieurs militants du PCF seront présents sur le marché de Morlaix samedi prochain, 26 janvier, de 10h à 12h, devant la mairie et place Allende, pour alerter la population sur la situation ultra-tendue des EHPAD et la prise en charge du vieillissement et du droit à l'autonomie des personnes âgées.  

Vivre et vieillir dans la dignité et le respect: L'Humain d'abord. Tract du PCF en soutien à la manifestation et la grève du 30 janvier 2018 dans les EHPAD - distribution samedi 26 janvier sur le marché de Morlaix
Vivre et vieillir dans la dignité et le respect: L'Humain d'abord. Tract du PCF en soutien à la manifestation et la grève du 30 janvier 2018 dans les EHPAD - distribution samedi 26 janvier sur le marché de Morlaix

Le 30 janvier, et les jours d'avant et les mois d'après, soyons mobilisés pour une autre politique d'accompagnement du vieillissement et des EHPAD, car la situation est de plus en plus dramatique, touchant bien souvent la maltraitance institutionnelle en dépit du professionnalisme et du dévouement des personnels.

A connaître et  signer aussi, cette pétition "Dignité des personnes âgées, des moyens pour nos EHPAD !".

C'est une cause importante. Voudriez-vous la signer à votre tour ?

Voici le lien:

https://www.change.org/p/ dignité-des-personnes-âgées- des-moyens-pour-nos-ehpad?utm_ medium=email&utm_source= petition_signer_receipt&utm_ campaign=triggered&share_ context=signature_receipt& recruiter=31851652 

 

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 13:25

Communiqué du groupe CRCE

Nous demandons au Conseil d’État la suspension de ParcourSup

vendredi 26 janvier 2018

Le 25 janvier 2018, le groupe CRCE au Sénat a demandé au Conseil d’État la suspension de la plateforme ParcourSup.

Le groupe CRCE organise un recours pour suspendre l’arrêté " PARCOURSUP ", pour défendre les droits du Parlement et le libre accès des bacheliers à l’Université

En forçant l’application de la loi sur la sélection à l’université avant son vote par le Parlement, le Gouvernement prend le risque d’une crise majeure à la rentrée
La ministre de l’enseignement supérieur a pris, le 19 janvier, un arrêté pour la mise en œuvre du traitement automatisé des données collectées par le nouveau portail " Parcoursup" qui remplace APB.

En plus des informations habituelles, ce nouveau portail permet de demander aux candidat-e-s des données sur leur parcours extrascolaire (CV, activités sportives et artistiques, attestations de formations diverses, etc.).
Ces ajouts substantiels modifient radicalement l’objectif du portail qui devient un outil aux services des établissements supérieurs pour sélectionner les étudiant-e-s qu’ils souhaiteraient accueillir. Il constitue sans conteste une application anticipée du projet de loi relatif à " l’orientation et à la réussite des étudiants " qui sera discuté par le Sénat les 7 et 8 février prochains et qui donnera aux universités ce pouvoir de sélection.

Le groupe CRCE du Sénat s’indigne de cette violation flagrante des droits du Parlement auquel le Gouvernement demande de voter une loi qui est déjà mise en application. Cette stratégie du fait accompli révèle malheureusement la fonction d’enregistrement que le Président de la République souhaite assigner à la représentation nationale.

Ce déni de démocratie et cette volonté de mettre en place le plus rapidement des dispositifs illégaux dans la plus totale improvisation mettent en danger les choix des candidat-e-s et de leurs familles.

En responsabilité, le groupe CRCE du Sénat a décidé d’organiser un recours en référé auprès du Conseil d’État pour obtenir la suspension de l’arrêté du 19 janvier 2018 qui met en place le nouveau dispositif "Parcoursup". Il agit ainsi pour contraindre le Gouvernement à respecter les droits du Sénat et pour réaffirmer son attachement au libre accès des bacheliers à l’enseignement supérieur qui est une des composantes majeures du pacte républicain.
Des sénateurs déposent un recours contre Parcoursup 

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/01/26012018Article636525427612018416.aspx

 

