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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 12:50

Bravo à André Chassaigne, il faut tout le sérieux et la force de conviction d'un député qui rassemble au delà des rodomontades, des effets de manche, et des plans de com, pour faire voter par cette majorité libérale une mesure de progrès social et de rattrapage qui n'est que justice. 

Fier de se battre aux côtés d'élus communistes comme André Chassaigne qui met en pratique "L'humain d'abord!". 

La proposition de loi pour revaloriser les retraites des agriculteurs présentée par André Chassaigne, député PCF, adoptée en première lecture (Public Sénat)

Une proposition de loi pour revaloriser les retraites agricoles sera examinée au Sénat au mois de mars. Ce texte augmente les pensions des non-salariés agricoles (85% du Smic) à 987 euros par mois.

Par Alexandre Poussart
 
 

Alors que le Salon de l’agriculture ouvre ce samedi, une proposition de loi pour revaloriser les pensions de retraites des non salariés agricoles sera examinée au Sénat, le 7 mars.

Déposé début 2017 par les députés communistes Huguette Bello et André Chassaigne, ce texte propose d’augmenter cette retraite agricole à 85% du Smic agricole net (987 euros par mois) contre 75% actuellement.

Les pensions les plus basses du pays

« Les retraites agricoles sont les plus basses du pays » note Dominique Watrin, sénateur communiste et rapporteur du texte. « Elles s’élèvent à 730 euros en moyenne pour les exploitants, et encore moins pour les conjoints. » Cette revalorisation concernerait 280 000 retraités.

Taxer les transactions financières

Afin de financer cette hausse, cette proposition de loi prévoit d’augmenter la taxe sur les transactions financières des sociétés liées au secteur agricole. Une mesure qui permettrait également de remettre à l’équilibre le régime complémentaire des non-salariés agricoles.

Une retraite complémentaire pour les agriculteurs ultramarins

Un autre volet de cette proposition de loi permet de créer un régime de retraite complémentaire pour les agriculteurs ultramarins, jusque là inexistant. « Le patronat local n’a jamais voulu de ce système. Si les partenaires sociaux ne se mettent pas d’accord, l’Etat passera par la loi », annonce Dominique Watrin.

Un texte appliqué directement

Cette proposition de loi avait été adoptée par l’Assemblée nationale, en février 2017, sous la précédente majorité socialiste. Lors de l’examen en commission, les sénateurs républicains se sont abstenus. En cas d’adoption au Sénat, si le gouvernement ne demande pas de nouvelle lecture, le texte sera appliqué directement, sans décret.

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 07:45
Les entrailles - par Michel Guilloux, éditorial de l'Humanité - 58% des britanniques souhaitent la renationalisation du rail
Éditorial. Les entrailles
PAR MICHEL GUILLOUX
MARDI, 27 FÉVRIER, 2018
L'HUMANITÉ

58 % des personnes interrogées souhaitent la renationalisation du rail. Le prix du billet a été multiplié par 3,5. La régularité ne va pas mieux : 80 % des trains sont en retard, quand ils ne sont pas annulés sans préavis. Quant aux comptes publics, l’État a été sollicité par les compagnies privées pour mettre au pot près de 5 milliards d’euros. Ceci n’est pas de la politique-fiction mais la Grande-Bretagne d’aujourd’hui. Et en France, qu’est-ce qui rend la situation de la SNCF « intenable », pour reprendre le mot du premier ministre ? Le statut des cheminots ou les logiques financières qui corrompent le service public de l’intérieur depuis des années  et que le pouvoir entend amplifier par ordonnances ? En quoi supprimer le statut des cheminots fera-t-il arriver les trains à l’heure ? En quoi ne plus reconnaître la pénibilité d’un service à assurer de nuit et le week-end aidera-t-il à moderniser les transports ? En quoi rendre les cheminots aussi précaires que les autres salariés augmentera-t-il la sécurité ?

Qui n’a pas mis un centime dans l’entretien des infrastructures durant des décennies ? Et qui répare un centre d’aiguillage en panne du fait du recours à la sous-traitance à outrance, en pleine transhumance estivale, et ne rechigne pas à sortir dans la neige et le froid quand il le faut ? Le premier ministre sait pertinemment de quoi il retourne, tout comme le chef de l’État. Ce dernier a cru avisé d’opposer, au Salon de l’agriculture samedi, les cheminots et les paysans qui crèvent de faim. Le locataire de Matignon crie à l’idéologie si jamais on osait mettre en cause le passage en force annoncé hier. Diviser, refuser le temps de la délibération sociale et démocratique, chercher à dégonfler des convergences possibles en évacuant provisoirement la question des « petites lignes »… La forme est du fond qui remonte à la surface parce qu’elle « vient des entrailles de l’idée », comme l’écrivait Hugo. La méthode Macron-Philippe appliquée à la SNCF, après le Code du travail et avant les autres chantiers « sociaux », indique l’ampleur du traitement de choc que ce pouvoir entré « par effraction » à l’Élysée fait subir au pays au profit des forces de l’argent. Le chantier de rassemblement et de résistance à y opposer lui est proportionnel.