Peut on mettre en application la loi sur l'orientation avant même qu'elle soit discutée et adoptée ? C'est ce que conteste le groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste du Sénat. Il relève que " La ministre de l’enseignement supérieur a pris, le 19 janvier, un arrêté pour la mise en œuvre du traitement automatisé des données collectées par le nouveau portail « Parcoursup» qui remplace APB. En plus des informations habituelles, ce nouveau portail permet de demander aux candidat-e-s des données sur leur parcours extrascolaire (CV, activités sportives et artistiques, attestations de formations diverses, etc.). Ces ajouts substantiels modifient radicalement l’objectif du portail qui devient un outil aux services des établissements supérieurs pour sélectionner les étudiant-e-s qu’ils souhaiteraient accueillir. Il constitue sans conteste une application anticipée du projet de loi relatif à « l’orientation et à la réussite des étudiants » qui sera discuté par le Sénat les 7 et 8 février prochains et qui donnera aux universités ce pouvoir de sélection". Le groupe CRCE du Sénat "s’indigne de cette violation flagrante des droits du Parlement" et organise un recours contre le texte auprès du Conseil d'Etat.

 

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 13:23
Logement - 6 maires communistes de Seine St Denis en lutte contre les expulsions locatives
Six maires en lutte contre les expulsions

vendredi 26 janvier 2018

Des élus de 6 municipalités PCF de Seine-Saint-Denis (Aubervilliers, Bondy, La Courneuve, Saint-Denis, Stains, Villetaneuse) étaient convoqués jeudi 25 janvier au tribunal administratif pour justifier devant le juge leurs arrêtés visant à interdire toute mise à la rue sans relogement.

Ces arrêtés ne se mêlaient pas de l’expulsion en elle-même mais demande une assurance quant au relogement des personnes expulsées, conformément au droit au logement (Constitution et traités signés par la France).

Verdict prévu le 7 février.

L’Humanité reviens sur cette convocation au tribunal administrative dans l’édition du jour.

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 13:21

Analyse de Isabelle Rey-Lefebvre pour Le Monde

"Macron, le président qui voulait privatiser les HLM"

vendredi 26 janvier 2018

La journaliste Isabelle Rey-Lefebvre a analysé dans le journal Le Monde le projet d’Emmanuel Macron concernant les HLM. Elle définit son projet comme une volonté de transformer les organismes HLM en "entreprise à structure capitalistique, avec des actionnaires".

Elle cerne le projet du président de la République en deux premières étapes : Réduire les aides au logement et les loyers HLM et regrouper les bailleurs sociaux.

"Mais la réforme voulue par M. Macron va bien au-delà et vise « à faire circuler le capital ». Des mots qui ne sont pas anodins et heurtent le monde HLM : « Faire circuler le capital ? On n’en a pas, il n’y a rien à faire circuler ! », s’exclamait, le 10 janvier, Freddy Grzeziczak, président de l’office public de l’habitat de l’Aisne."

Pour Isabelle Rey-Lefebvre, Emmanuel Macron vise un changement radical de modèle économique : "Il s’agit donc de donner une valeur à ce patrimoine dans la perspective de le vendre, ce qui constituerait, selon nombre d’élus de gauche, une atteinte au bien commun. [...] Mais intégrer la vente future d’un logement social dans son plan de financement, donc le montant de son loyer, c’est envisager une cession systématique : un changement radical de modèle économique."

Retrouvez ici l’intégralité de son analyse.

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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 10:05

 

Une enquête Viavoice pour la Fondation Gabriel-Péri montre de forts clivages générationnels et sociaux quant à la perception du marxisme et du communisme.

À l'heure de la « start-up nation », le rêve d'une fin de l'histoire consacrant le libéralisme serait-il devenu réalité ? Pas si sûr, à en croire une étude Viavoice pour la Fondation Gabriel-Péri rendue publique hier soir. Interrogés sur la pertinence des idées communistes « dans le monde actuel », 41 % des sondés répondent certes qu'elles « n'en ont plus aucune » mais tout de même 35 % jugent à l'inverse qu'elles « demeurent pertinentes ou devraient être adaptées », une proportion qui grimpe à 65 % parmi les sympathisants de gauche. Le dernier chapitre pour les Français n'aurait ainsi peut-être pas été écrit. « Sur l'ensemble de la population, les bonnes images du communisme et du marxisme restent minoritaires. Mais avec autour de 20 % (voir infographie), on est bien au-delà des scores électoraux des partis qui s'en revendiquent clairement », relève Aurélien Preud'homme, le directeur des études politiques chez Viavoice. Capitalisme et libéralisme n'ont d'ailleurs pas bonne presse auprès des sondés, avec respectivement 56 % et 47 % d'opinions négatives.