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 07:41
Retraités: non à la hausse de la CSG, le 15 mars, exigeons la revalorisation de nos pensions (CGT)

CSG. Le 15 mars exigeons la revalorisation de nos pensions

Emmanuel Macron se vante de faire ce qu’il a promis. Mais il s’était bien gardé de préciser que la hausse de la CSG s’appliquerait à l’ensemble des revenus des retraités. De nombreux retraités sont ainsi touchés alors qu’ils pensaient qu'elle ne leur serait pas appliquée. Il doit réparer cette injustice. Exigeons des députés qui ont voté cette mesure qu'ils votent la revalorisation des pensions.

Une mesure particulièrement injuste

Baisser le revenu de celles et ceux qui ont travaillé leur vie durant pour avoir le droit à une retraite méritée est indigne de la 5ème puissance du monde. Rien ne justifie cette injustice. L’augmentation du pouvoir d’achat des salariés aurait pu facilement être accordée en réduisant la part réservée aux dividendes sur les profits dégagés par les entreprises. Car la France bat le record d’Europe des dividendes versés aux actionnaires.

Une mesure dangereuse

Cela fait 30 ans que les gouvernements successifs multiplient les cadeaux aux grandes sociétés et imposent l’austérité aux salariés. Les pensions ont été « revalorisées » de 0,1 et 0,8 % en 5 ans. Le résultat ? La dette, le déficit commercial, la précarité et le chômage progressent ! Emmanuel Macron poursuit la même politique. Réduire le pouvoir d’achat des retraités, non seulement va plonger des millions d’entre eux dans la misère mais va aggraver les difficultés du pays. En effet selon le CREDOC, les seniors assurent en France 53 % des dépenses de consommation, 57 % de santé, 64 % des assurances, 51 % des biens et services, 50 % en équipement du foyer…

Le mépris ça suffit

Pour faire passer la hausse de la CSG le gouvernement invoque la solidarité intergénérationnelle et accuse les retraités qui s’y opposent de faire preuve d’égoïsme. Comme si les retraités n’aident pas leurs enfants et petits enfants, ne participent pas bénévolement pas à des activités pour pallier les carences de l’Etat et ne contribuent pas ainsi à la cohésion de notre société !

Réparez l’injustice en revalorisant nos pensions !

Le 15 mars, pas moins de 9 organisations de retraités, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, Ensemble &Solidaires-UNRPA, LSR, appellent les retraités à manifester leur refus de la hausse de la CSG. Les députés de la majorité présidentielle l’ont voté, ils doivent s’en expliquer. Ils peuvent réparer cette injustice en votant la revalorisation de nos pensions. Le 15 mars nous leur demanderons de s’engager à le faire.

Soyons nombreux à nous rassembler dans le maximum de villes pour faire valoir nos droits au respect, notre droit à des revenus dignes de notre contribution passée et présente à la richesse de la France.

UCR CGT

Ce texte est disponible en PDF et Word


Télécharger le document : tract_15mars_csg.pdf
Autre document : tract_15mars_csg.doc

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 07:08
Salah Hamouri, graphisme collage, par mustapha Boutadjine. I-Labo

Salah Hamouri, graphisme collage, par mustapha Boutadjine. I-Labo

Israël-palestine. Netanyahou humilie la France
PIERRE BARBANCEY
MARDI, 27 FÉVRIER, 2018
L'HUMANITE
 

Emprisonné depuis six mois sans preuve avancée, le Franco-Palestinien Salah Hamouri voit sa détention renouvelée pour quatre mois. Silence du président français.

La nouvelle est tombée hier matin. Dure, raide, inhumaine : Salah Hamouri, placé en détention administrative pour six mois et qui devait sortir demain, le 28 février, s’est vu signifier par le ministre d’extrême droite israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, qu’il resterait quatre mois de plus en prison. Pourquoi ? Nul ne le sait. Pas même les avocats de Salah Hamouri, puisque « détention administrative » signifie dossier secret et l’impossibilité pour les défenseurs, et donc pour le prisonnier, de savoir ce qui lui est reproché. L’arbitraire le plus total. Au mois d’août, Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, écope de six mois. Cette fois-ci, c’est quatre mois, toujours renouvelables. La volonté d’humilier est patente. Humiliation de notre compatriote, mais aussi humiliation de la France puisque, selon l’Élysée, le président de la République, Emmanuel Macron, était intervenu personnellement auprès du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, lorsqu’il l’a accueilli à Paris, le 10 décembre dernier.