 

POUR 56 % DES SONDÉS, LA LUTTE DES CLASSES EST TOUJOURS D'ACTUALITÉ

 

Alors que les militants du PCF s'interrogent, en vue de leur congrès en novembre, sur la perception du communisme, 62 % des sondés estiment que c'est « un fait ancien, dépassé ». À ranger donc dans la catégorie « vieux monde » ? Pas tant que cela, en réalité, aux yeux des nouvelles générations : 72 % des 65 ans et plus estiment ainsi que le communisme est « dépassé », contre 50 % parmi les 18-24 ans (32 % ne partagent pas cette idée et 18 % ne se prononcent pas). Et seulement 28 % de cette catégorie d'âge estime que « les idées communistes n'ont plus aucune pertinence », contre 57 % chez leurs aînés de 65 ans et plus. « On pourrait penser qu'on est face à un déclin, mais ce clivage générationnel laisse à croire qu'on est au contraire face à un retour de ces idées », analyse Aurélien Preud'homme. « En dépit de l'acharnement, soit à dire pis que pendre du communisme, soit à l'effacer de l'horizon, il est frappant de voir que dans la jeune génération cela ne prend pas », observe Guillaume Roubaud-Quashie, en charge de la coordination de la réflexion du PCF sur « le sens du combat communiste ». « Il semble que l'assimilation entre communisme et régimes totalitaires s'estompe », constate également le président de la Fondation Gabriel-Péri, Alain Obadia (lire ci-contre). Parmi les interrogés, une majorité relative (44 %) partage plutôt l'idée que « les régimes totalitaires qui (l')ont revendiquée n'ont rien à voir avec la pensée communiste ou marxiste initiale ».

Un « clivage social » est aussi au cœur de cette étude. « Alors que 70 % des catégories aisées considèrent que le communisme fait "ancien" et "dépassé", cette opinion n'est partagée que par 52 % des catégories populaires », assure le sondage. Quant au capitalisme, 31 % des « chefs d'entreprise, cadres et professions intermédiaires » le jugent positivement, contre 15 % des « employés et ouvriers ». « Depuis la crise financière de 2008, on mesure une remise en cause du consensus selon lequel le capitalisme et le libéralisme allaient amener la démocratie et réduire les inégalités. Un fait accentué par des scandales comme les Panama Papers », explique Aurélien Preud'homme.

Si seulement 17 % des sondés ont une opinion positive de la pensée de Karl Marx (26 % chez les jeunes), l'un de ses concepts centraux n'apparaît pourtant pas désuet à une majorité de Français : pour 56 % des sondés, la lutte des classes est toujours d'actualité. Et 76 % estiment que les classes sociales existent encore.

 

LA NOTION DE « BIENS COMMUNS » EST BIEN IDENTIFIÉE PAR UNE LARGE MAJORITÉ

Les idées communistes et marxistes sont cependant davantage perçues comme utiles pour dénoncer les excès du capitalisme (36 % des sondés, 62 % parmi les sympathisants de gauche) et comprendre le monde (35 %, 53 % à gauche) que comme « alternative crédible au système économique actuel » (18 %, 32 % à gauche). « Il existe parfois le sentiment que la bataille idéologique est perdue, en réalité la situation est plus complexe avec des points d'appui, malgré des décennies pendant lesquelles l'idée d'absence d'alternative au libéralisme a été martelée. Certaines des questions sur lesquelles nous nous mobilisons ont un écho très important », souligne Guillaume Roubaud-Quashie, dont le parti recueille 13 % d'opinions positives. L'emploi (61 %), le pouvoir d'achat (47 %) et le système de santé (39 %) forment le trio de tête des enjeux prioritaires, selon le sondage, tandis que « valoriser davantage les filières industrielles françaises » et « lutter davantage contre l'évasion fiscale » sont deux mesures qui recueillent près de 90 % d'approbation. Quant à la notion de « biens communs », qui figure parmi « les mots rattachés spontanément au communisme », elle serait plutôt bien identifiée, notamment en termes de patrimoine culturel, de ressources ou d'espaces naturels mais aussi de services publics (éducation 72 %, transport 65 %, système de santé 64 %). « Pour une large majorité, l'ensemble des "biens communs" doit être accessible à tous au minimum, mais aussi être la propriété exclusive de la collectivité, et enfin être exploité ou géré par des entreprises publiques », souligne également l'étude. « La question qui est posée au PCF, souligne Guillaume Roubaud-Quashie, c'est comment, à partir de ces idées, passer d'une force potentielle importante à une force réelle à la hauteur de ces défis et aspirations. »