l’arbitraire de l’État israélien et les responsabilités de la France

La France peut-elle permettre qu’un autre État, Israël en l’occurrence, puisse bafouer les droits élémentaires d’un Français ? La réaction d’Emmanuel Macron a d’ailleurs été bien tardive. Le ministre des Affaires étrangères, interpellé la semaine dernière par les députés du PCF et ceux de FI sur le cas de Salah Hamouri, s’en est tiré par une pirouette, sans même prononcer le mot de « libération ». Or, il s’agit bien de cela : Salah Hamouri doit être libéré immédiatement et sans condition. Une tout autre attitude reviendrait à accepter, dans les faits, ce qui est officiellement refusé en paroles : l’utilisation de la détention administrative, dont se sont servis les Britanniques en Irlande du Nord et les racistes du régime d’apartheid en Afrique du Sud, comme moyen de briser toute résistance.

Comment s’étonner d’une telle attitude du gouvernement israélien lorsque siège en son sein un Avigdor Lieberman, ancien videur de boîte de nuit, auteur de déclarations des plus haineuses et des plus racistes, dont voici un florilège : « Les Arabes israéliens qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache » ; « Je propose de transporter les prisonniers palestiniens en autocars jusqu’à la mer Morte pour les noyer » ; « L’Europe suit une politique hostile aux juifs, comme à la fin des années 1930 »…

Aussitôt connue la nouvelle, le Comité pour la libération de Salah Hamouri a dénoncé « l’arbitraire de l’État israélien (auquel) s’ajoutent les responsabilités de la France qui, au-delà de ses affirmations, n’a pas mis en œuvre des moyens conséquents dont elle dispose pour faire libérer un Français ». Le comité appelle « à manifester vers la présidence française notre mécontentement légitime et notre volonté d’action à la hauteur de l’enjeu : il en va du destin d’un homme, du droit, mais aussi de celui de notre pays. ».

Des parlementaires de tous les groupes ont appelé à sa libération

Pour Patrick Le Hyaric, député européen et directeur de l’Humanité, ce qui se passe est « insupportable ! C’est inadmissible ! C’est la France qu’on moque, qu’on humilie ainsi. Qu’un État étranger se permette de maintenir l’un de nos compatriotes, sans le moindre procès et sans même dire ce qu’on lui reproche, est plus proche de la prise d’otage que de la justice ». Il appelle à « porter le combat auprès des institutions européennes ». Pour Clémentine Autain, députée, « cette décision arbitraire et injuste est un véritable pied de nez des autorités israéliennes adressé à notre pays ». Des parlementaires de tous les groupes, y compris la République en marche (LRM), ont également appelé à la libération de Salah Hamouri. Le président de l’Association France-Palestine solidarité (AFPS), Bertrand Heilbronn, dit attendre « une réaction du gouvernement français et du président de la République à la hauteur de l’insulte qui est faite à notre pays par ce déni absolu du droit ».

Sollicités par e-mail par l’Humanité, ni la présidence française ni le ministère des Affaires étrangères n’avaient, hier en fin d’après-midi, réagi au renouvellement de la détention administrative de Salah Hamouri. Quant aux médias, à quelques exceptions près, c’est le silence.

 
Grand reporter
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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 11:59
Hubert Wulfranc Député PCF, membre de la commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire

Hubert Wulfranc Député PCF, membre de la commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire

Hubert Wulfranc. « Une volonté de condamner le Parlement à l’inaction »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AURÉLIEN SOUCHEYRE
MARDI, 27 FÉVRIER, 2018
L'HUMANITÉ

Pour les députés PCF, ce second recours aux ordonnances est « un coup de force contre les services publics et les salariés de la SNCF ».

Que pensez-vous de ce nouveau recours aux ordonnances en tant que député ?

Hubert Wulfranc C’est désormais une caractéristique de ce gouvernement : quand il s’adresse aux élus, salariés et citoyens de ce pays, il le fait comme un véritable commandeur maniant les aspects les plus terribles du bonapartisme et de l’autoritarisme. Il y a dans ce nouveau recours aux ordonnances la volonté de condamner le Parlement à l’obéissance et en réalité à l’inaction, mais aussi celle de casser des acquis publics et sociaux, à la manière de ce qui a été fait avec la loi Pénicaud sur le Code du travail. Je vois l’annonce d’Édouard Philippe comme un coup de force contre le Parlement, les services publics et les salariés de la SNCF. Son objectif est de prendre de vitesse la représentation nationale, les cheminots dans toutes leurs représentations syndicales, et les usagers. Je note que le ton de sa déclaration est particulièrement belliqueux. Je pense qu’il choisit délibérément l’épreuve de force, en pensant que le parti godillot de la République en marche et le recours aux ordonnances lui permettront d’assommer le mouvement social. Il ne mesure sans doute pas l’attachement des cheminots et des usagers au service public, aux côtés desquels nous serons.

Le gouvernement estime que la situation nécessite une action rapide…

Hubert Wulfranc Le fait de vouloir prendre à bras-le-corps la situation de la SNCF est une nécessité, mais pour en faire quoi ? Désigner le statut des cheminots et la nature publique de l’entreprise SNCF comme source des difficultés et des dysfonctionnements remarqués est profondément malhonnête. L’exécutif cherche à escamoter les véritables responsabilités. Il veut faire l’impasse sur le rôle des gouvernements successifs dans l’affaiblissement de la SNCF et de la politique du rail en général, avec un sous-investissement chronique qui vise à accélérer une libéralisation rampante. C’est aussi mettre de côté la politique « sociale » de la SNCF, où 40 000 emplois de cheminots ont été supprimés en quinze ans environ. Cette communication est démagogique, et vise à faire avaler le dépeçage de l’entreprise SNCF et du réseau ferré français.

Quels sont les dangers liés à cette réforme ?

Hubert Wulfranc C’est un nouveau cadeau fait au marché, aux entreprises et actionnaires du privé, au détriment de l’intérêt général. On sait très bien que, quand cette ouverture à la concurrence va se traduire en actes, les « partenaires » et filiales privés entrés sur le réseau vont se mener une guerre d’enfer et une concurrence acharnée, dont le maître mot sera la rentabilité. Les lignes et services non rentables seront à terme abandonnés. Ce qu’a annoncé Édouard Philippe sur les petites lignes est un recul temporaire. Il peut tranquillement en parler, dans la mesure où elles seront transférées aux régions. Mais il est bien évident que livrer les lignes au marché revient à faire voter une loi d’éclatement des égalités territoriales. Là où il n’y aura pas de bénéfices à faire, on en viendra à des fermetures. Cette déréglementation annoncée est de plus très grave en matière d’accès à la mobilité, d’aménagement du territoire, et sur le plan écologique et environnemental : ceux qui se frisent les moustaches aujourd’hui sont très certainement les animateurs du lobby routier, dont l’activité est bien plus polluante.

Hubert Wulfranc: une volonté de condamner le Parlement à l'inaction (L'Humanité, 27 février 2018)
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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 06:47
Antisémitisme. La présidente du musée de la résistance nationale visée (Le Télégramme, 26 février 2018)

Le Télégramme, pages France, Monique Keromnès, 27 février 2018

 

Lucienne Nayet, présidente du musée de la Résistance nationale, a été visée, la semaine dernière, par une attaque sur un site négationniste et antisémite de la mouvance néo-nazie. Cette fille de déporté, qui habite aujourd’hui dans le Pays de Morlaix, a, en effet, découvert une photo d’elle détournée, accompagnée d’insultes.

 

« J’ai fait, récemment, une intervention dans un collège du côté de Pau (Pyrénées-Atlantiques). Le site internet en question a repris l’article paru dans La Dépêche du Midi. Sur la photo, où l’on me voit au côté des élèves, ils m’ont placardé une étoile jaune ! Quant aux commentaires qui suivent l’article, ils sont clairement antisémites. C’est la première fois que je suis visée de cette façon. Mon cœur est meurtri… C’est nauséabond et odieux », a réagi Lucienne Nayet qui a déposé plainte à la gendarmerie de Saint-Pol-de-Léon, près de Morlaix (29). Le musée de la Résistance Nationale a également constitué un dossier, envoyé au procureur de la République, afin de « faire interdire ce site et de faire condamner ses rédacteurs, ses hébergeurs, ses financeurs ». Sachant qu’il est hébergé aux États-Unis. Le PCF du Pays de Morlaix a, lui, alerté la préfecture. 

Quatre ans cachée 

Depuis dix ans, Lucienne Nayet ne cesse de témoigner de son histoire et de celle de ses parents qui ont fui l’Ukraine puis la Pologne avant de trouver refuge en France, à la fin des années 30. Elle est née en 1941, alors que son père avait déjà été déporté à Auschwitz, où il trouvera la mort. Elle vivra cachée pendant quatre ans, le temps de la guerre. « Le site sur lequel je suis visée est bien la preuve qu’il y a encore, de nos jours, des relents de cette époque. Il faut témoigner, notamment auprès des jeunes, pour qu’ils développent leur esprit critique. Surtout aujourd’hui, où ils ont accès à beaucoup d’informations ».