 

 

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 16:01

"L’essentiel de ce que vous proposez est niché dans un considérant de principe : la compétitivité, qui devrait être le fil directeur des efforts communs pour l’approfondissement de l’Union économique et monétaire. Alors que se multiplient les signes de l’échec de la politique européenne, vous vous enfermez dans ce grigri qui masque les réalités humaines. Vous ne voyez plus les peurs, les désespoirs des femmes et des hommes, des jeunes, de nos anciens. Vous éliminez la souffrance qui rétrécit les consciences. Comment peut-on faire grandir l’amitié des peuples sur cette matrice de la guerre économique et sociale ?"

"Comment peut-on prétendre fonder les relations entre les peuples sur l’Europe des marchés, de l’austérité budgétaire et du dumping social ? Derrière le discours sur le renouveau du traité, c’est le dogmatisme néolibéral qui prévaut, ce dogmatisme qui a coupé Bruxelles, Paris et Berlin des peuples de l’Europe."

55 ANS DU TRAITÉ DE L'ELYSÉE - INTERVENTION À L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Intervention prononcée le 22 janvier 2018 à l’occasion du cinquante-cinquième anniversaire du traité de l’Élysée, qui a été signé par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle le 22 janvier 1963 et dans le cadre de l'examen de la proposition de résolution de M. François de Rugy et plusieurs de ses collègues pour un nouveau Traité de l’Élysée et pour accroître le rôle des parlements dans la coopération franco-allemande.

M. le président. La parole est à M. André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

M. André Chassaigne. Monsieur le président, chers collègues, symbole de la réconciliation scellée entre la France et l’Allemagne, le traité de l’Élysée est l’aboutissement de la volonté et de la ténacité d’un grand homme d’État qui avait une vision pour la place de notre pays dans le monde, une vision pour un monde de paix multipolaire libéré de la soumission à l’impérialisme des États-Unis : le général de Gaulle.

Avec la contribution du chancelier Adenauer, il a voulu consacrer l’amitié des peuples français et allemand au lendemain des pages les plus sombres d’une histoire commune trop souvent cruelle et tellement sanglante.

Pour les internationalistes que nous sommes, l’amitié entre les peuples français et allemand va de soi. Nous aimons l’Allemagne : celle d’hier et d’aujourd’hui ; celle de l’est et de l’ouest ; celle de Goethe, Schiller, Heine, Mendelssohn ; celle de Marx, August Bebel, Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg, Clara Zetkin, celle de Thomas et Heinrich Mann, de Bertolt Brecht et de Heinrich Böll, de Christa Wolf et de Hermann Müller.

Notre Allemagne n’est pas celle des intérêts financiers défendus aujourd’hui par Mme Merkel. Comme le disent si bien nos amis de Die Linke, nous avons besoin d’une « Allemagne européenne ». L’arrogance, soit-elle française ou germanique, est un danger pour l’Europe. Nous voulons une amitié et une coopération fondées sur un idéal de paix partagé par les peuples d’Europe, un idéal imaginé, bien avant les chefs d’État et de gouvernement, par le mouvement ouvrier des deux côtés du Rhin, par de grands intellectuels et hommes politiques comme Otto Dix, Romain Rolland, Jaurès ou encore le pasteur Niemöller, un idéal à l’opposé de l’Europe d’aujourd’hui, traversée par une vague de nationalismes xénophobes qui ne font pas partie de ses valeurs.

La solidarité et la coopération franco-allemandes doivent être ouvertes aux autres nations. Notre partenariat privilégié doit contribuer à la solidarité européenne. Il se doit de construire une nouvelle vision pour notre continent qui a vocation à devenir le pilier d’un monde qui n’est plus unipolaire.

Or, qu’avons-nous aujourd’hui ? Une Union européenne prisonnière de la religion néolibérale dont les grands prêtres nous psalmodient leurs cantiques : le traité de Maastricht, le traité de Lisbonne, le pacte budgétaire. Une nouvelle Inquisition avec sa guerre sainte : la confrontation militaire a été remplacée par la guerre économique ; les fusils, les chars et les avions ont cédé leur place au dumping social et à l’austérité budgétaire au nom de l’orthodoxie néolibérale.

Mais les victimes sont toujours les mêmes : les peuples !

Vous nous soumettez, dans ce projet de résolution, une Europe sans vision, vaste zone de circulation du capital et de production des dividendes. Une Europe sans le rayonnement qui a si souvent éclairé le monde, de la Révolution française à la révolution spartakiste.

Pas la moindre esquisse d’un projet pour la planète tout entière, d’une Europe jouant un rôle essentiel dans la construction d’une ère nouvelle, multipolaire, où les peuples seront à égalité pour enrichir notre humanité commune de leurs génies singuliers. Certes, on ne peut que se réjouir de la coopération interparlementaire entre les deux assemblées, preuve que nous pouvons travailler ensemble et aboutir à des accords. Un nouveau traité de l’Élysée ? Pourquoi pas. Mais avec un contenu fort, ouvrant sur le monde de demain, portant et inspirant un renouveau substantiel dans le cadre de notre rapport à l’Allemagne et à l’Europe en général.

Mais l’essentiel de ce que vous proposez est niché dans un considérant de principe : la compétitivité, qui devrait être le fil directeur des efforts communs pour l’approfondissement de l’Union économique et monétaire. Alors que se multiplient les signes de l’échec de la politique européenne, vous vous enfermez dans ce grigri qui masque les réalités humaines. Vous ne voyez plus les peurs, les désespoirs des femmes et des hommes, des jeunes, de nos anciens. Vous éliminez la souffrance qui rétrécit les consciences. Comment peut-on faire grandir l’amitié des peuples sur cette matrice de la guerre économique et sociale ?

Comment peut-on prétendre fonder les relations entre les peuples sur l’Europe des marchés, de l’austérité budgétaire et du dumping social ? Derrière le discours sur le renouveau du traité, c’est le dogmatisme néolibéral qui prévaut, ce dogmatisme qui a coupé Bruxelles, Paris et Berlin des peuples de l’Europe.

Cette résolution est aussi une ode à peine voilée au fameux modèle allemand. Un modèle fait d’austérité idéologique et de pointillisme budgétaire, d’excédents financiers insolents nourris par l’appauvrissement des autres peuples européens, avec une proportion de pauvres et de précaires en Allemagne plus importante encore qu’en France, des équipements publics qui se délabrent et des infrastructures de transport obsolètes. Votre perte de confiance, chers collègues, est telle que vous voulez cela pour la France et pour l’Europe !

Monsieur le président, collègues signataires de cette proposition de résolution, vous avez malheureusement succombé à l’hypnose néolibérale. Vous avez oublié que vous êtes les élus de la nation que Goethe admirait tant et non les petites mains sans attache patriotique au service des actionnaires dont parlait Anatole France. À l’opposé, nous voulons donner un sens positif à la relation entre nos deux pays, penser un partenariat étroit, équilibré, non exclusif, qui ne peut se réduire au couple moteur franco-allemand.

Construire une vision, affirmer une volonté politique suppose de travailler à un rééquilibrage à tous les niveaux, pour poser les fondements d’un projet européen, sans occulter les grandes questions que sont l’évasion fiscale, le poids des dettes illégitimes, une BCE au service des banques et sans action sur l’économie réelle, les inégalités sociales et territoriales, la course à l’armement au sein de l’OTAN.

Comme le disait déjà Victor Hugo en 1842, la relation entre la France et l’Allemagne est déterminante pour l’avenir de l’Europe et du monde. Elle doit être célébrée dans cet objectif, et c’est à cela qu’il faut travailler. Nous proposons une politique économique solidement fondée sur la recherche et l’enseignement, une coopération industrielle dans le respect des aspirations écologiques des peuples européens. Nous proposons une politique énergétique définie en commun où tous les pays doivent renoncer à court terme aux énergies carbonées. L’Allemagne est l’un des deux principaux pollueurs européens et nous-même devons avancer vers la concrétisation de la transition énergétique. Notre volonté partagée doit être celle d’une puissante contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.

Enfin, ensemble avec les autres pays européens, pour notre planète, pour le droit au bonheur et au développement de chaque être humain, il est urgent d’impulser de puissantes politiques de coopération et de co-développement, seul moyen de tarir les mouvements migratoires et d’empêcher l’abandon et la ruine des pays du Sud.