Le Télégramme, 26 février 2018 

Lire aussi: 

Attaques antisémites ignobles contre Lucienne Nayet: communiqué des administrateurs du Musée de la Résistance Nationale, 23 février 2018

Notre amie et camarade Lucienne Nayet, fille de déporté à Auschwitz et ex enfant cachée, militante de la mémoire, ciblée par un ignoble site antisémite et néo-nazi

 

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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 06:42
Lucienne Nayet (photo Ouest-France)

Lucienne Nayet (photo Ouest-France)

Ouest-France du 27 février 2018
 
 Delphine Van Hauwaert 
 
Lucienne Nayet, la présidente des musées de la Résistance nationale, a découvert qu’un site internet de la mouvance néonazie a détourné un article relatant une de ses interventions en milieu scolaire. Une plainte a été déposée, mais le site est basé aux États-Unis.
« Quand l’histoire vous revient à la figure comme ça, le cœur est meurtri. » Lucienne Nayet, présidente du réseau des musées de la Résistance nationale, a fait l’objet d’attaques antisémites sur un site internet de la mouvance néo-nazi.
 
« Par hasard, alors qu’une personne a tapé mon nom dans un moteur de recherche, on a découvert, au 3e résultat seulement, un article de ce site. » Il reprend un article paru dansLa dépêche, relatant une intervention de Lucienne Nayet dans un collège près de Lourdes. Sur la photo, une étoile jaune a été placardée sur l’intervenante. Le titre accompagnant l’article est clairement antisémite.

« Difficile de voir l’inhumanité ressurgir »

« Quelle que soit la force qu’on a, c’est difficile de s’endormir après ça. Quand on voit que l’inhumanité peut ressurgir », raconte cette enfant cachée durant la guerre. Son père a été tué à Auschwitz, victime de l’antisémitisme.
Une plainte a été déposée à la gendarmerie de Saint-Pol-de-Léon, pour "injure publique à raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion". Une infraction sanctionnée à hauteur de 6 mois de prison et 22 500 € d’amende maximum.

Identifier les personnes derrière les pseudos

Le problème, c’est que le site est basé aux États-Unis. « On a envoyé une réquisition pour essayer d’identifier les personnes derrière les pseudos », indique le capitaine Cyrille Geslin. Il n’exclut pas qu’une ou plusieurs de ces personnes se trouvent sur le territoire national. Pour Lucienne Nayet, c’est presque une certitude : « Le site doit disposer de rédacteurs en France. »
La présidente du réseau des musées de la Résistance nationale intervient très régulièrement dans les établissements scolaires, en particulier dans le pays de Morlaix, où elle réside. « J’utilise mon histoire pour avoir une discussion avec les jeunes. Pour qu’ils aient l’esprit critique face à la masse d’informations à laquelle ils ont accès. De voir des choses comme ça, ça m’encourage encore plus à poursuivre ce combat. »

Le PCF en soutien

Dans un communiqué, les administrateurs du réseau des musées de la Résistance nationale condamnent ces faits et indiquent qu’ils accompagneront Lucienne Nayet « dans toutes les démarches qu’elle a entreprises afin de faire interdire ce site et de faire condamner ses rédacteurs, ses hébergeurs, ses financeurs ».
 
 
Quant au PCF local, qui a dévoilé l’affaire sur son blog, il a demandé « une rencontre au sous-préfet de Morlaix et au préfet du Finistère pour que soit menée l’enquête sur les auteurs anonymes de ces propos abjects ».
 
 
 
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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 06:30
Pour réformer la SNCF, une nouvelle loi à trop grande vitesse (Manuel Jardinaud, Médiapart, 26 février 2018)
Pour réformer la SNCF, une nouvelle loi à trop grande vitesse
 PAR 

Le premier ministre a présenté, ce 26 février, le plan gouvernemental pour le ferroviaire qui reprend les grands axes du rapport Spinetta prônant mise en concurrence des trains, fin de l'entreprise publique et abandon du statut des cheminots. La réforme, qui passera par la voie des ordonnances, doit être adoptée avant l'été alors qu'elle ne faisait pas partie du programme d’Emmanuel Macron.

 

La bataille du rail ne fait que commencer. Le premier ministre Édouard Philippe a présenté ce lundi 26 février le projet gouvernemental sur la réorganisation de la SNCF à la suite du rapport de Jean-Cyril Spinetta sur l’avenir du transport ferroviaire, rendu public dix jours auparavant.

Dans les grandes lignes, le pouvoir fait siennes les propositions de l’ancien PDG d’Air France sur la situation du ferroviaire en France, qui préparait les esprits à un big bang du réseau ferré. Le discours est, à majorité, identique : « Une situation alarmante, pour ne pas dire intenable », affirme le premier ministre. Selon lui, le diagnostic du rapport Spinetta « est sévère, mais malheureusement juste ».

Une société surendettée, un service défaillant et une obligation de préparer à l’ouverture à la concurrence dès 2019 : ces trois éléments doivent mener à une évolution du statut des cheminots, au motif qu'il entraverait toute transformation sociale et économique. Mais la raison sociale de l’entreprise publique évoluera aussi, pour porter une stratégie offensive et des investissements. Et une nouvelle organisation est au programme, pour déployer la « nouvelle SNCF ».