Les peuples de France et d’Allemagne doivent être à l’initiative de la définition d’un projet européen digne de ce nom, d’un projet ambitieux pour l’ensemble du continent, susceptible de donner un nouveau souffle et un sens à l’Europe. Il s’agit de construire, avec et pour les citoyens, une Europe sur des bases saines, c’est-à-dire démocratiques, sociales, écologiques. Nous croyons en une Europe sociale qui serait consacrée par un véritable traité social européen, qui ne saurait être réduit au seul couple franco-allemand, un traité porteur de valeurs et de normes protectrices de nos travailleurs, socle d’une Europe solidaire, libérée de la tutelle des marchés financiers, des dogmes du libéralisme et de l’austérité budgétaire. Seule une telle feuille de route est susceptible de renouveler la relation franco-allemande et de réorienter la construction européenne, pour un meilleur avenir des peuples.

Elle ne peut se construire à quelques-uns, autour d’un tapis vert, à la va-vite, sans associer les forces vives de nos deux nations. Imprégnons-nous de ce que disait si bien Nelson Mandela : « Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi. » Cette vision du monde est absente de la résolution qui nous est soumise aujourd’hui. Monsieur le président, chers collègues, en ne la votant pas, nous pensons aux grands noms de notre histoire commune que j’ai nommés au début de mon intervention ; nous pensons à ceux qui ont payé de leur vie leur amour de la paix, de la liberté, leur amour des peuples français et allemand, comme Jean Jaurès, Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg ! Nous voulons être dignes d’eux !

 

Retrouvez cette intervention en vidéo ici. 

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 15:45
Mahmoud Abbas à Bruxelles: l'Union européenne oublie le droit (AFPS)
Mahmoud Abbas à Bruxelles : l’Union européenne oublie le droit

http://www.france-palestine.org/Mahmoud-Abbas-a-Bruxelles-l-Union-europeenne-oublie-le-droit

Un mois et demi après la provocation de Donald Trump reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël, entérinant ainsi les violations du droit par Israël, le Conseil européen des Affaires étrangères et sa présidente ce lundi 22 janvier ont reçu le président Mahmoud Abbas à Bruxelles.

L'AFPS ne peut hélas que constater que l'espoir d'une intervention forte de l'Europe dans ce dossier n'a pas eu lieu et que la reconnaissance de l'État de Palestine par l’Union européenne et par la France n'est toujours pas à l'ordre du jour.

Pour redonner sa place au droit, la Palestine, face aux menaces américaines, s'est naturellement tournée vers l'Europe. Elle lui a demandé la première chose qui est en son pouvoir : la reconnaissance de son État, premier pas indispensable pour affirmer une volonté de paix fondée sur le droit.

Au menu de ce déjeuner de travail, la reconnaissance demandée par la Palestine ? 70 ans après le plan de partage, l'Union européenne lui a répondu qu'elle n'était "pas prête"...

Une approche multilatérale pour construire une paix fondée sur le droit ? L'Union européenne en reste toujours à demander que la Palestine retourne négocier en tête-à-tête avec l'État d'Israël qui l'occupe militairement.

Une protection du peuple palestinien, avec lignes rouges et sanctions à la clé ? Ce point n'est même pas évoqué malgré la colonisation qui s'étend, les destructions de maisons, les centaines d'arrestations arbitraires, les morts et les blessés dans les manifestations palestiniennes.

L'Union européenne s'est contentée d’envisager de proposer à la Palestine - tout en refusant de la reconnaître politiquement - la perspective lointaine d'un accord d'association, et quelques renforcements de relations économiques. C'est à l'opposé des initiatives politiques nécessaires alors qu’il faut faire cesser l'occupation qui étrangle l'économie palestinienne.

Il est absurde de demander aux Palestiniens de donner des gages à ceux qui se sont donné pour règle de détruire le droit international, alors que la résolution 2334 du Conseil de sécurité doit s’imposer à tous et être mise en œuvre.

Il est temps que la France sorte des mots et des ambigüités. Il faut des actes forts pour une paix fondée sur le droit et non sur la loi du plus fort. Elle en a la possibilité, elle peut en donner le signal. Elle doit appuyer la Slovénie et les pays qui, comme elle, ont l'intention de reconnaître l’État de Palestine et ne pas, au contraire, les tirer en arrière. Ce n'est pas plus tard, c'est maintenant que la France doit reconnaître l’État de Palestine ! Ne pas le faire revient à accepter la violation du droit.

Le moment est venu pour la France de montrer qu'elle ne se cache pas derrière des mots mais qu’elle veut effectivement agir pour une paix réelle fondée sur le droit international.

 

24 janvier 2017
Le Bureau national de l’AFPS

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