Seule concession – de taille néanmoins – faite pour ne pas s’attirer les foudres des élus locaux, et des Régions en particulier : le gouvernement n’entend pas dans l’immédiat s’attaquer à la fermeture des lignes dites « petites », déficitaires et peu fréquentées, dont le rapport Spinetta proposait de fermer une grande partie. Selon le rapport, elles mobilisent actuellement 16 % des moyens financiers, voient passer moins de 10 % des trains et transportent seulement 2 % des voyageurs.

Dans le bras de fer précédant le projet de loi, qui devrait être déposé mi-mars selon Édouard Philippe, les Régions ont donc gagné une manche. C’est d’ailleurs le sens du communiqué que leur association n’a pas manqué de diffuser sitôt le discours du premier ministre terminé. « Les Régions se réjouissent de cette décision. Elles resteront néanmoins très vigilantes sur le financement de ce réseau capillaire, nécessaire à l’irrigation des territoires, en particulier au respect des Contrats de Plan État Régions permettant sa rénovation », a-t-elle déclaré.

Les syndicats, en revanche, sortent groggy de cette présentation, même si l’exécutif assure que cette loi n’inclura pas la réforme du régime spécial des retraites des cheminots, laquelle attendra celle du régime général d’ici à 2020. Sans surprise, Édouard Philippe a annoncé la fin du statut des salariés propre à l’entreprise publique pour tous les nouveaux entrants. Les organisations syndicales maison ont appelé à manifester au cours du mois à venir afin de s’opposer à cette mesure déjà évoquée.

La gauche a vivement réagi à l’annonce des propositions gouvernementales. Une partie des élus de La France insoumise a prestement tweeté son opposition farouche au projet d’Édouard Philippe. Adrien Quatennens, député du Nord, évoque « l’assaut final du libéralisme effréné », alors que son collègue de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel indique que privatiser la SNCF est « socialement et écologiquement une catastrophe ».

Chacun pointe aussi l’un des aspects les plus problématiques de cette réforme : la décision d’utiliser la voie législative par ordonnances, confirmée par le premier ministre.« Face à l’urgence, le gouvernement est déterminé à en faire voter les principes clés avant l’été. [...] C’est pourquoi, à la mi-mars, nous déposerons un projet de loi d’habilitation au Parlement », a-t-il annoncé en fin de discours. Une loi TGV en somme, en tout cas une volonté d'aller vite, principe macronien par excellence.

La méthode, en tout point, relève de celle utilisée pour réformer le code du travail durant l’été 2017, le premier ministre promettant « des concertations méthodiques sur les différents aspects de la réforme » tout au long du processus législatif. « Les ordonnances Travail ont prouvé que cette méthode ne confisque aucunement le débat, bien au contraire – sauf à considérer que 300 heures de concertation et une centaine de réunions n’auraient pas laissé assez de temps à l’expression des opinions contradictoires », a argué le chef du gouvernement.

Une réforme absente du programme d’Emmanuel Macron

Là se niche peut-être une faute politique, ou du moins une erreur de stratégie que l’exécutif pourrait payer dans l’avenir. D’abord parce que considérer que les concertations sont l’alpha et l’oméga du consensus autour d’une réforme relève évidemment d’une chimère. À l’issue de celle organisée pour la réforme du code du travail, et malgré le bon a priori formulé au long du processus par FO et la CFDT, force est de constater que l’ensemble des syndicats en est ressorti au moins déçu, sinon véritablement en colère quant au contenu présent dans les ordonnances.

Comme l’avait documenté Mediapart, dès la fin juillet 2017, la confiance entre organisations syndicales et gouvernement avait commencé à se fissurer. Des consultations en silo, le refus d’organiser des rencontres plénières réunissant l’ensemble des partenaires sociaux et un jeu de chat et de la souris entre le cabinet de Muriel Pénicaud et certaines centrales avaient rapidement entamé la belle façade du dialogue social moderne sauce Macron.

À l’époque, le chef de file de la CGT, Fabrice Angeï, déclarait à Mediapart : « Il y a plus une volonté d’habillage que de dialogue réel. Nous n’avons pas vraiment discuté : chacun a seulement présenté ses intentions et ses positions. Là où la ministre parle de changement de paradigme, nous pensons que le projet gouvernemental va créer un bouleversement, une véritable destruction du droit du travail. » Une analyse qui ne plaide pas forcément pour renouveler une telle méthode, pour une réforme par ailleurs hautement inflammable.

La stratégie d'asphyxie, en place depuis le début du quinquennat, est une nouvelle fois à l’œuvre avec quatre thèmes de discussion mis au débat, en même temps et à la fois. De quoi déconcerter à nouveau tous les acteurs du secteur qui pourront, certes, se sentir écoutés, mais pas forcément entendus. D'autant que les concertations auront lieu en concomitance avec les débats parlementaires sur le projet de loi d'habilitation…

De toute façon, le premier ministre aura prévenu : « Si certains sujets s'enlisent, au cours des concertations, en pâtissant de tentatives d'obstruction ou de rapports de force verrouillés, si certains tentent de confisquer le débat ferroviaire pour le pervertir en un débat idéologique déconnecté des besoins de mobilité des Français, alors le gouvernement prendra ses responsabilités. »

Demain concernant la SCNF, comme hier pour le code du travail, le gouvernement a posé un cadre strict de discussions à l'intérieur duquel il est difficile de voir en quoi les organisations syndicales pourront influer pour conserver des protections propres à l’entreprise et aux métiers du ferroviaire. Pour parer à la critique de destruction du contrat social au sein de la SNCF, et prendre en compte les spécificités des différentes professions, le premier ministre a indiqué qu’il demanderait « qu’une négociation s’ouvre au niveau de la branche, sur les garanties qui seront données en contrepartie de ces contraintes ».

Un discours censé rassurer les futurs salariés de l’entreprise publique. Oubliant néanmoins que, justement, la réforme du code du travail a amenuisé le pouvoir de l’accord de branche sur celui de l’entreprise, au sein de laquelle les organisations syndicales ont également perdu en influence. L'effet « perdant-perdant » est patent.

Autre écueil de la stratégie gouvernementale : opérer par ordonnances sur une réforme qui n’a pas – ou peu – été annoncée durant la campagne présidentielle. Et ce bien qu’Édouard Philippe affirme : « Sur ce sujet comme sur d’autres, le président de la République a fixé le cap durant la campagne. »

Or il n’y a nulle trace d’une telle réforme d’ampleur dans le programme, tel qu’il est encore aujourd’hui accessible par chacun. Au chapitre « Mobilité », il est fait mention« d’un plan d’urgence d’investissement de rénovation (rail et route) ». En aucun cas une transformation de la SNCF de fond en comble n’est indiquée, ni même sous-entendue.

La véritable déclaration du président de la République sur cette réforme ne date que du 1er juillet 2017, soit après son accession à l’Élysée. Comme le rappelait récemment Mediapart, Emmanuel Macron avait annoncé ses intentions à bord du TGV qui inaugurait la ligne Le Mans-Rennes. Il promettait un big bang pour la SNCF. « Pour être franc, je pense que le modèle sur lequel on a vécu, le mythe de la SNCF, n’est pas celui sur lequel on construira la SNCF du XXIe siècle. Votre défi sera de ne pas rester sur la protection du passé […]. Le vrai défi sera de dire : si vous voulez défendre votre entreprise, il faut la réinventer », avait-il déclaré à des cheminots conviés à faire partie du voyage.

 

Sur la réforme du code du travail, l’exécutif appuyait sa légitimité sur le fait qu'Emmanuel Macron en avait déjà rendu les grands axes publics avant son élection. Point d’une telle légitimité dans les urnes aujourd’hui, concernant la SNCF. Même si le premier ministre en appelle aux citoyens pour justifier cette transformation radicale –« Il est temps d’oser mener la réforme que tous les Français savent nécessaire » –, l’argument du passage en force pourra, cette fois, obtenir un large écho.

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 19:31

Réforme de la SNCF : une privatisation sur fond d’autoritarisme

Lors de la présentation du calendrier relatif à la réforme de la SNCF, intitulée « nouveau pacte ferroviaire », le 1er ministre, Édouard Philippe, a confirmé la volonté du gouvernement de passer en force, en recourant aux ordonnances.

Cette procédure, marque de fabrique du président Macron et déjà utilisée dans le cadre de la réforme du code du travail, est un véritable déni de démocratie, aussi bien sociale que parlementaire.

Le service public ferroviaire, bien commun de la nation, qui répond à des enjeux écologiques, de mobilité et d’aménagement du territoire extrêmement importants, mérite mieux qu’une réforme à la hussarde.

Transformation de la SNCF en Société d’économie mixte, fin du statut de cheminots, non reprise de la dette... Le pacte ferroviaire proposé par Édouard Philippe est en réalité une atomisation du service public ferroviaire.

Présenté comme novateur, ce pacte ferroviaire reprend les recettes archaïques des privatisations du rail ayant eu lieu dans d’autres pays européens, avec les résultats dramatiques que l’on connaît. Aussi bien pour les usagers, que pour les cheminots.

L’autoritarisme gouvernemental ne masquera pas la colère qui monte chez les cheminots et les usagers.

La feuille de route présentée par le 1er ministre est une attaque historique. Alors qu’elle met en péril l’avenir du rail public, menaçant l’avenir de milliers de salariés, ainsi que l’égalité d’accès au transport pour tous sur le territoire, le gouvernement doit créer les conditions pour permettre un grand débat public national.

Le gouvernement doit écouter et entendre, les propositions et les arguments des organisations syndicales, des usagers et des élus.

Le PCF dénonce le recours aux ordonnances, outil archaïque et anti-démocratique, et s’oppose à la destruction du service public ferroviaire.

Pendant que le président Macron, tente de dresser les français les uns contre les autres, le PCF appelle à soutenir et participer massivement à la journée de mobilisation organisée par les organisations syndicales le 22 mars à Paris.

Réforme de la SNCF : une privatisation sur fond d’autoritarisme (PCF, 26 février 2018)

Communiqué des députés communistes (26 février 2018):

Nouveau coup de force du Gouvernement pour casser le service public ferroviaire

Comme le laissait présager le rapport Spinetta, le gouvernement fait des cheminots les boucs émissaires de la dégradation du service public ferroviaire pour justifier la disparition de leur statut.

En opposant les agriculteurs aux cheminots, Emmanuel Macron veut nous faire croire que précariser les uns apporterait du confort aux autres. Les nantis sont ailleurs et personne n’est dupe de cette manipulation grossière.

Si le chemin de fer français est aujourd’hui fragilisé, la responsabilité en incombe en réalité aux gouvernements qui s’acharnent, depuis trente ans, à le désosser.

Sous couvert d’efficacité, le gouvernement souhaite mener cette réforme par voie d’ordonnances. Un passage en force qui montre à nouveau sa volonté farouche d’éviter le débat et son mépris pour la représentation nationale.

Les députés communistes seront aux côtés des travailleurs de la SNCF le 22 mars pour défendre le service public ferroviaire et ses travailleurs.

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 12:34
Alain et Eric Bocquet au moment de leur tournée de présentation de leur best-seller sur l'évasion fiscale "Sans domicile fisc"

Alain et Eric Bocquet au moment de leur tournée de présentation de leur best-seller sur l'évasion fiscale "Sans domicile fisc"

Par Eric Bocquet, sénateur du Nord

"Il y a la finance dont on parle, les banques, les marchés financiers, les fonds d’investissement, etc., et puis il y a une finance plus discrète, tellement discrète qu’on l’appelle dans les milieux autorisés « la finance de l’ombre » (shadow banking dans la langue de Jeremy Corbyn). Et pourtant, cette finance-là contribue à l’hypertrophie financière.

La sphère financière et bancaire a connu une croissance vertigineuse au cours des dernières décennies. Le bilan des banques a crû à un rythme exponentiel au tournant des années 1990/2000 tout particulièrement en Europe où il représente désormais l’équivalent de 3.5 fois le PIB. La crise de 2007-2008 a ralenti cette tendance sans toutefois l’inverser.

Au niveau mondial, les actifs gérés par les banques ont pratiquement triplé au cours des années 2000, passant d’un peu plus de 50 000 milliards de dollars fin 2003 à 133 000 milliards de dollars fin 2015. Rappelons que le commerce de marchandises des pays du G7 était de 3000 milliards de dollars en 2008 et le PIB mondial de 75 500 milliards de dollars en 2016. Ces quelques chiffres, histoire de situer les échelles. Ce qui fait dire à certains spécialistes aujourd’hui que le secteur financier n’est plus au service de l’économie réelle, sachant qu’il s’échange en une année à peu près 70 fois la valeur du commerce international.

Cette croissance sidérante de la finance s’est aussi accompagnée d’une forte concentration des activités. Il existe aujourd’hui dans le monde une trentaine de banques dites « systémiques », c’est-à-dire qu’elles sont tellement grosses que l’effondrement d’une seule d’entre elles entraînerait automatiquement une crise financière mondiale, un nouveau krach de 1929 ! D’après François Morin, en 2015, ces groupes bancaires systémiques pesaient plus de 50 000 milliards de dollars. Ces établissements sont strictement privés mais ils bénéficient de fait de la garantie des États (les spécialistes appellent ça l’aléa moral), c’est-à-dire que lorsqu’il y a le feu dans la maison « finances », c’est la force publique qui vole à son secours, y compris en s’endettant. Évidemment, les paradis fiscaux sont au cœur de ce système, ces territoires représentent 18% du chiffre d’affaires des banques européennes et 29% de leurs profits à l’étranger contre seulement 9% de l’effectif qu’elles emploient à l’étranger.

Donc, si je comprends bien, impossible de mettre en cause dans la crise financière en cours, ni les fonctionnaires, ni les employés des EHPAD, ni les surveillants de prisons, encore moins les cheminots, pas davantage les enseignants, les retraités, les infirmières…

Mais alors, il est passé où ce fric ?"

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